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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Une silhouette dans la nuit - 07/04/35
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James F. Everett

Anonymous
Invité
Dim 9 Oct - 16:02
Interprété par James Everett et Léonard Butler.


La nuit à proximité du Perchoir était plutôt calme, il n'y avait en fait pas âme qui vive. Bien heureux qu'ils étaient, ils n'avaient pas encore eu la visite d'aucun rôdeur par ici, à tel point que l'on se demanderait presque si il ne s'agissait pas d'un lieu idéal : aux frontières de la pleine ville tout en étant suffisamment isolé, ce qui était évidemment faux mais rêver était un droit.

Pour Léonard, il s'agissait de s'approcher de l'imposante structure qui composait l'ancienne caserne de pompiers de la ville, ce que l'on pouvait reconnaître si on connaissait un peu ce genre de lieu de par le vaste bâtiment central à même le sol : un atelier-garage qui avait servi à héberger et entretenir les camions et autres véhicules des combattants du feu, bien qu'il n'y avait plus ni camion, ni combattant aujourd'hui. Le reste était impressionnant : adjacent, une tour servant d'immense pied tenait un autre bâtiment surélevé bien au-dessus du sol et longeant en parallèle le bâtiment central jusqu'au bout où là, une passerelle très solide amenait à un dernier bâtiment de l'autre coté de l'entrepôt, à l'arrière, celui-ci ayant davantage l'apparence d'un immeuble qui s’élevait sur de nombreux étages.

On avait mis de gros moyens dans une ville comme Snyder pour une telle possesion, ce à quoi l'ère moderne avait joué, quoi qu'il en soit, il ne pouvait pas louper un tel groupe de bâtiments formant une structure originale qui contrastait avec tout autre dans la ville, plus encore car c'était l'unique signe de civilisation au milieu de cette immense plaine qui englobait tout le quartier.

Ce que ne voyait pas Léonard en revanche, c'était le guetteur, Jena - une femme en l'occurrence, qui lui était invisible perchée sur son toit. A contrario et en dépit de la nuit, l'usage de ses jumelles ne lui avait donné aucun mal pour voir venir l'homme à pied et solitaire, alertant le campement de cette étrange approche à travers le poste-radio mais aussi les talkies-walkies qui pouvaient être allumés, soit dans l'absolu, au moins Ivy et James furent immédiatement informés. C'est tout naturellement que le chef de camp, sortant du lit pour tout dire, demanda à tous ceux qui s'y était intéressé, de même qu'à Jena par talkie, de rester à leurs occupations après qu'il se soit armé de son Desert eagle et de ses vêtements manquants - essentiels bien entendu.

Il enfila rapidement ses chaussures, le talkie-walkie calé à la ceinture et rassuré de savoir que l'ex-fille de sénateur veillait au grain de sa position dominante, le temps qu'il arrive. Quelques courtes minutes après, le voilà qui terminait de dévaler l'escalier de la tour et sortait ses clés de sa poche pour ouvrir la porte d'entrée ouvrant sur les abords des bâtiments. Un coup d'oeil à l'extérieur plus tard, s'interrogeant car ce serait un mensonge et un état de fait stupide qu'il ne soit pas craintif de ce qui pouvait les visiter à un tel moment, il rangea les clés et se dévoilait au-dehors, affirmant à la hâte son emprise sur la crosse de son revolver qu'il chargeait avant de retirer sa sécurité.

Il fit plusieurs pas vers le sud et la plaine d'où venait la silhouette qu'il finit par apercevoir, sans pouvoir encore le décrire, puis se posta une jambe devant, une derrière pour assurer son appui, dressant l'arme devant lui des deux mains, l'oeil dans l'axe, prêt à accueillir de façon prudente et sans prendre l'initiative de la parole, cet inconnu qui dans l'absolu, était un danger en mesure de n'importe quoi et pour n'importe quelle raison. Pour autant, il était hors de question qu'il le canarde gratuitement, il avait encore des valeurs qu'il escomptait prouver et éprouver pour tous les membres du camp. Les choses avaient changé, dans tous les sens imaginables, c'était le moment d'en faire une pleine réalité.

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Dim 9 Oct - 18:50
C'est dans la confusion, l'obscurité et les herbes hautes que Léonard avançait d'un pas rapide. Il avait cessé de jeter des regards derrière lui pour se concentrer sur la structure qui se détachait de la pénombre et vers laquelle il filait droit. Et car le bâtiment se situait dans l'axe de la lune, et car il était le seul de cette envergure dans les alentours, Léonard avait pu le remarquer de loin. On ne lui avait donc pas menti. Ou du moins pas entièrement.

En s'approchant, Léonard avait ralenti l'allure et s'était mis à se déplacer en restant légèrement courbé. Il s'était même immobilisé pendant un instant pour observer le lieu et tâcher d'en comprendre la nature. Il y avait vraisemblablement plusieurs étages mais difficile de justifier la présence d'un immeuble d'habitation au milieu de la campagne. À moins qu'il ne s'agisse d'un chantier. Ou peut-être s'agissait-il d'une simple entreprise ou d'une usine implantée en dehors de la ville. Peut-être même était-ce une prison, ce qui pourrait expliquer la tour de guet qu'il croyait distinguer. Ses hypothèses traversèrent l'esprit de l'égaré mais il était surtout rassuré devant la perspective de ne pas continuer à passer la nuit dehors.

Léonard reprit sa progression d'un pas prudent. Soudain, il aperçut distinctement du mouvement en face de lui. Une silhouette sembla émerger du bâtiment, s'avancer dans sa direction, pour finalement s'immobiliser face à lui. Léonard se figea un instant et sentit son cœur s'emballer, avant de se calmer aussi vite en réalisant qu'il ne pouvait pas s'agir d'un mort-vivant. À cette distance relativement rapprochée et avec le manque de couverture, il était difficile pour Léonard de penser que la personne qui se tenait face à lui ne l'avait pas vu ou qu'elle s'était immobilisée face à lui par coïncidence. L'égaré se redressa lentement. Maintenant, et même dans l'obscurité, il était difficile de le louper.

Ses vêtements larges ne pouvaient qu'exagérer sa stature d'un mètre quatre-ving-huit pour un peu moins de cent kilos. Et sous cette ample veste imperméable kaki et pantalon de travail beige sombre : difficile de juger si les vêtements couvraient une masse de muscle ou de graisse. Si la luminosité permettait de le voir, Léonard avait un air fatigué marqué par des petits yeux éprouvés et une bouche entrouverte. Lentement, et s'il n'était pas stoppé dans son mouvement, il fit quelque pas en avant en direction de la silhouette qui lui faisait face. L'égaré attendit un mot de la part de qui se tenait face à lui en l'observant un peu mieux. Du moins jusqu'à remarquer qu'il avait une arme pointée vers lui, et contre laquelle scintillait des reflets de lune. Une brise fraîche parcourut la plaine en même temps qu'un frisson la nuque de Léonard. Lentement, il porta ses mains au niveau de son torse, paumes ouvertes face à l'inconnu.

“ J'ai besoin d'aide, lâcha t-il finalement d'une voix épaisse à travers laquelle les efforts pour articuler étaient distinguables. Je viens juste de me réveiller dans la forêt. Je ne sais pas où je suis. Léonard marqua une pause pour réfléchir à comment traduire intelligiblement la confusion dans laquelle il était. Il y a un homme dans la forêt, reprit-il, il m'a dit de venir ici. ”

Léonard marqua une nouvelle pause pour observer comme il le pouvait la réaction de qui se tenait en face de lui. Il jeta un bref regard aux alentours avant de répéter :

“ J'ai vraiment besoin d'aide. ”

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 11 Oct - 14:45
James n'avait pas bougé, ne s'étirant que les doigts et légèrement les épaules pour ne pas s'engourdir afin de rester prêt à agir dans l'urgence, à défaut d'avoir la moindre idée de ce à quoi il avait affaire, il comptait bien maîtriser au mieux la situation et éviter que ça ne dégénère. Pour le groupe, mais aussi pour son propre bien : mourir abattu par un cinglé devant cette caserne serait une mort misérable et il n'aspirait pas à mourir de cette façon, à vrai dire, il n'aspirait pas à mourir tout court.

En s'approchant, Léonard aura pu découvrir celui qui lui faisait face : haut d'un mètre quatre vingt six pour environ quatre vingt kilos, puisqu'il en avait perdu quelques-uns en chemin faute de bien se nourrir, il avait les yeux bleus, des cheveux châtains lisses, naturellement harmonieux, de même que sa pilosité faciale fournie qu'il ne rasait jamais sauf quelques exceptions, et encore il se contentait de tailler ça pour faire un peu propre, aujourd'hui, il avait retrouvé son épaisse barbe. Il portait ensuite une chemise grise, ouverte sur deux boutons et les manches retroussées aux coudes, un pantalon cargo pourvu d'une boucle d'argent, les deux noirs, autant que les bottes qu'il portait, des rangers somme toute classiques mais qui nécessitaient une certaine habitude pour supporter son cuir rigide et épais.

Quant à son regard, il était plein d'appréhension mais se voulait calme, scrutant avec curiosité celui qui venait à proximité en dressant les mains et à la vue de son physique bien bâti d’afro-américain et son oeil vraisemblablement blessé si ce n'est autre chose, il ne cachait pas une certaine surprise en haussant quelque peu les sourcils. Ce ne fut rien comparé à la stupéfaction qui le frappait en l'entendant parler : il disait s'être réveillé en forêt - ce à quoi, à force, il assimilait très vite à la situation qu'il avait lui-même connu, malgré que cela lui paraisse aussi instinctivement être un potentiel et sournois piège, mais ce qui le dérangeait profondément dans cette histoire, c'est qu'il se soit dirigé droit ici sur les conseils d'un homme.

James entrouvrit les lèvres pour parler et pris de court il ne dit rien dans l'absolu, ses muscles se raidirent et le barbu se mit à jeter de coups d'oeil de-ci, de-là en les accompagnants de son arme, s'attendant à voir débarquer des complices qui en profiteraient pour le prendre à revers. Devant le calme apparent, il revint à l'homme qu'il avait en face et continua à rester silencieux, happé par une fourmillante réflexion qu'il évoquait en se passant la langue sur les lèvres distraitement, ce tout en le fixant à présent droit dans les yeux. C'était une situation très surprenante, clairement, mais ses facultés d'empathie et d'analyse des expressions lui disaient que l'homme était sincère, ce qui l'alertait encore plus. La question qui tournait en boucle dans son esprit :

Qui avait bien pu le diriger vers cette caserne ? Nelson ? Clark ? Le Vagabond ? Soulstrange ? Quelqu'un d'autre ? Et surtout comment se faisait-il que d'autres aient connaissance de cet endroit ? Il avait pourtant veillé à assurer un maximum les arrières du groupe lors du déménagement. Oui, cela faisait plusieurs questions en fait. Il fallu bien attendre deux minutes, qui passèrent sans que la situation ne se débloque et seulement à leur terme, ou à peu près, James consentit à s'approcher de trois prudents pas, diminuant la distance à trois mètres tout au plus pour pleinement le distinguer étant donné qu'il n'avait pas l'assistance d'une lumière quelconque.

C'était prendre un risque quelque part, de s'approcher à ce point, mais s'il y avait quelque chose en quoi il avait confiance, c'était ses capacités à se défendre au contact ou à user de cette arme, peut-être plus à l'heure actuelle que ses talents de médecin et de chirurgien, en fait c'était même une certitude, bien triste constat horriblement logique vu ce qu'il avait vécu ces derniers mois.

« Voilà ce que l'on va faire. » Commençait-il en s'efforçant d'entendre un ton ni hostile ni avenant pour autant, parfaitement neutre donc.

« Vous allez vider vos poches devant moi, vous retourner et passer les mains dans votre dos que je vois si vous ne cachez pas une arme. Si vous en avez une, vous la jeter doucement vers moi. Ensuite, vous m'expliquez qui est cet homme qui vous a indiqué cet endroit et ce que vous faisiez dans cette forêt.

Avant d'envisager de vous aider, je dois tout savoir et être sûr que vous ne représentez pas une menace. Alors n'essayez pas de me mentir, je le verrais. Je ne vous veux pas de mal, mais je n'hésiterais pas à me défendre. »

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Jeu 13 Oct - 1:02
Quand l'homme armé se mit à jeter des regards dans les environs, Léonard ne put s'empêcher de faire de même. Difficile de croire qu'il n'y avait qu'une seule personne pour s'abriter dans un bâtiment si massif et à l'évidence impossible à défendre seul. Plus que certainement, il n'y avait pas qu'une seule arme pointée vers lui en ce moment. Il était cependant toujours difficile pour Léonard de déterminer s'il venait de se jeter dans la gueule du loup ou s'il avait fait le premier pas vers la porte de sortie de son calvaire. Plusieurs minutes passèrent. Interminablement. Léonard demeurait les mains en évidence face à l'homme qui continuait de pointer son arme vers lui. En temps normal Léonard aurait profité de cet instant pour mieux l'observer ainsi que l'endroit, mais la pression à laquelle il était soumis depuis son réveil - il y a probablement quelques heures à peine - commençait à jouer durement sur ses facultés.

Une fatigue qui se traduisait sur son visage dont l'expression n'avait pas changée. Associée à l'abaissement flagrant de sa paupière gauche, Léonard pouvait donner l'impression d'être comme assommé. Une personne non-avertie de sa condition pouvait évidemment penser que cet air assommé et cette paupière abaissée ne pouvait résulter que d'un coup au visage. Mais l'absence d'un quelconque gonflement ou d'une coloration particulière venait contredire cette hypothèse.

Léonard sortie légèrement de sa torpeur quand l'homme armé s'avança vers lui. Son regard s'anima un peu mais ne croisait celui de la personne qui lui faisait face que par à-coups. Léonard ne soutenait pas le regard mais donnait davantage l'impression d'être confus que d'être intimidé. Chez Léonard, ne pas regarder ses interlocuteurs était une mauvaise habitude persistante qui traduisait un certain malaise social mais qui paraissait souvent comme du mépris. Dans l'imaginaire collectif, il était en plus davantage commun d'imaginer l'imposant quarantenaire noir comme hautain que timide. Il fit cependant quelques efforts quand l'homme se décida à prendre la parole sur un ton, et avec des mots, qui le rassurèrent légèrement ; mais principalement parce que Léonard était fatigué au point de se raccrocher à n'importe quelle branche. Rien que le fait que l'homme armé ait dit "ce que l'on va faire" et pas "ce que vous allez faire" avait suffit à le rassurer doucement. Léonard acquiesça avant d'exécuter les indications de l'homme armé.

Doucement, il porta d'abord la main à l'intérieur sa veste imperméable kaki pour en ressortir trois torches éclairantes goupillées qu'il déposa au sol. Léonard fit ensuite glisser sa main jusqu'à une poche de son pantalon de travail beige, recouvert par endroit de traces de poussière blanche. Il en sortit une large pochette noire. Si on l'ouvrait ou si on lui demandait de l'ouvrir,  on pouvait découvrir un kit de crochetage. Pour qui savait en reconnaitre un du moins. Avant de se retourner et s'il n'en était pas empêché, Léonard prit l'initiative de déposer au sol son petit sac-à-dos qui était vide. Il commença à parler, après s'être retourné, toujours avec une certaine lenteur dans sa voix grave.

" L'homme dans la forêt. Je ne le connais pas. Il m'a dit que venir ici c'était mon seul moyen de... survivre à la nuit. Il a parlé de dire... de vous dire... que vous n'étiez pas seul... et a parlé d'un homme qui soigne par le toucher... quelque chose comme ça. " Léonard se gardait cependant de certains détails, notamment de ceux qui lui semblaient les plus surréalistes comme le fait que l'homme l'ait appelé par son prénom.

" Je... je l'ai croisé après m'être réveillé dans la forêt. J'ai entendu des loups... j'ai couru... il m'a dit qu'il m'avait observé... m'a dit de venir ici. Je crois que c'est lui qui m'a donné ce matériel aussi. Je sais que ça sonne... bizarre. Mais c'est vrai. Tout ce que je me souviens avant... c'était être en ville, je crois... puis m'être évanoui. " Dans son récit décousu qui laissait entrevoir quelques difficultés à s'exprimer, Léonard omettait aussi volontairement d'évoquer la morsure qui avait conduit à son évanouissement. Mais il ne s'agissait pas tant de mentir que de ne plus savoir ce qui était réel ou non.
 

James F. Everett

Anonymous
Invité
Dim 16 Oct - 0:44
Cet homme semblait vraiment perdu, vraiment... désorienté et poursuivi par la peur de l'inconnu. Il avait du mal à en douter, car à vrai dire, c'était tellement flagrant qu'il se revoyait lui-même, en ce jour de Décembre à vivre la même chose, sous un récit différent dans la forme, mais si similaire dans le fond. Était-il à ce point bon comédien pour paraître si crédible ? Ou pouvait-il seulement dire la vérité ? James se retrouvait confronté à un choix draconien, car il pourrait avoir de lourdes conséquences s'il se trompait.

Il suivit les gestes de Léonard avec appréhension et une grande attention, qui sait quelle arme il pouvait soudainement sortir pour l'abattre froidement. Objet après objet, il constatait : des torches éclairantes, qu'il ne pouvait pas ne pas reconnaître, un sac à dos et une pochette qui contenait quelque chose, peut-être une arme blanche, des outils ou autre. Cela faisait tout de même trois sortes de possessions, ça correspondait à la méthode. De qui d'ailleurs ? Il n'en savait rien, la mort sûrement, si tant est que cette affirmation ai le moindre sens. Ensuite l'homme se retournait, marquant sa pleine docilité, ou bien il préparait un coup fourré en cherchant à le mettre en confiance.

Pour autant, James s'approcha, ne voulant pas perdre un instant à sécuriser au plus vite la situation, le fait est que la perte du secret du Perchoir s'avérait suffisamment irritant comme cela pour ne pas en rajouter. Il vint jusque dans le dos de Léonard et posa prudemment le canon de son revolver sur son dos, pour qu'il ressente la menace, non moins défensive, de cette arme qui pourrait faire hurler la balle qui le tuerait s'il avait le malheur d'avoir un geste brusque et provocateur. De l'autre main qu'il libérait, à gauche, il vint la passer sur la longue veste de l'homme, commençant une fouille méthodique, bien qu'en surface, de ses poches, puis de sa ceinture, passant la main à certains endroits de son tee-shirt avant de redescendre en s'agenouillant pour tâter son pantalon et ses chevilles.

Il s'efforçait de rester concentré, son arme contrainte d'être retirée de sa pression sur le dos de Léonard pour lui permettre de s'accroupir, il ne ratait néanmoins rien de ce qu'il lui expliquait. Un homme qui lui avait conseillé de venir ici pour survivre ? Qui avait évoqué quelqu'un capable de soigner par le toucher... c'était lui bien sûr. Ça ne pouvait être que James, il était le seul à avoir cette aptitude clamée à demi-mot. Plus ça avançait, plus il était dans le flou. Le chirurgien acheva son inspection en tâtant la veste de Léonard au niveau des poches et du buste, puis en reculant d'un pas pour vérifier le contenu de la sacoche noire et y découvrir les outils, obtenant par la même la preuve qu'il ne cachait pas d'arme. Maintenant rassuré, il recula de trois modestes pas, puis lui donna une dernière instruction.

« Ça ira, retournez-vous. »

De son coté, il se permit de réenclencher la sécurité de son Desert eagle et le rangea dans son dos, le fourrant entre son pantalon et son caleçon en réinstallant la chemise qui dépassait assez pour le cacher en bonne partie. Son regard, marquant sa perplexité persistante de son léger froncement de sourcils et de ses yeux à peine plissés, il pressait la chair de ses lèvres entre ses dents, marquant une réflexion qui ne lui permettait pas de pousser ses conclusions très loin. James décida de ce fait de chercher à en savoir plus.

« Vous allez devoir m'en dire plus, tout ce que vous savez si vous espérez avoir notre aide. A quoi ressemblait cet homme ? Pourquoi vous a t-il conseillé de venir ici ? Est-ce qu'il vous a dit comment il connait cette caserne ? Est-ce qu'il a parlé de quelqu'un d'autre, ou a donné plus de détails sur cette personne qui soigne par le toucher ? Et vous, où et comment vous êtes vous réveillé ? Je dois absolument tout savoir. »

Il ne cherchait pas à lui mettre la pression dans le ton de sa voix, qui se faisait posée et calme, mais il n'était pas idiot pour autant car ses élucubrations étaient parfaitement fantaisistes quand on y faisait un peu attention. Pourtant, la fantasy ne s'était-elle pas déjà immiscée dans leur quotidien depuis leur retour à la vie ? Tous ces mystères qui se cumulaient, il devait éclaircir un maximum de choses, ça devenait vital.

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Mer 19 Oct - 17:56
Quand l'extrémité du canon se posa contre son dos, Léonard ne put s'empêcher de marquer une courte pause dans son récit. Il reprit rapidement pendant que l'homme armé procédait à sa fouille. Celle-ci, et par la manière très rigoureuse avec laquelle elle était menée, ne pouvait témoigner que d'une véritable expérience dans ce genre de démarche. Mais difficile de savoir si cette pratique datait du pré- ou du post-apocalyptique. Et difficile de savoir laquelle de ses possibilités était la plus rassurante. S'agissait-il d'un ancien membre des forces de l'ordre ou assimilé, d'un criminel, ou d'un actuel bandit ? Pour Léonard - qui avait grandit dans une certaine pauvreté, en tant qu'homme noir, et le tout en plein Texas - il n'y en avait pas un meilleur que l'autre entre le policier et le voleur. Tout ce que savait Léonard pour l'instant, c'était que le canon de l'arme était encore froid et que lui était encore chaud.

« Ça ira, retournez-vous. »

Léonard s'exécuta avec les mains toujours levées à mi-hauteur. Une expression d'accablement toujours écrasée contre son visage, l'égaré observa l'homme rangé son arme. Cela ne se voyait pas nécessairement mais Léonard était soulagé. Un soulagement tout relatif avec au fond de son esprit l'idée que ce n'était peut-être qu'un court répit. Quand son interlocuteur reprit la parole, Léonard resta les mains ouvertes face à lui avant de commencer à abaisser doucement ses bras quand il eut à reprendre ses explications.

" J'en sais pas vraiment plus. Vraiment. Je... Je me suis juste réveillé dans la forêt, il y a peut-être une heure ou plus, avec ces objets à côté de moi. Je me suis enfui des loups. Puis j'ai vu l'homme. En fait, je ne l'ai pas vraiment vu. Il était à plusieurs mètres de moi. Il faisait sombre dans le forêt. Je... J'ai essayé de lui parler plus. Il m'a juste dit de partir. De venir ici si je voulais vivre. "

Léonard parlait toujours avec des phrases hésitantes et courtes. Mais comprenant bien que ce qu'il disait n'apportait pas grand chose et que le manque d'information ne pouvait lui être qu'un désavantage, Léonard se décida à lui donner le fond de sa pensée.

" Écoutez. Je comprend que... ça n'a pas beaucoup de sens. Si je m'écoutais, je ne me croirais pas moi même. Mais c'est tout vrai. Le gars dans la forêt, il parlait comme un fou. Il parlait de l'homme qui soigne par le toucher, que j'avais une nouvelle chance, qu'il ne pouvait pas me montrer son visage. On aurait dit... un sociopathe. Comme s'il se prenait pour un prophète. Donc, j'ai juste fait ce qu'il m'a dit. Parce que... Il n'avait pas vraiment l'air de me donner un choix. "

Maintenant qu'une arme n'était plus pointée sur lui, Léonard se sentait un peu plus libre de parler. Un instant plus tôt, il avait l'impression que le moindre mauvais mot lui aurait coûté de finir percé d'une balle. C'est finalement en voyant l'homme se mordiller la lèvre que Léonard se mit à penser réellement qu'il n'était peut-être pas tombé dans un piège. Ce petit signe traduisait bien une certaine préoccupation et Léonard espérait qu'elle indiquait que l'individu était dans une situation qui lui était inhabituelle. Comme s'il ne savait pas vraiment quoi faire de Léonard. Pour autant, cela ne voulait pas dire que l'homme ne pouvait pas décider de finalement l'abattre froidement. Plutôt que de rester passif dans l'attente d'une décision, Léonard se risqua à faire une demande en espérant que la docilité dont il venait de faire preuve irait dans son sens.

" Écoutez, si je passe la nuit dehors, je ne suis vraiment pas sûr d'être en vie au matin. Laissez-moi rester ici jusqu'au jour. Et je partirais. Je ne vous poserais pas de problème. "

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 25 Oct - 0:29
James faisait face à cet étranger qui était venu à eux par la grâce d'un inconnu, donnant un coté vicieux, dérangeant, autant que mystérieux à cette soudaineté. La nuit n'aidant pas et puisqu'il s'était éloigné un peu de l'homme, au moins à distance de sécurité en cas de comportement agressif, il dut plisser les yeux pour correctement distinguer son visage, ou plutôt pour distinguer la grande partie des détails de son visage, de ses expressions, de ses gestes en même temps qu'il se montrait très attentif au ton et aux vibrations de sa voix.

Non qu'il cherche à se prendre pour un profiler, mais ses quelques connaissances en psychologie et en analyse comportementale étaient pour autant pertinentes, ce qui en soi n'avait pas autant de sens que cela pouvait paraître car à la vérité ses instincts primaient clairement sur une véritable science. Il s'était rendu compte, plus vite qu'il ne l'avait fait de son pouvoir surnaturel, qu'il était capable s'il se concentrait suffisamment de déceler les failles d'un discours ou d'une attitude, pouvoir à priori, du moins il n'avait pas encore eu de revers de cette faculté jusqu'ici, parvenir à déterminer grossièrement la sincérité de son interlocuteur.

Le discours de cet homme était décousu, bourré d'incertitudes et d'hésitation, il s'en rendait bien compte, Léonard lui-même - dont il ne connaissait pas encore le nom - n'était guère certain de ce qu'il racontait, il paraissait vraiment perturbé et perdu. A son explication et surtout ses descriptions basées sur ses propres impressions - en même temps sur quoi d'autre aurait-il pu se baser à l'entendre ? - il eut comme réponse silencieuse de penser au Vagabond. A la manière de décrire son coté sociopathe, cette façon de se prendre pour un prophète au savoir immense que l'on ne pouvait pas remettre en question, c'était bien son genre et ça le dérangea d'autant plus que si c'était bien lui, le fait qu'il connaisse l'emplacement du Perchoir était aussi inexplicable que dangereux.

Mais James ne devait pas aller vers des conclusions trop rapides, il avait une nette, un peu trop nette même, impression que cet homme disait la vérité, car au-delà de ses propos, c'était son mode de pensée qui le frappa : il demandait l'asile, sur les conseils d'un inconnu qui n'avait même pas voulu montrer son visage et sans s'inquiéter d'être tombé sur des bandits qui n'auraient pas hésité à le dépouiller et à l'égorger - une réflexion qui encouragea le sentiment d'avoir reculé d'un millénaire d'évolution. L'homme semblait ne pas avoir pleinement conscience de l'environnement dans lequel il était jeté, de ce nouveau monde, des dangers innombrables et inépuisables qui planaient en permanence au-dessus d'eux.

Il semblait juste... humain, un type normal et paumé qui cherchait à se protéger d'une nuit difficile, froide et risquée au clair de lune. Tout cela, bien loin d'être condescendant, lui rappelait sa propre façon d'être quand il s'était réveillé sur cette air d'autoroute et sa manière de vouloir relativiser, sympathiser avec les personnes qu'il avait rencontré ce jour-là. A repenser à ce qui avait l'air si loin maintenant, il eut un pincement au coeur : ils étaient revenus à la vie à quatre et sur ces quatre personnes, il ne restait que lui et Elizabeth, cette même fille qui l'avait pointé de son arme en guise de première accroche et avec qui il partageait son lit et ses secrets aujourd'hui. La vie, particulièrement en temps d'apocalypse, était tellement compliquée et à la fois tellement surprenante, elle n'en demeurait pas moins fragile plus que jamais.

James ne pu s'empêcher de soupirer, il se rendait également compte qu'il était resté absent sans répondre une bonne douzaine de secondes, ce qui devait avoir l'air d'une éternité pour ce pauvre type et ce fameux soupire, il le souffla longuement, péniblement et intelligiblement. Un instant de plus à marquer d'un frottement de ses dents et il finit par acquiescer, autant pour Léonard que pour lui-même, lui faisant entendre d'un ton beaucoup plus posé et non moins calme.

« Je ne suis pas encore certain que vous dites la vérité, mais j'en ai l'impression. Je sais ce que vous ressentez et franchement, si je vous laissais dehors là, maintenant, ce serait contre tout ce en quoi je crois. En plus de cela, vous ne pouvez pas juste partir, si il vous est arrivé ce qui vous est arrivé, ça veut dire que nous avons des choses en commun et que vous êtes en danger, en très grand danger, tout comme nous.

Ajoutez à cela que vous connaissez l'emplacement de notre campement et j'ai toutes les raisons dans l'immédiat de préférer que vous restiez sur place, une nuit et plus si affinité, le temps de décortiquer tout ça et vous permettre de vous retrouver, d'éclaircir cette situation et d'aviser de qui vous êtes, ce dont vous êtes capable et ce que vous voulez vraiment faire. Cependant et j'insiste là-dessus, je ne peux pas prendre le risque de vous laisser dormir dans les dortoirs avec les membres de mon groupe, comme ça, un homme sorti de nulle part en pleine nuit et envoyé par on ne sait qui sur des recommandations, pardon de le dire, franchement flippantes.

Je vous propose un compromis : nous avons des tentes, vous allez entrer avec moi, on va grimper à l'étage, récupérer une de ces tentes et la monter sur le toit. Je vous donne un sac de couchage, des draps, des couvertures et de quoi manger et boire - vous devez en avoir très envie. De cette façon, vous serez en sécurité, mon groupe également et sur ce même toit se trouve une sentinelle en permanence pour surveiller les environs, elle vous surveillera en même temps et si vous avez des demandes, des besoins, quoi que ce soit, vous pourrez vous adresser à cette personne. »


Il jaugea du regard Léonard, observant sa réaction physique à ce qu'il lui proposait là, imaginant bien comme c'était délicat à entendre mais en même temps, il n'en doutait pas, fort généreux par les temps qui courent :

« Avant que vous n'acceptiez, ou non, une chose encore. Nous sommes dans la nuit du samedi au dimanche, le six et sept Avril si je ne dis pas de bêtise, je ne regarde pas beaucoup de calendrier et si je m'efforce de tenir les comptes, je peux me tromper. Je vais être contraint de vous garder sur le toit durant la journée de demain, je ne voudrais pas que mes camarades soient effrayés de voir un inconnu dans le camp, ils pourraient mal réagir sous la surprise. Honnêtement, c'est plus pour votre sécurité que la leur.  

Je les informerais de la situation et ensuite, on pourra voir ensemble comment procéder, si vous êtes correct, je vous conseillerais de rester. Si vous préférez partir, ou si vous n'êtes... pas correct, eh bien nous nous adapterons. Deal ? »

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Dim 30 Oct - 17:01
À l'interminable silence succéda l'interminable description des termes du contrat. Léonard ne put qu'écouter attentivement. À mesure que son interlocuteur lui expliquait le programme, l'égaré s'autorisa à baisser lentement ses mains - s'il n'en était pas dissuadé. La personne lui inspirait effectivement une certaine confiance. Cela en toute mesure gardée, puisque relativiser ce genre d'impression constituait l'une des bases nécessaire à la survie face à un autre être vivant. D'autant plus que Léonard ne put s'empêcher de retrouver une certaine similarité entre les propos de l'homme qu'il avait en face de lui et celui rencontré dans la forêt. Plus particulièrement lorsque fut évoqué un "très grand danger" décrit comme pesant sur tout le monde. Et, un peu comme la silhouette de la forêt, la notion de "danger" semblait tournée d'une manière quelque peu mystérieuse. Comme si ses deux rencontres de la soirée trouvaient un malin plaisir à mystifier davantage le principe de "mort-vivant" et de "bandit". Ou comme s'il y avait un tierce danger, autre que la faim, la soif, le froid ou encore la maladie et qu'on pourrait rassembler dans la catégorie "survie". En somme, ses interlocuteurs semblaient parler d'un quatrième cavalier.

Pour qui s'amusait à analyser le physique de Léonard, voici ce qu'on pouvait tirer de lui. Il avait les mains à moité fermées au niveau du haut de ses cuisses, les bras légèrement pliés et la tête comme subtilement rentrée dans ses épaules. Une posture qui pouvait donner l'impression que Léonard était mal à l'aise, ou crispé, mais qui était naturelle chez lui. Une posture qui contrastait particulièrement avec son gabarit d'armoire normande. Son air abasourdi semblait s'être amoindri, mais la fatigue était toujours visible dans ses traits. Ou était-ce simplement dû à l'affaissement de sa paupière ? Ce simple détail de son visage, ces quelques millimètres d'œil en moins, semblait prendre le pas sur le reste des traits de son visage. L'asymétrie flagrante de son faciès ne jouait pas en la faveur de la lecture des micro-expressions.

D'autant plus que Léonard n'en avait pas vraiment. Il ne se mordillait pas les lèvres, ne serrait pas les dents, plissait rarement les sourcils. Quand ses sentiments apparaissaient, et qu'il ne le veuille au non, c'était au grand jour. Sa bouche révélait un dentier large quand il riait. Un long trait parcourait son visage et de multiples plissures apparaissaient au moindre de ses sourires. Ses joues naturellement tombantes et sa lèvre supérieure bien arquée ne pouvaient qu'amplifier le moindre signe de mécontentement. La forme de ses lèvres et de ses joues auraient pu lui donner un faciès d'éternel colérique. Mais couplé à ses petits yeux, il semblait en permanence emprunt d'une profonde tristesse. Durant son échange avec l'homme armée, Léonard s'était surtout démarqué par sa bouche en permanence entrouverte par la fatigue et la confusion. Celle-ci s'était finalement refermée avec les explications de son interlocuteur.

« Deal ? »

Léonard rouvrit la bouche comme s'il allait s'exprimer, mais il se contenta d'acquiescer. Après avoir suivi les indications menaçantes d'un fou au milieu de la forêt : accepter les conditions d'un homme à priori sain d'esprit et qui acceptait de le loger semblait la seule chose à faire. La possibilité qu'il s'agisse d'un piège ? Léonard tâchait de ne pas y penser. Ses derniers souvenirs avant son réveil lui indiquait qu'il devait être mort et il se sentait toujours un peu dans cet état. Il était dans la confusion depuis son réveil et n'avait eu à aucun moment un instant pour reprendre ses esprits. De quoi expliquer en parti des choix et un comportement quelque peu inconsidérés. Dans un éclair de rationalité, Léonard désigna ses objets restés au sol. Non sans un certain effort qui se traduit pas une certaine hésitation dans le ton, il se força à traduire son geste par l'oral :

" Je peux ? "

Léonard souhaitait récupérer ses objets. Ce n'était pas des armes mais il y avait de quoi faire mille et une choses avec ces quelques possessions. D'autant plus que son interlocuteur lui avait bien dit : il connaissait leur base et pour cette raison - au moins - il ne pouvait juste repartir. De quoi inviter à la prudence même pour le plus passif des hommes, et à ce moment là Léonard était probablement l'un d'entre eux. Les torches éclairantes permettraient, à l'évidence, d'éclairer. Mais pas que. Les flammes pouvaient facilement permettre de déclencher un incendie ou de blesser quelqu'un. De plus, son interlocuteur lui avait parlé d'une sentinelle. Celle-ci disposait probablement d'un dispositif de vision nocturne et une torche éclairante devrait probablement générer assez de lumière pour éblouir ce genre de système. Quant au kit de crochetage, Léonard ne revenait toujours pas de ce don qui semblait relever du miracle tant il lui correspondait.

Si l'homme armé était d'accord pour qu'il récupère ses objets, Léonard s'empresserait de reglisser ces quelques possessions dans ses poches. Si non, et bien il ferait bien ce qu'on lui demande. La passivité de Léonard était d'abord dû à son état de confusion et de fatigue. Mais cette docilité pouvait aussi jouer en sa faveur, en comptant sur un éventuel assouplissement de quiconque il avait en face de lui. Léonard était bien conscient de l'air benêt qu'il pouvait parfois donner avec son regard assommé et sa bouche souvent entrouverte. Il s'agissait bien là de son expression naturelle, mais il n'hésitait pas à en profiter au besoin.

Prêt à suivre son interlocuteur, Léonard se força à faire un geste social. Même s'il était malhabile, c'était là aussi un moyen de paraître le plus amical possible.

" - Je m'appelle Léonard. "

James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 4 Nov - 15:45
James observa faire cet homme qui ne lui inspirait que modérément confiance, car il y avait quelque chose d'étrange chez lui sur quoi il ne parvenait pas encore à mettre de terme, pour autant, il acquiesça à sa demande et d'un signe de tête, lui répondit :

« Vous pouvez, mais pas de geste brusque. Je ne veux pas vous menacer, mais vous vous doutez qu'en tant qu'inconnu, un geste peut être mal interprété. Je m'appelle James, c'est moi qui dirige ce petit groupe, suivez-moi. »

Il avait choisi de faire dans la simplicité et tout en regardant l'homme ramasser ses affaires, il porta instinctivement la main dans son dos où se trouvait son arme, puis en constatant qu'il rangeait tout cela dans ses poches, relâcha la pression et se décida à reculer de deux pas en lui faisant signe d'approcher, avant de tourner les talons pour revenir vers la porte de la tour à la base de leur bâtiment perché.

« Il est tard, certains dorment déjà et du bruit risquerait de les alerter. Aujourd'hui, le moindre bruit peut annoncer un danger et on peut facilement stresser, je vous demanderais d'éviter de faire du barouf en montant les marches et de chuchoter pour me parler, merci d'avance. »

Il n'y avait eu aucun ton particulier, il lui avait fait ses demandes, voilà tout et tout en jetant un coup d'oeil sur le coté, montrant bien qu'il n'était pas tout à fait à l'aise à l'idée de lui tourner le dos, il rejoignit l'entrée faite d'une porte, cette même tour qui se trouvait à coté du Rez-de-Chaussée de la Caserne, qui implique une très vaste structure d'accueil ayant autrefois servie à stocker et entretenir les véhicules des pompiers. On y trouve de chaque coté de la longueur de ce bâtiment un total de huit Sas, soit une succession de portes en verre donnant sur l'extérieur, des séparations en verre entre les Sas qui se terminent à l'intérieur par des portes en verre également, permettant d'avoir une large vue.

Les quatre angles du bâtiments sont en dur et fermés, tandis qu'à proximité des escaliers qui mènent au Lieu de Vie, le bâtiment est fermé par trois autres Sas au centre avec portes grillagées servant d'entrée, de quoi accueillir en tout 19 véhicules. Le couloir central de ce bâtiment, entouré des Sas, est destiné à un îlot central de maintenance, une sorte de grand établi construit sur mesure pour permettre l'entretien et la réparation des véhicules, bien que tout son matériel ai disparu. Devant les premiers Sas dans le couloir, a été installée une cuve très odorante qui servait à stocker l'essence, cela dit Léonard ne pouvait pas voir grand chose dans la nuit, si ce n'est la forme de cette cuve et les abords de l'entrée dont il s'approchait, mais c'était prometteur pour un ancien mécano.

Devant le chirurgien barbu, la porte d'entrée vitrée très solide donne accès aux escaliers à partir de l'entrée du bas et donc de l'extérieur de la caserne, celle-ci anciennement commandée par un système de sécurité à code, elle est désormais facile à ouvrir d'une simple poignée de main, ce qui nécessite une attention pleine et entière aux éventuelles visites surprises. James ouvrit donc cette porte en grand et invita Léonard à entrer le premier d'un signe de main, vraisemblablement, il préférait ne pas lui donner plus longtemps de dos. A l'intérieur, tout de suite en face les escaliers, des marches blanches en carrelage et jointures noires donnent vers l'étage, à droite des escaliers l'ascenseur condamné.

Pour accéder à l'étage, il faut grimper six paliers qui se croisent et le dernier donne sur le Hall d'entrée. Les murs ont été peints en marron terne. Aucune décoration perceptible, mais on remarque aisément qu'il reste sur les rambardes en fer, les marches blanches et les murs des traces disparates de sang dues à d'anciens affrontements. Là encore la visibilité était très moindre pour Léonard, mais il pouvait, en s'approchant, se faire une idée plus précise de ce décor quasiment sobre si on oubliait les traces de combat. Puisque Léonard était là, James choisit de le mettre un peu plus à l'aise, le temps de savoir à qui il avait affaire, parlant donc à voix basse en faisant en sorte d'articuler un maximum pour qu'il entende et surtout comprenne ce qu'il lui expliquait, de la même façon et à vrai dire avec quasiment les mêmes mots que lors de l'arrivée du groupe en début de semaine. Ça encore, Léonard ne s'en doutait pas le moins du monde.

« Cette tour est reliée au bâtiment perché, elle contient des escaliers et un ascenseur, qui ne fonctionne plus. Le bâtiment servait de lieu de vie aux pompiers, nous nous en servons et surveillons les environs grâce à son haut toit. Le rez-de-chaussée sert pour l'instant de hangar à voitures, il y a un troisième bâtiment par lequel on accède à ce bâtiment-ci grâce à une passerelle, mais tout ça est condamné et sous surveillance, pour éviter les petits malins qui voudraient nous prendre à revers. » Bien sûr, il mentait en disant que c'était surveillé, même en affirmant que c'était condamné car au-delà du fait que les portes soient verrouillées, il n'en était rien, mais ce qui importait était que Léonard y croit.

« Il n'y a que deux accès au bâtiment perché, le bâtiment technique fermé et ces escaliers, la porte devra toujours restée fermée. Ça donne sur un hall, qui est en très mauvais état, je vous préviens il va falloir retenir son estomac car c'est moche à voir. Le reste du bâtiment en revanche a été très bien conservé, il n'y a pas une trace de combat ou de ravage et nous en prenons soin pour honorer cette chance. »

En arrivant à l'étage, Léonard découvrirait ce fameux hall dont James avait parlé : déprimant et terne au possible. Ses murs peints en marron terne et son faux parquet clair sont les seules décorations d'origine, mais l'on distingue très vite le carnage maintenant passé : les murs sont marqués d'importantes quantités de sang et de matières organiques séchées, de même que le sol et les portes. Il y a en tout quatre portes, toutes blanches à poignée de fer, qui donnent sur le Local Technique, la Zone Technique, le Poste de Sécurité et le Couloir intérieur.

Pour finir, une grande fenêtre plus haute et large que n'importe quelle porte donne pleine vue sur le Sud et la forêt au loin ; elle est verrouillée par un système anti-suicide qui nécessite une clé. On peut clairement distinguer près de la porte du Poste de Sécurité, les traces d'un corps avachi ayant partiellement pourri contre, assez pour laisser des traces incrustées et impossibles à nettoyer, comme tout le reste de la boucherie qui a dû avoir lieu ici. C'est face à ce décor, qui d'après le chef de camp était isolé à cette seule partie du bâtiment, que Léonard découvrait le Perchoir.

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Dim 6 Nov - 1:57
Léonard enfouit ses quelques possessions au fond de ses poches et tâcha de ne pas réagir quand James porta la main à son arme. Un moyen là encore de se montrer le plus inoffensif possible. Mais, étrangement, le réflexe de l'homme armé participa à détendre Léonard. Il n'avait toujours pas la certitude de ne pas avoir mis les pieds dans un piège tendu par l'homme de la forêt, qui serait complice de son interlocuteur. Alors à chaque fois que l'homme armé montrait un signe de prudence, ou même d'incertitude, l'égaré se sentait viscéralement rassuré. Léonard y voyait le signe d'une situation qui était inhabituelle ou imprévue à celui qui s'était présenté comme chef de groupe. Mais cela pouvait aussi bien traduire l'envie de ne laisser aucune chance à Léonard. Il n'y avait pas vraiment de moyen de savoir s'il avait en face de lui un ennemi ou un potentiel allié, comme James l'avait laissé entendre en évoquant un danger planant sur tous. Léonard prit une grande inspiration pour chasser ce débat intérieur que le rongeait, avant de suivre l'homme armé dans l'enceinte du bâtiment.

Sous la fatigue et le stress, Léonard se serait volontiers laissé guider jusqu'à son lieu de repos. Mais la prudence - et l'appréhension que ce soit un lieu de repos éternel - prirent le pas sur son état. Il se força à observer au mieux l'endroit et ce malgré la luminosité réduite. Il écouta attentivement les explications de James en tâchant de visualiser la topographie de ce lieu. Léonard ne put s'empêcher de se le représenter comme vaste et avec de nombreux accès. Des points d'entrées ou de circulations que James avait décrit comme verrouillés. Léonard ne put s'empêcher de prendre cette remarque comme une mise en garde contre s'il tâchait de filer. Quoiqu'il en soit, tant qu'il avait son kit de crochetage, les verrous ne représentaient pas grand chose pour lui. En revanche si les accès étaient condamnés par barricades, ce serait probablement une autre paire de manches.

Il fallait sûrement beaucoup d'organisation pour tenir et défendre un tel endroit. Et sans doute un nombre correct de survivants. Combien étaient-ils ici ? Leur chef avait décrit un "petit groupe". Ils avaient peut-être besoin d'aide, et cela pourrait se révéler être un chance pour Léonard. Car jusqu'ici, il avait probablement brillé pour se montrer inoffensif et docile. Mais il risquait bientôt de devoir faire preuve de fiabilité s'il voulait repartir. Et d'utilité s'il voulait rester. Il n'avait d'ailleurs pas encore fait de choix, et ne se sentait pas en état de choisir quoique ce soit. Surtout que la nuit pouvait encore réserver des surprises, à défaut de porter des conseils.

Ils arrivèrent finalement dans le hall d'entrée. À travers une fenêtre, les rayons de lune éclairaient pâlement les murs souillés. Léonard, qui était passé en tête sur signe de son guide, fit un pas dans le hall. Il observa un peu l'endroit mais ne pût qu'être focalisé sur les restes organiques qui s'agrippaient aux murs. Même s'il s'agissait apparemment d'un endroit isolé et non d'un lieu de vie, personne ne devait vraiment apprécier de telles traces. Léonard pensa d'abord qu'il était surprenant que les survivants n'aient pas nettoyé, avant de remarquer les traces plus importantes près de l'une des portes. À ce stade, repeindre était la seule option. Ou faire un trou dans le mur.

Léonard réalisa que James attendait peut-être un mot de sa part. Et car discuter n'était clairement pas dans sa nature, même quand sa vie pouvait en dépendre, Léonard dû se concentrer pour trouver quelque chose, le tout en fixant l'importante marque sanglante près du poste de sécurité. Il lui aurait bien demandé combien ils étaient ici, mais Léonard préférait éviter de demander ce genre d'information qui pouvait être relative à la sécurité. Au bout d'un instant, Léonard se décida à prendre la parole en chuchotant presque. Il se mit à parler mais continuait de fixer la tâche, ou plutôt le vide entre lui et la tâche.

" Merci. Merci de m'héberger. Je ne pense pas que j'aurais tenu dehors. Je suis plus habitué à être en ville... et à savoir où je suis. "


Bien sûr il ne savait pas si les remerciements étaient vraiment de mise. Peut-être que l'homme armé attendait encore avant de l'assassiner froidement. Mais cela lui importait peu. Léonard marqua un léger silence qui traduisait bien la confusion dans laquelle il était toujours. Il sortit son regard du vide pour le poser sur James.

" C'est un bon endroit. Grand. Ouvert. Sûr. Vous êtes ici depuis longtemps ? Vous aviez l'air de... de vous inquiéter que quelqu'un ait pu connaitre cet endroit. "

Et car il fallait bien poser certaines questions pour qu'il réussisse à fermer un œil de la nuit, Léonard reprit.

" L'homme dans la forêt. Vous... vous ne le connaissez vraiment pas ? "


Fin du Jeu.
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