Hopeless Life est un jeu de rôle post-apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 
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Nous sommes en semaine 15 de l'an 2035. Du Lundi 8 Avril au Dimanche 14 Avril.
En début de semaine : NUAGEUX à PLUVIEUX de 14°C à 23°C avec un vent de 34km/h / En fin de semaine : ENSOLEILLÉ de 16°C à 25°C avec un vent de 11km/h.
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 Texas - L'enregistrement de David Hammond

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Jim
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Sac à dos :
O.C.:

Message    Ven 14 Nov - 1:20



< Début de l'enregistrement. >

< Des grésillements apparaissent, puis la voix d'un homme survient depuis le dictaphone. >

Le ciel qui nous tombe sur la tête, la société en miettes, les morts qui tuent les vivants, la terreur, la fin du monde...

Ce n'était que des histoires qui nous divertissaient. A la télé, au cinéma, dans les livres et même les BDs. Des histoires qui nous faisaient rêver, qui nous faisaient peur, rire, nous touchaient, bref... quand on imaginait que ça pouvait arriver en vrai, on se disait en s'en amusant que l'on était de toute façon préparés, un guide du survivant sacrément bien fichu avait même été écrit sur le sujet. Et en étant un peu sérieux, qui y aurait cru une seconde ? Avec la société que l'on se paie, enfin que l'on se payait...

Des tanks, des armes en pagaille, des plans d'urgence, et la médecine qui avançait toujours plus avec la vaccination contre le Sida et le traitement contre le cancer, la science qui se développait sans cesse avec toutes ces histoires de clonage et de découvertes. Nos villes qui grandissaient comme des fourmilières. L'humain a la folie des grandeurs, mais quand je voyais les grattes-ciel qui se construisaient, le nombre de missiles nucléaires qui se baladaient sur la planète et tous ces machins chimiques qui se créaient, les nouveaux robots qui se développaient et qui pouvaient tenir une conversation avec vous, putain de technologie.
Vous me direz ça n'a pas grand chose à voir, a dire vrai, je ne sais pas si j'ai toujours toute ma tête et... je suis tellement fatigué. Tout ça, ce n'était que des histoires fantastiques dignes de nos rêves d'adolescents, ça n'aurait jamais dû arriver, on aurait dû crever ça dans l’œuf avec tout ce matos, je ne comprends toujours pas ce qu'il s'est passé... je ne suis plus sûr de le vouloir maintenant.

Cet enregistrement est le premier et le dernier que je ferais, si quelqu'un tombe dessus, ça servira peut être à... je ne sais pas, à trouver une solution, ou à rien, de toute façon il n'y a plus rien à faire hormis attendre de crever de faim ou me faire bouffer par ces saloperies. Ce n'est plus une option.
Je m'appelle David Hammond, du Texas, comme dans la série. Une vieille série de ma génération avec des vaisseaux spatiaux et des aliens pas verts, le dernier avion spatial que la NASA avait construit pour aller sur Mars ressemblait un peu au Prométhée de Carter < léger rire fatigué, et las, mais franchement amusé >, c'est si loin tout ça. Étrange les choses auxquelles on pense quand l'on arrive au terme de sa vie, enfin.

J'ai 49 ans, j'étais cordonnier à Austin et célibataire sans enfant. Je sais, on se demande. Je crois que j'ai toujours eu la frousse de l'engagement et bon... ce n'était pas comme si j'avais été le seul, mais à vrai dire je regrette de ne pas avoir profité de ma vie pour faire quelque chose de bien, quelque chose qui en aurait valu la peine, ou peut être que j'aurais été incapable d'élever un gosse. Selon le calendrier que j'ai trouvé nous sommes le 30 Octobre 2034, la veille d'Halloween, et cette histoire devenue réalité a commencé à la télévision le 2 Avril de cette année je crois.

A ce moment là les infos se sont mises à parler d’agressions par des sans-abris sur des passants, qui avaient eu lieu à Los-Angeles. Ils disaient que ces types s'étaient mis à vouloir les bouffer, une pauvre femme avait d'ailleurs eu l'oreille et le nez arrachés. Ça fichait la frousse c'est sûr mais bon, on se disait que c'était encore des tarés de drogués qui avaient pété une durite, un peu comme ce dingue à Miami qui, sous LSD et nu comme un ver, avait bouffé le visage d'un gars, c'était en 2012 je crois.
Il y avait déjà tellement de merdier dans le monde, personne n'y avait vraiment fait attention et la police ne disait pas grand chose de plus aux journalistes. Ça partait de rien. Je crois qu'il y avait eu tellement de trucs dessus qu'à force, ça paraissait impossible, personne voulait y croire, j'en sais rien...

Puis il y a eu de plus en plus d'agressions, toutes plus flippantes les unes que les autres. Ils parlaient même d'une mère de famille qui avait ouvert la poitrine de son gamin pour lui manger le cœur et les intestins, d'un type qui avait crevé les yeux d'une commerçante avant de la mettre en morceaux, ou encore ce flic aux bras et jambes arrachés par des ados complètement fous... rien que de repenser aux images je me sens mal, et encore, si c'était que ça. C'est allé vite, très vite, trop vite...

Au bout d'une semaine, c'était devenu le chaos dans Los Angeles et les environs. Le gouvernement a tenté de stopper la progression de ce que l'on appelait déjà "nouvelle maladie non-identifiée" en mettant la ville en quarantaine. Sur les réseaux sociaux on le surnommait le "virus T" avec des smileys partout - j'ai toujours eu horreur de ces trucs d'ailleurs, ça rappelait un vieux jeu de mon époque.
C'était plus pour plaisanter au final, une petite plaisanterie idiote malgré le mal que ça avait déjà fait, on était inconscients. Les gens avaient peur mais en même temps, c'était fascinant rien que de penser à des espèces de zombis loin de chez nous, même si au fond, tout le monde croyait en un genre de rage ou une nouvelle version de la vache folle en pire. Le nombre de conneries qui peuvent se dire dans ce genre de situation. Et alors ça a dégénéré, très vite, trop vite...

Washington, New-York, Philadelphie... d'autres agressions sont survenues toujours plus dingues, de plus en plus de morts étaient annoncés du coté de Los Angeles. Des milliers morts, vous imaginez ? Là vraiment, on commençait à avoir les jetons, j'ai vu des voisins tout lâcher et faire leurs valises pour quitter le Texas afin de retrouver leurs familles, ou même quitter le pays. A la radio, seul outil de communication qui fonctionnait encore, on entendait de tout et n'importe quoi. Ce qui en ressortait ? La maladie s'était répandue, ou partait d'un peu partout, le gouvernement n'arrivait pas à la stopper.
Un tas d'associations s'étaient ramenées, même l'ONU pour tenter d'aider la population. Là aussi, on s'est vraiment rendu compte que les choses se présentaient super mal. Notre pays partait en vrille, les religieux commençaient à gueuler que c'était la punition divine, les gens se mettaient à paniquer et faire les cons, comme dans les films - comme quoi nous qui nous moquions des figurants, et d'un coup plus rien. En trois semaines, il n'y avait plus d'infos, on entendait plus parler des grande villes, ni même des trois quart du pays.

Pourtant au Texas, rien. On se sentait veinards mais en même temps, ne rien savoir, attendre en se demandant ce que c'était que ce bordel, ce que pouvait bien foutre le président, l'armée, pourquoi la télévision ne diffusait plus, pourquoi on ne savait rien de ce qui se passait en dehors de la région, comme si le gouvernement ou ch'ai pas quoi essayait d’étouffer l'affaire, ou que lui même n'existait plus...

La quatrième semaine, on parlait de faire venir des réfugiés des quatre coins du pays. Puis le gouverneur a annoncé la quarantaine du Texas deux jours après, au même titre que tous les autres États du pays apparemment. Trente-sept États qui s'isolent, comme ça, soudainement, sans explication.  Et les réfugiés ? J'en ai jamais croisé un seul depuis. Vraiment, on a rien compris. Il y a eu des manifestations, mais pas la moindre réponse, tout le monde faisait l'autruche le gouverneur le premier, je crois qu'ils étaient complètement dépassés et ne savaient pas plus que nous à quoi s'attendre.

Le dernier jour de la quatrième semaine, on a eu notre réponse.

Ça a commencé à Amarillo, et ça s'est répandu. Dallas, Houston, Fort Worth, les provinces... j'ai jamais vu quelque chose se répandre aussi vite, même dans les films les plus fantaisistes de ma jeunesse. Quand on a appris la mort du gouverneur, et les vagues de populations qui fuyaient dans tous les sens dans le nord, j'ai retrouvé Cindy, ma meilleur amie, on a fait nos bagages, on a pris la voiture et on a filé vers le sud-ouest pour rejoindre le Mexique avant que ça ne nous tombe dessus.
Mais cette... chose a été plus rapide que nous. On n'avait pas atteint George West quand on est tombé sur ça, en vrai, sous nos yeux. C'était l'embouteillage le plus monstrueux que j'ai vu de toute ma vie, et pourtant j'avais déjà fait Paris une ou deux fois quand j'étais plus jeune. Des voitures en vrac, certaines retournées, des accidents un peu partout et surtout... les cris.

Je n'arrive pas à les oublier... tous ces cris, tous ces hurlements de femmes, d'enfants, d'hommes...
On a voulu se sortir de là mais une voiture nous est rentrée dedans à toute vitesse et... Cindy... elle était coincée. Je suis sorti pour essayer de déplacer la voiture, le gars s'était tué sur le coup, il y avait du sang sur tout le pare-brise et j'ai vu ces gens qui courraient dans tous les sens, tout ce chaos...

Et il est apparu. J'y croyais pas mes yeux, un type à qui il manquait une main et qui avançait l'air de rien avec une gueule à moitié écrasée, le ventre ouvert et les intestins qui tombaient presque, la peau en lambeaux... quand je l'ai vu attraper une femme recroquevillée dans sa voiture et lui déchirer la joue, je crois que je suis resté paralysé, là, à le regarder dévorer le visage de cette pauvre femme qui hurlait d'horreur. Pourquoi elle avait pas fermé la portière ? Je me ressasse la même question tous les soirs depuis. Pourquoi elle n'avait pas fermé ? Et pourquoi j'ai agi comme j'ai agi ?
Je devais bouger la voiture, mais il y avait de plus en plus de ces choses... mortes et... et... Cindy, elle pleurait, elle m'appelait à l'aide, puis j'ai vu l'une des ces choses se mettre à courir... vers moi. Ses yeux, ils étaient injectés de sang, qui.... qui coulait sur son visage, et j'ai... j'ai eu la trouille, j'ai eu la trouille alors j'ai couru. J'ai foncé sans m'arrêter, sans me retourner... j'ai entendu les cris... j'ai entendu Cindy, mais je n'ai pas arrêté de courir. J'ai eu si peur...

Ça fait six mois maintenant, je cours encore et je n'ai toujours rien compris. Ils sont partout à présent, des morts qui marchent, tellement de ces choses qui marchent, que des choses qui marchent et qui veulent vous dévorer. Je ne comprends toujours pas ce que c'est, je n'ai vu aucune de ces choses courir depuis, j'ai pas croisé le moindre survivant depuis que j'ai trouvé cette baraque. J'ai la trouille d'en sortir, j'ai la trouille de tout... Ce zombie, est-ce que c'était un espèce de... zombie spécial ? Je veux dire, et si c'était lui qui avait amené ce virus ici ? Quand j'y repense... ça n'a vraiment vraiment rien à voir avec les films, ça n'a vraiment rien à voir, ça n'a aucun sens...

J'ai laissé Cindy mourir, j'ai couru et je l'ai abandonné lâchement. Pourquoi je me suis enfui ? Pourquoi cette femme n'avait pas fermé sa portière ? J'y pense chaque minute, je pense à tout ça tout le temps et j'en ai mal au crâne. Ces choses, il y en a dans tout le village maintenant et je n'ai plus de vivres. Je vais mourir.
J'aurais dû mourir avec elle. Si j'avais su... je l'aimais. Je l'ai toujours aimé mais j'ai jamais osé le lui dire, je savais qu'elle voulait un engagement et moi...

Si j'avais su...

Je crois que ces religieux disaient la vérité, c'est Dieu qui nous punit.

On a merdé, du début à la fin, on a merdé et il en a eu marre de nos conneries.

Je suis tellement désolé Cindy. J'en ai marre de courir.  

Si vous trouvez cet enregistrement, j'espère que vous aurez plus de chance, que vous vous en sortirez. Il y a peut-être encore des raisons d'y croire, mais plus pour moi.

J'en ai marre de courir, je suis fatigué... j'arrête.

Je vais la retrouver, pardonne moi Cindy.

< Silence. >

< Coup de feu. >


< Fin de l'enregistrement. >
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