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[LP, G, EXP] Entre quatre yeux - 04/04/35
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Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 16 Déc - 2:56
Au bout de quelques minutes, j’étais finalement parvenue à retrouver mon calme et ma contenance, les mains croisées sur mes abdos douloureux. Je lâchais un long soupir satisfait, béat, avant de me redresser, l’inquiétude reprenant peu à peu le pas sur mon fou rire à ne pas voir Elizabeth s’extraire hors du petit bâtiment. Je me relevais laborieusement, essuyant mes yeux encore humides avant de porter un regard circulaire sur les alentours. Je n’y voyais certes pas grand chose, mais j’essayais malgré tout de deviner si une silhouette déambulant ne se démarquait pas du décor.

Rassurée de ne rien constater de tel, ni par la vue, ni par l’ouïe, je finis par entendre la voix douce et fluette d’Elizabeth me parvenir depuis l’intérieur de la petite bâtisse. Et si son ton se montrait hésitante, au moins ses propos parvenaient-ils à me rassurer quant à son état de santé. Je m’époussetais les fringues, chassant la poussière de mon haut, de mes manches et de mon froc de larges gestes de la main, découvrant par ailleurs que mes bras, comme le coton de ma chemise, étaient griffés et écorchés en une multitudes de petites plaies d’où perlaient quelques gouttes de sang. J’avais même senti une chaude et lente traînée de sang couler depuis mon arcade sourcilière gauche le long de ma joue, les nombreuses plaies me picorant la peau. Néanmoins, j’étais vivante et finalement bien peu amochée. Des blessures très superficielles qui ne nécessiteraient sûrement qu’un bon nettoyage à l’eau savonneuse et un peu de temps pour guérir. Rien d’insurmontable, et de loin. Pas après ce que j’avais déjà pu vivre jusqu’à lors.

Lorsque ma Liz’ s’extirpa finalement à son tour du bâtiment, dans un état guère plus enviable que le mien, je ne pouvais me retenir d’esquisser un mince sourire en coin ravi, bien loin de me douter que derrière la toile de hamac qu’elle déployait à ma vue, son jean était devenu un véritable steak tartare. Je répondis à sa petite remarque d’un sourire bien plus franc avant d’acquiescer d’un hochement de tête affirmatif. Je baissais rapidement les yeux vers le hamac posé sur ses jambes, arquant un sourcil circonspect en observant celui-ci, laissant la commissure de mes lèvres se grimer d’un sourire en coin plus retenu.

“Sans vouloir faire péter ma science, normalement c’est toi qui te reposes sur le hamac, pas l’inverse,” tentai-je de plaisanter maladroitement, avant d’exécuter sa demande. Vue la situation, c’était bien la moindre des choses que je pouvais faire pour elle. Aussi je pénétrais de nouveau dans la bâtisse, bien plus précautionneuse quant aux endroits où je posais les pieds, craintive que d’autres objets soient susceptibles de vaciller et m’ensevelir de nouveau.

Mais en réalité, je n’avais pas fait le boulot à moitié. Tout le merdier, dans son équilibre précaire, semblait n’avoir attendu que ma venue pour dégringoler et se répandre sur le sol. Et à mes noisettes à la vision floue, je préférais user de ma perception des champs magnétiques pour retrouver le matériel noyé dans la masse. Parce que la luminosité restait passablement merdique, surtout avec la poussière qui continuait de virevolter en saturant l’atmosphère. Ainsi, il ne fallut guère plus de quelques secondes pour percevoir le fusil d’Elizabeth niché sous quelques bac en plastique rouge vif, brisés à certains de leurs coins. De la même manière, je ne tardais pas à remettre la main sur la petite hachette débusquée peu avant et le sac à dos déposé de la jeune femme.

Les mains passablement encombrées, surtout que le fusil d’assaut et le sac bourré de patates me paraissaient peser une tonne chacun, je m’évertuais malgré tout de ressortir de la bâtisse, ne laissant derrière moi que les détritus inutiles et un cadavre réellement raide. Avec précaution, je tâchais de déposer le matériel récupéré non loin de la malle en plastique qui était à l’origine, indirectement, des dernières catastrophes produites. Une malle toujours scellée par le cadenas rouillé qui ne résista cependant guère longtemps à l’écartement que je lui imposais par ma volonté et une bonne grosse dose de répulsion magnétique. A l’intérieur, je découvrais, soigneusement rangés, une petite mallette emplie d’outils chirurgicaux ainsi qu’un drôle de fusil à fléchettes ; ou à seringues ; je n’en savais rien en réalité, mais également une boîte contenant tout un lot de fléchettes tranquillisantes, malheureusement brisées.

Récupérant mon propre sac-à-dos, je me débrouillais pour répartir au mieux les différentes trouvailles que nous avions faites, Elizabeth à moi, en terme de poids comme en terme d’encombrement. Et autant dire que la place était réellement à peine suffisante pour parvenir à répartir convenablement tout cela. Ceci fait, je rendais son sac à Elizabeth en le déposant auprès d’elle, ainsi que son arme, profitant d’avoir par la suite les mains libres pour m’accroupir auprès d’elle. Si elle n’avait pas bougée, j’aurais commencé à retirer les moutons poussiéreux nichés dans sa chevelure d’ébène, lentement et avec minutie, lui adressant un mince sourire désolé.

“Excuse-moi encore de t’avoir entraînée là-dedans, encore. Et aussi pour avoir manqué de vigilance quand ce rôdeur a essayé de t’attraper la jambe. J’aurai dû faire plus attention à toi…” lui confiai-je à mi-voix en cherchant son regard de mes noisettes coupables en marquant un long silence uniquement brisé par un soupir avant de me redresser lentement, lui tendant une main si nécessaire pour l’aider à se relever à son tour. “Et si on rentrait pour de bon ? De toute façon, on pourra pas rapporter grand chose de plus aujourd’hui,” proposai-je par la suite, remettant mon sac à dos à sa place et reprenant la pelle en main ; offrant à Liz’ la possibilité de prendre le fusil tranquillisant.

“Au cas où je pète encore un câble… On sait jamais,” plaisantai-je à nouveau - et à moitié.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 20 Déc - 15:18
La tête rongée par ce mal insidieux et cette affreuse nausée qui la prenait régulièrement au cœur, lui donnant des crampes douloureuses à la poitrine, Elizabeth se sentait si lourde et épuisée qu’elle se demandait bien comment elle allait faire pour retourner jusqu’au campement. Elle était tiraillée par la peur, l’anxiété, l’hésitation. Elle aurait voulu trouver tout le réconfort possible auprès de son amie, mais son silence était bien plus fort qu’elle et que ses pensées. Elle eut énormément de mal à sourire à la blague lancée avec une légèreté naïve tant elle paraissait décalée dans son esprit, mais que pouvait-elle bien faire ? Elle venait de perdre une quantité impressionnante de sang après avoir souffert un martyre immense, elle ressentait d’ailleurs encore ces espèces d’aiguilles qui l’avaient transpercées de part en part. Une part de sa féminité venait d’être exposé au grand jour et c’était toujours très délicat à gérer surtout lorsque l’on ne comprenait pas ou très peu ce qui pouvait bien se passer. Et si elle était en train de mourir, accepterait-elle de voir les dernières – et sans doute seules – personnes pour qui elle avait éprouvé quelques sentiments s’inquiéter pour son sort déjà tout tracé ?

Bien entendu, elle avait immédiatement songé à James et à son don bien particulier, mais elle n’était pas bien certaine que c’était typiquement le genre de problème qu’elle pouvait aborder avec lui. Elle avait confiance en lui, elle l’aimait, mais il y avait encore une part d’elle dont elle ne lui avait parlé, une part qu’elle n’assumait pas et sans doute beaucoup trop intime pour en discuter au détours d’un petit déjeuner. Il fallait dire qu’ils n’avaient pas pris énormément de temps pour eux ces derniers temps, entre le bal chassé-croisé des différentes gardes, entre le poste radio et le guet, le temps de repos qu’elle devait s’accorder et les différentes obligations que James se donnait, une certaine mécanique s’était construit, ne donnant à leur contact qu’une impression platonique après des semaines d’intenses relations.
Elle espérait que ce ne serait que passager et qu’ils pourraient bientôt prendre plus de temps pour eux même si la situation ne donnait guère de crédit à ce genre de préoccupation, elle voyait ça comme quelque chose d’absolument important et primordiale pour elle. Elle le ferait, elle le lui dirait, si ses angoisses venaient à être confirmées, mais pas immédiatement.

Le visage rougit par les émotions et la douleur, elle hoqueta dans un semblant de rire assez forcé, et aux sonorités bordant l’ironie, à l’attention d’Ivy, tandis qu’elle toussait à nouveau, les mains de part et d’autre de son visage. Elle ne voulait pas qu’elle la voit en train de pleurer, alors même qu’elle espérait au plus profond d’elle-même qu’elle n’ait besoin de demander pour qu’on lui donne un minimum d’attention. Elle était plongé dans un espèce de chaos monstrueux où elle avait l’impression de ne plus rien connaitre, ni d’elle, ni de son attitude. Priant pour que son amie prenne tout son temps au rangement des affaires, Elizabeth se laissa aller à quelques soubresauts de larmes, silencieusement, avant de venir se frotter le visage avec le tissu rêche et sale du hamac qui avait masqué judicieusement ses jambes. Elle repensait au discours qu’elle venait de tenir quelques minutes plus tôt seulement et à l’énorme contradiction qu’elle venait de montrer en cet instant, mais qu'importait, elle saurait bien assez tôt de quoi il en retournait. Elle se trouvait si absurde, tant son comportement que la situation, mais elle craignait de trop en faire pour absolument rien.  

Profitant de l’absence de regard, elle racla de ses ongles la terre à proximité de ses jambes pour recouvrir son pantalon d’une épaisse couche de poussière marronnasse. Si elle en parlait immédiatement à Ivy, elle ne lui laisserait pas d’autre choix que de prévenir le reste du campement de la situation, et malgré tout, elle serait sans doute d'accord avec elle. Mais dans son esprit, elle attendrait leur retour au Perchoir avant de se prêter au jeu des confessions, car il était évident qu’elle en aurait besoin.

C’est pourquoi elle ne pu qu'offrir un sourire coincé, sans trouver rien à répondre. Rassemblant l’ensemble des efforts qui lui restaient, et sans doute au prix de quelques douleurs supplémentaires, elle se serait levée et aurait donné tout ce qui lui restait pour ne rien paraître. Elle espérait qu'aucun mort n’ai été alerté par le barouf qui avait été soulevé dans cette cabane, ni qu’aucun d’entre eux ne cherche à leur barrer la route pendant leur retour, car elle serait alors bien incapable de lever ne serait-ce qu’une main pour se défendre. Abandonnant le hamac sur place, s’emparant des affaires que lui aurait confié Ivy, elle aurait espérait que son subterfuge continue ainsi jusqu’à destination. Alors seulement, elle se serait permise de craquer officiellement, entraînant son amie dans l’une des pièces les moins utilisées par le groupe.

Elle lui aurait fait promettre le secret, cherchant dans un premier temps quelques conseils si tenté qu’elle ait à lui en donner, espérant que tout ceci n’était qu’une simple anecdote dont elles finiraient par reparler en riant au détours d’une conversation entre fille.

[FIN DU JEU]

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 20 Déc - 16:28


Excursion Validée

Récompense(s) :

Ivy & Elizabeth ont trouvé : Ration de nourriture x2, Electrificateur de clôture moderne, Pelle, Hachette, Fusil tranquillisant, Kit de chirurgie avancé.

Conséquence(s) :
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Vous avez consommé :
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