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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[LP, O, 1] Droit au répit - 11/04/35
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Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mer 15 Fév - 20:22
Les sourcils d’Elizabeth se froncèrent à mesure que le doute s’emparait de son compagnon à propos des limites et des frontières, le visage se fermant assez rapidement, ne semblant pas vraiment approuver ses mots. Ses mains descendirent du visage qu’elles avaient précédemment capturés, retombant aussi lourdement que le ton de James restait grave et son regard imperturbable. A terme, c'est presque immédiatement qu'elle réagit, le coupant quasiment dans sa dernière phrase, comme si elle cherchait à défendre son opinion ou à rétablir une vérité qui lui aurait échappé.

« Elle se donnait de bonne raison parce qu’elle ne s’était jamais posée de question à savoir où étaient les limites, pas même une seule fois ça ne lui ai passé par la tête, parce qu’elle n’était pas étrangère de ce que son monstre de mari pouvait faire subir à ces filles comme elle a voulu le faire croire au FBI, ni même complice, elle en était l’instigatrice. Ils étaient rongés par le mal, tous les deux. »

Sa voix était monté d’un ton sans même qu’elle n’en soit réellement consciente et lorsqu’elle finit par s’en rendre compte, il était sans doute trop tard pour revenir en arrière. Elle sentait son cœur battre dans sa poitrine à un rythme épouvantable, si bien que les veines de sa gorge et de sa tempe pulsaient sous sa peau, le niveau de stress grandissant l’étreignant sans réelle justification.

« Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, les épreuves, les peurs, les larmes, ce que je sais par contre, c’est que tant que tu m’auras à tes côtés, tu continueras d’être cet homme qui donnera de son mieux pour nous tous à défaut de celui que tu dis avoir été, faible et rongé par le déni.

Elle est là, la différence. C’est justement parce que tu te poses ces questions que tu peux être certain de pouvoir connaitre ta limite, et si tu éprouves le besoin de la voir avant de l'aborder, alors je te la montrais. Mais il ne faudra pas avoir peur de surplomber cette limite, de se tenir au-dessus avec l'appréhension de perdre l’équilibre, parce qu’une hésitation, une seule, pourra te faire regretter ta vie entière. On a plus rien à paraître, on a plus à faire semblant d’être politiquement correcte. Tu voulais que je te dise que ce que tu as fait, ou que ce que tu as voulu faire, est mal ? Oui sans doute, ça l’est, ça l'était. Mais maintenant, c’est une nécessité, on ne livre pas de guerre avec des pensées et belles paroles. »


Elle se tut assez brusquement, les traits de son visage s’étirant comme si elle venait subitement et clairement d'entrevoir une chose importante dans la pénombre, ses yeux et sa bouche se déformant en une moue partagée entre le dépit et l’amusement avant qu’elle n’expire un très léger et succinct rire nerveux, la forçant à détourner son regard vers le pare-brise et la route qui prenait fin devant elle, offrant à leur choix deux directions diamétralement opposée. Sa voix retourna au calme détaché comme elle avait fait preuve jusqu'ici, cette attitude demandant sans doute une certaine maîtrise.

« Je ne l’avais jamais vraiment remarqué avant, mais tu lui ressembles. Beaucoup. Aiden et toi, vous vous seriez sans doute entendu. Lui aussi a cherché à sauver une petite fille, il a réussis à lui apprendre à se battre parce que c'était tout ce qui lui restait pour survivre. Savoir se battre et l'espoir qu'un jour, cette lutte n'aura pas été vaine, qu'elle ai eu un sens. Lorsque Marianna a décidé de changer de nom, elle pensait que ça serait suffisant pour fuir son passé. Elle a passé des années à étudier les mystères du cerveau humain, elle pensait que mieux comprendre toutes les pathologies que les dizaines de psychiatres lui avait diagnostiqué l'aiderait à s'en débarrasser. Elle n'avait pas tout à fait tort, ça l'a partiellement aidé, au moins à apprendre à les canaliser. Et puis, elle a décidé de mettre à profit ses connaissances en entrant à son tour au FBI. Les tests psychologiques ont été un vrai désastre mais après deux échecs, sa bonne étoile finit par lui donner sa chance.

Haptophobie. C'est la peur du contact, de toucher ou d'être touché. Une disproportion sévère vis-à-vis de la normalité de protection de l'espace personnel. La plupart du temps, ça se manifeste comme une angoisse, des frissons, mais ça peut virer carrément à une crise d’hystérie. Au camion, Zach en avait fait les frais à ses dépends. J'ai fais tuer cet homme parce que je n'ai pas réussis à me gérer. Ca aurait pu se reproduire, mais tu as été là, tu as réussis à me l'apprendre.

Si tu n'as pas assez confiance en toi, laisse moi l'avoir pour toi, peut-être que je pourrais...»

James F. Everett

Anonymous
Invité
Jeu 16 Fév - 14:03
Les traits de son visage se déformèrent, sous la désolation et le désarroi qui s'abattaient sur lui, il se sentait coupable d'avoir abordé cette discussion et de l'avoir incitée à parler d'elle, de son passé, sans qu'il n'ai imaginé un instant ce qu'elle venait de lui apprendre avec ce ton parlant d'elle-même comme d'une autre personne. Une distance, un traumatisme, une vie gâchée avant qu'elle n'ai commencé, c'est ainsi qu'elle en présentait les choses. Il ne pouvait pas imaginer le moins du monde ce qu'elle avait du endurer et ressentir, de se savoir fille d'un monstre et d'une victime, d'être le fruit de l'indicible horreur et d'avoir grandit dans l'abandon.

A coté de cela, son propre récit semblait encore plus banal qu'il en ressentait une franche compassion mais aussi, il ne savait pas quoi dire, il n'y avait assurément pas de bonne parole qui pourrait répondre et apaiser de telles confidences, comment minimiser ou reprocher de pareilles origines ? C'était impossible, certainement. Il acquiesça en baissant la tête, marquant un temps durant lequel il restait statique et perdu dans ses pensées vagabondes, puis il se redressa de sa posture et vint embrasser Elizabeth au coin des lèvres, avant de se rabattre sur le dossier de son siège et se passer la langue légèrement sur la lèvre inférieure.

« Je te fais confiance. » Commençait-il à répondre, reportant son regard sur la route quelques secondes pour revenir à elle. « Je n'avais pas la moindre idée de... de tout ça. Je te dirais bien que je suis désolé, mais ça ne servirait à rien et aussi terrible que ça puisse paraître dit comme cela, je comprends que si on avait pas vécu ce que nous avons vécu, si je n'avais pas eu ce parcours, je ne serais sans doute pas ici aujourd'hui avec toi et pour moi c'est une très large compensation. Si c'est ce que tu attends de moi, alors... d'accord, je ferais ça. J'espérais finir ma vie sans guerre, mais faut croire qu'elle ne veut pas me lâcher. »

Il soupira de dérision, mêlant une certaine lassitude à un brin de triste amusement, après quoi, il posa une main sur le volant et l'autre sur le levier de vitesse, marquant une nouvelle pause en contemplant la rue devant eux et les bâtiments qui la bordaient, des lieux qu'il avait déjà croisé plus d'une fois à présent, il connaissait cette rue pour l'avoir arpentée sans l'apprivoiser réellement.

« Je vais le faire, parce que tu es plus importante que tout pour moi aujourd'hui, Jena me maudirait si elle m'entendait mais c'est le cas, qu'on se le dise, tu passes avant le reste. » Reprit-il d'un ton plus assuré.

« Je vais nous défendre, je ferais tout ce qui est nécessaire, j'irais aussi loin qu'il faut et si je dérape, je compte sur toi pour me stopper. Je ne veux pas être un assassin, devenir ce type que j'ai décris, mais s'il y a quelque chose que je crains encore plus, c'est perdre le groupe et surtout toi.

Si je dois choisir entre devenir un assassin et te perdre, je sais quel choix je ferais, parce que sans toi, il n'y aura plus de sens à tout ça, plus de raison d'espérer quoi que ce soit et plus de limite à avoir. Tu es le canot de sauvetage qui m'évite de sombrer au fond de cet océan carmin et chaotique qui nous entoure.

Tiens, on dirait que je fais un peu de poésie, nous voilà foutus. »


Il lui adressa un nouveau regard tendre qu'il additionna d'un sourire plus sincère dans sa folâtrerie et tourna les clés du démarreur, faisant gronder le moteur qui reprenait ses vibrations et sa place sonore, ensuite engagea la première avec l'intention de repartir.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Jeu 16 Fév - 20:23
A la frontière, seulement à la frontière. C’était typiquement le genre d’acte qui marquait clairement l’hésitation et l’indécision qu’Elizabeth se sentit défaillir dès l’instant où elle sentit ses lèvres se poser à l’orée des siennes, marquant ainsi le malaise tout à fait palpable qu’elle avait installé entre eux deux. Elle se maudit cent fois de s’être laissé débordé par ses sentiments et de s’être prêté aux jeux des confidences. Elle le savait pourtant, les gens n’avaient eu de cesse de la fuir à l’image de sa propre incapacité sociale et elle avait espéré, que cette fois-ci ce serait différent. D’un seul coup, une peur immense l’envahi, celle que James vienne à s’éloigner d’elle volontairement pour se débarrasser de ce fardeau beaucoup trop lourd à porter sur ses épaules.
Ne venait-elle pas de le mettre volontairement à l’épreuve ? Elle n’aurait pas même pu lui en vouloir s’il venait à faire ce choix. Si seulement elle avait pu juste se taire et laisser les gens croire à la mascarade qu’elle s’efforçait de jouer depuis des années déjà. Elle avait pourtant ressentit un espèce de soulagement immense que de partager cette histoire avec celui qu’elle aimait, même si elle s’était efforcé de donner à son récit une distance bien réelle.

Cette peur s’envola une fraction de seconde plus tard, lorsque les premiers mots sortirent de la bouche de James, son cœur s’envolant dans une douce et merveilleuse félicité. Elle se sentit brusquement porté d’allégresse, ses émotions jouant un jeu étrange à changer aussi inopinément d’avis, la laissant complètement indécise sur la manière d’agir ou de réagir, une larme naissante aux coins des yeux comme unique témoin de ce déchirement intérieur.

Lorsqu’il fit mine de redémarrer le véhicule, se préparant à repartir sur la route, Elizabeth posa rapidement sa main sur la sienne pour bloquer son geste, s’étonnant elle-même de ses propres réactions et de ses intentions, jetant son buste l’instant d’après contre celui de son compagnon en se contorsionnant légèrement gênée par le volant, le frein à main, la ceinture et son gilet pare-balle. Elle voulait qu’il lui prouve autrement que par des mots ces promesses qu’il venait de lui faire, que ces paroles n’étaient pas des réminiscences de ce qu’il avait éprouvé pour elle et que les derniers aveux avaient brusquement changé leur relation. Elle fondit sur ses lèvres avec un empressement démesuré, agrippant à nouveau son visage entre ses mains comme une supplique pour qu’il ne s’y dérobe pas. Elle l’aurait embrassé avec passion, le goût salé de ses propres larmes se mêlant à leur salive, refusant pourtant de se séparer de lui s’il ne l’y obligeait pas. Elle aurait fait durer cet échange un petit moment finissant par enfouir son visage au creux de son cou et murmurer d’une voix un peu tremblante.

« Y’a rien qui change, rien. Je m’appelle Elizabeth Rose Evans. Je suis une simple fille de 34 ans pas très à l’aise socialement, encore un peu perdue et pas très sûre d’où elle va. Qui se débrouille avec les armes et tient un marathon sans problème. Qui adore le chocolat à la menthe, le beurre de cacahuète et buvait son café au lait froid. Qui a toujours les pieds glacés sous les draps, qui chante vraiment très faux. Et qui fera parfaitement l’affaire en guise de gros canot de sauvetage ou de bouée en caoutchouc jaune avec une tête de canard. Ne me vois pas autrement. Ne me regarde pas autrement. »

Elle resta un instant immobile, osant à peine frôler ses lèvres sur la surface de la peau de James, gardant le silence, puis finissant par consentir à le relâcher, d’abord par la pression de ses bras qui lui avait enserré les épaules, puis par le poids de son buste et de sa tête qu’elle redressa lentement.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 17 Fév - 14:46
Quand Elizabeth bloqua son geste, il fut surpris, il ne s'y attendait pas. Il n'était pas dans la nature de sa douce, du moins de ce qu'il en connaissait jusqu'ici, d'agir avec impulsion, c'était même tout l'inverse et c'est pourquoi il fut d'autant plus surpris de la voir venir se presser contre lui pour l'embrasser fougueusement. Le goût humide de ses lèvres, la pression excitante de sa poitrine contre son buste et le toucher enivrant de ses mains tenant son visage, qui était un geste d'affection auquel il était extrêmement sensible et réceptif, firent fondre toute crainte de sa part et même la logique de leur situation. Cet étalage d'émotions et de contact ainsi exposés à l'orée de la ville, aisément observables depuis n'importe quelle fenêtre et détectables par n'importe quel rôdeur, devrait le pousser à couper court à cet échange salé et signaler ce danger ambiant, mais il n'en fit rien.

Plutôt que cela, il se laissa transporté par ce rapprochement et posa ses mains sur ses hanches, puis les fit glisser jusque sous son pantalon pour trouver le doux tissu de sa culotte qu'il empoigna comme une prise assurée afin de la garder contre lui. Il fit durer ce baiser plus qu'elle ne l'avait prévu, dévorant ardemment ses lèvres de sa grande faiblesse en sa présence, il était complètement soumis à son amour pour Elizabeth, qui faisait dégringoler ses pensées en cascades chaotiques et faisait aussi fondre ses barrières émotionnelles quotidiennes comme du chocolat sous un soleil de plomb. Ces mots qu'elle prononça, interrompant ce langoureux baiser contre la volonté de l'homme, coulaient de source pour lui. Il n'aurait pas imaginé quoi que ce soit d'autre, pourquoi changerait-il de regard sur elle ? Pourquoi dans un sens négatif alors qu'elle s'était ouverte à lui et qu'il en ressentait un rapprochement intime intense et plaisant.

« Pourquoi je te regarderais autrement ? Tout ce que tu viens de me dire, ça me rend plus proche de toi et c'est tout ce que je souhaite. Tu me plais comme tu es, j'aime tout de toi, ce que tu dis, les choses que tu fais, ta façon de bouger et de me regarder, ton corps de déesse, tes mots de psy et ton intelligence d'agent spécial. Tu es parfaite pour moi, tu me complètes et savoir ça, ça me permet de mieux te comprendre et ça te rend encore plus belle. Sauf pour le chocolat à la menthe, je trouve ça infecte, je préfère le chocolat noir. »

Il eut un léger rire animé d'une grimace de dégoût exagérée et amusée, puis tira sur sa prise de son sous-vêtement pour l'amener à se presser contre lui à nouveau, aspirant le souffle chaud de ses expirations à travers ses lèvres aux siennes quasiment collées, partageant son air et décrivant jusqu'aux plus petits détails de ses iris qui envahissaient son champs de vision.

« Moi, James Francis Everett, j'aime Elizabeth Rose Evans, je maudis Gustavo Angelo et sa femme, j'aurais aimé être auprès de Marianna Maxwell pour prendre soin d'elle et je remercie Aiden Langdon de l'avoir fait et d'avoir donné sa chance à cette fille, qui a créé cette femme sublime. »

Leur environnement, il l'avait complètement occulté, il savait que ce n'était pas bien, que c'était stupide de prendre de tels risques mais se détourner d'Elizabeth maintenant, de son attirance pour elle et de cette connexion qu'ils avaient établi entre leurs deux cœurs serait un mal encore plus grand. Un temps de silence s'installa, durant lequel il la contempla calmement, amoureusement, tranquillement, avant d'étreindre lentement ses lèvres d'avec les siennes.

Dans ce moment de fort symbiose, il avait une folle envie d'elle et puisque le contact et les gestes étaient sa plus franche et aisée façon de s'exprimer, il lui fit comprendre cette envie en poussant à l'aide de ses poignets son pantalon tout en faisant le tour des courbes de ses fesses avec sa culotte jusqu'à faire passer le tout en dessous, libérant ces mêmes courbes de ce qui les cachaient avant de remonter ses mains le long de sa peau nue jusqu'à ses hanches qu'il empoigna à leur tour. Tout le long de cette manœuvre coquine et explicite, il fit persévérer leur baiser qu'il intensifia en caressant ses lèvres et le bout de sa langue avec la sienne, un sourire malicieux naquit pour achever le tableau, dont Elizabeth serait la seule à jamais le voir sur son visage.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 17 Fév - 22:35
Comment pouvait-elle une seule seconde penser à regretter l’ancien monde ? Non, celui-ci lui plaisait, avec son lot de souffrance bien à lui, avec son lot d’épreuves sans doute plus ardues qu’auparavant, mais fortement adoucie par la présence de ce James si parfait à ses yeux. Et si ce n’était qu’un odieux rêve, alors elle préférait y succomber pour y vivre éternellement plutôt que d’avoir à se réveiller et être privée de son existence à ses côtés. Elle avait l’impression de replonger plusieurs semaines en arrière, une espèce de libération en plus, alors qu’ils s’étaient retrouvés coincés à bord de cet avion sur le tarmac de l’aéroport, se livrant à un duel charnel dénué de raison, ne donnant libre court qu’à leur plus pur instinct, pulsion et envie.

Comment pourrait-on survivre si la folie n’était plus permise ? S’ils devaient se conformer à un schéma sans saveur, sans risque ? En tant que ressuscité, ils n’avaient déjà plus d’avenir dans ce monde, alors elle prit le risque d’envoyer paître la sagesse et la raison, qui existait si peu dès qu’elle se tenait dans les bras de son adorable médecin. Ainsi serrée contre lui, elle ne put freiner un rire en réponse à la propre allégresse de son vis-à-vis lorsqu’il évoqua son dégoût pour le chocolat à la menthe.

« Ça en fera plus pour moi… » Susurra-t-elle pleine de malice, les yeux toujours un peu vaporeux après les quelques larmes qui s’en étaient échappés.

Elle se laissa pleinement envahir par les envies exprimées de son compagnon, occultant à son tour complètement le reste, laissant résonner les dernières paroles de James, une déclaration d’amour qui la flattait et la faisait se sentir importante et désirée comme jamais elle ne l’avait été auparavant.

Le clic caractéristique de l’attache de la boucle de ceinture résonna dans l’habitacle entre deux baisers soufflés, répondant à son appel de la manière la plus simple possible : en lui autorisant un contact plus intrusif s’il le souhaitait. Ses gestes, ses lèvres, son souffle, le moindre de ses mouvements se faisaient de plus en plus pressants, de plus en plus enivrés, lui accordant toutes les caresses qu'il voulait bien lui donner. Dès qu’elle eut fini de se débarrasser de son gilet pare-balle, l’abandonnant aux pieds du siège passager, elle se hissa entre James et le volant pour lui faire face, les jambes de par et d'autre de ses hanches, bénissant silencieusement et inconsciemment la nature de l'avoir faite fine et d'une taille peu conséquente, bataillant néanmoins avec l’étroitesse de l’habitacle pour se coller à lui. Ses mains glissèrent sous son tee-shirt noir, agrippant ses hanches et remontant sur son torse, détaillant chaque relief de ses muscles qui chaque jours, elle le constatait, se dessinaient un peu plus.

Les essuie-glaces battaient à un rythme frénétique, actionnés par inadvertance. Dans un élan de conscience, sa main droite chercha à tâtons l’interrupteur pour verrouiller l’ensemble des portières, avant de reprendre ses caresses, délestant son homme de sa veste, son tee-shirt, ne lui laissant plus grande manœuvre pour égaliser le poids des vêtements qu’ils portaient, jusqu’à s’attaquer à sa ceinture, tirant dessus avec grand empressement. Elle ne parvenait plus à penser correctement ni à retenir sa fougue, comme une part d’elle-même délivrée qui voulait se venger d’une frustration trop longtemps accumulé. Au diable l’Elizabeth calme et mesurée, douce et tempérante, un maelström en elle bouillait d’envie sans qu’elle ne sache elle-même pourquoi, sans qu’elle ne cherche à savoir pourquoi. Il était fou de penser que, maintenant lancés dans une frénésie de désir, ils seraient capables de se ressaisir. Il n’en fut rien.

******

Complètement ébouriffée, Elizabeth devait bouger sa tête à droite et à gauche pour arriver à correctement contempler son visage dans le tout petit miroir du pare-soleil, tandis que ses doigts filaient dans sa chevelure pour y remettre de l’ordre. Elle n’était pas du genre à prêter grande attention à son apparence, mais un minimum de contenance lui paraissait essentiel, ne serait-ce que pour espérer continuer de donner raison aux compliments qui lui avait été fait. La voiture avait repris la route, bifurquant à gauche au croisement auquel ils s’étaient arrêtés, arpentant désormais un secteur beaucoup plus peuplé qui demandait à James une concentration plus importante jusqu'à ce qu'ils parviennent à l'avenue principale, l'obligeant à tourner à droite cette fois-ci.
Une fois satisfaite, un très long soupire de contentement s’échappa de ses lèvres, son dos se reposant complètement contre le siège, la tête basculé en arrière sur l’appui.

Dans les bras de son bellâtre, elle avait complètement oublié ses soucis, ses préoccupations, les douleurs qui l'avaient saisit à peine une semaine plus tôt et toutes les inquiétudes qui l'avaient envahi alors, jusqu'à la faire douter de sa propre nature. Tout ça s’était envolé dès les premiers instant où il l’avait possédé pour la faire sienne, pleine et entière, sans plus qu’aucune ombre ne plane sur leur histoire. En des semaines de relation, c’était sans doute la première fois qu’ils étaient vraiment eux-mêmes, libérés et déchaînés, au grand dam des amortisseurs.

Maintenant face à la route, ceinture à nouveau bouclée et moteur ronronnant d'un son très léger, son visage rayonnait d’un sourire que même l’apparition de quelques morts décharnés sur le bas-côté ne put ternir, comme s’ils faisaient partit d’un décor imaginaire, hors du temps et des pensées.

« La route à l’air dégagée. » Observa-t-elle en rabattant le pare-soleil contre le toit du véhicule, son regard se perdant dans une rue presque déserte.

La description des lieux n’avaient quasiment rien à voir avec le scénario que lui avait exposé James avant leur arrêt intempestif, et il était tout à fait possible de croire qu’il s’était déroulé ailleurs si quelques corps ne venaient agrémentaient ce paysage épuré, une carcasse de voiture en plein milieu de la rue juste devant une seconde à moitié encastrée dans le mur gauche. La Chrysler évita de justesse le corps d’un d’eux étendu sur le sol en plein milieu de la route, une gerbe de sang immense projetée de son crâne comme si une balle lui avait été tirée à bout portant. Un peu plus loin, c’était la vitrine d’une laverie automatique qui se trouvait complètement démolie, le verre rependu sur le trottoir en un milliard de fragment qui se reflétait à l’intensité du soleil.

Malgré ce spectacle chaotique, la femme ne pouvait se sentir autrement que le cœur léger, comme s’ils avaient déjà passé des années à vivre dans cet enfer et qu’ils s’y étaient habitués par la force des choses, reléguant tout ceci à un simple quotidien qu'ils avaient appris à gérer. De quoi la laisser planer encore un peu dans ses souvenirs très récents, repensant aux quelques mots qu’elle lui avait susurré au creux de l’oreille alors que leur corps en feu et en sueur reprenait leur souffle après une lutte sans merci dans l’étroit espace. « Moi qui ai toujours pensé que vous étiez incorruptible, James Everett. Il faudra éviter que cela se reproduise, ou je vais commencer à croire que vous aimez les lieux incongrus. » A ce moment-là, sa voix s’était faite ironique, et son regard avait pris un air faussement sévère, comme si elle grondait un mauvais élève qui avait été pris en flagrant délit de bêtises, avant de reprendre sur un ton bien plus complice et doucereux « J’ai hâte de voir quelles surprises tu me réserves dans la cabine de conducteur d’un train. »
A ce souvenir, elle rougit à nouveau, son regard fuyant rapidement la rue et ses dangers pour se poser sur le visage de James qu’elle avait pu apprécier de bien plus près, comme si elle avait espéré qu'un lien étrange avait connecté les deux esprits pour leur permettre de revivre cet instant au même moment.

Plus loin dans la rue, le panneau annonçant l’établissement visé, soit la pharmacie, se découpa dans le décor. Ils n’avaient plus que quelques mètres encore à franchir avant d’arriver à destination.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Dim 19 Fév - 20:49
Son état moral avait pris un virage à cent quatre vingt degrés dans l'heure, lui qui était parti avec des pensées bien sombres et avait partagé des secrets poignants en compagnie d'Elizabeth, avait conclu tout cela par une débauche d'attirance et de plaisirs charnels qui venaient de transformer sa mine déconfite en un faciès détendu et satisfait, surtout en sachant qu'ils n'avaient pas été surpris par qui le veut. Ce bien être récent ne se décomposait pas à la vue du décor plein de souvenirs de cette rue, ni à la voiture encastrée, ni aux corps étendus sur le sol qu'il évitait, ni à la laverie saccagée.

En franchissant enfin l'avenue, il eut l'impression d'achever un ardu projet : la première fois, il avait aperçu la pharmacie dans des jumelles et n'avait pas pu l'approcher. La deuxième fois, il avait voulu la rejoindre sans y parvenir, prit par des événements violents et cette fois enfin, il y parvenait sans trop d'efforts, ce qui était dans leur cas plus l'exception que la règle compte-tenu de la teneur de leurs sorties habituelles. Au croisement des deux rues, il tourna à droite et s'engageait sur celle tant convoitée, qui voyait une succession de petites constructions sans étage longer la gauche de la route et les bâtiments visibles depuis l'avenue, bien plus imposants, constituer la partie de droite.

Cette fois, la rue était beaucoup plus encombrée et pour cause : un véhicule se trouvait un peu après la pharmacie, littéralement retourné en plein milieu de la route et le toit complètement broyé contre le bitume, ce qui provoqua un frisson à James d'imaginer que des gens avaient pu s'y trouver lors de l'accident fatal. Un lampadaire s'était écrasé sur le trottoir, barrant symboliquement l'accès à la pharmacie puisqu'il suffisait de l'enjamber et les trottoirs eux-mêmes, comme la route dans une bonne partie, étaient jonchés de corps dans divers états, allant de la récente mise à mort de charognards dépravés et criblés de balles, aux restes en décomposition bien plus avancée, voyant des jambes et des bustes en charpies quasiment à l'état d'os éparpillés. Un véritable carnage avait été réalisé ici, même plusieurs à en croire ce spectacle horrifique.

En y regardant de plus près, les entrées des bâtiments de ce coté étaient soit ouverts, soit défoncées, la plupart des fenêtres du rez-de-chaussée, et leurs volets, parfaitement explosés, tout comme les vitrines de la pharmacie, ses fenêtres et celles des bâtisses de ce coté de la rue. Des carnages ? De vraies batailles, des voitures en travers du trottoir, d'autres bien que garées, la carcasse défoncée de parts et d'autres et toutes les vitres brisées, il n'y avait pratiquement plus rien d'intact dans cette rue et l'idée de persévérer en voiture plus loin qu'à l'entrée se révélait déconseillée en toute évidence. James poussa la voiture aussi loin que possible, donc quelques mètres tout au plus et finit par immobiliser le véhicule. Il releva le frein à main, tourna les clés et fit taire le moteur, avant de pencher la tête pour observer les étages du bâtiment voisin avec un mauvais pressentiment et une appréhension palpable.

Une silhouette mouvante attira très vite son attention, qui était passée devant une fenêtre du second étage avec une lenteur perceptible. Ce qui était autrement moins préoccupant que le rôdeur mâle qui sortait du couvert d'une voiture qu'il percutait par ailleurs, errant près du trottoir. Pour l'instant, il n'y avait rien de plus alarmant, mais c'était typiquement le genre de situation qui en cachait une autre et il comptait bien là-dessus, autant partir en souhaitant le pire, au moins serait-il ironiquement satisfait, dans l'idée perverse de la chose.

« Je comprends mieux pourquoi ces types avaient détalé comme des fous. » Entendit le chirurgien d'un ton grave, continuant de balayer les lieux du regard à la recherche du moindre détail dissimulé au premier coup d'oeil. « Regarde, la porte de la pharmacie a été retirée de ses gonds, elle doit traîner à l'intérieur, il n'y a même plus une vitre d'intact. Quel carnage... »

Il avait toujours les mains sur le volant et indiqua de l'index la direction du lieu de soin, qu'il scruta durant quelques longues secondes de réflexion, à l'issue desquelles il expira l'air de ses poumons et lâchait le volant pour ouvrir la portière.

« Passe devant et jette un oeil à la pharmacie, l'espace est sûrement ouvert, aucun risque que tu te retrouves coincée et de toute façon au moindre doute, tu m'appelles. Je vais rester dans la rue, faire le tour et nous couvrir, quelque chose me dit que le risque viendra de ce coté. Autant ne pas se faire encercler et déborder par une horde qui déboulerait de tous les recoins, une fois ça m'aura suffit. »

Il termina d'ouvrir la portière et sortit précautionneusement en regardant dans son dos puis devant lui, avant de refermer. Le verrouillage claquant de la portière sonna comme une entrée en matière, eux contre le monde sauvage et ses dangers. Il recula et déploya la portière arrière cette fois, pour récupérer son sac et son fusil dans chaque main, le canon de ce dernier vers le ciel. Son paquetage acquis, il laissa la portière ouverte, puisqu'elle se trouvait du coté de trottoir de la pharmacie, Elizabeth pourrait s'y engouffrer en catastrophe si besoin, d'ailleurs à y repenser il aurait du en faire autant pour celle conducteur mais tant pis, il rejoignit Elizabeth par l'avant en enfilant son sac sur ses épaules, dès qu'il fut proche d'elle, il se sentit le besoin d'évoquer pour eux-deux les plus pures évidences que la logique elle-même trouverait un peu trop conformiste :

« On garde les oreilles et les yeux ouverts, tu prends tout ce que tu peux. Plus vite on sera parti, mieux on se portera. »

Son fusil empoigné des deux mains, il passa l'index sur la sécurité pour la faire sauter et rabattit son doigt près de la détente, le canon redirigé devant lui, l'ancien barbu cala la crosse contre son épaule et dès lors, avança sur la route sans dévier l'arme de son axe décidé au contraire de son propre regard. Il lui fallut enjamber quelques corps, qu'il scrutait du coin des yeux avec ce relent paranoïaque à les imaginer bondir d'un coup, une mauvaise blague hautement dangereuse qui semblait bien loin de leurs aptitudes intellectuelles, mais mieux valait abuser de précaution qu'être naïf. Dans sa progression, il tourna la tête vers sa dulcinée afin de suivre de près son entrée dans la pharmacie, faisant halte à quelques mètres de la voiture en plein centre de la route, il patienta qu'elle entre et seulement, réitéra sa longue observation des fenêtres des bâtiments à l'opposé.

Un tireur embusqué était le pire qui soit à ses yeux, n'importe quel troufion avec un fusil automatique pouvait surprendre un groupe de soldats entraînés et en abattre plusieurs par cette tactique aussi lâche que vicieuse, il savait de quoi il parlait pour avoir vu défiler un nombre faramineux de pauvres gars charcutés par des rats embusqués, parfois même certaines blessures étaient l'oeuvre d'enfants poussés au suicide de la volonté d'hommes immoraux prêts à tout pour tuer l'ennemi. D'un coup, à repenser à tout cela, il fut frappé d'une question qu'il se rendait compte, il ne s'était jamais vraiment posé depuis son retour à la vie : existait-il encore quelque part dans la région des enfants vivants ? Ça paraissait fou de se poser une telle question, moins saugrenue en réalité que la prise de conscience de ne jamais vraiment se l'être posée, mais puisqu'il n'en avait pas croisé un seul en des mois de vie à Snyder, il y avait de quoi s'interroger et craindre.

Imaginer un monde sans enfants, c'était terrifiant, un monde sans avenir ni héritage, sans espoir de se renouveler, ou bien était-ce l'inverse ? Que pourrait offrir ce monde à des enfants, sinon une mort atroce ou bien différemment, en faire des machines à tuer sans émotion ni compassion, des animaux qui grandiraient dans cette désolation absente de l'insouciance et du bonheur, de raisons propres d'exister. James se sentit perturbé par ces pensées et secoua la tête pour les chasser de son esprit, il ne devait pas se laisser distraire, pas maintenant, il aurait tout le temps d'y songer à l'abri du Perchoir. Son regard se posa sur la voiture accidentée et retournée plus loin sur la route, il envisagea un instant de s'en approcher, pour savoir, mais se ravisa, ça aussi, il ne pouvait pas se laisser aller à risquer d'être atteint par des découvertes affligeantes. Cela se résumait donc à ça, chercher de quoi survivre et détourner les yeux de tout ce qui pouvait toucher, de tout ce qui pouvait détourner de cette quête, quelle désolation en effet.

Le chirurgien s'orienta alors plutôt vers deux voitures à proximité de la pharmacie, quitte à fouiller quelques recoins, mieux valait qu'il reste près de sa partenaire au cas où elle aurait besoin de lui, ou qu'une saleté quelconque ne vienne dans son dos pour l'acculer dans la pharmacie. L'une des voitures - monospace, bien que l'aile était enfoncée et sa peinture raclée sur toute sa longueur par un autre monstre métallique qui avait emporté le rétroviseur, était garée contre le trottoir. L'autre en revanche, derrière, avait l'avant contre le mur de la bâtisse voisine - probablement percuté - qui affichait la pancarte d'accueil d'un refuge pour animaux, et pourtant cette dernière voiture avait l'air en meilleur état. Arrivé au monospace, il jeta un oeil à l'intérieur et testa le coffre qui s'ouvrit très - trop - facilement, signe que quelqu'un d'autre avait sans doute déjà fouillé, peut-être leurs victimes passées à Kyle et lui, un terme bien coupable.

Rien ne se présenta, hormis des monceaux de poussière et de saleté aux origines plus que multiples, pas la peine de perdre du temps dessus, il n'y aurait sûrement rien à en tirer. Il rejoignit la seconde, fit le tour, observa l'intérieur et fit plus vite le constat qu'il avait le même rendu, même sort, tout portait à croire qu'il ne restait plus une miche de pain rassis dans les environs et il ne testa même pas le coffre. C'est alors en faisant le tour pour revenir vers la rue qu'il buta sur quelque chose. Sur le coup, il eut le vif sentiment de s'être cogné le pied contre un corps et ses réflexes le firent presque bondir d'un pas en arrière en braquant son fusil sur le cadavre, un acte un peu trop sur le qui-vive qui aurait du être acceptable dans la situation. Comment aurait-il pu imaginer la suite un instant ?

En reculant instinctivement, il s'était malgré lui plaqué contre la voiture qu'il venait d'observer et ce choc, aussi léger soit-il, provoqua un inattendu et assourdissant bruit d'alarme qui se mit à hurler depuis l'habitacle : l'alarme de voiture. James sursauta et recula dans l'autre sens en se retournant, abasourdi par ce retournement de situation ahurissant, mais quel était ce grossier et fichu piège ? Le son était excessivement fort, c'était un véritablement cri aigu et strident qui résonna dans tout le quartier. Foutue alarme ! Pourquoi s'était-elle déclenchée ? Il l'avait à peine touchée cette fichue voiture. Ces pensées ne l'aidèrent pas et l'alarme continua de résonner de plus belle. Tout de suite il se jeta sur la voiture et la main légèrement tremblante, ouvrit au hasard la portière avant coté passager pour s'engouffrer tout entier dans le véhicule et chercher un moyen d'éteindre l'alarme. Ce barouf était insupportable aux tympans et il maudit tous les dieux de l'humanité et la création toute entière de lui faire un tel coup fourré. Dans la foulée, il lâcha son fusil et se servit des deux mains pour manipuler le tableau de bord, à la recherche de quoi, il ne savait pas, son esprit avait été totalement pris de court et il en perdait sa capacité de réflexion.

La portière conducteur, c'était en général un bon moyen d'arrêter une alarme : il se poussa des pieds jusqu'à elle et déverrouilla à la hâte la portière pour la pousser et l'ouvrir en grand. Peine perdu, ça n'avait pas eu l'effet escompté. C'était vraiment le coup fourré le plus ridicule et le plus pénible auquel il se serait attendu parmi les différents scénarios issus de son imagination. Il devait réfléchir, se reprendre, il ferma les yeux un instant et fit chauffer ses pensées : pas de clé, l'ouverture de la portière conducteur inutile et aucun moyen de démarrer - Ivy aurait été bien utile dans cette situation, elle aurait su quoi faire. Il ne devait pas paniquer, puis lui vint un éclair de génie, si l'on puis dire, ou plutôt une solution d'urgence. Le temps de se pencher sous le volant, il appuya sur le bouton qui déverrouilla le capot à l'avant et s'extirpa péniblement de la voiture.  

Dehors, un râle aussi caractéristique qu'irritable lui fit comprendre que le monstre qu'il avait laissé marcher vers leur opposé n'avait pas manqué l'occasion pour rebrousser chemin et se rapprochait déjà de l'origine de ce hurlement mécanique infernal : c'était toute la ville qui allait être alertée à ce rythme. D'une main il attrapa sur fusil à moitié tombé sous le siège et poussa d'un geste colérique la portière qui se referma, lui laissant un passage raccourci vers le capot qu'il termina d'ouvrir en grand. Ni une, ni deux, il brandit le fusil et pointa la batterie de la voiture, prêt à la réduire en miettes afin de faire taire cette saleté d'alarme une bonne fois pour toutes. Il s'apprêta à tirer, eu un instant d'hésitation et recula au pas de course de plusieurs bons mètres avant de revenir sur sa cible, dans le doute il préférait ne pas être pris dans une explosion incontrôlée car il ne s'y connaissait que trop peu dans le domaine. En revanche, coté armes à feu, il en savait bien assez pour que la courte rafale qu'il s'apprêtait à lâcher puisse déchiqueter les câbles et bousiller cette batterie.

Si Elizabeth était sortie entre-temps, ce qui était plus que probable, il l'aurait interpellée d'une forte et rauque voix qui illustrait l'énervement intense qui l'habitait à ce moment là : « Reste à l'intérieur ! »

Un, deux, puis trois coups partirent en une demi-seconde. Le recul frappa son creux d'épaule et fit résonance à travers ses muscles et ses os, le cri de l'arme largement couvert par l'alarme diaboliquement persistante et intense, tout s'arrêta quelques instants après. Il ne le distinguait pas suffisamment de sa distance, mais le silence libérateur et soulageant qui s'installait après quoi lui suffit à comprendre qu'il avait fait mouche sans qu'il n'y ai quelconque explosion. Le mal était cependant déjà fait, ça s'annonçait mal, très mal, ils allaient bientôt venir sur eux où qu'ils soient. Le visage décharné et affamé du rôdeur encore solitaire qui franchissait la route dans sa direction, le fixant de ses yeux livides, lui vint comme une moquerie de Satan en personne.

Il s'en était douté dès le départ, tout ça avait semblé trop facile.

Elizabeth R. Evans

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Lun 20 Fév - 17:13
Dès que le véhicule amorça sa décélération, Elizabeth détacha sa ceinture, aux aguets du moindre mouvement essentiellement dans la ruelle et autours de la pharmacie. L’environnement était si chaotique qu’il offrait un nombre incalculable d’angle mort d’où pouvait surgir n’importe quelle menace pour les surprendre. A la vue de tous ces corps, le regard de la femme pris un air décontenancé et dégouté, se demandant même s’il était vraiment utile de persister à visiter cette pharmacie qui semblait avoir déjà donné tant de mal à un groupe avant eux. Le bâtiment en lui-même ne lui inspirait aucune confiance. Toutes les vitres avaient volés en éclat, et même si elle n’arrivait pas à voir correctement à l’intérieur, il était fort à parier qu’aucun étalage n’avait survécu à cette échauffourée. La seule chose qui restait intact était l’enseigne « CVS/pharmacy » écrit tout en lettre rouge fixée sur le mur de brique orangée. De larges piliers formaient un petit préau sur deux versants du bâtiment, plongeant le reste dans une grande pénombre.

Un léger soupir résigné s’échappa de ses lèvres lorsqu’elle entendit la portière conducteur s’ouvrir, les paroles de James confirmant qu’il fallait tout de même se résoudre à y jeter un œil, ne serait-ce que par acquis de conscience. Elle prit le temps de continuer à bien observer ce bâtiment tant qu’elle était en sécurité à l’intérieur de la carcasse métallique de la voiture,  avant de se motiver à sortir, toujours aussi peu enthousiaste. Elle profitait de cette liberté de mouvement pour remettre son gilet pare-balle convenablement, ajustant les sangles assez vigoureusement après le corps à corps endiablé qui avait mis à l'épreuves certains de leur vêtements.

« Pas de soucis. » Confirma-t-elle simplement d’une voix assez douce et fine, tandis que son compagnon s’empressait de récupérer le matériel déposé à l’arrière, avant de s’emparer d’un élastique à cheveux qui trônait autours de l'un de ses poignets.

Elle n’aimait pas particulièrement attacher ses cheveux, ayant toujours tendance à les laisser libre lorsque les circonstances le permettaient, mais pour une question de sécurité, en des temps aussi conflictuel, il valait mieux jouer la carte de la prudence. Ramenant chacune de ses mèches brune vers l’arrière, elle noua le tout en une queue de cheval assez mal structurée mais correctement serrée pour que rien ne viennent la gêner au cas où. Avant d’être rejointe par son compagnon, elle avait également filé à l’arrière de la voiture pour y récupérer son propre sac et son fusil, s’assurant que chacune des bretelles étaient assez serrées et correctement mise.

« Je fais au plus vite. Je ne suis pas certaine qu’on y trouvera quelque chose d’encore en état, mais on sait jamais. » Confirma-t-elle en réponse à sa dernière réplique, tout en saisissant sa main pour un ultime contact avant qu’ils ne se séparent dans des directions opposées.

Son regard se plongea dans le siens et en un sourire, à la fois complice et affectueux, elle hocha une dernière fois la tête d’un air entendu avant de prendre la direction du bâtiment en traversant la route. Elle prit d’infimes précautions à arpenter la route pour ne pas poser le pied à proximité d’un des corps qui étaient allongés là. Elle n’était vraiment pas certaine que tous soient réellement et définitivement mort et sa sempiternelle sagesse l’incitait à adopter cette attitude de contournement, surtout que la situation ne réclamait aucune urgence. Son fusil bien en main, l’index non loin de la gâchette, elle levait de temps à autre la tête pour confirmer sa direction et anticiper ses prochains mouvements. Arrivée devant le lampadaire couché sur le trottoir, elle l’enjamba très simplement, pour se retrouver face à une arche de brique présentant le trou béant provoqué par cette absence de vitre juste devant-elle.
Comme craint, l’intérieur semblait complètement dévasté, les rayonnages, bien qu’encore debout pour la plupart, avaient vu leur contenus être rependu sur le sol, voler en éclat, déchiré, dévasté, les douilles jonchant pratiquement chaque case de carrelage, et les impacts de balles marquant les murs jusqu’au plafond. L’un des luminaires, un rail de néon, pendait même lamentablement par deux de ses fils du plafond, menaçant de tomber à tout instant.

Inspirant profondément, Elizabeth activa la petite lampe torche fixée sous le canon de son arme pour accroitre la luminosité des lieux. Même s’ils étaient en pleine journée, le soleil pouvait peiner à rentrer dans certain recoin de la boutique, qu’elle pourrait aisément déboucher à l’aide de cet accessoire des plus utiles, puis d’un pas lent et précautionneux, elle entra. Les premières bornes de développement de photo arrivèrent immédiatement sur sa gauche, non loin des caisses. Une imposante figurine publicitaire en forme du célèbre M&M’s jaune se retrouvait couché sur le flanc, son sourire persistante sur ses lèvres inanimés, le corps en plastique troué à plusieurs endroit par des impacts larges, rendait le tout assez ironique. Il y avait toute une série de magazines, de cartes postales et de journaux qu’elle ne prit pas même la peine d’observer qui se trouvaient là à couvrir le sol, laissant les étales et présentoirs complètement vide de leur contenu alimentaire tandis que les affiches publicitaires y annonçaient friandises en barres et autre sucreries qui faisaient autrefois le bonheur des plus gourmands.

L’extrémité de son canon continua à balayer l’ensemble des allées qui se présentaient à elle tandis qu’elle cherchait du regard le moindre signe de danger. Elle préférait prendre la peine d’être certaine que les lieux soient parfaitement sécurisé avant de se jeter vers l’officine pour chercher quelques médicaments encore disponible parmi les plus important. Le rayon des produits de beauté et cosmétique se tenait le plus à gauche, vers le fond. Devant-elle, quelques tourniquets avaient autrefois proposés à la vente de nombreuses paires de lunette de soleil et autres chapeaux, crème solaire et nécessaire d'été.

A bien y repenser, cela faisait maintenant 1 an, presque jour pour jour, que tout avait basculé. Les magasins s’étaient tenu à mettre en ventes de très nombreux articles pour préparer progressivement l’été, et c’était tout naturellement qu’elle trouvait quelques objets qui convenaient parfaitement à l’époque actuel. D’un geste rapide, elle attrapa deux paires de lunette encore en état parmi les quelques objets qui avaient subi des dégâts, l’une plutôt féminine aux montures fines et sombres, l’autre davantage épais et profilé pour une allure masculine de marque Ray-Ban. C’était sans doute la première fois qu’elle se permettait de faire son choix parmi une gamme de produit sans même se soucier du prix, ses derniers pendant sur une étiquette en carton au bout d'une petite ficelle. Les deux objets en sa possession, elle s’en délesta dans sa poche de pantalon gauche, qui se trouvait assez large pour accueillir les deux, le temps de finir sa visite. A droite, les rayonnages se perdaient vers un grand vide où aurait dû se trouver les médicaments en libre-service. Il était à parier qu’après tout ce temps à survivre comme on pouvait, la plupart des magasins, et surtout ceux comme une pharmacie, se trouvait bien vite dépouillé des contenus les plus intéressant tel que la nourriture ou les soins. Son regard fut néanmoins attiré par toute une gamme de produits lié à la maternité et aux nourrissons un peu plus loin encore.

D’un seul coup, ses anciennes pensées lui revinrent en mémoire et un grand frisson s’empara d’elle tandis qu’elle restait figé sur place en détaillant chacune des boites avec une certaine attention. Tout lui paraissait totalement absurde et sans fondement, se confortant dans l’idée qu’elle s’était fait tout un tas de scénario pour vraiment rien et elle se trouvait particulièrement ridicule en cet instant d’avoir supposé quoi que ce soit pour un simple flux menstruel plus imposant et déroutant que les autres. Un très long soupir s’extirpèrent de ses lèvres tandis qu’elle cheminait vers la droite du magasin, cherchant du regard un sirop pour la toux, des boites de pansements ou des gélules d'antibiotique qui aurait été oubliés dans l’histoire. Mais les seuls qui étaient restés sur place étaient ceux éventrés par des dégâts tel qu’il n’était pas possible d’en récupérer la moindre miette. De fils en aiguille, aussi consciemment qu’inconsciemment, ses pas finirent par la porter vers le fameux rayon qui avait attiré son attention parmi lesquels elle retrouva toute une série de tétines physiologiques au slogan "instant émotion pour futur parents", de lait en poudre, de crème anti-vergetures et aux compléments vitaminés spéciaux pour femme enceinte. Le rose aux joues, elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour être certaine que James ne l'ai finalement pas suivi et ne la surprendrait pas parmi ses articles assez gênant pour un couple tel qu’ils formaient ensemble depuis deux mois et demi à peine. Remontant le long de l’allée, ses pas finirent par s’arrêter non loin des tests de grossesse, les boites encore correctement alignées dans les étagères comme si ces objets-là n’étaient plus d’aucun intérêt pour la population de survivants qu’ils représentaient désormais. Après un instant d’hésitation, les lèvres pincées entre ses dents, elle finit par s’en saisir d’une au hasard parmi les différentes marques et de le cacher prestement dans sa poche gauche, comme si elle commettait un vol qu’on pouvait à tout moment surprendre, le regard alerte puis, s’échappa à pas pressée vers l’officine.

L’arrière-boutique, comme toute bonne pharmacie aux Etats-Unis, servaient pour la préparation et la distribution de médicaments soumis à prescription médicale, et rapidement, elle enjamba un présentoir pour s’engouffrer dans les allées plus serrées de cette zone autrefois réservée aux pharmaciens et autres vendeurs. C’est dans cet empressement qu’elle tomba sur le premier cadavre à l’intérieur, suivit par deux autre un peu plus loin. Des corps allongés à terre, la peau décharnée, les vêtements en lambeau, mais surtout, la boite crânienne percée ou carrément explosée. Un relent de dégoût marqua son visage mais ces corps ne la préparèrent en rien au spectacle qui suivit. Dans le fond de la pièce, au bout d’une des allées, un homme habillé comme un survivant actuel, était assis contre le mur. Un mur repeint aux couleurs rouges et sombres, qui sous l’éclat de la lampe torche de l’arme d’Elizabeth, apparaissaient des plus brillants. La gerbe de sang, agrémentée de quelques morceaux de cervelles jaillissait comme un spectacle morbide du corps sans vie de cet homme privé de tête. Et pour cause, cette dernière avait littéralement explosé sous l’impulsion d’un suicide au fusil à pompe. L’arme trônait encore sur les jambes du corps, retombée prestement après le décès, l’index toujours coincé sur la détente. Il était fort à parier que cet homme avait décidé d’en finir de la manière la plus expéditive possible après avoir été contaminé. Une supposition qui se révéla d’une certaine justesse en observant une blessure assez béante au niveau de la jambe de l’homme où un trou de tissu et de chaire manquaient à l’appel.
Si ce n’était pas la première fois qu’elle voyait des charniers tel que celui-ci, elle ne put empêcher le contenu de son estomac de se répandre brusquement sur le sol à l’odeur de décomposition qui émanait des lieux, histoire d’en rajouter une couche pour les prochains qui voudraient éventuellement rendre visite à cette pharmacie dévastée. A peine cinq minutes depuis qu'elle était entré dans les lieux et déjà, elle espérait en sortir le plus rapidement possible.

Elle fit demi-tour à grande vitesse, titubant légèrement, s’échappant vers l’un des distributeurs éventrés qui avaient autrefois proposés quelques sodas à la vente. Elle parvint néanmoins à trouver une bouteille d’eau encore intacte dans le fond de l'armoire, pas vraiment très fraîche, mais dont la date limite n’était pas encore atteinte. De quoi lui permettre de se rincer le gosier et la bouche. Son corps était parcouru de frisson et elle sentait quelques perles de sueur couvrir son front, comme si elle venait de courir pendant de très longues heures. C’est en reprenant son souffle qu’elle aperçut les paquets de repas hyper-protéinés abandonnés sur le côté qui eux, semblaient en revanche souffert du temps passé, mais étaient-ils vraiment dans l’aisance au point de faire les fines bouches ? Clairement non.

Après avoir repris un peu de son souffle, abandonnant la bouteille en plastique vide sur le côté, elle attrapa l’un des sac de course traînant non loin pour y glisser les paquets encore bien emballés. Deux grandes inspirations plus tard, elle se préparait mentalement à retourner à l’arrière pour récupérer l’arme du cadavre. Une sale besogne que de délester les morts de leurs biens matériels, mais ils avaient besoin de tout ce qui pouvait servir à leur survie, armes et munitions comprises. Une fois fait, elle prit une dernière longue inspiration tandis que ses pas cheminaient déjà vers sa destination et elle retint sa respiration le temps de l’acte, pour ne pas avoir à nouveau à respirer l'air des plus nauséabond mais également pour forcer l’empressement de l’acte. Elle préférait ne pas faire dans la dentelle, ne se focalisant que sur son objectif sans même prêter attention au décors, occultant de son champs de vision les restes d’humain qui avaient agrémenté le mur, le sol et le plafond, s’emparant vivement du canon large avant de repartir vers l’arrière, empressée.

« Aller… ne traine pas… tu as assez perdu de temps comme ça. » Se murmura-t-elle à elle-même, dans une voix incertaine et encore déstabilisée.

Cette seconde arme trouva place dans son sac à dos sans même avoir pris le temps de la nettoyer des tâches collées, la rangeant rapidement après avoir mis en place la sécurité. C’est en sillonnant d’autres rayons, inspectant les étagères, qu’elle trouva une série d’armoire pourvu de tiroirs métalliques comportant tous une serrures. La porte de l’un d’eux, assez large, avait cette particularité qu’on avait tenté de la forcer, mais dont le verrou, assez solide avait tenu le coup. Même les balles n’avaient pu avoir raison du système de sécurité, trouant les plaques de métal sans offrir le luxe de pouvoir délester son contenu si tant est qu’il n’ait pas été abîmé par la tentative aussi stupide qu’inutile. L’un des coins de la porte avait été tordu, offrant un accès limité à une petite main. Ceux qui avaient forcé ce tiroir ne semblait pas être parvenu à l’ouvrir, mais ils lui avaient mâché le travail d’un point de vue force physique. S’il devait rester quelques chose d’utile dans cette pharmacie, c’était bel et bien dans ces tiroirs qu’elle le trouverait et comme les autres étaient condamnés, cet accès semblait sa dernière chance de ne pas sortir bredouille des lieux, deux paires de lunettes et des repas périmés en seuls trophées.

Elle abandonna son fusil au bout de sa bandoulière, laissant ce dernier pendre le long de son corps tandis qu’elle se frottait les mains l’une contre l’autre tout en se préparant mentalement. Avec un peu de chance, sa main serait suffisamment fine pour attraper quelque chose. Collant son épaule sur l’armoire voisine, elle glissa sa main à travers l’interstice créée par la force des bras dans le coin supérieure du tiroir, prenant garde aux arrêtes de métal qui lui paraissait assez saillantes. Rendue aveugle dans son exploration, c’est à tâtons qu’elle commença à fouiller le contenu, se saisissant assez vite d’un premier petit tube en plastique jaune. Portant le fruit de sa fouille sous son regard, elle put aisément lire le contenu de ce dernier comme de la marijuana médicale. Une autre tentative lui permis de sortir un second tube identique au premier. Le regard et l’ouïe en alerte pour ne pas se faire surprendre dans cette posture qui ne lui permettait pas de se défendre ni de fuir rapidement, elle renouvela l’opération, poussant un tout petit peu plus loin son bras pour parvenir à attraper une boite rectangulaire. Un paquet de morphine en seringues. Pas de doute, cette armoire contenait tous les produits les plus sensibles à garder le plus possible en sécurité pour se maintenir à l’abris de drogué en manque. Si elle continuait la pêche avec autant d’efficacité, ils pourraient repartir avec un véritable stock de produit qui servirait à coup sûr à James. A cette idée, elle repartit à la charge sans perdre une seconde de plus, poussant un peu plus loin encore, se hissant sur la pointe des pieds pour prendre un peu plus de hauteur et parvenir à une fouille sous un angle inexploré. La nouvelle boite qui arriva à son contact était néanmoins assez loin, et alors qu’elle manipulait et frôlait l’un des coins pour l’attraper ce dernier s’enfonça un peu ver le fond du tiroir, la forçant à pousser davantage sur son bras. L’arrête de métal commençait à griffer légèrement sa peau, sans pour autant lui causer de blessure, mais ce n’était là qu’une illusion, car si elle était parvenue à passer son bras aussi loin dans un sens, le retour serait en moins bonne sécurité comme un piège qui s’était refermé sur elle. Dès qu’elle eut attrapé la boite en carton assez fermement pour l’extraire, le simple mouvement de retour un peu précipité par l’enthousiasme de son gain fit enfoncer la pointe de métal sur le dessus son de avant-bras, déchirant sa peau comme l’aurait fait un couteau mal aiguisé sur une bonne partie de sa longueur.

Un cri sourd de douleur s’échappa de ses lèvres retenus par ses dents serrés, la forçant à jeter sa trouvaille dans le sac de course déposé non loin pour plaquer son autre main sur sa plaie. Du sang commençait déjà à s’en échapper mais cette vision n’était rien face à la douleur déchirante qui forcèrent l’ensemble de ses muscles à se contracter. Elle se sentait tellement stupide d’avoir été aussi appâté par le gain qu’elle s’insulta mentalement de tous les noms qui lui passaient par la tête, cette dernière frappant sur le côté contre l’armoire de métal tant la douleur était difficile à supporter. Elle finit par se ressaisir après avoir maîtrisé sa respiration, levant les yeux dans cette partie d’arrière-boutique réservée au personnel, trouvant le symbole des toilettes sur une porte vers laquelle elle se précipita. D’un geste à la fois vif et furieux, elle arracha du distributeur un série de papier disponible près du lavabo pour arrêter le saignement, ce dernier s’imbibant rapidement, la forçant à renouveler l’opération à trois reprises au moins, le lavabo se chargeant de déchet imbibé de sang.

Les yeux fermés, elle inspira doucement, calmement, essayant de remettre ses idées en place. Une fois retrouvés et l’emballement de son cœur calmé, elle observa la pièce éclairée par une petite lucarne en hauteur qui donnait sur la rue opposée à l’emplacement où ils s’étaient garés, soit de l’autre côté du bâtiment. Il y avait des toilettes derrière elle, ainsi qu’une série de petits casiers tous ouvert et quasi vidé. L’intérieur de l’un d’eux portait tout une série de chiffon propre bien que poussiéreux, pliés sur une étagère, lui permettant de jeter son dévolu sur l’un d’eux après l’avoir secoué pour remplacer le papier un peu trop absorbant et pas assez jugulant. Elle enroula son avant-bras blessé comme elle put, avec sa main gauche, nouant deux des extrémités avec l’aide de ses dents. Question prise de risque inutile, elle venait de faire fort.

Elle secoua la tête, se demandant ce qui clochait chez elle pour ne pas avoir été assez lucide dans cette dernière action alors qu’accoutumé, elle était plus posée et réfléchie. Elle avait tellement voulu sortir quelque chose de cette maudite pharmacie d’assez pertinent pour le groupe, pour ne pas être aussi inutile que cette dernière semaine l’avait laissé paraître au Perchoir, qu’elle s’était montré imprudente. Le bandage de fortune bien en place, elle jeta un coup d’œil par la porte franchie côté pharmacie pour attester de l’absence de quiconque. Les lieux étaient bel et bien désert, auquel cas, quelqu’un aurait déjà profité de la situation pour lui tomber dessus. Cet instant de flottement permis à son esprit de repartir sur les chapeaux de roue, sa main droite légèrement tremblante plongeant dans sa poche pour en sortir la petite boite qu’elle y avait précédemment glissé. Maintenant qu’elle y était, elle pouvait bien prendre une petite minute supplémentaire pour enterrer une bonne fois pour toute ces angoisses qui lui perturbait un peu trop les pensées et qui de fils en aiguilles la poussait à adopter un comportement qui ne lui ressemblait pas.

C’était bien la première fois qu’elle utilisait l’un de ses engins, et à l’ouverture, elle se trouva bien décontenancé lorsqu’elle constata qu’une partie électronique était intégrée à la chose. D’un clignement d’yeux, elle déplia la notice d’utilisation schématisée qui l’informa un peu plus sur la marche à suivre, même s’ils semblaient conseillé une utilisation matinale pour une raison qui échappait à sa logique profane, elle ne pouvait plus faire marche arrière maintenant qu’elle l’avait décidé. Elle en rirait sans doute plus tard, mais pour le moment, elle devait se débarrasser de tout ça.

C’est à ce moment qu’elle fut surprise par l’alarme stridente et sonore d’un véhicule. Cela ne lui prit que quelques petites minutes supplémentaires pour se revêtir dans la précipitation, ressortant de la pièce en réajustant ses vêtements à sa taille, le bâtonnet en plastique encapuchonné en main demandant un temps supplémentaire pour laisser au réactif de donner le résultat. Un résultat qui, selon la notice, lui apparaîtrait en toute lettre sur l’écran digital avec même en cas de positif, l’estimation du temps. Prise de panique à l’idée que quelque chose ce soit passé tandis qu’elle avait pris patiemment son temps dans la pharmacie, elle fourra le test dans sa poche gauche, agrippa son fusil et se précipita vers l’extérieur. Le temps de franchir la distance jusqu’aux vitres brisées, Elizabeth ne trouva aucune trace de James aux côtés de leur véhicule ni ailleurs et une inspection d’horizon lui permis de saisir l’origine du bruit ahurissant. La voiture plus loin dans la rue sur sa gauche avait ses warning enclenchés. En s’y attardant d’ailleurs, elle crut percevoir un mouvement à l’extérieur, derrière le capot ouvert sans en être persuadée pour autant. Le cœur battant au rythme du chaos frénétique ambiant, son regard circulait d’horizon jusqu’à ce que la silhouette de James ne finisse par apparaître tandis qu'il reculait pour prendre de la distance. Avec empressement, elle fit à peine quelques pas dans sa direction avant d’être arrêté dans son élan par la voix impérieuse de son compagnon, la forçant à faire machine arrière non sans une certaine réticente.

A coup sûr, le bruit allait rameuter tous les morts de la ville, un peu comme l’avait fait l’alarme du centre commercial d’ailleurs et qui les avait coincé plusieurs jours sur son toit. Ici, ils auraient sans aucun doute moins de chance de trouver un abris tel que celui-ci pour passer le temps. Ils devaient déguerpir avant l’arrivée des morts. Elle courut à pas très rapide à l’intérieur de la boutique, retournant jusqu’à proximité du sac de course abandonné, s’en emparant avec empressement de la main gauche, le bras droit lui causant toujours une aussi grande douleur qui la forçait à lâcher prise sur son arme beaucoup trop régulièrement, le bout de son canon pendant mollement vers le sol plutôt que vers l’avant, avant de revenir sur ses pas du côté des vitrines explosées. Elle resta néanmoins sur le pas de la porte, jetant un coup d’œil aux alentours. L’alarme s’était tut entre temps, mais le mal était déjà fait et bien vite, les premiers rôdeurs faisaient irruption dans les parages. Avec une blessure pareille, elle n’était pas sûre de pouvoir donner tout ce qu’elle pouvait en cas de nécessité. Sa main tremblante, la force de son bras l’ayant presque quitté, assez chargée, ils devaient partir au plus vite et ne pas prendre de risque s’ils voulaient s’en sortir.

«  James ! » L’interpella-t-elle en s’avançant vers la rue.

Elle n’avait pas besoin de préciser davantage, son ton pressant suffisamment évocateur pour lui attester de la suite des événements. Le tissu sur son bras s'était teint d'un légère auréole rougeâtre. Ils devaient rentrer au plus vite. A l’intérieur de sa poche, le test devait sans doute avoir déjà donné son résultat, mais bien trop perturbée par la suite, elle l’avait complètement oublié.

James F. Everett

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Invité
Mar 21 Fév - 13:53
Son arme dressée vers la créature qui s'approchait à grands pas, illustrant une fois de plus l'élan redoublée des rôdeurs à la vue d'une proie, il pressa la détente et le coup parti avec le même puissant recul, ne mit qu'une fraction de seconde à atteindre sa cible et lui perfora la mâchoire, trouant probablement sa gencive et son conduit nasal pour atteindre les connexions nerveuses que le déchirement stoppa net. Le corps s'effondra sur le bitume comme une marionnette à qui on avait coupé soudainement les fils, cette volonté démoniaque la quittant instantanément.

Il n'eut guère le temps de profiter de ce tir réussi qu'il fut attiré par le grognement résonnant d'un autre rôdeur, qu'il vit littéralement chuter : cette silhouette qu'il avait aperçu au second étage, avait eu la stupide idée de rejoindre l'alarme et le fautif par le chemin le plus court, soit la fenêtre et c'est évidemment le vide qui l'accueillit, la chute se terminant par un bruit immonde de craquements dus aux os qui se brisaient fatalement. Cette bête n'était pas morte, mais son corps n'était pas prêt de lui répondre à nouveau et le chirurgien s'en contentait, se lançant au pas de course dans la direction de la pharmacie, c'est en passant devant la voiture - objet de l'intensité des moments précédents - qu'il constatait qu'il était parvenu à sectionner à plusieurs endroits les fils de la batterie grâce à sa rafale et que les balles avaient terminé leur parcours dans la carcasse du véhicule, effleurant seulement ladite batterie qui présentait une vilaine entaille sur son dessus.

Il avait eu de la chance dans sa malchance, mais cette dernière avait largement pris le pas à la vue des dizaines de silhouettes qui apparaissaient jusque très loin face à lui, depuis le fond opposé de la rue à une centaine de mètres et par la rue voisine à sa droite à quelques dizaines de mètres à peine. Le terme cafard avait été bien trouvé, ces choses avaient l'insupportable don de se planquer jusqu'au moment opportun pour apparaître tels des insectes énormes, sauvages et hautement dangereux depuis des recoins insoupçonnés, mais ce n'était pas aussi alarmant que l'attroupement de rôdeurs qui arrivait depuis leur gauche, parcelle de laquelle ils étaient eux-mêmes arrivés en voiture. Ces menaces s'avéraient beaucoup plus proches puisqu'une bonne douzaine d'entre eux n'étaient déjà qu'à quelques pas de la voiture.

La question de leur rapide intervention avait de quoi estomaquer, mais il songea au fait que leur arrivée avait été loin d'être discrète et que ces rôdeurs-là devaient les suivre depuis plus longtemps, un désavantage à leur véhicule qu'il serait bon de considérer avec plus d'attention à l'avenir et ce n'est pas ces multiples visages cadavériques et craquelés d'une peau sanguinolente qui  allaient dire le contraire. Son taux de stress remonta en flèche et il pressa sa course jusqu'à rejoindre Elizabeth qui l'avait interpellé, posant un regard pressant et oppressant malgré lui qui joignit également un ton on ne peut plus impératif et alarmiste - pour rester sur le même thème.

« Il faut se dépêcher ! Grimpe à l'arrière par la portière ouverte, je m'occupe d'eux ! »

Nul besoin de préciser de qui il parlait, ces zombies avaient imposé leur présence en entamant le contournement grossier de la voiture qu'il rasaient et bousculaient. James ne s'était pas arrêté dans sa course et devançait ainsi Elizabeth en contemplant ces éclaireurs qui envahissaient leur moyen de fuite. Son fusil demeuré empoigné, il visa ceux proches de la portière destinée à sa dulcinée et lança une rafale sans retenue qui hurla plus qu'il n'en fallait, criblant de balles le cou, le visage et le crâne des trois rôdeurs qui s'effondrèrent l'un après l'autre, laissant le reste des projectiles poursuive leur course dans le décor des bâtiments à l'arrière. Un éclatement caractéristique, bien qu'éloigné, suggéra qu'une vitre avait brisé, laquelle n'importait pas et il n'en saurait rien car trop accaparé par l'une des têtes qui avait pratiquement explosée en morceaux après son assaut.

Le chemin dégagé pour sa compagne, il bascula le canon vers les créatures qui passait à coté du capot ou la bordaient encore par le flanc et tira une nouvelle rafale plus longue et plus marquée, faisant aller et venir le canon de gauche à droite pour arroser tout le groupe. Il ressentit d'autant plus la puissance de l'arme arracher son ouïe à lui en faire plisser les yeux et grimacer sous le coup, vibrer dans tout son corps et secouer ses bras qui contractèrent tous ses muscles férocement pour maintenir sa ligne de tir stable.

Quand il s'arrêta enfin, les multiples corps qui s'effondraient ou s'étaient déjà effondrés entre-temps donnèrent l'impression d'un véritable carnage, le capot avait vu de lourdes gerbes de sang l'éclabousser fortement et même le pare-brise n'avait pas été épargné, parsemé de matières organiques projetées. Certains des corps, pour achever l'abomination, glissèrent le long du flanc ou du capot de la voiture afin de la recouvrir davantage de leur purulence. La voiture était dégagée et accessible, mais le temps leur était compté car les râles et les grondements grossissaient de résonance dans les rues, stimulés par les coups de feu répétés qui mirent James à la place délicate de ceux qui avaient exploré cette rue auparavant, et ajoutait au chaos de ce décor apocalyptique de nouveaux corps et de nouvelles destructions et impacts qui aggravaient son image.

A peine cette mise à mort terminée, il se tourna vers Elizabeth en tendant un bras vers elle en appel pour s'assurer qu'elle se pressait à la voiture et il la laissa passer devant lui pour mieux la suivre de près, gagnant le coté conducteur dont il ouvrit la portière avec empressement et s'installait fissa sur le siège en balançant son fusil sur celui passager. Il commença par refermer le tout et verrouiller le véhicule qui les protégeaient maintenant de tout surgissement bestial d'autres créatures, puis tourna sèchement la clé de voiture restée accrochée au démarreur. Ses gestes étaient beaucoup moins maîtrisés qu'au départ du Perchoir, ainsi l'adrénaline et l'urgence aimaient se jouer des hommes, néanmoins il parvint rapidement à démarrer et enclencher la marche arrière qu'il engageait, faisant fi des corps sur lesquels leur habitacle de métal grimpait et écrasait en provoquant des secousses tout autour d'eux.

Cette fois c'était les roues qui étaient garnies de matières repoussantes, ce qui promettait un bien pénible exercice de nettoyage. Dès que leur transport avait rejoint le centre de l'intersection, voyant dans son sillage et son entourage les hordes s'amasser et grouiller de plus en plus, James changea de vitesse et accéléra brusquement avec une main sur le volant, poussant la voiture en avant qui ne tardait pas à grimper en vitesse. Droit devant elle, des obstacles de chair pourri et de sang coagulé se présentaient avec une totale absence de crainte d'être écrasés, déterminés à leur barrer la route, mais il ne freina pas.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Mar 21 Fév - 17:09
Elle s’avança un peu plus vers la route, enjambant à nouveau le lampadaire tandis que James la rejoignait au pas de course finissant par lui sommer de rejoindre le véhicule tout en la devançant. Les coups de feu ne tardèrent pas à se faire entendre, le canon de l’arme de James sifflant en de brèves rafales, Elizabeth se tint légèrement en retrait en attendant que le chemin soit dégagé. Derrière eux, dans un coup d’œil d’horizon pour prévenir toute arrivée sournoise, elle perçu immédiatement trois silhouettes déborder un des côtés de la pharmacie et une supplémentaire de l’autre. Même si peu nombreux en comparaison du nombre qui avait déjà atteint leur véhicule et gênait rapidement leur repli, ils étaient suffisamment proche pour être considéré comme une menace plus ou moins imminente, surtout qu’ils semblaient particulièrement vif pour au moins deux d’entre eux. Sans doute des individus récemment tombés sous les crocs de ces nouveaux prédateurs.

Se pressant non loin du médecin pour le laisser dans son dos et ainsi assurer ses propres arrières alors qu’il tirait à plusieurs reprises, elle déposa le sac de course à terre et agrippa l’avant de son fusil avec sa main gauche pour le soulever, compensant le poids de l’arme de cette main, l’autre bien trop blessée pour parvenir à la manœuvre. Elle n’hésita pourtant guère plus de quelques secondes avant de presser la détente, prenant d’abord le mort solitaire qui apparaissait à son jugement bien plus près que les autres, tirant une première salve, le bruit atténué par le silencieux vissé au bout du canon, dont au moins deux des ogives percutèrent son poitrail décharné. Si le tir n’avait pas atteint avec précision sa cible au niveau de la tête, le pouvoir d’arrêt de l’arme permis toutefois de le faire vaciller puis basculer en arrière, retardant de ce fait son arrivé sur eux, car nul doute qu'il allait se relever. C’était tout ce qui lui fallait, retarder les assaillants en attendant le signal de son compagnon. Le tir n’avait pourtant pas été aussi simple que son résultat, son épaule avait également encaissé le recul de l’arme mettant légèrement au supplice sa blessure qui lui provoqua un grognement de douleur, engourdissant ses muscles.

Lorsqu’elle déporta son arme sur sa gauche, la nouvelle salve qu’elle tira manqua sa cible, les impacts trouant le mur en briques de la boutique par de nouveaux éclats en plus de ceux qui s’étaient déjà logés dedans la semaine passée. Elle prit un très court instant pour respirer, les doigts de sa main droite se déliant rapidement pour presser à nouveau la détente. Si le tir qui suivit n’atteint à nouveau pas avec précision sa cible, passant à travers sa carcasse en la forçant à basculer en arrière, les deux dernières créatures, toutes proches l’une de l’autre, virent leur boite crânienne enfin voler en éclat, réduisant définitivement leur état cadavérique à la simple condition de mort en une seule pression de gâchette. Sans prendre la peine de se satisfaire de ce tir qui relevait plus de la chance que de la performance, surtout au regard de la stabilité de son bras, elle attrapa de nouveau le sac de course, percevant le geste que venait de lui faire James pour l’inciter à rejoindre enfin leur carcasse métallique roulante repeinte aux couleurs de l'époque. Bondissant par petit pas au-dessus des corps qui jonchaient le sol, aussi récent que plus ancien, prenant garde de ne pas glisser, elle finit par atteindre tant bien que mal l’arrière de la voiture, s’engouffrant par la portière laissée ouverte qui n’attendait que son arrivé. Le sac, l’arme, l’ensemble fut jeté sur le côté de la banquette pour se débarrasser de ces emports plus que gênant, la portière claquant dans un bruit assez sec, refermant l’accès aux morts qui auraient voulu s’y engouffrer.

James ne tarda pas à rejoindre le siège conducteur, démarrant très vite sur les chapeaux de roue, la voiture patinant, tressautant par moment suivant la matière sur laquelle les pneus adhéraient, ils finirent par retrouver l’allée principale et filer dans l’avenue pour rentrer au bercail. Pendant ce temps, légèrement malmenée, Elizabeth avait tenu à se débarrasser de son sac à dos pour le jeter avec le reste des affaires sur le siège à ses côtés, attachant sa ceinture en mauvais souvenir d’une conduite plus que sportive. Elle prenait enfin le temps de souffler, pivotant la tête vers la lucarne arrière pour voir les silhouettes rétrécirent à mesure qu’ils déguerpissaient des lieux. Le secteur serait sans aucun doute à éviter pendant de nombreux jours, bien qu’elle n’était pas certaine que leur gain en vaille le coup. Ils avaient risqué leur vie parce qu’elle avait pris son temps au lieu de se montrer aussi efficace qu’elle l’avait promis, et tout ça pourquoi ? A peine quelques médicaments, un fusil et deux pairs de lunette. Il n’y avait vraiment pas de quoi bondir au plafond.

Tandis que le véhicule amorçait la route de campagne après avoir bifurqué sur la gauche, l’ex-psy se souvint du test glissé dans la poche de son pantalon. Son regard se leva vers le rétroviseur dans un silence imposant, n’osant pas y toucher, plongeant ses yeux dans ceux de James, une certaine appréhension très perceptible sur ses traits. Elle attendrait d’être seule pour y jeter un œil, il était totalement impensable pour elle de passer pour une idiote à ses yeux.


[Fin du jeu]

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 21 Fév - 18:36


Excursion Validée

Récompense(s) :

James et Elizabeth ont trouvé : Pack d'anti-poisons, Sac de course, Ration de nourriture périmée x2, Dose d'antidouleur, Drogue douce x2, Remington model 870 Wingmaster.

Conséquence(s) :
Elizabeth reçoit une blessure légère au bras, qui nécessitera des soins basiques.

Vous avez consommé :

Est retirée une utilisation (consommation) sur la Chrysler 200 (1 utilisation restante).

Les Scénaristes
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