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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur N] Hopeless - 10/04/35
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Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Sam 6 Juin - 14:43
Carl avait laissé le moment se poursuivre quelques instants, ne serait-ce que pour profiter de cette présence palpable et réelle, se raccrocher plus sûrement à la réalité et à cette chaleur humaine qui donnait sens à tout le reste. Il finit néanmoins par le relâcher, glissant ses mains sur ses épaules tandis qu'il revenait poser le postérieur sur le canapé, sentant un vent froid le parcourir à nouveau qu'il n'avait plus d'accroche.

Il avait froid et frissonnait, mais il n'y prêtait pas d'attention outre mesure, car c'était là aussi désagréable qu'une preuve de plus qu'il était bel et bien revenu à la vie, ce qui transformait cette sensation en quelque chose d'agréable et rassurant. Ses mains s'appuyèrent aux rebords de son appui et il observa Matt se relever. Il remarquait alors plus concrètement la fatigue conséquente qui marquait le visage de son acolyte et tous ses traits.

Combien de temps était-il resté étrangé à ce monde ? Il n'en avait aucune idée, mais s'ils étaient toujours dans cet appartement, c'est que son corps y était demeuré comme un repère à son âme où qu'elle ai pu aller entre-temps. En cela, c'était à la fois similaire à sa première ré-émergence d'outre-monde et pourtant si différent, puisqu'il n'avait pas été envoyé ailleurs, dans un lieu inconnu. Non, il était toujours là, au même endroit et il n'était pas dépourvu de repères.

Matt semblait se sentir lourd et épuisé, Carl lui, avait retrouvé une vigueur fraîche et assurée, se relevant sans mal pour trouver le soutien de ses jambes dont il eut un bref mais certain doute, avant de constater en les observant qu'elles tenaient et lui obéissaient véritablement. Écoutant les dires de son ami, il se mit à tester son corps en roulant des épaules, étirant les doigts et les faisant onduler pour mettre à l'épreuve toutes ses phalanges, avant de secouer une jambe après l'autre.

Son attention fut ramenée sur Matt quand celui-ci s'empara d'un sac près du canapé et d'une inspiration aussi sèche que son expiration était à l'inverse très longue et tranquille, il fit quelques pas pour le rejoindre à la table, avisant ses gestes. Un effet d'ascenseur semblait opérer dans son esprit, d'abord choqué et lucide sur le miracle dont il était l'objet et tout ce que cela pouvait impliquer de potentiel, il ressentait maintenant une certaine légèreté et un manque de mesure sur tout cela.

Comme si quelque part... il ne s'était rien passé, juste un bref rêve étrange qui avait cessé et l'avait renvoyé à une banalité assez déconcertante qu'accentuait l'attitude de Matt enchaînant sur la situation avec presque un même détachement. Il contempla son acolyte de longs instants en silence, prenant toujours plus conscience d'à quel point il semblait exténué et un sentiment d'empathie le submergea tandis qu'il portait sa senestre à l'épaule de celui-ci en plissant les lèvres d'un air navré.

« Ça va aller... je suis désolé de t'avoir fait endurer tout ça. Je ne sais pas combien de temps je suis... » Il ferma les yeux un instant et les rouvrit en haussant les sourcils, déstabilisé par cette perte de notion du temps. « ... parti. Mais je suis là maintenant et je me sens plutôt bien en fait. »

Il se mit à sourire et serra sa poigne sur l'épaule de l'homme pour lui transmettre cette énergie nouvelle qui l'avait envahi, acquiesçant à plusieurs reprises, légèrement, avant de poursuivre.

« T'en a assez fait... t'en a beaucoup fait. Tu peux aller te reposer, dormir, t'as l'air d'en avoir vraiment besoin. Je vais... »

Carl s'interrompit brusquement, perdant le terme de sa phrase et de ses idées, car son regard venait de croiser la surface de sa propre épaule. Ses iris restèrent figées, son regard interdit et sa silhouette immobile, frappé de plein fouet par la vision qui prenait forme après un instant de déni cherchant à y voir une sorte d'hallucination, alors qu'il n'en était rien.

Sa main relâcha d'un coup l'épaule de Matt et il plia le bras pour la ramener vers lui, la lueur de ses yeux s'embrasant de stupeur et d'indignation, son visage s'étirant d'une grimace de dégoût aussi intense que ses traits s'étiraient en sciant les contours de son nez et de ses joues. C'était proprement immonde, et pourtant c'était là, sur son bras... une peau noire, creusée et rêche en relief. Il n'avait jamais vu de nécrose de sa vie, aussi c'était une vision inqualifiable et monstrueuse qui s'imposait, la surprise tranchant net tout relent de panique, accentuée par tout ce qui se bousculait dans son esprit lui qui revenait à peine d'entre les morts.

Sa dextre vint lentement trouver le chemin de son bras gauche, marquant un temps d'hésitation, avant de glisser sur sa peau blanche et saine de son biceps jusqu'à trouver le toucher rude et insensible de cette... chose semblable à une excroissance. Il passa sur sa surface avec une contemplation redevenue figée, frappé d'un mutisme et d'un manque de réaction semblable à une situation de crainte telle qu'elle pourrait figer ses jambes sur place, si ce n'est qu'ici, ce n'était pas ses jambes qui étaient immobilisées, mais la grande majorité de son corps et de ses pensées.

« Qu'est-ce que... qu'est-ce que c'est, que ça... ? »

Ses mots murmurés peinèrent à trouver l’échappatoire de ses lèvres et pris d'une réflexion horrifiée, il porta son regard à son autre épaule pour constater avec un effroi bien plus raide au regard, effaçant sa grimace pour miner son visage d'une gravité sans commune mesure, que les mêmes plaies noirâtres et proéminentes le marquaient. Sa dextre lâcha son toucher et il contempla, perdu, ces cicatrices du diable, pris d'un doute soudain et profond que le cauchemar prenait forme et que la réalité en laquelle il avait cru se dérobait brutalement.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Dim 7 Juin - 18:44
Lentement, faisant suite au geste de son acolyte, Matt amena sa main gauche sur celle de Carl, affermissant et se rassurant de cette étreinte amicale. Il accueillit toute l’empathie de son compagnon comme un véritable soulagement et baume au coeur, soutenant de ses émeraudes le regard de cet ami d’infortune, de condition. L’aîné Campbell retrouvait un peu de contenance, très relative, en redressant légèrement le dos et les épaules, un sourire soulagé creusant ses pommettes et plissant ses sourcils comme son front. Un sourire jovial qui renaissait, tranchant dans la rigidité de sa pilosité drue et cendrée. Un instant de volupté, d’insouciance et la promesse d’un repos que lui-même estimait largement mérité au terme des jours passés, et de la perspective de ceux à venir.

Cela était sans compter sur l’interruption de son interlocuteur qui venait de s’apercevoir des horreurs marquant ses épaules. Un constat qui fit bien vite s’affadir le rictus sympathique et plutôt jovial de Matt, son propre visage se refermant d’un assombrissement compatissant face à la stupeur et l’effroi perceptible de son compagnon. Son bras gauche était retombé doucement, sa main droite retenant son poignet gauche dans un croisement au devant de son aine. Les yeux de Matt basculaient alternativement entre les nécroses et les yeux de Carl, cherchant des mots qui s’ils ne pouvaient être rassurants, se devaient de rester justes. À défaut d’ignorer ce que signifiaient ces stigmates, l’archéologue n’en demeurait pas moins complètement démuni face à leur sévérité potentielle, ou leur évolution.

“Ce sont des nécroses,” finit-il par laisser entendre au ressuscité d’un ton certainement trop pragmatique et affirmatif.

“De la chair morte. Les restes de ce qui a été arraché. Ma soeur présentait la même… cicatrice au niveau de sa blessure. De ce qu’elle m’en a rapidement dit, ce n’est pas douloureux ou sensible, mais je n’en sais pas plus. Je ne sais pas comment ça peut évoluer, si seulement ça peut évoluer.”

Il avait voulu expliquer les choses le plus simplement possible à Carl, sans se perdre dans des affabulations et des hypothèses dont il ne détenait pas les réponses. Lentement, il s’était quelque peu détourné de la scène pour venir s’asseoir à cette chaise que son séant avait couvée des heures durant au cours des derniers jours. Il posait son coude droit contre le plateau de la table, la paume de sa main accueillant le côté de sa mâchoire et soutenant la lourdeur de son encéphale éreinté quand son regard sinople revenait sur son compagnon. Il y avait encore bien trop de mystères qui s’imposaient à eux, et nulle option de tranquillité à venir, au grand dam de l'aîné Campbell qui souhaitait honnêtement s’y pencher et y consacrer de son énergie et ses pensées. Au fond de lui, s’il regrettait et redoutait déjà l’enlèvement de sa soeur parce que Melody était sa cadette, la prunelle inestimable de ses yeux pour qui il admettrait et consentirait tous les sacrifices à son corps et à son âme ; ces regrets se voulaient plus perfides encore qu’elle aurait pu lui fournir d’autres réponses, des points de comparaison et d’études s’il le fallait. Et surtout, elle lui aurait apporté une forme d’équilibre qui lui faisait actuellement défaut.

Le buste penché, presque avachi contre la table, sa main gauche passa sur son visage lentement, étirant sa peau vers le bas de son visage, les poils de sa barbe crissant d’un son rêche sous le passage de ses doigts. Un long soupir désolé quitta ses lèvres quand la pulpe de son pouce acheva d’y passer mollement, lui permettant par la suite de reprendre d’un ton plus las.

“Je n’ai pas d’autre réponse à t’apporter mon ami. À l’exception de ma soeur et toi aujourd’hui il n’y a, à ma connaissance, que deux autres personnes qui pourraient t’aiguiller sur ce phénomène. Notre ennemi, ce…” Matt appuya son prochain mot d’une connotation très acerbe et mauvaise. “...Soulstrange qui nous a attaqué, et ce vagabond aux intentions douteuses qui allait et venait dans notre camp. Et je n’ai aucune envie de les rencontrer, l’un comme l’autre,” acheva-t-il de dire, une tonalité craintive discrète mais perceptible dans la voix.

L’archéologue redressa lentement la tête, quittant son appui brachial pour suivre le mouvement de son buste qui se penchait vers l’avant quand ses avant-bras venaient trouver appui sur le dessus de ses cuisses, les pieds plaqués au sol. Ses émeraudes fixèrent pensivement le plancher, quelques secondes qui se grappèrent en une dizaine, une vingtaine, accablant l’affaissement de ses épaules jusqu’à ce qu’il trouve enfin la volonté de relever les yeux. Il s’humecta les lèvres d’un passage de langue rapide pour reprendre une dernière fois la parole.

“Malheureusement, notre situation actuelle ne nous offre pas le luxe de jouer les scientifiques ou les détectives. On doit rejoindre cette ferme si possible, se trouver un refuge.” Un léger soupir quitta ses narine conjointement à l’apparition d’un sourire à l’ironie désolée. “Pardonne-moi,” souffla-t-il, “je suis un brin bougon et rabat-joie.”
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Lun 15 Juin - 18:19
La confusion qui avait envahi Carl se maintint de longs instants que Matt s'efforça de combler d'explication malgré lui. Lui délaissait le toucher qui le répugnait pour fixer une contemplation passant de l'une à l'autre des nécroses qui enlaidissaient ses bras. Néanmoins, ses instincts le ramenèrent de force à une certaine lucidité qui outrepassait le choc premier, donnant valeur aux propos de son acolyte et surtout à son impuissance évidente face à ces choses qui le marquaient.

Était-ce la marque du diable ? Celle du désespoir ? Rien ne semblait être prompt à justifier ces horreurs et pourtant, rien ne semblait pouvoir y faire quoi que ce soit, mais l'amertume le gagnait profondément. Silencieux et fermé, les excuses de Matt le tirèrent de sa réflexion pessimiste et lui firent détourner le regard vers lui. Carl plissa les lèvres, son moral retombé aussi brusquement que sa renaissance l'avait relevé, lui rappelant que ce monde fou et tordu gardait en réserve nombre de surprises cauchemardesques dont il aurait peut-être au fond, mieux valu rester loin, mais la question ne se posait plus.

« Non... non non c'est... » Il ne su comment poursuivre quelques instants, secouant mollement la tête inclinée qui posa son regard sur le sol, avant qu'il ne revienne à lui et ne relâche ses bras le long du corps, ceux-ci frottant les flancs de son épais gilet, pragmatique de son impuissance évidente et absurde de circonstance.

« T'as pas à t'excuser Matt. Tu es resté pour moi. Rien ne t'y obligeait, tu aurais pu partir, mais tu es resté. Ce qui nous arrive n'est pas ta faute, ce qui m'est arrivé n'est pas la mienne c'est juste... un coup du sort, dans ce monde étrange. »

Ses derniers mots sonnaient faux à ses propres oreilles, il n'était guère convaincu de ce choix improvisé de termes dont le sens lui échappait relativement ou entièrement, avec l'impression d'avoir voulu poser des mots sur quelque chose qui ne méritait aucune explication. Ses mains cherchèrent accroche et ses doigts se frottèrent les uns contre les autres par défaut, un haussement d'épaule absolument absent de toute conviction s'accordant au navrement, à la lassitude, au dégoût latent et la résignation profonde qui le frappait.

« Faut que tu te reposes. Je vais... reprendre mes marques, réfléchir. Quand tu seras plus en forme, demain matin, on fera comme tu l'as dit. Nous irons à cette ferme et... on verra bien. J'ai... salopé le canapé. » Il accompagna ses mots d'un regard en coin à celui-ci, constatant les traces sordides de sang et d'autres sortes de fluides et de matières séchées qui avaient imprégné le dossier et le coussin du coté où il avait été installé, pour le dire ainsi.

« T'as qu'à t'isoler dans la chambre, je vais veiller. »  

Carl tenta un simulacre de léger sourire vers Matt qui ne tromperait aucun d'eux et qui de toute manière, ne durera pas. Il écoutera les idées de Matt s'il en avait d'autres à lui soumettre et le laissera disposer du lit en restant lui-même dans la pièce principale.


Quelques heures plus tard...

Voilà deux heures déjà que Matt s'était isolé dans la chambre pour profiter d'un sommeil plus que réclamé. Carl était dans la salle de bain, le torse défait de son gilet et de son immonde tee-shirt - ou ce qu'il en restait. Dans ses mains, il tenait un miroir relativement grand trouvé dans le placard de l'entrée et qu'il déposa sur l'étagère blanchâtre au-dessus du lavabo. Lentement, ses mains s'en détachèrent, laissant la glace inclinée contre le carrelage qui recouvrait le mur et désaxait légèrement son reflet.

Il posa ses mains sur le rebord de l'évier en appui, les muscles rescapés de son ancienne vie se dessinant légèrement sous sa peau mais plus encore, ses veines faisaient transparaître une coloration bleutée claire marquant leurs lignages le long de ses avant-bras, ses poignets et ses mains. Dans son regard, il n'y avait plus de colère, de tristesse ou de surprise, juste une contemplation presque neutre aux traits tirés par sa contraction de mâchoire, les yeux quelque peu plissés et les lèvres pressées un brin retroussées.

Il n'avait croisé que brièvement son propre regard, laissant courir ses iris dans le reflet de son corps sur son torse, son ventre, ses flancs, ses mains, ses bras et finalement... ses nécroses. Celles-ci, il resta longuement à les observer en silence, détaillant les reliefs de cette peau noirâtre, rêche et crevassée. A mesure qu'il contractait les mains sur la céramique de l'évier, les ondulations musculaires de ses bras faisaient mouvoir par la même ces parcelles métamorphosées et enlaidies de ceux-ci, mettant en évidence la chair partiellement plus claire et nuancée sous les reliefs, de contours blanchâtres à l'apparence de toiles d'araignées épaisses et opaques.

Le choc du départ, la colère et l'incompréhension s'étaient peu à peu dissolues à mesure du temps durant lequel il avait observé directement, et maintenant au travers de ce miroir, ce qui semblait être irréversible. Un certain fatalisme s'imposait, guidé par le sentiment qu'il n'y avait pas tant d'arnaque qui le ciblait lui, mais les conséquences de la dépravation environnante. La contamination de ce monde qui se jouait de la mort et de la vie, en un spectacle chaotique et absurde. Une spirale de folie dans laquelle il était pris et ramené même lorsqu'il aurait du clore sa figuration en même temps que son existence, par deux fois maintenant.

Carl ferma les yeux au bout de quelques minutes, inclinant la tête pour relâcher la tenue de sa nuque qui lui était sensiblement douloureuse. Quand son attention ne se focalisait pas sur ces tares physiques, son esprit était tiraillé par le croisement des ses souvenirs embrumés. C'était étrange, mais il avait le sentiment que sa seconde vie, aussi courte fut-elle d'à peine quelques jours, s'était faite d'une course folle rythmée par le stress, la tension, la terreur, l'adrénaline trop régulière et les chocs successifs qui avaient anesthésié les rares moments d'accalmie. Il n'avait pas pu mettre de l'ordre dans quoi que ce soit et à présent, une troisième vie pour ainsi dire, débutait en mêlant un calme olympien à une lucidité enfin authentique.

Ses souvenirs prenaient soin de s'ordonner, le ramenant à sa défunte mère, son oncle, tous ces visages qu'il avait connu, les quelques petites-amies qu'il avait pu avoir et aimer. Cette période honteuse de sa vie qui se décrivait l'arme à la main, quelques bières, de mauvaises connaissances, la forêt et les tueries gratuites et cruelles d'animaux. Il était renvoyé aux si nombreux, trop nombreux, jours passés incarcéré. Les gangs, les bagarres, la brutalité collective, la jungle en cage et les gardiens zélés. La solitude qui avait suivi, ses efforts pour se racheter, la culpabilité.

Mais il y avait... l'après tout ça, la raison de tout ceci. Rien n'était plus vraiment clair à partir du moment où tout s'était écroulé autour de lui, autour de tous. Des images qui se bousculaient, lui provoquant quelques sursauts, une succession de frissons, les frictions de ses mains sur la céramique tandis qu'il gardait les yeux fermés pour se concentrer autant qu'il le pouvait sur cette mémoire qui lui faisait défaut. Il faudrait du temps probablement, pour qu'il parvienne à faire réémerger ce passé qui semblait vouloir éviter la confrontation, un blocage intérieur dont il savait à présent qu'il devait se débarrasser au plus vite, quand bien même il serait obligé de revivre les horreurs et la douleur que son esprit voulait fuir.

Parce qu'il savait, que le fiasco de cette deuxième chance gâchée avait été due à lui-même, premier fautif avant les événements de par cette vulnérabilité, cette désorientation, cette... fragilité incorrigible qui lui avait fait subir ces maudits jours de souffrance et de fuite inutiles, qui n'avaient pu se solder que par sa mort. En aurait-il pu être autrement ? Il y avait encore trop de zones d'ombre, des données inaccessibles et surtout, des manifestations surnaturelles qu'il n'arrivait pas encore à concevoir et qui lui avaient été fatales. Néanmoins, il devait admettre que tout ça n'était qu'un excès d'épreuves dont il n'avait pas eu le besoin pour y laisser sa peau, tel un virus mortel que la venue d'autres infections n'avaient fait qu'accélérer une fin inévitable.

Il devait changer, agir différemment, que ses souffrances maintenant passées lui servent de leçon et ne se reproduisent pas avec la même teneur. Sa silhouette nonchalante se redressa et il lâcha lentement les appuis des ses mains alors qu'il rouvrait les yeux. Il n'y avait plus de lueur effrayée dans ceux-ci, comme il avait pu en faire spectacle jusque l'absurde, ni de doute exacerbé. Son regard sombre avait retrouvé un peu de cette rudesse mais plus encore de sa mélancolie perdue d'autrefois, de sa première existence.

Sur l'expression d'une inspiration bombant doucement son torse, suivie d'un soupir, il se détourna du miroir et regagna le salon par la porte de la salle de bain restée grande ouverte. En retrouvant la pièce principale, il balaya celle-ci pour se remémorer, de toutes ces traces de leur passage - le sien plus encore, les derniers événements d'avant sa... disparition. Il ne savait encore trop le formuler mais ne pouvait s'empêcher de les ressasser. D'un pas tranquille, il rejoignit la table, apercevant du coin des yeux le Rhodia que Matt avait laissé sans vraiment s'y intéresser pour l'instant.

Sur la table en question, leurs deux sacs pleins étaient ouverts, à coté desquels étaient déposés les deux talkies-walkies, l'imposant fusil à pompe et l'arbalète. De quelques gestes légers, il prit le temps d'inspecter les sacs et leurs contenus, chose qu'il n'avait pas faite encore, se donnant ses réflexions sur ce matériel que Matt avait rassemblé durant sa solitude probablement. Un souffle des narines marquait à nouveau son mutisme, sa dextre se portant à sa cuisse pour toucher le holster en lui rappelant qu'il était vide de son arme, celle dont son acolyte s'était emparé.  

Son attention se porta d'ailleurs vers la chambre et il plissa les lèvres en les grattant des dents de l'intérieur, se laissant aller à quelques pensées plus distraites. Carl essayait de se recentrer sur leur situation et leurs besoins, afin d'arrêter de se faire du mal avec le reste. D'un pas plus empressé, il se dirigea vers la chambre et s'interrompit devant, poussant lentement la porte pour minimiser son grincement. Son regard se pencha et avisa l'ouverture qui s'agrandissait jusqu'à ce qu'il dégage suffisamment l'entrée pour se glisser à l'intérieur.

C'est d'abord sur Matt qu'il s'attardait en faisant deux pas dans la chambre, observant cet homme largement inconnu et qui pourtant, avait été le seul sur qui il avait pu compter ces derniers jours décisifs. Un sourire en coin se dessina, emprunt de compassion. Il avait bien du mal à imaginer ce qu'il pouvait ressentir. Avait-il était simplement poli et charitable avec lui ? S'était-il vraiment soucié de son état ? Dans tous les cas, il ne pouvait que lui être reconnaissant d'avoir agi avec un tel dévouement alors qu'il devait endurer le martyr de la perte de sa sœur et de son camp.

Le destin avait une fâcheuse tendance à opprimer les meilleurs des individus et à donner raison aux plus odieux d'entre eux, une tendance qui semblait s'affirmer avec le nouveau monde auquel il ne voulait pas, il ne pouvait décemment pas correspondre. Mais ce n'était pas moins poignant et douloureux de savoir qu'il n'y avait aucune volonté providentielle pour remettre un peu d'ordre et de justice de tout ça, de raison à croire en des actes de charité et d'humanité, de s'attacher à des valeurs d'altruisme et d'abnégation, si au bout du compte l'anarchie s'acharnait à régner constamment et avec le plus d'exactions possibles, dans un balai de surenchère effréné.

Il plia les pommettes d'amertume et porta ses iris claires sur les meubles, de l'armoire aux tiroirs divers composant ce foyer qui jadis avait été l'intimité d'autres. Tâchant de faire le moins de bruit possible pour ne pas déranger le sommeil de Matt, il fouilla tous les tiroirs et chercha dans les paniers de vêtements ce qui pouvait l'habiller. Après un temps que rien ne pressait, il sortit avec un tas de vêtements parmi le maigre contenu masculin qu'il avait pu trouver et retourna dans le salon pour l'y déposer sur une chaise. Le temps de retourner fermer la chambre et il revint faire le tri de ceux-ci. Étrangement, pas mal de ces vêtements avaient des tailles et des styles différents, alors même que la plupart des vêtements pour femme qu'il avait pu voir semblaient plus cohérents.

Une pensée provoqua un léger sourire, imaginant une jeune femme collectionnant les amants et gardant volontairement ou non, quelques trophées de leurs passages. Si la plupart ne lui allaient pas vraiment, il finit néanmoins par se rabattre sur un jean, ainsi que sur un tee-shirt à manches longues beige assez serré. Il put enfin se sentir un peu plus frais sur lui et débarrassé de ces vêtements sales qu'il avait porté au travers de deux vies, pour s'offrir une nouvelle peau en quelque sorte. C'était également une manière de camoufler ses tares dont il lui faudrait bien trop de temps pour s'y faire, si cela arrive un jour.

Pendant qu'il terminait d'enfiler et scratcher son gilet pare-balles par-dessus son haut, ses yeux allèrent scruter à nouveau le Rhodia et il se décida enfin à s'y diriger, prenant place sur l'assise qu'avait occupé Matt pour se saisir du calepin, l'ouvrir et parcourir les écrits de son acolyte. Ces notes l'étonnèrent dans un premier temps, d'imaginer que Matt avait pu suivre avec curiosité et surtout notifier ainsi l'avancée de son... décès ? A l'image d'une expérience. Il n'y vit cela dit rien de gênant ou de vexant au final, lisant les notes avec attention comme des éléments qui lui permettaient de ramener ce qu'il avait subi à une certaine réalité, un certain pragmatisme, qui donnait une dimension plus terre à terre et concrète à tout cela.

Carl posant un coude sur la table et se frottant le bas visage de sa main, l'autre tournant la page du Rhodia, il prenait par la même conscience d'un fait qu'il n'avait pas vraiment considéré jusque là, ou en tout cas auquel il avait donné une attention et un crédit tout relatif, celui que ce bouleversement avait déjà eu lieu, avec sa sœur. Ca ne faisait que rajouter à l'incapacité qui était la sienne à imaginer comme il pouvait vivre un tel enchaînement de drames irrationnels et la perte par deux fois en si peu de temps de sa dernière famille. C'était juste... dingue, inconcevable pour lui, si ce n'est un fragment de la tristesse et d'à quel point Matt devait se sentir désemparé.

Il rabattit le Rhodia et le saisit en main tout en se relevant après lecture, l'attitude toujours relativement nonchalante, mollassonne, tandis qu'il regagnait la table. En s'arrêtant devant, il continua de scruter le calepin qu'il fit frapper sur sa main de plusieurs gestes d'éventail, puis se saisit du sac de son acolyte pour l'y ranger dans une poche intérieure. Matt avait enduré au moins autant si ce n'est plus que lui, certainement en réalité, du point de vue de Carl et en cela, il lui apparaissait évident qu'à présent il avait besoin d'un réel soutien, un retour sur cette charité dont il avait fait preuve et cela, c'était à lui de lui donner.

Car si lui-même n'avait rien à perdre d'autre que sa vie, et même celle-ci avait perdu de son sens et sa consistance, ce n'était pas le cas de Matt qui devait être tiraillé aux tripes à l'idée d'imaginer ce que pouvait endurer sa seule famille et son désir certain de la retrouver. Voilà un but qu'il pouvait s'attribuer, quelque chose qui pourrait maintenant donner sens à son existence, celle de soutenir son allié, largement méritant de devenir un ami, dans la recherche qui sera sienne et l'affrontement probable qu'il aura à mener contre ses ravisseurs.

Il n'était pas dupe, ces hommes qui l'avaient poursuivi sur le lieu de son premier retour à la vie et ceux qui avaient attaqué le camp de Matt avec bien trop de vivacité pour que ce soit hasardeux. Les dires de cette fille en noir et ceux de Matt quand il l'a rencontré... il y avait quelque chose à l'oeuvre ici, une machination qui n'avait rien d'une simple lutte pour la survie et ce qu'il vivait avait à voir avec cela. Maintenant, il devait montrer à son acolyte qu'il ne l'avait pas sauvé et protégé pour rien, il devait lui rendre la pareille et il comptait bien le faire, lui montrer qu'il n'était pas la victime lâche et faible qu'il avait pu afficher dans sa courte et pathétique vie précédente.

Il commença par retourner dans la chambre et aller vérifier la penderie de l'armoire où il avait remarqué quelques vestes sans s'y attarder, récupérant l'une d'elle, moyennement épaisse et en cuir ou simili-cuir, peu importait, qu'il enfila serré contre le gilet, lui donnant une épaisseur de buste assez égale. Il revint ensuite à la table où se trouvait leurs affaires pour faire un peu de tri. D'abord, il récupéra les jumelles dont il étira la sangle rattachée pour la passer à son cou, la laissant reposer sur son torse. Il prit les deux talkies pour vérifier qu'ils fonctionnaient et en clipsa un à sa ceinture qu'il avait conservé, cette dernière n'ayant pas été salie par les fluides.

Demeurant debout pour utiliser la table comme appui, il prit ensuite l'arbalète Carbon XTRA pour tester la corde et la détente, vérifiant qu'elle n'avait pas été abîmée à la structure, puis arma un carreau de son sac, glissant trois autres dans le compartiment inférieur par la pointe, en réserve. Il testa également la torche et la lunette dont il ajusta l'objectif sur une netteté à courte portée. Quand il eut terminé, il déposa l'arbalète à coté de son sac et s'employa à revoir la répartition des affaires qu'il sortit sur la table. La sacoche des couteaux Herbertz, il la gardait pour lui, glissant le passant à sa ceinture coté droit, à l'opposé du talkie. Il prit également le grappin qu'il nettoya avec des lingettes trouvées dans le placard de l'entrée, le déposant avec l'arbalète.

Dans le sac de Matt, il choisit d'y conserver les trousses de soins et l'ensemble de la nourriture qu'ils possédaient, y laissant également les munitions de 40 S&W destinées à son acolyte, ainsi que les paquets de cigarettes, dont un contenait un briquet. Dans son propre sac, il y entreposait le fusil Ithaca, le Skorpion mitrailleur, le Uzi et les nombreux carreaux qu'il possédait maintenant pour son arbalète, rassuré à l'idée qu'ils aient au moins de quoi faire avec deux des armes qu'il possédaient, le reste destiné à rester dans son sac par défaut le temps de savoir quoi en faire.

Il termina en refermant le sac de Matt et en laissant à coté le holster nettoyé aux lingettes aussi, qu'il comptait lui céder afin de loger le pistolet aisément, l'extension petit calibre qui trouverait place dans le P226, la lampe-torche dynamo et le fusil Remington qui ne trouvait pas de place dans son sac et dont il étirait la bandoulière, afin qu'il soit le plus facile à ajuster et porter à l'épaule pour Matt avec son sac. Un rangement qui avait pour but premier de privilégier le sac de celui-ci pour les ressources essentielles, et le sien en second plan si d'aventure il fallait en abandonner un dans l'urgence d'une situation à risque. Il aurait volontiers porté le Remington pour se charger davantage que Matt mais l'arbalète sera encombrante et s'il devait courir, les deux deviendraient un handicap. C'était une répartition d'appoint pour ce voyage-ci.

Sur ces tâches qui surent occuper son esprit assez longtemps afin de l'apaiser et lui redonner un peu de confiance, il s'employa à surveiller l'appartement et la rue par la fenêtre en attendant, ne ressentant aucune trace de sommeil après sa bien trop longue inconscience si on en croyait les notes de Matt, dont il ne doutait pas. Il avait cependant encore du mal à concevoir que tant de temps était passé, mais il n'avait guère d'autre explication à y trouver.

C'est d'ailleurs devant l'une des fenêtres du salon que Matt le trouvera à son éveil, habillé, équipé et armé. Le sac sur le dos resserré aux épaules, le grappin roulé à l'arrière-droit de sa ceinture tel un lasso de cow-boy, dont la tête de fer tombait contre sa cuisse, et l'arbalète en main droite, la pointe de carreau dirigée vers le sol avec une certaine relâche. Il scrutait les quelques rôdeurs qui erraient encore isolément dans la rue, les environs majoritairement désertés de toute présence morte-vivante.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Matt Campbell


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba1095/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (95/100)
Informations scénaristiques:
Matt Campbell

Ven 19 Juin - 21:31
Matt ne trouva guère à ajouter aux propos de Carl qui vantait pourtant son mérite d’être resté auprès de lui. Dans l’esprit de l’archéologue, la question ne s’était pas vraiment posée au-delà de quelques pensées sombres et négatives. Il le savait. Jamais il n’aurait pu soutenir son regard dans une glace s’il était simplement parti, abandonnant son acolyte nécessiteux à son sort incertain. L’aîné Campbell ne doutait pas que ce monde, au moins autant que le précédent, regorgeait d’hommes à la morale disparue et l'égocentrisme exacerbé ; il se savait ne pas en faire partie, ni même le désirer malgré les facilités que cela pourrait cependant apporter. Son orgueil ne pouvait se résoudre à s’abaisser aux niveaux de ces hommes et femmes pour qui l’humanité s’était déjà totalement éteinte dans l’esprit à défaut de l’avoir fait dans la chair. Il valait bien mieux que ça, c’était une certitude. Sa certitude.

Ce ne fut qu’un plus long soupir encore qui vint répondre à Carl. Non pas qu’il rejetait ses propos ou ses excuses en bloc, simplement qu’il les acceptait avec un fatalisme plutôt amer, une résignation assumée. Les jours à venir ne seraient pas plus beaux ou plus sereins. Ils se révéleraient pétris d’incertitudes toujours plus fortes, de craintes plus vivaces à chaque lendemain venu, bien indolents à leurs sorts. Matt acceptait simplement l’invitation de son acolyte à prendre un repos mérité et, l’espérait-il, réparateur au possible.

Plaquant ses mains sur ses genoux, il força sur l’ensemble de ses muscles pour se redresser de la chaise qu’il occupait, soufflant lentement à traduire un effort dans un geste dérisoire, mais qui ne l‘était pas tant que ça. Ses émeraudes trouvèrent les mires de Carl, une lueur de reconnaissance s’y distinguant aisément au travers des traces de fatigue qui rendaient son regard bien plus éteint.

“Merci,” souffla-t-il finalement en rétorque à sa proposition, ses mains retombant mollement le long de ses cuisses, aux bouts de bras ballants qui ne voulaient plus guère esquisser un geste.

Il traversa et quitta le salon, d’une démarche lente, parfois chancelante quand la promesse d’un repos s’offrait à lui, envahissant son subconscient pour mieux l'assommer d’un laisser-aller à venir. Quelques instants plus tard, l’homme s’effondrait de toute sa lourdeur sur le matelas du lit privé de couverture, le dos s’enfonçant dans le matelas, les pieds dépassant encore du rebord du matelas. Matt accusa le coup d’un dernier effort pour se défaire de ses chaussures, forçant tour-à-tour des orteils sur l’arrière du talon des semelles pour les retirer et les laisser atterrir négligemment où la gravité comptait bien les emmener, quand le sommeil s’occupait de l’emmener bien loin, ailleurs, en quelques instants à peine et malgré la lumière du jour.

Un sommeil que rien ne perturba, si ce n’était quelques cauchemars dont les phases d’éveil se voulaient si courtes qu’il n’en prenait qu’à peine conscience. Il offrit très certainement à son compagnon venu le visiter sans qu’il ne s’en aperçoive la sonorité grave et régulière de quelques ronflements lourds, bien loin de se douter de la présence de Carl dans la chambre. Savoir que l’homme était présent dans l’appartement, veiller, avait permis à l’esprit de l’aîné Campbell de s’offrir une belle part de lâcher prise. Une créature aurait pu entrer pour le dévorer vivant qu’il n’aurait réagi qu’à la première bouchée arrachée à ses chairs, bien trop tard, et sûrement bien trop inutilement.

De nombreuses heures plus tard.

Lorsque l’archéologue ouvrit les yeux, il faisait encore jour dans la chambre. Mais de son propre ressenti, au repos de son esprit qui mettait de longs instants à redémarrer et reprendre ses marques dans cette chambre à la décoration inconnue, il savait que ce n’était pas là la lumière du même jour. La nuit avait probablement passée, sans même qu’il n’en prenne conscience à aucun moment particulier, et aucun souvenir du moindre rêve ne venait l’aiguillonner. Seulement sa propre odeur qui avait gagné en intensité, par manque d’hygiène, parce qu’il portait les mêmes habits des jours durant et qu’il en avait sûrement transpiré dans son sommeil. Aucun de ses rêves ne pouvait prétendre concurrencer celui qui le gagnait à présent. Une simple douche, pour raviver la fraîcheur de ses pensées, la réactivité de ses chairs comme gommer la poisse de sa peau.

Mais rien de tout cela ne se trouvait à sa disposition. Il n’y avait que cette moiteur tenace sous le tissu, qui rendait sa peau grasse et son réveil plus inconfortable que souhaité. Cet arrière-goût dans la bouche qui appelait à rencontrer une brosse à dent, et une faim qui lui tenaillait l’estomac. Mais tout cet inconfort se révélait bien relatif quand ses paupières dévoilaient un regard à l’éclat ragaillardi, plus affûté qu’il n’avait pu l’être durant des jours auparavant. Lentement, les souvenirs de sa situation, celle de Carl et finalement l’ensemble des souvenirs affluaient à son esprit, portant avec eux sa détermination de la veille. Quitter cet endroit de malheur pour rejoindre la ferme, coûte que coûte.

Les prévenir de ce qu’il s’était produit à Hope, trouver cette aide, ce soutien qu’on lui avait d’ores et déjà offert et qu’il avait rejeté par fierté, certainement trop prétentieux, trop protecteur. Cela s’était retourné contre lui, le plus durement possible, avec les conséquences les plus désastreuses. À nouveau ses pensées se tournaient en direction de sa Mel’, de ce qu’elle pouvait bien vivre, subir aux mains de ces hommes, de ces monstres. Son imagination fertile se laissait lentement porter par toutes les horreurs créatives et imaginables qu’il pouvait envisager, ne faisant qu’accroître tension et rancoeur, dans une colère qui l’amenait à serrer les poings jusqu’à en faire blanchir les phalanges une fois redressé en position assise sur le rebord du lit. Doucement mais implacablement, la faim se taisait quand son estomac se retrouvait livré à d’autres contorsions suscitées par son esprit.

De quelques mouvements de doigts encore engourdis, Matt défit puis refit les lacets de ses chaussures, accentuant l’inconfort de cette moiteur qui imprégnait ses chaussettes quelque part. Si quelques mycoses ne se déclaraient pas entre ses orteils, il saurait s’estimer chanceux. Chose qu’il ne se considérait pas avoir vraiment été jusqu’à présent. Malgré le fait d’avoir retrouvé sa soeur. Malgré que Carl soit revenu à la vie. De bien maigres îlots de réconfort ballottés dans un océan de désespoir. Aussi se releva-t-il d’un bond appuyé d’une poussée sur ses bras, pour quitter quelques secondes plus tard cette chambre qu’il comptait bien laisser derrière lui définitivement. Un empressement nouveau qui le gagnait, à absolument vouloir rejoindre la ferme du vieux Nelson et se mettre en quête de sa soeur au plus vite.

C’était un Matt renouvelé, le dos bien plus droit et la démarche décidée qui gagna le salon. Un fin sourire étira ses lèvres, accentuant la pliure de ses pommettes, lorsque son regard découvrit un Carl aux aguets, ou du moins paraissant prêt à partir. L'aîné Campbell avisa son propre sac à dos et le restant de son équipement d’une oeillade, avant de prendre la parole pour saluer son acolyte.

“Bonjour Carl.” Il se racla la gorge, s’apercevant de l’enrouement de sa voix aggravée des dernières de sommeil, comme de la sécheresse de sa bouche. De quelques pas, il vint se poster aux côtés de son compagnon d’infortune, laissant son propre regard se perdre dans la contemplation de la rue désertée des innombrables créatures qui l’avaient emplie les jours précédents. À quelques âmes près, la voie se trouvait libre, bien que l’archéologue ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter de savoir où la masse des morts avait bien pu s’éparpiller, ou se rendre. Il craignait de la rencontrer à nouveau en chemin. Pensivement, il laissa sa dextre courir sur son bas-visage, frottant sa barbe drue de quelques sonorités râpeuses contre ses doigts.

“Mettons-nous en route. Quittons cet endroit. Nous avons des amis qui ne nous attendent pas à visiter.”
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Remington 4C C12
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Extension PC
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 2/3 : .40 S&W
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : Holster
SIG P226 15C .40
Jambes : Pantalon Tactique
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 19/30
Grand sac
Trousse de soins (2)
Tabac (2)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba1115/2000[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba1096/100[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Dim 21 Juin - 13:51
Ses iris bleutés contemplaient la rue, les quelques véhicules à l'abandon et les déchets, s'attardant sur la silhouette traînarde d'une femme qui n'était plus, aussi petite que fluette, ses bras si fins, la peau sur les os, qu'ils menaçaient de se détacher au moindre choc alors qu'ils pendaient comme des poids trop lourds à ses épaules. Elle zigzaguait comme si elle était saoule, se cognant contre un lampadaire, elle titubait en faisant presque un tour sur elle-même avant de percuter une voiture.

C'était étrange, la créature semblait ignorer ce qu'il venait de se passer et se redressait de l'arrière du véhicule sur lequel elle s'était étalée pour reprendre la marche sur la route, errant sans but ni désir et détournée de cette avancée incohérente par les obstacles qu'elle rencontrait. Le hasard le plus pur, défait de toute substance spirituelle ou providentielle, paraissait la guider et cet état de fait ne faisait que soulever chez Carl une interrogation essentielle qui se répétait dans chaque vie, sans parvenir à trouver le moindre début de réponse : comment ces cadavres pouvaient-ils être animés ?

L'argument du virus, pour un néophyte des sciences comme lui, valait celui de la magie tant il ne parvenait pas à concevoir que de telles créatures pouvaient exister, évoluer, respirer, alors que leurs corps auraient dû être morts et qu'ils pourrissaient vraisemblablement, ou seulement en partie. C'était incompréhensible. Le grincement de la porte de cette chambre qu'avait occupé Matt tira l'homme de ses réflexions, celui-ci détournant le regard dans sa direction à retardement, que son acolyte eu le temps de le saluer.

« Salut Matt. » Répondit-il tranquillement et sobrement, le scrutant s'approcher pour se poster à ses cotés et observer par-delà la vitre sale et couverte de traces grasses et épaisses.

Carl reporta son attention au dehors, sans grande conviction à présent, sa dextre enserrant sa prise au manche de l'arbalète qui appuyait sur sa jambe, l'index frôlant la détente par sécurité, ou pour se rassurer de se sentir et se savoir armé peut-être. Aux mots de son acolyte, il acquiesça légèrement, le soleil levé qui diffusait sa lumière depuis l'Est avait été relativement timide sur la façade qui contenait cette fenêtre, mais un rayon vint surplomber les bâtiments déserts et frapper la vitre quelques instants après que Matt fut arrivé, contraignant Carl à plisser les yeux en réponse instinctive.

L'intensité dorée matinale éclaircissait ses cheveux très sombres pour donner à une partie d'entre eux une coloration beaucoup plus claire, une illusion de châtain étincelant, presque blondi. Carl laissa un temps de silence flirter avec leur tranquillité qui méritait d'être usée et abusée, car pas l'ombre d'un affaissement ou d'un sentiment de fatigue ne venait le titiller, bien qu'il avait passé la nuit éveillé dans le calme de ce modeste appartement.

Il n'avait eu que peu d'appétit, laissant en tout et pour tout une conserve ouverte traîner sur le buffet, avec sa cuillère. Il prit une légère inspiration, acquiesçant de nouveau par mimétisme de sa récente réaction, avant d'entendre sa voix grave et rocailleuse digne d'un rugbyman épais que l'on ne prêterait pourtant pas à ce visage jeune et sympathique de nature.

« Si tu te sens bien, je te suis. Tu devrais quand même manger quelque chose avant de partir, au cas où ce ne soit pas possible de prendre le temps de ça, plus tard... »

Sur ces mots, il se détournait de la fenêtre pour aller s'installer sur une chaise, laissant à Matt le temps de se préparer, s'équiper, se débarbouiller peut-être, manger s'il en avait le désir, bref, tout ce qu'il aurait besoin de faire avant de départ. Quand ce qui était à faire le fut, Carl prendra dans un premier temps les devants pour dégager la porte d'entrée et quitter prudemment l'appartement, empoignant plus sérieusement son arbalète afin de descendre les escaliers jusqu'au rez-de-chaussée, où la sortie du bâtiment les attendaient.

Ils ne rencontreront pas de créature, leur permettant de sortir sans traîner de ce lieu maudit qui avait achevé brutalement sa vie et gardé les traces de sa mort. C'était encore très difficile à réaliser pour lui, toute cette dimension de vie, de mort et de résurrection qui avait eu cours sans le moindre artifice et avec un calme naturel qui ne faisait qu'accroître l'hébétement de son esprit à concevoir une telle chose.

Mais le temps n'était plus à la réflexion, il avait eu des heures pour le faire, à présent, il s'engageait dans la rue à la suite de son acolyte à qui il laissait la tête, comptant sur le fait qu'il sache à peu près comment s'orienter. En chemin, Carl tombera sur une moto renversée qu'il essaiera de démarrer après l'avoir redressée, puisque les clés avaient été abandonnées dessus par son ancien propriétaire qui avait dû fuir dans la hâte, mais elle ne répondra pas à sa tentative.

En revanche, en ouvrant le siège, il trouvera un casque de moto en excellent état qu'il décidera de prendre, le vissant sur sa tête en guise de protection et pour ne pas avoir à s'encombrer davantage car ils étaient déjà bien chargés. Sur cette simple trouvaille, il continuera de suivre Matt vers cette destination qu'il ne connaissait pas, espérant qu'au bout du chemin, ils pourront trouver des visages humains et un minimum - même un semblant - de contact chaleureux qui amoindrirait leur désespoir.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba110/0[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba100/0[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Lun 22 Juin - 21:56
Le duo quittera le bâtiment sans encombre, de même que leur progression sera assez tranquille vers le nord, direction de leur destination qu'est la ferme Wallace, elle-même loin de dix kilomètres de la ville par la 84. Quelques rôdeurs errants ralentiront leur progression, rien qui ne soit insurmontable si ce n'est les silhouettes allant et venant autour d'eux, tant et si bien qu'à certains moments, rien n'était plus certain entre mirage et réalité.

Une progression qui finira néanmoins pas être stoppée au sud du Secteur J, le long de la rivière traversée par une grande horde qui ne sera pas sans rappeler celle qui avait envahi le quartier de leur appartement passé, cependant elle s'avérait bien plus grande en nombre et plus compacte. Une situation qui les contraindra, si ce n'était pas l'objectif de départ, à se rabattre sur l'axe routier principal qu'est la 350.

Ils atteindront presque le croisement de la 84, mais quelque chose d'inattendu surviendra : un Humvee M1025, modèle de guerre surmonté d'une mitrailleuse, elle-même tenue de toute évidence par un tireur, s'engouffrera sur la route depuis l'Est, aux abords du Secteur C. Le véhicule entamera un virage à droite sur quelques dizaines de mètres, avant de subitement faire demi-tour et revenir vers l'Ouest, droit sur eux s'ils n'avaient pas déjà bougé.

Ils n'auront dans tous les cas pas eu l'occasion de déterminer le nombre d'hommes transportés, mais rien n'y changeait car dans leur situation, le combat n'était pas une option viable. Avec les mouvements de horde au sud, leur chemin aura été contraint par l'Ouest dans un premier temps, soit le Secteur J. A toute nouvelle tentative de rejoindre la route ou de traverser le territoire par les secteurs voisins et la plaine, ils auront d'une manière ou d'une autre entendu le bruit d'un moteur, croisé le passage d'un véhicule similaire ou identique, à croire qu'un ou plusieurs de ceux-ci les traquaient.

Rien n'y fera et la présence croissante de rôdeurs aura pour conséquence d'intensifier le danger environnant, plus encore car les charognards ne faisaient qu'être attirés par les passages récurrents du ou des véhicules, jusqu'à ce que la zone soit infranchissable sans risque sérieux. Ce qui aura été des heures d'attente ou de tentatives échouées, deviendront des jours, quand bien même les rugissements de moteur occasionnels cesseront sous les vingt-quatre premières heures environ, les morts-vivants auront pris le relais d'occuper la zone.

Carl et Matt se retrouveront coincés au Secteur J, sans pouvoir se déplacer ni communiquer avec qui que ce soit, trois jours durant. La suite, s'avérera encore plus incertaine...


Fin.
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Samantha


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba110/0[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Debuba100/0[Secteur N] Hopeless - 10/04/35 - Page 3 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Samantha
Artiste Designer
Lun 22 Juin - 23:00
Excursion Validée


- Trouvailles -

Matt a trouvé : .40 S&W ; Pantalon tactique ; Extension PC ;Tabac.

Carl a trouvé : Grappin ; Ithaca ; Jumelles ; Carreaux ; Skorpion M61 ; Casque moto.

- Pertes -

Matt a consommé : Trousse de soin ; .40S&W (2/3).

- Conséquences -

Carl a été contaminé. Son décès a précédé une seconde résurrection ainsi que l'apparition de nécroses sur les deux épaules.

Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A
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