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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Décider des ruines - 14/04/35
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Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba11136/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (136/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1099/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (99/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Jeu 21 Nov - 12:21
Elle resta immobile, prostrée devant cette pièce au constat de l’absence de son amie. Ses yeux passaient d’un meuble à un autre, espérant y trouver un indice, une accroche, un objet, quelque chose qu’elle aurait laissé avant son départ pour elle, mais tout était vide. Désespérément vide. Comme si les paroles échangées dix jours plus tôt, et tous ces moments passés ensemble, cette promesse de s’en sortir et de s’aider mutuellement, de veiller l’une sur l’autre, n’avait été qu’un vent de mièvrerie balancé là pour se donner une allure mais qui dans le fond, n’avait aucune importance. Son affection avait été ébranlée, et sa confiance aussi. Les épreuves qu'Ivy avaient traversées étaient sans aucun doute des plus durs, tuée puis torturée une fois, deux fois, et Elizabeth la première ne savait toujours pas comment elle-même aurait pu le gérer, mais Ivy avait fait son choix et opté pour la solitude. L’égoïste solitude. La laissant là, avec la demande de ne pas aller la chercher, et sans même un souvenir, une attention, qui lui aurait prouvé qu’elle se trompait, qu’elles avaient vraiment compté l’une pour l’autre, et qu'elles pourraient continuer à pouvoir tenir leur promesse qu'importait la distance qu'elle avait décidé de prendre.

Les mots de James lui parvint avec cette infinie douceur qui le caractérisait dès qu’il s’adressait à elle, et en un sens, cela lui donna un peu de baume au cœur. A sa main qui chercha son contact, elle y répondit d’un effleurement léger avant de l’en saisir pleinement, le remerciant intérieurement de cette prudence qu’il lui témoignait toujours avec grande patience et qu’elle acceptait de plus en plus de récompenser, chaque fois. Elle élança son autre main à hauteur de son propre visage, se barrant les yeux avant de frotter ses doigts sur ses paupières closes puis ses joues pour en retirer l’eau salé qui avait commencé à y émerger, d’un geste assez vif d’ailleurs, sans doute ampli d’aigreur.

« Peut-être pas toi James, mais moi je l’ai fait. Elle a décidé de partir alors qu’elle avait la certitude qu’au moins une personne tenait à elle, et s’était évertuée à lui montrer qu’elle n’était pas mauvaise. Et même si tu penses ne pas en avoir assez fait, elle savait pertinemment que c’était aussi le cas pour toi. Elle ne veut plus faire partit des nôtres, alors elle ne l'est plus. » Trancha-t-elle finalement, sur un ton sans doute plus cinglant qu’elle ne l’avait souhaité, sa main se refermant davantage sur le contact que James lui avait offert. C’était aussi une manière de repréciser les choses qui avaient été dites un peu plus tôt : ils devaient panser leur blessure, à ceux de leur groupe, avant de penser à qui que ce soit d’autre. Et Ivy était désormais à considéré comme autre.

Elle lui exhaussait son dernier souhait, comme dernier cadeau d’une amitié mise à mal et peut-être même brisée. Celui de ne plus avoir de contact avec eux. Celui de la laisser mener sa vie dans son coin. De mener ses batailles seules puisque elle le désirait ainsi. Elle avait les nerfs à fleur de peau, et ses inaptitudes sociales ne l’aidaient pas à savoir comment gérer cela. Ses réactions étaient sans doute vives, et acérées mais elle n’arrivait pas à envisager autre chose pour étancher sa douleur.
James venait de le confirmer, ils avaient besoin d’elle. Elle capable et non elle abattue. Aussi s’accorda-t-elle un dernier élan de faiblesse, se retournant rapidement pour se jeter littéralement contre le torse de l'homme dans son dos, son visage trouvant refuge à l’amorce de son épaule et ses bras se repliant sur eux-mêmes, venant accrocher son vêtement de ses poings serrés. Elle voulait le sentir, qu’il lui accorde bien plus qu’un simple toucher de la main, qu’il lui offre ce qu’Ivy avait eu la lâcheté de lui refuser : une étreinte réconfortante qui portait l’écho d’un murmure rassurant. Elle y puiserait sa force, dans sa chaleur et son odeur, dans l’assurance qu’il ne l’abandonnerait pas, à son tour. Qu’il serait là, définitivement là, pour elle.

Il avait été le premier visage qu’elle vit à son retour à la vie, et la première main qu’elle saisit. Et il ne pouvait y avoir d’autre alternative à ce qu’il en soit le dernier visage et la dernière main à l’instant de leur mort, qu’elle ne pouvait entrevoir qu’ensemble. Elle expira plusieurs fois, longuement, bruyamment, se cherchant son aplomb, frottant son front contre lui avant de finalement se redresser, ses deux mains conservant leur poigne en s’appuyant d’avantage sur lui tandis qu’elle relevait ses yeux à son attention dans sa direction et qu’elle hochait la tête en réponse à sa dernière demande.

« Je suis là. » Murmura-t-elle avec simplicité, ses yeux encore brillants et sa voix presque tremblante.

Ses doigts s’élevèrent le long du tissu qui recouvrait ses épaules pour glisser sur sa gorge, remontant sur sa mâchoire jusqu'à à l’encadrement de son visage pour s’y fixer de part et d’autre, ses ongles grattant avec tendresse ses poils drus qu’elle sentaient sous ses mains.

« On va s’en sortir. Tous. Tous ensemble. » Reconfirma-t-elle avec un peu plus d’assurance.

Ses pas finirent par l’éloigner du médecin, presque à regret, jetant son regard vers la salle de réunion restée ouverte dans le dos de James avant de s’y laisser guider par son compagnon, rejoignant à nouveau Jena restée à l’intérieur. Elle aura décidé de rester debout non loin de l'assise du chef de camp, ses bras finalement se croisant contre sa poitrine, ses épaules se rehaussant sensiblement tandis qu’elle se refermait peu à peu sur elle-même, du moins en apparence, car c’est bien dans une longue inspiration qu’elle parla à nouveau, d'une voix sereine même si légèrement hésitante.

« Nous trois, Kyle, Léonard, Cornélia, Kenzie. C’est tout ce qui compte maintenant. Aussi… si vous le permettez, j’aimerais ouvrir une sorte de… dossier médical pour chacun. Pas dans le but d’espionner ou d’être… invasive. Mais c’est un des meilleur moyen d’augmenter notre efficacité en cas d’urgence. Savoir les médicaments à préparer, ce genre de chose. On a la chance d’avoir un médecin à disposition et un lieu qui dispose de pas mal de matériel de base, il faut en profiter. Et je sais que… cette proposition peut faire peur mais, si chacun d’entre vous a besoin de parler, de se confier, de s’aider en mettant des mots sur les maux, ou de se comprendre, je suis là. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1173/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Ven 22 Nov - 1:18
Je me retrouvais rapidement seule, secouant mollement la tête à entendre la réponse de James. Vis à vis des mots que j'avais eus à l'égard d'Ivy, mais aussi - et surtout - vis à vis de sa désolation quant à nos conditions. Ce n'était pas là de la désinvolture ou du dédain, encore moins de la moquerie. Juste une certaine exaspération à trop souvent l'entendre se blâmer de ne pas avoir assez fait ci, fait ça, soutenir truc, écouter machin et pardonner bidule… Il semblait oublier qu'au-delà de ses apparences de Jésus Christ, il restait un homme.

Je profitais de l'absence du couple pour tâcher d'éclaircir mes propres idées suite à ce que soulevait ces nouvelles, en plus de la nécessité pour nous de nous remettre de tout cela, le plus rapidement possible pour que la mécano soit la seule perte du groupe dans les jours à venir. Et Kyle restait toujours en priorité de mes préoccupations, car il était très clairement le plus sensible, celui qui nécessitait l'aide la plus urgente. Mais il ne nous fallait négliger personne, pas même Léonard , Cornelia ou Kenzie malgré qu'ils furent épargnés par les actes, ils ne seraient certainement pas insensibles aux conséquences qui se dessinaient déjà.

Je savais que c'était déjà beaucoup demander à James et Elizabeth, car tout ou presque reposerait sur eux seuls, ajoutant à leurs propres doutes et difficultés. Les mots du chirurgien ne m'avaient pas échappés, ce doute sûrement légitime quant à ses facultés de leader après ce qu'il s'était passé. Mais je ne doutais pas de lui. Il avait fait face à bien trop de contraintes et d'aléas pour être la cible de reproches. Le fiasco de la cimenterie n'incombait qu'à trois personnes : Elias, Ivy et moi. Alors, je me devais de le soulager autant que possible. Les soulager et les soutenir tous deux. Par quelques mots tout d'abord, pour les motiver, les rassurer peut-être à défaut d'être capable de les apaiser. Par les actes aussi, à tâcher de prendre sur moi ce qu'il m'était possible d'assumer. Car j'en avais aussi besoin, pour m'occuper l'esprit et ne pas ressasser mes souvenirs cauchemardesques.

J'attendais qu'ils reviennent, tuant les quelques minutes à jouer de mes pieds pour faire pivoter ma chaise de droite à gauche sur son axe dans une série de petits couinements, les doigts se frottant nerveusement les uns contre les autres. Et j'immobilisais le mouvement dès qu'ils furent présents. Mes prunelles azurées se portèrent en premier lieu vers Elizabeth, désireuse d'essayer de lire sur son visage son état d'esprit. Elle ne regagna pas sa place, préférant rester à proximité de son compagnon, et j'y voyais là une bonne chose. Faire front, uni, et ne pas s'isoler. Rien que par l'attitude, la ténébreuse montrait déjà la voie à suivre. Je relevais légèrement le menton avec intérêt en la voyant reprendre contenance, se donner un nouvel aplomb qu'il m'était familier de voir en elle. J'opinais lentement de la tête à ses mots, à quelques reprises, les mains croisées sur mes cuisses avant de prendre la parole dès qu'elle eut terminé, sans trop laisser de temps au silence pour imposer de nouveau sa lourdeur.

"Excellente idée," résumai-je simplement, sans enthousiasme flagrant, mais sans réticence non plus ; agréablement surprise par sa faculté à faire l'impasse sur le départ de son amie comme on dépoussiérait un vieux meuble. "Tu pourras compter sur moi, et j'aurai de toute manière besoin de te parler. Je sais que j'ai besoin de toi pour avancer sur certaines choses." Je lui avais confié cela sans pudeur, en dépit de la présence de James qui en savait de toute manière plus qu'elle, d'une voix légèrement tremblante qui parvenait difficilement à masquer ma détresse intérieure. "Mais je pense que Kyle a besoin de vous en priorité, aussi bien physiquement que mentalement. En ce qui me concerne, mes blessures guériront avec le temps, et mon esprit saura attendre un peu.

Je m'éclaircissais la gorge avant de poursuivre, faisant courir mon regard de l'un à l'autre alternativement.

"Mais nos blessures ne pourront être pansées que si vous êtes en état de le faire, et de penser à vous dans un premier temps. Je ne vous serai pas d'une grande aide, médicalement parlant, mais je peux faire en sorte de vous décharger de certaines choses, notamment m'occuper du bébé. Je pense qu'un peu de tranquillité vous ferait du bien, ne serait-ce que pour vous reposer." Mon regard se fit plus insistant envers James lorsque je tenais ces mots, et les suivants que j'allais lui livrer.

"Ça fait des jours que tu assumes ton rôle de chef de camp et que tu te crèves à cela. Tu as fait tout ce que tu pouvais pour nous offrir un endroit sûr, une organisation et des objectifs. Tu as accompli bien plus en une dizaine de jours que Samuel et Melody en deux mois. Alors s'il te plaît, arrête d'être désolé pour ce qui échappe de toute manière à ton contrôle. Tu n'es responsable de rien. La cimenterie, c'est de la faute d'Elias, purement et simplement. Si j'avais été plus prudente, peut-être ne me serais-je pas faite avoir. Si j'avais été plus maligne, jamais je ne me serais embarquée là-bas avec la mécano pour seul soutien. Si quelqu'un a bien une responsabilité dans tout ça, c'est moi. Ce serait plutôt à moi d'être désolée. Et pourtant, je ne lui suis pas, parce que je ne suis pas encore prête à m'excuser d'être en vie. En miettes peut-être, mais en vie.

Et par pitié, arrête d'être désolé pour Ivy. Oui elle a souffert, peut-être plus que n'importe qui ici, c'est indéniable et je ne remets pas ça en cause, mais tu avais aussi d'autres priorités plus urgentes à gérer. Tu ne peux pas tout porter sur tes épaules, James. Sinon, tu vas te rendre fou. T'es un bon chef, un mec bien et un type sensé, avec un coeur et une humanité précieuse. Apprends à savourer tes victoires, apprécies de nous avoir ici, vivantes, avec toi, plutôt que te morfondre d'une amitié clairement à sens unique."
Je sentais de nouvelles larmes embuer mon regard, les lèvres et la voix plus tremblantes encore.

"Dis-moi ce que tu attends de moi, délègues-moi des choses… Donnes-moi de quoi m'occuper l'esprit le temps que vous vous occupiez de vous et de Kyle, c'est tout ce que je te demande." J'avais pu paraître assez sèche, presque cinglante dans mes mots, mais il n'en était rien car en réalité, j'étais bien plus proche de la supplique douloureuse que de la remise en question. J'espérais seulement qu'il ne se braquerait pas, ni ne méprendrait mes intentions.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Sam 23 Nov - 23:45
En écoutant les premiers mots d'Elizabeth, là dans le couloir, James resserrait la prise de sa main sans rien répondre. Il ne pouvait franchement pas lui donner tort, même s'il avait sans doute moins de rancoeur et plus de peine, de savoir Ivy seule au dehors et de par un choix qu'il avait du mal à croire lucide, puisqu'il n'y avait rien de lucide à se jeter dans cette jungle morbide de façon solitaire autre qu'un profond malheur et désespoir. Lorsqu'elle se retourna pour se jeter contre lui, il essaya de capter un instant son regard sans y parvenir et laissait son torse accessible en réconfort, ouvrant ses bras pour venir cercler son corps et se croiser dans le dos de la brune.

La sensation de ses mains agrippant son propre tee-shirt gris lui fit du bien, autant que de sentir sa silhouette se serrer contre la sienne alors qu'il la dépassait de plus de vingt-cinq centimètres de taille, il se penchait pour qu'elle puisse trouver plus confortablement son épaule et remontait une main pour presser sa crinière ébène contre sa nuque. Ses lèvres trouvèrent le haut de sa tête, l'embrassant très doucement tandis que ses yeux redressés dans cette posture penchée avisaient l'infirmerie vide avec bien des pensées traversant son esprit. Elizabeth avait toujours eu à son odorat ce petit parfum de femme bien à elle, quelque chose de forestier ou floral, c'était difficile à dire. Il se pouvait que ce soit un repère qu'il ai façonné à sa manière, mais il aimait cette odeur autant que le petit bout de femme d'où elle provenait et qu'il étreignit ainsi de longs instants de sa sérénité lasse à l'inverse de la tension qu'elle semblait ressentir, avant défaire ses lèvres et se redresser, frottant sa main sur sa nuque en désolidarisant ses mèches les unes des autres.

Au regard qu'elle redressait sur lui, il esquissa un léger sourire qui cette fois ressemblait à quelque chose, contraint mais sincère car elle avait sans nul doute besoin d'une ancre elle aussi et il ne pouvait être que celle-ci, ou bien il serait définitivement inutile. Mais les mots de la brune avaient plus de vigueur que son pénible sourire, malgré le tremblement de sa voix et lui ne cachait pas son visage encore marqué des traces de ses propres instants d'émotion alors qu'elle encadrait sa mâchoire de ses mains. Elizabeth savait y faire, sentir ses mains sur son visage lui procurait toujours un intense sentiment de bien être et de douceur qui lui fit fermer les yeux là encore, ne faisant qu'acquiescer à ses paroles.

Des instants de tendresse trop courts dont il avait essayé de profiter avant qu'elle ne s'éloigne, l'incitant à relever le visage et rouvrir les yeux pour percevoir son regard qui le rappelait à ce devoir lourd à ses épaules, mais avec la certitude qu'il devait leur être aussi lourd à l'une comme à l'autre, permettant de ressentir cette unité et cette confiance solidaire. Le barbu prit sa main et la guida enfin vers la salle de réunion, rejoignant directement le siège qu'il avait précédemment occupé pour s'y installer à nouveau afin de ne pas faire physiquement pression sur Jena à être debout devant elle pour la suite de leur échange. Il avait relâché la main d'Elizabeth une fois à l'intérieur et s'adossa au siège dont le dossier bascula légèrement, avisant d'abord sa douce aux bras croisés qui prenait la parole, puis Jena qui scrutait cette dernière et opinait à ses paroles. A cet instant il avait comme le sentiment que Jena venait de prendre véritablement la place d'Ivy dans ce trio qu'ils avaient composé depuis ce jour à l'aéroport. Il s'en était peut-être fait une espèce d'illusion, étant donné qu'ils n'avaient pas tellement passé de temps ensemble mais c'était néanmoins le ressenti qu'il avait gardé et voir la blonde affirmer cette place particulière lui donnait paradoxalement du baume au coeur tout en le pinçant, ses pensées le ramenant constamment à la petite mécano qui n'avait plus rien à quoi se raccrocher en ce moment même.

Où était-elle ? Que pouvait-elle ressentir ? Il avait l'impression d'être si loin d'elle, à des kilomètres de distance aussi bien physiquement que psychiquement, complètement éloigné des sentiments qu'elle pouvait avoir et presque déphasé du monde dans lequel elle devait se trouver. C'était terrible à ressentir...

Après quelques instants à observer Jena en coin, il donnait l'impression de sortir de ses pensées en reportant son regard sur Liz, redressant un tantinet les paupières en inspirant des narines avant d'opiner du chef. Il ne dit rien pour le moment, laissant à Jena le soin de réfléchir et exprimer sa propre rétorque en basculant de nouveau son attention distraite, ses lèvres se plissant au tremblement de sa voix, elle qui paraissait si affligée et c'était bien le moins à concevoir après ce qu'elle avait traversé. Les mains de James avaient trouvé les accoudoirs du siège et il continuait d'écouter sa seconde, puisque c'était ainsi, sans rien dire ni montrer de réaction apparente jusqu'au terme, son regard à présent fixé sur elle. Quand elle eut fini, il soupira lentement des lèvres entrouvertes avant de prendre parole, d'une tonalité plus basse, presque murmurée qui ne souffrait d'aucun bruit parasite entourant, la salle vide d'autre présence et le couloir redevenu calme.

« Je continuerais de me morfondre pour chacun de vous, et je ne savourerais les choses que lorsque nous serons plus en sécurité et que notre environnement sera plus agréable et prometteur. Je suis comme ça Jena, mais j'entends bien. Très bien. »

Il inclina le regard sur le parquet en se raclant la gorge, marquant un bref temps avant de revenir à la blonde et poursuivre avec un peu plus d'aplomb et de voix.

« Kyle est une priorité mais je ne ferais plus l'erreur de me focaliser sur un problème et mettre de coté le reste, c'est ce qui nous a fait défaut. Tâchons donc de nous répartir ceux-ci intelligemment, tous les trois d'abord. Cornelia et surtout Leonard se sont montrés utiles et de bons alliés mais je ne les connais pas encore assez, cela dit ils peuvent nous épauler, il en va de même pour Kenzie, j'ai eu l'occasion de parler un peu avec elle avant les derniers événements et elle a certains talents que j'aimerais mettre à contribution.

Donc... dans l'immédiat dès que Cornelia et Leonard seront revenus, sains et saufs j'espère et avec des médicaments, je l'espère aussi, j'irais voir Kyle pour prendre la température, lui parler et lui faire prendre un calmant, ça devrait au moins stabiliser un peu son état le temps de comprendre ce qu'il se passe vraiment dans sa tête. Elizabeth... »


James tourna les yeux sur celle-ci pour retrouver les ténèbres de ses yeux, relevant quelque peu le menton depuis son siège.

« Va avec Jena dans le dortoir des femmes et prenez le temps de discuter toutes les deux, dès que l'on en a fini, je m'occupe du reste. Le repos devra attendre plus tard de mon coté ce serait le pire moment pour ça. Pour la suite, je compte sur toi pour parler avec tout le monde, essayer d'en savoir plus sur leur passé, leurs sentiments, leur état psychologique, dresser un dossier comme tu l'as dit. Essaie de voir s'ils ont des allergies, des phobies, des antécédents personnels ou des précisions d'antécédents familiaux, des spécificités génétiques, leur groupe sanguin s'ils le savent... tout ce qui peut permettre de cibler également les risques médicaux. Et le mieux ce serait de commencer par Kyle, il a aussi besoin de ton don pour la parole, mais d'abord parler avec Jena et pas avant que je ne sois aller le voir.

Je veux que tu gardes une arme avec toi quand tu vas lui parler et que Jena ou moi, en fonction de qui est disponible, entrions juste avant pour vérifier que les liens soient sûrs jusqu'à ce qu'il soit plus stable. Il faudra préparer l'infirmerie pour qu'il s'y installe, à condition qu'il ai pris des calmants et que tu lui ai déjà parlé au moins une fois.

Je veux que ce soit Leonard et Cornelia, ou Jena et Leonard, qui s'occupent de lui en dehors des séances, puisqu'il en faudra sûrement plusieurs. Que ce soit pour qu'il puisse respirer, se nourrir, se laver et tout ce dont il aura besoin, qu'il ne se sente pas comme un prisonnier mais sans prendre de risque, l'infirmerie devra être verrouillée autrement. Je lui expliquerais, tant qu'il est instable, c'est trop dangereux pour nous et surtout pour lui-même de le quitter des yeux et qu'il se ballade seul. J'aurais aussi besoin de toi pour faire du tri dans le matériel médical, en fonction de ce que tu connais, on le mettra dans le bureau tant que Kyle sera à l'infirmerie. »


Il s'interrompit puis souffla, gonflant un instant les joues, puis il ramenait son regard clair sur Jena, enchaînant sans tarder bien que ses mains s'agrippaient légèrement aux accoudoirs, la fatigue alourdissant ses épaules comme ses paupières après tout le cumul qu'il avait eu et la retombée des émotions récentes, couplées à cette dernière nuit où il n'avait pas fermé l'oeil.

« Je veux bien que tu t'occupes du bébé mais à condition de parler régulièrement avec Elizabeth, pas juste une discussion comme ça à la volée, prend le temps avec elle dès que tu te sens mal ou si tu as un besoin, un coup au moral... n'importe quoi. En revanche, la petite est tout juste née, tu sais déjà comment ça se passe mais elle va demander beaucoup de temps et d'attention, alors tu ne bouges pas du Perchoir. Il faudra lui trouver un nom et faire en sorte qu'elle aille le mieux possible. Si tu as le moindre doute sur son état de santé, tu viens me voir si je suis là ou tu vas vers Elizabeth.

Pour le camp, il va falloir que tu t'appuies aussi sur nos nouveaux camarades. Je vais avoir besoin de bouger les prochains jours, pour aller à la ferme, et certaines autres choses comme le ravitaillement, donc dans l'absolu Kenzie doit t'aider à t'occuper de la petite pour que tu te reposes et que tu puisses gérer ce qu'il y a à gérer ici ; je te laisserais le trousseau de clés, ne le confie qu'à Liz si tu es fatiguée, les affaires et les armes de Kyle sont dans son casier. Kenzie peut aussi se charger du poste-radio, il restera dans cette salle ça évitera le cumul pour une seule personne. On pourra trouver un second couffin ou un landau et le garder ici. J'irais chercher un lit pour la petite. Leonard et Cornelia t'aideront à la surveillance, il faut toujours quelqu'un sur le toit pour guetter et une autre pas loin du poste-radio, on essaiera tous les trois de les relayer aussi quand on pourra. »


James s'interrompit une nouvelle fois, se penchant quelque peu sur sa droite pour porter sa dextre à son visage et lisser sa barbe, dans un instant de réflexion qui retrouvait la clarté du parquet de la pièce. Après quoi, il vint se masser les yeux de la même main tout en terminant d'énumérer ses idées qui se massaient aux portes de son esprit dans un brouhaha qu'il s'efforçait d'organiser.

« Ce qui est arrivé à Hope, on doit le prendre comme un avertissement. Le Perchoir doit rester en permanence en alerte. Je parlerais à Kyle d'abord des derniers événements, puis aux autres, essayons de les mettre sur le qui-vive mais sans leur faire peur pour autant, jusqu'à preuve du contraire, personne en dehors de la ferme, de ce... Mickael qui leur est plus ou moins affilié de ce que j'ai compris, et du type qui a envoyé Leonard ici, ne sait que l'on se trouve là. On a aucune idée de qui est ce fameux type mais tant pis, faudra faire avec. Le Perchoir est bien situé, il est beaucoup plus solide et défendable que la maison de Hope en cas d'attaque, mais ça reste un grand bâtiment qui peut attirer l'attention, alors on ne doit pas se relâcher.

On se confine quelques temps, deux ou trois semaines, personne ne doit sortir sauf pour m'accompagner. Je sais, ce ne sera pas évident mais pour le moment c'est le mieux à faire, on doit être groupés au maximum et prêts à réagir si on tente de venir nous chercher ou que qui que ce soit d'autre dans le genre d'Elias ne vienne piller la bâtisse. Il faudrait aussi laisser du matériel près de la porte condamnée du bâtiment technique, s'il fallait ouvrir l'accès dans l'urgence pour évacuer, mais on ne l'ouvre pas avant. J'essaierais de voir avec la ferme s'ils peuvent nous aider coté ressources le temps de nous refaire, ça va être trois semaines compliquées. »


D'une pression des lèvres, il clôturait cette avalanche d'énumérations et de directives, retirant sa main de son visage pour l'affaler sur l'accoudoir en faisant pression sur ses paupières quelques instants avant de rouvrir les yeux en grand et les faire rouler, cherchant à éveiller sa vue qui lui permettait de faire passer le regard de Jena à Elizabeth en plissant le nez.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba11136/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (136/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1099/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (99/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Dim 24 Nov - 17:36
Ses orteils à nus sur le parquet raclèrent doucement les fibres de plastique en quelques petits frottements lascifs tandis que ses bras restaient résolument fermés et son regard porté sur la jeune femme qui réagit en première à ses mots, ne la fixant que brièvement, puis l'écoutant en déportant ses yeux légèrement vers le bas. Son esprit cherchait désespérément à trouver une accroche sur laquelle se focaliser pour ne pas avoir à penser à son amie, et surtout ne rien laisser paraître de ses préoccupations. Elle se donnerait tout le loisir de laisser ses pensées s'y perdre lorsqu'elle serait seule, ou dans ses instants de repos où elle pourrait juste se morfondre de son départ, et la détester pour l'avoir si bassement considérée ou de seulement pleurer, mais pour l'heure, elle n'avait pas le droit de céder à ces inopportunes extravagances alors que chacun cherchait désespérément en elle une accroche, comme son compagnon le lui avait demandé sur le ton proche de la supplique.

En l'état, c'était terrifiant et déstabilisant. Elle s'était toujours considérée comme une piètre praticienne, plus à l'aise à décrypter un visage pour donner une directive afin de mettre à mal un détraqué, plutôt que de le faire dans le but d'aider, de soutenir et d'apaiser. La dernière fois qu'elle s'était essayée à cet exercice, c'était avec sa jeune amie, et il suffisait de revenir quelques instants en arrière pour voir où cela avait mené. Y avait-elle sa part d'échec ou devait-elle simplement considérer que seuls ceux qui désiraient vraiment être sauvé pouvaient l'être ? Mais elle ne pouvait pas rester prostrée, en proie aux doutes, aux craintes, aux appréhensions. Chacun faisait de son mieux, dans sa plus pure humanité.

L'instabilité qui se démarquait pleinement de la voix de Jena l'atteignit durement, aussi révélatrice que son regard souhaitait en dire, et la gonfla d'un sentiment partagé de tristesse, captant par empathie sa détresse. Il y avait dans ses yeux, dans ses gestes, et dans son ton, au delà même de ses mots qui tentaient de se donner une certaine contenance, l'apparat d'un animal traqué, blessé et éreinté. Pour autant, à mesure qu'elle parlait, Elizabeth sentait qu'elle gagnait en respect et en considération envers la blonde. Elle avait une force de caractère et un pragmatisme indéniablement présent, en dépit même de la situation, en dépit de tout ce qu'elle parvenait à ressentir d'elle, en Jena. James était sans doute celui qui avait vu cette force le premier, ou l'un des premiers, et il avait fait le bon choix en lui demandant de l'assister dans la gestion de leur refuge. Un choix qui l'avait passablement étonné à l'époque, mais qu'elle ne pouvait plus regretter désormais. Des erreurs, tout le monde en faisait, à un moment donné dans sa vie. L'important était de le savoir et de trouver comment les réparer, qu'il en soit encore temps ou non, nul ne pouvait reprocher l'effort de volonté.

Ses dents capturèrent l'intérieur de ses joues, les raclant doucement tandis qu'elle pensait et réfléchissait à cent à l'heure, sur ce qui venait d'être dit, ce qu'elle venait de voir, et de tout ce que cela sous-entendait. Elle avait noté plusieurs chose, précieusement utile, qu'elle gardait dans un coin de son esprit pour en user en temps voulu.

A ses côtés, James répondit presque aussitôt, forçant le buste d'Elizabeth à doucement pivoter sur ses appuis, son visage se déplaçant également pour venir l'observer en resserrant légèrement la capture de ses propres bras. Elle retrouva un émergeant sourire, de tendresse et d'affection, en l'écoutant à mesure qu'il donnait ses directives, avec le tact et l'autorité nécessaire, accompagnant chacune d'elles d'un léger hochement de tête, d'une approbation mesurée et méritée. James savait se montrer d'une assurance réconfortante, prêtant l'envie de se réfugier dans toutes ses certitudes, lui donnant cette indéniable sensation de sanctuaire derrière lequel on pouvait y trouver repos et sur lequel on pouvait s'appuyer.

Dans cette confiance trouvée, la jeune femme relâcha la tension de ses bras, lentement, les dénouant petit à petit pour joindre ses mains l'une à l'autre, ses bras retombant le long de son corps, sur le devant. Elle se figurait pleinement désormais son approche presque tactique de la situation, comme un commando qui préparait le terrain de sa bataille. Kyle et Jena au plus urgent. James également même s'il ne se sentait pas particulièrement concerné. Et à chacun d'eux qui s’apprêtaient à passer devant son regard aussi inquisiteur que bienveillant.

« Très  bien. » Avait-elle seulement répondu, sur un ton presque léger sans insister davantage pour ce qu'elle avait en redire, lorsqu'il faisait une pause pour changer d'interlocutrice, et s'adresser cette fois-ci à Jena.

Dès la fin de sa lancée, Elizabeth, toujours plongée dans ses intenses réflexions qui ne l'empêchaient pas de garder une prise sur ce qui se disait, reprit la parole aussitôt, son regard venant à fixer le plafond pour mieux en dessiner ses idées.

« De ce que j'ai vu des réserves de nourriture, on devrait avoir assez pour tenir plus de deux semaines en autarcie sans même avoir à se restreindre. Pas davantage en revanche, mais on devrait être assez en forme alors pour refaire notre stock. »  Ses prunelles sombres redescendirent pour se poser sur Jena. Un choix totalement volontaire pour la suite de son discours qui trouva écho à ce qu'elle avait remarqué : Jena semblait très inquiète de l'état de l'ex-militaire, et sa situation lui importait plus qu'elle-même. « On peut obtenir de très bons résultats et assez vite, surtout s'il est dans un cadre de confiance. Je n'ai aucun doute sur sa rémission.»

Elle avait volontairement choisi un ton assez doux et rassurant, lorsqu'elle s'était adressée à elle, avant que ses yeux ne suivent la surface de la table pour en trouver ceux de James à sa droite.

« Plus on lui montrera qu'on lui fait confiance, et plus il y sera réceptif. C'est un ajustement très délicat qu'il y aura à faire, entre la sécurité et la permission. Autant que possible, je ne suis pas partisane de l'usage médicamenteuse au long terme. Les effets secondaires sont bien trop impactant - insomnie, somnolence, nausée, asthénie et ça, c'est seulement les moins impactant, si on tombe sur un cas de syndrome sérotoninergique, ça serait pire que tout, et surtout, ça nous rend dépendant d'en trouver et nous fera prendre des risques. L'usage du dépresseur devra être limité également dans la mesure du possible.

Je déconseille fortement le port d'arme lors des visites. Parce que Kyle est un militaire, qu'il sait en faire usage, que ça créerait un climat hostile et qu'un retournement de situation pourrait être dramatique. A la place, je préparerais des seringues de neuroleptique. A utiliser qu'en cas de nécessité. Autant que possible, ou du moins dans un premier temps, il faudrait que ce soit des personnes qui lui inspire un sentiment de sécurité, éviter qu'il ne croise des visages inconnus ou méconnus, et surtout, éviter de le regarder comme une menace. C'est important.

Il existe des techniques très efficaces qui n'ont pas besoin ou peu besoin de prise de substance. L'inconvénient, c'est que je n'ai que la théorie, mais je pense que ça vaut le coup d'essayer. Il faudra me faire confiance, si je demande par exemple, de retirer des liens ou de permettre quelque chose et je promets d'être prudente. »


Elle hocha la tête, à plusieurs reprises, pour réaffirmer ses mots et son assurance.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1173/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Lun 25 Nov - 19:51
Je fermais les yeux quelques instants, secouant mollement la tête à l’entente des premiers mots de James. J’en étais à la fois touchée et consternée. Touchée de savoir qu’il était à ce point empathique à se morfondre pour chacun de nous, si transpirant d’humanité ; consternée de le découvrir incapable de ne pas le faire, incapable d’accepter le repos que je souhaitais leur offrir également. Mais bien rapidement, je rouvrais mes paupières et lui offrais toute mon attention lorsqu’il entra dans le vif du sujet.

Je me redressais très légèrement sur le fauteuil, décroisant les mains pour venir les crisper sur mes genoux. Entendre des paroles qui se focalisaient désormais sur l’avenir proche, mais surtout sur du concret, des actes à entreprendre, me faisait un bien fou. Plus que je ne me le serais imaginée quelques minutes auparavant. Des directives, des objectifs, une toute nouvelle ligne de conduite, éclairée par ces dernières nouvelles. Lentement, ma respiration retrouvait un certain calme, un rythme plus régulier et moins chaotique sans pour autant devenir parfaitement fluide. Les tremblements qui m’avaient gagnés s’estompaient à leur tour, sans totalement disparaître non plus. L’adage voulait que le travail soit la santé ; ce qui se voulait on ne pouvait plus vrai en cet instant où le travail de mes méninges occultait de mon esprit mes plus sombres idées, au moins pour quelques instants.

Je ne manquais rien des instructions qu’il donnait à Elizabeth ensuite, sans être en mesure d’en commenter aucune. Ce qu’il fallait faire pour véritablement aider Kyle me dépassait totalement, et je laissais au couple tout le loisir de définir la meilleure méthodologie à tenir, ne me focalisant que sur les plus grandes lignes de tout cela, à savoir protéger le groupe des crises de Kyle, et ce dernier de lui-même. Chose que je m’étais trouvée bien incapable d’accomplir seule, sans que je ne puisse cesser de me blâmer pour cela. L’ombre de quelques pensées fugaces et particulièrement noires passa dans mon regard, qui dévia de James et Elizabeth pour s’attarder vers le paysage au-dehors, par-delà les fenêtres de la salle de réunion.

Tout paraissait si calme de l’autre côté, isolée du monde extérieur par ces épais carreaux que j’étais ; et peut-être du monde plus proche que représentait cette salle de réunion par les doutes qui n’en finissaient pas de m’assaillir. Une brève échappatoire de quelques instants, que James eut tôt fait de m’arracher en me confiant ses directives pour les jours et semaines à venir. Autant d’instructions auxquelles j’approuvais de quelques hochements de tête silencieux, bien que je ne pouvais tout mémoriser de ce qu’il me livrait. J’en retenais l’essentiel, les grandes lignes directrices car comme souvent, le barbu avait le verbe aisé et la langue déliée. Néanmoins, la confiance retenue que l’homme semblait retrouver avait quelque chose d’apaisant. Un apaisement accru par ces dernières paroles, quand il donna finalement la grande ligne principale du comportement à adopter pour le Perchoir. Le confinement pour les semaines à venir, la plus extrême des prudences et la plus grande vigilance envers l’extérieur, jusqu’à ce que nous retrouvions nos pleines aptitudes - ou presque - à lutter contre celui-ci.

Et je ne pouvais qu’être d’accord avec ça, retrouvant là le confort rassurant d’une méfiance exacerbée envers tout ce qui pouvait venir d’au-dehors. Des types comme Elias, et sûrement bien pire encore. Peut-être quelques ressuscités aussi, comme il semblait en pleuvoir à l’instar de Léonard ou Cornelia ; à moins que ce ne soit le vieux Nelson qui ne nous en confie d’autres. J’espérais que James saurait faire le bon choix - ou du moins poser quelques limites - concernant nos relations avec la Ferme et les individus que les occupants de cette dernière délivraient ; l’immense fiasco de Snatch me restant passablement en-travers de la gorge. J’étais mitigée à l’idée d’accueillir de nouvelles têtes, surtout maintenant que nous avions la charge d’un bébé.

Puis mon regard dériva vers Elizabeth lorsqu’elle fit entendre sa voix, déclarant quelques mots qui me donnaient bon espoir pour les jours à venir. Entendre de sa bouche qu’elle n’avait aucun doute sur la rémission de Kyle gonfla mon coeur d’un profond soulagement. Je ne lui en demandais ni plus, ni moins, surtout lorsqu’elle poursuivit, plus à l’intention de James que de moi-même, employant des termes et des approches autrement plus techniques qui eurent tôt fait de me perdre dans un charabia médical et psychiatrique dont j'étais tout à fait ignorante. Je n’en retenais véritablement que les éléments fondamentaux : Kyle allait s’en sortir, nous allions nous en sortir, ensemble, une nouvelle fois.

J’avais beau ne pas comprendre grand chose à ce que disait Elizabeth à propos de la méthodologie, je lui offrais néanmoins quelque chose de précieux en cet instant : ma confiance, pleine et entière. Et peu étaient ceux qui pouvaient se targuer d’un tel privilège aujourd’hui. À dire vrai, ils se trouvaient tous dans cette seule pièce. Plus lentement encore, je me redressais un peu plus, m’accoudant d'un côté du fauteuil pour laisser mon menton reposer au coeur de ma main gauche, mes doigts frottant nerveusement contre ma joue, en prise avec mes pensées. Mes azurs s’étaient détachés de la ténébreuse pour glisser brièvement vers James avant de se porter une nouvelle fois vers l’extérieur. Je prenais une profonde inspiration avant de finalement laisser de nouveaux mots quitter mes lèvres d’un ton plus monotone, bien qu’empreint d’une certaine inquiétude, sans détacher mon regard de l’extérieur.

“Kyle ne sera probablement pas remis dans les jours à venir, James. Or si tu dois sortir dans les prochains jours comme tu l’affirmes, j’espère que tu ne le feras pas seul. Tu es notre seul médecin, et même sans cela, ce serait de la folie. J’aurai besoin d’Elizabeth ici, en cas de débordements, et de Leonard pour avancer sur les aménagements du Perchoir. Je serai plus rassurée si tu envisageais d’emmener Cornelia avec toi.” J’avais ramené mon regard vers l’homme disant cela avec sincérité, avant de poursuivre du même ton.

“Pour le reste, je m’occuperai de la petite, soyez sans crainte.” Mon regard passa de l’un à l’autre, se fixant finalement sur la brune. “Et je ne manquerai pas de venir te voir en cas de besoin, même si je préférerai que tu focalises tes talents sur Collins en priorité. Si ces types venaient à se pointer assez rapidement, il faudra pouvoir compter sur tout le monde, tous nos moyens. Et puis…” Je baissais les yeux vers le parquet, ma voix diminuant de volume jusqu’à frôler le murmure. “...j’ai aussi besoin de lui.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Mer 27 Nov - 22:30
Dès les premières paroles d'Elizabeth à sa suite, ses pensées retournèrent à Ivy quelques instants. Il n'avait pas fait mention du post-it, de son "cambriolage" en forçant les portes pour se servir dans les stocks, afin de ne pas alourdir le ressentiment des deux femmes à son égard car présenté ainsi, ça ne jouait certainement pas en la faveur de la mécano et il voulait en quelque sorte, lui faire une dernière fleur. Mais très vite, il redressa le regard sur sa compagne, la dextre pianotant sur l'accoudoir où ses bras étaient affalés en affichant un regard d'autant plus pensif malgré lui, derrière l'obscurité apparente de ses yeux.

Au fur et à mesure de ce qu'elle exprimait, il pressait lui-même les lèvres en étirant les pommettes, ne cachant rien du scepticisme certain qui le gagnait face au plan de méthodes qu'elle présentait pour l'aide à Kyle, auquel il ne pouvait décemment pas s'accorder sur la forme, bien qu'il comprenait le fond et avait entière confiance en ses compétences et sa capacité de jugement. Il gardait indiscutablement la notion de sécurité en priorité absolue aujourd'hui plus que jamais, même en dépit de l'aspect moral, et n'était plus en mesure de céder le moindre bout d'incertitude à la faveur de la prise de risque, quelque soit la raison et la bonne foi qui pouvaient en être l'origine. Il est vrai qu'il pensait tout cela surtout pour le reste du groupe et n'était pas aussi tranché sur son propre cas, mais pouvait-on en attendre autre chose ?

Cependant il ne répondit rien sur l'instant, se donnant un temps de la mesure à ses pensées et aux paroles qu'il pourrait formuler, car il n'avait aucun désir de brusquer sa belle alors même qu'elle faisait son possible pour se recentrer sur l'essentiel et c'était là autant rassurant que tout à son honneur. D'ailleurs, le bref coup d'oeil de Jena sur lui avait instinctivement attiré son attention, comme si ses sens lui avaient fait sentir qu'il était observé et il détourna seulement les yeux un instant après pour capter ce regard qui ne tardait pas à s'échapper vers les fenêtres de la pièce qui donnaient sur la ville, de l'autre coté du morceau de plaine herbeuse au milieu de laquelle ils se trouvaient.

Ce fut à son tour de prendre la parole et il n'y avait guère à commenter son ton, il était circonstanciel et c'était sans doute le moindre mal, compte tenu de ce qu'ils vivaient. A sa demande, lorsqu'elle revint l'observer, il cligna des yeux lentement et d'un discret geste d'acquiescement lui laissait comprendre sans besoin de mots qu'il s'accordait à cette réflexion légitime du point de vue sécuritaire et y consentait. Certes, il ne faisait pas précision qu'il ne s'y emploierait probablement pas systématiquement puisqu'il avait évoqué le besoin d'avoir le maximum de monde ici même, et d'autant plus qu'il préférait se rendre à la ferme seul, mais tout n'avait pas besoin d'être dit en cet instant pour être réfléchi le moment venu.

C'est quand elle baissa les yeux sur le parquet pour évoquer son attachement à Kyle, largement compris en cet instant, qu'il plissa les sourcils d'une certaine surprise. Il avait certes vu qu'ils avaient une proximité mais il ne s'était pas douté que cela puisse être davantage, étant donné ce qu'il avait entendu de l'ex-militaire - ce qu'il était tout autant - dans le bureau, avec Ivy. Plusieurs questions se bousculèrent très vite dans son esprit : parlait-elle simplement d'une proximité amicale ? Ou faisait-elle référence à plus ? Il n'était pas spécialiste du relationnel, mais il n'y avait pas besoin d'être psychologue pour savoir que des sentiments pourraient mettre à mal plus encore qu'il ne l'était leur groupe, si Kyle jouait ainsi à un jeu dangereux quand bien même Ivy était partie. Car sans parler de ça, il fallait aussi évoquer la condition que le Vagabond avait révélé, ou du moins avait assuré, quant à eux, les "dégénérés". Un terme bien maléfique à leur égard.

Mais il se trompait peut-être, probablement, à se mettre à extrapoler sur le moindre détail. Ce n'était potentiellement rien, ou peut-être savait-elle déjà pour Ivy, ça n'avait sans doute pas d'importance. La fatigue d'abord et tous ces événements qui l'avaient rendu tant tendu, qu'il en venait possiblement à se faire paranoïaque de tout et rien. En tous les cas, il espérait que ce besoin que Jena exprimait ne viendrait pas à avoir des conséquences inattendues prochainement, ce serait la cerise sur leur désolation avec l'état de Kyle et les risques possibles que tout ça... tout ce melting-pot d'éléments relationnels, de leur condition et de leur environnement pouvait donner.

Il s'en rendait compte, mais un court temps de silence s'était installé durant lequel il avait longuement fixé Jena toujours des yeux, sans pivoter la tête et il s'empressa dans la pensée, mais assez posément dans la voix, de le briser pour rebondir sur ce qui venait d'être dit :

« Kyle est un type bien, je n'en doute pas, je sais que j'ai pu compter sur lui jusqu'ici et que nous nous sentirons tous mieux quand lui-même ira mieux, mais... »

Il pivotait le regard sur Elizabeth, cessant de pianoter dans une posture presque statique, tandis qu'il poursuivait, redressant inconsciemment les sourcils et ouvrant un peu plus les yeux, comme pour faire comprendre le sérieux de ce qu'il entendait. Quelques mèches se pliaient toujours devant son visage en obstruant finement sa vue.

« Cette nuit, il est sorti du dortoir en criant mon nom et il avait l'air complètement ailleurs. Comme si il avait reculé dans le temps, en un instant, sans que l'on puisse s'y attendre. J'ai essayé de le calmer le plus doucement possible mais il a vrillé d'un coup et il m'a attaqué. J'ai du me défendre et crois-moi, il n'était pas parti pour simplement me bousculer. Les coups portés étaient sérieux et cette folie qui semblait l'avoir pris, l'était aussi. J'ai du y aller très fort pour le maîtriser et il s'est débattu comme un diable, comme si j'étais devenu brutalement un inconnu et surtout une menace pour lui, sans que rien n'ai pu le justifier que son propre... déphasage.

Si ça avait été toi à ce moment-là, je ne sais pas ce qu'il aurait pu te faire Elizabeth. Alors... »


Le médecin prit une inspiration en marquant un très bref temps, son torse se gonflant d'air avant de poursuivre, quittant les accoudoirs de ses mains pour se redresser et poser les coudes sur les genoux, les avant-bras ballants sans quitter la brune des yeux.

« Je te fais confiance, à toi, à ton savoir et en ta capacité de jugement. Autant que je n'ai qu'une vague idée de ce qu'il vit ou de quoi en penser, c'est tellement soudain... Mais je n'ai pas confiance en Kyle, pour l'instant, il est trop imprévisible. Nous avons vécu assez de drames comme ça et il y a encore des menaces qui planent sur nous. Sans parler de ça, si malgré ta prudence Kyle vrille à nouveau alors qu'il est détaché et n'a pas pris de calmant, tu ne pourras pas le maîtriser ni lui injecter quoi que ce soit. Il a beau être revenu il n'y a pas si longtemps de la mort, il récupère de ses capacités plus rapidement que nous et sous le coup de la folie il serait encore plus dangereux.

Je ne peux pas jouer la confiance parce que ce n'est pas le cas et ça me met en colère d'en arriver là et de le voir ainsi, il ne mérite vraiment pas ça. Pour autant, il est hors de question que tu te retrouves seule avec lui détaché, sans assurance de son calme avec ou sans produit, sans arme et sans protection. C'est peut-être une difficulté que je t'impose pour ce que tu as à faire, j'en ai conscience, mais notre sécurité est désormais la priorité absolue, devant tout le reste. Et pour être très franc avec vous deux... »


A ces paroles-ci, il détourna son attention sur Jena pour observer sa réaction, sans s'interrompre.

« Malgré l'amitié que j'ai pour lui et mon désir sincère de le voir aller mieux, s'il fait du mal à l'une de vous, au bébé, ou à Kenzie, ça se terminera très mal pour lui parce que je ne saurais pas me retenir. »

Le ton de sa voix s'était durci presque involontairement alors qu'elle restait posée, morcelant sa mélodie pour une force plus éraillée alors qu'il revenait à Elizabeth afin d'aviser sa réaction à son tour. Ses mains s'étaient refermées après avoir crispé ses phalanges, non en quelconque signe de menace, mais par cette colère réelle qu'il avait de devoir penser cela et en venir à dire ça, ce qui transparaissait à ses traits de visage plus affaissés.

« Fais au mieux. »
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba11136/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (136/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1099/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (99/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Jeu 28 Nov - 17:51
D’un hochement léger, Elizabeth accorda à Jena un nouveau sourire bienveillant, très doux, mais assez perceptible pour transmettre tout ce qu’elle avait à en dire sans qu'aucun mot ne vienne appuyé ses pensées. Au fond d’elle pourtant, elle ne ressentait qu’une intense tristesse empathique à son égard, tandis que les aveux continuaient de fuser à mi-voix. Plus encore que de parvenir à se mettre à sa place, elle explorait tous les tenants et aboutissants qui donnaient à cette relation qui se dessinait et se laissait entrevoir doucement entre la jolie blonde et l’ex-militaire, quelque chose de profondément tragique et émouvant, d’une puissance fragile et d’une douceur déchirante. Elle ne pouvait même pas imaginer à quel point elle pouvait souffrir, de la situation, de sa situation, de celle de Kyle, et de leurs interdits. Elle s'interdisait même de se permettre d'affirmer seulement le comprendre. Ça dépassait l'entendement.

Elle ne pouvait pourtant s'empêcher de se retrouver projeté quelques semaines en arrière, lorsqu’elle-même avait dû faire face à ses propres démons et James aux siens, bien qu'à un degré tout différent, et à des contextes tout aussi changeants, mais les bagages lourds et handicapants s’accumulaient toujours bien trop vite dans ce nouveau monde. Chaque jour se vivait avec une fougue telle, que le temps n’avait plus de valeur à l’attachement. Qu’est-ce que deux mois de relation pouvaient seulement représenter maintenant comparé à jadis ? Elle-même n’en doutait que peu désormais. A son sens, il était trop peu probable que James et elle ne se soient unis ainsi si la civilisation n’avait pas volé en éclat et si la vie n'avait pas été vécue avec une si grande intensité. Elle ignorait encore à quel stade ils en étaient rendu, si l'aveu avait déjà été prononcé et comment ils appréhendaient leur condition si différentes, mais une chose était certaine, c’est que ce regard fuyant, et ce murmure éloquent, étaient authentiques, réellement authentiques.

Ses doigts continuèrent de se frotter les uns contre les autres, grattant la peau de ses mains, de gestes marqués et pleinement visibles, sans trouver d’accalmie à ces contrariétés qui semblaient l’animer et qu’elle cherchait à évacuer ainsi.

Aux premiers mots de James, le visage d’Elizabeth s’y déporta avec une lenteur mesurée, ses yeux se fermant un bref instant le temps du mouvement avant d’en trouver une accroche sur lui, tandis qu'il laissait sa phrase en suspens. L’azur de ses yeux déjà planté sur elle, avant qu'elle-même ne détourne son regard pour se figer sur cette main qui s’était immobilisé. Elle s’apprêtait déjà à ce qui allait suivre, et elle en aurait été la première étonnée si cela n’avait pas été le cas. C’était une preuve supplémentaire - sans même en avoir seulement besoin, que James ne voulait plus rien laisser au hasard et restait fidèle à sa prudence et à ses ordonnances, même si cela concernait un ami. Surtout, si cela concernait un ami.

Elle inspirait longuement et profondément, sans rendre l’acte audible, se contentant d’offrir en témoin de ces souffles plus intense, le soulèvement de sa poitrine qui faisait gonfler davantage le tissu de son tee-shirt, quand bien même elle flottait dedans. Elle l’écoutait, d’une oreille plus qu’attentive, entendant ces vérités bien pragmatiques qui s’inséraient pleinement sur ce qu’elle avait défini plus tôt. La frontière était si fine, si étroite, entre la sécurité et la permission pour donner à ses actes et à ses tentatives, toutes les chances possibles, voir même qu'elle mesure également les dangers que représentaient une excessive prudence. Mais comment s’appuyer sur des thèses et des théories, des cas scolaires qui ne trouvaient de sens que dans une société où il existait encore un cadre de tranquillité. En cela, elle nageait dans le plus grand des troubles, et cela ne donnait que davantage raison au médecin. Pourtant, elle ne pouvait se contenter de ça et d'abdiquer sur ce qu'elle estimait être un possible manque de compétences.

Sa lèvre inférieure se retrouva coincée entre la contrainte racloir de ses dents, l’étirant et la malmenant en un jeu presque semblable à celui qu’elle s’infligeait par la pression de ses doigts noués. Elle gardait précieusement son regard désaxé de l’attention que le médecin lui portait, non pas par rancœur ou par impolitesse, ni par rancune ou amertume, mais bien parce qu’elle voulait rester le plus concentré et focalisé possible sur ce cas si sensible, cherchant dans son esprit les clés qui auraient pu emmener à une solution qui convenait à tout le monde, sans qu’aucun n’ai à faire de compromis. Elle avait pensé que cette proposition de seringue de neuroleptique serait peut-être suffisante pour compenser au moins l’absence d’arme à proximité de l’homme, mais c’était sans doute trop optimiste.

Elle marqua un bref instant de silence après les mots de James, le temps à son regard de se reporter à nouveau sur son séduisant médecin, quittant la surface plane de la table qu’elle avait inconsciemment fixé pour l’observer à nouveau, lui, dans toutes les expressions que son visage lui offrait désormais. Elle n’était pas blessée par ce qu’elle avait entendu, ni par la dureté de ses traits. Ca aurait été mal connaitre celui qui partageait sa compagnie et ses sentiments depuis quelques mois maintenant. Aussi se contenta-t-elle de ce temps silence sans contrariété supplémentaire en levant la main droite pour la passer à sa nuque, soulevant avec légèreté la cascade de ses cheveux bruns pour venir offrir à sa peau, de légères pressions de détente, juste quelques brefs instant, avant de retrouver le lien de sa jumelle, qui avait patiemment attendue juste sous son ventre.

« Je ne lui ai pas encore parlé depuis l’incident mais, de ce que tu m’en as dit, de ce que tu m’en dis, j’ai un point de départ qui va me permettre de mieux comprendre et de réadapter mon approche au besoin. Il est possible que ce ne soit pas la première fois que ça lui arrive. Qu’il ai déjà, par le passé, eu des comportements étranges, des paroles hors contexte ou désaxés de la situation, comme à retardement. Je ne l’ai pas suffisamment côtoyé pour en être certaine ou seulement témoin, et là-dessus, vous me serez d’une très grande aide. Si cela a eu lieu, c’était bref, localisé, et tout revenait systématiquement en ordre comme si rien n’avait été différent entre notre perception et la sienne.

Mais il ne revient plus. Il y reste coincé. »
Lança-t-elle en désignant la direction de la salle de nettoyage où l’homme dont il était question s’était vu enfermé d'un geste assez lent et tempéré. « Il faut trouver ce qui a déclenché la dissociation dans laquelle il s’est figé. Cela s’est sans aucun doute produit pendant cette fameuse nuit, là-bas et depuis, il revit le pire moment de sa vie, sans cesse. James... Il est sans doute terrifié. »

Elle appuyait ses derniers mots paradoxalement sur un ton plus bas, presque plaintif.

« Chaque hostilité à son égard pourrait le ramener dans sa boucle fragmentée. La présence d’une arme, une intention d’opposition, un visage inconnu, c’est ça qui provoque le risque, la réaction. Plus vite nous arrivons à lui venir en aide, et plus nous serrons en sécurité. Jena l’a dit, ce qui est arrivé à Hope, c’est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Demain. Dans une semaine peut-être. Je comprends tout à fait James, crois moi que je te comprends. » Avait-elle fini par dire en ramenant ses deux mains plaquées l’une contre l’autre, les agitant presque comme une prière avant qu'elle n'en ramène ses index se coller sur le creux de son menton, les autres doigts se liant et s'entrecroisant. « Mais ces difficultés seront des obstacles qui risquent de provoquer ce qu’on souhaite plus que tout éviter. C'est ce que je veux te dire.

Je ne dis pas de retirer ses liens tout de suite. Juste… de me donner une chance de lui apporter de l’aide. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1173/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Jeu 28 Nov - 21:57
Mon regard n’avait pas décollé de l’observation du parquet, mes iris à la recherche et capture des nombreuses nuances de bleu qui pouvaient s’y dessiner. Ou du moins me l’imaginais-je quand James et Elizabeth échangeaient leurs différence de vision sur la méthodologie du traitement de Kyle. Je m’y sentais étrangère, et devais concentrer toute mon attention auditive sur les mots qui passaient de l’un à l’autre. Étrangère et partagée, car si j’approuvais la démarche d’Elizabeth à vouloir aller au plus efficace et au plus risqué, je reconnaissais que la mesure et les positions plus sécuritaires de James trouvaient un certain sens en moi. Le coeur contre la raison, une nouvelle fois. Aussi je ne finissai par relever le regard dans leur direction dès qu’Elizabeth parla de trouver le déclencheur des délires du militaire.

Je mordillais une moitié de ma lèvre inférieure en fermant les paupières, me replongeant dans les souvenirs que j’avais de cette nuit désastreuse. Le comportement, les actes, les mots que Kyle avaient eu pour moi quand je me trouvais au sol, peu avant que je ne le repousse. Comment il semblait me supplier alors de ne pas l’abandonner, de rester avec lui, m’appeler ‘Bébé’, les mains pressées sur mon abdomen à tenter d’arrêter je-ne-savais quoi. Comment il avait réagi à l’entente des cris du nourrisson, suggérant à James de lui chanter cette comptine que j’avais utilisée pour l’atteindre de nombreuses minutes plus tôt. Le déclencheur que cherchait Liz’ devait se trouver quelque part par là, niché au beau milieu de ces souvenirs comme j’avais en témoin. Et l’évidence me frappa violemment, comme une gifle en pleine poire.

Kyle n’avait pas été le seul à tenir des propos désaxés de la situation. La mécano aussi avait pété sa douille cette nuit-là. Les accusations qu’elle avait émises à l’encontre de Kyle, lui attribuant la paternité du bébé, comment elle m’avait imploré de l’aider à neutraliser Collins. Je me redressais lentement sur le siège, rouvrais les paupières, les sourcils froncés et les traits plissés d’une profonde moue de réflexion. Les lèvres légèrement entrouvertes, je secouais mollement la tête, bien incapable de digérer la fraîcheur d’une nouvelle qui avait vu nourri une sourde colère, une profonde rancoeur contre la mécano. Je reportais alors mon regard sur James - un regard dur qui ne lui était absolument pas destiné - humectant mes lèvres de la pointe de ma langue avant de lui adresser mes mots.

“Je comprends ta position, ton manque de confiance envers ce Kyle-ci, mais je reste de l’avis d’Elizabeth. Je pense qu’on perdrait un précieux temps à être trop méfiants vis-à-vis de lui. On ne peut pas se permettre de vivre avec une menace interne au camp en plus des menaces extérieures. Plus vite on résoudra le problème de Collins, plus vite on avancera sur le reste. Néanmoins, on ne peut pas laisser Elizabeth seule face à lui sans un minimum de soutien. S’il venait à vriller, on doit être en mesure de le maîtriser avant qu’il ne lui fasse plus de mal ; alors ce que je te propose, c’est d’être avec elle lors des séances. Prête à intervenir, de l’autre côté du mur afin qu’il ne me voit pas et que je n’interfère pas dans le processus.” Je déglutissais. “Je n’ai pas les compétences d’Elizabeth pour aider Kyle, mais je pourrais au moins l’aider à le maîtriser, tu peux me faire confiance là-dessus. D’ailleurs…” Très lentement, mon regard s’était porté vers Elizabeth. “...si ça peut t’aider.”  Je m’éclaircissais la gorge.

“Le bébé,” lui lançai-je en préambule avant de continuer d’un ton assez factuel, la voix tremblante et si attristée que j’en découpais presque chaque syllabe. “L’autre soir, à la cimenterie, quand il m’a trouvée blessée, il a eu des propos étranges. Il m’appelait ‘Bébé’. Il faisait pression sur mon ventre en me suppliant de rester avec lui, que ça ne s’arrêtait pas malgré qu’il appuie. Je pense qu’il me prenait pour sa femme, Kateryn… Jusqu’à ce que James lui parle par radio, avec les pleurs de la petite derrière lui. Il a demandé à James de rester avec la petite, de lui chanter 'Hush, Little Baby', que c’était sa chanson préférée…” Je marquais une pause, reprenant ma respiration, les yeux courants de gauche à droite à la recherche de mes prochains mots et de l’ordre de mes idées. Je reprenais d’une voix plus hachée d’émotion, sentant de nouvelles larmes me monter aux yeux.

“Je la lui ai chanté tout à l’heure quand il lui parlait, à Amber. Sa petite fille, son bébé. Je lui ai chanté quand il s’est mis à hurler cette rage désespérée. Je… Je crois que j’ai réussi à le rattraper, à l’apaiser. Il était revenu quelques instants, j’en suis presque certaine… Je pense que c’est la petite que James a recueilli cette nuit-là qui est le déclencheur...” concluais-je misérablement, prenant soudainement conscience que si c’était le cas, sa présence ici revêtait l’aspect d’une menace pour la stabilité de Kyle à plus ou moins long terme. Pour autant, je ne pouvais me résoudre à entendre cette pensée bien sordide. C’était tout bonnement hors de question. Je relâchais la tension de mon visage, arquant quelque peu les sourcils en détournant mes prunelles d’Elizabeth, véritablement désolée. “C’est tout ce que je sais, si ça peut t’aider à le sortir de là…” Je me raclai la gorge une nouvelle fois, laissant mon regard courir de l’un à l’autre, poursuivant d’un ton légèrement plus hargneux.

“Est-ce que la mécano vous en a parlé ? Elle a bien écrit avoir voulu attenter à la vie de Kyle deux fois non ? Elle a pété les plombs à la cimenterie quand Kyle s’est mis à délirer, l’accusant d’être avec le Marchand, d’être le père de la petite, me suppliant de l’aider à le neutraliser. C’est pour ça que j’ai dû l'assommer ; mais je n’ai aucune idée de quand ou comment aurait pu être cette deuxième fois... Peut-être a-t-elle déjà été témoin d’une crise ? Est-ce que l’un de vous en aurait la moindre idée ?”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Sam 30 Nov - 14:57
Sur le coup, James eu l'impression que ses mots étaient mal digérés et à dire vrai il l'aurait tout à fait compris, mais il savait également qu'Elizabeth avait toujours fait preuve de mesure, de compréhension, pour ne pas dire qu'elle avait accédé à toutes ses demandes sans jamais les discuter, d'une souplesse à laquelle il devait dette assurément. C'était semble t-il le moment de la payer. Pour Jena, il restait encore assez incertain de ce qu'elle pouvait ressentir mais il savait qu'elle comprenait ses craintes et ses arguments sécuritaires, quand bien même étaient-ils rustres humainement ce que lui-même concevait également.

Mais cette tension perturbait ses pensées et la fatigue n'aidait pas. S'il s'était contenté de passer le regard de l'une à l'autre avant de s'attarder sur Elizabeth à ses mots, son regard résolument figé dans cette désolation apparente, il réagit à la suite et à son geste des mains jointes en soupirant doucement, se redressant de son appui voûté pour retourner s'adosser au siège qui bascula légèrement, prenant appui sur la table accolée du coude tout en se passant la main une nouvelle fois sur le visage. Son regard se détourna sur sa droite, trouvant le mur marronné du fond de la pièce rectangulaire et il secoua légèrement la tête, mais ce serait mal le connaître aussi de croire qu'il réagissait ainsi par contrariété ou opposition, même si cela pouvait le laisser croire.

Cette crainte sécuritaire qu'il avait crevait le plafond dans leur situation plus que jamais et imaginer le moindre risque le braquait presque entièrement. Le médecin cachait alors ses lèvres de sa dextre, son majeur grattant l'inférieure distraitement, il était plongé dans ses réflexions qui ne se contentaient plus de se bousculer mais s'affrontaient sauvagement entre le pragmatisme absolu et l'émotion décontenancée. C'est après quelques instants que les yeux de James se tournèrent vers la blonde qui prenait la parole à son tour, avec une idée qui lui traversait soudainement l'esprit : et s'il avait été à sa place ? Si ça n'avait pas été Kyle, traumatisé et instable dans cette pièce mais Elizabeth, et s'il était ici face à deux personnes qui discutaient ainsi de son cas, comment l'aurait-il vécu ?

Il fixait les yeux azurs de Jena en l'écoutant parler mais était à cet instant accaparé par cette idée qui le poussait à s'imaginer assis à sa place, à concevoir ce qu'elle pouvait penser et il ne pouvait y voir d'autant plus que la force de caractère qu'elle exprimait d'encaisser ainsi ces discours et ces situations, dans l'état où se trouvait celui en qui elle tenait visiblement. James ne dit rien, son regard retournant au mur du fond tandis qu'elle s'adressait à Elizabeth et il restait cloîtré dans un magma de pensées, d'idées et d'images qui le renvoyaient à tant de choses propres à son intime histoire, ajoutant une forme d'écho à la voix de la blonde comme s'il se déphasait de sa réalité un bref temps. Et il persista ainsi, jusque plusieurs instants de silence qu'il n'avait pas constaté, avant que sa voix ne prononce un nom.

« Cassandra. »

Le médecin laissa filer quelques autres instants, donnant presque l'air d'être absent à se triturer la lèvre et faire pivoter son siège sensiblement de droite à gauche, avant qu'il ne s'interrompe dans ses gestes et ramène son regard qui glissa sur la pâleur de peau de Jena, puis celle d'Elizabeth, le fil de sa cogitation perceptible sans en distinguer la nature dans le fond de ses yeux. Un bref effet de vague et il accrochait leurs yeux en sens inverse, s'attardant sur Jena un court moment dans ce silence qui se prolongeait étrangement, puis fini par incliner son regard sur la table à son coté.

« Il y a moins d'un mois, quand nous étions encore à Snatch, Cassandra, Adam et toi Jena, vous étiez revenus avec Ivy et Kyle blessés par des types armés. De ce que Cassandra et Adam m'ont expliqué, quand je suis aller les voir après les soins, il y a eu une fusillade avec des hommes armés de fusils d'assaut. Ça correspondait aux balles que j'ai retiré de leurs corps mais... Kyle avait une autre blessure à la cuisse, assez étrange. »

James releva alors le regard en plissant les yeux, retirant sa dextre qu'il posait sur la table en frôlant sa surface de ses doigts relâchés, ses pommettes s'étirant quelque peu tandis qu'il passait le regard de sa compagne à la blonde, poursuivant.

« Une blessure au couteau. Un couteau plutôt fin et court, sans dent, un peu comme... un couteau de lancer. Cassandra lui avait retiré avant que je ne m'occupe de lui, alors je n'y avais pas prêté attention mais je me souviens qu'Ivy avait toujours des couteaux de lancer sur elle, ça lui servait sans doute pour son pouvoir de contrôle du métal. Elle n'aurait pas pu le blesser par ses moyens physiques mais je doute que Kyle puisse se défendre de ce pouvoir et la blessure semblait incohérente avec la fusillade. On venait de perdre Jordan, il se passait tellement de choses, je ne me suis pas attardé sur ce problème... »

Il prit une inspiration et soupira un peu plus fort, fermant les yeux quelques instants avec un certain agacement, car plus ses pensées se recentraient sur ses souvenirs de Kyle et Ivy, plus il se rendait compte d'à quel point il n'avait pas prêté attention à ce qui lui était pourtant passé sous le regard. Ses yeux se redressèrent sur Elizabeth dont il contemplait le brun des siens.

« Il y a une semaine, je t'avais raconté que Kyle et moi étions repartis pour la pharmacie que nous avions repéré tous les deux. On s'est fait presque coincer par une horde sur le chemin et deux types ont déboulé en voiture, dont l'un était le gars qui nous avait agressé dans l'avion et que j'avais promis de tuer si on le recroisait. Il avait réussi à me piéger dans un bâtiment pour me mettre en joug et on a parlé à ce moment-là, avec hostilité évidemment...

Il m'a parlé de ces gens qu'ils avaient attaqué avec son nouveau groupe, après que je l'ai laissé vivant. Une femme, avec son mari et d'autres personnes. Il m'a donné quelques... détails de ces meurtres et de ce qu'ils ont fait subir à la femme. Kyle a du tout entendre, il est arrivé presque de nulle part et lui a sauté dessus pour le mettre à terre, et à ce moment-là, il est devenu comme enragé alors qu'il n'avait sans doute jamais vu ce type. Il l'a massacré. Il s'est acharné dessus en lui jurant qu'il trouverait les autres...

Ça m'a interpellé mais là encore, tout s'est enchaîné très vite là-bas puis au retour et je ne m'y suis pas attardé. Et... bon sang. »


James bascula le siège devant la grande table, posant le second coude pour se passer les deux mains dans sa chevelure châtain claire qu'il rabattait vers l'arrière, dégageant son regard des mèches rebelles qui s'étaient cumulées afin de les agripper avec un certaine force, son agacement se transformant peu à peu en une profonde culpabilité - pour ne pas changer - et surtout prise de conscience d'à quel point il avait été complètement à coté, ce qui ne changeait pas non plus. A ceci près que cette fois c'était plus que jamais justifié car il n'avait strictement aucune excuse pour avoir délaissé ces constats et surtout ne pas avoir eu la présence d'esprit de les associer.

« Entre les deux événements, le lendemain de notre arrivée ici, j'ai entendu Kyle et Ivy se disputer dans cette salle, depuis le bureau. Ils se hurlaient dessus et en étaient presque venus à se battre. Avant d'intervenir pour leur sommer de se calmer, j'ai entendu Ivy accuser Kyle de trahison, d'être acoquiné avec Soulstrange et je crois qu'elle le soupçonnait de vouloir la livrer à lui. Ils ont parlé d'Adam... peut-être un rapport avec ce soir de fusillade, ils y étaient tous les trois en plus de Cassandra. Kyle lui disait qu'il avait fait de son mieux, pour la protéger, ne pas l'abandonner. Que c'était les actes d'Ivy qui avaient provoqué cette débâcle. Je pensais à ce moment-là que ça se rapportait à ses cachotteries et le fait qu'elle se mettait toujours dans les ennuis, j'avais pas soupçonné...

J'ai entendu pourtant. Kyle lui disait qu'elle s'était en gros retournée contre nous et qu'ils se servaient d'elle et de son instabilité pour nous détruire de l'intérieur, que c'était un agent dormant ou quelque chose comme ça. Il voulait l'aider, qu'elle lui fasse confiance, avant qu'ils ne... bordel !  »


Dans un élan de colère aussi brusque que soudain, il avait rehaussé le ton de sa voix pourtant presque liquéfiée au fur et à mesure de ses lentes paroles, pour la faire plus rustre, rauque et portée en rabattant ses mains pour les frapper sur la table violemment, la faisant trembler sous l'impact. Son regard se mit à balayer l'espace non-occupée de la pièce devant lui, ses yeux basculant de gauche à droite dans un élan de réflexion intense qui recoupait tout ces éléments avec une prise de conscience renforcée. Il avait néanmoins géré la venue de cette colère en omettant soigneusement la coucherie des deux devant Jena, car il ne voulait pas risquer de balancer une information que Jena ne connaissait peut-être pas dans un moment pareil, ce serait une terrible erreur.

« C'était là. J'avais tout sous les yeux... Ivy et Kyle. La paranoïa d'Ivy et sa suspicion qui l'ont fragilisé et amené à ce départ. Ce qui torturait Kyle de l'intérieur. J'étais tellement accaparé par la scission de Snatch, l'avenir du Perchoir et les besoins de ressources que j'ai complètement ignoré tout ça alors que j'avais les éléments en main. Merde, quel imbécile ! J'ai vraiment foiré... »

A nouveau il abattit sa colère sur la table de son poing droit, renouvelant cette maltraitance gratuite sur un objet inerte, pour ne pas se gifler lui-même devant les filles. Sa voix s'était également intensifiée d'un grondement qui venait du coeur, plus portée et grave encore. Mais cette colère laissait bien vite place à une affliction et une amertume encore renforcées, malgré l'aplomb qu'il avait essayé de se donner, son esprit chutait à nouveau et il bascula le visage front contre la table, relevant ses bras mollement et lentement pour croiser les mains sur l'arrière de sa tête et y prendre appui, tel un condamné à sa propre incompétence qui transparaissait terriblement, plus éclatante que le faisceau lumineux d'une lampe-torche dans les yeux à deux pas.

Jena avait beau dire qu'il avait fait beaucoup, à sa manière, mais c'était loin d'être suffisant et pour accomplir certaines choses, il en avait laissé d'autres pourtant criantes telles des alarmes de caserne à ses oreilles qui menaient à cette débâcle dont il était en finalité le véritable responsable. S'il avait fait part de ces événements en détail plus tôt à Elizabeth, s'il avait sollicité ses compétences ; s'il avait informé Jena aussi des risques et de ce qui se tramait, lui qui avait sans doute été le plus proche de la vérité sans y avoir prêté l'attention indispensable, peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé.

Peut-être Ivy ne se serait-elle pas mise dans cet état d'impuissance face à ces hommes, qu'elle n'aurait pas été mutilée. Peut-être Jena n'aurait ainsi pas été souillée et torturée par les meurtriers de sa famille. Peut-être Kyle ne serait-il pas dévasté et attaché dans cette salle de nettoyage, en proie à ses démons et alourdissant une situation déjà catastrophique pour eux tous. Et s'il n'y avait pas eu de scission, peut-être... non, il ne voyait vraiment pas où il avait été suffisant pour aider les siens et renforcer leur sécurité, alors même qu'il était responsable autant de leur présence ici, que de leurs tourments, directement ou indirectement, car il aurait du savoir gérer tout cela comme on l'avait légitimement attendu de lui.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba11136/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (136/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Debuba1099/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 2 Videba10  (99/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Dim 1 Déc - 17:04
Elizabeth passait son regard de l'un à l'autre, bien que son attention restait principalement focalisé sur James. L'extrémité de ses index continuaient de triturer sa lèvre, presque machinalement, bougeant de droite à gauche, la pinçant par moment, les rides de son anxiété se redessinant sur le centre de son front, entre ses deux fins sourcils, à mesure que sa contemplation du médecin s'accentuait. Elle savait qu'elle lui demandait énormément, et sans doute de prendre sur lui, lui qui s'était toujours mis à cœur et en tête de se tenir responsable de la sécurité de chacun, et elle s'en voulait quelque part au constat de ces nouveaux tourments dont elle était maintenant l'auteur et dont elle l'accablait. Si échec il devait y avoir, et quand bien même elle se serait considéré comme entière responsable de cela, elle savait qu'il ne pourrait se départir à nouveau de sa culpabilité, comme si toutes les fautes du monde lui était incombé.

Mais plus elle y réfléchissait, et plus elle se confortait sur l'approche qu'elle avait tenu. Elle se devait de réussir, pour Kyle, pour Jena, mais aussi pour James, et l'ensemble du groupe, pour que tout le monde puisse enfin souffler et retrouver ensemble le confort de leur refuge, aussi modeste soit-il. Tout cela semblait tenir en cette seule et unique décision.  Pourtant, elle n'aurait pas à cœur de lui tenir tête davantage si tenté qu'il se montre intransigeant dans sa décision. De tout temps, de tout lieu, et ce depuis qu'il lui avait tendu sa main à l'arrière du camion, elle s'en était remis à lui et lui prêtait une confiance assurée et quasi aveugle. S'il venait à continuer sur sa pensée, alors elle n'aurait plus qu'à faire tout ce qu'elle pouvait, du mieux qu'elle le pourrait, en cherchant à limiter au maximum les casses s'il devait y en avoir et à parvenir à obtenir le résultat escompté quand bien même elle devrait faire face à quelques difficultés.

Son coeur se resserra davantage en entendant Jena partager son opinion la soutenant pleinement dans son choix on apportant sa propre argumentation, ce qui aurait sans doute pu être vu comme un paradoxe capricieux, mais elle savait, elle sentait au plus profond d'elle, que cela rajoutait davantage de poids sur la décision que James aurait à prendre. Elle aurait sans doute sentie plus de confort à ce que les deux leaders du campement s'accorde sur la sécurité, mais ce ne fut pas le cas, laissant à James cette décision plus que difficile. Les prunelles de ses yeux se déportèrent sur sa gauche, venant offrir son regard à la blonde, dont le visage et la voix continuaient de conserver cet abattement palpable, et cette détresse aussi profonde qu'elle en était terrible. Elle n'acquiesça pas, se retenant tout signe d'assentiment, afin de ne pas mettre son compagnon en situation d'opposition face à deux femmes qui pourraient sembler faire front commun, se contentant de l'écouter d'une oreille plus qu'attentive, et davantage encore lorsqu'elle fini par dériver sur le côté factuel de son discours.

Rapidement, son regard balaya la pièce avant de laisser ce dernier se fixer sur un chevalet au panneau de grandes et larges feuilles blanches, presque derrière elle, contre le mur. Ses pas la portèrent jusqu'à lui, dans un silence feutré, les pieds toujours aussi nu sur ce parquet confortable. Elle ne voulait pas perdre la moindre information qui pouvait être dites, les moindres détails car chacun était précieux pour son approche. Et bien qu'elle donnait l'air de se focaliser sur le sujet de l'ex-militaire, ainsi concentrée sur ce qui concernait son ami qu'elle en oubliait peut-être presque le propre poids de ses démons, Elizabeth de son côté, ne l'avait pas mise de côté. Bien au contraire, car dans son étude méthodologique et l'approche de la situation qu'elle envisageait, chacun représentait la clé de la libération de l'autre.

Sa main gauche décapuchonna bruyamment le feutre abandonné sur le rebord en métal du chevalet, levant sa main pour prendre les premières notes de son complexe schéma qui semblait, au premier abord, ne représenter qu'un ensemble de mots clés répartis aléatoirement sur la grande page blanche, annotant les noms d'Amber, de Kateryn, de Kyle, parmi une multitude d'autre plus médical et scientifique, issu la plupart de supposition, entourant certains, annotant quelques points d'interrogation à côté d'autres. C'était maigre pour le moment, mais c'était déjà ça. Elle se tourna à nouveau lorsque Jena conclu ses idées, non sans avoir brièvement contemplé son panneau feutré, ramenant le bouchon au large indélébile qui propageait déjà l'effluve de son odeur si caractéristique de xylène et de toluène, le clipsant et le dé-clipsant à plusieurs reprise, reprenant la place des frottements de ses doigts en exutoire, témoin de son anxiété toujours présente.

Et sans qu'elle ne s'y était attendu, son regard passant sur ce James laissé à sa torture mentale, le sujet revint à Ivy, laissant un blanc se poser dans la pièce, presque gênant et assez lourd. Elizabeth elle-même en avait baissé la tête, rivant son visage sur le parquet et sa teinte unie, prenant une large et profonde inspiration. La question était importante, la réponse tout autant, mais l'esprit de la jeune femme qui s'était efforcé de s'occuper assez pour ne plus y pensait, revint se charger de toute cette peine qu'elle ressentait, mêlant sombre rancune et triste culpabilité. Ivy, Melody, elle ne pouvait s'empêcher de faire le lien des choix que les deux femmes avaient fait quand bien même l'une avait sans doute bien plus de raison dans sa perdition, se plaçant en statut de victime de ses propres monstres, qu'en monstre elle-même.

Les yeux d'Elizabeth se figèrent longuement, tout comme les mouvements de ses mains, sous l'assimilation de vérité qu'elle n'avait pas encore rapproché, égoïstement perdu sur ses sentiments provoqués par le départ de son amie. Ivy n'était pas au courant du sort de Hope, ni au courant que les hommes du Marchand étaient à sillonner les rues de la ville à la traque du frère de Melody. Elle en perdit les premiers mots de James qui reprenait à la suite de sa subalterne, dans sa réflexion tout droit issue des interrogations de cette dernière. Elle parvint néanmoins à en raccrocher le fil, redressant le poing fermé sur le marqueur noir pour le porter à ses lèvres. En cet instant, l'agacement de James la transcenda davantage, leur regard finissant par se croiser avec intensité tandis qu'elle secouait la tête de gauche à droite, dans une négation ayant symbolique que le refus de sa nouvelle culpabilité.

Ses pas finirent par la porter prestement vers le chef du campement à l'instant même où il pressa son front contre la table, l'accablement alourdissant le poids de ses épaules. D'un geste rapide, elle déposa le feutre sur le bord du meuble et porta un premier genou à terre, cherchant à faire pivoter la chaise de James sur le côté, afin qu'il lui fasse face, sa seconde jambe rejoignant la première, ses mains se posant à plat sur le haut des ses cuisses, et son fessier trouvant finalement l'appui de ses talons redressés. Cette posture n'était pas sans leur rappeler sans doute, à tous les deux, celle-là même qu'elle avait tenu dans l'avion qui les avait abrité quelques jours, plusieurs mois plus tôt. Elle patienta qu'il lui accorde son regard, espérant que ce souvenir parviendrait à l'atteindre autant que la chaleur déployée du creux de ses mains sur ses jambes.

« James. Non, s'il te plait. Cessons de porter le poids et la responsabilité du choix des autres sur nos épaules. Car si responsabilité il doit y avoir, on a tous notre part. Ivy, Kyle, Jena, Cornélia ou Léonard, toi et moi, Nelson, Matthew, peu importe. On pourrait trouver un millier de raison qui nous pousserait à nous sentir coupable, plus à tort qu'à raison, car ce ne serait que des possibilités et qu'on reste des humains, pas des machines. On fait du mieux qu'on peut et avec ce qu'on a.
Et si Ivy n'était par partie. Et si tu avais vu que ces détails n'en étaient pas. Et si Kyle avait parlé de ça. Et si je n'avais pas été aussi auto-centré. Je sais que ce n'est pas aisé, mais on doit rebondir, ici et maintenant. Prendre les décisions qui feront que ça ne se reproduira plus. Pousser les gens à parler, à se confier, à se connaitre et à se sentir en sécurité les uns avec les autres. Si ça doit être une question de survie, alors ça doit être fait.

Ces dossiers médicaux aideront si tant est que j'arrive à obtenir la confiance de chacun. Le monde d'aujourd'hui nous pousse à la méfiance. Nos codes sociaux sont brisés, nos repères détériorés, notre moralité mise à l'épreuve, nos pulsions déchaînées. On ne sait plus où est l'ennemi de l'ami, mais si on doit reconstruire quelque chose, ça ne pourra pas se faire sans cette base, alors... juste... tu n'as rien à te reprocher. Sans toi, nous serions peut-être tous mort à l'heure qu'il est. »


Sous la couche de denim couvrant les jambes du médecin, ce dernier pu aisément sentir les doigts d'Elizabeth trembler.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
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