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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[CH, D, 1] Une fille me l'a dit - 07/04/35
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Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mar 27 Déc - 2:04
Le cliquetis caractéristique de la balle s’engageant dans la chambre se fit entendre au moment où Eileen tira sur la manette d’armement, vérifiant au passage au niveau de la fenêtre d’éjection qu’aucun problème n’allait se poser. D’une nature très peu frileuse, elle avait préféré resté en débardeur marron équipant juste au-dessus son gilet par balle et laissant entrevoir ses bras à la couleur pâles striés de quelques cicatrices qui avaient amorcé il y a peu leurs guérisons. Ses longs cheveux noirs comme le charbon retombait sans réel volonté d’y donnait un quelconque mouvement, sur ses épaules et dans son dos en quelques mèches groupées. Son regard d’un bleu plus sombre qu’accoutumé passait en revu son équipement, s’assurant que le couteau de combat qu’elle avait récupéré peu de temps avant était parfaitement en place.

Il ne lui restait plus qu’à descendre rejoindre son époux qui avait déjà pris les devants près de la porte communicante entre le garage et la maison, là où le bruit qu’ils avaient perçu un peu plus tôt attestait d’une présence. Elle sauta la marche du camping-car pour arriver au sol en un bond souple et discret, se rapprochant à la demande de celui qui, quelques instants plus tôt, soufflait encore sous les cabrioles de sa langue experte. Dos au mur, de l’autre côté de la porte près de laquelle il s’était appuyé, elle tendait l’oreille pour prêter attention aux mouvements et à leur nature, particulièrement s’il était traînant ou nerveux, ce qui pourrait en dire énormément sur ce qui les attendait de l’autre côté du mur.

C’est ainsi qu’elle parvint à distinguer non pas un, mais deux présences à une distance bien trop éloigné en peu de temps pour être issu de la même origine. Cette théorie se confirma bien vite avant même qu’elle n’ait eu de commentaire à faire à ce sujet lorsqu’ils se décidèrent à prendre la parole, chacun leur tour. Son regard se leva vers le visage de Duncan, ses propres traits se peignant en une grimace irritée, preuve étant de son agacement à voir ses plans être constamment remis en cause. Pour une fois que le destin lui livrait sur un plateau d’argent un type bel et bien vivant, il fallait que l’exercice se corse en un second protagoniste. Pire que cela, le premier confirmait que dans leur échappé, ils avaient été suivis de bien assez près pour craindre une intrusion dans la maison. Leur maison. Rien que pour cela, Eileen s’imaginait déjà leur plomber le crâne, mais seulement dans ses rêves les plus lointain. Pour le côté tout à fait terre à terre, elle savait qu’aborder deux hommes, potentiellement aguerri depuis plusieurs mois dans le domaine de la survie pour être encore vivant à l’heure actuelle, était parfaitement suicidaire sans un minimum de plan. Pour le coup, ils étaient un peu pris au piège dans leur garage sans vraiment de solution idéale.

Sortir par la porte de garage ? C’était une idée, mais si le premier avait dit vrai, la zone serait particulièrement inondée de mort pour parvenir en toute discrétion, et sécurité, à contourner le duo et arriver dans leur dos. Quant à les surprendre de face, c’était assez osé, mais tout aussi risqué par le fait d’un tir réflexe. De leur position, il leur était impossible de savoir quelle puissance de feu ils disposaient. Néanmoins à leur discours, d'un côté trouillard un peu perché et de l’autre à moitié dépressif suicidaire, elle était persuadé qu’au moins l’un d’eux appartenait au groupe annoncé comme les « gentils con-cons » du coin par le dernier dépouillé qu’ils avaient croisé, l’autre bluffant peut-être pour prendre le premier en traître.

Un long soupir bien expressif s’extirpa des narines de la femme aux cheveux d’ébènes, sa tête venant reposer contre le mur du garage alors qu’elle n’avait pas quitté son époux du regard. Voilà que ses projets prenaient forme avant même qu’il n’ait fini de les formaliser. Elle doutait qu’il accepte de les descendre l’un comme l’autre, aussi se contenta-t-elle d’un rapidement mouvement de tête, de lui signifier que la suite des opérations lui appartenait quant au devenir de leurs deux invités forcés. Pour sa part, elle désignait la porte du garage donnant sur l’avant de la maison de l’index avant de montrer ses deux yeux pour attester de son intention de vérifier cette entrée-ci pour être pleinement conscient de leur environnement et des possibilités qui s’offrait à eux. Elle aura attendu son approbation pour se mettre en route avec cet objectif, sauf avis contraire de sa part.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Mar 3 Jan - 18:43
Deux hommes, c'était donc l'origine des bruits qu'ils avaient perçu, et des types bien vivants. Il ne comprenait pas tout de leur échange, mais il était question d'une fille, d'un boulot à finir, de rôdeurs dans le jardin et une chose était certaine, ces deux types ne se connaissaient pas et n'étaient pas partis pour être de grands amis dans l'absolu. L'irritation palpable et le soupir de son épouse tira à Duncan de lever les yeux au ciel en réponse, non pas en opposition, mais en accord avec le fait que ces deux énergumènes tombaient très mal et surtout les mettaient dans une position délicate.

Si Duncan s'était bien douté qu'ils finiraient par être visités un jour, il ne s'attendait pas à ce que cette rencontre soit biaisée par une sous-rencontre entre les inconnus eux-même, et il se comprenait là-dessus. Tant pis, le mécanisme se mettait en place et il s'agissait d'en prendre le contrôle avant d'être surpris par ce que la machine allait produire. D'un signe de tête nonchalant, il rejoignit également la volonté de sa moitié à gagner la porte du garage, mais prit les devants. Des deux, Eileen était la mieux protégée grâce à son gilet en cas d'attaque mais ça ne changeait rien au fait qu'il était l'homme, il devait s'exposer au devant du couple, c'était dans le contrat de mariage et dans les bonnes traditions machistes dont il était un fervent représentant - que cela dérange les opposants y voyant là un qualificatif négatif ne le confortait que davantage en ce sens.

Le Glock coincé entre ses doigts, le pouce venait effleurer la détente, sans pour autant prendre de risque : il avait apprit depuis des années à se servir d'une arme, bien avant que tout cela n'arrive, son passif de policier, puis de criminel, l'avait rôdé dans le domaine et préparé à faire un carnage dont il n'avait pour l'instant entamé que l'introduction. Il n'y avait pas d'alternative possible, pour faire partie des survivants, il faut rester dans le camp des vainqueurs et pour conserver ce statut, il faut tuer, car tuer c'est gagner le droit de survivre, CQFD. Un des principaux avantages de ce garage, outre son espace et sa localisation, c'était d'avoir une porte taillée dans la porte du garage, encadré rectangulaire en mesure de faire passer une personne à la fois, comme dans beaucoup de garages New-yorkais.

Un choix de fabrication très pratique de l'ancien propriétaire, qui soit voulait éviter de s'embêter à ouvrir la bruyante et grande porte les jours de bricolage, soit voulait pouvoir disposer d'un accès discret les soirs où il rentrait bourré. En tout cas, c'est le raisonnement qu'il aurait eu à sa place, même s'il n'y avait jamais été. Une vie bien rangée, dans une propriété pavillonnaire d'une petite ville, loin de tout danger, avec des factures à payer chaque mois et le chien à sortir tous les matins et tous les soirs, avant et après le boulot au bureau comptable du coin ou dans un petit bureau de shérif essentiellement occupé par les problèmes de voisinage, voilà un train de vie qu'il aurait pu apprécier si les événements de sa vie avaient tourné autrement.  

Aurait-il vraiment pu se ranger aussi paisiblement, sans folie, sans passion, sans Eileen ? C'était une question qu'il se posait parfois, dans les moments où il se laissait prendre par un flot de pensées en cascade le renvoyant à son passé, ses réussites, ses ratés, ses écarts... sa descente aux enfers, dont il n'était jamais vraiment revenu. De sa main libre il déverrouilla la porte individuelle et l'ouvrit lentement, discrètement, fixant intensément le filet de lumière qui devenait une haie, un jardin, un ciel, jusqu'à dégager pleinement son champs de vision et découvrir les morts-vivants qui tournaient dans le jardin. D'un geste il rabattit la porte à moitié pour cacher sa présence lorsque l'un d'eux fit volte-face pour avancer en direction de la façade.

Il hésita à refermer des fois que la bestiole décharnée vienne jusqu'à leur porte, mais se tenta à rouvrir partiellement pour apercevoir à moitié sa silhouette qui s'éloignait à mesure qu'il poussait la poignée vers la fenêtre du salon. Avait-elle repéré ces types ? C'était possible et si ce devait être le cas, ça leur faciliterait la progression. Il prit le temps de s'assurer que ceux restés vers l'entrée du jardin ne regardaient pas dans leur direction pour faire signe à Eileen de le suivre de son arme, sortant un pied dehors, puis un autre en lâchant la poignée. Duncan s'élança alors à pas rapides vers l'angle tout proche pour contourner la maison par le couloir herbeux entre celle-ci et la haie protectrice, jusqu'à la terrasse arrière.

Durant sa progression, il avait brandi son arme devant lui, au cas où il devait abattre une menace, vivante comme morte qui viendrait le surprendre malheureusement - pour elle. Quand il rejoignit l'angle qui donnait sur la terrasse et l'autre partie du jardin, il fit un break dos au mur et attendit quelques instants avant de pencher la tête et scruter : rien, pas un chat. Tant mieux, il détestait ces saletés de chats, le genre de bestiole que l'on trouvait d'ailleurs chez les gens bien rangés dans leur vie banale, prévisible et ennuyeuse, ceux-là ou les chiens ça revenait au même, des kilos de poils irritants, envahissants, qui bouffaient des dizaines de dollars par mois, sans compter l'escroc de veto arrachant un bras aux propriétaires à chaque consultation, en recevant des remerciements en plus.

Des saloperies qui vous bousillent la maison, abîment tous vos biens, recouvrent entièrement le jardin d'une couche de merde garnie à la pisse et souvent désobéissants. Voilà une bonne raison pour laquelle il ne s'était pas rangé, parmi d'autres, de toute façon tout ça n'existe plus maintenant, parti en poussière. Il s'avança dans le jardin désert et fit signe à Eileen de grimper sur la terrasse pour se poster à la baie vitrée, tandis que lui-même se rendait de l'autre coté de ladite baie. Car il ne comptait pas être vu par deux et potentiellement davantage occupants et puisqu'il comptait sur la présence d'Eileen pour le couvrir, il se mit au sol à couvert de la terrasse et rampa tout du long jusque l'autre coté.

L'herbe était humide, durant sa progression, il se demandait s'il ne rampait pas là sur des restes décomposés de chiures de chien ou de chat, son jean n'était pas très agréable pour ce genre de manœuvre sportive mais il fallait bien s'y faire et vu comme il se salissait avec  toute cette terre un peu molle, il avait là de quoi se décider à nettoyer ses vêtements. Une tâche de plus sur la liste de tout ce qui avait été négligé la dernière semaine. Il finit par arriver au bout, enfin et se hissa debout des deux mains - malgré son arme - pour grimper sur la terrasse et venir se poster à deux centimètres de la porte vitrée. L'étape suivante sera la plus complexe : ouvrir, entrer, les repérer et les mettre en joug avant qu'ils n'aient le temps de leur tirer dessus, pour prendre le contrôle de la situation.

Carl Wilson

Anonymous
Invité
Mer 4 Jan - 13:16
Carl prit une grande inspiration dans cette situation qui s'avérait déjà pénible, à peine avait-elle commencé. Il ne lui était pas difficile de comprendre que l'homme essoufflé face à lui l'accusait d'entrée de jeu de méfaits dont il était complètement étranger, à propos d'une fille inconnue qui, visiblement, n'avait pas eu la vie facile ces derniers jours et il préférait se garder d'en penser plus.

Il maintenait son arbalète braquée sur ce type, dès lors que ce dernier en faisait autant et malgré qu'il n'y prenne aucun plaisir, la conversation était partie pour être délicate et s'il voulait juste s'éclipser pour éviter de continuer au risque que les choses ne dégénèrent, il n'en avait pas l'opportunité, aussi bien à cause de cet homme qui le maintenait en joug, que des rôdeurs qui tournaient comme des requins au-delà des murs de cette maison. Un piège, voilà dans quoi il était tombé, un foutu piège dont il serait complexe de s'extirper en un seul morceau.

« Bon... » Rétorquait-il en soufflant des narines. « J'y repenserais à deux fois avant de jouer la carte de l'honnêteté. Et quelque chose me dit que si je vous affirme ne pas savoir de qui vous parler et n'avoir rien à voir avec ça, vous allez avoir du mal à me croire. Pourtant, c'est bien le cas, je suis juste un type qui essai de passer ce quartier jusqu'au prochain, on m'a envoyé ici rencontrer un groupe qui pourrait m'aider. »

Un pas après l'autre, lentement, il s'éloignait de son coin de mur pour se rapprocher du centre du salon, sa posture n'était toujours pas pleinement assurée, lui qui était très mal à l'aise à devoir prendre une telle position et ses bras se fatiguaient déjà à rester tendus ainsi. D'ailleurs même le fait de fixer ce type commençait à lui brouiller la vue à force à cause de la fatigue qu'il ressentait, mais il s'efforçait de tenir bon si cet effort devait lui éviter de prendre gratuitement une balle dans le corps. Il cligna des yeux plusieurs fois, de l'humidité s'y entassait et débordait au coin de ses yeux, ce qui lui rendit la tâche plus gênante encore.

« Je ne veux pas vous tuer, je ne veux rien faire à votre amie, alors s'il vous plait, baissons nos armes et - »

Il entamait une tentative de persuader l'homme qu'ils n'avaient pas à se confronter quand il fut brutalement coupé par de lourds coups sur la grande fenêtre du salon, faisant sursauter Carl qui eu le réflexe de tourner son arme, son regard et tout son corps vers l'origine de la surprise avec de légers tremblements : un rôdeur les avaient bel et bien repérés et était venu s'en prendre à la partie la plus fragile de cette baraque. Derrière, les monstres qui tournaient dans le jardin avaient été interpellés par cette agressivité soudaine, dont les grognements joints de la bête étaient perceptibles à Carl comme à Owen. Tous les regards - vides - se tournaient dans leur direction, en premier lieu le provocateur qui frappait à nouveau contre la vitre dans l'espoir irraisonné de passer au travers.

Aussi grand que fin, sa peau en grande partie sèche et plus affinée encore, laissant presque percevoir son crâne, le monstre dévoilait toutes ses dents ou tout du moins, celles qui n'étaient pas cassées, le reste déjà bien rongé avait l'avantage macabre d'être truffé de pointes encore plus dangereuses que des dents saines. Accaparé par cette menace qu'il avait craint, Carl se maudit aussitôt d'avoir détourné aussi prestement son attention de l'homme non loin et s'il ne détournait plus son arme de la fenêtre, son regard sombre plein d'appréhension et ses sourcils froncés allèrent vers Owen, à qui il ne dit pas un mot de plus, observant sa réaction et la décision qu'il pourrait prendre, s'il décidait de basculer la situation sur une éventuelle collaboration entre eux dans le but de faire face aux morts bien plus impitoyables qu'ils ne pourraient l'être entre eux.

Owen Bradburry

Anonymous
Invité
Ven 6 Jan - 16:32
Aussi confortablement que possible installé contre son mur, Owen ne perd pas l'autre homme du regard, pas plus qu'il ne baisse son glock bien que son doigt ne soit pas sur la détente mais sur le côté. Espérant sincèrement ne pas avoir à se servir de cette arme sur un être humain vivant, pas sur celui ci en tout cas, surtout qu'il n'a jamais eu à le faire jusque là. Son regard bien que moins pesant reste néanmoins inquisiteur, cherchant la faille dans les mouvements et les paroles de l'autre. Autre qui a l'air tout aussi fatigué qu'il ne l'est lui même, emmagasinant les informations et notant la mention d'un groupe dans les parages. Des quelques paroles échangées avec Angela un peu plus tôt il cherche à se souvenir de si une telle chose a été mentionnée mais il ne lui semble pas. Serait-ce une nouvelle pièce d'un puzzle inconnu qui se met en place ? Le brun a du mal à croire aux coïncidences et peut-être que "l'abandon" de la jeune femme dans ce quartier n'avait rien d'anodin.

Avant même qu'il ne puisse formuler à voix haute la moindre question, le barbu poursuit sur sa lancée avant d'être brusquement par des coups portés à une fenêtre à un peu trop proche de lui à son goût. Et s'il voit son vis à vis sursauter, Owen ne risque pas d'en être moqueur alors que lui même a à peu près la même réaction si ce n'est qu'il ne tourne qu'à peine la tête vers la fenêtre, ne voulant pas se retrouver prit par surprise par l'autre en face. Lâchant malgré tout à demie voix un :

- Son of a bitch

Il, ils même n'avaient pas besoin de cela dans leur situation précaire et l'heure d'un choix sans nul doute déterminant est là. Owen n'a que quelques secondes pour décider de la suite des événements et de s'il décide ou non d'accorder crédit aux paroles de l'homme. Sauf que l'instinct prend le pas sur la réflexion en cette seconde si bien que quand monsieur arbalète reporte son regard sur lui, le brun en a un reniflement et un mouvement du menton en l'air.

- Owen...

Son simple prénom lâché pour deux raisons, l'une d'elle étant pour avoir la même chose en retour mais aussi et surtout pour dire "je ne te fais pas confiance mais pour le moment on va mettre ça de côté vu la situation". Et puisque la décision est prise, le brun se redresse de contre son mur et un sourire en coin arrive sur son visage, l'autre s'apprêtant à découvrir que lorsqu'il fait cela c'est qu'il va sortir une connerie quelconque.

- Voyons chéri, fallait me le dire que tu avais invité du monde à dîner, là y a rien à bouffer ! Qu'allons nous faire d'eux maintenant ?

Adoptant un air totalement surjoué et déplacé de femme au foyer désespérée devant l'attitude de son mari. Une connerie qu'on disait et c'est le cas mais aussi un moyen de faire passer le message à son vis à vis qu'ils doivent s'accorder pour réagir surtout qu'Owen en a marre de courir. Pas dit qu'il puisse le faire encore d'ailleurs vu la fatigue rampant dans chaque cellule de son corps.

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Mer 18 Jan - 17:41
Lorsqu’elle posa son regard sur la silhouette de Duncan qui la dépassa pour anticiper son action, elle claqua de la langue sans pour autant protester d’une quelconque autre manière. Aussi habitué qu’elle pouvait être à son caractère et à ses habitudes, c’était bien le genre de chose qu’elle n’appréciait que partiellement. Restant donc un pas en arrière, elle patienta sa première inspection du regard, ne se formalisant pas d’avantage sur ce qui l’avait fait tiquer quelques secondes plus tôt, se concentrant à nouveau sur son environnement, et les dangers potentiels relativement proche.
Dès que le signe vint à elle, elle emboîta le pas de son compagnon, relevant à plusieurs reprise son arme chaque fois qu’elle rencontrait une nouvelle cible, se tenait prête à réagir si l’une d’entre elles décidaient de changer d’avis et de regarder dans leur direction. Marchant presque à reculons dans le dos de Duncan, elle le colle assez pour couvrir la partie de son champs de vision auquel il n’avait pas accès.

Les semaines, les mois, passés dans cette environnement obscurs avaient forgé leur comportement de l’un vis-à-vis de l’autre, et quand bien même leur vie de cavalcade d’antan n’avait rien à envier avec l’actuelle, beaucoup de chose avait dû être réadapté. Faisant halte quand il le fit avec une simultanéité qui frôlait l’hérésie, elle grimpa finalement sur la terrasse avec une agilité particulière et une discrétion à tout épreuve au regard de son poids plume avant de retrouver la sécurité du mur de la maison pour au moins couvrir ses arrières. Non loin de la baie vitrée, la lumière diurne occultait une bonne partie de la visibilité intérieur, forçant sur le visage de la brune aux yeux bleus une grimace des plus contrit.

Choisissant rigoureusement son angle, elle finit par faire signe à son conjoint qu’il avait le feu vert, ce dernier cherchant à se tasser le plus bas possible pour éviter tout contrevenant, elle guettait ses mouvements, mesurant la réalisation de ses derniers couplé à l’horizon pour être certaine que rien ni personne ne vient les surprendre avant qu’ils n’aient pu mettre en application le même tour de passe-passe.

Le double vitrage n’aidait pas estimer si les deux protagoniste réfugié à l’intérieur continuait de parlementait ou s’ils en étaient passés à d’autre perspective, mais et surtout, elle devait estimer si la baie vitrée par laquelle ils souhaitaient les surprendre avait été verrouillée ou non, ce qui aurait fortement freiné leur plan. Profitant de la proximité de la porte coulissante et du cadre opaque de cette dernière, d’un seul index, elle mesura le loquet de celle-ci, en ne la faisant glisser que de quelques millimètres, de quoi la rassurer à cette perspective. Elle n’avait rien d’une vulgaire voleuse mais avait déjà longuement éprouvé nombre de tactique d’intrusion en milieu urbain par le passé, ce qui lui donnait une assurance au moins certaine dans ce domaine. Cela ne signifiait pas qu’elle était infaillible, et qu’aucun n’aurait la faculté certaine de pouvoir percevoir quelque chose de sa part, mais au moins, sa dextérité en réduisait le risque. D’un signe de tête, elle confirma que tout était bon de ce côté, la faible interstice qui venait d’être créé laissant entendre plus chichement, à défaut des mouvements, au moins les discours qui pouvait s’y tenir à l’intérieur et attendit.

La patience était une vertu comme une autre, prenant le temps de mesurer et d’estimer quel serait le bon moment, quitte à leur donner un peu plus de secondes pour évoluer et se croire en sécurité. Elle laisserait néanmoins le geste à Duncan de donner le signal afin de coordonner leurs gestes respectifs. Si fait, ses ongles se seraient glissés sur le relief de la porte fenêtre de sa main libre, l’autre tenant toujours son fusil bien calé contre le creux de son épaule. Brusquement, la baie vitrée coulisse sur son rail, la poignée n’arrêtant sa course que lorsqu’elle percute le mur l’accueillant en son sein. L’espace ainsi créé laisse suffisamment de place aux deux protagonistes faire irruption simultanément, et c’est dans les quelques fractions de seconde qui suivirent que la silhouette d’Eileen se découpa de l’encadrement, fusil armé, braqué et prêt à tirer, l’œil coincé sur l’alignement de son viseur.

Elle cherche rapidement à acquérir l’une des deux cibles, et si les deux sont dans son champs de vision, elle calera sa mire à celui qui se trouve de son côté, question de logique. D’une voix portée, bien que sans crier, grondant plus sourdement que vocalement, elle se sera exprimée de manière parfaitement audible et intelligible, de leur stricte par pour ne pas attirer les créatures extérieures.

« Personne ne bouge ou on fait feu. Vos armes à terre. »

Elle espérait que leur équipement bien garni, leur assurance et leur aplomb prennent le dessus sur toute forme de rébellion héroïque et sans doute suicidaire.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Dim 12 Fév - 23:27
Il se trouvait déjà en position, aussi laissait-il à Eileen le soin de juger de la baie vitrée, tandis qu'il glissait son visage le long du mur, sa chevelure faisant appui, jusqu'à ce qu'un oeil ne découvre le salon dans lequel les deux hommes se trouvaient, puis les deux hommes eux-même. Il se faisait aussi discret que possible, si tant est que cela avait une vraie utilité, car ces deux types il les voyaient plus que bien occupés à se faire face, comme à faire face au rôdeur qui était venu attaquer la vitre, une parfaite diversion qui aurait une contrepartie potentiellement fort déplaisante si les autres cadavres décidaient de se joindre à la fête.

Dans l'absolu c'était un problème de second rang, le premier étant de parvenir à contrôler de ceux-ci dont le coeur battait encore, avant de s'intéresser à s'occuper de ceux qui n'en avaient plus l'usage, aussi surréaliste que l'idée puisse paraître dite ainsi. Quand Eileen tira la porte, il lâcha d'une main son arme et serra celle qui le tenait toujours très fermement, soit sa droite, puis bondit hors de sa cachette sur les talons de son épouse, posant le pied dans l'entrée à l'instant où la porte percutait l'arche au terme de sa course. Il glissa derrière Eileen et se dégagea sur sa droite une fois à l'intérieur, levant d'une méthode autant sychronisée qu'instinctive son arme vers le porteur de flingue - soit Owen - quand Eileen braquait monsieur arbalète.

Ses mèches se balançant dans sa course, il bloqua net le talon de sa botte sur le parquet en même temps que le canon de son Glock se fixait sur le torse de sa cible, son regard lui venait braquer celui de son vis à vis avec cet éclat clair qui le caractérisait. Si Eileen faisait démonstration de sa froideur habituelle, Duncan avait à son contraire un air insolent illustré par son très subtil sourire en coin, passant finalement le regard de l'un à l'autre des deux inconnus tout en venant compléter les ordres de sa louve, ignorant pour le moment le rôdeur qui tambourinait la fenêtre avec une rage évidente que leur intervention n'avait pas calmé - bien au contraire.

« Vous avez entendu la dame, on reste tranquille et on baisse les mimines, flingues au sol et mains derrière la tête, ou on vous transforme en sacs à chair bons à remplir la panse des charognards du jardin. » Il glissa un regard vers Eileen en haussant les épaules, d'un faciès incrédule. « J'aime bien soigner mes entrées. »

Ceci fait, il revint à leurs comparses de mauvaise fortune, son pouce frottant distraitement son arme au niveau de la chambre de tir. Il plissa un oeil, s'interrogeant mentalement sur leurs deux gueules bien particulières avant d'exprimer plus intelligiblement sa pensée. Cela pouvait avoir l'air exagéré mais le temps avait rôdé Duncan aux situations tendues, assez pour qu'il puisse se permettre de garder un air décontracté, qu'il soit sincère ou non, face à des énergumènes quelconques, ce qu'il illustrait par son autre bras raide le long de son flanc.

« Qu'est-ce que vous fichez là les parasites, dans ce quartier, dans cette maison ? Et vous avez intérêt à avoir de bonnes raisons... »

Carl Wilson

Anonymous
Invité
Mar 14 Fév - 13:48
Ce type était vraiment étrange, autant dans ses réactions que sa manière d'être, mais ce qui comptait avant-tout, c'était qu'il ne soit pas nihiliste et en l'occurrence, le simple fait qu'il donne son nom avait de quoi soulager un peu Carl qui était à un sommet de tension qu'il en avait de la sueur plein le front.

« Carl. » Répondit-il, spontanément, sans rien comprendre en revanche à la suite et à cette histoire de chérie et d'invités. Était-il passablement fou, ou davantage ? La question méritait d'être posée, surtout si le destin lui imposait de collaborer avec lui, ce qui était inévitable à la vue du monstre qui continuait de tambouriner à la fenêtre, de quoi rameuter les autres rôdeurs qui traînaient dans le jardin. D'ici, il ne les voyaient pas, mais il se doutait qu'ils étaient dans le coin.

Il détendit un peu ses mains qui tenaient l'arbalète et s'apprêtait à répondre à Owen, passant le regard de l'un au moins vivant à l'autre, cadavérique, quand il fut surpris par un bruit de choc dans son dos, correspondant à la porte de la baie vitrée qui frappait l'arche et laissait entrer deux nouveaux protagonistes, encore mieux armés et surtout bien plus cash dans leur approche agressive pour simplifier la situation - grosse ironie. Face à ce nouveau rebondissement, cette fois ni sursaut, ni frousse, ni réaction de défense, il tourna la tête presque à s'en tordre le cou et resta ébahi à voir la femme au fusil et l'homme au pistolet, à croire qu'il était vraiment le plus pauvre de tous en matière d'arme, débarquer et les braquer d'office en saupoudrant leur entrée fracassante de menaces catégoriques.

Cette fois c'était trop, trop d'événements en trop peu de temps, alors qu'il était encore désorienté d'être en vie, de voir, de parler et d'agir, il se sentait surmené, d'abord il se réveillait avec un type sans doute cinglé, ensuite cette fille qui lui racontait des choses insensées, ces inconnus qui leur avaient couru après sans qu'il ne sache pourquoi, puis la solitude, puis la marche, puis les rôdeurs, les coups de feu, un inconnu, deux, trois, des armes dans tous les sens, des menaces, de la tension à outrance. Pris en sandwich entre eux trois et les rôdeurs à l'extérieur, l'oppression qu'il ressentait dépassait l'acceptable, mais l'hystérie n'était pas dans sa façon d'être, c'était plutôt l'inverse.

Carl resta figé, incrédule, de longs instants, avant de fermer les yeux de résignation. Ce coup-ci, il en avait ras le bol de paniquer, de sursauter, il en avait assez fait pour une journée, marre de convaincre, se convaincre, marre de faire des rencontres, marre de courir. Il conserva les yeux fermés durant quelques secondes, l'arbalète baissée vers le sol et se tournant de profil par rapport au couple de cow-boys, sans plus faire attention ni à eux, ni à Owen l'inconnu étrange qui était toujours là, ni au rôdeur qui commençait à faire se fissurer la vitre à force de taper dessus en grondant de son horrible faciès.

« Qu'est-ce que c'est que ce... pourquoi... ça ne s'arrête jamais, c'est pas possible. » Baragouinait-il entre ses dents en lâchant son arbalète à une main qui tombait lourdement au sol.

Allez savoir, le stress ou cette résignation, mais il fut pris d'un petit rire nerveux et bref, puis se laissa tomber à genoux devant lui, là seulement il consentit à rouvrir les yeux en regardant le sol, les bras ballant et ses mains frôlant le tapis recouvrant cette partie du parquet.

« J'ai rien demandé bon sang, j'étais mort, j'étais tranquille. » Fit-il entendre plus intelligiblement, son regard passant de la femme aux deux hommes avec un air dépité et une espèce de familiarité incohérente qui laissait suggérer qui lui aussi, commençait doucement à avoir l'esprit qui dérive, marqué de sa lassitude et son ras le bol. « J'en avais finis, enfin, après avoir supporté plus qu'il n'en fallait. Pourquoi m'avoir ramené, pourquoi me balancer dans ce mauvais film, pourquoi vous ? Pourquoi moi ? C'est quoi ces conneries ? J'étais mort, j'étais tranquille, foutez-moi la paix, ou tuez-moi, ALLEZ ! TUEZ-MOI ENCORE ! Qu'on en FINISSE ! J'ai pas envie de jouer au cobaye d'un monde parallèle, je me fous de VOUS ! Je me fous de ce fichu groupe, de ces foutues indications, j'en ai marre. MARRE ! Alors lâchez-moi... s'il vous plait... lâchez-moi... »

Il s'était mis à crier sur la fin, en partie, sa respiration si emballée jusqu'ici se faisait plus marquée, plus lente, plus gonflée de son buste fort sollicité car il se forçait à inspirer et expirer plus longuement et concrètement. A la fenêtre, la vitre se mit à craqueler, annonçant sa destruction imminente. Non, nul ne le laisserait en paix aujourd'hui et cela, il lui faudra l'accepter d'une manière ou d'une autre.

Owen Bradburry

Anonymous
Invité
Jeu 23 Fév - 12:12
Au moins Owen aura t-il reçu le prénom de l'autre homme, Carl, c'est quand même plus pratique de connaître son prénom que de l'appeler l'autre ou toi là bas ou machin ou bidule ou...Oui bon on aura compris ce qu'Owen cherche à dire par là ou plutôt à penser. Bref. Par contre pour la suite le dénommé Carl ne semble pas comprendre les choses, ce qui en soit n'a rien d'étonnant mais bon le brun en a raz le cul de cette journée de merde, pour ne pas dire mois voir année. Et ce n'est pas près de s'arranger alors que deux énergumènes débarquent armés et les braquant, bordel c'est une habitude dans le coin ou quoi ? Toujours est-il qu'Owen en a raz le cul et encore heureux qu'il n'a pas la gâchette facile sinon une balle serait déjà partie vers les deux intrus. Ne tournant pas le dos à la baie vitrée, il n'a qu'un simple quart de tour à faire pour observer les deux humains, oh cela serait mentir que de dire qu'il n'a pas une nouvelle fois sursauter à cette intrusion. Ou dire qu'il est rassuré, non il ne l'est pas du tout alors que ce n'est pas difficile de voir que les deux emmerdeurs sont plus armés que lui et Carl. Mais la lassitude et la fatigue aidant Owen n'arrive plus à réagir comme supposé, se contentant d'arquer un sourcil aux paroles entendues sans pour autant baisser son arme, son doigt toujours le long de l'arme bien que proche de la détente.

- Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu et le platypus bosse pour ferrero...

Sur son flanc Owen perçoit du coin de l'oeil, la réaction de Carl plus qu'il ne la voit, il l'entend lâcher son arbalète avant de terminer à genoux sur le sol. What the fuck ?! Et après c'est Owen qui ne tourne pas rond hein ? Mais le brun va très bien comparé à ce qu'il entend de la part du barbu. Mais qu'est-ce qui lui prend de dire qu'il était mort mais qu'il ne l'est plus mais qu'il faut le retuer...C'est bien sa chance à Owen de tomber sur un mec qui a les plombs qui sautent, sur deux mecs même et une femme. Pendant que dans son dos, il peut entendre la vitre se craqueler de plus en plus puis céder sous les assauts du zombie qui s'il continue va basculer à l'intérieur et ramper jusqu'à eux. Bien qu'Owen ne soit pas directement sur le chemin du mort vivant, cela va attirer les autres encore plus rapidement et d'ailleurs depuis le jardin des râles se font entendre, nul doute que l'arrivée des deux zozios n'est pas passée inaperçue.

- Et maintenant Bonnie and Clyde vous nous faites quoi ?

Owen lui n'est pas décidé à bouger de là où il se tient, hors de question qu'il baisse son arme ou qu'il fasse un geste d'un côté ou de l'autre quand bien même il joue grandement avec le feu.

Duncan Waltz

Anonymous
Invité
Jeu 23 Fév - 17:11
La situation grimpait en tension progressivement, sans interruption et la réaction du plus brun des deux intrus n'aida guère à la diminuer : s'il posait son arme, ce qui était une bonne chose pour lui, du moins, sur le papier, l'angoisse explosive qu'il exprimait et surtout ses mots percutèrent quasi-instantanément l'ex-criminel qui y vit là un écho on ne peut plus vivace. Il était mort, il était revenu à la vie, il parlait d'un groupe, d'indications à propos de quelque chose qu'on lui avait donné, tout se raccordait étrangement aux propos tenus par le macchabée de la semaine passée. Était-ce le même ? Ce Samuel, qui avait parlé à ce garçon de la résurrection et du groupe dont il faisait - enfin avait fait - partie ?

Il y avait quelque chose à creuser, inexorablement, et s'il pouvait être juste un dingue, il y avait trop de coïncidences dans ce qu'il disait avec une palpable certitude, il était persuadé d'être mort et d'avoir été ramené à la vie. Autant de choses qu'ils devaient absolument certifier car un coup à jouer n'était pas loin, aussi la mort de ce garçon était à exclure d'entrée de jeu, pas avant d'en savoir plus en tout cas. C'était sans compter cependant sur le deuxième, bien moins captivant dans ses propos, mais beaucoup plus rebelle et sa répartie que Duncan qualifiait en pensée de désastreuse, pour ne pas dire ridicule, ne lui donna pas très envie de le garder à contrario de la docile victime d'à coté. Sa question était tout de même pertinente, dans la forme pour commencer et c'était déjà bien du crédit donné : qu'allaient-ils faire d'eux ? Ce qui était certain, c'est que Duncan se mit à fixer droit dans les yeux le rebelle, son arme pointée avec une droiture et une fermeté assurée dans sa direction, visant son visage pour être plus précis, ce qui laissait l'axe du canon frôler celui de son oeil.

La vitre qui se brisait et augmentait rapidement le volume des râles du monstre qui se trouvait derrière le rebelle et à l'opposé d'eux par conséquent, ne l’alarmèrent pas pour le fait même qu'ils étaient les derniers menacés par cette créature, et les probables autres dont les silhouettes entraient à présent dans son champs de vision - plutôt dans l'encadré de la fenêtre brisée en avançant - pas après pas depuis le jardin. Ce, vers l'ouverture que venait de créer dans un fracas l'éclaireur qui entamait déjà de s'y engouffrer, se hisser mollement mais certainement par l'arche, son buste et son estomac griffés et même la peau déchirée par les petits morceaux de verres restés accrochés au bois sans qu'il n'en ressente la moindre gêne, pour pénétrer la maison.

« Eh bien eh bien... on a un rebelle on dirait. Un dingue et un rebelle, c'est pas fameux. Peu importe ce que l'on compte faire, ce qui importe, c'est plutôt ce que toi tu comptes faire, hm ? Tu espères quoi au juste ? Nous sommes deux et mieux armés, si tu tirs sur moi, elle te tue, si tu tirs sur elle, je te tue et ça c'est dans le meilleur des cas. Le plus probable, c'est qu'on te tue les premiers, alors ne joues pas trop au cow-boy et baisse ton arme. Tu n'as pas beaucoup de temps pour te décider, fais gaffe, il y a un rapace qui va t'arriver dans le dos et ses copains arrivent par le jardin. »

Sans détourner le regard ni bouger son arme d'un millimètre, il indiqua de sa main libre la direction approximative de l'autre homme resté à genoux, dans son tripe sans doute, et reprit la parole comme s'il parlait à Owen étant donné l'intensité avec laquelle il le fixait, alors qu'il n'en était rien.

« Occupe-toi de celui-là chérie tu veux ? Qu'il ne pète pas les plombs, ce qu'il dit nous intéresse. »

Eileen Waltz

Anonymous
Invité
Ven 24 Fév - 16:54
L’hystérie du premier provoqua un haussement de sourcil à peine perceptible par la seule femme du groupe, tandis que l’axe de son canon était résolument pointé dans sa direction. Elle ne restait pas immobile, se déplaçant sur le côté en de très lent mouvement de pied, gardant une trajectoire assez circulaire dont les deux hommes en étaient le centre. Le voilà qu’il se mettait à brailler des propos aussi incohérent qu’empreint d’un doux et voluptueux pétage de plomb avant même qu’elle ait pensé à ne serait-ce que le malmener. Son arme s’était décalée vers le bas lorsqu’il s’était effondré genoux au sol, arme lâchée. Elle s’attendrait presque à ce qu’il se roule en boule en position fœtale et se mette à pleurer tant l’exagération était bien singulière sans même se douter de ce que l’homme avait pu vivre jusqu’ici, ou ne pas vivre justement.

Elle gardait obstinément le plus jeune des deux dans sa ligne de mire, sans même relever un œil à la toute aussi affligeante réponse de son comparse. Entre celui qui beuglait comme un bébé et l’autre qui jouait les indifférents blasés, y’avait de quoi y trouver un contraste des plus déroutants. Si les positions avaient été inversées et que son canon avait pointé l’autre gaillard, elle aurait immédiatement pressé la détente. Eileen n’était pas de ces femmes qui passait un temps fou à réfléchir à ses actes et aux conséquences, elle agissait à l’instinct, et ce dernier lui intimait expressément le besoin de supprimer le moindre obstacle qui se dressait sur sa route. Elle avait déjà été assez frustrée à leur précédente rencontre pour encaisser une temporisation supplémentaire mais il fallait croire que Duncan appréciait jouer avec ses nerfs.
Seule, Eileen n’aurait jamais pu survivre, ni dans ce monde, ni dans le précédent, la chance ou la malchance avait toujours voulu qu’un mentor garde son emprise sur elle. Le premier en avait fait une arme, le second sa femme, mais dans le principe, l’influence restait la même. Elle était semblable à un tuyau d’arrosage et Duncan, le pied qui marchait dessus pour contrôler la pression.
Pour le coup, le pied commençait à devenir particulièrement gênant, mais la femme se garda bien de le faire savoir, le regard toujours aussi froid et le visage dénué de la moindre expression contrairement à son époux. Elle ne cilla qu’à peine lorsque la vitre vola finalement en éclat, le râle du mort devenant subitement plus perceptible et sa menace, plus présente. Difficile d’être surpris lorsque l’acte relevait d’une évidence.

Toujours sans protester, elle changea de direction, accélérant le pas pour arriver non loin de l’homme à l’arbalète sous la demande expressive de son époux, arrivant dans un premier temps au pied de l’arme jetée au sol, la dégageant d’un coup de pied bien fort, assez loin des deux hommes, puis glissant au trois-quart dans son dos, gardant le fusil obstinément braqué sur lui bien que gardant une distance suffisante au cas où sa folie ne l’emporte à tenter une action totalement suicidaire.

« On dirait que finalement, tu vas vivre encore un peu. C’est ton jour de chance… ou malchance. A toi de voir. » Avait-elle fini de glisser à l’attention de celui qu’elle menaçait ostensiblement.  

Il ne lui aurait fallu qu’une fraction de seconde pour aligner l’autre type de son arme puisqu’elle avait mis dans sa ligne de tir les deux hommes. Un simple mouvement de bras, une pression sur la gâchette et s’en était fini. Et suivant son humeur, elle aurait appuyé avant d’entamer le mouvement, histoire de faire d’une pierre deux coups.
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