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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Elle et lui - 11/04/35
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James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 24 Fév - 17:40
Interprété par James Everett et Elizabeth Evans.


Affalé sur le siège conducteur, les mains mollassonnes sur le volant, James avait la tête posée contre le dossier et regardait par intervalle la route et le rétroviseur principal, scrutant tout ce qui pouvait les surprendre et qui viendrait de la terre comme des airs, une idée un peu borderline mais tant qu'à faire, il avait du mal à relâcher la tension accumulée par leur départ tonitruant de la pharmacie et la conduite sportive qu'il avait engagé. C'était encore vivace dans son esprit, le spectacle violent du pare-choc percutant les rôdeurs sur leur passage, le volant lancé à droite et à gauche au besoin dans une avancée en zigzag chaotique, ils avaient manqué de peu de connaître le sort du type de l'avion. Grâce au ciel, ils s'en sortaient saufs.

C'était cependant terminé, ils roulaient sur la route de terre à travers la plaine, à distance de la forêt à leur droite dans ce sens et en direction du Perchoir. Un long souffle s'échappa des lèvres de l'homme, qui était resté silencieux, concentré à manœuvrer - certes sans trop de difficulté maintenant - la voiture jusqu'au camp. Quand enfin ils arrivèrent à l'intersection qui donnait vers les seules structures de la zone, soit la caserne, il se détendit un peu plus et finit par décélérer en grimpant sur tarmac en quelque sorte, de leur foyer. A même le béton, la conduite était plus agréable mais elle fut des plus courtes et ils entrèrent le plus facilement du monde dans le hangar. A l'intérieur, James braqua quelque peu le volant sur la gauche pour aller garer la Chrysler le long d'une alcôve, évitant de fait de la laisser en plein milieu de l'accès par besoin pratique et habitude.

A ce moment-là, il se rendit compte qu'il avait chaud, fenêtres fermées et sous la température positive de cette journée d'Avril, qui plus est avec la veste qu'il portait. Il coupa le moteur et saisit la poignée pour ouvrir la portière qu'il poussa en grand, sans pour autant sortir. L'ex-chirurgien resta ancré au siège bien au contraire et se tourna vers Elizabeth, à qui il sourit au rythme de longues et calmes respirations, comme s'il achevait un moment de sport intense, résultant du stress et de la tension de leur petite épopée sans grande prétention dans le contexte actuel, disons.

Il était content de les savoir en sécurité à présent et qu'elle surtout, soit à l'abri du danger. Son sourire faiblit en revanche quand il baissa les yeux vers sa blessure au bras et ses mains s'empressèrent de venir enlacer doucement celui-ci en comptant sur la confiance de sa dulcinée pour le laisser faire. Si, et il n'y avait pas de raison, elle le laissait faire, il pourrait délicatement retirer le bandage ensanglanté, tour par tour, jusqu'à libérer la plaie qui n'était pas gravissime, même si moche à voir et susceptible de s'infecter.

« Je vais te soigner, tu vas voir, ce vilain bobo va disparaître dans quelques instants comme par magie. » Lui dit-il avec un air un peu enfantin, qui n'avait rien de péjoratif au contraire, il en était lui-même amusé en la regardant dans les yeux. Il fallait dire qu'il avait un ton particulier avec elle, qu'il ne donnait à personne d'autre, doux et amusé.

On ne pouvait pas dire qu'il plaisantait beaucoup avec qui que ce soit dans le groupe, et même depuis son retour à la vie, mais avec Elizabeth particulièrement, que ce soit parce qu'il était à l'aise, parce qu'il en avait besoin ou parce qu'il pensait qu'elle en avait besoin, les deux, il se sentait l'envie de plaisanter et alléger les choses.

Une main vint passer au-dessus pour se rapprocher, paume ouverte, de la plaie qu'il frôlait presque sans la toucher. Il ferma les yeux et resta calme, se concentrant sur ses pensées et sa volonté assurée de faire disparaître cette plaie et le mal qu'elle engendrait, comme une infection qui gangrenait et dont il possédait l'arme ultime afin de l'éradiquer. Les muscles de sa main aux doigts dressés comme des piques se tendirent, mis à contribution de ce phénomène inexplicable, jusqu'à ce qu'il ressente cette impulsion familière. Une décharge, une secousse électrique et force invisible, qui le frappait de plein fouet et parcourrait son corps d'un bout à l'autre jusqu'à trouver son paroxysme dans son crâne qu'il sentait s'enivrer, comme si l'énergie qui le touchait redonnait vie à son cerveau et ses connexions pour lui offrir l'accès à une source d'énergie supérieure et toute de doré vêtue, dont il ne comprenait pas l'origine mais qu'il avait appris à aimer, ce plan parallèle à la réalité tangible qui était le sien.

Cette extraordinaire secousse électrique parcourant son corps vint se concentrer dans sa main, clairement visible pour Elizabeth à présent et entrait en contact avec la peau et la chair qu'il frôlait. Pour elle, il n'y avait aucune douleur, ce n'était pas même irritant ou chatouillant, c'était au contraire intensément doux, une véritable injection de la plus pure morphine sans effet secondaire qui faisait disparaître la douleur et lui donnait l'impression qu'un baume divin était venu soulager son bras et son corps dans son ensemble d'une même et extrême bienveillance. Plus encore, une sorte de connexion énergétique et spirituelle forte s'était créée entre James et elle, l'espace de quelques instants.

La main de James se mit à trembler, de plus en plus fort, ses poils se hérissant et une colonie de fourmis très familière semblait traverser son bras et chatouiller ses os. Puis, tout aussi brutalement, la connexion se brisa et l'énergie se dissipa, comme si elle avait implosé. Une même description, un même ressenti, un même pouvoir pour des effets sensiblement différents et il pouvait qu'en constater le résultat comme à chaque fois. Il avait perçu l'espace de sa connexion avec elle sa chair se reconstituer, son sang affluer et sa peau se refermer, aussi rapidement que sûrement. Quand il rouvrit les yeux, il ne sentit aucune migraine, pas le moindre effet secondaire pour l'accabler. Si cette sensation de contrepartie douloureuse avait diminué à force de pratique, aujourd'hui, elle semblait avoir complètement disparu et il ne s'était même pas senti perturbé ou désarçonné : il avait atteint la symbiose d'avec son don mystérieux et se sentait bien à présent, même mieux qu'avant de l'avoir utilisé.

Il retira lentement sa main et son regard, tout à fait serein qu'il n'en était pas tout à fait le cas quelques instants plus tôt, constatait que la plaie avait entièrement disparu, sans laisser la moindre cicatrice, ou même la moindre trace. Le soigneur en avait plaisanté mais au final, c'était cela : il avait fait disparaître sa blessure, comme par magie, une magie avec laquelle il était maintenant en paix et qu'il embrassait bien volontiers, sans plus se soucier du prix qu'il serait contraint de payer un jour, peut-être, si tant est qu'un tel prix existait bien. Un soufflement de ses narines, comme un rire intériorisé mais un sourire bien réel, puis il fit tourner quelque peu le bras d'Elizabeth de sa main qui le tenait encore, pour le contempler avec une grande satisfaction.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Sam 25 Fév - 22:53
Affalée sur la banquette arrière, Elizabeth se sentit prise brusquement d’une lourde fatigue, le véhicule cahotant doucement sur le chemin de terre, berçant presque la femme dont la tête reposait sur la vitre à sa gauche. Elle gardait le silence, les yeux ouverts, fixé sur le tissu du siège qui lui faisait face, luttant pour ne pas sombrer dans un sommeil rapide. Elle se tenait le bras droit avec sa main gauche, bien que la douleur se fût peu à peu atténuée, elle évitait au maximum de bouger ce dernier car le moindre mouvement rappelait à son bon souvenir cette blessure idiote.
Elle se sentait en sécurité maintenant qu’ils avaient quitté les rues bondées, un sentiment qui gagnait à s’accroître à mesure qu’ils se rapprochaient du Perchoir. Bien vite, le véhicule fini par s’engager sur l’asphalte du parking, ralentissant l’allure pour manœuvrer sans trop de difficulté vers la porte de garage avant de trouver place dans une des nombreuses alvéoles de ce grand espace. Dès que le moteur fut arrêté, la tempe de la brune se décolla de la vitre avec une lenteur extrême, accusant le coup de la fatigue comme si elle s’était réveillée en pleine nuit sans avoir atteint son quota de repos.

Ses doigts se tendirent vers la ceinture pour s’en détacher alors que James ouvrait sa portière, préférant finalement se retourner vers elle plutôt que de s’extraire de la Chrysler. Elle échangea avec lui un sourire silencieux, se rappelant alors que pas plus tard qu’une heure avant, ce lieu même avait connu une étreinte très loin d’être chaste. Ses pommettes rougirent à cette pensée d’ailleurs jusqu’à ce que son regard ne découvre finalement la blessure qu’elle portait au bras. Dans l’empressement, elle chercha immédiatement à se justifier, bégayant presque quelques mots alors qu’il prenait son bras avec une infime délicatesse, s’étant sans doute contorsionné légèrement pour cela.

« C’est rien, juste une égratignure. J’ai été imprudente. »

Mais aussitôt, le calme reprenait le dessus sur les gestes et la voix du médecin qui l’incitait à l’apaisement. A sa phrase, elle était partagée entre l’amusement, expression première qui traversa ses pensées et une idée plus extrapolée qui sournoisement s’immisçait dans son esprit. James avait-il eu des enfants ? Avait-il été marié ? Pour elle, la réponse était davantage une évidence qu’une part d’ombre car elle doutait qu’un homme tel que lui et de son âge n’ai pris le temps de se poser, de fonder un foyer.

Ses doigts frôlaient son bras, une chaleur diffuse s’échappant du quasi-contact pour s’insinuer à travers sa peau. Ce n’était pas la première fois qu’il exerçait son don sur elle et elle commençait à ne plus craindre quoique ce soit à ce propos. Après tout, que pouvait-il bien y faire ? Cette chose était en eux, cette particularité faisait partit du packaging avec la résurrection et toute cette histoire. Si en faire usage leur permettait de survivre un peu plus sur ce monde, alors ça en valait sans doute la peine. Elle ferma les yeux, laissant cette onde chaleureuse jusqu’à toucher son âme, accueillant cette présence étrangère un peu comme elle le faisait lors de leurs étreintes, avec douceur et acceptation.

Et puis tout s’arrêta, brutalement, brusquement, poussant Elizabeth à pousser un léger grondement de protestation, désirant plus qu’il ne venait de lui offrir. Elle ouvrit les yeux, constatant la disparition de l’épaisse entaille qui avait déchiré son avant-bras sur une bonne partie de sa longueur, retrouvant une peau neuve, sans la moindre cicatrice. Cela lui rappelait ses propres blessures à son réveil sur cette station-service, qui avait disparue autant les récentes que les anciennes. Il y avait assurément un lien, mais toute logique lui échappait encore.
Redressant son regard, ses yeux se reportèrent sur l’homme et toute la peine du monde réapparu sur ses traits. D’une voix légèrement hésitante, le sourire un peu bancal, gênée, elle se lança, peu sûre d’elle.

« Est-ce que tu as… tu as déjà été marié ? Avant tout ça… tu as déjà eu des enfants ? »

Elle craignait que sa question ne gêne, ou pire, ne ravive d’ancienne douleur, mais c’était sans doute plus fort qu’elle, elle voulait à tout prix savoir. Savoir s’il continuait à vivre en gardant en mémoire une autre femme qui avait partagé longuement ses bras, son cœur et sa raison. Savoir s’il vivrait avec la peine de ces pertes s’il en avait, savoir comment elle devait réagir si jamais le test qui restait résolument caché dans sa poche était positif. Et si c’était le cas ? Et si ses doutes avaient une part de vérité ? Que ferait-elle ? Elle n’y avait même pas pensé, trop ancré dans l’instant présent et l’irrationalité de ses idées pour imaginer plus loin que cela.
Elle n’avait qu’à prendre ce bâtonner en plastique et regarder. C’était là, presque sous ses yeux, et sa main gauche tremblait d’ailleurs sur sa cuisse à l’idée de s’en saisir et de régler une bonne fois pour toute la question, mais elle n’y parvenait pas. Au lieu de cela, ses yeux bruns restaient continuellement plantés dans ceux de son compagnon une certaine détresse lui déchirant l’âme et pas seulement à cause de l’appréhension de la réponse.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 28 Fév - 16:55
Quand Elizabeth reporta son regard sur lui, il ne réagit pas tout de suite, vérifiant tout de même avec attention que rien n'avait marqué son bras comme il l'espérait et c'est au moment où il finissait par la lâcher, qu'il entendit cette question pour le moins... inattendue.

Surpris et sincère, James leva les sourcils et le regard qui rejoignait celui de sa belle, découvrant son sourire gêné et l'hésitation qui l'avait envahi quand elle s'était lancée. Il resta hébété quelques courts instants, puis il s'installa de profil à sa compagne, retrouvant un minimum de confort car il n'avait pas été des plus aisés de se tordre pour pouvoir interagir avec elle qui campait à l'arrière de la voiture, et vint croiser les doigts tout en gardant les paumes éloignées. Ses yeux couraient le long du siège voisin, il réfléchissait à cette question qu'elle venait de lui posait et poursuivait ainsi son silence, non qu'il ai besoin de se questionner lui-même pour s'en souvenir, il s'en souvenait trop bien, mais plutôt qu'il réfléchissait aux raisons de sa réponse et ce qu'il pouvait bien lui dire à la suite.

Une réponse courte et simple aurait été déplacée, si elle le lui demandait, c'était pour en savoir plus à son sujet comme ils l'avaient commencé près de la ville et c'est pourquoi il voulait être totalement franc avec elle, sans pour autant éviter de veiller à la formulation de cette réponse.

« Eh bien, non. » Commençait-il en toute clarté, ses yeux baissés sur ses mains qu'il triturait, les doigts toujours croisés, il ne semblait pas vraiment à l'aise à l'évocation de cette partie de son passé, dont il n'était pas très fier. « Je crois qu'à un moment donné, il y a des années de ça, j'ai songé à fonder une famille mais ça n'est jamais arrivé, je n'ai même pas essayé. En fait, pour tout te dire, j'ai pas eu énormément de relations et disons que... la plus solide d'entre elles, enfin celle qui a duré le plus longtemps et sans doute la seule qui ai vraiment duré un moment, j'étais avec une fille assez spéciale, pas dans le bon sens du terme. »

Se confier ainsi à son amour actuel sur ses relations passées n'était pas vraiment le genre de chose qui le mettait à l'aise, bien au contraire, il était très gêné d'aborder le sujet et il ne serait pas difficile pour Elizabeth de s'en rendre compte, aussi talentueuse qu'elle était sur ce sujet, il n'avait aucune capacité de le cacher et c'est en plissant les lèvres qu'il fit une pause dans son explication. Rester sur ce début de réponse n'était pas convenable, puisqu'il répondait concrètement et plus longuement à cela, elle méritait qu'il lui dise les choses vraiment et complètement.

« Avant toi, je n'ai jamais réussi à m'attacher sincèrement à une fille, j'ai bien été amoureux quand j'étais un jeune homme mais ça restait de la passion de jeunesse, qui n'a pas vraiment de fond ni vocation de durer. Et cette fille, avec qui j'ai été un moment - j'avais à peine vingt ans quand je l'ai rencontré, je n'ai jamais songé à aller plus loin et ça aurait été une grosse erreur de toute façon. J'avais beaucoup d'affection pour elle mais, elle était trop... chaotique. Elle avait le don d'être charmeuse, vraiment très charmeuse, elle savait choisir les mots et se faire aimer, se faire plaindre aussi. C'était une fille qui n'avait pas eu un passé facile, enfin c'est ce qu'elle disait mais je n'ai jamais vraiment été sûr de ce qui était vrai et ce qui était faux, elle mentait souvent.

Elle adorait séduire et attirer l'attention, mais elle avait beaucoup de colère, de rancoeur et un besoin viscéral d'être le centre d'attention justement. Au début, fatalement, je n'ai rien vu, je l'ai prise comme elle se présentait : une fille fragile qui avait souffert et qui demandait beaucoup d'affection et de dévouement. Elle feintait beaucoup de choses, notamment la passion mais au fond, elle était frustrée, vaniteuse et très égoïste. La vérité, et je m'en suis rendu compte qu'après deux ans, c'est qu'elle me tournait en bourrique, elle tournait tout le monde en bourrique, c'était une narcissique refoulée, un peu perverse sur les bords et manipulatrice. Elle se jouait des autres, surtout de moi à cette époque, elle se fichait de moi en se comportant de façon... bordeline on va dire, faisait dans la provocation et elle trouvait toujours le moyen de se faire plaindre ou de me convaincre en utilisant son fichu charme alors qu'elle était en tort.

Elle voulait tellement se prouver des choses, à elle-même, se prouver qu'elle existait à travers les autres, en ayant du pouvoir sur eux, qu'elle agissait de façon insensée le plus souvent, elle se moquait des conséquences et passait son temps à faire semblant de réparer les pots cassés, bien sûr en trouvant toujours le moyen de se placer en victime. J'avais beau essayer de la faire avancer, me ruiner la santé et le moral à essayer de l'aider en pensant vraiment qu'elle était en souffrance mais elle ruinait toujours tout, elle se complaisait dans ce besoin de problèmes et de souffrance à jouer et à ravager ceux qui avaient le malheur de se prendre à son jeu, à détruire tout ce qu'elle touchait parce qu'elle cherchait désespérément une passion dévorante digne d'un film hollywoodien, pour avoir le sentiment d'exister, c'était une fille très perturbée. Elle se complaisait dans sa souffrance, elle la nourrissait et la répandait en permanence, elle ne pouvait pas rester tranquille, en paix, non, elle ne connaissait que ça alors elle en abusait et elle abusait les autres.

Le pire, ce qui m'insupporte le plus avec le recul, c'est qu'elle faisait comme si elle s'en rendait compte mais qu'elle était victime d'elle-même, qu'elle n'y pouvait rien à son attitude, que ça venait d'elle, de ce qu'elle avait vécu et qui l'a traumatisé, mais qu'elle n'arrivait pas à surmonter malgré ses efforts. Combien de fois elle m'a sorti qu'elle n'était pas assez bien pour moi, trop compliquée, trop dangereuse pour mon avenir, que ce serait mieux qu'elle s'éloigne ou que je m'éloigne pour mon bien, on a du se séparer et se remettre ensemble trois ou quatre fois. Bien sûr, ça ne lui est jamais venu en tête de faire le moindre réel effort, de chercher à se prendre en mains ou changer sa façon d'être, s'affronter non, ça demandait trop de réels efforts tiens et une remise en question qu'elle n'envisageait pas.

Et moi, crétin amoureux que j'étais, je me crevais les yeux tellement j'étais aveugle, je lui trouvais des raisons ou je me laissais berner par les siennes et je revenais à chaque fois en croyant dur comme fer que l'on avait besoin l'un de l'autre. Je me suis même persuadé que je ne pouvait pas me passer d'elle malgré qu'elle soit un poison.


Il se mit à rire légèrement, un peu moqueur, vis à vis de lui-même.

« Que j'étais stupide. J'ai finis par ouvrir les yeux, alléluia, et comprendre qu'elle me trompait depuis le début et que durant nos séparations passagères elle n'était pas vraiment restée seule et triste. Quelle claque. J'avais été un pantin parmi d'autre, dans son jeu sadique où elle voulait à tout prix se donner de l'importance et de l'intérêt, se convaincre qu'elle était importante, elle qui ne supportait pas une seconde l'impression d'être déconsidérée. Un complexe d'infériorité qui créait chez elle un complexe de supériorité, sacrément plaquée comme fille à en reparler. Tu sais ce qu'elle m'a dit à notre dernière discussion ? On ne s'était pas vu depuis trois mois et elle m'a avoué qu'elle avait couché avec un autre type, plusieurs fois, parce qu'elle en avait eu besoin.

Elle a bien essayé de se faire plaindre, mais elle a finit par me balancer droit dans les yeux et avec bien peu de honte qu'elle était juste une coureuse de pantalons, qu'elle était comme ça et qu'il fallait l'accepter ou rien. On va le dire, une belle garce. Je me suis tiré, pas sans dommages évidemment et finalement, je n'ai plus jamais eu de relation stable. Je pensais que c'était du flan tout ça, que le bonheur ne valait pas grand chose, parce que c'était ça, une gangrène et une mascarade qui cache une mauvaise blague. Et puis j'ai de plus en plus voyagé, je me suis impliqué à fond dans mon job, à l'étranger et je n'avais pas de place pour quoi que ce soit d'autre. Quand j'ai finis par quitter l'armée, j'étais une épave, alors songer à une relation c'était à des kilomètres de mes idées.

Mais maintenant il y a toi. »


Son regard revint à Elizabeth et tout en pressant ses mains l'une contre l'autre, il lui sourit tendrement avec un air passablement ironique.

« Et même si c'est la fin du monde, j'ai l'impression de connaître pour la première fois quelque chose qui s'en rapproche. C'est ironique, un peu triste en un sens, drôle quand on change de point de vue. Mais je ne me pose plus de question, tu es là et je me sens bien, j'ai confiance, c'est tout. Tant que c'est le cas, que l'on reste ensemble, tout me va. »

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Ven 3 Mar - 16:57
Le silence qui suivit ce long monologue fut sans doute plus gênant encore que l’état dans lequel Elizabeth s’était retrouvé face à un James bien plus bavard que prévu car elle ne s’était pas attendu à ce que la question soit abordée en ce sens. La bouche légèrement entrouverte, l’air circonspect, elle avait rougit au fur et à mesure, se sentant brusquement bête et maladroite alors même qu’elle avait perçu la gêne de son homologue. Elle aurait pu l’arrêter, l’interrompre dans son discours, mais la surprise de la réponse désaxée par rapport à ses attentes – qui soit dit en passant n’avait pas été d’une grande clarté bien au contraire – poussa la femme dans son mutisme jusqu’à la fin.

Quelque part, elle était soulagé par sa réponse d’une honnêté et d’une sincérité réellement perceptible. Les circonstances qui l'avaient conduit à un espèce de « célibat forcé » n’avait rien de joyeux, mais elle sentait une certaine fierté gonfler en elle maintenant qu’elle était certaine que l’ombre de quiconque ne planait sur sa relation si particulière. Elle n’avait pas besoin de confirmer cette réciprocité à James, elle était certaine qu’il avait bien saisit la portée même du type de relation sociale qu’elle avait pu avoir autrefois, ce qui rendait leur rapprochement si unique et improbable qu’elle en restait coi. Quelles étaient les probabilités entre toutes pour qu’elle tombe si justement sur cet homme qui convenait aussi bien physiquement que psychiquement à ses attentes et vice versa dans le monde tel qu’il était aujourd’hui ? Lorsque la population était encore plus étendue, elle ne s’était jamais attendu à avoir à faire à ce genre de personne et le destin, aussi sournois qu’il se présentait pour certain, avait joué de son humour pour que cet homme se réveil pile poil à ses côtés.

Elle baissa le regard, un peu honteuse, se raclant légèrement la gorge lorsqu’il porta ses yeux et son sourire sur elle, rabattant quelques mèches de cheveux derrière ses oreilles en plusieurs gestes aussi répétitifs qu’inutile.

« Je… euh… désolée. Je… je voulais pas t’embarrasser … je veux dire… C’était une question idiote et inutile. Je n’aurais pas dû. » Elle se mordit l’intérieure des joues avant de rajouter. « Si seulement on s'était  rencontré avant tout ça. Et dire que… dire que tu n’étais qu’à quelques dizaine de miles pendant tout ce temps. J’avais un petit ranch au sud de Dallas, du côté de Pecan Hills. J’aimais beaucoup me balader sur les chemins de rando des lacs voisins, je poussais parfois du côté du Eagle Mountain Lake. C’est dingue quand on y repense. On aurait eu cent fois, miles fois l’occasion de se rencontrer autrement… et au final, on s’est retrouvé paumé au beau milieu d’une aire de repos des centaines de miles plus loin. »

L'ombre du mystère entourant les circonstances de leur réveil tournait bien trop souvent dans sa tête, et chaque fois qu'elle y pensait, tel que maintenant, son visage s'assombrissait légèrement d'inquiétude. La main posée sur sa poche gauche glissa à l’intérieur de celle-ci, assez nerveusement d’ailleurs et lentement, prenant ses précautions, elle en sortit les lunettes de soleil qu’elle avait choisi pour lui d’un style très masculin et sportif qui lui irait, elle le savait déjà, comme un gant.

« Je t’ai trouvé ça, à la pharmacie. » Reprit-elle d’un ton qui se pouvait plus léger qu’avant, mais trahissant une appréhension étrange qui n’était pas en accord. « Je me suis dit que ça serait bientôt de saison. Tiens. Essaye les. »

Elle lui tendit sa main gauche avec les lunettes au creux de la paume, légèrement tremblante encore. Ses pensées n’arrivaient pas à sortir de ce test coincé encore dans le tissu de sa poche qui criait de lui donner le résultat.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Ven 10 Mar - 11:27
A l'écoute de sa dulcinée, il se contenta d'abord d'acquiescer à sa rétorque, sans trouver le besoin d'intervenir immédiatement, lui laissant tout loisir d'exprimer son ressenti comme de faire planer le silence sur ce moment de confidences très étrangers à l'ex-chirurgien. Ses yeux suivirent les gestes d'Elizabeth, étrangement nerveuse qu'il crut qu'elle allait sortir de sa poche quelque chose d'assez inattendu pour être soit dangereux soit dérangeant, bien que son esprit habituellement très imaginatif n'avait aucune idée de ce que cela pourrait être, c'est finalement surpris qu'il vit qu'il ne s'agissait que de lunettes de soleil.

Il plissa les sourcils en conséquence et tendit la main paume ouverte pour recevoir le cadeau de sa compagne, sur lequel ses doigts se refermèrent, puis sans pour autant se montrer intrusif par les gestes, restait momentanément interpellé par ce désaccord perturbant entre la tension qui avait été celle d'Elizabeth avant la révélation et cet objet autrement plus banal, se laissant à observer quelques instants sa poche par pure incongruité. Ensuite il se reprit et s'étira le front pour changer son expression dubitative en un air plus détendu qu'il accompagnait d'un petit sourire en coin et s'intéressa auxdites lunettes dont il déployait les branches pour mieux contempler ses verres tintés.

« J'y pense souvent, à notre réveil, à notre rencontre, à tout ce qui a suivi. Plus j'y pense, plus la petite voix en moi m'affirme que ça n'a rien d'un hasard. On ne s'est pas réveillé là par hasard, on ne nous a pas rendu la vie par hasard, ni donné nos... dons, par hasard. Il y a quelque chose derrière tout ça, qui nous dépasse complètement mais qui a une volonté et prend des décisions. Dans quelle circonstances, à quelle portée, je n'en ai strictement aucune idée mais... j'ai le sentiment que c'est bien au-dessus de ce que l'on peut imaginer. Des fois je me prends à penser que ça pourrait être dieu, mais je sais au fond de moi que c'est faux.

Je continue à lire la Bible. C'est grâce à elle que j'ai pu tenir enfermé dans cet appartement à quelques mètres de toi qui était cloîtrée dans ce centre commercial. Ce que j'y lis me donne du courage quand j'en ai besoin, me console un peu et m'aide à rester accroché à certaines choses, certaines convictions qui s'éloignent de plus en plus avec tout ce que l'on vit.

Mais la vérité c'est que je ne crois plus en dieu depuis un moment, je sais qu'il n'existe pas, sous une forme ou une autre, peu importe que ce soit le dieu chrétien ou un autre, j'ai conscience que c'est un mythe et rien de plus qui n'a fait que me bercer d'illusions. Il n'y a pas d'entité toute puissante qui veille sur nous ou qui nous méprise, il n'y en a jamais eu, en réalité. Il n'y a toujours eu que nous, avec nous-même et contre le reste du monde. Mais il ne peut pas rien y avoir non plus, la nature a été trop bien faite pour croire que c'est du pur hasard, même si nous avons tout gâché.

Il y a plein de choses que je n'ai jamais dit à personne, même à des personnes comme Jessica ou mes proches avant, j'ai toujours évité de vraiment me confier. Tout ce que je viens de te dire, sur mes relations, sur ma foi, ça fait partie de ce qui est resté sous silence. C'est la preuve que cette fois c'est différent. »


Un oeil tiqua, par réflexe et indépendamment, il se mit à sourire à nouveau, reflétant la confiance qu'il ressentait dans sa relation d'avec Elizabeth, et de ce qu'il pensait encore récemment comme tronqué et irréaliste. Son regard n'avait pas quitté les verres des lunettes et il reprit avec plus de légèreté.

« Je n'ai pas porté de lunettes de soleil depuis des années, depuis que j'ai quitté le front. J'ai l'impression d'avoir cinquante ans en disant ça. »

Tout en parlant, il amena les lunettes devant ses yeux et marqua un court temps, un peu comme s'il découvrait - ou redécouvrait - cet objet avec une certaine maladresse, avant  de pencher la tête pour les glisser sur son nez et ses oreilles, cachant ses yeux. Automatiquement, avec un certain manque d'aise, son nez se fronça et il étira sans s'en rendre compte ses pommettes en reportant sur regard sur la brune.

« Alors, à quoi je ressemble ? Classe ou ridicule ? Sincèrement. »

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Lun 13 Mar - 17:37
Les doigts de la femme se resserrèrent un peu plus sur le tissu de son pantalon alors qu’elle sentait sa gorge aussi bien que son estomac se nouer d’angoisse. Plus elle écoutait James se confier plus elle sentait la propre culpabilité de son silence s’alourdir sur ses épaules. A terme, tandis que le ton revenait plus détendu et agréable, contre toute attente, Elizabeth ne put empêcher les larmes de jaillir de ses yeux en même temps qu’un hoquet de tristesse, la tête rentrant un peu plus dans ses épaules dans une attitude recroquevillée et craintive. Sa main droite se porta à son front, voilant son visage tandis que ses lèvres se mirent à balbutier maladroitement.

« Classe... vraiment... Oh, mon dieu, James, je suis vraiment désolée. »

Tout son corps tremblait en écho à sa propre voix parcouru de trémolo incontrôlable. Elle se ratatinait un peu plus dans le fauteuil arrière du véhicule, sa seconde main lâchant finalement sa poche pour rejoindre la première et se cacher entièrement derrière ce rideau opaque.

« Pardon. Je suis désolée. James, je t’ai mentis. Tu te confies à moi, et moi je suis incapable de tout te dire. La semaine dernière, il s’est passé quelque chose quand on est sorti avec Ivy. Je croyais que c’était rien, vraiment rien, je ne voulais pas que tu t’inquiètes, mais je ne sais plus quoi penser. Je n’arrête pas d’y penser, jour et nuit. C’est stupide. Je ne voulais pas que tu me penses stupide ou que tu sois dégoûté, ou quoi que ce soit… merde… j’suis complètement paumée. »

Ses mains se plongeaient dans ses cheveux alors qu’elle les ramenait en arrière, reprenant une respiration en fuyant du regard l’impact qu’elle avait pu provoquer sur James avec son discours complètement incompréhensible. Elle reprenait sa respiration, fortement, avant de reprendre sans tenir compte d’une éventuelle intervention de son compagnon s’il en avait eu une durant cette légère pause.

« La semaine dernière, pendant notre sortie, on a trouvé une baraque, une sorte de ferme. A l’intérieur, une partie des grosses étagères se sont écroulées alors qu’on était encore dedans, peut-être même une partie du bâtiment lui-même, je ne sais pas vraiment ce qu’il s’est passé. Ivy s’est retrouvée coincée sous un tas de débris, mais elle allait bien, elle est ressortit rapidement. J’ai cru que je n’avais rien, mais d’un seul coup, j’ai ressenti une très grande douleur. C’était si intense, si fort. J’ai cru que j’allais mourir sur place. Je n’arrivais plus à respirer, je me suis effondrée au sol, j’ai prié pour que ça s’arrête. Je n’avais rien, physiquement. Ca me donnait l’impression d’une barre de fer dans le bas ventre, ou d’une balle, mais je n’avais rien. Strictement rien. »

Elle ne voulait toujours pas porter son regard sur James, elle ne se sentait pas de le faire car elle voulait à tout prix terminer son récit tant qu’elle s’en sentait le courage. Les larmes continuaient de couler et sa voix, comme son discours, agrémentée de tremblement et de soupir très profond. Elle avait récupéré ses mains contre son ventre, l’enserrant alors que la pensée de la douleur même semblait la raviver peu à peu.

« Mais c’était à l’intérieur. A l’intérieur de moi. D’un seul coup, j’ai perdu… j’ai perdu du sang. J’avais envie de vomir tellement j’avais mal. Et puis, petit à petit, c’était comme si rien ne s’était passé. Un mal de crâne, des haut-le-cœur, et c’était tout. C’était insensé. J’avais même l’impression d’avoir rêvé de l’intensité de la douleur et ça m’a pas quitté. Je me suis dit que c’était rien, vraiment rien. Que je m’étais fait des idées pour un truc… au final des plus banals et naturels. Mais plus j’y pense, et plus je me dis que ça ne l’était pas. Je ne voulais pas … que tu t’inquiètes pour rien. Je te demande pardon, James.

Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Je ne suis plus moi-même ces derniers jours. J’ai peur de ce qu’il m’arrive. »


Elle avait ramené ses talons sur la banquette arrière, se recroquevillant un peu plus sur elle-même, serrant maintenant ses jambes en un cercle de bras, enfouissant son visage au creux de ses genoux. Elle ne savait pas encore la hauteur de l’impact qu’aurait cette confidence auprès de son aimé et amant, et si elle redoutait déjà une réprimande, elle était davantage blessée par son propre comportement qui l’avait terré dans le silence aussi longtemps.

Mickael Devlin

Anonymous
Invité
Mer 15 Mar - 14:43
La silhouette se tenait sous la couverture ombrageuse d’un arbre, à quelques mètres de la bordure de la route, observant l’architecture imposante de la caserne de pompier de Snyder située de l’autre côté du bitume, à une centaine de mètre de sa position. Cela faisait plus d’une demie-heure qu’il s’était tenu là, partiellement dissimulé par les ombres et le tronc de l’arbre à chercher au-travers de ses jumelles une trace d’activité humaine susceptible de confirmer les informations qu’on lui avait remises. L’arrivée d’un véhicule de nombreuses minutes plus tôt semblait aller en ce sens, encore plus quand il put distinguer à contre-jour la présence d’une silhouette dressée sur le toit aplani du bâtiment qu’il avait identifié comme un guetteur.

Un grognement rauque, à peine retenu, avait résonné depuis les tréfonds de sa gorge alors qu’il ne parvenait pas à identifier la nature des occupants des lieux. Amicaux, neutres, hostiles… Mickael n’avait aucune certitude quant à leurs intentions, leurs comportements ni même leurs identités. Seulement quelques suppositions qu’il était tenu de vérifier avant de rejoindre son acolyte pour le tenir informé. Relativement silencieux, il finit par laisser pendre ses jumelles sur sa poitrine par la sangle qui faisait le tour de son cou, puis ordonna à la gamine qui l’accompagnait de le suivre d’un simple signe de la main, sans prononcer un mot comme à son habitude de gros bougon de nature.

Remettant son sac à dos sur ses épaules, il quitta finalement le couvert de végétation pour arpenter la route, remontant la langue de bitume en direction de la caserne de pompiers. L’homme avait pris grand soin de n’avoir aucune arme en mains pour préparer son approche, et ordonnait à Kenzie d’en faire autant, conscient que le guetteur posté sur le toit aurait tôt fait de les repérer depuis son perchoir. Si menace il devait y avoir, il ne souhaitait pas être à l’initiative de celle-ci, particulièrement concerné par la protection de sa compagne d’infortune et inquiet de sa sécurité qu’il était.

Ses prunelles sombres ne se détachaient pas de la silhouette du guetteur en poste, qui paraissait continuer son manège sans les avoir aperçu pour l’instant. Une situation qui ne s’éternisa pas plus de quelques minutes durant lesquelles le bâtiment grossissait à mesure que la distance s’amenuisait. Mickael n’était pas en mesure d’observer avec détail le manège qu'il supposait s’opérer au niveau du guet, mais il ne doutait pas que leur approche avait dû être remarquée et se trouvait probablement en train d’être divulguée à qui de droit ; qu’un comité d’accueil ne tarderait pas à venir les cueillir. Il espérait simplement que le-dit comité d’accueil ne serait pas fait de plombs chambrés de cuivre.

D’un mouvement de tête, il désigna le petit bois qui se trouvait sur leur gauche à Kenzie, avant de parler d’une voix grave et autoritaire.

« Si jamais ça commence à chier, tu vas te planquer dans cette forêt pour sauver tes miches, puis t’iras retrouver Matthew au point de chute. Pigé ? »

Une question purement rhétorique à laquelle il ne permettrait de toute manière aucune contestation de la part de sa protégée, quels que soient les arguments avancés ou non par la jeune femme dans les minutes à venir.

Finalement, à l’approche de l’espace bétonné qui entourait le Perchoir, délimitant une cour et un parking relativement vaste, Mickael termina son approche en levant les mains, paumes ouvertes vers l’avant, à hauteur de son visage dans le but d’informer le ou les différents observateurs de la nature non-hostile de sa venue. S’il était intérieurement inquiet d'être potentiellement accueilli par une rafale ou n’importe quel autre agression, il tâchait de ne rien en laisser paraître de visu. Le visage fermé et assez peu avenant en vérité, les lèvres scellées sur ses réflexions et l’esprit concentré sur son objectif, il n’en laissait pas moins son regard parcourir les lieux à la recherche d’éventuelles silhouettes qui se manifesteraient à lui, autres que celle du guetteur qu’il ne lui était plus possible de voir du fait de sa trop grande proximité avec le bâtiment. Mais en son for intérieur, il savait qu’au moins une paire d’yeux était certainement posée sur lui et sa complice. Ce faisant, il aurait avancé en direction du bâtiment et son entrée principale autant que possible, jusqu’à ce qu’un individu quelconque leur ordonne potentiellement de s’arrêter ou ne vienne à leur rencontre.

Kenzie Grady

Anonymous
Invité
Mer 22 Mar - 13:49
Son pied tapait l'herbe, d'une certaine impatience qu'elle s'efforçait de contenir. Assise sur une surélévation mousseuse à quelques pas de Mickael, elle tenait son menton par une main cassée qui se prolongeait de son bras lui-même appuyé sur son genou et attendait, depuis trop longtemps à son goût, que son acolyte grincheux se décide à faire le premier pas. Tout en demeurant mollement affalée sur elle-même, elle avait dans son autre main son couteau-papillon au loquet relevé et s'amusait à le faire tourner dans sa main en balançant les branches comme la lame dans un sens ou un autre dans le but ultime d'occuper son temps.

Devant ses yeux clairs, quelques mèches tombaient de couleur verte, d'autres bleutées et roses s'étaient mêlées à la noirceur de sa crinière, telles des infiltrées bien piètrement talentueuses qui tentaient de passer inaperçues dans la foule alors que l'on ne voyait qu'elles. Elle avait trouvé ces mèches dans un placard de coiffeur en ruines en ville, sur un malentendu et cela l'avait grandement contenté. C'était d'ailleurs assez osé vu la situation qu'avait été la leur ces dernières semaines et elle se doutait que Mickael n'en était pas fan, comme sa manie de maquiller ses yeux au crayon et khôl noir qu'elle ne parvenait pas à perdre, une manière pour elle de se raccrocher à sa vie antérieure qu'elle regrettait atrocement, par le biais d'un peu de maquillage.

Elle n'était pas une bonne survivante, incapable de se battre et de se débrouiller correctement en ville comme en campagne, elle serait sans doute morte de faim si elle n'avait pas fait la rencontre de Mickael, en fait, elle serait morte tout court mais c'était une histoire qu'elle tentait d'oublier malgré que ses souvenirs aient pris goût à visiter ses rêves régulièrement. Sa force à survivre, au-delà de la présence protectrice et débrouillarde de son ami grincheux, elle la puisait dans la solidité presque incompréhensible de son mental, qui refusait de lâcher prise. Survivre dans cette ville qu'était Snyder, au jour le jour et en bougeant sans arrêt, dans une perpétuelle ambiance de danger, des risques et la paranoïa exacerbée de son acolyte, n'avait pas été de tout repos. Ce mode de vie spartiate avait même été une vraie plaie dès le début, une souffrance qu'elle a encore aujourd'hui du mal à supporter et c'est pourquoi l'annonce de leur venue à cette caserne de pompiers pour rencontrer un groupe de survivants installés et équipés, avait été une source de grande joie - qu'elle n'exprima que modérément au risque d'attirer les grognements râleurs de Mickael.

Elle l'aimait beaucoup, mais sa mine vissée avec exagération, cette constante tête boudeuse et le gouffre de conversation qu'il représentait n'en faisait guère un compagnon idéal pour tisser une relation sociale enrichissante et obtenir du baume au coeur, pourtant elle ne changerait ce compagnon pour rien au monde car s'il était la réincarnation d'un bouledogue dépressif - comme elle aimait l'en taquiner souvent, son aura rassurante, sa présence sécuritaire, sa façon silencieuse et involontaire de calmer ses angoisses par son intelligence et sa force de caractère comme physique et ses connaissances impressionnantes en médecine, tout cela ajouté à ses facultés inégalables en survie à ses yeux, avaient poussé Kenzie à ressentir de l'affection et un attachement noué pour cet opposé en tout point dont elle ne se voyait plus se séparer. Après tout, les opposés s'attirent et cette pure opposition avait un charme que seule une fille pouvait comprendre.

Elle se mit à sourire doucement à ces pensées dans lesquelles elle se perdait, si bien qu'elle ne fit presque plus attention à ses gestes un poil emportés qui eurent pour conséquence de rabattre sèchement la lame du couteau sur son ongle dans un mouvement raté, la faisant sursauter en grommelant un « aïe ! » venu du fond du coeur. Contrainte de se redresser droitement, elle récupéra le couteau dans son autre main en le refermant grossièrement et secoua celle d'origine avant de venir sucer son index victime de cette agression accidentelle. Elle avait beau s'entraîner avec Mickael à se servir de cette arme blanche relative mais seule à trouver grâce à ses yeux, elle était encore loin d'une habilité experte.

Comme une réponse à ce son sorti de sa bouche après une demi-heure de silence, Mickael lâcha un grognement qu'elle crut lui était destiné et c'est en se retournant vivement qu'elle constatait que ce n'était pas le cas, il semblait très préoccupé par les occupants de cet endroit, pourtant, leur informateur n'avait pas mentionné à ses souvenirs un réel danger à les approcher. Elle ne dit tout de même rien et se releva en rangeant son couteau dans sa poche, puis arrangea son haut en soie par-dessus lequel était ficelé un corset et sa veste en cuir noire à gros boutons, de façon à mieux redresser son petit sac à dos qui contenait tout ce qu'elle possédait et à voir le bruit qui en provenait dans la manœuvre comme son épaisseur, il était loin d'être vide. Son regard scrutait attentivement son acolyte plus que cette caserne, passant de l'un à l'autre en attente des ordres - qu'elle savait appliquer assez bien ; enfin maintenant, c'était pas trop mal, mieux qu'au début, plutôt.

Pour le coup, elle s'appliqua correctement en le rejoignant les mains vides, les bras le long du corps et suivant son pas. A mesure qu'ils se rapprochaient de la caserne, son cœur battait de plus en plus vite, craignant presque de rencontrer d'autres êtres humains qui n'aient pas pour seul but de les dépouiller et pire encore. Elle qui était si sociable de nature, avait presque perdu le plaisir de rencontrer, faire connaissance avec des gens biens ou même apprécier un simple salut, pour cause, elle frissonnait un peu plus vivement à chaque pas et affichait un regard plein d'appréhension, autant dire qu'elle ne faisait pas la maline.

Elle acquiesça d'abord à la recommandation de Mickael, puis posa le regard dans la direction de cette forêt et grimaça un peu :

« J'essaierais de ne pas me casser la figure en courant, dans cette plaine, complètement ouverte, sans relief... » Décrivait-elle avec une inquiétude grandissante, sa voix autrement plus douce et jeune à contre-courant de la fermeté de son camarade. « Je ferais ça ouais, en courant en zigzag. Surtout pas faire comme Rickon, c'est le plus important. Je pourrais peut-être y arriver sans me tordre la cheville, pas vrai ? »

Cette question même si elle était purement rhétorique, elle avait tenté d'y mettre un brin d'humour pour se rassurer en jetant un regard froussard vers Mickael, qui définitivement n'y faisait pas attention et ne fit même pas semblant d'y accorder un peu d'intérêt, ce qui avait le don de la vexer un peu là où elle cherchait à partager un début de quelque chose. C'était peine perdu avec ce gros boeuf tout sale, il lui faisait souvent le coup, elle commençait à s'habituer et se contentait de rouler des yeux comme une ado.

A la fin, elle resta un peu en arrière presque dans le dos de Mickael tout en levant ses mains, l'imitant et scrutait l'imposant bâtiment loin d'être uniforme dans l'attente de la venue de quelqu'un, de quelque part, qui de toute façon la ferait tressaillir inévitablement même si elle s'y attendait.

James F. Everett

Anonymous
Invité
Mar 28 Mar - 15:52
Quand Elizabeth se mit à répondre, tremblante, mal dans sa peau et s'enfonçant dans son propre siège, James, toujours tourné sur le siège conducteur derrière lui, plissa les sourcils d'incompréhension et de surprise, ne comprenant pas ce qu'elle commençait à lui expliquer d'abord, sans qu'il n'ai cherché à intervenir pendant sa pause et resta silencieux, sans perdre la ride que son froncement provoquait. Au fur et à mesure de ce qu'elle lui expliquait, et lui racontait de but en blanc, il resta passablement estomaqué, lui qui n'avait rien soupçonné, ne s'était pas douté un instant de ce que sa bien aimée avait pu garder pour elle tout la semaine passée.

Puis vint le moment où elle se mit à parler de sang perdu et de l'atroce douleur qu'elle avait ressenti. Sur le coup, bien qu'abasourdi d'apprendre tout cela qui allait à contre-courant de ce dont il parlait il y a quelques instants, il pensa aux règles mensuelles qui étaient les fardeaux des femmes du monde entier, mais la façon dont elle décrivait cela ne collait pas à ce qu'il en savait, du moins en théorie, et au cas classique qui était commun aux femmes. Une douleur terrible, des pertes de sang inhabituelles, un mal de crâne subite et hauts le coeur, il ne lui en fallu pas plus pour s'inquiéter aussi prévisible que cela aurait pu être, mais tellement naturel. Il se retourna et ouvrit la portière conducteur pour sortir de la voiture, après qu'Elizabeth eut fini de lui avouer sa mésaventure, puis une fois à l'extérieur, laissa la portière ouverte et en fit de même avec celle de la brune, de façon à pouvoir venir près d'elle et s'accroupir.

Il n'y avait pas grand chose à faire dans l'immédiat, si ce n'était monter à l'infirmerie pour l'ausculter avec le matériel médical d'usage, mais il vint l'inciter de gestes attentionnés à relâcher ses jambes et à accompagner l'une d'elle qu'il voulait, retrouve la moquette au sol de voiture, afin de libérer l'accès à son ventre sur lequel il posait une main. Son front toujours plissé, il savait bien qu'il ne verrait rien ainsi mais ce réflexe, s'il espérait bien en vain percevoir quelque chose, voulait surtout la rassurer sur le fait qu'il n'était en rien gêné de ce qu'elle avait pu vivre, mais plutôt inquiet de ce que cela signifiait et des conséquences qui en découlaient.

« Est-ce que ça pourrait avoir avec nos pouvoirs ? » Questionnait-il autant pour elle que pour lui-même, dans ce qui était sa réflexion première mêlant une certaine évidence à une totale incertitude.

A l'évocation des symptômes, il avait aussitôt pensé à leur condition particulière, marginale et pleine de mystères comme de craintes, il y pensait très souvent après tout, s'interrogeant aussi bien sur ce que tout cela pouvait signifier comme les conséquences liées à leurs dons et à l'infection qui, d'après ce Vagabond dont il n'avait pas de raison de remettre la parole en cause dans l'absolu, serait en eux. La moindre évocation d'un mal de crâne tendait aussitôt dans ce sens et le fait qu'Elizabeth soit à ce point perdue par ce qui n'avait visiblement rien à voir avec ses menstruations, avait de quoi interpeller, mais il ne perdait pas de vue que cela pouvait s'apparenter à un mal tout à fait naturel, si on pouvait le dire ainsi, et n'avoir aucune lien avec leur condition. Il restait pourtant à l'affût du moindre retour de bâton présent ou futur.

« C'est dangereux chérie de garder pour toi ce genre de choses, t'imagine si ça avait à voir avec ce que nous sommes ? Ou même si c'était une infection quelconque ? Même une grippe pourrait être très dangereuse maintenant, il faut faire attention à ça. Je t'en veux pas, mais la prochaine fois viens me voir tout de suite, tu sais que tu peux me faire confiance non ? Je ne vais pas te juger. Maintenant tu vas venir avec moi, on va t'ausculter et essayer de comprendre ce qui a pu t'arriver, mieux vaut ne pas attendre que ça recommence ou que cela empire. Tu dis que ça fait une semaine et tu n'as plus eu de manifestation même minime ? »

Alors qu'il était en pleine inquiétude et conversation avec sa moitié, pour d'excellentes raisons en l'occurrence, le talkie-walkie à sa ceinture s'activa très soudainement, d'où en sortie la voix de Jena qui alertait de la venue d'inconnus. James laissa filtrer un très rauque soupir entre ses lèvres, roulant même des yeux en tirant sèchement le talkie qu'il dé-clipsait presque à s'en défaire la ceinture.

« Qu'est-ce que c'est encore, c'est vraiment pas le moment. »

Pour l'instant, seule Elizabeth pouvait l'entendre, mais le fait est qu'il avait l'impression de ne pas pouvoir respirer cinq minutes, après leur sortie houleuse et éprouvante, voilà qu'au moment fatidique où sa bien aimée se confiait sur un mal on ne peut plus préoccupant, que des énergumènes décidaient de venir fureter du coté de leur foyer. Quelque part, il était tout de même assez soulagé d'entendre qu'ils ne se montraient pas hostiles, mais cela pouvait aussi bien être une ruse, qui sait quels tarés pouvaient se balader librement aujourd'hui. Le temps de l'exaspération passée, soit quelques secondes, il activa la transmission en retour et exprima avec un brin d'anxiété qu'il voulait ne pas laisser paraître :

« Ici Captain, reçu, surveille-les et tiens-toi prête à riposter s'ils tentent quoi que ce soit. Dis m'en plus sur eux tout de suite, que je sache de quoi ils ont l'air, des armes visibles ? Je suis toujours au garage avec la Ténébreuse, on les intercepte sous peu. Louveteau et Visseuse, si vous recevez, passez par le B-A-T technique et faites le tour du Perchoir, on se met en alerte au cas où d'autres viendraient dans notre dos. Prenez le nouveau avec vous. »

Son pouce relâchait le déclencheur et il ramena son regard qui avait fureté près du sol, à Elizabeth, soufflant avec un certain tiraillement entre sa préoccupation pour elle, et celle de ces inconnus qui pouvaient promettre le vent comme la tempête.

« Tu crois que ça ira ton bras ? On va les arrêter devant la caserne et on avise, il faut se tenir prêt à tout. Plus vite c'est réglé, plus vite on pourra prendre soin de toi. »

Il lui sourit, lui démontrant qu'il n'était pas inquiet parce qu'elle avait pu dissimuler à la différence de son état de santé et prit une de ses main, la plus proche, pour l'embrasser brièvement avant de se redresser. Tout au long de ses paroles, Elizabeth avait sans doute répondu mais il n'avait pas eu l'occasion de la relancer, contraint par les événements d'enchaîner rapidement. Il attendait d'en savoir plus par l'intermédiaire de Jena, mais n'appréciait déjà pas cette arrivée et les promesses qu'elle apportait. Sans trop se questionner sur ce qu'ils voulaient, plus concentré sur la sécurité du groupe, il récupéra son revolver dans son dos, retira sa sécurité et arma une balle dans la chambre.

Dès qu'Elizabeth se sentirait prête, à moins qu'elle ne décide de rester dans la voiture et laisser James gérer la situation avec la couverture que devait offrir Jena, il se dirigera vers la sortie du rez-de-chaussée dont les portes étaient toujours grandes ouvertes, et lèvera son bras armé devant lui, son autre main venant près de son front pour le protéger des rayons du soleil qui pouvaient gêner sa vue, jusqu'à ce qu'il repère l'homme et la femme, potentiellement déjà décrits par Jena via communication, constatant qu'ils avaient bien les mains en l'air et s'approchaient à découvert.

Malgré cette apparente absence d'hostilité, il resta à l'affût et avança de quelques pas, l'arme toujours menaçante, patientant que les deux inconnus aient passé l'herbe de la plaine et soient grimpés sur le bitume entourant le site, puis qu'ils se soient approchés de quelques pas, avant de se faire entendre d'une voix aussi forte qu'affirmée :

« STOP ! »

Il maquera un temps, autorisant les deux individus, dont la fille qui se cachait mesurément derrière son acolyte, avant de lui-même s'approcher en pointant fatalement l'homme du canon de son revolver. Il pencha quelque peu la tête pour mieux distinguer cette jeune fille qui semblait ne pas avoir la vingtaine de prime abord et se montra rapidement méfiant puisqu'il ne voyait plus une partie du corps de celle-ci, et surtout une de ses mains.

« Toi. » Entreprit-il à l'adresse de la demoiselle en penchant toujours sensiblement le regard sur son coté. « Sort de derrière ton ami que je te vois. Vous gardez les mains bien en l'air. Je dois comprendre que vous saviez d'une façon ou d'une autre qu'il y avait déjà quelqu'un ici c'est ça ? Qu'est-ce que vous voulez ? Et pas de coup fourré. On ne veut de mal à personne, mais nous n'hésiterons pas au moindre geste. »

Il gardait un ton élevé pour bien se faire entendre, étant donné qu'il était toujours à une petite distance d'eux et baissa la main le protégeant du soleil près de sa cuisse. Son regard s'était redressé entre-temps et il comptait sur le fait que la fille obéisse, pour son bien et celui de tous.

Elizabeth R. Evans

Anonymous
Invité
Jeu 30 Mar - 14:18
Lorsque la portière s’ouvrit pour laisser place à un espace vide à sa gauche, Elizabeth se sentit tressaillir tandis que le silence avait été gardé jusqu’ici, ignorant toujours jusqu’au moindre expression de son visage. Elle avait peur de ce qu’elle pouvait y lire, peu habitué à ce genre de confession, encore moins alors qu’il s’agissait d’un être cher à son cœur. Malgré l’obscurité qui voilait ses yeux qu’elle gardait résolument clos, elle pouvait sentir la présence de James non loin, devinant même qu’il s’était accroupi juste à côté et supposant très justement qu’il la regardait en cet instant précis.

La première intervention du médecin à son égard fut physique, par la présence de ses mains qui se posèrent avec une lenteur délicate sur ses jambes pour les inciter à se détendre ce qu’elle céda sans même songer à y poser une quelconque forme de résistance. En réponse, elle ne put que porter son regard sur lui à travers le voile de ses yeux embrumés après avoir réussi à vaincre sa timidité, faisant finalement face à son inquiétude toute marqué sur chaque pli de son visage. La main posée à plat sur son ventre diffusait une chaleur certaine, apaisante sans aucun doute, marquant de manière assez flagrante, l’étroitesse de ses hanches et la maigreur de son bassin.

A sa première question, elle ne trouva aucun mot en réponse. Bien entendu qu’elle y avait pensé. En vérité, c’était la première chose vers laquelle ses craintes s’étaient dirigées. Une espèce de manifestation directe du fameux contrecoup qu’ils craignaient tous et qui arrivaient peut-être plus vite chez elle que chez les autres – ce qui, si cela était avéré, le rendait complètement indépendant de la fréquence de son utilisation. Aussi se contenta-t-elle de secouer légèrement la tête d’ignorance, les lèvres résolument closes tandis que ses prunelles croisaient les siennes et y restèrent figés en l’attente d’un commentaire plus chargé de reproche.

Ce n’est pourtant pas ce qui vint, bien au contraire. James s’était montré d’une douceur et d’une compréhension si pleine qu’il laissa une Elizabeth d’abord surprise, déborder à nouveau de larmes de remord. Pour tout avouer, elle n’avait même pas pensé à une espèce de maladie épidémique qui aurait pu atteindre tous ceux qu’elle avait côtoyé. Trop habitué au confort d’une protection sanitaire qui n’avait pas encore eu le temps de la confronter au nouveau monde, Elizabeth ne s’était jamais douté qu’il pouvait désormais en être autrement bien que ça paraissait bête et évident. Fini les vaccins, finis les analyses en laboratoire, la maladie pouvait d’un instant à l’autre tous les emporter.

Elle hocha alors la tête, rapidement, ses pensées débordants d’un amour si profond pour cet homme qu’elle en resta un bref instant muette. Bien entendu, elle lui faisait confiance, aujourd’hui plus que jamais d’ailleurs. Cette journée avait été riche en rebondissement sentimentale alors qu’elle s’était soulagée du poids de son passé en lui confiant l’édifice majeur de son histoire. Jamais aucun homme n’avait été si proche d’elle, et elle ne voulait qu’aucun autre ne le soit jamais d’ailleurs. Elle finit par hocher la tête, assez doucement, en lui confiant alors :

« Fatiguée. Je ne sais pas si c’est lié mais, en ce moment, je me sens littéralement épuisée. Comme si une nuit n’était pas suffisante pour récupérer. Ça m’est arrivé de… de m’assoupir pendant l’une de mes gardes. Oh, pas longtemps, quelques minutes à peine, mais que ce soit en pleine nuit ou en pleine journée, j’ai parfois du mal à garder l’œil… »

Elle fut interrompu par le Talkie de James, et le siens de concert, qui s’activèrent pour laisser place à la voix Jena, les tenant informé d’un évènement qui avait son importance immédiate. Face à la réaction première de son compagnon, Elizabeth se mua à nouveau dans le silence, le laissant prendre toute la mesure de l’annonce et le soin d’y répondre. Aux yeux de sa belle, James débordait d’un charisme réel, malgré toutes les réticences qu’il avait à être devenu leur chef, elle ne pouvait nier qu’il se débrouillait parfaitement bien dans ce rôle, avec une présence assurée. Et si parfois ses pensées égoïstes l’amenaient à regretter cet état de fait, elle ne pouvait nier éprouver une certaine fierté que cet homme si symbolique l’ai choisi elle, comme compagne.

« Ça ira. » Confia-t-elle à son inquiétude en hochant de la tête affirmativement. « C’est comme si je n’avais rien eu. Il est comme neuf. »

Elle passa sa main gauche sur son bras qui avait été précédemment blessé, époussetant sa peau pour éprouver la véracité de ses propos et rassurer son compagnon. Elle lui sourit lorsqu’il embrassa sa main et se servit de cet appui pour se relever à son tour, embarquant au passe son fusil. Elle ne voulait pas le laisser aller seul là-dehors à la rencontre de ces étrangers. Elle commençait à connaitre les risques de ce monde et à les assumer. Et puis, que pourrait-elle seulement devenir s’il s’était avéré un piège et qu’il se faisait blesser, voire pire, tuer ? Pour elle, il n’y avait pas de danger qu’il ne devait affronter sans elle.

Aussi l’accompagna-t-elle dehors, la crosse de son arme coincée au creux de son épaule, le canon droit rivé sur les silhouettes des inconnus dès qu’elle serait apparues à son regard. Elle se serait décalé de quelques pas sur le côté pour profiter d’un angle différent de son conjoint et ne pas rester dans le même couloir que lui se tenant prête à réagir au cas où la situation déraperait. Elle l’aurait laissé parler, se contentant d’un silence inquisiteur, son regard s’attardant sur celui des visiteurs à la recherche du moindre indice laissant penser que ces personnes se jouaient d’eux ou n’était pas sincère.
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