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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Un havre de paix (suite) - 07/04/2035
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Jena Higgins

Anonymous
Invité
Dim 4 Déc - 16:12
Interprété par Cornelia Feuerwald et Jena Higgins.


Aux premiers mots de Cornelia, je n’avais pu retenir un léger sourire en coin venir étirer mes lèvres, laissant quelques ridules se former aux commissures de mes lèvres. Mes paupières se plissèrent légèrement sur mes azurs qui scintillèrent brièvement d’une pointe d’amusement. Puis, j’opinais du chef, assez franchement bien que le mouvement restait en lui-même à peine perceptible.

Par la suite, je n’avais pu m’empêcher de baisser les yeux sur ses mains souillées de miasmes organiques en décomposition et de sang alors qu’elle en avait fait mention, non sans en parler avec une certaine dérision. Peut-être avait-elle encore du mal à appréhender que c’était malgré tout le sang d’un autre être humain, peu importe ce que l’infection en avait fait, peut-être en était-elle au contraire parfaitement consciente mais parvenait à l’enfouir très profondément. Je n’en savais rien, mais quelle qu’en soit la raison, je ne restais pas moins impressionnée de sa force mentale, bien que je relativisais et appréhendais l’instant où la réalité de sa condition risquait de la rattraper.

Malheureusement, la parenthèse que je m’accordais fut de bien courte durée quand Cornelia souleva la question plus épineuse de ma propre condition. Peut-être aura-t-elle pu d’ailleurs le deviner lorsque mon visage se rembrunit brusquement, mon faciès se voilant d’une grimace bien moins avenante, et étrangement gênée tandis que je sentais l’angoisse de la solitude me saisir la gorge à nouveau, soutenue par une certaine envie que j’éprouvais à l’égard de Cornelia de réussir à trouver au sein de ce groupe des gens avec qui partager ses doutes, son vécu et les futurs questionnements qui viendraient et trouveraient réponses.

“Ne vous en faites pas pour ça,” glissais-je malgré tout à mon interlocutrice en guise de réponse à ses excuses de laisser aller comme de curiosité. “Je ne sais pas depuis combien de temps vous êtes… revenue, mais j’imagine sans mal que quelques larmes sont très probablement de circonstance,” avais-je cru bon d’ajouter à la suite, sachant cependant qu’il s’agissait là d’une remarque somme toute assez déplacée, sûrement l’expression de ma rancœur qui se voulait elle aussi déplacée. Mais pour une fois, je ne répondais pas à sa question à propos de mon état, du moins pas dans l’immédiat, préférant lui tourner le dos pour ouvrir la porte du hall qui donnait sur l’intérieur du campement.

“Suivez-moi,”
invitai-je Cornelia le long du corridor qui, à l’image du hall d’entrée, ne détonnait guère par sa décoration assez sommaire et fonctionnelle, rappelant efficacement quel était l’usage initial du bâtiment occupé par le groupe. Les murs présentant le même revêtement d’un marron terne, contrastant avec le plus mauvais goût avec un faux-parquet de bois clair. Des murs comme un sol qui se voulaient nus, rébarbatifs et peu inspirants, mais qui présentaient un contraste de taille par rapport au hall d’entrée : aucune trace de lutte ni de matière organique séchée par le temps n’en souillait les pans.

Tout en avançant, je rangeais mon arme à sa place, la coinçant à la ceinture de mon pantalon tout en guidant Cornelia vers une porte plus spécifique, donnant sur les chambres du personnel féminin. Elle aura pu voir dans la pièce que quatre lits étaient disposés, chacun étant visiblement occupé à en juger par les couvertures dépliés et les affaires personnelles qui s’y trouvaient déposées, discrètement certes, mais bien présentes. Malgré tout, je faisais en sorte de ne pas m’attarder trop longuement dans la pièce, ne faisant que la traverser pour accompagner la miraculée vers la salle d’eau attenante, directement sur la gauche après être entrées dans ce lieu de repos.

Comme le reste des locaux, la salle d’eau ne brillait pas par sa décoration ni sa chaleur, reflétant là encore l’aspect purement fonctionnel de l’installation. Carrelage blanc au sol et gris clair aux murs, on pouvait rapidement deviner la présence de deux toilettes, faisant face à deux lavabos peu garnis en produits de toilette, mais surtout deux cabines de douches communes, séparées du reste par un alcôve, mais qui n’offrait qu’une très relative intimité. Ce n’était pas là une salle de bain confortable, juste un luxe accordé aux anciennes combattantes du feu qui avaient dues se trouver de garde à une époque désormais révolue. Avec l’infestation des morts dans les rues, les incendies n’avaient plus été tant une menace qu’une solution comme une autre pour tenter de contenir le fléau, une vaine solution.

Tournant les talons pour venir m’adosser contre le mur carrelé qui marquait la séparation entre les douches et le reste de la salle d’eau, je prenais enfin le temps de faire à nouveau face à Cornelia, croisant mes bras libres sur ma poitrine, le visage toujours légèrement contrit par les désagréables pensées et faits que sa question avait soulevés. Je ne doutais pas qu’il y avait eu une certaine innocence dans la question de la femme, mais c’était là une réaction épidermique, plus forte que moi. Une plaie encore bien trop vive malgré les quelques jours écoulés depuis ma conversation avec James. D’un signe de tête, je désignais les douches derrière moi.

“Vous pouvez vous laver ici. Je vais tâcher de vous trouver des habits propres, bien qu’il faudra probablement mettre de côté vos aspirations en terme de bon goût,” essayai-je malgré tout de plaisanter, laborieusement. “Vous avez de la chance, nous avons de nouveau accès à l’eau chaude depuis quelques jours, mais les réserves sont très limitées. Economisez-en autant que possible. Il y a du savon et du shampoing à votre disposition dans les cabines, des serviettes à côté.”

Il était clair que j’évitais d’aborder l’épineux sujet, mais je devais bien me rendre à l’évidence que cette question devait être tranchée. Par respect pour Cornelia alors qu’elle avait accepté la main que je lui tendais, mais aussi pour ma propre sécurité. Ainsi, au terme d’une longue et profonde inspiration traduisant l’effort que cela représentait pour moi malgré tout, je consentis enfin à lui répondre.

“Vous êtes perspicace,” déclarai-je en guise d’introduction dans un souffle crispé. “Je ne suis pas une miraculée comme vous, comme tous les autres ici. Ça signifie deux choses qu’il vous faudra bien garder à l’esprit ici : malgré votre retour à la vie, celui-ci n’est pas sans conséquence. D’abord, il semblerait vous soyez tous des porteurs sains de cette maladie, vous êtes donc tous susceptibles de m’infecter, même par accident. Ensuite, entre vous et moi et en dépit des apparences, vous n’êtes pas celle qui a le plus de sang sur les mains. Je conçois sans problème que vous ayez de nombreuses questions encore à venir, mais en ce qui concerne mon état, le fait que je sois une non-miraculée, c’est une question tabou. Je ne compte pas m’étendre sur le sujet à l’avenir.” Ceci dit, je décollais mon dos de contre le pan de mur carrelé. “Je vous laisse vous laver, je ne serai pas loin si vous avez besoin de quoi que ce soit, ou si l’idée vous venait de tenter quoi que ce soit.”



Inachevé.
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