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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[LP, K, EXP] Don’t call him a cowboy - 11/04/35
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Excursions

Evènements

Anonymous
Invité
Ven 16 Déc - 8:39







Don’t call him a cowboy
Interprété par Léonard Butler et Kyle Collins.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Sam 17 Déc - 23:34
Je me trouvais à bord de la Chrysler, la plus abîmée des deux, le regard fixé droit devant moteur à l’arrêt. Ma main droite maintenait le volant, mon index battant un rythme imaginaire dont je me laissais envahir. Cela ne faisait guère plus de deux minutes que je patientais, le mouvement de tête accompagnant la musique qui trottait dans ma tête, à base de guitare électrique et batterie.

Je me sentais particulièrement ravis d’enfin sortir à nouveau de mon trou. Je n’étais pas fait pour être un Hermite, vivant à l'abri du danger du monde extérieur. L’adrénaline était ma drogue que j’avouais bien volontiers vouloir en abuser. Il fallait dire que les événements des derniers jours au sein du Perchoir avait été particulièrement secouant, entrainement dans une folle chasse à l’homme d’un côté et un épuisement certains de l’autre. Mais à mon sens, ça n’était pas suffisant pour justifier de se tourner les pouces surtout quand le besoin se faisait sentir. Après la répartition de l’équipement, j’avais décidé d’emmener le nouveau sur le terrain pour voir un peu ce qu’il avait dans le ventre. La mauvaise expérience de Kaitlin m’avait appris qu’on devait prendre pas mal de distance avec ce que le « destin » nous rejetait et qu'on devait bien prendre le temps de le mesurer.
J’avais placé mon nouveau joujou, un magnifique sniper à peine griffé, dont je n’étais pas peu fière, sur la banquette arrière du véhicule, et mon sac à dos derrière le siège conducteur, au sol, l'ensemble de mon attirail méticuleusement préparé. Je n’avais pas mis bien longtemps à adopter ce nouvel équipement, retrouvant peu à peu ce que j’avais toujours connu, mais geste, mes approches, mes idées, mes réflexions.

Ma main gauche rejoignit la cadence endiablée de mon index droit, jetant un coup d’œil autours de moi. Mon collègue devait avoir fini sa longue garde sur le guet, je supposais qu’il avait pris un peu de temps pour prendre sa collation du midi, mais je pouvais me tromper. Pour ma part, mon festin avait été très frugal, je détestais partir au front le ventre plein.
Dès qu’il m’eut rejoint à bord du véhicule que je lui adressais un hochement de tête amical en finissant ma musique silencieuse, souriant toutes dents dévoilées pour chercher à lui décocher un sourire.

« Ça va être le grand rodéo. » Confiais-je en tournant la clé sur le contact pour faire démarrer le moteur.

Je me mettais finalement en route, sortant du parking pour rejoindre la route qui le desservait et partir sur la gauche immédiatement. Sans prendre la peine de lui demander la permission, j’allumais l’autoradio – ne l’ayant pas fait en patientant mon coéquipier pour ne pas user la batterie – et laissais le répertoire MP3 en mode shuffle sélectionner l'une des musiques que son ancien propriétaire lui avait enregistré. Les premières notes d’une musique country bien de chez nous, me rappelant ma folle jeunesse de rodéo, s'échappèrent des hauts-parleurs au son pas bien fort mais suffisant pour être entendu. M’imprégnant des paroles comme de la mélodie, je me trouvais à penser que cette dernière était particulièrement bien choisis par le hasard pour l’occasion.

Don’t call him a cowboy ‘till you see him ride. Et c’est bien ce que je comptais faire. Mon gars, Léonard ne serait un cowboy que lorsqu’il aurait montré s’il était capable de monter. Je lui jetais un coup d’œil en reprenant les paroles de la chanson, l'air sans doute assez enjoué. Quelque part, cette musique ne nous obligeait pas de rester murer dans le silence sans qu’aucun n’ose prendre la parole. On avait pas vraiment eu l'occasion de faire connaissance jusqu'ici, lui étant plutôt silencieux et réservé.

Sillonnant sur les petites rues de Snyder, esquivant les quelques zonards croisés et autres obstacles sur mon chemin, le véhicule finissait par s’engager sur une petite route en terre poussiéreuse, soulevant sur son sillage un léger nuage, remontant le long du grillage de l’aéroport du coin. Nous aurions finis par rejoindre la grande route tout à l’Ouest pour filer vers notre destination, l’abordant assez facilement. J’avais minutieusement choisis la route à l’aide des cartes laissées par Everett pour être le plus rapidement et surtout le plus sûrement sur place.

Je n’étais, ni fou, ni trop confiant. Quand bien même j’avais récupéré une bonne partie de mes aptitudes d’antan, je préférais que tout se passe au mieux pour mon camarade. Certes la confiance n’était pas encore là, mais je savais lui laisser saisir sa chance.
Les musiques country s'enchaînèrent en rythme et je devais bien avouer qu’entendre les refrains, parfois célèbres, d’un temps plus très actuels, me faisait du bien au moral. J’espérais qu’il apprécierait autant que moi ce petit moment de détente avant les tensions du monde hostile, mais j’aurais cédé à couper l’autoradio si j’avais perçu un quelconque signe appelant l’effet inverse.

Je roulais à une vitesse prudente. D’un, pour ne pas consommer excessivement cette essence si précieuse, de deux parce qu’on n’était pas à l’abri de se faire surprendre par quoi que ce soit et finir dans le décor. Je préférais une embardée à 30 miles à l’heure qu’une à 80. Question de logique.

Il nous aurait fallu une petite vingtaine de minutes pour rejoindre la frontière de ce terrain inconnu, terre que j’espérais pleine de promesse. Peu avant d’y arriver, si ce n’était pas déjà sous la volonté de mon co-pilote, j’aurais coupé la musique, reprenant tout le sérieux que la mission appelait, me concentrant davantage.

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Dim 18 Déc - 4:07
Des dizaines de visages le fixaient interminablement. Léonard se tenait face à eux avec un air sonné. Dans le profond des poches de sa veste, ses doigts moites glissaient nerveusement sur ce qu'il y avait engouffré. Un pistolet dans la poche gauche, un tournevis dans celle de droite. Son kit de crochetage avait trouvé une place dans son pantalon de travail. Les visages hochèrent négativement. Un mouvement trop brusque et le pistolet risquait de tomber des poches de la veste, profondes et larges, mais presque horizontales. Léonard sortit le tournevis pour le glisser dans la poche gauche de son pantalon. Il sortit l'arme à feu. Les visages eurent l'air de se résigner. Léonard cala le pistolet entre son t-shirt bordé et le devant de son pantalon. Avoir le canon directement pointé vers le long de sa cuisse ne lui était pas très agréable, mais placer son arme à l'arrière ne lui semblait pas habile car sa veste le gênerait pour dégainer rapidement. Depuis peut-être 5 minutes Léonard enchainait les différentes configurations, sous la supervision de son propre regard, multiplié par les fractures du miroir de la salle de bain.

D'une main, il saisit le bouclier pare-balle qui lui avait récemment été attribué. De l'autre, l'énorme sac qui devait servir à optimiser la quantité d'objets rapportés par l'excursion. Beaucoup d'encombrement. Depuis le début de sa période de survie, il n'avait pas vraiment souvenir d'avoir été autant équipé. Léonard appréhendait de devoir se mouvoir dans ces conditions. Il aurait sans doute été plus à l'aise en conservant simplement les quelques possessions avec lesquelles il s'était mystérieusement réveillé. Particulièrement les torches éclairantes qui, plus que simplement éclairer, permettaient de déclencher facilement des diversions... et des incendies. Ainsi chargé, Léonard quitta la salle de bain pour rejoindre Kyle.

Il glissa l'imposant sac de voyage au pied de la banquette arrière avant de s'installer à la place du mort. Léonard sembla presque ne pas remarquer Kyle. À son sourire sympathique, le nouveau venu du camp répondit en acquiesçant vaguement dans sa direction. Sans vraiment le regarder. Le technicien put paraitre un peu intimidé par Kyle, comme s'il n'osait pas se confronter à son regard. Ou peut-être se montrait-il parfaitement hautain et n'estimait pas Kyle digne de sa considération. Concrètement, Léonard ne pensait rien de tout ça. Le signe de tête qu'il avait fait, sans même regarder le conducteur dans les yeux, était même un geste fort de sociabilité pour lui. Mais peut-être que Kyle se fit une autre interprétation ou qu'il ne releva rien.

Léonard cala verticalement le bouclier balistique "léger" à ses pieds. D'une hauteur d'environ 80 centimètres, la plaque de céramique lui arrivait jusqu'à la taille. Un peu crispé, il gardait ses mains sur les lanières intérieures du bouclier comme s'il était prêt à le relever à tout instant. Son regard, qui semblait éternellement las ou fatigué (notamment à cause de son ptosis à la paupière), était fixé vers l'avant du véhicule, plus au niveau du capot que de la route. Léonard ne sembla réagir à rien. Ni au démarrage du véhicule, ni à la musique dont Kyle entonnait les refrains, cherchant par à-coups le regard de Léonard. Toujours avec son air naturellement hébété, le nouveau venu ne réagit pas. Du moins en surface.

Le technicien avait conscience que son absence de réaction pouvait être mal perçue. Cela n'aidait pas à instaurer une relation de confiance ou de sympathie entre les deux survivants. Mais se forcer à être social faisait à Léonard l'effet de mentir. Et si autrui percevait ses réactions comme forcées et mensongères, cela ne pouvait pas être mieux que de rester impassible. Pour autant, Léonard n'était pas totalement inactif car il savait que tôt ou tard il devrait être social. Intérieurement, le nouveau venu tentait déjà de comprendre un peu à qui il avait affaire. Rien de bien psychologique, seulement son ressenti personnel. Blond, beau, grand et fort, militaire d'après James, fan de country et le tout en plein Texas. Le portrait de l'aryen parfait à côté du noir à l'air faussement abruti. Voilà pour les préjugés. Pour ce qui était des sentiments, Léonard n'avait pas l'impression qu'il avait affaire à une mauvaise personne.

Un peu perdu dans ses réflexions arbitraires, Léonard n'avait pas vu le paysage et le temps  passer. Il revint à lui quand Kyle coupa la musique. Le technicien s'était un peu détendu en réfléchissant, il raffermit sa prise sur l'une des poignées du bouclier. Il tâta brièvement ses poches pour s'assurer que rien ne s'en était échappé. Il ajusta un peu son pistolet, toujours pas à l'aise de cette proximité entre l'arme à feu et l'ensemble de son aine. Léonard cessa de fixer le vide pour être plus attentif. Son regard s'agita. Le rétroviseur, la route, le lointain.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Lun 19 Déc - 17:45
Je marquais l’arrêt d’une friction du frein à main, assez rude, après avoir ralenti de manière significative. Je portais mon regard sur les installations qui se dévoilaient, pas entièrement discernable, mais qui avait au moins la silhouette pour nous laisser deviner ce à quoi on devait s’attendre. Du pur industriel, comme je l'avais estimé. Pas besoin d’être devin, le secteur avait été clairement identifié tel quel sur les cartes, mais encore fallait-il savoir à quel genre d’industrie on avait à faire. Je jetais un coup d’œil à tous les rétroviseurs possible pour avoir l’assurance de m’être arrêté dans une zone à faible risque potentiel, puis je détachais ma ceinture, laissant les clés sur le contact moteur coupé, avant d’ouvrir la portière.

« Donne-moi deux secondes, je vais faire un tour d’horizon. »

Je me serais extirpé de l’habitacle sans plus de confession, ouvrant finalement la portière arrière pour récupérer mon sniper avec une précaution presque maladive. Je me serais ensuite dirigé vers le coffre pour grimper sur ce dernier, mettant à rude épreuve les amortisseurs arrières avant de me glisser sur le toit en prenant grand soin du pare-brise. La voiture était arrêtée sur une route quasi désertique, et je n’avais pas meilleure point de vue que ce qu’elle pouvait m’offrir. C’est pourquoi je prenais le temps de me percher à cette hauteur-ci, m’agenouillant sur la carcasse du véhicule pour une meilleure stabilité, bien que je n’avais en tête de n’effectuer aucun tir. Me servant de la lunette ultra puissante de mon petit bijou miracle, réglant et ajustant cette dernière en fonction de la zone que je ciblais, je laissais le canon parcourir l'horizon d'un mouvement très lent et précis. Cela me prenait un peu de temps, mais j’avais à cœur de bien faire les choses – en plus de m’offrir la possibilité de mettre en pratique mon expérience passé dont les fragments de souvenir m’étaient revenus. Son fonctionnement était assez proche du McMillan dont j’avais l’habitude de faire usage autrefois, à quelques différences près, mais il restait assez intuitif.

Ma vue était masquée par les imposants bâtiments d’usine de manufacture, dont je n’arrivais qu’à peine à voir l’enseigne et qui ne m’apprenait pas grand-chose sur son usage, mais je notais toutefois quelques silhouettes partiellement visible clairsemées sur le terrain, comme si ce dernier avait attiré il y a quelques temps une attention particulière. Je continuais mon inspection, passant ma lunette sur ma droite pour observer le plus proche groupe de bâtiment. Pour le coup, je n’eus aucune difficulté à relever le panneau d’enseigne : New Spooling Services, et en plus petit, à peine discernable, la mention "fournisseur de matériel pétrolier". Je ne m’attendais pas spécialement à ce qu’ils possèdent du carburant dans leur locaux, mais ça donnait le ton sur le type d’outil qu’on pourrait trouver sur place, à condition que ce dernier ne se soit pas fait piller. Je n’étais pas vraiment étonné, le Texas regorgeait de puits de pétroles en tout genre, et certaines villes – dont peut-être Snyder – en avait fait leur financement premier.

De ce côté-ci, je ne voyais rien de particulier niveau activité. Cela ne signifiait pas qu’il n’y avait pas âmes qui vivaient dans le coin, juste que d’un point de vue premier abord, ça s’annonçait assez tranquille. Une fois toutes ses informations récoltées, je serais descendu de ma tour en un léger bon directement vers la portière arrière côté conducteur pour aller y ranger mon arme, soulevant dans l’atterrissage un léger nuage de poussière.

« Y'a du potentiel... » Aurais-je commencé très rapidement en enfournant ma tête à l’arrière avant de fermer la portière et monter derrière le volant, reprenant en désignant devant, presque sur le côté droit. « On fera un passage là-bas au retour histoire de voir à quoi on a affaire. En attendant, ça semble plus dégagé de ce côté-ci. »

De l’index et du majeur joins, je désignais la route visible directement sur le côté, presque à niveau de Léonard, jetant un coup d’œil en passant à mon acolyte pour chercher quelques réactions de sa part avant de démarrer à nouveau le moteur. Il était resté silencieux tout du long de notre voyage jusqu'ici. Je préférais largement ça aux trop pipelette, mais tout de même...
Je m’engageais donc directement sur le chemin en terre sur la droite, cherchant à rejoindre le premier bâtiment que j’avais vu, restant prudent d’un point de vue approche et observant les alentours. Dès qu’on serait assez près, j’aurais fait demi-tour, puis garé le véhicule sur le bas-côté. On était jamais assez à l’abris d’un départ précipité et question pratique, s'il y avait du matériel à charger, ça serait plus efficace.

J’aurais attendu que Léonard soit sorti, l’y invitant d’un geste s’il posait son regard sur moi, avant de moi-même m’extraire du véhicule. Ainsi il aurait toute la mesure de parcourir les lieux de son regard de bricolo et peut-être donner son avis sur la question.

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Jeu 22 Déc - 19:19
Sa corpulence et le bouclier balistique n'aidant pas, Léonard dû presque se frayer un chemin pour sortir du véhicule. Une fois redressé, il ajusta son pantalon et l'arme retenue à sa taille en parcourant du regard ce nouveau décor. La voiture avait laissé ses traces dans le sol presque sableux. Les alentours avaient un air de terrain vague, pollué par quelques détritus difficilement identifiables. Devant eux se tenait un large et haut bâtiment en tôles blanches. À priori, il n'y avait rien d'intéressant à trouver à l'extérieur du bâtiment. Il allait falloir rentrer à l'intérieur ou continuer plus loin. Cette deuxième option, Léonard n'en avait pas vraiment envie. Le coin semblait assez dégagé et faire le tour du bâtiment multipliait les chances d'être vu.

La structure était relativement bien conservée, la végétation n'avait pas réussi à s'aventurer dans cette large parcelle de gravier et de sable qui semblait délimiter l'ensemble du site. Par endroit, la taule se décollait pour révéler une façade en béton. Ailleurs, l'enveloppe de métal était ondulée, ou encore effritée car rongée par la rouille. Sur ce côté du large bâtiment rectangulaire, on distinguait deux entrées potentielles : à l'angle gauche, une porte épaisse en métal surplombant une rampe d'accès d'une trentaine de centimètres de hauteur, et plus au centre de cette façade, une large porte de garage semblable à celle d'une zone de chargement. Il devait vraisemblablement avoir davantage d'entrées sur les autres côtés.

Malheureusement, il n'y avait pas de fenêtre permettant de jeter un coup d'œil à l'intérieur. Les seules vitres étaient placées en hauteur, presque à la limite du toit légèrement incliné, à peut-être 4 mètres du sol. Ces minces fenêtres allongées devaient également constituer les seules entrées de lumière naturelle à l'intérieur. Difficile d'estimer si cette ancienne entreprise méritait vraiment d'être fouillée, ou ce qui pouvait bien attendre à l'intérieur. Peut-être que les autres façades ou que l'intérieur révélait une autre histoire. Peut-être que l'endroit, bien conservé, avait été ou était toujours un refuge. Ou peut-être qu'à l'opposé de l'entrée où ils étaient, un trou béant laissait deviner que la bâtiment avait été entièrement pillé. Léonard considéra un peu toutes ces options avant d'indiquer, en quelque sorte, son choix.

- Je peux ouvrir la petite porte
, lâcha t-il faiblement, sans crier garde.

Le technicien avait suffisamment confiance en ses capacités de crochetage pour assurer qu'il était capable d'ouvrir, silencieusement, n'importe quelle serrure. Léonard posa un instant le bouclier d'intervention pour récupérer l'imposant sac de voyage laissé au pied de la banquette arrière. Il l'enfila sur son dos avant de glisser la plaque balistique à son bras gauche. Le tout ne tarda pas à lui donner une démarche un peu maladroite, mais au moins il avait ses deux mains relativement libres. Au fond, avoir une main prise par le sac n'aurait pas changé grand chose à ses capacités. Il n'était pas un combattant et comptait, mine de rien, sur Kyle pour assurer sa sécurité. L'autre survivant semblait fiable en terme de combativité  et son attitude avait rassuré Léonard. Pour cause : au moment où son compagnon s'était arrêté pour observer la zone avec la lunette de son fusil, le technicien songeait justement à lui en faire la recommandation.

Si Kyle lui avait indiqué son accord, Léonard aurait rapidement déverrouillé la porte (pour peu qu'elle soit vraiment verrouillée, puisqu'il n'avait même pas vérifié). Autrement, il n'aurait pas fait d'objection si son compagnon préférait faire le tour du lieu au préalable, entrer ailleurs ou même se diriger vers un autre bâtiment. Plus qu'à l'appréciation de Kyle, Léonard s'en remettait de toute façon à l'arsenal de son co-survivant. Léonard n'était pas bien au fait de l'utilisation des boucliers d'interventions, mais il ne se serait pas rebellé si Kyle lui avait recommandé de passer en pointe.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Mer 28 Déc - 1:57
Je sortis de la voiture à la suite de mon collègue après avoir récupéré les clés sur le contact les fourrant d’un geste plutôt nonchalant dans l’une de mes poches de pantacourt. J’en profitais pour observer à travers le parebrise la route que je venais d’emprunter pour nous emmener jusque près de cette entreprise, histoire d’être complètement rassuré sur les éventuels morts qui nous auraient suivit. Mais rien ne pointait à l’horizon, même le vent préférait se taire.

Je pris une longue inspiration avant de m’extraire de l’habitacle, tournant sur mes pieds pour visualiser mieux la bâtisse sur laquelle j’avais jeté mon dévolu et imposé une fouille minutieuse à mon comparse. Rien de bien folichons, il fallait l’avouer, le bâtiment était sans doute resté tel quel depuis bien plus qu’une année d’apocalypse. Les entreprises ne se souciaient guère de l’apparence et de l’entretien des locaux en dehors du stricte nécessaire, et pour le coup, le strict nécessaire était sans doute atteint. Mon regard s’attardait plus que la normalité sur la tôle décollée et la rouille qui commençaient à ronger les façades. Je m’étais avancé, dans ma petite contemplation, vers l’arrière du véhicule, côté conducteur, ouvrant la portière pour récupérer mon barda et m’équiper convenablement du tout. Je fixais mon Talkie à mon gilet, vérifiant au passage qu’il était bien configuré sur le bon canal, puis clipsait le passant de la lampe torche à l’une de mes boucles de ceinture, histoire de la rendre le plus accessible possible. La bretelle du sniper fut passée à mon épaule droite, canon dressé vers le ciel tandis que je préférais me saisir du FN, dont l’usage était préférable si on s’aventurait dans un lieu étroit et clos.

Une fois fait, je fermais la portière, sans verrouiller le véhicule question d’anticipation, puis m’avançais de quelques pas en direction de Léonard qui avait déjà pris un peu d’avance sur moi. Je l’avais entendu parler d’ailleurs, à propos de la porte, et s’il attendait ma confirmation, je lui aurais glissé d’un ton tout à fait assuré :

« Ca roule, je surveille tes arrières. Attend moi avant de rentrer.  »

Je me mettais en tête qu’il en aurait sans doute pour quelques minutes pour accomplir cette tâche, moi-même n’étant en rien à l’aise avec ce genre de mécanique, je préférais donc me déplacer jusqu’à l’arrête opposée du bâtiment pour me dégager une première ligne de vue le temps que passe-partout ne trouve la bonne clef. J’observais une espèce de grand hangar un peu plus loin sans arriver à déterminer la nature de l’entreprise qui se trouvait sur place avant l’arrivée de la contamination. La plaine aride séparant ce nouvel édifice de notre position laissant entrevoir au moins deux têtes errantes, plus proche de là-bas que d’ici.
En me penchant légèrement en avant pour voir l’angle de façade jusqu’à présent masqué de l’endroit où on espérait entrer, j’aperçu trois morts, littéralement, bras et jambes écartés, la tête encrée dans la poussière, la mordant depuis un temps indéterminé, dans une mare de sang et de viscère. Les trois corps étaient assez proches pour que j’en puisse voir le spectacle, ne m’inspirant pas un bon présage. Ils étaient placés à côté d’un petit préau en tôle en plastique transparent, assurant la protection des intempéries à un banc, solitaire, juste en dessous d’une petite pancarte annonçant l’emplacement d’une zone fumeur. L’extérieur était d’ailleurs balisé par deux grands pots, de deux bancs extérieurs supplémentaires et d’une ancienne grosse bobine en bois privé de son fils, tourné sur le côté pour en faire une table basse de récup. Cette zone marquait l’entrée également d’une autre zone d’entrepôt extérieur, mais sans grand intérêt de mon premier avis.

En levant la tête, je pu voir d’ailleurs sur cette façade-ci que les fenêtres en hauteur dont il était garni était pour la moitié d’entre elle, ouverte et pour cause : le verre avait volé en éclat.

Quant aux dangers immédiats, je n’en identifiais encore aucun mais je me montrais d’une prudence accrue. Retournant auprès de mon coéquipier, s’il avait réussis son ouvrage, ce dont je ne doutais en rien, je l’aurais interpellé avant qu’il n’entre sur place s’il s’apprêtait à le faire et si je n’avais pas pris trop de temps avant qu’il ne le fasse.

« Pose genou à terre en ouvrant la porte, bouclier en avant, ça me laissera une fenêtre de tir au cas où. » Déclarais-je, davantage sur le ton du conseil que de l'ordre.

Je n’allais pas lui faire la demande d’entrer sur place en premier, ne sachant pas la disposition de l’intérieur, autant temporiser le temps d’apprivoiser comme il fallait le terrain. Je n’étais pas spécialement un pro tactique des interventions. Habituellement, sur le terrain, j’étais plus en arrière, perché sur mon promontoire à surveiller les arrières de mes collègues.
J’attrapais ma lampe torche calée à ma ceinture, lui donnant un maximum de coup de manivelle, avant de la placer juste sous la crosse de mon arme de ma main gauche. Je m’assurais ainsi d’être capable de palier à toute éventualité. Je n’avais pas particulièrement d’idée sur la manière dont les trois cadavres s’étaient retrouvés ainsi exécuté sur le flanc du bâtiment, non loin d’un mini-préau, mais j’espérais que la personne qui les avait abattus avait foutu le camp fissa en emportant le moins possible avec lui.

Je me plaçais donc derrière Léonard, jambe gauche en appuis, lui donnant le signal pour qu’il ouvre cette porte et nous dévoile la suite des événements.

Léonard Butler

Anonymous
Invité
Sam 7 Jan - 4:05
Léonard n'avait aucun doute sur sa capacité à s'occuper de la serrure. Il lui faudrait juste un peu de temps. C'était d'ailleurs le principal désavantage de cette compétence qu'il avait acquis assez jeune. Pour le reste, le crochetage permettait de régler de nombreux soucis d'accessibilité en toute discrétion et, généralement, sans détruire le matériel. Le technicien s'agenouilla sur le seuil de la porte et déposa son bouclier balistique contre la façade en tôle. Il dégaina le kit de crochetage de sa poche pour choisir rapidement deux tiges métalliques et commencer le travail. Après avoir senti plusieurs goupilles céder à son crochet, Léonard songea à coller son oreille au métal frais pour tenter d'entendre quelque chose à l'intérieur. Rien. Le technicien reprit le travail et finit de déverrouiller la porte. Au moins une dizaine de minutes s'était écoulée. Léonard avait beau être habile et relativement expérimenté, il avait eu affaire à une serrure de bonne qualité.

Le technicien rangea son matériel et reprit en main son bouclier. Léonard ne sut pas trop s'il devait prendre son arme à feu, utiliser son tournevis ou garder sa main libre et se tenir prêt à toute éventualité. Une pensée traversa alors son esprit. Il sortit le SIG-Sauer et contempla l'arme pendant quelques secondes. Il avait peu manipulé le pistolet qu'on lui avait tout juste remis, et même en l'observant il ne savait pas dire si la sécurité était enclenchée. Le chien était rabattu ce qui, d'après les films d'action ou de western, était à priori bon signe. Mais il avait cru comprendre que les pistolets avaient deux sécurités. Pendant que Kyle était encore occupé à couvrir ses arrières, Léonard tenta de trouver le cran de sûreté de son arme. Chose qui risquait d'être compliquée puisque le modèle P226 ne possédait pas de sécurité en dehors du chien, et des sécurités internes qui évitaient tout tir en dehors d'une pression de la détente. Léonard appuya un peu au hasard sur les boutons et leviers de son arme, en dehors de la détente et du chien, mais aucun ne sembla bouger. Jusqu'à ce que d'une pression sur un bouton, le chargeur ne s'échappe de l'arme pour venir claquer le sol.

Embarrassé par cette grossière erreur qui avait probablement attiré l'attention de Kyle, Léonard remit le chargeur dans l'arme avant de recaler celle-ci à sa taille. Sans vraiment regarder son compagnon, le technicien lui fit signe que la porte était ouverte pour qu'il le rejoigne. Léonard suivit les instructions de l'ancien militaire avant d'ouvrir la porte d'un geste sec de sa main libre.

Dans un grincement métallique se révéla une large salle sombre, éclairée par les fenêtres brisées en hauteur. À peut-être cinq mètres devant eux se tenaient deux pièces empilées. Celle du bas faisait vraisemblablement office d'accueil principal, et celle du dessus était sans doute un bureau de direction accessible par un escalier intérieur en métal. Pour le reste, il s'agissait d'un grand entrepôt aux murs plaqués d'étagères industrielles qui montaient jusqu'au plafond et ses néons suspendus. Dans un coin se tenaient plusieurs pièces imposantes en métal qui rappelaient celles composant les pompes à pétrole. La plupart des étagères étaient vides. Ce qui attirait le regard était surtout le centre de la pièce qui était encombré de débris : une lampe à huile brisée, une pile de vêtement dépareillés et usés, et d'autres effets personnels qui trainaient. Surtout, non loin de l'amas de débris, un sac de couchage entièrement fermé... et agité. Une marre de sang devenue marron souillait le sac de couchage et le sol en béton. Deux trous étaient également visibles, indiquant que la personne à l'intérieur de ce sac n'avait pas forcément eu un réveil agréable. L'individu en question était désormais entrain de grogner doucement et semblait tenter de s'extraire du sac du couchage dont la fermeture éclaire avait été remontée jusqu'en haut, ne permettant pas de voir le zombie qui y était piégé. Une autre trace de sang était visible au sol et semblait partir du centre de la pièce vers la salle d'accueil. Cette dernière donnait vraisemblablement sur la porte repérée un peu plus tôt par Kyle.

Léonard se redressa un peu et fit quelques pas à l'intérieur, principalement pour permettre à son compagnon d'y entrer et d'évaluer la situation.

Kyle Collins

Anonymous
Invité
Jeu 12 Jan - 15:10
Je me tenais prêt, le doigt perché sur une gâchette que je savais assez sensible, en attendant l’ouverture de la porte. La bonne nouvelle était que celle-ci pivota sans grande difficulté, ce qui nous épargnait un boucan supplémentaire dans cette ambiance morne et froide, mais attestait également de l’absence d’obstacle juste derrière, quel que soit sa forme.
Malgré l’aide des fenêtres en hauteur qui baignait l’ensemble des locaux dans une atmosphère à mi-chemin entre l’obscurité et la lumière, j’allumais la lampe d’une rapide pression, projetant l’éclat de l’ampoule directive droit devant nous. Cette dernière n’était pas d’une exceptionnelle puissance lorsqu’il s’agissait d’un lieu aussi vaste que cette pièce qui se dévoilait, mais je ne pouvais négliger son aide. Prenant le temps de bien mesurer l’ensemble de ce nouvel espace, je marquais le silence, mon regard suivant le parcours de mes mains jointes et du rayon de lumière qui s’en échappait.

Je m’intéressais immédiatement à ce sac de couchage vivant qui s’agitait plus loin au sol, presque au centre de l’entrepôt, baignant dans une mare de sang plus noir qu’écarlate. Après cette brève inspection, très sommaire, mais déjà très chargée d’information qui appelait à plusieurs interrogations, je sentais mon collègue s’avancer. Si l’intention était sans doute de me laisser le passage au vu des simples quelques pas qu’il fit, je préférais poser une main sur son épaule, la gauche précisément qui portait la lampe torche, pour le rassurer et l’empêcher d’aller plus loin. Je n’étais pas passé à côté de ses péripéties avec son arme, et même si je n’avais absolument rien relevé sur le moment, je m’étais apporté ma petite note personnelle à ce sujet : il y aurait du travail à faire de ce côté. J’étais toujours étonné lorsque je croisais la route de quelqu’un qui ne savait pas vraiment se servir d’une arme à feu, même à l’époque où le monde n’avait pas encore basculé, mais c’était sans doute dû à mon côté bien trop habitué à ces engins. J’avais immédiatement formé Kat d’ailleurs à ce propos pour qu’elle sache se défendre au cas où.

Je grimace. Aussi frivole que me paraissait ces souvenirs, ils m’étaient toujours assez douloureux. Rapidement, je me dégageais de ces images pour me rappeler que Léonard ne s’était relevé que depuis peu et qu’à sa place, j’avais été qu’un pareil acabit. A ce sujet d’ailleurs, je me rendis compte à quel point c’était quelque chose de tabou que peu s’accordait à discuter et pour cause : nous n’avions même pas décidé de la manière dont qualifier la chose. Etrangement, bien que tout le monde ou presque soit impliqué, personne n’était prêt à l’accepter.

Je dépassais donc Léonard pour me prémunir d’une tentative d’avancer davantage, me laissant prendre les devants sur cette salle et surtout sur ce sac gesticulant, je laissais glisser d’un murmure assez bas et rauque :

«  Ferme la porte derrière toi. »

Je doutais qu’il comprenne la gestuel. D’un point de vu tout à fait conscient, je savais omettre de l’utiliser lorsque j’étais avec des civils. Sans quitter des yeux la vaste pièce, assez encombrée, pour ne pas être surpris au dernier moment car une ombre mouvante, je laissais à mon collègue le soin de clôturer l’accès qui nous avait conduit à l’intérieur pour éviter d’être pris à partit dans notre dos. Je progressais donc à pas lent, enjambant les obstacles lorsqu’ils se dressaient sur mon passage, me dirigeant en une légère courbe vers les soubresauts de plus en plus insistant. Pour limiter les dégâts et parce que j’estimais que ça ne méritait pas de gâcher une balle, j’avais préféré m’emparer de ce précieux couteau de combat confié par Everett pour achever la créature. J’aurais pris un certain temps à me décider, non pas par hésitation, mais parce que je tenais à être absolument certains de ne pas être surpris, aussi paranoïaque que possible, mais aussi parce que l’accès à cette arme me demandait une réorganisation matérielle.

Une fois le couteau en main, je me serais agenouillé prêt de la créature qui se débattait diablement à en déchirer le tissu qui la retenait. Ce n’était sans doute plus qu’une question de temps avant qu’elle ne se libère de sa fragile prison et je ne devais pas m’accorder plus d’écart à ce niveau-là. Sans vraiment y penser, dans un geste qui me venait assez naturellement, j’avais planté la lame à l’emplacement même où sa tête se formait dans le moule d’étoffe comme on achevait un animal qui tentait de se débattre de la flèche qu’il avait reçu pour résister à la mort. Aussi proprement que cela, j’avais éliminé cette menace.

Un grand choc me fit sursauter alors que j’essuyais la lame souillée sur quelques zones épargnés du sac qui contenait la bête. Au premier étage de l’empilement de pièce, contre les vitres qui donnaient sur l’intérieur de l’entrepôt, un autre de ces cadavres fit irruption, frappant tête et mains contre la paroi de verre, provoquant par la suite et à multiples répétitions ce bruit qui m’avait fait retenir mon souffle. Dès les premières secondes je m’étais redressé rapidement, pointant ma lampe torche toujours allumée vers le haut du bâtiment, cherchant d’un balayage l’origine du choc jusqu’à ce que le visage décharné apparaisse à mon constat. La première question qui me vint était sur la solidité de cette fenêtre qui ne devait sans doute pas être doublée, puis sur une potentielle compagnie qui ne serait pas encore manifester.

« Essaye de voir si tu trouves quelque chose ici, je vais m’occuper de lui. »

Après tout, c’était un peu ainsi que les tâches avaient été sous-entendu. Moi me chargeant des hostiles, sécurisant le terrain pour que les opérateurs puissent travailler correctement. Ca faisait partie de mes qualifications.

Marche après marche, j’avais grimpé l’escalier qui me menait vers l’espèce de promontoire où mon indésirable se tenait. J’entendais toujours le battement caractéristique de sa chaire contre la paroi vitrée qui m’indiquait qu’il n’avait pas bougé d’un pouce par rapport à ma précédente vision de lui, ce qui me permettait de d’anticiper mes actes. Je devais m’habituer à l’obscurité assez brusque qui régnait au palier supérieur, l’espace assez étroit semblait donner sur deux portes différentes et selon mon orientation, celle immédiatement à droite était le calbo que je visais. J’étais assez curieux de savoir ce que l’autre porte pouvait bien offrir en secret, mais pas assez pour me détourner de ma tâche première.

J’aurais l’air à moitié con si je me trouvais perché au-dessus d’un chiotte alors que j’avais miroité une cache plus alléchante. Je tournais donc mes talons vers la droite, alignant l’extrémité de mon canon vers la porte et ma main opposée pivotant la poignée pour l’ouvrir. Mal huilée, mal graissée, ayant subi les dégâts de l’usure et du manque d’entretien, les gonds grincèrent plus lourdement encore qu’une craie qu’on écraserait volontairement sur le tableau. Je m’avançais un seul pas à l’intérieur du bureau qui ne se présentait pas réellement vaste mais qui présentait un certain confort digne d’un tout petit chef d’entreprise, le bordel en plus. Le tour d’horizon fut de ce fait assez rapide, usant de ma lampe torche pour déboucher les coins d’ombres trop profondes.
Le mort se tenait à l’opposé de moi, non loin de la vitre qui donnait à l’intérieur même de l’atelier, grinçant des dents et poussant un grondement sifflant à mon encontre, le cadavre ambulant avait bien entendu repéré mon entrée loin d’être discrète, détournant son attention de cette vitre qui devait lui renvoyer son propre reflet en plus d’offrir une vue de choix sur mon appétissant camarade qui s’employait à s’agiter à droite et à gauche pour récupérer un maximum d’objet intéressant, ou un tant soit peu utile.

Le pas trainant, le tas d’os s’évertuait à contourner le bureau central pour venir quémander son bout de gras, qu’il aurait difficile à trouver par les temps qui courrait. Je m’avançais de deux pas supplémentaires tout en levant le canon de mon arme dans sa direction avant de faire feu. Le coup retentit légèrement en écho dans la pièce, un flash lumineux transperçant les ténèbres très brièvement avant de retomber dans un silence immobile. Le cadavre était tombé à la renverse le crâne troué par l’ogive, percutant son cerveau de plein fouet. Il n’y fallut que quelques secondes supplémentaire à peine avant que je me rende compte d’un nouveau bruit, le temps de m’avancer lentement vers le bureau pour récupérer un paquet de cigarette abandonné sur un coin du meuble. Moi qui pensait que ce mort-là était le seul encore debout dans le bâtiment, je me retrouvais confronté à une manifestation qui m’intima à la vitesse de l’éclair un sentiment de danger imminent. Dans mon dos, un craquement bien sonore et un brouhaha caractéristique monta crescendo me laissant à peine le temps d’identifier la seconde porte que j’avais laissé de côté comme l’accès vers la bouche de l’enfer.
J’ignorais exactement quelle quantité de mort avait été stocké dans ce lieu, mais suffisamment pour que ma lucidité me pousse à me carapater expressément.

La porte en bois simple céda très rapidement sous les impulsions morbides me bloquant dans mon premier élan à peine le premier pas porté en direction de la sortie. Quelques morts chutèrent dans l’empressement, glissant et dégringolant les escaliers qui leur faisaient face, me forçant à me retrancher dans le bureau sans issue possible. Je reculais de nombreux pas en arrière, dans la précipitation de mettre une distance suffisante entre ce groupe de créature et moi, me rappelant bien vite la situation dans laquelle on s’était retrouvé avec James quelques jours plus tôt. J’avais l’impression de ne pas avoir assez de temps pour réfléchir, mais une chose était sûre, je n’avais certainement pas assez de balles dans mon chargeur pour me débarrasser de tous, et surtout, Léonard risquait d’être pris au dépourvu.

Deux morts commençaient déjà à s’engager dans mon isoloir, me forçant à accélérer mes méninges à cogiter. Je pivotais pour faire à nouveau face à la vitre, laissant les morts dans mon dos pour me concentrer sur cette tâche, tirant à trois rapides reprises pour fragiliser la paroi de verre, avant de me saisir de la chaise de bureau non et achever le travail bien proprement. J’espérais que mon collègue de l’instant avait eu la présence d’esprit de ne pas se trouver en dessous après mes trois coups de sommations, les débris retombants de l’autre côté en une pluie d’éclat cristallin.

« Sors du bâtiment ! Vite ! » M’étais-je époumoné dès que la portée de voix serait rétablie pour prévenir mon collègue de ce qui se tramait à la sortie des escaliers si tant est qu’il ne se soit pas déjà fait surprendre par le dégueuli de mort par la porte.

J’enjambais alors rapidement le muret qui restait en m’offrant le vide de l’autre côté d’une petite hauteur d’un étage à peine, sans prendre le temps de jeter un regard par-dessus mon épaule. Dans la précipitation, et sans doute également parce que je n’étais pas fait pour les acrobaties, je me réceptionnais lourdement au sol, écorchant genoux et paumes de main tandis que le bitume du sol accueillait ma chute. Manquant de trébucher en me relevant, j’aurais d’un rapide regard essayé de localiser Léonard pour l’entrainer dans ma fuite s’il ne m’avait pas précédé, le laissant emporter tout son fatras de récupération, tandis qu’un puis deux, puis trois corps chutaient à l’emplacement presque précis du lieu où j’avais moi-même atterrit en un broiement de chair et d’os qui donnait froid dans le dos.

Une fois dehors, j’aurais claqué la porte en métal pour couper court à toute poursuite, ou du moins pour la ralentir, ouvrant le coffre de la bagnole qui nous attendait bien sagement, prête à décamper vite fait, pour y balancer mon matériel juste après celui de Léonard. Dans son sac, resté ouvert, j’avais à peine eu le temps de remarquer ce qui en s’échappait : des stocks de métaux, quelques éléments de maçonnerie, des chutes de cuir et une espèce de grosse masse. Il n’y aurait pas de détour à notre retour au campement comme envisagé. M’engageant dans l’habitacle côté conducteur, je démarrais aussi sec, écrasant la pédale d’accélération tout en observant dans le rétroviseur quelques corps ambulants s’extraire du bâtiment.


[Fin du jeu]

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 14 Fév - 11:09


Excursion Validée

Récompense(s) :

Léonard & Kyle ont trouvé : Eléments de maçonnerie, Stock de métaux adéquat, Stock de cuir, Masse de destruction, Tabac et/ou briquet.

Conséquence(s) :

/

Vous avez consommé :

Est retirée une utilisation (consommation) sur la Chrysler 200 (2 utilisations restantes).

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