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Une seule option - 14/04/35
 :: Safe Zones :: Le Perchoir :: La vie du Camp

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Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1139/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba100/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Dim 15 Déc - 1:36
Interprété par James Everett et Kyle Collins.


Il y eu un vrombissement, très indistinct dans un premier temps, perçant le voile du silence qui s'était imposé de lui-même après que les rugissements de ma voix rauque aient cessé de tonner. Je m'étais laissé sombrer dans les abysses lorsque la mort était venue me cueillir, bercé dans le vaste étendu néantique qui avait mis fin à mes tourments physiques mais qui avait ravagé ma conscience et mon subconscient, m'offrant l'épouvantable révélation d'un tourment infini. Jusqu'à ce que la moindre pensée, la moindre idée, la moindre résurgence de vie, n'assaillent mon esprit comme un réseau de fourmis incandescentes, qui se frayaient un ignoble passage à l'effleurement de mon crâne, descendant le long de ma nuque jusqu'à atteindre l'extrémité de mes doigts endoloris. Si j'avais bel et bien cru que mon dernier souffle venait d'être rendu, je devais bien admettre que les prémices de mon admission aux portes de l'enfer ou celles du paradis, étaient bien loin de tout ce que j'avais seulement pu imaginer.

J'avais sentis quelques perles de sueur s'extraire de l'orée des racines de mes cheveux sur mes tempes et glisser sur mon visage jusqu'à trouver la finalité en l'extrémité de mon nez, pour s'échapper définitivement. Une délivrance dont je n'avais pu jouir, prisonnier par ces liens qui avaient torturé mes poignets à chaque volonté acharnée de liberté. Je ne sentis bien vite plus rien de tangible, seulement noyé dans mes abysses où cet écho lointain s'élevait à nouveau, tonnant comme le roulement d'un tambour que je ne percevais, ni visuellement, ni auditivement, mais bel et bien par les quelques vibrations que chaque percussion provoquait, quelque part, bien au delà de l'univers.

Mon corps s'était alourdis et ma tête dodelinait à chaque soulèvement difficile de mon torse sur lequel mon menton avait fini par trouver le repos. Un flash éclatant fit reprendre à mon corps quelques mouvements brutaux, comme s'il fut animé par la même occasion d'une décharge électrique brutale et soudaine, ma tête basculant en arrière, percutant le mur avec dureté en même temps que mes jambes se tendaient comme des cordes d'arc. J'avais l'impression que le monde reprenait vie. Un nouveau battement martelant ma tempe de cet assourdissant bourdonnement en rythme d'un second étincellement lumineux qui déchira mes abîmes comme un éclair zébrant le ciel, laissant sur la rétine de mes yeux pourtant clos, le fantôme de son existence par un voile qui s'estompait en quelques filaments sinueux.

J'avais complètement perdu la notion du temps, de l'espace, de l'existence même, ne sachant plus où j'étais ou même qui j'étais. Je me perdais dans les méandres de mon propre inconscient, arpentant ce labyrinthe hostile avec une appréhension perceptible par le rythme de mon coeur que je devinais désormais pleinement et qui ne cessait de croître. Je voyais, parmi le flou artistique qui striait ma vision que j'essayais indubitablement de déblayer de sa légère buée, quelques silhouettes se dessiner, quelques visages fragmentés m’apparaître si imprécis et pourtant familier. Je me donnais quelques sursauts volontaires, cherchant à réactiver les muscles de mon corps ensommeillé. Je me forçais à reprendre conscience, à sortir la tête hors de mon bocal boueux où je suffoquais, mais chaque essai se soldait par une nouvelle décharge terriblement douloureuse qui me forçait à revoir mes entreprises.

J'entendis une voix, lointaine, entamer quelques chuchotis dont je n'arrivais pas à saisir le sens des mots qui s'en échappait. Je finis par sentir bien la pression de ma langue sèche percer la soudure qu'avait formé mes deux lèvres closes en un étirement difficile, apportant sur le dessus rêche, l'humidité suffisante pour ne plus en souffrir. Une nouvelle salve me percuta de plein fouet, repoussant mon dos cette fois-ci en arrière. Je ne savais plus à quoi je devais me raccrocher, les tableaux des scènes de ma vie défilant devant mes yeux comme un medley d'images qui rejailliraient sans aucune cohérence. Les sons qui me parvinrent devenait de plus en plus intelligible, bien que je n'y trouvais encore aucune constance, aucune logique, je décidais de m'y concentrer, espérant que cela m'aide à comprendre.

Il y eu du sang, des cris, de la souffrance, de la douleur. Il y eu des larmes, des hurlements, des menaces et des insultes. Et l'écarlate mare éclaboussait, rependant la folie destructrice dont elle était vecteur. Il y eu des suppliques, de la rage, des trahisons. Il y eu Elle.

« Au premier jour du grand dessein... » Marmonnais-je difficilement, le grondement de ma voix peinant à sortir de ma gorge, représentation des clameurs qui montaient de plus en plus distinctement « ... il est dit que le soleil s'était levé sur la terre ...»

Un halètement puissant s'extirpa de ma gorge alors que je reprenais brusquement conscience, ouvrant pleinement les yeux dans ce vaste espace qui me paraissait pourtant confiné de mon point de vue. Qu'es-ce qui s'était passé ? Où étais-je ? Comment en étais-je arrivé à me retrouver piégé, captif de la sorte ? J'étais en vie, ça je le savais désormais, et je n'avais aussi plus qu'une certitude en tête : je n'étais pas seul, mais le ver insidieux qui me rongeait la cervelle refusait d'en dévoiler davantage.

Les blocs de métal blanc poussiéreux s’alignaient d'un côté de la pièce, me laissant deviner que j'étais dans une espèce de blanchisserie. J'ignorais comment ce nom m'était venu en tête, mais je l'acceptais comme une évidence et réminiscence d'un passé morcelé. Je regardais, une panique grandissante dans mon regard réactif à la pupille dilatée, l'ensemble de ce qu'il s'y trouvait, l'ampoule éteinte, à la fenêtre à barreau, de mes pompes dégueulasses au sang qui avait coulé le long de mes avants bras, jusqu'à mes mains que je ne sentais plus. Chaque seconde qui passait me renvoyait plus d'incompréhension encore à ma situation, jusqu'à ce que je perçoive dans le recoin de ma périphérie visuelle, cette barre céréalière qui gisait au sol.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Cache 91/100
Casier du Perchoir
FR-F2 10C 7,62 (15)
Desert Eagle 9C .44 (3)
Couteau de combat (2)
Redhead Toxik Flec. (9)
Masse (14)
Flèches (6)
Viper Batleskin (8)
Talkie Militaire (2)
Lampe dynamo (2)
Grand sac (12)
Gilet tactique (12)
Holster (2)
Pointeur laser (1)
Silencieux MC (1)
7,62 mm (2)

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1183/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (83/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1091/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Mar 17 Déc - 23:23
Quelque part, dans un renfoncement étroit et bien planqué de son esprit, le petit ange invisible à l'oeil qui avait l'habitude d'être confortablement assis sur l'épaule droite du garçon était parti en courant afin de s'y faufiler et s'y cacher. D'habitude si joviale et si aimant, lui qui avait cru ces derniers jours retrouver de cette lueur dans le regard naturellement triste mais plein d'espoir de ce garçon qu'il avait tant aimé, se recroquevillait à présent contre l'angle des murs grisés plongés dans l'obscurité. Les genoux contre son torse nu et ses bras chétifs entourant ses jambes, il pleurait à chaude larmes toutes les larmes que son âme larmoyante et déliquescente pouvait encore contenir. Il avait donné trop de ses larmes à l'usage du garçon avec le souhait de le soulager mais le garçon n'arrivait plus à les ressentir, il avait déjà trop pleuré lui-même.

Alors le petit ange avait fuit, parce que le petit ange ne pouvait plus supporter cette vision qu'il avait de ce garçon qui lui faisait mal par son échec, celui d'avoir été si proche de faire naître la révélation du bien commun et de l'amour à l'état pur, qui n'avait pas de rancœur mais tellement de miséricorde, faisant de la pitié un garde-fou de la colère et la colère elle, libre de s'exprimer avec l'étreinte de l'émotion ; il n'avait pas réussi à faire subsister cette idée, peut-être parce qu'elle n'avait pas été assez simple pour s'ancrer.

Alors cette idée s'était disloquée et le gouffre creusé par les coups du destin, ou du hasard dans tout son art et sa cruauté, avait fini par être trop grand et vertigineux, et le petit ange auréolé s'était jeté dedans pour tomber tout au fond, dans un grand labyrinthe. Celui des abysses, où il n'avait pu trouvé que ce renfoncement étroit et bien planqué pour échapper aux effrayantes ombres qui rôdaient et voulaient le manger avec la ferveur d'un non-mort et le plaisir d'un vivant. Cette disparition avait laissé froid le garçon, qui n'avait plus de présence à son épaule droite, faisant taire une partie de ses voix qui depuis tant d'années le tiraillait entre tellement de sentiments, de contradictions, d'incertitudes et d'hésitations ; lorsqu'il avait essayé de sauver des gens, comme quand il s'était mis ce canon de Berreta dans la bouche. Il ne restait plus que l'autre présence, celle sur son épaule gauche. Ni ange, ni démon, mais autre chose, de bien plus las, austère et décidé.


***

James était adossé au mur, proche de la porte de la salle de nettoyage et son regard incliné avisait la capsule de médicaments fermée dans sa senestre, roulant légèrement sur sa paume, ses lèvres étaient closes. Il était seul à présent. Quelques minutes plus tôt, il avait rejoins le hall d'entrée où Leonard était venu à sa rencontre en grimpant les marches quatre par quatre, le souffle audible et le torse gonflant sous chaque inspiration de l'effort qu'il en avait fourni pour sans doute venir au plus vite. Elizabeth les avaient rejoins à son tour alors que Leonard tenait le sachet ouvert sous le regard du médecin en lui expliquant vaguement leurs trouvailles à Cornelia et lui, faute de connaissances en la matière. A son arrivée, il avait brièvement relevé le regard sur elle avant de revenir au sachet, puis à l'homme, acquiesçant à ses mots en pressant un peu plus les lèvres.

Au final il avait récupéré le sachet, ainsi que le trousseau de clés moins volumineux confié au départ et pris d'une main la boite qu'il avait ouverte avec l'index dans le but d'extraire la capsule qu'il tenait maintenant. Puis il tendit le sachet à Elizabeth en laissant son regard aller ailleurs, lui laissant loisir de s'intéresser de plus près aux médicaments tandis que lui repartait dans le couloir sans dialogue, simplement isolé dans ses pensées pour gagner les vestiaires. Là-bas, trouvant un moment de solitude aussi bref soit-il, le barbu s'était intéressé à son casier une poignée d'instants avant de sortir et se retrouver là, à contempler cette capsule dans sa main. Sa dextre elle était fermée sur le trousseau fait d'un anneau qui contenait le double des clés des pièces du Perchoir, de ses entrées et celle du casier de James, laissant les clés premières desdites pièces, des entrées et les doubles des casiers de tout le monde sur le trousseau principal qu'il avait ainsi cédé dans la salle de réunion.

D'une sèche inspiration des narines, il redressa le regard marqué par une certaine austérité sur le couloir vide, les paupières un brin affaissées et les lèvres résolument soudées. Une main rangea le trousseau de clés dans sa poche de jean, les enfournant d'une pression qui détendait le tissu rêche, l'autre formant un poing qui dissimulait la capsule. Une voix sembla filtrer depuis la salle de nettoyage, très fine, marmonnée. Il ne parvint pas à en déceler les mots mais après tout il ne cherchait pas à le faire, tout ce qui comptait était la confirmation que Kyle était éveillé car c'est bien ce qui l'intéressait en cet instant. Un talon vint prendre appui sur la plainte et l'aida à se redresser de son adossement contre le mur, les muscles de ses bras contractés faisaient ressortir quelques veines qui bombaient sa peau et longeaient de sculptures ses avant-bras et ses biceps, particulièrement sa gauche davantage sujette à tension de son poing pressé. Si sa musculature s'était partiellement reconstituée au cours des mois qui l'avait mené de l'air d'autoroute, la fameuse, jusqu'à cet instant, c'était bien la tension qu'il avait accumulé et qui s'accentuait de par la fatigue qui était la première cause des ces apparitions musculaires.

Ses pas le menèrent devant la porte, à deux mètres de sa posture première et il leva sa dextre qui vint lourdement faire pression sur la poignée, avec beaucoup de lassitude, faisant claquer le verrou qui précéda le grincement de la boisure d'entrée. D'une pression, il poussa la porte et accentua ce grincement, découvrant directement face à lui la posture avachie de l'homme qu'il avait enfermé ici, lui donnant ainsi en vis à vis sa hauteur mélancolique pendant qu'il marquait quelques instants pour détailler le regard de Kyle, ses bras étirés par les attaches et le sang qui coulait sur ses avant-bras. La brillance de son visage marqué par la sueur, l'affalement de ses jambes et la barre de céréales au sol qui dénotait du reste du triste tableau. Nul besoin d'être Sherlock Holmes pour déduire que ce devait être Jena qui avait laissé ce présent à l'ex-soldat. Les yeux du barbu se plièrent sensiblement et il fit plusieurs pas vers l'intérieur, délaissant le parquet pour trouver le carrelage dont le blanc avait été altéré par les salissures du temps, le groupe n'ayant pas eu l'intérêt ni même le souhait de le nettoyer.

Ses yeux n'avaient pas cillé ni quitté Kyle jusque là, ce qu'il finit par faire cependant en se tournant partiellement pour récupérer ce coté de la poignée et refermer la porte avec un peu plus de mesure. Une mèche de sa chevelure châtain se déplia du rabattement qu'il avait opéré plus tôt dans la salle de réunion et vint basculer sur son front, accrochant la pilosité de ses sourcils de même couleur tandis qu'il revint scruter Kyle dans ce silence persistant, tout du moins en omettant le son de ses narines par lesquelles il expira longuement après la respiration qui avait gonflé ses poumons d'air et relevé son torse, passée d'une fine ouverture entre ses lèvres. Il apparaissait harassé, blasé, plein de flegme et pris son temps pour aller observer les machines à laver et les tables de repassage à sa gauche, parmi le matériel disposé ici bien avant leur venue, avant de faire quelques nouveaux pas et saisir la chaise métallique calée contre l'une des tables qu'il bouscula en la prenant, faisant tomber le fer à repasser qui n'avait pas bougé de là depuis au moins des mois et qui s'effondrait sur le coté sourdement, soulevant un nuage de poussières.

Enfin, il fit entendre sa voix : un raclement de gorge, rauque, le regard glissant sur le carrelage à chaque pas qui venaient déposer la chaise face à Kyle en frottant les dalles carrelées. James en fit brièvement le tour et fléchit les jambes pour s'installer dessus, prenant soin de s'appuyer au dossier semi-plein, les jambes détendues par une séparation un peu plus prononcée lui qui était d'habitude plus discipliné sur le sujet et ses mains - ouverte pour l'une, en poing fermé pour l'autre - trouvèrent l'appui de ses genoux avec plus de droiture. Il s'immobilisa, cligna lentement des yeux et fit entendre sa voix à la mélodie ternie par une gravité plus rocailleuse.

« Eh bien, on est sacrément dans la merde tous les deux mon grand. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FN FNC 30C 5.56
Dague de chasse
Poings américains
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 5.56
Tête : -
Torse : Harnais
Talkie-Walkie
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : YZF-R1 3/4
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 59/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Bouclier balistique (25)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1139/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba100/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Mer 18 Déc - 12:01
Des tentacules sombres se glissaient par les interstices de la porte, comme une ombre arpentant tandis qu'elle-même grinçait sous l’annonce de son ouverture. Je fixais cette nouvelle manifestation dans mon champs de vision, relevant la tête pour braquer mon regard sur la grande silhouette, filiforme, émaciée, d’où émergeait les obscures appendices qui s’agitaient dans les airs de leurs présences menaçantes. Les légendes du Slender Man ne m’avait jamais vraiment effrayé, sans doute parce que mon père avait forgé cette carapace qui me caractérisait depuis ma plus tendre enfance, me plombant l'esprit dans une droiture et une sévérité qui avait forgé ainsi ma personnalité. Je n'étais effrayé par la mort, qu'elle me prenne ou que j'inflige, me dressant, combatif, entre elle et ceux que j'aimais. Aussi mon visage ne se redressait, à cette manifestation qui se voulait sans doute horrifique, que pour lui lancer un regard fixe d'un défi certains, bravant ces nouvelles images qui ne cessaient de marteler mon esprit embrumé dans un écho mêlant deux voix unifiées.

« Ceux qui possédaient la vérité avaient dans leur sagesse, décidé de mettre fin à la médiocrité et à l’ignominie, de ceux qui dans leur décadence, avaient conclu un pacte avec le chaos. »

Je ne pu contrôler le murmure de ma propre voix, basse et grave, se superposer aux deux tonalités qui m’assourdissaient, me forçant à fermer les yeux sur cette silhouette ombrageuse qui courbait l’échine pour s’immiscer au cœur même de ma prison, et rendant en réponse un grondement assez sourd et guttural qui fit vibrer ma cage thoracique, ma gorge et mes lèvres de nouveau closes. Je sentais mon cœur battre de plus en plus vite, claquant son rythme sur les veines de mes tempes durcit par la contraction de ma mâchoire qui ne voulait se désolidariser. Brusquement, un mal de crâne me prit, vrillant comme deux vis qui s’inséraient dans mes tempes, avec toute la douleur que cette sensation m’inspirait, me rendant capable de rien d’autre hors me soumettre à cette imposante manifestation. Chaque son, chaque mouvement, chaque souffle, me parvint en résonance démesurée.

Il y eut d’abord le mécanisme de la porte, dont chaque torsion de ressort m’offrit un concert désarticulé jusqu’à l’à-coup en butoir du pêne qui s’engageait dans l’antre de la cloison. Les quelques inspirations plus marquées, plus longues et profonde, inspirées puis soufflées sur un visage au corps plus silencieux. Les quelques pas qui martelèrent le sol, se détachant au rythme lent, du talon, puis de la pointe, sur un mouvement qui ne se voulait pas pressé. Du choc plus violent, sec, sourd, d’un objet métallique sur une surface plane après le grincement d’une poussée donnée sur une table bon marché.

Je finis par ouvrir brusquement les paupières au nouveau son assez rauque qui me parvenait, plus proche, plus réel, plus tangible, et qui s’atténua brutalement pour en reprendre sa totale et surprenante réalité en un simple raclement de gorge, pointant immédiatement mes iris gris d’acier sur cette nouvelle présence qui s’était presque imposée à moi, et qui s’installait sur l’assise d’une chaise qu’il venait de traîner sur le sol sur quelques pas. J’observais son visage, ses yeux, ses cheveux qui retombaient dans l’encadrement de sa tête, la posture de ses mains séparées, inégales dans leur placement, tandis que j’accrochais davantage celle restée close en me demandant si elle maintenait captive la clé de ma liberté ou celle d'une condamnation.
J’inspirais à mon tour assez longuement à ces mots qu’il prononça, me renvoyant l’écho d’une voix qui ne m’était pas étrangère. Je ramenais légèrement une jambe en arrière, la redressant tandis que le parcours de mon talon le conduisit non loin de mes fesses en appui, cherchant à m’en servir comme soutien pour me redresser un minimum, et soulager davantage mes mains liées, marquant ainsi mon inconfort persistant. Je basculais la tête en arrière, mon crâne reposant contre le mur en s’y frottant quelques peu, clignant à plusieurs reprises des yeux avant de parcourir encore une fois ma geôle et mon geôlier du regard.

J’eu moins de mal cette fois-ci à remettre mes idées en place, les nœuds de mon esprit partiellement défaits alors que je fixais à nouveau mon regard sur cette barre céréalière qui trônait lamentablement au sol, me projetant brutalement sur le chemin de la raison, sur la voix et le contact chaleureux de Jena, jusqu’à la froideur de son regard qui m’avait laissé en plan ici-même. Je restais figé à ces souvenirs qui me revenaient en un bref instant, puis, finalement, je retrouvis ce nom qui s’imposa à moi et s’expira dans un nouveau souffle entre mes lèvres à peine ouverte.

« James. »

Mes lèvres se pincèrent ensuite sur l’extrémité de ma langue qui s’articula à droite, puis à gauche et qui cherchait à nouveau à dessécher ces cloisons serrées avant de se replier au passage d’un nouveau souffle, expirant largement tout le contenu d’une grande et large inspiration, en une posture presque lasse.

« J’ai merdé… pas vrai ? » Laissais-je cette rhétorique être entendue d’une voix égale, prononcée sur intonation de la fatalité et des regrets, plus amère que jamais.

J’avais merdé ouais. Sur beaucoup de niveau. J’avais merdé à garder Kateryn en vie, à protéger Amber envers et contre tout, à assurer ma propre survie. J’avais merdé à protéger Jena, à tous mes devoirs. Je sentais le couperet de chacune de mes putains de décision qui m’avait mené jusqu’ici sans parvenir à comprendre pourquoi ça avait tant merdé.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Cache 91/100
Casier du Perchoir
FR-F2 10C 7,62 (15)
Desert Eagle 9C .44 (3)
Couteau de combat (2)
Redhead Toxik Flec. (9)
Masse (14)
Flèches (6)
Viper Batleskin (8)
Talkie Militaire (2)
Lampe dynamo (2)
Grand sac (12)
Gilet tactique (12)
Holster (2)
Pointeur laser (1)
Silencieux MC (1)
7,62 mm (2)

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1183/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (83/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1091/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Mer 18 Déc - 23:28
Face à Kyle, James restait relativement stoïque et son regard était de marbre, mais son esprit se questionnait. Le blondinet semblait en même temps ici et ailleurs, il paraissait pris par un tiraillement qui le faisait passer d'une dimension à l'autre d'un instant au suivant, deux espaces si proches et pourtant isolés entre lesquels son esprit se faisait ballotter avec une absence de répit proprement sadique. C'est sans doute comme ça qu'il décrirait ce qu'il pensait voir, cela étant dit c'était une théorie sans doute fumeuse puisqu'en réalité il n'avait aucune idée d'à quel point Kyle pouvait être lucide, ou déphasé. Il scrutait pourtant son visage, l'attention qu'il portait à son poing fermé lui laissait soupçonner qui il était bel et bien présent et à coté de ça, ses clignements d'yeux qui allaient se balader dans toute la pièce comme s'il la découvrait ou la redécouvrait épaississait le brouillard d'incertitude.

Les mouvements précédents de l'ex-militaire pour se redresser finirent par inciter James à lorgner à nouveau sur les liens qui le faisaient encore saigner de toute évidence, cependant il resta là, assis à reporter son attention pour l'observer s'attarder sur cette barre céréalière, là encore très fixement et d'un silence qui ne cachait rien des pensées plus pessimistes que pragmatiques qui se succédaient dans sa tête à lui. Il n'avait pas besoin de jouer quelconque comédie, Kyle n'avait peut-être aucune conscience de qu'il était ou même de sa présence. C'est à ce moment-là qu'un soupir échappa pour prononcer le nom de James et ce dernier cligna doucement des yeux à l'entente de celui-ci, avant d'inspirer longuement - une fois n'est pas coutume - et porter sa dextre à son bas visage pour accrocher sa barbe qu'il s'éternisa à frotter.

Il eut un souffle presque incontrôlé qui se faufila par ses narines, soufflant une sorte d'ironie amère, après les derniers mots de Kyle. Ses ongles continuèrent de gratter sa pilosité dans une sonorité rêche qui parvenait à son vis à vis, de quoi deviner qu'il n'avait pas eu le confort d'entretenir sa barbe et la nettoyer régulièrement, si tant est que ce soit une problématique qui lui ai même traversé l'esprit ces dernières semaines. Néanmoins il ne répondit pas tout de suite, laissant son mutisme suspendre l'ouïe collective au seul son de ce frottement qu'il finit par interrompre après de longs instants pour lever sensiblement la main, d'un geste désabusé, puis la laisser frapper sa cuisse où elle put reprendre un frottement un peu plus ferme.

« Si je disais oui... » Commençait en expirant James, sa gravité se nimbant du même ton amer et gras qui rendait l'échange harmonieusement dépité. « Ce serait considérer que c'est ta faute et que tu as fait ce que tu as fait en pleine conscience, ce qui serait injuste. Et si je disais non, ce serait à l'inverse considérer que tu es absolument irresponsable de tes actes et que tu es une victime sans défense, de toi-même, et ce serait se foutre de la gueule du monde. »

Il se racla la gorge un peu plus longuement, demeurée sèche de tout verre d'eau depuis plusieurs heures maintenant et inclina le regard sur le carrelage d'un air pensif. Il cessa par ailleurs son geste de main et fit rouler ses épaules dans un soupir un tantinet soulagé par les quelques craquements qu'il sentit jusqu'au centre de son dos courbaturé par toutes ces tensions accumulées.

« T'as merdé. » Reprit-il en relevant ses yeux au bleuté clair sur le blondinet aux avant-bras rouges de sang. « J'ai merdé aussi. On est pas complètement fautifs de nos capotages mais un fiasco reste un fiasco et j'ai envie de te dire... j'en ai rien à foutre. Tout ce qui m'intéresse, c'est de savoir si t'es capable de te reprendre pour que je puisse compter à nouveau sur le seul des deux autres mâles de ce groupe que je fréquente depuis un minimum de temps, assez pour lui avoir fait confiance jusqu'ici, ou si tu vas devenir une menace pour les femelles de ce même groupe, ou du moins celles qui sont encore présentes. »

James avait pleinement conscience du caractère étrange et mystérieux de sa dernière phrase et il l'avait volontairement glissé là pour scruter une réaction de Kyle et pouvoir mieux jauger sa lucidité. A défaut d'avoir les compétences pour cerner sa psychologie, il lui restait la bonne vieille méthode de la secouer de plus en plus fort pour pouvoir constater jusqu'où le gaillard était cassé de l'intérieur, ou à l'inverse jusqu'où il n'avait pas été fissuré.

« Si tu es conscient de ce qu'il se passe ici, dans cette réalité, ce que je viens de dire ne te surprendra sans doute pas tant c'est banal. Alors... es-tu surpris Kyle ? »
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FN FNC 30C 5.56
Dague de chasse
Poings américains
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 5.56
Tête : -
Torse : Harnais
Talkie-Walkie
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : YZF-R1 3/4
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 59/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Bouclier balistique (25)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1139/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba100/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Ven 20 Déc - 15:55
J’essayais de trouver la force de soulager les blessures à mes poignets en gonflant davantage les efforts que je fournissais sur mes muscles pour se faire, laissant une grimace se graver sur mes traits et persister avec le temps. Je sentais l’épuisement et la douleur commencer a vraiment peser sur ma patience, durcissant le regard que j’adressais à James tandis qu’il me répondait. C’était clairement également associé aux mots que j’entendais et dont je ne comprenais pas l’intention. Je restais obstinément fixé sur l’océan de ses yeux en ignorant volontairement le grattement qu’il exerçait sur sa jambe de sa main pour essayer de ne pas en être agacé, quand bien même mon attention fut pleinement focalisé sur sa voix, et le sens de ses phrases. Mes sourcils se froncèrent de plus en plus gravement, les lèvres entrouvertes et les dents serrées de ce que tout ceci provoquait en moi.

« Femelles ? » Laissais-je siffler entre mes dents toujours maintenues contractées sur un ton assez bas et murmuré avec presque cette caractéristique d'indignation à l’emploi de ce terme pour qualifier les femmes de ce groupe.

Mais quand bien même je ne comprenais pas cette désignation qui sonnait presque faux entre les lèvres de cet homme que je pensais commencer à connaitre, ce ne fut pas ce qui m’interloqua le plus. Je forçais sur ma posture pour me pencher vers l’avant, dans sa direction tandis que mes bras se soumettaient à une nouvelle douleur brûlante sur mes plaies apparentes aux poignets, ou de mes muscles qui protestaient de cette nouvelle tension que je leur infligeais, à eux qui n’avait eu aucun répit depuis longtemps.

« Je n’ai jamais eu d’intention de leur faire du mal. » Articulais-je en séparant bien nettement chaque mot pour en appuyer de leur importance et qu’aucun ne soit alors mal compris. « Jamais. Je sais pas ce qui te fais croire que je pourrais seulement vouloir les blesser. »

Je laissais mon torse se gonfler sous les grandes inspirations que je prenais, laissant échapper, sans volonté autre que l’expression de ces efforts et ces afflictions supplémentaires que je m’infligeais dans le seul but de bien me faire entendre de mon interlocuteur, un long grondement qui résonna encore au plus profond de la cage thoracique. Je secouais finalement la tête, basculant le dos vers l’arrière pour retrouver la présence du mur et réajuster encore ma position en une nouvelle grimace qui plissa mes yeux, mes joues, mes lèvres. Je levais mon regard sur mes liens eux-mêmes tachés de rouge, tentant d’agiter mes doigts sans y parvenir de volonté. J’avais aucune foutue idée de ce dont il me parlait. De conscience, de banalité. Et je commençais à me demander si nous étions vraiment sur la même longueur d’onde.

Je m’humectais une énième fois les lèvres toujours aussi desséchées malgré ces gestes répétés, frottant à mon tour avec insistance sur la blessure qui marquait le coin de celle inférieur barrée d’une légère blessure. Je descendais au même instant mon regard sur James, finissant par siffler d’une légère inspiration, la mâchoire de nouveau serrée.

« J’ai défoncé ces enflures, un par un. Et j’ai eu aucune hésitation à le faire, j’en ai pas plus de remord, de regret ou aucune autre putain de connerie de ce genre maintenant. Et je le referais. Encore, et encore s’il le fallait. Jusqu’à ce que j’en crève. Personne… »

Je me rétractais à la finalité de ma phrase, me faisait pleinement reprendre conscience de ces mots. Personne ne leur ferait de mal ? Non. Jena savait que ce n’était pas une promesse qui pourrait être tenue. Mais mon courroux vengeur, lui, serait inexpugnable. Je décalais mon regard sur le pan de la porte dont la vision m’était encore accessible malgré la présence de James dans le champ de vision. Pas d’écriture sanglante, pas de morceau arraché ou délabré. Pas plus qu’il y avait de cadavre au sol. Mais je sentais que cet obstacle qu’il faisait entre moi et cette porte censée abriter ma fille n’était pas un inédit. Il y avait un écho qui retentissait à nouveau dans les mots qu’il avait juste avant prononcé. J'avais vraiment du mal à le suivre. Est-ce que l'aveu de ce fait me condamnait à ce qu'il affirmait comme une inconscience de ce qu'il se passait, comme si j'étais juste fou ? J'étais pris dans un engrenage qui m'enfonçait de plus en plus dans l'incompréhension.

« Putain... . J'ai essayé de te cogner... .» Balançais-je finalement en retrouvant le contact oculaire du médecin, détaillant davantage son visage maintenant que cette révélation venait de se faire dans mon esprit.

« Où est-elle ? »

Je m’imaginais un milliard de situation, de possibilité à cette annonce qui me revenait enfin en tête. Un milliard de scénarios, et chacun d’eux me brisait le cœur avec une intensité telle que j’en sentais plus de colère encore. Je finissais par demander alors ce qui m'apparaissait comme le nœud du problème.

« Qu'est-ce que j'ai fais...? »
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Cache 91/100
Casier du Perchoir
FR-F2 10C 7,62 (15)
Desert Eagle 9C .44 (3)
Couteau de combat (2)
Redhead Toxik Flec. (9)
Masse (14)
Flèches (6)
Viper Batleskin (8)
Talkie Militaire (2)
Lampe dynamo (2)
Grand sac (12)
Gilet tactique (12)
Holster (2)
Pointeur laser (1)
Silencieux MC (1)
7,62 mm (2)

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1183/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (83/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1091/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Jeu 5 Mar - 10:47
Dès le premier mot de Kyle qui venait répéter le terme qu'il avait lui-même employé, ce sifflement qui l'accompagnait et son ton palpable du reproche sous-entendu, cela fit contracter la mâchoire de James qui fixait le blondinet loin d'être angélique à présent, de ses yeux si clairs et si brûlants de ces sentiments tuent à l'expression du monde extérieur mais bouillonnant dans son fort intérieur, comme la conséquence du désespoir insupportable qui l'avait longuement traversé ces dernières heures avec toujours plus d'intensité.

Comme si... à un moment donné, plus que de s'être débarrassé de son propre petit ange au profit de la présence indescriptible à son épaule gauche, il avait cédé une part de lui à la colère qui l'avait toujours poursuivi avec tellement de hargne et à chaque instant depuis son retour à la vie. Mais quelque chose de plus crucial avait changé : cette colère qu'il avait toujours dirigé contre lui-même jusqu'à le pousser à envisager sa mort et se vouloir du mal, aujourd'hui, avait le malheur de détourner le regard pour ne plus lui faire face ; elle s'était mise dos à lui et face à d'autres.

Les gestes de Kyle, ses mots qu'il infligeait à la suite, articulés nettement de façon si irritable, si énervante fit joindre à la contraction de ses muscles buccaux, la contraction de ceux de sa main libre dont il pressa le poing frôlant son genou, la lueur de son regard s'éclaircissant un peu plus encore s'il était possible et nécessaire. C'est pourtant un léger souffle du nez qui se succéda, déformant ses lèvres d'un faible sourire en coin très étrange et amer à souhait après que Kyle ai grondé tel l'indigné qu'il voulait sans doute paraître, un jeu auquel James ne se laissait pas tromper.

Il n'avait pas cligné des yeux une seule fois depuis sa dernière question, malgré les secondes défilant, il ne lâchait pas l'ex-militaire même quand celui-ci faisait échapper le sien et revenait interagir avec le mur de son arrière-crâne, ou s'intéressait à ses liens. La respiration de James, qui demeurait lente et progressive, s'était sensiblement renforcée, en témoignait son torse qui se bombait davantage sous son gris tee-shirt.

Mais finalement il finit par céder à la tension torturée de ses paupières qu'il referma à l'écoute de Kyle, n'intervenant toujours pas lui-même, le laissant aller et venir dans ses pensées et rajouter ses déclarations vindicatives qui n'avaient aucun effet rassurant pour le chirurgien devenu davantage soldat dans son essence bagarreuse, faute d'avoir pu privilégier de démontrer des talents à sauver et soulager des vies. Les événements l'avaient contraint à reconstruire un savoir-être agressif plutôt qu'un savoir-faire préservateur et tout ce qu'il retenait des derniers mois, c'était la souffrance de ses amis et de sa compagne, les sévices que l'on avait voulu leur infliger ou qu'on leur avait infligé, la brutalité dont il avait usé de façon acharnée sur cet homme dans l'avion. Le visage de cette femme qu'il avait déchiqueté à coup de fusil à pompe, au milieu de la débâcle de Jefferson. L'éclat lumineux de son arme lorsqu'il avait pressé la détente à l'arrière du crâne de ce gosse qu'il avait assassiné, en espérant que se salir les mains limiterait de lourdes conséquences pour les siens, en vain.

Chaque meurtre, car il y en avait eu d'autres, chaque moment où il avait cédé à la violence, à l'appel de la mort, tout cela n'avait pas tellement limité le carnage. Aussi bien pour le camp Jefferson, que pour le camp Hope, et pour ceux de son camp maintenant, comme l'escalade d'une animalité qui n'engendrait que davantage de cruauté. Et à entendre Kyle, à voir son état, les réflexions qui lui venaient à l'esprit allaient dans un sens qui le répugnait profondément, mais dont il se sentait forcé d'y abdiquer, privé d'une liberté fondamentale : celle de choisir de ne pas tuer, de ne pas céder à cette spirale de haine sans autre fin que la leur.

L'extrémité de sa langue vint balayer les pores abîmés de ses lèvres, tandis que son poing se relâchait pour reposer sa main sur son genou qu'il étreignait. Sa dextre, elle, se substituait lentement de son appui pour se faufiler partiellement dans sa poche, déployant ses doigts pour glisser dans celle-ci - compressée par sa posture et le jean qu'il portait - la capsule qu'il avait maintenu hors du regard de Kyle depuis qu'il était entré. Le temps de ses gestes, un long silence s'installait et ses yeux à nouveau grands ouverts avaient repris leur incisive fixation.

« Je vais te dire, toi et moi, on est pas si différents. » Avait-il commencé à entendre de sa grave sonorité qui se solidifiait de par la passable lenteur de son articulation et la faible intensité de sa voix. « Je n'ai jamais eu d'enfant c'est vrai. Je n'ai jamais essayé d'en avoir. Quand j'étais médecin dans la trente deuxième division, je m'étais donné pour règle d'éviter les relations sérieuses, parce que je ne voulais pas affirmer un couple, voire fonder une famille que je ne serais pas capable d'assumer. Parce qu'avec ou sans mariage, fonder une famille ce n'est pas se mettre la corde au cou, c'est faire ce pourquoi nous sommes venus au monde comme disait mon regretté paternel. Ensuite... un obus a pratiquement réduit mon bras en bouillie. »

D'une inspiration sèche des narines, il s'interrompit un instant et posa le regard sur son bras droit dont il tournait la main paume vers le ciel, avant de la reposer sur son genou, reportant son attention au blondinet.

« Alors quand je suis sorti de l'hôpital des mois plus tard, je n'avais plus rien, j'étais seul, avec pour unique objectif de vie de ne pas rater mes rendez-vous hebdomadaires pour ma rééducation. Puis quand cet objectif a été accompli, je n'avais même plus de but. Je t'épargne la période de dépression et la loque inintéressante que j'étais, avant et après, mais quelque part au milieu je suis devenu policier, l'ironie. Ma dernière affaire a été Jessica, une gamine enlevée que j'ai fini par retrouver séquestrée et droguée. »

Il prit une longue inspiration et redressa le regard vers la fenêtre à sa gauche, sa senestre se redressant pour venir passer l'index à l'entrée de sa cavité nasale qu'il grattait un instant avant de frotter le pouce dessus, pour finalement relâcher son geste.

« Je n'ai jamais eu d'enfant mais quand j'ai vu cette petite, l'état dans lequel elle était, je crois que je l'ai ressenti. Ce que cela pouvait faire d'être père, de se mettre à la place d'un homme qui trouverait sa fille là. Ce que j'ai ressenti aussi, c'est la haine, l'indignation et la rage, de voir ce qu'un être humain était capable... d'infliger si gratuitement à cette petite qui n'avait rien demandé. Je l'ai amené le plus vite possible à l'hôpital alors qu'elle était mourrante, j'ai pris des risques inconsidérés qui auraient pu nous coûter la vie à tous les deux et pendant ces trois jours où elle fut entre la vie et la mort, je n'ai pensé qu'à ça et j'ai ressenti cette fois la peur dévorante, de perdre cette enfant qui n'était même pas la mienne. »

Il cligna des yeux et d'un redressement du buste, étira sa tête sur son coté pour faire craquer ses cervicales, expirant d'un souffle audible et maniéré, avant de revenir à Kyle. Ses yeux s'inclinèrent de bas en haut sur sa silhouette, sa narine gauche et son coin de lèvre du même coté se tordant légèrement d'une moue acerbe qui à son écoute, pouvait être adressée à ces souvenirs qu'il ravivait dans ce moment d'intimité avec l'ex-militaire qu'il l'avait été également. Mais peut-être cette amertume lui était-elle également adressée ?

« Cette fillette, Jessica, j'ai réussi à la sauver grâce au ciel si tant est qu'il y ai le moindre sens à cette idée, mais j'ai stoppé ma carrière à la suite. Je ne pouvais pas supporter l'idée qu'à l'affaire suivante de ce genre, je n'ai pas autant de chance et que je perde l'enfant. Ce dont je suis sûr, c'est que ce petit ange ne m'a pas oublié et elle m'a sauvé à son tour, de mes propres démons, alors que j'étais sur le point de leur céder après ce second projet d'existence avorté. Rien ne l'y avait obligé, après tout je n'avais fait que mon travail, mais elle ne m'a pas abandonné.

Et il y a eu la fin du monde. Pour moi elle était comme ma fille, bien sûr, la première chose que j'ai faite c'est d'aller la trouver pour veiller sur elle et je m'y suis employé, de toutes mes forces, malgré toutes les horreurs, tous ces massacres, quand le monde tout entier s'écroulait autour de nous. J'avais tellement de colère, de savoir qu'elle n'aurait sans doute pas d'avenir, parce que ce fumier de dieu avait décidé de tout foutre en l'air maintenant. Je me suis battu, que ses défunts parents et les miens m'en soient témoins, j'ai fait tout ce que je pouvais, mais ça ne pouvait pas suffire. Non, ça ne pouvait pas. »


Au fur et à mesure de ses paroles, son ton se durcissait et sa voix s'accélérait, muant ces souvenirs de leurs convictions perdues qu'il ressuscitait l'espace d'une minute. Il s'avança en décollant son dos du siège pour venir aviser Kyle, s'appuyant davantage sur son siège pour se voûter en fixant son vis à vis d'une grimace toujours plus étirée, sombre et palpable de sa fureur qui elle, gagnait à bouillonner en lui.

« Elle a été... salement blessée. » Avait-il manqué d'interrompre, son regard se défilant momentanément vers le sol à ces mots. « Elle devait être opérée et j'étais le seul à pouvoir le faire mais je n'avais pas le matériel. Aucun pouvoir de guérison. Je l'ai regardé dans les yeux, je lui ai juré de revenir avec ce qu'il fallait et je suis parti, j'ai cherché avec acharnement dans cette course contre la montre et j'ai réussi à trouver le nécessaire ; c'est à peine si j'y ai cru sur le moment. J'ai vraiment pensé que c'était un signe, celui que les choses allaient s'arranger, mais je ne suis jamais revenu la soigner. »

Sur ces derniers mots, sa grimace acerbe se plissait d'une moue non moins amère mais bien plus triste que vindicative, son nez se plissant d'un désir tremblant de relâcher la tension. Mais il ne pouvait pas se le permettre à cet instant, il s'était suffisamment lâché pour un seul jour.

« Je sais qu'elle est morte. J'étais trop loin, il n'y avait pas d'autre médecin et elle était tel... »

Il trancha son dernier mot et clôtura ses lèvres pour pouvoir dissimuler la pression de ses dents les unes contre les autres, avant de se redresser de son appui pour revenir s'adosser en fermant les yeux une fois de plus, basculant sa tête vers l'arrière pour essayer d'évacuer au moins partiellement cette colère. Cela avait ne serait-ce que le mérite de calmer la sévérité de sa voix afin qu'il puisse reprendre d'un ton plus calme.

« Toi et moi on est pas si différents, mais on l'est quand même. Je n'ai sans doute pas morflé autant que toi pour que tu en sois là aujourd'hui. Je ne sais pas vraiment ce qui se cache derrière les souvenirs de ta fille et de ta femme, ce que ça implique. Je crois que je peux le comprendre.

Seulement... ça ne change pas grand chose à ce qu'il s'est passé et à ce que tu as fait, parce que ça n'excuse pas ce que tu es. J'aurais dû m'en rendre compte quand je t'ai vu massacrer ce type dans cette pièce délabrée : un fléau ingérable qui risque de se retourner contre nous et nous détruire, avant que Soulstrange ou d'autres types dans son genre ne le fassent. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FN FNC 30C 5.56
Dague de chasse
Poings américains
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 5.56
Tête : -
Torse : Harnais
Talkie-Walkie
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : YZF-R1 3/4
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 59/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Bouclier balistique (25)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1139/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba100/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Ven 6 Mar - 0:32
Un long, très long souffle s'extirpa de mes lèvres toujours aussi douloureuses, frottant à nouveau cette blessure qui ne parvenait à cicatriser seule par le passage répété de la pointe de ma langue, attisant le goût de ferraille et de métal à l'effleurement de ma peau. Je suivais du regard, dans ce silence qu'il imposait, le mouvement de sa main maintenue close pour se loger dans la poche de son pantalon, mettant un point final à l'intérêt que je lui avais un instant avant porté. Je sentais mes muscles au bord de l'implosion, brûlant chaque morceau de chaire par la tension que j’exerçais aussi volontairement qu'involontairement sur eux. Je retenais toutes les pulsions et envies qui ravageaient mon esprit et dont je parvenais, avec un incroyable pragmatisme, à maintenir confiné.

Je n'avais pas trouvé la meilleure des solutions pour autant, laissant ma tête aller et venir en arrière, continuellement, cognant contre la paroi douloureusement par de petits assauts répétés. Comme si la douleur de mes entraves n'étaient pas suffisantes, je m'infligeais délibérément une autre souffrance, ce qui me déchargeait partiellement de cette frustration, cette impuissance qui me condamnait au strict minimum.

Je finis par fixer à nouveau mon regard dans celui de mon vis à vis, que mon instinct revendiquait de confiance, mais que la situation et l'échange commençaient à engendrer une certaine rancœur, un certain mépris. Je perdis brièvement mes pupilles, à la clarté éteinte, sur les barres céréalières toujours enrobées dans leur emballages narguant les bienfaits et l'appétence de ce qu'ils contenaient et soulignant silencieusement le poids du jugement qui s'était apposé à leur présence. Le regard de Jena se superposa à celui que James m'adressait en l'instant, y trouvant une similitude dans la lueur qu'ils me renvoyaient, et écho à des souvenirs bien plus lointain. Je sentais un torrent d'effroi me saisir brusquement, la sueur d'une fièvre presque délirante marquant mon front et fendant les plissures de ma peau pour se perdre sur les racines de ma barbe naissante. J'avais cessé tout mouvement, relâchant la tension de mon corps qui trouva une posture des plus avachies tandis que le seul acte que je pouvais désormais générer était le réflexe d'instinct à la capture d'un air qui m’oppressait de plus en plus.

Je me perdais dans les méandres de mes propres souvenirs tandis qu'il évoquait son passé, comme si quelques détails à peine parvenait à donner écho à mon propre récit, ravivant tout autant de douleur par les faits que de déchirements par le constat de leur perte. Je serrais les dents, une contraction qui provoquait quelques mouvements de mâchoire flagrant sur la surface de mes joues. Un parcours presque similaire et pourtant nappé de différence. J'avais acquis ce qu'il n'avait jamais pu avoir et perdu tout cet espoir en une seule et horrible journée. Je me sentais lui tandis qu'il parlait en redessinant par dessus les courbes de son passé, la marque de mes fantômes.

Je sursautais alors brusquement, du moins par le mouvement de retrait rapide que j'avais exercé sur mes jambes quand je vis quelques chose ramper sur le sol et s'étendre en une auréole carmine. Le sang ruisselait sur le carrelage en une couche si épaisse et battant de plusieurs ondulations semblable à la pulsation d'un coeur qui en rythmait son mouvement. Il perlait, réminiscence fantasmagorique au détour du labyrinthe de mon esprit, en des gouttes poisseuses. Mes yeux, effrayés, remontaient l'étendu de cette apparition avec l'appréhension nette d'en deviner l'origine. Elle se tenait là, debout au milieu de cet océan rougeoyant, les pieds nus, le flux vital fuyant de son abdomen. Il couvrait ses fins orteils, nimbant sa peau si pâle, remontant le long du galbe de ses jambes, si longues et fines, à peine voilées par le tissu de cette petite robe d'été autrefois d'un vert prairie. Un tissu désormais déchiré, morcelé, souillé. Ses longs cheveux blonds étaient couvert de la même substance écarlate, tandis qu'elle élevait un index osseux et accusateur dans ma direction. Ses lèvres décharnées s'articulaient, la résonance de sa voix me vrillant les oreilles.

« Dis-lui. » Gronda-t-elle d'un ton aussi tranchant que l'évidence qui se cachait sous cette demande me déchira les entrailles. « Dis-lui la vérité. »

Je me détournais d'elle avec un dégoût palpable, fermant les yeux avec force en espérant que l'obscurité entraîne sa retraite. Je savais pourtant, au fond de moi, que mon âme restait et resterait piégé, éternellement piégé, dans l'étau acéré de sa souffrance pernicieuse. Je ne pouvais l'affronter, je n'avais toujours pas trouvé le courage de lui faire face. Alors, je redonnais à l'homme devant moi, toute mon attention, m'y concentrant assez pour retrouver un semblant d’aplomb dans le timbre de ma voix qui se faisait aussi las que grave.

« Il ne se passe pas une seule seconde, pas un seul instant sans que je ne pense à elles. On espère pouvoir faire de son mieux, on donne tout ce qu'on peut, on se sent prêt à sacrifier nos vies. Mais ce n'est jamais suffisant, jamais assez, jamais ce qu'il faut. J'ai fais des erreurs tout en passant ma vie à combattre l'injustice. J'ai tué pour mon pays, tué pour m... »

« Dis-lui ! » Hurla t-elle a nouveau, me poussant à interrompre mes mots dans un silence brutal qui arracha une grimace à mes traits, plissant les paupières, encore, pour les fermer brièvement, inspirant longuement pour appuyer l'ignorance que j'accordais à sa présence qui me hantait.

« J'ai tué pour ma famille. Tué pour ceux que j'aimais. Kaitlyn et tous ces types. J'suis pas un putain de héro, j'accomplis seulement ce pourquoi je suis fais. Alors qu'importe ce que tu ai vu, aussi loin qu'ai été mes coups, aussi loin qu'ai été ma rage. »

Je sentais ces souvenirs surgir à ma mémoire, et à nouveau mes mains vibraient sous l'impulsion de mes coups tandis que je frappais dans ce visage déjà tuméfié. Il s'écrasait peu à peu, se déformait, arrachant sa peau sous les impacts vrillant de l'ossature de mes doigts, marquant d'hémoglobine chaque fois que je reproduisais le geste. Mes larmes rejoignaient la fureur de ma rage sans parvenir à l'apaiser, sans parvenir à éteindre le feu du brasier qui me submergeait. J'aurais pu me noyer dans cette mare de sang qui grandissait à mesure que mon existence subsistait. Étais-je ce fléau qu'il décrivait ?

« Ces fils de putain n'ont pas eu tout ce qu'ils méritaient. Ils m'ont pris tout ce que j'avais. Ma famille. Mes espoirs. Ils ont cru qu'ils pourraient me briser, ils ont cru l'avoir fait. Mais je les ai massacré, un par un. Je ne pouvais pas les épargner. Pas après ça. Je sais que... je n'aurais pas du m'en prendre à toi. Je voulais voir ma fille... » Je grimaçais à nouveau, le temps d'une inspiration, remettant en ordre un esprit morcelé. « Parce que c'était la seule que j'ai réussis à sauver. Jusqu'à mon dernier souffle. Et je sais... qu'elle est sans doute plus de ce monde aujourd'hui, malgré tous mes espoirs. Mais ça ne change rien, je continuerais à me battre. Aussi longtemps qu'il faudra, tant qu'il y aura des enculés pour s'en prendre à ceux que j'aime.  »

Je prenais une nouvelle pleine inspiration, continuant de fixer James. Et si mon regard avait peu avant vrillé, s'il s'était terni d'un voile salé, il ne pu que se renforcer sur la conviction que je connais à mes mots.

« Ce qui ne te laisse que peu d'alternative. Si je suis tel que tu le dis. Un danger, pour toi, pour vous. Un danger pour elle. Laisse moi partir. J'irais aussi loin qu'il faudra si c'est pour vous préserver. Parce que jamais tu n'auras de moi, mes remords ou mes regrets. Préserve les tiens. Préserve les aussi longtemps et par tous les moyens qu'il t'est possible. Parce que, c'est tout ce qui compte. »
« Menteur. Tu m’as trahis. Tu m’as tué. Tu as mon sang sur tes mains et bientôt tu auras le siens. Parce que c'est tout ce que tu es. Un fléau pour les tiens. »
« Alors tue-moi. Tue-moi. »
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Cache 91/100
Casier du Perchoir
FR-F2 10C 7,62 (15)
Desert Eagle 9C .44 (3)
Couteau de combat (2)
Redhead Toxik Flec. (9)
Masse (14)
Flèches (6)
Viper Batleskin (8)
Talkie Militaire (2)
Lampe dynamo (2)
Grand sac (12)
Gilet tactique (12)
Holster (2)
Pointeur laser (1)
Silencieux MC (1)
7,62 mm (2)

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1183/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (83/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1091/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Lun 9 Mar - 23:02
James avait lentement rabattu son regard pour aviser Kyle lorsqu'il consentit à prendre la parole à son tour, pour rebondir sur son propre discours, une façon de lui répondre qui ne lui déplaisait guère. Du moins aux premiers mots, car c'était bien la suite qui fit plisser lèvres et paupières au boxeur, et ce dès lors qu'il avait utilisé le terme qui ruinait tout espoir aussi faible soit-il de tirer quelque chose de lui : qu'importe. Il haïssait entendre ce terme, qui se voulait balayer toute pensée, toute raison et surtout toute émotion, par sa simple expression presque christique tant il donnait l'impression d'éradiquer tout ce qui ne convenait pas et même ce qui pouvait convenir, qu'il s'agisse de quelques mots ou d'une longue tirade pleine de confidences comme James venait de le faire.

C'est ainsi qu'il le ressentit : Kyle avait fait mine de donner écho à ses pensées, il avait fait étinceler quelques instants la croyance qu'ils n'étaient effectivement pas si différents, avant de lui rappeler qu'ils n'étaient pas grand chose l'un envers l'autre en réalité, avec ce simple terme d'une médisance cruelle. Il conserva ses mains tenues à ses genoux et expira un long souffle des narines, le laissant poursuivre sans plus se concentrer particulièrement sur le choix de ses mots, puisqu'il se focalisait à présent sur son attitude, ses gestes et son regard qui vint le fixer par la suite, tellement révélateurs de ce que James perçut comme une fierté enragée d'une suffisance pratiquement sans limite.

A l'instant même où il entendit comme solution de le laisser partir, il comprit - de sa propre perception - qu'il ne pouvait vraiment rien en attendre, ni rien en obtenir, le gouffre était trop grand entre eux et l'idée même de bâtir un pont qui offrirait une bribe, même illusoire, d'espoir de réconciliation et de compréhension se brisait comme du petit bois. C'était très cynique, probablement expéditif, mais il n'avait plus la force ou la volonté de chercher la mesure ou de faire preuve de travail de soi pour creuser le sable en s'assurant que quelque part, à force de creuser, il finirait par tomber sur une structure de pierre enfouie prouvant qu'il ne s'était pas acharné pour rien. Non, il préférait laisser libre cours à ses pensées immédiates, renonçant à les museler pour se donner le rôle absurde de parangon de l'optimisme qu'il n'a jamais été.

« Bon sang Kyle... » Entamait-il en étirant une faible grimace de la pliure de son oeil droit comme de sa pommette, avec un ton aussi désabusé que son regard, parfumé d'un scepticisme à l'excès. « Tais-toi mon grand. T'as le culot de venir me sortir cette plaidoirie hypocrite ? Maintenant, dans ces conditions ? »

Un souffle des narines échappa, accompagné d'un fond presque ricaneur et essentiellement grave de sa gorge. Loin d'être ironique ou moqueur, mais bien plus blasé et dramatique, son regard échappant à son vis à vis aux yeux gris pour parcourir un instant la pièce qu'il balayait, laissant voir l'extrémité de sa langue venir passer sur sa lèvre inférieure avant que James ne revienne se voûter pour s'appuyer des coudes sur ses genoux. Ses yeux retournèrent aviser Kyle avec la même résignation et ses doigts se croisèrent en profitant de son nouvel appui pour se suspendre.

« Quoi que... tu as sans doute raison. Ils pensaient te briser, ils ont cru le faire et je suis sûr que de là où ils sont te voir attaché à cette canalisation, le crâne en vrac, les bras en sang et face à quelqu'un qui te considérait comme un compagnon d'armes, plutôt qu'à son coté, ils doivent se rendre compte d'à quel point ils ont échoué. » Lançait-il avec une ironie cette fois parfaitement intelligible, qu'il appuyait d'un secouement de la tête.

« J'ai déjà entendu ce genre de discours, sur le front ou au commissariat. Le coup du : je tues pour le bien des miens. Mais la rage, ou le plaisir, quand je voyais leurs regards, quand je les entendais, ça c'est la vérité. Ne viens pas me dire à moi que tu es obligé de faire ce que tu fais, ou que tu ne te considères pas comme un héros parce que tu mens. Tu ne te considères pas comme un chevalier blanc non, le héros caricatural à la Superman qui fait le bien pour le bien, qui ne tue pas et qui veut être un exemple de vertu. Non sans doute pas, parce que tous les deux on sait au fond que tu méprises ce genre de type et que tu ne crois pas un instant que c'est ça le véritable héroïsme.

T'es de ceux pour qui l'héroïsme, c'est de se salir les mains, d'oublier toute morale et d'aller le plus loin possible pour épargner son entourage, persuadé que pour protéger il faut être pire que les méchants de l'histoire, de manière à éviter à ceux que tu aimes de le devenir et même de prendre la moindre décision autant que possible. Un antihéros, un sauveur qui se sacrifie et qui prétend être prêt à mourir à chaque instant, avec la certitude que ce qu'il fait est ce qui doit être fait parce qu'il est convaincu d'être plus sérieux que son alter-ego caricatural, d'être plus intelligent et plus mature mais tu sais quoi Kyle ? Je ne veux pas être comme toi. »


James haussa les épaules, plissant les lèvres vers l'intérieur pour venir les gratter de ses dents, son regard s'inclinant une seconde sur le sol avant de revenir à lui, plus placide qu'au début de sa rétorque.

« Le type de la laverie, j'ai été à ta place, quand tu l'as tabassé. Il avait essayé de tuer Elizabeth, il a failli le faire, alors j'ai commencé à fracasser son visage de toutes mes forces. J'aurais pu aller trop loin, ou aller au bout si tu préfères. Mais j'ai entendu cette voix qui m'a dit : arrête. Arrête James, tu vas tuer un être humain. »

Il avait achevé sa dernière phrase d'une sonorité plus désolée, plus indignée au rappel de ces paroles qui avaient marqué son esprit, ce jour dans cet avion où il avait découvert ce qu'Elizabeth était vraiment pour la première fois. Son visage marquait ce ressentiment avec une grande clarté et ses yeux clairs brillaient, malgré l'apathie apparente qu'il semblait montrer à Kyle, que cela soit une interprétation accusatrice ou une vérité affichée.

« Si tu le tues tu vas te perdre à tout jamais. Voilà ce qu'elle m'a dit. Que je n'étais pas ce genre là, que je n'étais pas fait pour ça. Alors j'ai retenu mes poings. Je regrette de ne pas l'avoir laissé mourir quand je sais ce que ce salopard a fait par la suite, du moins ce qu'il a prétendu. Mais je ne regrette pas d'avoir retenu mon geste devant elle, parce que ce que j'infligeais à cet homme, je l'infligeais aussi à Elizabeth même si je ne le voulais pas. Oh certes, elle a changé de discours depuis, mais je ne suis pas d'accord avec ça.

C'est pas seulement l'idée d'être un champion, ou un exemple, ou de suivre un code d'honneur. Combattre le mal par le mal n'est pas une solution, c'est une soumission. C'est ça ton problème, comme celui d'Ivy. Plus on vous fait souffrir, plus vous devenez vos bourreaux. Et vous faites de belles promesses, pleines de bonne intentions, mais quand il s'agit d'agir, vous ne pensez plus à personne à part vous-même. Pas étonnant que vous ayez fini par coucher ensemble. Je ne sais pas à quel jeu tu joues avec elle, ou avec Jena, mais la question ne se pose plus je suppose. »


Il inclina le regard sensiblement sur le coté pour agripper le regard de Kyle, quand bien même celui-ci n'avait pas cessé de le fixer et avec plus de raison s'il avait cessé de le faire. Ses sourcils se rehaussèrent, cherchant quelque chose dans l'attention de Kyle, dont il avait l'impression qu'elle s'était dissoute chez lui de toute façon, c'est pourquoi il se faisait d'attitude et d'observation tant dépité.

« C'est ça, l'option que tu suggères ? Tu vas partir et nous abandonner comme une bande de chiens pouilleux qui n'ont jamais eu aucune valeur pour toi ? C'est ça le fond Kyle ? Tu vas partir poursuivre ta croisade à tuer tous ceux dont tu jugeras qu'ils l'ont mérité, à te prendre pour un espèce de justicier anti-héroïque mais plus certain de détenir la justice divine que les plus clichés des héros, sans donner la moindre considération aux dégâts collatéraux, jusqu'à ce que t'y reste pour de bon ?

Qu'est-ce que tu fais de cette femme qui est dans ce bâtiment avec nous et qui vient de vivre l'enfer ? Elle t'aime, c'est évident. J'imagine que tu ne lui a rien dit pour Ivy, de toute façon quelle importance ? Tu joues un peu les Don Juan, tu fais quelques belles tournures de phrase tel un héros torturé épris de noblesse, tu baises dans son dos et ensuite, quand ça devient trop difficile ou que l'on pointe du doigt le fait que tu pars en vrille, tu l'abandonnes, tu nous abandonnes tous sur la bas-coté ? Tu vas lui laisser une lettre toi aussi pour te donner bonne conscience avant de filer à l'anglaise ? Comme Ivy vient de le faire. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FN FNC 30C 5.56
Dague de chasse
Poings américains
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 5.56
Tête : -
Torse : Harnais
Talkie-Walkie
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : YZF-R1 3/4
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 59/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Bouclier balistique (25)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1139/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba100/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Jeu 12 Mar - 23:11
Voilà que ce putain de mal de crâne se pointait à nouveau, perçant mes tempes et s'insinuant au plus profond de ma tête jusqu'à traverser de long en large les orbites de mes yeux. J'avais l'impression que la clarté de la lumière du jour m'aveuglait, me contraignant à clore les paupières. Je ne sentais plus rien, ni les liens qui me déchiraient au point d'écorcher davantage ma chaire, sciant presque jusqu'aux premiers os de mes poignets, ni le goût du fer qui avait marqué chacune des fois où j'avais humecté mes lèvres asséchées, craquelées, et fissurées, encore moins l'odeur irascible de transpiration, ma propre sueur, dans laquelle je pataugeais depuis de trop nombreuses heures.

Il ne restait plus de mon éveil, et en unique témoin de ma conscience encore intacte, que le rythme d'un battement, sourd, brute, qui m'apparaissait aussi lointain que proche, frappant la cadence à une allure soutenue mais régulière. A cela s'ajoutait les frottements de l'air qui s'extirpait hors de mes poumons, à travers la courte ouverture que je laissais entre mes lèvres, comme un sifflet, léger et puissant ; le grincement des tuyaux de plomb qui me maintenait captifs aux mouvements dont je les contraignais sur les cordages qui nouaient mes mains ; les perles de sueur qui s'échappait finement par l'extrémité de mon nez, tombant sur le tissu de mon pantalon en un son extrêmement aiguë et solitaire ; mais surtout la voix grave et presque tonitruante d'un James qui m’inondait comme si j'écoutais ces mots depuis le fin fond d'un scaphandrier, ou que je n'étais qu'un poisson combattant qui ressentait chaque vibration hors de son aquarium en résonance avec l'eau dans lequel j'étais immergé.

Je me fis violence pour garder le contrôle de cet ultime repère, m'y accrochant des dernières forces qu'il semblait me rester, percevant chaque pause, chaque souffle à travers ses narines, chaque fond ricaneur et chaque balaie de langue avec une extrême précision. Je les devinais aussi bien que j'aurais pu les voir, raccordant dans mon espace limité l'entièreté de mon environnement. Chaque mot m'atteignait, car chacun trouvait place dans un cosmos logique de mon esprit morcelé, recomposant les passerelles de ma mémoire, une à une, lentement.

Lorsque j'ouvris les yeux à nouveau, tout était revenu d'une clarté incroyable mais, et surtout, je sentais gronder en moi une indicible colère. Même si le phénomène avait eu de quoi surprendre, je restais obstinément captivé par ce que cet homme qui me faisait face avait à en dire, et chacune de ses phrases qu'il lançait comme une lame acérée, ou pire, comme un maillet percutant, blessaient, soit mon orgueil déjà bien mis à mal, soit mon amour propre. Je me sentais jugé de chacun de mes actes et salis dans mes entreprises. Ma gorge ne pu réprimer qu'un premier grondement ,assez sourd, d'un ressentiment parfaitement ciblé.

Je voyais désormais à quel point je pouvais apparaître misérable aux yeux de celui que j'avais voulu apprécier comme mon frère, quand nous avions partagé ces instants amicaux au bord de la route, ou à travers les entraînements multiples dans la salle de sport. Ce même homme à qui j'avais pardonné la colère brutale dont il me jugeait tant, quand il m'avait cogné à l'arrière de ce véhicule - et que j'avais estimé à l'époque à raison par mon erreur de jugement. Je redressais le menton, reprenant un souffle des plus calme, le dévisageant simplement. Exit Katryn, exit les marées de sang, exit mes fantômes. J'étais désormais seul, en face à face, avec James. J'attendais qu'il finisse, chacune de ses putains de phrase, l'entendant dériver sur les relations que j'avais entretenu, comme s'il était seulement concerné par elles. Jena. Ivy...

J'expulsais à mon tour hors de mes narines un souffle sarcastique, plissant mes lèvres meurtries en une moue d'un léger sourire tandis que je perdais mon regard un bref instant vers le plafond, et redescendait captif des pupilles bleues claires qu'il m'adressait en retour. La voix qui s'extirpa hors de ma cage thoracique, en dépit de l'affaiblissement tangible qui me gagnait, apparaissait d'une véritable stabilité.  

« Ne m'accuse pas d'être un danger pour vous un instant, pour m'accuser ensuite de vouloir vous en épargner celui d'après. Je ne sais pas ce que tu attends de moi, et encore moins si mes moindres foutues réponses satisfassent tes besoins, mais cesse, immédiatement, de me juger de la sorte. »

J'inspirais à nouveau, longuement, profitant du passage de l'air nouveau dans les moindres de mes cavités pulmonaires avant d'en expirer le reste, d'un souffle fluide et puissant.

« Tu n'as pas été à ma place, James. Tu ne pourras jamais imaginer, ni même ressentir tout ce que j'ai enduré. Tu veux savoir la vraie différence entre nous deux ? Car crois moi, elle est de taille. Tu peux compter sur celle que tu aimes pour te tirer au plus haut, au plus loin. Ma femme, elle, était sans doute trop occupée à se demander si sa vie en valait encore la peine, après que son corps ai été ravagé par ces fils de putain plusieurs fois et à tour de rôle. Et moi, trop obnubilé par son regard d'une profonde détresse me demandant dans un silence atroce pourquoi je n'étais pas là pour elle, pour l'aider, pourquoi je l'avais abandonné et pourquoi je ne trouvais pas la force de me défaire de cette putain d'humanité qu'elle m'a obligé à regagner, quand ces enculés m'ont forcé à regarder perdre tout ce qui lui restait. Quand ils m'ont forcé, James, à regarder.

Je ne peux que te souhaiter d'être épargné de ce moment où tu comprendra finalement que ton humanité n'était qu'un luxe dont tu ne peux désormais plus te permettre. Que tu finiras par déchaîner cette violence en toi tout en comprenant qu'il est trop tard. Quand tu prendras conscience qu'il ne te reste plus qu'une demi seconde pour réagir en apercevant celle que tu aimes braquer le bout du canon de ton flingue sur le visage de ton propre enfant, parce que son humanité à elle, s'est faite arracher et qu’elle se dise finalement que le moindre mal réside en ce geste désespéré. Une demi seconde où ta propre humanité est alors le cadet de tes soucis. »


J'exultais à nouveau hors de mes lèvres un souffle de plus en plus puissant à ces souvenirs si clair qui m'assaillaient, et dont la rage qui m'avait gagné à cet instant, parcourait à nouveau mes veines. Mais elle n'était pas destiné à cet homme auprès de qui je me confessais. Cette rage qui bouillonnait trouvait sa cible en ma propre personne.

« Il fut un temps où j'étais prêt à accepter d'autres alternatives. Il fut un temps où j'avais encore espoir. Alors oui. Je choisis volontairement d'être ce putain d'anti-héro de merde, toutes les conneries que tu veux, tous les qualificatifs que tu pourras trouver pour définir toute cette merde que tu vois en moi, parce que je veux être le seul à perdre son humanité et ne plus voir les autres se la faire arracher sous mon regard impuissant. Alors ne me fait pas croire que tu peux me comprendre ou ne serait-ce qu'imaginer que tu le peux et que toi, tu seras juste meilleur que moi quand ça arrivera. »

Je retenais désormais les regrets qui se nouait dans ma voix, cherchant à retrouver le fil de mes pensées, tant qu'il était toujours clairs et présent, secouant la tête pour se faire.

« Je n'ai aucun désir de la laisser tomber. Aucun de vous abandonner. Le seul reproche que tu pourrais me formuler c'est d'avoir cru que tu te dressais entre moi et ma fille. J'ai ... putain. J'ai putain de dépassé les limites. Mais crois moi, ce geste, j'aurais été capable de le retenir si Jena me l'avait demandé. Si elle avait été là pour me rappeler qu'il y avait encore quelque chose de bon en moi et que je ne devais pas le perdre à ce moment précis et fatidique. Mais la seule chose qu'elle me rappelle, c'est que j'ai plus rien d'humain. J'suis qu'un putain de dégénéré qui s'est trouvé une possible rédemption en la seule femme qu'il ne pourra jamais atteindre, étreindre et aimer.

Me mépriser. Me haïr. C'est le moindre mal que je peux lui offrir. Je l'aime assez pour ne pas vouloir qu'elle se perde sur moi, avec moi. Parce qu'elle est mon seul espoir. J'ai dû m'éloigner d'elle, pour ne pas avoir à lui mentir. Parce que tu nous avais demandé de garder le secret quand ce Vagabond a tué dans l’œuf la moindre émergence de ce qui aurait pu exister entre elle et moi. Tu voulais conserver ce pouvoir de tout maîtriser quand je perdais le miens par loyauté. Et je me suis laissé débordé. Mais j'vais pas jouer aux cons. J'ai merdé. J'ai grave merdé. Et je n'entrevois aucun pardon possible pour ce que j'ai fais. »


Je reprenais mon souffle. Je crois bien que c'est la première fois de toute ma vie que j’alignais autant de mots à la suite les uns des autres. Pour autant, mon cœur n'en était pas encore soulagé. Mes souvenirs, ma mémoire, mon vécu, avaient été profanés de fausses vérités, et je me devais de rétablir le sens de cet affront.

« Si Elizabeth venait à disparaître, je me demande combien de temps tiendrais tes belles convictions. Combien de temps tu conserverais ton humanité. J'ai pas besoin de me poser trop longtemps la question. Quelques secondes, tout au plus quelques minutes si l'urgence n'est pas là.

Tu ne veux pas être moi, James. Et je ne peux être toi. On ne peut pas tous êtres James. Il te faudra toujours un gars sur qui compter quand des Kaitlyn menaceront les tiens, quand des types chercheront à te les arracher. Quelqu'un sur qui compter quand le moment viendra où toutes les demi secondes du monde deviendront insuffisantes. Et quand ce sera le cas, c'est moi que tu viendras voir, et je serais là.

Je serais là. Si un jour tu venais à tomber et à chuter aussi bas que j'ai pu le faire. Et ma main n'écrasera pas ta face dans ta propre merde. Non, mon frère. Elle sera juste tendue, prête à t'accompagner dans toute notre déraison et notre dés-humanité. Quand l'heure sera venue, je serais là. Mais crois moi, si je te dis que je pris, chaque heure et chaque seconde pour que ça n'arrive jamais. »
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Cache 91/100
Casier du Perchoir
FR-F2 10C 7,62 (15)
Desert Eagle 9C .44 (3)
Couteau de combat (2)
Redhead Toxik Flec. (9)
Masse (14)
Flèches (6)
Viper Batleskin (8)
Talkie Militaire (2)
Lampe dynamo (2)
Grand sac (12)
Gilet tactique (12)
Holster (2)
Pointeur laser (1)
Silencieux MC (1)
7,62 mm (2)

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1183/2000Une seule option - 14/04/35 Videba10  (83/2000)
Etat Mental:
Une seule option - 14/04/35 Debuba1091/100Une seule option - 14/04/35 Videba10  (91/100)
Informations scénaristiques:
James F. Everett

Sam 14 Mar - 0:12
James abaissa les paupières pour clore ses yeux quelques instants, tandis que Kyle libérait ce qui le rongeait au plus profond de lui, en un dramatique témoignage. Le secouer aussi vivement, aussi brutalement, aurait sans doute et à juste titre provoqué l'indignation d'Elizabeth qui ne s'y serait certainement pas prise de cette manière psychologiquement barbare. Mais au dernier instant, quand James fut préparé à un échec et à mettre fin à sa tentative, son air dépité fut gommé par une part cruelle de soulagement, d'être surpris par ce quelque chose qu'il pensait disparue chez Kyle et qui émergeait à nouveau, l'autre part prise de remords et d'accablement à entendre sa vérité.

Cependant, à le refaire il le referait, non pour lui faire du mal mais pour s'assurer qu'il n'ai jamais besoin d'en faire davantage un jour que par la parole, et que Kyle ne soit pas totalement perdu pour leur cause et leur groupe déjà si maigre, car, si le départ d'Ivy avait cassé un pilier de cet édifice fragile, perdre Kyle le ferait s'effondrer pour de bon. Il se pencha quelque peu pour prendre un appui plus ancré de son coude sur sa cuisse droite, sa dextre venant couvrir son bas visage, dissimulant ses lèvres et sa pilosité tandis qu'il posait le regard sur le sol, dans un silence d'église.

Il écoutait chaque mot, chaque souffle, chaque pensée extériorisée qui paraissait l'éprouver avec douleur, peut-être que les lèvres de Kyle œuvraient à reconstituer ce qui s'était morcelé chez lui et en cela, il ne doutait pas que ce devait être affreusement douloureux. C'est pourquoi il ne fit pas le moindre geste, ne le soumettant pas à la pression de son regard au risque de perturber sa confession, ni n'entendit le moindre son tant qu'il ne cessait pas de lui-même de déballer tout ce qu'il avait sur le cœur.

A l'issue, il demeura statufié quelques instants, avant de retirer sa main en prenant une grande inspiration des naseaux. Ses yeux clairs persistèrent à contempler ce carrelage un peu plus longtemps, ses lèvres s'entrouvrant sans briser le silence, se laissant humidifier par l'extrémité de sa langue avant que celle-ci ne disparaisse de toute visibilité, sur le point de s'articuler, mais il se rétracta.

Il y avait tellement de choses qu'il voudrait lui dire, tant de réponses à donner à sa confession, ses accusations et ses réflexions pour le moins constituées des mêmes fautes qu'il venait de reprocher à James, mais ce dernier fut pris d'une certaine lucidité dans l'instant : celle de ne pas réagir à chaud. Que ce soit sa compassion, les mots qui pourraient vouloir reconnecter le lien entre eux ou casser ses rétorques déplacées, mais il ne dit rien. Plutôt que cela, il leva le regard sur Kyle et dressa sa dextre dont l'index vint passer sur le pansement rectangulaire qui couvrait sa peau d'au-dessus de la tempe jusqu'au cuir chevelure, sa compresse rougie par le sang de la vilaine écorchure qu'il devait à une balle tirée cette nuit-là. Une balle qui avait manqué de prendre sa vie brutalement, stupidement, violemment, de l'arracher à cette deuxième chance, à Elizabeth, à ce petit groupe, et qu'il ne devait à aucun des hommes qu'ils avaient affronté mais bel et bien à celui qu'il avait en face de lui.

Quelques instants de silence s'imposèrent à la suite, James plissant les lèvres pour en gratter la pulpe de ses dents, à sa discrétion et en continuant de fixer son vis à vis, puis il prit appui sur ses genoux et se redressa de sa chaise avant de se retourner, contournant cette dernière en donnant dos à Kyle. Il rejoignit ainsi la porte, que son acolyte soit resté silencieux ou qu'il ai fait entendre sa voix en réaction à son départ évident, venant saisir la poignée pour la déverrouiller et l'ouvrir partiellement, lui laissant l'espace pour quitter la pièce sans un dernier coup d'oeil au blondinet.

Il était parti, ainsi, comme il l'avait fait avec Jena, dans un mutisme total qui contrastait avec sa tirade précédente, abandonnant la confrontation et refermant la porte derrière lui pour ensuite longer le couloir qui le menait au bureau. Il sera ainsi passé devant la porte de sa chambre, où il n'entendit rien de particulier et eu seulement le temps d’apercevoir la silhouette de Jena atteindre l’infirmerie où elle s’engouffra, la manquant de très peu. Cela l'arrangeait à dire vrai, il n'avait guère envie de tenir une autre discussion en ce jour de tristesse, pour de multiples raisons qu'aucun mot ne saurait atténuer. Sa marche s'acheva d'un claquement assez discret de cette nouvelle porte qui lui permettrait de s'isoler, enclenchant le verrou l'instant d'après.

Par cet acte, il renonçait à donner ce médicament à Kyle, ou à persister dans sa tentative de rétablir ce qui les séparait, le laissant entre les mains de celles qui avaient opposé leurs voix à ses choix. Il abandonnait, à bien des égards, renonçait à ses décisions et lâchait la bride. Il ne voulait plus parler. Il était lassé de parler. Il était fatigué, tout simplement.
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FN FNC 30C 5.56
Dague de chasse
Poings américains
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 5.56
Tête : -
Torse : Harnais
Talkie-Walkie
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : YZF-R1 3/4
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 59/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Bouclier balistique (25)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)
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