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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Un havre de paix ? - 07/04/2035
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Evènements

Anonymous
Invité
Mar 8 Nov - 15:18
Interprété par Cornelia N. Feuerwald et Jena Higgins.

Si suivre le sentier de terre, légèrement boueux, n’avait pas été d’une complexité bien grande, il n’en aura pas été moins difficile de faire circuler la petite Chevy au travers de la végétation qui reprenait ses droits et des cahots du chemin qui mettaient à mal les amortisseurs du véhicule. Mais au fur et à mesure de la progression du véhicule sur ce sentier, serpentant au travers des bois, il serait apparu au bout d’un laborieux petit mile que la densité de la forêt se réduisait, se clairsemait pour au final déboucher sur une route d’asphalte traversant une longue plaine, aux herbes hautes jaunies par l’aridité du terrain. La lumière de cette matinée débutante se trouvait périodiquement altérée par quelques passages nuageux, dragués par un léger vent qui faisait danser et craquer les branchages, soulevant parfois quelques feuilles mortes qui venaient s’abattre et souillait le pare-brise du véhicule qui avant ça s’était trouvé parfaitement propre et limpide.

La route n’offrait guère de possibilités quant au chemin à suivre, bordée de petits dénivelés et de champs qu’un véhicule citadin comme la petite Chevrolet ne pouvait emprunter sans risquer de s’y embourber. Mais dans la platitude du terrain et des alentours, avec pour horizon lointain le relief grisonnant et abstrait d’une ville de taille moyenne, se détachait pourtant un bâtiment bien plus proche, quoi qu’encore à bonne distance, à l’architecture particulière. Un assemblage de formes cubiques et rectangulaires, partiellement vitré, constitué de ce qui s’apparentait à une tour de verre et de béton, prolongée à l’horizontale d’une passerelle faites des mêmes matériaux qui joignait un complexe plus massif, de taille identique mais bien plus large.

Sans vraiment d’autre point de repère dans cette étendue aride, il aura fallu encore rouler de nombreux yards et minutes avant de pouvoir en discerner davantage à son propos. Une étrange arche qui se dressait isolée, ceinte d’un grand parking grillagé sur lequel, non loin d’un portail délimitant l’entrée des lieux, pouvait se lire un acronyme suffisamment répandu dans l’ensemble du pays pour être aisément identifié par n’importe quel quidam - S.F.D. - avec en annotation juste en dessous le logo et la signification de ce dernier. Snyder Fire Department.

C’était là une caserne de pompiers qui se dressait non loin. Le bâtiment se révélait être particulièrement récent et bien conservé, d’autant plus dans l’actuel contexte mais surtout, il paraissait être inoccupé. Au cœur de son enceinte, il ne semblait pas y avoir âme qui vive, ni même la présence d’un infecté errant en quête d’une quelconque proie. Un havre de paix isolé dans une atmosphère de chaos qui ne pouvait qu’attirer l’intérêt et susciter des espoirs de repos, de calme et de tranquillité. Un lieu qui masquait pourtant la réalité comme le groupe qu’il abritait. Car si depuis l’habitacle de son véhicule, les lieux paraissaient effectivement déserts et propices à se cacher, il n’en restait pas moins que la petite Chevy et les vrombissements de son moteur s’étaient laissés porter par le vent jusqu’aux tympans - quelque peu connaisseurs et aux aguets - d’une bien maigre silhouette masquée à la vision de la conductrice.

Une constatation trompeuse qui ne pouvait laisser penser à Cornelia qu’au cœur de celui-ci s’était mis en branle une cascade de réactions et d’agissements par l’intermédiaire de quelques avertissements et communications radiophoniques. Car en effet, la progression de la voiture et son occupante souffrait d’un évident manque de discrétion au sein d’un tel désert rural. Mais le choix se posait là, pleinement, pour la conductrice, de choisir ou non de s’aventurer vers le complexe de bâtiments, unique signe de civilisation à des miles à la ronde.

Cornelia N. Feuerwald

Anonymous
Invité
Mer 9 Nov - 19:52
Cornelia avait du mal à se remettre des derniers moments qu'elle venait de vivre. Sa... résurrection, la zombie qui s'était retrouvée le crâne éclaté, la sensation de la pierre dans sa main, l'homme qui s'était enfui en la voyant.... Elle avançait sur la route sans faire attention où cette dernière la menait. Une chose préoccupait son esprit - enfin beaucoup de choses occupaient son esprit, mais une tout particulièrement - se débarrasser rapidement de tout ce sang qui restait sur son visage, ses mains, ses bras... Elle avait fait ce qu'elle avait pu mais elle avait l'impression de sentir la souillure pénétrer sa peau de plus en plus à mesure que le temps passait, à tel point qu'elle aurait pu tremper ses bras dans la soude si il s'était avéré que c'était le seul moyen de se débarrasser définitivement des restes organiques de la morte-morte qui restaient encore sur elle.

Perdue dans ses pensées et ses angoisses, elle se rendit compte à un moment qu'elle avait fini par quitter la forêt et sa route de terre battue pour une route d'asphalte traversant une grande plaine. Alors que jusqu'à présent elle n'avait pas pu à cause du feuillage dense des arbres estimer l'heure qu'il était, la hauteur du soleil laissait penser que la matinée venait de commencer. Au moins elle aurait le temps de faire de la route avant que la nuit ne tombe.
Elle s'arrêta un instant au milieu de ce nouveau paysage, sortant du véhicule pour mieux voir les alentours. Le vent fouettait ses jambes maintenant nues et son torse uniquement recouvert de sa chemise à moitié déchirée faisant naître un frisson qui remonta le long de son échine. Tomber malade était bien la dernière chose qu'il lui fallait maintenant.
Au loin se détachait une ville, elle ne savait trop dire à quelle distance, mais plus proche une sorte de grosse infrastructure se dessinait. Si l'idée d'aller à un endroit autrefois habité ne l'enchantait pas de prime abord, il risquait d'y avoir plus de marcheurs, peut-être qu'avec un peu de chance, les canalisations marcheraient et lui permettraient de se nettoyer, et elle pourrait peut-être trouver du matériel qui lui permettrait de survivre. De toute façon elle n'avait pas le choix.

Elle rentra à nouveau dans la voiture, en profitant pour augmenter légèrement le chauffage pour réchauffer ses membres refroidis par le vent et le manque de vêtements.
Se rapprochant du complexe, elle finit par comprendre que cette construction était au final une caserne de pompier. Ce qui signifiait avec un peu de chance, des combinaisons, de l'eau et peut-être même de l'essence voir un véhicule plus solide.

Cependant, quelque chose finit par l'interpeller. L'endroit tel qu'il se présentait était trop calme, trop propre. Les pompiers avaient dû être très sollicités au début de la catastrophe, et n'auraient probablement pas fait attention à laisser l'endroit dans un état aussi impeccable. Sans compter que ces derniers mois - Quelle date est-il d'ailleurs ? -  Cornelia n'avait pas vraiment vu d'endroit entretenus, car le bâtiment n'était clairement pas laissé à l'abandon. Pourtant il n'y avait pas âme qui vive, pas un mouvement - même pas un animal. Est-ce qu'il s'agissait comme pour la voiture d'une construction miraculée ? Dans tous les cas, la curiosité, la fatigue et la nécessité, la poussait à s'engager entre les bâtiments avec son véhicule, ne s'inquiétant même pas de son manque de discrétion. L'absurdité du moment lui faisait baisser sa garde.

Elle finit par arrêter sa voiture au milieu des constructions une fois arrivée au plus loin de là où elle pouvait aller avec la voiture, coupant le moteur du véhicule - l'essence était précieuse - sortit en claquant la portière et se mit immédiatement à chercher du regard un bâtiment où, selon elle, de l'eau sous n'importe quelle forme pourrait se trouver. Au vu des dernières choses qu'elle avait vécu, trouver de l'eau courant potable et des canalisation en bon état de fonctionnement ne lui paraîtrait même pas absurde.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Sam 12 Nov - 18:38
En descendant du véhicule, enfoncé au plus loin dans la cour intérieure de ce complexe de bâtiments, Cornelia aura pu voir se dresser face à elle et au capot de la Chevrolet trois portes excessivement hautes et larges, témoignant de la nature de ce qu’elles pouvaient bien dissimuler derrière leurs gonds : un entrepôt, ou un grand garage si l’on gardait à l’esprit la nature du lieu. Par ailleurs, un peu plus en retrait sur sa droite, Cornelia pourrait découvrir la présence d’une porte de taille plus humaine, marquant l’entrée de la tour de verre et de béton qui se dressait vers le sommet de la passerelle. Une porte vitrée, au cadre noir qui laissait entrevoir à l’intérieur la présence d’un escalier ainsi que d’une cage d’ascenseur, très certainement en panne.

Dans le levant, il ne lui aurait certainement fallu qu’une poignée de secondes pour s'assurer pleinement que comme elle avait pu le ressentir précédemment, quelque chose clochait effectivement en ces lieux. Un quelque chose qui se manifestait en traînées plus ou moins sombres, des taches brunes qui semblaient avoir ruisselées sur les margelles des escaliers, sur la surface vitrée, l’empreinte d’une main séchée, glissant vers le sol. Finalement, ce lieu à l’apparence si paisible, qui aurait pu passer comme épargné par l’apocalypse et le chaos, affichait une réalité bien différente pour peu que l’on prenne le temps de s’attarder sur les détails. Mais si la surprise, ou l’absence de surprise d’un quotidien qui s’était voulu de plus en plus monstrueux, se dévoilait enfin, pouvant mettre fin aux fausses apparences et espérances, il n’en restait pas moins qu’elle se réservait le droit de se manifester à nouveau.

Car dans le calme tamisé de cette matinée, aux éclats pastels et seulement perturbée par les pépiements lointains de quelques piafs, aura retentit au bout de quelques instants un claquement, sec et étouffé, en provenance du sommet de la tour de verre et de béton. Par la suite, il n'aurait fallu attendre guère de temps avant de voir une silhouette humanoïde se dessiner dans la descente d’escaliers et se diriger vers la porte et la sortie.

...

Dans ma main droite, le canon de mon pistolet pointait droit devant moi. Les organes de visée alignant par anticipation le véhicule qui s’était garé dans la cour de la caserne. Dans ma main gauche, porté près de mon visage, le talkie-walkie qui avait crachoté l’information sensible de la matinée. Malgré la nécessité de sécurité et l’appréhension que je ressentais à m’avancer ainsi vers l’inconnu, la potentielle menace, j’avais descendu les marches deux-à-deux, préférant ne pas laisser le temps à notre visiteuse matinale le soin de s’apercevoir de notre présence trop rapidement. Je préférais de loin prendre l’ascendant en conservant aussi longtemps que possible l’effet de surprise.

“Elle a l’air d’être seule. Cul nu et désarmée, mais pas mal de sang sur les mains alors fais gaffe,” m’informait de nouveau la petite Ivy depuis sa position haute perchée sur le toit du complexe alors que j’atteignais le hall d’entrée et ouvrais finalement la porte de la tour.

Immédiatement, j’aurais braqué mon arme en direction de Cornelia pour la mettre en joue - si elle n’avait pas trouvé un refuge se dérobant à ma vue - sinon la Chevrolet en elle-même dans le cas où l’inconnue ne se trouverait plus dans mon champ de vision. Je n’aurais par ailleurs pas bougé du pas de la porte vitrée que je maintenais ouverte en calant le battant de mon pied droit, puis j’aurais finalement interpellé notre visiteuse inopportune à voix haute, que je la vois ou non, de la plus simple des manières.

“Qui êtes-vous ?”

Cornelia N. Feuerwald

Anonymous
Invité
Dim 13 Nov - 1:17
Ce n'était au final qu'un mirage de calme. La propreté du lieu visible de prime abord contrastait avec les traces sombres de sang séché qui se cachaient sous une apparence innocente. Ce lieu... qu'est-ce qui avait bien pu se passer ici ? Qu'est-ce qui se cachait sous les façades ? Si les miracles n'existaient pas, il semblait que les mystères et les histoires d'horreur voulaient se faire réelles. Le calme de l'endroit, le piaillement des oiseaux, la douce lumière du matin contrastaient avec ces traces obscures et rendaient la scène que Cornelia observait presque surréelle.
Elle s'accroupit pour frôler du bout des doigts la trace de main étalée sur le sol. Est-ce que le propriétaire était encore en vie ? Elle en doutait. Dans cette solitude, cette preuve morbide qu'un autre être humain était passé par ici la remuait plus qu'elle n'aurait pu le prévoir. Est-ce qu'elle retrouverait des humains un jour ? D'autre que des fous qui la fuyaient en hurlant. Est-ce qu'elle allait mourir... seule ?

Ces questions ne restèrent pas sans réponse très longtemps. Une silhouette déboula de l'escalier qui se trouvait face à elle. Arme en main, pointée directement vers Cornélia, elle l'apostropha.

"Scheisse !"

L'allemande sentit son rythme cardiaque s'accélérer, elle n'avait rien pour se défendre, rien. Elle ne pouvait pas s'enfermer dans la voiture, elle aurait le temps de se prendre tout le chargeur dans le torse avant d'ouvrir la portière.

*Si elle avait voulu te tuer, elle l'aurait déjà fait.*

Cette pensée, sans pour autant lui faire baisser sa garde, l'aida à rationaliser les événements. Cornelia leva ses deux mains en l'air doucement, avant de se redresser sans quitter le regard de son interlocutrice, fixant chacun de ses mouvements. Elle eut un sourire sardonique avant de répondre à la question qui semblait bien vaine au vu de la situation. Surtout de la sienne en caleçon et chemise.

"Vous voulez un autographe ?" Elle s'appuya contre la voiture, faussement décontractée. "En réalité, je suis quelqu'un à la recherche d'eau pour me nettoyer, j'ai fait une rencontre malencontreuse." Elle secoua ses mains rougies de sang mélangé à de la terre tout en les gardant en l'air comme pour appuyer son propos. "Enfin, avant de malencontreusement rencontrer votre pistolet." Elle marqua une pause, passant sa langue sur ses lèvres. "Cornelia. Probablement que si j'avais été dans une position plus confortable, j'aurais été ravie de faire votre connaissance."

Si le ton était badin, et volontairement ironique et provocateur, les yeux restaient froids et fixes pour le moment, scrutant le moindre geste pour réagir si jamais une contraction de l'index malencontreuse cherchait à sceller son destin et à la renvoyer dans les limbes.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 13 Nov - 13:18
Au-delà du métal de mon arme dressée, il aurait été de constater la surprise qui me saisissait à la première réplique de l’inconnue qui semblait aborder la menace avec une relative décontraction. Mes sourcils rehaussés, mes lèvres légèrement entrouvertes laissant fuir un très bref soupir, je ne tardais cependant pas à faire disparaître cette expression de mon visage en refermant mon visage. Je plissais les paupières en fronçant les sourcils, plus méfiante à l’égard de cette dame qui se présentait d’une manière bien étrange. En réalité, sa présentation n’avait rien d’étrange dans l’absolu, une introduction comme une autre, mais à laquelle je n’étais plus du tout habituée depuis le début de la pandémie et le nouveau “climat social” qui en avait fatalement découlé. Se faire braquer par un inconnu qui n’ouvrait pas le feu, très ironiquement, semblait désormais relevait de la plus grande des politesses.

Longuement, je dévisageais la prénommée Cornelia, puis laisser mes azurs balader sur les alentours, à la recherche d’un quelconque signe d’activité autre que la présence de cette nana. D’une pression du pouce sur le commutateur du talkie-walkie, j’allais adresser l’interrogation de mes soupçons à notre guetteuse avant de finalement me résigner, abaissant ma main gauche vers ma ceinture avec une certaine lenteur pour glisser le boîtier à ma ceinture. Dans le même temps, je ramenais mon regard et mon attention vers Cornelia, observant ses mains souillées dressées vers le ciel, ignorant totalement en cet instant ce qu’était, dans la bouche et l’esprit de cette femme, qu’une rencontre malencontreuse. Et à en juger par sa tenue autrement plus légère, je m’imaginais déjà le pire, comme souvent.

J’imaginais la femme en proie aux plus bas instincts d’un homme, se débattant, parvenant à se libérer voire à tuer son bourreau avant de prendre la fuite ; et quelque part, au-delà de la méfiance naturelle, je ne pouvais m’empêcher de ressentir un prémice d’empathie à l’égard de cette femme, quand bien même son attitude immédiate ne collait guère à celle d’une rescapée de tentative de viol. Mais que pouvait-on encore, dans notre monde, qualifier de normalité ? Cette frontière était devenue de plus en plus floue et ténue à mesure que les morts régnaient et les hommes survivaient. Et j’étais moi-même bien loin de vivre dans un cadre “typiquement normal” au sein de ce groupe de ressuscités.

J’étais ainsi restée silencieuse durant de longues secondes, probablement étirées en interminables minutes à fixer l’impromptue visiteuse et jauger la situation. Car si son ton confiant, légèrement provocateur, contrastait avec la précarité apparente de sa situation, j’y reconnaissais là une posture familière, bien que cela faisait longtemps que je n’avais pu avoir le luxe d’y assister. Lentement, j’avais remonté ma main libre, débarrassée du talkie, pour la glisser en compagnie de sa jumelle, en appui et soutien sous la crosse de mon pistolet. Dans le même temps, j’avais légèrement détourné puis abaissé le canon de mon arme vers le sol. Suffisamment pour lever la menace imminente et que les yeux de mon interlocutrice n’aient plus à soutenir le regard noir de cyclope que mon flingue posait sur elle ; mais pas complètement, afin qu’elle puisse bien garder à l’esprit que cette même menace restait toujours présente, simplement moins appuyée.

“Les individus qui adoptent des postures provocatrices sont soient des personnes en position de force, qui savent qu’elles ne courent aucun risque à l’employer ; soient des personnes tellement démunies qu’elles n’ont plus que ça à opposer en résistance pour espérer se faire entendre. Et sans vouloir paraître irrespectueuse, j’ai déjà ma petite idée quant à la catégorie à laquelle vous appartenez,” avais-je fini par rétorquer d’un ton froid et neutre, avant de poursuivre.

“Dans d’autre circonstances, j’aurais moi aussi été ravie de faire connaissance autour d’un Darjeeling et d’un cheesecake à la framboise.” Je lui adressais un léger signe de tête vers ma droite pour l’inciter à se décaler, geste appuyant mes propos suivants. “Éloignez-vous du véhicule et gardez les mains visibles, bien en l’air,” lui aurais-je ensuite ordonné d’un ton direct, mais qui ne se voulait ni excessivement autoritaire ni menaçant. D’ailleurs, j’aurais tâché de le montrer ensuite en répondant en partie à ses attentes.

“Il y a ce qu’il faut ici pour vous nettoyer et vous vêtir plus proprement, mais je dois m’assurer de vos intentions et que vous ne représentiez pas une menace pour mon groupe avant tout. Je ne vous poserai donc que deux questions : Comment êtes-vous arrivée jusqu’ici ? Et d’où vient le sang sur vos mains ?”

Cornelia N. Feuerwald

Anonymous
Invité
Lun 14 Nov - 2:03
Cornelia profita des instants de silence pour observer plus attentivement la jeune femme. Elle semblait bien équipée : en plus de son pistolet, elle avait un talkie qu'elle rangeait à sa ceinture, ce qui signifiait qu'elle n'était pas seule et qu'ils étaient bien organisés. Par ailleurs si le visage déterminé s'était fendu un instant pour trahir de la surprise, la brèche s'était rapidement refermée pour ne laisser voir qu'un mur impénétrable. Ce n'était probablement pas la première fois qu'elle avait à gérer ça. Ses yeux bleus parcouraient les alentours, à la recherche d'un traquenard, mais il n'y avait rien. Cornelia aurait bien aimé avoir un plan ou quelque chose, mais elle n'avait que des questions et des mystères. Ceci dit Cornelia devait avoir l'air assez démunie et pitoyable pour que la garde de la jeune femme se détende, même légèrement , faisant descendre de quelques centimètres le canon de son pistolet pour qu'une potentielle balle ne lui traverse pas le crâne, mais simplement le poumon. Délicate attention.

Le silence finit par être brisé par la jeune femme. Quelque part ses mots étaient... légèrement absurdes. Malgré l'incongruité de la situation et son apparente incapacité à faire quoi que ce soit, Cornelia semblait rester suffisamment une menace pour qu'elle la traite comme un vrai danger potentiel. En réalité, le plus grand danger qu'elle représentait c'était le sang qui couvrait ses mains.

"Si je peux me permettre, des gens qui restent aussi inquiets face à quelqu'un comme moi ne sont pas forcément les gens qui semblent le plus avoir la situation en main que ça." Elle lança un regard appuyé sur le talkie." Sans compter que vous n'êtes pas seule." Elle se décolla légèrement de la voiture baissant ses mains à hauteur de ses épaules tout en gardant les paumes tournées vers son interlocutrice, refusant sciemment de s'écarter de la voiture. Il était absurde d'avoir peur d'elle.

"En réalité vous n'avez pas grand chose à craindre de moi. Je ne cache rien dans mes manches." Comme l'aurait fait un magicien, elle montra l'intérieur de ses manches déchirées et crasseuses. "Par contre sur mes mains..." Elle fit une grimace de dégoût tandis qu'un frisson la parcouru au moment où elle se souvenait du crâne qui s'éclatait sous les coups de la pierre, faisant disparaître la moue ironique qu'elle avait gardé sur son visage. Elle ferma les yeux un seconde avant de les rouvrir pour les plonger dans ceux de la jeune femme. "C'est du sang de rôdeur. J'ai fait ce que j'ai pu pour en enlever un maximum et limiter le contact. C'est aussi pour cela que j'ai une tenue aussi légère." Elle retint avec difficulté de ponctuer sa phrase par un nouveau trait d'esprit.

"Et sur le comment je suis arrivée ici... définitivement en voiture. Depuis les bois plus précisément. Après comment je suis arrivée dans les bois... c'est... je ne saurais pas vraiment dire." Elle n'allait pas raconter son histoire, absurde. Déjà qu'elle l'avait prise pour une meurtrière, elle n'allait pas passer pour une folle, même si elle savait que cette histoire était vraie. Elle était morte. Elle l'avait été. Avant de revenir. Oubliant sa situation, elle alla pour se passer la main sur le visage et dans les cheveux de fatigue, elle ne se retint qu'à la dernière seconde, se rappelant le poison qui couvrait ses avant-bras. Au final c'est son biceps qui remplaça sa main au dernier instant. Une énorme lassitude sembla soudain prendre soudain le pas, marquant son visage un court instant. Juste une seconde. Le temps qu'elle se reconcentre sur elle même. Elle savait que son armure était fragilisée mais elle avait juste besoin de quelques instants pour la consolider et ne plus rien laisser passer. Une inspiration. Deux inspirations. Elle rouvrit les yeux, l'air toujours aussi marqué et fatigué mais au fond de ses yeux cristallins entourés de cernes l'étincelle moqueuse s'était transformée en résolution simple. Cela lui coûtait énormément de l'admettre, mais elle dépendait de la jeune femme pour survivre et pour aller plus loin. Avoir accès à de l'eau. Se laver. Survivre.

"Est-ce qu'il serait possible de continuer cette discussion pendant que je retire ce que j'ai sur mes mains et encore un peu partout sur mon corps ?" L'ironie encore présente quelques phrases auparavant avant avait complètement disparu de son ton et de ses manières de faire. "Comment vous appelez vous d'ailleurs ?"

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Lun 14 Nov - 12:27
Il aurait été mensonger d’affirmer que ma curiosité n’avait pas été piquée au vif en entendant les réponses de mon interlocutrice. Car si la méfiance ne me quittait pas, laissant mon visage particulièrement crispé, je ne pouvais m’empêcher d’être étonnée par la naïveté doublée d’une certaine assurance de cette dernière. Pas une naïveté candide et béate, loin s’en fallait, mais je ressentais un certain malaise face à cette situation et nos postures drastiquement différentes. Je me savais en position de domination, mais Cornelia n’avait pour autant pas tort de soulever l’excès de méfiance que je manifestais, me rendant effectivement compte que le niveau de celle-ci restait bien plus élevé que la normale. Pour autant, je savais pertinemment qu’il ne s’agissait pas là d’une quelconque paranoïa de ma part, simplement que les exigences et la réalité de ce monde avaient changé les approches et les jugements face à l’inconnu, d’autant plus quand il s’agissait d’un autre être humain.

Par ailleurs, je ne pouvais réprimer une certaine crainte, sans dégoût pour autant, à la vision de ses mains et ses bras souillés du sang d’un infecté. Si mon interlocutrice avait eu le malheur d’être blessée, même très légèrement, à ce niveau-là, je me voyais d’ores et déjà presque obligée d’agir en conséquence. La miséricorde à nouveau, aurais-je pu me consoler, tout en sachant qu’en réalité ce serait là un autre poids à ajouter sur ma conscience. Je serrais les mâchoires sous l’impulsion de cette pensée peu agréable, faisant saillir les muscles de mes maxillaires sous la peau de mon visage, avant de jeter un nouveau regard circonspect sur les alentours.

Je remarquais néanmoins que Cornelia n’avait que partiellement obtempéré à mes instructions, restant près de son véhicule qui, selon elle, l’avait mené jusqu’ici. J’avais toutes les raisons de croire en sa bonne foi sur ce point, Ivy ayant précédemment transmis la même information avant que je ne vienne à sa rencontre. Le détail qui m’avait pourtant le plus interpellé restait cependant ce qu’il y avait eu avant. La femme s’était montrée évasive sur la raison de sa présence dans les bois qu’elle décrivait ; non pas qu’elle refusait de me le révéler ; bien au contraire, elle me paraissait aussi troublée qu’honnête sur ce point. Finalement, au terme d’une silencieuse réflexion qui s’était bien moins éternisée que la précédente, je consentais à abaisser mon arme, le canon pointant vers le sol.

Initialement, je n’avais pas l’intention d’accéder à ses requêtes dans l’immédiat, quand bien même je pouvais comprendre son empressement à se débarrasser de ces miasmes sanglants. A aucun moment je ne comptais laisser à James l’occasion de remettre en doute mes capacités de jugement en laissant une inconnue pénétrer dans notre refuge sur mes seuls a priori, ni mettre en péril la discrétion - déjà bien mise à mal malgré notre très récente installation - et la sécurité de notre groupe. Cependant, le dilemme était posé, à l’instant même où Cornelia avait mis les pieds dans l’enceinte de la caserne. Malgré son ignorance, elle en savait d’ores et déjà trop sur notre position, sur le fait que la caserne de pompiers était occupée par un groupe. Dans l’absolu, il ne m’était pas vraiment permis de la laisser repartir. C’était laisser courir le risque qu’elle ne fasse une bien plus mauvaise rencontre qu’un simple rôdeur. Je laissais un long soupir pensif m’échapper avant de faire claquer ma langue contre ma palais et reprendre la parole.

“Je m’appelle Jena,” répondis-je d’un ton assez formel, pour lui rendre la politesse, avant de poursuivre. “C'est d'accord ; mais avant toute chose, je n’agis que pour préserver l’intégrité de mon groupe et assurer leur protection. J’ignore pourquoi vous êtes ici, j’ignore tout de ce que vous avez dû faire pour survivre jusqu’à présent, si vous êtes seule ou si vous appartenez à un autre groupe, ni même quelles sont vos véritables intentions. Je vous trouve sincère, je vous pense honnête ; mais je sais, mieux que beaucoup, que les apparences peuvent être trompeuses. Malgré tout, je vais vous donner une chance, de la même manière que l’on m’en a donné une il y a quelques temps de ça.

Je ne le fais pas pour vous cependant ; et comprenez bien, Cornelia, que si je sens venir la moindre entourloupe de votre part, l’ombre d’une menace, j’aurais certes des remords à vous tuer, mais aucune hésitation à le faire,”
l’avais-je informée en soutenant son regard de mes iris azurés et déterminés d’un ton sec et tranché, mais qui ne manifestait de colère ou de rancune d’aucune sorte.

Puis, je m’étais reculée de quelques pas, gardant mon attention portée vers notre visiteuse matinale avant de tendre mon bras désarmé en arrière et lui ouvrir la porte de la tour, lui intimant d’entrer dans les lieux d’un mouvement de tête.

“Après vous, les mains toujours en évidence. Tout en haut de l’escalier. Ne faites pas attention à l’odeur,” lui aurais-je indiqué dans un premier temps, avant de lui poser une question bien plus banale. "Et sinon, au delà des bois, d'où venez-vous ?"

Cornelia N. Feuerwald

Anonymous
Invité
Lun 14 Nov - 19:12
Le pistolet avait fini par se baisser définitivement. Il semblait qu'au final la confiance pouvait encore un peu exister dans ce monde. Il valait mieux pour Cornelia. Devoir se mettre entre les mains de cette femme inconnue pour survivre ne lui faisait pas plaisir mais elle n'avait pas véritablement d'autre choix. Au moins maintenant elle n'avait plus le poids de l'arme fixée sur son corps, c'était déjà cela de gagné.
La fermeté des paroles prononcées ne laissaient aucune place au doute. Si elle devait la tuer, elle le ferait. En même temps, qui était-elle pour juger alors qu'elle s'était forcée à écraser ce qui avait été la tête d'une femme entre deux rochers?

"Essayez au moins de viser bien si vous devez me tuer, que ça soit un peu propre."


La morgue avait fini par revenir, cependant, ses yeux restaient voilés par une une forme d'inquiétude assez discrète. Elle craignait le moment où elle allait enfin pouvoir se reposer... en même temps que les questions se poseraient. Ce qui lui était arrivé n'était pas normal, définitivement. Elle n'avait jamais été croyante, du moins il ne lui semblait pas, et ce qui était arrivé... elle ne comprenait pas. Il n'y avait rien à comprendre pour le moment et elle n'aimait pas ça. Pas du tout. L'angoisse première qui avait été la sienne lorsqu'elle s'était réveillée il y à peine quelques heures lui revenait amplifié à la figure tandis qu'elle s'engouffrait dans l'escalier, les bras le long du corps. Amplifié par la faim, le froid, la fatigue, la crasse... Elle rêvait benoîtement à une douche tiède, des draps relativement propres et une boîte de conserve réchauffée.

"Comparée à celle de mon corps et de mes vêtements, celle de cet escalier est un délice."


Avec Jena dans son dos au moins elle ne pouvait plus voir les expressions de son visage. Cornelia serra sa mâchoire. Elle avait envie de pleurer d'incompréhension, de peur. Sa mort, ses visions. Est-ce qu'elle avait rêvé sa mort, est-ce qu'on l'avait droguée ? Elle venait à douter de tout ce qui n'était pas immédiatement tangible. Perdue dans ses pensées elle se rendit à peine compte de la question qui lui avait été posée, ce qui créa une latence involontaire dans sa réponse.

"Heu... je... je viens du Texas à la base; je sais pas trop dans quel coin j'ai fini. On a pas mal roulé, vers le sud. "
Elle se retourna un instant. "Enfin c'est compliqué. A la base je viens de New-York."
Elle marqua un temps de pause en repensant à son ancienne vie à... Son coeur se serra, mieux valait pas y penser sinon... "Enfin bref. On est où là d'ailleurs ?"
 Elle ne cilla pas en prononçant sa question, bien qu'elle se rende compte de l'incongruité de cette dernière.

"Et on est quel jour ?"

Dans le même temps elle ne voulait pas raconter ce qui lui était arrivé, dans le même temps elle avait quelqu'un qui lui paraissait fiable et elle avait besoin de réponses. Même si elle n'était pas sûre de pouvoir repartir de suite au vu de ce que Jena avait pu dire sur la protection du camps.

Jena Higgins

Anonymous
Invité
Mer 16 Nov - 13:27
La  montée des escaliers se déroulait sans véritable encombre. Cornelia avait commencé à progresser devant moi, tandis que je maintenais une distance suffisante pour pouvoir réagir si jamais l’idée lui prenait de devenir bien moins coopérative. Cependant, je n’avais pu m’empêcher de plisser le nez dans une grimace gênée de dégoût alors que je pouvais aisément sentir l’odeur de putrescence qui se dégageait d’elle et de sa chemise. Une puanteur que je mettais sur le dos de ses souillures, mais qui me semblait particulièrement pugnace pour un seul individu ; et je ne comprenais que mieux l’empressement de notre visiteuse à réclamer une bonne douche.

Je ne relevais pas particulièrement sa remarque et demande de faire les choses proprement si je devais lui ôter la vie tant cela me semblait une évidence. Je n’étais pas une sadique ni même un monstre, je ne prenais aucun plaisir à faire souffrir mes semblables, alliés comme ennemis. Mais la survie de Cornelia ne dépendait en réalité que d’elle, et tant qu’elle restait sur le chemin de la coopération qu’elle avait choisi de suivre, elle ne m’offrait aucune raison légitime d’attenter à sa vie. C’était aussi simple que ça.

D’ailleurs, je n’avais pu m’empêcher d’esquisser un léger sourire en coin suite à la remarque ironique de Cornelia sur l’état de l’escalier comparé à celui de son propre corps. Une légère touche de dérision qui allégeait le poids et la tension qui continuait de se dresser entre nous à mesure que nous franchissions les différents paliers des escaliers et prenions de la hauteur. Par la suite, j’avais plus attentivement écouté ses réponses sur ses origines, m’étonnant agréablement de rencontrer une autre New-Yorkaise au beau milieu du Texas. Le monde restait démesurément petit en fin de compte.

J’allais pour lui répondre à propos de ce détail tout particulièrement, juste pour relever l’étrange et amusante coïncidence que la suite de ses réponses m’amena à reconsidéré mon jugement à propos de cette impromptue visiteuse. Les sourcils froncés, tant par mes réflexions personnelles que par le doute, je gardais le silence jusqu’au sommet des escaliers et m’arrêtais au devant de la double porte qui donnait sur l’antichambre de notre lieu de vie. Lentement, j’avais contourné Cornelia, tâchant de la garder dans mon champ de vision malgré mes pensées qui me laissaient de plus en plus suggérer que je n’avais effectivement rien à craindre d’elle ; à l’exception du sang qui souillait ses bras.

Son apparente incapacité à situer la date comme le lieu où elle se trouvait, son incapacité à m’expliquer comment elle était arrivée dans les bois ou encore le sentiment de naïveté, de légèreté que j’avais ressenti à son propos précédemment ; tout cela sans mentionner sa tenue particulièrement peu adaptée à une survivante étrennée. D’un geste lent, j’ouvrais la porte qui séparait la cage d’escalier du hall et invitais Cornelia à me suivre à l’intérieur de cette pièce.

Celle-ci se voulait particulièrement sobre et morne. Un faux-parquet clair, imitation bois, contrastant avec grande peine avec ses murs marron, fades et ternes. Mais la décoration originelle du lieux, véritablement sans âme et sans chaleur, s’était vue agrémentée des témoins muets d’une précédente scène d’horreur qui avait pu avoir lieu ici. Si aucun corps n’était encore en place, il n’en restait pas moins de nombreuses giclées de sang ayant marqué la peinture au point de l’assombrir distinctement. Des restes qui marquaient leur absence par une odeur de pourriture et de mort qui se voulait tenace, un véritable rappel aux mémoires que chaque recoin de ce monde était un potentiel lieu de carnage et d’horreur. Seule une grande fenêtre, très grande même, offrait une vue sur l’extérieur, vers le Sud et les bois lointains dont Cornelia s’était échappée bien plus tôt. Par ailleurs, la pièce donnait sur trois autres portes, blanches avec une poignée métallique. Une porte simple et deux autres double-portes.

Je me rapprochais de l’une d’entre elle, située sur ma droite avant de me retourner, dos contre celle-ci, pour faire face à la femme qui était venue à nous. Par mégarde ? J’en doutais de plus en plus fortement à mesure que j’ordonnais mes pensées. De nouveau, je la dévisageais longuement, pensive, avant de lui adresser un mince sourire, porteur d’une certaine tristesse compatissante malgré tout. Du bout de la langue, j’humectai mes lèvres puis pris la parole afin de lui répondre et la sortir de ses doutes.

“Nous sommes le 7 Avril 2035, et vous vous trouvez dans une petite ville du Nord-Ouest du Texas, appelée Snyder, à environ 200 miles à l’ouest de Dallas,” lui avais-je annoncé sans détour, désireuse de guetter quelles seraient ses réactions à ces informations. Pour autant, je ne comptais pas la laisser dans l’ignorance plus longtemps, tout comme je comptais bien vérifier mes doutes à son propos. Je relevais légèrement mon menton en appuyant mon regard sur son visage, les paupières légèrement plissées, me donnant sûrement un air inquisiteur, à la curiosité bien mal placée avant de reprendre la parole d’un ton bien plus compatissant, contrastant avec mon attitude.

“Si vous êtes bien ce que je pense, Cornelia, je pense que je vais avoir beaucoup d’autres choses à vous dire. Mais pour m’assurer de cela, j’ai besoin que vous répondiez à une question qui va vous paraître saugrenue : aurais-je des raisons de vous croire folle si vous me racontiez votre histoire ?”

Cornelia N. Feuerwald

Anonymous
Invité
Ven 2 Déc - 13:56
Elles finirent par arriver au bout de l'ascension de l'escalier. Les dernières marches tombaient sur une double porte que Jena ouvrit en passant devant Cornelia. Cette dernière remarqua que bien qu'elle semblait légèrement plus détentue son regard ne l'avait pas quitté une seule seconde. Elle continuait à faire attention. Au final c'était probablement elle qui avait les bonnes réactions plus que l'allemande. Cornelia avait l'impression d'être noyée sous tellement d'incompréhensions qu'elle en oubliait la peur rationnelle envers les autres humains qu'elle même avait pu ressentir avant sa chute. La salle qui se découvrait derrière les portes était à l'image de l'ambiance globale : vide, sans saveur, éteinte... ça avait probablement été un lieu de passage, un simple hall. Elle n'imaginait personne travailler ou vivre de manière continue dans un endroit aussi peu intéressant et austère.

Mais comme la situation et le complexe en général, sous une simplicité apparente, rapidement apparaissait aux yeux - à qui savait regarder et voulait le faire - les témoins d'un passé probablement assez récent et très peu ragoûtant. Des tâches de sang maculaient la pièce. L'odeur de charnier qui avait commencé à naître dans les escaliers semblait maintenant suer par tous les pores de cette pièce. Cornelia retint un haut le coeur dans une moue incontrôlée de dégoût. Il y avait eu des morts ici. Quand à savoir lesquels et combien... il était difficile de le dire, mais elle n'était pas vraiment sûre de vouloir le savoir. Elle avait endossé son armure et préférait ne se poser aucune question à ce sujet, du moins pour le moment. Pas tant qu'elle ne se serait pas calmée. Pas tant qu'elle n'aurait pas remis de l'ordre dans ses idées.

La fenêtre face à elle laissait apparaître les bois d'où elle venait, où elle avait...ressucité vu que c'était le terme consacré. Elle s'avança vers cette dernière, perdue dans ses pensées. Du coin de l'oeil elle enregistra que son hôte s'était dirigée vers une des portes et s'était mise à la dévisager, mais sans que ces informations ne jouent sur ses gestes. Elle se fixa face à la vitre. Où était-elle apparue précisément ? Elle essayait de repérer des arbres remarquables qu'elle avait pu avoir auprès d'elle, mais à cette distance tout se ressemblait. Elle avait l'impression d'être dans l'oeil du cyclone de ses sentiments. Il suffirait d'un mouvement trop brusque pour qu'elle soit emportée par ces derniers.

Cornelia hocha la tête en enregistrant les informations qui lui avaient été données. Elle avait perdu le décompte du temps quand ils s'étaient mis à fuir vers le sud. Elle aurait été bien incapable de dire depuis combien de temps précisément elle avait sombré. Mais longtemps probablement au vu de la moisissure de ses vêtements. De la même manière,  Dallas n'était pas vraiment la ville dont elle avait été le plus proche. On l'aurait déplacée sur autant de kilomètres ? Pourquoi ? Qui ?
Elle faisait en sorte de garder son visage de marbre, même sa machoire se crispa en entendant ces nouvelles qui au lieu de lui apporter des réponses créaient de nouvelles questions.

"Merci de ces réponses."

Cornelia tourna sa tête vers Jena dont l'expression avait entièrement changé, donnant à son regard un air suspicieux, curieux... Elle devait s'en rendre compte car à l'inverse sa voix s'était adoucie. Les paroles qui fusèrent entre les lèvres vinrent frapper l'allemande de plein fouet. Si elle était... Comment ça si elle était... Des choses à apprendre... je... comment pouvait-elle savoir ? Ses yeux se remplirent d'inquiétude et de colère. Elle essayait de l'utiliser. Il n'était pas difficile de se rendre compte qu'elle était complètement perdue. Des paroles comme celles là feraient mouche à tous les coups. Elle ne voyait pas l'intérêt que Jena pourrait avoir à la torturer de la sorte mais elle ne pensait pas que quiconque pourrait avoir de réponses à ce qui lui était arrivé.

"Ne vous moquez pas de moi." Son regard se fixa à nouveau vers la forêt, son ton était sec. Ses yeux commencèrent à s'embuer, et elle retint difficilement le reflexe de les essuyer avec ses mains. "C'est suffisamment difficile comme ça". La dernière phrase avait été presque chuchotée, crachée entre ses dents serrées. "Vous devez en croiser souvent des fous hein ? Des gens paumés qui savent pas trop ce qu'ils font là." Elle resserrait ses bras contre elle et s'était à nouveau détournée de la fenêtre pour se mettre face à Jena. "Alors oui je suis paumée, oui je ne sais pas comment je suis arrivée là. Je n'aurais pas dû être là. Et vraiment je doute que vous en sachiez plus que moi sur ce qui m'est arrivé."

Le ton était encore contrôlé, même si de plus en plus froid et cassant, mais il était facile de deviner que derrière la rigidité des mouvements la barricade ne tarderait probablement pas à céder de quelque manière que ce soit.
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