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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Un havre de paix ? - 07/04/2035
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Jena Higgins

Anonymous
Invité
Ven 2 Déc - 20:01
Je ne m’étais pas départie de l’empathie sincère que je ressentais sous les réponses de Cornelia, frappée par les émotions que la femme laissait entrevoir. Sans mal, j’avais pu percevoir la colère qui se dressait en rempart de son affliction plus profonde ; une colère bien légitime alors qu’effectivement, la tournure de ma question avait de quoi déstabiliser. J’aurais même menti de répondre que ce n’était pas là mon intention ; c’était très exactement ce que je voulais, provoquer des réactions que je serai apte à évaluer et juger, pour confronter ma présomption de plus en plus établie à la sincérité de notre visiteuse matinale.

D’ailleurs, à sa petite rhétorique sur la folie quotidienne que je pouvais côtoyé, Cornelia aura pu voir les traits de mon visage s’adoucir pour s’accorder au ton de ma voix, allant même jusqu’à grimacer d’une amère douleur que je m’efforçais de taire à se propos. Mes iris azurés ne se seraient pas voilés d’inquiétude ou de remords, seulement de doutes profonds quant à la portée de la question de mon interlocutrice, dont elle ne devait même pas soupçonner l’étendue. Baissant légèrement le visage et le regard, je me serai mordue la lèvre inférieure l’espace d’une seconde en manifestation des émotions que je ressentais à l’instant, avant de finalement lui souffler, dans un presque murmure tressaillant.

“J’en croise tous les jours, dans mon miroir,” lui avais-je finalement confié en redressant la tête, trouvant son regard pour venir le soutenir, arquant un sourcil interrogatif particulièrement fugace avant de prendre une longue inspiration. “Je vais prendre vos mots pour une affirmation, et en effet, je ne sais rien de vous. Je ne sais pas ce qui vous est arrivé. Plus exactement, je n’ai pas de réponse à vous fournir sur pourquoi ou comment vous vous retrouvez ici, non loin de nous d’ailleurs. Personne ne sait pourquoi ça se produit ; mais de ce que vous prétendez, de votre apparence comme de votre perdition, je ne pense pas me tromper si je confirme vos propres mots : vous ne devriez effectivement pas être là...”

D’un geste assez vif, je relevais ma main libre d’abord paume ouverte puis dressant un index interruptif vers le ciel, incitant Cornelia à garder le silence et ses probables questions et remarques afin de me laisser poursuivre.

“Vous avez été infectée, d’une façon ou d’une autre, griffée ou mordue peu importe, par l’un de ces infectés il y a de nombreux mois de cela, probablement bien loin d’ici. Et selon la bonne vieille logique fataliste et inéluctable de cette maladie, vous y avez succombée. Et dans ce que vous avez peut-être cru être votre dernier voyage, ou dernier sommeil, ou route vers l’Au-Delà ou je-ne-sais quel autre plan mystique issu de vos croyances, vous avez faits d’étranges rêves aux propos prophétiques ; puis vous vous êtes… réveillée. Ressuscitée, au beau milieu de nulle part. Peut-être même avez-vous pensé qu’il s’agissait de votre vie après la mort, peut-être pensez-vous que c’est toujours le cas d’ailleurs…”

Je secouais lentement la tête pour appuyer par la négative cette supposition. “Grosse déception, mais non. Vous êtes toujours sur cette bonne vieille Terre, toujours au Texas, et sacrément bien vivante. A votre réveil, vos vêtements puaient la moisissure et la décomposition, et sans offense, c’est toujours le cas, mais votre corps se trouve être débarrassé de toute souillure, toute cicatrice. L’endroit où vous avez été griffée ou mordue, impeccable, comme si cette blessure n’avait jamais eu lieu et n’était qu’un affreux souvenir ; mais à côté de ça, vous êtes complètement paumée. Incapable de vous situer dans le temps ou dans l’espace, incertaine même de la réalité de ce que vous vivez, peut-être même encore en ce moment. Non loin de vous devaient se trouver des objets, neufs, dont l’appartenance vous était inconnue ; et j’irais même jusqu’à supposer que c’est le cas de votre bagnole, clairement trop propre pour le monde dans lequel nous vivons.”

Mon regard se durcit un peu plus à l’encontre de Cornelia, bien que ça n’avait techniquement rien de personnel à son encontre. Pour l’instant, je préférais garder pour plus tard la mention toute particulière du risque infectieux qu’elle représentait à mon égard. J’étais à peu près certaine que mon interlocutrice avait suffisamment d’informations à digérer pour le moment.

“Maintenant, au risque de me répéter, je ne sais rien des raisons qui font que cela arrive, à vous comme à d’autres, mais c’est pourtant la réalité. Cela se produit depuis des mois maintenant. Vous n’êtes pas la seule, et encore moins la première. Ici même, dans ce bâtiment, au sein de ce groupe. Tous ici sont des ressuscités, des individus ayant vécu la même expérience que vous. Des gens qui comptent pour moi.”

Je marquais une pause, fronçant légèrement les sourcils tout en continuant de dévisager Cornelia, me focalisant sur ses réactions et son attitude, parée à réagir à toute éventualité si jamais cette dernière en venait à se montrer agressive, ou au contraire sur le point de défaillir. Je savais pertinemment ne pas y aller par quatre chemins, parlant et affirmant mes paroles avec une franchise brutale, dénuée d’artifice comme d’atermoiements.

“Je suppose que vous comprenez sûrement mieux la raison pour laquelle, malgré les apparences, je ne me moquais pas de vous. Peut-être est-ce moi qui passe pour une folle désormais ? Peut-être que seule une folle aurait effectivement l’idée de vous tendre la main et vous offrir un abri, un repas et une bonne douche. Reste à savoir si vous préférez saisir cette main, ou la mordre ?”

Cornelia N. Feuerwald

Anonymous
Invité
Sam 3 Déc - 12:45
Cornelia avait soutenu le regard de la jeune femme durant toute sa déclaration. Cependant, des crispations de la machoire ou de sa main trahissaient le fait que les souvenirs remontaient à chacune de leur évocation par Jena. Quand elle avait parlé de la morsure elle avait eu l'impression de ressentir à nouveau les dents des multiples zombies transperçant sa chaire, déchirant l'ensemble de son corps avant que tout ne devienne sombre. Si il n'y avait plus de marques laissées sur son corps, son esprit était encore marqué au fer rouge par la terreur indicible et le supplice qu'elle avait ressenti pendant quelques secondes qui avaient donné l'impression d'être une éternité d'être dévorée vivante. Le poids des corps morts sur elle, l'odeur de charogne à quelques centimètres de son nez, les grognements inhumains. Les os qui craquent sous l'effort, le sang qui dégorge, les tripes qui se resserrent. L'envie de crever.

Les larmes retenues jusque là s'échappèrent de leur prison de chair pour aller finir leur course dans la crasse du cou, traçant leur sillon humide sur les joues de Cornelia. Le stress accumulé par son corps et son esprit avait sa porte de sortie et comptait l'utiliser. Sa poitrine commençait à se resserrer tandis qu'elle retenait avec difficulté les sanglots qui voulaient suivre l'exemple des larmes et fuir leur carcan. Bien que noyée au milieu de ses émotions qui se relâchaient, elle refusait de se laisser aller devant une inconnue, d'autant plus une inconnue à qui elle devrait la vie. Elle se raccrochait à cette idée pour ne pas sombrer, comme une noyée à une planche de bois flotté au milieu d'une tempête. Sa coquille semblait dérisoire au vu de ce qui l'entourait, mais c'était pourtant ce qui lui maintenait la tête hors de l'eau.

*Tu n'as pas perdu la raison.*

Les vagues qui la secouaient semblèrent se figer dans leur mouvement au moment où cette pensée fit surface.

*Si ce qu'elle raconte est vrai, ça veut dire que tu n'es pas seule non plus.* La pensée se construisait petit à petit.

Son corps sembla se détendre d'un coup offrant un spectacle probablement étrange à qui ne pouvait deviner ce qui se passait actuellement à l'intérieur.

"Je ne suis pas folle." Les mots presques inaudibles avaient traversé ses lèvres sans qu'elle ne s'en rende compte, presque comme si elle venait de se réveiller. Oubliant l'état de son corps et les miasmes posés dessus, elle passa sa main dans ses cheveux tandis qu'elle reprenait petit à petit ses esprits et sa contenance. Seule les traces laissés par l'eau qui avait coulé de ses yeux trahissait ce qui avait pu se passer dans son esprit quelques instants avant.

"Je suis désolée de m'être laissée allée devant vous." L'étincelle amusée qui avait pu disparaître de son regard venait d'y renaître avec une lumière nouvelle. "J'évite de mordre les mains armées de pistolet. Je la saisirai donc volontier." Elle regarda ses paumes recouvertes de sang. "Enfin, une fois que je me serais lavée. Ce sera mieux pour vous je pense."

Ses angoisses et ses doutes étaient toujours là, présents, mais renvoyés au fond, à l'arrière. Ils finiraient par ressortir un jour. En attendant, elle avait la possibilité d'avoir des réponses à ses questions. Enfin une partie.

"Vous avez dit que vos amis étaient comme moi...mais ça signifie que vous mêmes vous n'êtes pas une... une miraculée ?" En l'absence d'autre terme, elle avait choisi le premier qui lui était passé par l'esprit. "Désolée pour la curiosité indiscrète, mais je pense que je vais avoir beaucoup de questions à poser dans les prochains jours."


Fin du jeu.
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