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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[LP, O, 1] The only easy day was yesterday - 07/04/35
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Evènements

Anonymous
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Sam 24 Sep - 17:44







The only easy day was yesterday
Interprété par James Everett et Kyle Collins.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 27 Sep - 0:06
La semaine était passée, une semaine d'installation et surtout, de prise de décisions concernant le fonctionnement et le devenir du campement. Aujourd'hui, après avoir gardé poste au Perchoir tout du long de la semaine en se convaincant que rester auprès du groupe en toute heure était la meilleure chose à faire pour cette première semaine dans un nouveau foyer, il s'était finalement décidé à sortir pour accomplir ce qui était sans nul doute plus important : ramener du matériel et des ressources. Ce qu'il espérait plus que toute autre chose, c'était bien de la nourriture.

Il y avait beaucoup à blâmer de l'ancien campement, mais il fallait bien admettre que la présence des uns et des autres avait permis d'avoir pas mal de choses à disposition, dans le cadre de la débrouille certes et souvent in-extremis, parfois insuffisamment, mais relativement correctement. A présent, si leur petit groupe avait de grandes forces, elle avait aussi des lacunes qu'il était essentiel de combler, pour cela James avait prévu une parallèle plusieurs jours auparavant, mais cela ne suffirait pas à long terme dans tous les cas. Il était nécessaire de sortir et d'affronter le monde.

Pour cela, le nouveau chef de camp se fixa l'objectif de retourner près du supermaché qu'il avait précédemment visité avec Elizabeth, celui-là même qui leur avait permis de dénicher des armes d'une grande puissance, assez pour faire la différence le moment venu. Non pas pour visiter le supermarché lui-même aujourd'hui, mais la pharmacie qu'il avait repéré non loin depuis le toit et qui devait potentiellement contenir encore de quoi abreuver le camp en soins, le magasin serait pour plus tard. Une manière d'accentuer leurs chances sur un terrain déjà exploré.

Cette fois, puisqu'ils étaient un peu plus à l'aise, James s'autorisa à ne pas sortir équipé comme sur un champs de bataille, de façon à pouvoir rapporter plus de choses si l'occasion se présentait. Son fameux Desert eagle, une dague de chasse pour les affrontements discrets, un talkie-walkie calibré sur la bonne fréquence, sa lampe-torche et son grand sac à dos. Tout ce qu'il fallait pour un bon récupérateur, soumis aux caprices de ce qui pouvait être récupéré. Maintenant qu'il n'était plus caché derrière son gilet tactique, il abordait une fraîchement récupérée chemise grise aux manches remontées et repliées jusqu'aux coudes, son habituel pantalon cargo noir, ceinture en cuir et boucle de fer et ses rangers noires.

Dans sa poche droite, était enfournées les clés du Perchoir, dont il n'envisageait plus de se séparer et le reste était bien calé dans son sac, sans prendre beaucoup de place pour garantir une capacité de transport suffisante. Son compagnon du jour, avec qui il avait passé pas mal de temps cette semaine dans un but professionnel entendons-nous bien, c'était Kyle.

Il aimait bien ce garçon, droit dans ses bottes, censé, ne faisant pas de barouf inutile, il avait le sentiment qu'il pouvait compter sur lui, alors même qu'il le connaissait à peine et gardait tout de même quelques réserves dont il en ressentait parallèlement des remords. Se méfier des gens, si c'était quelque chose qu'il connaissait déjà d'avant l'apocalypse, paradoxalement il était d'autant plus triste de devoir le ressentir maintenant que le monde était devenue une jungle incohérente et que l'unité pour la survie de leur espèce était devenue essentielle.

Une fois équipé et sûr de ses affaires, James sorti de son dortoir qu'il partageait avec sa brune adorée, l'embrassant avant le départ pour se souhaiter bonne chance, traversa le couloir, puis le hall, descendit les escaliers et se posta à l'entrée en observant d'une petite grimace inquiète les alentours. Étrangement, il avait en une semaine à peine développé un sentiment de sécurité au sein de leur nouveau foyer facile à défendre et presque hors de portée, et en sortir, c'était comme s'exposer à chaque fois. Pour le moment, il devait mettre de coté son semblant de paranoïa devenue presque trop habituelle et patienter que son camarade le rejoigne pour le départ.

Une fois Kyle venu et après lui avoir adressé un signe de tête accompagné d'un léger sourire amical, plutôt généreux à en croire l'atmosphère du nouveau monde, il aura prit le chemin de la grande plaine qui mènerait vers le secteur convoité.

Kyle Collins

Anonymous
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Jeu 29 Sep - 0:29
Fuir. Encore. Toujours. A croire que ma vie n’était régit que par des très mauvais choix, du début à la fin. Et même ceux dont on m’épargnaient la décision s’étaient montrés plus que catastrophique. Je n’étais pas homme à baisser les bras, bien au contraire. Habituellement, je puisais même ma force de mes échecs répétés par imprudence ou par ignorance, montant ce que l’on appelait bien trop élégamment l’expérience que je préférais nommer fatalité. Pourtant, aujourd’hui, j’étais las. Mes nuits étaient nimbées de cauchemars tous plus effrayants les uns que les autres. Je n’arrivais plus à me regarder dans le miroir sans voir le reflet de mes morts, rassembler autours d’un seul et même visage angéliquement morbide.

J’avais beau essayer de fuir, inlassablement son fantôme me hantait en murmurant d’un ton glacial à quel point je n’avais pas su être à la hauteur, comment je l’avais laissé mourir, par mes faiblesses. Ses lèvres fines, craquelées, ensanglantées, déposaient chaque jour, chaque nuit, le baisers angoissant de ma fatalité. Je n’étais pas un héros, je n’étais pas un soldat de dieu, ni des hommes, je n’étais qu’un piètre humain, dans toute ma fragilité, dans toutes mes erreurs.
Je ne parvenais pas à me débarrasser de ses longs doigts pâles et osseux qui écorchaient ma joue, mes épaules, mes bras, et qui se glissaient comme un froid ardent au plus profond de mes entrailles. « Tu m’as trahis. Tu m’as tué. Et parce que tu es lâche, tu causera la perte de tous les tiens. »

Je me prenais les cheveux entre mes mains, tirant dessus en espérant arracher sa voix de ma tête. Je finissais par hurler, refusant de me laisser abattre.

« C’est ta faute ! Je t’avais dis que c’était dangereux ! Mais tu as voulu rester. Tu as voulu rester dans cette putain de baraque avec ta putain de sœur ! A aucun moment tu n’as pensé à nous. »


Je sentais la haine et la colère bouillir au creux de mon ventre sans que je n’arrive à l’en extirper. J’avais beau crier, injurier, la boule restait logée à l’intérieur. Face à ce miroir trop sombre, j’avais fini par braquer mon arme sur la silhouette auréolée qui s’en était dessiné, d’un air plus que déterminé.

« Tu sais quoi ? Va te faire foutre ! Moi, je t’ai jamais abandonné. Jamais. »


J’avais finis par me détourner de l’image, déterminé sur la suite de cette histoire et du tournant que j’allais lui donner, attrapant au passage mon sac abandonné au sol tandis que je claquais la porte du dortoir masculin. Malgré tout, cette boule continuait de peser, douloureusement, sans que je ne sache comment m’en débarrasser.  

Je finis par emprunter le long couloir menant au hall nauséabond qui avait vu le carnage d’un combat qui avait failli coûter la vie de notre nouveau chef, bifurquant ensuite vers les escaliers et rejoignant le lieu de rendez vous qu’on s’était donné avec le médecin.
Je ne pourrais pas taire cette angoisse qui creusait mes traits, mais le temps m’avait appris à faire avec. C’était dans cette ambiance que j’avais finis par saluer mon camarade, lui tendant la main pour un check amical comme on le faisait souvent entre militaires.

« Fait pas attention, j’ai peu dormi. » Avais-je simplement confié en excuse de mes éventuelles brusqueries.

Ce n’était pas vraiment mentir, mais ce n’était pas tout à fait vrai. Je vérifiais alors la chambre de mon fusil récemment acquis avant d’enchaîner sur un ton très sur pour couper court à toute remise en question.

« T’inquiète, ça va le faire. »

Seulement si elle nous fichait la paix.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 7 Oct - 10:41
A l'arrivée de Kyle, James à la suite de son signe de tête n'aura pas manqué de répondre à son geste avec un certain automatisme qu'il avait l'impression de retrouver. Cela faisait des années qu'il avait quitté l'armée, bien avant les terribles événements et ça le surprenait presque, même de la part de Kyle dont il connaissait pourtant le passé - en morcelée surface, de revivre et réagir à ce geste de salut. Son regard aura fureté sur le visage et les mains de Kyle, scrutant sa façon d'être avec un sentiment étrange, celui que Kyle esquivait quelque chose qui semblait l'interpeller.

Il y avait beaucoup de domaines dans lesquels James pêchait, à commencer par la chasse et c'est bien quelque chose qu'il regrettait quelque part aujourd'hui pour ne pas pouvoir capturer de quoi se nourrir, mais l'esprit humain était quelque chose qu'il avait toujours su cerner avec une certaine évidence - et en tant que médecin et psychologue doué d'empathie c'était même trop frappant. En dépit de cela, il acquiesça sans chercher à questionner son camarade, celui-ci ne voulait pas parler dans l'absolu et ce n'était pas l'endroit pour tenter de savoir ce qui le turlupinait à ce point, surtout que l'ex-militaire s'était senti le besoin instinctif de se justifier tout de suite après. Le voilà qui pensait avec les mots de son grand-père, se faisait-il vieux ?

Ils prirent tous deux le chemin du secteur convoité, traversant la plaine qui bordait leur précieux Perchoir et qui ne présentait absolument rien. Ni construction, ni la moindre clôture ou trace d'anciennes exploitations agricoles, cet espace avait été préservé en quelque sorte - de bien grands mots mais qui ne tombaient pas trop loin en l'occurrence. Il ne s'empêcha pas pour autant de balayer l'horizon du regard, s'intéressant de près à « l'orée de la ville » et à d'éventuels impressions qu'il pourrait avoir. Le furtif sentiment d'avoir cru voir bouger quelque chose, un reflet de lumière ou moins subtil, une bataille rangée d'inconnus avec des rôdeurs et pourquoi pas aller encore plus loin en s’imaginant se faire canarder à distance sans sommation.

Toujours pas décidé à faire redescendre ses tendances à la paranoïa, il s'attendait à tout depuis quelques temps. Avec les ennemis qui leur avaient été imputés d'office, sans que leur avis n'ai été souhaité et avec toutes les surprises et malchances auxquelles ils avaient eu droit, c'était tout juste s'il ne surveillait pas non plus le ciel en craignant voir tomber une caisse perdue d'un avion droit sur leur tête, jusqu'à une météorite venue achever cette apocalypse. Dans ce dernier cas, pour sûr qu'il ne servirait pas à grand chose, magie des soins ou non, il n'était qu'une poussière dans un monde bien trop grand et bien trop bordélique.

Finalement, la route de terre fort bien dessinée par l'usage passé du Perchoir les avaient mené à l'entrée du secteur, coupant net avec une ligne de béton donnant sur une route de même constitution. C'est en arrivant à ce niveau que le chef-chirurgien, qui avait sorti son Desert eagle de son dos depuis quelques minutes, marqua ce cap de franchi en retirant la sécurité d'un mouvement du pouce avant de venir empoigner la culasse et charger une balle dans la chambre de tir d'un bruit caractéristique. Ce bruit, c'était un peu une marque de fabrique quand on était un ancien militaire de terrain, lorsqu'on l'entendait, c'était que les choses devenaient sérieuses et que le temps d'intervenir était venu. Ici, c'était à peu près pareil, si ce n'est qu'ils ne connaissaient pas encore la nature de l'intervention qu'ils auraient à faire, parce qu'ils ne savaient absolument pas sur quel ennemi ou non, et où, ils allaient tomber.

« La route n'est pas compliquée. » Commença t-il, car il avait préféré arriver sur place avant de donner les détails à son partenaire du jour. « On va longer cette avenue qui coupe le secteur vers l'Ouest et tomber sur une intersection un peu avant le prochain secteur avec une avenue encore plus large, celle qui traverse le quartier du Sud au Nord. On tourne à droite, on longe à nouveau et on finira par voir le supermarché, on continue encore tout droit, la pharmacie sera du même coté.

La fois précédente, je l'ai aperçue de loin, enfin j'ai surtout aperçu sa croix. Je ne sais pas sur quoi on pourrait tomber et avant ça, on va passer par les routes les plus à découvert, même si ça nous évitera de nous perdre jusqu'à ce que l'on connaisse mieux le coin. Il va falloir être très prudent, le mieux c'est de se rapprocher du trottoir de droite sans monter dessus pour autant, on la joue sécurité. »


Le regard de James se posa sur les nuages grisâtres dans le ciel, celui-ci en ressortait terne et il y avait du vent, ça pourrait être une mauvaise chose, mais en fait ça les aidaient dans leur cas puisqu'ils étaient ceux qui devaient se faufiler et que moins de luminosité n'était pas plus mal, dès lors qu'ils se montreraient attentifs. Le col de la chemise de James subissait les souffles du vent, tout en se bornant à reprendre sa place, vibrant ainsi dans un combat sourd et silencieux. Il posa sa première botte sur le bitume : les voilà dans la zone de vrai danger.

Kyle Collins

Anonymous
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Lun 10 Oct - 16:32
J’appréciais que James reste silencieux sur mon état physique qui n’échappait à personne. J’avais une tronche de six pieds de long, pour cause mon sommeil continuellement occupé par des cauchemars, entre autres. Mon arme vérifiée, je passais la sangle de cette dernière autours de mon cou, réajustant mon harnais où trônait fixement mon talkie paramétré pour la fréquence du Perchoir, afin qu’aucune lanière ne gêne mes mouvements. Pour la journée, j’avais décidé d’abandonner le blouson noir, troué et déchiré, pour rester les bras nus en dépit de la brise légère. Le temps s’était grandement radoucit, et malgré quelques nuages grisâtres dans le ciel, le soleil avait préalablement inondé ma douce Amérique et le sol était réchauffé.

On s’était mis en route sans plus de préambule, n’ayant pas de mal à suivre ni son rythme, ni ses méthodes, retrouvant là des gestes qui m’étaient parfaitement familier. Je ne m’en serais pas tout à fait rendu compte d’ailleurs si le chemin n’avait pas été propice à laisser l’esprit vagabonder, mais l’objectif n’était pas tout à fait à côté et si je restais néanmoins attentif aux environs, je me laissais à un certain repos de l’esprit, le temps du chemin. J’étais déterminé sur la suite des événements et je ne laisserais personne le remettre en question. Il n’était plus question de se faire avoir, de laisser la moindre faille à l’ennemi. S’ils avaient besoin de quelqu’un pour le sale travail, j’étais assez rôdé à ce niveau-là.

J’attendis le briefe de la situation géographique et acquiesçait à son explication d'un simple "reçu" tandis que j’observais effectivement l’allée qui se dessinait devant nous et bien au loin, la fameuse intersection. Pour le reste, je lui faisais confiance et verrais plutôt sur place, en attendant, je me faisais un point mental sur les potentiels dangers qui surviendraient dans une avenue aussi large qu’indiquée.

Je le laissais prendre les devants, engageant le chemin en tant que connaisseur du terrain, attendant quelques pas derrière lui pour m’engager à mon tour. La distance laissée entre nous deux n’étaient pas suffisamment mis à mal pour ne plus garantir une communication optimale, mais c’était le B.A.-BA du guide de progression en territoire hostile : en cas de lancer de grenade, les deux unités ne seraient pas simultanément touchés.

Attentif à la méthode de James, j’opposais toujours mon regard au siens afin de garantir une couverture de la zone optimale, espérant que mes yeux ne me trahissent de fatigue accumulée. Le calme, un calme lourd et pesant qui généralement précédait un chaos sans nom. Je n’avais que rarement accompagné les unités au sol à pieds, me contentant usuellement de les suivre du bout de mon canon sniper, ce n’était néanmoins pas désagréable d’être impliqué physiquement dans une incursion et ça me permettait de prouver que mes talents n’étaient pas que vissé derrière mon fusil. Nous étions les premiers de la colonne qui remontait dans la rue, le sable crissait sous nos chaussures à chacun de nos pas que nous voulions le plus prudent possible. Notre fonction d’éclaireur était primordial et permettrait à notre unité de continuer à progresser sans anicroche car à la moindre suspicions, la menace se devait d’être éradiqué. Je ne jetais pas de regard derrière moi, me concentrant sur un angle à 180° de gauche à droite de ma position tandis que nous bordions le trottoir sans l’entamer jusqu’à atteindre la rue principale.

Pour le moment, aucun hostile vint se manifester, mais la suite ne fut pas de tout repos. Juste avant d’arriver à l’intersection entre le chemin que nous avons emprunté et cette grande avenue qui partait à la fois au Nord et au Sud, j’avais repéré un groupement de silhouette suspect juste à notre gauche entre deux carcasses de voiture dont l’une renversée sur le flanc. Nulle doute que les lieux avaient déjà été témoin de scène de combat dramatique et la zone était visiblement loin d’être contrôlé. Mais ce n’était pas notre objectif : la véritable question était si ce groupement allait gêner la progression du convoi, ou s’ils se contenteraient de rester à distance. Dans le second cas, cela sous-entendrait qu’ils étaient principalement chargé de l’espionnage et qu’il fallait, à un moment ou un autre, s’attendre à un piège.

J’attirais l’attention de James d’un très léger sifflement entre mes dents, un sifflement que j’avais longuement travaillé et qui me paraissait tout à fait satisfaisant pour être audible à très courte distance et significative pour obtenir l’effet désiré. Dès qu’il joindrait son regard dans mon sens, je lui indiquerais la position des hostiles que j’avais repéré, dénombrant malgré la pénombre des lieux, en indiquant le chiffre quatre de ma main gauche, la droite restant résolument fixé sur la poignée de mon Colt, l’index perché sur la queue de détente.
J’inspirais profondément, le laissant à son tour prendre connaissance de la situation si ce n’était déjà fait, attendant en jetant mon regard vers la rue opposée, dénotant le méli-mélo de débris, de carcasse, et autres lampadaires arrachés du béton qui venaient accentuer l’effet dramatique de la situation.

J’attendais les instructions du leader, gardant le silence pour le moment. Dès que j’en aurais eu connaissance, je passerais les informations aux soldats qui nous suivaient le plus silencieusement possible.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mer 12 Oct - 14:40
Kyle avait acquiescé simplement. Quelque part, il fallait bien avouer que cela faisait du bien, d'être juste sur la même longueur d'ondes, sans discussion, sans imprévu, sans accident. Simplement avancer, suivre l'objectif et ne parler que pour les besoins jusqu'à parvenir à la phase deux du plan. Une fois dans le vif du sujet, ils auront à s'organiser et communiquer mais pour l'instant, le calme était de rigueur et il ne crachait pas dessus. Il fallait dire que les sorties sous contrôle, du moins en terme de coordination, il n'avait pas vraiment connu ça en dehors de sa dernière sortie d'avec Elizabeth. En général, tout foutait le camp assez rapidement. Bien sûr, ils n'en étaient qu'au départ avec Kyle, mais il le sentait bien, il avait vraiment envie de croire en ce garçon - un terme bien déplacé en fait, même en pensée, après tout si le blondinet avait l'air plus jeune, il pouvait avoir son âge ou presque.

Le Desert eagle pointé vers le sol tout en étant porté devant lui, fermement tenu des deux mains, il avançait à pas prudents, sans chercher à se cacher. Son regard, au même titre que Kyle, balayait régulièrement l'horizon, envisageant comme déjà décrit de voir débouler n'importe quoi, surtout n'importe quand. Dans son cas, il ne pouvait s'empêcher de jeter un regard dans son dos à l'occasion, il avait toujours eu la hantise que quoi que ce soit vienne le surprendre dans son dos. C'était quelque chose d'ancré en lui depuis l'enfance, quand rentrant le soir de l'école en hiver, dans le garage familial ou lorsqu'il jouait au ballon dans le jardin une fois la nuit tombée, il était constamment à l'affût d'un monstre, d'une sorcière, d'un fantôme ou tout autre créature fantastique en lesquelles il avait toujours cru sans l'admettre et dont la peur était exacerbée lorsque le soleil s'était envolé.

Ces montres avaient pris vie, pas comme il l'avait imaginé, pire encore que dans ses cauchemars, il ne s'agissait pas de choses qui avaient rampé hors des enfers pour apparaître à l'humanité comme dans les univers fantaisistes, ou de fous qui auraient par le passé abusé de magie noire, non, dans la réalité il avait été question de gens tout à fait normaux, tués horriblement et que l'on avait forcé à revenir sous l'apparence d'une créature proprement infernale et cannibale. Le temps de ses pensées qui s'incrustaient dans sa concentration et son attention, voilà que les deux compères arrivaient à l'intersection d'avec la grande avenue qui traversait ce quartier.

C'est avant d'y parvenir qu'il vit le petit groupe de rôdeurs qui stagnait entre deux carcasses de voitures, au moins en même temps que son allié de par le fait qu'il était devant de quelques mètres de sécurité que Kyle avait imposé, une attitude intelligente de la part de l'ex-soldat qui était tout à son honneur et qui démontrait qu'il n'avait pas menti sur son ancien métier, ne serait-ce que par le fait que c'était un réflexe courant au sein des unités de terrain de ne pas rester accolés en cas d'attaque - erreur à faire et un bon moyen de faire tuer le groupe efficacement. L'ex-chirurgien ne s'arrêtait pas tout de suite, se courbant pour être un peu plus discret jusqu'à trouver le couvert d'une voiture garée dont les vitres avaient toutes été pulvérisées, où il allait s'accroupir.

C'est en portant le regard vers Kyle qu'il perçut ses gestes, opinant du chef au dénombrement avant d'indiquer, d'un geste de main un peu ample, de faire le tour par le trottoir opposé aux monstres et en mimant le principe d'avancer de l'index et du majeur repliés, interprétant la nécessité d'être aussi discrets que possible en avançant accroupis le long des bâtiments de ce coté. Cette manoeuvre entendue, il fit un dernier geste à Kyle de surveiller le regroupement de non-morts tandis qu'il restait les genoux ployés en gardant le buste penché, jetant un regard vers la menace avant d'aller grimper sur le trottoir et gagner le premier mur à portée. Il s'agissait vraisemblablement d'un bâtiment fait d'appartements, car il n'y avait pas la moindre devanture de société quelconque à l'inverse d'un certain nombre de fenêtres. Seulement à ce niveau, il se redressa presque complètement pour pouvoir distinguer les rôdeurs le temps que Kyle le rejoigne.

Une fois ceci accompli, il revenait courbé et avançait à ras du mur, passant notamment devant plusieurs autres voitures abandonnées le long du trottoir et qui couvraient partiellement leur avancée. Les chances d'être vus étaient loin d'être minces, pourtant, ils parvinrent jusqu'à l'angle sans attirer leur attention : une chose de bien. James n'avait pas l'intention de se frayer un chemin à coup de revolver, ce serait suicidaire, éviter un maximum la confrontation restait sa priorité, aussi les choses se compliquèrent franchement lorsque, rasant l'angle pour sortir seulement après avoir changé d'avenue, il pâlit presque instantanément en découvrant que cet accès principal était occupé par une trentaine de rôdeurs au moins, détachés les uns des autres d'une bonne distance mais couvrant ce passage essentiel loin devant eux. Un coup dur, d'autant plus que le seul autre moyen était de s'enfoncer dans les petites rues parallèles coté Ouest, d'où ils venaient, ce qui serait sûrement encore plus dangereux car la maîtrise du terrain serait désastreuse.

Le barbu râla entre ses dents serrées et n'avança que de quelques mètres pour atteindre un abri bus qui avait encore l'affiche de publicité pour le nouveau sandwich de McDonald's. A son niveau, il ploya les genoux et s'appuya de sa main libre en scrutant la longue distance sur trottoir, qui voyait davantage de monstres y errer contrairement à la rue. C'était là une décision drastique qui s'imposait : soit ils rebroussaient chemin et tentaient le diable dans les rues, soit ils se frayaient un chemin sur le trottoir de cette grande avenue, une approche qui serait moins à découvert mais demanderait d'affronter plus de monstres, soit ils s'engageaient sur la route pour se frayer un chemin plus facilement, moyennant d'être repérés par les rôdeurs des environs d'autant plus vite. Pour corser le tout, ils n'avaient pas de silencieux à leurs armes, ce qui exigeait soit la facilité en rameutant tout le quartier, soit la difficulté à tenter de minimiser l'alerte. Il ne bougerait pas en attendant Kyle qui le suivait de peu, éprouvant le besoin d'établir un plan de progression avec lui :

« C'était trop beau pour continuer. » Commençait-il, blasé et sans vraiment être surpris, puis il s'employa aussitôt à se ressaisir en mêlant la réflexion à la parole. « On a pas beaucoup de choix et on prendrait encore plus de risques à revenir sur nos pas pour contourner. Je suggère de ranger nos flingues et de progresser sur le trottoir au corps à corps, on reste en formation serrée et on les prend un par un, l'un immobilise et l'autre achève au couteau. J'ai une dague de chasse. Qu'est-ce que t'en pense ? T'as une lame ? Tu te sens capable de te battre ? »

Il jeta un furtif coup d'oeil derrière lui avant de revenir vers l'avant, souhaitant regarder Kyle mais s'y refusant de crainte de ne pas voir arriver un de ces mangeurs de chair dont la persévérance égalait leur manie d'apparaître de nulle part pour se jeter sur eux. Son ton n'avait trahi aucune forme de doute à l'égard de Kyle, au contraire, il souhaitait surtout savoir si celui-ci avait repris assez de ses capacités et de sa forme pour une confrontation aussi tendue. Son plan était stratégiquement correct, mais en application c'était autre chose : ça demandait une grande concentration, de la coordination en même temps que de l'improvisation, de la rapidité en même temps que de la prudence, de la témérité en même temps que de la mesure. Bref, ça ne serait vraiment pas de la rigolade et le moindre faux-pas pourrait leur être fatal.

Comme en réponse à cela, les battements de coeur de James s'accélérèrent plus que ce n'était déjà le cas et un frisson le parcouru, il n'avait pas encore envisagé une telle méthode, même le combat lors de la prise de possession du Perchoir avait été moins audacieux.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Dim 16 Oct - 10:24
Sans un mot, sans un son, j’hochais la tête affirmativement de manière très succincte tandis que mon regard se reportait sur le groupement plus loin sur ma gauche. J’avais un doute sur le fait que l’ensemble du convoi ne parvienne à se faufiler sans se faire remarquer, mais ce n’était pas vraiment mon genre de discuter les ordres, après tout, s’il était à la tête du groupe, c’est qu’il savait ce qu’il faisait… du moins je l’espérais . Mais il était vrai que nous devions être le plus discret possible pour l’application de cette mission, une fois ce passage tendu passé, le reste devait filer comme dans du beurre.

Je rivais donc mon regard sur les hostiles dans le fond, toujours immobiles, tandis que mes pas progressaient à reculons après s’être assuré du chemin que j’allais emprunter. J’avais finalement fait complètement demi-tour, grimpant sur le trottoir et rejoignant la proximité du Cap’tain pendant qu’il s’assurait de mes arrières.
A la nouvelle halte de mon binôme, je jetais un regard dans le sens de son observation, remarquant à mon tour les trois dizaines de têtes qui stationnaient là en barrage. Cette fois-ci nous ne pourrions pas faire l’impasse et c’est le constat que visiblement le Capt’ain eut aussi à sa grimace inquiète. Inspectant le reste de l’environnement, je me glissais finalement à ses côtés en brisant la distance de sécurité qui nous avait séparés jusque-là. Il fallait se coordonner d’avantage pour la suite des opérations, et en dehors de ce spectacle qui se présentait à nous, je n’avais distingué aucune autre silhouette hostile. Je tenais en confiance mon sens aiguisé de l’observation, il ne m’avait jamais fait défaut encore.

Je gardais mon regard rivé sur l’attroupement et ses proximités tandis qu’il me donnait son plan, ce que j’accueillis sans forme de grimace septique. Néanmoins, je tenais à rajouter une chose à sa méthode. Je fis glisser mon sac à dos à terre en y rangeant le Sig, puis en sortant le couteau papillon que je dépliais rapidement.

« J’suis opé Capt’ain, mais je n’ai pas grand-chose de menaçant, c’est toujours mieux que rien. Il vaut mieux que j’immobilise dans ce cas. » Complétais-je en basculant à nouveau le sac sur mon dos avant de continuer. « Si on faisait diversion au point opposé, on aurait plus de chance d’atteindre un maximum sans attirer l’attention. » J’attrapais un morceau de parpaing brisé qui traînait à proximité de notre emplacement pour compléter mon argumentation après un instant de réflexion. « La voiture, au milieu. Avec un bon lancer on pourrait sans doute atteindre le pare-brise. On pourra ensuite en éliminer une bonne partie sans rameuter le reste de la ville. En grimpant sur le toit de l’abri bus, ça augmentera les chances. »

Je portais le morceau de pierre artificiel en désignant du doigt pointé la fameuse voiture à un emplacement approximativement centrale à l’attroupement. Ce n’était pas l’idéal mais c’était le plus proche de notre emplacement. Bien sûr, ce plan était encore plus audacieux que le premier, et il était possible qu’il refuse et reste le plus terre à terre possible, mais j’avais crainte de notre efficacité sans diversion.

Qu’est-ce que je regrettais mon ancien équipement. Un sniper silencieux aurait fait mouche à tous les coups. J’osais un coup d’œil par-dessus mon épaule pour inspecter à nouveau les alentours, et surtout nos arrières afin de ne pas être pris en tenaille. Il ne manquait plus qu’on se fasse déborder. Mais plus on en éliminait et plus on gagnait du terrain sur l’ennemis. Pendant ce temps, je gardais évidemment une oreille attentive à une réponse. Il serait alors inutile de débattre davantage selon sa décision. Il fallait agir et vite, c’est pourquoi j’aurais acquiescé puis me serait exécuté.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 25 Oct - 15:00
James était toujours accolé à l'arrêt de bus, scrutant ces choses ni vivantes, ni mortes, qui erraient de-ci, de-là, sans aucune raison ni aucun but. C'était toujours déroutant et terrifiant, de ne pas savoir ce qu'elles avaient dans la tête, cette incapacité à y voir une quelconque humanité pour aider à les considérer ou les affronter, si tant est qu'il y ai encore la moindre chance d'en tirer quoi que ce soit. Non, cela ressemblait tout simplement au néant et il avait beau en voir de plus en plus et quelque part, s'habituer à leur présence, il restait profondément perturbé par ces êtres venus d'ailleurs.

A l'écoute du plan de Kyle, il finit par détacher son regard et se plaquer contre le panneau de publicité, s'exprimant d'une grimace d'incertitude alors qu'il se plongeait dans une rapide et étayée réflexion. Son regard balaya le chemin duquel ils venaient, constatant qu'aucune silhouette de mort-vivant ne s'était aventurée de ce coté, ce qui signifiait qu'ils n'avaient pas été repérés comme supposé. Sa réflexion mena à une rapide conclusion : le plan de Kyle était intéressant, il pourrait fonctionner, mais s'il montait sur cet arrêt de bus pour faire son lancer, il pourrait rapidement être repéré, ceci dit, ils seront repérés de toute façon s'ils vont au contact directement, un peu moins vite certes, néanmoins le résultat serait le même. Il n'y avait pas vraiment de quoi tergiverser cent ans, aussi le temps qu'il marqua ne dura pas plus de quelques secondes, puis il porta son attention à Kyle en opinant du chef.

« Ok. » Commença t-il et, son arme rangée dans son dos, il tira la dague de chasse à son fourreau de cuir au niveau de sa ceinture, empoigna la garde fermement et laissa la lame pointer en sens inverse. « Je vais te faire la courte échelle, tu grimpes, tu lances ton pavé - en espérant que ça fonctionne - et quoi qu'il arrive, on fonce se frayer un chemin. Le seul problème, c'est que... »

Alors qu'il expliquait son point de vue à Kyle, le médecin s’arrêta net en entendant des coups de feu dont l'écho parvint jusqu'à eux, car ils n'étaient pas très loin. Le cœur de James s'emballa, son regard s'affola d'abord un instant, se braquant à gauche, à droite, en face et même s'il ne voyait rien, vers son dos, à l'affût de ces éclats d'une arme. Cette arme dont il constatait qu'elle attribuait ses engins de mort à une cible potentielle par à-coups et avec une puissance relative, ce qui sous-entendait instinctivement, puisqu'il s'y connaissait un peu en la matière pour en avoir suffisamment fréquenté au cours de son existence sans qu'il n'y ai besoin de talent particulier pour cela, qu'il devait s'agir d'une arme de poing ou d'un pistolet-mitrailleur en coup par coup.

Son regard fut dirigé ensuite vers Kyle un instant, l'interpellant en silence de ce boucan prenant le rôle de l'alarme du quartier, qui n'aurait guère de mal à attirer toute la racaille décharnée des environs. Le chirurgien pesta entre ses dents, à la fois surpris, irrité et craintif des conséquences que cet élément vraiment très perturbateur pour le coup, pourrait avoir et se rapprocha du coté opposé du panneau publicitaire en se redressant. De cette nouvelle position, il jeta un oeil vers l'avenue qu'ils convoitaient et la provenance de ces tirs qui se répétaient une fois de plus, joignant un vrombissement intense, à tel point que quelque puisse être la distance il en avait une relative perception de sa position. Il prenait un risque à se relever : être repéré par les rôdeurs qu'ils avaient laissé dans leur dos, mais à ce stade la situation promettait de partir en vrille d'un instant à l'autre, ils devaient se préparer à réagir rapidement et fuir si la situation l'imposait, chose qui exigeait de savoir ce qu'il se passait exactement.

Bien vite, il finit par comprendre qu'un véhicule avait été mit en marche et démarrait son accélération, apparaissant comme un taureau en charge depuis l'intersection suivante, il décrivit du regard une Berlin cinq portes, haute, spacieuse et qui n'hésitait pas à percuter de plein fouet un premier rôdeur sur le chemin, le mettant à terre pour lui rouler dessus sans scrupule et briser ses os. La trentaine des monstres qui occupaient la zone se retournèrent comme un seul homme vers cette tonne en métal et celle-ci ne se renfrogna pas, lancée à vive allure et percutant un, deux, puis trois autres rôdeurs sur son passage en réalisant un espèce de zig-zag sur la route, probablement pour ne pas entrer en choc trop de face avec les morts-vivants.

« Une voiture. » Siffla James entre ses dents alors que toute sa mâchoire se contractait de stress, il ploya les genoux pour se mettre au niveau de son camarade et oublia bien vite sa dague de chasse qu'il rangea pour récupérer son Desert eagle chargé. « Je ne connais pas la marque mais c'est un espace, il fonce vers nous et fait un carton sur les rôdeurs. Mieux vaut rester à couvert le temps que ça passe. »

Sur cette directive qui lui était apparue d'instinct comme une évidence, il porta son attention marquée par la ligne de sueur qui descendait sur sa tempe, vers l'angle du bâtiment qu'ils avaient rasé. Heureusement, les morts-vivants de ce coté ne s'étaient pas encore montrés, mais nul doute que ça n'allait pas tarder, ceci dit, la principale menace venait dans l'absolu de cette voiture et des types armés qui s'y trouvaient sans doute. Car il n'avait pas eu le temps de distinguer quoi que ce soit, il pouvait bien y en avoir qu'un, comme il pouvait y en avoir toute une équipe.

James prit une inspiration pour contrôler sa tension, ou en tout cas s'apaiser un peu. Son cœur battait la chamade, il entendait les coups de par-choc qui se multipliaient, s'attendant à voir débarquer cet engin à deux mètres d'eux à toute vitesse, néanmoins ce n'est pas ce qu'il se passa. Un coup de volant à l'oreille fit crisser violemment les roues à même le béton, signalant que la voiture avait pris un mauvais virage et avant qu'il n'ai le temps de se demander si elle allait foncer sur l'abri bus, ce qui amènerait à le défoncer sur leur tête, le hurlement d'un coup de frein sec précéda de quelques courts instants un choc brutal, tant pénible qu'il entendit la taule se plier et s'exploser sous l'impact : d'une autre voiture, d'une autre surface, contre un bâtiment peut-être... de quelque chose de solide en tout cas. Cette fichue bagnole avait eu un accident juste à coté d'eux, comme si il était nécessaire d'en rajouter, à quelques mètres tout au plus et il n'y avait pas tellement de doute sur un point, ce barouf avait littéralement scié les tympans du chirurgien.

Ce dernier posa impulsivement sa main libre gauche sur son oreille droite pour limiter la casse de son audition, ses dents se serrèrent jusqu'à lui laisser de vives douleurs à ses canines du fond, à l'écoute de ce bruit insupportable, tout du moins pour lui car la taule froissée comme la craie raclée sur un tableau lui donnait des frissons insoutenables. On sorti de la voiture, probablement, du fait d'une voix portée, criante même, qui incitait à quelqu'un d'autre de « prendre les sacs et se grouiller », garnissant tout ça de « bordel » et de « oh merde » douloureux et appuyés. James ne bougea pas tout de suite, vérifiant d'un coup d'oeil comment Kyle réagissait, à vrai dire il ne lui avait pas porté beaucoup d'attention dans l'absolu avec cet événement que rien n'aurait pu prévoir, hormis une supposition à la volée digne de la pure bêtise. C'est seulement après avoir vérifié comment il allait qu'il se décidait à sortir la tête de derrière le panneau pour voir enfin, de ses yeux, ce qu'il en était réellement et découvrir ce que Kyle viendrait découvrir à son tour.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Jeu 10 Nov - 17:11
Je jetais de bref coups d’oeil, un peu nerveusement, devant et derrière moi, sentant que l’environnement était clairement hostile et que le moindre détail pouvait me mettre en alerte d’un potentiel danger imminent, limite à m’en rendre parano. J'inspectais le trottoir, la route, les fenêtres des appartements donnant sur nous, et même les toits. J’avais repéré tout juste en arrière de l’abri-bus qui nous servait de refuge une grande benne à ordure qui n’avait clairement pas sa place dans le décors et dont je préférais éviter de chercher les circonstances de sa présence et de son état criblé de balle et peinturluré de sang. Les détritus jonchaient le sol parmi un flot de papiers froissés, désagrégés par le temps, ou de sacs plastiques déchirés se mêlant à des lambeaux de tissus aux couleurs sales et ternes. Des morceaux de verres brisés venaient agrémenter le tableau chaotique issu des appartements à quelques étages au-dessus parmi un débarras d'affaire à l'usage incertains tant ils étaient abîmés ou fracassés, sans parler des mares de sang coagulées qu’on retrouvait par-ci par-là sans la moindre explication sinon l’éventualité d’une ancienne zone de repas à nos cannibales ennemis.    

Des ennemis qui se tassaient en nombre et qui provoquaient le doute sur la suite des opérations, du moins dans la manière de gérer cette masse. Car l’un comme l’autre, nous savions que nous ne pourrions faire autrement que de les détruire, un par un, si on voulait assurer le succès de cette mission et surtout nos arrières. Pour moi c'était aussi une question de principe : moins on en laissait vivant, mieux je me portais.

Je préférais ne pas inonder le Cap’tain d’un regard trop insistant tandis qu’il prenait la mesure de ma proposition, attendant avec une patience sereine qu’il tranche par son avis que je saurais posé. Pour l’avoir côtoyé fréquemment dernièrement et pour les quelques mentions dont on m’avait fait part avant, je commençais à me faire une idée du genre de bonhomme que James Everett pouvait être. Ca restait subjectif, et ça le resterait sans doute, mais j’appréciais le gaillard pour son tempérament au moins aussi proche du miens bien qu’un poil plus mesuré sans doute, j’avais tendance à rapidement être piqué au vif, ou à ne pas faire dans la dentelle quand la situation l'exigeait. Un danger potentiel devait être considéré comme un danger avéré.

Dès que son regard se posa à nouveau sur moi, je lui accordais une brève attention pour lui montrer qu’il avait l’une de mes oreilles – l’autre continuant de guetter le moindre mouvement. Mais il fallut moins que toute cette attention pour percevoir les coups de feu rebondissant en échos sur les hauts murs des appartements alentours. Ce n’était pas loin, vraiment pas loin, et sans vraiment attendre, j’avais empoigné puis épaulé mon arme, entamant rapidement toute ma série de vérification de l’ensemble des issues qui inondaient cette rue à la recherche d’un mouvement annexe autre que celui des morts qui avaient réagi également.

Ma toute première inspection rapide n’eut aucun résultat et d’un regard vers le chef d’équipe, je me rendis compte qu’il n’avait pas plus d’élément à fournir jusqu’à ce que les coups se répètent escortant cette cacophonie par le crissement d’un véhicule perçant le silence qui s’était jusque lors installé sur la ville. Ayant une vague idée de la direction, sans être des plus précis, je me mis en tête qu’il valait mieux trouver autre chose pour s’abriter. Je n’avais aucune idée de la nature de ce vrombissement, bien que mes premières pensées se dirigeaient tout droit vers un véhicule, naturellement. Camion ? Moto ? Voiture ? Blindé ? J’appréhendais, immobile, la nature de ce qui allait surgir devant nous, guettant les réactions de mon compatriote.

Aussi, à la fin de ses propos, je lui indiquais d’un rapide geste ma volonté de me déplacer. Je préférais mettre à profit cette grande benne métallique renversée trois pas en arrière qui offrait un abris bien plus sécuritaire qu’une paire de vitre, et un couvert plus grand. Si le panneau publicitaire de l’abris gênerait dans un premier temps notre vision, nous empêchant d’anticiper cette venue sortie de l’enfer, j’y voyais un meilleur potentiel de défense. Qu’il choisisse de me suivre ou non, j’aurais mis en application mes pensées, prenant le chemin le plus rapide pour parvenir à ma nouvelle retraite. Planqué derrière ma masse de métal, j’aurais tout le loisir ensuite de choisir ma position, posant mon fusil sur le flanc de mon obstacle, le doigt rivé sur la gâchette, attendant que l’engin se manifeste.

Rien ne vint toutefois. Juste le sifflement caractéristique d’un dérapage non contrôlé, puis le choc que l’on redoutait toujours. Je serrais les dents, la mâchoire complètement contractée, l’index plié si nerveusement que ça m’en filait des crampes, les jambes tremblantes, restant en tension prêtes à l’action. J’avais l’impression d’être revenu à mon premier déploiement, le cœur gonflé de toutes les appréhensions possibles avant de faire face à la fatalité de ma position et de ce qui pesait sur mes épaules, l’appréhension, les angoisses, la peur. C’était une pression immense, loin, bien loin de tout ce à quoi j’avais bien pu imaginer pendant mes entraînements. J’avais été rattrapés par la réalité, celle qu’un souffle, un seul, pouvait signer la vie ou la mort, la victoire ou la défaite. Mes mains devenaient de plus en plus moites, me forçant à reprendre la poignée et la garde main de mon arme à plusieurs reprise, déglutissant en même temps sur le fait qu’il se produise quelque chose pendant mon mouvement si infime que j'en perde l'avantage.

Mon angle était imparfait, et je doutais de plus en plus du bien porté à mon déplacement. Mais la situation ne m’avait pas laissé le choix. Il aurait été risqué de rester derrière ce panneau si fragile à deux pour s’y planquer. Demandant un effort supplémentaire à mes muscles déjà mis à l’épreuve, je me déplaçais de quelques centimètres sur le côté, cherchant à me dégager un meilleur angle maintenant que ce véhicule avait fait un arrêt brutal.
Les coups de feux avaient repris. Ils étaient plusieurs maintenant. Difficile d’en déterminer le nombre. Deux ? Peut-être trois ? Pas plus en tout cas, ramenant mon correctif à deux par les voix qui résonnaient. Je voyais quelques mouvements, des ombres, me donnant l’indice que je n’étais plus très loin de contempler leur scène de guerre.

Encore quelques mouvements, lents, mesurés, sur le côté et je découvris l’arrière du véhicule. Le coffre de la Berline s’était encastré dans le mur d’en face et la masse grouillante de mort qui avait convergé dans leur direction m’empêchait d’en voir plus sur l’état de l’engin, portes arrières ouvertes. Les coups de feu s’enchainaient dont l’angle braquait clairement notre direction, par le plus pur des hasards, et si quelques silhouettes parvenaient à s’effondrer sous les assauts furieux d’un duo qui cherchait à se dépatouiller d’une situation critique, les balles perdues fusaient également, sur le mur, le trottoir, une vitre de l'abri-bus, l’une d’elle claquant ostensiblement sur ma carcasse de métal, me forçant à mettre à l’abri l’un de mes biens les plus précieux : ma tête. Je ne savais pas comment s'en sortait mon compagnon, ne pouvant en prendre la mesure sans risquer d'être toucher. Et puis les éclats de voix se manifestèrent à nouveau de manière beaucoup moins audible, et les balles changèrent de direction.

Je risquais à sortir à nouveau de ma cachette pour savoir ce qu'il s'était passé et connaitre l’évolution de la chose. Il manquait plus que les gusses se mettaient à choisir notre planque pour qu’on se retrouve dans une moïse immense. La vérité, c’était que je savais très bien comment ce genre d'affrontement allait finir entre nous et eux. Il n’y avait pas vraiment de choix. Personnellement, je n’hésiterais à aucun moment à les abattre, qu’importaient qui ils étaient, pour assurer la pérennité de notre groupe. Il fallait pas se leurrer, ils en feraient de même. La survie primaire primait.

Mon regard se plaça donc sur la masse presque uniforme de morts qui s’avançaient, jusqu’à ce que je perçoive enfin le visage de l’un d’eux, ou du moins ce qui aurait pu être remarquable : un homme, de taille moyenne, cheveux mi-long, barbu. Au final, rien de précis, ni de réellement significatif pour apporter quoi que ce soit de plus dans cet échange. En revanche, c’est la direction de son regard qui me rappela à l’ordre. Sur ma gauche, presque derrière moi, ma négligence m’avait fait oublier les potentiels morts qui pouvaient nous surprendre à cause de cet échange très sonor. Et c’était pas peu dire : si l’inconnu était davantage préoccupé par un petit groupe qui venait leur boucher l’une de leur possible échappatoire, ça me permis de mon côté de surprendre la progression silencieuse d’une menace beaucoup plus proche de moi.

Immense, à la carrure d’un rugbyman, du moins avant qu’une partie de son bras soit dévoré par les morts, ne laissant apparent qu’une chaire pourrie partie en lambeau suspendue par ce qu’il restait de ses os. De ma distance, je voyais clairement ses pupilles blanches, un voile laiteux déposé sur la surface, sa mâchoire inférieure pendouillant lamentablement, désaxé par rapport au reste de son visage sillonné par les vers, dévoilant quelques cartilage et sa dentition. Une grosse barbe touffue à moitié arrachée sur un côté gardait les restes de chaires dévorées et filets de sang noirâtre, de même que sa chevelure noire graisseuse. C’était une vision assez horrible qu’un tel spectacle de décomposition que mon esprit ne parvenait pas à décrire et enregistrer dans toute sa monstruosité, mais le constat était là : la mort nous rattrapait tous, mince comme imposant, frêle comme musclé.

Le choc de cette vision passé et surtout, la prévision qu’une telle mâchoire puisse arracher au moins la moitié de ma cuisse d’un seul coup de dents, je finis par y réagir avec une vigueur renouvelée alors que je voyais la créature littéralement tomber sur moi. Je roulais sur le côté avec l’espoir de mettre suffisamment de distance entre moi et cet affreux cannibale, pour réussir à retrouver l’appuis de mes jambes avant qu’il en ai fait de même. J’avais alors l’opportunité de mettre un terme à ses sombres jours, relevant brusquement le canon de mon arme, mais le coup de feu partit plus rapidement qu’espéré, la balle filant à travers la cage thoracique de mon adversaire sans même toucher une côte. Et pour cause, le monstre avait lancé son attaque de la même occasion, mon arme encaissant le choc à la place de mon bras, faisant crisper ma main et partir le coup. Pris par surprise, je profitais de l'enchaînement de cette situation plus qu’incongrue pour repousser mon adversaire par-dessus la benne qui m’avait servi jusqu’ici d’abri. Peut-être était-ce dû à la chance, peut-être au manque de masse musculaire du décérébré - son ou ses agresseurs l'ayant dévoré plus que nécessaire, mais ce dernier bascula en arrière sur le capot de métal, glissant sur le côté jusqu’à rejoindre le goudron.

Des coups de feu surgirent à nouveau, éclatant un morceau de brique à proximité de ma position et une seconde supplémentaire me permis de savoir que non seulement j’avais bel et bien attiré l’attention de nos chers vivants, mais qu’en plus, je devenais leur nouvelle cible. Je fonçais directement contre le mur, m’enfonçant dans le renfoncement d’une porte d’entrée, mon épaule percutant le bois de cette dernière sans qu’elle ne vacille, me mettant à l’abris des tirs ennemis qui continuait de s'acharner dans la rue.

J’étais piégé. D’un côté un mort qui se relevait et d’autres qui arrivaient, de l’autre, les deux connards qui se repliaient vers l’opposé de la rue.

Le problème, c’est que la situation ne nous donnait pas vraiment le choix : le seul refuge, maintenant que le bruit avait rameuté la moitié de la rue sur nous, c’était de prendre la même direction qu’eux. Dans mon enchaînement de poisse, j’avais perdu de vu le Capt’ain. Dos au mur, je reprenais mon souffle, estimant à quelques dizaines de secondes à peine mon répit avant que le colosse pourri ne revienne vers moi. Assez pour me permettre d’analyser la situation.

« Everett ? » Cherchais-je à appeler sans plus me préoccuper de la discretion maintenant que notre discretion était compromise.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Sam 3 Déc - 15:37
Cela faisait des mois, que je n'avais pas ressenti le besoin de me recentrer sur moi-même, de quelques pensées déchaînées, au point de me pousser à me déconnecter de la réalité au pire moment, juste une seconde. Quelque part au fond de moi, je ne me sentais toujours pas proche de cette vie, trop étranger à ce monde, trop incapable d'y trouver une véritable place autre que l'illusion que je m'étais créé, moi le chef, le meneur, l'imposteur. Comment me mentir à moi-même et essayer de transmettre conviction et force, quand j'étais submergé de doutes plus violents les uns que les autres ? Prendre une décision, voilà quelque chose de lourd à faire aujourd'hui, quand chacune de ces décisions pouvait vous envoyer sous terre, ou faire de vous un monstre, un miséreux, un misérable.

Pendant des années, je m'étais perçu comme cela, d'abord un miséreux, charcuté par la vie et dont les rêves avaient été minutieusement torturés par sadisme, puis abattus de sang-froid. Misérable, de n'être plus que l'ombre du soldat au service du capitalisme que j'étais, pour devenir moins encore, un misérable sans avenir et sans utilité, mauvais policier et alcoolique par dessus le marché. Un monstre, de savoir toutes les morts que moi et mon institution avions causé, toutes les guerres menées, toutes les injustices infligées, bien cachés qu’étaient nos chefs derrière des idées aussi saugrenues que mensongères juste bonnes à calmer les ardeurs de nos compatriotes pour mieux nous prendre pour les gendarmes du monde. Des gendarmes voyous, meurtriers, pilleurs, violeurs à l'occasion, dont le cas était d'autant plus pénible que beaucoup d'entre nous avions été dupes d'une mascarade datant d'un siècle et qui n'avait pas faibli à fonctionner.

Jessica avait été la lumière dans mes ténèbres, mais ça n’avait pas suffit à me racheter vraiment. Maintenant, le destin m'avait flanqué, ici où je n'avais pas ma place, à ce rôle déterminant pour plusieurs autres vies, des individus tous plus honorables que moi qui se reposaient sur mon jugement et mes décisions. C'était terrifiant, de se demander si demain, je ferais l'erreur fatale qui scellera un devenir tragique pour ces vies, si mon influence finira par les pousser à devenir faibles, ou trop cruels au contraire. Savoir trouver un juste milieu était plus insurmontable que jamais, pourtant, j'essayais, j'essayais vraiment.

Et sous le brouhaha des râles et des coups de feu, la vue de ce visage, figea le temps quelques instants pour laisser place à toutes ces pensées qui trouvaient un sens profondément intense tout de suite, car le choix que je m'apprêtais à faire pourrait affecter plus que de mesure ces vies que je m'étais promis de préserver, mes instincts brûlant, appelaient à laisser ma colère me submerger. Et si cette erreur, c'est aujourd'hui que je la faisais ?


James avait sorti la tête de derrière l'abri bus pour mieux voir qui venait d'appeler tous les morts du quartier à coup d'accident de voiture et de coups de feu enragés, d'une bêtise incroyable - ou d'une panique compréhensible. Ce qu'il vit, au-delà des morts qui se tournaient et s’avançaient droit vers eux, de ces râles, des ces visages décharnés, déformés, de certains des ces bras qui se levaient bien avant d'avoir approché de la proie convoitée, comme un appel de l'au-delà, c'était ces hommes qui l’interpellaient, au point de ne pas faire attention à Kyle qui s'était éloigné. Le premier était de taille moyenne, cheveux mi-long, barbu et il avait une carrure assez large dans le sens obèse du terme, son ventre proéminent témoignant de sa condition physique déplorable, qu'elle soit due à des excès ou à une maladie.

Mais l'autre, lui, était beaucoup plus particulier : cette barbe brune massive, cette crasse apparente, ce regard emprunt de nervosité et de férocité, une casquette bleuâtre dont le logo avait pratiquement disparu tant elle était abîmée, trouée même et cette chemise portée par dessus un tee-shirt, comme le jean dessous. Tout y était, il était à l'identique, si bien que James n'aurait pu douter plus d'un instant, quand l'homme tourna le regard vers lui, ou plutôt... dans son sens. Mais il ne fit pas attention à ses arrières, le chirurgien, bien au contraire, gardait les yeux rivés sur cet homme, il n'en croyait pas ses yeux. C'était bien lui, le type de l'avion, celui qui les avait agressé, qui avait étranglé Elizabeth, qui lui avait mis une arme sur la tempe, qui avait cru l'avoir tuée et avec qui il s'était battu jusqu'à frôler la mort... cet homme qui l'avait empêché de retrouver Ivy, son amie qui agonisait loin de là, seule. C'était comme un souvenir ombrageux alors éclairci par un élément clé, lui donnant l'impression de revivre instantanément ces moments passés, de réentendre sa voix et ses mots avec netteté, autant que le siens :



« Je vais te péter toutes tes dents et je te collerais une balle dans la nuque comme à ta pétasse ! »
« Et là qui c'est qui pète les dents de l'autre ? Sale enfoiré ! »
...
« Que tu nous ais attaqué, par doute, par peur ou par incompréhension... je veux bien l'accepter et le pardonner. Que tu ais voulu nous voler, pour survivre, ça aussi je veux bien l'accepter, et le pardonner. Mais tu as tiré, tu as cru l'avoir tuée et tu n'as éprouvé aucun remord, rien, que de vouloir t'en servir pour me briser. »
...
« Nous sommes restés enfermé dans cet enfer pendant deux longs jours. Ça, je ne peux pas l'accepter, et je ne veux pas le pardonner .»
« De toute façon je t'emmerde et je vous souhaite de crever, toi et surtout ta pétasse. »
« Ta pétasse... »
...
« Si jamais moi ou un membre de mon groupe te croise à nouveau et que tu fais ne serait-ce que mine de le menacer, ou de me menacer. Je te tuerais, sans hésitation. »
« Je te tuerais, sans hésitation. »
« Je te tuerais sans hésitation... »


Il lui avait dit, il avait été on ne peut plus clair et ne pouvait, ne voulait pas revenir sur ses mots, sa décision. S'il le recroisait et qu'il se montrait menaçant, il devrait le tuer, sans hésiter, sans se questionner, sans se morfondre, pas tout de suite. Des jours, des semaines, qu'il y repensait, qu'il se demandait s'il allait le revoir, s'il avait fait une lourde erreur en l'épargnant, si ce salopard tuerait d'autres « pétasses », d'autres gens qui ne lui auraient rien demandé. Maintenant il était là, sous ses yeux, juste à portée, c'était le moment de vérité. Mais il fut sorti de sa concentration par de nouvelles détonations qui frappèrent la vitre intérieure de l'abri de bus, la brisant sous les coups en milliers d'éclats, et qui touchèrent aussi la voiture près de James, perçant sa carcasse. Le chirurgien eu un sursaut et un mouvement de recul, se planquant, bien qu'il se doutait que c'était là des balles perdues, il ne voulait pas risquer d'en prendre une, mais aussi d'être vu, lui ou Kyle. Kyle... il se rendait compte qu'il l'avait presque oublié, prit dans ces instants qui avaient duré plus que de mesure dans son esprit.

En se mettant accroupi, il se tourna et se retourna, cherchant son camarade qui n'était plus à coté de lui. Il eut un frisson de peur, de crainte pour lui et se rappela qu'il lui avait parlé, sans que James n'ai répondu : la benne. Son regard se braquait dans cette direction et il voyait l'ex-soldat aux prises d'un rôdeur à la carrure mortifiée mais impressionnante, trop bien conservé qu'il était et qui devançait tout un groupe venant de la rue d'origine de leur propre progression. Il s'était laissé prendre par ses émotions les plus impulsives et avait omis de veiller sur leurs arrières, se laissant prendre en tenaille, voilà une belle erreur. Il brandit des deux mains son arme vers l'agresseur de Kyle qui se démenait avec acharnement, son regard plus tardif qui scrutait le cinq autres regroupés non loin d'eux, il marqua un temps de grande intensité à la recherche d'un angle de tir qui ne mette pas son allié en péril.

Il voulait pourtant sortir de sa cachette et tomber sur les deux hommes avant qu'ils ne se rendent compte de la présence de l'autre duo de vivants, mais il ne devait pas se laisser emporter par sa colère qui grondait fortement en lui, faisant revenir toute l'injustice, la haine et la rage des premiers moments dans ce maudit avion et les conséquences que cela avait eu. Non pas sur sa relation avec Elizabeth qui était une bénédiction, mais pour Ivy, pour eux-même, leur souffrance, celle de tout le groupe sans cesse agressé à cette période de fragilité. Il fallait qu'il garde son sang-froid et agisse par étape, s'il voulait que Kyle - qu'il était impensable de laisser la boue - et lui survivent à cette débâcle. Très vite l'opportunité vint lorsque l'ex-soldat parvint à repousser le monstre sur la benne et à le faire dégringoler au sol pour s'étaler à même le bitume. James lui emboîtait le pas dans l'action en se redressant et braquant son Desert eagle sur le crâne du monstre, cependant, à l'instant où il s'apprêtait à appuyer sur la détente, ces autres hommes bien vivants les prirent de court et firent hurler leurs armes... dans leur direction.

Surpris qu'ils se soient rendus compte de leur présence et s'intéressent à eux plutôt qu'aux rôdeurs qui les encerclaient, le chirurgien recula brusquement en se mettant accroupi, un bras dressé en protection de sa tête, avant qu'il ne se rende compte qu'aucune des balles ne frappaient à proximité de lui, mais transperçaient plutôt la benne et s'écrasaient sur le mur autour, car la cible était bien Kyle. Ils l'avaient repéré, probablement quand il avait reculé après avoir repoussé le monstre et ils lui tiraient dessus. Ces salopards tiraient sur son camarade, instantanément, sans avoir à réfléchir ou se poser la moindre question, donner le bénéfice du doute, ils l'arrosaient d'une pluie d'engins de mort dans le seul but de l'abattre, tirer avant et réfléchir ensuite. Ils confirmaient ce que James redoutait : des lâches, des inconscients, des immoraux qui n'avaient pour seul intérêt que leur seule petite survie personnelle, se foutant pas mal des autres vies et les agressant, les tuant sans doute sans la moindre pitié, et aujourd'hui c'était Kyle qu'ils voulaient tuer.

« NON ! » Grondait James d'indignation et de panique, les yeux écarquillés, effrayé à l'idée de voir l'un des siens mourir ici, sans raison et dans la plus pure injustice, à cause de deux connards opportunistes.

Envahi d'une fureur sans borne à rougir sa peau et faire ressortir les veines de son corps, il bondit en arrière et fonça vers la route, sortant par surprise de derrière l'abri bus en levant son puissant revolver. Les deux hommes qui commençaient déjà à courir tout en continuant de tirer sans ménagement, laissant Kyle qu'ils voulaient absolument tuer être mit à mal et se jeter dans le renfoncement d'une arche de porte, ne se rendirent pas compte que la loi du Talion allait leur faire payer leur ignominie. Il n'y avait plus de peine à s'infliger, plus d'obligation morale à s'imposer quand des fumiers s'en défaisaient sans honte, plus d'hésitation à avoir oui, il était prêt à tout pour défendre les siens et ferait l'impensable, dès lors qu'il n'avait plus le choix et qu'il avait affaire à des salauds et des hypocrites : fini l'idéalisme à outrance, hors de question de reculer ou de céder.

L'éclat terrible du Desert eagle dévorait d'intensité et d'écho les précédentes armes, déchirant les grognements et les râles, mais plus encore arrachait un insupportable cri de douleur l'instant suivant, quand le plus obèse des deux reçu l'inarrêtable balle qui dans sa trajectoire, déchira les vêtements, la peau et la chair de son dos, brisa ses os et réduisit ses nerfs en bouilli, le condamnant d'office à l'agonie d'une mort douloureuse qui ne pourrait plus lui être épargnée. L'homme s'effondra dans sa course en tournant sur lui-même, le dos en sang et le corps entier brutalement statufié par les dégâts et leurs talents à la souffrance qui vinrent à grandir encore plus qu'il n'aurait été imaginable quand ce même dos trouva avec violence la dureté du bitume. Son arme lui échappa, son visage se broya de supplice et d'une angoissante surprise, lui qui ne s'était pas douté qu'il venait de faire la dernière erreur de sa vie.

Le second, celui qui méritait pire encore, avait basculé sur le coté sous le coup de feu et était encore plus consterné, manquant d'être happé par un rôdeur sur le chemin, il fut déstabilisé en se jetant immédiatement en sens opposé pour lui échapper et tomba à genoux en se réceptionnant maladroitement des mains. L'incompréhension fut vite suivie par la terreur et à la suite d'un regard aussi bref que dégoûté vers son propre camarade, il chercha des yeux ce qui l'avait abattu. C'est un James droit sur ses jambes, le canon encore fumant, les os vibrant encore du recul et les yeux injectés de colère, dont il croisa le regard froid et décidé. C'est là, en le reconnaissant à son tour, qu'il comprit que ce jour serait le pire qu'il aurait à vivre et peut-être le dernier, car il n'y avait plus seulement les rôdeurs à fuir, il y avait aussi un homme qui lui avait fait une promesse et dont il venait de violer la condition sans le savoir, sans s'en être douté.

Ne le fixant qu'une seconde, il fut vite contraint de sortir de son hébétement avec l'arrivée du mort-vivant qui lui avait valu de finir à genoux et l'instant d'après, le voilà qui se redressait précipitamment pour partir en courant vers le trottoir, forcé de prendre le risque de se frayer un chemin et zigzaguer entre plusieurs autres monstres contre une couverture de fortune, n'envisageant pas d'aller dans le sens du chirurgien trop convaincu de mettre fin à son existence et ne perdant pas de temps à essayer de tirer au hasard. James aurait pu profiter de son hébétement pour l'abattre à son tour, mais cela aurait été trop rapide, trop simple. A la place, il l'avait fixé également pour qu'il prenne pleinement conscience de la situation désastreuse dans laquelle il s'était bêtement jeté et le regardait ensuite fuir lâchement, ne lui laissant que quelques instants d'avance pour se retourner et tirer une autre balle vers le crâne du rôdeur massif qui avait agressé Kyle et essayait de se relever, détruisant son cerveau en l'atteignant non loin, dans l'oeil, sans s'attarder plus d'une demi-seconde sur son cas.

« Suis-moi ! » Lançait-il vers Kyle, tournant le regard derrière lui pour scruter le groupe de rôdeurs qui arrivait non loin de l'abri-bus, avant de trouver les yeux de son camarade, mu d'une volonté imperturbable d'en finir aujourd'hui, en dépit des risques et du danger sans précédent qui avait établi son règne dans cette avenue, il ne pouvait tout simplement pas laisser une telle menace filer. « Il ne doit pas fuir ! »

Sur ces mots lancés d'un ton rauque et déterminé, il partit à l'assaut de la route, fonçant en plein milieu de la zone, lancé à vive allure vers sa cible en fuite. Celle-ci frôlait les voitures, allait d'un coté à un autre, se plaquait contre le mur du bâtiment voisin en dégageant avec grand mal les mains griffues qui l'attrapaient au passage, harcelé par les morts qui manquaient de le dévorer à chaque instant. James lui, montrait bien moins d'hésitation ou de tentative à contourner les décharnés, arrivant droit sur l'un d'entre eux qui lui faisaient barrage. D'un mouvement il passa à coté de son bras qu'il laissa glisser sur son épaule, se retrouvant au contact du rôdeur pour lui envoyer la crosse de son arme dans les dents, les cassant au passage et le jetant au sol comme une poupée de chiffon sous la force de l'impact.

Il continua sa course, grimpa sur le trottoir en s'appuyant brièvement sur le capot d'une voiture pour aider son mouvement, enjambait les dalles de pierre qui la formaient et leva le Desert eagle pour un troisième tir détonant vers un autre rôdeur qui s'était tourné vers lui, lui déchiquetant le nez, la bouche et une bonne partie de l'arrière du crâne quand la balle ressortie, accompagnée d'un flot de sang. Le corps sans vie s'effondra devant les pieds du barbu qui lui marchait presque dessus sans s'interrompre. Son regard était rivé sur l'homme devant qui, après avoir passé quelques rôdeurs, était bloqué par la vingtaine d'autres qui se regroupaient à vingt mètres en face sur le trottoir. Il trancha sa trajectoire et se jeta sur le coté pour pousser d'un coup d'épaule la première porte venue afin de s'engouffrer dans une laverie automatique.

Il n'avait que quelques mètres d'avance, James repoussant sèchement un autre rôdeur au corps squelettique qui tomba sur une voiture, évitant un quatrième, puis un cinquième en se baissant pour passer sous ses bras, mais quand il arriva au niveau de la laverie dans le but d'y entrer à son tour, il fut agrippé par des doigts qui manquèrent de lui griffer la gorge sous l'impulsion. Saisit au col, il eut un mouvement d'arrêt pour avoir été durement interrompu dans sa course et envoya aussitôt son crochet du gauche qui se fracassa contre la mâchoire du monstre, beaucoup plus corpulent que le précédent et presque plus grand que le chirurgien. La bête eu un mouvement de nuque très brutal sous le coup à assommer un homme, mais puisqu'elle n'en était pas, revint rapidement à lui en ouvrant sa gueule pour dévoiler ses dents rongées mais tranchantes, jaunâtres et porteuses d'une haleine fétide.

James eut alors beaucoup plus de mal à s'en défaire, cette saleté ne lâchant pas prise, il tentait de lui saisir les poignets en reculant le visage pour le forcer à se dégager, mais voyant que cela était laborieux, il fut contraint de lever le genou pour faire barrage à son torse et l'empêcher de porter ses crocs à son visage. Il se débattit ainsi plusieurs instants, la pression grandissant alors en flèche tandis que les nombreux autres morts arrivaient de toutes parts, surtout le groupe à sa gauche intensifiant le pas à la vue d'une proie retenue par un autre, mais aussi dans son dos, deux autres se suivant sur la route. Le chirurgien, oppressé et en rage, frustré à l'idée que ce monstre permette la fuite du criminel dont il voulait la peau, renifla un coup en se raclant la gorge avant de cracher un beau mollard dans les yeux du rôdeur, perturbant sa vue et sa tentative de le chiquer.

Ce qui lui laissa l'opportunité de le déstabiliser et le pousser en arrière avec lui pour venir le plaquer au mur et prendre le dessus, faire pression sur ses mains pourrissantes qui perdirent peu à peu de cette poigne incroyablement forte. Il ne pourrait échapper au besoin du soutien de son camarade, si celui-ci était parvenu à le talonner, son souffle grondeur son visage saisit d'une grimace de colère et de dégoût.
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