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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur N] Hopeless - 10/04/35
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Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Mar 31 Mar - 0:40
Matt achevait de remballer ce qu’il restait du matériel de premiers soins dans son sac à dos, jetant à la dérobée quelques regards inquiets en direction de son acolyte dont le cri précédent continuait de résonner dans les tréfonds de son esprits. Ses tympans profondément marqués par tant de souffrance, l’homme serrait ses mâchoires sur leur situation qui n’avait vraiment rien d’enviable. Le bruit de zip de la fermeture de son sac marquant la fin du réemballage arracha un soupir plutôt las à l’ancien archéologue, peu avant qu’il ne récupère la lampe-torche délaissée au sol.

D’un long geste circulaire du bras, il explora les lieux alentours, son rythme cardiaque gagnant en intensité à mesure que les grognements des monstres se faisaient plus présents, pressants dans les environs, portés en échos contre les murs nus de ce couloir de cave. Combien de temps leur restait-il avant que les créatures ne parviennent à les débusquer ? Sûrement trop peu. Le pinceau lumineux de la lampe s’arrêta après quelques secondes sur le corps du rôdeur décomposé qu’il avait tant eu de mal à abattre, le crochet du grappin comme le couteau encore planté dans ses chairs putrides. De sa main libre, il récupéra le second dont il essuya la lame souillée sur le tissu de son pantalon, marquant celui-ci de quelques traces noirâtres avant de le glisser au flanc de sa ceinture. Puis vint le tour du grappin, dont il s’évertua à rouler la corde longue de plusieurs mètres de quelques larges lacets, qu’il acheva de passer en bandoulière autour de son torse, la tête maintenue par le passage de l’un de ses crochets sous l’une des bretelles de son sac à dos.

Puis son attention se porta à nouveau vers Carl qui semblait se débattre contre sa propre faiblesse, luttant contre la gravité pour se redresser, apparemment en vain. Et si Matt amorçait une inclinaison du buste pour l’aider à se relever, son attention fut captée par le tissu déchiré, la panse éventrée d’un sac à dos gisait de l’autre côté. Une arme de poing y était visible, d’une forme aisément reconnaissable mais dont les restes de pourriture, de chair incrustée et de sang coagulé en avaient sûrement rendu l’usage impossible. Le châssis et le canon apparaissaient comme corrodés par une trop longue exposition aux fluides et à la moisissure, mais Matt s’intéressa plus au contenu qu’au contenant. L’aîné Campbell n’avait jamais été un expert en armes à feu, bien incapable de discerner les atouts et inconvénients selon le modèle et l’usage à en faire ; il était néanmoins suffisamment instruit en la matière, soit très peu, pour en lire le calibre et le modèle. Du .40 Smith & Wesson.

D’un froncement de sourcils pensifs et curieux, il se pencha vers Carl non pas pour l’assister, pas encore du moins, mais pour extraire le pistolet logé à la cuisse droite du pauvre homme, s’interrogeant sur le calibre de cette arme-là. L’ancien archéologue ne put réprimer alors un mince sourire de satisfaction à découvrir que les deux armes se nourrissaient du même calibre. Après toutes ces épreuves, la chance semblait enfin leur sourire, bien que maigrement.

“Je te l’emprunte,” souffla-t-il dans un murmure à peine relevé à l’attention de l’homme, joignant l’acte à la parole en extirpant le Sig-Sauer du holster de cuisse de Carl. “Accroche-toi,” avait-il ajouté, comme si l’idée aurait pu lui venir que Carl abandonnerait sa tentative à force de secondes écoulées.

Matt fit jaillir le chargeur de l’arme désuète, devant forcer sur la partie basse pour l’extraire complètement à la ferraille corrodée, avant d’extraire le chargeur de l’arme de Carl dans un second temps. Jouant de son pouce, il arracha une à une les ogives logées dans le chargeur pour les recueillir dans le creux de sa seconde main, puis les engagea ensuite dans le magasin du P226 de quelques pressions maladroites. Mais plus qu’une simple arme arrachée à un sac à dos déchirée, c’était toute une boîte cartonnée noire et rouge de munitions de .40 SW, partiellement entamée et tachées de projections dont il ne voulait pas connaître les origines qu’il arracha aux viscères de tissu. Suffisamment pour nourrir un chargeur supplémentaire pour l’arme de poing de Carl. Suffisamment, espérait-il, pour se frayer un chemin parmi les monstres jusqu’au salut de leur appartement d’infortune.

Glissant l’arme de poing à sa ceinture dans son dos, la crosse dans le creux des reins, l’aîné Campbell daigna enfin, après un temps probablement trop long, offrir tout le maigre soutien de son épaule et de ses appuis pour soutenir son acolyte dans son redressement. Les lèvres et mâchoires serrées une nouvelle fois sur la lampe-torche et par l’effort au point d’en faire trembler son menton à la barbe rendue hirsute par négligence d’entretien, il s’efforça de faire passer l’un des bras du malheureux par dessus ses épaules, le soutenant de son flanc droit, accentuant très probablement les souffrances de son compagnon sans pour autant le ménager. La situation devenait urgente comme pouvaient le laisser entendre les râles et grognements de plus en plus intenses portant depuis l’autre côté de la porte, à l’instar des tremblements qui secouaient les gonds de cette dernière.

Agrippant le poignet de Carl de sa main gauche pour le retenir comme assurer le propre équilibre de son dos voûté, Matt amorça quelques pas laborieux en direction de la sortie, s’emparant de l’arme de poing glissée à sa ceinture de sa main libre, index sur le pontet et bras semi-replié devant lui, pointant le battant de bois du canon. Un nouveau pas, traînant contre le béton de la pointe de sa chaussure et l’homme parvenait à atteindre la poignée, l’abaissant lentement  de la pointe de son arme jusqu’à sentir le déclic du loquet qui se délogeait de son emplacement. Celle-ci s’ouvrit sur de plus profond ténèbres, dénués de toute source de clarté autre que la lumière au faisceau tremblant de sa torche. Matt suait d’ores et déjà à grosses gouttes malgré la fraîcheur nauséabonde de ce couloir de cave, ce qui ne s’arrangea guère lorque deux séries de grognements résonnèrent, de part et d’autre de sa position.

Dévissant son visage sur sa droite, il aperçut en plus du profil de son ami la silhouette décharnée et maigrelette d’une jeune femme cadavérique, aux côtes saillantes sous sa peau parcheminée de marbrures sombres, et de l’autre, la vieille femme qui l’avait pris en chance quelques étages plus haut. La plus jeune et mince des deux créatures leur donnait de dos, pour l’instant du moins, tandis que déjà la plus âgée s’engageait dans l’étroit couloir, l’occupant de toute sa masse graisseuse et flasques, imposant sa présence comme un obstacle dont il fallait s’affranchir sans tarder.

La réflexion n’était guère de mise car la tenaille promettait déjà de refermer ses mâchoires affamés sur les deux pauvres hommes et Matt se résolut donc à dresser son arme autant que possible pour supprimer la menace la plus directe. Une, deux, puis trois détonations semblèrent exploser dans ce couloir à l’espace si restreint, arrachant l’oeil et ce qu’il se trouvait derrière de la vieille femme à la troisième tentative, après que la première eut percé son torse et la seconde déchiré sa gorge. Le massif corps s’affala dans un dernier râle que Matt ne put entendre, les tympans vrillés de puissants acouphènes et les rétines marquées par l’éblouissement des détonations. Néanmoins, il s’efforça d’avancer, dans un souffle sonore qui arracha quelques filets de bave crachottés à ses lèvres toujours serrées sur le manche de la lampe, l’odeur de poudre consumée envahissant ses narines.

De quelques pas maladroits, accompagnés d’un guttural cri issu de sa gorge, il s’efforça d’accélérer sa progression, enjambant et aidant son complice à en faire autant, le corps inanimé mais néanmoins gênant de la créature. Sa congénère avait depuis lors fait demi-tour sur ses appuis osseux, d’une démarche rendue maladroite par la présence de chaussures à talon qui donnait à ses chevilles un appui douteux, à l’angle proprement non-naturel qui aurait été propre a arraché des cris de souffrances au plus coriace des individus. Une maigre chance de les malheur des deux fuyards, d’autant plus lorsque la jeune femme s’effondra de tout son long par dessus le cadavre de sa comparse rendu au trépas, offrant la possibilité aux deux hommes de quitter les caves pour remonter vers les étages supérieurs.

Des étages qui ne désemplissaient pas de cris et râles rauques, de grognements à glacer les sangs et de martèlements frénétiques contre la porte du hall d’entrée de l’immeuble. L’ensemble des cadavres de la rue, vraisemblablement attirés par le raffût provoqué et peut-être les précédents cris d’agonie de Carl, s’était mis en tête, pour peu que cela soit possible, de venir partager un festin macabre. Une occasion de convivialité que l’aîné Campbell ne comptait pas partager, à aucune moment, et d’aucune façon. Le visage rougi, suant et soufflant comme un boeuf, il entama la lente ascension des escaliers menant vers leur refuge. Le seul soulagement étant que pour l’instant, et jusqu’au premier étage, aucun mort ne venait leur barrer la route. Les muscles des jambes de l’aîné Campbell brûlaient à l’instar de ses poumons qui souffraient de plus en plus du manque d’oxygène et de ventilation.

Un soulagement de courte durée toutefois, quand à force d’ascension, les deux hommes parvinrent finalement au dernier demi-palier avant l’appartement tant recherché, car une autre créature se tenait là, descendant les escaliers de sa démarche mal assurée et claudicante. Et depuis sa position surélevée, celle-ci se jeta littéralement dans la descente de la volée de marches sans même réfléchir à la posture à adopter, les bras levés en direction de ce repas offert et sa portion de rab. Elle dégringola de tout son poids, s’écrasant sur les deux hommes en claquant des dents et les poussant contre le mur. Le choc fut rude, intense, obligeant Matt à lâcher prise sur le pauvre Carl comme sur sa lampe pour lui même se retrouver le genou à terre tandis que la créature se vautrait non loin d’eux.

Quelques coups de feu détonèrent dans la cage d’escalier, les ogives à la destination incertaine arrachant éclats de bois et de plâtre aux murs, sans atteindre nulle part la créature qui se relevait déjà de quelques craquements osseux. Matt en faisait de même, bien que beaucoup plus usé et épuisé par les efforts, se jetant à son tour dans un cri désespéré à l’encontre de l’infecté, ses deux mains agrippant le col en V de son polo souillé de miasme putrescents, tâchant de maintenir les mâchoires claquantes loin de sa propre chair. L’empoignade ne dura pas plus de quelques secondes, appuis contre appuis, l’homme poussant sur ses jambes tendues en soufflant par le nez et d’entre ses lèvres crispées tel l’enragé qu’il était à vouloir défendre sa vie pour protéger son compagnon. Pour retrouver Melody, quoi qu’il en coûte. D’un nouveau cri, issu de l’effort à préserver sa vie, il pivota et fit appui de tout son poids contre la bête, plaquant son bas dos contre la rambarde de l’escalier et poussant le torse de la créature au-dessus du vide. Celle-ci battait l’air de ses bras, ses ongles noirs grattant le cuir usé de la veste de Matt sans parvenir à trouver d’accroche sur les coutures trop plates. Un ultime rugissement de la part de Campbell, et le monstre basculait dans le vide, son crâne et ses membres dégingandés frappant les rambardes et margelles des étages inférieurs jusqu’à s’écraser dans un bruit atroce après quelques instants de chute.

Matt quant à lui retombait sur son séant, essoufflé, crachant, cherchant à reprendre son souffle, l’espace de quelques secondes jusqu’à se rappeler de Carl et sa condition. La promesse qu’il se devait d’honorer, le devoir sur ses épaules conséquent à l’engagement qu’il avait pris. Se ramassant avant de ramasser son acolyte pour la dernière étape de l'ascension, les deux hommes parvinrent enfin à regagner le logement. L'aîné Campbell porta Carl jusqu'au canapé du salon, avant de retourner fermer et barricader tant bien que mal la porte de ce logis. Puis enfin, enfin, retrouver Carl, épuisé, abattu, les muscles endoloris, chauds et alourdis, se laissant tomber assis au sol, le dos contre l'accoudoir du canapé au centre du salon de ce refuge. Leur refuge où traînaient eau et nourriture, attente et enfermement, mort et espoir.

"Ne t'avises pas de retraverser le plancher," gronda-t-il entre deux souffles toniques, entre accablement et soulagement.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Sam 11 Avr - 23:06
Le souffle tonnant, les muscles raides et les pensées fumeuses, Carl s'était laissé aider par son comparse pour se redresser, s'accrochant à sa veste d'une poigne tremblante et aussi forte qu'il en était capable, ce jusque la gêne pour le pauvre Matt contraint d'assurer pour tous deux d'éviter de finir démembrés. Son nez emprunt de sang et douloureux, sa mâchoire vibrant encore du choc qu'elle avait reçu à sa chute, un filet de sang glissa du coin de sa bouche et s'étendit jusqu'à casser, tâchant son tee-shirt déchiré.

Il n'avait pas spécialement capté les actions de Matt, trop étourdi pour même prendre conscience du temps considérable qu'il avait fallu avant qu'il ne parvienne à se relever sur ses jambes ou de la disparition de son pistolet, ni même de ce qu'il avait pu lui dire. Le peu de concentration dont il était capable était focalisé sur le fait de tenir debout et de suivre, aussi longtemps qu'il le pourrait, son regard incliné sur le sol poussiéreux. Ce n'était pas tant les douleurs de ses bras qui le rendaient à ce point groggy, c'était la succession de chocs, aussi bien physiques que psychologiques, qui le terrassaient et son esprit peinait à réémerger.

Un pas après l'autre, un pied puis le suivant, et surtout rester accroché à son appui. Il essayait de s'accaparer l'esprit sur ces seuls objectifs et ce n'était pas évident, ses pas étaient maladroits, ses jambes lourdes. Sa main libre vint attraper la rambarde d'escalier pour se hisser dans de momentanés grondements qui firent écho dans son esprit, rendant les grognements des rôdeurs à l'extérieur plus diffus et imperceptibles à ses tympans fumant. Sa vision floutée par la migraine dûe à ses terribles douleurs et aux ténèbres ambiantes - seulement entrecoupées du faisceau de la lampe-torche - accentua le flash qui vint brûler ses rétines, à chaque tir dont le hurlement sciait encore plus son ouïe déjà abîmée.

Il ne comprenait pas tout ce qu'il se passait, mais cela n'avait pas vraiment d'importance, il devait avancer. Juste avancer. Sa botte butta contre un corps au sol, manquant de trébucher mais il se retint en se forçant à boiter pour retenir son équilibre trop ardu à conserver d'une marche normale. Cette fois cependant, il percevait très bien le concert de râles des mangeurs de chair qui tentaient d'envahir le bâtiment, ravivant cette adrénaline de laquelle Carl avait été privé pour secouer ses sens et l'extraire au mieux de cette brume mentale. Il suait davantage encore que son malheureux compagnon, moins par l'effort que par la chaleur qui s'accumulait dans ses veines et dont il avait l'impression qu'elle faisait cuir sa chair tant son front, son dos et ses cuisses dégoulinaient.

« Je vais... je vais le faire... je vais y arriver... » Murmura t-il péniblement.

Était-ce lui qu'il essayait de rassurer ? Non sans doute pas. Alors qu'il était pris d'une contradiction féroce entre le sentiment d'agoniser et l'espoir insensé qu'avait laissé planer Matt, c'était davantage ce dernier qu'il voulait encourager de ne pas l'abandonner peut-être, en faisant de son mieux pour être le poids le moins lourd possible. Mais qui espérait-il tromper ? Sa voix était sciée, affligée, comme si chaque mot prononcé l'avait été sous l'effet d'un coup de surin, hachée par des soupirs de souffrance.

Sa main libre tremblante cherchait l'appui du mur tandis qu'ils montaient plusieurs escaliers d'un étage à l'autre, celle-ci laissant une marque de sang d'abord épaisse, puis de plus en plus légère, jusqu'au dernier demi-palier où l'interruption de Matt fut un profond soulagement pour Carl qui plusieurs fois, avait manqué de s'arrêter, la respiration saccadée. Il avait eu un retard considérable à redresser le visage, ne voyant la silhouette de la morte-vivante que lorsqu'elle leur rentrait dedans, les repoussant contre le mur avec une violence que Carl encaissait d'une brutalité conséquente au regard de son état.

Il percuta la surface de plâtre et sa jambe droite se déroba, le faisant chuter sur son flanc, sa tête cognant l'autre angle de mur avant que son épaule lacérée ne s'écrase sur le sol, le forçant d'une impulsion à basculer sur le ventre dans un soupir de supplice emporté, sa chevelure salie se tordant de nombreuses mèches rigidifiées sur sa tête et sa mâchoire serrée évacuant l'air d'une force audible, des gouttes de salive projetées sur le sol, s'accrochant à sa barbe et se mêlant à la sueur qui dégringolait sur son nez.

Il restait perclus d'affliction dans cette posture vulnérable, secoué du choc plus longtemps que cela ne le devait, la puissance des ogives tirées faisant ricocher le son qui transperça ses tympans à l'en faire voir double. Il dégustait, comme l'on ne pouvait imaginer qu'il était possible de déguster. Comment en était-il arrivé là ? A mourir stupidement à cause d'un pouvoir censé être un don. A se faire avoir par des créatures arriérées et putrides, alors qu'il avait survécu à la prison et tenu tête à des hommes qui auraient étranglé ces choses à mains nues jusqu'à broyer leurs cervicales.

Cette mort-ci était encore plus pitoyable que la précédente, au moins la premier fois s'était-il battu farouchement. Alors que là... s'en était plus désolant sur la manière dont il se retrouvait condamné que sur le fait lui-même. Des jours de cavale depuis son retour à la vie, sans pouvoir souffler, sans pouvoir se poser et réfléchir assez longtemps, sans pouvoir trouver de repère. Il était devenu une larve lâche, peureuse et geignarde et il mourrait ainsi, l'ombre de lui-même et moins encore. Que penserait son père en le voyant dans cet état ? Que penserait sa mère...

Son environnement était plongé dans la panique, le bruit, la violence armée et la douleur. Mais son âme, elle, s'éteignait et il avait l'impression de plonger dans un vide abyssal et sombre, d'un silence mortuaire. Il aurait voulu laisser une colère rebelle l'envahir comme dans sa jeunesse, s'indigner de sa condition, de ce qui lui était arrivé et de la façon lamentable dont il avait réagi, mais il savait que c'était trop tard. Cette existence-ci, seconde et ô combien éphémère existence aura été misérable et faiblarde. Mais si Matt avait raison ? S'il pouvait avoir une troisième chance ? Des si infondés... mais si c'était le cas, tout devra changer. Une renaissance qu'il aura le devoir de rendre meilleure et dans laquelle il aurait l'obligation d'être plus que la mauviette qu'il avait été jusque là.

Il se sentit agrippé avec la rudesse de l'empressement et à raison, et se laissa faire, cherchant l'appui de ses jambes pour se relever au plus vite bien qu'il fut plutôt lent à y parvenir, ses traits étirés de son harassement et sa poigne venait à nouveau saisir le manteau de son acolyte tout comme l'autre main retournait au mur pour y prendre un appui relatif mais non-négligeable. Lorsqu'il atteint le canapé sur lequel Matt le relâchait, Carl se laissa effondrer et son crâne s'enfonça dans le coussin installé contre l'accoudoir, une jambe pliée gardant contact avec le sol dur tandis que le reste de son corps s'abandonnait sur une surface beaucoup plus souple et molletonnée.

Un soupir de soulagement permis à son torse de relâcher la pression, ses yeux se fermant presque aussitôt qu'il se retrouvait allongé. Tant d'efforts, tant de souffrances, dans le but de permettre à Matt de préserver sa vie et à lui de la perdre avec le moins d'horreur possible. L'adrénaline retombait une fois encore et à une vitesse vertigineuse, tant et si bien que la lourdeur de son crâne devint insupportable, ses tempes se pressant contre sa boîte comme prises dans l'étau d'un compacteur à ordures. Aussi, une main sur l'estomac, l'autre abandonnée sur le rebord du canapé, il succomba à l'épuisement et sombra dans l'inconscience, pour de nombreuses heures.

Il se réveillera. Quand ? Comment ? Il ne saurait pas le dire et ne le cherchait plus de toute façon. La notion du temps, du passé et de l'avenir avaient disparu, purement et simplement, ne laissant plus de place qu'au moment présent dont il avait instantanément conscience qu'il serait probablement le dernier. Sa respiration se creusait à chaque prise d'air, éraillée et brisée, sa peau était livide, d'une pâleur déjà cadavérique et pourtant, il bouillonnait de l'intérieur à cause de la fièvre qui continuait - ou avait recommencé - à le faire suer à grosses gouttes, au point qu'il soit moite des pieds à la tête. Ses vêtements le collaient, son corps courbaturé lui faisait mal de chaque muscle, chaque articulation et ses pieds lui donnaient la sensation d'être prisonniers de bottes de ciment tant ils le faisaient souffrir.

A mesure que sa conscience émergeait, il prenait également conscience des tremblements qui parcouraient son corps, assez frénétiques, provoquant des spasmes tels des sursauts incontrôlés alors qu'il se sentait être entièrement moulé dans la pierre tant il était lourd et victime de sa propre chair pesante. Des rayons de lumière provenant de quelque part dans la pièce percèrent ses pupilles, mais il n'y pouvait rien de plus que de plisser les yeux lentement, laborieusement. Carl ne pouvait plus bouger, il s'en sentait incapable, en dehors de ces secousses spasmodiques dont la volonté lui était étrangère.

Ses pensées allèrent à la seule personne qui semblait encore exister pour lui, à cet instant d'agonie où il était à nouveau isolé de tous ceux qu'il avait pu connaître, comme si son passé d'avant la fin du monde n'était plus qu'une sorte de rêve lointain et dont il n'était plus sûr de la véracité en cet instant. Bien que sa gorge le brûlait en permanence, accentuée par chaque respiration qu'il aurait voulu faire cesser mais que le besoin instinctif refusait d'interrompre, en dépit du déchirement qu'il ressentait, il tenta quelques mots tronçonnés par un éraillement si intense qu'elle se faisait écho à elle-même dans le même espace.

« Matt.. Ma... » Son torse se compressa brutalement et une toux vint avec fourberie, lui arrachant des éclats de sang provenant de sa bouche et de sa gorge alors qu'il basculait le visage sur le coté par réflexe. Il se sentait lacéré de l'intérieur à chaque relent, sa respiration devenant mortifère et la brûlure se répandant jusqu'au centre de son torse, le faisant se plier sur lui-même dans un terrible gémissement d'agonie.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Mer 22 Avr - 13:08
Le tumulte avait fini par s’apaiser, très lentement. D’une part car l’acolyte de Matt s’était véritablement effondré d’une inconscience d’abord très inquiétante pour l’archéologue, mais parce que ce dernier avait peu à peu retrouvé son calme malgré la continuité des coups et des grognements qui n’en finissaient pas de s’énerver contre la porte barricadée. L’aîné Campbell était demeuré plusieurs minutes avachi dans cet immobilisme, contemplatif, attentif et craintif. Plus d’un quart d’heure passé à éponger la sueur qui n’en finissait pas de naître à son front, dégageant la chaleur de ses pensées comme de ses efforts. L’homme se sentait poisseux de sa propre moiteur qui faisait coller le tissu de ses vêtements et irritait sa peau en de nombreux endroits. Plusieurs fois sa main avait passé dans sa barbe, ses ongles grattant la base de son système pileux livré à autant de démangeaisons salées. Il se rêvait à prendre une bonne douche, voire mieux, un bain chaud et délassant, dans un lieux sûr et l’esprit si serein qu’il aurait pu se permettre d’être absent.

Mais il n’y avait rien de tout cela en perspective. Seulement la crainte que la porte de leur refuge finisse par céder aux assauts des morts-vivants ; ou celle que ses propres nerfs lâchent face aux bouffées d’angoisse et d’inquiétude. Ce refuge de quelques heures s’était fait prison, comme devait désormais l’être le corps contaminé de Carl pour l’esprit du pauvre homme qui n’avait connu aucun répit. Matt avait abandonné l’arme de poing empruntée à l’agonisant juste à côté de sa cuisse droite repliée, le talon calé contre le sol et le genou suffisamment relevé pour offrir appui à son avant-bras dont la main pendait d’une mollesse désoeuvrée. L’odeur de poudre consumée s’offrait à son odorat depuis cette main qui avait octroyé mort et repos à quelques créatures qui s’en trouvaient privées depuis des jours. Comme lui en quelque sorte. Comme chacun des ressuscités qu’il avait pu croiser, Carl en étant l’exemple le plus illustratif d’entre tous.

Matt s’était muré dans son silence, ses réflexions, à se focaliser sur la reprise de son souffle, de son esprit. Ses iris émeraudes se braquaient à de très nombreuses reprises, justifiées, en direction du couloir et la porte d’entrée d’où filtraient les bruits de leurs morbides assaillants. Et bien d’autres, plus étouffés et résonnants dans le bâtiment depuis la cage d’escalier. C’était là un brouhaha infernal, propre à ronger nerfs et patience de n’importe quel homme ou femme, et très efficacement ceux de l’aîné Campbell qui n’avait que ses promesses et engagements à s’offrir en ritournelle de conviction. Car l’homme n’avait pas de solutions à proposer, pas d’idées à mettre en oeuvre pour alléger son désarroi, ni soustraire à son compagnon la moindre once de son fardeau. Pire encore, il se sentait impuissant, démuni de la moindre compétence martiale propre à tirer le duo hors de ce piège. Il n’avait que son esprit anciennement perclu de sciences bien désuètes, d’anthropologie et de dialectes à l’image de ce monde : morts et disparus.

Tout ce qu’il avait, c’était de l’espoir à revendre et une volonté farouche à retrouver sa cadette, par tous les moyens possibles. Réparer puis perpétuer ce qui avait été amorcé de la pire des façons qui soit, par la mesquinerie et l’égoïsme qui les avait peu-à-peu privé de tout soutien extérieur. Que feraient les autres, ceux qui été partis, lorsqu’ils apprendront la nouvelle, s’ils l’apprenaient un jour ? Dans un soupir, son regard s’affaissa dans l’observation du sol entre ses jambes, ses yeux s’arrêtant sur le talkie-walkie clippé à la ceinture de son pantalon. Il n’y avait personne à contacter, hormis la ferme du brave Nelson qui se trouvait bien loin d’eux, hors de portée. Au mieux n’y avait-il qu’un appel à l’aide à lancer, sans certitude autre que celle du risque d’être capté par toute l’hostilité de cette ville. Matt n’avait pas d’autre allié de circonstance qu’un mourant allongé sur le canapé juste derrière lui. Il ne pouvait compter que sur lui-même, ses ressources propres et ses connaissances, toutes maigres demeuraient-elles pour les tirer de là, ou les y enterrer pour de bon.

Mais il se releva finalement, dans un grognement étouffé d’effort, s’aidant d’une main en appui contre l’accoudoir, ramassant l’arme de poing qu’il glissa à la ceinture, au bas de son dos. D’un demi-tour, il resta longuement à observer Carl, son apparence crasse, le sang qui maculait son haut déchiré et une partie de son visage en traînée rougeâtre. Seul le soulèvement de sa poitrine et le gonflement de son abdomen du fait de sa respiration pouvait le rassurer que l’homme n’était pas encore mort. Mais il ne perdait rien de sa lucidité. Il savait déjà ce qui arriverait ensuite. La fièvre brûlante, les spasmes de ses muscles ardents, le souffle qui s’éraillait, toujours plus laborieux à mesure que les poumons s’enflammaient en se gorgeant de fluides. Matt se souvenait de cette épreuve qu’il avait vécu avec quelques difficultés, surtout rafraîchi par le récent cheminement de symptômes que sa soeur avait connus une seconde fois, et que Carl vivait de nouveau désormais. Était-ce donc là son rôle si inutile et impuissant ; que celui d’accompagner les infectés dans leurs dernières heures, condamné à partager leurs souffrances et se tenir là malgré tout en représentant de cet espoir fou de revenir à nouveau ? C’était là très pernicieux de la part de la chose moqueuse, Dieu, Diable ou destin, qui se moquait de ses émotions comme de ses pairs.

Un constat propre à nourrir une colère très amère et vindicative chez l’archéologue qui maudissait la volonté supérieur et sadique qui se jouait d’eux derrière ses lèvres crispées, noyées dans les poils drus de sa barbe. Matt se sentait pris de l’envie de tout retourner dans cet appartement pour laisser libre court à ce sentiment d’injustice et déchaîner sa colère. Mais même cela lui était interdit. Le moindre bruit ne ferait qu’exciter un peu plus les morts massés contre la porte d’entrée. N’était-ce pas là leur seul but désormais ? Chasser les vivants, les moindres traces de vie qui pouvaient stimuler leurs sens, s’entraînant les uns les autres jusqu’à former une masse compacte et grouillante pareille à un essaim dégénéré. Pousser les individus comme lui dans leurs dernières limites, jusqu’à ce que l’épuisement mène au renoncement, puis l’acceptation fatale.

Matt secoua la tête en soufflant par les narines, ses lèvres se tordant d’un rictus contrarié. Non. Il n’acceptait pas la situation. Il n’avait jamais été homme d’action certes, mais il n’était pas pour autant du genre à renoncer facilement. Il savait se montrer borné, obstiné même par l’accomplissement des objectifs qu’il s’était fixés. La mort elle-même n’avait pu, dans son plus grand mystère, l’empêcher de retrouver sa soeur. Ce n’était pas ces quelques créatures-ci qui dresseraient leur absence de volonté en opposition à lui. Il se ragaillardissait de sa colère, de sa frustration ; sa patience et son flegme se voyant mis à rude épreuve par le manque de sommeil des derniers jours. Veiller sa soeur quand le camp s’était retrouvé déserté, le passage de cette jeune femme qui avait pris sans donner, puis l’arrivée de Carl juste après. La cavale qui avait suivi pour marquer une étape ici, très besogneuse et encore alourdissant un peu plus ses épaules de responsabilités qu’il s’octroyait.

L’archéologue se savait épuisé, psychologiquement mis à rude épreuve bien qu’il refusait de l’admettre. Carl était dans un état bien plus dramatique que le sien, aussi se refusait-il le droit à la complainte, préférant gaspiller son énergie hargneuse en se remettant à arpenter le salon, à tuer le temps et ruminer ses pensées, réfléchissant à un moyen, le plus idiot fut-il, de détourner les prédateurs au-dehors. Mais rien ne venait, car les idées qui lui venaient se voulaient supplantées par d’autres, parasites. Le destin incertain de Carl qu’il s’était bien gardé de lui révéler, les sévices que subissait probablement sa Mel’, les plans qu’il tirait sur cette comète nommée Hope et qui n’éclaireraient probablement jamais la pénombre de son avenir. Matt avait besoin de factuel, de concret, et il paraissait lui-même se le refuser.

Aussi tâcha-t-il de faire taire les pensées lugubres qui le submergeaient en se concentrant sur une occupation nouvelle. Abandonnant le martèlement léger du sol de sa démarche agitée, il commença à déballer le contenu de son sac à dos, déposant la trousse de secours précédemment entamée sur la table basse située au-devant du canapé où Carl se trouvait inconscient. L’aîné Campbell humidifia une compresse de lotion désinfectante, s’attelant par la suite de nettoyer les plaies et traînées de saleté et de sang qui souillaient son acolyte dont les premiers soins donnés dans cette cave s’étaient cantonnés au plus urgent. Ici, pour une fois, le temps se voulait son allié, à n’avoir à subir aucune pression extérieure. Et sûrement que l’inconscience même de Carl se voulait plus aidante que dérangeante, quand bien même l’homme gardait un oeil attentif aux réactions du blessé. Au moins n’avait-il pas à souffrir plus encore de la brûlure de l’alcool qui s'immisçait dans les chairs. Bien rapidement la compresse s’était retrouvée encrassée, nécessitant l’usage de quelques nouvelles ensuite à mesure que la peau se dévoilait sous la salissure retirée.

Matt n’omettait pas d’ailleurs dans son application à s’enquérir de l’état des pansements qu’il avait appliqués dans une situation délicate. Ceux-ci s’étaient rapidement gorgés de sang, adoptant cette teinte rouge-brunâtre si spécifique, marquant la chair de deux épais rectangles qui nécessiteraient d’être renouvelés  sous peu. Il ne manqua pas non plus de remarquer la sueur moite et épaisse, qui se formait en grosses gouttes sur le front entre autre de l’agonisant silencieux. Nul doute que la fièvre devait commencer à le dévorer. Et ce n’était là que le début d’une agonie dont il se voudrait une fois de plus témoin impuissant. L’homme en ressentit son coeur se serrer une nouvelle fois de colère, assommé par cette énième manifestation d’un fatalisme harassant.

Mais un craquement sonore en provenance du couloir l’arracha bien vite à ses pensées et ses soins. Il redressa premièrement le visage, son regard émeraude se tournant vers la source du bruit quand son dos tout entier se raidissait. Machinalement, il porta sa main droite à la crosse de l’arme nichée dans son dos quand les râles des rôdeurs se faisaient plus intenses. Il était temps pour Matt de faire preuve d’ingéniosité pour se défaire de la menace sans l’amplifier. Et cela se révélait incompatible avec toute idée d’affrontement, hormis à l’arme blanche peut-être, ce dont il se savait bien incapable. La ruse. C’était bien là sa force principale, surtout lorsqu’elle se trouvait adjointe à une détermination farouche de survivre. De la ruse et un paquet d’idées idiotes qui venaient à son esprit.

Matt observa les lieux autour de lui, à la recherche d’un élément qui aurait pu lui faire tilt dans l’esprit. Mais ce ne fut qu’à la vue du grappin que l’idée, folle s’il en était, germa. Son regard s’attarda sur l’objet, dans un froncement de sourcils pensif, durant de longs instants avant de se détourner vers la fenêtre du salon. L’homme ne savait rien ou presque de ces créatures, de ce qui les animait et de quelle manière. Mais il en était néanmoins suffisamment connaisseur pour savoir que si endurance, absence de réaction à la douleur et nombre faisaient leur force, leur stupidité était leur plus grande faiblesse. Leur comportement semblait refléter une absence totale de mémoire à court terme. Le moindre stimulus les détournant d’un objectif vers le suivant, avec toute l’efficacité que leur bêtise pouvait permettre. Il suffisait donc à l’homme d’aller stimuler ces créatures ailleurs, les détourner de leur attention de l’instant que constituait la porte de cet appartement avant que cette dernière ne cède. Malheureusement, entre la théorie et la pratique, il y avait un gouffre que Matt s’était su capable de franchir dans sa vie précédente, bien moins aujourd’hui.

Dans l’idée, il lui suffisait d’accrocher le grappin à une prise sûre, puis de descendre aux étages inférieurs pour faire un boucan de tous les diables susceptible de détourner l’attention des rôdeurs de cet étage-ci. Ce n’était qu’une crapahute, une descente en rappel que l’archéologue aurait avalé en quelques instants des années auparavant. Désormais, c’était surtout une potentielle chute mortelle pour lui qui n’avait ni le matériel, ni même la certitude d’être capable de remonter ensuite. Un acte de foi qui prenait les atours d’un acte de folie. Un de plus.

Se redressant lentement, Matt porta sa main à son sac, son poing droit s’empara de l’enroulement de corde pour le défaire de sa main libre. Quelques instants plus tard, il se retrouvait la tête légèrement penchée, à observer le vide et la rue plusieurs mètres en contrebas, les poings en appui sur le rebord de la fenêtre. La rue ne se voulait pas très peuplée, quelques dizaines de silhouettes éparses sur la longueur de l’avenue qui bordait cette alignement d’immeubles bas. Quelques épaves de voitures également, dont les ombres s’étiraient en longueur dans la lumière décroissant d’un soleil en passe de se coucher. L’homme porta sa main gauche à son front, chassant les prémices de sueur qui le nappait à simplement envisager l’impensable. Une mauvaise prise, une main qui glissait et c’en était fini de lui, de Hope et toute autre forme d’espoir de sauver sa soeur comme Carl. Son rythme cardiaque commençait à s’affoler à s’imaginer les pires scénarios, les plus probables.

La chute depuis ce troisième étage ne lui serait probablement pas fatale, mais il se retrouverait sûrement agonisant, les os brisés, à la merci de ces créatures qui ferait de lui leur repas. Il était difficile d’imaginer pire supplice pour mourir, surtout quand il se rappelait la douleur ressentie du fait d’une simple morsure qui l’avait déjà condamné une fois. Il secoua la tête en se redressant face au constat de sa propre folie, renonçant à s’engager dans cette voie. Il se devait de survivre. Abandonnant au sol le grappin, son poing droit cogna dans la paume de sa main gauche d’un geste de frustration lorsqu’il se détourna de la fenêtre, son regard se posant sur la cuisine aménagée dont les meubles s’offraient à sa vue à l’opposé du salon. Certaines portes des placards suspendus étaient restées ouvertes, l’une d’entre elle arrachée à sa charnière supérieure demeurant bancale, offrant un spectacle chaotique sur un ensemble de verres dépareillés. Ses mâchoires se contractèrent d’une nouvelle moue de réflexion tandis que l’homme avançait dans cette direction.

Ses sourcils se haussèrent alors, avec la soudaineté de l’illumination qui gagnait son esprit, ses pensées, marquant une pause de quelques secondes dans sa progression jusqu’à ce que naisse un sourire partagé entre doute et satisfaction. Ces créatures étaient stupides. Il devait donc se jouer de leurs sens comme elles se jouaient de leurs nerfs. Matt marcha jusqu’au placard, récupérant quelques verres entre ses doigts pour revenir ensuite vers la fenêtre. Il en disposa d’abord quatre sur le rebord de la fenêtre, puis en ajouta quatre supplémentaires d’un autre aller-retour vers la cuisine. S’armant du premier d’entre eux de sa main droite, il focalisa son attention sur l’une des voitures abandonnées dans l’avenue, cherchant à en viser les vitres.

Le projectile fendit l’air en tournoyant sur lui-même, jusqu’à se fracasser en éclats bruyant contre le capot de la Chevrolet quelques secondes plus tard. Et le résultat fut presque immédiat lorsque la poignée de rôdeurs la plus proche du point d’impact se figea, puis tourna son attention vers l’origine sonore. Matt prit une profonde inspiration en même temps qu’un second projectile, trouvant une très légère mais certaine satisfaction à se défouler de la sorte. Un second verre suivit la course du premier, explosant au contact du toit de la voiture au terme d’une course en cloche, marquant la tôle d’une bosse d’impact et rameutant plus de créatures encore qui commençaient à converger vers la Chevrolet.

Le troisième projectile eut enfin le succès escompté, cognant contre la vitre du passager avant et explosant le verre terni par la poussière, la saleté et le manque d’entretien. Et sous le regard de l’archéologue, la réaction en chaîne se produisait bien au-delà de ses ambitions initiales lorsque l’alarme de la voiture se déclencha de ses stridulations suraiguës. L’homme referma la fenêtre pour isoler en partie le son provenant depuis la rue, demeurant néanmoins à observer la scène au-travers du carreau dont il essuya une partie de la poussière de l’ourlet de sa manche. Les morts convergeaient de leurs démarches saccadées vers la voiture hurlante. Des dizaines de créatures entraient dans son champ de vision, quittant le hall de l’immeuble où ils avaient trouvé refuge, mais également des immeubles voisins, jusqu’à former une petite horde compacte, massée autour de la voiture composée d’une soixantaine d’individus charognards, dont le nombre ne faisait que s’accroître depuis les ruelles voisines.

Il se recula alors de quelques pas pour se diriger vers le couloir de l’appartement. Au bout de celui-ci, la porte d’entrée obstruée par quelques meubles en barricades de fortune avait commencée à céder sur son gond le plus haut, dévoilant un entrebâillement où se devinaient les traces luisantes de fluides spongieux. Les assaillants avaient bien failli parvenir à leur but, mais tout semblait redevenu calme de ce côté-ci, si l’on omettait bien évidemment les cris de l’alarme qui résonnaient en échos depuis la cage d’escalier. Un soupir de soulagement s’échappa des lèvres de l’homme, suivi d’un mince sourire de satisfaction qui étira les commissures de ses lèvres, creusant la pilosité de sa barbe. De quelques pas, il avait ensuite progressé en direction de cette barricade de fortune, repoussant le battant de la porte pour tenter de la refermer complètement, sans succès. La déformation du bois, l’acharnement des créatures, avaient eu raison de sa fonction première. Mais désormais, le temps se retrouvait à nouveau de leur côté.

La nuit tomba complètement, plongeant l’appartement dans une obscurité lourde et profonde, que la lueur faiblarde de la lune n’était pas en mesure de parvenir à percer. Et l’écoulement de ce temps gagné, uniquement animé par le concerto cacophonique de l’alarme de la voiture qui n’avait pas cessé au-dehors, commençait à se faire sentir sur les nerfs de Matt. Le bruit, même étouffé, était particulièrement agaçant, et la vision de cette horde croissante n’était pas sans l’inquiéter pour la suite, lorsque celle-ci viendrait. Comment quitter ces lieux, seul ou à deux, avec une telle concentration de morts ? Au final, l’homme se rendait compte qu’il n’avait fait que retarder une échéance tout en en accroissant le danger. Mais dans la situation actuelle, il n’avait rien de mieux à faire qu’attendre. Attendre le calme, attendre la mort de son acolyte, attendre le passage de la tempête.

Matt s’occupa alors de changer les pansements de Carl, profitant de l’inconscience prolongée de celui-ci et des conditions plus posées pour refaire l’ensemble avec plus d’application. Mais malgré les soins apportés, il ne pouvait retenir une grimace de dégoût assez prononcée à redécouvrir la progression de l’infection, les plaies suintantes, les crevasses aux bords rougis, l’odeur de putrescence qui s’en dégageait bien au-delà de la chaleur brûlante et suante qui se dégageait du corps de l’homme, certainement la proie d’une terrible fièvre. Sa tâche n’avait pas été facilitée d’ailleurs par la manifestation de quelques spasmes musculaires et tremblements gagnant en intensité à mesure que l’infection progressait chez Carl. Autant de facteurs qui ne faisait que gonfler à nouveau le sentiment d’impuissance de l’homme. Il se surprit pourtant à se faire la réflexion qu’il aurait dû profiter de ce temps mort pour documenter ce qu’il avait observé, comme il le faisait autrefois sur ses chantiers de fouille. Recueillir ses observations dans un carnet quelconque, pour tuer le temps d’une part, mais aussi pour transmettre ensuite ce savoir, être capable de discerner ce qui relevait de la croyance à propos de cette maladie, ces créatures, ce monde nouveau et ce qu’il relevait des faits.

Car son acte précédent s’était essentiellement basé sur la spéculation que les morts-vivants étaient des créatures stupides, ne suivant que le stimulus le plus présent et récent. Pourtant, le doute demeurait chez l’archéologue qui n’avait rien de mieux à faire depuis que de ressasser ses pensées, ses illusions et ses doutes sur le monde qui l’entourait. Que ce soit en grignotant quelques restes dans les provisions qui leur restaient, pour combler un appétit d’oiseau que les soucis amoindrissaient encore ou en regroupant leurs affaires et rangeant l’appartement pour simplement s’occuper les mains et l’esprit. Finalement, la solitude était un ennemi plus usant que la pression des créatures ou les stridulations ininterrompues de cette alarme.

Mais son chant répétitif et abrutissant mua dans des sonorités plus graves à mesure que la batterie s’était épuisée, jusqu’à se taire définitivement, laissant place à un autre chant, plus rauque et glaçant à l’écoute : celui des râles et des grognements des morts qui emplissaient désormais la ruelle. Les heures s’étaient écoulées, avec toute la lenteur possible qu’elles pouvaient avoir dans ces moments d’isolement et d’ennui. Des heures que Matt n’avaient pu raccourcir d’un sommeil ou d’une simple sieste, l’esprit et les tympans agressés par le boucan extérieur, puis ensuite par la tension du moment. Car il n’ignorait pas que Carl pouvait définitivement s’assoupir pour se relever à l’état de cadavre mangeur de chair. Et l’ironie de connaître un tel sort, mourir dévorer des mains et des dents de celui qu’il désespérait de pouvoir sauver et retrouver, s’avérait être le plus puissant des inhibiteurs de sommeil.

L’aube s’était manifestée, inondant le refuge de cette lumière chaude, offrant une situation nouvelle sur l’avenue au commencement de ce jour tout aussi nouveau et à l’ambiance toute aussi mortifère. La horde s’était désintéressée de la Chevrolet hurlante, mais n’en avait pas moins quitté la zone. Ses membres s’étaient légèrement éparpillés dans les environs, arpentant le bitume craquelé comme autant de fantômes dénué de but, de sens à donner à leur existence par l’absence de proie, mais plus d’une centaine au moins demeurait là, en attente. La vision était profondément désespérante aux yeux rougis et gonflés par le manque de sommeil de Matt. L’homme pouvait sentir son esprit tourner au ralenti, abruti par la fatigue, et il mit quelques secondes à réagir au réveil de Carl dans son dos.

Il se retourna, les pouces glissés dans les poches de son pantalon, le reste des mains posées sur le tissu, portant sur son acolyte un regard épuisé, mais inquiet et empli d’une compassion sincère à le voir tousser, crachotant du sang dont quelques gerbes mouchetèrent le plateau de la table basse. L’aîné Campbell s’emparant d’une des bouteilles d’eau qui traînait là, s’approchant du mourant de quelques enjambées lasses pour venir s’asseoir sur l’accoudoir du canapé, au-dessus de la tête de Carl.

“Je suis là,” marmonna-t-il d’un ton fatigué mais bienveillant, non dénué d’une certaine douceur paternaliste. La vision de son ami en proie à l’agonie n’était pas sans lui crever le coeur une nouvelle fois, car l’inconscience de ce dernier lui avait au moins épargné d’être témoin de la souffrance qui le dévorait de l’intérieur. Maintenant qu’il se trouvait éveillé, c’était en réalité bien pire à encaisser. Suffisamment atroce pour gonfler à nouveau sa détermination de refonder Hope et épargner à d’autres de connaître les mêmes supplices. Il tendit alors la bouteille d’eau à Carl, se penchant pour l’aider à boire si l’homme le désirait et en trouvait encore la force.

“Je t’ai dit que je ne t’abandonnerai pas,” répéta-t-il dans un souffle, après que Carl ait pu boire ou non.

“On va s’en sortir vieux. On fera les choses comme il faut cette fois. Tu as ma parole,” confia-t-il finalement avant de se mordre l’intérieur des joues.

En réalité, Matt gardait pour lui, derrière ses prunelles fatiguées, nombres des mots qu’il aurait voulu confier à Carl. Ses doutes, ses envies, ses espoirs, mais aussi ses remerciements de ne pas l’avoir laissé tomber quelques jours plus tôt, d’être resté à ses côtés quand d’autres aurait simplement pris la tangente. Malheureusement, tous ces mots auraient eu des allures d’adieux, une saveur de définitif que Matt n’était pas prêt à révéler, ni même à accepter.

“Laisse-toi aller. Ce combat est perdu, mais un autre t’attendra à ton réveil.”
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Mer 29 Avr - 12:00
La douleur était indescriptible et semblait bien plus infernale que la première fois, mais il ne s'en souvenait en réalité pas assez pour faire la comparaison. En ce moment d'agonie pure, il ne se souvenait plus de grand chose, si ce n'est de sa propre condition misérable et de la présence d'un second être vivant qui ne l'avait vraisemblablement pas abandonné, alors qu'il aurait pu, ou peut-être dû.

Ses yeux étaient rougis, ses nerfs gonflés et le blanc de son regard se retrouvait injecté de sang, résultat de cette progression infectieuse qui lacérait ses organes, déréglait les rouages organiques qui le composaient dans tout son corps et faisait dériver son sang à vers d'autres directions anormales, dont sa bouche car une nouvelle toux arracha des postillons de sang, suivis d'un vomissement qui malgré les courbatures et brûlures lancinantes le firent se plier sur son flanc pour en déverser la bile rougeâtre et épaissie qui vint dégouliner sur les rebords du canapé.

La matière chaude et dégoûtante coula sur la courbe du coussin et poursuivie sa course jusqu'au sol, une large traînée marquant le passage de Matt venu s'asseoir sur l'accoudoir, contraint par la proximité à se tenir tout près de cette peinture sanglante. En dépit de sa contraction qui l'avait fait basculé, les bras de Carl ne lui répondaient pas ou peu, comme s'ils étaient déjà éteints eux-même et le voile plâtreux et opaque qui rendait tout chose proche floue au regard de l'agonisant laissait comprendre que morceau par morceau, son corps mourrait déjà.

Un souffle rude s'extirpa de ses lèvres tandis qu'il ouvrait la bouche en grand, tirant sur ses traits en fermant les yeux d'une grimace de souffrance silencieuse, un filet de sang coulant du coin de sa bouche avant qu'il ne casse quand l'homme referma les lèvres en laissant retomber sa tête sur le canapé. C'était une lutte de tous les instants, son corps harcelé de spasmes, passait de tremblements continuels frénétiques à des sursauts brusques et brutaux, ce qui finit par le ramener sur le dos. Il peinait à discerner tout ce que disait Matt, mais parvenait tout de même à percevoir sa voix paisible sans pour autant déceler la fatigue, privé de toute nuance des sens.

Il lui était incapable de boire et si Matt essayait de le lui proposer, le mourant ne réagissait pas, comme s'il ne voyait pas le geste ou la bouteille elle-même, ce qui était plutôt le cas de par sa vue mais plus encore sa conscience, dont les pensées étaient hachées menues, le forçant à se focaliser sur la faible réflexion dont il était encore capable et qui le pressait par sa lucidité quant à l'urgence : une dernière parole. Celle-ci qu'il voulait donner à Matt, qui était resté et lui offrait le maigre mais ô combien nourrissant réconfort de ne pas mourir seul cette fois.

Carl n'était pas en mesure de le regarder, laissant ses yeux se déplacer de façon hasardeuse, perdus par sa propre vue dont l'opacité paraissait s'accroître à chaque instant, pour ne donner à Matt que le spectacle de son aveuglement probable et le carmin qui les recouvraient presque entièrement, ne conservant pas le moindre doute sur sa fin imminente. Néanmoins, il sentait sa présence quelque part dans son environnement proche.

« Je... » le raclement permanent de sa gorge devenait véritablement insupportable, rendant l'éraillement encore plus strident et ce qu'il pouvait dire affreusement pénible à articuler pour lui et difficile à identifier pour son acolyte, mais il y mettait alors tous les résidus de force qui lui restaient, en témoignait son immobilité quasi-entière, son bras gauche presque coincé sous sa silhouette et passablement tordu, faute d'emprise.

« Je ne peux... pas. »

Chaque syllabe était presque coupée, chaque semblant de phrase était allongée sur des secondes entières, mais il persistait autant que possible. C'était étrange, de sentir ses instincts s'éteindre. Le désir de vivre, le désir de boire, de manger, de lutter, de subsister. Tout ça s'était évanoui, il se sentait prêt à accueillir le trépas avec un soulagement infini, mais il ne supportait pas de le faire dans le silence maintenant qu'il était accompagné pour ses derniers instants.

« Mer... ci. D'avoir é... été là. M'avoir... donné... une... sec-sec... conde... chance. Tu la... trouveras, je sais. Tu es... bien, quelqu... un. Matt... tu peux... sur... tu... vivre... il faut... ne reste pas... seul. »

Un dernier mot presque craché d'un ultime relent de volonté, qui s'étouffa d'un souffle déchiré et d'une bouffée d'air aspirée avec torture, les lèvres entrouvertes, le regard figé de douleur. Puis il expira longuement, son buste se rétractant de l'air expulsé comme un achèvement chaud et humide. Ses yeux se révulsèrent et ses paupières se refermèrent, le rejetant une dernière fois pour cette vie dans l'inconscience.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba110/0[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba100/0[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Jeu 30 Avr - 14:44
Carl aura sombré dans l'inconscience, mais ne sera pas décédé dès l'instant, malgré qu'il ai été infecté depuis presque une journée déjà. L'agonie durera encore des heures, de nombreuses heures en réalité, laissant à Matt la preuve nouvelle d'une agonie prolongée pour les individus comme lui, qu'ils soient qualifiés de ressuscités, ou de dégénérés, le résultat semblait au moins similaire. Était-ce le fait d'une coïncidence ? Une exception en soi ? Ou une statistique naissante ? Impossible à dire pour l'archéologue, il y avait tant de parts d'ombre dans ce phénomène.

Cette journée du 11 Avril perdurera au son de plus en plus amoindri des non-morts qui occupaient la rue, jusqu'à la tombée de la nuit. C'est au beau milieu de celle-ci, après près de deux jours d'une lente mort, que le faible souffle perceptible aux narines de Carl et au discret soulèvement de son poitrail, cessera. Défunt, il l'était à présent, il n'y avait plus de doute à avoir.

Son cadavre refroidissant, celui-ci prendra une teinte bleutée au fil de nouvelles heures d'attente véritablement insoutenables de ce confinement périlleux pour celui qui devait endurer l'enlèvement de sa sœur, dont le destin était plus incertain que celui de cet homme encore grandement inconnu pour lui. En dépit de son état inerte et non sans intriguer les sens de l'ex-archéologue qui, s'il avait perdu nombre de ses facultés, conservait sans nul doute quelques souvenirs intellectuels, aucun signe de putréfaction n'apparaîtra et ce, même une journée après son décès.

La teinte bleutée se renforcera et sa peau restera relativement nette tout en se solidifiant, le statufiant d'une fraîcheur glacée, sans tarir ses lèvres, ni effriter sa peau, ou friper ses mains visibles. Ses vêtements ne s'encrasseront pas, la froideur se dégageant de son corps pourtant éteint les rendant également plus rigides et évaporant toute odeur corporelle, les fluides qui avaient imprégné son haut principalement en résidus de l'altercation avec le mort-vivant, devenant secs et craquelés. Si Matt, tu tentais de le déplacer ou même aurait pris sa main par exemple, tu auras pu constater que le poids du corps s'était largement décuplé et ce en toutes les parties, donnant la sensation qu'il pesait une tonne.

On l'aurait dit simplement endormi. Le deuxième jour venu, sous sa peau se libérant de cette teinte azur, une pâleur plus grande était perceptible de sa chair en dessous, comme si son épiderme devenait sensiblement transparent, variant de beige et de rosé par endroits, mais majoritairement albe. Matt, s'il s'y était intéressé, aurait pu jurer constater des variations continues de ces quelques espaces colorés, comme si quelque chose était à l'oeuvre dans cette chair toujours aussi rigide.

Il ne fondait pas, ses cellules ne semblaient pas se déliter, sa peau ne se déchirait pas. Il demeurait, jusque deux longs jours après sa mort qui parurent durer une éternité. Tant et si bien que Matt aurait fini par perdre, au moins en partie, la notion du temps, faute d'une horloge à disposition ou de connaissances spécifiques à discerner les variations météorologiques propres aux nomades et autres adeptes de la nature. Phénomène plus déroutant encore, ses chairs déchirées aux bras semblaient se régénérer au fil du temps, sans former de cloque, de bosse emplie de pus ou de croûte, une reconstruction des cellules aussi surnaturelle que discrète, mais qui ne persistera pas aussi facilement.

Au cours de ce deuxième jour de mort, ses blessures aux bras auront été régénérées, mais plutôt que de les refermer proprement, les longues déchirures infligées par les ongles du mort-vivant auront pris une teinte noircie assez brutale et ce en quelques heures seulement, puis des crevasses étireront la peau de chaque coté, mettant en relief ce qui paru sans équivoque comme des nécroses et qui dans le cas de Carl, de par ces blessures, apparaissaient très épaisses, importantes et sur toute la longueur des bras qui avait été déchiré, des épaules aux biceps. Des nécroses suintantes, humides et poisseuses, salissant très vite et étirant quelconque bandage qui avait pu être conservé - ou non - sur ses blessures. Elles finiront par s'assécher, mais cela prendra du temps. Un contraste effrayant d'avec le reste de son corps et de sa peau si préservée et claire.

Cela faisait-il tout juste deux rigoureux jours chronologiquement ? Un peu plus ? Un peu moins ? C'était très complexe à déterminer, si ce n'est que la matinée courait dans le ciel quand Carl reviendra d'entre les morts. Quelque chose s'était passé, là, à l'intérieur. Quelque chose de pernicieux, de curieux, de mystérieux que Matt ne saurait déterminer sans l'ouvrir, mais il pouvait trouver la certitude que ce n'était pas qu'une simple phase de résurrection biblique.

Dans les quelques heures qui précéderont le retour de Carl, sa peau redeviendra plus humide, plus molle, plus chaude, reprenant très lentement mais sûrement son état initial, comme s'il était de nouveau simplement inconscient, si ce n'est l'absence persistante de respiration. Cela étant dit, peut-être Matt ne se sera guère intéressé à lui, ne relevant aucun ou partiellement ces éléments. Peut-être ne sera t-il pas resté dans cet appartement, temporairement, ou plus concrètement.

Carl. A l'instant où tu étais replongé dans l'inconscience, en proie à une douleur innommable, l'absolu néant se sera imposé, sans rêve, ni voix, ni flash, ni notion de temps ou de réalité. Un vide abyssal où tu auras cessé d'être et d'exister, une notion évanouie, une personnalité annihilée dans un gouffre ténébreux dévorant, jusqu'à ce miracle. Tu vivais une nouvelle résurrection, pourvu d'un mal de crâne atroce qui s'il avait déjà été éprouvant la première fois, s'avérait parfaitement horrible alors que tu émergeais, désorienté et ta vue largement floutée.

Le labeur est, maintenant, un supplice sans nom et ton corps entier te fait la sensation d'être transpercé par un millier de petites lames sadiques. Tu ressens la lourdeur de tes membres si endoloris qu'ils paraissent ne pas vouloir s'éveiller et pourtant, chacun d'eux t'es épouvantablement douloureux, comme si tes os étaient devenus aussi fragiles que du verre, si ce n'est le plus fin des verres qui soit.

Seras-tu resté sur ce canapé ou auras-tu été déplacé ? Tes bras seront-ils nus, te laissant découvrir ces terribles nécroses horrifiantes ? De Matt dépendront les circonstances et d'autres facteurs que ta vue se rétablissant laborieusement, après plus d'une minute, finira par découvrir. Dans tous les cas, les douleurs de tes os et tes membres reprenant vie disparaîtront après un assez relatif temps, pour ne laisser qu'un engourdissement absent de toute blessure ou traumatisme passé qui aura disparu.
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Dim 17 Mai - 17:00
Il n’est toujours pas mort. Cela fait plus de 24h maintenant qu’il a été infecté. La fièvre, les spasmes, tout semble gagner en intensité sans offrir la moindre libération le moindre répit. L’inconscience semble l’avoir gagné pour de bon, depuis l’aube ce matin. Je ne peux que lui souhaiter de ne pas en sortir. J’espère Je prie qu’il ne souffre pas dans cet état.
Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi attendre de tout ça. Cela fait deux fois cette semaine que je reste que je me retrouve dans cette situation. Incapable d’aider. Impuissant à soulager.
D’abord Mel’. Maintenant Carl. Je ne suis pas certain d’avoir la force le cran de presser la détente s’il ne revenait pas.
Je n’ose pas m’assoupir. J’ai peur qu’il ne tourne durant mon sommeil. Les morts dehors nous ont piégés. Je suis prisonnier. De mon attente. De son calvaire. De cette maudite ville. De cette maudite vie.

Si tu existes Seigneur, ne sois pas un connard jusqu’au bout. Laisse-nous tranquille.

L’archéologue rabattit la couverture orange vif et cornée du Rhodia sur les pensées qu’il venait de coucher sur le papier. Installé sur la table du salon débarrassée du fatras, assis sur une chaise, il ne pouvait empêcher sa tête de tomber vers l’avant sous le poids de sa propre fatigue, que toujours un sursaut de lucidité l’amenait à redresser brusquement. Ses iris émeraudes baignaient dans la rougeur de cette chape de fatigue qui lui pesait sur les épaules, ses yeux bouffis alourdis de cernes marquées. Le stylo bille à l’encre noir s’échappa d’entre ses doigts, roulant sur le plateau de bois pour tomber au sol. Ce n’est que très lentement, mollement et sans grande conviction qu’il pencha le regard pour contempler l’objet dans sa chute, ponctuée d’un cliquetis plastique qui le laissa pantois de longues secondes.

Un grognement étouffé résonna dans sa gorge lorsque Matt se pencha pour ramasser le stylo de sa main gauche, s’appuyant d’une bonne partie de son poids sur le plateau de la table ; car l’effort aussi minime paraissait-il lui coûtait plus que de raison. Trop de jours avaient passé sans qu’il ne puisse dormir du sommeil du juste. Pourtant, l’aîné Campbell s’estimait le mériter, bien plus que les hommes qui les avait attaqué au campement, bien plus sûrement que cette jeune femme qui l’avait abandonné à son sort. Un profond sentiment de colère, suscité par l’injustice de la situation, envahissait ses tripes, son coeur, jusqu’à empoisonner son esprit d’une rancoeur à l’encontre du monde entier. Fallait-il qu’il soit lui-même une ordure pour mériter le repos, la tranquillité. Fallait-il qu’il abandonne Carl à sa misère comme d’autres l’auraient certainement fait ?

Matt secoua la tête de négation en se redressant, calant le stylo contre les pages du Rhodia, son dos s’enfonçant contre le dossier de sa chaise et ses jambes s’étirant de toute leur longueur sous la table. Non. Il valait mieux que ça. Il en était persuadé et s’efforçait de continuer à le croire. Dans le désespoir, certains s’accrochaient à Dieu, d’autres à quelconques plaisirs Épicurien. Mais il n’avait pour Dieu qu’un profond mépris pétri de doutes quant à sa réalité, et il avait mené une existence que certains pouvaient considérer ascétique à se détourner des petits plaisirs. Tout cela pour se focaliser sur son travail, ses recherches, se détournant du schéma social si cliché, standardisé et racoleur de l’homme moderne, une femme, deux enfants et demi, un break, un labrador et une maîtresse. Jusqu’à délaisser sa propre famille, sa propre soeur dans un monde qui partait à vau-l’eau, l’obligeant à traverser la moitié d’un État peuplé de créatures infernales et hostiles, pour simplement mourir, seul avec des regrets et des remords.

Et cette nouvelle chance, si elle s’était montrée courtoise à ses débuts à trouver refuge et pitance chez le brave Nelson, à lui rendre sa soeur, n’en ternissait pas de cruauté à tout lui reprendre, lentement mais sûrement. Jusqu’à ses convictions en cet instant, quand son regard glissa une fois de plus vers le canapé où se poursuivait l’agonie de Carl. Tout aussi lentement, sa main gauche avait fini par se déporter vers le pistolet de Carl, déposé sur la table. Du bout de l’index pressant contre la crosse, il fit légèrement pivoter l’arme avant de s’en emparer à pleine main, son poids d’autant plus accentué par la fatigue de ses muscles. Matt joua quelque peu avec les reflets de lumière contre l’acier de la carcasse, posant un regard lourd et indécis sur l’arme de poing. Il prenait conscience de son potentiel, bien différemment. Non plus en tant qu’arme destructrice, arracheuse de vie, mais comme d’une promesse de libération de son propre fardeau, de fin de son calvaire et de cette réalité qui semblait chaque jour lui échapper un peu plus.

Ses émeraudes glissèrent une nouvelle fois en direction de Carl, brièvement, avant de revenir sur le Sig-Sauer. Il n’aurait fallu à l’archéologue qu’une poignée de secondes pour en terminer avec tout cela. L’agonie de Carl ? Soulagée. Ses propres doutes et tourments, ce sentiment de perpétuelle impuissance ? Effacés. Il aurait alors abandonné là sa propre soeur à son sort, tout misérable qu’il se sentait, insignifiant face aux geôliers lourdement armés bien plus nombreux qui l’avaient arraché à lui. Car le constat était affligeant, lourdement écrasant pour son esprit malmené. Que pouvait-il bien faire pour la sauver, lui venir en aide quand il n’était même pas capable de se débarrasser d’une créature stupide, famélique et décomposée ? Pas même capable de venir en aide à son acolyte au moment il n’avait eu que lui sur qui compter ? Comment d’ailleurs pouvait-il ne serait-ce qu’envisager de prendre la décision d’abréger les souffrances de Carl, le priver d’une éventuelle nouvelle chance ? Mettre fin à sa vie, cracher sur cette résurrection et renoncer à se battre, cela relevait de son choix. Mais Matt n’était ni juge, ni divin à s’octroyer le droit de décider du sort des autres. Sinon, il n’aurait pas valu mieux que les types ayant emporté sa soeur. Et sa fierté ne pouvait le tolérer. Se flinguer, peut-être ; mais avec dignité et humilité.

Hormis qu’il n’y avait rien de digne ou de humble à cela. Fallait-il plus de courage à presser cette détente pour se faire sauter le caisson ; ou ne pas le faire pour continuer de survivre ? Matt se trouvait bien incapable de répondre à cette question qui n’avait de simple que l’énonciation, mais au final, il redéposa l’arme à l’endroit où il l’avait prise, ponctuant son geste d’un long soupir de résignation. Soupir qui lui arracha un frisson glacial, diffusant depuis la base sa nuque jusqu’aux extrémités de ses membres malgré la chaleur toute relative de l’appartement chauffé par la lumière du Soleil qui gagnait en intensité au travers des fenêtres. L’homme s’affala à moitié sur la table, le buste difficilement soutenu par la présence de ses avants-bras plaqués sur le bois. Il ferma les yeux durant de longs instants, respirant plus fortement pour gonfler ses poumons et chercher à amener un peu de fraîcheur à son esprit si bouillonnant qu’une intense migraine lui enserrait le crâne.

Jusqu’à ce que ses iris ne se rouvrent lentement, balayant la cuisine semi-ouverte d’un regard las, attirés par l’étrange sentiment d’être observé. Et il se tenait là. Lui-même, lui faisant face. Une hallucination de sa propre image, aux traits aussi tirés, au regard d’un vert aussi intense que rougi, aussi fidèle que s’il s’était tenu face à un miroir. Debout, statique, les bras croisés sur la poitrine, semblant le juger dans un silence qui rendait l’atmosphère plus pesante encore. La différence la plus notable entre les deux hommes ne résidait pas dans l’apparence physique, puisqu’ils se voulaient semblables en tous points ; mais dans la gestuelle de l’hallucination. Elle secouait la tête, lentement, de gauche à droite, un sourire en coin moqueur sur les lèvres. L’inconscient de l’aîné Campbell paraissait se juger lui-même par l’entremise de cette hallucination. Ridicule. Pathétique. Il l’était et se le sentait.

Matt préféra finalement détourner le regard de cette image qu’il se renvoyait, se relevant non sans effort pour se diriger vers la chambre du petit appartement. Il avait besoin de dormir, car la raison de son esprit semblait lui échapper, se déliter lentement sous l’épuisement de son corps et la migraine qui lui dévorait le crâne. Il referma doucement la porte de la chambre après avoir traversé le salon, toujours sous le regard statique de son homologue fantasmé qu’il s’attendait à retrouver dans ses rêves, ses cauchemars, qu’importait. Sans même ôter ses chaussures ou sa veste, l’homme s’écroula de tout son long sur le lit, laissant derrière lui image moqueuse et compagnon agonisant se tenir compagnie. Il ne lui fallu que quelques instants pour sombrer dans un lourd sommeil.

Bien plus tard.

Un sommeil qu’il quitta passablement revigoré, de corps tout du moins car son esprit mit un temps bien plus long à émerger de ces longues heures de repos nécessaires. Sa vue demeurait brouillée derrière ses paupières collantes, et il lui fallut aller quérir quelques gorgées d’eau pour gommer en partie la sensation pâteuse qui emplissait sa bouche. Autour de lui, tout n’était plus que pénombre quand il remarqua par la fenêtre aux rideaux tirés que la nuit était déjà tombée. Au-dehors, le tumulte des morts s’était calmé, le massif groupe de créatures s’étant dispersé au fil des heures pour des raisons qu’il était bien incapable d’envisager ou comprendre. Que pouvait-il bien y avoir de fonctionnel sous ces crânes décharnés qui leur dictait leur comportement ? Matt n’en savait rien, et si la curiosité le piquait de le découvrir, ce n’était pas à l’ordre des jours à venir.

Car à son retour dans le salon, d’où l’hallucination avait disparu en même temps qu’une bonne partie de l’épuisement de son esprit, il avisait toujours la présence du corps de Carl sur ce canapé malgré la très maigre clarté des lieux. L’archéologue se mit à la recherche de la lampe-torche dynamo, et profita après quelques minutes d’acharnement à en tourner la manivelle d’une source lumineuse pour inspecter son acolyte. Les tremblements de ses muscles, le soulèvement de sa poitrine, sa peau moite de sueur qui collait toujours autant ses vêtements à sa peau. L’homme n’avait toujours pas succombé au mal alors que cela faisait quoi ? Trente-six heures ? Plus ou moins, qu’il avait été infecté ? C’était aussi incroyable que douloureux à contempler pour Matt.

L’archéologue profita de cette accalmie, dans ses pensées comme dans ses préoccupations pour se restaurer un peu mieux, creusant dans les réserves de nourriture d’un appétit plus vorace que les jours précédents. Et l’état descendant des vivres restants n’était pas sans l’inquiéter pour les jours à venir. Si Carl se réveillait, il aurait lui aussi sûrement besoin de se nourrir, de reprendre des forces pour se remettre, et le peu de nourriture qu’ils possédaient ne le lui permettrait que peu. C’était mieux que rien aurait pu se raisonner Matt, mais l’homme ne pouvait s’en satisfaire aussi aisément. La conserve de raviolis froids tenue à la main, qu’il vidait de quelques cuillerées, il se déplaça jusqu’à la fenêtre donnant sur l’avenue, scrutant sous la pâleur de la Lune les nombreuses silhouettes qui erraient toujours plus éparses au milieu de celle-ci. Il se demanda où avait bien pu passer le gros de la horde rassemblée la veille par cette voiture hurlante. Et cela ne le rassurait qu’à moitié, car il craignait qu’à nouveau certains de ces cadavres n’en reviennent à s’intéresser à la porte déjà bien mise à mal de leur refuge de fortune.

Néanmoins, cette dispersion lui ou leur offrait la perspective d’une fuite plus simple, toujours à condition que Carl se réveille une seconde fois. Matt s’efforça de se détourner de ce futur pour le moins incertain. Déjà fallait-il survivre jusque là. Il prit alors la décision qu’au matin, il explorerait autant que possible le reste de l’immeuble dans lequel ils avaient trouvé refuge. Ne serait-ce que pour trouver de l’eau, denrée bien plus importante et nécessaire que la nourriture dans l’immédiateté de la situation. Mais tout serait bon à prendre quoi qu’il puisse trouver.

Carl est mort cette nuit, après pratiquement 2 jours d’agonie. Cela doit bien faire quelques heures maintenant que son corps demeure inanimé. S’il doit tourner, je ne sais pas quand cela se produira, ni même si cela aurait déjà dû se produire. Je manque cruellement de données et de certitudes sur tout ça. Je ne l’ai vu qu’une seule fois. Il est impossible pour moi d’en conclure quoi que soit.

Le soleil vient de se lever. Il a pris une teinte bleutée qui s’est renforcée. J’ignore si cela provient de la lumière ou du phénomène, mais plus le temps passe, plus je suis persuadé qu’il va ressusciter. Je ne constate aucun des premiers signes de décomposition habituels à ce stade de décès. Aucune lividité cadavérique manifeste, aucun relâchement du sphincter, aucun début de gonflement de l’abdomen. Par ailleurs, aucun des diptères de la première escouade ne semble avoir été attiré par le cadavre. Cette mort par infection semble défier toutes les règles établies en médecine légale, mais je reste incapable de déterminer si cela provient de la maladie ou de la nature particulière des ressuscités. Les infectés croisés durant mes périples ne m’ont pas paru être assaillis par les insectes nécrophages malgré des états de décomposition et putréfaction parfois très avancés. Peut-être est-ce un faux indice quant au sort qui attend Carl. Tout est à revoir.

Matt abandonna le Rhodia ainsi griffonné de ses quelques observations quant à l’état de Carl. Une chose qu’il aurait dû faire pour sa soeur quelques jours auparavant, mais la situation était alors bien différente. Les morts affluaient toujours près du campement Hope, creuser la tombe de Cassandra lui avait pris beaucoup de temps également, mais surtout il y avait eu trop d’inquiétudes et de solitude. Ici, les choses étaient presque similiaires. La solitude, l’impuissance, l’inquiétude ; mais l’archéologue avait beaucoup de temps à tuer et aucune menace mort-vivante à affronter directement, ni aucune sépulture à offrir. Quittant la chaise où il avait trouvé place et récupéra le pistolet dont la proximité ne le quittait plus dès fois que son acolyte ne se relève à l’état de monstre infernal. Il marcha de quelques pas jusqu’à récupérer son sac à dos qu’il vida de son contenu non-essentiel, n’y laissant que la trousse de soin entamée, une bouteille d’eau presque vide et un peu de nourriture au cas où son expédition dans les autres appartements ne tourne au fiasco et à un nouvel enfermement. Il enroula par ailleurs le grappin en-travers de son torse, se préparant au pire si la situation virait vraiment à la catastrophe et que l’éventuel piège se voulait trop serré.

Dans son esprit, le temps était désormais révolu des escapades à la va-vite, sans solution de secours ni plan B de repli. Matt se devait d’être bien plus prudent et organisé. Il y avait bien assez d’hostilités dans ce monde pour tenter le diable d’être mal préparé. Il avait bien essayé de récupérer le holster de cuisse de Carl, mais s’était retrouvé incapable de soulever ni déplacer la jambe du cadavre en incubation. Le poids de son corps s’était révélé incroyablement lourd, ses muscles aussi rigides que s’ils avaient été constitués de bois. Un constat qui dépassait le cadre qu’il connaissait de rigor mortis, laquelle n’aurait pas dû atteindre ses jambes si peu de temps après son trépas. L’aîné Campbell fit note dans son esprit de rajouter cela à ses futures observations couchées sur papier.

Car cela le fascinait et l’intriguait, malgré qu’il s’agissait là du sort de son seul compagnon de survie. La curiosité était forte chez l’archéologue de vouloir comprendre et percer les mystères de ce phénomène dont il avait lui-même été victime malgré lui. Une étrange excitation, viscérale et propre aux scientifiques qui laissait souvent le quidam moyen indifférent. Si la situation ne se voulait pas si catastrophique, pour lui comme pour le monde, si les enjeux n’étaient pas si élevés, il ne faisait nul doute que l’aîné Campbell aurait consacré une grande part de son temps et de son énergie à étudier et documenter le phénomène. Celui qui touchait les morts-vivants comme les ressuscités. Surtout que le sort actuel de Carl fut causé par la manifestation d’une capacité à traverser la matière habituellement solide, tout comme sa cadette avait dévasté et retourné quelques véhicules par la seule force de son esprit tandis qu’ils prenaient la fuite. Il y avait tant de mystères qui flottaient sur leurs conditions nouvelles que cela en était déroutant pour l’universitaire.

Mais universitaire, il ne l’était plus. Il n’avait plus de chaire, plus de collègues chercheurs ni même de chantiers de fouilles à exploiter. Il n’était plus qu’un misérable survivant sujet d’une expérience inédite dans l’histoire du monde connu, et cela requérait des sacrifices. Comme le temps, le savoir, l’humanité ou l’empathie pour laisser place à la méfiance, au rejet, à l’exploitation. Une course contre la montre, contre la mort elle-même, au sein du plus grand chantier de fouilles : le monde, tout simplement.

La porte d’entrée de l’appartement eut un claquement sec en pivotant avec difficulté sur ses gonds déformés par l’assaut des morts, et l’archéologue dut jouer de sa silhouette sèche pour s’extirper de l’endroit, sa respiration prenant une intensité plus saccadée quand la tension grimpait une nouvelle fois. Matt s’immobilisa à peine le pas de la porte franchi et celle-ci refermée, tendant l’oreille à l’affût du moindre son, du moindre râle qui aurait révélé la présence d’un mort, ou plusieurs. Mais rien. Seulement le silence, à peine perturbé par l’écho d’un vent léger s’engouffrant par une ouverture, quelque part. L’homme traversa le palier de l’étage, commençant par l’évidence, l’appartement d’en face à la porte enfoncée.

Une bonne partie du chambranle de bois avait été arrachée par quelques coups forcenés contre le battant, jusqu’à tordre le loquet et arracher une partie de la menuiserie. L’homme poussa la porte sans difficulté, découvrant des lieux derrière celle-ci dont l’état de dévastation se voulait similaire à celui qu’ils occupaient. Meubles vidés à la va-vite, tiroirs renversés, placards ouverts. Des traces de pas, de doigts, qui se laissaient deviner de l’épaisseur plus fine de poussière qui les avait recouvertes, ou les traînées brunes de sang séché qui marquaient les murs à la teinte oscillant entre blanc cassé et jaune pâle. Jaune sale et blanc glauque aurait précisé l’archéologue dont le regard sinople baladait sur les différentes pièces, passant au crible de sa déformation professionnelle à vouloir retracer l’histoire des lieux et ses occupants. Ce qu’ils avaient vécu, comment, et comment ils s’étaient éteints à leur tour.

Cet appartement se voulait chargé d’histoires. Probablement macabres pour les épisodes les plus récents à remonter la piste des traces de sang brunies. Le couloir, des traces de mains semblables à des peintures pariétales, deux appuis sanguinolents sur le mur de gauche, un sur le mur de droite, jusqu’à l’ouverture sur le salon. Des trophées de chasse empaillés sur le mur qui jouxtait la cuisine. Matt s’arrêta quelques secondes pour fixer les regards vides de vie d’une tête de sanglier, deux cerfs aux bois majestueux, et dans l’angle, la carcasse empaillée d’un jeune puma au pelage de sable, cendré par la poussière déposée. Quelques articles de journaux en ligne, des photos d’autres trophées de chasse, de prises diverses qui ne laissait guère de doute sur le loisir favori de l’occupant des lieux. Matt contractait les muscles de ses mâchoires à observer ses animaux, réduits à de simples trophées sportifs. Un soupir nasal lui avait échappé, plus prononcé, à la découverte du félin. Une bouffé de mélancolie lui étreignit le coeur en repensant à sa soeur, ce qu’elle aurait eu à dire, la colère qui l’aurait emporté si elle avait pu faire face à cet homme. Mais cela n’était qu’un encart dans la tête de l’aîné Campbell, un rapide retour vers des préoccupations dépassées aujourd’hui, mais dont la justice ne décevait pas d’une certaine ironie amère.

Le chasseur, le responsable, se trouvait là lui aussi, dans l’angle opposé à ses trophées. Le sommet du crâne effondré et le visage brouillé de chairs sûrement arrachées par la détonation du fusil qui trônait à ses côtés. Ses jambes, les chairs de son ventre qui sur les photos se voulait bien rebondi, les muscles de ses bras et partie de son cou avaient fait le festin des morts et des nécrophages. Drôle de justice et cruel châtiment pour un prédateur qui avait fini proie. Matt ne pouvait s’empêcher de ressentir un certaine empathie pour ce misérable, malgré ses pratiques de chasse qui les auraient certainement poussé à se confronter de leurs vivants, car l’homme demeurait encore bien incapable de se détacher totalement de la violence de ce monde, ce qu’y survivre signifiait pleinement. Des trésors, des histoires d’humanité et de cruauté avaient été perdu, simplement dévoré. C’était triste à constater, et plus difficile encore à accepter.

L’archéologue se fit une raison, d’une profonde inspiration. Il lui fallait renouer avec un certain pragmatisme froid. Il n’était pas là pour conter des histoires éteintes sous les cendres, mais pour continuer d’écrire la sienne, la leur. Alors il avança de quelques pas précautionneux vers le cadavre, craignant un sursaut de celui-ci, avant de s’emparer du fusil abandonné à son flanc. Un lourd fusil à pompe Ithaca, dont le châssis métallique avait collé au sol par les fluides asséchés et nécessita un effort supplémentaire. Une arme vide de toute munition, mais qui demanderait un bon nettoyage et entretien pour sûrement fonctionner sans risque. Matt n’en savait rien, difficilement apte à juger de cet état de fait, mais il jouait la carte de la précaution face aux incertitudes. Peut-être l’état de l’arme expliquait pourquoi celle-ci avait été délaissée aux côtés de son apparent propriétaire quand l’appartement semblait avoir été fouillé.

Matt coinça le fusil dans une boucle de son sac à dos, et entreprit de se détourner pour pauvre homme pour continuer son exploration des lieux. La fouille de la cuisine, des placards déjà ouverts ne lui offrit rien d’autre que des ustensiles, couverts et batteries de poêles et casseroles dont il serait impertinent de s’incommoder. La fouille de la chambre se révéla néanmoins plus riche en trouvailles. D’autres photos encadrées, de paysages variés du pays, allant des panoramas désertiques du Colorado jusqu’aux montagnes boisées du Wisconsin, des photos d’animaux majestueux, terrestres, volants, aquatiques. Mais rien d’urbain. Pas l’image d’une grande ville et leurs jungles de buildings, aucune architecture issue de la main de l’homme. Finalement, ce chasseur semblait être plus intéressé par la nature, à sa manière que la fratrie Campbell aurait qualifié de cruelle, que l’archéologue lui-même et ses lubies de dénicher l’histoire des peuples et civilisations. Peut-être Matt avait-il quelques leçons à tirer de cela, pour lui-même et ses congénères.

L’armoire de la chambre contenait nombre de vêtements, vestes et pantalons en toile épaisse et bariolée de motifs de camouflages. Urbain, désertique, forestier. Toute une palette de nuances du gris au vert en passant par le marron. Un pantalon attira son attention. De couleur beige, quelques endroits renforcés sur l’avant et l’arrière des cuisses et des tibias, une ceinture en tissu intégrée et suffisamment large pour compenser la différence de gabarit entre ancien et nouveau propriétaire. Matt s’empara du pantalon tactique et se rabattit également sur une paire de chaussures de chasse, hautes, robustes et finalement peu usées, dont la pointure coïncidait avec celle de l'archéologue. Déposant son sac au sol et s’asseyant sur le lit dont les ressorts du matelas gémirent sous l’appui, il enfila pantalon et chaussures, un léger sourire de satisfaction étirant ses lèvres à y découvrir un confort et une propreté largement supérieurs à ses vêtements, souillés de la rencontre avec le cadavre qui avait infecté Carl. L’homme ainsi botté se redressa et fit quelques pas sur le sol, étreignant le cuir de ses nouvelles godasses et ajustant le tour de taille du futal, la satisfaction grandissante. Par les temps qui couraient, il fallait savoir se contenter de peu.

Mais il y avait dans ce lieu plus que simplement peu. En témoignait la présence d’une cantine métallique qui avait vraisemblablement échappée à la fouille des lieux par de précédents visiteurs. Matt lui-même serait passé à côté s’il ne s’était pas baissé pour récupérer son sac. Intrigué, il tira la malle de sous sa cachette d’enfant, non sans générer un bruit de raclement qui refit grimper son inquiétude quant à attirer de nouvelles créatures. Il s’empressa alors d’ouvrir le couvercle, y découvrant rangés pèle-mêle un petit fusil-mitrailleur, dont le nom Skorpion se trouvait gravé en filigranes au-dessus du numéro de série, une paire de jumelles de bonne facture, quelques pièces de rechanges et d’entretien dont ce qui semblait être une extension de chargeur pour une arme de petit calibre et un carquois presque complet de carreaux d’arbalète, sans l’arme de jet associée. Peut-être cette dernière avait-elle été emportée par les précédents visiteurs, Matt l’ignorait et s’en fichait, car il gardait à l’esprit que son compagnon d’infortune, actuellement perdu quelque part entre la vie et la mort, saurait y trouver une certaine utilité à son retour. De nombreux magazines de chasse et de pêche également, disposés dans un carton au poids conséquent mais relativement préservés de l’usure du temps, et une carte du comté de Snyder, découpant avant tout les zones et permissions de chasses calendaires dans bois environnants, quand la ville elle-même n’était qu’à peine imagée d’une zone rosâtre et les propriétés privées agricoles, délimitées par de vastes hachures d’un bleu pastel.

L’archéologue ramena l’ensemble des trouvailles dans leur refuge, les déposant sur la table du salon, devant pour cela réaliser trois allers-retours entre les deux appartements tant il y avait à porter. L’homme s’était accordé une pause repas, frugal, dans le courant de l’après-midi, complétant ses observations à propos de l’évolution de l’état de Carl dans le cahier Rhodia ou feuilletant sans trop d’attention quelques articles d’un des magazines récupérés. Une nouvelle fois, le sommeil l’avait saisi pour quelques heures, poussé par son inconscient à récupérer autant que possible du retard de repos accumulé ces derniers jours quand le calme régnait sur les lieux. Mais malgré les trouvailles faites et le sentiment que la chance, quelque part, commençait à lui sourire, reléguant bien loin les idées stupides de suicide qui l’avaient épris la veille, Matt ne pouvait se défaire du sentiment incommodant qu’ils étaient bien loin d’être sortis d’affaire. Pour preuve en était l’épuisement attendu de ce qui restait de ses réserves d’eau potable, achevant d’avaler les dernières gorgées des deux bouteilles à sa disposition.

L’esprit rafraîchi par quelques heures de sommeil malgré tout insuffisantes, l’archéologue quitta une nouvelle fois ce refuge et son compagnon qui paraissait simplement endormi si l’on occultait la teinte légèrement azurée de sa peau. Précautionneusement et l’oreille aux aguets du moindre grognement, du moindre mouvement d’un mort ou d’une créature, il avait entrepris de redescendre dans les étages inférieurs, poussant le vice jusqu’à retourner dans l’appartement où il avait été agrippé par un mort et pris en chasse par une vieille décérébrée. Le ridicule de la situation, à y repenser, aurait pu pousser l’homme à sourire, se moquer de lui-même s’il n’était pas si simplement conscient que cela pouvait se reproduire et qu’il réagirait probablement de la même manière. Il n’était tout simplement pas prêt, et les mystères de cette nouvelle vie l’avait privé de bien des habitudes acquises par la force de l’affrontement à d’autres environnements pourtant aussi hostiles. Le désert Égyptien sur les rives du Bas-Nil, les randonnées profondes dans les Highlands Écossais, les ruelles de la vieille ville d’Haïfa et du Caire… Et pourtant, rien ne paraissait aujourd’hui plus hostile que son propre pays natal, livré aux dents et aux ongles de ses habitants maudits de putréfaction.

Mais l’étage se voulait désormais déserté de toute non-vie. Une traînée visqueuse, brunâtre, s’échappait de l’appartement, de cette chambre où cette créature l’avait retenue, pour glisser par accoups dans la descente d’escaliers, disparaissant à sa vue en contrebas. Inquiet, il le restait néanmoins, poussant la porte de cet endroit avec une appréhension justifiée, retrouvant un décor brièvement familier. Il se dirigea presque d’une traite vers la cuisine, dépouillant les placards d’ores et déjà vidés d’une fouille attentionnée, ne découvrant ou redécouvrant que les mêmes ustensiles de cuisine, aux coloris et marques différentes, mais l’inutilité identique. Aucune bouteille d’eau ne traînait, aucune liquide ne parvenait à s’écouler des différents robinets, autre qu’un très court filet glougloutant d’une eau marronnasse d’avoir trop stagné dans la tuyauterie. Pas même les réservoirs de toilettes ne contenaient la moindre trace d’eau. Les survivants de la ville semblaient avoir pris toutes les habitudes, fouillé les endroits avec une minutie expérimentée, ne laissant à Matt que le sentiment désagréable de passer en second, sans la moindre miette à ramasser autre qu’un paquet de cigarettes à peine entamé. Il n’était pas fumeur. Il ignorait si Carl l’était, mais il savait admettre la valeur marchande de ces quelques rouleaux de papier. Peut-être pourrait-il par la suite troquer ces cigarettes contre quelque chose de plus utile avec d’autres ; à condition qu’il parviennent à trouver d’autres survivants et même tout simplement, survivre lui-même à ces jours périlleux.

Ses trouvailles de la journée ? Un simple coup de chance. Une piqûre de rappel du destin que non, les choses ne seraient pas plus aisées avec des armes supplémentaires, car aucune munition ne pouvait étancher une soif autre que celle de revanche. Matt devait bien se résoudre à l’évidence, s’il voulait trouver de l’eau, il lui faudrait faire preuve de plus d’ingéniosité et d’audace à défaut de chance, ou de voir la pluie tomber. Il lui faudrait sortir, dans la rue. Courir le risque d’affronter les morts, les éviter surtout, pour espérer tomber sur une source d’eau quelconque, non croupie ou souillée de préférence. Il était effarant de constater à quel point les choses les plus élémentaires, coutumières, prenaient un nouveau visage une fois la civilisation en souffrance et en manque du luxe routinier des principaux réseaux de distribution. Il parvenait aisément à trouver des reliques de l’hygiène d’autrefois. Savon, dentifrice, vêtements, ustensiles de cuisine… tout cela ne manquait pas dans les nombreuses habitations abandonnées. Il manquait juste de flotte, d’électricité, de gaz, pour rendre tout cela utile et fonctionnel.

Et aucun des autres appartements qui passaient sous le crible de ses fouilles ne lui offraient le luxe d’avoir tort. Tout avait été dépouillé de l’essentiel. Pas une trace de nourriture, pas une goutte d’eau qui aurait pu étancher la soif qui le pressait plus avidement. Deux heures supplémentaires s’étaient écoulées sans que Matt n’en tire rien de productif. Son seul soulagement ne résidait que dans l’absence de toute trace de mort-vivant occupant encore les lieux, bien qu’une fois parvenu au rez-de-chaussée de l’immeuble, les râles et grognements des créatures voguant à l’extérieur, de l’autre côté des murs de béton, s’étaient faits plus intenses et distincts. Il n’avait trouvé qu’une pelle dans le dernier appartement fouillé au rez-de-chaussée. Une simple pelle dont l’utilité lui échappait dans cet environnement fait d’acier, de bois et de béton. La chance se voulait-elle moqueuse à ce point de sa condition ? Avait-il survécu aux balles, échappés aux hommes qui avaient emporté sa cadette et aux morts pour dépérir de la soif ? Cela prenait l’apparence non-déguisée d’une vaste farce de la destinée, un pied-de-nez de l’infortune qui, si elle avait pu se manifester devant lui physiquement, aurait reçu de la part de Matt l’ampleur de sa gratitude d’un coup de pelle en pleine figure.

Mais même ce défoulement lui était interdit, ne pouvant se contenter pour déchaîner sa frustration qu’asséner un coup de pied contrarié dans le radiateur du salon. Si l’extrémité renforcée et coquée de métal de ses nouvelles chaussures protégea ses orteils d’une douleur quelconque, le bruit du choc se diffusant le long des conduites métalliques du chauffage collectif qui entraient et s’échappaient du radiateur ne fut pas pour le rassurer. Il put l’entendre, le percevoir, courir le long des murs. Le bruit porté par le béton en résonance dans les murs, gonflant le silence ambiant de vibrations sèches qui n’auraient pas pu manquer d’attirer une certaine attention si elle se voulait présente. Mais le geste avait eu chez l’archéologue un effet électrisant, le figeant d’abord d’une contemplation pensive, avant que la prise de conscience de sa propre stupidité ne le percute, agitant ses tripes d’un fourmillement d’excitation renouvelée. Un “eureka” naissant au coeur de son esprit et trouvant chemin jusqu’à la surface de ses réflexions, ses émeraudes fixant le chauffage avec un entrain renouvelé.

Prenant la pelle à deux mains, il glissa la tête de celle-ci entre la conduite de sortie du chauffage et le mur, avant d’y exercer toute la pression de son poids sur le manche, à de nombreuses reprises. Il tira une fois, puis une seconde et de nombreuses autres fois suivantes pour jouer de l’effet de levier, tordant à chaque fois un peu plus tuyau comme métal de la pelle. Son visage se mit à rougir de l’effort ; son visage, ses mains, ses aisselles s’humidifiant de sueur quand son souffle gagnait en intensité et en volume. Jusqu’à ce que la petite canalisation ne cède enfin, comme le manche de la pelle qui projeta quelques éclats de bois aux alentours. Matt perdit l’équilibre et s’affala à plat ventre, emporté par ses propres forces et son élan, incapable de contenir un juron en heurtant le sol. Mais il venait d’atteindre son but.

L’eau ruisselait de la conduite. Elle s’échappait en un mince filet d’abord brunâtre, qui s’éclaircit rapidement alors que le précieux liquide s’échappait enfin de son circuit clos dans un gargarisme enjouant pour l’archéologue. Avec empressement, il tâcha de se défaire de son sac et en extirper les deux bouteilles vides pour porter tour-à-tour leurs goulots contre la sortie de la canalisation. L’eau se voulait légèrement trouble, blanchâtre du calcaire accumulé. Ce n’était qu’une petite victoire pour l’homme, surtout que le gaspillage était grand, car une fois les deux bouteilles pleines, le système de chauffage collectif continuait de se déverser à même le sol, sifflotant et crachotant les restes de liquides jusqu’à détremper sol et tapis du salon. Mais Matt s’en moquait bien. Comme il l’avait précédemment confié à Carl, il ne comptait pas vivre ici. Ce n’était qu’une maigre étape sur la longue route qui le mènerait irrémédiablement à sa soeur, par tous les moyens. Juste une petite victoire.

Deuxième jour. Il y a du changement. La teinte azurée s’estompe lentement et la peau de Carl devient de plus en plus translucide claire pâle. Certaines zones de ses bras adoptent des coloris oscillant du beige au rosé, parfois de l’ivoire. Je ne sais pas si c’est l’effet de la fatigue, de la lumière ou de mes propres yeux qui me jouent des tours, mais j’ai l’impression de voir ces taches danser se déplacer sous sa peau. Quelque chose d’incompréhensible est très clairement à l’oeuvre alors qu’aucun signe de vie ne semble se manifester. Carl demeure rigide, lourd, comme endormi mais aucun souffle n’anime son corps.

Ses blessures aux épaules se sont lentement refermées, comme soumises à une très étrange régénérescence. Mais il n’y a pas de croûte ni rien qui n’approche une cicatrisation classique. Au contraire d’une chair neuve et rosée, d’étranges nécroses noires commencent à se former. Il n’y a apparemment pas de pus, simplement un suintement liquide et assez organique. J’ai eu beau tenter de les désinfecter, les panser et les bander, le tissu du pansement s’imbibe très rapidement. Tout cela semble complètement obsolète inutile. Je ne comprends rien à ce qu’il se passe.

La nuit et le jour s’étaient écoulés assez lentement pour l’archéologue quand il fut revenu de sa virée aquatique. Manger. Boire. Dormir. S’occuper l’esprit et s’occuper de Carl, en feuilletant les magazines trouvés, en lisant un roman dont il avait abandonné la lecture au cours du troisième chapitre, dissuadé par la niaiserie mièvre de l’héroïne principale. À de nombreuses reprises également, il avait déversé le contenu de son estomac dans la cuvette sèche des toilettes de l’appartement. L’eau du circuit de chauffage ne s’étaient clairement pas révélée aussi potable que l’archéologue avait pu le penser. Des contractions gastriques qui avaient érodé les quelques heures de sommeil permises, moins profondes, plus inquiètes ; mais aussi une partie de ses forces car l’appétit lui avait complètement échappé.

Faire bouillir l’eau récoltée sur la cuisinière à gaz et la faire passer par un filtre à café n’y avait rien changé. Il devait y avoir quelques traces dans l’eau qui ne relevaient pas d’une intoxication bactérienne, mais Matt ne pouvait rien en savoir, hormis ruminer sa frustration de voir une petite victoire se muer en échec retentissant au bout de quelques heures. L’homme s’était pensé plus solide de constitution. Il s’était su plus solide d’ailleurs, lui qui avait bu à bien des fontaines dans des lieux plus exotiques. Sa résurrection avait-elle à ce point tout effacé de son passé ? Jusqu’à sa constitution même ? C’était difficile à envisager, même pour lui qui avait déjà assisté à bien d’étranges phénomènes.

L’aîné Campbell eut lors de ce second jour tout le loisir de compter les heures, en grande partie cloué au lit par les douleurs lancinantes qui lui comprimaient périodiquement l’estomac. Un repos bien dérisoire en comparaison de la fatigue qui l’étreignait. Dans les quelques périodes d’accalmie autorisée par le mal qui le tenait, il s’était levé pour s’inquiéter du sort de Carl, suivant l’évolution de son infection ou de sa résurrection, il ne savait comment nommer ce phénomène, consignant ses observations dans le cahier Rhodia. Jusqu’à la fin d’après-midi, du moins le pensait-il.

Le cours du temps lui avait complètement échappé, rendu encore moins discernables par les phases d’éveils et de somnolence multiples de ce second jour. Mais Matt ne manquait pas de sursauter sur sa chaise, sa main droite s’emparant du P226 avec une certaine crainte quand la vie reprenait ses droits sur le corps du défunt Carl. Ses yeux émeraudes, habituellement si vifs, paraissaient éteints. L’aîné Campbell était harassé, sa barbe drue ayant gagné en noirceur et épaisseur et la peau de son visage en pâleur qui accentuait le contraste cendré de ses joues et son bas-visage. Contemplatif, expectatif, le canon du pistolet dirigé vers le canapé, il se mit à attendre, sa main gauche rabattant la couverture du Rhodia sur les derniers mots qu’il avait couchés.

Les traces noires de ses blessures se sont asséchées. La peau autour s’est crevassée, marquant une délimitation nécrosée tout à fait déroutante par rapport à la chair juxtaposée qui semble parfaitement saine. Je l’impression que sa peau, son corps, regagne retrouve en souplesse et en chaleur. L’espoir me gagne de plus en plus. La certitude aussi. Il va revenir. On va s’en sortir.

Merci Seigneur.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Sam 23 Mai - 13:36
Les paupières de Carl peinaient à s'ouvrir alors qu'il essayait d'émerger du néant où il avait été emprisonné durant un temps qui lui échappait totalement, absolument incapable de ressentir s'il s'était éteint une minute, une heure, une semaine, un mois ou une décennie. Un son guttural rauque et glaireux échappa d'entre ses lèvres entrouvertes, son visage se mouvant légèrement et très lourdement, les traits étirés d'une large grimace douloureuse qui figeait presque ses traits en l'état.

Ses mains étaient demeurées telles qu'il les avait laissé, l'une sur l'estomac, les doigts partiellement repliés, l'autre affalée sur le dos le long du rebord de canapé, les phalanges relâchées. Il eut le réflexe de déglutir pour dégager sa gorge, la masse gluante embaumée de salive s’enfonçant dans son œsophage avec la lourdeur et la douleur d'une boule d'acier, son passage et le mouvement de sa pomme d'Adam multipliant des sensations terriblement brûlantes, à tel point qu'un semblant de râle brisé et raillé suivi quelques secondes après la première expression, d'une sonorité plus emportée et aiguë, en tout cas moins grave.

Une migraine atroce lui vrillait le crâne, entamant aussitôt que sa conscience cherchait à réémerger un balai tournoyant qu'il suppliait intérieurement de cesser, se sentant emporté malgré lui au sein d'un manège frénétique et insupportable. Cela prendra de longues minutes, prisonnier de son propre corps, aucun de ses muscles ne voulaient répondre, pire encore, s'y essayer lui était presque aussi pénible que le reste et c'était une sensation qui aurait pu être parfaitement terrifiante, s'il arrivait à aligner quelque pensée que ce soit. Mais sa migraine était bien trop lancinante pour qu'il s'en rendre vraiment compte, l'ironie d'un mal qui en étouffe un autre par une pression plus forte.

Où était-il, qu'y faisait-il... qui était-il ? Un tsunami semblait avoir balayé sa mémoire dans l'immédiat, noyant tout souvenir qui aurait pu lui servir d'accroche mentale afin de se resituer dans cette réalité, qu'elle soit celle d'origine ou une autre. Il était à ce point démuni qu'il ne réalisait pas cette nouvelle résurrection, pas même qu'il s'agissait de la seconde puisqu'il avait perdu les souvenirs de la première, tout était bien trop flou dans son esprit.

Au bout d'un certain temps, il parvint à redresser mollement sa dextre, suffisamment pour la percevoir de ses iris à peine visibles entre ses paupières qui se refusaient à s'écarter davantage. Sa main se balançait au bout de son poignet comme une chose étrangère, d'arrière en avant, et c'est au prix d'une concentration chaotique intense qu'il parvint à créer une vibration dans ses muscles jusque son index, celui-ci acceptant enfin de se mouvoir à sa volonté. Trop faiblement, mais c'était un premier signe qui dépassait cette paralysie de tout son corps. Néanmoins, il relâchait ses paupières qui lui étaient bien trop rebelles et trop lourdes à tenir, refermant les yeux en calmant doucement sa respiration.

La réalité tournait et tournoyait encore au-dessus de son visage, il pouvait le sentir sans avoir besoin de rouvrir les yeux et trop éreinté de ses multiples tentatives qui, au regard de Matt, avaient paru être absolument dérisoires et longuettes, il abandonna ce combat impossible afin d'amoindrir un peu toutes ses souffrances. Son buste se soulevait à ses prises d'air et il attendait, simplement, sa dextre revenue plus basse contre son bassin. Peut-être Matt avait-il essayé de lui parler à un moment donné, ou avait-il réalisé quelconque approche. A moins qu'il soit resté l'arme pointée sur lui à attendre.

Dans tous les cas, Carl était totalement incapable de percevoir quoi que ce soit de vraiment palpable et il finit par retourner à un sommeil lourd et désespéré, terrassé par ses vains efforts. Si Matt avait entrepris un geste ou entendu des paroles ayant cherché son réveil, quand bien même il le secouait, une parcelle encore émergée de sa conscience l'aurait perçu mais il ne pouvait que garder la tête sous l'eau d'un repos contre lequel il se trouvait incapable de lutter.


Trois heures plus tard...

Ce fut une inspiration des narines qui marqua son éveil, ses yeux s'ouvrant en même temps qu'il reprenait pleinement conscience cette fois. Ses paupières n'offraient plus de résistance et il laissa la lumière de la fenêtre venir éblouir ses iris, clignant plusieurs fois des yeux en étirant ces derniers avec une certaine gêne, une vibration passant devant son regard avant qu'il ne se stabilise. Quelques instants furent nécessaires pour rassembler ses esprits, mais il n'avait plus de migraine, seulement la sensation d'un poids relatif sur son crâne en résidu d'un premier réveil laborieux.

Ses yeux dessinaient la blancheur cassée, par endroits jaunie, du plafond et il resta fixé dessus plusieurs secondes avant de redresser la nuque d'une impulsion assez vive, relevant sa dextre qu'il passa devant ses yeux. Il fit mouvoir celle-ci afin de contempler sa paume, puis son dos, étirant ses doigts en les faisant onduler jusqu'à ce qu'il referme le poing avec une certaine force, cherchant à ressentir toute la dureté de ses muscles et la fermeté de ses articulations. Il avait le contrôle de sa propre main et cela fut quelque part un soulagement, bien qu'il n'était plus tellement certain de ce qu'il s'était passé en réalité, comme un relent instinctif d'un événement passé diffus.

Tout son corps était l'équivalent d'un sac de sable mais il n'avait plus vraiment de douleur et il parvint à plier le bras en écrasant le coude sur le coussin du canapé, dans le but de se redresser au moins en partie, son bras gauche se soulevant pour venir accrocher le dossier du canapé d'une main sensiblement raide mais obéissante.

Son dos détaché du canapé, des fourmis y passèrent le long de sa colonne vertébrale et avec cela, une tension loin d'être agréable mais qui avait le mérite de lui redonner une concrète vivacité. Sa tête se retrouvait au même niveau que le sommet du dossier de canapé et son visage suivi ses yeux qui balayèrent le salon, à la recherche d'une référence visuelle tandis qu'il demeurait silencieux.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Dim 24 Mai - 21:50
Ça n’avait été qu’un geste, un son plus particulièrement, rauque, guttural, presque étouffé. Mais cela avait suffit à pousser Matt à se relever d’un bond. Les muscles tendus par la décharge d’adrénaline qui se déversait dans ses veines, affolant son rythme cardiaque et suspendant pourtant son souffle. La chaise sur laquelle il se trouvait préalablement assis bascula en arrière sous le geste, le sommet du dossier venant frapper le sol dans un bruit sourd. Mais cela n’inquiéta pas l’homme, absolument pas. Ses paupières s’étaient plissées sur son regard fatigué, sa main droite se crispant un peu plus sur la crosse de son arme bien que son index ne commettait pas l’impair de venir effleurer la queue de détente. Le premier gargarisme émis par Carl ne manqua pas de semer le doute dans l’esprit de l’archéologue. Se relevait-il à l’état de créature, rejoignant les rangs de centaines, de milliers de ses semblables ? Matt refusait d’y croire.

Il fit quelques pas, gardant quelques mètres de distance entre le canapé et regard comme canon braqués dans cette direction où se jouait quelque chose soit d’horrible, soit de magnifique. Voire un peu des deux. Son souffle gagna en agitation, son visage en perplexité alors que son vis-à-vis semblait se débattre avec les griffes de la mort desquelles il s’échappait. Un geste lent, mollasson de la main droite. C’était le signe qu’il attendait. Il ne paraissait rien y avoir chez Carl qui débordait de cette énergie morbide animant les morts. Non. Matt pouvait le contempler de ses propres émeraudes. Il était bel et bien vivant. Dans cette avalanche de malheurs, la chance leur souriait enfin.

“Carl ?” interrogea l’aîné Campbell, d’une voix si basse, rendue grave et sèche par la soif et la fatigue, qu’il doutait que son interlocuteur ait pu l’entendre.

Et l’absence de réaction à cet appel en provenance du pauvre homme conforta Matt dans cette idée. Il se racla la gorge assez bruyamment, ravalant sa salive avant de réitérer son appel, plus prononcé.

“Carl ?”

Rien ne semblait y faire, et la tension de l’archéologue grimpa encore de quelques crans supplémentaires lorsque le pauvre homme replongea dans l’inconscience. Matt fut pris d’une nouvelle bouffée d’énervement et d’inquiétude. Il baissa son arme sans la lâcher pour autant, la laissant pendre au bout de sa main crispée et tremblante de nervosité. Puis il gomma la distance de quelques enjambées plus rapides et moins assurées, manquant de peu de se fracasser le tibia contre la table basse. Les index et majeurs de sa main gauche accolés vinrent se plaquer contre la carotide de Carl, sans réelle considération pour les potentielles souffrances de l’homme tant l’aîné Campbell voulait dissiper ses inquiétudes. Un long soupir de soulagement quitta alors ses lèvres, au constat que l’homme était bien vivant, simplement endormi ou de nouveau inconscient. Il ne pouvait le dire et ne cherchait pas à le savoir.

Il ignorait tout de ce qu’il pouvait vivre, ressentir, tout comme il n’avait rien pu savoir de ce qu’avait ressenti sa Mel’ tant ces hommes la lui avait arraché trop tôt après son retour. Il était si ignorant, si impuissant. Ces sentiments le regagnaient à nouveau, et avec eux, la frustration immense de ne rien pouvoir faire d’autre qu’attendre. Encore attendre. Toujours attendre. Un autre soupir quitta les poumons de Matt. Par les narines cette fois-ci, et porteur d’une exaspération lourde à encaisser pour l’archéologue. Néanmoins, il se ressassa sa volonté, devenue plus poisseuse qu’un credo à son esprit ces derniers temps : ne pas abandonner. Ne pas laisser tomber.

Mais même la meilleure volonté du monde finissait par s’user à la répétition des choses, incessantes. Et celle de Matt était loin de pouvoir être qualifiée de “meilleure”, malgré qu’il se convainquait de s’être accroché, longuement, lourdement, à chaque bribe d’espoir, à chacun de ses souffles qui lui rappelaient que tout n’était pas perdu, qu’il était bien vivant et capable de changer les choses. Cela s’était effrité sous les assauts du destin moqueur et des hommes cruels. Et cela continuait de le ronger quand le temps s’enfuyait à nouveau, le condamnant à endurer encore attente et incertitude dévorant sa patience pourtant solide, selon lui. Il fallait qu’il s’occupe. Les mains, l’esprit. Et l’aîné Campbell ne trouva rien de mieux à faire, ne serait-ce que pour dissiper le rappel de la soif qui s’imposait à sa gorge, que de commencer à regrouper les affaires collectées durant ces jours d’attente, remplissant son sac à dos comme celui de Carl afin d’y faire loger le maximum du matériel.

Car sitôt que son acolyte serait en état de bouger, de manger, de marcher, Matt l’entraînerait à sa suite pour quitter ce lieu maudit, avec une idée en tête, une seule idée : trouver de l’aide. Et il ne savait pas où la chercher ailleurs qu’auprès de la ferme du vieux Nelson. C’était une trotte, mais c’était surtout un but.

Et lorsque Carl revint à lui, après un temps dont l’aîné Campbell s’avérait bien incapable de juger, ce dernier s’approcha de lui, le pistolet rangé à l’arrière de son pantalon. Il s’accroupit lentement, en équilibre sur la pointe des pieds, les avant-bras posés en travers des cuisses. Son regard éteint s'attarda sur l’homme, les yeux humidifiés de larmes contenues, suivant ses gestes et son début de redressement de ses pupilles curieuses, soulagées et éreintées. Un large sourire étira ses lèvres scellées, un long soupir de soulagement s’échappant de ses narines avant qu’il n’adresse quelques mots, lourds de sens, au nouvellement ressuscité.

“Bienvenue en enfer, mon ami…” souffla-t-il sur un ton ironique, scindé entre soulagement et désolement.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Ven 29 Mai - 13:48
Ainsi redressé sur le canapé, Carl avait scruté Matt s'approcher d'une fixation hébétée, ses yeux grands ouverts et ses lèvres entrouvertes n'entendant pas le moindre son. Accroché de ses mains sur une partie et l'autre de ce canapé il demeurait sans voix tandis que son acolyte s'accroupissait, car s'il ne souffrait plus vraiment des douleurs physiques de son retour sur terre qui rajoutait à l'épaisse brume de sa conscience, la résilience de son esprit avait été balayée pour n'en laisser qu'une surface fragile et troublée.

Les mots de Matt firent froncer les sourcils à Carl, sans qu'il ne cesse de le fixer en prolongeant sa propre absence de réaction première, passant d'un iris à l'autre de ses yeux émeraudes avec circonspection. Au bout de quelques longs instants, il reporta son attention sur le reste de la pièce, de part et d'autre de l'homme venu à coté de lui. Ce n'était pas juste troublant, de reprendre conscience de et dans cet appartement, c'était une chute libre sans sangle de toutes ses croyances et de tout ce qu'il avait pu imaginer.

Si sa première résurrection avait laissé une grande part de fiction à son esprit, comme s'il n'avait pu vraiment réaliser ce que cela représentait ni même vraiment y donner beaucoup de crédit au fond de lui, perclus dans un déni que l'urgence et le rude enchaînement des événements avait décuplé au point qu'il erre sans tout à fait se rendre compte de ce monde autour, cette fois il en prenait véritablement toute la mesure. Et c'était tout bonnement terrifiant sur l'instant. La mort n'avait jamais eu l'apparence d'une amie ou même la qualité d'être rassurante, embaumée d'incertitudes et hors de portée de toute conception que seule l'imagination ne pouvait qu'alimenter, sachant pertinemment que c'était certainement trop insuffisant.

Mais là, ce second retour à la vie, cette résurrection, cette échappée de l'au-delà... c'était douloureusement poignant au cœur. Comme si la notion de mort avait disparu, balayée par des faits tout aussi inexplicables, mais qui remettaient en question la notion même de fin. Alors oui, c'était effrayant. Quoi penser ? La vie avait toujours été régie par l'idée qu'elle était trop courte, qu'il était essentiel d'en profiter même si c'était bien plus facile à dire qu'à faire, en tout cas, qu'elle avait un début et une fin que l'on pouvait relativement estimer ; supposer.

Tout ça n'avait plus lieu d'être. La boite de Pandore avait été ouverte et ce que cela pouvait impliquer était bien plus insoupçonnable, dérangeant et apeurant que le concept même de la mort. Une peur qui était rattrapée et dépassée soudainement par des instincts beaucoup plus viscéraux et impulsifs, son rythme cardiaque s'accélérant alors que Carl se mettait à bomber le torse un peu plus vite et un peu plus fort d'une respiration cadencée.

Bien du temps était passé durant ce long silence contemplatif qui était retourné à Matt, avant que Carl ne se redresse soudainement assis sur le canapé de par les appuis de ses mains, ramenant ses jambes hors de celui-ci pour que ses chaussures qu'il portait toujours touchent le sol. C'est à ce moment-là qu'il eut vraiment la sensation de retrouver prise et il libéra ses mains qu'il ramenait devant, lui, les scrutant, elles puis Matt tout proche, avant d'y revenir.

Comme pour se donner preuve de sa propre consistance, il vint se toucher le visage, tapotant ses doigts sur la peau de ses pommettes des premières phalanges, tandis que les autres et ses paumes trouvaient la rudesse de sa barbe dont la pression titillait son épiderme à la racine. Il déplaça ses mains sur son visage, touchant ses lèvres, son nez et ses tempes, puis il apposa la dextre sur son propre torse en inclinant le visage. Ses yeux se perdirent sur les couleurs du sol sans y prêter attention et le son de sa voix s'extirpa dans un murmure presque étranger à son propre corps l'espace d'un instant :

« Je suis vivant... »

Assez brusquement, il releva les yeux sur Matt et un souffle échappa par ses lèvres et ses narines conjointement, une expiration de soulagement qui marquait la contemplation des traits de son acolyte comme l'on s'émerveille devant une oeuvre d'art. Carl se mit à sourire, sa respiration encore un peu plus marquée et il lâcha son torse pour venir se saisir des épaules de l'aîné Campbell en s'avançant, avant de se jeter sur lui pour l'enserrer dans ses bras avec une vigueur et une force dont il ne prenait pas vraiment la mesure.

Il l'étreignait comme s'il s'agissait d'un proche car c'était la sensation qu'il en avait de ces intenses moments vécus, ses mains empoignant sa veste et sa tête trouvant presque appui de la sienne. Il y a peu, c'était encore un total inconnu mais ce passage dans l'outre-monde dont il n'avait pas le moindre souvenir avait rendu l'existence précédente plus lointaine, diffuse et perturbé la notion de temporalité qui avait pu la constituer, pourtant il se souvenait parfaitement bien de son acolyte.

Si Carl était toujours barbouillé et ses muscles endoloris, la montée d'adrénaline de cette nouvelle conscience en amoindrissait la substance. Il se mit à rire, une exclamation de victoire et d'une certaine allégresse envers la providence.

« Matt. Je suis vivant. »

Pour le moment, les œillères de la résurection avaient réduit son champs de vision, ou plutôt d'attention et il n'en avait ainsi prêté aucune à ses vêtements crasseux de matières organiques sèches et odorantes, moins encore aux affreuses nécroses qui enlaidissaient gravement ses bras et dont il n'avait pas la moindre sensation.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 2 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Lun 1 Juin - 20:04
Matt avait partagé dans un silence pesant la propre contemplation de Carl à son retour à la vie. Lentement, détaillant d’un suivi de ses émeraudes chaque geste qu’entreprenait le nouvellement ressuscité. Mais son visage ne se départissait pas de cette joie, ni ce soulagement à le retrouver enfin, dominant de par leur intensité la fatigue pourtant visibles accentuant les creusements de ses traits, des cernes de ses yeux aux fossettes de ses joues étirées. Une félicité qui s’accentua à observer son acolyte partir à la recherche de sa propre réalité. Il était difficile pour l’archéologue de l’en blâmer d’ailleurs, se souvenant assez épisodiquement de son propre retour, la première fois. L’incrédulité qui l’avait accompagné, cet étrange sentiment de ne pas être à sa place, de ne pas être capable de faire la distinction entre rêve, fantasme, réalité ou simplement au-delà. Mais il n’en était plus rien pour l’aîné Campbell désormais. Avec ces heures, ces jours entiers passés à contempler d’autres revenir de ces méandres sombres, épais et inconnus que constituait aujourd’hui la mort privée de son inéluctable définition.

L’expression de liesse de Matt céda bien vite place à la surprise lorsque l’homme lui faisant face empoigna ses épaules, de ses mains plus larges que celles de Campbell puis se jeta à son cou pour l’enlacer d’une franche camaraderie. D’un geste brusque, l’archéologue avait ramené son bras droit vers l’arrière, trouva l’appui stable du plateau de la table basse derrière lui pour se retenir de chavirer complètement sous l’étreinte de Carl. D’un grognement d’effort, il força sur ses muscles à ramener ses pieds vers des appuis plus stables, plus assurés avant de finalement passé son bras gauche dans le dos de son ami et lui retourner l’accolade. Il se permit même de laisser libre cours à un rire franc, mais mesuré de sonorité par la fatigue, fermant les yeux humidifiés de quelques larmes dans l’appréciation de cette chaleur humaine qui lui avait tant manquée ces derniers jours.

“Oui vieux. Grâce à Dieu, tu es vivant,” souffla Matt, sa main gauche venant empoigner la nuque de l’homme.

Les secondes ou les minutes passèrent ainsi pour l’aîné Campbell, qui ne voulait ni ne souhaitait prendre le risque de repousser son acolyte, lui laissant la primeur de rompre cette étreinte qu’il avait tant espérée ces derniers jours. Et dès Carl aura concédé à lui rendre sa liberté de mouvements, Matt se releva lentement, s’aidant d’une poussée sur ses bras pour regagner sa position debout, détournant le visage vers les fenêtres du salon. L’homme avisait l’avancement de la journée, sans ne plus être sûr de rien quant à la date ni l’heure. Fin d’après-midi lui disaient les ombres portant vers le nord-est, sans savoir où s’y situer exactement. D’un geste du bras droit, désignant la table à manger du salon et l’attention revenant sur Carl, il aura poursuivi plus lentement, rendant à sa voix une tonalité plus sérieuse bien qu’elle demeurait sereine.

“Si tu as faim, il nous reste quelques provisions. C’est l’eau qui nous manque,” expliqua-t-il dans un soupir en secouant légèrement la tête, la main gauche passant sur front avant de venir masser ses paupières du bout des doigts.

Cette même main glissa à l’arrière de sa nuque, dont il massa les cervicales en penchant la tête vers l’arrière dans un gémissement bref de tension qui se relâchait. Il fit quelques pas à-travers le salon, récupérant l’un des sacs déposés contre le côté du canapé, celui de Carl en l’occurence, et le déplaça sur le plateau de la table basse.

“J’ai rassemblé nos affaires et quelques trouvailles faites pendant ton… absence ?”

Il avait poursuivi d’un ton plus neutre encore, pragmatique, hésitant pourtant de longues secondes sur son dernier mot. Il ne savait pas vraiment ce qu’avait pu vivre ou ressentir Carl une fois de l’autre côté. Y avait-il eu ces mêmes voix et images que lors de son propre réveil ? D’autres ? Plus nettes ? Plus floues ? Différentes ? Rien du tout ? De nombreuses questions se voyaient soulevées par la curiosité de l’homme, et son incapacité à s’imaginer quels autres mystères ces morts et résurrections pouvaient revêtir. Des questions qui brûlaient les lèvres de l’homme à être posées, comme pouvait en témoigner son regard au pétillant affadi de fatigue.

“Les morts ont fini par se disperser, en grande partie,” reprit-il au bout de quelques secondes. “Demain matin, nous partirons pour cette ferme où je suis revenu à la vie. Le propriétaire est un allié. Du moins, j’espère que c’est encore le cas, car la route sera longue jusque là-bas.”

Matt frotta ses mains l’une contre l’autre, pinçant ses lèvres sur ses propres réflexions, avant de rehausser les sourcils d’une certaine surprise, relevant les yeux en direction de Carl.

“À moins que tu n’ais une autre idée en tête, bien entendu.”
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
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