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[Spécial - ???] Prise au dépourvu - 07/04/35
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Danaé Valentine

Anonymous
Invité
Jeu 3 Nov - 13:39
Danaé se contenta de hausser les épaules. Être sociable ne voulait pas dire plaire à tout le monde. Elle n’était pas un pot de Nutella.  Au bref passage de cette idée, son estomac gargouilla et sa main remonta de peu pour se crisper dessus. De toute façon, elle avait fini de poser ses questions. D’autres reposaient encore sous sa langue cendreuse mais pouvaient très franchement attendre – inutile de les mitrailler comme dans un duel de cowboys à l’aube.  Lorsque son vis-à-vis prit la décision de lui accorder un peu plus de confiance, de façon très relative, la jeune femme prit le temps de le dévisager avec cette méfiance caractéristique que son jeune visage ne semblait pas pouvoir cacher. Oh, elle voulait lui faire confiance. Pouvoir se dire que s’il ne s’attaquait pas à elle tout allait bien. Mais les gens avaient déjà commencé à perdre la boule avant… Alors mieux valait ne pas tenter le Diable. D’autant que celui-ci n’affichait pas exactement une tête de porte-bonheur, sans vouloir lui faire offense. L’homme affichait une apparence plus digne d’un boxeur que d’un intellectuel et, à la vue de son état général, la brune se permit une petite grimace de compassion tandis que sa main se levait d’elle-même pour aller à la rencontre de la bouteille en plastique, évitant pourtant soigneusement tout contact physique avec son sauveur.

« Merci… » chuchota-t-elle piteusement, maladroitement, en observant l’objet sous toutes ses formes.

Elle allait boire. Bien sûr qu’elle allait boire. Après un réveil pareil et autant de choses à dire, sa gorge brûlait comme le feu de l’enfer.  Mais faire preuve d’attention n’avait jamais fait de mal à personne, si ? Le regard de l’anglaise sembla scintiller un peu plus fort tandis qu’elle ouvrait consciencieusement la précieuse bouteille, ses pupilles se dilatant sous l’effet de la soif. Doucement, il fallait qu’elle y aille doucement – elle n’avait pas oublié la réaction viscérale de son corps meurtri face à la nourriture un peu plus tôt. Et alors que son compagnon commençait enfin à lui donner quelques éléments de réponses, elle bu. Une petite gorgée, puis une deuxième. En gardant son regard sur lui, au cas où il lui intimerait d’arrêter, de peur d’abuser de sa générosité. Oui, elle avait de la chance que ce soit lui et non pas quelqu’un d’autre.  En un sens. Elle en avait conscience et marqua même une petite pause dans sa délectation du liquide pour lui adresser un léger mouvement de tête approbateur.  Non pas qu’il en avait besoin cela dit.

Néanmoins, elle fit un pas en arrière lorsqu’il s’approcha, manquant d’en lâcher la bouteille sur laquelle sa main se crispa. Danaé se rendait bien compte qu’il ne cherchait pas à se montrer menaçant, encore moins après avoir rangé son arme, mais l’air qu’affichait son visage en parlant d’autres personnes comme elle ne lui avait pas plu. Les paroles non plus d’ailleurs,pour ce que ça changeait.

« Vous insinuez que je suis comme notre charmant voisin ? »

Plus communément appelé le mort-vivant et du côté duquel elle lança un regard concerné. Ça sonnait encore moins bien que de savoir maintenant concrètement depuis combien de temps elle était… morte. Sans parler du déplacement d’un bout à l’autre de l’état. Se mordant la lèvre inférieure, dubitative mais bien forcée d’admettre que trop de choses collaient avec sa situation pour pouvoir tout rejeter en bloc, la danseuse reprit une gorgée d’eau.  Le temps de se faire à l’idée. De se donner une contenance. Puis elle hocha encore une fois la tête, plus pour elle-même que pour lui, et combla le peu de distance qu’elle avait mit entre eux.

« D’accord. J’imagine que ce serait contre-productif de chercher à me piéger maintenant. » Sauf si il voulait la jeter en pâture à un camp de cannibales. Peu probable… N’est-ce pas… ? « Vu ce que vous dites, votre situation n’est clairement pas la même que la mienne. Est-ce qu’il… Est-ce qu’il y en a beaucoup d’autres ? » Des gens comme elle. Qui pourraient répondre aux nouvelles nées de ces dernières informations.

Jetant un œil autour d’elle, la jeune femme redressa le sac à dos sur son épaule et serra un peu plus fort sa hachette tout en refermant la bouteille. Action aussi maladroite que malhabile mais qui indiquait clairement qu’elle ne possédait rien d’autres que ces objets flambant neuf et louches.

« Au fait… Je m’appelle Danaé. » lâcha-t-elle avec hésitation. « … Ne le prenez pas mal mais… Vous me détestez ? » À force de subir son ton plein de jugement, et malgré son aide, on pouvait se demander.

Cela dit, la réponse ne lui importait que sur un plan purement psychologique. Du reste, elle le suivrait quand même.

Mickael Devlin

Anonymous
Invité
Mar 8 Nov - 1:57
“Enchanté.”

L’inconnu avait répondu à ta brève présentation d’une simple réplique d’un ton las et monotone, cachant à peine le sarcasme pourtant sous-jacent de cette marque de politesse qui lui paraissait parfaitement désuète et hors de propos vu la situation. Malgré tout, tu n’aurais pu manquer le bref sourire en coin qu’il esquissa préalablement en réponse à ta dernière remarque ; sourire simplement ponctuée par un aussi bref reniflement.

“Je déteste seulement les emmerdes, mais ça n’a pas l’air d’être très réciproque,” finit-il par lâcher tout en reculant de quelques pas, puis de se détourner de toi pour commencer à avancer dans le couloir. D’un mouvement de tête équivoque, il t’invita à le suivre dans le corridor qui souffrait d’un certain manque de luminosité, a contrario du salon dans lequel vous vous trouviez. Le bois du plancher ne manqua pas de gémir de nouveau sous la contrainte de ses semelles et de son poids, car sa silhouette ne pouvait t’apparaître que plus massive à mesure qu’elle se découpait dans la lumière qui filtrait faiblement par le cadre de la porte d’entrée laissée ouverte.

Si tu avais hésité à le suivre, tu auras pu remarquer qu’il se serait néanmoins arrêté sur le pas de celle-ci, bien destiné à patienter que tu concèdes à lui emboîter le pas, comme si malgré son apparent dédain, il ne se montrait pas aussi désintéressé de ta condition que ce que son comportement pouvait jusqu’à lors laisser supposer.

“J’ignore combien vous êtes, juste que t’es loin d’être un cas isolé. Du moins… vous êtes suffisamment nombreux pour que je sois plus blasé que surpris de tomber sur des gusses revenus d’entre les morts sans les taxer d’aliénés. Malheureusement pour toi, autant j’en n’ai pas grand chose à cogner de ton existence, autant ya des tas de mecs dans le coin qui espèrent bien te mettre la main dessus ; et certainement pas pour te la tendre.”

L’inconnu avait fini par quitter l’appartement pour descendre assez précautionneusement les marches d’escalier du vestibule qui plongeait vers le rez-de-chaussée du bâtiment. Tu auras d’ailleurs tout le loisir de percevoir les échos de vos pas vibrant contre les murs et comblant le vide de l’espace comme de silence. Des sons qui se mouvaient et se mêlaient aux grains de poussières en suspension dans l’air, laissant planer une atmosphère presque onirique sur ces lieux qui ne présentaient pourtant aucun charme particulier. Simplement, et contrairement à l’appartement de ton réveil et la présence de son indésirable et bien moins encore fréquentable occupant, rien dans cette bâtisse ne laissait entrevoir tout le chaos qui avait pourtant gagné le monde et le quotidien.

Mais le silence fut de bien courte durée, comme la suspension de la réalité qui aurait pu avoir lieu au-travers de cette simple descente d’escaliers vers une sortie qui n’avait rien de certaine, ni rien de rassurant. Ton protecteur, s’il était réellement légitime de le qualifier ainsi, finit par ouvrir la porte d’entrée de l’immeuble, jetant de longs regards méfiants sur les environs avant d’à nouveau t’inciter à le suivre. Il n’aura d’ailleurs fallu guère de temps à tes sens et tes poumons de se retrouver pleinement emplis de l’odeur putrescente qui flottait grasse et poignante dans l’air, souillant et corrompant de ses miasmes la moindre bouffée d’air frais.

En tendant l’oreille, il ne te serait même pas difficile de discerner les râles des morts, tumultes vague et lointain qui ne semblait avoir aucune source distincte pour autant ; simplement un hymne lugubre et menaçant, provenant de toutes parts comme un perpétuel chant de la mort qui s’imposait aux cœurs et aux esprits. Un chant qui se posait en parfaite illustration du paysage urbain qui s’offrirait à tes yeux, le béton et l’asphalte répondant ton sur ton à l’orageux de tes iris. Détritus, cadavres de bouteilles et squelette nettoyés par les charognards, carcasses de véhicules abandonnés dans la rue, passablement petite, qui longeait l’immeuble où vous vous trouviez peu avant.

Un paysage qui ne manqua pas d’arracher un long soupir aux lèvres de l’inconnu, soupir qui se mêla à la légère brise pour l’emporter et le noyer dans un peu plus de désolation encore, avant qu’enfin il ne daigne se retourner dans ta direction, parlant d’un ton bien plus bas.

“Mickael. J’étais médecin. Il y a bien longtemps…” finit-il par te confesser dans un maugréement qui trahissait la difficulté de l’exercice. “Et toi ? D’où tu débarques gamine ?” te demanda-t-il, bien que sa voix ne laissait pas vraiment de place à la convivialité. “Par là,” rajouta-t-il d’ailleurs en désignant au loin ce que l’on pouvait distinguer comme les sommets denses de quelques arbres.


Inachevé.
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