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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[LP, O, 1] The only easy day was yesterday - 07/04/35
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Kyle Collins

Anonymous
Invité
Mer 7 Déc - 22:14
Les éclats de plâtre et de brique du mur extérieur me forcèrent à enfoncer ma tête dans mes épaules. Je me pressais autant que possible contre la porte en bois, redoutant à chaque impact que ma cachette ne soit pas suffisante. J’arrivais à peine à observer mon environnement direct qui me renvoyait l’image du colosse mort se redressant, réduisant peu à peu le temps restant avant sa rencontre. Je ne pouvais même pas faire mine de le viser avec mon arme à feu sans craindre de me prendre uns bastos tout droit collé dans le cul ; je me mettais à espérer qu’une de leur foutues balles perdues ne s’égare comme par magie dans la tête de mon ami plus collant que désiré.

Je ne sais pas vraiment combien de temps j’avais tenu derrière ce chétif mur, sans doute seulement quelques secondes qui m’avaient paru bien davantage, mais finalement les coups de feu cessèrent de résonner près de mes oreilles, se perdant plus éloigné dans un échange distinct. Il ne m'avait pas fallut d'intense réflexion pour me faire à l'idée que mon homologue y était pour quelque chose. J’attendis quelques secondes supplémentaires histoire d'être certains que plus rien n'arriverait à m'atteindre, à peine deux ou trois, avant de sortir la tête de ma cachette, ne faisant dans un premier temps que me pencher rapidement sur le côté, passant mon regard par dessus mon épaule. Juste assez pour voir Everett, comme suspecté, qui s’était chargé de faire fuir les deux menaces et me permettre d’émerger de mon nuage de poussière. Dans toute son efficacité, il s’était également chargé de liquider mon deuxième problème, réglant de facto tout ce qui me gênait en un rien de temps. Je conservais néanmoins en tête la prudence, me dégageant finalement complètement de ma cavité en redressant mon fusil dans la direction des deux hommes, ou du moins celle où ils s’étaient enfuis.

Ne jetant qu’un bref coup d’œil à mon coéquipier, sans m’attarder sur les questions inutiles qui me passaient par la tête, je lui emboîtais le pas, visualisant le chemin qu’on allait emprunter dans cette course poursuite et des obstacles, vivants ou morts, qui allaient se dresser contre cet objectif. La situation nous força assez rapidement à être séparé, au début de quelques pas seulement, mais les morts ne me permit pas de le coller aux baskets comme je l'aurais souhaité. Déjà, j’avais dû contourner l’abris bus par la droite, après avoir tiré une salve pour éloigner l’une des créatures de ma route. J’aurais préféré l’envoyer ad patres ad vitam aeternam, mais il fallait croire que la chance n’était pas spécialement de mon côté ces derniers jours, question d'équilibre sans doute. Le mort s’écroula tout de même sur le bitume, le pouvoir d’arrêt de mon arme ayant fait le plus gros, m’ouvrant le chemin face à moi pour continuer ma progression sur quelques mètre, de quoi rejoindre le centre de la route pour suivre parallèlement la trajectoire de mon collègue.

Je fixais le Colt fermement entre mes doigts pour n’en faire que l’extension logique de mes bras, mon arme prête à agir et réagir en cas de nécessité. J’essayais de ne pas perdre de vue Everett qui ne ralentissait sous l’assaut d’aucun d’entre eux, en véritable char d’assaut déterminé à supprimer la menace et qui confirmait le regard que j’avais cru percevoir lorsque j’étais enfin sortit de ma planque de circonstance. Un regard qui me renvoyait à mes propres déterminations. D’une glissade, je me déplaçais davantage sur ma droite, évitant le contact et l’assaut d’un nouveau mort qui avait trouvé en moi un festin plus accessible - et peut-être appétissant, mais je ne m'attarda pas plus sur lui, focalisé sur notre cible qui s’échappait à mesure qu’on, ou plutôt que je progressais dans ce décors chaotique. C’était sans doute la raison qui m’avait fait manquer de vigilance aux corps étendus au sol, prétextant leur mort pour ne pas m’en méfier, ou trop focalisé sur ceux encore debout qui s’éparpillaient sur cette route et la nécessité d’être le plus rapide et efficace possible. J’avais enjambé un corps pour venir tirer sur un autre, bien debout pour sa part, mais juste avant que mon index ne vienne presser la détente, une main avait crocheté ma cheville avec une poigne que je n’aurais pas cru possible venant d’un mort, me déséquilibrant assez pour me forcer à rejoindre le sol à mon tour, m’écrasant lourdement sur le dos – ou plus précisément sur mon sac à dos et son fatras qui s’enfonça dans mes reins, provoquant une douleur certaine, après avoir tenté de conserver une stabilité déjà foutu en l’air. Mon tir s’était quant à lui perdu vers le ciel, ratant ma cible à des kilomètres de distance.

J’avais accusé le choc en un souffle coupé, m’étalant de long en large sur mon agresseur, ou du moins une partie, ma tête et mes épaules rebondissant sur le moelleux d’un ventre rebondis.  Dans la précipitation à gérer le danger imminent, pour ne pas me faire croquer, je m’étais jeté précipitamment à plat ventre pour rouler une nouvelle fois sur le dos, loin de mon agresseur, en dépit de la surprise et du reste. Un agresseur qui avait hurlé de douleur à ma chute et se retrouvait finalement avec le canon de mon fusil saisit presque maladroitement contre sa joue. Pas de mort-vivant, pas de cadavre infecté, ce type-là, c’était l’une des deux cibles abattues par Everett avant qu’on ne se mette en chasse de son collègue, agonisant comme un cochon égorgé, le regard luisant de la mort qui approchait et qui l’effrayait, fixant, suant, l'extrémité de mon canon. Si je m’étais quelques fractions de secondes attardé sur ce regard, ce n’était que par la surprise de découvrir qui se cachait réellement sous le masque de ce que j’avais pris pour un mort, mais d’une pression d’index, je réglais définitivement cet écart. Sans ciller, sans réellement me soucier d’achever un homme. Pour moi, lui ou autre chose, c’était du pareil au même. Une menace restait une menace, sans distinction de forme, de couleur, de genre.

J’inspirais profondément, redressant le canon de mon arme avec une seule main pendant que je commençais à me redresser, histoire d’arrêter de traîner en route, mais le drame de ma malchance ne s’arrêta pas là. Bien évidemment, la créature que j’avais pris pour cible l’instant d’avant n’avait pas arrêté sa progression. Trébuchant à son tour sur les jambes du type que je venais de descendre dans la précipitation de me gober, la carcasse décharnée de ce cadavre puant s’empala tout droit sur mon arme englobant le canon jusqu’à la butée garde-main. Je ne savais pas, dans ma situation, si je devais remercier Dieu ou au contraire le maudire, me retrouvant comme un con à nouveau immobilisé au sol, mon arme coincée dans le buste d’un mort qui tendait ses doigts crochus vers mon visage.

«  Fils de pute ! » N’avais-je pas réussis à contenir, crachant mon juron avec force tandis que je forçais la fin de la chute sur le côté pour me dégager du danger de la posture.

La surprise de cet assaut qui m’avait laissé un bref instant pantois avait failli me coûter la vie, je n’étais même pas certains qu’il n’avait pas réussis son objectif de ses ongles infectés, mais dans le doute, je préférais persévérer et continuer à progresser tant que je le pouvais. Je m'occuperais des détails plus tard. Je n’étais pas du genre à me laisser abattre par la situation, qu’importait les événements, il y avait toujours une porte de sortie à saisir. Je continuais à maintenir à distance le cadavre encore vivant par la cale improvisée que mon arme avait fait, avisant le couteau papillon pour me sortir rapidement de cette situation. Je ne pouvais pas abandonner mon fusil sur place, tirer se révélerait inutile, et le retirer m’assurerait de finir en décérébré sans cervelle, sans contrepartie. C’était la raison pour laquelle je m’étais saisis de cette nouveau arme, la dépliant d’un geste rapide pour aller la planter directement dans le lobe temporal, ou ce que j’avais estimé l’être, de la créature. Sans ultime soubresaut, cette dernière cessa de bouger, immédiatement dans un chuintement visqueux. Mais, et c’était bien là le drame de la manœuvre, la lame s’était enfoncée si profondément qu’elle s’était coincée dans le reste de cervelle et d’os de l'hostile, me forçant à abandonner ma lame pour me concentrer sur l’extraction de mon fusil, la situation devenant plus que dangereuse à mesure que les secondes passaient.

Autour de moi, deux autres morts s’étaient rassemblés constatant leur distance et la manière dont je pouvais les gérer en me remettant sur pieds, mon regard croisa celui d’une rixe entre Everett et une autre créature et je décidais d’en faire ma nouvelle priorité. A peine le temps de reprendre mon souffle, j’entamais une course suffisamment rapide pour me rapprocher de la position de mon coéquipier, constatant dans l'effort et l'action les douleurs au dos et écorchures aux jambes que ma chute avait provoqué - et je n'espérais pas plus. Épaulant la crosse de mon arme, je fixais mon regard sur ma cible, en criant.

«  Recule ! »


Dès que j'aurais eu le feu vert d'Everett par un mouvement de sa part, attendant ce geste en gardant une posture des plus stable, m'épargnant un énième foirage en règle, qui aurait eu des conséquences autrement plus dramatique, j'aurais fais feu en rafale pour ne pas rater ma cible. Les balles se serait figées dans le mur, dans la carcasse et la boite crânienne de cet enfoiré de bouffeur de cervelle, réglant son compte une fois pour toute et libérant au passage Everett de son emprise.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Dim 11 Déc - 2:05
L'éclat de voix de Kyle ne manqua pas aux oreilles de James qui parvint à se dégager des bras du rôdeur, toujours couvert de salive sur le visage, de plusieurs pas avant qu'une rafale ne le crible et achève de percer sa boîte crânienne déjà fichue depuis longtemps. Ainsi libéré mais toujours pressé, il raffermit sa prise sur son puissant revolver et porta le regard vers Kyle.

« Ça va aller ?! » Lui lançait-il d'une voix assez forte pour surplanter les nombreux râles qui les entouraient.

Mais il ne tardait pas à attendre la réponse pour faire volte-face vers les plus proches monstres venant depuis le trottoir, devançant la vingtaine en progression, mais aussi depuis la route où quelques autres s'ajoutaient. Il ne lui fallut d'ailleurs pas plus d'un instant pour repérer la foule d'autres morts-vivants qui venaient encore des rues voisines, ne laissant aucun doute sur l'état de la situation : tout le périmètre était sur le point d'être submergé.

Le chirurgien leva son arme vers l'un des monstres à qui il ne restait que trois mètres tout au plus à parcourir, tirant d'une détonation qui redoublerait d'attirer les autres cadavres - ce qui n'avait plus d'importance maintenant qu'ils affluaient tous vers eux. Le projectile ne fit pas éclater son visage en morceaux comme espéré - bien morbide espoir à la réflexion, détruisant plutôt les os de son épaule en repoussant la bête qui tomba au sol sous le pouvoir d'arrêt de la balle. Un sec mouvement sur sa droite en gardant l'arme braquée suffit à cibler l'autre proche créature qui franchissait la marche du trottoir en se bousculant elle-même à une des nombreuses voitures à l'arrêt, lui déchiquetant le haut du crâne d'un nouveau tir bien placé, soit un nouvel écho bruyant se signalant à tout le quartier mais qui, cette fois, annihilait cette chose pour de bon.

Il espérait que Kyle l'ai rejoint ou presque dans ce court laps de temps, faisant volte-face une dernière fois pour constater qu'il allait à peu près bien, sa main libre lui fit signe de venir au plus vite tandis que ses jambes s'agitaient légèrement, se préparant à un élan de course.

« Il faut y aller, il en arrive de partout ! On trouve ce type et on en profite pour dégager par l'autre rue ! »

L'élan était également dans sa voix, rauque et nerveuse, face au danger qui les entouraient, le besoin de se préserver des morts qui les encerclaient maintenant et seraient sur leur talon, et celui de ne pas avoir prit ces risques pour rien en stoppant l'homme qui n'était plus une menace maintenant, mais qui le serait de nouveau très bientôt - James en était persuadé à présent, il finiront par tomber sur lui quoi qu'il arrive et il essaiera à nouveau de les tuer. Même sans ça, le besoin de justice, pour Elizabeth, pour lui-même et pour Kyle, la crainte que la prochaine fois ai des conséquences dramatiques, prévalaient sur le danger du moment. Une première pour James qui avait toujours évité le danger ; maintenant il savait que parfois prendre des risques était d'une prudence nécessaire. Il ne fallut que quelques pas au chirurgien pour franchir l'entrée de la laverie, dont la porte trônait un peu plus loin au sol.

Elle semblait avoir été arrachée, ce qui n'était pas l'office de leur cible, pour sûr et il n'avait pas l'envie ni le temps de se questionner à ce propos, il préféra balayer la pièce du regard et de l'arme, l'un dans l'axe de l'autre comme s'il menait une intervention de police. Voilà de quoi raviver des souvenirs pas forcément joyeux. La quinzaine de machines qui longeaient les murs étaient sales et pour certaines, pleines de vêtements, l'une d'elle avait vomit son contenu sur le sol d'ailleurs et laissait pendre quelques pulls et tee-shirt sur son rebord. En avançant, James sentit un objet solide. Allez savoir, la tension, l'appréhension, quoi qu'il en soit il eut un léger mouvement de recul - allait-il jusqu'à imaginer que l'on ai laissé des grenades en piège dans une laverie automatique délabrée ? - et découvrit qu'il ne s'agissait que d'un soutien-gorge dont les fins cerceaux métalliques étaient ressortis du tissu.

Il prit une bonne inspiration, essayant de maîtriser ses nerfs et enjamba quelques gobelets renversés, dont leur contenu de lessive avait séché sur le sol, puis accéléra le pas pour rejoindre rapidement une porte à l'opposée de l'entrée, donnant sur l'intérieur du bâtiment qui abritait ce "commerce de proximité" à l'abandon. En franchissant cette nouvelle porte, il appliqua ce qu'il avait appris durant sa carrière en passant d'un coté à l'autre de l'arche, l'arme brandie et l'oeil avisé, s'assurant de ne pas être surpris dans un angle avant de passer. Il tombait sur un très court corridor qui donnait à droite sur une cage d'escalier en colimaçon, à gauche sur deux portes boisées très peu esthétiques et d'un très mauvais état - le bâtiment avait l'air d'avoir cinquante ans d'existence avec trop peu d'entretien, puis enfin on appercevait d'autres escaliers au fond à peu près du même type.

Le chirurgien, qui avait prit un peu d'avance, poursuivit dans ce couloir et alla vérifier les deux portes, l'une ouverte donnait sur une sorte de débarras qui ne dépassait pas les sept mètres carrés, encombré, l'autre était fermée. Un rapide coup d'oeil dans le débarras, plein de poubelles, restes de produits en bouteilles, balais et autres saletés, conclu rapidement que l'homme ne s'y trouvait pas. En allant à l'autre porte, il porta sa main gauche, libérant à demi l'arme, prudemment et fit tourner la poignée qui grinça, avant d'ouvrir sèchement. Ladite porte fut tirée avec une telle force qu'elle alla percuter violemment le mur, alors que James reprenait son arme des deux mains et inspectait l'intérieur : une pièce plongée dans le noir, l'éclairage absent et les fenêtres inexistantes.

Il n'avait pas vu de lieu aussi repoussant, malaisant et délabré depuis son retour à la vie, à croire que les propriétaires de cet endroit avaient été soit très pauvres, soit très irresponsables et dans tous les cas indifférent à ce bien, car si les murs et portes décrépis, vieillots et abîmés ne suffisaient pas, le fait que ce soit extrêmement mal aménagé et étroit en rajoutait beaucoup. Le chirurgien eut un moment d'incertitude, se demandant si le type n'avait pas filé dans les escaliers pour se cacher dans un appartement ou passer par le toit, puis eu comme... une intuition, à la vue de cette pièce ténébreuse. Il se planqua sur la droite, évitant d'être trop exposé et saisit sa lampe-torche dynamo à la ceinture qu'il activa d'une pression du pouce, celle-ci préchargée pour les besoins rapides.

Le faisceau de lumière tranchait nettement dans cette ambiance sombre, frappant le mur d'en face d'un cercle qui reflétait plusieurs niveaux d'intensité. Le talon contre une plainte, il se poussa vers l'avant d'une pression et se braqua, lui, son arme du bras droit tendu et la lampe-torche qui venait se placer au-dessus pour obtenir un axe commun, un poignet contre l'autre s'y appuyait. Un pas, puis le suivant, il avançait avec attention, son corps imitant ses bras, se tournait de chaque coté de la pièce pour en observer les coins d'abord et l'ensemble ensuite.

Il s'agissait vraisemblablement d'une salle fourre-tout, où l'on trouvait aussi bien la machinerie d'un ascenseur sans doute situé de l'autre coté du bâtiment, qu'un ballon d'eau dans un coin opposé, une énorme poutre porteuse pas tout à fait au centre, et surtout, un tas de meubles, d'affaires encombrantes, des vélos, un scooter désossé et une machine à laver isolée ici et cent fois plus dégueulasse que les autres, mais surtout une porte condamnée par une lourde armoire de l'autre coté. Elle n'était pas aussi abîmée et de mauvaise qualité que celles du couloir, elle semblait renforcée, métallique, lourde, sans doute donnait-elle vers une cour intérieure à un groupement de bâtiments, ou sur la rue voisine. Néanmoins, à bien y regarder grâce à la lampe, James constatait rapidement que l'armoire n'était pas - ou plus - vraiment calée contre : elle avait été tirée.

Si l'homme qu'il recherchait était passé par ici, il y avait des chances qu'il ai profité qu'ils soient occupés avec les rôdeurs pour tirer l'armoire et sortir en refermant derrière lui. Cela signifiait qu'il avait une lampe torche lui aussi ? Difficile à dire, mais le temps passait et si la cible était toujours en fuite, elle était déjà presque perdue. Il pressa le pas en continuant de scruter les recoins, cherchant un indice sans résultat car il ne semblait pas y avoir même un rat. Il pressa encore le pas pour rejoindre la porte mais à l'instant où il atteignait l'armoire, il sentit comme un très léger bruit, une légère fraîcheur dans son dos, bien assez cependant pour que ses sens le mettent en alerte.

Il sentit dans la seconde la menace mais il n'eut pas le temps d'achever sa très brève pensée pour se retourner qu'un cliquetis caractéristique et résonnant dans cette pièce restée silencieuse ne lui fasse comprendre que l'on venait de pointer une arme sur lui. Il se figea dans son mouvement, à peine de profil et ferma les yeux en lâchant un soupir irrité. Comment n'avait-il pas pu y penser ? Le même schéma que dans l'avion, où au lieu de fuir, l'homme s'était mit à couvert pour les surprendre, c'est ce qu'il venait de refaire avec lui, se planquer comme un lâche pour attaquer dans le dos.

Sa langue passa légèrement sur sa lèvre inférieure, d'une certaine morosité, il baissa son arme et laissa son bras le long de sa cuisse, se retournant finalement complètement pour faire face à l'homme qui avait furtivement jaillit de derrière la poutre centrale, sûrement avait-il fait soigneusement le tour pendant que James approchait, y mêlant un coup de bol au détriment de celui qui cherchait à faire justice. Sa lampe torche ne braquait pas son visage, ce serait une raison trop facile de tirer et ils ne pourraient pas se regarder. Le faisceau pointait plutôt son bas corps, ce qui donnait assez d'éclairage pour apercevoir de plus près ce visage qu'il avait haï dans cet avion, et qu'il haïssait aujourd'hui à nouveau pour ce qu'il l'obligeait à faire et pour cette arme qu'il pointait sur lui.

L'homme, lui, le fixait également, son arme, un revolver aussi visiblement, Colt 45 qu'il reconnaissait pour en avoir déjà tenu un entre les mains. Le chirurgien put lire dans son visage un certain pétillement, celui du sentiment de victoire, que d'avoir réussi à le prendre à revers. James ne dit rien pendant plusieurs instants, son adversaire non plus et malgré l'arme entre deux, ils se fixaient comme deux loups rivaux avides d'achever l'autre pour mettre un terme au conflit. Mais pas d'histoire de territoire, de femelle ou de morceau de viande ici, le conflit était celui d'un opportuniste sans scrupule et vicieux, face à un idéaliste qui peu à peu tombait dans le réalisme d'un monde qui ne faisait pas de cadeau, et exigeait de savoir se salir les mains, bien trop souvent.

« T'as descendu mon pote. » Lâchait l'homme armé, de sa voix brute et quelque peu grave.
« Vous avez voulu descendre le mien. Encore. » Tranchait James, d'une voix encore plus grave, dans la sonorité, mais aussi le ton.

L'homme armé étira un petit sourire ironique en coin, soufflant du nez en réponse, avant d'acquiescer d'une légère inclination de tête sur sa droite jointe d'une petite moue.

« J'ai cru que c'était un rôdeur. Et quand j'ai compris que c'était pas le cas, j'ai tiré deux fois plus. Qu'est-ce que tu veux, on peut pas prendre de risque et les vivants ont tendance à faire plus chier que les cadavres. Toi par exemple. Tu viens avec ta pute, vous foutez la merde dans mon avion, je perds ma planque, je me fais attacher comme un chien, vous me piquez ma bouffe, mon eau, tu te permets de me menacer de mort. Et trois mois plus tard, au putain de moment où je me paie un paquet de morts sur le dos et une bagnole foutue... tu descends mon pote, et tu me cours après. Ça, ça fait sacrément chier. »

L'homme enserra davantage ses doigts autour de son arme, l'index près de la détente, il semblait vouloir s'en servir mais cette fois, James ne blêmit pas, malgré la peur de mourir, il ne comptait pas lui faire le plaisir de trembler, de s’apitoyer ou de supplier. Il comptait bien lui tenir tête, et l'intéresser suffisamment longtemps pour que Kyle, qui devait sûrement protéger leurs arrières, les trouve et lui sauve la mise à nouveau.

« Les choses ne sont jamais comme elles devraient être. C'est un monde froid, et cruel. On y voit des gens qui profitent de la faiblesse des autres pour les agresser, pour vouloir les dépouiller et les tuer. Sans raison, aucune autre que la facilité, d'être un connard fini qui n'a pas les couilles de faire face au monde avec un peu de dignité. C'est facile de tirer à vue avant de réfléchir pas vrai ?

Quand on tombe sur d'autres vivants, c'est plus facile de les tuer, de préférence dans le dos, et les voler, que d'essayer de se regrouper pour construire quelque chose de meilleur. Les types comme toi ont la survie facile, des miséreux, qui sont en en tous points comme les cadavres qu'ils fuient. Dis-moi, combien de personnes t'ont fait chier depuis que je t'ai laissé en vie dans cet avion ? Combien de fois tu as tiré sur des vivants ? »


L'homme se mit à rire plus franchement cette fois, sans vraiment savoir s'il se moquait ou s'il était juste interpellé par le discours du chirurgien, bien différent du sien.

« Putain... sérieux ? Un samaritain. Je me suis fait casser la gueule par un fichu samaritain barbu ? Me v'là donc frais. C'est ça ton truc pauvre fiotte ? On essaie de se convaincre que l'on peut encore sauver le monde, rassembler de bons pigeons et jouer à La Petite Maison dans la prairie là où il n'y aurait ni bestiole ni gros méchant criminel ? C'est que t'as rien compris mon gars.

Cette nana t'as bien miné le cerveau on dirait. Jaime arrête, arrête c'est un être humain ! C'est pas bien de tuer les gentils pauvres humains ! Ils ont une âme eux aussi ! »


Il avait terminé sa rétorque avec une grossière imitation d'Elizabeth, quand elle avait empêché James de le battre à mort sous la rage, agrémentant son speech d'un rire sarcastique alors que James revoyait cette scène aussi nettement que possible, ne pouvant s'empêcher de serrer à son tour sa main sur son Desert eagle, de le voir se moquer de celle qui les avaient sauvé tous les deux par humanité. Il voulait s'en débarrasser, plus que jamais, il voulait en finir avec ce parasite dont il savait, était mauvais et de qui on ne pouvait plus rien tirer, et cette question qu'il lui avait posé, cette crainte qu'il ai fait du mal à d'autres gens, il en craignait maintenant la réponse qu'il avait tant désiré.

« Mais on sait tous les deux ce qu'il en est. » Reprit aussitôt l'homme qui ne bougeait pas de sa posture et soutenait son arme braquée.

« J'ai vu ta rage, comme t'avais les boules, comme t'avais envie de me buter, il aurait mieux fallu. Mais tu l'as pas fait, parce que t'es un imbécile, une foutue merde sans couilles qui a toujours pas pigé que le monde, maintenant, est devenu ce qu'il aurait du être justement. Tu tues, ou tu te fais tuer. Tu te bats, ou tu meurs, pas de juste milieu. Les pleurnicheries c'est terminé et j'ai bien été forcé de m'y faire, j'en ai pris plein la gueule et j'ai tout perdu, comme tout le monde. Il y avait pas de bon samaritain ou de justice à ces moments-là. Et des gens qui m'ont fait chier, il y en a eu des tas, alors j'ai compris les règles et je m'y suis fait, j'en ai eu marre de pleurer sur mon sort et au final, je me suis plus contenté que de tirer que sur des gens qui me faisaient chier.

Je suis tombé sur des pillards, des tarés, sur des mecs bien remontés, mais je suis tombé sur des petites natures dans ton genre aussi. Comme... cette petite nana, le mois dernier, qui traînait avec son mari, d'autres boulets et des vieux, tous bien planqués et recroquevillés à attendre que le ciel leur tombe sur la tronche. Un sacré petit lot cette fille, j'en ai pas regretté d'avoir gaspillé mes munitions pour pas grand chose à récupérer. C'est elle qui m'a servi de lot de consolation, enfin... à moi et mes potes. Margaret, un superbe cul, un peu trop chialeuse, mais on prend ce que l'on trouve et on fait avec, on y prend goût, sauf quand tu dois passer après les autres, c'était le moins fun.

Les gens de son groupe, ils se sont fait buter comme des rats. Son mari ? Il a supplié comme une pucelle, incapable de la protéger et il s'est étouffé dans son sang. Ils étaient pas foutus de se battre, ils sont morts, point. C'est ça que tu voulais savoir Jaime ? Ça te fout les boules de savoir qu'à vouloir jouer au bon samaritain bien hypocrite, t'as le même sang que moi sur les mains ?  »


Dans le couloir, résonnaient les grognements, les râles, la foule qui grondait et frappait, annonçant la venue imminente des morts. Et tandis que l'homme parlait, bien content d'enfoncer James qu'il prenait son temps avant de tirer, sans visiblement se rendre compte qu'il n'était pas seul justement, qu'il y en avait un autre, qui avait bien l'intention de lui rendre la monnaie de sa pièce. Kyle venait.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Dim 11 Déc - 18:49
J’inspirais profondément en regardant le mort s’écrouler à nouveau, la chaire disloquée par mon tir répandu sur le mur contre lequel il avait été forcé de s'appuyer. Je levais mon pouce comme toute réponse à la question lancé par Everett, le poing serré, droit dressé vers le ciel avant de reporter mon attention derrière moi et sur les morts qui me suivaient comme un essaim d’abeilles. A eux, en revanche, je préférais leur adresser mon majeur après avoir pivoté dans leur sens, amorçant mon départ de quelques pas en arrière puis faisant à nouveau demi-tour pour rejoindre mon acolyte au pas de course.

Cela m’avait permis de constater toute l’ampleur de notre situation. Impossible de les dénombrer, mais ils étaient bien plusieurs dizaine à converger vers notre position et risquait de poser un siège si on s’enfonçait dans cette boutique. Quel choix cependant nous avions ? Le passage avait suffisamment été dégagé pour me permettre de faire route sans énorme difficulté, enjambant les restes d’un panneau publicitaire effondré sur la route pour grimper sur le trottoir, non loin de l’ouverture de la laverie, la porte déchaussée. Je me plaquais donc dos au mur non loin d’Everett, jetant un coup d’œil à droite et à gauche, pour veiller sur nos abords directs et au potentiel danger qui me pousserait à réagir immédiatement.

« Vas-y, je te couvre ! » Avais-je répondu sur un ton égal à son exclamation, inspirant profondément devant la marée de mort qui ne cessait de grandir et qui venait bientôt me faire regretter mes mots.

Néanmoins je portais mon regard un bref instant sur mon collègue, hochant de la tête pour appuyer et confirmer mes dires, m’attendant à ce qu’il parte aussitôt à l’assaut des locaux. Dès que ce fut fait, je lui emboîtais le pas avec empressement, progressant en gardant mon champ de vision méticuleusement rivé sur nos assaillants aussi lent qu’ils étaient, ils restaient dangereux et menaçants.

L’un d’entre eux d’ailleurs, un peu plus vivace que les autres, sans doute fraîchement tombé au combat par l’aspect moins repoussant que le reste des morts qui l'escortait, arriva presque à ma hauteur à l’instant même où je parvenais à franchir la frontière entre l’intérieur et l’extérieur. J’épaulais mon arme, faisant feu en visant directement le crâne, mais les balles traversèrent l’air sans même l’effleurer, mon tir se perdant dans un univers parallèle. Un instant, je me mis à douter d’avoir été un jour capable d’aligner un tir létal à plus d’un kilomètre de distance au regard de mes cuisants échecs des derniers jours et en une injure rauque face à la certitude du canon voilé qui provoquait ces piètres résultats, je repoussais mon assaillant qui tendait ses doigts osseux et décharnés vers moi en un coup de crosse en plein dans la mâchoire, ce qui n’eut pour effet que de le repousser, assez mollement d’’ailleurs. La seconde rafale fut aussi efficace que la première à ceci près qu’une cartouche se bloqua dans l’éjecteur. D’un geste rageur, je réenclenchais le système manuellement tout en reculant.

Ce n’était vraiment pas possible d’être aussi naze que ça. Je n’arrêtais pas de m’injurier de toutes les manières possibles, continuant de reculer tout en cherchant un moyen plus efficace d’empêcher ces saloperies d’entrer dans cette pièce avant d’avoir trouvé une porte de sortie.

Je n’avais pas l’intention d’y réfléchir douze milles ans et me jeta sur la première machine passant. Me déportant rapidement sur le côté, j’attrapais la machine à laver la plus proche calant l’un de mes pieds sur sa voisine  et mes deux mains crochetant l’intérieur du hublot cassé pour user de toutes mes forces et la tirer. Étonnement, le bloc de métal se libéra de son logement sans trop de peine. Dès que la place fut suffisante, je sautais par-dessus l’ensemble pour me placer derrière, me servant du mur cette fois-ci et d’un bon placement d’épaule pour faire bouger l’ensemble jusque devant l’ouverture après avoir débranché la prise qui aurait gêné ma manœuvre. L’un des morts, rampant au sol et empêchant, par la grâce divine, ses congénères de pénétré rapidement à l'intérieur, avait réussis à pénétrer à moitié. Une moitié qui se retrouva sectionnée dans un horrible bruit de chaire déchirée quand la machine à laver racla l’encadrement métallique.

Je voyais les morts s’agglutiner contre les vitrines de la boutique, ne cherchant pour le moment qu’à se diriger vers ce qu’ils avaient estimé être une possible entrée et que je venais, à demi, de barricader. Je ne savais pas combien de temps ils allaient mettre à se rendre contre compte qu’ils seraient plus efficace de frapper contre la vitre et je comptais bien être partit lorsque ce serait le cas.
En attendant, les premiers cadavres vivants commençaient à tenter de grimper par-dessus le bloc qui les gênait. Rapidement, j’avisais une table qui avait sans doute jadis servit à la population de Snyder de plier convenablement leur linge, la soulevant assez aisément les muscles encore contractés de l’effort que je venais de fournir précédemment, bloquant ensuite le tout avec une chaise en plastique qui offrait une cale à l’efficacité temporaire et précaire.

De l’autre côté, la horde s’accumulait, grattant, se cognant, et grondant en un gargarisme dérangeant. La moitié restante du mort que j’avais littéralement coupé en deux continuait de ramper à même le sol, glissant par moment sur des flaques d’eau stagnante, me laissant tout le loisir d’aller l’achever presque proprement - je préférais éviter le passage où, par l’intervention de Lucifer lui-même, ma balle avait ricoché sur le sol pour venir se loger dans le haut d’une des vitrines, la fragilisant sans la casser. Non, vraiment, inutile d’en parler.

Balançant mon fusil en bandoulière sur mon flanc, je sortais rapidement mon arme de poing et progressais vers l’arrière-boutique à la recherche d’Everett, priant pour que son cul se soit vu plus bordé de nouilles que le miens. A peine entré dans le couloir, fermant la porte derrière moi, qui ne possédait pas de loquet manuel, je n’eus aucun mal malgré l’obscurité ambiante à savoir vers où se diriger. La porte sur ma gauche dégageait un halo de lumière, accompagné de l’écho d’une voix grave et portée que je n’identifiais pas comme celle de mon acolyte. A pas discret, je me décalais sur le côté, calant ma joue contre mon épaule droite pour aligner mon arme avec mon œil directeur, ma seconde main aidant l’arme juste en dessous de la poignée pour conserver une meilleure stabilité.

Les mots me parvenaient et résonnaient en moi comme un murmure lointain qui m’assassinait l’esprit continuellement. Mes bras me faisaient un mal de chien, ils s’y étaient mis à trois pour me maîtriser jusqu’à ce que je sois assez blessé pour ne plus trouver la force de me débattre, puis à deux pour me clouer au sol. Je n’avais pas envie de compter mes blessures, une espèce de voile noire tombant devant mon regard, mais je luttais pour rester éveillé. Je sentais l’os d'un genou rentrer dans ma colonne vertébrale, bloquant l'ensemble de mes mouvements. Une autre main m’écrasait la tête pour me forcer à regarder le résultat de mon impuissance. Des années entières sacrifiées pour le bien de la nation et en quelques jours à peine, je venais de foutre en l’air ceux que j’aimais le plus au monde. Je les avais abandonné. Je portais cette culpabilité.

J’avais encore assez d’air dans les poumons pour souffler un grondement de désespoir, mêlé de colère et de tristesse face à cette fatalité. Je rivais mon regard dans le siens qui suppliait, qui implorait mon aide, mais je ne pouvais rien. Je sentais l’adrénaline grimper dans mes veines, mes membres pris de tremblement incontrôlables, à l’instant même où un ma respiration mua en un grondement puissant de rage, basculant dans une frénésie extrême que seule la mort pouvait arrêter. Qu’importait la douleur, qu’importait la souffrance, en cet instant, je ne ressentais plus rien, rien d’autre que la fureur qui m’emmenait bien loin au-delà de la morale ou de l’humanité. J’avais tout perdu, réellement tout, que pouvait bien me faire de tuer, de battre, de mourrir ?


Mes poings s’écrasaient sur la surface du visage de l’homme qui se déformait à chaque impulsion.

J’étais arrivé dans son dos avec la ferme intention d’en finir le plus violemment possible, déchargeant toute la souffrance accumulée. J'aurais fracassé sa tête contre le poteau central puis frappé de trois coups dans son flanc tout en pressant la gâchette de mon arme, les balles perforant de part en part son ventre, ayant refusé de l'achever dans le dos. Je voulais qu’il me regarde lorsqu’il rendrait l’âme, s'il en possédait encore une. Dans l’effet de surprise, il avait laché son arme et, blessé, je l’aurais entraîné au sol, frappant à nouveau, à plusieurs reprises, sur son visage figé. Il mourrait oui, il mourrait, mais pas sans souffrir, pas sans que son regard ne supplie lui aussi comme il l’avait fait supplier, elle. Son sang, giclait, ses os craquaient, et mes propres phalanges se fendaient sous l’impulsion sans même que je ne ressente les blessures.

Je sentais les soubresauts de son corps qui s’agitait, gesticulait aussi impuissant que je l’avais été. Il payait de ses crimes et de tous les autres.

« Je les retrouverais ! Tes potes ! Je les défoncerais ! Jusqu’au dernier ! J’écraserais leurs gueules ! Comme la tienne ! » Hurlais-je presque, m'interrompant à chaque coup.

Quand mes bras et mes mains auraient fini par physiquement ne plus pouvoir donner de coups, j’aurais placé mon genou sur sa gorge, pressant sur sa trachée avec tout le poids de mon corps, jusqu’à ce que ses yeux se révulsent et que son souffle ne soit plus.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 12 Déc - 15:33
Il était resté sur place, le regard figé, l'esprit désorienté, à l'écoute des mots de cet homme et des horreurs qu'il avait commis... par sa faute. C'était le pire qu'il avait craint et même si une partie de lui s'y était désespérément attendue, l'autre était foudroyée par la surprise. Un être humain, ce monstre ne l'était pas, ce n'était pas ce qu'il avait laissé vivre dans cet avion. Par hypocrisie envers la réalité des choses, par peur égoïste de se salir les mains, sous couvert d'idéaux stupides et d'une volonté inexcusable à chercher à se préserver, il avait laissé un prédateur de plus courir dans la nature et faire des ravages.

Et d'autres que lui en avaient payé le prix. Sa main tenant le Desert eagle tremblait, sans qu'il ne s'en soit rendu compte, son front devenait moite, la sueur y prenant naissance pour s'écouler légèrement, un mince filet venant titiller le coin de son oeil, il se sentait très vite nauséeux et plus il imaginait, imageait les horreurs contées par ce salopard, plus son malaise décuplait. Si bien qu'il ne réagit pas, pas beaucoup qu'un tressaillement qu'il était seul à percevoir, quand Kyle envoya la tête de cet homme se fracasser contre la poutre centrale. Il ne réagit pas plus que laisser son regard semi-absent observer la scène, quand il le fit basculer en arrière jusqu'au sol, pour l'y rouer de coups.

Il se revoyait, dans les gestes et la rage de Kyle, il retrouvait cet avion où il avait été le protagoniste d'une odieuse erreur, d'un violent échec et il voyait Elizabeth à sa place, qui lui criait de ne pas le tuer, qu'il était humain. Il aurait voulu y croire, il a douté dans ce sens, mais aussi dans l'autre, car ses craintes avaient surplombé ses espérances optimistes et il aurait mieux fait de se gifler alors. A la place de sa bien aimée, il ne dit rien, il n'empêcha pas Kyle de lui défoncer le visage, car il l'avait fait et aurait souhaité avoir été jusqu'au bout quand il avait eu sa chance.

Maintenant, aussi accablant et triste que ce soit, il avait compris. Il avait fallu qu'un groupe souffre et meurt des conséquences de ses erreurs, il avait fallu qu'une femme soit torturée et tuée, dans la plus innommable des injustices, pour qu'il comprenne, pour qu'il saisisse le véritable sens des mots de ce mentor dont il avait vanté les mérites à Jena quelques jours auparavant. Aucun idéal ne pouvait être porté, sans des hommes pour se sacrifier, aucune paix ne pouvait être obtenue, sans des hommes pour s'enfoncer dans les abysses les plus violents et sanglants de la guerre, aucune vie ne pouvait être sauvée, sans des hommes pour avoir le courage de foutre en l'air leur intégrité, et de plonger les mains dans le sang, pour préserver les autres, même si ça ruine leur propre vie.

Mettez vingt meurtriers sans scrupule, face à vingt individus honnêtes qui souhaitent vivre sans violence, les premiers écraseront ces deuxièmes et en feront leurs choses jusqu'à ce que mort s'en suive, comme ça a toujours été et sera toujours le cas, parce que dans la réalité il n'y a pas de justice divine pour palier à la faiblesse de la non-violence, dans un tel monde. Pour préserver les honnêtes gens et leur permettre de vivre dans la tranquillité et l'harmonie, il fallait que certains se décident à sacrifier le peu qu'ils ont. La vie, l'intégrité, l'honnêteté, la bonté, la sérénité, le bonheur, un avenir, sacrifier tout cela, transcender l'espérance, devenir le paria, c'était le chaînon manquant aux paroles de cet officier de l'armée de la guerre, paradoxalement idéaliste de la paix :


« Les choses ne sont pas du tout comme elles devraient être. C'est un monde dur, cruel. C'est pour ça que nous existons, nous les champions. Peu importe d'où nous venons, ce que nous avons fait ou enduré, ni même que nos efforts portent leurs fruits. Nous vivons conformément à notre idéal afin de montrer au monde ce qu'un jour il pourrait être.

Non pas en s'y complaisant, mais en devenant les parias de cet idéal, prendre la décision que peu d'autres oseraient prendre, se perdre dans nos ténèbres par nécessité, accomplir ce qui ne devrait pas être accompli et préserver la multitude. Devenir plus qu'un vulgaire héros : être utiles. Reniés et incompris, mais indispensables à l'équilibre des forces. »




Toutes ces années, à courir après une vie qu'il ne pouvait avoir, à espérer atteindre une condition qui n'était pas réalisable, à chercher cette partie de lui qui manquait à l'accomplir, le chaînon manquant, toute une partie, de ces quelques mots pour résumer une vie, mais aussi à son âme torturée par l'incertitude et le doute. C'est donc ça, le rôle qu'ils devaient avoir, les dégénérés, les parias de l'humanité, ceux qui avaient été ramenés et pervertis par le mal qu'il exécraient, destinés à ne jamais apporter leur contribution au renouveau de l'humanité, en cause leur infection et leur stérilité. Leur devoir n'était pas de lui permettre de revivre, mais d'en finir avec la corruption qui la mine et éradiquer la gangrène qui la détruit, en étant semblable à ce mal, pour permettre à l'humanité de revivre d'elle-même au sein d'un nouvel idéal où ils n'auront plus leur place. Des soldats, c'est donc leur rôle.

Il avait trouvé la véritable illumination et en dépit de tout le drame, toute la crasse, l'horreur, ses propres tremblements, Kyle qui massacrait un homme sous ses yeux, le chirurgien dont l'esprit avait été emporté loin d'ici vit un léger sourire de tristesse et de peine, mais sincère, commander ses lèvres face à ce qu'il n'avait jamais vraiment compris et réalisait alors. La justice divine, la justice des tribunaux, tout ça n'avait été que des leurres pour des systèmes de pouvoir disparus, la seule véritable justice ne prenait racine qu'au sein d'une seule et unique loi : Le Talion, la réciprocité du crime et de la peine, a hauteur du pêché. Oeil pour Oeil, Dent pour Dent, ne plus chercher à supprimer la violence en la fuyant, mais l'effacer elle et l'escalade en combattant le mal par le mal de façon radicale. Là était la réponse et Kyle faisait justice pour eux-deux en cet instant et pour tous ceux qui avaient souffert de cette larve, assassin, lâche et violeur de surcroît.

Cependant, ce qu'il vit aussi, c'est l'étrange acharnement de Kyle dont il prenait concience en revenant sur terre - en partie à cause des râles plus intenses qui entendaient que les morts allaient rapidement passer et les retrouver, les mots qu'il avait prononcé, promettant au coupable devenu la victime bien méritée d'éliminer tous ses « potes ». Pourquoi l'ex-soldat s'emportait à ce point ? Il ne l'avait jamais vu comme ça et si les actes revendiqués de ce fumier méritaient que l'on s'emporte, sa rage avait quelque chose... de personnel, d'intime qu'il ne parvenait pas à saisir.

Ses yeux s’écarquillèrent à une pensée fugace : serait-il concerné par ce groupe abattu le mois passé ? Non, ça n'a pas de sens, il est censé avoir été tué par l'infection et ressuscité des mois plus tard, loin de son lieu de décès, comme tous les autres. Ce drame lui rappellerait-il un vécu similaire ? Une femme, un groupe qu'il aurait perdu dans des circonstances atroces ? Si ce n'était pas le cas, il y avait de quoi s'interroger, mais si c'était le cas, il ne pouvait pas le laisser dans cet état, il fallait de toute façon qu'ils sortent d'ici, pour le bien de leurs esprits mais aussi de leur intégrité physique, car les choses allaient déraper sous peu et cela s'accéléra d'un coup, quand il entrevit par l'éclairage de sa lampe qui pointait le mur d'en face depuis que l'homme avait été mis à terre, se révéler furtivement des ombres dans le couloir, qui ne pouvaient correspondre qu'aux rôdeurs.

« Kyle ! » Se ressaisit-il d'un coup en levant la voix. « C'est fini, il est mort, il faut partir maintenant ! »

En même temps qu'il l'appelait, il s'avança de pas rapides et hâtifs, contrastant totalement avec les instants précédents car il était prit d'un regain d'énergie qui n'était pas étranger à l'adrénaline qui avait eu un bond d'affluence dans son sang, lui donnant même une légère douleur au crâne tant ça avait été sec à monter. Ses bras, sans relâcher ni sa torche ni son arme enlacèrent Kyle sous un bras d'un coté et par-dessus son épaule de l'autre pour le contraindre de sa pression sur son torse - pleine d'empathie - à reculer et se mettre debout sans tarder.

Si Kyle n'avait pas encore perdu la raison et se laissait faire par son allié, il relâcherait son étreinte mais garderait son poing armé sur son épaule pour l'inciter à le suivre, lançant son regard vers la porte boisée en ruines pour voir la première silhouette de tout un groupe entrer en force dans la pièce, dans un concert de grognements effrayants et désireux, l'atmosphère sombre des lieux augmentant drastiquement la terreur qu'ils provoquaient.

« La porte ! Je te suis ! » Beugla t-il d'empressement.

James poussera, presque si se calme, franchement dans le cas contraire, son acolyte vers l'armoire en se mettant en protection devant lui, brandissant son revolver soutenu par l'éclairage de la lampe qu'il braquait sur les visages cadavériques, rongés et à vomir des monstres. Il tira deux des quatre dernières balles de son chargeur, dont les détonations démultipliées leur déchirèrent presque les tympans. Malheureusement pour le duo, entre l'éclairage instable de par sa main encore tremblante du fait des nerfs, l'oppression du moment et le mouvement de foule qui s'engouffrait dans ce trou à rats, les balles s'enfoncèrent quelque part chez les rôdeurs, un corps pour chaque, sans que ça n'ai eu de conséquence quelconque ou à peine de ralentir leur progression resserrée à cause du pouvoir d'arrêt du Eagle.

Il ne pouvait envisager d'y rester ici, dans cet endroit immonde, après ce qu'il venait de vivre et après ses actes à l'extérieur. Kyle devait parvenir à ouvrir cette fichue porte ou le corps à corps qui s'engagera en conséquence sera très sanglant.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Mar 13 Déc - 16:59
Je sentais ma propre respiration s’accélérer à mesure que je sentais la vie quitter ce salopard, son visage bien trop tuméfié pour me renvoyer l’image de la supplique que j'avais tant désiré. Je perçus un lourd grondement sortir de ma bouche sans même que je ne l’ai souhaité, comme si ce cri était étranger à ma propre volonté. Ma frustration, elle, était toujours là, hermétiquement confinée dans le creux de mon estomac. Il n’y avait plus rien qui comptait, ni ma douleur, ni ma peine, ni ma culpabilité, seulement le sang poisseux qui marquait mes mains. Le miens, le siens, qu’importait, le sens et la raison avaient cédé sa place à ma folie meurtrière. Je prenais conscience alors qu’il n’y avait rien qui pourrait réellement et définitivement m’apaiser, qui pourrait faire disparaître ce flot de sentiment qui m’emprisonnait et m'empoisonnait, qui me ferait récupérer la part de moi-même que j’avais jeté aux abysses. Ça serait un cycle sans fin, éternellement, condamné à contempler ce regard qui jamais ne pourrait s’effacer, impuissant. Je le verrais, à chaque moment, à chaque instant. Il me suivrait comme un fantôme dont la poigne glacée maintiendrait mon cœur.

J’entendis une voix me parvenant comme un écho lointain, ayant dans un premier temps du mal à m’y intéresser, puis à l’identifier, une lourde résonance à mes oreilles forçant un état transitoire presque léthargique. Je reprenais conscience peu à peu, de mon environnement, me sentant être brusquement arraché du néant dans lequel j’avais décidé de me jeter à corps et à âme perdus. J’aurais beau chercher au plus profond de mon être une échappatoire, je savais déjà que la seule qui marcherait, l’unique solution qu’il me restait, c’était ma propre mort. Je me trouvais dans une sorte de lucidité parfaite où j’entrevoyais toutes les vérités que j'avais jusque lors cherché à sceller. La mort de Katryn, celle d’Amber, mon trépas, ce rêve complètement délirant, mon retour à la vie. Tout ça, c’était bien réel, ça s’était bien passé. Personne n’avait pu s’en sortir, personne n’avait trouvé refuge ailleurs.

Je trébuchais, déstabilisé tandis qu’on me traînait en arrière bien malgré moi, me renvoyant à une vérité tout autre qui m’apparaissait droit devant : les morts. Défigurés, décharnés, démembrés. Je n’étais pas bien certain de ce qui m’avait poussé à me relever en cet instant si précise que quelques secondes supplémentaires m’auraient sans aucun doute coûte la vie, et je n’en eu le cœur net que lorsqu’un mouvement assez brusque me poussa vers le mur du fond avec une injonction supplémentaire qui m’arriva cette fois-ci aussi clairement que mes propres pensées. Everett s’interposait entre moi et ce groupe de mort qui menaçait d’envahir les lieux à la vitesse d’une colonie de fourmis, me forçant à réévaluer la situation de tout ce que mes révélations m’avaient apporté. La ferme Wallace, le Camp Snatch, le Perchoir, Jena, James, Ivy, toutes ces personnes auxquels je n’avais porté qu’une attention opportuniste et irréelle, et qui se matérialisaient aussi vivement que le grondement agressif des créatures assoiffés de chairs et de sang qui se jetaient en premier lieu sur le type que j’avais fracassé. On était mal, très mal, et je n'étais encore une fois pas étranger à cette situation qui prenait une tournure dramatique.

L’adrénaline encore chargée dans mes veines, j’avisais d’un très rapide regard la lourde armoire qui barrait la route et le jeu entre elle et la porte qu’elle condamnait qui m’étaient offert comme de divins présents. Sans chercher à économiser mes forces pour ne pas perdre de temps et avoir à rééditer mes gestes, je pris un élan suffisant avant de m’élancer de tout mon poids et de toute ma puissance contre le bois du meuble qui trembla sous l’impact, mes bras se chargeant de donner la direction, la faisant glisser sur le sol rugueux et  basculer enfin sur le côté, entraînant dans sa chute l’un des morts qui avaient réussis à contourner la poutre déportée du centre de la pièce. L’armoire, assez solide d’ailleurs, cloua au sol la créature, qui dans sa chute, bouscula quelques autres pressés derrière elle, offrant un couloir tout tracé à Everett pour me rejoindre rapidement et un obstacle très léger aux morts.

« Everett ! »

Je l’aurais interpellé d’un cri puissant pour couvrir le brouhaha qui se répercutait en écho dans la pièce dès que ma main serait entrée en contact avec la poignée de la porte, constatant d'un bref mouvement qu'elle était légèrement coincée. Comme précédemment, je me jetais sur cette dernière pour ne pas faire dans la dentelle. Elle céda bien plus facilement que je ne l’avais estimé et dans l’élan, je ratais littéralement la marche qui conduisait à la cour arrière sur laquelle elle donnait, tombant d’une chute plutôt lourde sur le dos alors que j’avais tenté un rattrapage. Ma souplesse était à revoir.

Je sentais mon souffle bondir dans ma poitrine en de puissantes et rapides inspirations après les efforts successifs que je venais de fournir. Restant prostré au sol, je balayais en une fraction de seconde mon regard sur la zone extérieur où j'avais atterrit pour anticiper un nouveau danger, et face à son absence, je rivais mon regard dans l’obscurité de l’encadrement, braquant mon flingue aussitôt dans cette direction avec la ferme intention de ne laisser aucune créature en sortir debout. J’appréhendais par la même occasion la personne qui allait s’en extraire en premier : Everett ou ces détractés du cerveau. Les millièmes de secondes me paraissaient une éternité tant je redoutais de n’avoir pas été assez rapide, ni assez efficace pour qu’il puisse s’en sortir sans dommage.

« Dépêche, dépêche… » Aurais-je murmuré entre mes lèvres, les trouvant soudainement d’une sécheresse à m’en craqueler la peau, venant à presque en retenir mon souffle, les bras tendus dans les airs tremblants plus que fortement.

Je me retrouvais à prier tous les versets de la bible en un temps record, attendant de voir sa silhouette apparaître du cadre de la porte. Si fait, je me serais précipité à me relever, dérapant au passage sur les quelques gravillons que la cour équipait pour partir à la recherche d'un accès quelconque. J’étais en sacré piteux état. Je le sentais non pas par la douleur, inhibé par l’afflux d’adrénaline pas encore totalement retombé, mais aux efforts que je devais fournir à chacun de mes pas.

La cour débouchait sur un passage assez étroit pour laisser circuler un seul véhicule et permettant l’accès à une petite série de portes de garage dont la plupart étaient fermées. Seuls deux box possédaient leur panneau ouvert, le premier donnant sur un espace entièrement vide, le second dévoilant un véhicule de type berline dont le pare-choc était bien abîmé, le capot à l’origine blanc couvert par différentes traces sanguinolentes. Je préférais ne pas m’attarder sur les raisons de ces marques et leurs origines, sur les événements qui avaient poussé cette voiture à se trouver dans cet état, surtout en voyant le pare-brise balafré d’une grande fissure provoquée par un éclat. Le reste n’était qu’un enchaînement de trois portes, avant de s’ouvrir sur ce fameux accès qui finissait sur la grande route qu’on avait précédemment laissé.

Je sifflais d’un plissement de lèvre pour attirer l’attention de mon acolyte, lui désignant d'un mouvement de tête le véhicule stationné avec l’espoir que ce dernier puisse démarrer sans difficulté. Peut-être que les anciens propriétaires pré ou post apocalypse, n’avaient eu l’opportunité de quitter les lieux qu’avec un seul engin. Ou bien ils se trouvaient encore dans les parages et que je n’étais finalement qu’en train d’inciter un vol en bon et due forme. Mais qu’importait. Je m'en moquais.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mer 14 Déc - 18:32
Les rôdeurs arrivaient, de plus en plus nombreux, passaient la poutre et s'approchaient rapidement pour ne plus être qu'à quelques pas, ce qui força James se jeter en avant, frôlant un mort en ramassant à la va-vite le Colt 45 du défunt, puis à reculer vivement - évitant de peu une main squelettique - en se retournant, histoire d'éviter de se prendre un recoin ou le mur tant qu'à faire. Il pouvait voir l'extérieur grâce à la lumière du jour qui était entrée en force dans cette pièce sombre. A la sortie, il constatait que Kyle était à terre mais s'empressa d'abord de refermer la porte, vérifiant d'un coup de poignet que le verrou avait bien pris.

« Cette saleté de porte ne tiendra pas éternellement, on se tire d'ici. »

La sueur avait imprégné son front humide et collant, desséchant en partie sa barbe, ce qui avait le don de la rendre plus irritante qu'à l'habitude. Ses mains également étaient moites, mais ça ne l'empêchait pas d'en tendre une à Kyle afin de l'aider à se relever et se mettre tous deux au pas. La course fut assez brève car en cours de route, le chirurgien s'arrêta pour se poser une réflexion qu'il jugeait importante dans l'immédiat, son regard balayant la cour et les garages, il réagit au sifflement de Kyle qui continuait de s'avancer en l'interpellant :

« Non attend ! On oublie cette idée, vu ce qui est arrivé à ces types quand ils ont voulu forcer le passage en voiture, on risque de finir comme eux. On va essayer d'entrer dans l'un des garages fermés et se mettre à couvert jusqu'à ce que ça se calme. Viens. »

A peine eut-il fini qu'il fonçait vers l'une des portes de garage fermées, s'assurant que Kyle l'accompagnait et vint avec lui tester les poignées qu'ils partagèrent, une chacun, jusqu'à parvenir à soulever bien heureusement l'une d'elle. Le manque d'entretien et la rouillure étant, il fallut s'y prendre des quatre mains sous la porte pour la forcer à se redresser, non sans provoquer un désagréable grincement qui résonna dans la cour. Après un coup d'oeil pour vérifier que rien ne les avaient repéré, ils entrèrent et s'enfermèrent dans ce garage, retombant dans le noir. Ici pas de véhicule planqué, plutôt une sorte de lieu de vie de fortune, tout sauf confortable, mais où se trouvaient des sièges, une télévision sur un meuble de récupération, des étagères, d'autres meubles de diverses formes et factures et une caisse réfrigérante qui avait largement souffert et était irrécupérable.

A la lumière de la lampe torche, tout apparu poussiéreux, sale, couvert de crasses de couleur et de consistance si variées que l'on se demanderait si un rôdeur n'avait pas vécu ici. Ils n'étaient pas loin et c'est là qu'ils furent les plus surpris : sur l'un des sièges, un corps desséché se trouvait, celui d'un homme, qui s'était décomposé depuis longtemps et laissait une odeur cendrée immonde dans ce garage, au point de tirer de James une franche grimace horrifiée. Cet homme s'était isolé ici, en ermite pour survivre, mais sa solitude avait fini par le tuer et de cela le chirurgien en tirait une importante leçon qui n'avait pas besoin d'une longue réflexion, tant c'était évident. En faisant le tour de ces sacs poubelles et déchets jonchant le sol, James entrevit un meuble encore différent des autres derrière la télévision, dans l'angle de la pièce.

Quelques pas de plus lui permirent de voir très nettement ce qu'il en était et ce coup-ci, la surprise fut dans le bon sens : un râtelier, rien que cela, où demeuraient encore deux fusils lourds et impressionnants malgré la poussière, l'un plus que l'autre. D'un léger "hey" à l'attention de Kyle, il attira son regard dessus tandis qu'il s'en approchait et dégageait avec patience le meuble télé pour éviter un boucan qui se retournerait contre eux. A y regarder de plus près, ces deux belles trouvailles prenaient la forme d'un fusil de sniper FR-F2, rien que cela, et un fusil d'assaut Steyr AuG A1, les autres espaces étaient vides, tout comme le compartiment à munitions. Il reconnaissait bien ces armes, même avec peu de lumière, pour les avoir déjà vues sur le front et on pouvait dire que question puissance de feu, c'était du costaud. A croire que le barbu avait une sacrée chance, d'abord les lance-roquettes, maintenant ces fusils, dans toute cette misère, la providence voulait lui porter assistance par l'intermédiaire d'armes qui feront toute la différence le moment venu, de quoi le motiver d'autant plus dans les projets qu'il avait longuement réfléchis et mûris au cours de la dernière semaine.

Il commença par se saisir du fusil de sniper et se redressa en se tournant vers Kyle.

« On dirait qu'une bonne étoile voulait que tu trouves ça, le tireur d'élite. » Lui lançait-il d'une petite plaisanterie qui faisait contraste dans les odieux moments qu'ils venaient de vivre, en lui tendant la précieuse arme que son acolyte pourrait prendre d'une main.

Une fois cela fait, il récupéra le Steyr Aug qu'il mit dans son sac à dos. Dehors, la porte finit par céder et cela s'entendit, comme les grognements des morts-vivants qui ressortaient en nombre. Il ne restait plus qu'à attendre que la tempête passe.

Une heure plus tard...

Rester dans ce garage était une vraie torture, une épreuve que côtoyer dans un espace fermé un cadavre et un tel amoncellement de microbes, ce qui poussa le duo à attendre contre la porte de garage et à se protéger comme ils pouvaient le nez et la bouche, James fermait les yeux la plupart du temps, mais les ouvrait régulièrement, sa lampe-torche rechargée plusieurs fois restait braquée sur le cadavre, par précaution. Au bout d'un moment, il se posa une question à laquelle il allait chercher réponse en s'approchant du cadavre, pour fouiller ses poches, bien que ça le dégoûtait profondément. Allez savoir si la chance persistait encore, mais il trouva une paire de clés dont une appartenait à un véhicule et qui, dans son espoir, pourrait correspondre à la voiture garée à coté. Après un aussi long temps que James n'avait quantifié qu'approximativement, ils pouvaient enfin sortir dans le silence.

Les rôdeurs avaient déserté la cour, peut-être les avaient-ils cherchés dans les rues, ou quelque chose d'autre, un bruit, quoi que ce soit, les avaient attiré. Dans tous les cas, ils foncèrent à la voiture repérée par Kyle et furent contraints de se dépêcher en percevant des silhouettes non loin dans la rue accessible derrière. James se mit au volant, son sac balancé à l'arrière et son eagle à la ceinture. Le coup de clé fonctionna, une vraie bénédiction, son espoir avait trouvé un moyen d'exister et mieux encore, il restait un peu d'essence, pas grand chose, mais ils pouvaient repartir sains et saufs, au moins physiquement.

En sortant, le chirurgien alla percuter un rôdeur, attirant d'autres aux alentours, cependant ils étaient peu à présent et le duo pourra ainsi passer. Le temps de faire le tour des bâtiments, il rejoignirent l'avenue de la bataille et voyant qu'il n'y avait plus grand monde, eurent la possibilité de récupérer le couteau de Kyle, mais aussi le sac de course que le premier agresseur avait fait tombé après avoir été abattu et fouiller le coffre de la voiture accidentée, suggérant qu'ils avaient du laisser certaines trouvailles dans l'empressement. Et ils avaient bien fait, dans l'un et l'autre il y avait de quoi faire, ce qu'ils avaient pillé à la pharmacie à leur place : des doses d'adrénaline en seringue, un bidon d'essence plein, des composants électroniques, des anti-douleurs, de la drogue en sachet et bien replié dans le coffre, un lit de camp.

Tout ça fut ramassé et engouffré dans le coffre dans une course contre la montre, car certains des monstres à quelques dizaines de mètres avaient rapidement vu arriver leur voiture. Cette fois, pas d'accroc, ils purent tout ramasser et terminer par rentrer, ce qui n'était pas trop tôt. Cette journée ne sera pas oubliée de sitôt et les leçons à en tirer, fortes, même si la récupération avait été en contrepartie très bonne.


Fin du Jeu.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 14 Déc - 19:28


Excursion Validée

Récompense(s) :

James & Kyle ont trouvé : Boost d'adrénaline puissant, Bidon d'essence, Composant électronique standard x2, Colt 45 Springfield Armory, Doses d'antidouleurs puissantes, Drogue douce, Sac de course, Lit de camp pliable, Chrysler 200.

James & Kyle ont trouvé FR-F2 & Steyr AUG1 (tombola).

James a perdu 10 points de Mental.

Kyle a gagné 50 points de Mental.
Kyle atteint un état d'euphorie : son bien-être a atteint le seuil maximum !

Conséquence(s) :

Kyle a subit des entailles multiples aux mains, sous forme de blessures légères. L'usage d'un Kit de secours basique sera nécessaire pour soigner ces blessures.

Vous avez consommé :

La Chrysler 200 est vide d'essence.

Les Scénaristes
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