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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Nouvel espoir - 06/04/2035
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Matt Campbell

Anonymous
Invité
Mar 27 Déc - 13:48
A la question de la jeune femme, Matt stoppa sa gestuelle, crispant les doigts sur le manche de la casserole comme sur le plastique de la bouteille d’eau qui s’écrasait peu à peu sous la pression. Un instant de flottement qui ne s’éternisa pas plus de quelques secondes, dans un silence morne, avant que l’homme ne se remette à la tâche. S’il avait effectivement buté sur les derniers mots d’Angela, il n’avait cependant pas perdu une miette des bribes de sa propre histoire qu’elle lui avait livrées. L’ancien archéologue s’était laissé égarer par la légèreté toute relative de ce qu’il avait conté. Cette discussion avait jusqu’à lors adopté une tournure digne d’un échange de salle d’attente, à savoir passer le temps et nouer le contact, sans aucune arrière-pensée. Chose qui venait de cesser à l’instant même où la jeune femme avait évoqué la supposée présence “d’autres” potes.

Matt secoua la tête mollement, de gauche à droite en délaissant finalement la casserole d’eau vide, légèrement fumante. A vrai dire, des potes, il n’en avait pas eu depuis son retour au pays. La grande majorité n’était que des contacts au sein des universités du Caire ou d’Haïfa ; des confrères disséminés aux quatre coins du globe, mais personne au pays. Si ce n’avait pas été pour sa sœur et sa famille, il était certain que Matthew ne serait jamais revenu au Texas. Et il en était de même des personnes qui avaient partagé son quotidien dans les murs de cette baraque. A l’exception de sa sœur, il ne s’était pas réellement senti proche de qui que ce soit autrement que par un concours de circonstances particulièrement inexplicable. Cassandra était morte, Kaitlin et Koda parties avec James ; et ceux qui avaient finalement choisis de rester avec la fratrie Campbell avaient fini par plier bagages à leur tour. Matt se demandait même parfois ce qu’il était advenu d’eux, s’ils allaient bien ou si le destin leur avait déjà fait payer le prix fort pour leur prise de risque et de liberté.


« Je n’ai pas de pote. Seulement ma sœur, malade et clouée au lit dans le camping-car. Tous ceux qui vivaient là, avec nous, ont fait le choix de partir. Certains par choix. D’autres non... »

L’homme avait désigné la large baie vitrée d’un mouvement de bras, laissant ainsi découvrir par les carreaux de celle-ci la présence d’une tombe, marquée d’une simple croix en bois anonyme.

« Ma sœur et moi avons pris l’engagement de remettre cette demeure en état, la rendre plus sécuritaire, plus confortable pour y vivre et affronter les menaces extérieures, mais nous n’avons guère été suivis dans notre volonté de venir en aide à notre prochain. Monter un groupe, une petite communauté, pour cesser de vivre au jour le jour à attendre que ce monde décide de nous emporter. Donc non, pour répondre à ta question, je ne suis pas seul ici. Je me contente pour l’instant de veiller sur la santé de ma soeur pour l’aider à se remettre. Mais c’est plus une façon de présenter les choses que la réalité. Dans les faits, je suis bel et bien seul à essayer de gérer cela, sans trop savoir par où commencer. »

Matt laissa par la suite ses mots se perdre dans un silence pensif, n’ayant pour l’instant plus d’eau bouillante à transvaser. Une sorte de pause dans le rituel qui fut la bienvenue, permettant à l’homme de se détourner de la gazinière pour se rapprocher de la table du salon et d’Angela, respectant cependant une distance de sécurité et d’intimité vis-à-vis de la jeune femme. Il se contenta simplement de tendre la main vers le paquet de biscuits secs pour en prendre un, mâchouillant ce dernier sans réel appétit en se perdant dans ses pensées. Un silence qui laissait tout loisir à la jeune femme de répondre si elle l’avait souhaité. Mollement, l’ex-archéologue avait amené son regard émeraude se poser sur le visage de la jeune femme qui semblait éprouvé par les épreuves et ce monde. Quelque part et au-delà la grâce féminine de ses traits, Matt restait là à contempler comme un miroir de sa précédente existence, quand lui-même avait appliqué la même philosophie de survie à la recherche de sa sœur. Avancer, jour après jour, sans s’arrêter, sans espérer retrouver un semblant de stabilité. Finalement, au terme d’un silence s’étirant sur quelques minutes, il avait fini par reprendre la parole.

« Je ne vais pas te cacher que les menaces qui pèsent sur nous sont grandes, et multiples. Rester statique dans cet endroit, exposé et peu protégé, c’est de la folie selon moi. Le seul atout de ce quartier réside dans son isolement et sa géographie. Plane, dégagée, à la limite entre ville et campagne. Il y aurait moyen de faire quelque chose de cet endroit, plus utile qu’un grand brasier à ciel ouvert. Ça reste de la folie, mais peut-on vraiment espérer mieux dans un monde aussi dingue ? »

Au terme de sa question, Matt s’était humecté les lèvres du bout de la langue, toujours plus pensif et concentré, trahissant la vélocité de ses pensées de quelques caresses portées au sein de sa barbe hirsute avant de poursuivre, un léger sourire plus amusé sur les lèvres.

« Par exemple, et tu risques de me prendre pour un dingue, mais savais-tu qu’il existe des personnes dans la région qui sont revenues d’entre les morts après avoir été infectées, parfois à des centaines de kilomètres d’ici ? »

A nouveau, l’homme se tourna vers la baie vitrée et désigna la tombe de la défunte Cassandra qu’il avait creusée de ses propres mains.

« La fille qui est enterrée ici était l’un de ces individus particuliers. Si ça, c’est pas une invitation à succomber à la folie de ce monde, alors je ne comprends pas ce que je fais ici, ni même pourquoi je devrais continuer de vivre. »

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Mar 3 Jan - 23:10
Elle l’observait, guettant sa réponse tant attendue, une réponse qui aurait pu l’éclairer sur le reste de la marche à suivre pour la jeune femme envers cet homme, et peut-être son groupe. Mais non. Matt balança la tête de gauche à droite quelques secondes après un silence qui semblait alourdir l’atmosphère d’un certain malaise, un malaise que même Angela avait ressenti. Malgré cela, la jeune femme attendait la réponse, patiemment, jusqu’à ce qu’il se décide à lui avouer que seule sa sœur et lui se trouvaient dans cette demeure, ou plutôt, dans un camping-car. Elle fût rassurée d’avoir vu juste, d’avoir raison, d’avoir senti qu’il ne pouvait pas être seul, et même si elle avait parié sur un groupe, Matt venait d’avouer que la plupart étaient soient morts, soient partis ou forcés de partir. Elle pensait à cela alors que son regard se posait sur la croix plantée à l’extérieur qu’elle découvrait dans le coin de la fenêtre à quelques mètres de là.

Elle aurait entendu ses paroles, l’écoutant presque solennellement, comme si elle savourait le fait de pouvoir enfin discuter simplement, sans ambiguïtés, sans arrière-pensées, sans penser à la balle qu’elle se prendra dans la nuque, ou encore sans avoir besoin de chercher la sortie la plus proche à prendre en cas d’urgence. Des « humanistes » aurait-elle pu penser, et une simple pensée se serait forgée dans son esprit. La faiblesse de la bonté humaine. Le monde tombait, l’homme suivait sa mère, la Terre, dans sa déchéance, reniant toute humanité, toute morale, et ceux qui tentaient de la conserver se voyaient châtiés de toutes les manières qui inimaginables, que cela soit par l’Homme lui-même, par les morts, ou tout simplement par la Nature elle-même. Elle ne pouvait penser que former un groupe dont le seul objectif était d’aider son prochain. Les forts subsistent, les faibles périssent. C’était une des phrases qui tenaient sa ligne de conduite. Finalement, elle ne s’en était pas trop mal sortie jusqu’à ce moment, sa seule faiblesse fût de rester seule pendant trop longtemps, mais accompagnée par les bonnes personnes, elle n’aurait plus aucune difficulté pour survivre dans ce sombre monde.

Elle n’avait rien dit, préférant manger ces quelques biscuits qui lui étaient offerts, comme si elle n’aurait que ça à manger pendant des semaines. Finalement, n’était-ce pas la vérité ? Imaginer le pire pour n’avoir que des bonnes surprises ? S’attendre à mourir de faim alors qu’elle aurait très bien pu trouver une boite de conserve comme dans cette maison précédemment fouillée ? Ce n’était pas si mal comme philosophie. Puis Matt avait continué à parler, et là, à ce moment-ci, le sujet devenait intéressant. La défense et la localisation de leur campement, certes, elle aurait préféré connaître l’emplacement géographique exact de ce lieu pour parvenir à s’orienter au mieux possible, mais elle aurait dû se contenter des lamentations de Matt sur la situation plus que précaire de leur campement. Certes, des travaux auraient étés bienvenus, mais le strict minimum aurait été bien trop dur et bien trop long à effectuer pour pouvoir espérer tirer quelque chose de ce lieu. Encore une fois, elle aurait gardé le silence, patientant, attendant qu’il termine son discours avant de prendre la parole. Encore une fois, elle l’aurait écouté, mais à cet instant, elle tiqua.

Des personnes revenues d’entre les morts ? Après une infection ? Finalement, ce n’était pas elle la folle, c’était ce monde. La coïncidence était bien trop grande. Surtout lorsqu’il parla de la fille enterrée plus loin. Elle qui était l’une des leurs, l’une de ces personnes spéciales, Matt venait d’avouer qu’il en exister d’autres qu’Angela. Et il y en avait certainement d’autres, était-ce une preuve de supériorité ? Est-ce que ces ressuscités étaient le pan supérieur de l’évolution humaine ? Sélection naturelle ? Grâce divine ? Transhumanisme ? Au plus profond d’elle, Angela le savait, elle n’était pas comme les autres, mais était-ce pour cela que la jeune femme se devait d’être le cadeau empoisonné ? Et si jamais cet Inquisiteur n’était en réalité qu’un prophète ? Que le prophète ? Son prophète ? Combien de choses restaient-ils encore à découvrir sur ce phénomène ? Sur elle-même ? Sur ce monde ? Elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle avait arrêté de mâcher, gardant sa mâchoire ouverte, mais toujours la bouche fermée, les yeux dans le vide. Elle ne faisait aucun mouvement, ne relevant pas le regard, elle répondit juste :

« Oui… Ch’le ch’avais. »

Oui, être l’élue de Dieu, un être supérieur ou même un surhomme, enfin, une « surfemme », n’empêchait pas les gens de terminer les biscuits qu’ils avaient encore dans la bouche. Juste après avoir prononcé ces mots, elle aurait relevé ses yeux pour les plonger dans ceux de l’archéologue. Avalant ce qui restait dans sa bouche d’un coup sec avant de repousser de quelques centimètres le paquet de biscuit.

« Fais pas ta pédale, va pas te suicider alors que ta sœur malade n’a plus que toi. On va faire un truc, on va se faire une sortie tous les deux, comme tu l’as dit, on n’est pas loin de la ville, alors on va y faire un tour. Si tu veux faire de cet endroit quelque chose de bien mieux qu’un Burning Man, il te faudra du matos, et si tu préfères trouver un autre endroit, j’te conseille la ville. Des morts partout, mais c’est bien plus sécurisé. Et de toute façon, faut que je te rembourse une nuit d’hôtel et un paquet de biscuits. T’en dis quoi ? Tu vas continuer à rester là en pleurnichant ou tu vas te bouger le cul pour faire bouger les choses ? »

Elle se serait redressée, gonflée d’orgueil à l’idée qu’elle était une de ces personnes de spécial, non pas d’unique, puisqu’elle n’était visiblement pas la seule, mais au moins spécial, et certainement supérieur au reste des hommes et des femmes qui tentaient de survivre sur cette planète décharnée. Elle se serait retournée pour faire face à Matt en lui adressant quelques mots :

« Si je suis crue avec toi, c’est pour que tu te bouges. Si j’en avais rien à foutre de toi, je me serai barrée et je t’aurai laissé te démerder avec ta sœur tout seul, mais je te propose une sortie en ma compagnie. Ce n’est pas rien ! »

Elle aurait redressé les deux bras en l’air pour se mettre bien en évidence. Et oui, une sortie en compagnie d’Angela valait son pesant de patates, ou même de cacahuètes, et elle le savait. La jeune femme affichait même un grand sourire à l’attention de l’archéologue pour l’inciter à accepter, ou du moins, à répondre positivement à sa demande.

Matt Campbell

Anonymous
Invité
Dim 15 Jan - 22:52
Matt n’avait pu dissimuler la surprise qui l’avait saisi quand Angela lui avoua connaître la situation à propos des ressuscités, sans même s’en étonner ou s’en moquer. Difficile d’en supposer les raisons cependant, chaque individu encore vivant aujourd’hui, pour une raison ou pour une autre, était une potentielle encyclopédie d’expériences plus déroutantes les unes que les autres. Néanmoins, si la jeune femme ne semblait pas faire preuve de trop d’incrédulité à cette nouvelle, la suite de ses propos à l’égard de Matt, particulièrement durs et directs, surprirent ce dernier tant ils paraissaient jaillis de nulle part, sans aucune raison.

L’ancien archéologue ne put réprimer un froncement de sourcils en se pinçant les lèvres sèchement, noyant presque celles-ci dans l’épaisseur de sa barbe et prenant une lente inspiration par le nez. Il prit assez mal les remarques d’Angela, tant par sa familiarité que par les fausses intentions qu’elle paraissait lui prêter. Le suicide, la vacuité, l’apitoiement. En quelques mots, Matt se retrouvait indécis quant au but de la démarche de la jeune femme comme du crédit à y accorder, tandis qu’il sentait une pointe d’orgueil naître en lui et appeler à une réponse plus vindicative.

Terminant les restes de son propre biscuit, déglutissant avec difficulté, il profita de cette ultime bouchée pour se raisonner et mesurer le début d’emportement qui menaçait de le saisir. Lentement, il joignit ses mains, croisant ses doigts avant de les faire craquer dans un geste pensif avant de finalement afficher un sourire en coin en réponse à celui d’Angela, soutenant son regard.


« Le suicide, c’est une affaire de lâche. De pédale comme tu le dis si bien ; comme le meurtre gratuit basé sur le principe de précaution, au nom de la survie pure et dure. Je te laisse imaginer ce qu’il resterait de toi si j’avais agi ainsi hier soir, comme une “pédale”. »

Matt avait parlé d’un ton plus dur et tranchant, laissant filtrer quelques trémolos excédés dans sa voix avant de se radoucir après quelques secondes de silence. Il était limpide que la remarque de la jeune Angela ne l’avait pas laissé de marbre, quand bien même il prenait, comme à son habitude, une majeure partie de son exaspération sur lui.

« Tu ne me dois rien. Ni pour la nourriture, ni pour la nuit. Je n’ai fait qu’agir selon mes principes, sûrement démodés, mais ça ne change rien. Tu es libre de partir si tu le souhaites, je ne te retiens pas. Tout comme je ne t’empêcherai pas de rester si tu le veux. »

Lentement, l’homme avait fini par s’éloigner de la table, retournant s’occuper de la stérilisation de son eau, les épaules moins affaissées de se retrouver ainsi pris à parti, quand bien même Angela prétendait ne vouloir que le voir se bouger, c’était là une remarque qu’il estimait bien déplacée de la part de cette inconnue alors que lui-même se persuadait d’avoir été plus que correct avec elle. Passablement bougon, Matthew garda le silence quelques minutes supplémentaires, faussement concentré sur le devenir de ses casseroles bouillantes, l’esprit en réalité bien plus absorbé à ressasser la petite provocation de la jeune femme non sans une certaine aigreur.

Et lorsqu’il s’intéressa à nouveau à la jeune femme, au terme de son silence pensif, ce ne fut pas sans afficher une dormante colère dans son regard d’émeraude ; sentiment négatif qui n’était pas spécialement dirigé contre Angela, bien qu’elle en fut le catalyseur.

« Qu’est-ce qui peut bien te faire penser que j’ai besoin de me bouger, d’ailleurs ? Le fait que je me tienne seul ici ? Là où d’autres ont préférés baisser les bras ? Ou plus simplement encore que j’ose soulever mes interrogations à haute voix devant une inconnue, un autre être humain ? Devant toi qui n’a l’air de douter de rien, et clairement pas de toi-même, qui avance sans te poser de question ? Tu oses m’interpeller pour faire bouger les choses, alors que tu n’as pas d’autre but que d’espérer chaque jour de survivre jusqu’au lendemain. J’ai moi-même mené ce genre d’existence auparavant, à redouter mes semblables pour simplement continuer de marcher droit devant, sans détour ; et crois-moi, ça ne mène nulle part ailleurs qu’à la plus funeste des destinations. Alors ne compte pas sur moi pour arpenter à nouveau cette voie. Je ne laisserais pas ce monde me dicter ma conduite cette fois-ci, ni me prendre à nouveau ce qui m’est cher.

Je ne laisserai pas ma soeur seule et sans défense ici. Nous partirons en ville quand elle sera remise, pas avant. Tu n’auras qu’à en profiter pour te reposer ici. Ca, ce n’est pas rien. »

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Mar 24 Jan - 21:08
Angela avait remarqué les différentes réactions de Matt suite aux propos qu’elle avait tenu. Mais finalement, c’était plutôt la jeune femme qui fût déconcertée par la réponse de l’archéologue. Ne plus comprendre pourquoi il devait continuer à vivre et refuser de se suicider aussi sèchement, ce raisonnement n’avait aucune légitimité pour Angela, surtout s’il se cachait derrière le fait qu’il ne l’avait pas abattu hier soir, soit disant qu’il pouvait être fier de ne pas avoir tiré, soit disant que ne pas tirer était un acte de bravoure, de courage contrairement au fait que tirer sur elle aurait été un acte de lâcheté. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de penser que l’homme qui était en face d’elle était complètement perdu, mais surtout, qu’il était convaincu d’être sur la bonne voie. Était-ce réellement le problème d’Angela ? Certainement pas.

Finalement, elle était contente d’avoir dormi à l’œil pour cette nuit, finalement, rester avec des gens augmentait ses chances de survie. Même si ces gens étaient comme Matt. Elle pourrait s’en servir d’une façon ou d’une autre, finalement, n’était-elle pas bien plus qu’un être humain ? Illumination divine, transhumanisme, ou tout simplement une mutation naturelle ? Elle avait presque envie de se surnommer l’Elevée, que ce soit en pensant à tout ce qu’elle avait surmonté, tout ce qu’elle avait vécu, mais qu’elle avait vaincu, car tous ces monstres rencontrés auxquels elle avait échappé, qu’ils soient vivants ou morts montraient bien qu’elle était bien meilleure que les autres, et même si la peur et le doute s’emparait d’elle, car peu importait la vanité qui encombrait son esprit et sa conscience, elle n’en restait pas moins humaine, même si elle tenait plus à se rapprocher de ce qui était au-dessus. Peu importait la peur, elle avait affronté l’Enfer, elle avait bravé le Néant, elle était une évoluée, mais pour elle, elle resterait à jamais l’Elevée.

Se galvanisant intérieurement, elle n’avait prononcé aucun mot, patientant, attenant que l’homme qui l’avait accueilli termine la pause qu’il avait entreprit, car oui, c’était bien une pause, et non pas un silence posé là car il avait besoin de paix, non, il reprenait son souffle avant de prononcer son discours. Mais elle n’avait pas pu deviner que les mots de l’archéologue avaient autant de férocité que les spadassins qu’il déterrait, avec quelques siècles de moins, bien entendu. Elle l’écoutait, elle entendait ses dires, son discours hautain et moralisateur qu’elle ne pouvait en aucun cas prendre comme un conseil, surtout venant de sa part à lui, et surtout à cause de son aigreur qu’il ne prenait même pas la peine de dissimuler envers Angela. Mais elle, elle ne cachait aucunement ses intentions qu’elle exprimait clairement à Matt.

« Très bien, je vais récupérer mon sac et je vais partir dans ce cas. Juste une chose… Prends ça comme tu veux, mais je te conseille de te barrer très vite d’ici, dans les alentours, j’ai croisé assez de cadavres pour réduire en charpie toute cette baraque. Quoi que, ta sœur aura de la chance si les morts vous tombent dessus avant les psychopathes qui m’ont chopée. Merci pour la nuit, et bon courage pour toi et ta sœur. »


Angela aurait attendu que Matt lui rende son sac avant qu’elle quitte cette maison avec pour seul bagage, son sac de voyage à la main, uniquement si le dénommé Campbell avait tenu parole.

Matt Campbell

Anonymous
Invité
Jeu 26 Jan - 22:59
Les mâchoires de Matt s’étaient contractées dès qu’Angela lui fit de sa désir de repartir. De l’agacement et de la déception, voici ce qui était lisible sur le visage de l’homme. Il haussa cependant les sourcils, surpris que la jeune femme prenne malgré tout la peine de lui soumettre un dernier conseil. Conseil que l’homme balaya d’un revers de main mental, malheureusement bien incapable dans sa situation de pouvoir le suivre.

« Cette maison a déjà résisté aux morts une fois, durant quelques semaines. Elle tiendra encore. »

En réalité, ce n'était pour l'ex-archéologue qu'un bien mauvais souvenir d'impatience, lui qui se trouvait coincé à des kilomètres de là dans une ferme bien trop confortable quand sa sœur souffrait ici, prisonnière de ce lieu et d'une armée de morts. Un souvenir d'autant plus désagréable qu'il n'avait eu d'autres choix que de prendre son mal en patience sans ne rien pouvoir faire. C'était là une raison supplémentaire pour qu'au fond de lui, il aurait apprécié de pouvoir mettre à exécution son idée de brûler cette maison jusqu’à ses fondations. Mais il n’était pas le seul impliqué dans l’avenir de ce pseudo-campement. Lentement, il accepta la demande d’Angela sans mot dire, d’un unique hochement de tête.

« Attends-moi ici. »

Une instruction simple qu’il laissa pour indiquer à la jeune femme qu’il comptait bien lui ramener ses affaires, comme il l’avait promis. Matt pouvait avoir bien des défauts, mais il ne comptait pas donner le loisir à quiconque de douter de la valeur de sa parole, aussi insignifiante pouvait-elle paraître. Puis il quitta le salon-cuisine pour traverser le hall d’entrée, empruntant le petit couloir qui menait vers l’armurerie du campement. Une fois la porte déverrouillée et lui-même entré, il récupéra le sac qui pesait toujours son bon poids avant de ressortir, prenant garde à bien refermer la porte derrière lui. Revenu dans le salon, il déposa le sac d’Angela aux pieds de sa propriétaire puis désigna la table d’un geste du menton.

« Prend-toi une bouteille d’eau ou deux, pour la route. Mais avant que tu partes, j’aurais une dernière question. Tu as parlé de psychopathes, qui te seraient tombés dessus. Dis-m’en plus. »

Dans l’absolu, Matt n’escomptait pas vraiment que la jeune femme lui réponde. Elle n’était obligée de rien après tout, et il ne s’était pas fait particulièrement pressant dans son interrogation. Seulement curieux, et un peu inquiet quand même. Il devait bien admettre que le contexte était bien étrange quand on y pensait. Une jeune femme qui débarquait “par hasard” dans la cour de sa maison, qui connaissait l’existence des dégénérés, ou du moins qui reconnaissait leur existence, et qui avait apparemment pu réchapper à un groupe de psychopathes. Même pour un honnête homme comme l’aîné Campbell, et certainement trop naïf, c’était là une succession d’indices qui semblaient se recouper en un faisceau particulièrement inquiétant, pour ne pas dire dangereux.

S'il s'avérait qu'Angela refuse de lui répondre, alors il se contenterait de lui souhaiter une bonne route, et une bonne chance.

Angela Lawson

Anonymous
Invité
Mar 31 Jan - 22:25
Elle n’espérait aucune réaction particulière de Matt, ne se projetait pas en imaginant ce qu’aurait pu faire l’archéologue. Peut-être allait-il tout bonnement lui rendre son sac, en la laissant partir sans rien lui demander en retour, ce qu’elle espérait car il avait été bien plus qu’altruiste depuis l’arrivée d’Angela dans cette belle bâtisse, mais peut-être qu’il allait céder. Peut-être que la fatigue et la solitude allaient lui monter à la tête, peut-être que le fait de n’être qu’un homme et de ne rien pouvoir contrôler à son destin, et encore moins au destin des autres, allait l’enrager comme la plupart des hommes et femmes frustrés par leurs situations d’insuffisance dans ce monde, par ce sentiment de n’être qu’une fourmi perdue sous les pieds des hommes marchant sous les yeux des hautains de ces immenses buildings obligeant ces mêmes créateurs à lever les yeux à chaque regard. Peut-être que le dédain et le dégoût que l’homme éprouvait envers la vermine qui grouillait sous ses pieds était contagieuse, et peut-être que cette même haine et ce sentiment de supériorité se répercutait sur cette même cible, cette vermine inférieure en tout point qui ne faisait que courir chaque jour pour espérer pouvoir survivre un jour de plus, une heure supplémentaire, ou même une simple minute… Peut-être que Matt aurait ressenti ce sentiment-là, et aurait tout simplement voulu prouver à la Nature, ou bien à Dieu, tout dépendait du fait que cet archéologue penche plus d’un des deux côtés qu’étaient le spiritualisme et le matérialisme, tout dépendait du fait que Matt ait envie de prouver à une puissance supérieure, et à lui-même, que pour une fois, il était maître de son destin, et surtout, du destin de quelqu’un d’autre.

Mais ce n’était pas le cas, bien au contraire, après avoir tenté de conforter sa position dans un dernier argument auquel il ne semblait lui-même ne pas croire, il était reparti chercher le sac d’Angela, son bien le plus précieux, et accessoirement le seul, lui était enfin rendu. Peut-être qu’Angela s’était trompé sur Matt, peut-être que sa prétention n’était pas aussi démesurée qu’elle l’imaginait, ou du moins, il tâchait de conserver une certaine modération. La jeune femme se mit à sourire légèrement lorsqu’il lui proposa de prendre une bouteille d’eau, chose elle accepta d’un bref hochement de tête en s’avançant dans la direction de ce liquide si commun, mais à la fois si vital pour elle. Elle prenait une légère inspiration une poignée de secondes après la demande de son bienfaiteur, avant de se retourner dans sa direction afin de poser ses yeux dans ses émeraudes.

« Je t’épargnerai les détails sur le violeur que j’ai croisé. Il est peut-être mort, et franchement, je l’espère. Et si jamais il a été tué, c’est par ce type. Un putain de psycho. Un illuminé qui se prend pour le prophète revenu des enfers. Il tient un discours qui dit que le monde doit être purifié dans les flammes… Que nous deviendrons la légion qui purifieras ce monde par les flammes ou un truc dans le genre il m’a dit… » Elle aurait brièvement souri en baissant les yeux avant de relever son regard et de fixer Matt plus durement avant de reprendre.

« L’évolution est naturelle et inévitable, toujours incomprise, toujours crainte. Tu es destinée à la connaître, c’est pourquoi tu ne seras pas punie dans cet antre aujourd’hui. A la place, tu auras une mission à accomplir pour moi. Cette mission tu n'en auras pas conscience, tu l'accompliras indépendamment de ta volonté et pour eux, tu seras un cadeau empoisonné.
Lorsque tu les trouveras, dis leur que je ne les ai pas oubliés, fais leur savoir, que je suis présent auprès d'eux, à chaque instant et que ce qu'ils ont vécu, n'était que le préquel d'un avenir fait de flammes bien plus grandioses que celles passées. Quoi qu'il puisse arriver, la légion sera levée. »
Elle se rappelait de chacun de ces mots, ils résonnaient dans sa tête avec cette même voix rocailleuse et inhumaine qui lui parlait dans les ténèbres de ce tombeau, avec pour seule source de lumière, son tortionnaire.

« Ecoute, je sais que tu veux rester ici avec ta sœur, je t’en veux pas et je le comprends très bien… Mais honnêtement, dès que vous pourrez bouger d’ici, faîtes-le, et faîtes-le au plus vite, peu importe ce qui pourrait vous pousser à rester ici, barrez-vous. Ce mec est un putain de pyromane… Il se foutait le feu à lui-même… Et y avait… des… des… Oh putain… » elle aurait posé ses paumes contre son front avant de les faire remonter sur le haut de son crâne jusqu’à ce que ses mains parviennent à sa nuque. « Il y avait des putains d’ossements à moitié brûlés sur le sol… De partout. Une putain de cave dont le sol était recouvert d’ossements humains à moitié calcinés. C’est un putain de psychopathe, il se prend pour un illuminé… Je ne reste pas dans le coin avec un mec comme ça pas loin. » Matt aurait pu sentir dans sa voix une certaine terreur alors qu’elle se remémorait les quelques minutes qui semblaient avoir duré des heures à son sens.

« Note toi bien ça quelque part. Ce mec porte un masque à gaz, genre ceux qu’avaient les nazis et il a une voix de cancéreux en phase terminale. Il a aussi des grosses bottes… Ecoute, j’aimerai te donner plus d’infos, mais franchement, je n’ai rien d’autre… Ce mec veut juste embraser le monde, et pour avoir été à sa merci, je peux t’assurer que je me casse sans me retourner et sans aucun état d’âme. Ce n’est pas ce monde qui me dicte ma conduite, c’est mon envie de survivre. Sur ce, je te remercie pour la nuit, merci pour les biscuits, merci pour l’eau, et comme je le dis souvent : Ne devient riche que celui qui paye ses dettes. Alors prends-moi ça, et si tu me fais chier en me disant que je ne te dois rien, dis-toi que c’est pour ta sœur. »

Angela aurait ouvert le sac de voyage que lui avait ramené Matt, fouillant grossièrement en plongeant sa main dans les nombreux vêtements féminins qui recouvraient le butin qu’Angela avait pu découvrir lors de sa fouille à la maison hantée lors de son escapade avec Owen. Elle aurait trouvé en une poignée de secondes ce qu’elle recherchait, des boîtes de conserve. Elle en aurait sorti quatre, ce qui était à peu près la moitié de ce qu’elle avait dans son sac, et ce qui aurait pu lui permettre de tenir une bonne semaine sans avoir à craindre la dime ou la famine. Les ressortant une à une de son sac, elle les aurait posé par terre, chaque boîte debout, l’une à côté de l’autre. Elle avait eu un léger sourire en voyant qu’elle avait déposé une boîte de cassoulet, celle qu’elle détestait le plus, mais aussi en constant que la boîte de raviolis n’était pas sortie, et par extension, encore dans son sac. Les raviolis seraient certainement son plus grand plaisir avec cette bouteille de rhum dès qu’elle aurait une occasion digne de ce nom pour pouvoir être satisfaite d’une grosse journée. Oh que oui.

Après avoir posé ces boîtes, elle aurait rangé les deux bouteilles d’eau prises sur la demande de Matt avant de refermer son sac tout en le remettant sur son épaule droite. Angela se serait dirigée vers la porte d’entrée, tout en l’ouvrant, elle se serait retournée vers l’archéologue.

« Dès que tu peux, casse toi en ville avec ta sœur, les morts sont faciles à berner, et ils te protègent des hommes. On se reverra sans aucun doute monsieur Campbell, et ce jour-là, j’espère que tu me présenteras ta sœur. Salut ! »

C’était sur ces derniers mots qu’Angela parti, vers le Nord. Vers le Nord ? Qui sait, elle n’avait pas boussole, et les nuages du petit matin lui bloquaient l’accès au soleil. Peu importait, elle avançait, et il n’y avait pas de morts aux alentours. Du moins, pour l’instant…

Fin du jeu.
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