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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35
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Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Sam 2 Mai - 19:54
Quand Ivy lui répondit, le jeune homme baissa légèrement la tête, fermant les yeux tandis qu’il commença à regretter d’avoir pu daigner lâcher quelques mots à celle qu’il considérait comme une amie. Il était seul, qu’importe le nombre de personnes qui auraient pu l’accompagner, finalement, il était seul, tout seul, à tout jamais. Il lâcha un bref sourire de façade à Ivy pour répondre à ses derniers mots alors qu’elle posait une main sur celle du jeune homme.

Il ne disait rien, que ce soit pour répondre à Ivy, ou bien lorsque Matthew confirma les dires de la petite mécano. Personne n’avait menti en connaissance de cause, tout simplement parce que personne n’était au courant. Si Jordan aurait du tout simplement penser qu’il était resté là-bas à la suite d’un manque de chance, il n’en fit rien. Il avait besoin d’une raison, d’une réponse, de savoir pourquoi il était resté là-bas, se vidant de son sang, attendant qu’on vienne l’aider tandis que ceux qu’il considérait comme les siens n’étaient jamais venus.

Le manque de chance, la fatalité, le destin… Rien qui ne pouvait expliquer pourquoi il avait été laissé sur place, ou du moins, ce n’était pas une réponse qui pouvait le satisfaire. Il avait besoin d’un coupable, d’une raison, de quelque chose de tangible, de simple. Quelqu’un vers qui diriger sa colère au lieu de la laisser le bouffer de l’intérieur. Tout ceci était fait inconsciemment, sans doute pour se protéger, pour qu’il évite d’avoir envie de se jeter la tête la première de cette cabane en repensant à tout ce qui lui était arrivé, tout ce qui n’était, bien évidemment, la faute de personne, uniquement de la malchance. Encore et toujours de la malchance, pour tout ce qui lui était arrivé, pour ces innombrables malheurs qui lui étaient tombés dessus sans crier gare, c’était trop. Trop de souffrance sans personne à blâmer, sans coupable à pointer du doigt, c’était tout simplement trop.

La simple idée qu’il soit issu d’une tragédie grecque, condamné à voir les siens partir, les uns après les autres, condamné à subir sans pouvoir se venger, tout cela était insupportable, et il préférait sans aucun doute trouver un bouc émissaire afin de mettre un nom et un visage sur le responsable de tous ces maux. Un moindre mal qui attisait cette silencieuse colère qui sommeillait en lui depuis tant de temps, ce moindre mal, Jordan le préférait à ce qu’aurait pu être une gangrène composée de tous ses malheurs et de toutes ses souffrances qui l’aurait tout simplement rongé petit à petit. Chaque parcelle encore saine de son esprit aurait laissé place à une désillusion grandissante, le mettant face à la réalité. Tout ce qu’il subissait n’était ni de sa faute, ni de celle des autres. Il devrait s’y habituer, vivre avec, savoir que tout ce qu’il obtiendrait lui serait enlevé un jour ou l’autre dans des conséquences qui seraient encore plus tragiques que ce à quoi il pourrait s’attendre. Et il n’y aurait qu’une seule solution pour mettre fin à cela. Pour mettre fin à tout cela.

Le jeune homme ne pouvait pas laisser son esprit se faire gangrener comme cela, pas encore. L’illusion était préférable. Il le savait, et son esprit aussi. C’était sans aucun doute pour cela que sans s’en rendre compte, il se mit à savoir ce qu’il s’était passé le soir de l’attaque du campement. James ne l’avait pas assommé pour sauver sa belle, non, il l’avait assommé parce qu’il avait vu ce que Jordan avait fait pendant l’attaque, et surtout parce qu’il avait peur qu’il recommence avec d’autres, d’autres qui étaient restés coincés plusieurs jours dans ce magasin. Il n’y avait rien de pernicieux, guérir signifiait par fois soigner, d’autres fois, éliminer un risque. C’était tout à fait compréhensible. Aussi compréhensible qu’il l’avait laissé crever sans sourciller. Jordan était considéré comme un monstre. Restait à savoir qui des trois avait approuvé l’idée du grand médecin.

Le sang battait aux tempes du jeune homme alors qu’il se perdait dans ses pensées alors qu’Ivy et Matthew échangèrent quelques mots, jusqu’à ce qu’il entende les derniers mots de l’aîné Jefferson, le mentionnant. Jordan releva légèrement la tête, attendant la suite des explications du chasseur sur Hope.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba1120/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba1065/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Dim 3 Mai - 14:02
Ce ne fut pas sans surprise que je sentis la main de Matthew venir glisser sur la mienne, sans esquisser le moindre geste ensuite. Ni salut, ni caresse, ni rejet. Une simple présence qui ne scellait rien, ne signifiait rien et pourtant bien des choses. Mes noisettes se détachèrent brièvement du visage de Matthew pour, comme lui, se focaliser sur cette poignée de main, avant que nos regards ne se retrouvent une nouvelle fois. Et certainement que le chasseur dut me voir blêmir à ses premiers mots qui ravivaient alors de terribles souvenirs. L’évocation du Libérateur et de sa cave me projeta à nouveau au milieu des cendres et des ossements, un vieux sentiment familier s’emparant de moi quand les réminiscence de cette terreur, de cette solitude puis de cette étrange chaleur bien humaine s’agitaient à nouveau. Un frisson passa le long de mon dos, dressant ma peau en chair de poule, secouant chacun de mes muscles d’un soubresaut et de discrets tremblements qui ne lui avaient certainement pas échappés par l’intermédiaire de nos mains jointes.

Je baissais légèrement le visage, ramenant mon regard vers la chemise du chasseur avant de clore les paupières, prenant une profonde inspiration. À peine Matthew relâcha-t-il ma main que celle-ci retomba mollement le long de ma cuisse. Un soupir haché quitta mes lèvres, ma main mutilée venant frotter contre le bandage de ma nécrose, ravivant autant de douleurs que de souvenirs mordants. Et je ne redressais le visage, m’extirpant de ce flot de pensées qu’au moment où l’attention et les mots de l’homme revinrent vers moi. Il faisait renaître d’autres souvenirs encore, à peine plus récents, à peine plus sympathiques. Les yeux rouverts, je gardais néanmoins les paupières plissées à l’entendre me parler de Melody et de ce qu’elle m’avait soit-disant confié.

Mais finalement, je ne répondis rien dans un premier temps, me contentant de détourner mon regard en direction de Jordan qui n’avait pas bougé du lit. Mais la distance me rendait bien incapable de discerner la moindre information en provenance du jeune homme, ni les émotions qui pouvaient marquer son visage, ni l’endroit où pouvait bien se porter son regard. Pouvait-il seulement comprendre ce qu’était Hope, lui qui avait disparu quelques jours avant la scission qui lui avait donné naissance ? Je n’en savais rien. Que lui avait-on dit ? Que lui avait-on caché ?

“Melody m’a rien dit,” finis-je par rétorquer après quelques secondes de silence, ramenant mon attention vers Matthew. “Les gens se pensent toujours plus malins qu’ils l’sont en réalité. Et plus ils sont intelligents, plus ils se trompent.” Je secouais mollement la tête, me raclant légèrement la gorge avant de poursuivre d’un ton plus affirmé.

“C’est l’Vagabond qui a évoqué ton nom lorsqu’il m’a sortie d’la voiture des hommes du Marchand. Il m’a dit que vous étiez ensemble ce soir-là. Melody a juste parlé d’un mystérieux inconnu qui l’a sauvée, soignée et ramenée au campement quelques jours plus tard. La paranoïa, les mots de Soulstrange, le temps… Ces semaines passées, coincés par c'te horde dans c'te baraque…” Je passais ma main gauche dans mes cheveux dans un geste de frustration, empoignant quelques mèches de l’arrière de mon crâne entre mes doigts, prenant une profonde inspiration par les narines, serrant les mâchoires.

“Ça a fait l’reste…” repris-je d’un ton plus confident mais audible de tous, la voix sensiblement tremblante. “J’te voyais partout, à nous observer, à nous espionner, à attendre le moment opportun pour nous abattre comme Calvin. Tout autour de moi, j’cherchais un traître, n’importe quelle excuse bidon qui donn’rait un sens à toutes ces emmerdes… J’me suis enfermée avec ça, ces pensées, ces idées ; jusqu’à accuser Samuel et le rejeter, attaquer Kyle et le blesser ; te blâmer, te craindre, te redouter toi et tous les tiens… Incapable d’faire confiance à qui qu’ce soit. J’étais… tellement paumée,” confessai-je au chasseur, relâchant l’emprise sur ma tignasse pour croiser mes bras sur ma poitrine.

Je prenais une profonde inspiration, en commençant à arpenter le plancher en bois de mes pieds nus de courts allers-retours, pressée par un besoin urgent de me dégourdir les jambes, toutes légèrement cotonneuses demeuraient-elles encore.

“J’suis au courant oui. J’ai capté le message radio d’Nelson pour James quand j’ai quitté le Perchoir,” repris-je d’une voix plus mesurée. “Il l’avait dit. Sousltrange. Il me l’avait dit. J'irai trouver les autres ressuscités dans leur camp, j’débusquerai leurs alliés à la ferme et j’marquerai leurs âmes à tous par la souffrance et par la perte afin d'en salir ce qu'il reste. J’déchaînerai le feu et les hurlements des armes jusqu'à ce qu'ils n'aient plus assez d’larmes pour pleurer, et ceux qui survivront pour mieux souffrir n'auront plus dans leurs coeurs que peine et rage tandis qu'ils subiront l'exil et la désespérance, l'humiliation. Et toi tu s’ras là, tu assisteras à leur sort et tu partageras leurs souffrances que t’auras provoqué par c’que tout à chacun jugera égoïstement comme traîtrise.”

Je me stoppais dans mes déplacements près de l’un des coins de la pièce, me retournant et m’adossant dans l’angle du mur, laissant mon regard courir tour-à-tour entre les silhouettes floues de Matthew et Jordan avant de poursuivre, le ton plus sombre.

“Sauf que j’étais pas là. Aucun d’nous était là. Aucun d’nous savait c’qui était en train d’se passer parce que Melody a fait l’choix d’affamer tous ceux qui ont suivi James au Perchoir. Elle a fait le choix d’couper toute relation, toute entraide et de s’isoler…” Je secouais la tête brièvement avec énergie, ma langue passant sur ma lèvre inférieure avant de poursuivre d’un ton plus triste et amer. “Mark. Johann. Cassandra. Matt. Adam... Les gens de Hope méritaient pas ça. Même Melody méritait pas ça. Mais... ils ont rien fait pour l’éviter.”

Je finis par fixer mes noisettes en direction de Jordan, plissant les paupières sur mes yeux, du regret dans la voix.

“J’suis désolée. De t’avoir planté en solo dans les bois c’jour-là. Toi non plus tu méritais pas ça.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Matthew Jefferson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba110/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba100/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Matthew Jefferson
Protagoniste
Lun 4 Mai - 16:12
Matthew passa le regard de l'un à l'autre, s'attardant temporairement sur Jordan sans faire de manière ou preuve de discrétion, observant son attitude alors que ce dernier se cloîtrait dans un mutisme qui ne le laissait pas indifférent, du moins au simple fait que cela attira autant si ce n'est plus son attention. Il finit cependant par revenir à Ivy, se frottant les lèvres l'une contre l'autre, pressées en mouvant sa mâchoire, ses doigts ondulant près de son pantalon treillis.

Aux premières phrases entendues d'Ivy, il plissa les sourcils sans pour autant répondre quoi que ce soit, écoutant avec fixation ce qu'elle avait à dire à ses propres mots sommes toutes embaumés de non-dits qui avaient su être évidents pour elle, s'ils avaient été plus incertains pour Jordan peut-être, il ne pouvait au final rien en savoir. Lorsqu'elle évoqua Calvin, Ivy pu discerner malgré son manque de visibilité un affaissement de son visage, passant d'une fermeté habituelle à une mine plus sombre, plus désabusée, laissant deviner qu'elle avait touché un point probablement sensible au regard de l'impassibilité habituelle du chasseur qui rendait chaque réaction ou expression, aussi infime soit-elle, particulièrement perceptible.

Quand Ivy récita, c'est ce qu'il semblait à ce moment, les mots de l'homme au masque à gaz, le regard de Matthew qui l'avait suivi jusque là, ne se détachant que pour scruter brièvement Jordan, se durcit et une lueur un tantinet clair atténua sa morosité. Il inclinait le visage sur le sol dans un lent mouvement qu'il continua à mouvoir, très longuement, vers le mur à sa droite. Le chasseur clôtura ses traits comme ses yeux et expira lourdement en se dirigeant face aux rondins, posant les mains sur ceux-ci en se voûtant, la tête baissée et les bras tendus en soutien.

« Il sait. » Grogna t-il en se redressant après quelques secondes, relâchant le mur en délaissant ses bras qui tombèrent nonchalamment. « Il sait où se trouve la ferme. Ça ne peut être que lui... ce salopard de sadique frappe au moment où l'on est le plus vulnérable, même s'il a toujours eu la main. »

Il se retourna, glissant son regard sur Ivy avant de guetter Jordan, à qui il s'adressa en expirant des narines un long soupir qui précéda sa voix rêche et rocailleuse.

« Il y a plus de dix jours, je suis aller au camp Hope, c'est comme ça que Melody l'avait renommé, après la séparation d'avec le groupe qui a suivi James. Je n'ai trouvé qu'elle et son frère. Ils semblaient mal et j'ai eu l'impression qu'il n'y avait personne d'autre dans la maison. Peut-être qu'ils étaient sortis mais... c'était étrange, Melody était malade et son frère, il était en colère. Très en colère même, il m'a plus ou moins chassé, je ne lui jette pas la pierre. Il avait de bonnes raisons de le faire. »

Passant d'une jambe d'appui à la seconde, ses yeux bruns avisèrent l'un puis l'autre une nouvelle fois, tandis qu'il poursuivait.

« Je lui ai promis de revenir très vite, pour rester avec eux, les aider, c'était la moindre des choses après toutes ces erreurs que j'ai commises. Je n'aurais pas dû céder, j'ai merdé. » L'homme prit une inspiration, son faciès changeant d'une teinte de plus en plus abattue et coupable, au-delà de cette frustration colérique palpable. Son attention dévia vers le lit. « Je suis revenu trois jours après et... Hope n'existait plus. Ils avaient attaqué. J'ai trouvé des véhicules devant la maison, retournés et H.S. La structure était criblée de balles, tout était ravagé et il y avait des corps. Certains des hommes de Soulstrange, avec un équipement particulier, je n'ai reconnu aucun visage du groupe. »

Une brève interruption marqua ses derniers mots, sa chevelure glissant sur son épaule alors qu'il porta un regard devenu morose sur Jordan, vraisemblablement sincère de la tristesse qui l'étreignait durement à l'évocation de ces événements encore si récents, comme sa voix s'aggravait davantage de sons gutturaux tranchés.

« J'ai fouillé la maison, je n'y ai trouvé personne. Il y avait une tombe à l'arrière, récemment creusée, je ne sais pas qui s'y trouve. J'ai ensuite arpenté tout le secteur et la plaine, puis j'ai continué jusque la ville et j'y ai trouvé d'autres hommes bien en vie. Ils avaient l'air d'être en chasse. J'en ai isolé certains et... je les ai fait parler. Ils ont enlevé Melody et ils traquaient son frère et un autre homme qui ont fuit dans Snyder.

J'ai passé ces derniers jours à les chercher, à chercher James et son amie mais... je n'ai trouvé aucun d'eux, pas la moindre trace de qui que ce soit. Je n'ai rien pu faire, je n'ai pas protégé Melody et maintenant... elle et James sont entre les mains de ce fils de pute et je n'ai aucune foutue idée d'où se trouve cette cave. Je n'ai jamais réussi à remonter la piste malgré mes tentatives... j'ai échoué, sur toute la ligne. »
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba119/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Mer 6 Mai - 3:36
Le jeune homme avait relevé la tête, empli d’une curiosité quand Matthew évoqua Jordan, mais surtout, un nom, Hope. Même s’il demeurait à présent attentif à tout ce qu’il se disait, il ne releva même pas la moitié des informations, aussi précieuses étaient-elles qui s’échangeaient devant lui. Calvin, Samuel, Kyle, des noms qu’il connaissait, mais dont il se foutait royalement en cet instant. Il ne regardait plus le chasseur, non, son regard s’était tout simplement perdu dans le vide. Certains mots avaient trop d’impact pour qu’il puisse se concentrer sur autre chose.

Elle. La petite mécano. Ivy. Elle semblait être totalement perdue, peut-être même qu’elle l’était encore plus que Jordan, elle qui avait attaqué les siens, les membres de son propre groupe. Il ne pouvait cesser de se demander pourquoi ? Si c’était réellement parce que le doute avait marqué son âme, ou si c’était à cause d’autre chose, de plus concret, de plus tangible. Cette idée s’insinua dans ses pensées et commença à s’y ancrer avant que cette simple idée, tissée avec une poignée de mots vienne s’étendre et envahir son esprit. Ivy avait eu une bonne raison de quitter le camp de James.

Tout comme Melody avait forcément eu une bonne raison pour couper tout contact avec le groupe de James. Il ne savait plus sur quel pied danser, s’il ne s’était pas fait attaquer dans cette maison, il serait resté avec Melody, sans la moindre hésitation, mais avec tout ce qui avait été dit depuis qu’il s’était réveillé, il commençait à se croire seul, tout seul.

Puis, il croisa le regard de l’aîné Jefferson. Enfin, il ne faisait pas que le croiser, car le jeune homme garda son regard fixé sur Matthew, sans s’en détourner pendant qu’il racontait ce qu’il s’était passé au campement de la chasseuse. La gorge de Jordan se serrait au fil des mots qui parvenaient à ses oreilles. Il prit une grande inspiration avant d’expirer longuement par le nez alors qu’il serrait si fort les dents qu’il lui semblait en sentir quelques-unes bouger sous la pression. Ils s’étaient faits attaqués et Jordan n’avait pas pu être là-bas, à leurs côtés.

Si quelques instants avant, il s’était mis à douter de Melody, à présent, il n’en était plus rien. La peine grandissait en lui comme cette douleur dans l’estomac alors qu’il venait tout juste de se lever. Il se retourna lentement, tournant le dos aux deux autres tandis que ses mains vinrent se poser vers le haut de son front, ses mains qui furent victimes de quelques légers tremblements alors que ses doigts venaient agripper quelques mèches de cheveux un peu trop longues qui trônaient là, juste au-dessus de son front. Il semblait appuyer fort sur son front, si fort que les lignes du voyage de ses deux mains auraient pu être lisibles à même son visage. Ses poings se fermèrent, prenant au piège quelques mèches de cheveux qu’il semblait tirer alors qu’il éloignait ses mains de son visage, avec pour seul lien, ces cheveux qu’il lâcha au bout de quelques secondes de silence.

Le simple fait de ressentir quelque chose de physique lui était machinalement nécessaire. Il devait se contenir, non pas pour faire face à la peine qui endeuillait son esprit, non, mais pour ravaler cette rage qui n’avait que pour but d’exploser, pas pour aider Jordan, ni pour lui nuire, non, juste pour exploser. Cette rage devait s’exprimer, car s’il pouvait aisément contenir sa haine, s’il pouvait l’intérioriser pour s’en servir, ce n’était pas le cas de sa colère qui ne souhaitait qu’une chose. Sortir de ce corps. Pendant qu’il tournait le dos aux deux autres, il avait inspiré par le nez et expiré par la bouche trois fois. Trois fois avant qu’il ne lâche ses cheveux pour lever légèrement la tête en direction du plafond pour finalement baisser son regard jusqu’à la pointe de ses pieds, toujours en chaussettes salies par ces quelques pas dans cette forêt sans chaussures.

Ce n’était pas tant le fait que certains des membres du camp soient introuvables qui mettait un coup au moral du jeune homme, non. En vérité, il s’en foutait d’eux. Enfin, pas tous. Quelques regrets envers Johann. Il s’en souvenait comme d’un sale con qui passait son temps à le taquiner, mais au fond, il l’aimait bien. Il regrettait totalement le fait que Melody se soit faîte enlevée. Malgré ce qu’il aurait pu penser pendant les derniers jours, et même pendant les quelques instants qui précédaient cette révélation, ses souvenirs passés restaient bien présents dans son esprit.

Si sa peine et sa rage ne cessaient de s’accentuer d’une part parce qu’elle était l’une des rares personnes à s’être préoccupée de lui, et qu’à présent elle lui était enlevée, mais surtout parce qu’il n’était pas présent ce jour-là. Une fois de plus il avait échoué. Il n’était tout simplement pas là, encore une fois, une de plus, il avait été impuissant. Puis étrangement, sa colère retomba d’un seul coup alors qu’il se retournait. Le regard du jeune homme remonta jusqu’à chercher les yeux du chasseur. Non, ce n’était pas la faute de Jordan s’il n’avait pas pu être présent ce jour-là. Si James ne l’avait pas laissé crever, il aurait pu aider Melody, il aurait même pu la sauver. Il aurait dû être là, il aurait dû l’aider, il aurait dû la sauver.

Il fit un pas en direction d’Ivy, expirant par le nez avant de prendre une grande bouffée d’air. Un léger sourire se dessina sur le visage du jeune homme, un simple sourire de façade pour que le ton de sa voix se fasse plus doux à l’attention de la petite mécano qu’il considérait encore comme un être à protéger. Au fond, il se moquait éperdument du fait qu’elle ait fait demi-tour lorsqu’il était parti chercher le camping-car de Melody, si sur le coup, la colère était montée en lui, à présent, il comprenait que l’on puisse être envahi par la peur et le doute.

« Ce n’est pas grave, ne t’en fais pas. » lâchât-il à Ivy, toujours en affichant ce léger sourire.

Son sourire se serait effacé alors qu’il releva les yeux vers Matthew pour lui adresser la parole.

« Si tu as échoué, c’est parce que tu l’as cherché. C’est à lui de venir à nous. Il doit croire que nous sommes faibles. Il doit croire qu’il a toutes les chances de gagner. Il doit faire tapis alors qu’il a le jeu en main. Il doit avoir envie de faire tapis juste pour prendre son pied à nous écraser. Il doit venir lui-même assister à notre fin pour nous narguer du haut de son trône. Il doit venir lui-même pour se délecter de notre souffrance, il doit venir nous regarder perdre. Mais tout ça, ça viendra de lui-même parce qu’il croira que nous sommes faibles, trop faibles pour que nous puissions résister un jour de plus. Alors il viendra pour être aux premières loges du spectacle. Et nous serons tellement faibles qu’il n’emmènera pas une armée, mais une poignée de connards avec lui… »

Son regard restait planté dans celui de Matthew, le ton de sa voix laissait transparaître une certaine colère retenue tant bien que mal par le jeune homme, mais que tous pouvaient aisément deviner.

« Il voudra nous écraser de son arrogance quand nous le supplierons de mettre fin à notre calvaire… Il viendra. Il viendra parce qu’il saura que la victoire est sienne. Il viendra parce c’est un fils de pute qui ne pourra pas se retenir de nous voir crever parce que c’est la seule chose qui le fera jouir comme un puceau dans un harem… Sauf que ce jour-là, ce ne sera pas moi qui appellerait Ana parce qu’on a aucun foutu médecin pour soigner nos blessés, non… Ce jour-là, ce sera moi qui chialerais parce qu’on aura pris quelque chose de gros sur le coin de la gueule, ce jour-là, je serai désespéré parce que tous les autres seront morts ou en train de crever, ce jour-là, j’implorerai l’aide de n’importe qui. Sauf que ce jour-là, ce putain de jour-là, je serai tout seul dans une putain de souricière, où on aura foutu encore plus de mines que dans tout l’Afghanistan. Ce putain de jour-là, tu seras là Matthew, dehors, les regardant exploser comme les merdes humaines qu’ils sont. Ce putain de jour-là, tu les regarderas se pisser dessus alors qu’ils courront comme des putains de pucelles au milieu d’un bordel à Bagdad… Et tu seras là Matthew. Tu seras là pour les récupérer. Un à un. Jusqu’à ce qu’on trouve celui qu’on cherche. »

Une certaine lueur scintillait dans les yeux du jeune homme alors qu’il venait de déblatérer son monologue, inspirée par une haine grandissante de jour en jour, ponctuée par une colère qu’il refrénait du mieux qu’il le pouvait pour ne pas exploser, du moins, pas encore, il ne pouvait pas se permettre de se perdre lui-même, pas pour l’instant. Lors de l’attaque qu’il avait subi au campement Jefferson, ils avaient bien attendu que le groupe soit bien séparé en deux pour mener l’assaut. Ils penseraient pareil pour ce piège.

« Je chialerai sur toutes les fréquences radios possibles quand on sera prêts, mais avant, on leur fera croire qu’on vit une putain de descente aux enfers, on leur racontera l’avancée de leur victoire jour après jour. Ils ne pourront pas résister. »

Sur ces mots, il tendit sa main droite vers Matthew, cherchant une poignée de main qui pourrait signifier une quelconque approbation de sa part, avant de reprendre, d’un ton légèrement plus posé.

« Tu m’as sauvé la vie, je n’ai jamais sauvé la tienne. Peut-être que ça arrivera un jour, et peut-être que ce jour-là, on sera quittes. Mais on est dans le même bateau aujourd’hui, alors autant ramer dans le même sens. J’ai autant envie que toi que ces chiens crèvent. »
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba1120/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba1065/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Jeu 7 Mai - 0:27
James et son amie. Les aveux d’impuissance confiés par Matthew avaient eu l’effet d’une claque terriblement violente. Pire qu’un coup de poing forcené en plein estomac me secouant avec la puissance d’un séisme. Malgré le repos, la tranquillité des lieux et de l’esprit dans laquelle je baignais depuis mon réveil, le regain de forme et de santé qui s’améliorait lentement au fil des heures. Tout cela venait d’être balayé de quelques mots. Mes jambes ne me paraissaient plus cotonneuses. Jefferson venait de me les couper. Estomaquée, les lèvres entrouvertes sur la surprise qui me saisissait, je ne pouvais retenir mon dos de glisser contre le mur de bois, s’affaissant lentement quand mes jambes craquaient de ne pas supporter le poids de cette nouvelle.

Je devenais pâle comme un linge, les bras d’abord ballants, mes mains atteignant le sol avec une certaine rudesse, peu avant mes fesses. Mon esprit venait de planter, ses engrenages coincés sur cette simple idée. Soulstrange détenait James et son amie. Son amie... Elizabeth. Je m’imaginais le pire, comme d’habitude. Ma Liz’. James. Ceux que j’avais laissés derrière moi avec le désir de les protéger, de leur épargner les souffrances que mes démons leur avaient déjà tant causées. Cette promesse. Cette seule et unique promesse qui m’était demeurée en credo, la seule qui comptait à mes yeux, m’échappait une nouvelle fois. *Personne t’enfermera dans une cave. J’te l’promets.*

Les mots de ce jour me revenaient, fantomatiques, si lointains et distants. Je me sentais soudainement abjecte de les avoir simplement prononcés pour ne pas les honorer ensuite. Je les avais laissé derrière moi, purement et simplement, quand ces types avaient profité de moi, de cette puce de traçage dans mon bras, pour découvrir où était le Perchoir. C’était plus douloureux encore qu’un coup de poignard ou une balle en plein ventre, et je parlais en connaissance de cause. Rien que d’imaginer ma Liz’ prisonnière de ce mausolée d’ossements et de cendres, forcée de subir une nouvelle privation de nourriture, se retrouver dans cette cave qui était la plus grande de ses peurs, peut-être à vivre les mêmes cauchemars, les mêmes divagations de folie ; c’était tout simplement insupportable. Je ne pouvais pas imaginer quelles autres tortures le Libérateur pouvait bien lui faire subir. Cela me glaçait le sang comme les pensées ; et surtout, je n’avais pas été là.

Je repensais à tout ce qui s’était dit depuis. Les mots que Nelson m’avaient confiés lors de notre échange radio s’habillaient d’une perspective toute nouvelle. Et si le Perchoir avait été attaqué sans que je n’en sache rien lorsque j’avais coupé mon talkie des jours plus tôt pour ne pas céder à la tentation de faire demi-tour ? Si j’avais eu plus de cran, peut-être aurais-je pu entendre cet appel à l’aide, peut-être aurais-je pu agir, revenir, risquer ma vie pour les aider, comme promis, pour enfin leur rendre ce qu’ils m’avaient offert. Mais j’avais fait le choix d’être sourde, d’être aveugle. Bornée. Stupidement bornée. Si Nelson m’avait contactée non pas parce que le Perchoir l’avait informé de mon départ, mais simplement parce que le Perchoir n’était plus lui non plus ? C’était un putain de cauchemar.

Un cauchemar dans lequel je m’enfermais. Je relevais les bras pour les ramener autour de mes jambes. J’entourais mes tibias, crispais mes mains sur mes coudes. Mon front reposait lourdement sur mes genoux, mes cheveux cascadant de part et d’autre de mon visage comme pour m’isoler de l’extérieur. Mon corps semblait peser des tonnes, chacun de mes muscles affables et pourtant secoués de tremblements légers, nerveux. Même les douleurs de mes plaies se mettaient en sourdine, ne pouvant rivaliser avec celle qui me sciait le ventre au point de me coller la nausée. Mon regard s’était perdu dans le vague de mes cogitations, se brouillant des larmes de ce désespoir qui montait et menaçait de déborder au moindre instant. Un désespoir plus lourd encore que tout ceux qui avaient pu me saisir auparavant, dans mes plus sombres moments. Celui-ci se voulait plus profond, paradoxalement plus violent dans sa retenue, plus viscéral même que celui qui avait jailli de ma souffrance dans cette cimenterie. Car il ne s’agissait pas de moi cette fois.

Elias. Son rire, ses cris, sa cruauté. Toute cette merde qui avait précipité le chaos de cette dernière semaine. Toutes ces souffrances, ces horreurs, cette acceptation de la mort pour préserver le Perchoir et les miens. Toutes les chimères que j’avais chassées, les complots que j’avais imaginés. Ces jours d’errance, cette folie fiévreuse qui m’avait peu à peu dévorée, toutes ces vies arrachées en son nom jusqu’à l’ultime satisfaction de retrouver enfin Matthew après l’avoir tant cherché, autant fantasmé qu’avili. Avec une putain de conclusion plus abjecte encore : tout cela n’avait strictement servi à rien.

Kyle. Jena. Tous les autres. Ce bébé. Tout cela venait de disparaître en quelques syllabes. Mon monde, mes convictions. Tout cela s’effondrait sur moi dans un chaos de pensées qui n’avaient de palpables que le goût de cendres envahissant ma bouche. Souvenir de l’enfer qui se rappelait à moi. Enfer dont la descente reprenait de plus belle. Je n’avais rien perdu des mots de Jordan, dont le ton ne laissait aucun doute quant à ses propres sentiments. Certaines idées qu’il exprimait, imaginait, avaient parfois du mal à m’atteindre pleinement, mais son raisonnement ne me laissait pas complètement insensible.

J’aspirais une grande bouffée d’air entre mes lèvres pour chasser la sécheresse et l'aigreur sur ma langue. Une première fois. L’air était chaud et épais, rendu presque poisseux dans le maigre volume formé par mes jambes repliées. Je relevais lentement la tête, laissant loisir à mes larmes de déborder enfin pour humidifier mes joues. Une seconde bouffée d’air gonfla ma poitrine, irradiant sa fraîcheur au creux de mes poumons. Je déglutis, tentant vainement de faire descendre cette boule qui me nouait la gorge. Mes noisettes se posaient sur les deux hommes. Jordan en premier lieu, pour lequel aucun mot qui aurait pu apaiser ou encenser ses sentiments ne venait. Simplement un fatalisme amer.

“Il a pas besoin d’croire que nous sommes faibles,” remarquai-je, la voix hachée de trémolos. “Il le sait déjà. Nous sommes faibles. Nous sommes désunis. À chaque fois, c’est lui qu’est venu nous chercher. À l’école. Au motel. Il a pris les gens de Hope et du Perchoir. On a fait que fuir et s’terrer, à espérer qu’il nous trouve pas. Si on avait été là-bas, avec eux, il nous aurait eu nous aussi. Tout c’qui reste, c’est la ferme. Ils finiront par venir aussi. Terminer c’qu’ils ont commencé.”

Je ponctuais mes mots d’un long soupir abattu, mais je me décidais surtout à me relever malgré la faiblesse de mes jambes. La main gauche plaquée contre le mur, je grommelais en poussant sur mes guibolles. Je marquais la fin de cet effort qui aurait dû être dérisoire d’une profonde inspiration, dirigeant mon regard vers Matthew. La réaction et les mots qu’il avait eus à propos de la ferme m’avaient suffisamment marquée pour raviver chez moi la culpabilité issue de mon séjour en enfer, et ce qui m’en avait fait sortir. Je posais sur lui un regard coupable, merdeux à souhaits. Cet homme m’avait sauvé la vie un nombre incalculable de fois, et tout ce que je lui avais offert en retour, c’était de la parano, du dénigrement, une ingratitude telle que j’avais offert son frère, sa seule famille, au Libérateur.

“J’suis désolée Matthew. J’lui ai dit,” balbutiai-je “Dans…” Je reniflais. “Dans la cave. À Sousltrange. J’lui ai dit où s’trouvait la ferme. J’lui ai dit que Ricky était là-bas.”

Ma main mutilée passa dans mes cheveux, secouant mollement la tête de gauche à droite, avant de venir essuyer mes larmes du dos du poignet. Quelques secondes de silence qui s’achevèrent d’un nouveau soupir. Je fronçais les sourcils, le visage se durcissant d’une résolution nouvelle et mon regard se fixant dans celui du chasseur. Je poursuivais alors d’un ton beaucoup plus déterminé, la voix tremblante cette fois d’un début de colère qui avait émergé du désespoir et de la culpabilité.

“J’sais que ça rachètera pas ma conduite, mais je s’rai là, avec vous. Et cette fois-ci, y'aura pas de fuite. Pas d’lâcheté.” Je m'éclaircis la gorge d’un raclement rauque. “Pour tout ceux qu’on a perdu et tout l’mal qu’ils nous ont fait. Il est temps que la peur change de camp. J’vais défoncer chacun d’ces fils de pute.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Matthew Jefferson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba110/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba100/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Matthew Jefferson
Protagoniste
Sam 9 Mai - 17:42
Matthew vint croiser les bras en se remettant face à eux, bien que son regard allait lorgner sur la porte d'entrée de la cabane. Cela n'avait rien du croisement de confrontation ou de fierté, ni même de repli, ses bras étaient lourds et ses épaules affaissées, comme s'il portait le poids du monde sur ses épaules et son regard en disait autant, toujours empli de morosité, de culpabilité et de tristesse d'un cocktail palpable qui morcelait cette impassibilité qu'il avait toujours su feinter au point de paraître antipathique. Ce n'était cette fois par le cas.

Si les premiers mots de Jordan ne le concernaient pas, le laïus vengeur dans lequel il se lança et en le fixant cette fois, finit par l'inciter à lui rapporter le regard, ses iris sombres passant de l'un à l'autre des siens, un clignement d'yeux tout relatif camouflant le plissement qui en découlait, quelque peu interpellé ou intrigué qu'il était des paroles, du ton et du regard peut-être du jeune homme sans pour autant l'interrompre ou faire quelque geste à son encontre. Des oiseaux étaient revenus se percher sur la cabane mêlée aux branches de l'arbre au dehors, entamant des piaillements chanteurs au terrible contraste d'avec l'ambiance colérique et dramatique qui étouffait cette pièce unique.

Il faudra quelques instants au chasseur pour se détacher du regard de Jordan et l'incliner sur cette main qu'il lui tendait, appelant comme Ivy plus tôt, un contact se voulant en dire long. Un énième soupire franchi ses lèvres et son attention se reporta au regard convaincu du jeune homme, puis il relâcha ses bras et mena une main à la sienne pour l'empoigner fermement, sans mouvement.

Après cela, ce fut au tour d'Ivy de s'exprimer et d'attirer le regard du chasseur, sa main relâchant celle de Jordan et centrant son écoute sur la jeune femme. Peut-être s'était-elle attendue à une réaction particulière de sa part quand elle avoua sa confession à l'homme au masque à gaz, de l’indignation, de la surprise possiblement, ou de la colère. Mais il n'en était rien, il resta à l'inverse très calme et cela ne semblait pas altérer sa propre mélancolie, acquiesçant légèrement au terme de son discours. Il reprit ensuite le fil en ne laissant qu'une courte interruption silencieuse.

« Je ne te jetterais pas la première pierre. » Dit-il à Ivy tout d'abord en la scrutant de sa hauteur. « Je sais comment il opère, il a utilisé les mêmes méthodes sur moi. La faim, la soif, les gaz hallucinogènes... et ces questions qu'il répétait à chaque fois qu'il venait. Il a voulu me faire parler aussi et j'ai résisté, mais on a tous nos limites, il en a conscience, sans doute que si le Vagabond ne m'avait pas sorti de là j'aurais fini par craquer ou devenir fou.

Et même si tu n'avais rien dit, il savait de toute façon. Le Vagabond, il t'a parlé de l'implant traceur pas vrai ? J'ai demandé à Ana de te retirer cette saloperie nécrosée du bras, elle l'y a trouvé. Aucune douleur, aucune autre plaie, c'était rusé. Clark a voulu l'étudier pour savoir ce que c'était mais je l'ai tout de suite détruit. J'ai déjà vu ce type de méthode par le passé. T'as pas à t'en vouloir. C'est lui le responsable. »


Sur ces mots, il tourna le visage vers Jordan face à lui et opina légèrement du chef en inclinant un instant les yeux, pinçant ses lèvres d'une pression qu'il relâchait peu après pour rétorquer avec plus de peine.

« J'aurais voulu que nous soyons là-bas, tous les deux, pour faire face à leurs cotés. » Une inspiration des narines, pesante et évidente de sa profonde amertume, marquait un court temps.

« Ça fait plus d'un an maintenant, que tout ça est arrivé. J'ai tué beaucoup de gens. Des opportunistes, des salopards, des monstres, en voulant protéger les miens. Malgré ça, j'en ai perdu tellement... tout ce que j'ai pu faire au final, c'est me méfier, me venger, punir. Comme avec Calvin. »

Son regard retourna à Ivy, contractant sa mâchoire avec une rudesse et une moue haineuse, qui laissait sentir qu'il n'avait pour cela aucun remord, comme sa voix plus grinçante le laissait entendre. Comme si la simple évocation de son nom, de son souvenir, suffisait à faire remonter instantanément une haine profonde de la part d'un homme qui semblait pourtant si pragmatique.

« Soulstrange m'a fait comprendre qu'il y avait deux traîtres dans mon entourage. C'est ce qui m'a poussé à tous vous considérer comme une menace et à m'éloigner, c'est ce qu'il voulait provoquer. Mais ce n'était aucun de vous, au final, s'en était d'autres que je considérais comme ma famille. Calvin le premier. »

Il tourna alors les talons vers la porte d'entrée en entamant quelques pas, accompagnés d'une lourde expiration accablée et frustrée probablement, le sol grinçant par endroits assez aisément, quand bien même ses pieds étaient nus.

« Plusieurs jours au moins avant notre sortie à cet ancien relais militarisé, ce chien a passé un marché avec lui. Soulstrange. Il lui a dit ce qu'il savait de nous, de ce que je faisais, il l'a tenu au courant de tous nos faits et gestes, par radio j'imagine.

Il n'a jamais été favorable au fait de vous aider, il avait peur des gens comme vous, peur des répercussions que ça aurait. C'était un hypocrite qui crachait sur vous et sur le camp quand nous étions à l'écart, qui remettait sans cesse en cause ma décision de vous protéger, en répétant que Ricky, Clark, Jennifer, lui, la ferme... auraient payé les pots cassés, comme Zach est mort en voulant aider Elizabeth. Il disait que de toute manière, on ne pouvait rien faire pour vous. Persuadé que vous étiez condamnés d'avance. »


Matthew s'arrêta devant la porte, posant une main à plat contre le mur en support, le visage incliné comme précédemment, l'autre trouvant sa hanche en appui. Ainsi presque de dos, l'aura obscure, affligée et acerbe qui l'embaumait et que ses vêtements noirâtres n'atténuaient pas, paraissait au contraire croître plus que de raison.

« Nous étions en désaccord, on se confrontait souvent, pourtant il est resté. J'ai conscience d'avoir été rude avec lui, je lui ai interdit de rejoindre la ferme ou de dire quoi que ce soit devant le reste du groupe, devant vous. Je l'obligeais à se taire, il avait de la rancœur.

Mais je n'imaginais pas qu'il irait jusqu'à nous trahir après tout ce que nous avions vécu ensemble. Je le considérais comme un frère, il avait ma confiance et mes confidences.... voilà où ça nous a mené. J'ai quand même voulu croire qu'il avait épargné la ferme de sa félonie. Faut croire que c'était le dernier des enculés qui a eu ce qu'il méritait. »


Il redressa la nuque, laissant ses yeux se perdre dans les stries boisées de la porte à quelques dizaines de centimètres de son visage.

« Cet interrogatoire que Soulstrange t'a fait passer, dans cette cave, c'était du flan. Il savait déjà tout ce qu'il voulait savoir. Ça ne change pas que je n'aurais pas dû vous faire vivre son assassinat ce jour-là. Je voulais profiter du fait que vous soyez rassemblés pour observer vos réactions, trouver le deuxième traître.

Je pensais encore que ça pouvait être l'un de vous à ce moment-là et peut-être, quelque part... que c'était aussi un moyen de vous punir pour ce que j'ai vécu. J'ai manqué de recul et de discernement. J'en suis désolé, moi aussi. »
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba119/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba1075/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Mer 13 Mai - 21:44
Le jeune homme n’avait dit aucun mot quand Matthew venait répondre à sa main tendue, ni quand Ivy lâcha ses mots, des mots qui ne faisaient qu’écho au pessimisme ressenti par le trio présent, y compris Jordan. Son esprit était embrumé par la haine et la colère, à tel point qu’il ne pouvait même pas imaginer un autre scénario qu’une violente vendetta qui ne prendrait fin qu’au moment où il aurait décapité ceux qui se prenaient aujourd’hui pour des chasseurs, que ce soit Soulstrange, le Marchand, ou n’importe qui d’autre.

Puis quelques révélations sur ce qu’avaient subis Matthew et Ivy vinrent attiser les braises encore rougeoyantes de cette inimité que le jeune homme portait en lui, jusqu’à ce qu’un simple mot du chasseur ne vienne apporter une confusion sans précédent dans l’esprit du jeune homme. Deux. Deux traîtres dans son entourage, en dehors des ressuscités qui étaient présents au campement. A cet instant, plus rien ne se passait autour du jeune homme, absolument rien. Il s’était tout simplement perdu dans ses pensées. Si Calvin s’était fait éliminer, il en restait un. Un que Jordan avait sans aucun doute croisé, un avec qui il avait peut-être mangé, assis à une table à la ferme.

Il n’arrivait pas à penser à autre chose. C’était trop, mais en même temps, étrangement simple. Trop parce qu’il y avait les hommes du Marchand, Soultrange, toutes ces raclures qui avaient attaqué le campement, enlevé Melody, torturé Ivy et Matthew, mais aussi trop parce qu’il ne pouvait même pas faire confiance aux siens qui l’avaient laissé crever comme un chien. Des gens en qui il avait eu confiance, des gens pour qui il aurait risqué sa vie sans aucune hésitation, du moins, avant. Mais maintenant, le seul refuge possible qu’il aurait pu avoir en cas de besoin n’était en réalité qu’un piège, pour Jordan lui-même, mais aussi pour les autres, pour les siens, qui étaient eux aussi traqués. Peut-être que lui aussi avait un traqueur, peut-être qu’au contraire, il n’en avait pas et que le traître restant à la ferme attendait tout simplement que le jeune homme trouve d’autres ressuscités pour les envoyer au Marchand.

Tout cela, c’était trop. Mais aussi trop simple. Il était seul. Tout seul. Il ne pourrait se fier à absolument personne, strictement personne, jamais. C’était simple, trop simple, voir même simpliste. S’il avait envie de voir tout en blanc ou tout en noir, il savait au fond que ce n’était pas un luxe qu’il pouvait se permettre. Pas pour l’instant. Mais dès le moment où il pourrait se permettre d’éliminer tous ses doutes d’un simple coup de machette, il ne s’en priverait pas.

Son esprit restait focalisé sur cette simple question. Qui ? Tout le monde était suspect finalement, même s’il ne pouvait être sûr de personne, il ne pouvait pas penser qu’Ana soit la traître, elle qui lui avait sauvé la vie, qui avait aidé Melody quand James les avait tout bonnement abandonnés. Tout comme le père Nelson d’ailleurs, lui qui recueillait tout le monde alors qu’il aurait tout simplement pu les enfermer et les livrer si tel était le cas. Pamela était une ressuscitée, elle était sans doute revenue à la vie en même temps qu’eux, et rien que de penser que Pamela puisse faire cela était totalement absurde. Tout comme Ricky, qui n’avait absolument aucune raison d’être en opposition avec son frère. Il restait donc tous les autres.

Il posa un regard inquiet sur Matthew avant de poser une question qu’il se posait lui-même.

« Qui est le deuxième ? Si Calvin était le premier, qu’il y en a un deuxième, et qu’il n’est pas parmi nous, c’est qui ? » Il attendit quelques secondes avant de reprendre.

« Et surtout, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba1120/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba1065/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Ven 15 Mai - 0:24
Ce n’était qu’une hypothèse. Alambiquée, basée sur un recoupement de faits et d’éléments que j’avais pu observer ; mais ce n’était qu’une supposition majoritairement nourrie par mes crises de paranoïa. Et pourtant, Matthew venait de la confirmer malgré tout. De cette contenance que j’avais regagnée quelques instants auparavant, j’en perdais énormément. Beaucoup. La quasi-totalité quand je sentais mes jambes vaciller sous le poids de ces révélations. Car Calvin n’était pas le seul. Il y en avait eu un autre. Un deuxième qui n’était pas des nôtres, selon Matthew.

Je me décomposais littéralement, mon visage devenant livide quand je remontais le fil de mes pensées, de toutes ces déductions dont la plus cruelle d’entre toutes : aucun des nôtres ; Samuel inclus. Et pourtant, je l’avais démoli d’accusations erronées. Affreusement crédibles, mais totalement fausses. Et il avait disparu, sans se justifier, sans s’expliquer ni chercher à s’en défendre. Il était simplement parti avec son clébard et n’était jamais reparu. Parce que dans le fond, je l’avais trahi. Il m’avait offert son coeur, ce qu’il était - un enculé de Maple Leaf déphasé - et je l’avais réduit en charpie sous les lames acérées de mes déductions erronées. Au final, je troquais ma culpabilité contre une autre, et c’était insoutenable. Les mots de Melody me revenaient très clairement, car ils avaient eu une portée insoupçonnée ce jour-là, dans ce salon.

*Pauvre Calvin, laisse-le reposer en paix espèce de folle.*

Sauf que folle, je ne l’avais pas été. Je ne l’étais pas. Matthew avait bel et bien abattu Calvin ce soir-là, et nous avions tous couru dans son manège. Nous étions si ignorants, si perdus. Je pouvais sentir la nausée me monter à la gorge une nouvelle fois. Je n’avais pas seulement eu raison sur une grande partie de la ligne, mais j’avais été sciemment induite en erreur par Matthew faisant son office en succombant aux mêmes maux que moi, mais surtout par cette pute de Melody qui s’était jouée de moi depuis le début. Elle n’avait même pas eu la décence ou la courtoisie de me prendre à part, entre quatre yeux pour me dire la vérité et dissiper mes doutes quand je les avais exprimé clairement devant elle d’abord, devant tout le monde ensuite, me laissant passer pour une timbrée et me torturer l’esprit en toute connaissance de cause. C'était insupportable.

Je pivotais rapidement sur moi-même, donnant de dos à Matthew pour m’agenouiller devant le tas de détritus alors à mes pieds. Je m'emparai précipitamment de l’un des sachets de chips vides qui traînait là parmi d’autres immondices, agrandissant l’ouverture entre mes deux mains pour y dégueuler le contenu de mon estomac dans un gargarisme répugnant. Un contenu très maigre en vérité. Un simple filet visqueux d’une bile amère qui s’échappait d’entre mes lèvres pour souiller le fond du sachet. Je prenais conscience que je n’avais rien avalé - consciemment du moins - depuis des jours, et pourtant, je n’avais pas faim, cette sensation certainement coupée par toutes ces révélations.

Mes noisettes s’étaient embuées de larmes à la contraction de mon estomac sous ce réflexe émétique, et il me fallut quelques dizaines de secondes à rassembler mes esprits. Je crachais un excédent de salive au sale goût dans le sac quand Jordan posait au chasseur les questions qui me taraudaient l’esprit de la même manière. Mais ce n’était pas le cheminement de pensées qui me préoccupait le plus. Non. Celles qui venaient à l’instant se voulaient bien plus sombres, beaucoup plus revanchardes et haineuses.

Melody méritait pas ça, avais-je dit précédemment ? Non. En effet. Elle méritait plus. Beaucoup plus. Plus que Calvin et sa mort trop rapide, presque trop clémente pour le mal qu’il avait fait. Qu’il nous avait fait, choisissant de nous sacrifier - nous les dégénérés - pour préserver sa relative tranquillité de survivant au détriment de tout soupçon d’humanité. L’une comme l’autre. Comme bien d’autres. Aucun d’entre eux ne le méritaient avais-je rétorqué au Vagabond encore plus tôt ? Foutaises. Conneries. Il l’avait su où moment même où je l’avais dit. Des illusions, des mensonges que je m’adressais à moi-même, dont j’espérais me convaincre. Jake, Diana, Hugh, tous les autres. Tous ces fils de pute qui avaient tant cherché à tirer profit d’une situation de domination, de mon apparente fragilité. Ils avaient fait leurs choix, l’arme à la main. Ils en avaient subi les conséquences. Ce n’était là que l’expression d’une justice tranchée, menée d’une seule loi : celle du plus fort.

Ce connard de cow-boy s’était montré amical en face. Il paraissait si soucieux, si sympathique… Comme Melody avec d’autres membres du groupe, alors que ce n’avait été qu’une hypocrite dont les méthodes et la mesquinerie n’avaient rien à envier à celles du Libérateur. Tout ça n’avait été que du flan, pour citer Matthew. Tout comme l’avait été cet interrogatoire, ces heures ou ces jours à m’affliger dans cette cave… Non. C’était trop. Bien trop d’un coup pour que mon esprit n’encaisse sans ciller la décharge d’informations. C’était bien plus que…

“Du flan ?” avais-je répété doucement, mais suffisamment fort pour être entendue après ces instants de silence malaisant qui aurait laissé tout loisir à Matthew de répondre - ou non - aux interrogations du jeune homme, la voix rauque et éraillée en reposant doucement le sachet de chips vomitoire dans le reste du barquette en plastique. La tête toujours baissée, les yeux rivés sur le sol, les cheveux cascadant autour de mon visage, je m’essuyais les lèvres d’un revers de poignet avant de me relever lentement, me tournant vers le chasseur.

“Tu t’trompes. Toi et moi, on n’a pas vécu les mêmes choses. T’étais vivant quand il t’a chopé. Tu savais à qui t’avais à faire alors que j’venais de crever. Encore. Après deux jours à crever de faim, d’soif, de fièvre et de douleurs et j’me suis réveillée dans une putain d’cave, au milieu des cendres et de crânes avec c’type qui manipule le feu,” articulai-je lourdement, la voix sèche. “J’me croyais dans l’putain d’enfer Biblique. Alors viens pas m’dire que c’était du putain d’flan ! J’ai passé deux mois à douter de tout l’monde, à voir des traîtres partout, à tout r’mettre en cause ; à m’blâmer, à m’isoler, à péter les plombs !” m’écriai-je finalement, la voix devenue plus tremblante et fébrile quand mon ton adoptait une tournure accusatrice. J’avais avancé de quelques pas pour raccourcir la distance qui me séparait de Matthew, les joues rougies et humides des larmes rageuses et exutoires qui fuyaient mon regard courroucé. Je poursuivis d’un ton bien plus emporté, une profonde tristesse incompréhensive prenant le pas sur la colère qui avait d’abord jaillie.

“Tu savais mieux que personne c’que j’avais vécu ! C’que j’vivais encore mais t’as choisi d’faire confiance à Melody ! D’la laisser me manipuler pour m’arracher des confessions qu’tu savais déjà, que l’Vagabond savait, que Jordan, James, Liz’, Samuel… Tout l’monde savait ! J’ai été franche et honnête là-d’ssus et pourtant… pourtant... T'as... T’as continué à m’laisser patauger dans le noir ! Jusqu’à accuser Samuel des pires saloperies, m’en prendre à Kyle, t’accuser toi, tous ceux d’la ferme ! Jusqu’à abandonner mes amis... parce que j’pensais être une menace pour eux. Et… Et maintenant…”

Je ne terminais même pas ma phrase. Je me passais les deux mains sur le visage, frottant mes paupières du bout des doigts, mes paumes chassant le déferlement de larmes en reniflant. Relâchant mes bras pour les laisser retomber mollement, je baissais le regard au sol, les lèvres crispées dans une moue désemparée. Je secouais mollement la tête avant de reprendre d’une voix basse, tremblante, d'un ton plus désemparé, assagi d'un profond soupir.

“T’as peut-être perdu énormément des tiens, mais t’as encore ton frère. J’sais que c’est pas lourd, que c’est pas comparable même, mais Jordan, et moi, et tous les autres… On a tout perdu. Nos proches, nos amis, nos vies, nos certitudes. Tout ce qu’on avait, c’était notre groupe, ces gens que t’as rassemblés. Et Soulstrange les détient dans c’te cave. Alors on va les sortir de là, à n’importe quel prix parce qu’ils n’ont que nous sur qui compter… Parce que pour eux non plus, ce s’ra pas du flan. Et pour une fois - une seule putain d'fois - j'serai là...”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Matthew Jefferson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba110/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba100/0[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Matthew Jefferson
Protagoniste
Sam 16 Mai - 23:07
Matthew vint s'appuyer plus proche du mur en repliant le bras, lâchant le maintien de sa main pour que son avant-bras prenne le relais. Son regard quittait le mur pour se porter sur son coté, cherchant la silhouette de Jordan de sa vision périphérique bien qu'il avait conscience qu'ainsi, presque de dos, il y avait peu de chances qu'il le perçoive. Le but était de faire sentir à Jordan qu'il s'adressait à lui.

« Je sais maintenant qui est le deuxième, en tout cas, tout me laisse le croire. Il est à la ferme mais dans l'absolu il n'est plus une menace, on le surveille. On s'occupera bientôt de son cas, pour l'instant, nous avons d'autres choses à gérer plus urgentes. »

Il n'avait pas immédiatement répondu à la seconde question de Jordan, son regard se portant sur Ivy qui avait été prise d'un vomissement qu'il aurait été difficile de faire passer inaperçu, ce qui n'était à tout croire pas le but. Le chasseur redevint silencieux et observa la jeune femme jusqu'à ce qu'elle se relève pour venir croiser ses yeux sombres.

Au départ, il n'eut pas d'expression particulière autre que ce qu'il affichait déjà, comme s'il n'y avait aucune surprise à faire face à l'élan désapprobateur qu'elle lâchait de paroles envolées d'émotions. C'est quand elle avança vers lui qu'il quitta l'appui du mur, se tournant vers elle d'un mouvement tout relatif qui ne lui avait guère demandé de beaucoup se mobiliser. Était-ce le besoin de faire front contre son ton accusateur, ou cette attitude trouvait-elle une raison autre ? Quoi qu'il en soit, il resta à la fixer longuement de ses yeux perçants, l'intensité permanente de son regard, si elle avait été amoindrie par ses ressentiments qui montraient une facette différente de l'homme, demeurait cependant très marquée.

Aucune crispation ne tordit les traits de son visage, aucune rétorque ne franchit ses lèvres closes, le chasseur persévérait à l'observer dans le plus grand silence, ne faisant qu'accroître l'écho emporté de la voix criarde d'Ivy et refléter les larmes qui dégoulinaient sur ses joues rougies. Néanmoins, un clignement d'yeux de sa part accompagnait le plissement qui s'imposait d'une réaction très naturelle et exprimant une chose bien spécifique : une certaine surprise, lors du passage évoquant Melody, confession et autres noms et termes qui visiblement avaient interpellé Matthew.

La perception tranchante des iris du chasseur disparue alors assez brusquement le reste du discours d'Ivy, comme s'il ne la fixait plus qu'en surface, sujet à une réflexion qui accaparait de beaucoup ses pensées immédiates durant plusieurs secondes. A un moment, il raccrochait, le temps d'incliner le regard à la course des bras d'Ivy qui tombaient de leur relâchement. En finalité, il revint à elle en fronçant les sourcils, sa dextre quittant à l'inverse d'elle son flanc pour atteindre son visage, assez lentement, l'index et le majeur joints pour s'entraider à faire pression sur son menton afin de faire redresser le regard d'Ivy pour retrouver sa contemplation.

« Ne refais pas les mêmes erreurs Ivy. Si tu veux me reprocher ce que j'ai fait ou n'ai pas fait, alors ne m'imite pas à juger ou à prêter des intentions dont tu ne sais sans doute pas grand chose au fond. » Dit-il très calmement en baissant la main, aussi surprenant que cela puisse peut-être paraître étant donné le coup de colère que venait de lui asséner la jeune femme.

« J'étais entêté, deux fois borné et paranoïaque, mais j'ai eu des doutes. Le Vagabond m'a contacté ce soir là, juste avant que le motel ne soit attaqué. Le temps que j'arrive sur place pour vous aider, j'ai aperçu Melody qui s'était faite tirer dessus, alors j'ai réagis dans l'urgence. J'ai aidé, brièvement c'est vrai et je l'ai emmené en sachant que le Vagabond vous prêterait main forte. J’envisageais vraiment à ce moment-là de revenir vers vous malgré mes ressentiments, ne serait-ce que pour éclaircir les choses par moi-même, mais une fois encore il nous a pris de court et il a chamboulé mes plans.

J'ai fait avec les événements. Ça ne change rien à ma part de fautes dans tout ça, mais le fait est que j'ai soigné Melody et que c'est moi qui ai implanté ces idées dans son esprit, à elle aussi. J'étais encore sous le coup de mes soupçons. Je lui ai dit, pour Calvin et ce que j'avais fait. Je lui ai demandé de ne rien dire pour l'instant, au cas où le second traître était à Hope, ou quelque soit le nom que vous aviez donné à cet endroit au départ. »


Le chasseur prit une inspiration et pinça les lèvres qu'il frotta quelques instants, détournant le regard vers Jordan qui assistait à l'échange et se trouvait concerné par tout cela également, avant de poursuivre.

« Je ne pouvais pas... ou plutôt je ne pensais pas pouvoir prendre le risque de vous approcher après ce qu'il s'était passé au motel. Je l'ai sollicité pour m'aider à trouver la taupe qui se faisait peut-être passer pour un ressuscité, ou qui l'était réellement, ça n'avait pas d'importance à ce moment-là pour moi. Elle ne savait pas grand chose de plus et oui, elle méritait ma confiance, quelque soit l'opinion que tu as d'elle. »

Un pivotement ramenait ses iris ténèbreux à Ivy, sans qu'il ne lève le ton pour autant et en dépit des mots qu'il venait d'employer, un haussement d'épaules trahissant la sensibilité du sujet que semblait être Melody pour lui, de même qu'une certaine rudesse qui revenait étreindre les traits de son visage.

« Blâme-moi si tu veux, tu as cent fois le droit. Mais n'essaie pas de faire passer Melody pour menteuse ou manipulatrice. On en a déjà tous assez morflé et d'après le Vabagond, tu n'étais pas tout à fait en reste sur les cachotteries. Mais est-ce que ça compte encore ? Maintenant que Melody et James sont probablement là où tu étais.

Oui, j'ai encore un frère, et toi tu as encore un groupe qui s'inquiète pour toi, le Perchoir. Ils ont besoin de nous autant que nous avons besoin d'eux. Ça fait six jours que James et la femme qui l'accompagnait ont disparu. Imagine dans quel état se trouvent Elizabeth et les autres ? »


Sa senestre passa l'index sur sa lèvre d'un frottement tandis qu'il tournait les talons pour faire quelques pas en passant près de Jordan, ne laissant pas réellement de temps mort propre à une réponse de la jeune femme que sa voix autrement plus lourde et imposante poursuivait, son attention balayant la pièce d'une cogitation perceptible chez lui. Il semblait défiler bon nombre de choses dans son esprit qui s'organisaient dans ses paroles :

« On doit les trouver et je vais tout de même continuer à les chercher, j'ai fait la promesse de ne pas lâcher l'affaire. En revanche, une chose est sûre : que l'on parvienne à les localiser, dans cette cave ou ailleurs, vous n'êtes pas prêts à les affronter et je ne pourrais sûrement pas le faire seul. Que l'on tente de les piéger ou de les attaquer sur leur propre terrain, dans tous les cas nous n'avons ni le matériel, ni l'organisation, ni l'état de groupe nécessaire, on se ferait massacrer. Faut vous mettre une chose en tête... »

Il s'interrompit brièvement pour se retourner à nouveau vers eux, passant le regard de l'un à l'autre avec une certitude pleine et entière des idées qu'il traduisait sans passer par aucune quantité de chemins, des mèches de sa chevelure glissant toujours sur ses épaules à chaque mouvement qu'il réalisait, s'accrochant à sa chemise et couvrant partiellement son visage.

« Nous sommes une poignée de gens pour la plupart mal équipés et paumés contre une armée. Le Vagabond dit vrai sur un point : la seule raison pour laquelle ils ne nous ont pas encore tous étripés ou mis en cage, c'est qu'ils ont mieux à faire ailleurs. Il n'y a aucun dénouement possible qui nous ferait vainqueurs, même avec tous vos pouvoirs et sans parler des plus petits groupes de bandits et envieux qui traînent et qui nous feront la peau à la première occasion.

On a fait, moi le premier, tout un tas d'erreurs à ne pas reproduire si on veut avoir une chance le moment venu. Pour commencer je vais faire évacuer la ferme, elle est trop exposée et elle n'a aucune protection. Nelson le vivra mal mais il comprendra, ils iront dans un lieu plus sûr que je garderais secret pour l'instant.

Ensuite je reviens vers vous avec Mickael et Jennifer. Ce sont des personnes de confiance et ça j'en ai la certitude. Ils ont des compétences dont on ne peut pas se passer et des objectifs similaires. De votre coté, vous avez le choix : aller au Perchoir, ou vous installer ailleurs. Dans tous les cas, il vous faut un refuge si vous voulez vous coordonner et trouver des bras et du matériel. Ivy. »


Il terminait sa tirade en scrutant celle qu'il venait de nommer de façon plus prolongée à présent.

« Quoi que tu décides de faire, tu dois parler aux gens du Perchoir, renouer avec eux. »
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba119/2000[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Debuba1075/100[Zdc 4] Fini les langues de bois - 18/04/35 - Page 4 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Mar 19 Mai - 21:06
Le jeune homme n’attendait qu’une réponse, un nom, un simple nom qui serait devenu le responsable de tout ses maux, mais il n’en était rien. Il n’aurait pas sa réponse aujourd’hui, et il doutait sincèrement de l’avoir un jour. Il était resté suspendu aux lèvres de Matthew tant il attendait ce simple nom qu’il ne réalisa qu’après coup qu’Ivy venait de remplir un paquet de chips qui traînait là avec un glamour inégalé.

Puis elle prit la parole, des mots qui laissèrent le regard de Jordan se perdre dans le vide. Il entendait, il écoutait, mais tout ce qu’il comprenait, c’était qu’elle parlait d’elle, de l’éternelle souffrance qu’elle avait subi qui était incomparable à celle des autres, du mal qu’elle avait fait, dont elle n’était bien entendu pas responsable, non. C’était les autres. Matthew en l’occurrence, Raphaël peut-être aussi, sans doute même. Jordan était sans doute le seul des ressuscités à connaître son nom pour qu’Ivy l’appelle encore le Vagabond.

Si le jeune homme avait ressenti un certain sentiment de culpabilité en souhaitant que la petite mécano se taise, qu’elle arrête de se plaindre une bonne fois pour toute, sans doute parce qu’elle était partie dans cet enfer biblique comme elle le disait si bien, Jordan n’avait plus aucune compassion quand elle cita son nom. Il n’appréciait pas du tout qu’elle se serve de lui et des autres pour justifier ses dires. Finalement, elle ne savait rien de lui, rien à part les quelques mots qu’il lui avait confié dans cette maison. Il commençait à regretter d’être venu ici, d’avoir suivi Matthew. Si revoir Ivy était un réel soulagement en premier lieu, il se rendait compte à présent que la solitude était sans doute une bien meilleure compagne. Pas de plaintes incessantes, personne pour l’abandonner, ce qu’Ivy avait fait, avec lui, mais avec les autres, ce qu’elle referait sans doute au moment où Jordan aurait le plus besoin d’elle. Ce ne serait qu’un énième cycle après tout, où il accorderait sa confiance en quelqu’un, cette personne l’abandonnerait, comme toujours. Ivy avait même trouvé la parfaite excuse pour cela. Sauver le Perchoir. Il crèverait pour eux, non pas parce qu’il l’avait décidé, mais parce que d’autres estimeront qu’il serait le sacrifié, du moins, dans le meilleur des cas.

Il prit une grande inspiration, posant son regard sur Matthew pendant que celui-ci continuait de parler. Pas assez nombreux, mal équipés, rien de nouveau jusque-là, rien de plus que cet éternel fatalisme mis en avant malgré quelques intentions balbutiées par moment exhibant une volonté de faire quelque chose, ou plutôt, de se préparer à quelque chose. Encore et toujours. Jordan était resté bien trop longtemps dans ce lit, trop de temps perdu alors qu’il aurait pu être au campement, il aurait pu faire quelque chose, il aurait dû être là-bas. Mais il n’y était pas, et il en voulait aux responsables, à ceux qui l’avaient laissé crever dans cette salle de bain alors qu’il baignait dans une mare de son propre sang. Aux derniers mots de Matthew, tout était à présent limpide dans l’esprit du jeune homme.

« Très bien. Quand ils quitteront la ferme, j’irai là-bas. » Il savait qu’il allait se heurter à un refus de la part du chasseur, c’était légitime, et c’était sans aucun doute pour ça qu’il enchaîna.

« On n’a pas de temps à perdre à chercher un nouvel abri, un nouvel endroit sûr… Entre les bandits, les morts, trouver un nouvel endroit sera dangereux, et on ne sait pas ce qu’on va trouver, on ne sait pas si on pourra y rester, alors que la Ferme est isolée, on peut cultiver de la nourriture là-bas, et puis on ne sait pas encore combien de ressuscités vont se réveiller à proximité. Je me suis réveillé là-bas, je n’étais pas seul, on ne peut pas savoir s’il y en aura d’autres ou pas, et si jamais il y en a d’autres, il faudra quelqu’un pour les accueillir, pour les prendre en charge… » il ferma les yeux, prenant une légère inspiration.

« Quelqu’un doit le faire. Ils auront besoin de quelqu’un à leur réveil, quelqu’un qui leur apportera des réponses, qui leur laissera du temps pour s’en remettre avant que quelqu’un ne vienne les chercher pour les amener ailleurs, vers un endroit moins exposé, plus protégé… »

Il plongea ses yeux dans ceux du chasseur avant de reprendre.

« Je ne sais pas où est le Perchoir ni même où tu comptes emmener Nelson et les autres, alors si jamais ils me tombent dessus, je ne pourrai rien dire. Je cèderai, comme tout homme, mais je ne pourrai rien dire, parce que je ne saurai rien. Si d’autres doivent se réveiller à proximité de la ferme, je serai là, et je ferai en sorte qu’ils ne tombent pas entre leurs mains. Je serai là pour trouver ces bras dont on aura besoin. C’est la meilleure chose à faire. »
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
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