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[Ferme Wallace] Faire ses preuves, c’est survivre aux épreuves - 02/04/35
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Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 30 Sep - 9:49
Interprété par Elizabeth Evans.

Elle n’était pas présente le jour où les choses avaient tournés au vinaigre entre le groupe et Nelson, le vieux fermier qui avait récupéré plusieurs d’entre eux pour leur donner logis et couverts le temps qu’ils se retournent. Elizabeth n’avait pas eu cette chance, abandonnée sur le bord de la route, sur le parking d’un motel infesté de mort, en compagnie de trois inconnus dont deux étaient morts désormais, et le dernier avait décidé d’unir le reste de leur route à la sienne.
Ce Nelson, elle n’en avait finalement qu’entendu parler, ne l’ayant croisé qu’à de brèves reprises à l’époque du camp Jefferson, quand il venait déposer quelques âmes égarées. Ivy, elle, était sans doute plus concernée par l’homme et ses actes, mais c’était bien à l’ex-psy que James avait confié la délicate tâche d’aller lui parler et surtout de négocier.

Lancée sur la route dégagée qui séparait la ville de la ferme, la Chrysler filait à une vitesse modérée. Il n’y avait pas de raison de prendre de risque, et on n’était jamais à l’abri d’un obstacle, de matière ou de chair, se dressant brusquement pour lui barrer la route. Elle avait déjà dû en esquiver plusieurs sur le chemin jusqu’à rejoindre la US84 qui se révélait bien plus tranquille alors. Depuis son arrivé à Snyder, elle n’avait jamais eu l’occasion de s’en échapper, se contentant des paysages urbains post-apocalyptique où se déchiraient morts et vivants, dans le chaos  de goudron et de métal. La campagne était bien différente. Certes, plus sauvage, plus abandonné qu’auparavant, mais les changements étaient beaucoup moins flagrant. Les vastes étendues herbeuses laissaient toujours le loisir d’admirer un paysage aux couleurs paisibles et reposantes. Des dégradés de vert, de jaune, de brun et de bleu, de quoi en faire oublier la morosité des temps, si ce n’était quelques silhouettes solitaires, immobiles, sans objectif, qui semblaient attendre indéfiniment que leur instinct les réactives.

Suivant les instructions données à la lettre quant à la route à prendre pour rejoindre la fameuse ferme, Elizabeth fini par bifurquer sur une route en terre sur sa gauche laissant immédiatement à sa droite une arbre solitaire derrière une barrière, s’engageant vers la propriété de Monsieur Wallace. Un dernier coup d’œil pour s’assurer que les registres du Perchoir se trouvaient toujours là, sur le siège passager, mais aussi pour méditer sur la manière d’aborder le sujet, elle finit par se concentrer à nouveau sur sa route, diminuant l’allure du véhicule au cas où on l’attendrait fusils en main.

Toujours attentive à ce qui se trouvait sur son chemin, ne se sentant jamais à l’abri d’un monstre, les pouces bâtèrent en rythme rapide le cuir du volant tandis que ses yeux balayaient son objectif. Les deux bâtiments s'étaient dessinés droit devant, ceinturés par une épaisse forêt, plantés là au milieu d’une plaine herbeuse, et frontaliers à un champ cultivé.

« Nous y voilà… » Se murmura-t-elle à elle-même, seule dans l’habitacle du véhicule, sans doute pour se donner quelques courage à ce qui allait suivre.

Elle avait l’habitude des situations délicates diplomatiques, du moins, avant. Les choses avaient bien changé depuis, mais elle priait pour que ses intuitions la guide sur la bonne voie pour être certaine d’accomplir la mission qu’on lui avait confiée.

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Mar 4 Oct - 23:10
La route bétonnée partant de Snyder vers le Nord-ouest, les décors de campagne à perte de vue, puis la route en terre sur la gauche, presque au niveau de l'arbre solitaire, menant vers la ferme dont les bâtiments, soit essentiellement la maison et la grange un peu plus loin sur la gauche, se dessinaient devant un vaste champs.

Pour Elizabeth qui venait pour la première fois ici, c'était une découverte, pour les habitants de la ferme, c'était encore et toujours le même décor, le même lieu qui ne changeait pas, protégé par son isolement, préservé par son calme olympien. En s'engageant sur la route en terre, elle aurait juré avoir vu des silhouettes, deux ou trois, qui s'étaient trouvées devant la maison et qui étaient entrées en vitesse à l'intérieur de celle-ci. Elle n'était pas tout à fait sûre de ce qu'elle avait vu à cette distance, mais il ne faisait aucun doute sur le fait qu'elle avait déjà été repérée.

En même temps, sur un terrain à ce point ouvert, l'on verrait arriver une souris à cinq cents mètres parmi les herbes, un comparatif bien exagéré qui donnait une image non moins concrète de cet atout que possédait la ferme et qui était, en même temps, une probable faiblesse du point de vue d'Elizabeth : avec un terrain si ouvert, ils verraient venir n'importe qui, mais n'importe qui les verraient en retour.

Une réflexion naturelle qui la poussera vers une autre : il s'agissait sans doute d'une route déterminante dans l'accès à Snyder par cette direction, puisqu'elle était la seule, il était en conséquence difficile de croire que personne n'y soit jamais passé en plusieurs mois. Qu'est-ce qui justifiait que la ferme avait pu être à ce point préservée ? Après tout, si elle était isolée de la ville, elle restait un passage quasi-obligatoire pour n'importe qui arrivant depuis une ville voisine plus à l'Ouest.

Pouvait-elle vraiment avoir à ce point de la chance, d'être protégée des vivants et des morts de tous horizons ? Une ferme comme celle-ci, aussi agréable à vivre qu'elle était, non moins fragile à préserver du mal ? Elle n'eut pas à réfléchir beaucoup plus longtemps, car approchant à une centaine de mètres de la maison, dont les fenêtres étaient proprement barricadées par d'épaisses planches, la porte s'ouvrit et tour à tour, trois silhouettes sortirent et firent quelques pas pour s'aligner devant la route. L'une d'elle portait un chapeau de cow-boy, c'était certain, une autre avait une silhouette plus féminine et la dernière était grande, masculine et forte.

Elle ne le voyait pas encore très distinctement, mais ces gens-là ne portaient sûrement pas des cadeaux de bienvenue bien emballés entre leurs mains...

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Lun 10 Oct - 14:31
Elizabeth se sentait passablement mal à l’aise. Les révélations du Vagabond avait mis quelques doutes sur la possible implication de Nelson dans cette histoire, comme bon nombre de protagonistes qui étaient intervenu depuis leur retour à la vie d’ailleurs, et bien que James ai suggéré une approche la plus amicale possible en évitant le sujet, cela restait bien ancré dans son esprit. Sa curiosité ne pourra être assouvie vis-à-vis de l’implication du vieil homme mais elle garderait des réserves malgré tout, et surtout, son arme à portée de main. Certes, et il avait raison à ce sujet, il y avait bien plus urgent à traiter dans l'absolu, mais elle ne pouvait plus oublier le moindre mots. Tout tournait en boucle depuis plus d'une semaine.

Elle n’eut pas à attendre plus longtemps avant de voir débarquer les habitants de cette si célèbre ferme pour les premiers ressuscités de Snyder. Elle crut dans un premier temps, reconnaître le jeune frère Jefferson sous son chapeau de cow-boy, qu’il tenait en vestige et en mémoire de ce cher Calvin – ou du moins, elle le supposa puisque dans ses souvenirs, il le portait encore. Les deux autres, elle ne parvint pas à les identifier à cette distance. Ralentissant au maximum, elle laissa le véhicule avancer très lentement, jouant avec la pédale d’embrayage pour être sûre de maîtriser sa vitesse, activant les warning à trois reprises avant de les éteindre, histoire de symboliser son approche de la manière la plus discrète possible. Pas de klaxon, pas d’appel de phare, on ne savait jamais ce qui pouvait bien se cacher dans les fourrées et la manière dont les trois autres personnes percevraient cette approche. A son sens, les warning portait toute leur symbolique.

Lorsqu’elle estima la distance suffisante atteinte, précisément pour être à portée de voix lorsqu’elle devra sortir de l’engin, et s’ils ne l’avaient pas fait mention très clairement – par le geste ou par l’action, de s’interrompre avant, elle finira par arrêter son véhicule, coupant le moteur. A l’intérieur de l’habitacle, elle inspira profondément, attendant quelques secondes, laissant les réactions se faire le regard rivé droit devant elle, les mains serrés autours du cuir du volant, avant de bouger à nouveau.

La portière avant fut ouverte avec une grande précaution, mettant la mesure dans l’ensemble de ses gestes. Il s’agissait surtout de ne pas se faire démonter la tête par un tir nerveux d’un des gus ayant perdu ses moyens, ou un peu trop zélé. Laissant toujours quelques secondes de fragment entre chacun de ses gestes, elle finit par sortir de la voiture en laissant dans un premier temps dépasser ses deux mains paumes ouvertes au-dessus de la portière, attendant calmement à l’abris de la porte de métal de glisser quelques mots à leur attention.

« Ne tirez pas, je suis venue en amie. Je n’ai pas d’arme dans les mains, je suis seule, et je viens de l’ex campement de Matthew Jefferson. Je vais sortir alors, ne tirez pas. »

Une fois toutes les mesures prises et après avoir jeté un coup d’œil par la vitre de la portière, elle finit par se redresser complètement, gardant ses deux mains posée sur le haut de cette dernière, toujours pleinement visible.

« Je dois vous parler. C’est très important. » Acheva-t-elle en rivant son regard sur les trois protagonistes, inspirant à nouveau profondément à l’appréhension de leur réaction, et surtout au regard des armes qui seraient encore braquées sur elle.

Certes, elle portait son gilet pare-balle, mais il y avait bien d’autre zone qui pouvait être atteintes. Étrangement, elle étudia également la probabilité de mourir ici et de cette manière, par un tir qu'elle estimait "fraternel". Décidément, il fallait qu’elle ouvre un recueil des Darwin Awards en temps d’apocalypse. Il y aurait des choses à y écrire, et pas à piquer des vers…

Nelson Wallace

Anonymous
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Ven 14 Oct - 14:06
En arrivant à proximité de la maison, elle put bien mieux distinguer qui faisait barrage au devant : Nelson, cet homme immense aux cheveux blancs attachés en queue de cheval et à la carrure épaisse, la barbe un peu plus longue que la dernière fois qu'elle l'avait aperçu au camp Jefferson, il tenait entre ses mains un fusil Ruger modèle 44. Ricky, qu'elle connaissait bien, au moins physiquement, son chapeau de cow-boy qui avait appartenu à Calvin, du haut de son mètre quatre vingt cinq, ses mèches de cheveux brun et ses yeux marrons foncés, ainsi que sa pilosité faciale qui avait pas mal poussé depuis le motel, au point d'être un vrai Matthew Junior.

Lui aussi tenait un fusil Ruger identique. Enfin, elle découvrait à la toute gauche une personne qu'elle ne connaissait pas. Une femme à la chevelure brune cascadant jusqu’à ses épaules, qui contrastait avec le bleu azuré de ses yeux,  une silhouette chétive et son allure affaissée, puis deux profondes cicatrices sur le coté droit de son visage, elle était plus petite que Ricky et tenait en main un Beretta M-21. Tous les trois se montraient méfiants, stoïques, même froids. Peut-être moins Nelson, qui ne perdait pas de son air bienveillant et ne cherchait pas spécialement à se montrer hostile.

En réalité, tous les trois tenaient en main leurs armes sans rien dire, ni faire de geste ou lancer un regard particulier vers la conductrice. Une certaine neutralité silencieuse, qui effaçait toute forme de chaleur dans leur accueil. Le trio scruta Elizabeth à l'intérieur de la voiture quand elle coupait le moteur à proximité d'eux, Nelson plissant les sourcils en découvrant qui était venu les visiter, alors que Ricky semblait plus gêné que surpris, jetant un regard vers Nelson avant de revenir à elle. La femme inconnue, en revanche, dressa très rapidement son arme un peu plus devant elle et vers Elizabeth, rafermissant sa poigne tandis qu'elle était témoin des lents gestes de la femme au volant.

Ce lourd silence continua de planer, jusqu'à ce qu'Elizabeth sorte de son couvert un peu trop fragile, faisant entendre sa requête. Personne ne répondit, cependant une fois qu'elle était pleinement hors de la voiture, les mains posées sur la portière et assurément libres de toute arme, Nelson fut le premier à réagir, inspirant à son tour par les narines longuement avant d'expirer et laisser son ventre ressortir un peu plus généreusement. Mais surtout, il baissait son arme.

A ce geste, Ricky n'y jeta qu'un furtif coup d'oeil et s'empressait de baisser son arme également, tandis que la dernière, elle, resta en suspens quelques instants, sans lâcher Elizabeth de ses yeux inquisiteurs. C'est seulement au terme qu'elle baissa son arme, les trois canons pointaient maintenant le sol non loin des pieds de leurs possesseurs.

« Elizabeth. » Dit Nelson, enfin, de sa voix grave et tranquille. « Je sais qui vous êtes, moins que Ricky sûrement, plus qu'Ana ici présente certainement. Et vous savez qui je suis. J'avais été clair me semble t-il lors de mon dernier échange avec votre groupe, c'est à Samuel de venir si quelque chose doit être dit. »

Elizabeth R. Evans

Anonymous
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Lun 17 Oct - 11:22
« Les choses ont changés. » Précisa-t-elle d’un ton qu’elle espérait à la fois porté et doux, empreint d’une détresse naissante.

L’ensemble de ses muscles s’étaient relâchés lorsque les armes s’étaient baissées, détendu à la fois par les actes, mais aussi par le fait que le vieux Nelson, qu’elle identifiait mieux à présent, se souvenait d’elle, de son prénom. Ses deux mains se replièrent sur la structure métallique de la portière, finissant de se redresser pleinement, mais sans agir davantage.

Tant que le propriétaire des lieux ne lui donnerait pas son autorisation ou son invitation, elle ne bougerait pas de sa position : aux côtés de la portière ouverte. Une gestuelle respectueuse pour ne pas avoir à forcer la décision du fermier et une manière de lui dire que la décision lui appartenait entre accepter la conversation ou lui demander de partir. Elle n’imaginait cependant pas une défaite, ayant toute confiance en ses talents de persuasion, non pas dû à un quelconque charisme, mais intimement lié à ses capacités de réflexion afin de connaitre les cordes sensibles sur lesquelles jouer afin d’obtenir ce qu’elle attendait de cette rencontre.

C’est donc derrière sa portière, toujours les mains visibles et désormais à la merci de leurs lubies, qu’elle pris à nouveau la parole pour éclaircir les premiers mots qu’elle venait de prononcer.

« Samuel a disparu depuis de très nombreux jours, au moment même où nous avions décidé de le défaire de son cheftaine pour ses nombreux manquements. Les avis ont divergés lorsque nous avons finalement eut vent de ce qu’il s’est passé à votre encontre entres autres et nous nous sommes séparés. James Everett, le médecin, a décidé de ne plus suivre les décisions de Melody qui a repris la succession de Samuel au Camp Snatch, et il dirige une petite communauté de sept survivants ailleurs à Snyder qui ont adhéré à ses idées, dont moi.

En son nom et en celui des miens, je vous quémande cet entretien. Nous n’avons plus rien à voir avec l’ancien groupe, ni en sa politique. »


Elle s’était adressé en fixant ses prunelles sur l’épaisse stature de Monsieur Wallace, non pas qu’elle dénigrait les autres, mais bien qu’il apparaissait, par sa prise de parole, comme le décisionnaire. Cela ne l’empêcha pas de dériver son regard une fois ses mots prononcés vers Ricky puis l’autre femme, et enfin sur le reste de l’horizon, trop prudente pour laisser l’extérieur sans attention de la moindre menace.

Les derniers jours avaient été affreusement éprouvant. Les différents blessés, la privation, le déménagement. Sa maigreur devait sans doute apparaître d'ailleurs aux souvenirs de Nelson et Ricky, une Elizabeth plus fragile que jamais, du moins en apparence.

Nelson Wallace

Anonymous
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Ven 28 Oct - 0:11
Nelson écouta ce qu'Elizabeth avait à dire, d'abord attentivement sans montrer d'expression particulière autre que la concentration, il en était d'ailleurs de même pour Ricky et Ana, le premier scrutant la jeune femme sous son chapeau, l'autre restant absolument stoïque, presque froide sans être vraiment hostile, bien qu'elle n'était pas vraiment ravie de cette visite.

Cependant, au fil des explications d'Elizabeth, ce fut d'abord Ricky qui dressa les sourcils, franchement surpris de ce qu'elle venait leur apprendre, il en était même bouche-bée, tandis que le vieil homme lui préférait les froncer et faire apparaître cette ride du lion tant connue des parents et des personnes trop soucieuses ou trop sévères.

Ana, elle, se contenta de jeter un coup d'oeil furtif vers ses camarades et étira ses doigts sur son arme qui restait pointée vers le sol, comme les autres. Un silence plana plusieurs instants, sans qu'aucun des trois ne change d'attitude ou ne s'empresse de se faire entendre. Il fallut bien une douzaine de secondes, avant que le plus jeune des trois qu'elle connaissait, peut-être pas très bien mais un minimum, ne prenne l'initiative.

« Comment ça... ? Vous êtes juste... partis ? Mais où êtes-vous allé ? Et Samuel, il a complètement disparu, vous n'avez aucune piste ? Et avec l'autre groupe, comment ça se passe ? Vous vous êtes disputé ? »

Il essayait tant bien que mal de structurer ses interrogations qu'il ne pouvait s'empêcher de balancer à la suite, parlant comme les pensées lui venaient car il était vraiment pris de court et ça s'entendait, Elizabeth pouvait même percevoir qu'il ne l'avait probablement jamais envisagé, puis il porta le regard vers Nelson en ajoutant :

« Ça nous prend de court, on se doutait - enfin Nelson surtout - qu'il y avait des problèmes au camp, notre dernière visite a eu de quoi appuyer ça d'ailleurs, mais de là à vous séparer... franchement on s'y attendait pas. »

Ricky tenait toujours son arme dont il raffermit la poigne, mais distraitement, il avait même oublié sa présence et observait Elizabeth en attendant d'en savoir plus, vraiment interpellé par la situation. Quand à Nelson, il glissa lentement ses yeux vers le jeune homme, répondant à son regard sans rien ajouter à ce que Ricky avait bien résumé à sa manière, puis revint à la jeune femme. Son visage était soudain plus fermé, il semblait attristé, peut-être déçu, ou encore soucieux, de ce qu'il venait d'entendre. L'un des trois.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mer 2 Nov - 14:11
Devant les différents visages et les expressions des protagonistes qui lui faisaient face, leur commentaire ou leur silence, Elizabeth sentit bondir son impatience. Certes, ils avaient beaucoup de question qui méritaient qu’on s’y attarde, mais c’était bien parce que le sujet était délicat demandant sans doute plus que quelques mots pour l’expliquer qu’Elizabeth avait choisi dans un premier temps de simplement survoler l’idée.
Mais l’invitation à se retrouver à l’abri des morts entre quatre murs semblaient peiner à venir au regard de leur immobilité. Devait-elle s’attendre à tenir l’ensemble de cette conversation debout derrière sa portière ouverte, perpétuellement aux aguets d’une éventuelle menace ?

Prenant une grande inspiration, elle déposa son regard sur le plus jeune des trois qui avait le premier pris la parole sur l’ensemble des questions qui pesaient, car s’il avait pris cette initiative et qu’on laissait ostensiblement de la place à une réponse, c’est qu’il méritait qu’on lui accorde cette attention.

« C’est assez compliqué à résumer sur quelques mots, mais ça ne s’est pas fait sur un coup de tête. Tout a été murement réfléchit afin d’être certains de prendre les bonnes décisions et les arguments étaient divers. En dehors des divergences d’idées, nous commencions à être beaucoup trop pour la petite bâtisse où nous avions trouvé refuge. Quant à Samuel, il a disparu avec son chien et tout son matériel sans nous donner la moindre nouvelle. Il est partit seul du jour au lendemain sans nous avertir. Il n’est jamais revenu. Certains pensent qu’il est partit de son plein gré, sans vraiment savoir pourquoi ni où.

Nous aurions dû rester en bon terme et agir en partenariat sur de nombreux points entre les deux groupes, mais les choses ne se sont pas passés comme nous l’avions espéré. Malgré une réserve de nourriture suffisante pour tout le monde, le groupe du camp Snatch a volontairement décidé de nous affamer avant notre départ, par vengeance ou égoïsme, peu importe. Cela fait maintenant deux semaines que je n’ai presque rien mangé et si je tiens encore debout, certains de mon groupe n’auront pas la même résistance que moi à terme. Melody semble avoir décidé de prendre un tournant que nous déplorons pour l’avenir et les décisions qu’elle a prise, tout comme son comportement à votre égard, sont de son fait et ne nous a jamais concerné.

Vous êtes et resterait nos alliés et nous vous serons toujours reconnaissant pour ce que vous avez fait pour nous. »


Elle bascula finalement son regard sur le vieux Nelson qui, même si elle lui avait prêté quelques fugaces attentions lors de ses premières phrases, lui donna toute son importance désormais.

« James, moi-même, et tout notre groupe, nous sommes réellement navré de ce qu’il s’est passé lors de votre dernière visite et si nous avions su avant, car cet événement avait été mis sous silence, nous aurions repris contact depuis longtemps et les circonstances de ma visite aurait été autre, mais désormais elles me poussent à revoir cette entrevue. Je ne vous le cacherais pas, ma venue ici n’est pas désintéressée. »


Elle supposait de Nelson qu’il était un fervent humaniste et bien qu’elle décida de ne pas appuyer sur cette faiblesse pour faire pression de manière totalement assumée, afin de ne pas le mettre dans l’embarras, elle escomptait que son discours aurait au moins la même portée.

« Nous avons du matériel, des armes ou même des ressources humaines, mécanicien, médecin, combattant. Si vous avez besoin de quoi que ce soit contre de la nourriture, nous sommes prêt à tout envisager. Nous souhaitons conserver les bases saines d’entente que nous avions pu avoir avec vous par le passé. »

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Mer 9 Nov - 14:34
Au départ, tout le monde écouta Elizabeth expliquer ce qu'il s'était passé, à sa manière, sans que les expressions et la posture ne diffère des dernières minutes, puis vint le passage où la jeune femme aux cheveux d'ébène évoqua la privation imposé par le groupe qui pouvait être, maintenant, considéré adverse, ce qui provoqua un flot de réactions silencieuses. A commencer pas ladite Ana, qui si elle s'était voulue stoïque et étrangère à tout cela jusqu'ici, s'exprima d'un lent clignement d'yeux qu'elle finit par ouvrir davantage en haussant les sourcils, pour le coup abasourdie, et Nelson qui au contraire les fronçaient un peu plus en mouvant légèrement ses lèvres comme s'il voulait parler. Pourtant il ne dit rien, mais il se montra à chaud sidéré de ce qui était dit alors.

La plus claire des réaction fut celle Ricky, qui plissa les lèvres et les yeux en penchant un peu plus la tête vers Elizabeth, comme s'il n'avait pas bien entendu, lâchant son arme d'une main pour la passer sur son front. Néanmoins personne ne coupa la psychologue dans sa lancée et ils écoutèrent ce qu'elle avait à dire jusqu'au bout. On peut dire qu'elle n'annonçait pas la météo et cet enchaînement d'explications et d'informations avait le bénéfice d'interpeller plus qu'on n'aurait pu le penser ces gens, en particulier les deux hommes, qui avaient ces réactions surprises et dérangées, à l'image de membres du groupe qui arrivaient en retard pour prendre constat des changements radicaux, alors même qu'ils n'en faisaient pourtant pas partie.

Quand elle eut fini, un blanc s'installa durant lequel aucun d'entre eux ne répondit et il dura une dizaine de secondes, quand Ricky, une fois n'est pas coutume, se décida à le briser en soufflant des narines, sa main libre venant incliner son chapeau avant de lâcher un léger rire tout ce qu'il y avait de plus amer, ce genre de rire désabusé et plein de ressentiment.

« Melody... encore elle, ça ne m'étonne même pas. » Finit-il par faire entendre, attirant le regard d'Ana et Nelson, tandis que le jeune homme passait le sien d'Elizabeth, vers le fermier en dressant la main en direction de leur visiteur.
« Tu voulais savoir pourquoi je l'ai jamais senti ? Maintenant t'en as la démonstration, tu vois que j'avais raison. Elle nous crache au visage, nous envoie balader avec sa nouvelle garde du corps, ensuite elle fout en l'air le groupe et affame les autres sans aucune raison valable. C'est un cancer cette fille, je l'avais dit, elle l'a toujours été ! Et lui il continue - ! »

« Stop Ricky, ça ne va pas recommencer ! » Grondait le vieux fermier, de sa voix devenue soudainement rauque et lourde, coupant net à l'élan de ressentiment du jeune cowboy qui s'il s'arrêtait, se passait la langue sur les lèvres d'un air consterné et colérique, à quoi Nelson répondait en dressant l'index tout en le fixant en retour. « Il n'a rien à faire dans cette conversation et sans vouloir manquer de respect à Elizabeth, je n'accablerais pas Melody sur ces seules paroles, quoi qu'il ai pu se passer avec nous avant ça. Je préférerais avoir sa version des faits, c'est une question d'éthique et tu le sais très bien. »

Ricky laissa filtrer d'entre ses lèvres un autre ricanement amer du même ton que le premier en se mordillant la langue, puis, d'un geste impulsif, dressa le fusil de ses deux mains en le posant contre son torse avant de se déplacer de pas fermes vers le dos de Nelson et passer derrière lui dans le but de se rapprocher de l'angle de la maison, ce sous le regard resté silencieux d'Ana qui ne semblait pas vouloir s'immiscer entre deux.

« Vous avez beau, tous les deux, lui laisser le bénéfice du doute. » Lançait tout de même le jeune homme d'un ton acide en faisant une halte dans l'angle, se retournant pour s'adresser directement à Nelson, sans qu'il soit possible de dire si le "deux" impliquait l'autre femme ou une personne absente. « Tu sais que ça ne peut être que la vérité et que je vous avais prévenu, cette fille est un poison, elle nous laisserait tous crever d'une manière ou d'une autre pour peu qu'on soit en désaccord avec elle. Un jour ou l'autre elle se retournera contre nous, si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain et là, ce sera pas la peine de prétexter l'éthique quand tu n'auras plus que tes mains pour pleurer ta ferme en ruines. »

« Fous le camp ! » Rétorqua très sèchement Nelson qui se faisait particulièrement impressionnant d'une voix aussi forte et trop bien associée à cette carrure immense.

Un dernier coup d'oeil à l'adresse d'Elizabeth et c'est un Ricky plein d'aigreur qui disparu derrière la maison. Ça ne faisait aucun doute, Ricky exécrait Melody et ne s'en cachait pas, quel qu’en soit les justifications. Quant à Nelson, il revint vers Elizabeth en ayant aussitôt perdu la dureté de son regard et de sa posture, pour exprimer malgré lui la culpabilité qui le prenait aussitôt, car il avait l'air franchement peiné. Son attention se perdait un peu dans le vague quelques instants, tournant la tête d'un coté et de l'autre sans se décider ni rien dire, comme un tic propre aux personnes d'un certain âge pour qui gérer des émotions fortes était plus complexe. On avait tout de même l'impression qu'il voulait rattraper Ricky.

« Je vais aller le voir. » Entendit celle qui était restée muette jusqu'ici, se désintéressant de l'invitée pour scruter le vieil homme qui lui répondit d'un coup d'oeil joint d'un acquiescement.

Ana jaugea au terme Elizabeth un instant, puis tourna les talons et partie à son tour sans un mot pour la femme aux cheveux d'ébène qui venait d'assister à cette étonnante scène de dispute, là encore malgré elle. Il paraissait évident qu'ici aussi, le temps n'était pas au beau fixe, il y avait des tensions palpables et qu'il soit question d'un désaccord à propos de Melody seule ou qu'elle ne soit qu'un élément parmi d'autres, la situation apparaissait de prime abord presque explosive. Nelson prit une longue inspiration en se redressant, s'étirant le dos vers l'arrière - probablement qu'il lui provoquait quelques douleurs, ce qui fit ressortir davantage son ventre généreusement fourni, sans être trop excessif, il ressortait tout de même pas mal. Après avoir expiré, il plia le cou vers sa droite pour se le faire craquer.

« Ricky n'a jamais aimé Melody. » Avouait le vieil homme d'un soupir, enfin décidé à revenir à Elizabeth, sa voix redevenant douce et tranquille comme un franc contraste de ses réactions d'il y a une minute.

« Au début je pensais qu'il était simplement jaloux du fait que Matthew s'y soit intéressé et lui ai porté une certaine affection, mais depuis sa disparition c'est pire encore et les actes de Melody dernièrement n'aident vraiment pas ça. Il la déteste franchement, il devient de plus en plus parano et colérique quand il s'agit d'elle. J'espérais que forcer la distance avec votre ancien groupe - quitte à ce que ce soit prit comme de la vexation - suffirait à calmer ses ressentiments, mais à entendre votre récit et avec sa situation, j'ai peur que ça n'alimente encore plus cette aversion de sa part et que ça n'aille trop loin. C'est un bon garçon, il est juste... perturbé depuis qu'il est arrivé ici.

La mort de Calvin, la disparition de Matthew, la menace du Marchand et des rôdeurs qui pèse sur nous tous, il en est très frustré. Nous avons eu des attaques de rôdeurs plus intenses dernièrement, on a perdu plusieurs poules et Tobby, notre chien, a été durement blessé. Il s'en remet mais il a beaucoup souffert et a failli partir plusieurs fois, ça a été très difficile pour nous. Navré que vous ayez du assister à ça. Allez, venez avec moi, nous allons discuter de nos situations à l'intérieur. »


D'un geste du canon de son fusil Ruger, il désigna Elizabeth et la porte d'entrée de la maison, s'y orientant lui-même en marchant doucement, on aurait dit qu'il portait le poids du monde sur ses épaules et que ça ne lui pesait que beaucoup trop. Le temps qu'Elizabeth puisse fermer sa voiture, le rejoindre et éventuellement lui répondre, il se trouverait devant la porte à poser sa main sur la poignée.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 15 Nov - 15:27
Elizabeth haussa un sourcil à la première réaction du jeune Ricky, d’étonnement, car elle n’avait pas souvenir qu’il n’y ait eu quelques hostilités entre le plus jeune des frères Jefferson et Melody. Même si elle considérait la dernière rencontre en date qui avait opposé Melody et Jena face à Nelson, ce n’était à son avis pas suffisant pour expliquer l’historique annoncé par le jeune homme, et ses propos semblaient sous-entendre bien d’autres raisons. Son asociabilité et son isolement des premiers jours jusqu’au départ de Ricky et Clark pour la ferme n’aidaient pas la jeune femme à se remettre en mémoire des tensions préalables en dehors de la rixe générale qui avait précédé la mort de Calvin, mais lorsque les reproches commencèrent à prendre une tournure plus intéressante en informations, Nelson intervint brusquement pour lui couper la parole.

Il ? Il qui ? Est-ce que ce « il » avait une importance ? Est-ce que ce « il » méritait vraiment de ne pas être impliqué ? Elle remettait en mémoire cette fameuse scène datant d’à peine plus d’une semaine avec Ivy et ses accusations sorties d’outre-tombe, et seulement un pincement de bouche, la langue passant finalement entre ses lèvres légèrement sèches purent attester d’une intense réflexion à ce sujet. Elle n’était pas là pour cela, ni pour débattre de leur condition, ou de la supposée implication de Nelson sur leur retour parmi les vivants comme l’avaient si peu subtilement évoqué le vagabond. Elle n’avait qu’une seule priorité : rapporter un maximum de nourriture au Perchoir pour assurer leurs arrières le temps qu’ils parviennent à se mettre en place. Pourtant, si elle pouvait glaner quelques informations supplémentaires à ce sujet de manière totalement opportuniste, elle ne se priverait pas de le faire. Après tout, elle détenait quelques morceaux de puzzle qui ne cessaient de crier qu’on les assemble et sa curiosité était bien trop forte. Cela et son indéfectible volonté de prouver qu'elle avait bien plus de valeur que la simple compagne du nouveau chef du groupe.

La disparition de Matthew, sa supposée détention en compagnie de la jeune Jenny, les accusations d’Ivy et la faible défense de Melody à ce sujet, la silhouette nébuleuse qui était apparu lors de l’accident, cet inconnu surgissant de nulle part l’air complètement perdu évoquant avoir été aidé par Jenny – et en conclusion qu’elle n’était plus vraiment captive, il y avait de quoi se poser des questions.
Elle ne ressentit aucune gêne à la scène qui se déroulait devant ses yeux tant son intérêt pour celle-ci était entière. Elle ne voulait cependant pas paraître impolie, conservant le silence, le visage d’une évidente neutralité et incrédulité face aux mots et emportements que ce soit de la part du gamin au chapeau de cow-boy comme de son opposant.

Le départ de Ricky, puis de la jeune femme à sa suite, marqua néanmoins un moment décisif dans cette rencontre. Il était déjà claire pour elle que Nelson ne la laisserait pas poireauter là toute seule en sa compagnie. S’il ne l’invitait pas à entrer, c’est qu’il lui demanderait de partir, tout simplement.
Mais les aveux du vieux fermier ne tardèrent pas à se faire entendre, sur un ton qui appelait non pas à la confidence, mais aux excuses. Là encore, elle se sentait un peu dépassé par la prétendue « relation » que semblait avoir entretenu Melody et Matthew. Elle avait souvenir de quelques parties de chasse conjointes, mais à l’époque Melody entretenait une relation avec Seth, la mort de ce dernier n’intervenant qu’après la disparition de Matthew, ce qui en soit n’empêchait absolument rien, c’était sans dire, mais cela accablerait un peu plus la chasseresse au passage. Plus Nelson parlait et plus quelque chose gênait dans le discours, comme si une information capitale pour la bonne compréhension de ce qui se tramait dans les sentiments du jeune Ricky manquait dans les souvenirs de la brune.

C’est un regard compatissant qu’elle porta à Nelson tandis qu'il s’étendait en justification, ne désirant réalimenter le débat. Elle s’était contenté de répondre aux questions de Ricky, sans mensonge, sans cachotterie, et sans parti pris. Pour le reste, elle laisserait volontiers l’homme aux cheveux blancs se forger son propre avis s’il en avait l’envie, sur la question, sans même lui préciser qu’il serait peu probable qu’ils arrivent à obtenir une communication avec le Camp Snatch au regard des tensions dans lesquels ils se sont quittés. Pour sa part, elle ne lui accorderait aucun pardon ni aucune justification : les observer s’affamer – elle comme James – pendant qu’ils se permettaient leur petit repas dans leur coin pendant une semaine avait définitivement soldé son avis à son propos.

L’invitation de Nelson à entrer dans sa demeure arriva enfin et c’était avec un léger hochement de tête suivit d’un « Merci » à la fois reconnaissant et atténué qu’elle enfourna à nouveau sa tête dans son véhicule. Pour ne pas avoir à faire patienter son hôte trop longtemps, en dépit de sa propre attitude à l’avoir fait attarder dans cet environnement qu’il avait confirmé très loin d’être sûr, Elizabeth attrapa à la volée les clés de son véhicule, son arme de poing qu’elle coinça à l’arrière de son pantalon, et les registres du campement qui lui servirait de base de négociation. L’instant d’après, elle se retrouvait à nouveau à l’extérieur, verrouillant la Chrysler manuellement, l'abandonnant vidé de tout objet qui aurait pu attirer quelques convoitises, avant d’enfourner les clés du véhicule dans sa poche et de s’élancer, d’un pas sur et serein, vers l’imposante demeure. Un dernier coup d’œil aux alentours, cherchant du regard du côté où le jeune adolescent avait disparu ainsi que le reste de la propriété, par prudence, et elle rejoignit enfin l’entrée en quelques foulées.

Arrivée au niveau du propriétaire des lieux, Elizabeth souffla à nouveau son mot de remerciement, dans le cas où le premier lui aurait échappé, pour ne pas paraître impolie, avant de rajouter, toujours en gardant ce ton compatissant qui avait caractérisé son regard un peu plus tôt :

« Vous n’avez pas à vous justifier pour lui, son comportement est très loin d’être incompréhensible. Bien au contraire, je trouve qu’il fait preuve d’une véritable force. Deux mois et demi maintenant que son grand frère a disparu, il garde toujours espoir, ça se voit. J’ignorais en revanche que Melody et Matthew avaient entretenus une certaine forme de relation, il était du genre distant et discret. Quant à votre chien, j’espère sincèrement qu’il s’en remettra, si nous pouvons faire quoi que ce soit en ce sens. »

C’était des mots tout à fait neutre, que n’importe qui aurait sans doute pu dire, mais ils démontraient l’intérêt réel qu’elle prêtait à la ferme et à ses habitants. Elle n’avait aucun talent vétérinaire qu’elle aurait pu mettre en œuvre pour cet événement, et quand bien même, de mémoire, ils possédaient déjà ce qu’il fallait en terme de médecine animale ici. Sa compassion, sincère, était tout ce qu’elle pouvait apporter. Par politesse, elle attendrait en retrait qu’il l’invite à nouveau à la suivre dans sa demeure, à le suivre ou à entrer la première selon son choix. Pour le reste, elle ne rajouterait rien d’autre, s’assurant de simplement se laisser guider là où Nelson le souhaitait pour la suite de l’entrevue.

Il était possible qu’elle reparte les mains vides. Après tout, l’homme lui avait lui-même précisé qu’ils avaient perdu énormément ces derniers jours, ils ne pourraient sans doute pas se permettre de perdre davantage dans un marché déséquilibré. C’est pourquoi elle devait être le plus convaincante possible afin que chacun puisse gagner au change.

Nelson Wallace

Anonymous
Invité
Lun 21 Nov - 20:12
En posant la main sur la poignée, Nelson s'interrompit à l'écoute des mots d'Elizabeth, particulièrement quand elle évoqua la disparition de Matthew. Elle pouvait voir que l'évoquer l'interpellait, d'une façon dont elle ne pouvait pas être certaine, non pas dans la surprise ou la tristesse pure et dure, mais plutôt... dans la gêne. Le vieil homme se passait la langue sur la lèvre inférieure, pas beaucoup, juste de quoi l'humidifier et il finit par tourner les yeux vers elle de sa posture presque de profil, ce qui faisait qu'il ne la regardait pas directement.

« Je ne remets pas en cause que vous ayez pu vivre ce que vous m'avez expliqué, et si vraiment Melody vous a affamé alors je suis profondément navré. Je ne l'en pensais pas capable, ce qui est bancal à dire car je ne la connais en fait pratiquement pas. C'est Matthew il... m'en a parlé, une fois ou deux. Avant sa disparition bien sûr. »

Étrangement, Elizabeth, par ses compétences d'analyse acérées, entrevue très clairement qu'il était loin d'être sûr de ses propres mots, c'était cependant moins étrange que ses derniers mots, qui n'avaient pas vraiment de pertinence, ce besoin de réaffirmer sa disparition. Cependant il ne s'attardait pas et occulta, volontairement ou involontairement, quoi qu'il ne semblait pas vouloir s'étaler sur le sujet, l'éventuelle relation de l'ex-chef avec Melody. Sa main pressa la poignée qui tourna pour déverrouiller l'entrée de la ferme.

En découvrant celle-ci, dans laquelle le propriétaire s'engouffra de toute sa stature bouchant la vue jusqu'à ce qu'il s'écarte sur le coté avec galanterie en tenant la porte à Elizabeth, cette dernière pouvait ainsi décrire la première pièce, la cuisine. Blanche et douillette, la cuisine est équipée d'une table au centre, faite de vieux bois avec quelques chaises autour, soigneusement poussées dessous. Sur la droite, il y a des meubles de cuisine qui font les deux angles et s'étalent sur les différents murs, y consacrant toutes sortes d'utilités typiques de cette pièce : évier, broyeur, plans de travail multiples dans ce cas, des portes de placards un peu partout en dessous et sur les petits meubles accrochés aux murs au-dessus, micro-ondes, cuisinière, et même un lave-vaisselle et une machine à laver.

Rien de bien extraordinaire, mais avec tout ce qu'il faut, des ustensiles répartis, des serviettes, des torchons, des bocaux, et tout ce que l'on peut imaginer dans une cuisine, le superflu en moins vu la situation extérieure et les risques immédiats puisque la pièce est exposée. Les fenêtres sont barricadées par des planches de bois. Une porte se situe de l'autre coté de la table, en battants.
Nelson attendit ainsi que la demoiselle entre, lui faisant d'ailleurs signe du fusil qu'il tenait en main avec un sourire courtois pour qu'elle se sente invitée, ce qui n'avait pas tellement été le cas jusqu'à maintenant à cause des événements et de l'arrivée tendue qui avait eu lieu. A noter que l'invitation fusil en main ne pouvait être que propre au nouveau monde, pour sûr.

« Allez donc prendre place. » Ajoutait-il. « Nous allons pouvoir discuter au calme, plus de fusil menaçant, plus de dispute. Je ne connais pas James mais j'en ai entendu dire beaucoup de bien, et à entendre ce que vous me dites, j'ai autant envie que vous que nous nous entendions. J'étais malheureux de ce qu'il s'est passé lors de notre prise de bec avec Melody et l'autre femme, mais je me devais de défendre mon groupe.

J'espérais en fait voir Samuel débarquer rapidement, je commençais même à croire que cette situation était sérieuse et allait durer, je me demandais comment rattraper ça, c'est important de se serrer les coudes et pas se bouffer le nez vu tout ce qui se trouve dehors. Samuel a fait parti des premiers que j'ai accueillis ici. Je l'ai trouvé sur mon terrain, l'ai mit dans un lit, menottes au poignet et je l'ai accueillis au réveil fusil à la main, avant de lui proposer un repas. Lui et Ivy. Aujourd'hui j'apprends qu'il a disparu et que votre petite communauté s'est brisée.

Les choses ne sont pas comme elles devraient être, pas comme on aurait pu l'espérer. Mais on a pas vraiment le choix pas vrai ? Il faut faire avec ces choses, comme elles viennent. »
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