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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Décider des ruines - 14/04/35
 :: Safe Zones :: Le Perchoir :: La vie du Camp

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James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Mar 12 Nov - 23:50
Interprété par James Everett, Jena Higgins et Elizabeth Evans.


James venait tout juste de quitter le bureau après ses derniers mots à Jena, ne trouvant pas la force d'affronter plus longtemps ce regard duquel il se sentait coupable d'insuffisance à tout ce qu'il aurait du paraître : son rôle de meneur, ses beaux discours, sa solidité en vérité fragile, il en venait à vouloir écraser cette fichue vidéo sur laquelle il avait enregistré à peine quelques jours plus tôt un message qui n'avait plus de sens et plus encore, qui lui semblait le ridiculiser plus qu'autre chose à présent étant donné le médiocre résultat qu'il avait fourni à ce campement.

Sans regard sur le couloir, il avait aussitôt rejoint d'un pas cependant assez lent et dépité, la porte juste à sa droite, tournant la poignée pour pousser le battant dans un grincement prolongé jusqu'à ce qu'il lâche prise en laissant ainsi grand ouvert. Son regard passa sur le poste-radio par lequel cette journée maudite avait commencé après une nuit infernale : l'appel radio de Nelson. Il crispa la mâchoire en gagnant la grande table centrale, poussant d'un mouvement du talon une branche de cette étoile métallique qui tenait les roulettes du fauteuil de bout de table. Dans son mouvement, ses yeux guettèrent l'entrée pour vérifier si Jena le rejoignait tout de suite ou préférait avoir un moment de solitude qu'il se garderait bien de reprocher, bien au contraire, il aurait été normal de sa part d'avoir besoin d'un peu de tranquillité et surtout pas du regard pesant et incertain qu'était le sien en cet instant.

Sa chevelure châtain avait partiellement décomposé la vague coiffe vers l'arrière qu'il s'était fait la veille, une multitude de mèches plus ou moins épaisses tombant sur ses cotés et devant son visage, tandis qu'il s'asseyait sur le fauteuil en inclinant le regard sur cette surface boisée plus clair que celle du bureau. Comme s'il s'interdisait à s'affaler, il restait droit en posant les feuilles qu'il avait gardé en main retournées, craignant ou redoutant d'apprendre ces nouvelles véritablement catastrophiques pour eux dans un pareil moment, Jena qui avait déjà tant à supporter et Elizabeth pour leur passé et leur amie perdue, avec le sentiment d'être moins un véritable leader qu'une sorte de comptable des pots cassés et des pertes. Il se sentait minable, se frottant les mains jointes dont les coudes rattachés par ses avant-bras trônaient sur table.

Ces événements auraient pu être pires, on peut toujours faire pire bien qu'il en venait à croire que le pire serait simplement l'ultime débâcle à ce stade, mais il savait aussi que tout ça aurait pu bien mieux se passer, être bien mieux mené, et il se jugeait directement responsable car c'était cette responsabilité qu'il avait prétendu être capable d'assumer devant tous ces gens dont la plupart avaient disparu maintenant, ce qu'il en restait pris en tenaille entre la peine et la ruine. Tel un condamné sorti du couloir de la mort pour affronter les regards de ceux à qui il avait causé tant de mal, il attendait alors que Jena et Elizabeth soient présentes pour affronter les regards de celles à qui il n'avait pu empêcher tant de maux, contrairement à ses promesses. Jena plus directement, Elizabeth sur le plan psychologique et celui de la foi et de l'espoir, que lui-même avait abandonné de dépit.

Jusqu'à ce que l'une et l'autres soient toutes deux présentes, il ne dirait pas un mot ni ne redresserait le regard, portant ses mains à ses lèvres pour crocher une dent supérieure de son ongle de pouce, le rongeant sensiblement.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba11136/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (136/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1099/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (99/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Mer 13 Nov - 19:54
Plongée au cœur de ténèbres bienveillantes, Elizabeth dormait à poing fermé, couchée sur le flanc tandis que ses cheveux bruns auréolaient l'oreiller dans un chaos désordonné. Son souffle, pourtant aussi profond que son sommeil, changea brutalement dans un sursaut d'angoisse, les battements de ses veines propulsant brusquement un afflux sanguins généreux, la forçant à ouvrir les paupières avec la certitude que le monde s'écroulait sur elle. Pourtant, ce ne fut pas les ruines et la poussière que ses yeux sombres perçurent dans l'obscurité partielle de la pièce dans laquelle elle se trouvait, ni la mort au bout du chemin comme le tambourinement du maestro qui battait la cadence dans sa poitrine la forçait à croire, mais bien cette chambre qui était devenue sienne et celle de James quelques jours plus tôt. Les murs étaient sobrement marmonnés, tranchés des ombres des stores californiens à demi-clos qui rappelaient alors l'allongement de barreaux de prison. Cela avait de quoi poussait l'ironie de la situation à son paroxysme lorsqu'à cette pensée, elle finit par récupérer la pleine possession de ses idées, bien que partiellement claire : ce n'était pas une attaque, comme elle le craignait systématiquement lorsqu'elle cherchait le repos, depuis plusieurs mois déjà, mais bien les cris aussi strident que doux d'un nouveau né qui réclamait une attention dont il dépendait pour sa survie.

Lorsque le quatuor était rentré de cette mission de sauvetage, elle-même ayant vu les minutes, les heures, défiler avec une angoisse aussi profonde qu'invivable, elle en avait été profondément choquée et décontenancée par l'apparition de cette âme supplémentaire, autant qu'à la découverte de leur regard, à tous. James, Ivy, Kyle, Jena. A elle seule, cette nuit-là semblait avoir fait plus de dégât que n'importe quelles épreuves qu'ils avaient eu à endurer jusque lors. Elle n'avait pas eu besoin de plus de quelques minutes à passer son regard de prunelles à d'autres, qu'elle savait déjà, à son grand damne, qu'ils en étaient sortit moins indemne que leur corps, bien que meurtris, ne lui laissaient croire.

Elle avait recueillit ce petit bout de chaire encore rosie du sang de sa mère sur son corps, les mains tremblantes d'impuissances immédiates, et en cet instant, Elizabeth s'était sentit à la fois dépossédée de toute ses forces et l'instant d'après galvanisée d'une énergie nouvelle, comme une claque qui lui avait fait prendre conscience que le seul moyen d'aider les siens n'était surement pas de se plonger dans une paralysie oppressive et déplacée. Elle avait fait du mieux qu'elle pu pour les débarrasser de ce poids supplémentaires sur leurs épaules, s'occupant, bien que novice en la matière, de ce petit être né en enfer. Et bien que le désarroi fut maître d'une ambiance plus que lourde, étendant le drapeau de son emprise despotique sur un monde que plus personne ne voulait désormais, Elizabeth semblait s’être donné pour mot d'ordre et cheval de bataille d'apaiser autant qu'elle pouvait les peines, les plaies et les noirceurs. Elle ignorait encore si elle en aurait la force, et si l'échec n'achèverait pas de sa peinture noire ce tableau déjà sombre, mais elle se refusait d'y penser.

Ses deux mains fraîches trouvèrent le chemin de son visage encore embarrassé par les brumes d'une trop courte nuit, frottant sa peau ayant perdu de sa douceur d'antan, ses paupières creusées par les cernes et l'humidité de sa fatigue, massant ses tempes jusqu'à plaquer sa crinière sombre et désordonnée vers l'arrière de sa tête tandis que ses deux jambes nues basculaient hors du matelas et que ses pieds trouvaient l'appui frais du parquet à son contact. Avec l'approche de l'été, et malgré l'absence d'un moyen de chauffage décent, les températures devenaient de plus en plus agréable, même la nuit. Elle n'eut qu'à se pencher pour récupérer l'enfant, dormant dans son couffin à même le sol, dont le hurlement ne parvenait plus à être ignoré, jusqu'à l'emmener à hauteur de son épaule, offrant à sa tête le confort protecteur de son tee-shirt un peu trop grand pour elle, le contact de sa peau, sa gorge appuyant sur son front dégarni et son odeur rassurante pour espérer l'apaiser. Ses jambes trouvaient finalement la force nécessaire pour la propulser hors du confort du lit, pour l'exercice de quelques pas qui auraient l'assurance de bercer la fillette.

Un bâillement fort sonore ponctua l'apaisement que semblait trouver le bébé, hoquetant des restes de larmes salés sur ses joues de poupon maigrichon. Ses pas les portèrent toutes les deux, aléatoirement dans cette ancienne chambre d'officier, allant de la porte à la fenêtre, passant par la salle de bain dont le battant était resté entrouvert, jusqu'au mur opposé, tournant, d'un côté, puis de l'autre, sans autre logique que celle de l'aléatoire généré par un esprit endormi. Les minutes passèrent, de longues minutes tandis qu'Elizabeth s'abstenait toujours toutes pensées, se contentant des bruits que ses pieds généraient sur le sol, et de nouveau cri, plus lointain, plus adulte, plus déchirant encore pour un cœur qui s'y voulait réceptif. D'un geste lent, la paume de sa main qui barrait le dos de l'enfant, se déposait sur son oreille apparente, cherchant à obstruer cet inconfort à celle qui semblait souhaiter à nouveau le repos, tandis que le regard de la femme qui la portait se déplaçait sur l'extérieur, au-delà des lamelles de tissu, comme pour fuir cette réalité bien trop tragique.

Le soleil émergeait de sa couche d'horizon tranchée par la petite forêt qui bordait leur refuge en un halo si orangé que la cime des arbres semblèrent s'embraser. Le monde civilisé tel qu'ils l'avaient connu était tombé, mais il y avait des choses, qui allait bien plus loin que la préoccupation de leur maux si humain. Qu'est-ce que les astres en avaient bien à faire après tout ? Pour eux, cloîtré à leur misérable condition, il n'y avait pas d'échappatoire possible. Tôt ou tard, chacun aurait à assumer les démons qui sommeillaient en eux, pour que ni le corps, ni l'esprit, ne soit plus une prison.

Ses yeux se fermèrent lorsque, dans un sanglot brisé, les cris cessèrent enfin, les laissant à nouveau, seules. Quelques balancement de hanches supplémentaires parvinrent à satisfaire le besoin de l'enfant désormais assoupi, lui permettant de retrouver le confort serein de son petit couffin en seul vestige de son passé. Quel avenir pour cet enfant ? Quel espoir ? Quel exemple pourrait-elle prendre ? Tant de question qui ne trouvaient réponse et n'en trouveraient sans doute qu'à l'instant fatidique où il faudrait s'y confronter.
Désormais trop éveillée pour retrouver le sommeil et trop submergée de pensés qu'elle aurait désiré éviter, ses pas la portèrent vers la pièce attenante, plongeant immédiatement et sans retenue dans cette vive obscurité qui se trouvèrent percé qu'à l'appel du craquement d'un briquet. Une petite flamme salvatrice en jaillit entre ses doigts resserrés sur l'engin, repoussant les ténèbres d'un halo de lumière vacillant entre ses mains. D'un geste lent et précis, elle porta l’iridescente à la mèche d'une bougie sur le rebord du lavabo, dévoilant au miroir qui lui faisait face son image d'une intense pâleur marqué par quelques ombrages jaunis.

Un jour nouveau été né. Un autre jour sur ce monde flétrit. Un autre souffle douloureux qui n'a jamais fait autant sentir vivant. Ses doigts se déplièrent, se tendant vers la surface plane et réfléchissante qui lui renvoyait son visage, se déposant sur la courbe de son front et descendant, dans un frottement léger, le long de sa joue reflétée. Les yeux de James se superposèrent aux siens, dans l'écho de ses pensées, lui renvoyant son image comme ses souvenirs bien vivace lui traçaient, les lignes qui le représentait, lui. Elle se trouvait idiote dans sa contemplation imaginaire, à cette idée qu'elle ne possédait alors rien de lui. Et s'il disparaissait ? Combien de temps parviendrait-elle à conserver son visage en mémoire ? Que conserverait-elle de lui que le temps ne pourrait effacer ? Y survivrait-elle seulement ?

Un bruit si léger et presque imperceptible la ramena à nouveau dans la réalité, laissant son souffle en suspend. Elle attendit, dans le silence, immobile, le regard seulement déporté sur le côté, jusqu'à ce que le son lui parvienne à nouveau : celui d'une main timide frapant sur le bois d'une porte close. Elizabeth prit le temps d'une expiration puis, une inspiration à peine perceptible entre ses lèvres restées entrouvertes, avant qu'elle ne vienne souffler la mèche à peine consumée de la bougie, forçant les ombres à l'envelopper toute entière. Prestement, bien qu'avec précaution, elle regagna la chambre et ouvrit la porte avant que l'impatience ne s'empare du visiteur. L’entrebâillement de la porte dévoila le visage rond et juvénile de Kenzie, la toute jeune femme qui avait rejoint leur groupe tout précocement, qui se délesta alors du message porté à son attention.

Il ne fallut que quelques instant supplémentaire pour qu'elles n'échangent alors leur rôle, Elizabeth s'étant glissé dans un jean pâle, restant pieds découverts. Elle ne s'occupa pas d'orienter ses pensées sur les innombrables possibilités qu'il y avait à demander sa présence d'urgence dans la salle de réunion de si bon matin, bien qu'elle se préparait psychologiquement à une nouvelle claque sans doute. Était-il arrivé quelque chose à Cornélia ou Léonard ? Ou les deux ? Elle savait qu'ils avaient été dépêchés de trouver les médicaments qu'elle avait mandé pour Kyle et du lait en poudre entre autre matériel de soin pour la petite, qui ne possédait toujours pas de prénom d'ailleurs. Elle ne lambina pas sur le chemin, ses pas portant directement vers la salle de réunion, passant devant la porte du bureau de l'Officier sans s'y attarder, jusqu'à rejoindre celle de la deuxième plus grande pièce de l'étage.

Laissée ouverte, elle en franchit doucement le seuil, les pas aussi silencieux que possible par leur absence de chaussures, faisant face alors au flanc d'un James plus accablé que jamais. D'un lent clignement d’œil, ses paupières cloisonnant un instant ses pupilles avant d'en refaire les contours de la silhouette du médecin, elle vint agripper sa lèvre inférieure entre ses dents, la pinçant un bref instant avant qu'elle ne reprenne place en un glissement léger.

« James. » S'annonça t-elle, dans le cas où il n'aurait pas entendu sa venue, le ton aussi léger que possible presque porté par son seul souffle et un pincement proche du sourire au coin des lèvres comme si elle voulait permettre à sa présence de le rassurer un temps soit peu.

Elle s'avança alors vers lui, chaque mouvement n'étant que l'écho de son regard qui ne cherchait pas à obtenir la moindre réponse mais davantage en tentative d'approcher un animal blessé, par la prudence et la douceur jusqu'à parvenir à sa hauteur. Sa main prudente aurait alors trouvé le contact de sa joue à la pilosité drue, sans rien prononcer d'autre.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1173/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Jeu 14 Nov - 16:28
Je ne pouvais que détourner le regard en baissant la tête, contemplant l’effet de mes quelques mots sur James. Il me paraissait tellement abattu, déjà quand j’étais arrivée à l’entrée de cette pièce mais là… Quelque part, je ne pouvais m’empêcher de me le reprocher en mon for intérieur, d’être à ce point incapable de savoir me taire et garder les pires choses pour moi. Il n’avait pas eu besoin de le savoir, ne l’avait peut-être même pas voulu. Mais pour la seconde fois aujourd’hui, je m’étais comportée comme une garce, assénant un énième coup douloureux à un homme qui portait déjà bien suffisamment sur ses épaules. Lorsqu’il passa la porte, je lui murmurais quelques mots avec difficulté.

“Je te rejoins dans quelques minutes…”

C’était tout ce que je pouvais lui dire en confirmation de ma présence à sa requête. Je n’avais pas pu trouver la force de relever les yeux pour lui dire cela, préférant la fuite, une nouvelle fois. Et juste après lui, alors qu’il bifurquait vers la salle de réunion d’un pas lent, transfigurant sa peine, je me dirigeais guère plus rapidement vers le dortoir. J’avais besoin de quelques instants de solitude, retrouver mes idées, rassembler mes pensées. Je n’en demeurais pas moins interrogative sur la raison de cette réunion. Quel genre de nouvelles - sûrement mauvaises - pouvait bien avoir James pour invoquer une réunion à huis-clos ? J’avais un mauvais pressentiment sur tout ça, et ça ne m’enchantait absolument pas. Pas aujourd’hui, pas après tout ça. J’implorais mentalement un quelconque être divin à ne pas s’acharner un peu plus sur nous.

Quelques minutes plus tard, je ne pouvais empêcher un long soupir de soulagement de quitter mes lèvres en voyant le sang filer dans le siphon des toilettes sous le déversement de la chasse d’eau. J’essuyais les larmes qui m’étaient brièvement montées aux yeux, cherchant une bien maigre satisfaction partout où je pouvais la trouver ; fut-ce dans le flot poisseux de quelques menstruations qui m’assurait que ce Sean ne me laisserait rien de plus que des cauchemars et du dégoût. Je m’aspergeais longuement le visage d’eau fraîche, remettant de l’ordre dans ma crinière blonde et drue, cherchant à gommer les affres des derniers évènements.

Je prenais de longues et profondes inspirations en sentant la fraîcheur de l’eau me revigorer la peau, de quelques ruissellements piquants sur les plaies de mon visage, apaisant à peine la chaleur des ecchymoses. Durant ces maigres instants, je trouvais une très brève échappatoire à la lourdeur de mes pensées. C’était peu, mais je le prenais là encore. J’en avais besoin, plus que je ne le concevais. D’autant plus si James allait à son tour nous asséner de nouveaux coups au mental et au coeur. Comme si l’état de Kyle n’était pas une peine suffisante à ce dernier.

Finalement, j’avais rejoins la salle de réunion de quelques pas plus rapides qu’à l’aller, consciente que je me faisais certainement attendre. Une supposition qui fit vérité quand j’entrais dans la grande pièce et découvrais la présence d’Elizabeth. Je frappais mollement à la porte pour m’annoncer, désireuse de ne pas m’immiscer dans leurs échanges ni les surprendre dans un hypothétique instant d’intimité bien à eux. Et au fond de moi, je les enviais affreusement de s’avoir l’un pour l’autre dans pareils moments de douleur. Mon seul véritable complice ici n’était pour l’instant capable que de hurler sa détresse, attaché à une conduite comme un vulgaire ennemi. J’attendrais le temps nécessaire au couple pour en terminer entre eux si tel était le cas.

Je saluais alors Elizabeth d’un léger signe de tête et d’un tout aussi discret mouvement de la main, ne parvenant même pas à lui adresser une esquisse de sourire plus aimable alors que j’étais pourtant soulagée de la voir ici. Sa seule présence - malgré sa petite taille et sa carrure rendue plus menue encore par la taille trop ample de son tee-shirt - avait quelque chose de rassurant. La brune dégageait cette inexplicable aura de sagesse bienveillante, mâtinée de cette douceur qui semblait lui être si propre. Une situation qui n’était pas sans rappeler ces quatre jours passés sur le toit du centre commercial. Une épreuve qui me paraissait aujourd’hui bien dérisoire, à peine difficile, comparée à celles des derniers jours. La jeune femme s’était alors montrée digne de sa réputation que je ne lui connaissais pas encore, à s’enquérir de la santé de chacun, à poser les mots justes et désamorcer les tensions. Aussi fine et indomptable qu’un roseau soumis aux vents et aux tempêtes, et aussi douce que la quenouille de celui-ci, en apex de son insoupçonnée solidité.

Finalement, je m’approchais de l’un des fauteuils glissés sous la table, le faisant lentement rouler sur le parquet afin de m’y asseoir, assez lourdement. Je déglutis en laissant ma tête reposer contre le sommet du dossier, un soupir en ponctuation finale à mon installation. Je croisais mes mains derrière ma nuque, les pressant même pour soulager la tension et les crispations qui avaient gagné mon cou sous le poids bien trop lourd de cette tête bien pleine de ressentiments. Je fermais les yeux quelques secondes, prenais une inspiration bruyante par le nez avant de finalement ramener mes mains jointes devant moi, comme une prière, mes lèvres pressées sur le flanc de mes index, les coudes en appui sur les accoudoirs.

Je rouvrais mes yeux azurés pour les poser sur le médecin, avec au coeur de ceux-ci les prémisses d’une résignation fataliste à l’entente de ces futurs mots, craignant déjà ce qu’il avait à annoncer.

“Allons-y.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Sam 16 Nov - 0:33
Enfermé dans son mutisme et son appréhension, James était resté d'abord absent même quand la voix d'Elizabeth lui parvint alors que paradoxalement, l'entendre lui faisait un bien intense. Cependant c'est quand elle s'approcha pour poser sa main sur sa joue barbue qu'il ferma les yeux d'un certain soulagement en relâchant ses propres mains, rouvrant le regard qu'il relevait sur sa compagne après quelques instants. D'un mouvement il revint droit près du dossier de chaise, le faisant quelque peu basculer et prit sa main de la sienne pour l'étreindre, la caresser du pouce puis l'embrasser tendrement en plissant les lèvres d'une tentative ratée de sourire qu'il aurait voulu lui offrir pour la rassurer en retour, en vain.

« Viens t'asseoir. » Lui dit-il alors avec une douceur dans la voix qu'il parvenait seulement à poser faute d'avoir d'autres mots à lui faire entendre, ne trouvant guère d'approche pour la préparer aux annonces qu'il avait à faire.

C'est à ce moment-là que les coups portés attirèrent son regard, avisant la triste silhouette de Jena qui lui fit retirer doucement sa main de celle de Liz pour la laisser prendre place librement tandis qu'il scrutait la blonde de lèvres à présent fermement closes, le visage marqué de cette peine qu'il ressentait toujours intensément à son égard, incapable de la contenir malgré lui. Il n'insista pas de ses yeux pour autant et rabattit son attention sur la table où se trouvaient les feuilles retournées, s'en saisissant d'une senestre assez incertaine et hésitante non dans le but d'en faire part tout de suite, mais simplement par le besoin d'avoir un geste quelconque qui lui permettrait d'accrocher quelque chose de tangible, sa langue passant de sa pointe visible entre ses lèvres pour les humidifier.

Au son des roues et des cylindres de pivotement des chaises, il attendait patiemment, faisant presque durer le moment que toutes les deux soient pleinement installées tandis que Jena finissait par poser le son de sa voix résignée et emprunte de ses brisures. Ses yeux clairs se redressèrent sur ceux azurés de la blonde, détaillant un instant ses iris plus ternes pendant que quelques mèches venaient toujours trancher sa vision de leur fine gêne foncée. James bloqua ainsi quelques instants puis détourna le regard pour trouver les iris infiniment plus sombres encore d'Elizabeth, marquant de même quelques instants de contemplation de ce doux visage qu'il affectionnait sans qu'un mouvement de lèvres ne parvienne à naître.

Au terme, il inclina une nouvelle fois le regard sur les feuilles et la table, entrouvrant enfin les lèvres, toujours pour ne rien dire cependant, restant muet un court mais sensiblement long temps encore dans un moment de suspens involontaire. Il ne pouvait pas faire l'impasse, bien qu'il n'avait aucune idée de la façon dont les deux femmes prendraient individuellement la destruction de Hope, le médecin était au moins sûr que la disparition d'Ivy ne serait pas sans impacter Elizabeth et il ne comptait pas aborder le sujet en premier lieu, préférant lisser les chocs faute de pouvoir les empêcher.

« Nelson m'a contacté par radio tout à l'heure. » Entendait-il finalement, de sa sonorité grave et pourtant mélodieuse, inévitablement favorable au dramatisme, alors qu'il relâchait les feuilles et inspirait en posant les avant-bras sur la table afin de croiser les doigts dans une contenance qu'il se donnait, soucieux de délivrer le message avec le plus de clarté possible. « Il m'a annoncé que... Hope avait été attaqué, probablement, certainement... par les hommes de Soulstrange, le sbire du Marchand et bourreau d'Ivy. »

Dans un temps marqué, James se passait la langue sur la dentition, finement en ramenant son regard sur Jena dont il avisait la réaction, puis Elizabeth, ne faisant pas traîner les choses car il poursuivait sur le même ton résigné et passablement monocorde dans un lent clignement d'yeux.

« Il m'a expliqué que Matthew et Jennifer, qui semblent avoir rejoins le groupe de la ferme, avait établi le contact avec le camp il y a quelques jours en s'y rendant. Apparemment Melody et Matt, son frère, étaient seuls sur place et ils ont eu l'impression qu'il n'y avait personne d'autre dans le camp. Ils ont été plus ou moins rejetés et sont rentrés à la ferme. Après ça la ferme aurait tenté de les contacter par radio les jours suivants, sans réponse, alors Matthew est retourné sur place et il a trouvé... un carnage. »

James laissa filer un soupir et secoua doucement la tête, en clignant plus lentement des yeux encore, les laissant même fermés un instant sourcils redressés tandis qu'il passait à nouveau le regard de son visage marqué par les salissures encore présentes et quelques rougeurs d'yeux, mais surtout par la lourde tristesse qui lui pesait et donnait effectivement à son attitude générale celle d'un animal atteint.

« Il y avait des... restes humains rongés par les rôdeurs, masculins d'après Matthew, des véhicules retournés, des impacts de balle et d'autres traces de combat. Melody a été capturée. » De Jena il revenait à Elizabeth, et ainsi de suite, d'une phrase à l'autre. « Matt s'est enfui avec au moins une autre personne, mais ils ne savent pas ce qu'il est advenu du reste du groupe. Ils seraient venus pour les deux Campbell et ont pris en chasse le dernier libre, comme un animal.

De ce que Nelson prétendait, Matthew aurait capturé dans la plaine et fait parler certains de ces hommes qui traquaient Matt pour avoir ces informations. Le camp est pillé et pour le moins en ruines. Les attaquants avaient des véhicules militarisés et hum... il y avait une tombe à l'arrière de la maison, sans nom. Voilà... »


D'un certain cynisme désabusé, le médecin ouvrit les mains et les claqua après quoi l'une contre l'autre en les soudant et les frottant, sans savoir quoi ajouter de plus ni comment achever cette première annonce, qu'il concluait comme il l'avait démarré : les yeux rabaissés sur la table et les lèvres pressées.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba11136/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (136/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1099/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (99/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Dim 17 Nov - 1:54
Les grandes prunelles noisettes d'Elizabeth fixèrent celles du médecin, avec une infinie douceur malgré les quelques plissures qui finirent par se dessiner à la frontière entre son front et l’arrête de son nez. Ses sourcils formèrent deux rides bien marquées reflétant le chagrin qu'elle éprouvait à le voir et le sentir ainsi débordant de peine et de douleur, pourtant, elle ne se départissait pas de son sourire niché au bord des lèvres qui se maintenait farouchement et désespérément malgré tout. Sa bouche fini par s'articuler, silencieusement, formant quelques syllabes suffisamment bien marquées pour être comprises sans l'usage de l'ouïe. "Tout ira bien" semblait-elle dire, de l'arrondi de ses lèvres, ponctuant le tout d'un hochement de tête parfaitement convaincu par ses propres mots pour espérer le transmettre. A la pression de sa main, elle lui avait d'ailleurs répondu, raffermissant également sa prise.

C'est d'un nouveau mouvement de la tête qu'elle acquiesça assez simplement à sa demande, à l'instant même où elle entendit les quelques coups portés sur la porte, détournant son visage dans cette direction pour en observer Jena, sa silhouette, sa stature, sa posture, ses expressions de visage. Les quelques secondes seulement qu'elle lui offrait ainsi lui permirent de la décrypter sans grande difficulté, dans toute sa peine et ses tourments. Elle garda un instant le silence, avant de rendre son salut à la femme d'un même geste écho au siens, lui dévoilant, à peu de chose près, un sourire quasi-identique qu'elle avait alors offert à son compagnon, toute la tendresse de ses sentiments reflétés dans ses yeux en moins, mais avec une grande douceur pourtant. Jena n'était pas quelqu'un qu'elle avait apprécié immédiatement, et les quelques jours passés en sa compagnie avaient plus ou moins suffit pour qu'elle en apprenne davantage d'elle, de ses manières et quelques évolutions sur son comportement qu'elle avait relevé et noté par rapport à son arrivée du temps de Snatch. C'est pour cela qu'elle ne souhaitait pas que ces genres d’événements, tel qu'ils avaient vécu l'avant-veille, servent de prétexte à prétendre s'en sentir proche, par pitié ou compassion. Elle en éprouvait, c'était difficilement réfutable car elle sentait, au delà des mots, quelque chose de familier en elle, mais ce n'était surement pas ce dont Jena avait besoin.

Ses orteils s'agitèrent légèrement sur la douceur du parquet, avant qu'elle ne se décide à bouger, récupérant sa main en abandonnant à regret le contact de James, pour venir faire le tour de celui-ci et longer le rectangle en bois de la table positionnée au centre de la longue pièce. Elle prenait une large inspiration dans le mouvement qui la menait jusqu'au fauteuil le plus proche, se casant dessus en laissant ses deux avants bras longer les accoudoirs, fondant chaque bout de sa peau avec le confort de l'assise. Elle cherchait à se poser complètement sur ce siège, prête à accueillir la nouvelle qui semblait difficilement vouloir franchir le rempart des lèvres presque tremblantes de James, afin que, lorsque la nouvelle finirait par tomber, elle même n'ai pas à le faire. Le silence était lourd, pesant, et son regard allait des deux présents à la porte restée ouverte d'où elle s'attendait par ailleurs à y voir d'autres personnes y pénétrer, sa ride du lion s'accentuant davantage à mesure que les secondes défilaient sans que rien ne vienne, ni d'un côté, ni de l'autre.

Elle chercha à rester le plus immobile possible, ses doigts crochetant le cuir qui soutenait son corps, ses ongles crissants légèrement sur la matière en seul mouvement perceptible qu'elle s'accordait. Le reste n'était qu'une succession d'inspiration plus longues qu'accoutumées jusqu'à ce que les premiers mots finirent par se libérer. Alors sa main droite se releva, son coude se posant tout à fait sur le promontoire et son index venant joindre ses lèvres résolument closes en un jeu de frottement plus qu'anxieux. Qu'est-ce que Nelson pouvait bien annoncer de si tragique pour en accabler à ce point son homme ? James était quelqu'un qui pouvait se montrer être capable des deux facettes d'une même pièce, mais sans jamais se départir de sa compassion. Beaucoup d'idiot dirait que c'était sans doute là une large faiblesse en des temps si désastreux, mais pour elle, c'était à son sens sa plus grande force car il savait s'en servir comme d'un élément moteur à sa rage et sa fureur.

La langue de l'homme fini par se délier, petit à petit, sans doute passant sur chaque détails que cette conversation radio avait pu dévoiler. Elizabeth en restant silencieuse, profondément. Même le mouvement parasite et nerveux de ses doigts à sa bouche s'arrêta instinctivement. Il y avait son côté terriblement pragmatique et fataliste qui trouvait une certaine ironie amère à cet aveu. Ce n'était pas comme s'ils s'étaient évertué à les prévenir que cette foutue maison était un vrai gruyère et une position intenable. Et leur obstination borné leur avait coûté sans doute le prix annoncé. D'un autre côté, elle ne pouvait pas se sentir insensible et désinvolte. Après tout, c'était eux qui les avaient abandonné. Certes, pour se protéger eux-même, mais peut-être qu'ils n'avaient pas assez insisté, pas assez imposé. Sans s'en rendre contre, sa main encore sur l’accoudoir avait vu ses ongles griffer totalement la matière.

Melody. Captive. Comme Ivy. Elle lui en avait parlé. Et elle se souvenait très bien de cette fameuse cave dont elle avait commencé à en évoquer les détails et rien qu'à cette pensée, Elizabeth en frissonna d'effroi. Ses yeux se fermèrent un long moment tandis qu'elle cherchait à fuir autant que possible ces visions d'angoisse, avant de s'ouvrir à nouveau dans un vide bien lointain et pétillant d'une terreur qui l'avait rattrapé bien malgré elle. Oui, cette idée la terrifiait. Elle s'humecta les lèvres. Elle ne parvenait pas à s'ôter cette sournoise culpabilité qui l'avait saisi. Johann était-il mort ? Était-il de ceux retrouvés partiellement dévorés sur le bord du terrain ? Les informations se succédaient en offrant leur lot de confession. Matthew en vie. Une tombe. Une traque. Bon sang.

« Que... peut-on faire...? » Avait-elle seulement réussis à articuler, sur un ton assez bas et craintif.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1173/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Lun 18 Nov - 22:46
Et le chef de camp y alla. Je pensais m’être préparée au pire en affichant cette façade résignée, mais il n’en fut rien. Hope détruit. Melody capturée, son frangin traqué et aucune nouvelle de ceux que l’on avait laissé derrière quelques semaines auparavant. Mon fatalisme se mit à fondre comme neige au soleil, tout comme mes bras qui s’affaissèrent en suivant la course de mes épaules, les lèvres entrouvertes sous le coup de la surprise par lesquelles aucun souffle ne put sortir tant il me fut coupé. L’annonce du médecin avait eu sur moi l’effet d’un véritable coup de massue dont je me retrouvais sonnée, mes pensées butant contre mon crâne sans parvenir à trouver la moindre échappatoire.

L’histoire semblait se répéter pour moi, à voir ceux que j’avais côtoyés disparaître, une épée de Damoclès désormais en suspens au-dessus du Perchoir. Quelque part, je ne pouvais que me convaincre que ce n’était qu’une question de temps. Aucun des membres de Hope ne connaissait - je l’espérais - la position de notre refuge, et cela n’avait pourtant pas empêché Leonard, Cornelia puis enfin Kenzie d’y débarquer comme des fleurs. Je sentis mon visage pâlir, malgré que je ne saisissais pas vraiment toutes les subtilités de ce que racontait James. Matthew et Jennifer étaient deux inconnus au bataillon en ce qui me concernait, bien que je me doutais qu’il devait s’agir de ce fameux Jefferson dont Melody n’avait eu de cesse de vanter les mérites. J’avais pourtant cru comprendre qu’il avait disparu lui aussi, mort ou capturé… Je ne savais même plus quoi penser car ces souvenirs là étaient flous, et ces histoires d’alors bien peu dignes d’intérêt à mes yeux.

Je parvenais à peine à braquer mon regard sur Elizabeth lorsqu’elle posa cette simple question pourtant lourde de sens et parfaitement adéquate, avant de revenir sur James, curieuse de connaître sa réaction, ce qu’il aurait à dire ensuite, comment lui-même réagissait à tout cela ; bien que l’état dans lequel je l’avais trouvé dans son bureau n’était pas sans me laisser d’indice. Je serrais mes mains rendues tremblantes sur mes genoux, ayant une pensée toute particulière pour Melody. Certes elle s’était comportée comme la pire des salopes avec nous, à nous affamer pour se venger de notre départ et refuser tout contact, toute forme d’entraide. Quelque part, c’était de sa responsabilité si son groupe s’était retrouvé seul et désoeuvré, incapable d’appeler quiconque à l’aide, à demeurer contre toute logique dans une baraque indéfendable.

Mais toute la rancoeur que je gardais de cet épisode n’était pas suffisante pour ne pas ressentir une profonde colère et tristesse à l’entente de son sort. Elle ne méritait clairement pas ça, quand bien même avait-elle tout fait pour que cela arrive. Ces bien désastreuses nouvelles illuminaient les confidences que James m’avaient faites lors de notre discussion à notre arrivée ici d’une tangibilité nouvelle. Jusqu’à présent, ces histoires de Marchand, de traque et d’expérimentation sur les ressuscités m’avaient parues bien lointaines, presque fantasmagoriques et complètement décalées d’avec les nécessités plus terre-à-terre et immédiates de notre survie. Plus maintenant. La menace devenait soudainement plus réelle, plus palpable car elle m’étreignait le ventre d’une peur viscérale.

J’observais James plus longuement encore, me découvrant finalement bien plus touchée par ce que je pouvais lire de son attitude, de sa posture comme des traits de son visage que par le sort de Melody. Parce que lui - plus encore qu’Elizabeth ou moi - avait fait le choix d’agir et non pas attendre ; pris le départ pour tenter de construire quelque chose de durable, assumant cette responsabilité malgré les épreuves et les difficultés. Je crispais mes poings sur le tissu de mon pantalon, en appui sur mes cuisses, les dents serrées sur une colère que je ne voulais pas ravaler. Car j'avais une responsabilité vis-à-vis du barbu, le poids d'une promesse non-dite, un accord que je me devais d'honorer. Je n'avais pas de talent pour soulager les maux, je n'avais de talent que pour les mots, et de lointains souvenirs à tenir un visage de façade, de communicante à l'apparence austère et détachée. Je baissais la tête et le regard quelques secondes, fermais les yeux et prenais une profonde inspiration ; avant de relever la tête et me redresser, le dos droit en m’éclaircissant la gorge.

“Hope est tombé,” résumai-je d’une simple phrase au timbre monotone, mais quelque peu tremblant. “J’imagine que notre tour viendra aussi. Peut-être demain. Peut-être dans une semaine. Peut-être dans un mois… Mais contrairement à Hope, nous avons la chance d’être un véritable groupe, uni et soudé. On sait que l’on peut compter les uns sur les autres. Ce qu'il s'est passé l'autre nuit le prouve très largement. On a fait le choix de construire quelque chose de plus sain, de plus stable.” Je portais mon regard sur James. “Tu as fait de moi ta seconde pour te soutenir dans moment comme celui-là, mais je ne m’adresse pas seulement au chef de camp. Je m’adresse à l’homme, au médecin…”

Je glissais mon regard sur Elizabeth, enchaînant d’une voix plus ferme et résolue. “...et à sa femme, la voix de la sagesse et de notre raison. Vous êtes les fers de lance de ce groupe, les véritables moteurs. Ceux que j'ai choisi de suivre, que l'on a tous choisi de suivre avec la conviction d'aller de l'avant. Nous avons des plaies à panser. Physiques... Psychologiques... Concentrons-nous déjà sur ça. Nous sommes peu, mais nous ne sommes pas seuls. On va s’en sortir, peu importe le mal qu’a pu nous faire Elias et sa clique. Ils sont morts, et nous sommes bien vivants. Kyle et Ivy ont besoin de nous, et on a la chance de pouvoir compter sur Léonard, Cornelia et Kenzie pour nous y aider aussi. Alors on va se remettre sur pieds. On sait déjà que ça va être dur, mais je t’ai dis que je t’aiderai à mener ce groupe. J’ai confiance en toi, en lui, en vous, en nous tous. Peu importe ce qui nous attend, on se relèvera, aussi tenaces que ces salopards d’infectés. Et quand ces types viendront, on fera face, main dans la main.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Mar 19 Nov - 23:06
Il n'en avait pas douté, l'annonce tombait au pire moment mais malgré tout ce qu'avait pu faire Melody, ou ce qu'elle n'avait pas faites, il avait souhaité au fond de lui ne pas entendre de paroles amères à son égard et celui du groupe parce qu'au fond ça ne comptait plus. Aux yeux de James, c'est comme si Melody était déjà morte et aussi cruel que ce soit, c'était la meilleure chose à penser car il n'avait aucun moyen et en vérité, aucun désir de la rechercher, non par froideur mais simplement parce qu'ils n'avaient pas les forces et l'état de le faire et plus encore, d'affronter ces agresseurs qui s'étaient décidés à faire de leur vie un enfer plus embrasé qu'il ne l'était déjà.

Le Perchoir était au centre de ses pensées vis à vis de ce terrible événement car il savait qu'une telle débâcle ne serait pas sans conséquence et leur départ pour ce lieu avait au pire retardé l'inévitable, au mieux caché leur présence des yeux prédateurs, les condamnant à une crainte paranoïaque de l'extérieur. Cela ne cessait de tourner dans son esprit comme une évidence : s'ils devaient se battre contre eux, ils n'avaient guère plus de chances, ils avaient perdu trop de monde au fil du temps et n'avaient rien réussi à bâtir de durable et solide, les résumant à une poignée d'individus abattus et à peine correctement armés.

Et même s'ils s'en sortaient les pertes à concevoir seraient juste... inconcevables justement. Chacune des personnes présentes lui étaient chers, même si ses relations étaient très différentes et qu'Elizabeth tenait une place indiscutablement particulière, chacun était un pilier d'un édifice fragile et la perte d'un seul d'entre eux s'avérerait catastrophique. Certes, à la vérité Leonard, Cornelia et Kenzie n'avaient pas la même place que les autres mais ils représentaient le faible espoir que tous les êtres humains n'étaient pas devenus une menace, puisque le médecin ne pouvait pas admettre l'idée d'entrer en guerre contre tout ce qui existe ; et c'était sans parler de ce petit bébé si vulnérable.

Néanmoins, voilà... Ivy était partie et déjà l'édifice était en branle, menaçant de s'effondrer à ses yeux. James avait cessé de se frotter les mains pour les garder soudées l'une contre l'autre. A la question tellement compréhensible de sa douce, il ne put que lui porter un regard dépité et plisser davantage les lèvres, mouvant la mâchoire avec anxiété en secouant doucement la tête. Il n'avait pas su répondre un mot, car il ne savait guère quoi faire ou peut-être plutôt, qu'il n'y avait rien à y faire. Après une inspiration, il haussa brièvement les sourcils, dubitatif et déportait ses yeux qui glissaient sur la table vers Jena, avisant sa réaction et la colère qui transparaissait tandis qu'elle se crispait sous la table. La voir ainsi lui faisait de la peine et quelque part, lui faisait du bien également, de constater que ses émotions n'avaient pas été annihilées par ses souffrances et que ces monstres n'avaient pas pu lui voler cela au moins, comme un maigre réconfort qui ne faisait que plus lourde sa profonde peine à ce qu'elle avait enduré.

Dans son regard, se reflétait ce qu'il craignait par-dessus tout : devoir vivre la perte de tout ce à quoi il tenait, comme elle avait perdu son groupe, son homme, sa fille... c'était tellement horrible et inimaginable, qu'il avait d'autant plus de mal à concevoir ce qu'elle pouvait penser à présent. Il se rendait compte que cela la poursuivait depuis le début et c'est ce qui lui rappelait leur accrochage au retour du Centre commercial, et à tous ces moments de vie commune depuis le camp Jefferson, Snatch, sans qu'il ne lui ai vraiment accordé d'intérêt avant de venir ici et sans se douter de tout ce qu'elle avait pu garder en elle et pour cela il admirait sa force d'avoir survécu en dépit de toutes ces souffrances car il ne s'en pensait clairement pas capable. Après quelques instants du silence qui s'était installé, croisant le regard de la blonde sans répondre le moindre mot que ses pensées vivaces se faisaient sûrement sentir sans se dévoiler, il revenait observer Elizabeth.

Elle qui reflétait tout l'inverse, d'une douceur du visage comme de son attitude et de ses mots, transpirait de réconfort et toujours d'un soutien et d'une gentillesse infinie, alors qu'elle avait tellement souffert elle aussi, à sa façon. Il se rendait compte que cette douleur d'avoir perdu Jessica n'enlevait pas ces années où ce petit bout de jeune femme l'avait aidé après qu'il ai quitté la police pour l'empêcher de s'enfoncer dans sa solitude et sa dépression, à même de le comprendre, là où Elizabeth semblait avoir été si seule. Quand l'apocalypse avait éclaté, Jessica avait été un but pour lui, mais Elizabeth ? Avait-elle été totalement seule ? Il était terriblement douloureux de vivre des pertes, cela il pouvait l'imaginer mais survivre à la fin du monde sans but et isolé, c'était quelque chose qu'il n'avait pas vécu. En cela, il l'admirait elle aussi pour cette volonté qu'elle avait pu avoir jusqu'ici, de tenir le cap en dépit d'un manque l'entourant et des fantômes qui l'avaient poursuivi.

Au final c'était peut-être cela le plus précieux des réconforts : le fait de sentir profondément que l'une comme l'autre sauraient survivre, de leur manière si différente et sans doute complémentaire si elles se soutenaient, si lui-même disparaissait car encore une fois, il ne concevait pas de leur survivre pour sa part. Il n'avait pas eu à se poser la question car il était mort avant d'avoir pu perdre véritablement Jessica et jusque aujourd'hui, il n'avait aucune certitude, même en ayant été contraint de l'abandonner gravement blessée, elle n'était pas restée seule, elle n'avait pas été contaminée et rien ne certifiait qu'elle s'en était aller.

Les premiers mots de Jena qui se décidait à briser ce silence réinstauré que le chef de camp n'avait pas su faire, attirèrent son regard pivotant à nouveau pour trouver le sien et cet état de fait affligeant qui avait succédé à son raclement de gorge, n'était que la triste réalité à laquelle il n'avait rien à réagir que de longuement l'observer poursuivre. Et son discours ne faisait que confirmer ses pensées, arrachant un soufflement des narines d'appréciation alors qu'il portait sa senestre pour couvrir ses lèvres en s'appuyant du coude, l'index sous l'arête du nez récoltant la chaleur du souffle expiré, pendant que sa dextre se posait sur les deux feuilles qu'il avait laissé retournées. Et il la fixa ainsi presque tout le long, clignant des yeux à deux reprises en desserrant la pression de ses lèvres qui n'en demeuraient pas moins closes. Voilà une décision qui avait été lucide : la choisir comme seconde, bien que force est de constater qu'étant donné ses propres résultats, c'était peut-être en chef de camp que sa place serait meilleure.

Au terme, il marquait quelques instants avant de retirer sa main de son visage, se redressant de son appui pour répéter ses derniers mots avec un ton plein de désolation mais aussi de tendresse, comme une pommade de réconfort sur les rougeurs de son désespoir.

« Mains dans la main... »

James prit une inspiration et inclina le regard sur ses feuilles, parcourant leur dos blanc et vierge de toute écriture, où se distinguait pourtant les passages noircis de l'encre présente sur l'autre face.

« Il y a autre chose, que je dois vous dire. Enfin, que je vais vous lire. J'ai trouvé ça sur mon bureau tout à l'heure, après l'appel de Nelson. »

L'hésitation des premières minutes se dissipait et il se saisit des deux mains de ces feuilles pour les soulever et les retourner dans le bruit de leur pliure, laissant deviner la lettre manuscrite qu'il mettait sous ses yeux pour en préparer la lecture, d'un nouveau très court silence peiné. Le médecin aurait pu simplement leur laisser la lettre mais il n'avait pas l'indécence de faire trépigner une pour laisser lire l'autre, en se détachant de ce qui relevait avant-tout de sa responsabilité, et il pensait autant des faits que de cette seule lecture.

« James...

Quand tu liras ces lignes, peut-être te seras déjà tu rendu compte que je suis partie. Peut-être suis-je simplement en train de te l’apprendre. Peu importe en réalité.

J’espère simplement que tu n’ais pas eu à me croiser sur le départ, auquel cas je m’excuse de ce que j’ai dû faire. Sache que je regrette de ne pas avoir le cran de venir te l’annoncer en face-à-face, de laisser tant de non-dits et de regrets entre nous, mais je sais au plus profond de moi que je n’aurais pas eu la volonté nécessaire pour vraiment partir si tu avais été là, si Liz’ avait été là. Elle est bien trop douée avec les mots, je n’aurais pas eu la force de vous quitter. »


Il laissa filer un instant d'interruption en déplaçant sa pomme d'Adam d'un avalement de salive, pour permettre aux deux femmes de comprendre et encaisser l'évidence sans relever son regard des feuilles, car il n'y avait que peu de doutes sur l'identité de celle ayant rédigé la lettre en vue de leur maigre groupe, mais également car sa relecture était pénible au médecin. Puis, il reprit cette fois sans s'interrompre, pour ne pas faire durer ce moment plus que nécessaire et d'un ton qui mesurait sa monotonie, sans pouvoir se départir de sa tristesse cependant.

« Je ne peux qu’à peine imaginer ta déception, ton incompréhension ou ta colère. Mon attitude, je le sais, est impardonnable en cet instant, comme elle l’a été jusqu’à présent de toute manière. Depuis mon retour, je n’ai pas cessé de créer des problèmes, d’être à la source de conflits et de rester sourde et aveugle à ce qui se voulait être une évidence. Mon comportement, mes mensonges, mes cachotteries, mes accusations, à Snatch contre Samuel, contre Melody, contre Matthew ou Calvin ; ici, contre Kyle. Ce marché passé avec le Vagabond, ce sentiment perpétuel d’être épiée, d’avoir le monde dressé contre moi… Les mots que Kyle pouvait avoir l’autre jour, ceux que tu as eus quand tu nous as surpris, ceux que Jena a eus quand nous étions dans cette usine, bien avant qu’Elias n’arrive. Je refusais de les entendre. Je refusais de les comprendre. Je refusais tout simplement d’admettre ce que j’étais vraiment, ce que ça impliquait d’abject et de néfaste, me persuadant d’être une victime quand je n’étais que l’architecte de mes propres maux. Au point de finir par en perdre la perception et la maîtrise de mon pouvoir qui aurait pu tout solutionner cette nuit-là.

J’ai bien trop longtemps menti, à vous comme à moi-même à espérer pouvoir vous protéger, chercher des traîtres qu’il n’y a probablement jamais eus parmi nous. Trop aveuglée par cette espèce de perpétuelle parano qui me consume, je n’ai pas su voir les choses les plus simples. Il a fallu que je tombe sur un fou furieux comme Elias et entraîner Jena dans mon impuissance pour l’admettre, entrevoir la véritable solution. Quand je pense qu’elle n’avait que moi sur qui compter à cet instant, et que je n’ai pas su être là, pas été à la hauteur une fois de plus. Je m’en veux tellement si tu savais… Soulstrange me l’a pourtant dit, quand il me parlait de vous faire tous souffrir plus que de raison. Je pensais qu’il parlait d’actes sordides, sadiques, que ses hommes ou lui viendraient commettre, de cruauté comme le Vagabond en a tant raconté. Mais je me rends compte dès à présent que c’est à travers moi qu’il vous inflige les souffrances promises. C’est pourquoi j’étais si prête à mourir entre les mains d’Elias. Prête à sacrifier ma vie pour vous éviter de souffrir plus encore, pour ne pas être l’objet de chantage, de pression, d’autres tortures que l’on pourrait vous infliger par ma seule présence.

Mais grâce à toi, grâce à chacun de vous, j’ai la chance d’être encore en vie et vous, la malchance de m’avoir encore auprès de vous. Par deux fois, j’ai succombé à cette folie paranoïaque. Par deux fois, j’ai voulu m’en prendre à Kyle, attenter à sa vie car je dressais des ponts complètement délirants entre son étrange comportement et sa plus délirante affiliation encore avec les hommes du Marchand. Sans Jena pour m’assomer, sans son intervention, qui sait ce qui aurait pu se produire. Dis-leur que je suis sincèrement désolée, honteusement désolée, de mes actes comme des paroles que j’ai pu avoir. Je tiens à vous, vraiment. Je vous aime tellement… Je n’ai jamais rien souhaité d’autre que vous protéger, de la plus désastreuse des façons possible malheureusement.

C’est la raison pour laquelle je dois partir. Je n’en ai pas envie, mais je le dois. Je vous le dois. Elias n’était rien ni personne, sinon le premier. Ce monde regorge de types comme lui, et de types sûrement bien pires encore qui s’en prennent aux gens biens, aux gens qui ne souhaitent que survivre. Aux Calvin, aux Harvey, aux Jordan, aux Maria et aux bébés qu’on leur arrachent à même le ventre dans une folie qui n’a pas de fin autre que le désespoir. C’est finalement là notre rôle, à nous les dégénérés. Offrir au monde ce que l’on nous a arraché : un avenir. Mon don n’est pas comme le tien, il n’est pas voué à venir au secours des autres. Il n’est pas voué à soulager les maux. Je peux protéger les gens, tout comme je peux les tuer, d’une simple pensée. Je n’ai pas souhaité posséder une telle capacité, avoir sur mes épaules le poids d’une telle responsabilité, mais c’est pourtant là le rôle que la mort m’a donné en plus d’une nouvelle chance. Je peux faire le bien autour de moi, et ça commence aujourd’hui, en m’éloignant de vous.

Tu le remarqueras sûrement bien assez tôt, mais je vous ai emprunté un peu de matériel en partant. Tu trouveras le détail sur le post-it qui accompagne cette lettre. Rien qui ne mette en péril la sécurité du Perchoir, rien qui ne soit vital, selon moi ; bien que ce ne soit pas à moi d’en juger. Je saurais vous rembourser cet emprunt un jour, je t’en donne ma parole pour ce qu’elle vaut et pour peu que je reste en vie suffisamment longtemps là-dehors. Quoi qu’il en soit - maigre contrepartie pour vous avoir volé - tu trouveras dans mon casier les différents schémas pour les aménagements que tu avais demandés pour le Perchoir. La structure du poulailler demandé par Liz’, les schémas pour raccorder le Perchoir à un système autonome en eau, avec pompe, système de filtration, et au besoin si la pression n’est pas suffisante, la position, le diamètre et la hauteur de la colonne hydrostatique. Ya aussi quelques schémas pour des boxs d’agriculture hors-sol à installer dans le garage - les verrières feront d’excellentes serres de culture - ; de quoi monter une tourelle mobile pour fixer la grosse pétoire et les plans de la forge artisanale, maintenant que j’ai réussi à trouver la céramique infusible. J’ai pas eu le temps de dessiner l’abri pour le poste-radio ni le râtelier pour le toit, mais je ne doute pas que Léonard saura faire bon usage et bonne lecture de tout ça. Il sera certainement un compagnon bien moins ingérable que je ne l’ai été.

Pour finir, je n’escompte pas que tu puisses me pardonner un jour, aucun de vous. Je ne vous demande rien de tel. Je ne vous demande plus rien, hormis de ne pas vous mettre en tête de partir à ma recherche pour me faire changer d’avis. Prenez soin de vous. Ivy. »


L'une comme l'autre ne pouvait s'en rendre compte, mais il avait soigneusement effacé de sa lecture les deux dernières phrases. Il ne pouvait pas les relire et encore moins à voix haute, c'était trop douloureux et il s'en sentait bien trop coupable, c'est pourquoi il se contentait après lecture de rentrer sa lèvre inférieure pour la presser de dents en repliant les feuilles en deux, puis en trois, lentement.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba11136/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (136/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1099/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (99/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Mer 20 Nov - 13:37
Le léger silence qui s’installa après la question qu’elle avait osé ne l’étonna guère, son regard passant de l’une à l’autre des personnes dans la pièce, cherchant a desceller dans leur regard plus que ce que les mots pouvaient en dire alors, ses iris bougeant d’un côté puis de l’autre avec une grande intensité, et ce qu’elle vit fit écho à ses propres sentiments. Elle n’avait pu s’empêcher de poser cette question, qui à bien y réfléchir, relevait sans doute plus de la bonne conscience que de la réelle envie de faire quelque chose, voir même de se conforter à l’assurance que la meilleure chose à faire était alors de ne rien faire du tout. Et quelque part, une bonne part d’elle s’en sentit soulagée. Elle n’avait sans doute pas le courage de voir les siens partir une énième fois en bon samaritains pour aller panser les erreurs de ceux qui avaient pris la mauvaise direction. Elle se souvenait encore clairement de la récupération de Melody, de l’accident de voiture qui en avait résulté, du drame qu’ils avaient évité par un grand miracle. Melody avait choisi son camp lors de la scission, tout comme ceux qui avait fait l’erreur de la croire et de la suivre. C’était des pensées sans doute cruelles, mais si des sacrifices devaient être fait, ils devaient l’être pour le bien de leur propre communauté. Et plus égoïstement, elle ne voulait se donner le risque de se voir terminer dans cette fameuse cave qui lui nouait l'estomac.

Le châtain de ses prunelles brisèrent finalement le contact qu’elle avait longuement maintenu sur le visage de James, quand bien même ce dernier alternait entre l’une et l’autre des femmes qui s’étaient placé de part et d’autre de la table, pour se diriger vers celle qui venait de prendre la parole en réponse à son interrogation la première. Des mots qui lui suffirent pour confirmer ce qu’elle avait déjà commencé à deviner, le regard de la blonde muant de la peine au détachement et à l’austérité. Elle avait trouvé les mots d’une incroyable justesse, affirmant tout haut ce que chacun d’eux avait pensé tout bas sans oser l’assumer, ou en craignant justement de devoir l’assumer. Ce genre de décision difficile qui convenait à tout le monde mais dont la responsabilité n’était supporté que par son annonciateur. C’était leur rôle, à tous deux, et elle ne pouvait que les soutenir dans ce poids qui se pressait sur leur épaule, elle-même ne se trouvant pas la force de le faire seulement.  

Une longue et profonde expiration, suivant une inspiration du même acabit, s’extirpa de ses narines, ses lèvres ayant retrouvé leur scellée l’une sur l’autre alors que dans le souffle, elle relâcha les tensions à ses mains et reposa ses avant-bras sur les accoudoirs dont elle en épousait les formes avec flegme. Elle ne pu qu’acquiescer, de ses paupières qui obstruèrent sa vision la condamnant à l’obscurité de temps d’un bref instant, profitant de l’accalmie de ce sens pour recentrer ses pensées, et par un hochement de tête assez ample pour être perceptible qui confirma alors seulement tout ce que Jena venait d’exprimer. Ils devaient se préparer, prendre les mesures qu’il fallait, redoubler de prudence et d’attention, ne pas se disperser… surtout pas. Le drame qu’ils avaient vécu avait ébranlé plusieurs d’entre eux, et Elizabeth ne pouvait être que doublement d’accord à ce sujet : ils devaient panser leur propre blessure.

La chaise grinça un peu lorsqu’elle laissa tout le poids, bien qu’amaigri, de son corps trouver tout l’appui sur le siège. Ses deux mains finirent par chercher refuge sur le haut de ses cuisses, s’y joignant et s’y liant, avec une lenteur qui gageait du réconfort qu’elle venait de trouver. Ses yeux se reportèrent finalement sur son compagnon, observant sa réaction, et à nouveau, cherchant à percer les moindre de ses expressions. Longtemps, elle s’était abstenu de le faire. Cette capacité à lire comme dans un livre ouvert les sentiments des gens avaient été plus qu’un poids et un fléau. Pourtant, celle-ci lui aurait permis de desceller bien à l’avance les états de conscience, notamment les dérives de Kyle, ou les instabilités évidentes de Kaitlin, et de les anticiper. Les retenues qu’elle s’était imposé dans la vie d’avant par pudeur sociale, et qui avait perduré dans celle d’après par habitude, n’avaient plus lieu d’être, pour le bien des autres. C’était là sans doute le plus grand atout qu’elle pouvait leur apporter à tous, à défaut d’être une survivante chevronnée comme Jena, ou d’un grand charisme et soutiens comme James. Et à ce sujet, il faudrait qu’elle lui parle du doute qu’elle avait perçu dans l’éclat de ses yeux.

Elle ne s’était pas attardé plus que cela sur les papiers retournés sous sa main, bien que tout dans son attitude reflétait qu’ils étaient sources d’un certain chagrin. Elle le laissa pourtant continuer, puisqu’il en venait d’ailleurs à ce sujet. Elle redressa un moment la tête à l’entente de ce qui s’annonçait comme une lettre, assez brièvement, simple tique intrigué. Une lettre d’adieu d’ailleurs et rapidement, le sentiment d’inconfort resurgit au creux de la poitrine d’Elizabeth, la forçant à bouger à nouveau, se redressant finalement pour venir poser le milieu de ses avant-bras sur l’arrête du bord de la table, ses mains accentuant le jeu de frottement qu’ils avaient entrepris comme quelques gestes de nervosité.

Elle ne voulait croire au soupçon qui se dessinait dans son esprit, à ce qui se dessinait contre sa volonté comme une certitude quant à l’identité de la personne ayant rédigé ce courrier. Son esprit luttait, ardemment, entre l’évidence et le déni, les traits de son visage se décomposant, peu à peu alors qu’elle semblait perdre même l’usage du moindre muscle, ses lèvres s’entrouvrant avec une délicatesse d’indicible inquiétude et de profond désarroi. Comment ? Quand ?

Leur discussion sur le chemin de la ferme lui revenait alors clairement en tête. Juste avant que cette maison ne s’effondre sur elle, et que commence des angoisses déplacées et complètement débile à propos d’une potentielle grossesse. Elle avait d’ailleurs égaré ce test mais ce n’était pas plus mal ainsi. Sans doute la faveur divine d’une injonction prophétique, signe qu’elle était stupide de s’en faire à ce sujet. Après tout, le Vagabond avait été des plus clairs quand à leur aptitude à enfanter, eux, les ressuscités.
Elles s’étaient fait une promesse. Celle de veiller l’une sur l’autre. Qu’importait les épreuves, qu’importait les doutes, elles s’étaient promis alors que rien ni personne ne pourrait leur défaire ça. Personne… sauf elles-mêmes en vérité. A ce lien qu’elles avaient tissé, à ce nœud qu’elles avaient ancré, Ivy avait décidé de le couper, purement, simplement, et sans même avoir le courage de la prévenir. Elle ressentait la lame de la trahison se frayer un passage lent et douloureux dans son thorax tandis que sa respiration ralentissait, peu à peu.

Mais elle ne put se retenir à la sentence qu’elle avait redouté par la lecture du prénom ponctuant ce message. Elle ne pouvait se contenter de mots couchés sur une feuille de papier qui ne lui était même pas adressé. Elle sentait un afflux de sentiment incontrôlable la submerger complètement, puissamment. Un torrent de pensées et d’afflictions dont elle se sentait envahi, et qui la noyait, peu à peu presque exagérément, inexplicablement. Sa gorge se nouait sous l’expression les plus pures de ses bouleversements sans qu’elle ne pu en retenir, ni les larmes, ni l’émergence d’un sanglot qui se perdit bien vite dans le collet à sa gorge. Elle se redressa, brusquement, son mouvement brutal repoussant la chaise perchée sur ses petites roues qui parti vers l’arrière jusqu’à cogner contre le mur à fenêtres. Son élan ne la fit pas prendre le moindre moment de pause, contournant alors d’un pas plus que hâtif, courant même pour éviter la table, passant largement derrière James pour se diriger droit vers la porte de sortie. Non, elle n’avait clairement pas la force de se satisfaire de ça.

Aussi si la prise d’une main était venue cherchait à la bloquer ou à l’interrompre dans son mouvement, elle se serait ardemment dégagé de l’emprise, se faufilant hors de la moindre retenue comme une anguille agile et rapide. Ses pas la portèrent jusqu’à l’infirmerie, qu’elle ouvrit à la volée, son regard ciblant immédiatement le lit, vide, et son cœur chavirant au silence qui l’inonda.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1173/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Mer 20 Nov - 21:23
J’avais suivi le regard du chirurgien une fois ma tirade terminée, glissant mes yeux à mon tour en direction des feuilles de papiers qu’il se trimballait depuis que nous avions quitté son bureau. Lorsqu’il dévoila ses intentions à voix haute, je commençais à comprendre que ces feuilles n’avaient rien d’anodines, que ce n’étaient pas de simples pense-bête rédigés pour ne rien omettre de la transmission de Nelson. C’était encore autre chose, et déjà je recommençais à craindre le pire.

Puis il démarra sa lecture, et les premières phrases ne laissaient que peu de place au doute. Quelqu’un était parti, et son identité ne mit guère de temps à s’imposer à moi à l’entente des mots prononcés par l’homme, tout comme au calcul de nos effectifs. Entre hier et aujourd’hui, j’avais croisé tout le monde à l’exception de Léonard et Cornelia que je savais partis en excursion. Tout le monde sauf la mécano. Et j’en étais profondément affligée. Pas de savoir qu’Ivy avait foutu le camp - ce que je percevais en réalité comme une relative bonne nouvelle après tout ce qu’elle avait fait - mais en raison de l’état dans lequel son départ semblait plonger James. Il en était profondément touché, abattu. Et cela m’attristais bien plus.

Je m’écrasais à mon tour dans le fond du fauteuil, le dos lové dans l’assise moelleuse pour ensuite joindre mes mains autour de mon nez et ma bouche, fermant les paupières en secouant mollement la tête. Je soufflais lourdement au creux de celles-ci, sentant cette colère continuer de monter en moi à l’égard de la mécano. Même absente, elle était capable de foutre la merde. Je me rappelais assez difficilement des mots que j’avais eu pour elle avant l’intervention d’Elias, les évènements d’ensuite ayant en grande partie occulté ceux-ci, mais je me souvenais très clairement de l’idée générale. Avais-je été trop dure avec elle ? Certainement au vu des conséquences et de la soudaineté de son départ qui semblait être passé complètement inaperçu.

Cela me frappait encore plus lorsque j’apprenais de ces propres aveux que mes mots semblaient lui avoir fait perdre l’usage de sa capacité. Aurais-je été par ceux-ci à mon tour l’architecte de mes propres souffrances, ou cela n’était-il qu’une énième excuse d’Ivy qui n’assumait pas d’avoir été une salope à me laisser souffrir entre leurs mains ? Elle n’avait eu aucun problème à s’en servir contre moi pour me retenir et me servir ses élucubrations à propos de Kyle. Je ne comprenais rien à leurs pouvoirs, ni les fonctionnements de chacun, et la tournure des choses à la cimenterie me laissait penser qu’eux-mêmes, ces ressuscités, n’en avaient pas la moindre idée. Tout ce que j’avais retenu de cela, c’était que la mécano n’avait strictement eu aucun contrôle sur le sien - elle me l’avait bien assez chialé et prouvé - tout comme elle n’avait visiblement aucun contrôle sur ses états d’âmes.

Je ne pouvais retenir les larmes colériques qui fuyaient de mes paupières closes à entendre qu’elle était si paumée, si torturée de sa parano, qu’elle avait tenté de s’en prendre à Kyle. Deux fois. Je me souvenais avoir dû l’assommer, je regrettais de n’avoir pas fait plus à ce moment-là. Cette fille était autant un danger pour elle-même que pour les autres, pour chacun de nous. Au fond de moi, j’espérais juste qu’elle périsse là-dehors, seule et sans blesser plus de monde ; que James - et très certainement Elizabeth - puissent passer à autre chose pour de bon. Car la destruction de Hope nous mettait face à suffisamment de problèmes et de craintes pour y ajouter la gestion des désastreuses sautes d’humeurs d’Ivy.

Je me massais les paupières du bout des doigts, essuyant mes larmes de quelques gestes de mes mains avant de les laisser glisser dans ma chevelure, jusqu’à venir croiser mes doigts à l’arrière de ma nuque. J’ouvrais de nouveau les yeux au terme d’une profonde inspiration, pour les glisser vers Elizabeth. Et la vision de son visage déconfit, clairement atteint par le départ en catimini de celle qui était son amie, me fit crisper mâchoires d’une colère plus grande encore. Elle qui avait eu la chance d’être relativement épargnée par les événements de l'autre nuit venait à son tour d’avoir le droit à sa dose d’abattement et de nouvelle désastreuse. J’avais envie de hurler, d’insulter cette pute de mécano de tous les noms à toujours mieux nous faire souffrir, jusqu’à profondément blesser celle qui détenait en partie les clés de la rémission de nos esprits.

Si j’avais été la seule présente, j’aurais depuis longtemps demandé à James d’interrompre sa lecture, d’arrêter de se faire du mal et foutre le feu à ce ramassis de conneries. Ivy comme Melody avant elle avait fait son choix - égoïstement pour changer - sans se préoccuper de ce que ressentiraient ses compagnons. Au moins, j’étais parfaitement d’accord sur bien des points de cette lettre. Elle nous avait bien assez fait souffrir comme ça, et Léonard serait certainement bien moins emmerdant qu’elle. Il l’avait déjà prouvé rien qu’en allant chercher du lait pour le bébé sans faire de vague, et repartir chercher les médocs pour Kyle, toujours sans sourciller. Au moins la mécano avait-elle eu la décence de ne pas chercher le pardon, car elle n’obtiendrait jamais le mien, si tant est que je la recroise un jour. Valait mieux qu’elle disparaisse une bonne fois pour toute en emportant ses conneries avec elle, et surtout qu’elle nous foute la paix, car c’était de cela dont nous avions véritablement besoin.

Et si je me redressais sur le fauteuil en voyant Elizabeth quitter le sien avec empressement, ce n’était pas pour la retenir. Ses larmes, ses sanglots, la détresse perceptible de la jeune femme me fendit le coeur presque autant qu’avait pu le faire celle de James ou celle de Kyle auparavant. Pour autant, je n’esquissais pas de geste autre que suivre sa course du regard jusqu’à la sortie de la salle de réunion, faisant pivoter la chaise sur son axe. Je ravalais un nouveau soupir, car je me savais alors bien impuissante à l’aider, à la rassurer. Ce que je pensais d’Ivy, mes profondes convictions, n’étaient clairement pas à affirmer à voix haute. Ni maintenant, ni pour les jours à venir.

Je ne pouvais que finalement baisser le regard sur le parquet, en penchant mon torse vers l’avant, ramenant mes avant-bras en appui sur mes cuisses, les mains jointes entre mes genoux. J'aurais brièvement relevé les yeux en direction de James s’il était resté là, secouant faiblement la tête de dépit, articulant lentement quelques mots trahissant ma profonde colère.

“C'est vraiment qu'une petite conne d'égoïste.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Jeu 21 Nov - 0:07
Pour James, son sentiment était l'absence de choix, car il ne pouvait pas et ne devait pas cacher telle lettre d'adieu à l'une comme à l'autre, et Kyle tout autant bien que dans la situation chaotique de ce dernier il devait repousser cela à plus tard. Il avait envisagé l'impact que cela aurait, particulièrement sur Elizabeth et quand il redressa les yeux sur elle pour découvrir ses larmes, les feuilles pliées en trois dans ses mains, les pliures de ses traits de visage s’harmonisant à la désolation de son regard mêlé d'amertume s'accentuait de quelques rougeurs naissantes en place de ses blancs d'yeux. Puisque, toute envisagée qu'elle soit, la peine de son aimée lui brisait le coeur et son sanglot provoquait une friction de celui-ci dans son torse, le poussant à pivoter la chaise à sa gauche quand elle se redressait brusquement pour tenter de saisir sa main proche de sa senestre en la voyant filer d'une marche rapide, telle une lionne vexée, vers la salle d'infirmerie avec le désir profond d'être une ancre pour cette peine soudaine et dévastatrice.

Mais il fut confronté à un geste vif de rejet qui laissait sa main suspendue dans le vide un instant, le médecin la ramenant alors en s'appuyant de son avant-bras droit sur la table, la lettre tenue en dextre, l'observant s'y diriger pour ouvrir la porte et se fixer d'un regard qu'il ne voyait pas mais qu'il imaginait et comprenait par-dessus tout. Les mots de Jena le tirèrent de sa contemplation et il bascula sur elle son propre regard qui maintenant était envahi d'une forme de saturation, blasé et aussi rouges soient-ils, ses yeux ne laissaient filtrer aucune larme. Il maintenu son regard en biais sur Jena en gardant le silence quelques instants, avant de répondre d'une voix à la gravité lourde et lente, désabusée.

« Peut-être, mais j'en ai ma part de responsabilité, si j'avais su lui donner plus d'attention et de patience. Ivy est morte, une deuxième fois et on l'a torturé, on l'a humilié et brisé. Elias et son groupe ont achevé de faire déborder le vase de ses souffrances. On gère tous nos souffrances à notre manière et je suis soulagé que tu sois ici avec nous après ce que tu as vécu plutôt que seule au dehors toi aussi. Si tu savais comme je suis désolé que tu ai vécu ce que tu as vécu, comme je suis désolé qu'elle ai vécu ce qu'elle a vécu.

Tâchons de ne pas faire la même erreur avec Kyle et de l'empêcher de s'enfoncer dans ses tourments et ses ténèbres, j'aurais besoin de toi pour y arriver. Ivy a fait un ultime choix, en pensant que s'éloigner serait mieux pour nous, ou peut-être aussi mieux pour elle, quoi qu'il en soit, on ne peut plus rien y faire. Son destin lui appartient, et nous... »


James marquait un temps, laissant sa phrase en suspend tandis qu'il plissait les lèvres et contractait la mâchoire en inspirant des narines, déportant son regard sur Elizabeth qui semblait en état de choc. D'une impulsion, le médecin se redressait debout en portant la dextre à sa poche, y enfonçant la lettre qui se froissait avec rudesse alors qu'il faisait deux pas. Il s'interrompit au niveau de Jena et déportait le regard à nouveau sur elle à son profil, achevant ses paroles en redressant légèrement ses sourcils d'une certaine limpidité.

« Nous allons nous concentrer sur nous-même, panser nos blessures et nous remettre sur pied. Rester vivants, en faisant front ensemble, main dans la main. Je ne sais pas si je suis à ma place en tant que leader et après tout ça, j'en doute de plus en plus. Mais sois sûre que ça ne m'empêchera pas de faire de mon mieux pour nous garder tous en sécurité et que ce que tu as vécu ne se reproduise pas. Cette promesse-ci, elle compte, quelque soit le prix à payer. »

D'un mouvement aussi léger que lent, il opina du chef et redressa son attention sur Elizabeth en reprenant le pas, gagnant le couloir sans se presser jusqu'à arriver dans son dos. Lui qui était conscient de son mal être vis à vis du contact, n'essayait pas de la toucher, mais simplement de rester tout près d'elle à un pas à peine, ses yeux glissant sur sa silhouette, longeant la rosée de sa main et de son bras, passant par la blancheur tintée de son tee-shirt jusque sa crinière à l'inverse d'un ébène néantique qui couvrait ses épaules. Elle qui symbolisait tout ce pourquoi il survivait aujourd'hui, qui paraissait si douce et fragile, appelant à un besoin de protection que l'homme ressentait comme un devoir viscéral propre à son statut de compagnon, lui faisait ressentir la douleur qu'elle vivait au centuple, crispant un peu plus la pression de son cœur tambourinant de vibrations sur sa cage thoracique.

« J'aurais aimé que ça se passe autrement... Elizabeth, je me suis fermé sur mes ressentiments et je n'ai pas fait assez d'efforts pour lui montrer qu'elle n'était pas seule et qu'elle n'était pas mauvaise. Elle est partie et cette peine qu'elle t'inflige me fait me sentir coupable, mais... on ne peut plus rien y faire, peut-être que nous n'aurions pas pu l'empêcher de partir de toute façon, elle a trop souffert. »

D'un mouvement mesuré, il vint tendre sa dextre non loin de la sienne, afin de lui faire ressentir sa proximité et son désir de la toucher, sans le lui imposer, laissant à la brune la décision d'accepter cette tentative de rapprochement tandis qu'il plissait davantage les pommettes et les yeux de cette tristesse poignante. Sa voix plus basse profitant de cette proximité, il lui livrait quelques paroles qui seraient à leur intimité.

« J'ai besoin de toi. Jena a besoin de toi. Kyle également. J'imagine à quel point ce doit être douloureux, décevant et désolant pour toi... mais plus que jamais, tu as un rôle à jouer pour nous tous. Aide moi à les garder à flot, pour qu'ils ne chavirent pas à leur tour. Aide moi, à rester à flot, Elizabeth. »

Au terme de ses paroles, il resterait là à la regarder quand bien même elle demeurerait dos à lui, patientant de savoir si elle accepterait de prendre sa main pour qu'il puisse la serrer avec l'envie de la réconforter et pouvoir la prendre dans ses bras, avant d'envisager de revenir dans la salle retrouver Jena qu'il ne voulait pas délaisser. Si elle s'y refusait, il reculerait d'un pas sans insister et soupirant, ferait volte-face dans le but de revenir dans la salle.

Quelque soit sa décision, il savait pertinemment qu'ils avaient besoin de s'accorder sur la marche à suivre, sur quoi faire comme Elizabeth l'avait entendu, et qu'il aurait la possibilité de la réconforter mieux que cela lorsqu'ils retrouveront l'intimité de leur chambre ; sans sous-entendu graveleux qui n'était certainement pas propre à la situation et ne passait même pas à l'esprit du barbu.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)
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