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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Spécial - ???] Dans les bras du renouveau - 14/04/35
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Evènements

Anonymous
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Lun 27 Fév - 14:25







Dans les bras du renouveau
Interprété par Fawn Hattaway et Alexis Brown

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 27 Fév - 14:25
La mort, le sang, la vie, un cœur qui bat douloureusement au centre de ce bal incessant qu'est l'existence. Depuis la nuit des temps, la souffrance a toujours fait paire avec la mort, comme le sang avec la vie. Pour certains, le poids du cœur en activité s'avère être un fardeau pesant, pour d'autres un don magnifique. Et toi, ni dans l'un ni dans l'autre, te voilà issue de l'impossible que tous ont toujours réfuté catégoriquement sans jamais cesser d'y croire au fond d'eux-même.

Au terme d'un rêve harassant mêlant paroles prophétiques et images terribles, tu te retrouves plongée dans un noir néantique et absolu, d'où ne provient que le vide sans fondement. Chutant là où plus rien n'existe, ce n'est pourtant pas l'inexistence qui te guette, ni même les portes du paradis ou la chaleur infernale d'outre-monde, mais quelque chose de bien différent. Le réveil, la sensation d'émerger du plus profond des abysses, de retrouver la perception du terre à terre et du toucher, dans un chaos innommable. Les deux uniques certitudes qui te parviennent à l'esprit, sont le son d'un grognement rauque et diffus, ainsi qu'une respiration, un souffle chaud, tout contre toi.

Revenant à toi, revenant tout court, tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

En cherchant à reprendre tes esprits, laborieusement, tu te sentiras aussitôt entravée : tu as quelque chose sur la bouche qui ne te laisse respirer que par les narines, une main, tandis que tu te retrouves affalée, le fessier contre le sol dur et les jambes allongées devant toi. Ton dos et tes bras sont en revanche soutenus par un appui beaucoup plus confortable et doux, de chaque coté de tes jambes, d'autres jambes, tu es comme enlacée.

Pour cause, tu es en réalité dans les bras d'une personne, qui te garde contre elle de dos. Tu le sais, car tu sens assez distinctement après quelques instants de réflexion, sa poitrine qui se presse contre tes omoplates comme deux coussinets, à l'inverse d'un torse masculin généralement plutôt plat et solide. L'espace dans lequel vous vous trouvez est très sombre et très étroit. Vous êtes dans un placard, dont les interstices laissent elles seules passer de minces filets de lumière.

Qui que soit cette personne, elle ressert son étreinte pour te maintenir quand tu te réveilles, mais étrangement, tu ne te sens pas agressée, cette personne semble... te protéger, te préserver, te garder contre elle, à la manière d'une peluche, son autre bras autour de ton ventre. Sa respiration est de plus en plus identifiable, toute aussi douce et soufflant l'air près de ton oreille. D'impression, tu n'as pas le sentiment que cette femme soit très grande ni forte, bien au contraire elle se ressent très menue. Dans tous les cas, te voilà prise dans une situation oppressante, étouffante et inattendue, qui décuple la tension et ce sentiment hautement perturbé que tu ressens à ce retour à la vie.

Fawn Hattaway

Anonymous
Invité
Mar 28 Fév - 19:04
Le Noir.

Ce vide inimaginable, inconcevable du vivant de qui que ce soit. Le Grand Rien qui n’est même pas nommable, sans quoi il deviendrait quelque chose. Là où même la conscience de soi et du reste disparait. Cet endroit où même le fait de n’être rien dans rien ne peut avoir sa place.

Et lentement… je réalise que je suis dans ce Rien. Dans ce Noir infini.

Une sensation d’égarement terrible où j’ai l’impression de flotter dans les ténèbres mais où je ne peux distinguer mon corps. Je n’existe plus. Je ne suis qu’un songe dans mon propre esprit tourmenté. Je suis en suspension dans un liquide noir, épais et visqueux. Je me sens ralentie dans chacun de mes gestes.

Soudain, quelque chose bouge dans cet amas empêtré d’irréalisme. Comme si quelqu’un avait ôté la bonde et que d’un coup, le liquide stagnant avait trouvé une issue inespérée.

Aspirée par le fond, je sens tout mon être s’étirer démesurément alors que je suis, malgré moi, ce mouvement brutal. Si j’avais encore pu respirer, j’en aurais eu le souffle coupé. La vitesse de l’aspiration s’accentue encore et j’ai la désagréable sensation de passer moi aussi par cette bonde. C’est sérieux ? Serais-je vraiment dans un évier de vaisselle sale ?

Je veux hurler, mais j’en suis incapable. Pourtant j’ai la sensation de ma bouche grande ouverte qui cherche l’air, de mes yeux grands ouverts qui cherche à percer le liquide noir, de mes bras tendus, de mes mains qui cherchent à raccrocher quelque chose… désespérément… et soudain…

L’immobilité.

C’est exactement cette même désagréable sensation comme dans les rêves, quand on tombe brusquement dans un trou et qu’on se réveille. Notre cœur qui fait un bond si fort qu’on croit qu’il s’est arrêté. Et aussitôt, dans la même seconde, mes narines, ma gorge et mes poumons qui cessent de se boucher du liquide visqueux pour violemment se remplir d’air frais. Je réalise également que mes yeux sont écarquillés, fixant en face de moi et voyant… un morceau d’écharpe tricoté qui pendouille mollement. Tout autour, c’est le silence.

Tout mon corps est tendu, raide, crispé. C’est avec peine que je détends mes doigts recroquevillés comme les serres d’un rapace. Une nouvelle bouffée d’air salvateur s’engouffre frénétiquement dans mes narines et je prends enfin conscience de cette peau sur mes lèvres qui obstrue ma bouche. Les raccords électriques transmettent l’information en un quart de seconde à mon cerveau qui renvoie un message de survie à mes muscles renaissants.

Soubresaut dans le noir.

L’étreinte autour de mon corps se resserre. On ne veut pas que je bouge. Un vague sentiment de peur me glisse le long du cou, je n’arrive pas à réfléchir. Pourquoi ? Quand ? Comment ? Où ? Qui ? J’essaye encore de me dégager, un bref gémissement parvient à franchir la barrière de chair devant ma bouche qui se plaque avec plus de force. Mon pied heurte le mur en face de moi quand ma jambe se tend.

Réfléchis.

RÉFLÉCHIS.

Pas tant de force. Cette sensation… entre mes omoplates. Ce souffle contre mon oreille… était-ce une craintive assignation à me taire ? Un danger ? Mes yeux affolés cherchent une réponse, je regarde à gauche, à droite, essaye d’évaluer l’espace où je me trouve cloitrée : il y a forcément une sortie ! Ma poitrine se gonfle frénétiquement d’un oxygène qui me fait tourner la tête.

Réfléchis, bon sang !

Au prix d’un effort qui me semble surhumain, j’inspire lentement, bloque et expire, profondément, tout l’air de mes poumons, ma cage thoracique s’abaissant, suivie de mes épaules et des bras qui me maintiennent.

Respire…

Mon corps se détend doucement. Je prie pour que mon geôlier le ressente et desserre également son étreinte.

Evènements

Anonymous
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Jeu 2 Mar - 16:37
Les bras se refermaient à chaque soubresaut ou mouvement que tu prodiguais, cherchant à contrôler tes gestes plutôt que de te soumettre à une quelconque autorité. De toute manière, au regard de la difficulté qu’elle semblait avoir à te retenir, nul doute que la personne derrière toi n’avait pas la force nécessaire pour y parvenir si tu avais brusquement voulu jouer des coudes ou des pieds.

Lorsque ta jambe tapa finalement le mur du fond en un bruit léger et sourd, le grondement extérieur sembla y répondre en écho, des bruits de pas glissant se rapprochant de la pièce dans laquelle le placard se trouvait et les ombres jouant à travers les interstices qui t’apparaissaient du contour de la porte te signalant aisément une présence extérieure. Le grognement semblait animal, comme un chat soufflant à l’approche d’un indésirable mêlé au ronflement d’un chien qui prévenait un intrus sur son territoire.

Les souvenirs étaient assez douloureux à revenir, ta tête prise d’une migraine si puissante que tu avais l’impression d’avoir cette dernière coincée entre un marteau et son enclume, frappant à intervalle régulier, mais les premiers flots te revinrent finalement, te permettant sans doute d’identifier la menace qui planait sur ta cachette car cela en paraissait bien une. Juste de l’autre côté de la porte, le « cri du mort » te rappelait bien étrangement celui auquel tu avais fait face avant de trépasser. A l’approche de cette menace, tu n’eus en revanche aucun mal à sentir la tension des muscles du corps qui te maintenaient contre lui se raidir, ne relâchant qu’à peine leur emprise par crainte qu’un nouveau soubresaut ne vienne perturber le silence même face à ton calme réacquit.

Le bruit ne semblait pas avoir fait autant de mal que craint de prime abord car après quelques secondes, les frottements glissants de pieds qui traînaient sur le plancher finirent par bouger, s’éloigner, et se déplacer en direction de la pièce voisine, sans doute cherchait-il cette probable proie qui s'était manifestée à son ouïe.

Si tu avais espéré un mot, un chuchotement qui t’aurais rassuré sur l’identité ou les intentions de cette personne qui te serrait dans tes bras, absolument rien ne te vint hormis son souffle chaud au creux de ton oreille, quelques mèches de cheveux chatouillant ton cou. Une odeur nauséabonde flottait dans les airs, celle du moisi, du renfermé, de la saleté tenace qui avait trop longtemps stagné. Il t’étais difficile de reconnaître l'origine de cette odeur que tes narines captaient maintenant pleinement et à chaque longue inspiration, mais elle était très présente et particulièrement désagréable.

Sous l’effet de ton calme et du danger qui t'éloignait très doucement, la main au niveau de ton ventre frotta un peu ce dernier comme une adulte l’aurait fait pour rassurer son enfant. Tu avais bien du mal à savoir ce que te voulait cette inconnue et c'était compréhensible autant qu'inattendu, mais elle semblait tout faire pour te rassurer quitte à un peu abuser de ta proximité et de gestes qui se voulaient peut-être un peu trop intimes et intrusifs.

Fawn Hattaway

Anonymous
Invité
Jeu 2 Mar - 22:27
Focalisée sur ma respiration, la faisant aller et venir lentement pour ne pas qu'elle me submerge, je m'éveillais peu à peu à la réalité environnante. Abandonnant l'inconfort de mon corps retrouvé, je formais des phrases simples dans mon esprit comme pour concrétiser les divers éléments de ma situation.

Tu es dans un placard.

Une femme te tient.

Tu ne la vois pas.


Un frisson, presque un spasme, me fait tressaillir. Ce mouvement sec et bref me fait ressentir de nouveau le contact des bras qui m'enserrent, la proximité étrange de ce corps que je ne connais en rien.
J'ai une violente envie de m'attraper les tempes, de me recroqueviller, de hurler, de frictionner mon cerveau pour qu'il cesse ce fonctionnement en mode "économie d'énergie".

Je suis qui...

Et soudain, là, juste à côté, un souffle.

Non, un souffle, c'est ce qui s'échappe avec douceur des lèvres près de mon oreille et qui fait voleter les mèches emmêlés de mes cheveux.
Ça... de l'autre côté de la porte, ce n'est pas un souffle.

Je déglutis lentement, avec l'impression de comprendre soudain pourquoi celle qui me tient ne veut pas que je déchaîne la violence de mon égarement, au risque de nous compromettre l'une et l'autre et d'entrer en contact direct avec... ce raclement de gorge enraillée. Ce grognement ? Ce feulement enroué... ce souffle de tuberculeux en phase terminale ? Comment définir ce son qui fait glisser un serpent glacé le long de mon échine ?
Si proche.

Je retiens mon souffle.
Derrière et autour de moi, je sens chaque parcelle du corps de l'inconnue se tendre comme les cordes d'un violon, tétanisée. Je crois sentir qu'elle aussi a retenu son souffle, semblant guetter le frottement lent de pas fatigués sur le sol, certainement dans la pièce adjacente à notre placard. Mon cœur qui résonne dans ma poitrine me résonne dans la tête avec un bruit assourdissant, si fort que je crains que son écho ne se ressente dans le sol.

Mais de quoi ai je peur exactement ?

Ô, douce raison, qui se rappelle à soi dans les moments les plus chaotiques.

Où est le vrai danger ? Ce bruit inconnu et mou, là derrière une porte de placard, qui semble avoir l'énergie d'un paresseux shooté à la MDMA ? Ou de cette tarée là derrière moi, qui me séquestre dans un placard qui sent le moisi, qui est littéralement enroulée autour de moi comme un calamar en rut ?

Alors que je m'apprête à me redresser, décidée à en finir avec ce suspense digne d'un film de série Z qui me joue sur les nerfs, un écrou de douleur vient me vriller le cerveau en partant de la tempe droite pour venir transpercer celle de gauche, lentement mais avec la conviction d'un bourreau. Et ce flash devant mes yeux, qui m'oblige instinctivement à fermer les paupières. Un gémissement s'échappe de mes lèvres pincées tandis que je recroqueville sur moi même.

[... une flèche sur le sol, à mes pieds nus. Mes orteils s'agitent, détail insignifiant, stupide, mais j'en ressens chaque contraction musculaire. Étonnant. J'ai l'impression de tanguer comme sous l'effet de l'alcool. Un son. Je relève les yeux. Un visage, là juste en face du mien, figé comme une statue. Mais qui irait sculpter une telle horreur ? L'expression déformée par une bouche béante, les dents en avant, à quelques centimètres de mon nez. Une envie de rire me monte des tripes devant l'incongruité de la chose. Intriguée, ma tête se penche sur le côté comme pour mieux étudier l'apparition étrange et je réalise qu'elle n'est pas immobile. Juste terriblement ralentie, avançant millimètres par millimètres dans ma direction. Une goutte de sang perle à son menton et en chute avec une lenteur hypnotique...]

Nouveau gémissement, mes yeux se serrent, j'ai mal. Un tambour en acier vient d'élire domicile dans mon cervelet.

Flash.

[...Ma main est brandie, mes doigts serrés sur la tige de bois. La pointe d'acier est enfoncée dans l'oeil de la statue mobile. Une envie de vomir tout ce que contient mon estomac m'étreint. Et j'entends ce son. Ce raclement de gorge enraillée. Ce grognement. Ce feulement enroué... ce souffle de tuberculeux en phase terminale... Et tout s'accélère.

Je tombe sur un fauteuil en arrière et arrive sur moi, une, puis deux créatures à la bouche déformée du même rictus, les yeux révulsés ... j'ouvre la bouche à mon tour et dresse mes mains en une barrière vaine...]


Spasme violent, ma tête se repousse en arrière et je heurte quelque chose avec l'arrière de mon crâne.

Mes yeux s'ouvre en grand devant moi, mon souffle est court.

Le silence autour de moi.

Le noir.

L'écharpe.

...

L'odeur de moisi.

Foutu placard...

Evènements

Anonymous
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Mar 7 Mar - 15:20
Comme un balai parfaitement synchronisé, le bruissement des pas frottant contre le parquet, grinçant par moment, s’éloigne toujours un peu plus jusqu’à ne plus être audible. S’il était possible de prêter quelques résidus de sentiment humain à ces créatures sorties de l’enfer, il aurait été aisé de dire que la profonde complainte qui s’éleva alors hors de la pièce dans laquelle tu séjournes pouvait être le fruit d’un râle de protestation ou de frustration face à une proie espérée dont il ne parvenait pas à mettre les crocs dessus. Répondant en écho, c’est un brouhaha de lamentation qui arrive jusqu’à tes oreilles te laissant deviner dans un périmètre restreint la présence de plusieurs autres de ses semblables sans parvenir à les dénombrer.

Chaque petit gémissement que tu pousses est étouffé par cette main qui te condamne la bouche, se pressant un peu plus alors que le silence, long, oppressant, demeure. Tu sens dans ton dos la femme ou jeune fille, bouger légèrement d’inconfort, ses jambes frottant contre tes hanches en une lenteur certaine, ses bras cherchant à s’étirer sans te lâcher, jusqu’à ce que ton spasme, sursaut d’un retour d’un lointain souvenir, ne mette brusquement fin à ce calme qui s’était à nouveau imprégné des lieux.

De surprise et sous l’impact de l’arrière de ton crâne contre la surface dure du visage de la personne placée derrière toi, cette dernière provoque un nouveau bruit sourd comme si elle venait de percuter également le mur derrière elle. Si aucun cri de douleur ne s’échappa en protestation, c’est en revanche un souffle puissant qui balaye tes cheveux et ta nuque, comme un hoquet de surprise étouffé. D’ailleurs, la main qui condamnait ta bouche et celle qui ceinturait ta taille te relâchent brusquement, ces deux dernières – tu le devines sans vraiment en être certaine – se portant à son visage.

Tu es maintenant libre de t’échapper de cette armoire si tu le souhaites et profiter de ce relâchement de ta ravisseuse pour sortir de ce lieu oppressant. En invitation à cette manœuvre, et surtout en réponse aux mouvements un peu trop brusques, la porte du placard s’ouvrit comme si elle n’avait pas pu être correctement fermée jusque-là et s’était contentée d’être poussée contre le battant. Un léger grincement s’en échappe et la lumière inonde un peu plus ton refuge te permettant de deviner qu’au dehors, il fait pleinement jour, te laissant également voir dans ce nouvel interstice la proximité d’un lit double aux draps complètement défaits, souillés de tâches épaisses et carmins, et d’un parquet recouvert d’une couche de poussière et de boue séchée.

Fawn Hattaway

Anonymous
Invité
Jeu 16 Mar - 19:43
Malgré l’égarement de mon esprit, je sens avec netteté le choc de mon crâne sur, ce que je comprends être, l’arête nasale de la femme derrière moi. Je ne suis pas certaine d’avoir entendu un craquement, la douleur de mon côté semble infime, diffuse et s’évanouissant rapidement. Mais cela semble suffisant pour qu’en une seconde, je me retrouve libre. Jusque là nonchalamment appuyée, pour ne pas dire vautrée sur elle, mon corps ressent comme un ressort élastique avec l’échappée brusque de ses bras qui m’enserraient et se dresse comme un piquet, vissée sur mon séant.

Une fois de plus, mon cerveau, dont les rouages semblent encore méchamment grippés, se met en clenche à grand renfort de manivelles tournées avec des grincements lugubres. Pourtant, il faut aller vite, réfléchir, réagir. J’inspire profondément.
Sur ma gauche, le battant du placard s’entrebâille en grinçant, répandant avec délice et violence la lumière d’un jour ensoleillé. Des yeux, je suis béatement la lumière inonder jusqu’à mes cuisses et mes pieds, comme aurait pu le faire une flaque d’un liquide quelconque.

Liberté.

J’inspire encore. Une odeur de poussière et de renfermé me remplit les narines, mais c’est avec une délectation étrange que je savoure mes sens qui s’éveillent. Mes yeux vont, d’un détail à l’autre, sèchement, sans s’attarder plus que de raison, mémorisant ce qu’ils croisent : lit, lumière, poussière, tâches, fenêtre, draps.

Avant de le réaliser, je me suis déjà glissée vers l’avant avec souplesse, m’écartant enfin du corps inconnu pour me redresser sur la pointe des pieds, accroupie avec une main entre les jambes, posée au sol, pour garantir mon équilibre qui semble incertain. Je suis tournée vers l’issue qui s’est ouverte devant moi, avide de cette liberté qui s’offre à moi. Mais la curiosité est trop forte et je ne peux retenir un regard vers la femme qui me tenait sous son joug. Évidemment, son visage est dissimulé derrière ses mains, alors qu’elle se tient prostrée sous l’effet de la douleur. Vu d’ici, elle ne semble plus si dangereuse…

Je hasarde un nouveau coup d’œil vers ce qui semble être une chambre, je tends le cou et jette un regard attentif de part et d’autre. Les sens en alerte, l’ouïe acérée, j’amorce un pas vers la sortie, repoussant du coude le battant pour me frayer un passage.
Animale, je progresse accroupie, un pas après l’autre… sans toutefois m’aventurer au centre de la pièce. Je longe le mur sur ma droite. Ma respiration est contenue, le moindre bruit imprévu étant capable de stopper mon cœur en pleine course.

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 22 Mar - 11:15
Fawn

Le visage de ton ex-ravisseuse t’apparaît enfin à la faveur d’une lumière nouvelle, et si au premier regard elle se dévoile à toi le visage couvert de ses mains, tu n’as aucun mal à discerner les quelques détails de sa physionomie lorsqu'elle finit par abandonner l’appui sur sa blessure en voyant ton intention de t’échapper de ta prison. Elle possède un visage doux et rond, marqué par des pommettes rosées et couvertes de quelques salissures et cicatrices légères qui lui donnent un aspect plus fragile encore. Quelques mèches de ses cheveux blonds descendent sur son front, masquant avec parcimonie un regard bleu azur qui se porte sur toi avec une détresse grandissante. Son visage n'est pas spécialement harmonieux, avec une bouche et un nez légèrement asymétriques, et un corps très fin sur des jambes robustes. Elle porte un petit pull gris sans manche à col roulé et un jean plus marron que son noir originel tant il est couvert de crasse, ainsi qu’une paire de baskets usées. Il ne te faut pas une inspection poussée pour distinguer le gros revolver qu’elle porte à la ceinture et qui dénote avec sa silhouette.
 
Sous le coup de la surprise et sans doute par prudence de ses mouvements, sa main se tend vers toi à l’instant même où tu te dérobes de ta cache sans pour autant te toucher, n’osant pousser le vice à commettre un bruit qui serait pour elle un geste irréparable au regard de la situation déjà bien précaire. Elle s’interrompt alors avant d’être trop brusque, te regardant filer hors de sa vue, gardant toujours ce silence qui perdure dans la pièce où tu glisses à pas feutrés, du moins c’est ce que tu espères car dans cette manœuvre, tu peux alors pleinement te rendre compte d’une chose pour le moins étrange : si cet exercice t’aurais autrefois été une sinécure à force d’expérience et d’entrainement, ton corps ne semblait pas réagir avec autant de réactivité et de souplesse qu’espérées, te rendant plus gorille que féline dans ta démarche. Un mal être physique également couplé à ton mal de crâne qui ne cesse de revenir régulièrement à la charge, peinant à te laisser tranquille. Tu remarques également qu’en dépit de t'être extirpée de ton armoire, l’odeur de moisi ne semble pas te quitter et il te vient dès lors à l’esprit que ce nauséeux parfum vient de toi en vérité.
 
La chambre est celle d’un couple adulte sans aucun doute, car le lit est double et sans décoration pré-pubère. Deux chevets, une bibliothèque et une commode viennent compléter l’armoire par laquelle tu es sortie. Il y a une fenêtre sur le mur de droite, la vitre fermée, les rideaux écartés laissant passer les rayons d’un soleil dont tu ne peux déterminer la hauteur. Sur le mur d’en face se découpe la porte de la chambre, ouverte en grand, donnant sur un couloir d'où tu ne perçois rien sinon les gargarismes des morts qui continuent à maugréer inlassablement, un mur maculé de deux grandes giclées de sang malgré qu’aucun corps sur place ne te permette d’en supposer l’origine. Sur le lit que tu longes de même en remontant le mur par ta droite, tu finis tout de même par remarquer un maigre mais inespéré équipement.

Des armes et objets alignés et nettoyés : un arc en bois avec une seule et unique flèche, un sac à dos de ceux qu’il t’arrivait régulièrement de voir en allant en cours, et quelques boites de conserve bien fermées avec la promesse d'une poignée de repas consistants. Tu ne reconnais pas cet équipement étrangement flambant neuf, mais il semble prêt à ta disposition si tu souhaitais mettre la main dessus. Derrière toi, tu entends quelques mouvements et devines aisément que la jeune fille qui se trouvait dans l'armoire s’est mise en quête de te suivre ou de t’intercepter qui sait, pourtant aucun contact ne vint te surprendre pour le moment, elle s'est contentée de se rapprocher de toi dans ton dos.
 
***

Alexis
 
La faim. C’était sans doute l’unique pensée qui t’obsédait, tandis qu’aux dérives des routes, tes pas ont fini par te porter aux abords d’une nouvelle ville. Si tu t’en réfères aux panneaux, c’est à Snyder que tu as atterrie, petite ville bien modeste du centre Texas, à plusieurs miles à l’Ouest de Dallas. Celle-ci, comme toutes les précédentes d’ailleurs, abrite certainement un plus grands nombres d'individus morts-vivants que vivants seulement, à un taux suffisamment important pour faire hésiter n’importe quel érudit de la survie, mais ce n’est pas comme si tu avais le choix.
 
Des mois durant, tu as sillonné cet Etat qui te maintient prisonnière, jusqu’à ce que les vivres se mettent à manquer et que l’épuisement te guette, soumise à la nécessité de bouger tout le temps pour échapper aux morts, mais aussi aux nombreux petits ou grands groupes d'hommes principalement, menaçant dans la région. Plus tu t'étais enfoncée dans le centre, plus cette présence jurant de te faire la peau avait été forte.

Paradoxalement, tes seules chances de survie consistaient à prendre plus de risques de jamais. Les premiers édifices, des pavillons résidentiels assez épars finirent par se dessiner devant toi, la verdure mal entretenue, le gazon ayant proliféré parmi d’autres mauvaises herbes en une teinte plus or que vert, cramé par le soleil, les haies épaissies aux feuillages jaunies, la terre creusée à de très nombreux endroits pour marquer une autre prolifération que celle de nuisibles rongeurs. La première maison est un bâtiment à étage, simple, sans grande fioriture, les fenêtres y sont closes, mais pas la porte d’entrée, qui s’offre à toi comme une invitation hasardeuse.

La prochaine maison est à presque une centaine de mètres plus loin, mais déjà sur la route qui connecte les deux bâtiments, quelques silhouettes errantes t’apparaissent, traînardes et indifférentes les unes des autres pour le moment. Deux ou trois sont mêmes totalement immobiles.

Alexis Brown

Anonymous
Invité
Mer 22 Mar - 12:53
Faim... Faim... Bon Dieu, ce qu'elle pouvait avoir faim... ! Jamais depuis le début de cette catastrophe elle n'avait autant ressenti le besoin d'avaler quelque chose ! Depuis combien de temps n'avait-elle rien manger ? Deux semaines, probablement. Elle ne savait même pas comment elle pouvait encore tenir debout dans ces conditions... C'est à peine si elle parvenait à mettre un pied devant l'autre tant ils semblaient peser une tonne chacun, sans compter les vertiges qui la prenaient de temps à autre et avait bien failli lui coûter la vie quelques jours plus tôt... ! Perdre connaissance au milieu de la rue n'était pas le meilleur moyen de rester en vie, il paraît...

Et comme si cela ne suffisait pas, il fallait que ce coin paumé du nom de Snyder dans lequel elle s'était fourrée grouille de revenants comme ce n'était pas permis ! Sans oublier le petit groupe de survivants qui l'avait accueilli une heure même pas après son arrivée dans la ville, et qu'elle avait su semer elle ne savait trop comment.. !

Son petit colt commando dans la main, haletante, elle se laissa glisser le long du mur d'un bâtiment pour reprendre un peu son souffle, même si son instinct de survie lui dictait de rester aux aguets.
Elle grimaça en plaquant une main sur son ventre qui menaçait de pousser un énième cri de famine peu discret qui risquerait de signaler gentiment sa position à tout être mal intentionné aux alentours... !

Une fois la menace de son ventre écartée de justesse, elle profita de cette courte pause pour examiner la prochaine destination vers laquelle elle pourrait se tourner, histoire de trouver de quoi satisfaire le gouffre dans son estomac.
Immédiatement, son regard fut attiré par le bâtiment de l'autre côté de la route dont la porte était chaleureusement ouverte et semblait n'attendre qu'elle.
En vérité, elle savait pertinemment que cela n'annonçait qu'une probabilité supplémentaire que quelqu'un ou quelque chose s'y trouve déjà, mais elle n'avait plus le loisir de chipoter ni de faire preuve de prudence dans son état.

La seule chose qui clignoter inlassablement dans son esprit était le mot : nourriture.

Ainsi, et au prix d'un effort surhumain, elle parvint à se relever en prenant appui sur le mur contre lequel elle s'était adossée, et examina la route qu'elle devait traverser pour rejoindre l'accueillante petite bâtisse.
Quelques revenants titubaient, d'autres étaient parfaitement immobiles...
Alexis attendit patiemment que leur attention se porte dans une autre direction que la sienne avant de traverser la route d'un pas discret mais rapide après avoir ajusté son gros sac à dos sur ses épaules.

Immédiatement, et sans même vérifier si elle avait été repérée ou non par les créatures, elle s'engouffra dans le logement, son arme toujours en main et prête à être utilisée au cas où l'hôte (ou les hôtes) de la maison voudrai(en)t lui souhaiter la bienvenue...

Peu importe ce qui l'y attendait, l'objectif de la brune était clair comme de l'eau de roche : fouiller les lieux pour trouver de quoi rester en vie au moins quelques jours de plus, car elle n'était vraiment pas certaine de pouvoir tenir plus de deux jours supplémentaires... Si elle ne mourrait pas de faim, son état amorphe dû à la malnutrition s'en chargerait bien assez tôt.

Fawn Hattaway

Anonymous
Invité
Ven 24 Mar - 19:55
Ce visage ingénu resta marqué sur ma rétine, alors que je me détournais de l'inconnue pour fuir cette cache oppressante. J'avais du mal à freiner la cavalcade des mes pensées qui se bousculaient autour de cette situation incongrue, de cette jeune personne, de cette maison, de... cette odeur qui me collait à la peau comme si elle émanait directement de moi. Et ce corps. Empesé, gauche et incertain ! Même si ma mémoire semblait recouverte d'un voile noir, je savais au fond de moi que ce n'était pas normal. Une forme d'instinct physique qui semblait ne pas reconnaitre ses propres mouvements.

Tout autant que j'aspirais à ce que mes pensées se remettent en ordre, tout autant je craignais que mes souvenirs ne me ramènent à de sombres instants, si sombres, qu'ils m'engloutiraient en se révélant. Et il m'apparaissait nettement que ce n'était ni le lieu, ni le moment pour se faire engloutir. Alors je forçais sur mes muscles pour avancer, rampant plus que progressant, finissant avec soulagement par poser une main sur le mur proche de moi. Étais je réellement essoufflée de ces quelques pas ?

Alors que mes yeux se posaient sur ce qui semblait être l'équipement bien ordonné de quelqu'un, un grognement rauque se fit entendre de l'autre coté du mur où ma main était posée. On aurait dit l'éructation déprimée d'un poivrot de bar. Mes lèvres se figèrent en un rictus étrange, à mi chemin entre le sourire et le dégoût puis j'inspirais et tendais la main vers l'arc au sol. Mes doigts en effleurèrent le bois, la corde tendue, lentement, me perdant un instant dans une vague de souvenirs flous. Je connaissais cet objet... c'est comme si mon corps, de nouveau, s'éveillait à des souvenirs tactiles, des gestes, des sensations... se tenir droite, inspirer, fermer un oeil, tirer le bras en arrière, expirer... lâcher. Et le son sifflant que fait la flèche en fendant l'air.

Comme un automatisme, je ramasse les objets, arc sur l'épaule, la corde passée pour qu'il tienne seul, la flèche dans un passant de ceinture. Je ramasse les boites de conserve, les enfourne dans le sac et le balance sur mon dos. Au moment où celui arque son mouvement de vol dans l'air avant d'atterrir sur mon dos, j'ai un léger déséquilibre et manque de choir lourdement sur le sol de la chambre. J'inspire, stabilise ma position et pousse sur mes jambes en m'accrochant au rebord de la fenêtre au dessus de moi afin de voir au travers.

J'ai besoin de me repérer ; suis je en campagne, comme l'était ma si douce ferme ...?

...

Cette pensée involontaire me renvoie un brusque flash, qui me vrille les tempes d'un écrou de douleur. Ma ferme, cette ferme, ce lieu qui me réchauffe brusquement l'âme de l'intérieur... sentiment de quiétude violent qui s'évapore aussitôt.


Reste là, concentre toi.

Si ton esprit s'égare, tu es morte.

Par la fenêtre, regarde : est ce une rue ? Vois tu du danger ? A quelle hauteur es tu ? Peux tu sortir par là ?



Obnubilée par mon inspection, je ne sens pas l'inconnue s'approcher dans mon dos...
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