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La voie de la raison - 14/04/35
 :: Safe Zones :: Le Perchoir :: La vie du Camp

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Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba11180/2000La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (180/2000)
Etat Mental:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba1086/100La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (86/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Mar 17 Déc - 22:23
Interprété par Elizabeth Evans et Jena Higgins.


Je prenais mon temps. Longuement. Méticuleusement ; à inventorier nos réserves de nourriture, séparant le périssable à moyen terme du périssable à long terme, isolant le d’ores et déjà dépassé par la date, comme je l’avais été par les évènements. Un détail qui n’était pas sans me ramener aux souvenirs de la semaine précédant notre départ du camp Hope, car c’était là la seule chose que j’avais eu à avaler pour garnir mon estomac. De la nourriture périmée… Et cela me renvoyait plus loin encore. Quand j’évoluais dans un monde où de pleines portions à nous faire saliver d’envie aujourd’hui partaient à la poubelle. Simplement parce que nous étions trop habitués  pour admettre que nous étions chanceux. Trop cyniques peut-être aussi, à vouloir savoir ce qu’on allait bien pouvoir cuisiner comme recette pour briser la routine quotidienne, quand la question qui se posait désormais était de savoir si l’on allait seulement pouvoir se mettre quelque chose sous la dent.

Les mots d’Elizabeth me revenaient, fugaces. La civilisation telle qu’on l’avait connue était tout simplement… ridicule. Tout le temps et l’énergie que nous dépensions à vouloir acquérir toujours plus de biens, d’influence, de reconnaissance, de pouvoir quelque part. Posséder plus que les autres, être apprécié, entendu, suivi sur les réseaux sociaux qui nous dépouillaient de nos liens les plus fondamentaux et réels. Nous ne méritions peut-être pas ce qu’il nous arrivait actuellement, mais nous n’en méritions pas moins de voir nos pendules remises à l’heure, d’un glas aux résonances morbides. Je redéposais le paquet de riz que je tenais en main sur son étagère, avant d’en reporter la nature et la quantité sur le cahier à spirale dont je faisais usage pour mener cet inventaire ; me faisant la réflexion que bien des pensées pouvaient surgir de la simple observation d’un paquet de riz. Je secouais la tête, péniblement, en m’efforçant de les chasser pour focaliser mon attention sur la tâche, découpant les quantités en portions de repas pour estimer tant l’état de nos réserves que le nombre de jours que l’on pouvait tenir à sept ; huit en comptant le lait en poudre de la petite.

Une demie-heure supplémentaire. C’était le temps que je m’étais octroyée pour achever cet inventaire en bonne et due forme, aussi pointilleux et détaillé qu’avaient pu être les rapports de comptabilité et de malversations à verser dans les dossiers de corruption, de trafics, que j’épluchais en compagnie de mon époux, au Ministère ou plus tard encore, à la maison. Une nouvelle bouffée de mélancolie qui me gagna à repenser à ma famille aujourd’hui disparue. Jodie, William et les membres de son unité, Clara et nos échanges autour d’un café, à l’angle d’une rue qui bordait le Ministère. Toutes ces bribes de vie qui n’étaient plus que souvenirs toujours plus vagues, rendus insaisissables par le défilement des jours et des épreuves. Toutes ces bribes de vie qui paraissaient à leur tour de plus en plus ridicules alors que ma situation me crachait au visage une vérité toute bête : tout ce que j’avais entrepris jusqu’à l’avènement de l’apocalypse avait tout bonnement été inutile ; périssant avec ce monde.

Je parvenais finalement au simple constat que l’on pourrait tenir une bonne semaine, une dizaine de jours tout au plus en limitant les portions et sous réserve qu’aucun nouveau ressuscité ne soit guidé jusqu’à notre porte. Autant dire que notre marge de confort restait maigre, et que la volonté de James de se rendre à la ferme du vieux Nelson serait certainement l’occasion de commercer, en espérant que le fermier ne nous refile pas lui non plus toute une nouvelle cargaison de bouches à nourrir. Je grimaçais en mordillant ma lèvre inférieure, rappelée aux engagements que j’avais faits au chef de camp deux semaines plus tôt. Recruter n’était pas une lubie. C’était certain, mais j’estimais que les jours à venir n’étaient pas propices à cela. Il nous fallait consolider ce que nous possédions à présent et retrouver des objectifs, des bases solides malgré ce que le sort de Hope laissait désormais planer comme menace.

Et enfin je quittais le garde-manger, le cahier à spirales coincé sous le bras, traversant la cuisine puis le réfectoire d’une démarche lente, presque hagarde, pour contourner ce simple mur qui me séparait de l’infirmerie. Lorsque je regagnais le couloir, marchant à pas feutrés sur le parquet, je m’arrêtais durant de longues secondes. Je portais mon regard sur la droite, là où le couloir s’estompait en un angle qui masquait à ma vue tout ce qui pouvait se jouer à l’autre bout du campement, là où Kyle était retenu. Les questions étaient nombreuses quant à son état, aux décisions qui seraient prises pour l’aider, à l’incertitude de le retrouver, nous retrouver comme nous nous étions laissés. Frustrés et entichés. Désirables et pourtant séparés par l’injustice de notre proximité ; et désormais séparés par bien plus d’horreurs et souffrances encore qui se dressaient dans nos esprits, le mien très particulièrement. Je détestais cette situation autant que j’appréciais le militaire. Je haïssais cette complexité qui dénaturait la plus simple des choses.

Un soupir las et contrarié quitta mes lèvres alors que je ramenais mon regard sur le salon qui me faisait face. Un lieu de vie et de détente qui était bien vide, bien creux, que nous pouvions pourtant charger de nouveaux souvenirs d’amitié et de fraternité. Un endroit somme toute commun, et cependant indispensable à un équilibre que nous n’avions pas encore trouvé. Plus je le contemplais, plus je pouvais deviner les fantômes anticipés de ce que nous pouvions être, comme autant de suppositions, de promesses muettes et personnelles ; à voir, prévenir, prédire. Autant de rouages fantasmés qui prenaient place, de discussions légères en moments de partage. Il suffisait de peu, mais ce peu me paraissait bien inaccessibles et vaporeux, intangible à être saisi d’une pensée ou d’un mouvement de doigt refermé. Alors je laissais là ces fantômes pour tourner sur ma gauche, reprenant ma progression jusqu’à la porte de l’infirmerie non loin.

Je la poussais lentement, sans frapper pour m’annoncer, puis parcourais l’endroit du regard à la recherche d’Elizabeth si elle s’était déjà trouvée là. Sinon, je serais simplement allé m’asseoir sur l’un des tabourets d’examen en attendant son arrivée, sans trop m’attarder sur le lit défait et les restes de pansements qui trônaient ça et là, comme les douloureux rappels de ce qui nous hantait désormais. Ceux si pleins d’horreurs ; ceux si vides d’amitié, d’unité.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba1176/2000La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (76/2000)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Jeu 19 Déc - 10:51
Le calme était revenu tandis que les rayons d’un soleil qui approchait de son mi-parcours dardaient toujours plus intensément à travers les larges vitres qui garnissaient le bâtiment qu’ils avaient surnommé le Perchoir. Sans trop s’approcher des parois de verre, le visage d’Elizabeth était braqué vers l’extérieur, observant de sa position la vaste étendue d’arbres dont l’orée se situait à plusieurs pas de là et dessinait une frontière si nette sur la périphérie droite de son champ de vision qu’elle en était presque irréaliste. Le reste n’était qu’une vaste plaine qui offrait le loisir d’une spacieuse vue dégagée. Elle discernait au plus lointain qu’elle pouvait voir avec netteté, quelques silhouettes errantes qui s’agitaient dans le vide, ou restant statique sans raison réelle, perdue dans leur vagabondage en attente d’un simple but dans leur vie misérable.

Le haut de ses cuisses touchaient le bord du bureau d’infirmerie sur lequel elle avait étendu les quelques médicaments ramenés par Leonard et Cornelia. Chacune de ses boites regarnissaient un peu plus l’armoire de ce qu’il avait a disposition. Certains serviraient peut-être jamais, bien trop spécifique pour y trouver une utilité. Mais ce n’était pas le cas pour d’autres, dont les opercules avaient déjà été éventrée, laissant un léger vide dans la plaquette d’aluminium. Les anxiolytiques trouvaient une place plus que prépondérante dans ce nouveau monde, là où, autrefois, une faible proportion de la population en avait vraiment l’usage. Pourtant, en faire usage en un temps où leur méthode d’acquisition jouait sur la chance et l’aléatoire rendait leur usage plus que discutable. Il y avait désormais tellement de facteurs externes à gérer là où son propre apprentissage, dont elle n’avait que très peu mis en pratique, était basé sur le confort d’une société aux engrenages bien huilés.

Le regard de la brune déviant de sa contemplation extérieure, après que son regard se soit perdu les éclats éblouissants de l’astre du jour, la forçant à venir se frotter les yeux pour aider à retirer ces scintillements qui avaient marqués sa vision persistante. D’un geste de la main, elle contourna le petit bureau, accolé perpendiculairement au mur, pour venir s’installer sur la chaise qui trône non loin du meuble et offrait à son dos l’intense chaleur de ce temps presque d’été. Elle faisait face à la porte qui restait résolument close pour le moment sans que cela ne l’inquiète outre mesure. Après tout, elle avait quitté le hall du bâtiment où elle avait trouvé Leonard et James, il y a peu. Un James qui avait d’ailleurs préféré l’évitement plutôt que le contact qu’elle avait tant espéré de lui, tandis qu’il repartait de son côté avec ses propres acquisitions. Elle en eut à cet instant la gorge serrée, mais elle se cantonna au silence, préférant s’armer de son sempiternel sourire figé qu’elle offrait désormais au robuste homme qui avait accompli sa quête, le remerciant grandement tout en récupérant le reste des trouvailles.

Arrivée dans l’infirmerie, elle avait à nouveau constaté l’absence de son amie et le vide des traces qu’elle avait laissé par un drap froissé, quelques pansements séchés et autres restes de cette nuit aussi éprouvante qu’empli de conséquence. Elle n’y avait pas touché. Elle ne voulait pas y toucher. Faire du rangement dans ces affaires étaient pour elle sceller définitivement le départ d’Ivy et cette pensée lui avait à nouveau déchiré le cœur. Malgré ses mots, malgré son obstination à ne pas vouloir y penser, son cœur restait douloureusement attaché à ce qu’elle ne lui avait pas accordé : quelques vestiges et preuves qu’elle avait bel et bien un jour existé. Au lieu de cela, elle s’était évertué à faire du tri dans les dossiers médicaux qu’elle avait trouvé, les jetant sans ménagement dans un coin de la pièce, les entassant en se disant qu’ils feraient un jour, en cas de besoin, de très bon combustible, avant de s’emparer de tout un tas d’autre porte-feuillets et feuilles vierges. Si elle devait commencer quelque part, se concentrer sur autre chose que sur elle-même, ce serait par ça.

Installée sur sa chaise derrière le bureau, elle inspira un long moment immobile en observant ces tas de boites, ces tas de feuilles, ces tas de pochettes cartonnées, dans un silence tout à fait religieux, les mains juste posées sur le haut de ses cuisses, en appui. Il y avait tant de chose à faire, tant de cas à traiter, tant de maux à panser et d’âme à apaiser. Elle ne savait même pas par où commencer parce qu’elle n’arrivait pas à entrevoir la finalité de tout ceci. Est-ce qu’ils allaient vraiment s’en sortir ? Est-ce qu’ils parviendraient à se reconstruire ? Seul l’esprit combattif les sauverais, la volonté de ne jamais laisser tomber, et de continuer, quoi qu’il arrive. Aussi, elle tandis la main vers le pot à crayon qui trônait non loin, d’un mouvement lent et presque tremblant pour s’emparer d’un feutre fin noir qu’elle débouchonna pour en tester sa mine sur le coin d’une feuille vierge, nappant de quelques zigzag bien dessinés ce bord blanc désormais zébré.

D’une écriture incertaine, c’est son propre nom et prénom qu’elle nota en en-tête de cette première feuille, commençant alors à écrire un peu tout ce qui lui passait par la tête. Une manière de préparer sans doute une structure de ce qui formerait alors plus tard, les dossiers médicaux de chacun. C’est en cet instant que la porte s’ouvrit enfin, tandis que son feutre continuait de glisser le long de la feuille en la couvrant de lignes bien structurées, et consciencieusement alignées malgré l’absence de canevas. Son visage se redressa aussitôt, portant son regard sur la découpe de la silhouette de Jena qui pénétrait dans la pièce, et portait son regard sur l’ensemble de celle-ci.

« J’avais peur que tu changes d’avis. » Finit-elle par laisser échapper d’une voix fine et légère, couverte d’un soulagement plus que d’un reproche.

Il aurait été fou de penser que cette femme était seulement dépourvu d’une once d’intelligence. Elle était plus posée, plus mâture et plus réfléchie que bon nombre qu’elle avait croisé jusque lors. Elle ne repoussait aucune main tendue et semblait savoir quand il était l’heure de s’accrocher, et l’heure de lâcher prise. Indéniablement, cela prouvait une force de caractère mais aussi une alliée de confiance. Une alliée qu’elle devait désormais aider à retrouver de son aplomb.

Elle déposa son feutre en l’encapuchonnant, sur le bord du bureau avant de se lever, attrapant deux de ces fameux tabourets pour les mettre face à face non loin du bureau, s’installant sur l’un d’eux en proposant le second à la femme blonde.

« Quand j’étais petite… » commença t-elle, qu’elle ai refusé ou accepté son offre. « … j’étais terrifiée par les docteurs et par les médicaments. Je pouvais faire des crises de nerfs complètement surréaliste quand on voulait me forcer, et m’y emmener ou m’en faire avaler. Je hurlais et criais si fort qu’ils devaient parfois s’y mettre à plusieurs pour m’immobiliser. Les blouses blanches m’épouvantaient. Certains, c’était les clowns. Moi, c’était les médecins. Le destin doit-être bien moqueur d’avoir fait que le seul homme que j’ai jamais aimé de toute ma vie en soit un. »

Elle se pinça les lèvres, esquissant un sourire léger, bien que franc, à la pensée fugace d’un James en blouse blanche et stéthoscope autour du cou, comme ces séduisants docteurs des séries bons marchés qu’on retrouvait sur les chaines de télévisions tout public.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Jeu 19 Déc - 21:13
La première remarque d’Elizabeth ne manqua pas de me faire arquer un sourcil légèrement interrogateur, avant que mes lèvres ne trouvent la force de s’habiller d’un très mince sourire qui se voulait rassurant quant à ses craintes. Je refermais la porte de l’infirmerie derrière moi, afin de nous isoler du reste du campement et jeter un semblant d’intimité sur les discussions que nous allions avoir. En toute franchise, je ne tenais pas spécialement à ce qu’une oreille indiscrète ne vienne saisir les confidences que je livrerais à la jolie brune. Puis je me serais approchée du bureau où elle avait pris place de quelques pas au rythme lent, me déchargeant finalement du cahier à spirale au moment même où la voix de la raison se levait pour installer deux tabourets. Peu après, et avant de répondre à son invitation, je me déchargeais également du pistolet glissé entre mes reins pour le déposer à côté du cahier, le canon pointé vers les fenêtres.

Mon regard se tourna vers Elizabeth lorsqu’elle reprit la parole, me livrant là l’une des peurs de son enfance, un souvenir lointain qui pourtant m’obligea à me concentrer sur mes propres craintes infantiles. Je prenais place sur le tabouret libre, croisant mes jambes tout en finissant par soutenir le regard sombre de la jeune femme avec une curiosité sincère. Et sa dernière réflexion, portant sur sa relation avec James, me fit sourire bien plus franchement, sans aucune forme de moquerie ou d’amusement. Car cela me faisait prendre conscience qu’en vérité, je ne savais absolument rien de ce couple de leader que j’avais pourtant choisi de suivre. Rien de leurs histoires respectives qui ne se limitaient pas à quelques anecdotes glanées ici ou là, surtout à propos de James ; rien non plus de leurs craintes, leurs aspirations, des idéaux qui les avaient animés avant que le monde ne parte en vrille.

Néanmoins, je doutais que la confession d’Elizabeth ne soit seulement un moyen d’ouvrir la discussion de façon légère. J’y voyais plutôt là une invitation savamment déguisée à me livrer à mon tour, peut-être en commençant par aborder cette période de ma vie ; quand je demeurais encore relativement innocente dans toute ma candeur juvénile. Elle faisait le premier pas. Ouvrait la voie pour que je m’engage derrière elle. C’était ce que je ressentais de cette anecdote qui sinon n’avait guère de raison d’être contée hors de notre contexte si particulier. Pour autant, je ne me sentais ni piégée, ni obligée à en faire de même ; et c’était là tout le talent de la brune, toute la finesse de sa main tendue que je me devais de saisir pour espérer remonter la pente. Alors je finis par lui répondre après avoir brièvement glissé mon regard sur mes mains jointes au sommet de mes cuisses.

“Ce n’est pas un destin moqueur qui est installé face à moi, mais une femme qui a su dépasser ses craintes de petite fille pour gagner sa place et s’offrir ce qu’elle désirait.” Je ramenais mes azurs à la rencontre de son visage. “Je ne crois pas au destin, ou à l’expression d’une quelconque volonté supérieure bien que votre… condition particulière pourrait me donner tort.” Je marquais une pause, ponctuée d’une profonde inspiration accompagnée de paupières closes le temps d’aller fouiller, pour quelques secondes, dans mes souvenirs les plus lointains. Je reprenais ensuite en la paraphrasant d’un ton plus intime et plus doux.

“Quand j’étais petite, j’avais peur d’être invisible, inexistante. Je ne supportais pas de ne pas être le centre de l’attention.” J’esquissais un faible sourire, quelque peu amer. “J’étais une sale gosse en vérité. Une véritable pourrie gâtée. Mes parents avaient la fâcheuse habitude de me passer tous mes caprices simplement pour s’acheter un peu de tranquillité. Il faut dire qu’ils pouvaient très largement se le permettre et n’avaient de toute façon pas de temps à nous consacrer. J’ai sûrement mieux connu notre femme de ménage ou notre jardinier que mes propres parents à l’époque. Naître avec une cuillère en argent dans la bouche n’est pas aussi simple que ce que pouvaient s’imaginer les gens modestes. Certes, l’argent n’a jamais été un problème, mais cela oblige à évoluer dans un monde très particulier, où les richesses n’ont pas d’autres valeurs que celles que l’on peut afficher, dont on peut se pavaner. Les derniers objets tendances, les fringues à la mode dans les plus grandes marques ; un monde idiot où tout n’était qu’image, mensonge et faire-valoir.”

Je prenais soudainement conscience que je parlais beaucoup, le ton de ma voix oscillant entre le dédain, la rancoeur ou la légèreté de ses années si particulières. “Enfin… Tout ça pour dire qu’au final, je suis devenue un requin à l’image de mes parents, déjà un peu préparée à ce monde-ci et son fonctionnement si arbitraire, la subtilité en moins. Gagner. Écraser. Dominer. Trois mots qui pourraient résumer ma vie entière, simplement tranchée par une ironie similaire à la tienne : épouser un agent fédéral après avoir passé la majeure partie de mon existence à les tenir à l’écart. Mais ce n’était pas le fait d’un destin moqueur. Uniquement celui de mes actes, mes choix, et surtout leurs conséquences. Trahir mes parents et les livrer à la justice pour toutes les malversations et les magouilles qu'ils m'avaient faites disparaître. Je me suis toujours demandée s'ils se sont plutôt sentis trahis que je leur tourne le dos quand la justice m'a rattrapée ; ou fiers de m'avoir à ce point si bien éduquée à leur image ?”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba1176/2000La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (76/2000)
Etat Mental:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba10100/100La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Dim 22 Déc - 0:27
Le dos droit, assise sur ce tabouret, Elizabeth avait croisé l'une de ses jambes par dessus l'autre, ramenant assez proche le genou dressé à l'aide de ses mains jointes aux doigts croisés. Ses yeux sombres bien que plissés dans une expression assez détendue, observait avec une certaine attention le visage de celle qui lui faisait désormais face avec une proximité presque intimiste qui brisait sans doute les règles de professionnalisme que certains médecins s'imposaient dans l'exercice de leur fonction. Des règles qui n'avaient plus de sens désormais. Il serait même très difficile d'en trouver qui en ai encore, et en cela, la brune en avait pleinement conscience. Ses pouces redressés trouvaient contact l'un contre l'autre, jouant à quelques tapotement, frottement ou frôlement, qui ne relevait pour une fois en rien avec sa nervosité, mais prenait pleinement la direction d'une simple occupation, marquant son attention envers son interlocutrice qu'elle n'aurait aucun mal à deviner. Elle était pleinement concentrée sur ce qu'elle voyait et ce qu'elle entendait, car rien n'allait l'un dans l'autre.

Pas de stylo en main, pas de papier, pas de mot croisé masqué derrière un calepin redressé, pas de "hm-hm" bien trop cliché de ces si terribles entretiens que tout le monde redoutait par la peur de l'inconnu, par la peur d'être mis à nu, par l'inconfort de penser que tout ceci serait juste inutile ou qu'un étranger vois bien au delà des murs. Difficile de dire si son attitude était signe d'une convention ou non, pour elle qui n'avait jamais pratiqué dans ce type de contexte, elle se retrouvait davantage à agir à l'instinct. Elle espérait ainsi que celle qui avait accepté cette rencontre, qui avait accepté la main tendue et semblait se prêter au jeu des confidences, arrive à se mettre autant à l'aise que possible et ne se sente aucunement jugé, quoi qu'elle ai à en dire. Elle ignorait encore pourquoi chacun d'eux en avait appelé à son aide. Son aide bien spécifique, bien caractéristique. Qu'est-ce qui avait poussé James et Jena à se déporter sur elle et quelle révélation elle s'apprêtait à entendre.

« Je suis navrée Jena, je ne vois rien de dominateur en toi. Quand bien même tu as des idées arrêtés, et assez pragmatiques sur les choses, des paroles parfois crues qui ont tendance a vouloir secouer, tu as une chose en trop qui t'empêchera toujours d'être purement et simplement à l'image de tes parents. Les remords. J'ai du mal à voir quelqu'un de dénué de sentiment en toi, dénué de compassion ou seulement de dévouement. »

Le ton de sa voix était empreint d'un calme linéaire tandis que l'axe de son buste, toujours conservé droit, s'inclinait légèrement vers l'arrière, retenu par la tension de ses bras toujours croisé à son genou.

« Bien sûr, on arrive toujours à l'être pour ceux qu'on estime notre compassion non-mérité, et Dieu lui-même sait dans son infini création qu'il en a sadiquement placé bien trop dans cet univers. Je n'ai pas connu la femme que tu étais autrefois, alors je n'ai pas de raison de ne pas te croire. Après tout, rien est immuable, ni gravé dans le marbre. Les êtres humains encore moins.»

Ses lèvres se plissèrent en un sourire mesuré, ampli de cette bienveillance qui commençait à la caractériser dans les définitions qu'on faisait alors d'elle quand bien même elle aurait perçu que Jena ne fut plus du tout réceptive à ses mots. Fin et presque mutin, affable et amical. Une expression qui resta sur son visage quelques secondes supplémentaire suivant un silence léger, avant que le sérieux et l'attention ne reviennent la saisir des quelques plissements dans les rides de sa peau cadrant ses yeux, retrouvant alors une attitude et une posture bien plus austère.

« Si la petite fille craignait d'être invisible, qu'est-ce que la femme d'aujourd'hui crains le plus ? »

Elle savait pertinemment qu'elle rentrait dans une phase de leur discussion plus tendue qui appelait à quelques confidences supplémentaires bien plus intime. Les événements de l'avant-veille étaient bien vifs et très récents pour impacter la réponse qu'elle allait lui donner. C'était une gymnastique de transition osé, mais maintenant que le dialogue était entamé, maintenant que les premiers échanges avaient eu lieu et qu'elle sentait que l'ex-requin était partante pour se jeter à l'eau, elle ne préféra pas donner le sentiment à Jena qu'elle perdait là leur temps en des discussions futile et sans grande utilité, surtout en ces heures troubles où chacun souhaitait dépenser leur énergie à quelque chose de vraiment indispensable.

Dans sa posture, et en ponctuation de son interrogation, les mains d'Elizabeth s’entrouvrirent légèrement, tandis qu'elle décroisait les jambes lentement. C'était sans doute un détail, léger, négligeable, qui n'appelait pas à être relevé avec autant de précision. Pourtant, bien qu'inaudible, le langage corporel parvenait parfois à communiquer quelques messages inconscients aux interlocuteurs qui faisaient face, et en ce sens, l'ex-psy savait plus ou moins en jouer. Elle ne se sentait toujours pas très à l'aise dans sa pratique, et cet inconfort, déjà souligné comme lié à son inexpérience, relevait également d'un autre facteur non négligeable : au retour à la vie qu'elle avait vécu - bien que plusieurs mois en amont, à ce phénomène toujours aussi improbable qu'incompréhensible, elle sentait qu'elle n'était pas revenue entière, ou du moins à l'exacte identique de ce qu'elle fut autrefois.

A l'attitude fermée et repliée, elle avait transité vers quelque chose de plus décontracté, avant de relâcher encore un peu la bride et suggérer, en plus de ses mots équivoques, une envie d'ouverture, une invitation à lâcher la bride et la confier, simplement.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

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Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


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Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Dim 22 Déc - 18:23
Doucement, mon regard et mon attention s’étaient laissés attirer par l’observation des mimiques de mon interlocutrice. Le jeu de ses pouces, sa posture qui basculait vers l’arrière quand elle me livrait ses premiers mots, en réponse à la narration de mes premiers souvenirs. Un bref souffle s’échappa de mes lèvres, accompagnement d’un tout aussi rapide mouvements de mes prunelles qui montèrent vers le plafond. Non pas que je rejetais ou méprisais les paroles d’Elizabeth - bien que mon attitude pouvait suggérer le contraire - mais plutôt parce que je ne lui avais pas encore confié l’histoire de ma vie durant les quelques années qui précédèrent l’apocalypse.

Mes bras en étaient venus à se croiser sur ma poitrine, les paupières plissées sur mes azurs qui se fixèrent alors sur les lèvres souriantes de la brune là où les miennes se crispèrent un peu plus durement, tout particulièrement lorsque sa dernière question parvint à ma conscience. Je déglutis lentement, crispant mes doigts sur les manches de mon tee-shirt, enfonçant mes ongles sur ma peau au travers de celui-ci jusqu’à ressentir la douleur cuisante qui diffusait depuis les sutures de ma plaie. Je me sentais gagnée de légers tremblements qui secouaient mon corps tout entier, fourmillant à la pointe de chacun de mes nerfs affleurés. Car je n’avais pas de véritable réponse à lui offrir. Je n’avais même aucune réponse à m’accorder à moi-même, ou plus exactement, je n’en avais pas encore conscience.

Et de ses lèvres, mes yeux étaient légèrement remontés pour trouver son regard une nouvelle fois, à désespérément y chercher un début de réponse, un indice qui saurait m’aiguiller dans ma propre perdition. Quelque part, j’aurais préféré que la discussion s’attarde sur quelques futilités plus légères, mais je savais que ce n’aurait été là qu’une manière bien lâche de chercher à repousser cette confrontation avec moi-même. Je décroisais les jambes à mon tour, calquant ma posture sur celle d’Elizabeth en premier lieu avant de me redresser du tabouret et faire quelques pas. Je m’éloignais d’elle, lui tournant le dos durant de longues secondes. Je passais mes mains sur mes joues, frottant mes paupières du bout des doigts avant de lui faire face une nouvelle fois. Je laissais glisser l’extrémité de ma langue sur ma lèvre inférieure dans une moue pensive avant de la mordiller, en préambule aux premiers mots que je lui adressais d’une voix douce, mais hachée d’une mélancolie résignée.

“Te souviens-tu de Jian ?” lui demandai-je non sans une certaine forme de rhétorique. “Cette sortie catastrophique au centre commercial ?” Je secouais mollement la tête en ramenant mes bras se croiser sur ma poitrine. “Non. Mauvais départ,” me rétorquai-je à haute voix avant de relever le nez.

“La petite fille que j’étais avait peur d’être invisible, mais la femme que j’étais alors devenue ne souhaitait que cela. Quand le FBI a investi le bureau de mon père, mandat à la main, je craignais surtout de finir en prison, alors j’ai témoigné contre mes parents pour l’éviter. Par la suite, je quittais New-York pour venir ici, au Texas, démarrer une nouvelle vie, me mettre au service du Ministère de la Justice d’Austin, et j’ai alors craint de perdre ce repenti, d’être rattrapée par ce passé et incapable de reconstruire quelque chose. Mais grâce à ça, j’ai pu renouer le contact avec ma soeur, puis rencontrer mon futur époux. Et mes craintes suivaient le même cheminement que mon existence, perdre ce qui me rendait heureuse. Puis il y a eu la naissance de Jodie, et j’ai succombé à la plus viscérale de toutes les peurs : perdre ma fille. J’ai renoncé à ma carrière, tout ce qui importait pour moi pour me consacrer à ma famille.”

Je me raclais la gorge avant de prendre une profonde inspiration, marquant une pause tout en battant le sol de l’infirmerie de cent pas, marchant jusqu’à la table souillée de pansements séchés, autant de rappels de cette nuit infernale et des stigmates qu’elle laissait dans son sillage. Négligemment, et presque automatiquement, je commençais à les rassembler en une poignée que je destinais à la poubelle non loin, soucieuse de gommer cet endroit de ces souvenirs. Je soupirais longuement en m’asseyant sur le lit défait, croisant mes mains entre mes cuisses. Mon regard s’était une nouvelle fois embué de larmes, rendant ma vision rivée au sol floue et ma voix plus tremblante encore.

“Cette apocalypse a pourtant rendu réelle chacune de ces craintes, inlassablement, avec lenteur, avec violence. Ma soeur, ma fille et mes premiers espoirs de reconstruction avec elles. Puis mon mari ensuite, tué par ces mêmes hommes qui m’ont torturée et violée l’autre nuit. Un autre espoir de tué. Puis j’ai fait votre rencontre, à vous les ressuscités. Avec celle-ci l’espoir insensé de peut-être retrouver ma fille ou ma soeur, de reconstruire quelque chose, avec vous, avec Kyle. Un autre espoir que James a tué à son tour avec ses explications sur votre condition.”

Je relevais mon visage en direction d’Elizabeth, cherchant son regard si j’avais pu en y plongeant le mien, les yeux plissés sur une fureur contenue et les traits grimés d’un fatalisme amer. D’un revers du poignet, je serais venue gommer les sillons humides qui roulaient sur mes joues jusqu’à glisser le long des arêtes de ma mâchoire.

“Que penses-tu que la femme d’aujourd’hui puisse encore craindre ? Ce monde m’a tout enlevé. Ma fille. Ma famille. Ma dignité. Mes espoirs… La seule chose qui ne m’ait jamais vraiment abandonnée, c’est cette colère. Cette rancoeur contre ce monde et ses horreurs. Il ne me reste que ce groupe. Juste vous. Et le devoir intenable de vous protéger du mieux que je peux. Un rôle que je n’ai même pas su tenir quand ces hommes sont arrivés… Et maintenant, j’ai peur des hommes, de leur contact. Même amicaux. Cette seule pensée me dégoûte. Mais ce n’est pas une véritable crainte… Juste une blessure trop vive que le temps saura maquiller en cicatrice moins douloureuse. En vérité, je crains juste qu’il soit trop tard.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba1176/2000La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (76/2000)
Etat Mental:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba10100/100La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Lun 6 Jan - 15:42
Les mouvements et gestes qui auraient pu sembler comme parasites ou juste instinctifs, s’arrêtèrent lentement à mesure de l’écoute attentive et portant son lot de sentiment et émotion, à mesure que Jena parvenait à se confier. Sur son visage, rien n’oscilla, et seule les deux prunelles noisettes d’Elizabeth continuèrent de détailler longuement celle qui lui faisait face, parfois se figeant quelques instants pour l’observer le plus simplement du monde, parfois dérivant sur les plissures de ses traits, les mouvements de ses mains, soulevant des gestes simples comme un croisement de bras à hauteur de poitrine signalant un besoin de protection, de recul. Elle suivit ses mouvements en déliant légèrement ses épaules, remettant une posture droite à son dos en l’absence d’assise qui lui aurait seulement permis de le maintenir dans cet état, jusqu’à ce que Jena décide enfin de trouver siège sur le lit d’infirmerie après avoir déblayé ces quelques affaires restées négligemment sur place, notifiant l’inclination de sa tête en symbole de cette défaite qui marquait finalement l’aveu suivant, à la nouvelle posture que venait de prendre ses mains coincées entre ses jambes traduisant ce terrible besoin de se replier, ne faisant que donner plus de poids à ses mots.

Des mots qui ne laissèrent pas Elizabeth insensible. Son propre buste se pencha davantage en avant les mains jointes en triangle joint par les index pointés vers le sol perché sur le milieu de ses cuisses tandis qu’elle s’était tournée grâce au pivot du tabouret pour rester dirigée face à la femme. Elle ressentait sa peine avec une intensité brutale, s’interdisant seulement d’imaginer ce qui avait pu se passer, ou même de tenter de se mettre à sa place. Elle l’avait suffisamment mesurée pendant toute son enfance, toute son adolescence, tandis que dans un coin de sa bibliothèque, trônait un large dossier monté par ses propres soin sur sa mère et son géniteur. Une obsession qui avait fini par se définir comme la ligne directrice de toute son existence, et la seule raison pour laquelle elle avait choisi cette voie et qu’elle s’était forgée, par la force et la volonté, ces aptitudes et ce caractère.

Elle ne pouvait cependant mentir et prétendre qu’elle savait seulement ce qu’elle pouvait traverser, car l'imaginer ne serait sans doute jamais suffisant pour savoir, connaitre et ressentir. Elle n’avait vécu de drame que par transposition, que par imprégnation. Dans un regard de compassion mais surtout de compréhension qui se dressa sur ses prunelles lorsque leur yeux se croisèrent enfin et se fixèrent, elle accompagna ce sentiment communicatif par un léger oscillement de la tête. Elle avait entendu ses mots et les acceptaient dans toutes leur violence. Ces aveux étaient déchirant, et angoissant, mais elle ne la concernait pas. Elle ne devait pas manifester d'outre détresse, d'outre colère, d'outre accablement à cet acharnement, car ce n'était pas d'elle qui s'agissait, mais de celle qui s'était présenté à elle avec cette maigre lueur d'espoir qu'elle se devait d’accroître.

Elle n’avait rien manqué de ce qui venait d’être dit, aussi intense et riche que chacune des phrases qu’elle avait prononcé s’étaient dévoilées, suivi par un silence, qui régna un moment dans la pièce. Un silence qui aurait sans doute pu sembler bien long, témoin non pas d’un inconfort, mais de quelques pensées qui cherchaient a être les plus pertinentes possible pour ce qu’elle aurait a en dire. Elle s'octroyait le temps d'une réflexion qui s'avérait plus que nécessaire. Car il était évident, longuement et largement avoué que Jena avait besoin d’elle, de ses mots, en espérant y trouver la voie qui la conduirait au salut et elle se devait d'être à la hauteur.

L’esprit ne guérissait pas comme le corps. Les seuls médications qui existaient n’étaient qu’une couverture factice d’un état pour forcer des personnes à penser que tout allait bien, en espérant qu’elle s’y accroche assez pour que cela en soit définitif. Pas d’antalgique, pas d’antibiotique, pas de valeur sûre sur lequel s’appuyer. Sa propre mère aurait sans doute pu en témoigner, tout comme les pilules qu’elle s’était enfilée pour en finir avec tout ceci, et cela bien avant que le monde bascule vers ce qui semblait désormais sans espoir.

Aussi ne reprit-elle qu'après une pause, assez légère, qu'elle combla en quelques morsures sur les parties internes de ses joues et de ses lèvres, grinçant de sa chaire qui tressautait sous ses frictions, avant de prendre à sa suite, d'une voix toujours aussi douce, contrastant sans doute quelques peu avec celle tremblante de Jena.

« Ce qui s’est passé cette nuit-là, ... et bien avant ça, sont des choses vraiment... atroces. Je suis vraiment navrée.

Une humanité sans plus aucune limite, une humanité libérée de ses chaines morales, c’est une humanité qui en retourne a ses plus bas instincts, primitifs, brutaux, bestiaux, mais... ce n’est pas une humanité à l’agonie. Rien est perdu. Le temps est effectivement bonne aide à panser les blessures et il en résultera toujours des cicatrices. Certains choisiront de les dissimuler, d’autre de les brandir comme fer de lance de leurs actes, d’autre encore de les oublier seulement. Mais, le temps n’est pas le seul acteur. La volonté y est pour beaucoup plus de part, et si cette volonté est assez forte, elle peut se faire aider par quelques thérapies qui permettent de déconstruire la peur, du contact physique par exemple, en s’y confrontant progressivement.»


Ses lèvres se pincèrent un bref instant avant qu’elle ne reprenne une inspiration qui étira ses épaules à nouveau vers l’arrière, ramenant ses pieds à se croiser derrière le pied central du siège sur lequel elle restait assise.

« Depuis quelques mois, je repense beaucoup a une citation. Je sais que certains haïssent les citations, et je passe sans doute beaucoup trop de temps a en invoquer, mais il serait dommage de ne point user de phrases si on les estimes assez juste et pertinente. C’est une phrase qui m’a énormément servie, a affronter mes propres démons, elle me sert encore, et je suis sûre aussi qu’elle servirait à d’autre en cet instant.

C’est une folie de haïr toutes les roses parce qu’une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué. Pour chaque fin, il y a toujours un nouveau départ.

S’il est trop tard pour certaines choses, il n’est jamais trop tard pour se fixer de nouveaux buts. Parfois trop tôt, il faut savoir prendre le temps d’y penser, ça ne se fera pas du jour au lendemain. Mais c’est important de se poser cette question : comment transformer cette douleur pour qu’elle n’arrête pas l’histoire ? Qu’est-ce que tu as envie de faire maintenant ? »
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba11180/2000La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (180/2000)
Etat Mental:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba1086/100La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (86/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Mer 8 Jan - 0:29
Fixe. Attentif. Implorant peut-être. Il y avait tant que qualificatifs pour décrire - ou du moins essayer - les expressions qui traversaient mon regard qui ne décrochait pas de celui d’Elizabeth. Son silence me paraissait d’autant plus intense qu’il faisait suite à l’avalanche de mots et de pensées qui avait déferlée depuis mes lèvres, presque sans discontinuer. Les secondes s’égrainaient lentement, à l’image de mes épaules qui s’affaissaient peu-à-peu quand mes mains retrouvaient leur place coincées entre mes cuisses, quand mon dos s’arrondissait mollement et mon regard finissait par décrocher à son tour de l’ancre que j’avais tant voulu saisir dans les noisettes de la jeune femme.

Je ne pouvais m’empêcher de laisser résonner les derniers mots que je lui avais adressés dans ma mémoire. Ils tournaient et tournaient dans une boucle inlassable, accompagnés de quelques commentaires silencieux et fustigeant lorsque j’avais bien misérablement tenté de lui tenir tête sans vraiment le vouloir. Injustement, je lui avais jeté une amertume déplacée à la figure. Amertume contre mon état, mon vécu, mes souvenirs, mais aussi contre cette douceur dont elle ne semblait pas se départir, cette sagesse que je lui jalousais durant quelques secondes à paraître si forte, si emplie de certitudes là où les miennes se résumaient à poussières et gravats ; sèche, friable. Cette douceur qui une nouvelle fois me parvenait, de quelques mots de compassion qui n’avait rien de déplacée dans les circonstances, seulement dans la perception que j’en avais.

Je secouais très mollement la tête à l’entendre parler de volonté, de force de caractère. Non pas que je m’en pensais dépourvue. Bien au contraire. Simplement puissant était le sentiment et tenace l’illusion que j’avais plus que largement épuisé mon quota. Ou plutôt que ce monde l’avait siphonné de son inextinguible soif. J’observais la psychologue se redresser sur le tabouret, sans cette fois oser lancer mes prunelles à la conquête de son propre regard, préférant détourner celle-ci vers le bureau à ses côtés. Mon flingue qui reposait sur celui-ci, déposé là comme un symbole de ma mise à nue, mon renoncement pour quelques instants à ce rôle de porte-flingue que j’occupais ici. Dernier vestige qu’il me restait de mon époux, qui avait brièvement passé entre les mains d’un autre homme dont je m’étais amourachée malgré le fossé qui nous séparait désormais.

Durant quelques secondes pourtant, je ne contemplais pas là une relique de ce que j’avais perdu ; juste une réponse, simple et définitive. Une pensée fugace qui mourut aussitôt qu’elle naquit, une idée que je rejetais férocement.Une grimace de dégoût passa sur mon visage durant une fraction de secondes. J’avais beau me sentir démolie, insignifiante, je n’en étais pour autant pas prête à accomplir un tel geste de lâcheté. La citation d’Elizabeth ne m’avait pas échappée certes, mais je la trouvais bien trop simpliste dans son apparente complexité. Il ne s’agissait pas d’une épine ou d’un échec, mais d’une cascade de désillusions empêtrées dans un roncier. Combien de fins et de nouveaux départs avais-je connu pour cette seule année écoulée ? Combien de nouveaux buts m’étais-je alors fixés ? Un bref soupir s’échappa de mon nez, en illustration aux pensées qui m’agitaient.

En vérité ? Pas tant que ça. Se débattre en eaux vives était bien différent d’apprendre à y nager. Suivre le cours des événements, être ballotée par le cours de ceux-ci et tâcher de simplement survivre un jour de plus n’était pas un but en soi, et c’était pourtant ce que j’avais fait depuis que le monde s’était effondré. En réalité, depuis tout ça, James avait été le seul homme que j’avais fait le choix de suivre sciemment quand aucune attache sentimentale d’un autre temps ne m’y avait forcé. Le Perchoir avait été mon espoir autant que le sien, le leur à tous. Un nouveau départ qu’Elias n’avait pas réussi à me voler cette fois-ci. Un nouveau départ qui était venu à ma rescousse pour en ressortir ébranlé, mais pas défait.

J’abandonnais la contemplation de mon arme pour rendre mon attention à la psychologue lorsque sa question prenait enfin consistance dans mon esprit, ramenant mes iris sur sa personne, son visage et enfin son regard, humectant mes lèvres de la pointe de ma langue en laissant s’échapper un nouveau soupir, plus long, plus las. Je me redressais quelques peu sur le lit, chassant sans succès une mèche tombante d’un souffle. Et maintenant ? Qu’avais-je envie de faire ? Je levais brièvement les yeux vers le plafond de la pièce avant de les ramener sur mon interlocutrice. M’enfiler une bonne rasade de tequila et m’effondrer dans un sommeil sans rêve ni cauchemar. Voilà qui me paraissait être un excellent plan pour l’immédiateté de mes envies. Sauf qu’il n’y avait ni tequila dans nos stocks, ni sommeil sans rêve. Juste un cauchemar éveillé dont je n’avais d’autre choix que l’affronter.

Ce fut à mon tour de marquer un silence pensif, une des mes mains passant à l’arrière de mon crâne pour masser mes cervicales. Il y avait tant à faire ici, mais rien ne me faisait véritablement envie. Vider mon sac aux oreilles d’Elizabeth était certes soulageant, mais ce n’était guère une fin en soi, d’autant plus que Kyle avait besoin de ses talents, et que j’avais besoin de Kyle. Et songer à l’homme fit lentement dériver mes pensées vers le bébé, et vers la jeune Kenzie. L’une comme l’autre avait besoin d’être protégée, d’être formée et endurcie à ce monde. Surtout la petite qui ne connaîtrait jamais que ce monde-ci. Elle ne connaîtrait rien de ses origines car nous-même les ignorions, elle ne connaîtrait rien de ce que le monde fut avant cette épidémie. Elle grandirait, ici ou ailleurs, forgée par toute l’abomination d’une humanité libérée de ses chaînes morales, et une autre plus décharnée encore. Et chacune seront sans pitié ni égard pour son innocence.

Mais il y avait encore tant d’année avant que cela ne se réalise, tant de potentiels désastres qui pourraient mettre un terme froid et définitif à son existence qui commençait à peine. D’ici là, temps et volonté auront sûrement fait leur office. D’ici, je serai redevenue pleine et entière. Mordante. Ou mordue plus simplement encore. Et cet objectif à long terme ne répondait finalement à la seule et véritable question. Et maintenant ? J’esquissais finalement un très maigre sourire en coin en dévisageant Elizabeth.

“Essayer d’être plus qu’un porte-flingue ici. Essayer d’être ton amie pour commencer. Faire un jour pour toi ce que tu es en train de faire pour moi. Qu’en penses-tu ?”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
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Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Clés : -
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Contenants Personnels :
Dos 0/30
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Casier du Perchoir
-

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba1176/2000La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (76/2000)
Etat Mental:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba10100/100La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Mer 8 Jan - 12:37
« Ca me semble un bon départ… » Commença-t-elle assez rapidement sur la fin de son interrogation pour ne permettre que peu de place au silence, tout en laissant la tonalité de sa voix se perdre légèrement sur la fin de sa phrase en indication d'une suite à venir.

Des silences, elles en avaient toutes deux usés et par ce besoin, cette utilité dans cette nécessité de réflexion de ce qui allait se dire, là où les mots semblaient porter une très grande importance et se devait d'être réfléchit pleinement et mûrement avant d'être énoncé. Mais en cet instant, Elizabeth avait clairement voulu se montrer immédiate et sincère dans sa réponse, tandis qu’un sourire moins timide que sa vis-à-vis lui adressait, se dessinait à son tour sur son visage. Ses deux mains vinrent se frotter l’une contre l’autre, un léger bruit de friction sèche se faisant entendre avant qu’elle ne prenne appui sur ses propres genoux pour s'aider à se redresser de l'assise qu'elle avait pris sur le tabouret qu'elle laissait désormais vide.

D'un mouvement assez fluide, elle se détourna sans trop s’y attarder et alla ranger les deux sièges à leur place respective : l'un devant et l'autre derrière le petit bureau sur lequel trônait toujours, médicaments, dossiers et arme à feu. Cet acte, ce geste, aurait pu sembler à un toc, un geste de rangement inutile et compulsif, mais c’était pour elle davantage une excuse. Un temps qu’elle prit pour rompre le contact de leur yeux et laisser son sourire s’essouffler dans quelques vacillements de chagrin.

Il était un mot sans doute qu’elle ne pourrait plus entendre ni prononcer sans penser à Ivy. Et dans cette pensée, qu’elle s’était efforcée de rejeter pourtant, et s’était interdite de s’y perdre en réflexion pour ne se concentrer que sur Jena et uniquement elle, elle ne pu refréner celle qui venait brusquement de l’assaillir, ni la rejeter, ni l'ignorer. Et si son amie… si Ivy avait été victime des mêmes sévices ? Si ces salauds avaient abusé d'elle ? Si les mots que James leur avaient lu n'étaient pas porteur d'une pleine et entière vérité ? Le doigt sectionné de la jeune femme n’avait pas laissé de doute sur la torture physique qu’elle avait pu subir là-bas, et elle s’en était immédiatement inquiétée. Mais les meurtrissures étaient peut-être, sans doute, plus profonde que ça encore, et en cette idée, Elizabeth se sentit aussi minable qu’attristée, une nausée assez fulgurante parvenant à ses lèvres.

Elle avait porté sa colère de cet abandon sans même prendre la mesure de ce qui avait bien pu se passer, bien pu arriver, et surtout l’état psychologique, déjà fragile de son amie. Elle se sentit misérable de ne pas lui avoir prêté plus d’attention que cela, et à s’être perdue face à cette inondation d’abattement qui les avait tous saisit à leur retour, pris sous le choc de l'état de chacun. Pourtant, elle ne mit pas bien longtemps à se rappeler de ses propres mots et à rattraper ses sanglots avant qu'elle ne la submerge à nouveau. Ces mêmes paroles qui n’avaient pas plu à James d’ailleurs, mais qui lui paraissait comme une vérité incontestable pour elle : cesser de porter le poids et la responsabilité du choix des autres sur leurs épaules. Ivy était partit, elle avait décidé de suivre sa propre voix loin d'elle, loin d'eux, et d'espérer survire à sa manière, selon ses propres règles, et contre ça, elle ne pourrait, ni ne voulait rien y faire.

Aussi balaya-t-elle d’un geste très vif et furtif, le temps de donner son dos à la blonde, les émergences de larmes qui s’étaient amorcés aux coins de ses yeux avant qu’elle ne récupère son aplomb d’une longue et profonde inspiration, allant finalement d’un pas lent mais direct, aux côtés de la jeune femme – à sa gauche, sur le bord du lit en laissant un écart confortable entre leur deux corps. Ni trop loin pour cette complice amitié qu’elle avait évoqué, ni trop proche pour la mesure de prudence, au cas où cette phobie aux allures sélectives étaient venu se généraliser à plus qu’un attribut masculin.

Le visage tourné vers elle, elle vint se percher à son tour sur le matelas d’infirmerie, calé à hauteur de ses jambes fines, voyant ses pieds reposer sur leurs pointes à même le sol. Instinctivement, ses deux chevilles vinrent se croiser et se lier l’une à l’autre, se rabattant sous la structure de lit métallique qui ne grinça que légèrement, n’ajoutant qu’un poids léger à sa charge. Dans cette proximité davantage complice et intime, qui bien qu’elle n’en était pas habitué, ne gênait en rien la brune, Elizabeth pu reprendre sur un ton d’une confidence légère et presque mutine, gardant sur ses lèvres ce sourire partagé.

« Mais je songeais à quelque chose de plus… égoïste, peut-être ? Quelque chose qui te serait propre, lié à toi seule. Ça ne veut pas dire que je refuse tes mots, bien sûr. Les personnes de ce groupe, c’est plus que des inconnus, ou des camarades, c’est plus … une nouvelle famille. Tous liés par les épreuves. Et je ne doute pas un seul instant qu’on puisse vraiment bien s’entendre.

Tu as davantage de mérite d’ailleurs, parce que… à nous autre qui sommes juste … revenu à la vie et qui n’avons d’autres choix face à l’incompréhension de ce qui nous est arrivé, que d’essayer de nous regrouper pour s’en sortir avec le lot de problème et de danger que cette condition implique, tu as décidé de rester plutôt que de t’éloigner de ces... épreuves qu’on traînent avec nous et de t'impliquer, vraiment. Mais, comme je l’ai dis tout à l’heure, il est très important de commencer par soi-même. »


Elle redressa son bras droit avec lenteur, venant d’un geste d’un même flegme se déposer sur le dos de Jena si elle s’était seulement laissée faire, et venant, doucement frotter ce dernier en un acte portant une sincère volonté d’invitation à plus de contact si elle le souhaitait, une embrassade si elle en cherchait et un réconfort plein et entier pour lui communiquer toute cette certitude : elle n’était pas là par simple devoir et elle continuerait d’être là quoi qu’il arrivait.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
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Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : .40
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Dos 2/30
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Monoculaire V.N. (2)

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Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba11180/2000La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (180/2000)
Etat Mental:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba1086/100La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (86/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Jeu 9 Jan - 21:22
Je suivais Elizabeth du regard lorsqu’elle se leva, ne lui ayant adressé en seule réponse à la sienne qu’un léger hochement de tête. Une nouvelle fois, je considérai la jeune femme comme un ancre mentale à laquelle je me raccrochais par la seule force de mon regard en perdition. Mes mains avaient finalement quitté leur position d’origine pour venir se crisper sur le rebord du lit, les pouces enfoncés dans le matelas, les bras tendus, poussant sur les articulations de mes épaules pour les dénouer de ces tensions qui me couraient sous la peau. La douleur de ma blessure se raviva quelque peu sous l’effort, m’arrachant un très bref soupir nasal accompagné d’une contraction de mâchoire.

Je l’observais ranger ces tabourets, les remettre à leurs places dans ce qui ne m’apparaissait pas tant comme un toc ou une manie, mais simplement une manifestation de respect envers les prochains utilisateurs de ces lieux. En ce qui me concernait, un peu d’ordre n’était pas un luxe alors que notre campement se trouvait plongé dans un chaos insidieux de souffrances et d’incertitudes. L’invariabilité de certains gestes, que certains pourraient aisément qualifier de superflus, offrait cette accroche ténue mais bienvenue, presque nécessaire.

Ce faisant, je me surpris presque à laisser mes yeux se perdre dans la contemplation plus globale de cette pièce, son agencement mais aussi les traces encore pugnaces de ce qui s’était déroulé ici, au-delà de quelques pansements traînants déjà mis à la poubelle, ou la précédente occupante de ce lit dont je prenais désormais la place quand bien même je n’avais pas besoin d’y être. Une pièce qui me ramenait à Snatch en premier lieu et son désordre, sa désorganisation et le fiasco qui en avait découlé ; puis plus encore à Jefferson. Et tout au fond de moi, l’espoir se ravivait de lui-même, car à refuser la facile abdication du suicide, à simplement vouloir continuer de vivre, il ne pouvait guère en être autrement. Nous occupions un lieu empli de potentiel, d’espoir ; et parlant de ce dernier, une nouvelle fois mes pensées ne purent s’empêcher de dériver vers ce nouveau-né à quelques pas de moi.

Cette gamine représentait mon espoir, bien que je ne l’identifiais pas encore ainsi. C’était plus une substitution, une raison d’être, un moteur de ma volonté à protéger une chose, une vie qui ne pouvait le faire d’elle-même. Protéger les gens du Perchoir - ces ressuscités et survivants que nous avions accueillis par la force des choses et par souci ou besoin de préserver un semblant d’humanité - était finalement bien annexe tant ils étaient en réalité de se défendre par eux-mêmes. Au point que les mots de Johann m’en revenaient à l’esprit à leur tour. Je n’étais pas responsable des gens, de leurs décisions, de leurs desseins ni de leurs destins. Même en tant que seconde de James, j’avais une responsabilité certes, mais certainement pas les pleins pouvoirs miraculeux à les protéger de tout et d’eux-mêmes. Les adultes du moins. Mais la présence de cette petite remettait tout en cause. En bien.

Mais la présence d’Elizabeth qui venait simplement s’asseoir à mes côtés m’arracha au fil de mes pensées. Lentement, je tournais mon visage sur ma gauche, retrouvant la présence rassurante de son visage aux traits plus doux que sa voix encore. Un nouveau sourire, plus affirmé cette fois, étira mes lèvres lorsque je prenais la mesure de son ton plus intimiste, comme un premier pas en validation de nos précédents échanges, peut-être les fondations d’une amitié solide. Je plissais néanmoins les paupières, animée d’un léger doute quant à son affirmation sur mon soit-disant mérite. Le seul mérite de ma survie ne tenait qu’à la chance d’avoir croisé les bonnes personnes aux bons moments, mais aussi de les avoir abandonnées, bon gré, mal gré, au long de mes périples. Autant de sacrifices dont le sang ne se trouvait sur mes mains que par éclaboussures, et les fantômes dans mon esprit par culpabilité.

Raison pour laquelle je ne trouvais rien à dire dans un premier temps, me contentant de simplement opiner du chef à maintes reprises, accueillant la caresse de sa main dans mon dos d’une inspiration soulagée en fermant les paupières durant de longues secondes, me laissant porter par sa présence, son contact qui diffusait une chaleur humaine au-travers du tissu de mon tee-shirt. Puis plus lentement encore, avec une mollesse presque retenue car l’approche m’était devenue étrangère, je me laissais basculer sur le côté, dans sa direction, cherchant à mener le côté de mon crâne à trouver refuge sur son épaule - à moins qu’elle ne se dérobe au geste. Après quoi, j’aurai fini par prendre la parole pour répondre à ses attentes, éclaircir les miennes.

“Là tout de suite ?” aurai-je questionné en pure rhétorique d’un ton si bas qu’il frôlait le murmure. “Une bouteille de tequila, un bol de cacahuètes et des crackers devant le dernier spectacle d’Amy Schumer. Juste, mettre ce monde en pause le temps d’une heure, en toute simplicité,” finis-je par confier non sans une certaine mélancolie amusée, les paupières demeurant closes. “Et toi ? Quel serait l’égoïsme d’Elizabeth Evans en cet instant ?”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba1176/2000La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (76/2000)
Etat Mental:
La voie de la raison - 14/04/35 Debuba10100/100La voie de la raison - 14/04/35 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Ven 10 Jan - 14:53
Son épaule l’avait accueillit en toute simplicité a une place ajustée bien qu’un peu osseuse due à sa récente perte de poids et sans doute peu confortable. Son bras était toujours posé dans le dos de la jeune femme qui avait cédé à son invitation silencieuse, et sa main vint finalement prendre place à la hauteur de son épaule opposée pour s’y fixer, dans une posture très naturelle et détendue. Son regard, quant à lui, se perdit dans le vide qui leur faisait face à toutes deux, baignant dans une lumière naturelle de plus en plus vive à mesure que le soleil s’approchait de son zénith la pièce aux murs blancs et froid, offrant une agréable sensation de chaleur qui se répandait avec douceur. Son écoute s’ajusta au ton un peu plus bas que son interlocutrice utilisait, se penchant même partiellement alors que sa joue venait frôler la hauteur du crâne de sa nouvelle complice.

Par un souffle nasal, elle produisit par un rire silencieux expulsé très spontanément, s'extirpant quelques centièmes de secondes après la dernière question de Jena, marquant cette légèreté qui s’était définitivement installée entre les deux femmes à ces échanges un peu plus affables. Sans le relever oralement, Elizabeth ne pu s’empêcher de noter avec amusement que la femme ne parvenait pas plus de cinq secondes à ne penser qu’à elle sans systématiquement retourner les échanges et s’enquérir aussitôt de l’état ou de l’avis de l’autre. Elle ignorait encore si c’était dû à une excédante forme de politesse – bien qu’elle n'arrivait pas à réellement pencher pour cette option, à un simple et détendu échange de bon procédé né de cette volonté avouée de partager quelque chose de sincère et réel avec l’ex-psychologue, ou a un vrai besoin d’être en permanence à la recherche d’un sujet qui ne lui ferait pas parler d’elle et qui lui permettrait de s'échapper – un évitement en somme. Mais qu’importait les raisons et qu’importait les intentions, pour l'heure, elle se contenterait des faits.

Ivy était partie. James avait besoin de son propre isolement et de ses propres réflexions, et à elle qui avait éprouvé ce besoin d'être en contact avec quelqu'un pour épancher cette effroyable impression de solitude qui était née successivement de la désertion de la première protagoniste et l’esquive du second, elle ne cracherait pas sur cette proposition qui l'avait partiellement étonné de prime abord mais qui tombait sans doute à pique. Elle également avait son lot à compenser, même si ses propres épreuves étaient à titre de comparaison bien plus relatifs, aussi répondit-elle sur un ton gentiment moqueur et teinté d'une douce plaisanterie tout en dessinant sur les lèvres fines de la brune un sourire de plus en plus franc et affirmé. elle se prêtait de bonne volonté au jeu tout en répondant de la manière la plus simple qui soit à cette demande qu'elle avait quelques instants plus tôt formulé, en lui offrant tout le loisir de céder à une amorce de discussion futile, légère et insouciante.

« Schumer ? Elle commence a presque frôler la ringardise. Son humour a mal vieillit, un peu comme elle d'ailleurs. Non, autant partir sur une valeur sûre. Une bonne comédie romantique avec Emma Stone, un verre de Mumm dernière cuvée, et des Nachos au fromage de chez Mia’s. Alors, ok, des nachos et du champagne… ça craint un peu, mais on s’en fout, pas vrai ?

Elizabeth, elle aurait vraiment envie de nachos au fromage, de chimichangas avec des frites bien huileuses ou des quesadillas au chorizo. En fait, j’ai envie de bouffe mexicaine. »
Finit-elle comme un aveu par une récente lucidité en haussant les sourcils, l’estomac mis en appétit par cette énumération spontanée.

« Dis-moi que tu as trouvé un sachet de nachos grillé et un pot de sauce salsa dans la réserve en faisant l’inventaire histoire qu'on s'enfourne le tout déraisonnablement. » Continua t-elle sur le ton de la supplique ironique.

Son regard descendit sur le côté, légèrement en biais pour poser ses iris sur la chevelure blonde de Jena qui s’était perché à son épaule, cette lueur brillante d’un espoir naissant.

« Et parle moi aussi un peu de Kyle au passage. » Tenta-t-elle d’aborder après avoir laissé le temps à Jena de lui répondre dans cette enjouée lancée en se grimant d’une exagérée déception à une réponse négative ou au contraire, un sourire ravie, espérant que la souplesse de leur échange donne un écho positif à cette nouvelle pensée, à ce nouvelle axe qu’Elizabeth souhaitait explorer et ramenant presque subtilement le sujet à Jena, car c'était essentiellement d'elle qu'il était question et elle voulait avoir toutes les billes en main pour savoir sur quel axe travailler. « J’ai cru comprendre que vous étiez plutôt très proche, tous les deux. Je me trompe ? »
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

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Casier du Perchoir
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