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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur N] Hopeless - 10/04/35
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Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Dim 1 Mar - 23:42
Interprété par Matt Campbell et Carl Wilson.


La poussière n’en finissait pas de virevolter dans le sillage de l’aîné Campbell. Jouant de reflets fugaces dans la lumière du jour filtrant par les rideaux tirés, celle-ci ne trouvait guère de repos alors que Matt ne cessait d’aller et venir d’un bout à l’autre du salon. Triturant ses doigts de mouvements nerveux, rendu fébrile par la fatigue d’une nuit trop courte, d’une journée de la veille bien trop longues et intenses en émotions, et surtout ; surtout, il était abattu et désemparé par la perte de sa Mel’. Rongé par l’inquiétude et l’impuissance, l’homme tournait et virait, faisant les cent pas à s’en épuiser la patience et poncer le carrelage crasseux.

Tout agité qu’il était, il ne pouvait s’empêcher de jeter des oeillades tout autant emplies de craintes de voir ses poursuivant surgir du coin de la rue que débordantes de cet espoir insensé, certains diraient même fou, de découvrir sa soeur jaillir de ce même coin de rue. Mais il n’y avait rien. Rien d’autre que des morts par dizaines. De longues silhouettes dégingandées dans leurs errances sans ambition, sans conscience et leurs sens pourtant aux aguets du moindre bruit, du moindre mouvement qui pourrait tâcher de satisfaire l’appétit infernal qui les rongeaient.

Une énième fois, Matt laissa son regard courir sur le salon de cet appartement, redécouvrant chaque parcelle du mobilier, chaque anfractuosité des murs, chacune des traces laissées dans la poussière en seuls signes de passage. Les sillons laissés ainsi comme autant de preuve que la mort n’avait pas tout recouvert encore, que certaines étincelles de vie continuaient à se débattre malgré la folie et la décrépitude de l’espoir. Car l’espoir, Hope, n’était désormais plus rien qu’une ruine. Le souvenir éphémère d’un fantasme que leurs assaillants avaient balayé sans sourciller, comme l’on chassait un insecte trop gênant à défaut de réussir à l’écraser d’un coup de talon à la première tentative.

Un peu comme cette blatte trop aventureuse qui passa sous le pied de l’homme pour y rencontrer son destin, sans même que son bourreau ne s’en rendre compte, trop soucieux des siens pour l’être des insouciants. Adieu l’insecte saprophyte qui fut certainement attiré par le contenu de cette boite de conserve posée sur la table basse en regard de ce canapé miteux. C’était bien là le peu de réconfort qu’il restait à l’ancien archéologue. Quelques provisions, armes et fournitures chipées à la va-vite dans une fuite désorganisée par la peur et la surprise de l’attaque. Un sauvetage express rendu possible par le sacrifice inconsolable de sa Mel’ qui, n’écoutant que son courage, avait choisi de faire face à ces hommes à peine revenue de son nouveau trépas.

Un peu de nourriture, de quoi tenir quelques jours dans le meilleur des cas en compagnie de son acolyte d’infortune, qui lui non plus ne semblait pas avoir connu de trêve depuis son propre retour. Et en cela aussi Matt se sentait coupable. Profondément marqué par ce sentiment d’injustice presque divine à ainsi voir le sort s’acharner contre ceux qui luttaient à entretenir vainement une flammèche d’humanité qu’un souffle de désolation s’évertuait à faire vaciller. Lui qui était revenu dans un confort qui paraissait désormais plus que luxueux dans la ferme de ce brave Nelson, qui avait eu tant de temps et de repos pour se remettre de tout cela et rassembler ses idées. Lui qui avait pu jouir de la présence de nombreux survivants dans ce qui deviendrait Hope, aux côtés de sa soeur qui plus est et qui n’avait pas su prendre la pleine mesure, n’avait rien su voir, de la débâcle qui s’annonçait pourtant. Il s’était contenté d’être passif, observateur sans voix et sans présence, et si cela n’expliquait bien évidemment pas tout, ça avait dû peser dans la balance à un moment donné.

Après la séparation du groupe et les départs des uns et des autres, sans même mentionner le meurtre abominable de la jeune Cassandra, Matt s’était véritablement senti investi d’un devoir : celui d’aider sa soeur à accueillir et guider leurs semblables. Mais tout ce qu’il avait su faire, c’était subir. Subir l’infection de sa soeur, impuissant, subir l’attaque de ses hommes sans permettre d’offrir à Carl la paix et l’abri qu’il avait espéré lui prodiguer, pas même capable de sauver le tout jeune Croc-Blanc. Dire que l’aîné Campbell se sentait plus bas que terre, dans les actes et dans le moral, était un véritable euphémisme. Lui qui avait éconduit sans égard ce Matthew Jefferson et sa jeune amie sans penser aux conséquences, rongé par la rancoeur et la jalousie. Tout cela, toutes ces erreurs et les regrets qui les accompagnaient lui étaient profondément insupportables.

L’homme serrait ses dents avec force, ruminant son aigreur et sa détresse, l’esprit si agité par ses pensées qu’il n’en avait presque pas fermé l’oeil de la nuit, creusant ses yeux de profondes cernes que le manque de sommeil des jours précédents n’avaient déjà pas épargnés. Au lieu de cela, il se contentait de dépenser cette énergie puisée dans son état de nerf pour arpenter un appartement délabré, comme si une solution allait surgir de ce sol poli par ses semelles. Sa situation, leur situation, était des plus précaires. Ils n’avaient aucun allié à contacter, n’avait aucune idée de l’endroit où avait bien pu partir l’autre moitié du groupe et surtout, si ces derniers, le cas échéant, seraient enclin à les aider après le coup que leur avait fait Mel'. Dans le meilleur des cas, il restait la ferme de Nelson, mais celle-ci se trouvait à bonne distance de la ville, et Matt n’avait aucune idée de sa position exacte. L’ancien archéologue pouvait bien se triturer les méninges comme un forcené de la pensée, il ne voyait pas de solutions ni échappatoires autres que de compter sur l’aide de Carl ici présent pour continuer à entretenir l’espoir. Refonder Hope.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Ven 6 Mar - 14:39
Fuir. Fuir à nouveau. Fuir sans cesse. Fuir quoi qu'il arrive. Fuir quelques soient les personnes qu'il rencontre.

C'était comme une boîte à musique au couvercle coincé qui répétait la même comptine et dont la petite figurine de danseuse ne cessait de tourner, sans pouvoir se soustraire ni avoir le désir de se révolter. Lui qui avait cru pouvoir trouver un peu de repos et de paix, après trois longues journées à fuir et se déplacer incessamment face à l'agression, face à la menace et malgré les quelques personnes non-hostiles qu'il avait pu rencontrer, qu'il s'agisse de ce Donald au nom de famille difficilement prononçable qu'il avait de toute manière oublié ou cette fille qu'il n'avait pas réussi à rattraper. Avec Matt, cela ne faisait que trois personnes en réalité.

Il aurait pourtant dû avoir un éclair de réflexion quand en sortant de la maison, en cette matinée trop calme, il avait vu cette femme presque se jeter sur la porte de la caravane et tambouriner pour que l'on vienne lui ouvrir. L'espace de nombreuses minutes, il en était venu à imaginer être tombé sur un psychopathe qui avait fait d'elle son jouet et qui pouvait vouloir faire de même avec Carl ou pire encore. Et quand bien même le quiproquo avait pu être corrigé, il aurait dû prendre compte de ce signe que rien ne serait vraiment normal et que les choses allaient de nouveau déraper ; ou bien était-ce lui qui avait apporté le malheur dans cette maison ? Cette poisse qui semblait le coller avec l'acharnement d'une gueule de rôdeur sur sa chair depuis le moment où il s'était relevé.

Cette attaque avait été si brutale, violente et terrifiante qu'il en avait presque regretté d'être mis en joug par ces hommes et cette femme dans une autre maison du même quartier. Combien de balles l'avaient frôlé lorsque la maison de Matt et sa soeur fut arrosée par des armes d'une puissance de feu tellement supérieure à l'arbalète qui lui avait été confiée ? Même avec le recul d'une journée passée, il aurait été incapable d'en faire le compte. Au final ils n'avaient pu que partir en courant, se comportant en lâches sans doute d'abandonner cette femme, mais qu'auraient-ils pu faire d'autre ? Traqués malgré son sacrifice, traversant le quartier à bout de souffle, Carl en quasi-panique d'imaginer tomber à nouveau sur les deux énergumènes de l'avant-veille alors qu'ils avaient longé la rue dont il était venu à l'origine.

Devoir se cacher, courir, se cacher à nouveau, traverser cette vaste plaine ouverte et sans plus aucun couvert, ce devait être un miracle que l'un de ces véhicules de guerre ne les aient pas rattrapé à ce moment-là, ce qui n'avait pas freiné l'ardeur des hommes qui les avaient poursuivi à pieds. En dépit de l'adrénaline qui avait saturé ses veines et de ces événements une nouvelle fois chaotiques d'une surenchère qui le poussait toujours plus dans les bras d'un piège mortel, à croire que cette... résurrection s'il en est qu'il avait pu vivre avait été orchestrée dans le but de le plonger dans un espèce de jeu morbide lui interdisant tout répit. A chaque fois qu'il surmontait un danger, l'épreuve suivante se révélait bien pire.

Est-ce qu'il se trouvait en réalité dans un espèce d'enfer où tous ces gens jouaient la comédie pour le torturer ? Une question qu'il n'avait pas tellement eu le temps de se poser car après toute cette folie qui l'avait ramené à la ville - où il fallu cette fois échapper aux ongles crochus des morts-vivants, le refuge de ce bâtiment puis de l'appartement, s'enfermant dans une boîte de plâtre et de briques elle-même cachée dans une boîte plus grande, avait abouti à ce qu'il s'écroule de fatigue. La chute de tension dû au calme revenu avait permis à l'épuisement de prendre le pas, faute d'avoir pu bénéficier d'un repos suffisant ces derniers jours et contraint par les efforts qui lui avaient paru impossibles et les obstacles qu'il aurait juré insurmontable pour s'échapper, le guidant moins d'une heure à la suite de leur enfermement à attraper la première couverture qui passait pour s'enrouler presque en boule dans un coin de la pièce et s'effondrer la tête contre l'angle de murs.

L'arbalète et le carquois de carreaux, les couteaux, le talkie-walkie et son grand sac avaient fini étalé sur le lit, l'homme ne conservant sur lui que le gilet pare-balles et le holster à sa cuisse droite dans lequel était fourré le pistolet qu'il avait emporté sans munition. La peur d'être retrouvé par leurs agresseurs, la peine pour son acolyte qui vivait la perte de sa sœur - que Carl ne connaissait même pas, l'insécurité alarmante dans laquelle il était prisonnier et son corps trahissant tout cela par la sueur de son front et le supplice de son souffle peinant à se calmer, n'avaient pas suffi à combattre l'incommensurable désir de fermer les yeux. Le besoin prenant le pas sur la raison, il en était venu à accepter le risque de mourir dans son sommeil ou d'être réveillé par brutalité, afin de pouvoir dormir juste quelques heures, car son corps encore affaibli par son retour à la vie n'était toujours pas parvenu à se remettre complètement.

Cependant son sommeil n'avait lui eu aucun projet d'accalmie, puisque c'est un terrible cauchemar qui le tortura dans son inconscience. Celle d'une fuite, à la fois similaire mais si différente car c'était avec une femme qu'il se trouvait. S'il avait pu se rendre compte de l'absurdité, il aurait constaté qu'il n'avait aucun souvenir de son visage et pourtant dans ce cauchemar, il la connaissait bien. Il se voyait fuir les morts, fuir l'apocalypse alors qu'ils étaient presque seuls pourtant. Puis il arriva près d'un bâtiment à la porte délabrée, à moitié brisée, dans lequel il était entré étant donné que brusquement, il se persuadait non pas de fuir, mais d'être venu chercher quelqu'un qui était la proie d'un tortionnaire. Pourquoi ? Comment avait-il pu changer d'objectif aussi soudainement sans que cela ne lui paraisse anormal ? D'où était venue cette arme de poing qu'il tenait entre ses mains à présent ? Tout était si incohérent mais tellement vraisemblable dans ce songe.

Il entendit la femme qui l'accompagnait crier après qu'il soit entré dans le bâtiment à l'intérieur sale, poussiéreux et ravagé. Pris de panique, il était revenu vers l'entrée pour la voir elle se tenir à la portière d'une voiture accidentée, le visage déformé par la souffrance et la supplique, mais surtout le rôdeur appuyé sur elle qui arrachait la chair de son épaule et des espèces de nerfs qui s'étendaient de ses os à la mâchoire du monstre. Mais Carl ne réagit pas, quelques secondes durant, il regarda cette femme dont il était pourtant assez proche dans ses certitudes inconscientes, se faire dévorer vivante, avant de tourner les talons et accepter de l'abandonner et ainsi de la perde afin d'aller trouver et aider celle qu'il était venu chercher ici. Une autre femme, qu'il n'imaginait pas encore mais qui dans les pensées de ce scénario improbable lui était encore plus proche.

Il traversa plusieurs pièces en ruines et au mobilier brisé, toutes séparées non par des portes mais cette fois par de longues bandes plastifiées comme on en trouve dans les chambres froides ; il ne savait pas vraiment quel était le bon terme pour les qualifier. Ses mains tremblaient quelque peu, ses pas étaient précautionneux et son regard scrutait sans cligner des yeux devant lui et derrière par moments, terrifié qu'il était de voir arriver des rôdeurs qui viendraient le chercher, guidés par l'omniscience de Lucifer en personne. Il finit par arriver jusqu'à une porte épaisse et blanche à la poignée rectangulaire. D'un geste rapide il l'ouvrit et entra dans une
nouvelle et vaste pièce proprement... horrible. Des toilettes couvertes de sang, comme le carrelage des murs et du sol et la baignoire du fond face à lui. Ses tremblements intensifiés, il avait pivoté à gauche pour voir un spectacle indescriptible, qui lui glaçait le sang et plus encore, le paralysait de tout son corps plus sensible qu'il ne l'aurait voulu : une grande table, sur laquelle des membres humains découpés et ensanglantés étaient déposés. Des mouches virevoltaient autour de cet épouvantable amas de chair légèrement décomposé.

Carl su instantanément que c'étaient les restes de cette femme qu'il était venu chercher, celle qu'il aimait ardemment dans son songe et il voulu s'effondrer en larmes sur le sol, mais son regard se décala un peu plus à droite de cette table et il la vit. Ce fut un coup de massue qui écrasa sa cage thoracique tant son souffle semblait s'être coupé et broyé dans sa poitrine : d'autres toilettes à la lunette baissée, couverte de sang elle aussi à l'identique, à la différence qu'une tête tranchée était posée dessus. Les yeux étaient du bleu si clair de la mort, la peau passablement fripée par les prémices de la moisissure et ce regard, cette vision d'enfer qu'accentuait la chevelure châtain foncée et longue qui descendait recouvrir ces toilettes de chaque coté, entourant la tête cauchemardesque de sa dulcinée. Melody, c'était son visage.

Un sursaut l'extirpa de cette odieuse vision, Carl rouvrant ses yeux sur le décor de cette chambre d'appartement où il s'était isolé. Son front suait abondamment, il tremblait comme une feuille et ses muscles lui paraissaient si lourds. La vision avait été tant réaliste que la terreur l'étreignait encore à son éveil et son souffle se fit audible, alternant de soupirs gémissants à des semblants de râles rauques de sa voix, tandis qu'il se mit à regarder un peu partout autour de lui dans ce même état de quasi-panique qui l'avait ressenti tout au long de son cauchemar. Le visage de Melody voilait encore son regard, de sa tête décapitée et livide posée sur ces toilettes et c'est alors qu'il se sentit se dérober du sol.

Un râle plus intelligible s'échappa de sa gorge et il ouvrit les bras par réflexe, cherchant à se raccrocher à quelque chose alors qu'il se mit à chuter dans un vide terrifiant car des moments de noirceur illustraient les épais sols au travers desquels il passait, se soustrayant à la gravité et la matière de manière incontrôlable et bien plus consciente et effroyable que la première fois. Carl se vit chuter au travers de plusieurs étages et il voulut crier, mais son souffle s'était retenu durant la chute et la couverture dans laquelle il s'était enroulé se déroba à son tour à sa silhouette quand de panique il tourna sur lui-même dans sa chute, se retrouvant à voir et vivre d'autant mieux sa descente endiablée jusqu'au rez-de-chaussée à travers lequel il passait également, s'infligeant un moment de noirceur plus long de quelques hâtifs instants puisque le dernier sol était bien plus épais.

Et c'est dans une pièce sombre qu'il retrouva brutalement le contact de la matière, celle d'une forme solide sur laquelle son visage s'écrasa d'abord, sentant son nez le premier être frappé d'une violence inouïe dont découla aussitôt une flopée de sang, sa mâchoire ensuite éclatant sa lèvre sur ses dents qui vibrèrent de toute sa dentition avec sauvagerie. Le reste de son corps suivi sur quelque chose, une table sur quoi il s'écroula dans une cacophonie intense et lourdes de chocs et de craquements, stoppé par cette chose sur laquelle il s'était fracassé et dont dépassait ses jambes et ses bras, ses mains venant d'instinct et malgré la douleur terrible et le chaos de la mêlée subie, étreindre ce qu'il pouvait ; à savoir les bords de cette table avérée. Quelle erreur n'avait-il pas fait...

Il gronda de souffrance, étouffa de nouveaux râles et s'en suivie de terribles craquements qui annoncèrent que les pieds avaient cédé, le faisant brièvement chuter à nouveau avant de trouver un sol plus assuré sur lequel il encaissa un nouveau choc. Plus encore, ses doigts qui s'étaient trouvés dessous la table furent écrasés entre le bois et le bitume de cette cave pratiquement plongée dans le noir, si ce n'est une grille incrustée près du plafond d'un des murs qui donnait sur la rue. La douleur lancinante de ses mains et autrement moins anesthésiées par un choc, arracha un cri de douleur à Carl qui contractait tous les muscles meurtris de ses doigts martyrisés.

De très longs instants durant, dans le règne majoritaire de cette obscurité et malgré la pression sur ses mains traumatisées, il resta affalé d'affliction et se tue, manquant de s'évanouir tant la confusion avait été féroce et la souffrance se fit rude. A tel point s'en trouvait-il sonné qu'il ne fit pas attention au râle relativement discret et d'une toute autre nature qui s'éleva dans la pièce fermée, non loin de lui...
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Ven 6 Mar - 23:01
L’aîné Campbell fut rapidement tiré hors de ses pensées par une série de râles et gémissements qu’il attribua en premier lieu à un rôdeur beaucoup trop proche. Il sentit son sang se glacer dans ses veines en même temps qu’un frisson lui parcourait l’échine tant il était désagréablement surpris. Cela ne dura qu’une poignée de secondes, son visage se grimant d’une inquiétude parfaitement justifiée à l’idée qu’il n’avait pas suffisamment bien inspecté l’endroit. Son coeur se mit à bondir contre sa poitrine, l’obligeant à cesser ses déambulations craintives pour se figer comme un pleutre. Son teint pâlit à mesure que les râles semblaient s’intensifier en provenance de l’une des chambres, avant que la pression ne redescende enfin, comprenant qu’il s’agissait de Carl.

À peine rassuré, il se dirigea vers le lieu, s’emparant au passage et sans conviction du couteau de cuisine laissé parmi ses affaires personnelles aux pieds du canapé. Un objet qui lui demeurait particulièrement étranger en tant qu’arme, alors qu’il se sentait déjà peu certain d’avoir retrouvé ne serait-ce que ses facultés à éplucher une pomme de terre. L’oreille à l’affût et les sens alertes, il marchait lentement vers la chambre que s’était choisie son compagnon d’infortune pour trouver un peu de repos largement mérité, le volume des complaintes assourdies augmentant en conséquence de la distance qui se réduisait. Le poing serré sur le manche de l’ustensile de cuisine, il glissa un regard curieux par l’encadrement de la porte, le temps de confirmer la source sonore. Puis une moue affligée, issue de l’empathie si profondément ancrée en Matt, prit la place de la peur qui l’avait jusqu’à lors gagné.

S’il ne voulait nullement connaître les raisons qui poussaient son sommeil à se faire si agité, il ne pouvait s’empêcher d’en être profondément touché car lui-même avait connu de trop nombreuses heures de somnolence sans répit. Bien moins depuis qu’il était revenu, car les conditions de son retour avaient été bien plus agréables que celles narrées par son acolyte, mais il gardait souvenir de ses jours d’errance en quête de sa soeur au travers du Texas, et ses nuits guère plus supportables. Hachées par la paranoïa, la peur, la méfiance exacerbées par bien trop d’horreurs. Et l’ancien archéologue se trouvait là, sur le pas de la chambre, à se demander s’il devait interrompre le sommeil visiblement laborieux de cet homme, ou au contraire lui concéder un repos agité, mais malgré tout nécessaire.

Une question qui ne s’éternisa guère quand celui-ci sembla jaillir de lui-même de ses démons oniriques, particulièrement marqué par ses rêves tant il tremblait et suait. Matt s’engagea dans la chambre d’un premier pas, poussé par une volonté sympathique d’aller le rassurer quand, à son plus grand étonnement, homme et couverture disparurent littéralement à ses yeux, comme happés par un trou béant qui se serait creusé sous eux. Les yeux d’émeraude de l’aîné Campbell s’écarquillèrent d’une surprise clairement non feinte, ses lèvres s’entrouvrant dans un ovale béat d’une surprise toute justifiée tout comme sa main armée venait de s’ouvrir pour laisser choir la lame qui tinta contre le carrelage. De quelques enjambées rapides, il franchit les quelques mètres qui le séparaient alors de l’endroit où Carl s’était évanoui, constatant sans être en mesure de le comprendre que le sol demeurait dur et tangible sous ses semelles.

Sa main vint couvrir sa bouche alors qu’il ne savait clairement plus où donner du regard, tournant et se retournant sur lui-même à la recherche d’une explication quant à cette farce. L’inquiétude, l’angoisse, vint nouer son estomac alors qu’il se mettait à quatre pattes sur le sol, regardant sous lit, sous l’armoire, comme un enfant à la recherche d’un monstre dissimulé dans les ombres. L’incompréhension le gagnait lourdement, l’empêchant de rassembler ses pensées dans une quelconque logique à comprendre ce qui n’en avait manifestement pas. Il se releva dans un souffle pour quitter la chambre, traversant le couloir pour gagner la salle de bain et réaliser un état des lieux de cette pièce-ci.

“Carl ?” appela-t-il d’un ton modéré, mais qui ne laissait aucun doute quant à l’inquiétude qui le tenait en haleine.

Gagné par une forme de panique toute aussi irrationnelle que le phénomène auquel il venait d’assister, Matt parcourut les autres pièces de l’appartement, à la recherche de son compagnon. Puis l’idée lui vint qu’il avait peut-être fabulé jusqu’à l’existence même de cet individu, tout désespéré qu’il avait alors été d’être livré en solitaire face au mal de sa soeur. Et la mélancolie se fit plus assommante quand le sort de sa soeur se rappelait à son esprit. Ce combat qu’elle avait mené de front quand les deux hommes s’enfuyaient sous le déluge des balles qui déchiraient les murs de leur maison en éclats de bois et poussière de plâtre. Il se remémora sa détresse de l’instant, et sa colère face à sa propre impuissance. Comme il se sentait de nouveau impuissant en ce moment où son compagnon avait disparu.

Un souffle court mais intense fut expulsé par les narines de l’aîné Campbell lorsqu’il amena ses mains à venir se joindre à l’arrière de son crâne, empoignant ses cheveux entre ses doigts. Une nouvelle fois, il se rendit à l’une des fenêtres pour observer la rue, souhaitant presque y découvrir la silhouette de Carl qui se carapatait au milieu de celle-ci en choisissant de l’abandonner à son sort. Au moins cela lui aurait permit de savoir que l’homme se portait bien dans toute son ingratitude. Mais rien. Nulle bribe de vie. Seulement les mêmes dizaines de cadavres ambulants qui ne réagissaient de rien. Et sous la compression de ses doigts contre son cuir chevelu, ses réflexions se posèrent plus calmement, quand à sa mémoire se rappelaient les derniers instants de pugnacité de sa frangine qui avait usé de son don si particulier pour vendre chèrement sa peau et défendre les leurs. Peut-être était-ce là que résidait l’explication à ce phénomène autrement inexplicable. Et bien que Matt n’avait en l’instant aucune idée de ce dont il pouvait bien s’agir, il ne tarda pas à conclure que si l’homme était passé au travers du sol, ou s’était vu avalé par lui, alors il devait certainement se trouver à l’étage inférieur.

Plongeant la main dans la poche gauche de son blazer, il en extirpa le talkie-walkie qui s’y trouvait logé. Portant l’appareil à ses lèvres, il lança son appel d’un ton inquiet, les mots empressés à obtenir une réponse.

“Carl ? Tu me reçois ? Où es-tu ? Carl ?”

Un appel lancé dans le vide car, et Matt s’en rendit rapidement compte, sa propre voix grésillante lui revenait en écho depuis le couloir. Il s’en retourna vers la chambre occupée par le disparu, constatant avec un dépit non feint que l’autre talkie-walkie demeurait là, parmi d’autres affaires, sur le lit.

“Bon sang !” s’exclama l’ancien archéologue en replaçant le talkie dan sa poche, passablement excédé.

S’il comptait retrouver son acolyte, alors il se devait de prendre les choses en main. À commencer par son couteau qu’il ramassa sur ce sol poussiéreux avant de retourner au salon rassembler ses affaires. Puis Matt se dirigea vers la porte d’entrée, dont il ôta la petite chaînette anti-effraction pour atteindre la cage d’escalier. Le silence des lieux lui renvoyait l’écho de sa respiration rendue tremblante d’appréhension, ainsi que quelques râles et grognements étouffés que le corridor semblait prendre malin plaisir à amplifier au point qu’il soit difficile pour lui d’en identifier la provenance. Le couteau tenu devant lui de manière bien maladroite dans une main, la lampe-torche dans l’autre, il entreprit de descendre pas-à-pas chaque marche de l’escalier, s’arrêtant à chaque demi-palier pour jeter de nombreux regards inquiets vers la suite de sa progression, à s’assurer qu’aucun de ces monstres affamés n’arpentait les lieux.

Mais seules des traces de sang séchées, incrustées par le temps dans les couches les plus profondes de la peinture et d’autre traces de combats s’offraient au halo de sa lampe et à ses prunelles émeraudes. Parvenu à l’étage inférieur, il avisa la porte de l’appartement situé juste au-dessous de leur refuge actuel, pour constater avec frustration que celle-ci était close. D’une bien vaine tentative, il tenta de la forcer d’un coup d’épaule, la faisant trembler sur ses gonds sans parvenir à l’ouvrir. Désabusé et faute d’une méthode plus efficace, Matt dut se résoudre alors à cogner contre celle-ci de la pointe de sa chaussure. Quelques tambourinements qui résonnèrent lourdement dans la cage d’escalier alors que sa voix prenait la charge de couvrir plus encore le raffût.

“Carl ! T’es là !?” s’écria-t-il contre le battant de bois renforcé qui demeura muet en retour.

Ce qui ne fut pas le cas du reste de l’immeuble, quand quelques râles lointains, mais signifiants, commencèrent à se faire entendre. Quelque part autour de lui, semblant provenir des étages supérieurs, le bruit si distinctif quoiqu’étouffé de vaisselle brisée brisa le silence de l’endroit pour en accentuer l’oppression. L’aîné Campbell déglutit fortement, pivotant pour laisser balader le faisceau de sa lampe-torche le long des murs du corridor et des escaliers, dans un jeu d’ombre et de lumière étouffant. La fébrilité le gagnait à nouveau, faisant trembler le halo lumineux dans sa main à l’image de sa respiration. De toute part, des sons feutrés se manifestaient. Grognements, frottements traînants, coups sourds contre des objets de nature diverse. À chaque seconde, une chape sonore tout à fait écrasante prenait vie, mais aucunement celle qu’il espérait tant entendre.

Matthew ne put se résoudre plus longtemps à attendre de découvrir quelle horreur surgirait des ténèbres pour le surprendre, reprenant sa descente vers l’étage inférieur avec la même démarches bien trop précautionneuse pour être véritablement efficace, car s’il souhaitait prévenir les menaces se trouvant devant lui, il se découvrait toujours plus à celles qui pouvaient venir de derrière. Lorsque l’homme se trouva devant la porte de l’appartement situé encore en dessous, il réitéra sa tentative devant la porte d’entrée qui cette fois ne lui offrit aucune résistance. Pour cause, son battant était largement défoncé et sa serrure disparue, laissant toute liberté à celui-ci de pivoter sur ses gonds.

L’appartement qu’elle desservait n’était d’ailleurs pas dans un état plus enviable au premier coup d'oeil. Les meubles étaient renversés ou retournés, trônant parmi un bric-à-brac d’objets de moisissures que peinait à éclairer la lumière parvenant à s’infiltrer par les minces raies des rideaux occultants. Matt piétinait nombre de feuilles jaunies, sous lesquelles des débris de verre craquaient et crissaient contre le carrelage sous le poids de ses semelles. Instinctivement, il porta son attention vers la chambre de cet appartement, dont le découpage des cloisons se voulait identique à celui qu’ils occupaient deux étages au-dessus, comme c’était souvent le cas dans ce genre d’immeuble construit sur un modèle symétrique.

Un détail de la pièce capta immédiatement son attention, malgré le capharnaüm des lieux. Une couverture suspendue qui pendait sur une bonne moitié de la hauteur de pièce par l’une de ses extrémités qui semblait elle-même prise dans le plafond. Une anomalie si intrigante qu’elle ne fit que renforcer l’incompréhension de l’homme qui maintenait sa lampe braquée sur ce morceau de tissu à l’emplacement ubuesque.

“Carl ?” appela-t-il une nouvelle fois, sans n’obtenir d’autre réponse que l’écho de sa propre voix. Et un grognement rauque à ses pieds. Il braqua sa lampe comme son regard vers la source du son, découvrant dans le halo deux bras décharnés qui se débattaient en balayant les détritus, et dont les origines se perdaient sous une commode effondrée qui sursautait alors de maigres soubresauts. Et une nouvelle fois l’impuissance le saisit, sous la forme cette fois ci d’une main aux doigts putrescents qui agrippa sa cheville.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Mar 10 Mar - 15:45
Le supplice avait paru durer une éternité, tandis que la pression de la table sur ses doigts s'accentuait tout au long des instants où il était demeuré paralysé de douleur. Son visage s'était d'abord redressé, ses yeux brûlant de la poussière qui s'y était insinuée, au même titre que sa chevelure ébouriffée en était couverte. Toute la pièce plongée dans l'obscurité semblait être un débarras à poussière et quand Carl fut capable de tirer sur ses doigts en grognant de peine afin de les extraire de sous la table, d'abord la gauche puis à droite, les dos de ses mains frottant le sol mis cela en évidence.

Les dos des ses mains étaient par ailleurs les dernières zones où il ressentait encore quelque chose, car la meurtrissure du reste en faisait un poids mort qu'une découpe à la scie n'aurait pas su réveiller. Il expira un souffle harassant et bascula sur sa gauche pour s'écrouler quelques centimètres plus bas, libérant cette table qui n'avait rien demandé et qui s'en trouvait en morceaux de son poids. S'il avait pu avoir une vision correcte, sans doute une superposition d'images nébuleuses et blanchâtres se seraient imposée tant il se retrouvait étourdi par cette chute spectrale et la succession de chocs incontrôlés qui en avait découlé.

Il était à moitié assommé, c'était même surprenant qu'il ne soit pas inconscient et cassé en morceaux étant donné la hauteur de la chute, mais ce n'était pas une question qu'il pouvait raisonnablement se poser, puisqu'il ne pensait plus à grand chose si ce n'est au sang qui collait son visage, issu directement de sa bouche et ses narines et son état lamentable. Ses bras lâchèrent pour s'étaler sur une surface solide, froide et uniforme qui laissait suggérer que du béton recouvrait cette cave, son visage basculant sur son flanc, ses yeux se révulsant quelques instants, il demeura à moitié extrait de la réalité, percevant en écho résonnant son souffle porté et laborieux.

Il ne sut pas combien de temps il demeura dans cet état, la notion de temps lui échappait mais ce qui était certain, c'est qu'à son insu, les râles qui s'étaient timidement levés dans la pièce se renouvelaient avec plus de rigueur et de force, accompagnés d'un fracas de métaux et d'autres matières trahissant les objets que le rôdeur faisait tomber, que ce soit sur son passage ou en se relevant d'une oisiveté persistante. Les tympans de Carl étaient obstrués par les conséquences de l'intense fracas de sa masse, les bouchant de très longs instants avec un léger sifflement semblable à la variation de pression engendrée lors d'un décollage ou d'un atterrissage en avion, bien qu'en l'occurrence l'atterrissage avait été bien plus direct et rude.

Son souffle se calma peu à peu, son bras droit basculant pour que sa paume puisse toucher le sol, ses pensées se rassemblèrent au fur et à mesure qu'il retrouvait un peu de lucidité post-choc, ravivant d'autant plus la douleur lancinante de son nez qu'il eut l'impression avait été cassé tant il brûlait. D'un effort qui lui paru colossal, il redressa le visage puis plia la nuque vers l'avant pour rouvrir ses yeux momentanément clos sur la pièce, les conservant plissés néanmoins, comme tous les traits possibles de son visage épris de souffrance. Cela nécessita quelques instants supplémentaires de prise de conscience, pour que Carl se rende compte des râles qui à présent précédaient à l'ouïe les pas traînards du monstre décharné.

Sous le coup de la pression soudaine imposée par cette présence, le semblant d'adrénaline s'il en restait dans son organisme le secoua un peu plus et il roula sur le coté, prenant appui de son épaule avant de poser sa main opposée sur le sol pour se redresser. Grave erreur, la douleur à la pression de ses doigts failli lui arracher une plainte élancée qu'il tenta tant bien que mal - surtout mal - d’étouffer entre ses dents serrées, abandonnant la tentative pour revenir presque sur le dos. Faute de pouvoir compter sur ses mains, il s'appuya plutôt des coudes et s'aida de ses jambes épargnées afin de se redresser un peu plus, cherchant du regard la bête qui lui glaçait le sang d'effroi rien qu'à l'entendre dans ces ténèbres moqueurs, son mouvement de tête hasardeux par les maux de tête horribles qui alourdissaient cette dernière.

Il aurait voulu être discret, mais cela lui était totalement impossible : son souffle peinait à dissimuler l'agonie qu'il paraissait vivre et il frémissait de tout son corps, ses muscles endoloris n'aidant guère à maîtriser ses propres gestes maladroits alors qu'il essayait de se reculer en glissant sur le sol, poussant sur ses bottes, ce qui néanmoins avait pour résultat plus de frottements et d'indications pour le monstre, lui permettant d'être orienté à le trouver, que la distance parcourue ridiculement faible. Inévitablement, le mort-vivant plus dynamique que Carl ne pouvait l'être, fini par buter de sa jambe traînarde sur sa semelle de botte et gronda d'un râle plus emporté en se penchant soudainement et vivement vers avant, comprenant instinctivement qu'il venait de trouver son repas.

Dans la panique et d'un grondement aussi rageur qu'affligé, l'homme redressa l'autre jambe et l'envoya des quelques forces qui semblaient lui rester vers ce qu'il espérait être son estomac, dans le but de le repousser. Il était terrifié à l'idée que ce monstre qu'il distinguait à peine se jette sur lui pour déchirer sa chair, horrifié de revivre ce dont il se souvenait comme le pire de tous les cauchemars et les traumatismes qui avaient marqué sa vie antérieure, enfoui dans un coin de sa mémoire embrouillée. Mais le destin le haïssait comme il n'était pas possible de mépriser une créature : au lieu d'être rejeté de son apparence informe dans cette obscurité morbide, le mort-vivant avait reçu la frappe au sommet de sa cuisse et bascula avec plus de vigueur sur l'homme, contraignant Carl à endurer la douleur jusque là insupportable de ses mains pour venir stopper la bête qui grogna d'excitation.

Ses mains s'enfoncèrent dans le tissu rongé de ses vêtements en lambeaux et partiellement dans la chair putride de son buste, le dégoût ressenti par Carl bien moindre que la douleur de ses doigts encore commotionnés, elle-même encore inférieure à la peur indicible motivée par son désir de survie. Aussi ironique et absurde que cela pouvait paraître, l'ex-prisonnier qui était déjà mort voulait vivre cette fois encore, démonstration de la folie d'un individu qui répétait les mêmes erreurs en espérant que cette fois, les choses seraient différentes. Comment pouvait-il même avoir l'illusion que ce serait le cas ?

Le visage de la bête décharnée était tout près et son oreille libérée de son bouchon pouvait entendre ses dents claquer d'un désir irrépressible de venir déchirer la chair de son visage. Carl bascula ce visage en question sur le coté en poussant aussi fort que possible sur ses bras avec un désir tout aussi intense, mais celui de l'éloigner plutôt que de s'en rapprocher. Ses yeux se fermèrent, inutiles dans cette situation où il ne voyait presque rien et sans doute submergés par l'affolement, autant que ses dents se serraient derrière ses lèvres closes et plissées avec supplice, phobique d'imaginer des matières poisseuses ou liquides sanglants tomber de la bête pour venir glisser dans sa bouche, dans ses yeux ou atteindre ne serait-ce que la chair ouverte de sa lèvre.

S'il ne craignait pas quelque chose d'aussi dégoûtant, il ouvrirait grand la bouche au contraire pour crier et appeler à l'aide, Matt, le Christ, Lucifer lui-même de le sortir de cet enfer. Il avait toujours eu conscience de ne pas avoir été exemplaire dans sa vie, mais méritait-il de subir autant de malheurs et de souffrances avec un tel acharnement ? Existait-il une volonté quelque part qui faisait payer au centuple la plus petite erreur, jusqu'à détruire toute espérance d'avoir une seconde chance un tantinet correcte à vivre ?
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Mer 11 Mar - 13:05
D’un mouvement de recul, l’aîné Campbell tenta de se dégager de l’emprise soudaine et mal avisée de cette main putréfiée. Malheureusement, il fut une fois de plus surpris par la force que possédait ces créatures malgré leur état de décomposition avancée, comme si aucune logique d’ordre biologique ne semblait s’appliquer aux rôdeurs. Déséquilibré sans en être libéré, Matt bascula en arrière, lâchant sa lampe-torche pour essayer de se retenir à une étagère poussiéreuse où quelques livres reposaient. Une étagère qui craqua, puis céda de son accroche dans le plâtre pour s’écrouler en même temps que l’homme.

Le choc fut rude pour l’ancien archéologue qui sentit l’arrière de son crâne cogner assez lourdement contre le sol dans une douleur sourde. L’infecté quant à lui venait d’amener sa seconde main rejoindre la première, agrippant le tissus et les lacets de sa chaussure en tirant de toutes ses forces. La commode effondrée sur la créature se trouvait toujours agitée de quelques soubresauts à mesure que cette dernière s’en extirpait lentement. Poussant sur son bras libre pour se redresser en position assise, le coeur battant toute la mesure de la panique qui commençait à le gagner, Matt frappa les avant-bras du rôdeur de son pied libre, espérant bien vainement lui faire lâcher prise.

Au lieu de cela, il se sentit glisser sur quelques centimètres, entraîné par la poigne du monstre dont le visage s’extrayait de sous les décombres, faisant claquer ses dents avides de chair dans quelques grognements révélateurs de son appétit. D’un geste désespéré, rendu plus prompt par la panique, Matt ramassa l’un des livres tombés au sol pour le lancer à la figure du monstre. Et si la tranche du bouquin frappa la créature en plein visage, cela ne le perturba pas plus d’une seconde, ne l’empêchant pas de peu à peu gagner du terrain. L’aîné Campbell tira alors sur ses propres jambes pour ramener son bassin plus proche de ses talons, et surtout sa main armée.

Aidé du couteau de cuisine, il commença à trancher les chairs putrides au niveau de l’un des poignets de la créatures, une grimace horrifiée et paniquée sur le visage, quelques gouttes de sueurs roulants dans ses yeux depuis son front.

“Allez allez allez ! Lâche-moi saleté !” gronda-t-il sous l’emprise de l’énervement et de la peur.

Le bruit de la lame tranchant la chair putréfiée, comme le liquide hautement nauséabond qui se dégageait de la plaie lui souleva le coeur, l’obligeant à retenir son souffle et serrer les dents pour ne pas laisser libre court à la nausée qui le prenait de s’extraire de son estomac. L’arrière-goût du vomi lui prenait la gorge, surtout lorsqu’enfin le lame acheva de trancher la première main qui demeura agrippé à sa cheville, refermée sur le tissu de son pantalon. L’homme frappa alors le second bras de la créature de son pied libre tout en tirant sur celui emprisonné, dans un dernier effort accompagné d’un cri puissant. Une dernier effort qui porta ses fruits lorsqu’enfin il échappa à la prise du monstre affamé, basculant sur le dos.

Matt battit des pieds et des jambes pour se reculer, avant de se retourner pour reculer plus vivement encore. Le souffle court, le coeur toujours plus bondissant, il ramassa sa torche à la lumière déjà faiblissante et quitta la chambre sans demander son reste. Sortant de cet enfer, il se rattrapa tant bien que mal au mur du couloir faisant face à la porte. Une main plaquée contre le mur, il put enfin laisser se déverser le contenu de son estomac trop longtemps retenu, dans une flaque translucide de bile et de quelques résidus de digestion. L’homme tremblait de la tête aux pieds, fébrilement. Mais son épreuve n’était pas terminée lorsque la porte d’entrée de l’appartement claqua bruyamment contre le mur du couloir, laissant apparaître un autre infecté. Une vieille femme à l’embonpoint affirmé rendu plus flasque par l’épreuve du temps et de l’infection. La créature grogna et hurla de quelques gargarismes éraillés et aigus, avançant les bras tendus en avant pour s’emparer de l’appétissant Campbell.

Ce dernier se redressa subitement, poussant un juron avant de faire volte-face et s’enfuir en direction du salon. Avisant le mobilier renversé, il contourna le massif canapé de la pièce, le plaçant en obstacle entre lui et la créature, demeurant observateur durant quelques secondes de la progression du monstre. La vieille femme infectée ne chercha pas à réfléchir, faute de pouvoir, et fonça droit sur l’archéologue en passant d’un côté du meuble. Matt contourna alors le canapé pour maintenir la faible distance et l’obstacle entre elle et lui, dans un jeu du chat et de la souris que l’homme espérait remporter par la ruse, oubliant l’idée même d’une tentative d’affrontement.

Dès que la voie fut libre, le couloir dégagée de la masse corporelle de la vieille femme, l’homme prit ses jambes à son cou et se rua hors de l’appartement, refermant la porte d’entrée derrière lui bien que celle-ci n’offrirait aucune résistance au monstre. L’aîné Campbell dévala les escaliers vers l’étage inférieur, à savoir le rez-de-chaussée. Mais aucun appartement ne se trouvait en-dessous. Juste une large alcôve où se trouvaient autrefois les boîtes au lettres de l’immeuble, et de quoi entreposer vélos et poussettes des occupants. Le souffle rapide, et l’esprit notamment pressé par le raffut en provenance de l’étage supérieur qui se répercutait dans l’ensemble de la cage d’escalier et du hall d’entrée, il se contenta de faire quelques moulinets sur la lampe-torche dynamo afin de retrouver un peu de puissance d’éclairage, appelant d’une voix plus tonnante son compagnon, se moquant bien désormais d’attirer l’attention des occupants de l’endroit.

“Carl !”

Le mal était fait et le temps venu de suivre la piste laissée par cette couverture emplafonnée. Descendre. Toujours descendre. Matt avisa donc les marches qui s’enfonçaient sous le rez-de-chaussée, devant très certainement mener à des caves ou un abri quelconque comme il s’en était tant construit lors de la guerre froide et la crainte d’une guerre nucléaire. Armé de sa lampe et son couteau souillé, l’homme s’engagea donc dans l‘obscurité de plus en plus tenace, les sens tellement en alerte par les bruits qui l’entourait qu’il n’était pas en mesure d’identifier la source d’une quelconque menace. Il s’en tenait à ce qu’il savait, à savoir que les étages supérieurs étaient risqués, sans certitude que la situation serait meilleure sous ses pieds.

Parvenu devant une porte qu’il estimait mentalement être celle qui correspondait à l’exacte inférieure à la chambre de Carl, il chercha à l’ouvrir, se heurtant une nouvelle fois à de la résistance. De l’autre côté lui parvenaient assez distinctement des râles et grognements de rôdeurs. La boule lui monta au ventre, compressant une fois de plus son estomac alors qu’il s’imaginait déjà le pire. Les pires choses d’ailleurs, car si Carl ne se trouvait pas de l’autre côté, il allait lui-même se jeter dans un nouveau piège, un nouvel affrontement dont il se savait ne pas être dominant.

D’un grondement excédé de frustration, l’aîné Campbell recula de quelques pas avant d’envoyer lourdement son pied frapper le bois de la porte. Cette dernière trembla, et s’entrouvrit légèrement, dans un boucan de tous les diables de sons de métaux clinquants. Au second coup, le battant s’ouvrit plus largement encore, accompagné d’un choc bien plus lourd et bruyant. L’occasion également pour l’archéologue de constater que la main tranchée du rôdeur demeurait agrippée à son pantalon, comme une relique ou un trophée bien odieux à afficher. Un dernier coup et l’homme put enfin s’engouffrer dans la pièce à la noirceur seulement atténuée par la lumière d’un petit soupirail. Le faisceau de sa lampe-torche ne tarda pas à mettre en évidence la scène qui se jouait sous ses yeux, à savoir un corps décharné affalé sur son compagnon. Le sang de Matt ne fit qu’un tour. Enjambant les détritus et obstacles initialement calés derrière la porte et désormais dans son passage, il parvint jusque dans le dos de la bête vorace.

“Lâche-le !” s’écria-t-il en abandonnant sa lampe-torche à même le sol pour se ruer vers le monstre.

Il essaya de lui planter le couteau de cuisine dans la nuque, mais se loupa de peu en atteignant l’omoplate de la bête. Un coup dans le vide néanmoins, qui ne fit presque pas broncher la créature tant celle-ci se voulait concentrée sur le malheureux Carl. Matt empoigna alors le monstre à pleines mains, agrippant le tissu de son haut dans le dos pour tenter de l’arracher à l’emprise qu’elle tenait sur Carl. Forçant sur ses jambes et dans un grognement d’effort, Matt tira de tout son poids sur la masse morte et pourtant pleine d'entrain, jusqu’à se retrouver déséquilibré à son tour. Dans une tentative de renforcer ses appuis, il sentit son pied se poser sur une forme ronde qui roula sous son poids, achevant de le faire basculer en arrière. L’aîné Campbell se retrouva alors sur le dos, le souffle coupé et la tête une nouvelle fois assourdie par le choc de la chute.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Sam 14 Mar - 22:58
La bouche de l'enfer, c'est ce qu'il perçut à la senteur putride de l'haleine de ce monstre qui se vautrait sur lui. Ses mains aux ongles presque noirs comme le pétrole vinrent s'accrocher au tissu de son tee-shirt, s'y agrippant de gestes ondulants telles d'énormes araignées, ce qui accentua la panique de Carl qui avait cessé de s'étouffer malgré le risque, pour gronder de toutes ses forces en essayant de repousser la bête. Mais ses efforts ne payaient guère car ses mains - faute de trouver une pression solide - s'enfonçaient davantage dans le torse spongieux du monstre, passant au travers des vêtements pour ouvrir son buste en délitant sa chair telle de la gélatine moisie.

Les dents du rôdeur claquèrent à quelques centimètres de son visage, il n'en faudrait que si peu pour qu'il vienne arracher ses lèvres, sa joue et ses nerfs d'une bouchée luxueuse, ce qui ne fit qu'accroître la frénésie de celui-ci qui se mit à déchirer son tee-shirt en arrachant les coutures de ses épaules, n'accordant à Carl que la chance qu'il ne soit pas suffisamment malin pour s'attaquer directement à ses bras nus. C'est à ce moment-là qu'une pensée stupide lui vint à l'esprit : pourquoi n'avait-il pas pris le temps de récupérer une simple veste de cuir ? Pourquoi avait-il facilité le destin en se baladant si peu protégé, comme un poulet agité sous le nez sensible de ces créatures voraces.

Ses mains finirent par atteindre la cage thoracique, du sang coagulé s'écoulant sur le buste de Carl, tâchant son vêtement d'un mélange de matières spongieuses et de fluides seulement partiellement épaissi, le reste se répandant d'une structure parfaitement liquide qui s'élargie jusqu'au dessus de ses pectoraux, imprégnant sa peau sous le tissu qui rougi rapidement. Un râle de désespoir mêlé à une colère grandissante échappa à l'homme qui poussa un peu plus fort une fois la prise obtenue de ces larges os miraculeusement intacts, ne devant d'éviter l'écorchure qu'au reste de vêtement de la bête qui avait accompagné ses gestes, ce qui ne protégea guère ses mains de se recouvrir de chair broyée, s'écrasant sur sa peau et entre ses doigts avec l'aisance d'un hachis de purée, parfaitement immonde plus encore au toucher qu'à l'odeur ; une remontée gastrique lui donnait envie de vomir mais tout corps était trop tendu pour céder.

Le calvaire dura plusieurs minutes, à se débattre, tournant la tête à gauche et à droite pour éviter la terrible mâchoire du rôdeur, incapable de le repousser tant la bête s'accrochait à lui et qu'il manquait de force et de forme, mais puisant dans des énergies qu'il n'avait pas de tenir et ne pas se laisser dévorer vivant. Il tentait sans cesse de trouver une opportunité de ses genoux pour venir s'aider, mais les jambes lourdes comme du ciment de la créature s'appuyaient sur les siennes de bien mauvaises circonstances, à la défaveur de Carl.

C'est après un temps qu'il cru interminable, alors qu'il était sur le point de céder face à cette bête qui semblait imperturbable, infatigable, ni capable de changer de stratégie pour accéder facilement à son repas si prometteur, que de lourds coups résonnèrent depuis l'angle gauche, traduisant les frappes rudes portés à la porte d'entrée. Le désespoir pris alors l'ascendant sur son colérique désir de vivre, car il imaginait déjà d'autres monstres se ruer dans cette cave pour venir le déchiqueter vivant et une terreur indescriptible le fit s'agiter plus fort encore. S'il avait au moins gardé le plus petit couteau, il aurait été prêt à se le planter lui-même dans le crâne : tout lui était préférable à l'inimaginable torture d'être dévoré.

C'est quand la porte céda qu'il ouvrit pleinement les yeux, par un besoin inexplicable de ne pas recevoir son supplice dans un noir complet, et pourtant ce n'est pas ce qui vint : un faisceau lumineux contredit aussitôt la probabilité que d'autres rôdeurs viendraient à lui et quelques instants plus tard, il entendit cette voix qui soulageait Carl bien au-delà de ce qu'il pouvait imaginer, à tel point qu'il voulu abdiquer à la larme qui s'était formée au coin de ses yeux et à laquelle il n'avait pas permise de s'écouler. Matt descendit comme un buffle et se rua sur le rôdeur, qui n'y prêtait pas plus attention. La suite, il fallait bien admettre que Carl n'était pas parvenu à la comprendre : un poids qu'il devinait être la prise de Matt vint contrebalancer celui de la créature, arrachant ce qu'il restait du tee-shirt de Carl aux épaules et soulevant partiellement le monstre.

A cette sensation, il relâcha les prises de ses mains, ses poignets tendus à l'excès par l'effort incommensurable qu'il ne se serait pas pensé capable de fournir pour résister aussi longtemps à la prise de ce monstre, mais les choses tournèrent mal : il fut surpris de percevoir la silhouette de Matt basculer et vit avec effroi le rôdeur retomber sur lui, prenant de cours Carl dont les mains recouvertes de matières organiques immondes glissèrent sur le rôdeur qu'il avait, dans un réflexe vain, tenté de freiner en agrippant sa gorge.

Mais à se focaliser ainsi sur son visage effroyable, il en avait oublié ses mains dont les ongles vinrent s'enfoncer dans ses épaules, s'y introduisant cette fois sans entrave. La bête y mettait une force si rêche et redoutable qu'il ne fallu que quelques instants pour déchirer la peau de l'homme, faisant s'écouler son sang à mesure qu'il arrachait des lambeaux de chair. Un terrible rugissement de souffrance s'extirpa des lèvres de Carl qui enfonça ses mains dans sa gorge en conséquence, atteignant rapidement son larynx et son propre visage se déformant d'une grimace de supplice. Il avait l'impression d'être pelé vivant tant ces ongles broyaient aisément sa chair fragile.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Dim 15 Mar - 10:41
L’assourdissement de l’aîné Campbell ne dura cependant pas bien longtemps car le cri déchirant de souffrance qui atteignit ses tympans fit bondir son coeur contre sa poitrine. Si son organe avait pu en jaillir, sûrement l’aurait-il fait. La décharge d’adrénaline déversée dans ses veines par l’urgence et la compréhension appréhensive que le pire était en train de se produire banda tous les muscles de l’archéologue qui se força à passer outre sa douleur et sa désorientation. Matt se releva, amena ses émeraudes à observer la scène de pugilat entre la vie et la mort. Une grimace effrayée et colérique marqua son visage lorsqu’il se rendit compte, impuissant, que cette dernière l’emportait.

“Lâche-le !” hurla-t-il à l’attention du monstre en se précipitant vers lui, le contournant pour se placer aux flancs de Carl.

Un ordre bien futile car l’aîné Campbell ne s’attendait à aucune obéissance de la part de la créature. Levant son pied d’appui, l’homme envoya son épaisse semelle dans les côtes de l’infecté, espérant le déloger de son festin. Un coup brutal, sans dosage ni retenue de la part d’un homme aux mollets et cuisses renforcés par des années de pratique de randonnée et trekking, mais qui n’avait jamais eu d’aptitudes pour le combat. De cette violence découla une nouvelle surprise maladroite quand le coup frappa la créature. S’il fit se déporter la carcasse du rôdeur de quelques centimètres sans le perturber outre mesure dans son agression du pauvre Carl, Matt eut la très désagréable surprise de voir les os céder sous sa chaussure et son pied écraser le poumon pourrissant de la créature, l'air ainsi comprimé et chassé par sa gorge arrachant à cette dernière un cri particulièrement strident. Une nouvelle fois, souhaitant retirer son pied de la cage thoracique, l’incapable Matt se sentit déséquilibré et tituba de quelques pas en arrière. Le bas de son dos heurta une table ou une planche, il n’en savait trop rien, provoquant l'effondrement d’un fatras indescriptible dans un concert cacophonique de bois, de plastique et de métal.

L’homme se raccrocha à ce qu’il pouvait, sa main gauche tombant alors sur une masse métallique fine. D’un regard, il identifia de par la maigre clarté des lieux, le crochet d’un grappin. Et l’idée germa aussitôt dans son esprit de l’utiliser contre le rôdeur, faisant de sa maladresse un atout inattendu. Revenant sur ses appuis, un souffle déterminé fuyant de son nez, il arma son bras armé du grappin pour le planter dans le corps de la créature avant que celle-ci ne puisse complètement dévorer son compagnon en souffrance. L’outil se planta dans les chairs putrides dans un bruit de succion dégoûtant, s'agrippant contre les vertèbres du monstre avec suffisamment de solidité pour que l’archéologue puisse assurer sa prise. Ce dernier enroula rapidement la corde de nylon tressée autour de son poignet et tira de toutes ses maigres forces, tout son poids basculé vers l’arrière pour enfin, enfin, parvenir à arracher le prédateur à sa proie.

Le rôdeur bascula sur le côté et roula sur le dos, ses bras continuant de battre l’air en quête de son festin, gigotant, grognant et râlant, claquant des mâchoires en direction de Carl. Matt força sur ses jambes à nouveau, le dos arqué en arrière pour faire contrepoids afin de mettre une distance plus raisonnable entre l’infecté et son repas, quelques secondes avant de se redresser sur ses appuis. Il bascula tout son poids sur sa jambe gauche, levant son pied droit pour envoyer un coup de semelle contre la tempe de l’infecté. Une fois. Deux fois. Un grognement d’effort rauque et déterminé s’échappait à chaque coup d’entre ses dents serrées. Au troisième coup, un craquement osseux se fit entendre. Le quatrième achevant de broyer la boîte crânienne du monstre entre la semelle de Matt et le béton du sol. Le rôdeur cessa alors de s’agiter dans un dernier soubresaut, son cerveau réduit en bouillie se délitant par les fractures osseuses de son crâne fendu.

Matt se soulagea d’un long soupir, le coeur battant la chamade, la respiration haletante et le front mouillé de sueur, mais n’accepta aucun repos ni répit car son acolyte demeurait en bien mauvaise posture. Enjambant la créature inerte, il se jeta aux côtés du blessé, posant genou à terre, découvrant avec horreur l’état des épaules griffées, profondément labourées par les doigts de la créature. L’estomac de l’aîné Campbell se noua d’un nouveau sentiment de colère et d’injustice, écrasé par l’impuissance et l’accablement de ce schéma répétitif qui n’en finissait pas de se jouer de lui.

“Non non non non non. Carl !? Merde, merde, merde. MERDE !” s’emporta-t-il, la voix emplie de cette détresse palpable quand ses émotions allaient jusqu’à embuer son regard.

Moins de quarante-huit heures. Voilà le temps depuis lequel les deux hommes se connaissaient sans se connaître toutefois, forcés par les événements à collaborer, à partager fuites, pièges et mésaventures. La veille, l’aîné perdait sa cadette, la prunelle de ses yeux, et aujourd’hui, un compagnon qu’il s’était engagé à aider, un homme aussi démuni qu’il pouvait l’être lui-même. Et déjà le destin, dans son ignominie, cherchait à le lui enlever, à lui faire rompre ses engagements. Matt s’y refusait. Contre toute logique, toute raison, tout fatalisme qui aurait pu pousser d’autres à abandonner là cet homme à son supplice. Car demeurait un espoir. Un unique espoir. Le même que celui qui l’avait aidé à supporter le mal qui avait dévoré sa soeur quelques jours auparavant ; l’aîné Campbell ne comptait pas encore baisser les bras. Rapidement, il défit son sac à dos de ses épaules pour en sortir au bout de quelques secondes une des trousses de soins qu’il avait réussi à récupérer lors de leur fuite de Hope.

“Bouge pas mon gars, bouge pas. Je vais soigner ça,” expliqua-t-il d’un ton empressé à Carl. “Accroche-toi, tiens le coup. C'est pas encore fini.”
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Mer 18 Mar - 23:38
La douleur était si affreuse que ses yeux se révulsèrent malgré sa prise à la gorge du monstre avec la ferveur d'une mâchoire de canidé. Les brûlures engendrées étaient horriblement intenses, se répercutant dans l'ensemble de ses bras torturés par le croisement de sa mutilation et la tension exercée à étrangler cette créature, en vain sans doute. Il le savait, il en avait pertinemment conscience alors même que son esprit s'embrumait : il venait d'être condamné. Si une griffure ou une morsure même bénigne était déjà l'assurance de contracter l'infection, il venait de se voir injecter une dose probablement colossale qui ne laissait aucune place au doute.

Au-delà de la souffrance et du désir, aussi désespéré était-il objectivement, de lutter contre le mort-vivant qui venait de signer son arrêt de mort, c'était un profond sentiment de colère, d'injustice et de honte qu'il ressentait. Cinq jours, voilà tout ce qui avait constitué sa seconde chance, cinq foutus jours de cavale, de peur permanente, à se recroqueviller comme une proie attendant sa sentence qui avait fini par venir, incapable d'échapper au destin en dépit de toute sa lâcheté et sa féroce combativité paradoxale à vivre à tout prix.

Il n'était pas encore mort, mais il avait pourtant conscience d'à quel point tout cela avait été un terrible gâchis, à moins que depuis le départ les dés étaient pipés et que ce sursis n'avait eu que pour but de le persécuter un peu plus longtemps. Peut-être la vérité s'avérait encore plus folle ? Qu'il n'avait pas cessé d'être mort et que ce maigre vécu avait été le résultat d'un délire post-mortem, ou du Purgatoire dans lequel on l'avait envoyé payer ses fautes. Un nouveau cri de haine franchi ses lèvres tandis qu'il poussait instinctivement, toujours dans le but de repousser la créature qui lâchait à son tour un cri plus strident apparaissant à Carl comme une révélation : celle qu'il n'était pas un simple mort-vivant, mais un démon du Purgatoire ayant attendu le moment fatidique pour frapper.

Ses pensées étaient tellement rongées par la souffrance, ses sens altérés comme s'il s'était retrouvé compressé dans un heaume d'acier chauffé à blanc, chose qu'il devait à sa chair à vif creusée en profondeur au point de laisser entrevoir ses muscles, qui semblait cuir tant la douleur était presque insupportable. Les larges lambeaux pendaient encore à ses bras, quatre de chaque coté comme de la peau d'un fruit trop mûr dont l'aspect était aussi dégoûtant que l'odeur, le sang dégoulinant des pores ravagés pour s'écouler sur le sol.

La douleur finie par lui monter franchement à la tête et sa vue se troubla, comme les sons alentours se modulèrent en réverbérations incertaines, tant et si bien qu'il n'eut pas bien conscience de ce que Matt entreprenait si ce n'est la prise de ses mains et le poids du monstre qui s'évanoui, puis quelques instants après, la voix de Matt emportée qui lui hurlait dans les oreilles, du moins en eut-il l'impression ; ce qui avait le mérite de le secouer un peu.

Sa vue se rétablie progressivement et des deux Matt qu'il entrevoyait penché au-dessus de lui, un seul en ressorti comme la fusion des deux images. Quelque part, cette condamnation eu un effet double : elle le faisait terriblement souffrir, mais le soulageait d'un poids lourd qui avait pesé sur ses épaules comme sur son cœur, celui de la survie.

C'est groggy, le visage contracté de la mâchoire aux pommettes et les yeux plissés qu'il scruta Matt un moment en prenant de longues et fastidieuses bouffées d'air chaud, ses mains tremblantes venant aux bras de son comparse pour saisir les manches de sa veste en accroche alors que ses lambeaux de chair pendaient rouges et dégoulinant fortement de sang. Il ne luttait plus pour s'en sortir vivant, mais pour ne pas s'éteindre trop vite afin d'effectuer une ultime bonne action qui adoucirait un peu le fiasco de sa vie.

« M... Matt... il faut que... »

Le choc le tétanisait presque, pourtant il refusait de céder maintenant, de laisser les choses se faire ainsi, s'agrippant de ses maigres forces à la veste de cet homme qui l'avait accueilli et soutenu quand tout et tous le menaçaient. Maintenant qu'il ressentait ce soulagement comme lors de sa première mort, s'incarnant d'un véritable apaisement accompagné d'une indicible douleur, ces brûlures qui accéléraient ses tremblements par leur intensité n'empêchaient pas son esprit d'être brutalement lucide.

« Que tu partes. Ils vont... arriver... » Une rude inspiration brisa sa voix déjà éraillée, emboîtée par un grognement esquinté, tandis qu'il forçait pour aller au bout de ses idées à la fois contradictoires entre ses désirs et sa volonté d'accepter de retrouver le repos, et la crainte de ce qui pourrait venir s'insinuer dans ce caveau ténébreux où ils se retrouvaient piégés quand une vie pouvait encore être sauve de ce désastre. « Je suis... foutu. »

Ce dernier mot fut un déchirement, son corps pris de spasmes était néanmoins rigide par l'effort qu'il produisait pour s'accrocher à cette sauvage lucidité de l'instant, son visage rougi et ses traits paralysés, il n'avait pu retenir les larmes qui s'écoulèrent en jumelles aux coins de ses yeux, ceux-ci s'étant promptement gorgés d'humidité.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Sam 21 Mar - 21:00
“Silence,” ordonna assez sèchement l’aîné Campbell, la voix tremblante lorsque son compagnon blessé avait commencé à parler.

Un ordre dont le pauvre Carl agonisant ne sembla pas vouloir tenir compte, continuant sur sa lancée. Tout comme Matt se refusait à écouter les mots de celui qui se pensait, à très juste titre d’ailleurs, condamné. La situation, si elle était déjà particulièrement stressante, se trouvait rendue plus insupportable encore dans l’esprit de l’ancien archéologue qui se maudissait, lui, le ciel et les enfers, de les accabler ainsi de tant d’épreuves en si peu de temps. L’homme s’éloigna quelques secondes, non pas pour abandonner Carl à son sort, bien au contraire, mais simplement pour refermer la porte de la cave puis ramasser la lampe-torche, coinçant l’extrémité de celle-ci entre ses dents pour éclairer plus efficacement ses mains déballant le contenu de la trousse de soins.

Il en profita par ailleurs pour jeter un oeil vers la porte de la cave, l’éclairant du mouvement de son visage du faisceau de la lampe, avant de revenir vers le blessé. Peut-être que oui, d’autres monstres allaient arriver mais l’homme, s’il se sentait démuni face à ces menaces, ne comptait pas abandonner Carl en buffet chaud pour ces créatures. Il enfila les gants de latex sur ses mains dans un premier temps, ouvrant un premier emballage de compresse stérile pour l’inonder de lotion désinfectante dans un second. Matt pencha alors la tête sur le côté, dévoilant sous le pinceau lumineux toute la charpie des chairs arrachées, les lambeaux de peau rougis suintant de sang.

Il pressa alors sa main gauche contre le thorax de l’homme, y allant d’une bonne partie de son poids pour le maintenir tandis que de son autre main, il tamponna méthodiquement et précautionneusement, à de nombreuses reprises, sur les morceaux de chair à vif. Il ne faisait nul doute que le blessé risquerait de bondir ; jongler de douleur, les nerfs secoués par l’antiseptique et qu’il le prendrait sûrement pour un sadique à le torturer de la sorte tandis que l’un comme l’autre des deux hommes savaient pertinemment le sort qui attendait le pauvre Carl.

À la différence que Matt en savait plus en réalité, normalement. Suffisamment pour justifier des soins de premiers secours et l’apparent gaspillage de ressources médicales. Il usa d’ailleurs d’une seconde compresse tout aussi imbibée que la première pour nettoyer au maximum la première des deux plaies, appliquant le tissu en profondeur avant de remettre en place, autant que possible, les lambeaux de chair dans leurs sillons d’origine. Une troisième compresse humide de désinfectant vint trouver place sur la blessure qu’un large pansement renforcé de sparadrap recouvrit et maintint.

Matt desserra alors les dents pour laisser retomber la lampe de poche au sol, la seconde blessure nécessitant ses maigres compétences de soins se trouvant bien mieux éclairée par la lucarne de la cave. Tournant la tête au dessus de son épaule droite, au maximum de torsion de ce que son cou le lui permettait, il cracha l’excès de salive accumulé sous sa langue puis, revenant vers Carl, parla d’une voix moins agitée, le ton grave, mais non empreint d’espoir.

“J’ai menti. À propos de ma soeur,” révéla-t-il en se relevant pour contourner l’homme.

“Mel’ n’était pas malade. Elle était infectée.” L’aîné Campbell s’agenouilla auprès de l’autre flanc de Carl, extirpant une énième compresse de son emballage stérilisé.

“Les gens comme nous. Les ressuscités. Nous pouvons revenir de la mort, de cette infection, plus d’une fois.” Matt réalisait les mêmes soins tout en continuant de parler, suppliciant très certainement le blessé d’un nouveau calvaire médical.

“C’est ce qui est arrivé à ma soeur, et c’est aussi ce qu’il va t’arriver. Je sais que je te fais souffrir et j’en suis désolé, mais c’est un mal nécessaire. Tu vas mourir Carl, mais tu n’es pas foutu. Tu vas revenir et je serai là. Je te l’ai dit, je ne compte pas abandonner. Je dois sauver ma soeur, mais ne compte pas sur moi pour te laisser sur le bas-côté, à attendre que ces monstres viennent te dévorer.”

Le ton de Matt s’était durci de conviction au mesure que les mots déroulaient hors de ses lèvres. Il avait continué de mentir pourtant, par omission, à ne pas révéler ce que sa soeur lui avait confié des jours auparavant. Tous ne revenaient pas, c’était une question de probabilité, de chance, de hasard ou d’il ne savait quelle décision éthérée ; mais il était hors de question qu’il précise cette particularité à Carl. Il préférait se voiler lui-même la face et donner espoir à son acolyte en se persuadant que Carl se remettrait de ses blessures. C’était sur ces pensées qui achevait de coller quelques bandes de sparadrap de son second pansement qui déjà, comme le premier, se teintait de carmin.

“Je ne compte pas mourir ici. Je ne compte même pas vivre ici, alors je te demande de te relever maintenant. Il faut que nous sortions de ce guêpier,” ordonna-t-il non sans une certaine fermeté tout en remballant les restes de sa trousse de soins.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Ven 27 Mar - 15:03
La sensation brumeuse des premières minutes, due au choc, commençait à s'estomper et il retrouvait la perception des muscles de ses bras en une lucidité d'autant mieux ravivée, mais cela n'était pas une bonne nouvelle en tout : la douleur se faisait plus vive encore et si Carl s'efforçait de rester muet, son souffle grognant sous l'effet de son emballement, il grimaçait de plus belle et laissa échapper une quinte de toux, n'osant pas bouger du sol à la vue des lambeaux de chair qui pendaient jusqu'au ciment en un spectacle absolument répugnant.

C'était véritablement choquant, de voir des parcelles de sa chair et de ses bras comme excentrés, écartés de leur emplacement d'origine en haillons sanguinolents, comme s'ils ne faisaient déjà plus partie de son propre corps, ce qui justifiait qu'il aurait préféré que la créature s'en empare plutôt que de les exposer ainsi. Son front suait, il pressait les yeux de toutes ses forces, laissant échapper de nouvelles larmes incontrôlées moins par tristesse que par l'accumulations d'émotions subites, ses pommettes redressées à l'excès et ses dents serrées illustrant assez bien son martyr. Son visage finit par basculer sur son flanc pour aviser son acolyte qui était redescendu à la suite d'un bruit de ferraille en provenance de la porte, laissant saisir par cela et l'accentuation de l'obscurité ambiante qu'il les avaient enfermé ici.

Carl ne comprenait pas pourquoi Matt prenait le risque de rester près de lui maintenant qu'il était condamné, ses sourcils froncés et son torse se gonflant de ses respirations fortes et intelligibles, il le suivait du regard en restant hébété tandis que l'autre homme s'attelait à ouvrir une sacoche dont il ne savait plus vraiment ce qu'elle contenait. L'envie de parler ne manquait pas, cependant rien ne pouvait sortir, ses lèvres oppressées contre sa dentition trop focalisées à contenir des gémissements de douleur qui réclamaient plus encore de s'évader de sa gorge, il était contraint de rester là à plus ou moins observer Matt agir.

Lorsqu'il vint poser sa main sur son torse, un souffle rude s'extirpa en postillons épais qu'il eut, en dépit de la gravité de la situation, la politesse de projeter à l'opposé car il avait tourné la tête dans l'autre sens. Tout l'avait prédit et pourtant dans son état lamentable, il ne s'était préparé à rien. La sensation du produit désinfectant sur sa chair à vif eu l'effet d'un tison chauffé à blanc appliqué sur une peau encore intacte. Non, c'était sans doute pire. Carl n'avait jamais eu à être torturé de la sorte, mais il était certain au fond de lui que c'était pire que cela et son corps se raidit brutalement à cette sensation insoutenable, les traits de son visage fondant d'une décomposition instantanée et ses yeux grands ouverts voyant leurs pupilles se dilater en prémices du cri rugissant qui échappa à Carl.

Il n'avait pas pu le retenir, c'était la goutte de trop dans un vase de chair broyée et noyée d'un liquide carmin. Un cri d'une gravité et d'une puissance qui résonna au-delà de la porte de cette cave et de la lucarne qui donnait sur l'extérieur, bien qu'il parvint à l'empêcher de perdurer plus de quelques brefs instants, serrant à nouveau les dents à s'en infliger une douleur supplémentaire, les poings fermés et son souffle à présent évocateur aux soupirs profondément rauques les accompagnant du supplice de ces soins brutaux, poussés par l'urgence et le stress.

Pour ne pas crier davantage, il bloquait sa respiration par intervalle, le plus longtemps possible, quitte à rendre ses respirations relâchées éraillées, alors que son visage fixait le plafond pour oublier sans y parvenir, pour accepter son sort sans pouvoir s'y contraindre dans le silence, tant et si bien que les mots que faisait entendre Matt qui poursuivait sa tâche cruelle par nécessité, mirent plusieurs secondes à atteindre successivement son esprit dans un écho sifflant. Il ne pouvait pas réagir, il en était tout bonnement incapable, partagé entre la paralysie de sa raideur et les expressions de douleur qui se passaient la balle dans des spasmes chaotiques et difficiles à modérer, ses jambes se pliant et se dépliant comme un animal à l'agonie qui frottait ses talons contre le sol en espérant en engendrer un souffle de vie.

Quelque part, certains mots bien précis trouvaient le chemin d'une réflexion éphémère et troublée, dans la marre de ses souffrances : il allait revenir à nouveau, il n'était pas fichu. Ça n'avait aucun sens, c'était tout bonnement inenvisageable, bien qu'il avait déjà été témoin de sa propre ré-émergence de... quelque part, de son propre retour à une existence qui n'aurait pas due être possible. Il n'avait plus qu'à moitié conscience de ce qui se passait autour de lui, cherchant dans ses instincts primaires et essentiels ravivés par l'espoir que venait de semer inexplicablement l'homme dans l'esprit du condamné, des directives qui faisaient écho aux paroles de Matt. Il devait se relever, si ce n'était pas pour lui, cela pouvait être pour son camarade qu'il ne voulait pas emporter avec lui. Mais s'il disait vrai ? Pouvait-il vraiment vivre à nouveau alors qu'il s'apprêtait à mourir, encore ?

Était-ce là ce que ce rêve à l'origine de ce désastre présent avait voulu lui dire ? Que Melody était morte et qu'elle était revenue. La coïncidence ne pouvait être que certaine, mais dans la confusion brûlante que vivait Carl, si la résurrection était possible tout autre chose aussi farfelue qu'elle soit pouvait l'être. Le visage de cette femme, la soeur de Matt tambourinant à la porte de ce camping-car qui avait suscité son inquiétude, essayait de joindre des bribes de réflexion pour croiser ces images en souvenir d'avec les paroles qu'il venait d'entendre.

Dans un râle pénible, il tenta de décoller la nuque du sol pour se redresser, ce qu'il entamait de faire, lentement, difficilement, ses bras compressés par les bandages ou ce que cela pouvait être d'autre faisaient poids lourd à soulever et Carl ne parvint pas à persévérer davantage qu'en trouvant une position semi-allongée et appuyée sur un coude dont l'os vibrait jusqu'à l'épaule. Son front suait à grosses gouttes et ses yeux mi-clos, les paupières lourdes comme il se sentait assommé par les événements, Carl tentait de s'accrocher mentalement à cette seule conduite : se relever et partir d'ici.

Il aurait besoin de Matt pour réussir à se redresser et si celui-ci s'occupait de venir le soutenir, il le suivra ainsi avec peine mais docilité, le regard bas et concentrant ses pensées morcelées sur le besoin de mettre un pied devant l'autre, aussi ardu et bancal que ce soit, tant qu'il le pourra.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)
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