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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Danaé Skye Valentine
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Protagonistes

Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
Danaé Skye Valentine Debuba110/0Danaé Skye Valentine Videba10  (0/0)
Etat Mental:
Danaé Skye Valentine Debuba100/0Danaé Skye Valentine Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Ven 22 Nov - 17:11
 

Ressuscitée



Danaé Skye Valentine


Date de naissance: 13 Avril 2012


Origines : Anglaise, Londres


Métier : Danseuse étoile de renommée mondiale


Particularités : Un tatouage minimaliste représentant un oiseau prenant son envol sur la nuque, juste sous la marque des cheveux. D'un point de vue matériel, la jeune femme ne se sépare jamais d'un anneau d'argent gravé à son annulaire gauche.


Description Physique

D'un premier abord, il est difficile de ne pas considérer Danaé comme une chose fragile placée hors de son environnement. Pourtant, elle n'est pas nécessairement petite compte tenu du fait qu'elle frôle le mètre soixante-neuf et donne l'impression, de par la finesse tonique de son corps, d'être parfois plus grande que ça. Du reste, elle se démarque physiquement par le fait qu'elle ne possède que très peu de formes - presque pas de poitrine, une taille de guêpe et des hanches bien dessinées sans pour autant être généreuses, autant dire qu'elle se rapproche plus d'une brindille vacillant dans le vent que d'une pin-up des années cinquante. Cela dit, rien de tout cela ne la complexe, au contraire. Ravie d'arborer des jambes galbées à la longueur presque effarante et de posséder des muscles tout en longueur qui donnent à ses mouvements une grâce féline, la jeune femme se déplace d'une démarche aérienne, comme si la gravité elle-même n'existait pas.

En dehors de ça, elle n'est pas exceptionnelle. Bien sûr, d'un point de vue purement objectif, c'est une jolie fille avec son visage à l'ovale délicat et ses pommettes hautes. Mais de là à dire qu'elle est mieux qu'une autre ? Il y a un gouffre. Sa bouche, charnue et dont la pulpe est discrètement marquée en son centre, pourrait effectivement fournir un très beau sourire... Si elle ressentait le besoin d'ourler un peu ses lèvres en ce sens, ce qui reste assez rare. Cela dit, le plus notable reste sans doute son regard, souvent plus parlant que n'importe quelle mimique qu'elle pourrait afficher. Bordés de longs cils noirs, les yeux de Danaé sont pareils au ciel d'un froid jour d'hiver, d'un gris très clair entouré d'encre. Donnant la sensation presque gênante qu'elle pourrait voir autant à travers les vêtements qu'à travers les âmes, ces derniers sont pourtant en premier lieu une véritable ouverture sur le moindre des sentiments que la demoiselle pourrait ressentir – de la peur à la haine, il faudrait être aveugle pour ne pas être capable de lire ses expressions, bien qu'elle arbore de nature un air d'une extrême douceur. Rehaussés par une épaisse chevelure chocolat ondulant jusqu'à la cambrure de ses reins et une peau laiteuse, autant dire que le tableau de la parfaite poupée de porcelaine est vite esquissé. Pour le conclure, l'anglaise s'exprime d'une voix toujours proche du murmure – un peu plus rauque que la moyenne féminine, mais sur un ton caressant qui a une certaine tendance à apaiser les gens.

Vestimentairement parlant, la brune n'a jamais été très compliquée en dehors de la scène : un jean, déchiré ou non, un débardeur ou un top bandeau, des baskets, les cheveux attachés à la va-vite et emballé c'est pesé. Il faut dire que la jeune femme n'a jamais été très coquette – pas de maquillage, ou très peu, pas de bijoux sinon une bague, et surtout jamais de talons hauts et ce même lors des soirées auxquelles elle a pu participer. Autant dire que le fait de devoir faire avec les moyens du bord ne risque pas de la perturber plus que ça.



Description Psychologique

Avant tout, il faut bien se mettre dans l'idée que la caractéristique première de Danaé est d'être un paradoxe ambulant. Non pas qu'elle ressente le désir de se montrer compliquée, bien au contraire, mais mademoiselle a le don de posséder pour chaque force sa contrepartie pour un ratio assez pauvre quand il s'agit de changer une faiblesse en force.

Du coup, il serait difficile de ne pas relever le fait que, toute danseuse agile qu'elle est, la brune est d'une maladresse affligeante. Effectivement, il y a des chances pour qu'elle se ramasse sur le bout de pavé qui dépasse, là devant, par un simple manque d'attention de sa part. D'accord, il y a des chances pour qu'elle se rattrape d'une façon ou d'une autre, mais ça ne lui évitera clairement pas quelques écorchures en chemin. D'ailleurs, c'est pareil socialement. La jeune femme a beau être d'un naturel aussi doux que celui d'une biche, il lui a toujours été très difficile, si pas impossible, de ne pas être à côté de la plaque lors d'une conversation, quand elle ne tombe pas tout simplement comme un cheveux sur la soupe. Le fait d'avoir un humour vaguement tordu entre sarcasme et humour noir n'aide bien sûr pas. Heureusement pour elle, sa tendance à garder le silence sauf lorsqu'elle a actuellement un point de vue à exprimer ou à défendre la sauve majoritairement de ce type de situation, quoiqu'il lui arrive, en revanche, de parler toute seule pour se rassurer. Cela dit, particulièrement discrète (bien que pas asociale), Danaé n'est pas du genre à rechercher la présence de ses semblables – bien qu'elle apprécie les gens et se montre particulièrement altruiste et réceptive à leurs sentiments et avis. Peut-être un peu trop réceptive puisqu'elle est aisément manipulable, mais elle préfère se faire avoir plutôt que de se méfier de tout le monde au point de ne plus esquisser un seul geste de générosité. Autant dire que c'est un choix et non pas un manque d'intelligence.

Sensible mais clairement pas rêveuse ni même fleur bleue, c'est une personne très calme capable d'analyser une situation en gardant les deux pieds sur terre – mais à côté de ça, c'est également une grande peureuse. Un bruit trop brusque, un mouvement perçu du coin de l’œil, c'est le genre de manifestations qui peuvent faire battre son cœur plus vite en un instant, et si on peut voir le bon côté en disant qu'elle est toujours sur le qui-vive, autant dire que ça peut vite devenir exténuant physiquement et mentalement. Un peu perdue à cause des événements, inutile de préciser que si son corps témoigne d'un entraînement régulier (bien qu'elle passe son temps à manger lorsqu'elle en a l'occasion), il n'en est pas de même de son mental qui la rend extrêmement fragile. Malgré cela, et probablement en partie de par le fait qu'elle possède un caractère moins féminin qu'on pourrait le croire, rien ne l'empêchera de se défendre, bien qu'elle témoigne d'une nette préférence à l'observation et à la fuite tant qu'elle n'est pas acculée.

D'ailleurs, inutile de penser à blesser quelqu'un à qui elle est attachée. Aussi fidèle et protectrice qu'une mère avec sa portée, l'anglaise pourrait sans problème vous laisser filer si vous vous en prenez à elle mais jamais elle n'en fera autant si vous touchez ne serait-ce qu'à un cheveux de quelqu'un qu'elle affectionne. Excessivement rancunière dans ce cas de figure, il y a très peu de chance qu'elle trouve en elle la gentillesse et la patience de vous pardonner.



Histoire du Personnage

Au fin fond du Terrier, partie I

La brune se recroquevilla un peu plus dans le placard, croquant un à un ses ongles sans une once de considération. L'unique rai de lumière de sa cachette vacilla, la faisant sursauter. Quelque chose, dehors, passait devant la porte. Encore et encore. Sans téléphone et sans montre, il lui était impossible de savoir depuis combien de temps ce manège durait. Dix minutes par cuticule ? Elle en avait sans doute rongé quatre. Ou cinq. Difficile à vérifier dans l'obscurité. Sa vie n'avait pourtant aucune raison de tourner comme ça. Non, aucune.



Le Silence de la Chambre Noire

Danaé est née en Avril 2012. Au début, ses parents étaient persuadés de faire sa rencontre le premier du mois – quelle bonne blague ça aurait été ! Cela dit, elle n'avait pas fait beaucoup mieux. Découvrir le monde un vendredi 13 alors même que sa mère était une superstitieuse confirmée n'était pas trop mal non plus en matière d'humour. Par conséquent, et puisque cette dernière avait refusé de mettre ne serait-ce qu'un orteil dehors, elle avait vu le jour dans la maison familiale et son père avait été celui à lui prodiguer des premiers soins assez discutables. Qu'à cela ne tienne, elle survécu et la situation n'empêcha pas les deux photographes de Whitechapel de prendre une tonne de clichés de ses premières heures et une tératonne de ses premiers jours.

D'entrée de jeu, elle fut une enfant peu remarquable. Elle ne pleurait en effet pas beaucoup et mit plus de temps que les autres à zozotter ses premiers mots – encore que quand elle commença à parler, ce fut directement pour offrir des phrases presque complètes à ses parents étonnés (et rassurés, il faut l'avouer), ce qui confirma bien rapidement qu'elle n'avait juste pas envie de s'exprimer plus que de rigueur. Curieuse du monde l'entourant, elle révéla par contre très tôt un fort intérêt pour le rampage puis la course d'obstacles à travers la maison. Pour dépeindre les choses plus simplement, elle se développa très bien et très vite, mais à sa façon et à ses conditions.

En grandissant, il devint vite évident qu'elle était effectivement plus intéressée par les activités physiques que psychologiques et, bien qu'elle eut des notes tout à fait convenables et affectionnait la lecture d'un livre ou l'autre, ce fut la gymnastique de l'école qui révéla son plein potentiel. C'est par le biais d'une bourse d'étude, elle qui ne faisait en rien partie d'une famille aisée, qu'elle eut l'occasion de rejoindre un lycée sportif après plusieurs années à s’entraîner et à se passionner pour la danse classique. Jusque là – il y a un droit de cité sur cette phrase compte tenu de sa présence dans un magasine, quelques temps plus tard –, sa vie n'avait pas vraiment commencé.



Au fin fond du Terrier, partie II

Le regard vide, probablement autant que son estomac qui ne manquerait pas de se manifester d'une minute à l'autre, la jeune femme fixait toute son attention sur ce point. Son rayon de lumière. Le sien. Celui que quelqu'un d'autre se permettait d'entraver depuis maintenant six cuticules. Qui était ce truc indéfini qui la forçait à se rouler en boule contre un mur malodorant ? Non, elle n'avait pas prit le temps de vérifier avant de se cacher. Vu l'évolution de la situation depuis qu'elle s'était retrouvée prise comme un rat au Texas, elle n'avait pas osé prendre le risque d'appeler à l'aide. C'est pourtant ce qu'elle aurait dû faire. Sa blessure au côté commençait à prendre une teinte inquiétante sur les bords, et si elle devait se fier à l'odeur qui s'en échappait, l'infection était déjà en train de se répandre. Probablement. Ça ne l'avait pas inquiété plus que ça, au début. Ce n'est pas comme si elle n'était pas coutumière du fait de se ramasser sur un bout de métal tranchant – elle s'était fait assez de cicatrices étant jeune pour prouver cet état de fait. Mais avec le temps et l'obligation de devoir courir et se cacher dans des espaces étroits, cette petite ouverture bénigne avait fini par s'agrandir et la peau s'était déchirée à quelques endroits. Clairement, ce n'était pas quelques points de sutures qui auraient pu lui permettre de bondir comme un lapin avec une dégénérescence pareille. Néanmoins, elle avait poussé plus loin, toujours plus loin. Jusqu'à atterrir là. Tremblante. Désespérée. Et pour ne pas mentir, en proie à une douleur dont elle se serait probablement bien passé.



La Mort du Cygne

Dès qu'elle put évoluer dans son propre univers, Danaé se révéla un peu moins solitaire, quoique toujours un peu à la ramasse. Selon ses amis et ses professeurs, c'était probablement la source de son charme. Elle fut très rapidement remarquée pour ses efforts, et c'est durant son adolescence qu'elle commença à participer à de nombreux projets, aussi bien de l'ordre des spectacles comme des compétitions sportives. À 17 ans, on lui proposa le rôle d'Odette dans la pièce (on ne peut plus) classique du Lac des Cygnes, et si la première représentation se passe à la perfection, elle-même fait une demande de changement. D'Odette, elle décide de jouer Odile, et s'y révèle tellement remarquable qu'elle en éclipse de fait l'héroïne de l'histoire en dépeignant un cygne noir brisé de devoir gagner l'amour dans le seul but de déception, sans le moindre espoir qu'il soit un jour véritable.

C'est là que se déroula le drame de sa vie. Ou sa joie, dépendant de qui raconte l'histoire. Siegfried ne fut lui non plus pas insensible au charme vénéneux de la fille de Von Rothbart. De huit ans son aîné, l'interprète du prince se voua rapidement d'une passion dévorante à son égard et c'est à la dernière représentation de la pièce que Sawyer, sous les yeux du public, décida de faire sa demande en mariage. À ce stade, cela faisait deux mois qu'ils se fréquentaient à peu près sérieusement. Et elle répondit d'un simple oui.

Si ce dernier venait du cœur ? Difficile à dire. Bien que disant le contraire dans les interviews qui suivirent ses débuts officiels de ballerine, il est pourtant un fait que la présence d'un public influença énormément sa décision. Comment dire non quand un opéra entier retient son souffle, pendu à vos lèvres ? De plus, ses parents appréciaient Sawyer et il était aussi agréable à regarder qu'à fréquenter. Sous l'effervescence du moment, la réponse était tombée sous le sens. Après une cérémonie de mariage grandiose et très médiatisée, en grande partie financée par ses nouveaux beaux-parents dont elle n'avait même pas vu les visages, ils étaient partis en lune de miel en Afrique. C'était comme vivre un rêve. Puis étaient venus les premiers mois de vie commune. Dans un appartement minable de Philadelphie, parce qu'elle avait fini par accepter de vivre chez lui plutôt que de trouver un nouvel appartement en Angleterre. Grâce à des moyens qui ne furent rapidement que les siens, le succès professionnel de son mari s'étant finalement révélé plus que modéré. Avec des sentiments très mitigés, son affection étant finalement plus amicale qu'amoureuse.

Pourtant, elle l'appréciait. Assez pour prendre sur elle. Assez pour rester. Assez pour le soutenir. Assez pour espérer voir quelque chose naître de ce qui était devenu bien malgré elle son meilleur rôle.



Au fin fond du Terrier, partie II

Lentement, elle étira sa jambe gauche. Puis sa jambe droite. Elle en était maintenant à neuf cuticules. Autant dire qu'elle aurait du mal à garder son calme d'ici une dizaine de minute puisqu'elle n'aurait définitivement plus rien à grignoter sous la main. Ou sur la main, quitte à jouer sur les mots. Ce ne serait pourtant peut-être pas nécessaire d'en arriver à cet instant fatidique. Il n'y avait plus de bruits au dehors. Pas le moindre. À tel point que son juron fut particulièrement retentissant lorsqu'elle se cogna le doigt de pied en essayant de prendre une position plus confortable. Au bout de quelques secondes supplémentaires, elle se pencha en avant et poussa la porte de son placard avec la plus grande discrétion – enfin, compte tenu qu'elle venait juste de vendre sa position... Rien. Personne. Plongeant un peu plus franchement en avant, la brune s'extirpa de son trou à plat-ventre, tentant vainement d'écarter ses cheveux de devant ses yeux alors qu'elle se déplaçait sans grâce aucune. Inutile de faire la fine bouche. Ce n'était pas avec la souffrance irradiant de son flanc qu'elle allait faire l'effort d'avoir l'air correcte. Une fois dehors, elle se laissa retomber sur son séant avec un soupir de soulagement avant de remonter son débardeur autrefois blanc du bout des doigts. La grimace vint sans attendre. Premièrement, ça ne faisait pas du bien. Deuxièmement, ce n'était pas joli. Troisièmement... Non, pas de trois pour le moment. C'était déjà bien assez suffisant.

Il était temps de bouger. Entendons-nous bien : elle n'en avait absolument pas envie, mais c'était nécessaire. Danaé ne savait pas à quel moment la personne ou le truc reviendrait, et si il y avait bien une chose qu'elle avait fini par comprendre, c'était que rester trop longtemps au même endroit était la pire idée qui soit. Et puis il fallait qu'elle revienne à son point d'origine. D'accord, toujours pas l'idée du siècle, mais elle devait retrouver Travis et Alyssa. Ses beaux parents. Ça faisait plus d'un mois qu'ils s'étaient séparés avec quelques instructions pour se retrouver, mais le temps était quelque chose de très relatif pour elle en ce moment. La jeune femme se traîna jusqu'à la porte, persuadée que le cadrant ferait un excellent support pour son corps meurtri. En vérité, ça ne l'empêcha pas de tomber au moins quatre fois plus qu'elle ne l'aurait dû. Cela dit, une fois debout, le reste du chemin serait peut-être moins pénible à effectuer.



Une Promesse à l'Éternel

Rien n'était né, sinon une sensation d'inconfort grandissant. Malgré ça, l'anglaise n'estimait pas pouvoir se plaindre de sa vie. Sa carrière avait en effet décollé et, pour dire la vérité, elle ne passait même plus régulièrement au domicile conjugal. Le monde l'appelait et elle s'était jeté dans ses bras sans la moindre hésitation. Incarner plusieurs vies différentes était devenu sa raison de vivre, au point qu'elle passa plus de temps à accepter de nouvelles offres durant les premières années de sa vie active plutôt que de penser à se reposer. C'est également dans cette période de sa vie qu'elle se découvrit une passion dévorante pour les arts martiaux, notamment le Bō-jutsu, apprenant à manier le bâton comme une simple extension d'elle-même se mariant par ailleurs parfaitement à l'agilité dont elle faisait preuve avec le bas de son corps. En un certain sens, tout était parfait... Jusqu'à ce qu'elle rentre à Philadelphie, déterminée à prendre une année sabbatique.

Sawyer n'était pas à l'appartement. Ses amis ne savaient pas où il était. Sa famille ne répondait pas au téléphone. Danaé passa quelques jours à tenter de le retrouver, puis à désespérer, quand la facture arriva. Comme en-tête, le nom d'un hôpital. Comme montant, un chiffre rocambolesque. Elle débarqua dans la chambre sans vraiment savoir à quoi s'attendre. Probablement à tout, sauf au fait de le voir si minuscule dans le fond de son lit, rattaché à des machines bruyantes dont elle ignorait absolument tout. La peau jaunâtre, les yeux vitreux. À peine capable de la reconnaître. Elle vacilla mais tint bon. Le temps qu'on lui explique qu'on ne savait rien. Qu'il était en train de mourir. Que tous les médicaments et toutes les machines du monde n'y changeraient rien. Le temps qu'il lui offre un sourire rayonnant en chuchotant son prénom. Le temps de faire quelques pas à l'extérieur avant de perdre connaissance.

Dans son esprit, rien ne serait jamais plus triste que ce sourire d'espoir et de bonheur qu'il avait esquissé en la voyant pour la première fois depuis des mois alors que lui-même était sur le point de disparaître. Ni la destinée d'Odette et d'Odile, ni toutes les tragédies sur lesquelles elle avait eut l'occasion de danser. Elle passa les mois suivants à chercher quelqu'un capable de trouver une solution au mal qui rongeait de plus en plus son mari au fil des jours. Médecins. Chirurgiens. Magiciens. Peu lui importait la réputation ou le prix du moment qu'une infime chance existait. C'est un petit matin de janvier que l'espoir poussa son dernier soupir. Assise à ses côtés alors qu'il dormait paisiblement, agrippant sa main dans une tentative désespérée de le retenir un peu plus longtemps à ses côtés, elle entendit la machine pousser un bip final. Danaé ne vit pas venir les infirmières, ne ressentit pas les mains qui la repoussaient, n'entendit pas l'heure de décès de la bouche du médecin. Seul ce petit son strident résonnait à ses oreilles. Longuement. Comme un cri qu'elle ne pouvait pas pousser. Final.

Quand l'épidémie se déclencha et prit de l'ampleur, la danseuse avait l'esprit complètement ailleurs. Centré sur cette vie qu'elle n'avait pas essayé de vivre, sur cette romance à laquelle elle n'avait donné aucune chance, sur cet homme qui jusqu'à la dernière seconde avait cru en elle. Ayant réuni les affaires de Sawyer et mit l'appartement en vente, la jeune femme décida de faire un dernier voyage au Texas, chez les parents de ce dernier, avant de retourner se terrer à Londres. Jamais elle n'aurait pensé y rencontrer un purgatoire encore pire que celui de son deuil.



Au fin fond du Terrier, partie III

Un jour, une nuit, un jour. Une nuit. Un jour. Est-ce que ça faisait bien trois jours ? Plus ? Moins ? Ce n'était pas vraiment important au final. Ce qui l'était, c'est que Danaé tenait encore sur ses deux quilles. Si ça ce n'était pas un miracle, alors rien ne l'était. La brune poussa la porte sortie de ses gonds et passa la tête à l'intérieur. Si son sens de l'orientation ne lui faisait pas défaut, c'était la maison évoquée par Alyssa. Silencieux pour un lieu de rendez-vous, mais rien ne disait qu'ils étaient déjà arrivés. Ou qu'ils étaient arrivés tout court, même si elle préférait ne pas y penser. Tentant le tout pour le tout, elle osa chuchoter leur nom dans le salon, puis appeler un peu plus franchement dans la cage d'escalier. Pour se rassurer alors qu'elle montait les marches deux par deux, elle se chuchota quelques mots de faux encouragement. Puis elle trébucha.

Bien qu'elle fut en mesure de se rattraper grâce à son bâton de fortune (en fait un vulgaire manche à balais, mais ça marchait tout aussi bien), le fait de distinguer un bras arraché dans la pénombre termina de lui faire perdre l'équilibre. Dans un bruit infernal, elle se ramassa au sol dans une mare de sang poisseux, les yeux exorbités et la gorge serrée sur un cri pourtant silencieux. Après que ses yeux se furent adaptés, bien malgré elle, à l'absence de luminosité ambiante, le son d'effroi se décida enfin à sortir, presque guttural, de sa gorge. Elle venait de trouver ce qu'elle cherchait, et si Alyssa n'était plus qu'une poupée de chiffon démembrée, Travis était encore... Vivant ? Sans jambes, avec un bras en moins et une odeur pestilentielle, mais vivant. Ou tout du moins remuant, émettant dans la flaque de sang un bruit de succion qui acheva de faire monter la bile aux lèvres de la demoiselle qui ne fit pas de chichi et lui vomit directement dessus.

La seconde suivante la voyait bondir en arrière, lâchant son arme de fortune pour mieux s'éloigner de son beau-père à la vocation de limace – en effet, celui-ci avait décidé d'essayer de se traîner vers elle, produisant de plus en plus de sons digne d'un film d'horreur de série Z en agitant une main griffue dans sa direction. Franchement, le fait d'être couverte de sang collant de la tête aux pieds était le cadet de ses soucis maintenant, et si elle eut la présence d'esprit de rattraper son bâton au vol, ce ne fut que parce que son instinct de survie lui disait qu'elle aurait plus facile à courir loin de là en ayant un appui. Dans la pratique, la fuite fut malgré tout pénible, mais compte tenu que sa belle-famille n'était clairement plus en état de la poursuivre, il ne lui fallu en réalité que très peu de temps pour mettre une certaine distance entre eux. Par contre, son esprit mit un temps fou avant de réaliser qu'elle n'avait en fait échappé à rien, entre la griffure qui avait achevé d'ouvrir la profonde blessure de son ventre et le sang dont elle était badigeonnée.

Lorsqu'elle se laissa finalement tomber dans un coin, la fièvre avait déjà emporté son esprit au loin. Incapable de raisonner, incapable de se souvenir, incapable de bouger ou de parler. Incapable de se rendre compte que personne n'avait éteint la lumière – personne d'autre en tout cas que son propre subconscient la plongeant dans un sommeil encore plus lourd que la mort.



Equipement de Départ


- Hachette
- Ration de nourriture
- Petit sac à dos

Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A
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