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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Intrigues : First Season
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Chronologie et Intrigues

Jim


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Jim
Maître du Jeu
Ven 13 Sep - 10:25
Rédigé le 06 Décembre 2014



Et si ce monde n'avait jamais été celui que vous pensiez ?

Décembre 2034.

Tant de choses ont changé, et tout est si différent. Les morts se relèvent, les morts s'animent et les morts dévorent la chair. Ils sont là, à chaque jour, à chaque instant, à chaque pensée, ils errent et ils chassent, pourtant ils n'ont aucun but. Les vivants eux sont la proie des morts, les victimes du nouveau monde, les amis du désespoir, et ils essaient de survivre du mieux qu'ils le peuvent, mais c'est parfois tellement insuffisant, tellement cruel...

Pourtant, au sein de tous ce chaos, certains vivants qui devaient mourir s'y refusent, des individus tombés qui se réveillent, désorientés, secoués, déplacés, mais conscients. Où sont-ils ? Ils ne le savent pas. Pourquoi vivent-ils encore ? Ils n'en possèdent pas la réponse. Mais ils ne sont pas partis comme les autres, ils sont toujours là et leur esprit demeure alors que la soif de sang les ignore, tout du moins elle n'est pas celle des morts. Leurs corps en revanche n'est plus le même, ses traces de vie effacées alors que leurs blessures physiques ont disparu, tout comme la sensation de maîtrise d'eux-même, de leurs gestes et de leurs connaissances semblent ne pas être revenues avec eux. Comme s'ils étaient retournés en enfance et qu'ils devaient tout apprendre à nouveau. Réapprendre à vivre sans que les douleurs du passé n'aient daigné partir avec le reste, muent d'une volonté de continuer à peser sur leurs épaules. Rééducation forcée dans un monde qui n'a ni pitié ni temps à leur céder, un obstacle de plus sur le chemin d'un avenir meilleur ou d'une conclusion dramatique. Si seulement cela s'arrêtait là...

Les énergies qui s'affolent, les molécules qui se déchaînent, les cellules qui s'agitent ou les forces cinétiques qui se déploient, ils peuvent les percevoir. Comme un cadeau empoisonné sans expéditeur, la perte de leur identité a visiblement troqué cela contre une folie : un don à l'apparence surnaturelle. Défiant les lois de la gravité, du temps et de la matière, ce pouvoir a pris une place dans leur âme, en un symbiote inattendu dont l'hôte ne sait rien, en est peut-être terrifié, abasourdi ou peut être fasciné, et il ne semble pas se contenter d'être passager puisqu'il commence tout juste à prendre sa place et creuser son terrier.

Une Main de dieu, un coup du sort, une mauvaise blague du hasard ou une force à l’œuvre... quelles que soient les raisons et les dizaines de questions qui pullulent et pourraient éventuellement expliquer tout ça, ces survivants si particuliers maintenant vont devoir faire face au plus dur des sentiers, celui qui les mènera vers un nouveau lieu, un nouveau but, une nouvelle raison d'être. Trouveront-ils cela ? Difficile à dire, peut-être ne trouveront-ils finalement rien ou peut-être seront-ils enfin confrontés à la mort, mais en attendant, une nouvelle chance s'offre à eux, et de nouvelles souffrances menacent d'y réagir car les notions de bonheur et de paix semblent s'être envolées invariablement.

Saisir cette chance est la seule option viable, quoi qu'il advienne.
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Jim


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Jim
Maître du Jeu
Ven 13 Sep - 10:27
Rédigé le 11 Janvier 2015

Précédemment dans Hopeless Life


Le soleil se lève sur le monde et alors que sa lumière n'a pas encore totalement dominé la région, le Texas est le théâtre d'événements pour l'instant discrets et pourtant assurément décisifs.

Parmi les ruines, les survivants sains éparpillés et l'armée des morts qui erre de toutes parts, dix individus se sont éveillés après un long sommeil, découvrant tour à tour cette étrange réalité dans laquelle ils ont été jetés. Serait-ce le monde après la mort ? Une réincarnation inexpliquée sur un autre plan de vie ? Ou auraient-ils bel et bien survécu à leur agonie pour rouvrir leur regard désorienté sur le monde froid que tous ignorent et subissent ?

Bien qu'ils ne connaissent ni l'endroit où ils se trouvent, ni la façon dont ils y sont arrivés et encore moins ce qui leur est arrivé entre-temps, ils n'ont que deux choix possibles : fuir vers l'horizon en espérant oublier et se cacher du reste du monde, ou rester et tenter de remonter la piste de leur infortune afin de mettre la main sur la vérité, sans avoir conscience que des changements irréversibles ont opéré dans leur corps, les transformant en quelque chose d'autre. Quelque chose qui pourrait bien freiner la destruction du pays, ou accélérer sa chute vers l'anéantissement total.

Au Sud, Jared Reedus, Seth Willis, James Everett et Elizabeth Evans doivent faire face après leur réveil difficile auprès des autres qui leur sont totalement inconnus, à la découverte de dizaines de rôdeurs à proximité, de survivants agressifs et d'un véritable kidnapping à l'arrière d'un camion en un temps-record, entraînés sans aucun contrôle dans ces rustres événements. Qui sont ces hommes ? Pourquoi les avoir emportés loin de cette aire d'autoroute si dangereuse et vers quel nouveau lieu les conduisent-ils ? Dans quel but ? Autant de questions, encore trop peu de réponses, et un avenir qui ne semblent pas de leur côté.

Au loin au Nord, Ivy Lockhart et Samuel Freeman, après s'être éveillés menottés dans une chambre, découvrirent leur hôte fermier qui après un temps de crainte se révéla précautionneux mais hospitalier. Ils ne furent pas les seuls car à proximité, Pamela, la jeune rescapée à leur image qui séjourne chez ce même fermier, découvrait Scott Redfield, un autre survivant ayant échappé aux griffes d'une rôdeuse à peine éveillé sur le pas de la route. Rassemblés autour d'un repas à la table du fermier, la première révélation tombait : quatre mois étaient passé depuis qu'ils avaient sombré dans l'inconscience suite à leur agonie.

Sur la route du Sud, Rani Sachdeva, s'éveillant au milieu d'un terrain abandonné, était sauvée par un illustre inconnu plus cow-boy survivant que preux chevalier, l'emportant loin des rôdeurs grâce à son vieux taco. Mais alors qu'il lui apprenait la découverte d'un message radio diffusé sur diverses fréquences, appelant à rejoindre des survivants ayant trouvé refuge à l'hôpital de la ville proche de Snyder, ils sont tous deux surpris par la présence d'un énième survivant en plein milieu de la route qui force le cow-boy à se déporter contre un poteau électrique. Davis Marshall s'éveille tout juste et découvre le véhicule accidenté au sein duquel Rani doit faire face à l'inconscience de son bienfaiteur.

Reste le dernier des survivants éveillés, Harvey O'Brian, qui doit faire face à son tour à la découverte d'un lieu inconnu et l'incompréhension de ce pénible réveil près du feu d'un individu dont il ne sait rien. Qui est cette personne ? Sa vie est-elle en danger ou a-t-il trouvé un bienfaiteur lui aussi ? Qu'est-il arrivé au reste de son équipe et comment a-t-il pu survivre à sa morsure ?

Nos dix survivants devront faire des choix et prendre en main cette nouvelle vie, qui à défaut d'être faite de certitudes, promet un avenir pire encore que leur première chance. A moins qu'ils ne trouvent dans l'union la force d'avancer et de mettre la main sur les réponses tant redoutées...
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Jim


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Jim
Maître du Jeu
Ven 13 Sep - 10:28
Rédigé le 11 Juillet 2015



Précédemment dans Hopeless Life


13 Décembre 2034, arrivée au Campement.


C'est dans un calme presque olympien, tout du moins vis à vis des dangers ambiants et des marcheurs, que le semi-remorque sera arrivé au campement des frères Jefferson, sur la dernière air de route avant la ville de Snyder, aujourd'hui ses bâtiments réduits en cendre après des explosions inexpliqués.

Le campement était assez rudimentaire, deux tentes, un feu et une caravane, mais bien assez pour espérer un repos bien mérité et c'est d'ailleurs ce que conseilla Matthew Jefferson, le chef pré-défini de ce nouveau groupe par nécessité immédiate.

Sur place, la caravane aura vu un jeune homme en sortir en trombe, Clark, c'est le nom que vous aura précisé Ricky qui aura quitté le volant pour vous aider à sortir vos affaires. Le dénommé Clark, se contentant d'un coup d'oeil vers vous, aura littéralement agressé Matthew de sa présence et de ses paroles à peine arrivé, ces deux-derniers s'éloignant pour discuter de choses importantes, quel-qu’elles soient.

Vous aurez eu l'occasion de vous installer près du feu, Matthew et Clark s'occupant de transporter Calvin toujours inconscient au sein de la caravane pour prendre soin de lui, tandis que Ricky s'efforçait de vous tenir compagnie pour votre arrivée, avec brio en réalité : il révélait un goût prononcé à la sociabilité et surtout, à parler, vous décrivant en détails le campement, le périmètre que Matthew et le défunt Zach avaient sécurisé autour du camp, et la zone de Snyder dont une carte serait rapidement disponible avec des indications utiles et des délimitations de Secteurs et de Zones de Chasse, l'une d'elle à peine de l'autre coté de la route.

Vous n'aurez que peu de temps pour vous familiariser, de nouveaux arrivants se révélant quelques temps après : une Ford F-150 apparaissant depuis la route nord et rejoignant votre campement, avec à son bord, un vieil homme, que Ricky dénommera comme Nelson Wallace, un fermier des environs et un allié en l'occurrence. Celui-ci ne sera pourtant pas venu pour une salutation de formalité, il semblait accompagner trois personnes, Scott, Ivy et Samuel, discutant en privé avec Matthew avant que ceux-ci ne reviennent et que le chef de camp ne leur confirme, à sa façon méfiante et brève, leur intégration à ce nouveau groupe.

Nelson Wallace n'aura pas tardé à rester sur place et, sans s'adresser aux autres survivants arrivés, se sera isolé de nouveau avec Matthew quelques instants pour parler avant de reprendre le volant de sa Ford et repartir en sens inverse.

Sans trop de cérémonie, vous n'aurez pas forcément eu l'occasion de trop vous faire la main sur le campement et les différentes personnes qu'il composait maintenant en comptant les trois nouveaux, mais cela ne saurait tarder : après tous ces événements, le besoin de sommeil se révélait très vite, et même avec un millier de questions à l'esprit, il aurait été difficile d'y résister dans votre état. Le fait est que vous ne savez toujours pas pourquoi vous êtes revenus, et dans quelles circonstances, peut être le saurez-vous un jour.

Matthew aura laissé Calvin aux soins de Clark dans la caravane, tandis que lui-même se chargeait de la surveillance du campement depuis le toit de la caravane, vous donnant loisir de vous reposer en toute quiétude, plus ou moins. Vous voilà avec littéralement onze inconnus à peine rencontrés et trop peu de certitudes, mais si vous avez prit le train en marche rapide, il ne tient qu'à vous de vous y faire et trouver votre place.  

14 Décembre 2034.

La sortie de Matthew avait prit plusieurs heures, durant lesquelles Calvin avait fait acte de surveillance et Clark avait eu pour mission de faire l'inventaire.

Lorsque le chef de camp était revenu, ce n'était pas seul : trois personnes, dont deux inconscientes, l'une - un jeune homme au visage ensanglanté - sur les épaules de Matthew dont l'arbalète pendait par la bandoulière au coude, sans munition d'installée pour les observateurs, l'autre - une femme au haut en sang - dans les bras d'un troisième inconnu, un homme assez fort.

Sous l'obligation de Matthew, ce dernier mit le trio à part, appelant Ricky et Calvin pour l'aider à monter la tente de Jimmy en urgence à coté de celle de Calvin & Clark, pendant que Clark rassurait les autres membres du groupe que les deux blessés n'étaient ni mordus, ni en danger. Ceci faisant et le trio mis sous la tente, les deux inconscients laissés aux bon soins de docteur Jimmy, Matthew vint régulièrement vérifier que leur état était stable.

Le temps était passé depuis l'arrivée des survivants au camp.

Certains s'ouvraient, d'autres restaient plus ou moins isolés. Parmi eux, l'un des survivants arrivés avec le semi-remorque s'était montré particulièrement retranché : Davis Marshall.

Celui-ci, prit de graves maux de têtes et d'un comportement assez dérangé fut encadré par Matthew et Calvin hors du groupe pour qu'il ne puisse menacer personne. En dépit de cela, et des tentatives des deux hommes pour l'aider, l'état de ce dernier ne s'améliora pas.

La nuit du 31 décembre au 01 janvier de la nouvelle année, il disparu du camp. Matthew suivi la piste après sa découverte une heure plus tard lors de son inspection quotidienne. Lorsqu'il revint, lassé, et n'ayant avec lui que l'équipement partiellement ensanglanté qui avait appartenu à l'homme, il laissait entendre qu'il ne s'en était pas sorti et qu'il n'y avait plus rien à faire. Prétextant ce moment pour rappeler le danger des sorties extérieures et que le monde n'était plus le même.

Le groupe connaissait sa première perte, une tragédie marquant cette nouvelle année, à la hauteur du drame qui régnait aujourd'hui.    


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Jim


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Jim
Maître du Jeu
Ven 13 Sep - 10:30
Rédigé le 11 Juillet 2015


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En Quête de Moyens
16 Janvier 2035 - Environ 18h.


Après une journée d'incertitudes, c'est le début d'une soirée affreusement calme qui s'annonce. Le départ de trois des membres du camp, et surtout la mort violente de Rani, a rongé le moral de certains survivants, tels que Ricky et Clark, que personne n'a encore eu l'occasion de vraiment croiser. En cette heure, le premier demeure dans sa tente et ne fait pas l'effort d'en sortir pour encourager le groupe qui doit se rassembler, quant au deuxième, il est plus que jamais un ermite dans sa caravane où il se cache en espérant que le monde l'oublie, ne s'étant pas remit de la mort de Rani dont le choc l'a terrassé et a fait resurgir le mal être qu'il a tenté de brider depuis que leur petite communauté s'est formée dans ce vieux motel.

Près du panneau du motel, c'est un Matthew au poste mais sans entrain qui est venu attendre les volontaires. Muni de son arbalète et de carreaux rattachés par un conteneur spécial sous l'arme, son SIG-Sauer P226 à la gauche de la ceinture et son couteau de chasse installé coté droit. Il avait prit l'arbalète par la bandoulière, disposée sur son épaule comme un sac et la dernière cigarette qu'il restait du paquet trouvé quelques jours auparavant, était accrochée à ses lèvres. Cigarette qu'il fumait avec une saveur amère. Son esprit cogitait, inlassablement, de tant de sujets à la fois qu'il ferait plus encore chauffer ses muscles et son corps si il le pouvait.

Les derniers chants des oiseaux, persévérants à apporter un peu de magie dans une terre triste à souhait, s'entendaient depuis la forêt qui bordait le camp et offraient une mise en situation bien ironique pour des personnes qui partaient dans le seul but que de s'équiper afin de faire face au reste du monde. Si tant est qu'ils trouvent de quoi s'équiper. Cela, ils ne pouvaient que l'espérer. Les volontaires viendront, et Matthew se tournera vers eux, ou à défaut les premiers à être présents, sans un mot, continuant à fumer à l'aide de sa main libre le cylindre qui s'efforce , à l'aide de son contenu, de détendre le chasseur. Ce n'est que lorsque tous seront là, équipés à entamer leur voyage, qu'il leur posera la question fatidique « Prêts ? ».

Quelques heures plus tard.

La soirée aura été courte, et difficile, marquant ce qui devait être une récupération risquée en une véritable rixe ultra-violente.

Les premiers à revenir au camp seront Melody & Seth, découvrant qu'aucun mal ne l'avait gagné, celui-ci demeurant fidèle à lui-même : sombre, calme. Seulement animé par les effluves de lumière jaunâtres du feu qui se propageait jusqu'au mur de voitures en quelques bribes, les tentes le couvrant maintenant en bonne partie.
Calvin, loyal et solide, avait prit sur lui de poursuivre la surveillance malgré la journée déjà longue afin de remplacer Matthew parti en extérieur, le cow-boy scrutant inlassablement l'horizon d'un coté et de l'autre du campement, non sans observer quelques petites fatigues ponctuées de brèves minutes de somnolence occasionnelles dont il se réveillait en sursaut, avant de soupirer, sourire même en se moquant de lui-même, pour reprendre son boulot.

Il était bien éveillé au moment où le couple sorti de la forêt, le reste du camp vaquant à ses affaires ou à un repos bien mérité. A leur vue, Calvin se dit que le groupe était finalement revenu sain et sauf, ce qui le soulagea dans un premier temps. Puis, quand il constata qu'il n'y avait que Melody & Seth et que les deux ne paraissaient pas illustrer un retour tranquille après une expédition bien déroulée, il eut un pincement au coeur et s'empressa de descendre de la caravane en vitesse pour aller à leur rencontre, s'imaginant inévitablement le pire.
L'empressement de Calvin tambourinant la carcasse de la caravane dans l'élan réveilla Clark, qui mettra un peu de temps à émerger et se lever pour sortir voir ce qu'il se passait. Un peu plus tard, ce sera Ivy qui arrivera, pour constater le même état du camp, si ce n'est Calvin qui était non pas sur son toit mais bien au sol près de l'entrée, en compagnie de Seth & Melody, qu'elle pourra statuer "sains et saufs" dans leur cas.

Calvin, à la vue des deux tourtereaux, fut non seulement surpris mais aussi prit dans un début de panique en imaginant les pires scénarios. Son premier réflexe fut de leur demander si ça allait, si ils étaient sains, et de s'approcher de Melody en se penchant pour la regarder de plus près et vérifier qu'elle n'était pas blessée.
Tandis qu'elle se lançait dans son récit, il l'écouta attentivement tout en ponctuant ledit récit de brefs mots incitant Melody a essayer de se calmer, d'y aller doucement, et pourtant le ciel savait qu'il était lui-même très mal malgré qu'il s'efforçait à rester tranquille. Quand Melody suggéra d'aller chercher les deux hommes, Calvin réagit rapidement pour tenter de calmer la situation.

Laissant la brune aux bras de Seth, qui compléta le récit, il les invita à s'asseoir à proximité, l'averse ayant prit fin, et conjura à Clark qui arrivait près d'eux à moitié réveillé et curieux de ce qu'il se passait, de ramener tout de suite de l'eau et des couvertures. Clark, recevant un électro-choc au stress de Calvin, acquiesça dans la seconde et fila au pas de course chercher ce qu'il avait demandé, prit à son tour d'un mal à les voir ainsi, accentué par l'ignorance de ce qu'il se passait.

Finalement, il veillera toute la nuit, dans l'incertitude de revoir Samuel et Matthew qui ne revenaient pas. Clark restera éveillé également, ainsi que Ricky qui les rejoindra et réveillera à son tour le reste du camp d'une crise de panique cette fois bien sentie par rapport aux deux hommes, terrifié à l'idée que son frère serait tué et manquant de partir en trombe lui-même du camp si Calvin ne l'avait pas obligé à rester, par la force et par une gueulante ferme que l'on ne connaissait pas au cow-boy si serein et gentil à l'habitude. Le camp aura été animé pendant près d'une bonne heure.
Ce ne sera qu'au matin, à la suite du reste affreusement silencieux de la nuit et quoi qu'il arrive, qu'il finira par initier une mission de sauvetage, visant à retourner au complexe scolaire à la recherche des deux disparus. Il demandera à chaque volontaire qui souhaiterait aider, sans restriction, de se munir d'une arme au possible.

En Quête de Survivants
17 Janvier 2035 - 7h17.


Le jour s'est levé tard sur le camp, en raison de la période d'hiver. Cela fait à peine deux minutes tout au plus que la nuit a progressivement laissé place à un soleil naissant, venu prendre position sur le monde global aux mille secrets et accessoirement, donnant à un petit groupe d'êtres vivants sur cette terre le signal de départ pour préparer une mission incertaine dans le but non pas de faire de la récupération, mais de sauver des congénères.

De ce qui aura été su et dit, cinq membres de la petite communauté auraient prit la route - ou plutôt la forêt - la veille au soir dans le but de visiter un ancien complexe scolaire occupé durant la contamination par un QG militaire, dans le but de combattre la propagation. Abandonné, le site fut découvert par le chef de camp, Matthew Jefferson, qui se mit en tête de pouvoir idéalement y trouver de l'armement afin de protéger la communauté. Avec Melody, Seth, Samuel & Ivy, ils partirent sur les lieux.
Ce n'est que plus tard, en soirée, que Melody & Seth revinrent seuls, dans un état de panique : ils avaient été pris à parti par des hommes armés, alertant les rôdeurs et les prenant en étau. Les choses auraient rapidement dégénéré et Ivy serait partie de son coté, alors que Samuel et Matthew auraient été coincés sur place. Par la suite, Ivy reviendra, mais aucun des deux autres membres ne fera réapparition durant la nuit.

Au matin lorsque les choses furent plus propices à une sortie et à un plan, Calvin, qui avait veillé faute de pouvoir trouver le sommeil ou des réponses à ses interrogations tintées de stress, craignant de ne pas revoir les deux hommes, fit appel à tous les volontaires de le rejoindre à l'entrée du campement, près du panneau du motel et en possession d'une arme au mieux de ce qu'ils pouvaient avoir pour qu'une mission de sauvetage puisse être menée.
Le cow-boy, bien qu'épuisé, fut au garde-à-vous devant le panneau en attente des membres volontaires, droit comme un "I" et le fusil à l'épaule tenu par la bandoulière. Il attendra que tout le monde soit présent, pour les informer de l'évolution de la situation et de l'approche envisagée. Faute de la présence du chef du camp pour prendre les choses en main.

Ricky, équipé de sa batte de baseball en métal et Clark, sans accessoire visible, viendront près de l'entrée pour assister à l'organisation. Une chose est certaine au moins, c'est que si cette mission paraissait pratiquement improvisée et que l'heure était à l'ignorance la plus totale de ce qui allait se passer et de ce qu'ils allaient trouver, ou non, sur place, il n'était pas question d'envisager une autre solution que d'aller chercher leurs alliés.

19 Janvier.

Une semaine difficile, pour certains douloureux, et pour tous volontairement ou involontairement, mortuaire. Les événements de l'expédition vers l'ancien complexe scolaire et surtout la disparition de Matthew marquée par l'arbalète ensanglantée à la corde cassée qui avait été retrouvée, laissa le groupe largement fragilisé. Ricky, s'effondrant en larmes, s'enferma toute une journée avant de se manifester à nouveau pour perdre toute la joie que l'on lui connaissait pourtant, et si Calvin prit sur lui, malgré sa tristesse, de coordonner ce qu'il restait de cette communauté, Clark était véritablement celui qui se chargeait d'organiser les biens et les besoins du camp, paradoxalement, il était plus silencieux et morose que jamais.

Deux jours étaient passés depuis le retour au complexe pour aller chercher les autres et aucun signe de Matthew, pas la moindre trace, suggérant qu'il s'était passé quelque chose de vraiment sérieux pour que cela arrive.

Au début du deuxième jour, la Ford de Nelson, le fermier en relation avec le camp qui avait la première fois amené Samuel, Ivy et le défunt Scott, apportait aujourd'hui une nouvelle tête qui semblait avoir été victime de la même résurrection que les autres. Ce fut Calvin qui les accueillis, souhaitant la bienvenue à Liam et le conviant à rejoindre le feu de camp à l'intérieur de la zone pour rencontrer les autres survivants présents alors et Clark pour lui expliquer le fonctionnement des lieux.

La discussion entre Nelson et Calvin laissa le fermier, bien que toujours discret dans l'expression de son ressenti, abasourdi. Celui-ci, ne voulant pas ajouter à l'atmosphère pesante du camp ne resta pas et reparti très rapidement en souhaitant bon courage à tout le monde via Calvin.

Doug, suite à l'expédition, avait été rapatrié souffrant et mené directement à la caravane, où Clark l'installa sur le vieux et inconfortable lit de camp qu'il avait entreposé dans un coin. En discussion avec le groupe, Calvin, soutenu par Clark, privilégia le fait que la blessure due à un marcheur de Doug pouvait être un danger pour les autres survivants et qu'un isolement était nécessaire. Sous la surveillance de Clark, celui-ci vivra une véritable et atroce agonie, qui à la surprise de tous ne s'acheva pas sur les 24h supposés de l'infection. C'est au 19 Janvier, en pleine nuit, après deux jours de souffrance, que le destin fera son choix glacial.    


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Jim


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Jim
Maître du Jeu
Ven 13 Sep - 10:32
Rédigé le 05 Août 2015

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24 Janvier.

Un coup de feu était parti, déchirant le silence de cette soirée d'hiver.

Hurlant dans la vallée de cette plaine sans vie en dehors du groupe, elle brisa le cocon protecteur des survivants du motel. Le sifflement se rapproche l'espace d'un instant, fusant d'une rapidité féroce. Une vague de sang jaillit et aspergea Samuel, le plus proche, agressant son visage et ses vêtements de sa gauche.

Clark sursauta, Ricky se figea brusquement et Calvin... se retrouva paralysé, tandis qu'une tâche écarlate apparu de là où le sang avait jaillit, s'étendant sur sa chemise et tombant de sa poitrine jusqu'à sa ceinture, se déversant sur son jean bleuâtre.
Son souffle s'étrangla, il ouvrit les yeux, de surprise et de stupeur et sous le choc, baissa lentement le regard sur son torse s'humidifiant à l'affolement, venant poser une main fatale sur le trou de son vêtement d'où il marqua sa peau et ses doigts de la trace épaisse du sang, le sien.

Et dans un gémissement d'agonie s'échappant de ses lèvres, il s'effondra en avant, son visage percutant le sol et son chapeau s'échappant de son crâne, le sable de la plaine et sa poussière recouvrant son visage déformé par la stupeur.

Aucun n'aurait pu le prédire, tous furent surpris.

Seuls Samuel, Ivy et Elizabeth, purent percevoir que le tir faisait écho depuis l'ouest, se répercutant d'où se trouvait la route, et plus loin encore, la forêt. Un coup à distance, une arme à feu meurtrière. Une cause perdue.

Panique, stress, surprise, les muscles s'activant les uns les autres et surtout, l'instinct de survie criant son règne.

Tout était allé au chaos, Ivy et Samuel s'étaient rués sur un Calvin à l'agonie, immobile, après que la jeune femme ait veillé au prompt départ d'Elizabeth vers les ruines, cette dernière s'exécutant non sans crainte pour ses camarades. Quant à Samuel, le choc, évidemment traumatisant pour n'importe qui en l'état, le perturba, l'emportant là où lui seul trouvait cohérence à sa réaction. Peut-être un souvenir qui refaisait inconsciemment surface en ce moment horrifique.

Sans pouvoir se cacher près du lac au milieu de la plaine, Frida, pour trouver le refuge qu'elle souhaitait du s'orienter vers les ruines. James se mit de même à terre, poussant Ricky, qui était frappé par l'horreur et la respiration haletante, ne réalisant pas ce qu'il venait de se passer, à se mettre à l'abri.

Le médecin constatait que Clark était resté sur place, figé en regardant le chapeau de Calvin à la bordure ensanglantée et la marque de ce même sang sur le sol sablé, le choc l'ayant déconnecté de la réalité. Il fonça pour l'aider en dépit des risques, tandis que Melody, prenant les choses en main, veilla à ce que chacun se mette à l'abri, aidant Ricky qui peinait à avancer, complètement perdu et suivie de près par James qui portait presque Clark derrière elle.

Il n'y eu aucun coup de feu supplémentaire, la plaine retrouvant son calme froid, si ce n'était le groupe qui se retrouvait agité par cette soudaine agression. De leur coté, Ivy et Samuel ayant trouvé le refuge des ruines, retournèrent Calvin pour constater son état : le visage recouvert de poussière, le buste couvert de sang et sa chemise spongieuse par la quantité qui s'était déversée très rapidement, il scrutait de ses yeux grands ouverts et déformés par la douleur, ses deux vis à vis, ne parvenant presque plus à bouger et s'efforçant pourtant de s'agiter comme il peinait à le pouvoir.

« Je... suis désolé...  » tentait-il de dire d'une voix gravissime et déchirée, souffrante en plaquant une main tremblante et baignant dans le sang sur la bras d'Ivy. « Pa... pardon... j'ai pas... j'ai pas réu....  »

Toussant soudainement, du sang jaillissant de sa bouche et coulant sur ses lèvres alors qu'il s'étouffait, un dernier souffle rauque, intense et meurtri s'en extirpa avant que sa tête ne s'affaisse sur le sol et que sa main ne glisse pour tomber à son tour, s'immobilisant sous le regard impuissant de ses camarades, ses yeux demeurés ouverts, sans vie, d'un ultime regard suppliant et douloureux.... à quoi James n'y pourra rien, en dépit de son don.

Calvin Hill, le cow-boy sympa, était mort en cette soirée d'hiver et de tragédie, après une dispute dont il emportait un pénible regret.

***

25 Janvier.

Des morts, et des morts...

Le campement des frères Jefferson, malgré tous les efforts déployés, avait été le fruit d'une hécatombe. Davis, Melina, Rani, Scott, Clarrance, Jimmy, Harvey, Wolf, peut-être Matthew disparu, Jennifer prétendument et Doug assurément, le plus récent des défunts qui avait rappelé à tous le danger des rôdeurs. Ils étaient rejoins par Calvin, le cow-boy, abattu par un tir aussi lâche qu'inattendu.

Le coup avait percé son torse à proximité du coeur, le tuant en une minute tandis que sa vie s'achevait d'excuses terrifiées envers Ivy, mais aussi tous les autres, se noyant finalement dans son propre sang par hémorragie, menant à l'arrêt de son coeur condamné. Ses yeux demeurèrent grands ouverts, accueillant la mort avec surprise et regrets. Une vie de plus...

Survivre avait été le réflexe nécessaire au groupe et c'est dans ce but qu'ils commencèrent par se mettre à l'abri, découvrant que ce tir fut isolé et que la menace s'était aussitôt évanouie, laissant le camp intact et inviolé. Cependant, le prix fut une fois de plus lourd et du choc de cette mort, les larmes suivirent. Celles d'un Clark et d'un Ricky, terrassés par la peine et une culpabilité plus insoutenable que jamais, du cadet Jefferson impuissant et surtout, dans le plus grand secret, d'un Clark coupable.
Il fallut deux heures aux deux jeunes hommes, s'étant enfermés dans la caravane pour partager leur peine à l'écart des autres, comme si une cassure marquée par cette mort avait définitivement brisé le lien d'union entre les ressuscités et le groupe initial, avant qu'ils ne parviennent à faire taire leurs larmes et se montrer à nouveau. Les yeux rouges, le regard anéanti, Ricky demanda d'une voix sans plus aucune forme de conviction le droit d'enterrer Calvin dignement, près du lac.

Malgré les risques de la menace plus forte que jamais, les entourant maintenant avec la promesse d'arriver à tout moment, les deux jeunes allèrent jusqu'au bout de leur souhait et sans pelle, creusèrent avec ou sans l'aide des ressuscités une tombe pour Calvin, qu'ils embaumèrent d'un drap blanc de la caravane. Cet enterrement, partagé par Ricky, Clark, ainsi peut-être que d'autres membres du camp, aura été fait du silence éloquent des deux amis du défunt. Ce ne fut qu'à la fin que Ricky osa gratifier le souvenir du cow-boy d'un "tu me manqueras" sincère et pour Clark un "je suis si désolé..." subtilement fautif.
L'heure n'était plus au réconfort, ni à l'union alors. L'oeuvre achevée, ils retournèrent à leur isolement, n'entendant plus l'appel et la présence de leurs compagnons et ne supportant plus ce camp au décor morbide à présent plus que jamais. Au final, comme redouté, ils attendirent les profondeurs avancées de la nuit pour sortir, équipés de leurs sacs contenant leurs possessions personnelles, Ricky batte à la main, Clark son Colt dans le dos et la clé de la Chevy Spark nourrie d'essence aux deux-tiers, pour prendre la route sans autre bruit ou signalement que le coffre utilisé et les portières claquantes illustrant leur départ. Ils laisseront la caravane et le reste des stocks sur place pour ceux qui furent leurs alliés jusqu'ici.

Un dernier regard au camp et peut-être à ceux des autres survivants qui n'auront pas trouvé le sommeil et verront les deux amis décidés à partir. Puis le moteur vrombit intelligiblement, la voiture démarra et sa silhouette s'éloigna du camp par le nord, disparaissant dans les ténèbres indicibles de la route pour laisser les ressuscités seuls.

Car à présent, ils étaient seuls, livrés à eux-même dans ce monde qui leur refusait de tourner la page de la tragédie. Leur vécu vis à vis de ces événements, leurs réactions ou non-réactions au départ des deux derniers membres du groupe initial, eux-seuls pourront le décrire.

Dans la caravane, un mot aura été laissé, écrit au stylo sur une feuille de papier à carreaux :

"Pardon, pour tout ce que j'ai dis et pour vous laisser tomber maintenant, mais nous ne pouvons plus rester dans cet endroit qui nous a prit nos proches et nos espoirs avec. Je pars avec Clark rejoindre Nelson, peut-être que là-bas on trouvera le recul et la force de continuer. Pour l'instant, on ne peut pas, les choses doivent changer si on veut avancer et le camp nous bousille le moral.

On vous donnera de nos nouvelles et on prendra des vôtres bientôt. La caravane et ce qui s'y trouve sont à vous, on prend la Chevy Spark pour le voyage mais on vous la rendra très prochainement, elle est à vous. Matthew a tout fait pour nous et on compte bien le retrouver, où qu'il soit. On sait que vous vous en sortirez, après tout c'est vous les x-mens revenus de la mort. Vous êtes des gens bien, ensemble vous survivrez pour faire manger la poussière à cet enfoiré de Marchand, à ces putains de cadavres et à tous ceux qui vous voudront du mal.

Je me suis comporté comme un con, je pensais pas un mot des conneries que j'ai dis au lac. Ça n'arrivera plus. Faite gaffe à vous.

C'est pas un adieu, juste un au revoir.

Ps : Excuse-moi Ivy, j'aurais pas dû te bousculer, je m'en veux. Un jour, je me rachèterais."
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Jim


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Jim
Maître du Jeu
Ven 13 Sep - 10:35
Rédigé le 03 Septembre 2015


Entente forcée
1ère Partie



Alors que la réunion faisait rage...

« Jamais je l'abandonnerais ! Qu'est-ce que tu ouvres ta gueule poufiasse, t'as eu des couilles quand tu t'es pointée seule comme une merde traînée dans la boue ?! Tu l'as lâché comme cette pétasse de Melody bonne qu'à donner son cul à ce tocard de Seth et à chialer ! VA TE  FAIRE FOUTRE !! » Rugit Ricky Jefferson.

Il avait littéralement hurlé et avait brusquement avancé sur la petite Ivy Lockhart en la repoussant violemment en arrière, l'envoyant au sol de toutes ses forces.

« RICKY ! » Lança Calvin Hill, le stupéfait cow-boy, tandis que Clark Blackcorn se redressait, effrayé par ce qui arrivait, lui qui était plus proche de ses machines.

Les yeux qui observaient le groupe depuis la forêt, n'avaient rien raté de la scène, car s'il n'avait pas le son, l'image lui apparaissait très nette dans le viseur de son arme de précision. Le bruissement des feuilles, dû à un petit animal, ne le perturbait pas, pas plus qu'un râle qui cette fois ne s'apparentait guère à un animal, en un écho presque lointain. Il n'avait pas peur de ce qui pourrait le surprendre, il avait cessé d'être sur le qui-vive, car ce qui accaparait son esprit alors était tout autre, ses craintes à vif, ailleurs. Ses mèches brunes en nombre tombaient devant son visage, voilant un oeil fermé frappé par un coquard, sans gêner l'autre qui était accroché à la lunette, lèvres closes - dont l'inférieur était blessée et le corps statique. La prise de ses mains - aux poignets marqués par des bleus - sur son arme ne souffrait d'aucune hésitation, ferme, assurée, envieuse d'en faire usage.
Sa mâchoire se crispa et son index près de la détente était venu l'effleurer lorsque le jeune Ricky avait bousculé la petite Ivy, achevant son élan de rage et provoquant un début d'altercation avec cette fille métisse aux dreadlocks qu'il ne reconnaissait pas, suivie de près par James - l'étrange médecin - mis en avant, puis contenue par le "costard-cravate" Samuel au moment où Calvin montait au créneau pour confronter la fille. Mais ce fut l'arme peu après pointée par Ivy sur Ricky qui fit grimper son appréhension, la réaction de Clark qui menaçait Ivy de sa propre arme, puis de Melody menaçant Clark de l'arbalète, n'y arrangeait pas. Il décala son canon de quelques centimètres pour le pointer sur Ivy et n'eut qu'à attendre, patientant jusqu'à que ce Samuel intervienne et force la fin des menaces. Finalement les choses se calmèrent. Pourtant la colère qui grondait en l'homme au fusil de précision, depuis bien avant qu'il n’atteigne le camp Jefferson, n'avait pas diminué. Il était dissimulé presque à l'orée de la forêt, allongé sur le talus, bras, tête et arme surélevés sur la route afin de les avoir dans sa ligne de mire.  

Le cow-boy reprit, Clark restait en arrière, Ricky était éloigné par James, dégageant l'angle de tir et les risques pour le jeune homme. Ces deux-ci discutaient, vraisemblablement amicalement à une quinzaine de mètres, Elizabeth prenait Ivy à part, la métisse s'allongeait un peu plus loin, Calvin était maintenant pratiquement de dos, Samuel à sa gauche, Melody était assise hors du champ. Il n'y avait plus d'obstacle, le moment était venu. Le manque de lumière n'était pas un problème pour lui, pas plus que les nuages qui couvraient le ciel. Son inspiration fut brève, sa certitude entière et ses dents se resserrèrent alors que sa longue attente était arrivée à son terme. Il replaça l'index contre la détente du fusil, bloqua son souffle, puis le coup de feu parti, déchirant le silence de cette soirée d'hiver. Hurlant dans la vallée de cette plaine sans vie en dehors du groupe, la balle brisa le cocon protecteur des survivants du motel, fusant d'une rapidité féroce.

Il vit le torse du cow-boy se percer brutalement, l'éclat de sang jaillir sur les vêtements et le visage de Samuel dans un sursaut de surprise, tandis que Ricky et James avaient commencé à revenir vers eux et se figeaient, puis sa cible s'effondra en avant et s'écrasa sur le sol sablé. Il ne tira pas de nouveau coup, il n'en avait pas le besoin. Ce qu'il voulait, c'était voir, analyser, assister à la réaction de chacun de ces individus. Il voulait savoir. La lunette se déplaçant lentement, il suivit Ivy et Samuel se ruer sur un Calvin à l'agonie, talonnés par Elizabeth, qui désigna la direction du tir, sa direction. La métisse s'orientait immédiatement vers les ruines, James poussant Ricky à terre avant de l'envoyer vers les ruines pour ensuite aller chercher Clark, tous sous l'adrénaline de Melody veillant à leur évacuation. Quand ils eurent tous disparu à l'abris des ruines, il redressa son visage, ouvrant un oeil sombre et libérant l'autre pour marquer un temps. Il avait eu des réponses, certaines et son acte, aussi cruel avait-il été, n'avait pas suffit à éteindre sa colère.

Il lâcha un soupire amer et recula sur le talus, disparaissant sous la route, puis se retourna sur l'herbe et se releva face à la forêt. Il se ferma, froid, n'affichait plus aucune émotion, aucune satisfaction, rien qu'un regard acéré qui n'était destiné à personne et au monde entier à la fois. Le bruissement des feuilles se fit entendre à nouveau et s'allia au même râle qu'il avait déjà perçu, laissant sortir de l'abris naturel un rôdeur au menton dégoulinant de sang sans doute frais, son appétit pourtant toujours aussi insatiable. Le tireur le scruta approcher sans reculer, sans le craindre. Saisissant la bandoulière du fusil pour le porter en sac sur l'épaule, il avança sans faire de détour, droit vers la forêt, droit vers le mangeur de chair qui ne levait qu'un bras désireux à son attention, l'autre probablement trop endommagé. Attendant le dernier moment, si tant est qu'il ai attendu ou prévu quoi que ce soit, il passa la main à sa ceinture, sous sa veste de cuir sans manches et tira un couteau de chasse de son fourreau, l'envoyant presque aussitôt dans l'oeil du rôdeur en passant à coté, dominant l'allonge du bras décharné par son mouvement. Il retira la lame au bruit du crâne perforé, laissa la créature achevée s'effondrer à son tour, essuya le couteau sur elle puis le rangea. Enfin, il saisit son mollet et la tira dans la forêt, dans laquelle il s'enfonça.

Ce n'est qu'au bout d'une trentaine de mètres qu'il la lâcha, sans freiner sa marche au pas de fer, continuant de s'éloigner du lieu de son méfait. Il gardait le silence, ne contacta personne, ne pensa à rien, rien d'autre qu'à la vision de l'homme au chapeau tombant pour mourir, au bruit strident du tir mortel, aux visages de ces hommes et femmes qui y avaient assisté, à celui de son parent. Une dizaine de minutes défilèrent, l'homme ayant dévié sa route, jusqu'à atteindre une clairière. Là, appuyé contre un arbre à son entrée, un autre homme semblait patienter. Son visage partiellement voilé par une épaisse capuche rattachée à son sweat de cuir brun se releva vers le tireur qui arrivait face à lui.

« Tu as mis du temps. Qu'est-il arrivé à notre ami ? » Dit l'homme encapuchonné à la voix grave et harmonieuse en le suivant des yeux.

Le premier homme avait poursuivi son avancée et passa à deux pas du second sans lui jeter le moindre regard, toujours enfermé dans son amertume et sa froideur, pour pénétrer la clairière.

« Il est entré dans la lumière, d'une balle dans la poitrine. » Répondit-il de sa voix rauque et tranchante.

« Matthew. »

Son nom prononcé par son acolyte, dont le ton marquait la proximité et la tristesse, fit s'arrêter l'aîné Jefferson dans sa marche élancée.

« Tu as fait ce que tu devais faire. »

Le chasseur et tireur ne bougea pas autrement qu'en tournant la tête de coté, s'adressant à l'homme encapuchonné sans souhaiter croiser son regard. Un temps marqué, pour répondre d'une évidence :

« Non, je ne le devais pas, je l'ai voulu. Tout comme toi. »
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Jim


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Jim
Maître du Jeu
Ven 13 Sep - 10:38
Rédigé le 05 Avril 2016

Et confrontation inévitable
2ère Partie



Extérieur de Snyder. 17 Janvier 2035, 5h53.
Quelques heures après la Quête de Moyens.



La nuit était froide, comme toutes les nuits de ce premier hiver depuis la fin du monde. Cet homme, grand d'un bon mètre quatre-vingts dix pour quatre-vingts douze kilos, se tenait dans la cour du complexe militaire, vêtu d'un jean sobre et d'un haut gris en laine surmonté d'un gilet pare-balles solidement attaché à son buste. D'une main, il soutenait son fusil d'assaut dont la bandoulière passait à son épaule et en réalité tenait bien assez d'elle-même l'arme mais son porteur trouvait une sécurité à garder la main dessus, l'autre récupérant la cigarette d'entre ses lèvres gercées d'où une volute de fumée épaisse et longue sortait. Il avait laissé son regard courir sur le camp, le portant de part et d'autre avec une nervosité bien présente, sentant un malaise particulièrement lourd à se trouver ici, en pleine nuit.

Et l'état de cet endroit justifiait à lui seul toutes les craintes de cet homme, bien que la nuit inquiétante y tenait un rôle de choix.

Le campement militaire installé dans la zone durant l'épidémie, se découpait dans l'horizon à travers une cage de métal, faite d'un grillage qui courait sur tout le périmètre et ne semblait plus tenir convenablement sa fonction principale puisqu'il était éventré de plusieurs parts en grand. A l'origine, il englobait également le bâtiment qui fut jadis celui d'une école. Ce détail avait, semble-t-il, son importance car il était tout à fait perceptible sur toutes les fenêtres, ou quasiment, puisque l'on y retrouvait des dessins enfantins scotchés maladroitement, visibles par transparence, égayant de couleurs riantes une façade sale et morose, où se découpaient par moments quelques éclaboussures de sang, des impacts de balle.  
Voire même, des pans de murs complètement effondrés, dégâts provoqués par des explosions dignes d'obus de char. Ces couleurs, rouge, jaune, bleu, vert, n'avaient alors plus le même impact dans ce chaos sanglant, attisant davantage la douleur de penser que dans l'histoire, des enfants autrefois jouant joyeusement dans cette cour de récréation, aient vu cet attirail de guerre débarquer et la mort les prendre. L'homme, bénéficiant d'une visibilité très relative, voyait tout de même ces papiers carrés recouvrir le premier étage et un frisson le parcourut, dû aux pensées de ce qui avait pu se passer ou au froid, difficile de le dire.

Le campement lui, dans l'enceinte du grillage, comportait une série de tentes militaires dont certaines s'étaient défaites sur le sol tandis que d'autres étaient percées de trous de balles à foison, probablement à l'origine assez grandes pour servir de dortoirs pour plusieurs dizaines de personnes, mais aussi pour assurer un hôpital de fortune, recueillant les blessés, voire même à but de servir de tente de commandement des opérations, ou encore d'armurerie.  

Un hélicoptère couché sur le flanc, les pales brisées par un quelconque événement, résidait en carcasse noire, témoin d'un grand feu qui en avait rongé la ferraille. Des tonnes de détritus jonchaient le sol, dont une immense partie de sacs de couchage qui avaient dû appartenir à des civils qui y avaient sans doute trouvé refuge auprès de ceux qui s'étaient garantis comme leurs protecteurs venus à leur secours, offrant soin, protection et nourriture. Une lignée, un peu plus loin, de sacs presque semblables qui n'étaient pas vides. Des sacs mortuaires, sans nul doute, qui n'avaient pas eu le temps d'être brûlés. Plusieurs étaient éventrés et vidés, deux autres déchirés également mais contenant encore la dépouille de deux rôdeurs, l'un la tête explosée, l'autre devant probablement avoir la sienne creusée puisqu'il était inerte. Tous les sacs ou presque se voyaient criblés de balles.

Dans ce campement régnait le chaos et l'aura harassante de la mort et de la terreur, véritable cimetière de cette folie apocalyptique. Il y avait des corps et des corps. Peut-être une vingtaine, peut-être plus, étalés sur le sol un peu partout de chaque coté des tentes et contre celles tombées. Si nombre étaient d'anciens humains adultes, d'autres étaient d'anciens enfants d'un âge parfois trop jeune, que la mort avait happés bien trop tôt d'une des plus horribles façons. Plus il regardait ce décor horrifique, plus il se sentait mal à l'aise et quand plusieurs coups de feu éclatèrent à l'intérieur du bâtiment, il sursauta de sa position en lâchant sa cigarette qui s'écrasait sur sa chaussure pour rouler ensuite jusqu'au sol, l'homme crachant un « bon sang » à la fois irrité et stupéfait, s'empressant ensuite de saisir son talkie-walkie accroché à sa ceinture avant de gronder :

« Mais qu'est-ce que vous foutez ? Vous les avez toujours pas trouvé ? »

La radio portative s'enclencha quelques instants après en laissant nettement entendre une autre voix masculine, plus grave, répondre.

« On est tombé sur des bouffeurs, ces saloperies nous ont surpris dans une classe. Il y avait même une gamine avec la gueule dévissé du reste, c'est dégueulasse... »

« Ces types, vous allez vous décider à les trouver ou je dois venir vous mettre mon pied au cul pour que vous vous magniez ? » Répliquait-il presque instantanément après avoir enclenché la radio.

« On les cherche, ils ont dû trouver une bonne planque. » Rétorqua le récepteur.

« Le boss va bientôt arriver, je lui dis quoi ? Qu'à cinq vous avez pas réussi à trouver deux types dans un putain de bâtiment scolaire en trois heures ? »

« Il fait nuit, il y a des dizaines de salles de classe et les couloirs sont grands, sans parler des bureaux du rez-de-chaussé, on a mis une demie-heure pour fouiller ce coin, tout est retourné ici, c'est un vrai bordel, l'avancée est laborieuse. »

« Laborieuse... je vous en foutrais du labeur. Dépêchez-vous avant qu'il arrive, j'ai pas envie de devoir expliquer à Soulstrange qu'on a pas pas réussi à choper un seul de ces types ! Je préfère encore rester ici avec les bouffeurs que de finir dans son caveau. »

« Scott et Turner sont restés en bas pour continuer à chercher et empêcher une éventuelle sortie, on s'occupe des étages. On va les trouver, même si je me demande pourquoi on insiste pour ces clowns, on a eu la blondasse muette, ça suffit pas ? »

« Cette fille c'est qu'une emmerdeuse et l'un de ces types, celui avec l'arbalète, je suis sûr que c'est celui sur qui le big boss veut mettre la main, Jefferson, j'ai reconnu sa gueule. Quant à l'autre c'est un de ces dégénérés et le big boss aime quand on lui en apporte. Si on revient à la base avec trois prises comme ça, c'est la promotion assurée. Tu veux rester un larbin ou tu veux grimper les échelons ? »

« Tu rigoles ? J'en ai marre de faire le sale boulot et de crapahuter en plein milieu de la nuit, j'aimerais bien pouvoir me faire mon harem moi aussi et me gratter les burnes devant... »

« Alors grouille. » Coupa l'homme sèchement.

« Ok ok, on s'active. » Rétorqua le second au bout de la transmission.

Grinçant des dents en lâchant une expiration rauque et énervée, l'homme coupa son talkie-walkie en marmonnant des injures entre ses dents, dont un entendu « connard », puis rangea l'outil de communication à son emplacement initial, ramassant sa cigarette au sol d'une main en jetant un nouveau regard plein d'appréhension autour de lui, puis se mit à faire des allers-retours lents et avec attention jusqu'au grillage, laissant au final sa cigarette tenue par ses lèvres tout en saisissant son arme à pleine poigne. Le temps passa et il fut long, très long. Dix minutes, vingt, quarante puis cinquante cinq... il arriva à une heure complète sans nouvelles de ceux présents dans la bâtisse et à ce moment là, il ne surveillait plus rien, faisant les cent pas rapidement des tentes à vingt mètres sur le coté en jetant des regards colériques et bien au-delà de l'impatience vers le bâtiment. Il se jurait de les abattre jusqu'au dernier s'ils ne se faisaient pas connaître dans les cinq minutes.

Un cri survint, un cri d'effroi et de douleur qui cassa littéralement le silence de ces lieux et fit sursauter l'homme dont la cigarette, énième allumée depuis son échange radio, tomba encore une fois au sol avec légèreté, un contraste au reste de ce qui se déroulait. Il braqua son arme vers l'endroit d'où était venu le cri, au milieu des tentes et son cœur se mit à battre fort, très fort. Cette voix perçue avait été celle d'un homme et le ton, malgré la déchirure de ses cordes face à ce qu'il avait dû subir, lui rappela assez vite l'un de ses acolytes par son manque de gravité en comparaison des autres et qui fut évident dans son hurlement.

« Turner ? » Appela t-il d'une voix forte presque malgré lui. « Turner c'est toi ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Turner ? Réponds merde ! »

Et bien sûr aucune réponse ne vint, rendant son injonction idiote sur le moment mais il s'était adressé à lui sans penser, ou en souhaitant ne pas croire, qu'il ne puisse pas répondre. Tout était de nouveau silencieux, il écouta en avançant lentement vers les tentes, le doigt sur la détente, scrutant avec une attention et une appréhension de tous les instants, quand un nouveau cri, cette même voix à peine perceptible en revanche car étouffée par quelque chose qu'il ne comprenait pas, l'interpella et ce coup-ci, il ne réfléchit pas plus et se mit à courir en passant entre les tentes, se faufilant au-delà de deux de plus avant de braquer son arme à gauche puis à droite et ce fut son erreur, qui n'aurait probablement rien changé à la conclusion pour autant. Il n'eut pas le temps de voir ce qui l'avait frappé en plein visage, faisant jaillir du sang de son nez qui venait de se briser à l'impact et dont la peau se déchira aussitôt, tout son crâne vibrant avec intensité.

Emporté par un torrent de douleur, il lâcha son arme qui trouva sa place sous son buste, retenue par la bandoulière et s'écroula au sol en arrière, son dos percutant d'abord le sol, puis sa tête, provoquant un double-choc dont la brutalité fut moindre - si l'on pouvait le considérer ainsi - mais le cumul ajoutant à la souffrance qui parcourait l'ensemble de son crâne et de son visage, le laissant à moitié K.O. Ses mains tentèrent maladroitement de soutenir son visage défiguré par cet unique et d'une extrême violence coup, ses pensées se tordirent dans l'incohérence et il resta désorienté. Il bascula sur le coté et malgré que sa vision fut floue et incertaine, il crut percevoir au sol son agresseur tomber après lui, révélant une arbalète pleine de sang et derrière celle-ci, le corps peu bâti et le crâne rasé de Turner, celui-là même qu'il avait tenté de secourir, affalé sur le ventre et inerte, son regard venant dans sa direction déformé par la peur, le supplice et les coups reçus sans pitié, baignant dans une marre de sang qui grossissait à vue d’œil et qui semblait partir de sa gorge ouverte sur toute la longueur. Sans qu'il ne puisse essayer de se débattre, quelque chose, ou plutôt quelqu'un, l'agrippa par le gilet pare-balles et le hissa presque assis, lui parlant d'une voix grave et colérique dont il ne percevait qu'un écho d'abord inintelligible, avant de mieux en distinguer les mots après quelques instants.

« Réponds ! Où est la fille muette ? Où vous l'avez emmené ?! » Rugissait-il en le secouant, mais il avait l'impression que sa bouche avait été explosée avec le reste et que jusqu'à la moindre de ses forces s'était envolée. Il n'était plus qu'une poupée docile entre les mains de cet homme dont les yeux sombres étaient voilés de longues mèches brunes et son regard, était celui d'un animal. « Tes hommes sont morts, il n'y a plus personne pour te sauver la mise. Dis-moi où elle est ou je te découpe le visage en morceaux et je t'arrache les yeux pour te les faire manger avant de te donner en festin aux rôdeurs. »

La mort, il l’apercevait à présent, proche, inéluctable, tout comme le couteau dont il voyait l'épaisse et dentelée lame dépasser dans son champ de vision, tenue dans une des mains qui l'agrippaient. Cependant, il se sentit retomber sur le sol quand l'homme le relâcha, ainsi que sa vision défaillir de plus en plus et son esprit s'éloigner de son corps, mais il perçut tout de même la silhouette de son agresseur qui s'était redressée subitement et retournée vers quelqu'un, ou quelque chose, avec l'intention de porter le poing et la lame, puis un nuage gris le recouvrit de façon plus soudaine encore et quand il fut dissipé après de courts instants, l'homme tombait à genoux, son corps dont les bras très musclés étaient visibles en l'absence de manches à sa veste de cuir, pris de sévères crispations illustrant une tentative de lutter avec quelque chose d'invisible, avant qu'il ne s'effondre à son tour sur le dos au sol, le couteau échappant de ses mains alors qu'il était pratiquement figé, mêlant de légères et incontrôlées convulsions. Lui-même qui assistait à la scène avait tenté de se remettre sur le coté en vain et finit par avoir de plus en plus de mal à percevoir ce qui l'entourait, si ce n'est sa respiration qui résonnait davantage dans son être.

Luttant pour ne pas sombrer, il vit une autre silhouette s'avancer au-dessus de son agresseur neutralisé, statufié et ce qu'il en distinguait lui frappait le peu d'esprit encore intact car cette silhouette, il la connaissait et la redoutait profondément : grande, imposante, couverte d'une épaisse et longue veste de cuir brun qui en cachait ses pieds de profil, son col plus épais encore d'une fourrure grisâtre. Son crâne, son visage, étaient imperceptibles, car ni cheveux ni peau ne s'observait, cachés par un masque à gaz d'excellente facture surmonté d'un casque digne des fantassins de la seconde guerre mondiale d'il y a des décennies. D'une marche lente et sereine, il avança au-dessus de l'agresseur et se mit de face, dévoilant des bottes plus massives que de vulgaires rangers, aussi brunes que son accoutrement.

« Matthew Jefferson, l'homme-archer qui a donné tant de fil à retordre à notre organisation, tombé dans le piège de l'attachement et des sentiments sacrificiels pour finir maîtrisé comme un animal. » Sa voix était grave et rocailleuse, déformée par l’empreinte métallique de son masque à gaz. Elle vrombissait d'un certain écho, calme et glaciale, inhumaine. « Inutile d'essayer de lutter contre le sort, vous ne faites qu'accroître la douleur. Voyez comme la force et la colère sont impuissantes face à la glaciale et prévoyante ruse qui ne s'égare jamais, sentez le gaz se répandre dans votre corps et paralyser tous vos muscles, sans que vous ne puissiez rien y faire. Car c'est ainsi que l'être savant capture la bête, en l'attirant grâce à l'odeur de la chair et du sang, celui de votre amie, qui a refermé le piège et sa mâchoire sur vous. »

La silhouette dominatrice vint poser un genou à terre près de l'homme paralysé, penchant son visage masqué vers lui en amenant une main qui elle seule était sans apparat et témoignait de son humanité, faite d'une peau blanche qui vint caresser du dos la joue du captif, achevant ses paroles sur un ton plus doux et plus grave encore.

« Le plus grand don que Dieu, dans sa largesse, fit en créant, le plus conforme à sa bonté, celui auquel il accorde le plus de prix, fut la liberté de la volonté. Ma volonté vous a conduit à votre perte et à présent, vos protégés ne pourront plus se reposer sur la vôtre, une volonté qui vient de disparaître, en même temps que vos espoirs de survie. Ne reste alors que mienne pour décider de leur devenir et ce devenir sera peine et souffrance. Bienvenue en enfer. »

Sans que l'homme paralysé ne puisse répondre, il finit par retirer sa main de son visage et se redressa debout, une autre silhouette plus agitée arrivant à pas rapides près du maître du feu, laissant entendre une voix féminine ferme.

« Toute l'unité a été décimée par l'archer, il ne reste que celui-ci. Elle avait confirmé la présence d'un second homme, à priori blessé, devons-nous le récupérer ? »

« Non. » Rétorqua la voix rocailleuse. « Laissez cet homme, son heure n'est pas encore venue et l'on n'étouffe pas l'être qui tend à s'accomplir. Emmenez monsieur Jefferson et ramassez le survivant également, son dévouement mérite récompense autant que son échec punition. Il va vivre et souffrir, ainsi s'illustre ma magnanimité. Que l'on apporte les créatures pour l'accueil des sauveteurs qui viendront bientôt et laissez deux hommes sur place pour qu'ils ne se chargent du ressuscité blessé qu'à l'arrivée des autres, cet acte n'est pas encore achevé. »

Celui qui assistait à la scène dans une semi-inconscience, lâchant une expiration à l'écoute de son sort, finit par abandonner toute résistance et se laissa sombrer dans les ténèbres, d'où il souhaiterait ne jamais se revenir.

Peu de temps après, viendra une nouvelle Quête de Survivants.


Fin.
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