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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Décider des ruines - 14/04/35
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Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1145/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (45/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Lun 2 Déc 2019 - 1:41
J’inclinais légèrement la tête sur le côté en fixant mon regard sur le chirurgien lorsqu’il prononça le nom de Cassandra. Mon front se creusa d’une ride plus prononcée sous le froncement de mes sourcils, mes yeux plongeant dans le vague et la contemplation de mes chaussures, alors que l’homme revenait sur les évènements de cette nuit si particulière, à Snatch. Je m’y retrouvais alors projetée, le souvenir de cette angoisse poignante au creux de l’estomac quand le poste-radio avait craché la demande de Kyle d’une évacuation médicale. Je me revoyais balancer le boîtier de communication sur la table de cette caravane et jaillir de celle-ci, le coeur tambourinant violemment contre ma poitrine et le souffle pressé par l’adrénaline qui m’avait gagné. Comment j’avais couru comme une dératée à franchir les jardins et allées des maisons voisines, sans me soucier du danger, des infectés, ni même de ma sécurité pour aller au secours du militaire.

La colère face à mon impuissance, l’inquiétude face à mon impatience ensuite, quand Kyle se trouvait entre les mains de James et Cassandra et moi à marteler le sol du salon de mes cent pas. Les mêmes colère et inquiétude qui me rongeaient en ce moment-même, à savoir Kyle dans une souffrance que je ne pouvais soulager. Sauf que cette fois-ci, il était seul, livré à lui-même et ses démons, à se mutiler contre ses liens et s’abîmer dans les abysses de ses délires. Et plus James avait parlé, dévoilant l’implication incertaine - mais que je n’avais aucune difficulté à envisager probable - de la mécano dans les blessures portées à Kyle, et plus ma rancoeur à son égard gonflait. Une colère nouvelle me gagna, inondant mes pensées jusqu’à les draper d’un voile épais de ressentiment qui contracta chaque muscle de mon faciès d’une grimace véritablement mauvaise. Une chape si épaisse que mon attention se détourna de ce qu’il disait ensuite, quand je ressassais sans discontinuer l’affliction de mon impuissance à venir en aide à mon compagnon, aussi efficace que l’imperturbable ressac gommant chaque empreinte laissée dans le sable trop friable de mes convictions.

Toutes ces promesses faites à James, Kyle ou moi-même, balayées les unes après les autres jusqu’au dépouillement par de successifs revers de fortune que toute l’expérience de ma survie et des horreurs n’avait pas suffit à maintenir éloignés. Le même type de revers dont j’usais pour essuyer les larmes qui sillonnaient mes joues, désinvolte et appelé à se reproduire. Car dans le fond, il n’y avait guère de différence en cet instant entre les pensées prononcées à haute voix du médecin et mes propres rengaines. Quoi que nous fassions, tout ne semblait jamais être que de vains coup d’épée portés dans une flaque dégoulinante de miasmes, souillant jusqu’à la dernière parcelle d’espoir que nous pouvions construire quelque chose. Que plus l’on tenait aux gens, à ceux qui nous étaient proches et nous donnaient une raison de continuer, plus nous souffrions en retour, aveugles à leurs défauts comme aux nôtres, presque insensibles à une détresse qu’ils préféraient nous taire. Finalement tous égoïstes quand venait l’heure de montrer ces faiblesses qui parfois, faisaient notre force.

C’était bien là tout le paradoxe de cette situation où je me retrouvais bien malgré moi, très étrangement soulagée que les langues se déliaient totalement - presque trop violemment et soudainement - et profondément écoeurée d’avoir dû attendre une telle débâcle pour que les choses et les non-dits soient mis à plat. Comme si une nouvelle fois, comme pour le désastre de Snatch, il avait fallu un point de rupture pour que les choses avancent. Une scission qui s’était voulue physique à ce moment, là où celle qui menaçait aujourd’hui était avant tout psychologique, presque idéologique car il s’agissait avant tout de trancher avec le passé une bonne fois pour toute, Elizabeth et son esprit affûté dressés en lame.

Je sursautais quand la table trembla sous le claquement des mains de James, le choc paraissant se répercuter en moi quand je le vis, le sentis s’effondrer sous le poids de sa propre culpabilité qui trouva résonnance en moi. Je me posai alors la seule question valable en cet instant, connaissant déjà la réponse bien avant de l’admettre comme tangible : lui en avais-je trop demandé ? Lui en avions-nous tous trop demandé ? Je croisais mes mains entre mes genoux, entrelaçant mes doigts que je comprimais et pressais à m’en faire blanchir les phalanges, serrant les dents sur l’intérieur de mes joues jusqu’à sentir le goût du sang envahir ma bouche et la douleur m’obliger à me redresser, portant un regard nuancé de courroux, de culpabilité et de désolation sur l’homme. Une paire de prunelles perçantes qui ne tarda pas à bifurquer sur sa compagne lorsqu’elle vint s’agenouiller auprès de lui.

Et les mots d’Elizabeth, une fois encore, surent m’atteindre quand bien même ils ne m’étaient pas adressés. Je leur trouvais un écho rassurant, une justesse presque infaillible qui, s’ils ne m’aidaient en rien à résorber l’afflux d’émotions qui me gagnait et m’agitait, conservaient cette portée intangible. Celle d’une violence douce, propre à caresser un esprit aux abois et un coeur hémorragique de ses affections comme ses afflictions. Les aveux d’une responsabilité commune, par les actes des uns, les propos des autres et l’aveuglement de l’ensemble. Le chef de camp s’accablait de bien trop de méfaits qui ne pouvaient relever de sa seule personne. Les évidences qui nous éclaboussaient, jusqu’à ce que l’on y trempe le nez et s’y noie inconsciemment, restaient les plus dures à constater. Comment distinguer le chaos lorsqu’il se trouvait empêtré dans lui-même ? C’était tout bonnement impossible, à moins d’avoir l’esprit à ce point malade d’être capable de se détacher de tout, de prendre note de tout avec la rigueur froide et implacable d’une mécanique insensible.

Lentement, je me redressais dans ce siège qui me semblait devenir de plus en plus inconfortable, à m’obliger à attendre ainsi que les coeurs se rompent et se déversent. Je plantais mes doigts dans les extrémités arrondies des accoudoirs, faisant craquer le tissu sous la pression de mes phalanges. Ma langue passa sur mes lèvres, les teintant sobrement de quelques traces carmin, avant de prendre la parole d’un ton bien plus sec et froid, grinçant d’une certaine ironie, quelques instants après qu’Elizabeth eut livré ses derniers mots.

“Tu sais quoi ? T’as raison Everett... T’as foiré. T’as vraiment foiré…” Je plantais mes azurs sur l’homme “...à nous laisser crever la gueule ouverte dans ce charnier en devenir qu’était Snatch. Tout comme t’as foiré à nous abandonner à notre sort dans cette cimenterie. T’as foiré à te désintéresser de nous et te comporter comme un enculé d’égoïste. T’as foiré à prendre ce que tu nous a donné à tous. Du temps. Du recul. Du repos.” Je marquais une brève pause, laissant le sarcasme vaciller vers une dureté plus franche, sans pour autant hausser le ton. “Mais pire que tout, là où t’as vraiment foiré, c’est de n’avoir pas pris le temps ni l’initiative de déléguer tout cela à Elizabeth. Toi qui a la chance d’avoir quelqu’un d’intime sur qui te reposer, une fille avec la tête sur les épaules sur qui compter… T’as pas le droit de foirer ça..." Ma voix se teinta de quelques tremblements, à mesure que la colère y gagnait en intensité et s'y laissait deviner en soupçons fragmentés.

"Parce qu’en ce qui me concerne, je sais où sont mes ennemis. Là-bas. Dehors. Et par dessus tout, je sais parfaitement où sont mes amis. Vous deux, ici, et une gamine en train de veiller sur un bébé ; un autre attaché à une canalisation au point de s’y mutiler, se torturant sûrement de savoir pourquoi on l’abandonne à son sort, et encore deux autres là dehors, à affronter les dangers de l’extérieur et nos ennemis pour ramener d’hypothétiques calmants - sans aucune certitude d’en trouver - là où ta femme propose une approche qui permettrait de s’en passer." Je secouais la tête, mollement, poursuivant d'une voix plus lasse au terme d'un soupir. "Je comprends ton désir de sécurité, je comprends que tu veuilles protéger Elizabeth, nous protéger de Kyle s’il venait à vriller, mais… bon sang James... On n'est pas des petites filles, tu ne peux pas protéger tout le monde, tout le temps. Fais-nous confiance, repose-toi sur nous, repose-toi tout court…”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Mar 3 Déc 2019 - 10:34
La fraîcheur du bois de table imprégnait son front et le bout de son nez, alors qu'il était appuyé dessus. La prise de ses mains jointes s'alourdissait, il avait relâché la certaine tension qui évitait leur oppression et ses bras s'étaient affalés avec une certaine fatigue. Il n'avait de ce fait pas prêté attention aux regards ou aux gestes cloîtré sur lui-même qu'il se trouvait, jusqu'à ce qu'il sente la résistance de la chaise par la main d'Elizabeth qui tentait de la tirer, afin de l'inciter à lui faire face. Les premiers instants, elle ne trouva que cette résistance, le barbu restant presque immobile si ce n'était son souffle qui mouvait son torse vers le sol. Puis il finit par consentir à se redresser dans un soupir, relâchant ses mains dont il posait la dextre sur la table, l'autre trouvant l'accoudoir et d'un relatif pivotement qui ne voulait pas rejeter l'approche de la brune, ce qui devait sans doute lui demander un effort, il vint porter son regard emprunt de lassitude et d'accablement sur le sien.

Il entendait ses paroles mais ne réagit qu'en grinçant des dents, la mine sombre et la mâchoire se mouvant par à-coups, vraisemblablement assez moyennement atteint par le discours de sa douce qu'il comprenait mais glissait partiellement sur lui pour une partie, l'agaçait instinctivement pour une autre et le touchait sincèrement pour la dernière part, pris dans une forme de paradoxe. Elle essayait de garder de l'aplomb et utiliser ses compétences à la parole pour sans doute le rassurer et essayer d'embaumer ses ressentis, malheureusement il avait bien du mal à ne pas le réceptionner comme facile, ce qui pouvait paraître très dur venant de lui et c'est pourquoi il ne dit rien en retour. Parce que James savait au-delà de son propre état moral lourd et pénible que sa compagne faisait de son mieux avec ce qu'elle avait sous le coude, et devait être tout aussi perdue - probablement - à la sensation de ses tremblements des mains qui ne lui échappaient pas.

Après quelques instants il amoindrissait la tension de sa mâchoire, ses yeux s'abaissant des siens à ses lèvres, avant de se redresser dans son mutisme et l'esprit d'autant plus pensif. Des pensées dont il fut sorti par la soudaine froideur de la voix de Jena qui attira aussitôt son attention d'un mouvement de tête presque aussi brusque, l'invectivant d'une succession de paroles qui firent instantanément froncer les sourcils du médecin proprement surpris, ça ne faisait aucun doute. Les lèvres toujours closes, il encaissa cette fermeté qui se prolongeait au fur et à mesure qu'elle déversait ce qu'elle avait à dire, avec assurément une forme de défouloir. Sur le coup, il eut instinctivement une bouffée de cette colère qui remontait, comme si elle restait là tapis dans l'ombre à attendre patiemment que l'homme prenne sur lui jusqu'à la rupture et pouvoir exploser, non sans le risque qu'une trop longue attente rende cette colère finalement elle-même vulnérable à la rupture par une implosion, et la métamorphose de sentiments vifs et bouillants en un ulcère de l'estomac sanglant.

Néanmoins, il ne dévissait pas les lèvres, pour tout un tas de raisons presque trop évidentes, parce qu'il n'avait juste pas le droit de lui rebondir dessus après ce qu'il s'était passé. Parce que, pour une fois, il fallait simplement accepter cette rudesse des mots et du ton sans moufeter. Mais cet agacement grimpait en flèche, pris entre ces deux femmes qui n'étaient pas des petites filles non, mais semblaient vouloir lui interdire la culpabilité, lui interdire d'avoir un ressentiment sur toute cette situation désastreuse là où l'une d'elle paraissait s'en noyer, et l'autre n'avait pas eu le même vécu de ces événements. C'était des sentiments néfastes, certainement, mais cette part d'obscurité qui le dévorait ramenait au voile de son regard ces flammes infernales qu'il avait perçu plus tôt dans le bureau et le faisait se sentir jugé à la hâte de façon si hautaine, entre la brune facilité et la blonde absurdité.

Des pensées dangereuses dont une part très lucide, ou peut-être à l'inverse très naïve, avait conscience. Il ne savait plus où se trouvait la justesse et où se trouvait l'abus en cet instant, de lui-même ou d'elles, il se sentait envahi d'une trop grande amertume se répercutant sur leur présence et c'est d'un mouvement qu'il fit pivoter la chaise encore à sa gauche, sortant de l'axe d'Elizabeth pour se redresser assez lourdement. C'est sans hâte mais les gestes fermes et l'attitude plus rustre qu'il avait agi, autant que son regard dévié sur le poste-radio puis le mur marronné n'avait pas eu d'autre but qu'éviter le leur car le sien s'était profondément durci, éclaircissant le bleu habituellement discret de ses yeux pour le faire plus scintillant de cette lueur brûlante qui étreignait son âme. James fit alors le tour de sa compagne qui avait été accroupie juste avant, qu'elle se soit ainsi redressée ou non et s'arrêta à deux pas de Jena en l'observant d'une hauteur très supérieure en l'état, le regard incliné et la partie basse de sa mâchoire ressortant légèrement de la probable poussée de sa langue sur sa dentition, derrière ses lèvres résolument soudées.

Il y avait un tas de pensées qui le traversaient et une avalanche de mots qu'il pouvait et voulait balancer au visage de Jena dans l'instant, pour sa facette à cornes, tandis que l'autre auréolée suppliait son esprit de demeurer mesuré et c'est pourquoi il ne dit pas un mot, car il savait que ce qui pourrait sortir de sa bouche en cet instant n'apporterait rien de bon. Il n'était d'ailleurs pas besoin d'être fin analyste du comportement pour voir dans son regard toutes les pulsions qui se retrouvaient bloquées au bord de sa langue et de son épiderme par la coquille fermée de son apparence. Il n'avait ni le désir, ni le recul, ni l'état d'être mesuré. A la place, il se contentait de la fixer de longs instants en plongeant sa main dans sa poche droite, laissant percevoir le tintement métallique des clés de son trousseau qu'il en sortait. Celui-ci était relativement épais du nombre de clés nécessaires à toutes les portes de l'étage et du rez-de-chaussée du complexe, ainsi que les doubles des casiers.

Toujours en silence, il porta la main quelque peu au-dessus de la table et lâcha le trousseau qui fit fracas sur celle-ci, plus proche d'Elizabeth que ce soit volontaire ou non. Une fois débarrassé de ce poids, le barbu tourna les talons en faisant tarder le moment où il quitterait Jena du regard, avant de s'éloigner vers l'entrée restée ouverte, sortant simplement de la pièce au bruit étouffé de ses baskets pour disparaître dans le couloir. Si l'une des voix avaient tenté de l'interpeller, ou avait entendu parole, il n'y aurait pas réagi et ne se serait pas arrêté, les laissant toutes les deux.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba11106/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (106/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba10100/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Mar 3 Déc 2019 - 17:48
Elle aurait voulu lui sourire, à nouveau, lui offrir cet apaisement alors qu’enfin il lui accordait son regard, prostré qu’il fut dans son attitude repliée sur lui-même, en conflit intérieur et ses traits débordants ses pensées. Ils étaient tous fatigués, tous à fleur-de-peau, tous à bout, tous à chercher à faire du mieux possible sans arriver à gérer entre l’émotionnel et le raisonnable, donnant à ces échanges, une large impression de chaos, où les mots avaient une volonté, mais que le cœur ne parvenait à suivre, à moins que ce ne fut l’inverse. Elle le ressentait, au plus profond d’elle, dans ce visage où elle y lisait son affliction grandissante, qui faisait germer en elle l’ombre d’un regret. Mais elle ne pouvait se laisser avoir et se faire happer, elle-aussi, dans la spirale infernale des repentirs, aussi se contenta-t-elle de raffermir la caresse de ses mains sur le bord des genoux du médecin, puisant au plus profond de son envie, l’émergence d’un réel sourire apaisant.

Jusqu’à ce la violence verbale d’une Jena tempétueuse ne les assaille. Elizabeth en écarquilla les yeux, incapable d’en trouver les mots ni les gestes pour interrompre le carnage qui allait suivre, fait de ressentiments mêlés à une détresse plus que palpable. Ce n'était pas ce qu'elle avait voulu, bien au contraire. Les actes partaient dans ce qu'elle avait espéré évité, à son grand désarroi. Son corps resta immobile, figée dans sa posture sans doute étourdie de surprise par ce qu’elle entendait, exception faite à son visage qui s’était déporté sur sa gauche, son regard cherchant la femme furibonde qui continuait son massacre verbal. C’était à la fois si prévisible et si inattendu, comme si toutes les notions de ce monde déjà soumis à l'anarchie, rentraient à nouveau en conflit les unes avec les autres et qu’aucune ne semblait capable de s’accorder sur le fond, sur la forme, sur leur existence même. L’ensemble ressemblait à un volcan qui menaçait de céder en une explosion aussi horrifique qu’épique, et alors ce serait juste la fin, la fin de leurs espoirs, de leurs idéaux, de leurs monde.

L’amertume gagna à nouveau le cœur d’Elizabeth, et avant qu’elle n’ai pu reprendre son souffle en espérant que le choc n’ai pas plus d’impact qu’une fébrile secousse, elle sentit les jambes de James échapper à son contact. Par instinct, elle releva les deux mains brusquement, les écartant de lui sans gêner son mouvement, ses iris bruns et toujours aussi rond, comme deux jolies billes d’émoi, se portèrent par saccade sur l’homme qui cherchait à la contourner, espérant rapidement intercepter son regard, son visage avant qu’il ne s’enfuit. Dans le mouvement des pas du chef de camp, qu’elle l'escorta de son redressement aussi lent et retint son souffle, cessant un temps de respirer, purement et simplement. Ses deux mains remontèrent devant sa bouche se barrant les parois entrouvertes de ses lèvres qui s’étaient fébrilement évertuées à former un « o » d’étonnement, immédiatement voilée par ses doigts qui la gardait captive et l’empêchait de chercher davantage son air, jusqu’à ce qu’une inspiration difficile, longue et profonde, ne finisse par en émerger.

C’était un visage qui ne lui était pas inconnu. Cette facette là qu’il dévoilait en cet instant, pris de son animosité primaire, n’avait rien qui aurait pu surprendre Elizabeth. Elle y avait déjà fait face, bien que jamais à son encontre, mais elle connaissait cette part sombre d’un James aussi identique qu’une pièce de monnaie, où chaque versant représentait un pan de sa personnalité. Ils en avaient parlé, longuement, sur cette route solitaire qui avait été la témoin d'aveux et d'union. Une colère qu’elle s’était jurée de ne plus jamais brider, le sachant capable de retenir sa main au jugement, et c’est ce qu’il fit. Elle n’en fut pas soulagé pour autant, son inquiétude bien présente, seulement parce qu’elle n’était pas dirigé sur les potentiels actes de James, sur sa colère, sur ce dont elle le savait capable car jamais encore elle n'avait perdu confiance en lui, mais bien sur cette torture et cette douleur qu’il devait ressentir et dont elle avait été l’instigatrice par son agaçante assurance de faire croire qu’elle pouvait tout maîtriser, alors même qu’elle ne l’avait jamais réussis avec elle-même.

« James. »

Sa voix se porta en un souffle expiré, pas muet, pas crié, à la juste hauteur entre l’appel et l’appréhension, tandis qu’il venait de lâcher le trousseau de clé sur la table et tournait les talons pour prendre la sortie. Une buée se formèrent à la surface de ses yeux, troublant sa vision qui pétilla des reflets éclatant de la lumière du jour sur sa rétine pleinement ouverte. L’apposition de ses paupières au-devant de son regard força la cavalcade de ses larmes à s’en extirper, roulant une énième fois sur ses joues le temps de la prise d’un souffle tremblant. Mais ce n’était pas l’aphasie qui la gagnait en l’instant, ni la paralysie d’ailleurs alors que deux de ses pas finirent par la porter vers l’avant, pivotant sur ses appuis pour faire face à Jena et mettre ainsi son corps en barrage si elle avait voulu bouger. Ce n’était pas une question de rancune, encore moins de ressentiment, et en cet instant, son regard et son visage ne renvoyait ni l’un ni l’autre. C’était davantage un bouclier, une prudence, qu’elle imposait à la jolie blonde pour ne pas commettre d’imprudence face à une part d’un James qu’elle ne connaissait peut-être pas.

« Je vais m’occuper de Kyle. » Affirma-t-elle sur un ton plus que doux à son attention sans repréciser la manière dont elle aurait à le faire, laissant ainsi la question sur l’orientation de son choix planer sans être précisé. « Je prends le relais. D’accord ? Le temps que tout le monde retrouve ses marques. Est-ce que tu pourras vérifier l’inventaire de la nourriture ? Voir si on peut vraiment tenir deux semaines ou ce qui nous manquerait ? Je t’attendrais à l’infirmerie. »

Sa voix était maladroite, elle cherchait à ne pas la brusquer, et peut-être même le fait de savoir qu’elle le faisait en ce sens aurait l’effet inverse, mais il y avait bien des choses qu’Elizabeth ne maîtrisait pas, c’était ses propres aptitudes sociales. Cette demande en réalité, avait deux buts : celui avoué car à son sens, c’était une nécessité et cela permettrait à James qui souhaitait aller jusqu’à la ferme, de savoir s’ils pourraient troquer quelque chose en échange de cette potentielle quantité manquante -et quand bien même cette demande était d’une évidence même qui pourrait paraître déplacé à la femme, mais également pour aider Jena à penser à autre chose. Compter était l’une des aptitudes qui aidait souvent à inhiber les souvenirs tangibles et occuper au moins l’esprit le temps de l’acte.

Elle se pinça les lèvres, le temps de la réponse, patientant au moins cela avant d’aller voir James.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1145/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (45/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Mer 4 Déc 2019 - 13:15
La réaction de l’homme à mes propos ne s’était pas vraiment faite attendre, même si ce fut le regard d’Elizabeth que je captais le premier. À la rondeur de ses yeux et la stupéfaction de ses traits, je savais que je venais de merder, encore une fois. Mes lèvres demeuraient légèrement entrouvertes, offrant une simple voie d’entrée à de lentes inspirations et une échappatoire à de plus longs soupirs tendus. Je resserrais un peu plus l’emprise de mes doigts sur les accoudoirs du fauteuil, sentant leurs tremblements se propager au reste de mes muscles tant l’appréhension soudaine d’une réaction disproportionnée de la part de l’un ou l’autre s’imposait à mon esprit. Plus particulièrement lorsque le chef de camp se redressa de son assise, sans un mot, sans un cri ni grognement qui aurait pu m’offrir un aperçu de ce qui m’attendait en réponse à mes propos somme toute provocateurs.

Il n’était pas utile que je me voile la face sur la démesure de mes mots précédents. J’avais voulu atteindre l’homme, le secouer plus violemment qu’il ne le méritait vraiment. Il n’en méritait rien d’ailleurs ; mais je m’étais sentie profondément agacée à le voir toujours plus se morfondre sur ses inaptitudes fantasmées. Il avait été bon, très bon dans son rôle et refusait pourtant de l’admettre, ni même de l’entrevoir. J’en serai presque venue à me convaincre qu’il m’avait forcé la main, à devoir le secouer ainsi, lui rentrer dedans sans aucune délicatesse. Une épreuve pour lui, tout comme pour moi.

Mon regard s’était redressé, mes paupières plissées à suivre sa course de quelques pas, jusqu’à ce qu’il m’atteigne pour ne se stopper qu’à une distance que j’estimais bien trop proche. Je me tendais sur le fauteuil, crispant l’ensemble de mes muscles, jusqu’à me raidir complètement en relevant le menton et clôturant mes lèvres. Je soutenais son regard qui me toisait de toute sa domination, y lisant toute la violence, cette colère et dureté qu’il refoulait derrière les vitres de ses iris. Je demeurais là, inerte, sans même oser respirer, retenant mon souffle aussi en suspens que ce que pouvaient l’être les gestes de James dont je m’imaginais déjà être la destinataire. Mon esprit était alarmé, tout mon corps en alerte de cette crainte d’être une nouvelle fois la victime des coups, des débordements d’émotions du Captain s’il ne parvenait pas à se contenir. Mes plus bas instincts me hurlaient dans le plus grand des silences, par la seule contraction de mon estomac, de m’emparer de mon arme toujours nichée entre mes reins pour l’apposer à sa vue, comme une assurance-vie qui ne valait rien sous un telle proximité. Un instinct de survie que je réprimais ardemment, car je ne voyais aucune échappatoire à ma situation autre que celle d’encaisser. Je me savais rude, prompte à recevoir quelques coups avant de m’effondrer.

Pourtant, rien ne vint. Rien de plus que ce regard, porteur de toute une facette du chef de camp dont je n’avais jamais été la témoin. Un regard si lourd, si plein de cette vigueur enflammée que je n’avais retrouvée que dans un miroir, quand colère et vengeance étaient mes moteurs d’existence. Un regard qui en disait long sur l’homme et bien plus encore sur mes erreurs de jugement, quand je pouvais y deviner que James avait cette capacité endormie en lui de pouvoir faire mal, véritablement. Je ne pouvais qu’en ressentir un plus profond respect encore pour le chef de camp, galvanisant la confiance que je lui portais car j’y découvrais la certitude qu’il ne renoncerait pas, que sa combativité ne s’était pas éteinte sous la cascade des mauvaises nouvelles. Et c’était là un constat qui me calmait bien paradoxalement. L’absence de réaction ou d’intervention d’Elizabeth derrière lui portait un message rassurant sur la capacité de contrôle du chirurgien ; clairement bien au-dessus de la mienne.

Finalement, je me contentais d’une simple et unique inspiration, soulevant ma poitrine à mesure qu’elle se frayait un chemin par le nez, relevant les épaules, les lèvres scellées, me préparant à encaisser toute la violence de cet homme s’il avait souhaité y succomber, sans appréhension ni considération pour la douleur qui viendrait car celle-ci ne serait rien à côté de ce qu’il pouvait ressentir en cet instant. Un instant qui semblait s’étirer sans vraiment connaître de fin à mes yeux, jusqu’au mouvement de sa main droite qui plongea dans l’une de ses poches. Mes azurs suivirent le mouvement de cette main, jusqu’à ce que ne jaillisse entre ses doigts le trousseau de clés du Perchoir. Quelques fractions de secondes, avant que mon regard ne se fixe une fois de plus dans celui de James, au nom réhaussé par un souffle de sa compagne quand le trousseau de clé retentit en fracas sur le bois de la table. Je ne lâchais pas l’homme des yeux jusqu’à perdre l’emprise de son regard quand il eut achevé de tourner les talons.

Puis je reportais mon attention vers le trousseau de clés abandonné là, sur cette table, y voyant un symbole de son abandon, ou du moins, de sa volonté d’effectivement prendre du recul et se consacrer à son repos. J’y goûtais là une bien maigre victoire, une bien trop légère satisfaction qui ne compensait en rien les pensées misérables qui m’accablaient car je n’avais été qu’une garce, particulièrement injuste une fois encore. J’ignorais à qui s’adressait le trousseau de clés, délaissé plus proche d’Elizabeth que de moi, n’esquissant aucun geste pour venir m’en emparer bien que - toute seconde que je pouvais être - je ne m’en estimais pas digne. Pas encore. Au lieu de cela, je déplaçais mon attention sur la douce brune qui s’était placée entre moi et la porte par laquelle James venait de sortir. Une autre symbolique, je doutais qu’en réalité la frêle jeune femme ne puisse réellement me retenir si j’avais décidé de me lancer à la poursuite de son compagnon. Mais il n’en était rien. J’avais commis suffisamment de dommages aujourd’hui, avec Kyle d’abord, puis James désormais.

Je faisais pivoter le fauteuil sur son axe, simplement pour faire face complètement à Elizabeth, baissant la tête et dissimulant partie de mes prunelles derrière quelques mèches de mes cheveux qui avaient glissées depuis mon front. À ses premiers mots, je lui adressais une confirmation muette, de quelques hochements de tête légers. J’aurais dû être pleinement soulagée à l’entendre, et quelque part au fond de moi, je l’étais sincèrement. Mais je ne pouvais me départir de cette idée que James avait tout autant besoin de son attention que Kyle, à un niveau bien différent certes, mais non moins important. Et je m’en trouvais profondément dévastée car l’amoncellement des tâches et des besoins aux lendemains de tous ces évènements était écrasant, même pour les plus solides épaules que n’étaient pas les miennes.

“Compte sur moi,” soufflai-je d’une voix éraillée en réponse à sa demande d’inventaire, relevant le visage au terme de ma réponse et chassant mes cheveux d’au-devant mon regard pour le porter sur Elizabeth. La dureté qui avait tantôt habité mon regard s’était largement effacée depuis, sa vaillance n’ayant eu d’égale que son éphémère durée, bien vite amoindrie par un épuisement difficile à quantifier. Je plissais les paupières et arquais les sourcils d’une moue plus défaite, révélatrice de mon abattement quand l’entrelacement de mes sentiments les rendaient affreusement complexes à démêler. Je me frottais les mains nerveusement, l’une contre l’autre, les coudes en appui sur le dessus des cuisses.

“C’est difficile à croire mais… je n’avais pas l’intention de le blesser.” Je mordais un coin de ma lèvre inférieure. “Ni toi ; ni James. Juste… Veille sur lui. Qu’il se repose.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Jeu 5 Déc 2019 - 22:05
Dans sa marche, James se frottait les lèvres l'une contre l'autre, les traits tirés et le regard haut devant lui, menton relevé et les bras relativement figés. Ses pensées continuaient de se bousculer mais l'enchaînement doux au goût hautain d'Elizabeth, et émotionnel à la teinte amère de Jena, à sa propre perception, avait eu un effet comme anesthésiant qui donnait plus de fluidité à ses idées et les souvenirs qui venaient se tasser devant la porte de son esprit. En même temps, il était lassé de penser, mais il était bien incapable de s'en empêcher. On pourrait dire que c'était le propre de l'homme d'avoir le cerveau toujours en fonction mais il était commun que beaucoup de gens étaient capables de faire le vide en eux et laisser leurs pensées en transparence, une forme de superficialité pour parvenir à s'apaiser. James lui était une bouilloire de réflexion permanente qui en tout lieu, en toute heure, dans le calme ou l'adrénaline, seul ou entouré, dans le silence ou les hurlements, bouillonnait de tellement d'idées et d'un imaginaire qui sans cesse cherchait à soit fantasmer le présent, à refaire le passé ou bien à entrevoir milles et une possibilités du futur proche comme lointain, qu'il s'en alourdissait les épaules plus que nécessaire.

C'était ainsi, il n'y pouvait rien et devait composer avec cette frénésie mentale qui devait sans doute être à l'origine de sa nature colérique et culpabilisante, harcelé qu'il était par le fait de ne pas pouvoir utiliser cet inconfort pour anticiper de justes prévisions des événements, et pourtant de s'en fatiguer quand même. C'est au détour du couloir qu'il sortit son attention du vague pour aviser la deuxième partie d'une succession de portes blanches de chaque coté, entourées de murs au marron terni, ses yeux s'attardant de longs instants sur l'entrée de la salle de nettoyage où Kyle demeurait prisonnier malgré tous et sans doute lui-même, avant de bifurquer devant la porte de sa propre chambre à laquelle il toqua du dos d'index par trois fois, le geste mesuré pour faire un minimum de bruit.

Il put percevoir à l'intérieur quelques frottements, puis le très léger son sourd des déplacements sur le parquet, avant que la porte ne soit déverrouillée de son loquet intérieur pour laisser apparaître Kenzie dans un faible espace entrouvert, sa crinière aussi sombre que son aimée mais plus fine traînant sur ses épaules et ses yeux très clairs se posant sur lui de sa petite taille. James lui avait posé ses mains sur ses hanches en appui, son torse se bombant d'une inspiration le temps du cliquetis du verrou et trouvait son regard également en se passant la langue finement sur la lèvre basse. Il appréciait de voir qu'elle avait pris soin de verrouiller, sans doute par précaution au cas où Kyle dans un accès de colère nouveau se détachait. Ce détail laissait sentir que cette petite avait un minimum de jugeote et en cela, il se sentait plus rassuré quant à la sécurité du bébé qu'il aperçut en détournant les yeux l'instant d'après sur le lit, la petite dissimulée par son couffin que la jeune femme avait installé dessus, sans doute pour se poser à coté.

Face à ce calme apparent emprunt d'une atmosphère douce qui rivalisait presque d'avec la brune occupant habituellement les lieux, il ramenait son regard incliné sur Kenzie et plissa les lèvres d'une fine tentative de sourire, très vite avortée.

« Tu as l'air de t'en sortir avec la petite, j'en suis content. J'aurais besoin que tu restes avec elle un peu plus longtemps, jusqu'à ce que Jena ou Elizabeth vienne te relever. Je vais être occupé encore quelques heures et il est possible que l'une ou l'autre mette un peu de temps à venir, ou peut-être pas, mais... au cas où. Ça ne te dérange pas ? »
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Kenzie Grady


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba110/0Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba100/0Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Kenzie Grady

Jeu 5 Déc 2019 - 23:01
Après avoir laissé James et Jena seuls, c'était un peu fébrile que Kenzie avait rejoint la chambre des chefs, comme elle aimait l'appeler depuis son arrivée. Son geste avait été timide lorsqu'elle eut toqué à la porte et pendant quelques instants interminables, elle se questionna sur le fait de frapper à nouveau sans pour autant s'y décider, ce simple dilemme insignifiant lui injectant sa dose de stress dans le brouillard grisé ambiant des événements et des peines. Elle se sentait profondément handicapante vu l'état des autres et peinait à se défaire de cette idée.

Finalement, un soupir très discret de soulagement accompagna la porte qui s'était ouverte pour lui permettre de rapidement se délester de ce message qu'elle avait transmis sobrement :

« Hum... salut. James a besoin de te voir dans la salle de réunion, avec Jena. Je crois que c'est urgent. »

C'est ainsi avec un petit sourire compatissant qu'elle avait avisé la réaction de la femme d'à peu près sa taille, avant d'observer la petite qui s'était mise à chouiner de nouveau quelques instant après qu'Elizabeth ai quitté la chambre, sans doute alertée instinctivement de son départ, ce qui l'incita à rejoindre le couffin pour la prendre dans ses bras. Elle n'avait absolument rien contre ce bébé, pauvre petit être né dans un monde à détester et dont l'avenir ne promettait rien de bien glorieux. Au contraire, elle avait envie de l'aimer et la protéger, de la chérir pour participer à lui apporter ce que le reste du monde voudra lui interdire et pourtant, elle n'avait jamais eu à s'occuper d'un nourrisson avant et ne se sentait pas les épaules pour faire plus que de la garder ci et là si besoin. En réalité, si la petite venait à hurler ou réclamer, la bidouilleuse n'était pas certaine de savoir quoi faire.

Malgré tout, les choses se passèrent étonnamment bien, la petite ne pleurant pas dans ses bras quand elle revint à la porte pour la refermer et la verrouiller de son loquet intérieur par précaution, ni même quand elle resta à marcher quelques minutes en observant la pièce et les affaires propres au couple qui l'occupait. La tête du bébé lui procura cet agréable sensation de chaleur près du cou, tandis qu'elle dormait le regard à l'opposé, son souffle si tendre aussi perceptible que ses douces respirations. Elle ne s'y était pas attendu mais en très peu de temps, Kenzie se sentit plus apaisée et à sa place ici dans ce cocon tranquille qu'avec quiconque d'autre dans le Perchoir.

Un bon quart d'heure plus tard, alors qu'elle se trouvait assise sur le lit à coté de sa console qu'elle y avait délaissé, la brune hésita à la reposer dans son couffin de longs instants avant de s'y essayer les lèvres crispées, et c'est d'un haussement de sourcils étonné qu'elle constatait que la petite bouille ne sortait pas de son sommeil. Ce fut l'occasion de pouvoir admirer celle-ci longuement, une main en appui sur le lit et l'autre ballante, ses deux billes scintillantes glissant sur la couverture bleu ciel à l'effigie d'un petit ours brun qui emmitouflait ce visage à la peau neuve et parfaite, surmontant d'un nez minuscule de très fines lèvres dominées par d'épaisses joues rondes comme des balles de tennis. Peu à peu, un sourire plus que sincère et agréable se figea sur le visage de Kenzie tandis qu'elle persistait à sa contemplation, quelques mèches s'échappant de son épaule pour venir caresser sa joue.

De brefs coups portés à la porte encore plus tard la tirèrent de son état presque somnolant, la jeune femme à ce moment allongée à coté du couffin redressa d'abord la tête avec une quasi-surprise qui n'avait pourtant pas lieu d'être, puisqu'elle savait son rôle de nounou voué à être bref et c'est d'une longue expiration qu'elle s'étira de ses fins muscles craquant avant de se redresser. Elle se mit à bailler, portant sa dextre devant sa bouche en faisant les quelques pas qui la séparait de la porte plus lentement sous son effet, puis elle déverrouilla le loquet en posant la même main sur la poignée afin de la tourner, son pied venant instinctivement se mettre à quelques centimètres de ce qui devint un entrebâillement quand dans un éclair de lucidité tardif elle se rappelait que ce pouvait être quelqu'un qu'elle n'attendait pas.

Néanmoins c'est James qu'elle découvrit et ce fait la soulageait un peu, sans qu'elle n'en montre plus qu'un affaissement de sa poitrine sous la discrète expiration, tandis qu'elle soutint son regard qui s'échappait brièvement vers le couffin, certainement pour s'assurer que le bébé allait bien, ce qu'elle ne prendrait assurément pas mal.

« Oui bien sûr. » Répondit-elle, de sa douce voix pleine de mélodie. « Pour l'instant on a l'air de bien s'entendre toutes les deux. »

A cette phrase, elle ne put retenir un sourire plus large qu'elle amoindrie un peu pour ne pas paraître grossière, étant donné qu'elle ne perdait pas de vue la tristesse qui semblait s'abattre sur tous ici.

« Et toi ça ira ? Enfin... c'est pas trop sérieux ? Je dis sérieux, dans le sens grave, pas sérieux dans le sens... enfin tu vois ce que je veux dire, je ne veux pas avoir l'air de prendre ce qu'il se passe à la légère, quoi qu'il se passe. Je suis... c'est encore maladroit, désolée... »

Dans un presque bafouillage, elle avait essayé de rattraper ce qu'elle compris instantanément comme un dérapage involontaire qui avait très mal traduit ses pensées, se fustigeant de ne pas assez réfléchir aux mots employés avant de parler. Dans la confusion, elle avait lâché la porte qui s'ouvrait un peu plus et agité la main en fermant un instant les yeux. Son regard s'était finalement baissé avec une pointe de gêne honteuse avant de revenir à James, l'air clairement navrée et fourrant ses mains dans ses poches de jean comme pour se faire plus petite qu'elle ne l'était déjà.
Equipement Porté :
Capacité : 2/5
Console technologique
Couteau papillon
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
_
Contenants Personnels :
Dos 0/0
-
Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Leonard Butler


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba110/0Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba100/0Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Leonard Butler

Ven 6 Déc 2019 - 14:54
Le moteur de la chrysler vrombissait tranquillement, sa carcasse légèrement secouée par les cahots de la plaine, les petits arbustes et les cailloux d'épaisseur variée qui recouvraient cette terre sèche et aride, parsemée de trous. Il n'avait pas eu d'autre choix que de sortir de la route pour éviter les nombreux rôdeurs qui erraient sur le bitume, car Leonard ne cherchait pas à opposer inutilement cette masse métallique à leurs corps décharnés qui se moquaient éperdument des dégâts subis, alors que l'homme de stature assez massive, ne se sentait clairement pas en mesure de tenir l'engin droit en cas de choc et plus encore s'ils se mettaient à leur rouler dessus.

Un nouvel éclat hurlant s'entendit tout près de lui, lui faisant plisser les yeux et tirer les traits sous le désagréable sifflement qui se répercutait à ses oreilles. C'était Cornelia qui se trouvait à demi sur le siège à son coté, l'autre moitié sortie par la fenêtre, et qui venait de tirer une balle de revolver avant de s'engouffrer dans l'habitacle en grognant, laissant une femme à la peau du visage déchirée et traînarde s'effondrer l'instant suivant le tir. Dans un souffle exaspéré, la compagne de route du hacker-mécano aux connaissances perdues, pressa le bouton incrusté à la portière qui releva la fenêtre lentement pour la refermer, avant de jeter un coup d'oeil lassé à son acolyte, le visage blanc de Cornelia faisant beaucoup plus ressortir ces marques de saleté noirâtre sur sa peau que pour lui.

Leonard avait toujours une épaule en appui contre sa portière, coinçant son bras en empoignant d'une senestre bloquée le volant, tandis que sa dextre beaucoup plus lâche contrôlait essentiellement la trajectoire. Il tourna la tête vers Cornelia pour capter son regard, la peau sombre scintillante de cette sueur qui avait dégouliné de son front, avant de retourner surveiller la route. Au devant de la plaine dégagée, à bien cinquante mètres de là, il pouvait distinguer le croisement de la route bétonnée qui partait vers la bande de terre au sud, jusqu'à la grande structure de caserne qui faisait aujourd'hui le Perchoir et qu'il pouvait déjà scruter de ses yeux suivant l'axe.

« Quelle merde... » Pesta la femme à la courte chevelure poivre et sel en redressant ses genoux pour tendre les pieds en appuis contre son siège, se recroquevillant partiellement tandis qu'elle fixait son regard incliné sur le revolver Colt Commando dont elle sortait le barillet afin de vérifier les munitions qui lui restaient. « Plus que deux balles... »

Elle soupira franchement et posa la tête en appui sur le dossier du siège, alors que Leonard laissait sa tête dodeliner sous les secousses de la voiture, restant concentré sur le chemin qu'il empruntait et la route à rejoindre.

« Ça aurait pu être pire, on s'en est bien sorti pour des gusses qui sont comme neufs et maladroits. Merci pour tout à l'heure d'ailleurs, si tu n'avais pas tiré il m'arrachait le biceps. »

« Et tu serais mort misérablement, même pas deux semaines après ton retour à la vie miraculeux. Je trouvais ça trop merdique, et ce n'était qu'une balle. » Répondit-elle de sa voix grave et presque monocorde.

Leonard esquissa un sourire en coin, accompagné d'un soufflement des narines, son regard se perdant sensiblement dans le vague. La route n'était plus très loin à ce moment-là et il se préparait à encaisser la secousse qu'engendrerait le soulèvement sur celle-ci.

« Tu crois qu'on a fait une erreur ? » Reprit Cornelia, ses yeux se perdant d'autant plus sur l'horizon partagé entre la ville à sa gauche et la forêt lointaine à sa droite. « Quand j'ai vu cette caserne et ces gens, j'ai cru avoir un sacré pot. Ça semblait si sûr comme planque, et maintenant... on se retrouve à devoir chercher du lait pour un bébé sorti de nulle part et le jour d'après des médicaments pour l'un de ces types qui a pété les plombs. Je ne suis pas rassurée à l'idée de dormir à coté d'un fou furieux et de risquer qu'il me saute à la gorge en pleine nuit, ou qu'il s’entre-tue avec ses copains pour qui on est réduits à risquer nos vies afin de faire leurs courses. »

« Je ne sais pas... » Commençait à répondre Leonard, son coffre beaucoup plus lourd, grave et rauque que la femme comme de n'importe qui d'autre dans le Perchoir. « Cet homme, dans la forêt, qui m'a dit de m'y rendre. Il m'a parlé de James, celui qui peut guérir par le toucher, qu'ils n'étaient pas seuls. Je n'ai pas vu son visage mais il avait l'air tellement... »

Le hacker-mécano marqua un temps en plissant les lèvres et les pommettes d'une grimace incertaine, secouant un brin la tête, puis il porta son attention quelques instants à Cornelia.

« Sûr de ce qu'il racontait, tellement prophétique, comme s'il savait que l'on tomberait au bon endroit et au bon moment. Enfin... tu vois ce que je veux dire ? C'était étrange, mais au fond de moi j'ai su qu'il disait la vérité. Je ne saurais pas trop te dire comment, ni pourquoi, mais j'ai l'impression que ce retour à la vie, James qui peut guérir juste avec les mains, ce pouvoir qui s'est manifesté tout à l'heure et ces épreuves que l'on a affronté et que l'on affrontera encore, pour eux comme pour nous, ce serait comme... une mission.

J'ai toujours eu une sorte de doute, même si je me suis efforcé d'être un bon chrétien. Mais le fait est que ce qu'il se passe aujourd'hui n'est pas un hasard et je crois que ça a son importance. Autrefois j'étais juste un petit dealer de drogue, un pauvre gars qui essayait de se faire de l'argent par des moyens pas très moraux parce qu'il avait raté sa carrière et je suis mort comme j'ai vécu : le ciel m'est tombé sur la tête et m'a presque mangé la main. Je me suis senti si... minable. »


Il soupira à son tour, plus longuement, ses yeux naturellement affaissés, davantage l'un d'eux par ailleurs, ne cachait pas ses sentiments d'incompréhension et de désolation qui monopolisaient ses pensées depuis plusieurs jours. Après quoi, il jeta un nouveau coup d'oeil à Cornelia qui le fixait à présent la tête basculée sur son appui du dossier.

« Je crois que l'on nous a donné une nouvelle chance et que ce n'est pas commun. Aider ces gens nous aidera aussi et on a autant besoin d'eux que l'inverse. Je ne sais pas où ça va mener mais je n'ai pas envie de partir au hasard et vivre à nouveau une vie minable jusqu'à trouver une nouvelle mort minable, pour simplement disparaître. Qui que soit ce type, ça m'inquiète autant que ça m'intrigue, que ces dons surnaturels m'intriguent... que ces gens qui sont notre groupe maintenant, m'intriguent. »

« Tu crois que c'est lui aussi qui m'a fait revenir ? Ce prophète. » Lança lentement Cornelia alors que ses yeux se rabattaient sur la route que grimpait la voiture dans de nouvelles secousses beaucoup plus brusques, la faisant presque sursauter de son siège. Dans une énième expiration soupirante, elle reposa sa tête sur le dossier et s'affaissa un peu plus, profitant de la stabilité toute autre du bitume sur lequel ils roulaient à présent de façon très fluide.

« Je crois oui. » Répondit Leonard. « Je crois aussi que nous serons amenés à le revoir, pour avoir des réponses peut-être. File-moi le talkie s'il te plait, je vais les prévenir de notre retour. »

« Avec plaisir, je n'ai vraiment pas envie de faire la comm. »

Du seul toucher de ses mains, la femme vint décrocher le talkie-walkie resté à sa ceinture avant de le tendre d'une main molle à Leonard, ce dernier pivotant un instant le regard pour le constater avant de lâcher le volant de la main droite et se redresser de son appui contre la porte. Il porta l'outil de communication près de ses lèvres et enclencha la transmission sur la fréquence du Perchoir dans un grésillement très bref, son attention portée à la grande bâtisse qui n'était plus très loin maintenant, superposant les pièces de vie perchées sur le rez-de-chaussée ouvert par des baies vitrées.

« Leonard au Perchoir, on arrive avec des médicaments. Donnez-nous cinq minutes le temps de se garer et on rejoint l'étage. »
Equipement Porté :
Capacité : 4/5
SIG P226 15C .40
Tournevis
Bouclier balistique
Kit de crochetage
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/50
Sac de voyage
-
Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba11106/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (106/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba10100/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Lun 9 Déc 2019 - 12:02
A nouveau, et sans doute de la plus improbable des manières, c’est un sourire qui germa sur les lèvres d’Elizabeth, adressant cette symbolique à la femme qui lui faisait face. Certes doux et très léger, mais perceptible, cherchant à communiquer à nouveau cette force qu’elle ne cessait de vouloir partager. Malgré tout, ses yeux restaient brillant, voilés de quelques pétillement cristallin qui n’était ni la réminiscence de la tristesse, ni les vestiges de sa stupéfaction passée, mais bien l’émergence d’une fatigue nouvelle qui soulignait le raz-de-marée d’émotion qu’elle avait subit depuis le début de cette matinée, quelques instants plus tôt pourtant. Elle se sentait fatiguée, un brin déboussolée, nauséeuse, et commençait à sentir également l’éruption d’une sensation presque nouvelle pour elle, mais de plus en plus fréquente : l’incroyable et irrépressible envie de sentir les bras forts de James entourer ses maigres épaules, sentir son souffle réconfortant dans son cou, et la chaleur rassurante de son corps qui la presserait contre lui. Elle avait ce besoin, malgré sa prudence tactile, malgré sa phobie, de le sentir l’enserrer et l’enfermer dans un cocon protecteur qui n’appartiendrait qu’à eux et où elle pourrait se sentir en sécurité.

Mais il n’était pas présent, et elle doutait même qu’il n’en ai seulement eu l’envie après avoir écopé ces élans d’oppositions qui avaient seulement dépassé la nuance qu’elle aurait voulu y apporter. Sans doute une preuve supplémentaire qu’elle ne pouvait pas tout contrôler, quand bien même il s’agissait d’êtres humains, mais elle refusait d’y penser davantage. Elle voulait se former de cette carapace solide et de cet appui que tout le monde cherchait. Elle ignorait combien de temps elle pourrait tenir ainsi, elle n’estimait même pas sa limite seulement atteinte ou frôlée, et pour dire vrai, elle n’y pensait en rien. Elle se laissait seulement entrainer dans ses devoirs, croisant ses bras sur sa poitrine pour s’offrir cette nécessité qui ne pourrait pour l’heure lui être accordé – ses épaules s’affaissant légèrement et sa posture se refermant – et dévoilant ainsi les prémices du soutient qu’elle avait promis à Jena en ce geste de ses lèvres timidement posés.

« Ne t’en fais pas. Il n’y a pas de pardon à accorder car il n’y a rien à s’excuser. Pour personne. Je crois qu’en cette heure, il est très important que vous commenciez à vous occuper de vous, et seulement de vous, à penser à votre rétablissement, et que vous laissiez le soin à ceux qui le peuvent de penser aux autres. Même si ce n’est pas dans ton caractère, même si c’est dur, dis toi que c’est ce qui est le plus important pour que tu puisses retrouver au plus vite ta stabilité et tes bases. Ca sera le meilleur moyen d’agir pour le bien des autres.

Ça parait étrange dans les faits, mais pas tant que ça au final, quand on y réfléchit un peu. Tant qu’aucun de vous n’aura retrouvé ses appuis, tendre la main pourra s’avérer plus dangereux qu’utile. »


Elle inspirait longuement, intensément, de cette impulsion de positivisme qui germait, le regard braqué sur cette femme qui semblait vraiment au bord du précipice mais qui lui tournait obstinément le dos. Elle prit un instant, à rester là, près d’elle – laissant à James le temps de calmer sans doute aussi ses tensions, avant que le silence ne soit finalement percé par le grésillement du poste radio qui portait un nouveau message. Elizabeth avait eu peur, un bref instant, l’espace de quelques millièmes de secondes, mais aussi intense pour en voir son cœur faire un énorme bond, que de mauvaises nouvelles soient encore rapportées, mais un souffle de soulagement fini par s’échapper de l’entrebâillement de ses fines lèvres à l’entente des premiers mots.

« Leonard au Perchoir, on arrive avec des médicaments. Donnez-nous cinq minutes le temps de se garer et on rejoint l'étage. »

Déliant ses bras tandis qu’elle avait tourné son buste en direction de l’appareil vieillot qui remplissait pourtant bien vaillamment son rôle, elle finit par éradiquer la distance qui le séparait d’elle en quelques pas immédiat, attrapant le combiné raccordé par son filin enroulé sur lui-même tout en le portant à ses lèvres, activant aussitôt l’interrupteur permettant de transmettre à son tour un message. Sa voix se porta, laissant transparaître sous apaisement dans son timbre.

« Ici Perchoir. Bien reçu. C’est bon de vous entendre. Vous êtes nos sauveurs. A tout de suite. »

Elle reposa le rectangle strié d’interstices sur la surface plane de bois avant de pivoter vers Jena, glissant un nouveau regard rassurant à son attention. C’était assez ironique d’y penser d’ailleurs, que ces mêmes médicaments, ces pilules roses, bleues et blanches, ses gélules granuleuses, qui avaient condamné sa vie de petite fille sur lesquels elle y trouva la mort, allaient redonner un souffle de vie nouveau à cette nouvelle famille.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1145/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (45/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1088/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Lun 9 Déc 2019 - 21:38
Une nouvelle fois, le sourire d’Elizabeth me laissa un peu surprise. Pas une immense surprise en soi, qui n’était pas de celle qui se manifeste d’une bouche aussi ronde qu’un regard soudainement écarquillé, mais plutôt de celle dont l’inattendu vous empoignait le coeur d’une étreinte chaleureuse et agréable. Un sourire que je ne trouvais toujours pas la force de lui rendre, prisonnière de mon amertume solitaire. Un combat qui se livrait silencieux, derrière mes azurs où filaient et rebondissaient de sombres pensées en myriades d’étincelles noircies. Mais l’une d’entre elles, juste une seule, se voulait suffisante pour illuminer un regain d’espoir au plus profond de mon esprit.

Je déglutissais lentement à l’entente de ses mots, qui se voulaient plus doux encore que ne pouvait l’être la jolie brune. La question se souleva de savoir si cela lui venait de sa formation de psychologue, ou plus simplement une aisance naturelle liée à son caractère. Et la douceur n’était que la première des qualités de ses paroles, toutes accompagnées qu’elles étaient de ce bon sens, cette raison et cette justesse qui débordaient d’apaisement. Un sentiment flottant en effluve agréable, comme une odeur familière et rassurante dont on appréciait s’imprégner. Une justesse à l’accroche parfaitement percutante, me renvoyant les échos de mes propres erreurs des minutes et des heures précédentes. Une tentative de main tendue vers le chef de camp, dont la seule résonance était la conclusion de celle-ci en une claque figurée dans la tronche ; une autre vers Kyle, qui s'était finalement résumée à l’agripper par les cheveux et lui enfoncer la tête plus profondément encore dans les eaux où il se débattait. Parce que j’étais raide, abrupte sur des appuis chancelants là où il m’aurait fallu faire preuve de souplesse. Un colosse de perdition aux pieds d’argile si sec, si peu malléable qu’il ne pouvait que fendre et se rompre.

De la manière que le poste radio en venait à rompre le silence et le cours de mes pensées pour attirer regard et attention vers les mots qu’il crachait. De relativement bonnes nouvelles, pas tant pour les médicaments que par la simple assurance que Leonard et Cornelia nous revenaient sains et saufs. Un soupçon de clarté dans les ténèbres. J’esquissais un début de mouvement pour aller répondre, me redressant légèrement sur l’assise du fauteuil, ne m’interrompant qu’en voyant Elizabeth me devancer et prendre l’initiative. Je l’en remerciais silencieusement, car je ne me sentais pas certaine de maîtriser suffisamment mes émotions pour les masquer d’une voix assurée. Il n’y avait nul besoin d’accabler les deux ressuscités de plus d’inquiétudes encore. Ils en avaient sûrement bien assez vu hier, et il était aussi de mon devoir de garder la tête haute à maintenir l’illusion que quelque part, j’avais encore une part de contrôle sur ce qui pouvait nous arriver.

Et mes pensées de dériver à nouveau, à songer à cette obligation que j’étais la seule à m’imposer sciemment, à trouver refuge dans ce cocon confortable que demeurait le mensonge, le calcul. Une si grande part de ma vie précédente, mesurer le pour et le contre, spéculer les effets d’une annonce ou d’un silence, savoir doser la franchise et la digression, trouver le timing de la frappe, de l’esquive. De ce que nous avions appris ce matin. De l’état fragile et inquiétant de Kyle et de son traitement. De la destruction de Hope révélant pleinement les menaces qui pesaient sur nous, la fuite de la mécano qui fragilisait la position de James. De mon propre état qui n’avait plus rien de comparable à l’image que j’avais pu donner. Que pouvait-on leur confier et que devait-on passer sous silence dans un premier temps afin de ne pas les inquiéter au point de s’enfuir, ou plus simplement baisser les bras ?

Cela en venait à soulever une contradiction entre les raisonnables propos d’Elizabeth sur notre besoin, à chacun, de trouver le temps de se centrer sur soi et la nécessité du moment de faire preuve d’unité, plus que jamais. Et l’évidence me frappait douloureusement. J’étais incapable - en l’état - de trancher cette question. Mes yeux quittèrent la contemplation du poste-radio rendu à son silence pour partir à la recherche de la douceur et la sagesse d’Elizabeth. Je me plongeais dans ses prunelles sombres, m’appropriant le réconfort que je pouvais y lire, le scellant auprès de mon coeur d’une profonde inspiration, la pointe de ma langue passant sur l’intérieur de mes joues meurtries, par delà mes lèvres scellées quelques secondes supplémentaires.

“Tu as raison,” finis-je par admettre. Ça devenait une rengaine. “À vouloir chasser les démons des autres pour mieux fuir les miens, je n’ai certainement fait qu’alourdir les dégâts.” Je secouais mollement la tête, replaçant derrière mes oreilles les mèches de cheveux qui obstruaient en partie mon regard. “Je vais m’occuper de l’inventaire et essayer de prendre un peu de recul sur tout ça. Je crois que j’en ai plus besoin que je ne suis capable de l’admettre.” Je ramenais mon regard dans sa direction, parvenant finalement à esquisser un très mince sourire, qui se voulait sincère à défaut d’être rayonnant. “On a vraiment de la chance de t’avoir.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba11102/2000Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Debuba1091/100Décider des ruines - 14/04/35 - Page 3 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Mer 11 Déc 2019 - 11:22
James laissait ses mains sur ses hanches en scrutant longuement Kenzie, faisant planer quelques instants incertains entre l'absence et la réflexion, avant de bomber la lèvre supérieure en secouant légèrement la tête. Il lui répondit d'une voix un tantinet plus rauque et grave, la sonorité basse dans cette ambiance un peu intimiste sachant qu'une des deux autres femmes pouvaient débarquer à tout instant.

« Ça va, ça va. Arrête de t'excuser pour le moindre mot, on finirait par te le reprocher. » Il marqua un temps dont il profita pour relever les yeux sur le couffin à nouveau, paraissant d'autant plus distrait même lorsqu'il revint à Kenzie, mêlant à ses mots un soupir de lassitude.

« Et oui, c'est sérieux, mais on va gérer ça au mieux comme d'habitude. En revanche nous allons devoir rester au Perchoir un peu... confinés deux ou trois semaines, le temps de laisser passer la tempête en restant discrets et pouvoir être sûrs que l'on ne vienne pas nous agresser. Je me réserve quelques sorties pour le ravitaillement et pour me rendre à la ferme Wallace. Si tu veux que je fasse passer un message de ta part, je suppose que tu les connais, je m'y rendrais demain alors prend le temps d'y réfléchir.

Autrement, je veux bien que tu ailles plus tard jeter un oeil au poste de sécurité, voir un peu le matériel qui traîne et ce que tu pourrais en faire avec tes outils. Ça a l'air hors-service mais je n'y connais rien alors je me trompe peut-être, Jena ou Elizabeth aura les clés, tu pourras leur demander de laisser la pièce ouverte pour toi. Ton ami n'avait pas tort en parlant du risque du guetteur de se faire trop facilement prendre pour cible par un sniper, mais nous n'avons pas encore ce qu'il faut pour monter des plaques de protection semi-pleines.

Si on peut espérer remettre en marche quelques caméras encore accrochées et rétablir une partie du poste de surveillance et de communication, ça soulagerait pas mal le groupe du guet et on se sentirait tous plus sereins. »


Le déclenchement grésillant du talkie-walkie qui était accroché à la ceinture de son jean interrompit James qui écarta sa main droite de sa hanche et baissa par réflexe le regard sur l'objet d'où s'extirpa la voix de Leonard dans un premier temps. Le médecin prit une inspiration et s'employa de cette dextre relâchée à décrocher son talkie-walkie dans le but de répondre quand, très vite après, celui-ci s'activait à nouveau pour faire passer la sonorité d'Elizabeth. A son écoute, James pressa la mâchoire en faisant racler ses dents, laissant sa main quelque peu redressée avec l'objet épousant sa paume plusieurs secondes, avant de l'abaisser et adresser un léger signe de tête à Kenzie.

« Vois ce que tu peux faire et si tu as besoin de pièces ou d'autre chose à récupérer tu viens me voir, sinon préfère Jena pour parler de l'installation. »

Il laissera alors à la jeune femme l'opportunité de lui répondre si elle le souhaitait, puis tournera les talons en relâchant sa senestre à son tour pour se diriger pas après pas, assez lentement, vers l'extrémité de couloir qui donnait sur le hall où il disparaîtrait de sa vision.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)
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