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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35
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Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba110/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba100/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Mer 4 Mar - 22:34
Interprété par Ivy Lockhart et Jordan Getz.
A la suite de :
Comme une bête et L'histoire se répète.


Au levé du jour, un soleil timide mais doux s'était finalement dévoilé à mesure que la clarté grisaillante des premières lueurs se dissipait, laissant une traînée orangée donner un certain charme particulier au ciel en cette journée. La route que tu empruntais était effectivement déserte, absente de toute ingérence vivante ou non-vivante. Car pas un mangeur de chair n'était visible aux alentours, rappelant la raison essentielle qui avait à l'origine poussé le chasseur à choisir ce motel en ruines paumé à l'extérieur de la ville, malgré son manque de protection et de confort : l'isolation des masses bestiales et animées par la main du démon, ainsi que de la plupart des bêtes moins décharnées et probablement cachées dans la ville qui n'auraient pas de raison particulière de s'aventurer au milieu de ce tas de gravats.

Quelques trous et cassures de la route trahissant le manque d'entretien et sans doute d'autres événements peu enviables, secouèrent le véhicule sur le trajet, ravivant de ces chocs anecdotiques mais irritables les douleurs provoquées par tes blessures marquées. Le doigt amputé, sous son étoffe salie, te brûlait fortement à présent à force de réclamer quelques produits désinfectants et apaisants. Tu ne pouvais le voir à l'instant et sans doute ne le voulais-tu pas, puisque ce n'était pas beau à voir : l'infection qui n'avait pu être évitée malgré les soins passés avait gagné du terrain avec cette folle vadrouille en solitaire, rendue purulente, poisseuse et repoussante à l'odeur.

Tu en avais conscience, nul besoin d'être diplômée de médecine : sans des soins rapides, le mal s'étendra et tu pourrais perdre bien plus qu'un doigt aussi traumatisant que ce puisse déjà être. Cela expliquait sans doute la fièvre, du moins fallait-il espérer qu'aucun virus profiteur ne s'était invité insidieusement. Quant au flanc droit contusionné, il n'y avait rien d'urgent mais cela ne retirait pas à la gêne de chaque mouvement qui lui donnait l'occasion de se rappeler à ta conscience, telle une adoratrice accrochée à ta peau qui ne cessait de se faire sentir par peur d'être oubliée.

En arrivant non loin de l'ancien camp qui vous avait tous réunis au départ, laissant appréhender les fantômes de tous ces individus disparus tant il y avait eu de pertes assurées ou probables, une présence imposante attira immédiatement ton attention d'abord de face, puis dans les rétroviseurs quand tu fis demi-tour : un immense camion porteur, garé le long de l'entrée de l'air d'autoroute et partiellement en biais, frôlait le mur de véhicules. Cette image te ramenait immédiatement à des souvenirs presque identiques, à tel point que l'évidence étouffait la coïncidence, étant donné que ce camion semblait être exactement celui cédé au Vagabond il y a moins d'un mois de cela.

Néanmoins, pas une silhouette ne paraissait border le monstre métallique, ou les hautes ruines que le temps n'avait ironiquement pas abîmé davantage semble t-il. Un temps en réalité assez faible, car la veille, cela faisait deux mois à peine qu'avait eu lieu l'attaque sur le camp et le déferlement de l'armée des morts. L'apocalypse avait le don d'accélérer les événements, les relations, les peines et les maigres joies ; la vie en finalité, dans toute sa comédie et toute son injustice.

Après avoir transmis ton message, le silence s'installait durant de longues, très longues minutes sans doute. Un faible vent faisait frémir les feuilles des arbres à l'orée de la forêt sur ta gauche, et la plaine à ta droite demeurait une vaste étendue libre et sauvage que rien ne piétinait, comme si cet endroit avait été oublié de tous ses prédateurs après votre départ. Finalement, un grésillement devenu si commun dans ce nouveau monde précéda une voix qui s'extirpa nettement de l'appareil, grave et rauque, reconnaissable sans mal comme celle du chasseur entendu la veille avec la même rudesse et la même absence de ton qui caractérisait sa morosité :

« Ici Matthew, je te reçois. Je suis à l'arrière du camion, la porte est entrouverte. Tu es suivie ? »
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1120/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1065/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Jeu 5 Mar - 0:46
Combien de temps m’avait-il fallu pour réaliser l’étrangeté de la scène ? Certainement quelques dizaines de secondes tant il avait fait partie du paysage de notre quotidien au sein du campement Jefferson. À moins que ce n’était simplement la fièvre qui obstruait mes pensées en même temps qu’elle aspirait ce qu’il restait de mes maigres forces ? Je fronçais les sourcils sur mes yeux lentillés à me demander si ce camion-porteur était celui que j’avais réparé en offrande au Vagabond, ou un modèle à ce point identique qu’il semait le trouble dans mes certitudes. Je le détaillais plus attentivement, pour finalement me convaincre que c’était effectivement le même, et la question se souleva d’elle-même de savoir si son mystérieux propriétaire serait présent pour me torturer l’esprit de ses mots aussi habiles que perfides.

Le cas échéant, je ne sentais absolument pas en mesure de lui tenir tête, ni même plus simplement le supporter. Un soupir s’échappa de mes lèvres entrouvertes et desséchées par la soif ; un juron murmuré le suivant de près quand je m’arrêtais à quelques mètres du camion. D’un revers de manche, j’épongeai mon front des gouttelettes de sueur fiévreuses y perlant, dégageant les mèches brunes de mes cheveux que la faible brise y avait collé. Je pressais plus fortement ma main mutilée contre mon abdomen. Elle était brûlante, lancinante. Je pouvais sentir les battements de mon coeur se diffuser sous le bandage de fortune avec la régularité d’un atroce métronome. Ma respiration se voulait fébrile, rapide, presque haletante, comme si ces quelques malheureux pas avaient représenté une course endiablée menée contre un temps trop fuyant.

Un temps qui me paraissait pourtant long. Très long à mesure que les secondes, puis les minutes s’égrainaient sans que mon appel ne trouve réponse. Je m'efforçais d’avancer de quelques pas supplémentaires, quittant le bitume de la route pour traîner mes semelles dans la terre sèche et poussiéreuse de la bordure du campement, longeant la muraille de bagnoles en laissant mes noisettes se portaient au loin par delà celle-ci. La plaine et les ruines. Rien n’avait véritablement changé depuis, hormis les traces de notre séjour qui s’effaçaient lentement. Les tentes n’étaient plus, à l’exception de quelques morceaux de toile synthétiques prisonniers des gravats qui luttaient mollement sous les assauts du vent. La caravane non plus, pas plus que le foyer du feu de camp dont il ne restait qu’une trace noircie dans la poussière, ses cendres d’ores et déjà emportées bien loin. Mais rien, pas un signe de vie, pas une silhouette geignarde à l’horizon, pas plus que de Matthew à l’exception de ce camion-porteur qui n’était pas revenu là tout seul.

Jusqu’à ce que le grésillement de mon talkie ne résonne dans mon oreille, me libérant soudainement de cette inquiétude à m’être retrouvée là seule, inutile et solitaire, toujours plus livrée en pâture à ces questions qui exigeaient des réponses promises. Seule et destinée à crever, rongée par une fièvre ; une fierté idiote qui m’empêchait d’appeler James à l’aide. Une résolution effritée par quelques jours d’errance à peine. Quelques jours d’errance déjà. La voix de Matthew, qui filtrait par le dispositif alors qu’il se trouvait là, si proche à l’intérieur de la caisse de ce camion, mais dont la tôle devait étouffer la voix. À sa question, je me redressais légèrement d’une certaine surprise, me retournant pour contempler la route et la direction par laquelle je venais d’arriver.

Je n’avais pas eu l’impression d’être suivie. Je n’y avais pas prêté plus d’attention que cela pour être parfaitement honnête, quand bien même j’étais presque sûre de ne pas l’avoir été. Si un véhicule m’avait suivi, je l’aurai forcément aperçu, non ? Tout bien considéré, vu le temps qu’il m’avait fallu pour m’apercevoir de la présence du camion pourtant devant mes yeux, j’en doutais fortement. Néanmoins, je laissais mon regard se perdre dans le lointain, détaillant la langue de bitume qui disparaissait au loin contre la silhouette de la ville qui se détachait à peine sur l’horizon matinal. Puis plus lentement encore vers la lisière de la forêt, dont les craquements des branches et les bruissements des feuilles se mêlaient aux chants épars de quelques oiseaux. Mais je ne voyais rien. Ne distinguais rien. Pas même la présence d’un pauvre rôdeur qui aurait pourtant pu être attiré par le ronronnement du diesel lorsque j’étais arrivée.

D’un geste lent, j’amenais ma main gauche se porter à ma ceinture où se trouvaient glissés mes couteaux de lancers, m’emparant du plus petit d’entre eux pour le saisir d’une poigne rassurante, ouvrant mon esprit à la perception de mon sixième sens. Je cherchais à me rassurer par tous les moyens à ma disposition et ma mesure. Et si je pouvais percevoir soudainement et très nettement les détails des carcasses métalliques des épaves sur ma droite, comme les supports qui soutenaient le cadre de la caisse du camion-porteur et de nombreux détails de sa carrosserie, je ne ressentais rien qui me paraissait hostile en premier lieu.

Alors seulement je me retournais pour ramener mon regard et mon attention sur la porte arrière du camion, effectivement légèrement entrebâillée. De quelques pas, je couvrais ce qu’il restait de distance entre lui et moi jusqu’à venir à sa proximité, me tenant à l’angle de la caisse. Je relevais ma main mutilée dans une grimace d’effort pour la porter au creux de mon cou, pressant le commutateur du laryngophone une nouvelle fois pour répondre à Matthew.

“Je ne crois pas,” finis-je par lui répondre d’une voix hésitante, laborieuse. “Je… J’ai rien vu de suspect mais… j’en suis pas certaine non plus. J’vais ouvrir la porte. Me tire pas d’ssus,” conclus-je simplement, sans aucune plaisanterie dans la voix avant de libérer la communication et joindre le geste à la parole. Lentement, j’usais de mon coude pour agrandir l’ouverture de la porte, puis m’efforçais de grimper malgré la hauteur du plancher, devant m’aider du pied sur la barre anti-encastrement pour me hisser à l’intérieur. Tout cela pour espérer enfin faire face à celui que j’avais tant cherché, tant maudit ; jugé à tort et à travers. Celui dont le fantôme avait su me rendre folle, parfois hystérique et surtout complètement paranoïaque, bien qu’il n’était pas le seul. Celui que j’avais affublé des pires intentions et inepties et qui pourtant se trouvait là. Toujours là. À désespérément nous venir en aide. Me venir en aide.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba110/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba100/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Ven 6 Mar - 22:07
Malgré tes observations, tu ne distinguais effectivement personne, de quoi penser l'espace d'une minute qu'il n'y avait vraiment pas âme qui vive dans le coin. L'expression de ton pouvoir sembla confirmer par ailleurs l'absence de menace dans les environs, en tout cas d'une menace qui porterait sur elle des éléments métalliques pouvant trahir sa présence. Le grand camion-porteur était sans conteste celui que tu avais réparé, puisque à présent la certitude était appuyée par les quelques bosses, éraflures et parcelles de peinture manquantes que tu avais eu l'occasion de vaguement mémoriser par instinct.

Néanmoins rien ne semblait se manifester à l'avant de l'imposant véhicule, il paraissait presque à l'abandon et c'est en t'approchant que tu auras pu confirmer que la porte était bel et bien entrouverte, juste assez pour pouvoir être déployée. Tu t'y employais tant bien que mal assez vite, nécessitant de t'appuyer sur les rebords de celle en mouvement autant que de celle maintenue par ses accroches, ce qui ne manqua pas de te donner beaucoup de mal par l'effort exigé de ta taille relative et de tes douleurs meurtries, affaiblissant la prise de ta main mutilée.

C'est en commençant à te hisser, ne distinguant rien de particulier encore dans ce conteneur dont tu n'avais pas tellement ouvert la porte, qu'une réflexion te vint subitement : accélérant l'utilisation de ton pouvoir pour une simple revue des métaux distinguables par ta conscience psychique, tu n'avais remarqué aucun détail particulier qui aurait pu impliquer un risque immédiat, mais ce n'est que maintenant que tu prenais conscience que tu n'avais pas fait attention à l'absence de détails...

Car à y repenser, tu n'avais pas distingué dans ce grand conteneur métallique - qui certes possédait de quoi attirer l'attention de par sa structure - le moindre élément supplémentaire en son intérieur, faisant de lui une coquille vide : pas la moindre boucle de ceinture, pas la moindre arme ou munition éventuelle, ou ne serait-ce qu'une broche ou une accroche de fer pour un gilet par exemple, rien, à croire qu'il n'y avait en fait... personne dans ce camion peut-être ?

Au moment où cette réflexion spontanée aboutissait dans ton esprit et avant que tu ne sois parvenue à monter dans ce conteneur, un espèce de sifflement vint très vite titiller ton ouïe à ta droite, mais surtout, tu sentis un choc soudain et très fin percuter ton avant-bras droit en appui, succédant une vive et brûlante douleur, comme une piqûre sauvage qui sur le coup te fit tressaillir. Mais pire encore, la soudaineté de cette piqûre et la brûlure qu'elle engendrait absorba la force de ton bras touché, le faisant faiblir et fatalement t'arracha à ton équilibre.

Tu te sentis brusquement chuter et la prise de ta main gauche sur la porte mouvante se perdit tout aussi violemment, éraflant ta peau d'une douleur moindre mais tout autant désagréable. En dépit de la surprise et de tes blessures, un réflexe instinctif dont la nature t'échappe porte tes mains dans ton dos et engendre une tension du corps qui te permet de te réceptionner sur les mains et le fessier d'abord, avant de t'affaler de ta longueur par le poids de ton effondrement. Un moindre mal qui t'épargne des douleurs supplémentaires à un stade où la surenchère s'en trouverait vraiment inutile.

Tu n'en restes pas moins terrassée par l'accumulation des maux et de l'affaiblissement que le sommeil n'aura pas comblé, te laissant presque à bout de force. Pas entièrement cela dit, étant donné qu'il te sera possible de redresser le bras droit pour découvrir l'origine de cette agression : une fléchette en matière plastique plantée juste dessous le coude et à présent vide de la substance qui s'est injectée grâce à la force de pénétration. Un moment de flottement précède alors une sensation de lourdeur qui s'étend à tout ton corps, et tu ressens l'effet du produit venir peser sur tes muscles comme sur tes pensées, qui s'embrument au bout de quelques secondes, te laissant en proie à une sensation de flottement en prologue de ce que tu comprends très vite être un évanouissement prochain.
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1120/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1065/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Dim 8 Mar - 10:40
Je grimaçai d’effort lorsque la pression du montant de la porte fixe s’écrasa contre mon bandage de fortune ; m’arrachant une complainte geignarde quand la douleur, sourde, irradia au travers de ma main mutilée. En temps normal, cette brève escalade ne m’aurait pas dérangée outre mesure. Combien de fois avais-je crapahuté sur divers engins pour en atteindre les pièces à réparer ou à changer dans le garage de mon paternel ? Des dizaines, des centaines de fois. Mais les temps ne sont voulaient plus vraiment normaux, et mon état rendait chaque obstacle, même le plus insignifiant d’entre eux, particulièrement difficile à surmonter. Cela faisait des heures, des jours même, que je tenais sur le mental, le désespoir et les nerfs pour animer ma carcasse éreintée.

Ce même mental qui ne tenait plus le rythme de cette cavale effrénée contre mes propres démons, lui même crevé de cette survie dans une hostilité chaque jour grandissante. Et si ma main gauche ne souffrait d’aucun handicap particulier hormis cette fatigue, il jouait les funambules à me retenir tant bien que mal sur un battant de porte mobile, oscillant sur ses gonds et rendant l’ascension plus précaire encore. Il ne s’agissait que d’un mètre trente à franchir. Une broutille devenue montagne et qui exigeait tout ce qu’il pouvait encore subsister de ma volonté, cette dernière se raccrochant le plus simplement du monde à la perspective de retrouver Matthew, à quelques mètres de là désormais. Trouver un allié, ou du moins ce qui s’en approchait ; un veilleur qui m’aiderait à m’affranchir de cette solitude dévorante et m’offrirait peut-être l’opportunité d’un repos moins léger. Voire un coup de main à grimper dans ce putain de bahut.

Et ce fut cette dernière réflexion qui me conduisit vers une seconde, beaucoup plus froide et inquiétante. Je n’avais ressenti aucune menace dans mon champ de perception, pas plus que je n’en avais remarqué de ma vue bien moins efficace que mon sixième sens. Et si j’en avais été rassurée, je comprenais avec quelques trains de retard qu’il aurait au moins dû y avoir une menace ici. Matthew, à quelques mètres devant moi. J’aurais dû le percevoir, ne serait-ce que quelques éléments de ses fringues ou de ses armes. En réalité, j’aurai même dû entendre sa voix résonner depuis l’intérieur de la caisse du camion, certes étouffée, mais un minimum. Mais il n’y avait rien eu d’autre qu’un peu de vent et une absence soudainement anormale de menace. Jusqu’à ce chuintement du moins.

Je l’entendis sans le voir, n’ayant à peine le temps d’en discerner vaguement la provenance, qu’une douleur fulgurante irradia dans mon bras droit. Un point de pression très rapidement suivi d’une sensation de brûlure diffusant sous ma peau, similaire à une piqûre de guêpe. Le réflexe douloureux me fit lâcher l’emprise de ma main droite sur le battant de la porte. Mon point d’accroche le plus stable, et avant même de totalement réaliser ce qu’il m’arrivait réellement tant le temps avait été court, je me sentais déjà basculer vers la gauche, renforçant ma prise sur mon autre bras. Sous l’impulsion, le battant mobile s’ouvrit plus largement, m’entaillant la paume de la main et me déséquilibrant plus encore jusqu’à l’inexorable chute.

Une chute que je temporisais faiblement, ayant le réflexe de ramener mes bras en arrière pour ne pas m’étaler trop lourdement sur le sol, m’y pétant seulement le derche dans un choc sourd, puis m’étalant de tout mon long sur le sol terreux. Le choc n’était pas particulièrement violent en soi, mais ajouté au reste de la longue liste de mes blessures, fatigues, ecchymoses et contusions, il parut m’achever. Une quinte de toux grognarde s’échappa de mes lèvres, qui me renvoyaient un goût de poussière caillouteuse. Je ne trouvais même pas la force ou l’envie de me relever, seulement celle mue par la curiosité de comprendre ce qu’il venait de se passer. Je relevais lentement mon bras blessé, ma main gauche venant courir le long de mon avant-bras pour masser la zone douloureuse du bout des doigts quand mon regard légèrement embué identifia une seringue qui s’y trouvait fichée.

Je n’avais rien vu ni senti venir, et pour cause. Cette fléchette était toute faite de plastique. Un bref ricanement m’échappa à cette vision, tant provoqué par la sensation de flottement léger qui embrumait déjà mon esprit que par l’amertume de ce constat. Devant mes yeux, je voyais les éléments du paysage se détacher dans une fuite de perspectives de plus en plus distordue, les quelques nuages semblant s’envoler plus haut dans le ciel quand le sommet de la caisse du camion, les carcasses de voitures ou encore les cimes des arbres semblaient s’écraser dans ma direction. Peu à peu, je sentais mon esprit s’enfoncer dans une moiteur de plus en plus cotonneuse quand mes muscles gagnaient en lourdeur. Du bout des doigts de ma main gauche, je tentais d’atteindre cette maudite seringue pour l’arracher de ma peau, sans y parvenir, mon bras gauche s’étalant mollement sur mon abdomen à la respiration de plus en plus ralentie. Empoisonnée. Ce bâtard de Jefferson venait de m’empoisonner et j’allais crever comme une merde, une fois de plus, sans combattre ni être en mesure de rendre le moindre coup. Je savais que je n’aurais pas dû leur faire confiance… Mais même les regrets et les remords se faisaient discrets, lourds jusqu'à s'éteindre d'eux-mêmes.

Ma vue se brouilla de plus en plus. Le paysage imprimé sur mes rétines se voilait d’une noirceur qui le rongeait depuis sa périphérie vers son centre alors que je me sentais de plus en plus flotter dans mon propre corps. Quelque part, cela n’était pas sans me rappeler l’étrange sensation de chute sans fin, sans but ni sens, qui avait précédé mon retour à la vie chez Nelson. Mon esprit s’éteignait lentement à son tour, couche après couche, perception après perception, envahi de ténèbres desquelles un dernier murmure, lointain, rocailleux et métallique, se fit entendre. *Tous sauvages quand vient le moment de survivre.*

Extinction des feux.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jim


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba110/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba100/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Jim
Maître du Jeu
Jeu 12 Mar - 23:18
La scène avait été brève, floue, courte, embrumée. Alors que tes yeux se voilaient, une silhouette s'extirpait de la forêt grande et noire, au visage étrange. Tu tombais après quoi dans l'inconscience et celle-ci dura un temps que tu étais et serais bien incapable de penser et d'estimer. Un sommeil dont la présence de rêves serait inévitable et dont le contenu ne pouvait être qu'à la discrétion de ton inconscience, car au bout du compte tu vins à te réveiller pour retrouver le monde réel, tant est que l'on puisse le qualifier ainsi. Un réveil marqué par un son relativement strident à ton ouïe grippée, tel un écho aigu qui faisait bourdonner ta tête dans un balai ininterrompu.

Tes yeux s'ouvraient péniblement, bien que des tous les sommeils contraints et en conséquence, de tous les réveils incertains, celui-ci devait être de loin le moins désagréable. Ta vue voilée par un nuage blanc finira par redessiner les couleurs, relativement rares à vrai dire de ce qui se trouvait face à tes yeux, un arc-en-ciel de différentes variantes de marrons potentiellement retranscrits différemment de par ton daltonisme, et qui présentaient toutes les aspérités du bois vivant au milieu de la nature, car c'était sans conteste là où tu te trouvais. Tu t'éveilles dans une sorte de cabane, faite de rondins et de planches de bois sur un sol grinçant, il fait jour et ensoleillé au travers des rondins, bien que tu ne saurais pas définir l'heure de la journée.

Les quatre murs qui t'entourent semblent très relativement droits et même d'une architecture très peu géométrique, car ceux-ci se tordent de différentes façons et forment, lorsque l'on y prête attention, un éventail qui est bouché par une toiture de même acabit. Dans la pièce, il y a bien peu de choses : aucune fenêtre ne permet de voir l'extérieur et si aucun détritus n'en fait un début de poubelle ambulante, il n'y a pas grand chose d'autre hormis un tapis qui ressemble plutôt à une couverture improvisée en tapis.

Toi-même, tu reposes sur un lit de camp fait de bois de hêtre et de marronnier, ne bénéficiant que d'un amas de couvertures et de draps en guise de matelas, ceux-ci par ailleurs loin d'être de toute fraîcheur et quelque peu abîmés. Le lit est calé contre un angle de mur et voit sur le mur d'en face une porte sans arche fermée, comme taillée dans les rondins. Un tas de quelques maigres vêtements sales traîne près du mur opposé et des sachets de paquets de chips, des conserves de plastique ouvertes vides ainsi que des morceaux de carton traînent au sol. Non loin de la porte, une table de taille mesurée a été démantelée, son support posé à l'envers sur le sol et ses pieds entassés dessus.

Le problème étant que tu ne bénéficies plus d'aucune forme de correction pour tes yeux, rendant celle-ci très difficile et même si l'effet de flou dû au réveil passait, celui dont l'origine était le défaut de tes yeux persistait lui. C'est pourquoi il te faudra un peu de temps pour que tu puisses distinguer la silhouette qui bougeait à peine dans un coin de la pièce, car c'est de là que ce son paru insupportable les premiers instants trouvait sa source en un sifflement chantant en réalité et assez grave, un air que tu pouvais reconnaître si tu avais déjà entendu la vieille musique dont il était tiré : Il en faut peu pour être heureux, du Livre de la jungle.

Cette silhouette sombre de son entièreté était d'ailleurs passablement difforme à ton regard, mais tu jurerais percevoir une sorte de capuche et le fait qu'elle était allongée contre le mur en question, sans lit cependant, trouvant support sur le sol avec ou sans coussin, tu ne pouvais pas vraiment le dire depuis la distance de ton propre lit. Le temps pour toi d'émerger correctement de ce sommeil de plomb provoqué par un produit qui devait être largement dissipé maintenant, tu pourras découvrir et sentir que sous la couverture qui te protège, tu as été changée : un tee-shirt kaki de sa couleur réelle remplaçait ton haut précédent et plus bas, ton ex-pantalon avait été troqué par un short vert terne sans braguette et dont le bouton était fait de bois.

L'absence de manches te permettait ainsi de constater que ta main mutilée avait été probablement soignée puisque tu ne sentais que très peu de douleur à présent et que des bandages propres recouvraient cette main, cachant la plaie du doigt manquant et remontant jusqu'au poignet. Un autre bandage moindrement serré recouvrait ton avant-bras gauche, néanmoins c'est ici que la douleur que tu percevras sera la plus forte : une vive brûlure se manifestera quelques instants, accompagnant l'émergence du bras concerné - se réveillant à quelques secondes de décalage - avant de s'apaiser un peu. Cependant cette douleur reste très présente, occultant complètement la faible relance de ta plaie de la main droite et celle de ton flanc blessé, où tu sentais par ailleurs un léger frottement qui révélait une bande de tissu scotchée sous ton tee-shirt, recouvrant le bleu.

C'est après un court temps que le sifflement s'interrompit, mais pour laisser place à des paroles qui reprenaient le fil de cet air de Disney. Une voix masculine à la gravité assez mesurée. Une voix que tu reconnaîtrais entre mille et dont tu ne pouvais pas oublier la sonorité douce et mélodieuse, révélant par ailleurs un assez bon chanteur : le Vagabond.

« Il en faut, peeeu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux. ♪ Il faut se sa-tis-faire du né-ces-saire. ♪  Un peu d'eaaau fraîche et de verdure, que nous pro-dige la nature. ♪ Quelques rayons de mieeel et de soleil... ♪ »
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1120/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1065/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Ven 13 Mar - 23:00
Le vent qui soufflait dans mon dos envoyait virevolter quelques mèches de cheveux au devant de mon regard. Au centre de mon champ de vision se tenait mon bras, pointé vers le sol, la main armée d’un revolver dont le canon brillait d’un reflet éclatant sous le soleil. Tout autour, des herbes hautes se courbant sous les rafales de ce même vent, léger, mais suffisamment puissant pour dessiner des vagues de nuances sur la végétation. Et un regard, abasourdi, terrifié, tout à fait semblable au mien dans ses couleurs et ses nuances de noisette. Celui de mon père.

Une nouvelle fois revenait me hanter le souvenir de cet instant fatidique, où je me découvrais une nouvelle forme de lâcheté face à l’adversité. Jamais avant cet instant je ne m’étais pensée si lâche. Il avait fallu un monde nouveau, des règles nouvelles pour me le montrer ; là où les obstacles et défis de l’ancien monde ne m’effrayaient pas. Mais ce souvenir n’en était pas vraiment un, car une de mes perceptions avaient changé : mon regard. Il ne se voulait plus craintif. La pulpe de mon index caressant la queue de détente du revolver ne tremblait pas. La prise de ma main sur la crosse de l’arme se voulait ferme, assurée. Aucun dégoût, aucune nausée de tristesse pas plus qu’il n’y avait de lutte intérieure entre désir et nécessité. Pas plus que d’accablement. Simplement une fenêtre de paix, un instant arraché au temps où je soutenais le regard d’un vieux démon, droit dans les yeux. Des yeux qui me suppliaient de presser cette foutue détente libératrice d’un calvaire ignoble.

Je baissai mon bras armé, puis m’assis en tailleur dans les herbes, faisant face à mon père suant et agonisant de sa morsure. Je penchai légèrement la tête sur le côté, comme un animal devant un spectacle trop curieux, plissant les paupières sur l’étrangeté de la scène que je comprenais déjà comme onirique. Mon paternel eut un froncement de sourcils circonspect, comme si lui-même en venait à analyser l’étrangeté de la scène, comme si lui-même était un acteur de ce rêve qui dépassait sa formalité. D’un geste de son avant-bras épaissi par le travail manuel et un certain embonpoint de bon-vivant, il effaça la sueur qui nappait son front, toute souffrance s’éclipsant de son faciès pour se relever à son tour et adopter une position tout à fait semblable à la mienne, les jambes croisées, les bras reposant sur les cuisses.

“Les choses ne sont pas du tout comme elles devraient être, princesse,” articula lentement mon père, de son ton si calme que j’appréciais tant, quand bien même ses mots - je les reconnaissais - n’étaient pas les siens.

“Je sais P’pa.” répondis-je d’une voix désolée, empreinte de regrets tout à fait sincères. “J’aurai dû presser cette détente. Ce n’était qu’un…”

“Shhhhhh...” me coupa le fantasme de mon paternel, plaquant un index contre ses lèvres, celles-ci s’étirant par la suite d’un sourire aussi triste que compréhensif. “Ce n’était qu’une demande aussi égoïste qu’abominable. Aucun père ne devrait imposer ça à sa fille,” poursuivit-il.

“C’était pourtant logique,” tranchai-je avec toute l’aigreur de ma propre culpabilité. “J’t’ai laissé seul. À mourir. Pourrir. Sûr’ment revenir à l’état de cadavre ambulant parce que j’avais pas les couilles de…”

“Ça suffit Ivy,” gronda-t-il soudainement, son visage et surtout son regard se parant de cette dureté impatiente qui lui était peu commune. Une dureté que ma mère et moi avions appris à reconnaître, à redouter aussi dès lors qu’elle se manifestait. Face à elle, je ne pouvais que baisser le regard, comme quand, gamine, j’attendais simplement de me faire gronder et punir sans vraiment savoir où me foutre. “On croirait entendre ta mère... “ soupira-t-il en secouant mollement la tête, son regard fuyant légèrement avant de revenir sur moi, plus perçant encore. “Considérer l’humanité ou les sentiments comme une forme de lâcheté… Pfffff. Conneries. Regarde ces gens…” Je fronçais les sourcils, en proie à une certaine incompréhension, avant d’effectivement relever le regard pour apercevoir quelques silhouettes aux visages plus ou moins familiers.

Hugh et les trois types qui l’accompagnaient, Jake et Diana, Elias et une partie de sa bande, dont nombre d’entre eux n’avaient qu’une bouillie infâme à la place du visage. Tout comme ces types agenouillés grelottant de peur et de miséricorde, mais aussi et surtout bon nombres de ceux que mon chemin avait croisé plus longuement. Liz’, James, Kyle, Samuel, Jena, Jordan, Takashi, Calvin, Matthew et bien d’autres encore, toujours plus nombreux. Autant de victimes plus ou moins collatérales, à plus ou moins grande échelle, de mes actes.

“Tu les as tous abandonnés quand ils avaient besoin de toi. Sacrifiés d’une façon ou d’une autre sur l’autel de ta culpabilité, de tes doutes. Tout ça pour choisir de combattre effrontément ton humanité. Tout ce qui faisait de toi ma princesse. Veux-tu savoir pourquoi ?”

Silencieuse, j’avais dévisagé une à une chacune de mes “victimes”, durant de longues minutes, avec des sentiments oscillants de la mélancolie à la passion, de la haine à la plus douce des tendresses selon les visages croisés, dans un silence pesant que seul un vent onirique refusant de tomber venait perturber. Puis mon père reprit la parole, paraphrasant des mots qui n’étaient pas les siens une fois de plus.

“Pose donc tes questions, Ivy, fais ma fierté.” Une réplique à laquelle je ne répondis que d’un simple souffle nasal dédaigneux, soutenu d’un sourire en coin, quand une ombre massive vint éclipser le soleil qui me baignait, avalant ma maigre carcasse de sa prestance. Je détournais le regard en direction de sa source, découvrant la silhouette massive et toute de cuir vêtue de Soulstrange, son souffle métallique et rocailleux en conclusion de mon silence. Et une main nue, sans gant, brûlante d’une flamme qu’aucun combustible ne semblait alimenter. De ma main gauche, je m’en emparai à plein poigne, ne ressentant aucune brûlure mordre ma peau, pour m’aider à me relever. Mon regard revint alors parcourir les “victimes” que j’avais laissé dans mon sillage, les défiant d’un geste relevé du menton, avant de revenir sur mon paternel et sa bonne conscience entravante et désormais hors de propos.

“Désolée P’pa, mais ta princesse est morte comme toi. Comme une merde. Dans un putain de ranch. Alors toi, et ta fierté, allez bien vous faire mettre.” D’un geste, je relevais mon bras armé en direction de son crâne dégarni, comme aux premiers instants plus véridiques de la scène. Et sans hésitation, je pressai cette putain de détente.



Ce fut sur cette détonation parfaitement onirique mais qui n’en restait pas moins aveuglante et stridente que j’ouvrai les paupières. Sur mes yeux, un nuage blanchâtre qui ne semblait pas vouloir se dissiper. La lumière du jour me paraissait aveuglante malgré le filtre imposé par ce que je devinerai plus tard être des rondins de bois. Ma tête me faisait un mal de chien, me paraissant tout autant lourde que mes muscles me paraissaient légers, à l’instar de ma conscience qui se rassemblait peu à peu. Très lentement et non sans grogner, je redressais légèrement la tête, découvrant sous mes yeux une petite pièce, tout en nuances de vert et de jaune, étroite et spartiate. Pour autant, je ne me sentais pas la force d’user de mes bras pour me relever plus en avant. Je grimaçais d’inconfort, comme victime d’une crise migraineuse quand bien même mon crâne s’en voulait épargné, tandis que ce sifflement persistant et distordu me vrillait les tympans.

Néanmoins, à mesure des minutes passant et de mon immobilisme à souhaiter remettre en place mes derniers souvenirs, le sifflement se résorba lentement - ou plutôt se précisa - pour se muer en un air siffloté qui m’était parfaitement familier dans les souvenirs les plus profonds de mon enfance. D’un effort plutôt intense, je me remémorai quelques bribes d’images de ce dessin animé dont je n’avais jamais su saisir la portée toute gamine que j’étais, me contentant d’un degré de lecture superficiel. Mais avec le recul, cela en venait à changer.

Finalement, je parvenais à  redresser mon buste en prenant appui sur mes avants-bras, plissant les paupières en grognant légèrement, mes coudes s’enfonçant dans le moelleux du matelas. Je constatais que ma vue demeurait floue malgré les efforts sur mes yeux. Quelqu’un avait dû retirer mes lentilles, ce qui n’était pas nécessairement un mal tant mes yeux m’avaient brûlé, asphyxiés par les corrections de plastique souple. Lentement mais sûrement, je prenais conscience et possession de mon nouvel environnement, à commencer par mon propre corps. Sur ma poitrine discrète, une bande de tissu m’enserrait le torse, relançant très faiblement la douleur de ma contusion, reliquat d’une rencontre avec une batte de baseball. Spontanément, mon regard bifurqua vers ma main droite, source de mes plus intenses souffrances des derniers jours, pour y découvrir un bandage propre et refait, une douleur fortement atténuée au point que même la fièvre en avait diminué d’intensité. Mais très étrangement ni la contusion, ni la fièvre, ni l’amputation n’étaient les sources de ma plus grande douleur de l’instant, laquelle attira mon regard vers mon bras gauche.

J’y découvrais là un nouveau pansement, et surtout une souffrance plus ardente, plus profonde. Je fronçais les sourcils quelques instants, comprenant que cela devait sûrement provenir de cette nécrose d’infection, stigmate de ma seconde résurrection. Néanmoins, je restais quelque peu stupéfaite d’y ressentir quelque chose, là où la chair pourrie était restée muette durant des semaines. À moins qu’il ne s’agissait là que d’une illusion névralgique de mon esprit. Mais plus que des bandages et des soins, je me rendais surtout compte que j’avais été complètement changée. Un tee-shirt kaki à manches courtes avait remplacé chemisier et gilet. D’un coup de jambe mollasson, je me débarrassais de la couverture pour constater que mon jean noir s’était vu remplacé par un short de la même teinte que le tee-shirt. Pour autant, je ne m’en offusquais pas franchement. Je n’avais jamais été pudique, même si nombre d'interrogations malaisantes demeuraient quant à savoir jusqu’où mes “bienfaiteurs” avaient été.

D’un geste lent, je passais ma main bandée au coeur de ma tignasse, massant le sommet de mon crâne du bout de mes doigts, comme au lendemain d’une soirée trop arrosée au réveil trop laborieux. Jusqu’à tiquer de curiosité à découvrir l’identité du rossignol sifflotant cet air du Livre de la jungle. Et bien que mes yeux me faisaient défaut, ne percevant en origine de la chanson qu’une silhouette floue, avachie et assez difforme, je ne mis guère de temps à reconnaître la voix du Vagabond lorsque les mots se mêlèrent à la mélodie. Étais-je vraiment étonnée de le revoir en cet instant. Pas vraiment. N’avais-je pas été tirée en tentant de grimper à l’arrière du camion que je lui avais remis en état ? La seule chose dont je me rendais compte, dont je prenais pleinement conscience, c’était que ce bâtard de Matthew m’avait menti. Une fois de plus ou une fois encore ? Je n’en savais rien. Et à vrai dire, je m’en moquais bien car la présence du Vagabond non loin de moi signifiait une bonne chose, sur laquelle je n’allais pas cracher : j’étais pour l’instant hors de danger et presque libre de me reposer. J’en avais besoin tout comme j’en avais affreusement envie. Je savais qu’il était bien égoïste de ma part de raisonner ainsi ; mais merde, je comptais bien en profiter.

Dès lors, je me laissais retomber sur le matelas, libérant mes bras de mon maigre poids pour glisser mes mains jointes sous l’oreiller, me tournant sur mon flanc droit en ramenant la couverture sur mes épaules. Ainsi blottie comme une gamine alitée par la maladie, je me laissais bercer le refrain entraînant et foutrement bien trop optimiste de cette chanson enfantine, un sourire mince étirant mes lèvres, reprenant la suite du Vagabond au terme du refrain, d’une voix bien moins juste que la sienne néanmoins.

“♫ Chassez de votre esprit tous vos souciiiiis. ♪ Prenez laaaa vie du bon côté ; ♫ riez, sautez, dansez, chantez ♪ ; et vous sereeeeez un ours très bien léché... ♪” Je marquais une légère pause, les yeux clos sur cet instant d’innocence.

“Vous chantez bien. Ancien pasteur amateur de gospel peut-être ?” fis-je remarquer, sans moquerie dans le ton, juste une sincérité curieuse que je me redécouvrais alors.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Le Vagabond


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba100/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Le Vagabond

Lun 16 Mar - 23:40
Depuis l'espace occupé par la silhouette, un rire amusé s'échappait, laissant entendre une réponse toute nacrée d'ironie :

« Demander à un ancien pasteur et protestant de facto s'il apprécie le gospel, c'est comme demander à un loup et sauvage par nature s'il apprécie la viande de brebis. Mais je ne serais pas taquin aujourd'hui : notre ami commun m'a fait promettre de ne pas vous malmener ou vous nuire. Je ne sais pas pourquoi il m'a dit cela, il me semble que je suis plutôt quelqu'un d'agréable. »

Tandis qu'il concluait cette réponse, sa voix repris aussitôt l'air qu'il avait commencé à chanter, mais cette fois par des lèvres closes et le soufflement de ses narines, bien que cela ne dura que quelques instants car il s'empressa de reprendre :

« Vous avez dormi longtemps, j'en suis venu à craindre que votre réveil serait le coup d'envoi du jugement dernier, mais par la grâce de tout sauf Dieu probablement, puisqu'il vous a rejeté de son jardin d'Eden, vous nous avez été rendue. Notre ami n'a pas pu tenir en place, c'est toujours comme cela avec lui, la perspective de rester plus de quelques heures dans une pièce lui donne de l'urticaire.

Je soupçonne aussi un peu d’hémorroïdes, étant donné son incapacité chronique à poser son postérieur sur le moindre support. Ce doit également être l'origine de son air constamment irrité. C'est bien triste pour lui, tout le monde ne peut pas avoir un James dans son entourage pour guérir même les maux les plus futiles au regard de l'apocalypse, et pourtant sans aucun doute les plus frustrants.

Je suppose d'ailleurs que vous êtes absolument furieuse contre messire Jefferson de vous avoir trompé et assommé de façon si traîtresse. Pour sa défense, j'en aurais sans doute fait autant. Certains disent que Ivy Lockhart, fille de Ernst le Gros est l'une des menaces les plus conséquentes de celle ville, et de vous à moi, j'aurais tendance à le croire également.

Pas la plus conséquente non... je vous mettrais en troisième position. C'est quand même le podium non ? Une position tout à fait impressionnante, de quoi faire de vous l'un des partis les plus prisés. Bien plus que ce que ces chers Sean, Samuel et Kyle ne méritaient. »


Un soupire échappé au Vagabond se diffusa dans la pièce avec un écho presque inexistant, car l'air était à peine restreint par les rondins de bois, mais tu pouvais comprendre sans mal qu'il produisait un effort, probablement pour se redresser. Chose rapidement confirmée par le fait que sa silhouette se redressait debout, ce que toute vue aussi pauvre soit-elle ne pouvait que percevoir de par sa grande taille qui voilait le passage des rayons de lumière de ce coté-ci de la cabane. Pas après pas, ses chaussures de ville tout à fait luxueuses paradoxalement au reste de ses vêtements et que laissaient deviner ses semelles claquantes sur ce sol boisé, l'approchèrent de ton lit sans se presser.

Guettant une réponse de ta part si elle n'était pas déjà entrain d'être formulée, il ne freina pas sa progression qui l'amenait au bord du lit opposé à l'oreiller sur lequel ta tête reposait, marquant une distance symbolique en dépit de cette proximité qu'il se permettait. Il vint s'asseoir en s'appuyant des poings sur le matelas, évitant avec une certaine attention tes jambes afin de déposer son fessier sur le rebord, quitte à se retrouver à moitié dans le vide, évitant de gêner ton espace de confort.
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1120/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1065/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Mar 17 Mar - 23:04
Je rouvris les yeux lorsque j’entendis le Vagabond avoir un petit rire à ma dernière question, mon regard fixé sur sa silhouette floue tandis qu’il me répondait comme à son habitude, par une bien longue tirade là où un simple “oui” aurait largement suffit. Mais je ne m’offusquais pas de sa boutade tant il m’avait déjà asticoté par le passé, de propos bien plus incisifs. Je relevais néanmoins la mention qu’il faisait de Matthew, notant pour moi-même que ces deux-là traînaient visiblement toujours ensemble. Dans un très bref grognement, je revenais à ma position initiale, allongée sur le dos, coinçant ma main gauche entre l’arrière de mon crâne et l’oreiller, ma main mutilée venant simplement reposer sur mon abdomen, par dessus la couverture. Ce faisant, j’avais détourné le regard du Vagabond pour laisser mes noisettes se perdre dans la contemplation du plafond de bois.

Je prenais une profonde inspiration, calme, plus reposée, alors que l’homme reprenait la parole après un bref interlude de Disney fredonné. Sans autre mouvement que celui de la couverture suivant le rythme de ma respiration, je le laissais aller à ces propos, n’en perdant pas une miette quand bien même ma posture aurait pu laisser croire à un certain désintérêt. Ses mots m’atteignaient, particulièrement lorsqu’il évoqua James, provoquant chez moi un pincement au coeur attristé à la pensée du chirurgien que j’avais abandonné sans autre forme de courtoisie - lâcheté - qu’une simple lettre. Lui comme les autres, et encore plus ma Liz’. À la simple mention de son prénom et toutes les pensées qui s’y associaient alors, je me rendais compte d’à quel point ils me manquaient affreusement. Il n’était passé qu’une poignée de jours, mais chacun d’entre eux s’était voulu si intense que ma présence au Perchoir me paraissait déjà bien lointaine.

Les mots suivants du Vagabond, vantant ma soit-disante puissance, le caractère élevé de ma menace, chassèrent bien vite ces quelques pensées mélancolique de par la naissance d’un sourire. D’abord mince, puis de plus en plus étiré, jusqu’à ce qu’un rire franchement amusé et partiellement ironique ne m’échappe, bien malgré moi. Un rire qui ne dura guère plus d’un instant, rapidement étouffé par quelques élancements douloureux provenant de mes côtes contusionnées, ponctué d’un “putain” de circonstance.  Dans le fond, il n’y avait pas vraiment de quoi rire, car le Vagabond si fidèle à lui-même m’assomait d’informations dont je m’étonnais qu’il en ait connaissance. Ce n’est qu’à son soupir que je daignais d’un léger mouvement de tête poser mon regard sur lui, un très mince sourire en coin en seul reliquat de mon émotion précédente tandis qu’il marchait dans ma direction. Je repliais légèrement mes jambes en le voyant gagner le pied du matelas, lui accordant une place confortable tout en me redressant à mon tour. Je reculais mes fesses sur le matelas, amenant l’oreiller en soutien de mes lombaires alors que je m’asseyais finalement dans le plumard, la tête et le sommet du dos en appui sur la tête de lit, croisant mes jambes au niveau des chevilles.

“Faites attention…” commençai-je sur un ton espiègle, “...vous commencez doucement à manquer à votre promesse.” Je baissais la voix, penchant légèrement le buste en avant, adoptant celle de la confidence bien que la plaisanterie qui l’animait demeurait parfaitement perceptible. “Mais je ne dirai rien à Bagheera, pas après tant de compliments. Je pourrais même finir par croire que vous m'appréciez vraiment.”

J’adressai un clin d’oeil à l’homme, qu’il le remarque ou non, avant de reprendre ma position en triturant la couverture de mes doigts. Lentement, mon regard s’était un peu baissé, se perdant une fois de plus dans le vague de mes pensées quand mon visage renouait avec des traits plus sérieux, plus calmes aussi. Un silence de quelques secondes s’imposa, laissant d’ailleurs tout loisir à l’homme de rebondir à cette boutade idiote s’il l’avait souhaité.

“Je pense que vous vous trompez. Regardez-moi… J’suis couverte de bandages et d’hé…” Je suspendais mes mots, les lèvres légèrement entrouvertes sur ce silence que je m’imposais soudainement. Un léger soupir m’échappa. Je secouais mollement la tête, me rappelant moi-même à l’ordre. Plus d’apitoiement, plus de victimisation outrancière et emmerdante. C’était fini ces conneries. Je scellais mes lèvres sur un mince sourire, bien plus triste cette fois-ci, redressant mes noisettes vers le visage flou du Vagabond.

“Mais si. Matthew a la chance d’avoir un James pour ses hypothétiques problèmes de rondelle. C’est juste lui qui a fait le choix de s’en passer, un peu comme moi désormais. J’imagine qu’il a ses raisons comme j’ai les miennes. Et un autre point sur lequel vous vous trompez... Ouais, sur le coup, je lui aurais volontiers craché à la gueule lorsqu’il m’a sédatée comme un putain d’hippopotame en safari. Mais la vérité, c’est qu’il m’a simplement sauvé la vie, encore une fois,” confiai-je au Vagabond d’un ton plus posé, surtout plus pragmatique, avant de le gratifier d’une nouvelle petite taquinerie. “Ne soyez pas jaloux. Je n’ai pas oublié que vous aussi m’avez sauvé la vie. Ça semble être une sorte de sport visiblement ; vous méritez bien votre podium également.”

Marquant une nouvelle interruption, je repoussais la couverture à mes pieds, celle-ci commençant à me tenir trop chaud. Je ramenais alors mes mains jouer avec le tissu de mon short, puis le bouton, découvrant non sans une certaine surprise qu’il était fait de bois. Je fronçais légèrement les sourcils à ce constat peu habituel, laissant ensuite courir mon regard bien trop flou malheureusement sur le reste de la cabane, les paupières fortement plissées pour tenter d'en dessiner plus nettement certains détails. Parallèlement, et presque inconsciemment d'ailleurs, la découverte de ce simple bouton en bois me faisait déployer l’ensemble de ma perception des champs magnétiques, soudainement titillée de curiosité que j'étais quant à savoir dans quelles conditions j’étais accueillie ici, et ce qui pouvait bien m’entourer, ce dont je pourrais user en cas de problème. J’inclinais légèrement la tête sur le côté, en me redressant bien plus, m'asseyant en tailleur sur le lit. J'étais pensive. Très pensive.  Une bonne minute au moins de silence à détailler les lieux, au terme de laquelle je focalisais une fois de plus mon attention sur le Vagabond.

“Vous êtes une énigme vous savez…” repris-je d’une voix plus interrogative, “...vous en savez visiblement beaucoup et n’en dites finalement que très peu. Vous en savez même un peu trop." Je passais rapidement ma langue entre mes lèvres, la pointe de mon menton venant se nicher dans le creux de ma main gauche, le coude en appui sur ma cuisse et dévisageant l'homme plus longuement. "Dites-moi ? Depuis combien de temps me connaissez-vous vraiment ?” J’avais appuyé ce dernier mot pour espérer lui faire comprendre que je ne parlais pas de cette nuit, dans cette bagnole.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
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Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Le Vagabond


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Le Vagabond

Jeu 19 Mar - 23:48
Le Vagabond avait gardé ses mains couvertes de bandes grises et salies les embaumant jusqu'aux premières phalanges, en prise sur les bords du matelas, ce en dépit de la place toute confortable que tu lui autorisais. Il gardait ainsi une certaine retenue dans la proximité et la pleine assise qu'il ne s'offrait pas véritablement. Son regard malicieux et d'une lueur brillante serpentine, embaumé de cet air fourbe et espiègle qu'il semblait constamment afficher, te fixait de toute évidence et longuement ; chose que tu pouvais pleinement percevoir à présent.

A ta plaisanterie de départ, il esquissa un fin sourire amusé qui n'avait aucune timidité, plus insidieux que retenue, car il montrait une nonchalance naturelle toujours aussi prompte à laisser deviner de l'assurance et une espèce d'insouciance qui lui était propre et que tu n'avais vu chez aucun autre survivant depuis ta première « résurrection ». Tu distinguais par ailleurs beaucoup mieux cette capuche sombre et en tissu râpeux et abîmé qui couvrait sa tête, surmontée d'une autre capuche plus ample de cuir raccordée à sa longue et épaisse veste, cachant les éventuels cheveux qui ornaient - ou non - sa tête pour ne permettre de visible que l'encadré de son visage. Ce nez droit et affiné et ces lèvres relativement fines aussi qui lui donnaient un air de diablotin relevé par la noirceur de ses pupilles pourtant pétillantes, comme embrasées, te ramenait à différents souvenirs, comme s'il était exactement le même et sans aucune parcelle de changement physique et vestimentaire.

Ta vision floue pouvait d'ailleurs presque restituer à la mémoire la tunique sous sa veste, par-dessus une autre à l'origine blanche mais abîmée par le temps et la poussière, ainsi que la cordelette cerclant son cou et seulement partiellement visible qui cachait ce qu'elle portait éventuellement sous ce col double en V. Il demeurait dans cette posture qui te donnait de profil, son visage tourné pour t'observer, presque t'admirer à la façon si particulière qu'il avait de lorgner sur toi tout en te fixant. Il ne dit rien à la boutade faisant rappel de ce film dont il avait amorcé un air, te laissant loisir de penser et peser tes mots librement et poursuivre.

Il finit d'ailleurs par incliner plus longuement son observation pour suivre tes gestes sur la couverture, apparemment tout à fait attentif à ta gestuelle et ton attitude. Il écouta avec intérêt la suite de ta réflexion, venant tirer de sa senestre la couverture quand tu t'en délogeais pour faciliter tes gestes, une petite attention tout à fait étrange de sa part par ailleurs. Son regard se rehaussa sur tes propres yeux, captant aisément ton froncement des sourcils et le regard inquisiteur ou approximativement qui tentait d'apprivoiser l'espace dans lequel tu étais en quelque sorte « bouclée » ou protégée, c'était dépendant de la manière dont tu pourrais envisager la situation de façon plus personnelle.

Le déploiement de ta perception à la nature proprement astrale, ainsi que tu le ressentais, révéla bien vite l'austérité presque entière de la pièce : pas un clou n'était incrusté dans les rondins de la cabane de bois, aucun dans les pieds de cette table envers quoi tu eu le sentiment très logique qu'elle n'avait pas été démontée par hasard, tout comme le tas de vêtements et de déchets parmi lesquels des conserves se trouvaient, défaites de toute nature métallique. Le lit lui-même sur lequel tu reposais ne révélait aucune pièce d'acier, c'était comme si tu te retrouvais dans un no man's land où ton esprit ne parvenait à se raccrocher à rien de véritablement inspirant. Rien ? Pas tout à fait : ta perception et ainsi ta conscience se focalisaient bien vite sur un élément, vers lequel tu te sentais attirée de ton pouvoir affublé d'une volonté presque accessoire à cet instant où tu lui laissais loisir de s'exprimer.

La boucle épaisse de la ceinture du Vagabond dont tu percevais la constitution, t'apparue très clairement, orientant ton regard dans cette direction instinctivement, avant de relâcher ta prise psychique pour revenir l'affubler de quelques idées exprimées. Tout au long de ce processus, très rapide en temps réel mais tout à fait fluide et prolongé dans le cheminement de tes propres pensées, le Vagabond ne t'avait pas lâché du regard, plissant les lèvres d'un sourire un peu plus prononcé encore.

« Depuis ce jour où j'ai pris trois vies, pour la troquer contre la vôtre seule, et je m'en félicite chaque jour qui passe. » Commençait-il à répondre, sur un ton un peu plus intimiste à l'intensité toute basse, avant de se pencher doucement vers toi en se contorsionnant sans ressentir aucune gêne à accroître cette proximité, particulièrement de vos visages puisque le sien était mis en avant et il te donna un clin d'oeil qui se voulait une réponse en soi à tes familiarités précédentes. « Mais peut-être que je lis dans les pensées ? Mh... »

Il marqua un temps, d'un air tout à fait sérieux en dépit de ce sourire presque gênant d'aveu ironique, avant de lâcher un petit rire amusé en se redressant, dévoilant un sourire plus étiré et à la dentition toute visible étonnamment blanche et propre.

« Je plaisante, c'est vous qui m'avez dit tout cela. » Le Vagabond avait porté le regard devant lui en dodelinant légèrement de la tête, avant de te scruter d'un regard plus en coin qui donna brièvement matière au mystère.

« Dans votre sommeil. Vous avez répété ces noms, celui d'un certain Ron également. Mais davantage ces trois-ci et avec une intonation bien spécifique. Vous avez beaucoup parlé durant ce repos que je veillais à vrai dire, ce fut très instructif. Cela fait déjà trois bonnes journées que vous dormez comme un parpaing. C'est que la dose de sédatif reçue par surprise ne fut pas la seule. Nous vous avons acheminé jusqu'à la Ferme du bon vieux Nelson, lequel s'est décomposé en découvrant votre état, si vous l'aviez vu... »

Il dodelinait à nouveau de la tête en la tournant davantage vers toi, pinçant sa lèvre inférieure de ses dents avec un air faussement gêné.

« Que je le comprends néanmoins. Vous étiez dans un état lamentable, blanche comme un cadavre. On vous aurait presque confondue avec nos compatriotes rendus charognards. Ils vous ont installée dans la cuisine, c'était bien l'endroit le mieux entretenu de cette vieille maison miteuse, et mademoiselle Stanford a sué pour s'occuper de vous. Non que vous soyez particulièrement différente d'une bête comme celles dont elle a autrefois pris soin, mais vos blessures étaient assez vilaines, ce qui n'était rien comparé à cette nécrose... fascinante. »

Le Vagabond plissa les sourcils en relevant un peu le ton d'une certaine vibration interpellée, laissant filer un petit sifflement entre ses dents les quelques instants qui suivirent avant de poursuivre.

« Cette chose n'a pas été sans inquiéter ces pauvres mortels, d'autant plus lorsqu'ils ont découvert cette puce de traçage délicatement incrustée entre les crevasses de cette peau noire et morcelée, tout à fait répugnante. Vous retirer cette peau morte a fait grimper de beaucoup la température de cette chère vétérinaire, il faut dire que ce n'est pas quelque chose que l'on voit et fait tous les jours.

D'ailleurs je vous déconseille de retirer ce bandage vous-même, avec toutes les saletés qui traînent dans cette forêt, votre large plaie attirerait toutes les infections possibles en quelques minutes, à croire que vous n'avez vraiment pas eu envie d'utiliser les dons de votre ami pour réparer les anomalies de votre chair comme de vos yeux. Je dois confier que même moi, aussi attiré que je le suis par les défis les plus vains et invraisemblables, j'ai du mal à le comprendre. »


Il cligna alors des yeux avant de les faire rouler et esquisser un nouveau sourire tout à fait réjoui et plaisantin, s'étirant un peu les épaules en soupirant brièvement, sa rétorque se poursuivant sur celui-ci en un prolongement détendu, presque je m'en foutiste.

« On peut dire que vous savez marquer vos passages. Bien sûr il a fallu vous maintenir sous sommeil pour que vous ne souffriez pas le martyr, le temps que vos douleurs soient atténuées par les produits en tout genre, dont la nature m'échappe je dois bien l'admettre. Cependant : rigidité Jeffersonienne oblige et malgré la protestation virulente de miss Ana qui semble profondément agacée par notre ami, il n'a pas pu s'empêcher de profiter de la première occasion, dès que vous fussiez suffisamment stable, pour vous transporter ici par peur du danger que vous pourriez représenter. »

Son regard couru passablement sur les rondins qui constituaient les murs de cette cabane, l'homme plissant les pommettes avec un air curieux.

« Je crois que toute cette structure tient par un jeu de cordes et de... je ne sais pas trop quoi, ça me laisse perplexe. Sans parler du fait qu'il ai démonté la table, trié ses déchets, inspecté la moindre douille égarée... le lit qu'il a fait tenir par des cordages également, chose qui me fait craindre que nous finissions les fesses par terre et enfin, qu'il ai intégralement vidé le matériel qu'il avait planqué sous ce même lit. Il ne laisse rien au hasard c'est certain, mais je vais vous faire une confidence... »

A nouveau, il se pencha pour te susurrer d'un froncement de nez dubitatif contrastant au sourire joueur qu'il affichait :

« Je n'ai pas tout enlevé malgré son insistance. Je ne sais pas si vous pourriez ou voudriez me tuer avec ma propre ceinture, mais je prends le risque, car je ne vous crains pas. Ce n'est pas un manque de considération, je ne doute pas de vos pouvoirs, mais j'ai la certitude que vous ne me ferez jamais de mal, pas tant que je ne vous aurais pas donné une raison suffisante bien sûr, probablement. »
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1120/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Debuba1065/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Sam 21 Mar - 23:04
À la perception de mon sixième sens, il ne m’avait guère fallu plus de quelques secondes pour porter mon regard vers l’unique pièce métallique qui m’entourait. En réalité, je n’avais nullement besoin de voir de mes yeux - pas plus que je n’en avais le discernement suffisant de toute manière - ce qui se trouvait là, cette boucle de ceinture dissimulée par la position et les vêtements du Vagabond. Je la ressentais simplement, véritable phare dans la pénombre car il n’y avait vraiment que cela. L’observation n’était que superflue, juste un réflexe bien trop humain de voir les choses pour se rassurer de leur existence.  Une observation qui pouvait par ailleurs se révéler ambiguë, gênante. Je ne voulais pas laisser penser à l’homme que je le matais sans vergogne et lorsque je me rendais compte de l’absurdité de la scène, je relevais rapidement le regard et le menton pour retrouver son visage qui se penchait alors vers moi, les yeux écarquillés, les sourcils arqués, par une légère surprise. J’en déduisais cependant une chose tout à fait formelle de ma perception magnétique, presque trop évidente. Ils savaient. Ils avaient conscience de mes facultés et leurs limites.

Et à sa première réplique, je ne répondais que d’un mince sourire en coin, satisfait, sincère. Sans véritablement pouvoir me l’expliquer, je me sentais flattée par sa confession, et je me félicitais silencieusement du choix qu’il avait fait cette nuit-là. Un sourire qui s’estompa quelque peu sans disparaître totalement lorsqu’il évoqua le fait de lire dans mes pensées, une expression mitigée se laissant observer sur les traits de mon visage ; scindée entre doute, méfiance et fascination. Quand bien même les frontières de l’impossible s’étaient vues largement repoussées entre résurrection et facultés défiant toute physique et logique, j’avais malgré tout beaucoup de mal à croire à cela, ce qu’il confirma en éclaircissant sa boutade avant de me livrer une explication plus plausible. Plus plausible, mais que je ne trouvais pas plus crédible en soi. J’étais persuadée que jamais je n’aurai pu évoquer des détails tels que l'embonpoint de mon paternel juste en dormant. C’étaient là des détails très spécifiques. Trop même. Mais peut-être étaient-ce les effets des sédatifs ou ces je-ne-savais-quoi qu’ils m’avaient injectés durant ces trois jours qui m’auraient plongée dans une semi-conscience. Je n’en savais rien, et très rapidement je mettais ces interrogations là de côté, car mon esprit préférait largement se focaliser sur les mots du Vagabond qui me prenaient toujours plus de court, allant de surprise en surprise.

Mes blessures, ma nécrose, mon passage à la ferme, visiblement soignée par une femme que je ne connaissais absolument pas et que je n’avais pas croisée lors de mon tout premier réveil. Plus les mots avaient afflué hors de la bouche au sourire Colgate du Vagabond, et plus je demeurais scotchée, hébétée par ce qu’il s’était passé, ce que j’apprenais. Les lèvres légèrement entrouvertes, j’encaissais les révélations qui me laissèrent quelques instants sans voix ni souffle. La seule réaction qui pouvait trahir ma non-statufication était le mouvement de mes noisettes qui s’étaient portées vers le bandage de mon avant-bras gauche masquant la chair putréfiée. La douleur était présente, la plus vive d’entre toutes, mais je n’avais strictement aucune idée de ce qui pouvait bien se dissimuler sous la gaze et le tissu. Cette Stanford avait-elle réussie à m’en débarrasser ? Ou bien la noirceur était-elle revenue, aussi abjecte et intacte qu’au premier jour ? Je choisissais l’ignorance, préférais suivre les conseil du Vagabond quand les souvenirs de l’infection de ma main mutilée, de la fièvre et la douleur s’imposaient à moi, me convaincant sans difficulté d’une certitude : je ne voulais pas revivre de pareilles heures.

Mais les soins portés à ce stigmate de mon second retour à la vie n’étaient pas le plus grand sujet de mes préoccupations, car un détail abasourdissant était ressorti de la foultitude d’informations. Il avait parlé d’une puce de traçage logée au creux de celle-ci. Je me revoyais soudainement projetée dans cet appartement miteux, à voir Hugh et ses hommes débarquer, débouler sur moi comme la misère sur le monde. Mon monde. Mon visage dut à cet instant se fendre d’une moue abasourdie, choquée, ma mâchoire se décrochant certainement plus grandement à l’instar de mes yeux s'écarquillant lorsque je réalisais toute la portée et les conséquences de cette révélation, et l’inquiétude que celle-ci faisait naître au plus profond de mes tripes. Plus que de l’inquiétude. Je renouais avec ma bonne vieille compagne la trouille. Viscérale. Abjecte. Rassurante, mais bien différente aussi.

Depuis mon dernier "premier jour", depuis cette fameuse nuit et peut-être même avant, j’avais été un phare dans l’obscurité de quelqu’un ou quelque chose de malveillant. Il y avait le campement du motel certes, mais aussi Snatch et surtout, surtout, le Perchoir. Une nouvelle fois, mes pensées dérivèrent vers Liz’, James, Kyle et tous les autres, mon inquiétude avec elles. Le chef de camp avait mis un point d’honneur à garder l’emplacement de ce nouveau départ secret, le plus discret possible. Je me remémorais les mots de Nelson quelques jours plus tôt, s’adressant à James et révélant l’attaque de Hope. Au final, tout cela n’avait servi à rien car j’avais été une taupe malgré moi. Celui qui m’avait planté cette puce - je n’avais guère de doutes sur son identité - savait parfaitement bien où les trouver pour leur faire connaître le même sort. Et cette seule idée m’était déjà insupportable. J’avais fait une promesse à ma Liz’, celle de ne jamais la laisser être enfermée dans une cave, et malgré mon abandon, je comptais bien l’honorer.

Sans vraiment m’en rendre compte, j’avais crispé mes doigts dans la chair maigre de mes cuisses croisées en tailleur, scellant mes lèvres sur mes dents serrées, une profonde inspiration de colère frustrée s’engouffrant par mon nez. Je sentais la culpabilité me dévorer de l’intérieur, ardente comme un brasier sauce Soulstrange. Mais je ne cédais pas à l’apitoiement ni ne montrait de signe d’emportement, de précipitation ou d’apitoiement quelconque qui pouvait se solder par de trop longues tirades geignardes et inutiles. L’esprit tout accaparé par les conséquences de cette simple découverte, c’est à peine si j’avais prêté attention aux derniers mots du Vagabond, bien que je ne lui faisais pas l’offense de ne même plus l’écouter. À l’inverse de cette voix intérieure, que j’avais écoutée et suivie bien trop longtemps, qui me hurlait de me barrer d’ici pour foncer vers le Perchoir, les prévenir, les aider s’il n’était pas déjà trop tard. Je prenais une nouvelle inspiration, plus profonde encore, décrispant mes doigts, mes muscles tout entier en tâchant de faire taire cette voix stupide. J’étais seule, démunie, désarmée, même pas foutue de savoir où je me trouvais. Je ne pouvais rien faire d’autre qu’espérer que le Perchoir et ses occupants soient toujours debouts.

Finalement, je braquais mon regard dans celui du Vagabond, répondant à son sourire par un nouveau, plus mince, moins dévoilé. Je prenais la parole d’un ton hésitant, reflétant l’abasourdissement qui m’étreignait encore.

“Woaw… Vous… Je sais peut-être marquer mes passages, mais… mais vous, vous savez vraiment plomber une ambiance ; merde…” Je secouais la tête d’un geste lent, battant des paupières à plusieurs reprises, me calmant de toujours plus de bouffées d'air avant de reprendre d’un ton plus enjoué, et même légèrement moqueur à la première interrogation. “Mon sommeil s’est-il contenté de vous informer de mes relations familiales et amoureuses ou vous a-t-il aussi appris que je désirais être astronaute ? Que c’est la dégradation de ma vue ainsi qu'une certaine aisance et attrait pour la mécanique qui m’ont finalement poussée à devenir ingénieur ?”

Mon sourire qui s’était élargi au fil des mots s’amenuisa néanmoins, l’amusement cédant la place à une certaine nostalgie. “Tout ça pour dire qu’au fond, je suis une espèce de rêveuse - à la langue bien pendue visiblement. Créer, construire, réparer, améliorer… C’était ma vocation ; pourtant je me retrouve aujourd’hui dotée d’une faculté meurtrière, destructrice, quand un type comme James est capable de soulager maux et blessures. Je ne sais pas moi-même si je pourrais vous tuer avec cette seule ceinture. En réalité, cela dépend plus d’elle que de moi. Mais vous avez raison sur deux choses.” Je dressais mon index pour énoncer la première. “Je ne veux pas vous faire de mal.” Je dressais ensuite le doigt suivant. “Et effectivement, Matthew n’a vraiment rien laissé au hasard.”

Comme pour illustrer mon propos, je détachais mon regard de celui du Vagabond et parcourait une nouvelle fois l’ensemble de la cabane, en toute futilité silencieuse pendant quelques secondes, avant de le ramener vers l’homme, le visage marqué d’une sincère modestie.

“Ricky a eu quelques mots l’autre nuit.” Je laissais fuir un léger soupir, ramenant mon regard vers le visage de l’homme, lui adressant un sourire fataliste. “Le camp du motel, le Perchoir, la Ferme… C’est du pareil au même. Tous ensemble dans la même galère,” avais-je lentement répété, articulant et détachant certaines syllabes pour en accentuer le poids. “Je les ai pourtant repoussés, persuadée de pouvoir les protéger en m’isolant d’eux, de tous.” J’eus un nouveau soupir, plus bref, plus amer aussi. Mon sourire et mon ton devenant plus sarcastiques.

“Comme Matthew quelque part. En tout cas, il a eu raison de le faire. M’emmener ici j’veux dire… J’ai eu beau faire grand usage de mes facultés, je n’en connais presque rien en réalité. Ni l’étendue, ni les limites. Ce dont je suis sûre par contre c’est que sans elles, je serai morte quelques fois de plus. Et même avec elles, il a quand même fallu que d’autres me sauvent les miches. C’est très certainement ce qui fait la différence entre Matthew survivant à tout ça avec autant d’efficacité et de froideur ; et moi non. Il ne laisse rien au hasard quand j’ai tout fait à l’instinct, au pif le plus désastreux avec les conséquences que l’on sait.”

Je marquais une nouvelle pause dans mon énonciation factuelle prenant le temps d'une profonde inspiration. Mon sourire s’effaça lentement durant ce silence que je trouvais assez pesant au point de détourner mon regard de l’homme pour le ramener vers mes jambes aux mollets nus. Je passais la pointe de la langue sur ma lèvre inférieure, les paupières plissées sur mes réflexions, livrant finalement d’autres confidences monotones.

“En quatre jours d’errance, j’ai tué six personnes. Je n’en ai tiré aucune satisfaction. Je pourrais vous expliquer lesquelles méritaient de mourir et lesquelles non, mais ce serait me voiler la face d’arrogance et de fausses excuses. La vérité, c’est qu’aucune d’entre elles ne le méritaient. C’était juste elles ou moi. Affreusement simple. C’est pourquoi vous ne le mériterez jamais, peu importe ce qu’en diront ou jugeront certains. J’espère seulement que ce ne sera jamais vous ou moi,” lui confiai-je avec sincérité et même une discernable affection.

De quelques mouvements des jambes et du bassin, je m’avançais sur le matelas pour me rapprocher de l’homme jusqu’à atteindre une position similaire à la sienne, imitant sa posture en m’asseyant au bord du lit, à ses côtés, les jambes pendantes vers le sol. Le buste comme le visage légèrement tourné vers lui - s’il n’avait pas reculé ou ne s’était pas levé - le regard rivé en direction de l’emplacement de sa boucle de ceinture, je reprenais d’une voix calme et posée, mâtinée d’un ton confident et résolu.

“J’ignore si je pourrais utiliser votre ceinture pour vous tuer mais si tel était le cas, rien ne m’empêcherait non plus de m’en servir pour vous sauver la vie.” J’amenais une fois encore mes noisettes à chercher le regard du Vagabond. “Tout ce que je sais, c’est que j’ai besoin de vous pour survivre là-dehors, quand bien même ce n’est presque pas réciproque.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)
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