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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CH, D, 1] Une fille me l'a dit - 07/04/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Sam 3 Déc - 21:32







Une fille me l'a dit
Interprété par Carl Wilson, Owen Bradburry, Duncan Waltz et Eileen Waltz.

Carl Wilson

Anonymous
Invité
Sam 3 Déc - 22:09
Le jour précédent...


Un imbécile malheureux, voilà ce que j'étais, de m'être laissé encercler de la sorte par des créatures qui n'avaient qu'une seule idée en tête : m'ouvrir la poitrine et m'arracher le coeur pour en connaître le goût. Le coup de feu disparu depuis plusieurs minutes, rien d'autre ne vint et aucun signe de vie, ce qui me laissait, moi, la carcasse de l'énorme rôdeur purulent quelques pas derrière moi et tous ces regards sans émotion dirigés vers moi. Le néant m'observait de ses mille visages, guettait l'occasion de m'attirer à lui et m'emporter au plus profond de lui-même pour m'anéantir, veiller à ne rien laisser qui puisse subsister... à moins que je revienne à nouveau ?

Cette fille me l'avait dit, que j'étais revenu de la mort, ce qui remettait en cause jusqu'à l'idée même que je m'en étais fait jusqu'ici, déjà bien maigre et ombrageuse, de cette mort. Mais je ne voulais pas m'essayer, je ne voulais pas découvrir ce qu'il en était réellement, si j'étais vraiment revenu, si j'étais dans des abysses trop bien emballées ou si tout cela n'était qu'une sorte de réalité créée de toute pièce pour et par mon esprit détaché d'un corps en décomposition. Tout cela était... si fou. Sac à la main contenant mes collets et l'arbalète dans l'autre, je tentais de courir vers la maison la plus proche, quand bien même c'était de cette direction qu'était venu le coup de feu, mais en montant sur le jardin, je vis arriver d'en face, depuis l'arrière de la maison... une femme.

Une femme dont il manquait la moitié de ses cheveux, l'autre sans doute plus sec et fragile que de la paille, une chemise de nuit tâchée de crasse et de sang et déchirée par endroits, d'où l'on percevait des morceaux entiers de son corps mangés. Je reculais, prit de panique en constatant qu'ils étaient vraiment partout et ne me laissaient que peu de choix. Mon coeur battait la chamade, pas comme je l'aurais voulu, la sueur bien trop collante à présent, continuait pourtant de redoubler d'humidité et je repartais en courant, sans vraiment réfléchir, vers le trottoir opposé, traversant la rue en contournant l'une des créatures par derrière un arbre, jusqu'à m'engouffrer par le portillon ouvert entre les haies, ne me cachant qu'un moment qui ne durerait pas, car les mangeurs de chair savaient sûrement où je me trouvais et ne tarderaient pas à arriver.

Mon seul espoir résidait dans la nécessité de me planquer, puisque je n'avais pas la force de faire un marathon et que je n'étais pas sûr de m'éloigner suffisamment pour ne pas être rattrapé ou happé trop facilement par un des nombreux autres monstres qui devaient hanter ces quartiers, profitant d'un état d'épuisement pour me mettre en pièces. Il y avait cette maison, cossue, aux jolies volets à l'étage et à l'immense baie vitrée au rez-de-chaussée, les façades blanches étaient peintes de feuillages et d'arbres verts, qui donnaient beaucoup de couleurs et d'harmonie à la maison. Dommage qu'il n'y ai plus personne pour en profiter. Mais dans l'immédiat, il ne me fallait pas plus de quelques instants pour me faire la réflexion que cette maison serait un bien mauvais refuge.

Mes yeux parcoururent le jardin, qui ne présentait rien de bien fameux de ma fenêtre, même si un décorateur verrait dans les nains de jardin et l'époustouflant bassin sculpté d'une femme grec tenant une amphore, une oeuve d'art, au point de se demander ce que cela faisait dans un bled comme celui-ci. Je ne m'attardais pas plus et réfléchissais encore moins, filant au pas de course vers l'arrière de la maison par le chemin de gauche proprement fait d'un chemin de pierres belges. A mi-chemin, une porte était ouverte et je passais devant en dressant mon arme avec autant d'hésitation que d'un stress qui redoublait d'intensité. Je devais me trouver un abri, vite, très vite, c'était ça où mon retour à la vie allait arriver prestement à expiration. Mais plus que de mourir, ces monstres me fichaient une peur bleue et je ne voulais pour rien au monde tomber entre leurs griffes.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Ven 9 Déc - 17:33
Une clope.
C’est ce dont elle avait le plus envie à l’heure actuelle. Depuis combien de temps elle n’en avait pas touché ? Des semaines ? Des mois ? L'impression de beaucoup plus. Eileen n'était pas et de loin une femme très compliquée à satisfaire. Une cigarette, une levrette et un verre de vin français, c’était ça sa recette du bonheur à court terme. Quant à ce qui était du long terme, il fallait davantage creuser dans ses penchants obscurs et néfastes. Si la descente aux enfers de l’humanité avait retiré les lois et les mœurs, elle avait également drastiquement restreint les ressources. A quoi cela avait servi de laisser à quiconque la possibilité de tuer ou torturer sans craindre l’injection létal si plus aucun homme, aucune femme ou aucun enfant ne pouvait être croisé pendant des jours et des jours. Il n’y avait plus rien, ni bouffe, ni rien, malgré leur recherche. La zone avait été infestée de mort, les poussant à se replier plusieurs fois de suite et à se cloîtrer dans leur véhicule sans essence.

Une clope.
Avec une clope, elle aurait au moins pu inhiber sa frustration grandissante, qui enfonçait de plus en plus son esprit dans les abysses. Au lieu de cela, bien que pas seulement par nécessité, elle avait étanché sa soif et sa faim dans un autre vice, sans doute plus contrôlable et moins blâmable. Mais ce n’était pas suffisant, ça ne l’était jamais vraiment. Elle devenait nerveuse, colérique parfois, obnubilée par cet objectif inatteignable. Et lorsqu’elle chutait à la limite de perdre le contrôle, Duncan trouvait toujours le moyen d’assoir son emprise  sur elle au point de l’entraver, un temps seulement. Une bête domestiquée restait une bête après tout.

Ce ne fut pourtant pas une clope qui étouffa ses luxures en cet instant. Confortablement dénudée dans le camping-car sur lequel ils avaient fait main basse une semaine auparavant, la déjantée épouse Waltz venait de tomber lourdement dos contre l’une des parois de ce qui servait de coin couchette à leur « appartement » de fortune, les jambes étendues, légèrement espacées, sur une paires de draps sales et défaits. Son regard, d’un bleu électrique, restait intensément fixé sur l’objet de sa dernière gourmandise et son propriétaire, passablement satisfaite par la finalité qui venait de se produire. D’un geste de pouce, lent et calculé, elle ramenait ce nectar consommé qui s’était perdu à la commissure de ses lèvres vers l’intérieur de son palais. Combien de fois cette pièce, et toute les autres, avaient été les témoins de leurs ébats, parfois violent ? Pas assez de temps pour les dénombrer.
Pour cette fois-ci, il l’avait simplement forcé – pour ce que ce terme signifiait réellement pour elle – à le goutter, égoïstement, et elle s’était fait un plaisir de se mettre à l’œuvre, l’objectif en tête de ne pas le décevoir. Jamais.

Le bleu de son regard remontait vers le visage de son époux qu’elle venait tout juste de laisser pantois, continuant d’exercer sur lui, par sa posture et ses gestes, son aura érotiquement attirante.

« Il faut qu’on se casse d’ici. » Avait-elle simplement laissé entendre, hors du sujet comme elle le faisait si souvent, chacun des mots prononcés avec une pointe d’avidité qui n’avait vraiment rien à voir avec le message qu’ils voulaient passer.

Sans même lui laisser le temps d’une réponse, Eileen enjamba son compagnon pour s’assoir sur son bas-ventre sans doute encore tout émoustillé de l’attention qu’il venait de recevoir, ses jambes longues et minces se plaçant de part et d’autre de son bassin, pressant le contact sans se soucier des effets procurés. Sa main droite s’était posée sur la peau de Duncan, non loin de son nombril, à la bordure du V dessiné de son bassin, appuyant le geste jusqu’à ce que la trace de l’ongle de son pouce ne le marque, de plus en plus profondément en une douleur savamment calculé pour être à la limite du supportable. Depuis le temps qu’elle connaissait cet homme et qu’ils éprouvaient sans cesse les limites du corps de chacun, elle savait comment jouer avec lui, sur lui. Elle aurait remonté sa main, laissant la trace d’une griffure assez profonde, le long de son abdomen, intensément concentré sur ce geste bien particulier qu’elle exerçait sur lui.

«  Je commence à m’emmerder… vraiment. Ce patelin est pourri. On pourrait aller à Dallas. Ensuite, on descendrait vers Houston. On s’enverrait en l’air sur les rampes de lancement du port spatial. On baiserait en tenue de cosmonaute. »

Elle se mordillait légèrement la lèvre inférieure, exagérant la marque de griffure du pouce une simple fraction de seconde, pour provoquer son amant et sans doute le défier.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Dim 11 Déc - 10:30
Un soupir, lent soupir d'inégalable satisfaction qui s'extrayait longuement d'entre les lèvres de l'époux Waltz, dont les yeux restaient clos pour oublier le monde tangible et se laisser emporter par l'enivrement sans pareil qu'il ressentait, ainsi libéré de toutes ses pulsions et de toute frustration qui l'avait un jour effleuré. Son organe de virilité était encore chaud et humide, se remettant péniblement du bien heureux supplice qui lui avait été imposé et cette bouffée de chaleur et de plaisir remontait à travers son corps pour se répandre dans tous ses muscles, tous ses nerfs, toute sa chair.

Les hommes ont toujours été en quête de vérité sur le paradis et ses cieux, pourtant le paradis existait bel et bien, il s'incarnait en la bouche de la femme, qui par sa douceur, sa tiédeur et sa langue, savait mieux que tout au monde emporter l'homme vers le paradis où le bonheur était vaste et entier, effaçant l'espace de quelques minutes, toutes les souffrances, tous les doutes, toutes les préoccupations, qu'elles appartiennent à l'homme qui s'inquiète des factures qu'il recevra dans le mois, à celui qui craint pour sa survie à chaque respiration. Elles effaçaient tout en toute chose, tout simplement et si tout cela était bien vrai, alors sa chère épouse mériterait sans aucun doute le rang d'Ange supérieur de ce paradis.

Un léger rire échappa à la suite, un rire de plénitude, comme si on l'avait drogué, affalé sur cette couchette moins habillé que son épouse, sa peau moite caressant les draps dont il se fichait bien de leur état, dès lors qu'ils faisaient leur boulot, à savoir le confort et la chaleur pour mieux le bercer dans ce moment où certes, il avait contrainte son amante, mais en sachant qu'elle aimerait assurément lui prodiguer ces soins. C'était là l'avantage d'avoir une femme trop portée sur la luxure : il n'était rien qui ne pouvait être satisfait, plusieurs fois par jour s'il le fallait et ces deux-là étaient de vrais lapins, sadiques et agressifs.

Mais bien vite, elle chercha à le sortir de sa plénitude plus persistante qu'accoutumée, en lui donnant sèchement sa pensée du moment. Partir, c'était ce qu'elle souhaitait et s'il voulait bien l'approuver, il était encore trop prit dans les effets de sa drogue préférée pour répondre du tac au tac. Elle ne lui laissa guère le loisir de s'éterniser à son plaisir en l'enjambant telle une effarouchée pressée de retourner galoper sur son cheval préféré - et unique en l'occurrence. Quand ses formes vinrent faire pression sur la partie de son corps la plus essentielle et intime, plus que n'importe quelle autre car il était homme et que tout ce qui était crucial y transitait, il eut une pénible expiration qui traduisit l'extrême sensibilité qu'elle soumettait au calvaire.

Sa chevelure châtain foncée qui cascadait sur l'oreiller, laissait tout de même quelques mèches tomber sur son visage et ses yeux, ce qui ne l'empêcha pas d'ouvrir ces derniers à la couleur grise bien plus neutre que ceux de son amante, qu'il se mit à fixer avec une très distraite attention. Allez savoir si c'était le mouvement de son bassin, frottant cuisses et fessier sur son bas-corps persécuté ou la griffure qu'elle lui infligeait, mais il se mit à gronder entre ses dents resserrées, y joignant une grimace qu'il était difficile de décrire comme envieuse ou rancunière. Probablement les deux.

« C'est possible ça de baiser en tenue de cosmonaute ? » S'interrogeait-il sur le ton de l'amusement, qui occulta bien vite sa grimace, sa voix quelque peu chantante en dépit de sa gravité marquait la béatitude qui l'habitait encore. « Tu as toujours eu des idées farfelues, c'est pour ça que je t'aime, ma cinglée de femme, la plus séduisante et la plus libérée des suceuses de tout le continent. »

Ses mots, comme une réponse à sa provocation, ne cachaient cependant pas la sincère affection qu'il lui portait, dans leur relation bien particulière par leurs tares mutuelles, mais tellement exaltante et efficace. Ses mains glissèrent en remontant le long des bras de sa brune sauvage, pour effleurer ses épaules et longer sa peau jusqu'à sa poitrine galbée, qu'il savoura de caresses bien plus franches et oppressantes. Il n'avait jamais pu être rassasié ou s'ennuyer du corps de cette femme dont il était comblé d'être le propriétaire attitré, n'acceptant le partage qu'à quelques occasions en compagnie d'autres femmes - dont il profitait aussi bien sûr, refusant fermement que tout autre rival de son sexe ne s'en approche sous peine d'être aussitôt exécuté.

« Qu'est-ce que tu veux que l'on fasse à Dallas ou à Houston ? » Reprit-il plus sérieusement en contemplant son regard intense et charmeur tandis que ses mains continuaient leur érotique office.

« Les grandes villes c'est un vrai merdier, on a déjà eu du mal à se trouver un coin tranquille, après ces semaines à cavaler, ce n'est pas pour aller se foutre jusqu'au cou là-bas. Je suis sûr qu'il y a des coins intéressants à visiter ici, et des choses encore plus intéressantes à trouver, au moins le temps que ça se calme un peu dans le pays. Il faudrait juste que l'on arrête de flemmarder dans ce camping-car, même si c'était un repos bien mérité et que l'on fasse le plein de ressources. On a besoin de tout et surtout de bouffe et d'eau, peut-être même que l'on pourrait te trouver de la belle lingerie et de jolis bijoux, ça te plairait ? »

Il se mit à sourire en laissant doucement glisser ses mains le long du ventre de sa compagne, gagnant ses cuisses qu'il caressa brièvement à leur tour avant de venir s'appuyer sur le matelas, cherchant à se hisser en arrière vers la paroi qui entourait ce couchage douillet, malgré qu'il soit loin de l'espace offert par un bon lit de maison, pour s'y adosser à peu près assis. Il n'eut aucun mal à soulever sa bien aimée avec lui, elle qu'il savait prendre et reprendre dans tous les sens possibles, nécessaires et désirables, la gardant enfourchée comme elle savait si bien le faire et comme il adorait qu'elle soit.

Ceci fait et plus proches l'un de l'autre, il se passa la main sur la bouche et laissa ensuite les deux s’affaisser sur les cuisses de sa nue et terriblement sexy partenaire, détournant la tension et l'attention de son corps quelques instants pour se perdre dans quelques pensées.

« Le coup des militaires c'était pas mal, on s'est bien amusé ce jour-là, et courir à travers la région en chopant tout ce que l'on pouvait au passage et en baisant un peu partout c'était drôle aussi, mais à force, je me dis qu'avoir un entourage ça pourrait avoir des avantages. Je repensais à ce qu'à dit le cadavre, à propos de son groupe, de ces gens biens.

S'ils sont aussi cons qu'il le disait, il y aurait peut-être moyen de se faire une place, profiter un peu de l'esprit communautaire pour se mettre au chaud, bouffer à l'oeil et ramasser un petit pactole. Ce sera pas la première fois, t'en pense quoi ? S'étaler dans un bon lit, avoir des servants pour monter la garde pendant que l'on dormira des deux yeux, explorer la ville avec quelques souris sous le coude à balancer aux serpents au besoin. Et s'il disait aussi vrai concernant le super-méchant du coin, ça me dit rien d'avoir affaire des bandits-perchés, ça fini toujours mal avec ces types, ils ont aucun style, aucune mesure. »


Il se redressa un peu plus pour venir se coller contre elle, laissant son torse solide presser ses seins ô combien moelleux, le bout de son nez titillant le sien et leurs lèvres et yeux à deux centimètres l'un de l'autre. Il n'attendait que de pouvoir goûter à ces lèvres pulpeuses qu'il avait déjà dévoré mille fois et souhaitait tout aussi ardemment dévorer mille fois de plus, car il savait qu'il ne pourrait jamais se passer du contact d'un corps de femme et de la chaleur de sa peau.

Et il n'y avait aucune femme capable d'égaler la sienne, nulle autre qui ne puisse associer avec tant de justesse ardeur et longévité, rien qui ne sache le combler et l'intéresser à ce point que n'importe quelle autre serait fade et ennuyeuse. Goûter à une créature comme Eileen, c'était comme chasser l'homme plutôt que les bêtes, une fois que l'on a franchi le pas, il n'y a plus rien d'autre qui puisse être aussi électrisant, ça en devient une drogue, parfois destructrice mais toujours incontournable.

« Et un jour, après avoir bien assez profité de tous les idiots que l'on pourra trouver pour s'enrichir, on les réduira en esclavage jusqu'au dernier, eux et les bandits-perchés. On créera notre propre royaume, je serais le roi et tu seras ma reine et chaque jour, je t'offrirais cent hommes pour jouer et cent femmes à baiser. On les forcera à nous adorer comme des dieux, ils s'agenouilleront tous sur ton passage et ton nom sera synonyme de perfection. Toutes voudront te ressembler sans jamais y parvenir, tous voudront te baiser les pieds sans jamais oser lever les yeux, ils seront des choses entre tes mains. Nous imposerons l'ordre et la loi sera la luxure.

Ce serait sacrément dingue, sacrément passionnant. Comme toi. »


Elle était le démon au corps d'ange.

Carl Wilson

Anonymous
Invité
Mar 13 Déc - 14:32
Se délestant d'une partie de ses encombrantes pensées, Carl progressa dans ce jardin, l'arbalète prête à tirer, le regard attentif et plein d'appréhension, son sac de course un peu misérable ballant près de sa jambe. L'arrière-jardin perdait beaucoup du cachet de devant, ne présentant rien de très particulier hormis les haies qui l'entouraient, quelques arbustes nichés de-ci, de-là et une niche dans un coin du fond, il s'agissait d'un terrain herbeux sommes toute banal et dont l'entretien avait abandonné depuis longtemps. On pourrait aisément se dire que les anciens propriétaires avaient certainement donné davantage d'investissement aux apparences, en couvrant l'avant de ses décorations onéreuses, mais c'était là une réflexion qui n'avait plus de raison d'exister. Le principal était qu'il n'y avait rien de menaçant de ce coté.

Il revint alors sur le chemin de façade et alla retrouver d'un pas assez rapide la porte ouverte devant laquelle il était passé et qui donnait sur une cuisine. La première fois, il ne s'était pas attardé, bien qu'il observait un accès ouvert vers un couloir, un salon ou autre chose, la cuisine en elle-même, plus en longueur qu'en largeur, et elle n'avait révélé aucune menace. Maintenant le jardin vérifié par prudence, il était temps d'entrer.

Se faisant, ses yeux parcoururent avec un brin de curiosité les placards accrochés tout du long des murs en hauteur, de chaque coté, ainsi que la table en coin, jonchée de restes de fleurs séchées dont le pot de verre avait été brisé au sol tout près. L'évier, le lave-linge, le four, tout ça était d'un rassurant banal et même si il n'y avait plus âme qui vive, cela rappelait toujours le train-train quotidien qui lui manquait tant, cette simplicité, au moins dans ce décor-ci, qu'il aurait tant aimé ne jamais quitter, surtout pour se retrouver plongé dans un tel monde de chaos qui lui procurait en toute honnêteté de l'adrénaline et des surprises, mais qui ne valaient pas le moins du monde tous les dangers, toutes les horreurs qu'il faisait subir au genre humain. Il faudrait être fou ou vraiment dérangé pour s'y sentir dans son élément.

Sa respiration, très sollicitée ces dix dernières minutes, se calmait progressivement, c'était tout du moins en cours jusqu'à ce que, s'avançant au centre de la cuisine en réfléchissant à la manière de la fouiller, son regard passa sur la fenêtre à sa droite et il aperçu à l'entrée de la propriété les silhouettes de plusieurs des monstres qui l'avaient bel et bien remarqué, venir écraser l'herbe du jardin à la recherche de leur proie et repas de chair. A la vue des créatures, Carl pâlit d'un coup, tous ses sens s'emballant, il s'accroupit à la hâte pour disparaître de champs de la fenêtre, son sac percutant le carrelage dans l'empressement. C'était gagné, son souffle s'accélérait à nouveau et son torse recommençait à gonfler au rythme oppressif de ses battements de coeur paniqués.

Il resta statique plusieurs instants à regarder le sol, réfléchissant à la manière de s'y prendre et il n'y en avait pas cinquante : s'il sortait, il était parti pour une nouvelle course-poursuite et il était de moins en moins sûr d'avoir une chance d'échapper à ses poursuivants qui ne manqueraient pas de se renouveler sur la longueur, car il se fatiguait de plus en plus. Se planquer le temps que la tempête passe était encore le plus simple et le plus pratique, restait à croiser les doigts pour qu'aucun mort-vivant ne surgisse de derrière un mur ou un meuble dans la maison. Tout en restant accroupi, il repartit à quatre pattes vers la porte dont il attrapa la poignée et qu'il poussa doucement, de façon à la refermer sans faire de bruit.

Il ne s'était pas remit debout, ne se redressant que le nécessaire pour fermer, puis repartit dans la même position, pas très charismatique c'était certain, mais qui était fort pratique pour échapper un maximum à la vigilance des traqueurs décérébrés. Le jeune homme barbu poursuivit ainsi jusqu'à la seconde porte et seulement se releva, car il serait bête de se faire happer par une quelconque créature de l'autre coté, d'autant plus que ça ne servait plus à rien sortit de la cuisine. Une fois remit debout, il passa l'arche en se penchant d'un coté, puis de l'autre, son bras en grande partie nu de par son tee-shirt blanc-sale, très sale, frôla le bois de la porte et son autre main redressait l'arbalète en protection.

Pas sûr que cette arme soit très utile dans des espaces aussi étroits, puisque de l'autre coté, il était question d'un hall assez étroit justement qui donnait sur l'entrée du salon en face et la porte principale à droite, des escaliers à gauche, une porte vers le jardin à coté de ceux-ci et probablement un accès à la cave par une porte sous l'escalier, comme on en voyait souvent dans ces maisons d'un certain âge. Bon, ça pourrait être pire, il pourrait avoir une vraie arbalète ou un arc, ce qui serait d'autant plus laborieux même si question puissance il ne serait pas contre en extérieur, bien au contraire. La survie était une véritable stratégie, sans vouloir trop se prendre la tête dessus non plus, ce qui n'était pas facile pour lui. Sa première idée fut de se planquer dans la cave justement, en se disant que ce serait le moins évident à fouiller, mais la perspective de se coincer sous terre avec le risque d'être surpris par un groupe de rôdeurs généra une crainte bien suffisante pour couper nette à cette idée très stupide à y repenser.

L'étage pourrait lui donner l'avantage de la hauteur en cas d'affrontement, ne serait-ce qu'en barricadant les escaliers et il avait toujours un moyen de sortir en cas de siège. Cependant, pour peu qu'il soit submergé, la perspective de se bousiller une jambe ou un bras, voir pire, à cause d'une mauvaise chute, calma aussi sa réflexion de se coté. Il se rabattit ainsi sur le salon, qui était le dernier endroit un tant soit peu envisageable, car il ne serait ni coincé, ni surpris dès l'entrée, il aurait le temps de voir venir et il se souvint avoir remarqué que l'arrière, près des murs, lui avait dessiné une petite terrasse en bois et une porte vitrée assez large. Cela se confirmait en entrant dans le salon, qui avait bien ça en stock vers l'arrière. Deux choses l'interpellèrent très vite par contre : les deux fenêtres sur sa droite, donnant sur le jardin avant fatalement, et la porte droit devant lui, qui devait donner sur le garage.

Cela faisait quatre moyens de sortir, mais aussi quatre moyens d'entrer et il n'avait pas esquivé la fenêtre de la cuisine pour risquer d'être repéré ici. Le garage pourrait être la meilleure opportunité de couverture, par son épaisseur mais aussi ses deux seules et suffisantes entrées. Pour peu qu'il y trouve du matériel de bricolage qui puisse servir à se défendre et il aurait ses chances, sans vouloir tomber dans le cliché ici. Cette fois il ne se mit pas par terre et préférait se pencher simplement, pour passer devant les fenêtres sans croiser le regard des rôdeurs, jusqu'à rejoindre la porte du garage probable.

Il finit devant, ne s'étant pas attardé sur l'aménagement du salon, ses canapés, son meuble télé ou encore ses colonnes de bibliothèque, il marqua un temps de réflexion devant, ramenait son regard vers l'entrée du salon puis se dit que prendre le temps d'observer l'évolution de la situation avant de s'enfermer dans le garage lui permettrait d'aviser sur les décisions à prendre. Carl recula ainsi contre l'angle, bousculant le buffet en coin qui cogna contre le mur, ce qui lui valu de se crisper en grimaçant, sans quitter l'entrée du salon des yeux plus d'une fraction de seconde en maudissant intérieurement ce fichu buffet qui ne lui laissait qu'un très étroit espace où s'engouffrer dans ce doublement fichu angle de pièce.

Owen Bradburry

Anonymous
Invité
Lun 19 Déc - 11:54
Une journée de merde, non mais vraiment ! Owen le savait déjà mais là ça n'a fait que confirmer ce qu'il pense depuis que le soleil s'est levé sur une nouvelle journée...de merde. Toutes les journées sont horribles depuis quasiment un an mais avec des nuances allant de supportable à infernal et là on approche dangereusement de l'infernal. Mais il y a pour le moment peu de place aux pensées alors que le brun court pour sa vie, court pour échapper à ces choses, dans sa précipitation et la brusque poussée d'adrénaline dans son corps épuisé son attention a déraillée et il a vite perdu de vue la miss avec lui. Il ne sait pas par où elle a pu partir et on ne peut pas dire qu'il a ne serait-ce que deux secondes pour la chercher et encore moins pour tenter de l'appeler, de toute manière ses poumons le brûlent et il serait incapable de prononcer plus qu'un vague grognement à l'heure actuelle. Mais quelle heure peut-il être d'ailleurs, il a l'impression qu'il galope depuis des heures dans ce quartier de merde, de cette ville de merde. Oui c'est redondant mais. Cela lui serait si facile de s'adosser à un mur et de se laisser glisser sur le sol à attendre sa fin, pouvoir enfin rejoindre son ange où que le dit ange se trouve, laisser ces monstres le rattraper et le dévorer, la délivrance. Monstres, ce ne sont pas les zombies les monstres, ce sont les deux hommes qui lui ont prit son coeur mais sans les zombies rien de tout ça ne serait arrivé mais les zombies ne sont pas sortis de nul part mais peut-être bien de l'imagination de l'homme et même morts-vivants ils restent des hommes.

Pensée qui tourne et retourne et danse dans sa tête, une valse à trois temps qui marque des couacs de temps à autre, une longue danse, la Mort aurait-elle envie de flirter avec lui en l'invitant à danser de cette manière ? Owen ralenti sa course et ses yeux couleur forêt sauvage se ferment et l'océan déchaîné l'attend derrière ses paupières. "Tu es mon océan et je suis ton sable" "Mais c'est toi qui a les yeux océan pas moi" "Mais c'est toi qui bouge tout le temps et moi qui reste fixe, l'océan revient toujours au sable". Écho d'une conversation lointaine, la brise vient lui murmurer à l'oreille "Cours mon amour", son regard émeraude revient sur le paysage désolé devant lui, regard brillant et le brun repart de plus belle, essayant de faire taire les autres voix, celles venant de son corps et lui indiquant qu'il ne tiendra plus très longtemps. Owen le sait, il ne le sait que trop bien, il doit se trouver un endroit à peu près sûr et essayer de récupérer un tant soit peu.

Le brun court et marche, marche et court, tenir le rythme devient impossible et quoi qu'il fasse il ralenti et fini par ne plus pouvoir que marcher et il ne sait même pas depuis combien de temps ça dure. Quelques secondes ou quelques minutes. Il entend clairement des râles venant de derrière lui et sur son côté droit, son sac semble peser une tonne sur ses épaules, une plume lui semblerait peser une tonne de toute façon. Il se glisse entre des carcasses de voiture, d'un jardin aux herbes folles à un autre, il revient sur la route observe les alentours à la dérobée, tentant de jauger les distances. La maison là bas avec son garage attenant semble être calme, une impression sans doute fausse mais Owen n'a pas vraiment d'autres choix. L'homme se faufile jusqu'à la baraque et s'adosse au mur à côté de la porte d'entrée, ramenant ses deux mains sur son glock, il pose le canon de l'arme contre son front, le froid du métal n’allège même pas la chaleur de son corps. Il essaye de maîtriser sa respiration, peine perdue et enfin il se décide à ouvrir la porte et se glisser dans la maison, prenant le soin de refermer derrière lui. Ses muscles le tirent et tremblent alors qu'il se persuade de mettre encore un pied devant l'autre, son arme levée devant lui.

Il parvient à ce qui devait être le salon et se fige, allons bon depuis quand sa vision se floute et l'oblige à faire le point alors qu'il aperçoit une silhouette de l'autre côté du salon. Humaine, pas humaine il ne le sait pas pour le moment, son arme dirigée dessus sans que Owen ne fasse un seul mouvement. Si on omet ses mains qui tremblent et sa respiration saccadée.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mar 20 Déc - 10:33
Ses iris bleues filtraient à travers la légère fente de ses paupières droit rivées sur son époux qui se tortillait sous son bassin. Elle n’hésitait pas à continuer de mettre au supplice sa sensibilité simplement parce que ça lui plaisait de voir tant d’émotion contradictoire se greffer sur son visage. Tantôt plaisir, tantôt calvaire, un peu des deux mêlés, ce qui rendait l’ensemble très agréable à contempler, comme un mélange harmonieux de peinture, rouge et bleu mêlés l'un à l'autre en un feu d'artifice, elle contemplait sa toile avec émerveillement. C’est pourquoi elle continua ce qu’elle estimait comme l'exercice de son talent qu'elle savait maîtriser de manière fort excitante, le reste de ses ongles se joignant à l’emprise sur sa peau, le marquant de longue traînée rougeâtre. Elle l’écoutait parler d’une attention quasi distraite, semblant d’un premier abord trouver sa propre maltraitance sur sa peau plus intéressante à suivre que sa conversation. Ce n’était pourtant pas le cas, car elle buvait littéralement l’ensemble des mots qui sortaient de la bouche de son Divin Kâma, d’une voix rauque et profondément chaleureuse, qui débordait d’un charisme assuré.

« La belle lingerie et les jolies bijoux. C’est pour les putes. On les achète avec des beaux atours et on les baise les yeux fermés. » Laissa t-elle tomber comme un couperet, avant de reprendre sur un ton plus aguicheur. « Fait toi ce plaisir, mon bel amant, achète-moi avec des diamants, mais je ne te laisserais pas le plaisir de fermer tes yeux. Tu devras me contempler. A chaque. Mouvement. De bassin. » Finit-elle sur une phrase entrecoupée qu’elle accorda avec un frottement un peu plus appuyé.

Le reste de son discours la laissa rêver, un sourire plus que satisfait sur ses lèvres se dessinant à mesure qu’il narrait une bien divine prophétie. Elle se laissa faire, diriger, pour venir se coller tout contre lui, bouche et regard à sa hauteur, cessant par là même immédiatement son geste de sanction, signant d’une marque bien visible la possession qu’elle exerçait sur lui. Attisée par son discours, elle nargueraient ses lèvres de son souffle humide et chaud, à l’image d’un tout autre contact, reculant lorsqu’il chercherait à s’en emparer, se rapprochant lorsqu’il désirait reculer. Un nouveau jeu auquel elle se serait livré jusqu’à sentir que l’attente devenait presque insupportable, tissant une tentation si énorme qu’elle appelait à la faiblesse de la volonté. Elle aurait alors cédé à ses exigences, le dévorant, lèvres et langue. Elle entrevoyait déjà la suite des événements, attisée par son flot de parole, emportée dans une rêverie qu’elle touchait déjà du bout des doigts avec envie. Elle n’avait jamais rien projeté, jamais rien envisagé, vivant au jour le jour en cédant à ses instincts dès qu’elle en trouvait l’occasion. L’arrivé de Duncan dans sa vie fut comme une révélation divine et un bouleversement sans précédent. Il était son âme dont elle était dépourvue, ses idéaux.

Aussi laissa-t-elle échapper un très long soupir exaspéré lorsqu'un bruit assez sourd et sec se distingua dans l'ambiance plutôt silencieuse - si on omettait les précédentes exaltations, soupirs, ou autres dont la caravane s'était enivrée plusieurs minutes auparavant, forçant à ré-envisager l'avenir des quelques prochaines minutes. Elle secoua lentement la tête, de gauche à droite, en levant le regard vers les quelques fenêtres qui donnaient à l'intérieur du garage dans une ambiance peu lumineuse - ce qui en passant n'offrait qu'une visibilité quelque peu réduite au couple. Le bruit leur était parvenu depuis le mur intérieur de la maison, sans doute celui le moins épais, mais qui laissait grandement supposé une présence, qu'elle ait été humaine comme morte. Dans un cas comme dans l’autre, cette présence était indésirable, et ils se devaient de chasser l’intrus qui s’était aventuré trop près de leur nid.

Mollement, Eileen se laissa retomber sur le côté, coupée dans son élan, s'étendant sur les draps en une longue expiration, ses jambes fines, filiformes, légèrement pliées pour garder toute la grâce que son corps ainsi allongé pouvait provoquer.

« Tu as raison, mon cher époux, comme trop souvent. On a assez lambiné. Mais n’oublie pas ta promesse. On ira se mettre en quête de ce groupe d’abrutis à soumettre bientôt, mais si celui-ci est un vivant, il est à moi. Ca sera ma récompense … pour le plus bel orgasme que tu aies eu de toute ta vie, jusqu’au prochain. »

Elle l’observait longuement jusqu’à ce qu’il décide le premier de se lever, ne le suivant dans l’effort qu’à contrecœur, prenant bien son temps pour se vêtir convenablement. Elle se sentait assez en sécurité pour le moment pour ne pas bondir sur ses armes en un éclair, se permettant même un passage dans l’étroite cabine qui servait de salle de bain, où elle pouvait disposer d’un miroir. Dans cet espace assez réduit, elle ne profitait de davantage de luminosité, la forçant à y aller au feeling. Elle n’était pas vraiment du genre coquette, ni particulière attentive à son apparence, mais ce qui l’obsédait davantage, c’était le regard et la manière dont son époux la dévorait. C’était un peu un pacte muet qu’ils avaient passé et qui lui permettait de s’assurer de sa satisfaction à chaque instant. Elle était comme une religieuse prête à tout les sacrifice, ou presque, pour combler sa Très Haute Divinité.

Le cadavre, comme son très glorieux époux l'avait appelé, avait laissé un équipement très appréciable, leur permettant de rembourser leurs précédentes pertes. Ils l'avaient dépouillé, sans préavis, sans honte même, le laissant repartir à l'assaut du brouillard en chaussette et caleçon, avec son clebs comme seule défense. Il n'avait pas dû faire long feu, sinon dévoré, il était de toute manière condamné. C'est dans ce matériel, très vite adopté, qu'Eileen s'équipa. Elle n'était peut-être pas anxieuse à l'approche du danger, mais elle n'était pas imprudente pour autant, elle savait donner à chaque menace la mesure qu'il méritait.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Mar 20 Déc - 15:29
Un nouveau grognement répondit aux mouvements de sa compagne, qui ne cessait de chercher à le mettre à mal, mais il tint bon, ne serait-ce que par provocation et bien que cela lui coûtait tant c'était sensible encore. Cela ne l'empêcha pas non plus d'écouter ses réponses, qui ne l'étonnèrent guère, c'était une tigresse jusqu'aux bouts des ongles, pour qui la provocation, la rage et la passion étaient des moteurs indispensables et des sources intarissables de vie.

La suite lui arracha un léger rire qui se voulait moqueur dans la forme, aimant dans le fond, joint au regard qu'il porta à sa droite vers la source du bruit qui avait résonné dans le garage, cette boite de résonance ayant le bénéfice de leur faire parvenir très aisément toute activité ou presque dans la maison ou contre ses murs. Il fallait s'y attendre, s'ils avaient investi le garage, il était à parier qu'un jour ou l'autre des vivants ou des morts, les deux à la fois qui sait, s'aventureraient dans ce lieu de potentielles trouvailles, ce qui n'avait pas été leur cas cependant.

Ils n'avaient pas fouillé en profondeur, mais le tour de la maison ne fut pas généreux en cadeaux. Il l'avait dit, il serait temps qu'ils reprennent les choses en main et sortent de ce laisser-aller de la dernière semaine, car la faim se faisait de plus en plus ressentir et les besoins tout autant. Il ne crachait pas sur tous les moments qu'ils avaient passé et du repos, ils en avaient eu bien besoin, mais comme toute bonne chose devient lassante à force d'en abuser, rester cloîtré dans ce camping-car devenait étouffant malgré la présence de sa déesse.

Il se releva à son tour et enfila son caleçon assez rapidement, pour le reste il prit son temps pour remettre son jean simple et boucler sa ceinture, enfiler sa chemise brune en laissant les trois boutons du haut ouverts, ne cachant quasiment pas son épaisse chaîne en argent autour du cou. Enfin, il mit ses bottes de cuir typiquement texanes. Ses armes étaient posées sur l'évier sec à l'opposé du lit, avec son sac et tout le contenu. Il commença par hisser sa AK-47 noire facilement récupérée, mais dont il n'avait toujours pas réglé le problème d'enrayement - il s'était vraiment laissé-aller - dans son dos par la bandoulière qui prenait son torse.

Elle était tout de même bien équipée au cas où : lunette de visée ACOG, un support lampe et laser, un tube d'adaptation équipant une crosse tactique, une extension de chargeur et l'indispensable silencieux. Il ouvrit ensuite le sac et prit les jumelles de vision nocturne, dont il tira la lanière pour la mettre autour du cou, laissant les jumelles pendre à ses pectoraux. La lampe torche dynamo trouva sa poche droite, les clés du camping-car dans l'autre, il ne se priva pas d'installer son holster sous son aisselle gauche, qui contenait son Glock 18 C pleinement chargé et finit par le sac à dos contenant le reste des accessoires de ses armes et le pistolet tazer, par-dessus le fusil d'assaut.

Ici aussi, l'arme de poing avait son propre silencieux, sa lampe tactique et son extension de chargeur. Pour bien faire les choses, il vérifia chaque outil et arme, ce qui finit par lui prendre un certain nombre de minutes qu'il ne comptait pas, constatant que rien ne pénétrait de force dans le garage, rien ne le pressait à l'inverse d'aller chercher ce qui était entré dans la maison. Dans l'absolu, plus ils étaient discrets, mieux ils conservaient la tranquillité du garage et son camping-car. En sortant, il perçut des pas depuis la maison, dont le mur résonnait décidément pas mal - il faudra être plus attentif aux bruits qu'ils produisent dans le camping-car. Cela pouvait avoir de nombreuses significations mais les plus évidentes étaient qu'il y avait plus d'un individu, conscient ou non, ou que le même se déplaçait en quête de quelque chose ou de quelqu'un.

Dans un cas comme dans l'autre, il tira son flingue et s'approcha de la porte qui donnait sur le salon, pour pouvoir écouter de près sans se mettre face à la porte, il ne fallait pas risquer d'être surpris par un tir perdu... ou voulu. S'attendre à tout, une prérogative à la survie. Ne rien espérer, un complément très utile. De sa main libre il fit signe à Eileen de venir à son tour près de lui pour écouter également, ils n'étaient pas trop de deux pour essayer de déceler ce qui pouvait se trouver dans la maison avant d'y débouler.

Carl Wilson

Anonymous
Invité
Mer 21 Déc - 15:17
Carl était resté de longues et pénibles minutes calé dans ce recoin, à scruter la fenêtre sur un angle complexe en espérant ne pas voir débarquer l'attroupement de morts-vivants. Ces choses lui fichaient une sacrée trouille, plus que leur apparence cadavérique, c'était cette absence de conscience et même d'existence, des monstres à l'état pur. Il perçut quelques bruits, mais dont il ne distinguait pas la source, quelque part en fond.

C'est cependant quand, au bout d'un temps prolongé qu'il en avait posé son sac de course derrière ses jambes pour pouvoir tenir son arme des deux mains, il vit une silhouette arriver à toute vitesse contre la porte d'entrée que la situation s'accéléra enfin. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, la sueur qui perlait sur son front, semblait gagner d'intensité et les poils de ses bras et de sa barbe tressaillirent. Perdu pour perdu, il sortit un peu plus de sa cachette au risque d'être vu, pour voir de plus près cette silhouette. Elle était étrange, une manière de faire différente, appuyée contre le mur qui jouxtait la fenêtre, une respiration visiblement emballée et une... arme qu'elle collait au front. Un vivant ! Un autre être humain, bel et bien en vie, qui ne semblait pas dans l'empressement avoir vu les quelques quatre ou cinq rôdeurs qui étaient entrés dans le jardin avant lui et erraient près du bassin.

Il voulu le prévenir, mais eu un doute d'un coup, un élan de méfiance qui lui rappelait la mouise dans laquelle il s'était mis en souhaitant venir en aide à de potentiels inconnus, dont pouvait être impliqué l'individu visiblement homme, tout comme il songeait au risque qu'il soit agressif. Carl se ravisa et resta posté un peu éloigné de son angle de mur pour observer les agissements de ce type, qui finit par ouvrir la porte d'entrée et s'engouffrer à l'intérieur en refermant. Le jeune homme fut premier témoin de son propre souffle plus intelligible, plus fort en sachant qu'il allait dans quelques secondes tout au plus avoir cet inconnu devant lui, il y avait peu de chances que ce dernier ne rate la présence d'un grand gaillard comme Carl.

Ses mains crispées sur son arme de jet, ses jambes avaient du mal à tenir en place et il passait de l'une à l'autre en appui, ne trouvant pas la volonté de se déplacer, un réflexe que de se figer sur place et attendre de voir ce qui allait lui tomber dessus. Si lui n'était pas prit de tremblements, il n'était pas loin, tout du moins ses instincts le poussait à se crisper plutôt qu'à s'agiter. L'homme entra, grand, brun, avec un air bien texan et des traits comme en avaient les beau-gosses du lycée et autres joueurs de football américain. Sauf que celui-là avait une arme et qu'il le regardait, Carl, droit dans les yeux en prenant conscience de sa présence.

Il avait l'air aussi surpris et craintif que lui, pour le coup, il n'eut pas beaucoup de mal à faire quelque peu l'impasse sur son arme de poing qui avait le don d'attirer l'attention, pour remarquer qu'il avait la main qui tremble. Il paraissait différent des types qui les avaient poursuivi, lui et cette fille apparue aussi vite qu'elle avait disparu en lui balançant un tas d'infos farfelues. L'inconnu n'aurait pas de mal à constater la propre crainte et le stress qui animait Carl, dont l'arbalète était en réponse dirigée de même vers ce nouvel arrivant, sans volonté apparente de s'en servir en réalité.

Le silence demeura plusieurs secondes durant lesquelles le jeune homme voulu tourner la tête pour voir où en étaient les morts-vivants, qui avaient probablement vu venir l'homme brun, mais n'osait pas le quitter des yeux, ce qui lui donnerait une occasion d'abattre Carl avant d'avoir à prendre le risque de parler. Pour son bénéfice, l'épaisse pilosité qu'il avait sur le visage le vieillissait et lui donnait un air plus solide, plus charismatique, on lui avait toujours dit, il espérait que cela jouerait en sa faveur.

« Je ne veux pas de problème. » Entamait Carl, de sa voix grave et assez rocailleuse, qui avait d'ailleurs tendance à crisper et perturber ses interlocuteurs à la première écoute, de quoi risquer de donner une impression contraire à ses mots. « C'est... c'est vous qui vous trouviez dans la rue plus tôt dans la journée ? Il y avait une personne allongée, elle n'était pas seule. J'ai voulu les approcher en suivant leurs pas vers une maison de l'autre coté de la rue, mais il y a eu des rôdeurs et un coup de feu, je me suis réfugié ici pour leur échapper. Je ne suis pas un voleur, ni un assassin, vous n'avez pas à me craindre. »

C'était y aller vite en besogne et coté franchise on pouvait difficilement faire plus direct, mais il ressentit le besoin de clarifier l'idée qu'il n'était pas mauvais ni dangereux, ni en sournoise embuscade, pas de son initiative en tout cas. Tout comme il espérait qu'évoquer les indices trouvés avant que les choses ne dégénèrent puissent parler à cet homme, un coup de poker certes, car soit il était concerné et pourrait se montrer conciliant, soit il ne l'était pas et pourrait au contraire se montrer paranoïaque ou mal prendre cette approche. Ça ou encore un autre cas de figure, impossible à prévoir.

« On ne devrait pas rester ici, il y a des rôdeurs dans le jardin, ils vous ont peut-être déjà remarqué et viennent vers nous. » Suggérait-il ;

Dans l'espoir de se montrer coopératif à un possible compromis, en indiquant d'un signe du menton, mais sans détourner les yeux, la direction de la fenêtre d'où l'inconnu pourrait constater ses propos et voir par la même ce qu'il en était des morts - si c'était le cas Carl se déciderait à faire de même, mais tout cela partait de l’hypothèse qu'il soit disposé à l'écouter. Rien n'était moins sûr.

Owen Bradburry

Anonymous
Invité
Mer 21 Déc - 17:45
Owen continu de fixer la silhouette devant lui dans le salon, ses mains qui tremblent sur son arme et son souffle court avec la fichue sensation d'avoir la vue brouillée. Un effet secondaire de la course qu'il vient d'effectuer sans aucun doute déjà qu'il n'était pas en pleine forme avant cela. Petit à petit le brun prend conscience que la silhouette est celle d'un homme et bien vivant ce qui décrispe un poil ses épaules, sans doute plus jeune que lui mais difficile de le dire avec la barbe que porte son vis à vis, le style de mec bien foutu et même mignon si on a les critères pour regarder cela. Son regard vert glissant enfin du visage de l'homme vers ses mains pour remarquer l'arbalète tenue fermement et vers lui mais avec un petit quelque chose donnant à Owen la sensation que l'autre ne veut pas s'en servir. Et enfin une voix grave et rocailleuse qui s'élève de l'autre homme, Owen en plisse le nez dans un reniflement difficile à décrire concernant le sentiment animant ce mouvement. Presque comme s'il avait oublié que les êtres humains peuvent parler et qu'il ne s'attendait pas à entendre l'autre parler. Les paroles coulent entre les deux hommes et le brun se redresse un peu plus, freinant son premier élan de conclusion en entendant cela. Poser des questions d'abord et tirer ensuite s'il le faut et non l'inverse comme il pouvait le faire si bien avant mais clairement ça lui en coûte de devoir le faire.

Owen penche légèrement la tête sur le côté fixant de nouveau son vis à vis, le scrutant même, comme s'il voulait sonder l'âme de l'autre homme et la mettre à nue juste en le regardant dans les yeux. Semblant chercher à lire quelque chose, la moindre trace pouvant faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre, cherchant la réponse à une question muette dont il est le seul à en connaître la teneur. Ne parvenant au résultat escompté le brun cesse son manège et sa voix se fait entendre, grave et légèrement rauque.

- Oui c'était moi. Pourquoi ? Tu cherche la fille peut-être ? Tu voulais finir le job que tes petits copains ont lâchement oublié ?

Il ne peut pas oublier et mettre de côté la panique qu'Angela avait ressenti quand il a voulu lui toucher le dos pour la rassurer, il ne peut pas oublier ce qu'elle lui a dit sur des hommes qui la détenaient et ont certainement abusé d'elle dans tous les sens possible même si elle ne le lui a jamais dit cela.

- Désolé de te décevoir mais le petit oiseau s'est envolé je ne sais où dans la panique et je ne sais pas où elle est, tue moi si ça te fait plaisir mais ça ne changera rien à ce fait là. Quant aux choses dehors ma foi qu'elles viennent, je ne piquerai plus de sprint pour les semer.

Joignant le geste à la parole le brun s'appui d'une épaule contre le mur près de lui marquant bien le fait qu'il ne bougera pas de là et que de toute manière la conversation n'est pas close, qu'il n'a pas confiance en l'autre. Et un peu beaucoup aussi parce qu'il a besoin de reprendre son souffle complètement et qu'il est à bout de force, ce qui au passage n'est pas dissimulable à son grand regret. Owen sait que la fatigue qu'il ressent est trop imposante pour pouvoir ne serait-ce que penser à essayer de la masquer. Même s'il n'a plus rien à perdre, le brun ne se laissera tout de même pas faire, loin d'être résigné sur son sort même si ses paroles sont plutôt fatalistes qu'autre chose. Une manière de tâter le terrain peut-être ?
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