Haut de page
Bas de page



 

[Spécial - ???] Prise au dépourvu - 07/04/35
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Excursions

Aller à la page : 1, 2  Suivant

Evènements

Anonymous
Invité
Jeu 13 Oct - 14:47







Prise au dépourvu
Interprété par Danaé Valentine.

Evènements

Anonymous
Invité
Jeu 13 Oct - 14:48
Plongée au plus profond des limbes nébuleuses de ton inconscience, agressée par ces rêves disparates et brutaux, emplis de sens comme de non-sens, voilà ton esprit ballotté au gré de l’humeur capricieuse de la Mort. Drôle de tableau qui t’était livré et dépeint. Drôle de toile de l’Au-Delà tissée de visions macabres aux sonorités prophétiques, ou d’élucubrations. Difficile alors de t’assurer de la tangibilité de tout ceci. Mais après tout, le concept de la Mort avait-il quelque chose de tangible une fois sa frontière franchie ?

Une question que tu aurais pu espérer creuser, ou non, tandis que ton esprit vivait très certainement les heures les plus incompréhensibles de son existence, si la notion de temps valait encore quelque chose. Mais ce n’était pas réponse que tu pus découvrir, ni de repos à ressentir. Car le froid sembla te saisir, mordant et pénétrant chaque once de ton corps comme de ton esprit. Puis vinrent les brûlures, qui en accentuaient le malaise plutôt que d’y compenser. Chaque muscle, chaque os de ta personne se voulait épris de cette suffocante douleur, tambourinée au rythme de vagues migraineuses qui assaillaient ton crâne et semblaient le comprimer. Ton esprit ressentait ton corps à nouveau, peut-être bien trop pleinement à ton goût.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufiée par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Tu auras pu ressentir ta poitrine se gonfler sous l’inspiration d’une bouffée d’un air sec, lourd et rance. Un arrière-goût de poussière et de moisissure qui s’emparait de ton palais et ne faisait que rendre la sensation de soif plus insupportable encore. Quand tu retrouveras la vue, tu pourras constater, en regardant autour de toi que tu te trouves allongée sur un canapé en tissu, à l’assise particulièrement moelleuse. Une information que le reste de tes chairs avaient déjà acquises quelques instants auparavant alors que tu reposais encore sur celui-ci, ce sans le savoir consciemment. A peine de quoi atténuer ton calvaire du moment, si seulement tout le décorum qui t’entourait pouvait au moins prendre sens à tes yeux.

Car cette pièce, qui se voulait être le salon d’un petit appartement, n’avait rien de familière. Une place encombrée et visiblement dévastée. De très nombreux bibelots couvrant de nombreuses étagères, pour la plupart renversés, un fauteuil assorti au canapé, à l’assise et au dossier déchirés, tapissé de traces brunâtres et desséchées dont la nature n’avait probablement rien de charmante ni d’engageante. Des nombreux magazines traitant de sujets divers et variés étalés sur le sol, un meuble télé qui supportait encore le poids de son écran apparemment fêlé par un coup violent.

Un tapis microfibre, visiblement gris et souillé des mêmes projections que le fauteuil. Et sur celui-ci, une table basse au plateau de verre transparent, opacifié par une couche de poussière sur laquelle se trouvait pourtant déposé du matériel. Un matériel qui jurait avec le reste. Paraissant neuf car il l’était, et parfaitement aligné non loin de toi, aisément distinguable dans ce salon baigné de lumière extérieure à peine tamisée par des voilages blancs déchirés en de nombreux points.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparues. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement déposé à coté de toi, aligné et nettoyé. Tu ne reconnais pas cet équipement étrangement flambant neuf. Ainsi te voilà vivante, ta peau propre, comme neuve, alors que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante.

Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opérés en toi.


Éléments scénaristiques:
 

Danaé Valentine

Anonymous
Invité
Jeu 13 Oct - 17:50
La fin. Le début. Le haut, le bas. C'était quelque chose, et rien à la fois. Ses lèvres se seraient bien ouvertes sur un cri, cependant elles n'avaient aucune présence, aucune réalité. Pas plus que le reste de son corps. Mais avait-elle seulement eu un corps un jour ? Peut-être n'était-ce là qu'une illusion de plus, un concept évasif aussi éloigné de la réalité que l'était la conscience de son être. Danaé existait. Elle savait qu'elle existait, mais quelque chose... Ne collait pas à cette affirmation. Il faisait trop noir pour en être sûre. Ou trop clair. Difficile à dire. L'absence de couleur pouvait-elle être déterminée par un mot évoquant coloration et lumière ? ... Elle chutait, inexorablement, dans un abîme qui semblait tout à la fois la maintenir dans un état stationnaire proche du vol d'un oiseau. En soi, elle tombait vers le haut et escaladait vers le bas tout à la fois, sans qu'il y eut ici besoin d'un explicatif pour comprendre le sens même de cette sensation. Ça n'importait pas. Ou n'importait plus. C'était, tout simplement.

Pas plus tangibles étaient les mots. Quelles phrases, quelles prononciations ? La simple idée, avant même l'acte, de se concentrer dessus intensifiait sa migraine – comment pouvait-elle avoir mal au crâne sans en posséder un ? La jeune femme voulait tendre une main. Saisir quelque chose. Ou juste appeler. Demander de l'aide, ou encore des réponses. Des gens parlaient. Les ténèbres parlaient. Rien n'avait de sens. Se souviendrait-elle ? Non, bien sûr que non. Tout se finirait et plus personne ne serait là pour en parler. Elle la première. Une impression de frisson secoua ses pores, fit sursauter ses muscles dans un douloureux effort. C'était trop difficile. Elle voulait juste se laisser aller et se reposer quelques minutes sans se sentir attirée par ces paroles sans queue ni tête qui, pourtant, l'attiraient comme un papillon sur la flamme qui le détruira.

Dans un effort incommensurable, sa bouche s'ouvrit pour enfin laisser rentrer l'air dans ses poumons. Odeur de moisissure et de mort. Douleur qui lui fit pousser un gémissement instinctif, aussi guttural que si elle avait été un animal sauvage. Sa cage thoracique se gonfla par à-coup, son corps cherchant à se rappeler comment la vie elle-même fonctionnait. Chaque muscle semblait changé en pierre, chaque os prêt à se briser sous l'afflux d'informations surgissant de son cerveau pour mieux envahir le reste de son anatomie. Le sang pompé par le cœur, l'air englouti par les poumons, la lumière brûlante filtrée par des paupières si lourdes qu'elles n'avaient pas le moindre souvenir de comment se soulever. Tout afflua en l'espace d'une seconde et le résultat ne se fit pas attendre ; roulant d'un côté, instinctivement, Danaé sentit la bile remonter dans son œsophage, redescendre brièvement alors qu'elle tentait de se contenir avant de finalement vomir ses tripes sur le sol. Elle était vivante. Le choc de cette constatation fini par forcer l'ouverture de ses yeux posés sur un tapis qui avait connu des jours meilleurs, déjà bien avant son intervention.

« Où est-ce que... »

Sa voix n'avait eu que le temps de résonner, faible et rocailleuse, avant de se briser sous l'effet d'une nouvelle montée d'acide. Des larmes aux coins des yeux, l'anglaise s'abandonna entièrement à sa honte avant de se reculer à nouveau au fond du canapé. Un canapé ? C'est en remontant un bras sur son front brûlant que la demoiselle se décida à affronter le monde réel, une fois de plus. Perplexe, inquiète. Pas encore à même de prendre la mesure de la situation et encore moins de se décider à prendre la fuite, mais bien assez consciente maintenant de son environnement pour écarquiller les yeux face à la pièce dans laquelle elle jouait la belle au bois dormant. Quelque chose n'allait pas. Mais pas du tout.

« D'accord. Je suis allongée. Vivante. Seule. » Une pause lui servit à froncer les sourcils en se redressant maladroitement, une main lui servant d'appui alors qu'elle scrutait son environnement. « … Probablement seule, en tout cas. » Quelques secondes supplémentaires semblèrent suffisantes pour qu'elle se décide à parler un peu plus fort (quoique pas tant que ça), tentative désespérée de calmer les battements affolés de son cœur. « Et si ce n'est pas le cas, ce serait fort aimable de votre part de me le faire savoir. Que je ne suis pas seule, je veux dire. Mais ne vous sentez pas obligés de répondre surtout... » Ajouta-t-elle dans un marmonnement qui laissait clairement transparaître sa peur encore plus viscérale d'entendre quiconque lui rétorquer dans cette situation.

Ayant prit la décision de se lever, et ce malgré les protestations de son esprit en panique, la jeune femme fit un tour sur elle-même avant d'esquisser une grimace dégoûtée. Le mouvement, fort étonnamment, venait de faire remonter un relent de décomposition. Ses jambes, par ailleurs, rencontraient une résistance qu'elle ne s'expliquait pas entièrement de la part de son jean troué. Baissant la tête vers le reste de sa personne, sa moue devint proprement écœurée tandis qu'un haut-le-cœur menaçait joyeusement de refaire surface.

« Pas si étonnant que ça... »

Un tas d'idées traversèrent sa tête. Tellement, à vrai dire, que celle-ci lui tourna au point de la forcer à prendre appui sur le fauteuil en piètre condition à ses côtés. Compte tenu de la texture – on ne pouvait même plus parler d'état à ce stade – de ses propres vêtements, la tenue des objets du salon était le moindre de ses soucis. Le regard de Danaé s'était pourtant vite arrêté sur un autre détail, la laissant aussi préoccupée qu'incrédule. Du bout des doigts, cette dernière toucha la peau lisse de son ventre laissé à découvert par l'énorme déchirure de son débardeur autrefois blanc (maintenant d'un rouge si sombre et sec qu'il en semblait noir).

« C'est pas possible. »

L'évidence se faisait petit à petit. Bien qu'ayant cru un instant à sa survie, la brune était à présent persuadée de délirer. Comment expliquer autrement l'absence de la blessure qui lui avait coûté la vie ?

« … J'étais morte. Je suis morte. Je suis... »

Non ! Non. Elle ne devait surtout pas penser à ça. Ne pas s'arrêter, ne pas s'en soucier, ne pas... Son esprit se vidant petit à petit, elle laissa retomber ses bras le long de son corps, inertes. Ses yeux parcoururent une fois de plus la pièce, une fois de trop déjà pour elle, alors que toute lumière les désertait. C'est à ce moment qu'elle capta l'éclat d'une lame dans la lumière ambiante beaucoup trop crue. Tout ça était surréaliste. Il ne lui fallut naturellement que quelques pas pour atteindre sa – ses, de fait – trouvailles et poser une main tremblante dessus. Tout était propre. Neuf. D'une façon aussi dérangeante que son épiderme.

« Ne réfléchis pas. Tu feras ça plus tard. »

Si elle retrouvait un jour la capacité à le faire. Rien n'était moins sûr. Sans trop y penser, la danseuse fouina dans la ration de nourriture pour en sortir un bout de quelque chose – franchement, elle se fichait de ce que c'était, là, tout de suite, du moment que ça se grignotait. Quitte à assécher un peu plus sa gorge, il lui fallait cette sensation rassurante de mâcher quelque chose de solide. Une fois fait, elle fourra ce qui restait dans le sac à dos qu'elle accrocha à son bras droit tandis qu'elle s'emparait fiévreusement de la hachette de la gauche.

Enfournant un bout à manger entre ses lèvres, elle se décida enfin à chercher dans la pièce un quelconque indice sur sa situation, en vérifiant notamment les magazines pour y dénicher une date. Après tout, il y avait une chance pour que le monde se soit remit à tourner pendant qu'elle était morte. Évanouie. Dans le coma. À moins qu'elle n'arrive pas à lire le texte, auquel cas pourrait-elle peut-être conclure que tout ça n'était qu'un simple rêve. Si seulement !

Evènements

Anonymous
Invité
Sam 15 Oct - 14:08
Alors que tu te remettais lentement de ton réveil et des nombreuses surprises et constatations qui l’accompagnaient, tu tentais tant bien que mal de reprendre la main sur ton existence. Une existence qui pouvait effectivement te paraître irréelle, emplie de non-sens. Un déphasage particulièrement vertigineux s’il en était de se réveiller ainsi, déchirée par la certitude d’avoir trépassé et le constat d’être bel et bien vivante. Car vivante, tu l’étais, cela ne pouvait faire de doute, et ton corps meurtri par ce miracle, s’il en était un, ne tarda pas à le rappeler à ton esprit.

Ton organisme, bien plus au ralenti que ton esprit bouillonnant de multiples questions et harcelé d’innombrables informations, ne supporta que très difficilement l’emportement soudain dont tu fis preuve dans ta gestuelle et ta recherche d’indice. A peine avais-tu porté à tes lèvres la portion de nourriture que tu pus ressentir les protestations de ton estomac, ce dernier se contractant dans ton abdomen, et une nouvelle remontée de bile menaçant de jaillir à nouveau. Une dissonance particulièrement désagréable de te sentir ainsi tenaillée par la faim et la soif tout en t’apercevant que ton corps ne pouvait, pour l’instant, supporter d’ingurgiter la moindre nourriture que ce soit.

Un éclat de protestation qui ne dura que quelques secondes, avant d’être supplanté par une plus violente poussée de migraine, un éclair qui sembla te transpercer le crâne de part en part et acheva de te mettre à genoux aux côtés de la petite table basse, le nez au-dessus de quelques magazines étalés au sol. Tu pouvais sans en douter ressentir la fébrilité de chacun de tes muscles, tes jambes comme tes bras pris de tremblements et d’engourdissements. Un rappel pour le moins très désagréable d’un organisme qui refusait d’être mis à l’oeuvre si peu de temps après un réveil des plus déroutants.

Par ailleurs, sous la lumière du jour se dessinaient les couvertures des magazines, ou quelques pages ouvertes aléatoirement lors de leurs chutes. Pour la plupart, il ne s’agissait que de tabloïds, emplis d’articles et de photographies de célébrités dont les tenues et l’environnement contrastaient furieusement avec les derniers souvenirs que tu avais pu garder de ce monde en pleine déchéance. De quoi te rappeler, si cela venait à ton esprit meurtri d’incompréhension avec plus ou moins de violence, le fossé qui te séparait désormais de l’insouciance et de la superficialité d’une société aujourd’hui disparue. En étudiant un peu les dates arborées par les couvertures, ou les différentes prises de vue, tu constateras malgré tout qu’aucune d’elle ne semble dépasser le mois d’Avril 2034, la plus récente s’arrêtant au 29 de ce même mois.

Mais tu n’eus guère le loisir de t’attarder plus longuement à l’étude de ces amas de papiers à l’inutilité aujourd’hui acquise qu’un bruit sourd se porta à tes oreilles, quelque part sur ta gauche. Des craquements, lents et lourds, du même plancher de bois que celui sur lequel tu te trouvais à présent. Des craquements animés d’un certain rythme, une régularité qui n’était pas sans rappeler celle de bruits de pas mesurés, à la progression ralentie, peut-être précautionneuse. Si tu avais porté ton regard dans la direction des bruits de pas, s’il s’en agissait, tu découvrirais la présence d’un débouché de couloir, menant peut-être vers l’entrée de ce petit appartement, ou d’autres pièces. Rien de concret ne pouvait pour l’instant te l’indiquer.

Mais ce bruit manifestement oppressant de par sa nature inconnue fut surpassé par un autre, plus aigu, plus violent aussi. Trois coups frappés lourdement contre le mur, qui trembla en résonant, et précédant le son caractéristique du verre qui se brise au sol. Un éclat sonore particulièrement distinct, et sûrement familier, qui n’aurait pour autant pas pu empêcher ton coeur de bondir de plus en plus furieusement contre ta poitrine. Et ce ne fut pourtant que le prémice, car ailleurs, dans l’appartement et provenant plutôt de ta droite, particulièrement étouffé, répondit un grognement guttural. Une certitude pouvait alors te saisir : tu n’étais clairement pas seule ici.

Danaé Valentine

Anonymous
Invité
Sam 15 Oct - 17:14
Secouée par la constatation que son corps avait décidé de n'en faire qu'à sa tête, Danaé resta prostrée à côté de la table, une main reposant sur cette dernière. Sa vue était floue et sa respiration beaucoup trop saccadée pour son propre bien-être. Elle avait peut-être surestimé de ses forces. Non, c'était même une certitude. Sur le sol à ses côtés se trouvait le reste de nourriture qu'elle avait laissé tomber dans sa propre chute, finalement à peine grignotée du bout des lèvres.

« Quel gâchis... » grogna-t-elle avec dépit.

La voix enrouée par le nouvel afflux d'immondices dans sa gorge et les multiples protestations qui la parcouraient des pieds à la tête, la jeune femme fut prise d'une toux pénible à supporter. C'était comme avoir une famille entière de fourmis courant le long de son œsophage. D'ailleurs, pour ce qu'elle en savait, c'était peut-être le cas. Une grimace déforma ses traits alors qu'elle se penchait un peu plus en avant, gardant un appui tellement tremblant sur ses jambes qu'elle soupçonnait d'être sur le point de percuter le tapis à chaque seconde. Ses cils papillonnèrent dans un effort supplémentaire de la protéger de la lumière aveuglante qui parcourait le salon et elle fini par enfin focaliser à peu près sa vue sur les magazines au centre de son attention. Elle fut mortifiée à l'idée que pas un seul des bouquins ne comportait une date plus avancée – est-ce que le monde était toujours bloqué dans le même stade de décomposition que lorsqu'elle était morte ? Ou avait perdu connaissance, pour le peu de nuance que ça accordait à sa situation. Il était après tout difficile d'avoir l'espoir que le temps ne se soit pas écoulé du tout, pas avec l'état dans lequel elle se trouvait. Pas avec cette odeur douceâtre sur ses vêtements, ni la sensation infecte du tissu sur son épiderme. Mais si tel était le cas, combien de temps ?

Levant sa main libre jusqu'à la fragile console de verre qui lui servait de canne, Danaé n'avait même pas eu le temps d'y réfléchir ni même de penser à se relever que le premier bruit à sa gauche la figea sur place. Le regard affolé, elle remarqua enfin l'ouverture de la pièce. Ses doigts se crispèrent au point d'en faire blanchir les phalanges alors qu'elle se mordait la lèvre inférieure jusqu'au sang, se retenant tant bien que mal de gémir face à la possibilité de ne pas être seule. Néanmoins, les lourds coups venant ébranler les murs non loin de là suffirent à lui faire passer le stade de la simple peur rationnelle alors qu'elle bondissait sur ses jambes. Ou plutôt, tentait de le faire, compte tenu que ces dernières lui semblèrent aussi lourdes et mortes que les cadavres ambulants qui peuplaient maintenant la terre. Déjà prête à pousser un cri, le grognement qui se fit entendre aussitôt, de l'autre côté, acheva de la pousser dans un mutisme fébrile.

Son premier réflexe fut de diriger sa main vers la précieuse hachette dont l'image flottait juste sous son nez – elle allait clairement essayer de la saisir à nouveau. Pas vraiment dans l'idée de l'utiliser, mais seulement pour se rassurer du fait que c'était une possibilité tout à fait valable si ses muscles se décidaient à fonctionner un jour normalement. Le sac, pendouillant misérablement à portée depuis qu'elle avait eu le malheur de le laisser glisser, attendrait. Sans doute tenterait-elle de s'en emparer si rien ne se passait pendant qu'elle tentait de retrouver l'équilibre d'une position debout décente – Un véritable défi s'il en était compte tenu de la douleur qui continuait à crisser dans ses membres, comme les rouages rouillés d'une montre à laquelle plus personne ne s'est intéressé depuis des années. Un éclair de souffrance, véritable torture, acheva de lui compliquer la tâche en obscurcissant sa vision pendant quelques instants.

« C'est pas le moment... » furent les seuls mots qui lui échappèrent tandis que son cœur s'emballait, prit de folie furieuse face à l'arrivée d'adrénaline.

C'était l'évidence même : elle ne pouvait pas se permettre d'attendre que chaque partie de son être réponde à cent pour cent pour bouger. Ces sons ne pouvaient pas impliquer beaucoup de possibilité. Soit quelqu'un se trouvait là (les pas entendus plus tôt n'étaient-ils pas trop précautionneux pour appartenir à autre chose ?) soit c'était un de ces morts-vivants qui se promenait pas loin. Si pas les deux, et si pas plusieurs de chaque. Peu encline à appeler pour tester ses théories, la danseuse se révélait limitée du point de vue options.

De ce fait, si son organisme avait bien sûr eu la gentillesse de ne pas s'effondrer derechef sous les efforts et l'effet de la peur, elle irait jeter un coup d’œil par la fenêtre dans le but de vérifier à quel niveau du sol elle se trouvait. Rien n'excluait, après tout, qu'elle soit dans un appartement à l'étage. Selon la possibilité ou non que la fenêtre soit une sortie valable, elle tenterait de déterminer si l'extérieur semblait sécurisé avant d'éventuellement tenter d'ouvrir la vitre. Elle favorisait clairement l'idée d'avoir une chance de fuite plutôt que de devoir se confronter aux sources des différentes sources de sons et, si elle n'y croyait pas vraiment, préférait vérifier ses alternatives tant qu'elle en avait le temps. Non pas qu'elle avait envie de s'attarder plus que de rigueur dans l'appartement maintenant que les bruits l'entouraient de droite et de gauche, mais la demoiselle se sentait incapable pour le moment de déterminer quel côté serait le moins risqué pour elle.

Mickael Devlin

Anonymous
Invité
Mar 18 Oct - 12:58
Tant bien que mal, tu parviens à refermer tes doigts encore malhabiles sur le manche de la hachette. Le contact de ce bois lisse et massif, déséquilibré par la présence de la tête de hache plus lourde encore semblait n’avoir rien de familier au creux de ta main et il aurait pu être légitime pour toi, en cet instant d’avoir bien du mal à manipuler cet outil avec aisance. Te relevant au prix d’un effort qui continuait de mettre les muscles de tes jambes et de ton dos à mal, tu parviendras néanmoins à trouver et conserver un équilibre stable, quoique précaire. Car il s’agissait-là pour ton corps de retrouver ses repères, petit-à-petit et non sans mal après un réveil des plus déconcertants.

Mais les différents bruits, soudains et manifestement peu amicaux de ce que tu pouvais en présumer à cet instant, eurent pour conséquences de chasser cet inconfort au second plan de tes préoccupations, car la méfiance et la tension semblaient te guider maintenant. Et face aux deux issues sonores qui ne te paraissait pas judicieux de tenter, tu choisis de porter ton attention vers une troisième, pas nécessairement plus incertaine.

Gagnant la fenêtre la plus proche, tu pourras constater que l’appartement dans lequel tu te trouves semble être situé au premier étage du bâtiment qui l’abrite. Sous tes yeux agressés par la lumière extérieure plus vive encore, tu pourras distinguer une petite ruelle en contrebas, plutôt étroite, jonchée çà-et-là de détritus aussi nombreux que variés. Sacs poubelles éventrés, feuilles mortes, journaux volages ; et même le cadavre putrescent d’un animal mort. Un chien à première vue qui, pour peu que tu saches le reconnaître, ressemblait à un labrador. Le ventre ouvert, dévoilant en partie ses côtes, le pelage souillé par le sang en de multiples endroits, la chair de ses muscles déchirée et mise à vif, la gueule béante laissant même entrevoir l’intérieur de sa mâchoire. La ruelle ne semblait pas occupée par un quelconque être, plus ou moins vivant, à l’exception de cette image répugnante au plus haut point mais qui pouvait bien être à cet instant le cadet de tes soucis.

Car derrière toi, plus un bruit n’était parvenu du couloir présumé, tandis que les grognements rauques sur ta droite n’avaient pas cessés, gagnant en ampleur jusqu’à être ensuite accompagnés de grattement. En y portant ton regard, tu auras pu deviner la présence d’une porte à cet endroit, légèrement dissimulée dans l’ombre portée d’une armoire massive. Le bois de son battant était percé de quelques trous qui auraient pu te faire penser à des impacts de balle. Des orifices qui laissaient filtrer de minces raies lumineuses en provenance de la pièce située derrière, dans lesquelles flottaient en étincelant quelques grains de poussière. Et certaines d’entre elles semblaient clignoter, comme si quelque chose ou quelqu’un obstruait le passage de la lumière par intermittence. Une porte qui se dressait en unique rempart contre ce qui se trouvait derrière, car il était manifeste qu’il s’y trouvait quelque chose.

Si tu t’y essayais, tu pourrais constater que la fenêtre à guillotine, bien que close, n’était pas verrouillée et s’ouvrait sans difficulté sur la ruelle, deux étages plus bas. Mais elle donnait également sur un choix plus Cornélien, dont toi seule pouvait être maîtresse en cet instant : prendre le risque de sauter en contrebas ou non ; d’autant que le plancher craqua à nouveau par deux fois en provenance du couloir, pour ensuite laisser place à un silence d’une demi-seconde, brisé par une voix masculine.

“J’éviterai de faire ça à ta place,” résonna la voix, grave et légèrement étouffée, dont la présence emplit le petit salon comme si son propriétaire se moquait bien d’être entendu du reste, du moment qu’il l’était de toi. D’ailleurs, les râles et grattements de l’autre côté de la pièce redoublèrent d’autant plus d’intensité à peine les premiers mots prononcés.

Si tu cherchais à découvrir qui était le propriétaire de cette voix, tu pourras sans mal distinguer l’individu qui se tenait droit et immobile à la démarcation entre couloir et salon. D’une taille avoisinant le mètre quatre-vingts, une carrure rendue d’autant plus trapue qu’il portait un épais blouson de cuir, usé et élimé. Un keffieh noir enroulé autour de son cou, recouvrant son nez et sa bouche, dissimulait l’éventuel rictus qu’il pouvait avoir à tes yeux. Il se tenait là, statique, son bras droit négligemment accoudé contre le pan de mur, sa large main droite bandée d’un tissu sale, brunâtre, tenant manifestement un couteau à la lame imposante, pointue et dentelée sur le contre-fil. D’ailleurs, il eut un petit geste de la pointe de la lame pour désigner la fenêtre.

“Ya des manières plus rapides et moins douloureuses de crever qu’en cherchant à fuir des rôdeurs avec une jambe pétée,” te balança-t-il avec un pragmatisme dénué de toute compassion, avant de te dévisager plus longuement, puis t’interroger, clairement méfiant.

“Qu’est-ce tu fous là gamine ?”

Danaé Valentine

Anonymous
Invité
Mar 18 Oct - 16:23
Les doigts serrés sur la hachette, les lèvres pincées, Danaé avait résisté tant bien que mal à la tentation de céder à un nouveau haut le cœur en voyant le cadavre du chien en contre-bas. Dans une autre situation, sans doute aurait-elle eut comme seul réflexe de se recroqueviller contre le mur dans la volonté de ne plus bouger de là tant que ce cauchemar ne se serait pas arrêté – mais non, elle ne possédait pas ce luxe. La seule chose qu'elle prit le temps de noter approximativement fut la distance la séparant du sol avant d'accorder sa pleine attention au bruit qui redoublait dans... Quoi ? La pièce adjacente ? Sûrement, compte tenu qu'elle parvint enfin à distinguer les contours de ce qui semblait être une porte fermée, quoique pas en assez bon état pour la rassurer. Peu importait la tête de ce qui se déplaçait derrière le bois, rien ne lui donnait la certitude que la maigre séparation tiendrait assez longtemps pour qu'elle retrouve pleinement ses esprits et la pleine maîtrise de son corps. Parce qu'elle en avait prit conscience maintenant. Ses muscles ne se contractaient pas exactement comme ils l'auraient dû et la prise qu'elle avait sur le manche de son arme n'était pas aussi assurée qu'autrefois. Autrefois. Autrefois quand ?

L'anglaise secoua la tête pour s'empêcher de replonger trop profondément dans le nid de questions qui envahissaient son crâne et ne faisait qu'amplifier la douleur qu'elle y ressentait. Les options s'amaigrissaient à vue d’œil, ne lui laissant qu'une certaine forme de panique à peine contenue pour la pousser à regarder de nouveau du côté de la fenêtre. Est-ce que ça valait vraiment le coup de tenter le diable ? De sa main libre, elle donna un petit coup dans sa cuisse. Grimaça. Même les certitudes qu'elle avait sur son corps ne valaient plus grand chose. Si elle décidait de sauter, c'était au risque de ne pas pouvoir se rattraper. À moins de se pendre du bout des doigts au bord de la fenêtre pour essayer de gagner un peu sur la hauteur ? Sur deux étages, ce n'était pas sa taille qui allait changer grand chose à l'issue de la manœuvre. Peut-être si ça devenait une question de vie ou de mort.

Trop occupée à y réfléchir, la brune sursauta comme un lapin prit en faute au premier grincement, et plus encore au deuxième – mais certainement pas autant que lorsqu'une voix s'éleva, aussi nonchalante que possible. Se retournant d'une traite vers la source de cette dernière, se froissant sûrement quelques muscles dans la manœuvre, Danaé se figea tout net face à l'inconnu. Elle aurait bien jeté un coup d’œil inquiet du côté de l'agitation de l'autre pièce, néanmoins son instinct de survie préféra rester concentré sur la menace la plus directe. Pas vraiment sûre d'elle, la danseuse tenterait sans doute de lever son arme de fortune devant elle dans la tentative d'amorcer un geste de défense, quand bien même l'homme ne semblait actuellement pas vraiment chercher à lui faire du mal.

« J'espérais surtout qu'il y aurait des manières plus évidentes de rester en vie... » marmonna-t-elle à l'égard de sa réflexion.

Prenant une profonde inspiration, elle se risquerait à avancer de quelques pas dans la direction de son interlocuteur, en cherchant malgré tout à ne pas présenter son dos du côté de la créature dans l'autre pièce. L'inquiétude se lisait très clairement sur son visage, néanmoins elle ne voyait pas vraiment le point dans le fait de crier ou de céder à l'effroi. De fait, se montrer agressive ne servirait probablement à rien non plus, aussi se contentait-elle de tenir ses émotions en laisse et d'observer son vis-à-vis en plissant les paupières, tentant d'enregistrer un maximum d'informations sur ce qu'elle voyait. Imposant. Équipé. Armé. À l'aise ?

« La gamine ne sait pas ce qu'elle fiche là et ne dirait pas non pour changer cet état de fait. »

L'ironie dans ses mots ne collait pas vraiment à l'air calme qu'elle se donnait, mais la jeune femme s'en fichait, ne se sentait pas obligée de jouer un rôle pour attirer la compassion ou l'antipathie.

« Écoutez, je n'essaye pas d'esquiver votre question – d'ailleurs, je vous la retournerai bien. Cela dit, je préférerai sincèrement être loin de... De ça, là... » lui lâcha-t-elle en désignant vaguement l'autre côté de la pièce. « … Avant de commencer à envisager des réponses. »

L'idée ne lui semblait pas dénuée de pragmatisme. Hésitante tant dans les faits que dans les paroles, la brune se déciderait pourtant à engloutir les derniers centimètres la séparant de l'inconnu si ce dernier n'amorçait aucun geste dangereux à son encontre entre temps (sinon, elle ne bougerait pas plus) – parce qu'à choisir, elle préférait encore la compagnie de ce qui était vivant.

« La ruelle est vide. Est-ce que c'est le cas du quartier ? » D'ailleurs, où diable étaient-ils ? Ça pouvait attendre. Sûrement. « Le gouvernement n'a pas encore prit de mesures ? »

Mickael Devlin

Anonymous
Invité
Jeu 20 Oct - 0:31
L’inconnu qui te faisait face plissa les paupières en te fixant plus intensément, sa méfiance se nuançant d’une sincère curiosité à la lumière de tes premiers mots. S’il conservait son apparent détachement de l’instant, ne réagissant même pas à ton esquisse de défense lorsque tu relevais ta hachette, tu aurais pu le voir se redresser du mur légèrement lorsque tu t’avanças vers lui.

Mais malgré sa méfiance, il n’entreprit aucun geste brusque, ni ne tenta pas de relever son arme alors que tu pouvais voir ses petits yeux sombres te détailler des pieds à la tête, un long souffle étouffée s’échappant même de ses narines pour gonfler les replis du tissu de son keffieh.

Toujours silencieux, attentif à tes mots, son regard se serait rapidement déporté vers l’endroit désigné, puis la porte plus spécifiquement et le bruyant hôte de ces lieux qui se trouvait derrière, avant de revenir sur toi, haussant simplement les épaules.

“Pour l’instant, il ne m’emmerde pas…” rétorqua-t-il brièvement à ta suggestion, sur un ton assez flegmatique. Malgré tout, il releva sa main libre, paume tournée dans ta direction alors que tu t’approchais de lui à nouveau, fronçant d’autant plus les sourcils.

“Woh woh woh. Garde tes distances gamine. C’est pas parce que t’es mignonne et épaisse comme une aiguille de seringue que j'te considère pas comme une menace,” te prévint-il assez sèchement, sans pour autant se montrer plus ouvertement menaçant dans son attitude ni sa posture. Malgré tout, ta dernière question ne laissa pas l’inconnu de marbre. Tu auras pu voir, à ses yeux, son faciès se dérider alors qu’un léger ricanement empli d’une ironie palpable se fit entendre.

“Le gouvernement ? Il a certainement pris toutes les mesures en son pouvoir pour sauver les culs de ses courageux représentants. Quant à nous…” Il haussa de nouveau les épaules sans ne rien dissimuler de sa désinvolture. “D’où tu sors gamine ? Qu’est-ce qu’il reste à gouverner selon toi ?” te demanda-t-il d’un ton à la fois sceptique et moqueur en continuant de te dévisager.

Néanmoins, tu auras pu voir son attention se porter plus spécifiquement sur ton débardeur, et très particulièrement la déchirure qu’il arborait au niveau du ventre. L’homme pris une longue et profonde inspiration, libérée par la suite en un soupir contrarié.

Danaé Valentine

Anonymous
Invité
Jeu 20 Oct - 2:59
Pas contrariante pour un sou, la demoiselle s'arrêta sous l'injonction de l'inconnu. Toujours tendue, les plis de sa bouche indiquant une certaine méfiance, mais probablement plus perturbée par la situation que par le comportement qu'il avait envers elle. De peu. Parce que non, elle n'excluait pas qu'il puisse ne pas être ce qu'il semblait être actuellement. Selon les situations, tout le monde peut changer. Même d'une seconde à l'autre. Sa seule conclusion sur le personnage, pour l'heure, était que son détachement quant à la présence du cadavre à côté indiquait une certaine habitude dont elle n'était pas sûre d'apprécier l'existence. C'en était presque une réponse en soi.

« Juste pour savoir : à partir de quel moment est-ce qu'il commencera à vous poser un problème ? » dit-elle en esquissant un petit sourire nerveux.

À choisir, elle préférait avoir une vague idée de ce que son interlocuteur estimerait être une situation d'urgence nécessitant de bouger. Quand la porte commencerait à craquer ? À l'instant où la créature surgirait du trou ? Ou quand ses horribles doigts griffus seraient sur le point de la saisir pour s'en faire un bon repas ? Envahie d'un long frisson à cette seule idée, Danaé eut le réflexe de ramener son bras libre au devant de sa poitrine dans une pauvre imitation de préservation. Mettons. Tout ça avait du sens. Tant que rien ne se passait, peut-être était-il plus sûr de rester à l'abri de l'appartement. Compte tenu qu'il n'avait pas daigné la renseigner sur l'extérieur, mieux valait ne pas tenter le diable en fonçant tête baissée sans la moindre information. En supposant qu'il la laisserait gentiment partir, et si tant est que ce fut réellement dans son propre intérêt de fausser compagnie à la première personne qu'elle croisait.

Aussi se contenta-t-elle de hausser les épaules avant de prendre une profonde inspiration qui fit gémir quelques muscles supplémentaires.

« C'est gentil de m'imaginer capable de vous faire quoique ce soit mais... soyons réalistes deux secondes. » D'un geste global de la main, sans pour autant quitter sa position protectrice, elle le désigna de la tête aux pieds. « Vous êtes plus imposant que moi, mieux équipé, probablement au courant de la situation actuelle, et je parie que vous savez vous servir de votre couteau. Au mieux, j'ai peut-être une chance sur je ne sais combien de vous effleurer avec mon arme – au pire, le plus grand danger que je puisse représenter pour le moment est celui d'être un poids mort, et je pèse mes mots. Quoique ce dernier point soit un gros risque, j'en conviens. »

Lui renvoyant son regard, la brune laissa glisser son bras plus bas dans une tentative un peu vaine de masquer au maximum la peau nue de son ventre. Pas que la timidité soit quelque chose d'utile présentement, mais sa pudeur en prenait un sacré coup d'être vue dans cet état – l'épiderme à l'air et de la saleté de partout. Elle ne voulait d'ailleurs même pas à savoir à quel point ce partout pouvait être vrai.

« … Je suppose qu'il ne reste pas grand chose, pas vrai ? » Son ton était désabusé, pas forcément surpris. À la question de l'inconnu, elle ne parvenait qu'à une conclusion : personne n'avait réussi à endiguer le flot des morts. « Et que personne ne viendra. » Comme dans les films, quoi. « Je suis... » murmura-t-elle vaguement avant de s'interrompre un moment, le regard dans le vide. Lorsqu'elle reprit la parole, ce fut avec un dégoût notable. « Je crois que je reviens de loin. Parce qu'à vous voir et à vous entendre, c'est encore pire que quand j'ai perdu connaissance – même si c'était déjà pas terrible. Je demanderai bien la date, mais je ne suis pas sûre de l'utilité de la manœuvre. À la place, je crois que je ferai mieux de vous demander depuis combien de temps le reste du monde est dans cet état. Oh, et est-ce que c'est chez vous ici ? Vous m'avez ramenée là ? »

Parce que selon la réponse, ce serait bien de déterminer les intentions réelles de cet homme - ce n'était pas comme si il n'avait pas l'air un minimum louche avec son allure générale. Son discours et ses questions ne semblaient pas indiquer que c'était le cas, mais inutile de négliger la possibilité pour autant. Le cœur battant la chamade, elle se décida enfin à baisser son arme de fortune, ne voyant pas l'intérêt de garder sa position défensive. Comme présenté plus tôt, elle ne croyait pas vraiment en ses chances de pouvoir le surpasser. Certes, si il lui prenait la lubie de faire quoique ce soit de déplacé ou de dangereux, elle tenterait de se défendre ; néanmoins, il était inutile de paraître agressive. Baissant le menton, s'observant d'une grimace, elle fit courir le bout de ses doigts sur cette chair qu'elle couvrait maladroitement.

« Quelque chose qui cloche ? »

Évidemment que quelque chose n'allait pas. Il n'y avait plus de blessure, bon sang ! À cette pensée, la danseuse mordit furieusement dans la pulpe de sa lèvre pour ne pas s'emporter. Cela dit, cet homme n'était pas supposé être au courant, c'était donc raisonnable de s'enquérir de ce qui semblait lui déplaire. Il n'était quand même pas en train de la regarder parce qu'elle était mignonne.

« Plus emmerdant que le cadavre ambulant ? Je veux dire, je sais que je ne suis pas de toute fraîcheur non plus, mais quand même... » marmonna-t-elle pour essayer de se détendre, sans grand succès.

Mickael Devlin

Anonymous
Invité
Mar 25 Oct - 0:33
“Et merde c’est pas vrai…” souffla l’homme sèchement, apparemment pour lui-même, après t’avoir détailler du regard, détournant les yeux de ton débardeur déchiré. Par ailleurs, il avait jusque là gardé le silence sur les autres questions que tu lui avais posées. Par choix ou par oubli tant il aurait pu te paraître préoccupé, c’était assez difficile à dire. Quoi qu’il en soit, il n’avait pas semblé réagir ni être inquiété de la potentielle présence d’un rôdeur dans la pièce qui jouxtait la votre, tout comme ce ne fut qu’un long râle guttural qui s’échappa de ses lèvres suite à tes nombreuses et légitimes interrogations.

Sans brusquerie, il porta lentement sa main à son keffieh pour l’abaisser sous son menton, dévoilant un nez à l’arête légèrement tordue, comme s’il avait été cassé par le passé, et sa lèvre inférieure tuméfiée, figée sur une absence de sourire. D’un mouvement de l’épaule, il fit glisser l’une des bretelles de son sac à dos rapiécé le long de son bras, avant de se saisir d’une bouteille plastique qu’il te tendit par la suite de sa main gauche. Une main à laquelle tu pourrais remarquer qu’il manquait deux doigts, l’auriculaire et l’annulaire.

“Bois,” t’ordonna-t-il sans ménagement, attendant que tu t’exécutes. “Au moins, tu la boucleras un peu... A croire que j’attire toutes les pipelettes de ce bled,” maugréa-t-il d’un ton rustre en remettant son sac à dos en place sur ses épaules. L’inconnu glissa une brève œillade en direction de la porte percée avant de ramener son attention sur toi, rangeant son couteau dans le fourreau suspendu à sa ceinture puis leva sa main droite bandée, paume en avant.

“Écoute gamine, ya beaucoup de choses qui clochent ici, pour ne pas dire à peu près tout… Entre les charognes ambulantes et les pillards, je donne pas cher de ta peau. Mais t’as du bol, j’suis ni l’un ni l’autre,” te confia-t-il en affichant un petit sourire en coin qui ne s’éternisa guère avant de disparaître.

“J’ai déjà croisé des hurluberlus de ton espèce. Des paumés qui avaient tout l’air d’être nés de la dernière goutte de pisse divine du Seigneur quand il a eu fini de se secouer la nouille sur les restes de l’Humanité…” Il fit un pas en s’avançant vers toi, plissant le nez sans ne rien masquer de l’expression de dégoût qui déformait ses traits et plissant ses paupières avec un air lourdement suspicieux. “Des personnes qui puaient la mort comme s’ils en revenaient, parce que c’était justement le cas,” te révéla-t-il sans forme ni détour.

“Alors voilà le topo,” reprit-il assez sèchement. ”Ca va bientôt faire un an que toute cette merde s’est déclarée. Nous sommes en Avril 2035, dans un trou paumé de l’Ouest du Texas, appelé Snyder. Pourquoi t’es arrivée-là, ou comment, j’en sais foutre rien et je m’en cogne. Tout ce que t’as à savoir, c’est que je connais un type qui connaît des types dans ton genre.

J’vais t’emmener auprès d’eux. Eux, ils pourront peut-être t’aider à survivre dans ce trou. Alors ramasse tes affaires et suis-moi,”
poursuivit-il d’un ton autoritaire et impatient, clairement contrarié par la situation dans laquelle il venait de se retrouver plongé, sûrement malgré lui. Ainsi donc cet inconnu te laissait volontairement ou non, c’était impossible de le déterminer, sans trop de réelles réponses quant à ta condition actuelle, cultivant à ton égard un flou qui pouvait se révéler parfaitement frustrant.
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: