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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Salle de réunion - 02/04/35
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James F. Everett

Anonymous
Invité
Lun 17 Oct - 18:12
Son intervention avait été ce qu'elle avait été, soit une manière prise sur le ton de l'ironie de les inciter à arrêter leur esclandre tout de suite. Il espérait plus que cela, que sa présence les interpellent, qu'ils réagissent d'une façon ou d'une autre au fait qu'il avait assisté, sans qu'ils le sachent, à la scène et qu'il avait tout entendu, du moins la vérité est qu'il n'avait entendu qu'une partie, peut-être la moitié de leur échange, mais qu'ils pensent qu'il avait tout entendu l'arrangeait étant donné qu'il doutait fort qu'ils aient changé de thème de discussion d'un instant à l'autre, leurs élans de voix aidant.

Et face à sa présence et ses mots, ce qu'il eut, c'est une façon plus ou moins discrète de l'ignorer. On lui faisait comprendre qu'il était de trop, l'un comme l'autre et si James n'était pas du genre orgueilleux, il y avait des limites à tout et il n'appréciait pas du tout cela. Ce qu'il appréciait encore moins, c'est qu'Ivy ne fasse que confirmer ses propos et ne cherche pas à s'en défendre, ou le convaincre qu'il se trompait, ou encore qu'il les surprenaient dans un moment tendu et que c'était différent de ce qu'il avait imaginé. Mais non, rien de cela, elle semblait en réalité se fiche pas mal de ce qu'il soulevait ou de l'impression qu'elle lui donnait, elle ne s'en défendait pas une seconde et n'affichait aucun sentiment à ce propos.

Il se sentit à nouveau... blessé. La situation était très différente de la réunion de groupe où elle l'avait déjà blessé par des cachotteries révélées et un clair individualisme, mais la coupe ayant déjà débordée, elle le blessait par le fait qu'elle n'avait cure de sa rancoeur justifiée, du fait qu'elle l'ai blessé ou de chercher à se rattraper. Contrairement à James vis à vis de Ivy, Ivy se fichait totalement de James. Non, elle ne faisait qu'en rajouter, encore et encore, à se battre avec les autres en se moquant des règles et demandes qu'il avait partagé le lundi matin même. Il eut alors une forme de révélation. Et si Ivy n'était pas la gentille fille qu'il avait pensé jusqu'ici ? Et si elle n'était pas tant victime qu'il avait bien voulu l'imaginer ? Ou que ce soit déjà trop tard ? Elle lui fit penser à quelqu'un qu'il avait connu jadis, une fille, avec qui il fut très ami et dont il était finalement tombé amoureux tout jeune qu'il était, pas plus de la vingtaine, et qui l'avait fait tourner en bourrique en lui faisant croire qu'elle était une chose fragile et en peine qui ne demandait qu'à s'en sortir.

Qui n'avait demandé qu'à être aidée, qu'à être heureuse, à sortir de ce cercle vicieux dans lequel elle était prise : colère, égoïsme, cette manière systématique de vouloir se jouer des autres, d'utiliser son charme pour attirer le plus d'attention possible avant de se moquer de tous et apprécier de faire souffrir son prochain, juste pour l'illusion d'avoir une emprise sur sa vie et du pouvoir sur les autres. Une gangrène, qui pollue l'esprit de son entourage en voulant constamment se faire plaindre, alors qu'elle détruisait sciemment tout ce qu'elle construisait, tout ce qu'elle tissait en liens, tout ce qui lui était offert généreusement, cette perversion qui consistait à se complaire dans sa propre souffrance, parce qu'elle ne connaissait que cela, un repère dont elle ne pouvait se défaire et qui lui créait l'intensité permanente indispensable lui permettant de croire que sa vie était intéressante et importante.

Le genre de personne pour qui un quotidien en paix et sans histoire était impossible à envisager : trop ennuyeux, trop inintéressant, où elle se sentirait trop déconsidérée, pas assez particulière, mais qu'elle ne cessait de clamer - mentir - vouloir pour persuader les autres qu'elle n'était pas ce maux qu'elle incarnait pourtant. L'excès en toute circonstance, l'auto-destruction retardée par la destruction de son entourage, se convaincant tellement que sa méthode était la bonne pour ne pas trop culpabiliser, qu'elle finissait par croire à toutes ses bêtises. Le médecin se rendait ainsi compte qu'elle lui rappelait cette personne. Certes, il n'avait aucune raison de tomber amoureux, chose qui était presque dépassée pour lui, plongé dans l'âge de la raison et dont le cœur était déjà complètement offert à une autre, mais il aimait Ivy d'amitié et il réalisait le danger que cela pourrait représenter. Il était loin de ses vingts ans maintenant, trop vieux pour se laisser prendre à ce jeu et il vivait surtout dans un monde qui ne pardonnait rien et qui apportait déjà bien assez de souffrances pour que de pseudos-amis n'en rajoutent.

Il attendait un moment plus propice, mais il s'entretiendra avec elle, pour lui faire comprendre qu'il ne comptait pas entrer dans son jeu de victimisation et de paraître, si c'était pour se comporter comme elle le faisait au moment d'agir et se retourner contre le groupe. Il ne pouvait pas permettre qu'elle détruise le groupe à cause de sa propension à l'abus, tel que Kyle ici présent qui s'engageait à quelque chose de risqué, c'était évident maintenant. Il lâcha un long et contrarié soupire, les regardant faire leur numéro quelques instants, car il avait décidé de ne pas prendre cela au sérieux, avant de se détourner en laissant derrière lui d'un ton audible et inhabituellement ferme :

« Rendez-nous service et calmez-vous tout de suite ou sortez vous chamailler dans le quartier voisin. Personne ici n'a besoin de vous entendre vous battre, moi le premier. »

Tout en parlant, il sortait sa main gauche de sa poche en se penchant pour attraper la poignée de porte et refermer celle-ci d'un claquement énervé derrière lui. Il était de trop aujourd'hui, il leur ferait comprendre ce que c'était d'être de trop à son tour.


[Sortie du Jeu]

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 18 Oct - 13:25
Sans réellement trop savoir pourquoi, ni même trop comment, je me retrouvais comme happée par l’emprise de Kyle. Mon corps épais comme une brindille fut attiré vers lui, par lui, alors que je me mis à boire ses quelques mots profondément rassurants. Et malgré que j’enfonce un côté de mon visage humide contre son torse, il m’était pourtant impossible de me détacher de cette crainte profonde et viscérale qui m’habitait. Je me sentais affreusement démunie, tremblante et fébrile au cœur même de cette étreinte, et les mots qu’il prononça ensuite, étonnamment, n’arrangeaient en rien mon malaise de l’instant. Non pas que je n’y croyais pas, loin de là, ils suppuraient de sincérité. Un dévouement de la part du militaire que je ne m’expliquais en rien, qui ne trouvait aucun sens après les aveux que je lui avais offerts, les actes que j’avais commis.

Mais ce furent les mots de James qui m’atteignirent le plus à cet instant, car j’y étais bien plus réceptive maintenant que la surprise et l’incompréhension de le voir surgir étaient passées ; maintenant que je prenais une conscience bien plus nette de ce qu’il avait soulevé précédemment, et de ce que ses derniers mots révélaient quant à la raison de son irruption parmi nous. De la véritable rengaine dont il avait parlé, et de ce qu’elle-même impliquait de moi. Ce que je n’avais pourtant pas besoin de lui faire dire pour l’entendre, le comprendre et l'admettre.

Mais ce fut par-dessus tout le claquement sec de la porte qui se refermait sur le départ de James qui m’arracha un sursaut de surprise comme de conscience dans les bras de Kyle. La conscience que je ressentais de plus en plus de honte et de culpabilité à agir ainsi, depuis des semaines maintenant. James était passé, sonnant le glas de cette altercation qui ne serait très probablement que le prélude à d’autres à venir, et avec son départ l’opportunité de faire mon mea culpa. Geste que je lui devais ouvertement depuis une semaine, jour pour jour, et qui ne faisait qu’amplifier à chaque instant, chaque respiration qui m’animait. Mais ce n’était là que partie remise, une partie dans laquelle d’encore plus gros enjeux seraient sur la table. Et pour l’instant, c’était vers Kyle que je devais porter mes premiers efforts. Des efforts qui en appelleraient sûrement d’aussi intenses de sa part aux regards des mots qu’il m’avait confiés, de la promesse qu’il venait de me faire.

J’avais bien dû rester ainsi prostrée contre lui durant une minute ou deux, ma perception du temps s’étant diluée dans les méandres de mes pensées avant que je n’esquisse à nouveau un soubresaut de mouvement volontaire, et non pas simplement un réflexe. Lentement, je m’efforçais de me détacher de lui, me résolvant enfin à relâcher mon emprise sur son avant-bras pour amener ma main éponger les larmes qui humidifiaient encore mes joues. Je m’éloignais légèrement de Kyle, afin de pouvoir le regarder en face, prenant le soin d’écarter lentement sa main de mon épaule.

“Tu…” Je m’éclaircis la gorge et la voix avant de reprendre, levant finalement mon regard pour à nouveau croiser le sien. “Je… Tu n’peux pas me promettre ça,” avais-je fini par répliquer, levant une main au besoin pour lui demander de garder le silence et me laisser poursuivre. L’homme aurait d’ailleurs pu s’apercevoir, s’il y prêtait attention, que mon regard s’était durci de fermeté, mes sourcils légèrement froncés. Je pris une plus longue et profonde inspiration.

“Je pourrais m’aplatir en excuses, comme j’ai trop pris l’habitude de le faire dernièrement sans que celles-ci... Sans que ça n’ait la moindre valeur au final… Alors je ne m’excuserais pas de mes actes… Pas par des mots du moins… Parce que t’as raison… J’ai un truc dans le crâne…” Je venais me tapoter la tempe du bout de mon index. “C’est vicieux. Un véritable... poison... incontrôlable,” lui confiai-je un ton plus bas, légèrement craintif. “Et j’veux pas que tu m’laisses seule, avec moi-même et ce... truc, trop longtemps. Mais ça arrivera pourtant. Toute cette merde… Ça recommencera, je le sais…” avouai-je non sans un fatalisme résigné.

Lentement, et s’il ne s’y dérobait pas, j’aurais fini par porter mes deux mains à ses joues hirsutes, cherchant à encadrer son visage et maintenir ses prunelles orageuses comme son attention fixées au sein de mes noisettes et de ma détermination. “Et à ce moment-là, je sens… je sais que tu feras encore tout pour me protéger, comme la première fois…” À mesure de mes mots, je détachais et appuyais de plus en plus lourdement et distinctement chaque syllabe pour souligner la gravité de mon ton, et de la demande qui allait suivre.

“Mais tu devras rompre cette promesse, pour te protéger. Pour nous protéger. Il faudra que tu lèves la main sur moi. Littéralement. Me mettre hors d’état de nuire. Sans aucune retenue et sans aucune hésitation. Si tu venais à hésiter, ça pourrait...” Je ne parvenais pas à finir ma phrase, bien que j’étais presque certaine que Kyle avait compris l’idée. Je déglutis avec difficulté sans cesser de le fixer, mes traits se grimant d’une moue quelque peu implorante.

“Alors promet-moi ça plutôt… Si tu désires me promettre quelque chose, promet-moi juste de m’empêcher de faire plus de mal encore. Promet-moi de te protéger, de protéger Elizabeth, et James, et les autres… des désastres de ce poison.”

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Ven 21 Oct - 12:03
J’observais James s’éclipser avec un dernier mot d’ordre, son air contrarié clairement visible sur son visage en plus sans doute d’une pointe de colère ou de quelque chose de similaire, du moins de ce que j’en interprétais. Je fus toutefois assez étonné de son évident évitement à mon sourd appel au soutien, cette situation était très délicate à gérer, tant d’un côté que de l’autre, et je me retrouvais à nouveau seul sans le moindre appuis.

Je fronçais les sourcils à la démarche, ne sachant pas vraiment ce qui avait été entendu de la conversation par lui-même, mais particulièrement mal à l’aise au fait qu’il ne cherche même pas à s’intéresser au nœud du problème, ne faisant que nous traiter comme des enfants incapables de gérer leur problème. Un long souffle s’extirpa de mes narines à ce comportement que j’estimais parfaitement déplacé et surtout réellement inutile, car il ne réglait ni la situation, ni les humeurs, bien au contraire, déportant mon agressivité passive a d’autre égard, le claquement de la porte sonnant d’une démarche que j’estimais puéril face à une intervention faite sur un coup de tête.

Je ne trouva rien à dire cependant, comme à ma désagréable habitude, me contentant de ruminer l’affront dans un coin de ma tête sous un air également contrarié, jusqu’à ce que je sois happé dans ma réflexion négative par l’éloignement de ma protégée qui avait pourtant su profiter du confort sécuritaire que lui aurait fourni mes bras et à ses mots, je regrettais plus encore le comportement de mon frère d’arme. Sur le coup, je ne trouvais pas grand-chose à dire, ou à justifier. Elle refusait mon aide malgré son comportement juste avant, alors que j’avais cru percevoir dans son regard la supplique d’une telle promesse. A sa main levée, je restais immobile et silencieux, me contentant de l’observer pour connaitre la suite de ses décisions.

Bien entendu, elle confirma mes propos, me laissant un bref instant dans un profond scepticisme de toute cette scène jouée juste avant, comme si quelque chose avait été irréelle, ou hors de l’espace tangible. J’avais beau me creuser la tête pour comprendre de quoi ou d’où provenait ce décalage, ce malaise mais impossible de l’identifier, je restais coincé dans mon esprit avec une désagréable impression de ne pas arriver à suivre d’un bout à l’autre tout ce qui s’était passé. C’est le contact des mains fines sur mon visage, ou du moins à travers l’épaisseur de barbe légère qui avait commencé à couvrir mes joues, le cadre de la bouche et mon menton qui me tira de mes interrogations, fixant mes yeux sur celle qui en avait été à l’origine. Ce qui en sortit me fit froncer à nouveau les sourcils, soulevant un profond malaise.
Agir contre elle ? Je n’en étais pas incapable. Si sa nature aurait pu me convaincre de ne jamais lever la main sur elle, ce n’avait jamais été un frein pour moi. Hommes, femmes, ou même enfants, lorsqu’ils représentaient un danger immédiat pour la sécurité des miens et des idéaux que je sers, je ne prenais de réflexion à l’acte que le temps nécessaire pour le calcul de l’accomplissement. Mon but, quoi qu’il arrive, n’avait jamais été que de protéger et servir. Ma famille, mon pays, mes croyances. Non, en réalité, le problème se posait à l’instant même où j’estimais que cette demande concernait une personne comme étant à protéger. Et l’était, bien que d’un point de vue purement pragmatique, la protéger d’elle-même était une forme de protection en soit.

Je passais ma langue sur mes lèvres sèches, les humidifiant légèrement en remettant mes idées en place avant de prononcer d’une voix plus grave qu’habituellement, et sans doute plus profonde.

« Cela ne change rien à ma proposition de te former, mais je le ferais, tu peux compter sur moi. Quoi qu’il advienne. »

Il était de mon devoir de veiller sur eux, sur ce groupe, et ceux qui n’avait pas les capacités ou les moyens de le faire. J’en irais sans doute de ma touche personnelle pour ne pas avoir à la blesser, mais la promesse était faite, le regard continuellement rivé sur elle pour qu’elle ne doute pas de ma parole. Elle était déterminée à mettre tout en œuvre tant qu’elle reprenait de sa lucidité. L’idéal serait qu’elle ne sombre plus, mais à cela, j’étais littéralement mis sur le banc de touche. Donnez-moi une arme, je ferais un massacre, donnez-moi une femme, je ferais un désastre.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 12 Nov - 14:31
Mes mains crispées autour de son visage, mes doigts fins tendus se recroquevillaient légèrement, je pouvais sentir les poils drus de sa barbe me piquer le bout des doigts à mesure que ma peau courait contre la sienne, avant de finalement s’en détacher. Mes mains, suivies par mes noisettes qui se désolidarisaient de ses prunelles pour venir se poser, contemplatives, sur le buste de l’homme, vaguement, et plus particulièrement sur ma propre ignorance. Lentement, je me laissais emporter par les quelques syllabes prononcées par Kyle, la promesse qu’il n’abrogeait pas vraiment en vérité, et surtout cette volonté de s’en tenir à sa proposition initiale de me former, m’entraîner à devenir une meilleure survivante, peut-être même plus simplement une survivante tout court.

Lentement, je relevais mes yeux pour les plonger de nouveau dans les siens, mes prunelles toujours habitées de cette lueur de profonde culpabilité, et de cette incompréhension plus globale de la situation dans laquelle je me trouvais encore, à ne toujours pas réussir à distinguer le mensonge de la vérité, la nécessité de la futilité. Je me sentais toujours aussi dévorée de l’intérieur par ces multiples sentiments contradictoires, cette difficulté à faire confiance qui semblait se dresser comme un obstacle insurmontable. Je pris une profonde inspiration, fermant les yeux l’espace de quelques secondes avant de reprendre la parole, d’un ton bas, presque murmuré.

“Je… hum… Merci,” avais-je fini par lui glisser dans un soupir assez las, bien que pour une fois et comme auparavant dans mon emportement, la sincérité de ma voix était aisément palpable. “Mais ça va pas être une mince affaire… J’suis pas une grande sportive. J’l’ai jamais été, et j’ai jamais eu… envie de m’battre. Ça va sûrement te paraître très con, genre ironique à mort, mais j’déteste la violence. Rien que repenser au premier infecté que j’ai dû tuer, avec un putain de pied-de-biche… Ça me colle la gerbe… mais tout à l’air d’être comme ça maintenant. Absolu, définitif, ignoblement normal…”

Je secouais la tête sans rien masquer du dégoût qui me saisissait et crispait les traits de mon visage alors que je repensais à cet instant. Cette sortie dans cette école qui avait virée au demi-cauchemar, où j’avais laissé toute ma lâcheté s’exprimer, où j’avais laissé Samuel derrière moi, ainsi que Seth, Melody et Matthew face aux hordes de zombies et aux hommes du Marchand. Quelque part, cet épisode avait constitué le début de la fin de mon innocence, mon humanité, ma virginité face aux hordes de morts.

Un acte que j’avais réitéré par la suite, le lendemain même, avec bien plus d’horreur, à faire souffrir puis laisser mourir un gosse sous une armoire, simplement parce que j’en avais eu le pouvoir, le sentiment et l’illusion de dominer quelque chose qui m’échappait en réalité totalement. Un faux sentiment d’incidence, de contrôle, qui s’était répété de plus en plus souvent, où je me pensais capable de résister, d’apprivoiser ce flot d’évènements dans lequel je n’avais, au mieux, que réussir à me débattre sans trop boire la tasse. Tu parles… Je m’étais noyée tant dans mes illusions que dans cette folie, à en crever une seconde fois, et revenir tout autant démolie et incapable. Abrutie et dévorée par les mots de Soulstrange, ses idées, ses pensées aussi fausses que son combat finalement, j’avais laissé la folie et la paranoïa me gagner et détruire le peu de certitudes que j’avais pourtant obtenues sans même les forcer. L’amitié et la confiance d’un homme, d’une femme, d’un groupe. Tout cela pour des histoires qui m’avaient dépassées, mais dont je me sentais partie prenante, bercée de l’illusion de détenir une once d’influence qui se voulait rassurante. Encore faux, tout n’avait été que fausserie, tromperie, mensonge et dissimulation.

Au final, il n’y avait qu’une seule vérité qui en était ressortie. J’avais perdu pied, et entraîné bien malgré eux, presque malgré moi - et encore, c’était mon orgueil qui cherchait sûrement à nier là ma responsabilité, pleine et entière - mes compagnons. Les gens qui tenaient à moi autant que je tenais à eux, bien que je n’avais pas su leur montrer. Je sentais à nouveau cette colère monter en moi, dirigée contre moi, mais qui se manifestait au-travers de ma gestuelle. Du visage de l’homme, mes mains avaient fini par descendre, comme mes iris précédemment, vers son buste, mes doigts se crispant et serrant le tissu gris de son débardeur au creux de mes poings serrés par la colère, comme mes dents ; mes lèvres tremblantes comme les muscles de mes bras durant quelques secondes où mon esprit s’était de nouveau absenté pour partir chasser le lièvre de mes pensées gambadantes. Puis je me rendais lentement et finalement compte que je continuais d’emmerder Kyle avec mes histoires, même silencieuses et tues alors qu’il pouvait sûrement avoir bien mieux à faire désormais.

“Ecoute, Kyle… J’me répète, genre je radote comme une vioque, mais j’m’excuse encore pour tout ça… Surtout que… James… Merde.” Je poussais un bref soupir en me mordant l’intérieur de la jour et les lèvres. “Il faudrait que t’ailles voir James, lui dire que t’y étais pour rien, juste… Non… C’est pas à toi d’le faire en fait... J’irais voir James… Je réglerai ça. Je réparerai tout ce merdier…” Je ne pus retenir un léger sourire en coin empli d’une amère ironie. “Après tout… Si y’a bien une chose que je sais faire, c’est réparer…”

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Mer 16 Nov - 16:16
Ses mains diffusaient une chaleur certaine sur ma peau, atténuée par ma toison faciale qui commençait à être de plus en plus inconfortable, ce qui me gênait particulièrement, moi qui avait l’habitude de contrôler la pilosité de mon corps de manière intensive voir presque maladive, ce qui me rappelait à quel point il me devenait de plus en plus indispensable de mettre la main sur quelques rasoirs et crème d’usage en plus du reste de l’essentiel à notre survie.

Je sentais ses doigts tressauter dans le mouvement, me ramenant à l’historique de mon passé où j’avais en mémoire les femmes qui avaient pu me toucher de la sorte. Rien n’était loin du contexte actuel pour l’avoir fréquenté à de très nombreuses reprises, mais cette proximité qu’on s’était mutuellement imposée et qu’elle n’avait à aucun moment repoussé n’était à mon avis en rien innocent. Pour calmer le trouble qu’elle pouvait ressentir face à cette conversation des plus dérangeante non pas en terme de familiarité, mais en terme de décision grave et lourde de conséquence, je m’étais scotché sur son regard, peut-être un poil humide, et m’y bloquais dans un immobilisme et un mutisme réel. Je la laissais donc active de ce contact qu’elle souhaitait, ne ratant rien ni de ses mots ni de ses gestes, écoutant sa réponse, mes yeux finissant par dériver sur ses lèvres, légèrement pulpeuses, légèrement élimées, mais terriblement attractives.

En réponse, je ne trouvais toujours rien à dire et un silence à la fois lourd et tranquille s’installa dans cette vaste pièce qui avait failli voir bien plus d’animosité que ce retournement de situation provoquée sans doute en grande partie par l’irruption du chef, de ses mots, et de ses allusions. Je restais ainsi donc, à contempler son visage, jeune et fragile, usé par la fatigue et les tourments palpables qu’elle ressentait. Je me souviens alors, cette nuit-là où nous avions failli perdre la vie, que j’avais marqué ce visage dans mes souvenirs avec la volonté indéfectible de le protéger, de tout et de quiconque. Une volonté que j’avais mis en relief par ces promesses formulées, mais qui allait bien au-delà de ce baratin bien trop détaché en rapport à ce que j’avais effleuré en pensé.
Il y avait une boule qui se formait au creux de mon ventre, et qui grossissait à mesure que mon regard caressait avec une insistance non dissimulée, descendant même volontiers sur cette poitrine qui s’était peu avant pressé généreusement contre moi, l’ensemble de son être.  

Hors de contrôle, je sentais que mes pensées dérivaient de plus en plus loin dans le schéma de mes envies qui grondaient. Ce regard, ces lèvres, ce corps, ces mains, qui semblaient quémander davantage que ce qu’ils osaient prélever, tournait en brouhaha silencieux dans mon esprit avec force et fracas. Sitôt détaché, sitôt retrouvé, ses mains trituraient maintenant le vêtement léger sans doute encore imprégné de sueur après les quelques efforts fournis sur la poire de boxe plusieurs dizaines de minutes auparavant. Je le savais pertinemment, car ce n’était certainement pas la première fois que je faiblissais à cette approche, que plus une femme me paraissait fragile, plus elle m’attirait.
Dans tout ce tumulte, je ne pouvais m’empêcher de penser à Higgins, à ce que nous avions commencé à nouer, à mon affection qui avait peu à peu grandit pour elle jusqu’à la désillusion de ma condition. Une condition dont je pouvais en revanche m’affranchir à l’instant même, par vengeance de la cruelle réalité ou simplement par envie. Et plus je pensais à elle, à ce qui avait été et à ce qui aurait dû être, et plus je sentais ce sentiment de frustration intense, cette faim dévorante qui me poussait à penser avec déraison.

Et surtout, il y avait la chaleur de son corps, qui en dépit du détachement de son buste, continuait d’exercer sur moi une attraction certaine surtout dans la région médiane que la position adoptée nous imposait. Mon imagination me forçait à entrevoir quelques scènes d’un érotisme surabondant, me distinguant l’allonger là, sur la table de réunion, de défaire ses vêtements avec empressement fort quitte à mettre les coutures à l’épreuve, et de la posséder, purement et simplement dans un premier temps, de la conquérir vaillamment et bravement dans un second temps. Cette envie fiévreuse n’aidait pas ma raison qui jusqu’ici avait freiné le geste, rendant ma respiration plus distincte.

Je ne fus que partiellement interrompus dans ma méditation par sa voix qui se faisait à nouveau entendre, plus tremblante que jamais, plus désirable encore. Si je suivais ce que le diable susurrait de façon extrêmement tentante à mon oreille, je ne trahirais pas vraiment les promesses faites à Higgins. Et si elle venait à l’apprendre, cela ne pourrait que renforcer son ressentiment à mon égard. Un ressentiment que j’avais voulu et provoqué intentionnellement, pour la protéger d’une plus grande déception face à la nouvelle de ma condition et de ce que cela suggérait, pour son avenir, pour l’avenir de sa fille et pour ses espoirs.

D’un geste sûr, je levais ma main droite vers son visage pour lui rendre l’attention qu’elle m’avait prêté peu de temps avant, le pouce effleurant légèrement ses lèvres pour interrompre le flux de ses mots qui ralentissait le choix que je venais de faire.

« James peut attendre. Tu as une garde à finir ici. »

Je profitais de cette caresse pour me pencher vers elle, l’attirant également pour forcer son corps à se rapprocher de moi à nouveau tel qu’elle le désirait, refusant de la laisser s’échapper pour ce que je m’apprêtais à faire. Mon pouce aurait dérivé à la commissure de ses lèvres, et qu’importait si une quelconque protestation avait été émise, j’aurais happé sa bouche subitement, mon autre main venant se poser au bas de sa hanche plus l’attirer plus amplement à moi. Je voulais la faire mienne, la garder captive de mes bras, respectant ainsi ma promesse : personne ne la toucherait, personne sauf moi.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 16 Nov - 20:17
Je fronçais légèrement les sourcils en sentant la pulpe du pouce de Kyle courir contre l’homologue de mes lèvres, avec une lenteur particulièrement attendrissante, mais aussi dérangeante. J’avais senti mon corps, et plus encore mes mains se crisper contre le tissu de son débardeur chaud et moite de sueur, mes doigts pressant avec un peu plus d’insistance contre le torse de l’homme. J’acquiesçais par ailleurs à ses quelques mots d’un unique et lent hochement de la tête, James et l’idée que j’avais d’aller à sa rencontre se retrouvant soudainement occultés par le geste de Kyle que je sentais venir, sans réellement croire à sa réalité. C’était comme si je me retrouvais suspendue entre un rêve et la réalité, comme si je venais de me réveiller, la tête dans le cul, pressée par une urgence que mon esprit ne pouvait encore parvenir à assimiler pleinement.

C’est pourquoi je ne fus qu’à moitié surprise de voir, sentir, le visage de Kyle fondre sur le mien, sceller ses lèvres contre les miennes. J’arquai les sourcils et écarquillai les yeux, restant figée et stoïque, une simple inspiration des narines venant gonfler ma poitrine. Mon premier réflexe fut de porter ma main gauche sur son avant-bras, celui dont la main retenait ma joue de sa caresse ; mon autre main pressant plus fortement contre le torse de Kyle. Je crispais les muscles de mes jambes alors que je me sentais attirée vers lui de sa main plaquée sur ma hanche. L’espace de quelques secondes, mon esprit et mon corps avaient tenté de protester contre ce baiser volé, cette approche d’une brutale tendresse.

Une tentative de répulsion qui ne dura guère en réalité, alors que je me sentais vaciller, la surprise se muant presque aussitôt en colère, puis cette dernière, instantanément, en un sentiment hargneux et plus revanchard encore. Si mes mains avaient d’abord essayé de repousser Kyle et la prétention d’emprise qu’il voulait avoir sur moi, le militaire aura pu sentir le revirement de mes intentions au travers de mes gestes. Les doigts de ma main gauche se décrispèrent de son avant-bras, devenant une caresse qui courut jusqu’à son poignet alors que je pressais ma joue plus fortement au creux de sa paume. Dans le même temps, ma main droite s’était serrée en un poing qui détenait en son cœur le tissu de son haut, mon bras se repliant pour attirer, inviter, l’homme à poursuivre son étreinte et son baiser.

Et à mesure que ce dernier se prolongeait, je sentais mon corps et mon visage se détendre, s’ouvrir à sa chaleur, son odeur, son désir et sa présence toute entière. Je l’embrassais à mon tour, laissant ma méfiance et ma retenue se déliter totalement. Je ne pouvais cacher que je ressentais là une profonde satisfaction de me trouver entre ses bras, être la proie de son désir, sans même me soucier de savoir si cela mènerait à une relation plus durable, un semblant de sérieux ou d’affection. Non. Tout ce qui comptait à l’instant, c’était l’euphorie grandissante de prendre ma revanche sur la trahison de Samuel. Je me moquais bien de savoir si ce qui se produisait en cet instant était raisonnable ou non ; tout ce qui importait, c’était de me venger de cet enculé de Canadien, des souffrances qu’il avait causées, de ses mensonges et du profit qu’il avait tiré de mes sentiments, ce jeu infâme d’amour et de trahison que je comptais bien lui faire payer malgré son absence. Je souhaitais ardemment qu’il puisse ressentir - peu importe où il se trouvait ; je m’en contrefoutais de toute manière - la même tristesse, le même sentiment de trahison, la même nausée au bord des lèvres et colère au fond des tripes.

Plus que le désir, une quelconque passion ou même un début de sentiment à l’égard de Kyle, je me satisfaisais d’une vengeance mesquine et maladroite, mais ô combien appréciable. C’est pourquoi je me laissais basculer en arrière, dos contre la table, ma main gauche allant étreindre la nuque de Kyle et la droite passant dans son dos, pour garder son visage à proximité du mien, pour enjoindre l’homme à poursuivre sur sa lancée. Je m’offrais à lui, intensément comme pouvaient le traduire les battements de mon coeur et ma respiration qui s’emballaient dans la même harmonie. C’en était presque paradoxal, mais j’agissais là avec un égoïsme débridé ne m’interrogeant guère sur les motivations de Kyle quant à ses agissements. Était-ce le fruit d’un désir longtemps nourri et retenu à mon égard ou une simple pulsion, une pure frustration physique, qui saurait se contenter de n’importe qui ? Je l’ignorais et ne cherchais même pas à le découvrir, car il n’y avait rien de tendre, de romantique ni même de constructif à ce qui se déroulait à présent. Je pouvais le ressentir, intimement et instinctivement. Ma raison s’en était d’ailleurs tue, écrasée et recasée bien loin par mon esprit qui n’appelait qu’à satisfaire et être satisfait d’une envie purement physique et élémentaire.

Un désir que j’exprimais sans mot, un sentiment dont je n’avais pas à m’excuser, encore moins à me justifier. Cela se produisait car c’était simplement possible, qu’aucune limite ne se dressait, ni aucune responsabilité qui aurait pu polluer l’instant. Aucune appréhension d’être infectieuse ou infectée, aucune crainte de se retrouver enceinte ; je n’étais même pas inquiète de la probabilité, plutôt grande pourtant, d’être prise sur le fait. Il n’y avait aucun mal à cela, ni aucun bien d’ailleurs, aucune société moralisatrice pour nous juger, car il n’y avait rien à juger de cette perdition dans laquelle nous nous trouvions et retrouvions. Simplement l’abandon.

Exception confirmant la règle, j’adorais en l’instant cet abandon. Je m’appropriais toute l’intensité de cette fuite insaisissable, qui me glissait entre les doigts à mesure que je laissais mon corps glisser entre les mains de Kyle. Son toucher, son odeur avaient quelque chose d'enivrant, qui ne rendait cette légèreté que plus palpable encore, comme l’étaient ses lèvres parfaitement au goût des miennes qui se voulaient plus avides et gourmandes ; comme l’était son emprise au regard de mon abdication à ses avances. Je lui laissais la main, et le reste.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Jeu 17 Nov - 12:28
Dès que je perçu la pseudo-résistance de la femme que j’embrassais céder à mes pulsions et finalement aux siennes, je ressentis une certaine satisfaction grandissante qui me poussait à devenir plus impétueux dans mes gestes, car j’avais fait le choix de ne pas écouter ses protestations physiques qui, dans un premier temps, avaient essayé de me repousser. Je savais qu’après avoir combattu sa raison, elle finirait par s’abandonner à moi, le dominateur, décidant de prendre les devants de cette étreinte pour que chacun des échanges que l’on s’accorderait ne seraient que le fruit et l’extension de ma propre décision. Je capturais ses lèvres, sa langue indocile, puis me dérobait de sa bouche pour marquer la peau laiteuse de son cou, sa gorge, et les lobes de ses oreilles de mon empreinte tandis que mes doigts crochetaient sa cuisse.

Même lorsqu’elle décida de s’allonger sur la table, avant même que je ne l’eu décidé, j’imposais de reprendre l’initiative du geste en la brusquant un peu plus, quittant le sol à mon tour pour profiter du vaste plan de travail sur lequel j’allais opérer. Puisque le feu vert avait été donné, je décidais de n’avoir plus aucune limite dans mes gestes. Elle était et serait ma propriété et il ne pouvait plus en être autrement. Allongée sur cette table, j’avais alourdi mon bassin pour le presser contre le sien, profitant de la précédente position pour me nicher directement au creux de l’arceau de ses jambes, appuyant mon désir qui ne pouvait ni ne souhaitait se cacher. Je me fichais pas mal des circonstances, des lieux, ni même des manières. Je ne pensais plus à rien, à rien d’autre que les actes en eux-mêmes. A la chaleur, la moiteur, les souffles, les battements de nos cœurs respectifs, les caresses, les regards. Tout ce que je voulais, en plus de combler mon plaisir trop longtemps bridé, mis à l’épreuve, c’était de l’entendre se languir en écho de mes gestes, voir même de me supplier si je parvenais à mes fins.

Ma main précédemment ancré sur sa joue avait rapidement trouvé plus de confort et de chaleur sous l’étoffe de son chemisier, agrippant dans un premier temps sa hanche légèrement osseuse pour remonter jusqu’à plus intime région, écartant les obstacle qui aurait gêné ma progression avec un assurance digne d’un conquérant partant à l’exploration d’une terre inconnue. Il n’y aurait aucune partie de son corps que je laisserais sans y avoir déposé ma marque, mon étendard, chaque parcelle de sa peau devait m’appartenir, et même son âme si je pouvais. Je lâchais finalement sa jambe pour trouver un appuis convenable sur cette malheureuse table qui allait être le témoin de notre sauvage étreinte, continuant à jouer de l’autre sur son buste jusqu’à l’entendre lourdement frémir, car dès que ce serait le cas, je couperais court à ce soupir pour la harponner entre mes lèvres à nouveau en un baiser sauvage et fougueux, friand de capturer ce souffle si brûlant, comme une offrande faite de sa dévotion à mon règne.

Elle n’avait plus qu’à s’abandonner à tout ce que je lui réservais, étape par étape. J’étais bien conscient que l’empressement qui avait motivé mon emportement et les semaines passés dans l’abstinence ne jouaient largement pas en ma faveur pour arriver à lui montrer le meilleur de mes performances. C’était la raison principale pour laquelle j’avais choisis de temporiser, lui accordant plus de faveur qu’aucun homme ne lui avait sans doute accordé, mettant sur un piédestal sa propre extase avant de penser à satisfaire la mienne. Ca me nouait l’estomac. Si je m’étais écouté, j’aurais déjà arraché tout ce qui servait de rempart à l’assouvissement de nos inclinations, mais il y avait un enjeu plus important que mes bas instincts : mon égo à abondamment flatter par son plaisir. Sans équivoque, la marque que je laisserais en elle, ne serait tant pas physique que psychologique, pour la rendre dépendante de son extase, complètement.

Je n’aurais rien dit, rien suggéré, rien demandé. J’aurais seulement pris tout ce que je pouvais prendre, de son visage, de sa gorge, de sa poitrine, de mes doigts ou de mes lèvres, jusqu’à ce que je perçoive dans son regard, le guettant avec une infime précaution, la supplique muette que j’espérais, celle de la conquérir intégralement.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 18 Nov - 0:09
Je pouvais sentir mes doigts raffermir leur emprise sur la peau de Kyle à mesure que ses caresses se voulaient plus pressantes, plus gourmandes. Je tournais légèrement la tête sur le côté, offrant aux lèvres de l’homme plus de peau à découvrir, couvrir et dévorer. Je sentais me corps se tendre, se cambrer plus sensuellement à mesure qu’il embrassait mon cou et s’appropriait ma chair. Je faisais remonter ma main de sa nuque vers l’arrière de son crâne, désireuse de le guider et de le maintenir sans pour autant le forcer, l’invitant à satisfaire son appétit comme mes envies. Je laissais courir mon autre main le long de son dos, jusqu’à se glisser sous le tissu de son débardeur, à hauteur de ses reins et écraser la pulpe de mes doigts sur sa peau, découvrant les courbes de ses muscles, la chaleur moite de sa peau de mes propres caresses tandis que je me sentais frémir du parcours plus aventureux de sa main depuis mes hanches le long de mon abdomen.

Je sentais ma gorge se nouer de la même manière que mon bas-ventre, une chaleur à la fois douce et étouffante se diffusant peu-à-peu sous mon épiderme en réponse à ses effleurements qui se voulaient de plus en plus prononcés, appuyés à l’image de son bassin venant occuper sa juste place. Je laissais Kyle exprimer la manifestation de son désir, multipliant instinctivement les avances propre à sceller la communion de nos corps, allant même jusqu’à apprécier sa douce violence qui s’imposait à moi, la brutalité possessive d’un homme cédant à ses envies. Un désir qui n’en finissait pas de me flatter, me faisant oublier les doutes et les incertitudes à propos de ma propre séduction, sans pour autant que je n’en vienne à me demander si j’avais mérité son attention et ses égards. J’en doutais. Je ne voyais que l’expression paradoxale d’un égoïsme partagé, où chacun tirait bénéfice du plaisir, de l’affection et de la tendresse de l’autre.

Je tremblais légèrement sous ses doigts à mesure que se dressait la chair de poule, gagnée par l’antagonisme de l’appréhension de son emprise plus forte encore, l’expression de son désir et sa passion qui se voudraient de moins en moins bridés, et l’impatience de me sentir sienne, pleinement désirable et désirée. Je sentais ma poitrine se gonfler et se tendre tant sous ses doigts que sous ma respiration alanguie. De quelques battements des pieds assez maladroits, je finissais par me défaire de mes godasses, les laissant négligemment tomber au sol sans y prêter la moindre attention. C’était là le premier acte du témoignage de ma capitulation totale à venir, tant physique que psychologique, alors que je laissais s’échapper quelques gémissements de plaisir et de volupté, du fond de ma gorge vers mes lèvres entrouvertes et soupirantes.

Lesquelles se virent assaillies par celles de mon amant, sensiblement ragaillardi dans une étreinte fougueuse et passionnée, que je venais gratifier d’une caresse de ma main contre sa joue hirsute, cherchant à retenir cette brûlure grisante, à laquelle je répondais d’un baiser plus vorace encore que je voulais sentir s’éterniser. Ce fut dans ce même appétit de chair que je laissais glisser mes mains jusqu’à sa taille, désireuse de le débarrasser de son débardeur, avide de lire sur sa peau la tension de ses muscles, sentir sous mes doigts la sueur fiévreuse qui finirait par l’auréoler ; et je comptais bien sur son aide pour parvenir à nous défaire de ces entraves de tissus qui paraissaient m’étouffer, mon chemisier et mon propre débardeur collant à mon dos. Je détachais ma bouche de la sienne, me mordant la lèvre inférieure tout en noyant mes noisettes dilatées de désir dans l’étendue captivante de ses prunelles orageuses.

Le message s’y trouvait à la fois limpide et contradictoire, envieux et malicieux, désireux de le sentir me posséder tout en le défiant de le faire. Pour autant, je savais que ce n’était là qu’une bien vaine tentative, un jeu de séduction auquel je me livrais. J’étais bien consciente que c’était là le seul luxe qui me restait, la seule liberté dont je pouvais encore jouir à cet instant quand bien même je n’étais pas dupe. Il me dominait, il me possédait pleinement et m’avait déjà conquise. J’étais certaine qu’il le savait, et le nouveau baiser langoureux que je lui offrais n’y changerait rien. Je ne menais pas le jeu, je m’en exaltais simplement.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Ven 18 Nov - 16:03
Je la sentais, toute fébrile sous mes doigts, toute tremblante sous mes lèvres, chacun de mes gestes lui arrachant, de gré ou de force, une réaction des plus plaisantes, renforçant mon assurance pourtant déjà acquise, me poussant à aller toujours plus loin pour connaitre l’ensemble des accords qui s’échappaient de sa bouche jusqu’à en créer une symphonie enivrante dont je serais le brillantissime chef d’orchestre.

Je lui accordais quelques loisirs sur mon torse, finissant par échapper même à son emprise, espérant ainsi attiser une vive frustration de sa part du manque brusque de notre contact pour me redresser et ôter le tissu gris posé sur mes épaules tel qu’elle l’avait laissé entendre. J’avais toute confiance en l’image de ma carrure que je renvoyais, car si mes prouesses physiques s’étaient envolées depuis mon réveil, peinant à les retrouver et si les rudes épreuves de ma récente privation ainsi que ma convalescence dernière m'avait marqué, j’avais conservé une grande part du relief de ma stature. Je la laissais donc contempler ou toucher ce qu’elle désirerait, le regard complètement rivé dans ses yeux, toute l’assurance dans les miens dévoilés, puis se languir d’impatience. J’aurais fait durer cette séparation au moins le temps de lui rendre la pareil, voire davantage. Sa chemise déboutonnée, son débardeur remonté, j’avais même redressé ses jambes l’une à côté de l’autre pour les défaire de leur prison de denim, jetant le jean comme un vulgaire chiffon digne de désintérêt sur le côté, avant de reprendre la place qui m’étais dû. J’aurais volontairement laissé le dernier étoffe de coton cercler ses hanches et n’aurais cherché à retirer rien d’autre, préférant savourer l’effet impromptu qu’inspirait ces quelques vêtements laissés encore sur son corps en ne ratant rien pour autant des quelques promesses que je lui avais sous-entendu.

Je retrouvais donc le confort et la chaleur brûlante de sa peau qui s’était sans doute aucun, ennuyé de ma présence, mes mains jouant à nouveau leur rôle de chirurgien, avec une précision médicale, sur les zones que j’avais commencé à localiser comme sensible tout comme ceux qui apparaissait à tout homme d’une évidence certaine. Je l’aurais observé se tordre de plaisir quand j’aurais fini par atteindre des doigts ce lieu qui aurait jusqu'au bout conservé tout son mystère et qui était le symbole même de tout son être.
Je puisais dans tout ce qui me restait de volonté pour ne pas craquer trop rapidement et céder à mes pulsions, mais il fallait croire que ma volonté avait été bien trop lourdement amochée ces derniers jours pour me laisser suivre parfaitement le plan de ma conquête. Au diable les plans, au diable les intentions, au diable les morts, au diable Soulstrange. J’envoyais même au diable Higgins et James. J’accuserais les regrets plus tard s’il devait y en avoir. Dans un regain d’empressement, j’aurais finis par me débarrasser du reste des derniers remparts qui m’aurait empêché d’atteindre cet objectif mis entre parenthèse durant de longues, bien trop longues minutes. Retrouvant le contact de la terre ferme d'aplomb sur mes pieds, je l’aurais faite glisser pour la ramener jusque moi au bord de la table, sacrifiant cette tendre intimité qui avait jusque lors flatté nos peaux, pour le confort d’une position tant pour elle que pour moi, et si elle venait à protester ce choix, je l’aurais simplement aidé à se redresser suffisamment pour satisfaire les deux parties.

Les yeux clos, je l’aurais alors acquise, assez brusquement d’un premier geste rustre, je devais bien le confesser, les mains fixées à ses hanches, la laissant libre de ses lèvres pour exprimer elle aussi tout ce que cette union pouvait lui inspirer. Je ne l’aurais pas quitté un seul instant du regard, tant dans ce premier élan que dans les suivants. Il n’y avait plus vraiment de place pour la réflexion, profitant, purement et simplement, de ce moment que j’espérais des plus intense. Je doutais pouvoir tenir longtemps ainsi et je ne souhaitais tout simplement pas faire le décompte des minutes que s’écouleraient. Maintenant que nous étions lancé, entré dans le vif du sujet, ma conclusion m’importait autant que cette touche finale que j’espérais voir venir avant la mienne : sa conclusion à elle.
C’était bête à penser, mais je prenais réellement goût à ses gestes, qui n’avait l’air de rien ainsi cité, mais qui m’attendrissait plus que de raison. Cette manie qu’elle venait de prendre à poser sa main sur ma joue avec une tendresse désinvolte, me conduisit à une affection tangible que je lui accordais, embrassant la paume de sa main en réponse si elle venait à le reproduire à nouveau.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Sam 19 Nov - 1:23
Je ne retombais pas de haut, loin s’en fallait. Juste de quelques centimètres, l’arrière de mon crâne retrouvant le bois de la table. Une brutalité parfaitement modérée, qui se trouvait dénaturée tout en conservant son sens, et que je ne pouvais qu’apprécier dans le contexte où elle s’exprimait. Je ne pouvais détourner m on regard envieux de l’homme qui s’arrachait à moi, mes mains et mes sens pour mieux affirmer le rôle que je ne comptais pas lui disputer. Je dévorais sa stature du regard, me délectant de sa silhouette et la puissance qui s’en dégageait à cet instant. Une contemplation éphémère, augurant une suite que j’appelais silencieusement par ma seule posture lascive. Je cambrais un peu plus mon dos lorsqu’il commença à me délivrer de mes entraves de tissus, me redressant l’espace de quelques instants, suffisants pour me dévêtir de mes hauts avant de revenir à ma position initiale alors que Kyle me délestait de mon jean.

Je soupirais, plus fortement, tant de langueur que de frustration à le savoir se tenir si distant de moi, et je ne pouvais que d’autant plus apprécier de retrouver le contact de sa peau contre la mienne, cette chaleur que nous partagions, diffusions, qui couvait d eplus en plus ardemment au sein de mon bas-ventre. Je pouvais sentir mon estomac se nouer, montant crescendo sous les accords de ses doigts et de ses caresses qui venaient rythmer mes plaisirs et désirs sur la partition presque virginale de ma peau frémissante. Je me sentais comme vibrer sous la volupté de l’un de ses accords majeurs, quand d’un doigté gourmand il maîtrisait le tempo de mon désir d’un effleurement juste.

Je me tendais plus encore, déliant mes bras au-dessus de ma tête, retenant un gémissement plus appuyé derrière mes lèvres que je ne pouvais m’empêcher de mordre. Un simple cri, léger et étouffé, qui n’était pas vain, je le savais. C’était là un véritable message empli de dualité que j’adressais à mon amant, le fruit de son labeur comme l’invitation à aller plus loin, lui donner satisfaction pour qu’il m’en rende plus encore. Un échange qui se passait de mots, qui pourrait même se passer de regards alors que je fermais mes paupières pour savourer plus pleinement encore sa présence, son toucher qui se voulait plus aventureux à mesure que mon corps répondait à ses caresses d’une tension de plus en plus palpable, se courbait de gestes à mesure que mon esprit relâchait son emprise face à cette tactile alchimie.

Je sentais ma raison, de plus en plus éteinte se tenir là, en équilibre précaire sur le bord d’un abysse d’abandon, n’attendant qu’une simple poussée pour y plonger et risquer de s’y noyer. Une simple pression, douce mais possessive, qui survint à l’instant même où Kyle franchit le dernier rempart qui nous séparait encore de nos retrouvailles pleines et entières. Je me crispais plus que jamais, l’appelant et m’offrant à lui en un gémissement empreint d’érotisme, marqueur de mon emballement, voire déclencheur du sien. Je n’en savais rien et je m’en moquais éperdument. Seul un mince sourire satisfait s’afficha alors que je le sentais s’emporter, s’éprenant de moi avec convoitise. Une convoitise qui me comblait de satisfaction, flattant mon ego comme mon plaisir de me sentir ainsi désirée.

A cet instant, je ne ressentais ni gêne, ni honte, ni même aigreur de me sentir ainsi soumise et impuissante face à son désir. Et je l’accueillais avec allégresse, malgré sa rudesse, malgré son impatience au moins aussi insatiable que la mienne, dans un gémissement plus intense encore, tranché d’un “putain” voluptueux et susurré. Une simple injure, apparemment si ancrée en moi qu’elle parvenait même à resurgir dans les instants les plus débridés et bestiaux de mon existence - que l’on pouvaient compter sur les doigts d’une main. Main que par ailleurs je finissais par lancer à la conquête de la nuque de Kyle, m’accrochant à celle-ci comme j’élançais légèrement mon bassin en rythme à ses élans, pour l’embrasser passionnément, sans plus aucune retenue. Je dévorais ses lèvres, son souffle, son odeur, passant mon autre main dans son dos pour mieux m’approprier sa chaleur, la douceur de sa peau moite, y planter légèrement mes ongles et affirmer mon emprise.

De la pulpe de mon pouce, je caressais l’arrière de son crâne, ses cheveux courts et drus, de mes lèvres, je répondais à chacun de ses assauts d’un nouveau baiser, je pinçais sa peau entre mes dents, la pulpe de ses lèvres, le creux de son cou jusqu’à la naissance de son thorax. Je goûtais à sa saveur, du bout de ma langue, entre souffles et gémissements éraillés de quelques tons plus aigus que le timbre naturel de ma voix. Et plus il me faisait sienne, plus je cherchais à m’approprier son être, désirait le contact de sa peau brûlante ; réfléchissant à cet instant à ne vouloir rien d’autre que lui offrir et recevoir tout ce qu’il nous était permis de prendre. Je voulais le sentir en moi plus ardemment, accepter tout de ce qui faisait de lui un homme, de ce qui faisait notre différence et complémentarité primordiale dans cette union charnelle. Le sentir, bouillant, conquérant, lui offrir l’extase, lire la possession dans son regard orageux, le voir savourer la liberté naissant des entraves de nos corps mêlés, et l’accueillir dans mes bras lorsqu’il s’effondrerait à bout de souffle.

L’embrasser pleinement, les yeux clos, et savourer ma revanche.
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