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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35
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Duncan Waltz


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Duncan Waltz

Sam 27 Juin - 22:32
Cinquante-cinq minutes après son départ...

Les râles se multipliaient au dehors d'un brouhaha croissant, comme si les créatures de la mort s'excitaient mutuellement en communicant de ces gargouillements hasardeux, avec une simple affirmation : une proie était proche. Probablement qu'il n'en était rien, Duncan l'espérait, mais cette manière de camper un espace et de gronder plus fort à proximité de leurs semblables le laissait parfois imaginer. Pour sûr que si ces choses parvenaient à se coordonner un jour, il se retrouverait véritablement terrifié par ces morts-vivants.

Son regard était porté en direction de la fenêtre de la cuisine dans laquelle l'homme à casquette et lui étaient assis, des planches grossièrement clouées avec deux mains gauches assurément, parce qu'elles paraissaient ballantes et prêtes à tomber à tout moment, empêchant pour l'instant que les créatures puissent les apercevoir. Si ses yeux étaient tournés vers ce qu'il ne pouvait qu'entendre sans le voir, sa main blessée posée sur la table attira son attention d'une vive douleur qui lui arracha un souffle légèrement sifflé, reportant ses iris grisées sur sa blessure.

L'homme à casquette était assis en face de lui, autour d'une table ronde et d'une main il tenait quelques doigts intacts de Duncan, l'autre agrippant finement une pince à épiler entre l'index et le pouce. Il sortait de la plaie rougeâtre et relativement laide un morceau de verre tâché de sang, qu'il vint déposer à coté. L'inconnu était penché en avant, sa casquette dissimulant son visage, il avait rangé son pistolet à l'arrière de son pantalon tandis que Duncan laissait son fusil-mitrailleur traîner sous la table et maintenu par sa dextre qui reposait sur sa cuisse.

La situation demeurait assez perturbante, d'être assis là avec un inconnu, qui plus est un homme, sans se menacer ni s'étriper. Si une certaine tension avait entretenu les premières minutes, l'ex-policier avait consenti à relâcher quelque peu la pression et laisser ce type extraire les morceaux de verre de sa main, plusieurs déjà regroupés sur la table en petit tas, la relance continue de ses plaies moins éprouvantes maintenant qu'il n'y avait plus de corps étranger pour cisailler sa chair meurtrie.

« V'vous êtes pas loupé. » Entendit l'homme en ne se redressant que légèrement, juste de quoi apercevoir la partie basse de son visage et sa dentition abîmée et jaunie.

Le nez retroussé et les pommettes étirées, sa main ne cessant de le brûler d'affliction, Duncan refusait de céder à la grimace de peine ni à montrer signe de sa souffrance, relevant son regard de sa main en sang à ce type qu'il fixait d'un air partagé entre un certain dédain de méfiance instinctif, et un air circonspect et curieux de cette interaction non-hostile.

« Vos mains, elles tremblent. »

Si l'ex-policier n'avait aucune envie de s'étaler sur les circonstances de sa blessure, la diversion n'était qu'un détail en soi que l'inconnu était effectivement pris de légers tremblements qui ne cessaient de se mouvoir en spasmes de temps à autre, rendant la tâche d'extraction du verre plus lente pour lui et pénible pour Duncan, car le doigté n'était clairement pas au meilleur et que chaque morceau retiré lui valait un pic de douleur.

« J'ai de l'arthrose. » Répliqua l'homme après un temps d'hésitation en souriant un peu, un sourire un brin forcé ou difficile à étirer.

Duncan l'observait avec plus de détails, de ses mains tremblant un peu plus, forçant l'individu à stopper son mouvement d'approche de la pince à épiler, à son visage incliné dont il percevait la moiteur et la sueur perlant sur ses tempes, son jean et son sweat qu'il n'avait probablement pas changé dernièrement et dont l'état était assez déplorable. Mais surtout, les marques de ses mains dont la peau morte avait été raclée par endroits.

Il restait silencieux quelques instants à le détailler ainsi, reportant ensuite son regard sur sa main blessée où l'homme insérait à nouveau la pince à épiler en écartant les chairs blessées, ce qui contraignit Duncan à se crisper et contracter les muscles de sa main et de son bras jusque l'épaule pour encaisser l'intrusion douloureuse. Il se tut en pressant les lèvres à les en faire blanchir, serrant les dents plus durement encore, jusqu'à ce que l'homme retire la pince sans avoir saisi quoi que ce soit cette fois.

« Ça m'a l'air bon, je vois plus rien. »

L'inconnu lâcha un soupir de soulagement peut-être un peu trop prononcé pour être innocent aux sens de l'ex-policier, celui-ci redressant le menton en le fixant à nouveau, avec un scepticisme plus emprunt, bien qu'il demeurerait assez impassible si sa main ne fragilisait pas sa neutralité de réactions faciales tant elle lui faisait un mal de chien.

« Je sais reconnaître un junkie quand j'en vois un. » Affirmait Duncan sans mettre de forme, ni dans les mots et moins encore dans la tonalité de sa voix grave qui maintenait une intensité assez basse pour ne pas risquer d'être perçue par les mangeurs de chair au-dehors.

L'homme en face déposait la pince dont la tête perlait de sang sur la table et se figea dans le geste, sa lèvre inférieure se retroussant au passage de sa langue qui l'humidifia avec une évidente grimace. La remarque ne semblait pas l'avoir laissé indifférent, bien que l'ex-policier n'aurait su dire s'il l'avait touché, vexé ou blessé, peu importait au final, car ce dernier ne montrait pas de signe de colère ni d'indignation, effaçant sa grimace avant de lever un regard partagé entre la fatigue et ce qui paraissait comme de l'accablement.

Il resta silencieux de longues secondes, à soutenir le regard fixateur et imperméable de Duncan qui n'était guère propice à une quelconque compassion, ou même l'inverse, se contentait de passer d'un iris à l'autre de l'inconnu. Maintenant qu'il avait vue pleine et entière sur tout le visage du type à la casquette, son front réellement suant et la lueur angoissée de ses yeux ne faisait plus aucun doute sur sa première impression, ce à quoi ce dernier n'essayait même pas de s'en dissimuler.

« Oui... c'est vrai. Je suis accroc à la cocaïne. Et vous ? Vous êtes accroc à quoi ? » Lançait-il avec une pointe d'ironie.

Duncan fit une petite moue faussement blasée en détournant brièvement les yeux, qui revinrent percer l'attention fixatrice de son interlocuteur.

« Ma cinglée de femme. »

L'inconnu souffla un rire spontané, dévoilant à nouveau sa dentition en mauvais état sans que cela ne semble le gêner, puis il se laissa affaler sur le dossier de sa chaise en glissant les mains sous la table, sa tête penchant sur le coté comme s'il s'agissait d'un poids dont il relâchait la pression.

« Une femme... plus dangereuse que la cocaïne. Vous avez jamais songé à arrêter ? »

L'ironie de son ton ne faisait que croître, alors qu'en face, celui de Duncan se faisait relativement linéaire, un tantinet indifférent, ou peut-être provocateur, difficile à dire.

« Non. Il faut bien crever un jour. Autant que ce soit en étant chevauché. Et vous ? »

L'homme cligna lentement des yeux et inclina quelque peu la tête, marquant à nouveau quelques secondes de silence ponctuées par les grognements et les râles qui filtraient au travers de la fenêtre barricadée.

« Il y a encore peu j'aurais dit pareil avec la coke. Mais... » Il prit une inspiration et haussa les épaules, avec lassitude. « Maintenant, j'essaie d'arrêter. »

« Qu'est-ce qui a changé ? » Questionnait Duncan en penchant à son tour la tête, moindrement, du coté opposé à l'inconnu sans le quitter du regard à présent.

« Ma mère et ma sœur. Elles étaient accrocs aussi, beaucoup trop. Ça les a rendu folles, genre... vraiment cinglées, sans doute plus que votre femme sans vouloir vous vexer. » Commençait-il, ponctuant ses paroles d'un reniflement. « On s'est fait viré de là où on vivait, et on s'est retrouvé à galérer tous les trois avec ce qu'il nous restait de coke. On squattait à droite, à gauche et puis... on a atterri dans ce quartier et un matin, elles avaient disparu avec la came. »

D'une main davantage tremblante encore, l'homme vint laborieusement se gratter la joue, fermant ensuite le poing pour tenter de se contenir tant bien que mal en le rabaissant sous la table. Il ne soutenait plus le regard de Duncan depuis qu'il avait baissé les yeux, ceux-ci se perdant dans la contemplation distraite du carrelage.

« Je les ai cherché pendant des jours et j'ai retrouvé des restes, pas loin d'ici. Et une marre de sang dans une baraque à coté. »

« Mh... » Duncan opina légèrement, sa contemplation de l'homme focalisant toute son attention, même si ses pensées allaient à autre chose. « Mes condoléances. »

L'inconnu ne pouvait que soupçonner à la froideur et la linéarité de la voix de l'ex-policier, à quel point ses mots sonnaient faux, mais celui-ci se contenta de revenir croiser son regard, après quoi, il lui adressa un signe du menton en changeant de sujet.

« Je vais récupérer de l'eau et du tissu, j'en ai trouvé à l'étage en bon état. Il va falloir désinfecter votre main et mettre des bandes stériles pour qu'elle puisse guérir. Vous devrez prendre des médocs aussi. Mais comme j'ai rien de tout ça, on va dire que ça fera appoint en attendant. »

« Vous avez l'air de vous y connaître. »

« Il y a deux-trois trucs à pas jeter en étant junkie. On apprend à se débrouiller, quand on veut éviter les flics et ces balances de médecins. »

Duncan céda à un rictus amusé, observant l'homme acquiescer puis se lever en glissant le fessier pour ne pas faire racler la chaise sur le carrelage. Ses iris grisées suivirent la démarche légèrement titubante de l'homme dont la forme physique paraissait décroître à chaque minute, celui-ci s'éloignant dans le salon où il récupéra à même le canapé une valise en tissu épais. Si l'ex-policier avait resserré sa prise sur son arme, prêt à un coup fourré, il n'eut qu'à se pencher pour garder l'homme dans son champs de vision. Celui-ci revint dans la cuisine peu après en traînant sa valise des deux mains, car elle paraissait lui peser une tonne.

« Je dois vous avouer, j'ai hésité à vous faire entrer. Cela dit ça fait du bien de croiser quelqu'un de seul aussi ; à la rencontre je veux dire. La plupart des gens en bande sur qui on tombait avaient surtout envie de nous dépouiller. Et au final... arrêter la coke, c'est pas le pire à supporter. Je crois que c'est ça qui m'aide. »

L'inconnu s'adressait de nouveau à Duncan sans se désintéresser de sa valise, ouvrant celle-ci qui donnait dos à l'ex-policier, ce dernier relevant quelque peu son P90, le canon dépassant quasiment de la table. Il en sortit une petite bouteille d'eau et fit un pas pour se rapprocher de Duncan qui avait passé le regard de l'objet à l'homme en gardant les lèvres closes, l'avisant ouvrir le contenant plastique et le pencher au-dessus de sa main blessée, pour faire couler de l'eau dessus. Ça n'avait beau être que de la simple eau claire et transparente de toute évidence, le passage du liquide dans sa chair mutilée la mis en feu, arrachant à son possesseur un grognement qu'il ne parvint pas à étouffer.

Il se pencha en redressant le fusil pour le plaquer sur la table et se recroquevillait partiellement, sa crinière tombant devant son visage incliné pour en voiler la grimace furieuse qui en tordait les traits. Le type à la casquette fronça le nez d'une autre grimace laissant sentir qu'il comprenait on ne peut mieux ce que devait ressentir Duncan, s'employant à revisser le bouchon sur le goulot avant de poser la bouteille sur la table.

« Ça doit faire putain de mal. C'est pas du désinfectant mais au moins ça nettoie un peu la plaie... c'est de l'eau que j'ai pris du camp avant de partir. Il m'en reste plus beaucoup mais vous pouvez garder celle-là pour en remettre sur votre main ou la boire. »

Duncan relevait le regard en soupirant, sa senestre se contractant en repliant la peau tranchée jusqu'à former un poing qu'il maintint serré et gouttait de sang plus clair. Face au silence de celui-ci, l'homme debout à coté ajoutait avec une petit sourire en coin.

« De rien. »

Il fit le tour de la table et retournait s'asseoir sur sa chaise, rabattant la valise dont il tira la fermeture à glissière pour la fermer et laissait ses mains dessus en avisant l'ex-policier dont la voilure se dégageait quelque peu, faisant transparaître ses iris plus lumineux qui revinrent le scruter en mouvant un léger signe du menton en seule reconnaissance.

« On va en avoir pour un bout de temps, peut-être même des jours si rien ne passe dans le coin avant que ces saloperies ne partent d'ici. C'est à chaque fois la même chose... » Il expirait de lassitude en portant le regard sur la fenêtre barricadée, faisant glisser ses mains - qui recommençaient à trembler - de la valise pour les faire disparaître derrière. « Votre femme et vous, vous avez un camp ? »

« On en a un. » Mentait-il en étirant les lèvres de frustration à ses paroles, la pression de sa main blessée s'intensifiant à faire blanchir ses phalanges. « Et ils m'attendent. Je n'ai pas des heures devant moi. Il va falloir sortir d'ici. »

« Vous voulez faire ça comment ? » Dit l'inconnu à la casquette en plissant les sourcils, pris entre la curiosité une certaine méfiance. « Il y en a tout un tas dehors, peut-être même des dizaines. »

Duncan baissa le regard sur son poing qu'il ouvrit, le sang se remettant à couler le long de sa paume pour goutter sur la table. Il racla ses dents quelques instants, puis en relâchait également la pression pour se passer la langue entre les lèvres, avant de reporter un regard plus ferme sur son vis à vis.

« Méthode simple. On fait diversion. »


Quatre-vingt trois minutes après son départ...

Duncan était accroupi dans la chambre de l'étage, terminant de serrer un nouveau nœud d'une corde de vêtements qu'il avait improvisé, sa propre main bandée d'un morceau d’étoffe qu'il avait arraché d'un tee-shirt trouvé dans un placard de la même pièce. La porte entrebâillée s'ouvrit et le type à la casquette entrait avec sa valise qu'il traînait encore, pressant la cadence alors que son cœur battait plus fort à l'appréhension de ce plan que son nouvel acolyte terminait de préparer.

Il vint près du lit et souleva la valise dessus en soufflant, se prenant ensuite les mains l'une dans l'autre dont le tremblement s'était accentué avec le stress. En se tournant vers Duncan, ses yeux s'attardèrent sur ce cordage qui lui inspirait la plus grande méfiance, pressant sa maigre mâchoire d'une tension non dissimulée.

« Je... je sais pas si j'arriverais à descendre comme ça. »

« Ça ira. Le plan se déroulera sans accroc. » Affirmait Duncan d'une assurance presque trop sereine, alors qu'il achevait le dernier nœud d'un cordage de multiples vêtements serrés sur quatre bons mètres de longueur.

« Ouais... je sais pas. Je le sens moyen mais... j'ai toutes mes affaires dans la valise. Vous croyez que vos potes vont m'accepter ? S'ils grillent que je suis un junkie en manque, ils vont me virer. »

« Là où je crèche, il y a toujours de la place pour ceux qui errent. » Rétorquait Duncan en se redressant, le cordage entre les mains.

Il fit deux pas vers la fenêtre et la déverrouilla lentement pour limiter le grincement. Son attention se porta au-dehors d'une approche lente et mesurée, laissant surtout dépasser son regard quelques instants pour constater la présence d'une dizaine de mangeurs de chair devant la propriété, qui semblaient aller et venir pour certains, faire du sur-place pour d'autres, comme un tas de sangsues convaincues que l'endroit en valait la peine.

Duncan frotta sa langue sur son palais, avec un certain agacement de savoir que d'autres se trouvaient à l'arrière et allaient s'empresser de faire le tour de la baraque au moindre bruit. Il fléchit légèrement les genoux et s'approcha de l'homme qui l'observait un peu plus loin, puis ramassa son fusil qu'il avait lui-même laissé sur le lit afin d'enclencher la sûreté dessus. Ensuite, il le tendit au type à la casquette d'une main.

« Dans la valise. » Murmura t-il.

Un froncement plus prononcé accueilli la demande, l'homme hésitant avant de porter ses mains agitées pour saisir l'arme.

« Mais... on va en avoir besoin pour se tailler un chemin dans la rue... » Répondait-il sur le même ton attentif et bas.

Duncan ne prit pas la peine d'argumenter, faisant signe de tête vers la valise négligemment avant de tourner les talons et repartir à la fenêtre avec une extrémité du cordage qu'il s'employait à nouer aux deux poignées du même battant de fenêtre, comptant sur ce vieux cadre épais et grossier pour tenir le coup. A coté, l'homme restait hésitant, le fusil entre les mains qu'il contemplait. Après quelques instants, il ferma les yeux en soufflant des narines et rouvrit ses iris vers l'ex-policier, se tournant dans sa direction.

« J'ai... j'ai plus de munition. J'ai plus de munition. »

Il s'était répété, un trémolo dans la voix d'anxiété qu'il s'efforça d'effacer à la deuxième affirmation. Duncan interrompit son geste raide avant d'avoir achevé la seconde boucle, son attention se reportait lentement à l'homme en retroussant ses lèvres ouvertes, sa mâchoire se rigidifiant d'un temps marqué avant de lui-même rétorquer, plus sèchement mais sans lever le ton pour ne pas alerter les mort en contrebas.

« Et c'est maintenant que vous le dites ? »

« Je... je savais pas. » L'homme relevait ses pommettes d'une gêne évidente, ses doigts agrippant le fusil sur le plat de ses mains avec une nervosité toujours grimpante. « Je savais pas si en vous le disant, vous alliez devenir agressif. »

Duncan expira lourdement et secoua la tête, revenant à son nœud qu'il compressa d'un geste avant de replier la corde qui traînait au sol, en ramenant pratiquement la longueur en cercle avant de la balancer par-dessus la fenêtre. Le tissu léger et discret ne fit aucun bruit en se déroulant en l'air, ni en s'écrasant contre le mur, ce qui n'alertait pas les non-morts. De son coté, le type à casquette, se sentant un peu honteux, ouvrit prestement la valise pour y glisser le fusil et la refermait ensuite.

« Ça change rien au plan. » Trancha l'ex-policier, non sans conserver la rudesse de sa voix tandis qu'il revenait vers le lit pour se saisir de la valise qu'il souleva de ses mains avec plus de vivacité et malgré la relance de souffrance de sa main blessée, dont il commençait à s’accommoder.

Sans plus de cérémonie, il s'approcha de la fenêtre et lança purement et simplement la valise dans le jardin, celle-ci plus lourde et autrement moins discrète, chutant jusque l'herbe en secouant son contenu, ce qui attirait cette fois les regards livides des mangeurs de chair qui s'en approchèrent curieusement, pour certains du moins. Duncan ne porta pas un coup d'oeil à la fenêtre, reculant aussitôt pour pivoter des bottes et se diriger vers la porte, sa dextre incitant l'autre homme à le suivre. Tout en se mordant la lèvre et en croisant nerveusement ses doigts tremblants, celui-ci pris rapidement le pas à sa suite et tous deux sortirent dans le couloir pour rejoindre les escaliers en face, utilisant la rambarde en appui pour se dépêcher.

Une fois en bas, Duncan avança dans l'entrée qui jouxtait le salon en regardant la porte arrière de la maison, à sa gauche, là où il était entré à l'origine, puis à sa droite, vers la porte principale. Toutes les deux étaient fermées, mais déjà au devant, le demi-cercle de verre opaque faisait apparaître une sombre silhouette qui vint buter contre. Rapidement, l'homme venu dans son dos passa à coté et avisa à son tour les portes, les mains dégagées et les phalanges repliées, il passait de l'appui d'une jambe à l'autre, le stress à présent lui montait à la tête et son cœur battait la chamade, rendant son souffle d'autant plus pénible que son état de santé n'aidait pas en ce sens.

« Et si... si on essayait de passer par une fenêtre plutôt ? » Demandait l'inconnu presque d'une supplique dans la voix, son souffle légèrement saccadé.

Duncan le scruta en coin tout en se positionnant face à la porte, sa senestre bandée se posant sur le manche de sa dague de chasse, l'autre sur la crosse de son Glock 18 C resté dans son holster et dont il n'avait qu'un chargeur plein, le reste de ses munitions demeurées dans le camping-car avec leurs autres affaires à Eileen et lui.

« Non. Ils nous coinceraient. » Répondait l'ex-policier en sortant de son étui son pistolet, rabattant sa senestre pour faire sauter la sûreté d'un geste, puisqu'il avait déjà chargé une munition dans la chambre. « On s'en tient au plan. Prêt ? »

« Ok, ok... prêt. » Finit par entendre l'inconnu après avoir inspiré, se dirigeant vers la porte d'entrée à pas prudents.

De son coté, Duncan tournait les talons pour se diriger quant à lui vers la porte arrière, inspirant à son tour des narines pour après souffler des lèvres plus longuement afin de se préparer. Tour à tour, ils mirent la main à la poignée de porte et s'avisèrent mutuellement. Le type à la casquette opina du chef, l'ex-policier fit de même, et presque simultanément, ils ouvrirent leur refuge aux damnés. Un instant de différence dont avait profité Duncan pour ouvrir et se lancer aussitôt au pas de course vers les escaliers, prenant de vitesse son acolyte qui fut moins hâtif à suivre.

Très vite, les râles et les grondements endiablés se mirent à tonner de chaque coté et les corps désarticulés vinrent buter contre les arches des portes, repoussant les battants en s'empressant de s'insérer à l'intérieur. Cette fois, il n'y avait aucun doute pour les rôdeurs, leurs proies avaient révélé leur cachette et c'est enivrés qu'ils ouvrirent leurs mâchoires aux dents jaunies, noircies, abîmées mais tranchantes, se massant d'autant plus du coté arrière que la majorité s'y étaient regroupés.

Duncan avait une seconde d'avance sur l'inconnu et grimpait les marches presque deux par deux, lancé par ses appuis plus sûrs des jambes, faute de pouvoir compter sur sa senestre libre pour soutenir sa montée. Son souffle était porté, s'accélérait de l'adrénaline qui se diffusait dans ses veines, mais c'était pire encore pour le type à la casquette qui - même s'il s'accrochait à la rambarde, peinait à suivre aussi bien le rythme, son endurance rongée par la faim, le manque et trop d'années sans doute à s'être empoisonné le corps.

Tant et si bien que l'ex-policier était déjà en haut des marches, que l'inconnu n'atteignait que la moitié. Le souffle de ce dernier saccadait d'autant plus, lourd et grondant tel un buffle, pourtant physiquement aussi maigre qu'un veau. La poussée de ses jambes le forçait à se concentrer, son regard incliné, il n'eut pas le temps de comprendre, d'être effrayé, ou de seulement supplier. Duncan s'était retourné et avait redressé son arme de sa seule dextre, visant la cuisse de l'homme qu'il s'apprêtait à condamner. Il n'y eut aucun remord, pas l'ombre d'une hésitation, ni quand il pressa la détente étouffée par le silencieux, moins encore quand l'homme eut un triste sursaut en lâchant la rambarde et ployant la jambe dont la cuisse venait d'être trouée sauvagement.

Et quand il se mit à crier de douleur en tombant en arrière sous le choc, perdant son équilibre, il ne lui accorda pas le moindre regard, reprenant une marche sûre vers la chambre. Il n'avait plus besoin de courir, il savait très bien ce qui allait suivre. Son ouïe reconstituait toute la scène que ses yeux évitaient. Les hurlements, d'abord de douleur, ensuite d'effroi et enfin, déchirant de désespoir et de mort. La ruée des morts qui se jetèrent sur lui comme des hyènes à qui on lançait une entrecôte, se bousculant pour avoir le privilège de participer à son déchirement, à l'éviscération, au démembrement sanglant et sans pitié.

Réfugié dans la chambre, Duncan referma rapidement la porte et passa derrière l'imposante armoire remplie d'affaires en bordel, posant l'épaule contre pour la pousser de toutes ses forces à s'en engourdir les muscles, sa senestre laissée de coté et sa dextre armée, cette dernière ne venait apporter qu'une aide symbolique. Il fallut quelques secondes pour que cette masse de bois se décide à bouger, raclant le parquet aux premiers instants avant de marquer un temps de suspension en se soulevant sur un flanc, jusqu'au fracas de son effondrement devant la porte, fissurant la poignée au choc tant cette chose était lourde.

Les portes s'ouvrirent et déversèrent une partie de son contenu sur le sol et pendant ce temps, l'homme s'était déjà dépêché de rejoindre la fenêtre ouverte, regardant par-dessus pour aviser les quelques morts qui restaient s'engouffrer à l'intérieur de la baraque. Quand il ne vit plus une silhouette traîner, il s'aida de son coude gauche pour se hisser de flanc, passant une première jambe par-dessus le cadre, puis une autre, afin de se retrouver assis au bord du vide. Pour cette partie-là, il n'eut d'autre choix que de prendre son temps, d'abord en rangeant son arme, ensuite en s'appuyant des deux mains sur le rebord pour faire volte-face lentement et prudemment, son gilet pare-balles raclant la pierre emplâtrée jusqu'à ce que ses jambes soient suspendues dans le vide.

L'agilité n'était pas son fort, pour sûr que sa reine aurait bondi comme un guépard en quelques instants par-dessus pour glisser le long de la corde telle une amazone au combat, mais lui qui comptait sur sa force brute et qui s'avérait autrement plus lourd, il était contraint d'y mettre le temps sans grande classe - et sa main ne faisait que rendre l'exercice banal plus pénible. Aussi risible que ce soit et s'il ne risquait pas de se tuer même s'il tombait, il n'avait pas envie qu'une facture ou même qu'une foulure ne le mette à portée de ceux qui achèveraient le travail sans se faire prier. Il l'aurait mérité, mais il n'en avait guère le désir.

Il finit par se saisir de la corde et se laissa glisser aussi droit qu'une poutre en donnant tout ce qu'il avait dans les bras. Si les deux premiers mètres, ou un peu plus, se déroulèrent sans difficulté, la seconde moitié ne fut pas si conciliante. La bande de tissue qui protégeait ses doigts et sa paume blessés se défit en partie, juste de quoi tirer sur sa blessure pour en approfondir un brin la déchirure. Une vive douleur qui lui arrachait une fois encore un grognement, plus prononcé et éprouvant cette fois, le faisant lâcher prise d'une main.

Il glissa plus chaotiquement sur la seconde partie et lâcha de son autre main sur le mètre restant, tombant à coté de la valise. Ses jambes le réceptionnèrent tant bien que mal et il finit les genoux dans l'herbe en basculant sur son flanc, un rude soupir illustrant les vibrations qui remontèrent dans ses jambes et ses bras désagréablement. L'adrénaline faisait néanmoins son travail et il ne resta au sol que quelques instants, le temps de soupirer un peu plus vigoureusement pour exprimer son agacement que sa grimace illustrait déjà très bien et se hisser à moitié debout.

Il porta vers l'entrée un regard voilé de mèches de sa chevelure envahissante dont certaines vinrent coller son visage moite, heureusement aucun rôdeur n'était déjà dehors à se jeter sur lui. Il eut cependant juste le temps de saisir à la volée la valise au sol et la soulever en s'élançant sur quelques mètres d'une foulée pesante, que l'un des perdants à la cueillette de tripes était revenu à la porte, attiré par le bruit. Mais déjà, Duncan détalait aussi vite qu'il lui était possible avec le poids de cette valise plus lourde à présent qu'elle ne lui avait paru la première fois qu'il s'en était saisi. Non loin de là, il bifurquera dans un énième jardin pour ne pas traîner dans la rue principale, évitant cette fois l'affrontement avec les rares mangeurs de chair encore isolés dans le coin, prenant des tours et détours jusqu'à ce qu'il rejoigne l'Est du secteur.


Cent dix-neuf minutes après son départ...

Chaque expiration était presque devenu un soupir, le visage incliné sur le bitume, il traînait la valise de sa main intacte en soufflant quelques mèches qui voilaient son visage, celles-ci trop têtues pour se déplacer, revenaient à leur emplacement inlassablement. Son front suait, d'épaisses gouttes coulant le long de ses tempes jusque sa mâchoire sans se déliter au passage, trouvant leur salut d'une chute sur son imperméable gilet qui les conservaient d'un étalement légèrement brillant.

La rue avait été vidée, du moins c'est ce qu'il semblait de prime abord. Il n'avait pas encore vue sur le festin du seul mort-vivant qui avait eu l'intelligente, ou plutôt l'hasardeuse, idée de ne pas suivre la horde et auquel Eileen avait offert de quoi se nourrir des heures durant sans se soucier du gonflement de son estomac. Les yeux plus gros que le ventre, ces charognards l'illustraient mieux qu'aucun vivant n'avait jamais pu le faire. Si tant est qu'il soit encore à son repas, et non gisant à coté.

Pour sa part, Duncan s'était engagé dans la rue et remontait vers la propriété d'une marche fatiguée et particulièrement lasse, sans savoir ce qu'il allait trouver sur place. Après son indifférence pratique que les circonstances avaient exigé, une profonde mélancolie l'avait gagné, son esprit ressassant le visage de cet homme, cette casquette, ses mains tremblantes, la pince qui avait extrait le verre, ses tentatives de sourire laborieuses mais sincères... et ses hurlements à la fin.
Equipement Porté :
Capacité : 5/6
AK-101 30C 5.56
SMB-EGC
Dague de chasse
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Tabac
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : 9m
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Glock 18 17C 9m
SMA-T.T.
Véhicules 1/5
Blucamp Ford (2/2)
Contenants Personnels :
Dos 18/30
Grand sac
Ruger M44 4C .44 (12)
Grappin (6)

Eileen Waltz


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Eileen Waltz

Jeu 2 Juil - 23:00
Tout avait cédé au silence.

La porte s’était refermée sur ce sanglant spectacle sans un bruit, le battant trouvant appuis contre le cadre de bois avec une extrême lenteur. Même le tambour d’un cœur effréné avait fini par se taire dans un ultime soubresaut tandis que de l’autre côté de la cloison, l’âme enivrée avait laissé le sien s’apaiser, expirait d’un souffle discret toute la tension qui l’avait gagné. Installée à l’arrière du volant du camping-car, le regard figé sur l’allée de gravillon qui se traçait devant elle, au travers de cette porte de garage qu’elle avait précautionneusement ouvert, Eileen prenait tout le temps nécessaire pour trouver l’apaisement, car il faudrait attendre. Attendre son retour, patienter le temps qu’il faudrait, sans même craindre une seule seconde qu’il ne puisse peut-être jamais revenir. Une promesse, aussi sous-entendue qu’elle était, en restait une.

D’un mouvement fluide, elle leva la main pour abaisser le pare-soleil, la clé du véhicule tombant entre ses doigts qui la réceptionnèrent avec aisance, représenté en cet unique carré de plastique noir d’où émergeait une tige métallique quasi rectiligne. Le tableau de bord s’alluma aussitôt que la clé fut insérée, avant même que le moteur ne se mette à cahoter lourdement, éclairant les quelques LEDs et dessinèrent la date et l’heure.


Cinquante-sept minutes après Son départ.

Certes, elle avait pris plus de temps qu’estimé. Les inconsciences multiples de son dernier jouet avaient trainé sur la longueur, et ses propres envies, ses propres plans, avaient changé tant de fois par rapport ce que son esprit avait calculé, qu'il s'était écoulé bien plus encore. Mais l’heure H n’était pas encore atteinte, et son mari lui en avait donné deux. Ce qui lui laissait une interminable attente. Un vrombissement émergea dans la pièce confinée, avant que le véhicule ne se mette à avancer, libérant toute la fumée que son pot d’échappement avait un instant stockée, s’évaporant dans l’air en une odeur marquée. Les roues du véhicule s’engagèrent dans un grincement pierreux, avant de rejoindre l’asphalte de cette rue dégagée qui se trouvait devant elle, bifurquant sur sa droite en suivant la ligne des corps que son époux avait laissé trainer.

Et puis, elle le mit à l’arrêt, ses prunelles bleues irisées observantes au loin la route s’étendre pour distribuer, ci et là plusieurs résidences tout aussi semblable à celle où ils avaient trouvé refuge. Ses rétroviseurs extérieurs, d’un côté et de l’autre, ne renvoyèrent guère plus d’animation qu’au-devant. Plusieurs corps étalés sur la route, charnier mortuaire comme un chemin tracé menant à l’antre du diable, guidaient les anges ou les démons de l'enfer venu chercher l'âme du dernier défunt. L’engin émergeait de l’horizon, solitaire, comme une verrue au milieu d’un environnement plat et lisse. Duncan avait rempli sa tâche, balayant la moindre menace qui avait pu cerner la maison en dehors d’un Unique infecté qui s'occupait désormais dans le salon en se remplissant la panse. Mais Lui, en revanche, avait disparu. D’un soupir profond, la femme se laissa aller dans le fond du siège conducteur, activant la manette qui lui permit de le reculer ce dernier au plus loin possible le long du rail de réglage, dégageant un espace suffisant devant elle pour qu’elle puis étendre ses jambes filiformes, les talons en appui sur la hauteur du volant.

Pas une seule seconde son esprit n’avait seulement imaginé qu’il ait pu y laisser sa peau, encore moins l’abandonner. Non pas qu’elle balayait seulement ces hypothèses après les avoir abordés, non. Sa conviction était telle que l’idée même n’avait aucune existence, ni consistance. Il prendrait le temps qu’il lui faudrait, mais il reviendrait. Les yeux rivés sur le plafond, elle en contempla les aspérités pelucheuses du plafonnier, dessinant le relief du pare-soleil qu’elle avait remis à sa place, légèrement noirci et crasseux aux endroits où de nombreuses mains s’en étaient servis. Ses doigts jouaient avec l’antenne du talkie-walkie qu’elle avait récupéré dans son vrac d’affaire, le faisant tourner entre ses doigts, virevolter comme un danseur autour de son axe, sans même qu’elle ne s’intéresse réellement pas à son mouvement. Elle aurait bien essayé de le contacter, mais en l'instant, cela lui paraissait prématuré.


Soixante-treize minutes après Son départ.

« Voices on the staircase … » Entonnait-elle, la tête dodelinant, sur un ton très bas, presque claire et cristallin, plus proche de la comptine qu’une véritable chanson rythmée. « Toys in the attic are. Calling from the rafters. Ghost of a sigh. Pretty painted faces. Ride on the rocking horse. Memories of shadow. Dreams never die. I could fly if I wanted to. I could reach for the sky. We can swim like the dolphins and... we can laugh' till we cry. But there's nothing to say. Dolls made of clay. We can play all day. Toys in the attic... »

Sa tête bascula légèrement sur le côté, contemplant à travers la vitre, qui recueillait désormais son souffle chaud et humide pour s’imbiber de quelques buées. L’angle de son index gauche vint en perturber de quelques volutes effacées, dessinant à même la surface invisible des formes sans dimension.

« Sneaking up the staircase. Toys in the attic are. Waiting for me. Eyes in the dark. Looking for my marbles. Bats in the belfry and I hear music start to play. This will be my happy home. And I'll never be alone…»

Sa voix se tue peu à peu à la contemplation qu’elle fit au-delà de la vitre parsemée de traces chaotiques que son index avait laissé. Contre sa propre paroi de verre, de l’autre côté de la rue qui donnait sur une autre demeure citadine, se trouvait une fillette, reflet miroir de la propre image qu’Eileen renvoyait, aux cheveux noirs comme les jais et aux yeux bleus d’une intensité froide.

« Chut bébé, ne pleures pas. » Laissa-t-elle s’échapper à nouveau sur une sonorité basse, dégageant ses jambes du volant pour prendre appui sur le sol.

Son dos se redressa avec lenteur, sans quitter des yeux la silhouette qui se découpait plus au loin. Sa main, elle, ouvrit le loquet de la portière qui se déploya en grand tandis qu’elle descendait souplement et s’approchait, à la manière d’un être qui ne voulait effrayer l’animal. Mais sous ses yeux interloqués, la fillette s’échappa, disparaissant dans les ténèbres derrière l’épaisseur de verre qui ne renvoyait désormais plus que le pâle éclat de la végétation ocre avoisinante.

« Non. Non, attend. » Lança-t-elle pressée par de la disparition de cette apparition, dont elle prêtait fort intérêt, pourtant relativement consciente qu'elle n'était qu'un résidu de son psyché déjà fort embrouillé.

Elle s’élança au pas de course, ses pas martelant les petits pavés de pierre fébriles, débordés d’herbes sauvages qui en avait poussé entre les interstices, rendant sa progression moins fluide qu’elle ne l’avait pensé, mais sans qu’elle ne s'en soucis plus que cela. La porte d’entrée se présentait entrouverte, la balayant de ses deux mains appuyées contre le bois, l’ensemble propulsé contre le mur voisin qui encaissa le choc avant de la renvoyer en retour aussi brusque, se refermant derrière son passage vif. L’entrée se découpait en couloir devant elle, distribuant quelques pièces sans porte qui se séparait au loin, devant à droite et à gauche. Sa droite immédiate s’ouvrit sur une cuisine, aux placards éventrés et dévalisés, à la vaisselle cassée, au sol poussiéreux, mais surtout vide d’une présence qui aurait dû s’y trouver. La fenêtre était là, celle par laquelle elle avait aperçu la silhouette, mais rien n’en témoignait ni de son passage, encore moins de son existence.

« Hey ! »

Elle fit demi-tour, lançant son injonction sonore une seconde fois, traversant la salle à manger en une pièce solitaire, garnie de vitrine brisée et d’un petit recoin, plus au fond, qui accueillait un tout petit jardin d’intérieur, quelques plantes asséchés s’effritant en plusieurs tiges solitaires brunies par le manque d’entretien, le sol jonché de poussière de feuilles mortes et dépéries. Ses yeux balayèrent le vide, empressé de retrouver ce qu'elle cherchait.

Revenant sur ses pas, elle s’avança dans le couloir qui la ramenait vers un petit bureau dans le fond, ignorant les escaliers qui lui faisaient face montaient ou descendaient à la fois. Mais à nouveau, cette pièce ne lui renvoya qu’un vide aussi profond que chaotique, dans le désordre immense que les fouilles successives avaient semé. Feuilles volantes, bris de verre, étagère renversée et vase brisé. Il ne restait rien qu’un fourmillement malheureux de cafards et d'insects venant achever le travail d’un corps dévoré jusqu’aux os, rependant une odeur forte. Difficile de ce point de vue d’en déterminer les causes de sa mort, peut-être même qu’une simple crise cardiaque l’avait emporté, car aucune gerbe de sang ne marquait les murs et le sol, sinon sa chair trainant par morceaux, çà et là.

Un bruit attira son attention alors qu’elle repassait devant ces escaliers, s’apprêtant à monter, premier pas posé sur la marche inférieure. Mais c’était davantage du côté de la cave, du moins ce qu’elle en estimait être au bas des escaliers, que le son se reproduisit, écho d’un battement, sourd, presque discret, et régulier. Retrouvant sa prudence dont elle avait fait fi jusque présent, elle s’engagea dans l’espace étroit, aux murs grattés dans la roche poussiéreuse, où d’épaisses marques sombres avaient été peintes et creusées dans la paroi, entamant quelques pas, avant de pivoter sur l’interpalier pour achever sa descente. Un nouveau couloir s’engageait encore devant elle, en largeur cette fois-ci mais desservant tout autant de porte. Une immédiatement à sa gauche, une arche vide devant qui ouvrait sur deux autres portes un peu plus loin de part et d'autre, et une dernière plus au loin à sa droite, à l’aspect plus épais de bois, surplombé d’un carreau cassé qui renvoyait la lumière extérieure.

Le bruit se répéta, plus audible à ce niveau, lui permettant d’en déterminer la source quand bien même la nature lui était encore inconnue. Accompagnant ces à-coups, c’est un léger tintement de métal qui résonna quelques peu. Ca sentait la chaire pourrie – davantage que le corps de l’étage supérieur en avait laissé la trace, l’humidité, la moisissure et l’essence. Quelques déplacements supplémentaires, sa main s’engageant à déployer sa lame coincée à sa ceinture, suffirent pour la mettre devant le fait accompli. L’une des portes désaxées devant elle tentait de s’ouvrir par l’acte d’une main décharnée qui s’immisçait dans l’entrebâillement de quelques centimètres à peine, ne laissant dépasser qu’une série de doigt. L’ensemble était maintenu par la pose d’une corde épaisse nouant une série de clou martelé sur le mur contigü et la poignée de la porte qui empêchait la sortie de la créature.

Ce n’était pas exactement ce qu’elle était venue chercher, pas ce qui l’avait attiré dans ses lieux, pourtant le fait qu’une créature se retrouve ainsi coincé derrière une cloison verrouillée vulgairement, laissait à penser que tous les pilleurs qui s’étaient aventuré dans cette maison – eux compris, avait soit délaissé le sous-sol, soit abandonné l’idée d’en libérer la créature prisonnière. Et derrière, un butin potentiel. Aussi entama-t-elle de sectionner la corde, usant du tranchant de son couteau acéré sur l’épaisseur de fils tressés, les filaments s’ouvrant un par un. De l’autre côté du battant de bois, la créature s’emblait s’emballer de cette potentielle et providentielle délivrance, grattant d’avantage, grondant sa frustration tenue bien trop de temps.

Un violent coup d’épaule rabattit la porte brutalement, l’écho sec grondant et résonnant. Au même instant, la série de doigts qui s’était un peu trop étendu furent immédiatement sectionné, tombant au sol comme des asticots putréfiés, bout de viande avarié qui n’arrachèrent pas même une complainte de protestation à leur propriétaire. Même les os n’offrirent guère de résistance à ce couperet brutal tant les cartilages avaient été rongé par les mois, ou bien plus, passés en ces lieux.

Mais avant que la corde ne soit entièrement sectionnée, Eileen détourna son visage sur sa droite, en direction des escaliers par lesquelles elle était arrivé. Son regard fixe se perdit dans un vide que seule son psyché parvenait à remplir d’une présence fantomatique. Elle en oublia son attention, son corps suivant bien vite le mouvement de sa tête, pivotant pour faire face à cette apparition qu’elle avait tant recherché. Un battement, puis un second, se firent entendre dans un lointain disparate. Elle resta ainsi, à cette contemplation invisible, l’angle de sa tête s’accentuant légèrement sur un côté tandis que s’étirait un fin sourire aux coins de ses lèvres.

« Hey. » amorça t-elle sur un ton plus bas et doux. « Où tu étais partit ? »

Mais un craquement furieux la tira hors de ses rêveries, n’ayant qu’à peine le temps de se retourner pour voir la porte s’ouvrir en grand, projetée dans son pivot, en plein dans sa direction. Comme un juste retour à l’envoyeur, l’infecté avait achevé de se libérer de sa prison, brisant de fort coups tenaces sur la corde bien entamée. Ce fut le visage et principalement l’arcade sourcilière, la hauteur de pommette et la lèvre de la femme qui reçurent l’assaut du bois solide, la sonnant plus de surprise que du choc réel, reculant d’un pas en se penchant en avant. La pulpe de ses charnues fendillées laissèrent échapper un long filet de sang repoussé au sol poussiéreux d’une expulsion de souffle rapide, proche d’un crachat rageur. Ce soldat des enfers faisait déjà le tour de l’obstacle qui se dressait entre eux, à venir la chercher de ses doigts rognés mais toujours aussi avide.

C’était un homme, peut-être même un jeune homme, sortant à peine de l’adolescence. La peau en lambeaux à l’instar de tous ses confrères victimes de ce virus dévastateur, le visage si rongé que ses os étaient visible de toute part, couvert seulement d’une épaisseur de peau séchée. Ses cheveux sombres étaient tombés, un scalpe de son crâne s'affaissant légèrement sur le côté en emportant un rideau de ces fins filaments. La démarche boiteuse, son grondement résonna à l’approche de sa proie qui la repoussa d’un geste du bras à hauteur de son épaule, balayant l’air de sa main gardée armée, n’entamant dans l’acte qu’une partie de sa mâchoire, tranchant sa joue qui s'ouvrit bien plus grand. Elle lutta un instant à cette force surhumaine qui lui faisait opposition, cherchant de son bras gauche tendu, à le maintenir à distance, dérapant sur le sol terreux, tournant et vrillant pour empêcher le mort de l'entrainer dans sa déchéance. Le second coup fut plus précis, repoussant la créature dans un cri rageur jusqu’à percuter le mur arrière et planter la lame jusqu’au fond de son crâne. Le cerveau fut atteint et tout mouvement cessa brusquement.

Ses mains restèrent accrochées sur les flancs de son exécutrice, privés de leur accroche pointu pour seulement entamer le tissu dont elle était couverte, avant de retomber mollement vers le bas, l’ensemble de son corps suivant la gravité dans sa chute qui libéra la lame d’acier. Son souffle était long et profond, son regard, encore hagard, contemplant la silhouette de l’infecté qui ne représentait plus qu’un tas de chair faisandée recourbé sur lui-même. D’un léger mouvement de sa main droite, maintenant toujours fermement le couteau, elle s’essuya le visage de la petite trainée écarlate qui perlaient encore. Derrière elle, le néant, tel qu’il aurait du être, tel qu’il était, persistait.


Cent onze minutes, cent douze minute, cent treize minutes…

Le temps s’écoulaient comme un métronome irrépressible, la course du temps ne trouvant nul repos, qu’importait qu’un virus ai ravagé l’humanité, le temps, lui, y était bien insensible. Aussi à l’aise qu’un métronome bien réglé, que le déclic d’une aiguille qui suivait sa course sur son cadran, le cœur battant sans cesser s’exprimait sur sa tempe douloureuse. Elle avait hissé quelques trouvailles de sa cache bienheureuse, y alliant ses efforts, la sueur de son front mêlé à sa blessure au visage, faisant jaillir sous l’effort de nouvelles perles de sang.

Sur le parvis de maison, Eileen avait trainé une lourde HK21, abandonné dans une cave sous un drap, objet de collection abandonné qui trouverait sans doute bien fort usage à condition d'en obtenir les munitions, l’abandonnant près d’un naginata très ornemental, de phares de toit, d’un casque de moto, et d’une tente tipi, le tout rassemblé de sa force maigre sur l’allée pavée. Autant d’affaires dont elle y voyait un intérêt certain pour s’en saisir, mais qui coûtèrent le prix de quelques efforts. C’est ainsi que la cent dix-neuvième minutes sonna son glas, le camping-car au milieu de la route la porte conducteur déployée en grand, devant la maison au garage ouvert, et un peu plus loin, de l’autre côté, une Eileen au visage marqué de son sang, les jambes redressées pliées sur lesquels reposaient ses bras, au côté d’un tas d’affaire abandonnée.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
Total Silence Carr.
Dague de chasse
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : 5.56
Tête : -
Torse : Gilet tactique
Talkie-Walkie
Calibre 12 3/3
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 18/30
Grand sac
Drogue douce (1)
Lampe dynamo (2)
Chargeur solaire mini. (3)
Black Eagle 2C C12 (12)

Duncan Waltz


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Duncan Waltz

Lun 6 Juil - 11:58
Le tissu qui emballait sa main comme une bande de boxe s'était imbibé de sang à cause de la pression qu'il y avait imposé, afin de refermer sa chair de manière barbare faute de pouvoir le faire par la seule pensée. Sa chevelure ne lui collait plus le visage, la sueur ayant eu le temps de refroidir et sécher, mais sa peau luisait encore légèrement de cette colle naturelle qui lui demeurait sur le front et les tempes.

Sa dextre tenant à bout de bras la valise, se traînait comme un poids et sa marche n'était guère pressée. A mesure qu'il approchait, son regard finit par se relever sur la rue de leur baraque d'appoint et il constatait, non sans attirer un sourcil vers le ciel, le camping car ouvert en plein milieu de la route, comme si rien ne pouvait venir faire irruption dans ce quartier résidentiel à l'écart de la ville. D'abord interpellé et craignant que quelqu'un, ou quelque chose, s'en soit pris à sa dulcinée durant son absence, il eut tôt fait de remarquer non loin Eileen marquée de sang, tranquillement assise à coté d'un tas d'objets qu'elle semblait avoir récupéré, ne serait-ce qu'en notant le fusil-mitrailleur et l'espèce de lance étrange.

Son incompréhension des premiers instants se volatilisait et sa crainte sous couvert de son attachement et de tous les foutus risques qu'il avait pris ces dernières heures, vinrent à se disloquer sous le rude mais rassurant rappel - à vrai dire, que si quelque chose s'en était pris à elle, il aurait plutôt à compatir pour l'agresseur que l'agressée, car dulcinée ou non, elle n'en restait pas moins le monstre parmi les monstres. Un démon au visage d'ange. Rien ne changeait ni ne tendait à ce que cela puisse arriver, elle était figée dans sa propre conception du monde, d'elle-même et des autres, aussi imprévisible pour ses proies que les années passées à ses cotés avaient permis à Duncan de trouver, au-delà de la lutte permanente, une stabilité en la certitude d'avoir appris à la connaître pour qu'elle lui soit, à lui, prévisible par sa constance de vie et de sentiments, ou plutôt de non-sentiments.

Duncan avait continué sa progression en la contemplant longuement et s'était finalement arrêté à quelques mètres de là, laissant la valise pratiquement arrachée à un cadavre frôler le sol en affaissant encore sa poigne, avant de simplement lâcher ça sur le bitume. Une expiration marqua la succession de ses souffles allongés et calmes, mais trahissant sa fatigue qui ne faisait que croître. L'habitude aurait voulu qu'il reste pleinement aux aguets, tout le temps, toujours, comme il l'avait sans cesse fait à chaque minute de chaque heure qu'ils avaient pu passer hors d'un abri, mais à voir le relâchement qu'Eileen s'offrait sans que rien ne vienne lui sauter à la gorge, il eut la tentation, pour une fois, de céder aussi.

A l'observer, presque prostrée sur elle-même comme la petite fille qui demeurait une part d'elle, avec la tueuse et l'amante, il ressentait une certaine satisfaction de savoir qu'il était le seul au monde à déceler ce qu'il y avait de tendre, de doux et d'attachant chez cette créature du diable, d'avoir su déchiffrer l'ange blessé et brisé par la souffrance passée qui s'était transformé en cerbère destructeur par la force de ce qu'elle avait pu subir ; une juste revanche quelque part. Il avait pleine conscience et prétention d'avoir changé son existence, en ne la considérant pas qu'en tueuse, ou en objet sexuel, mais en ayant galvanisé l'un et l'autre par le fait de reconnaître et de faire émerger d'autres facettes de sa personnalité afin d'en atteindre le coeur, caché dans une forteresse de glace brûlante, au bout d'un cocyte agité par le torrent et sous le regard de tous les seigneurs des pêchés qui l'avaient jugé indigne d'eux et d'elle, mais qu'il avait su tenir en respect.

Chaque jour que Dieu, le Diable ou aucun des deux faisait, il se savait observé par ces juges infernaux, mais il les snobait pour ne se concentrer que sur la créature. Oui, il avait conscience d'être particulier pour elle, autant qu'elle avait su être particulière pour lui en renforçant les incertitudes qui l'avaient rongé, en désinhibant la fureur, la rudesse et l'excès ardent qui l'habitait sans le fuir comme l'avaient fait tant d'autres plus ou moins vite effrayées après un temps de passion facile de par son assurance et son coté mauvais garçon ; le condamnant de macho, de « viriliste » dérangé, de malade, de fou ou de dangereux pervers. A l'inverse, Eileen l'avait réclamé, l'avait poussé, s'était offerte à tous ses désirs et ses impulsions les plus innommables, pour lui du moins, ce dernier déstabilisé face à tant de nihilisme assumé et concentré dans un corps si fragile d'apparence sur lequel il s'était défoulé, toujours plus excessif tant qu'elle le provoquait, jusqu'à apaiser de satisfaction et à l'usure la bête en lui, équilibrant ses instincts pour en faire le survivant qu'il était aujourd'hui.

Il l'avait dompté et elle l'avait façonné, en cela, nul ne pourrait comprendre, nul ne pourrait s'en mêler, hommes comme femmes ne pouvaient entrer dans leur Tartare tempétueux autrement qu'en jouets inférieurs et étrangers au-delà des seules impulsions qu'il y avait à consommer, par le sexe, la torture ou les deux pour les unes, par la torture seulement pour les autres. Elle comblait toute l'animalité, toute l'animosité, toute la masculinité et toute la férocité à faire jalouser l'ensemble des hommes, mais elle restait malgré tout cette fille, cette chose fragile, sous la roche hérissée de pointes empoisonnées, c'est pour cela qu'il l'aimait.

Il s'approcha de pas sereins en dépit de son état, la mélancolie temporairement apaisée par cette certitude renouvelée que tout ce qu'il faisait avait un but, un sens que sa tigresse incarnait. Il s'arrêta à coté d'elle, sans un mot, puis fléchit les jambes pour trouver l'appui du sol de sa main intacte et s'asseyait en frôlant sa silhouette de la sienne, repliant à son tour les jambes partiellement avec plus de détente et de nonchalance pour n'y déposer que les avant-bras. Ses mains se rejoignant, il se frotta les doigts non blessés de la senestre en portant le regard aux alentours, plissant les yeux et faisant paraître les rides de leurs coins qu'il avait su épaissir à force de les contracter de rudesse continuelle, de plissements et de froncements en tout genre.

Il fit un geste de tête vers l'arrière pour dégager sa crinière et contrôla l'échappement d'un bâillement entre ses lèvres que l'accalmie suscita, l'adrénaline et le déchaînement des événements retombait comme un poids, en contractant le cou et sa pomme d'Adam pour ne pas ouvrir la bouche en grand tandis qu'il l'expirait et faisait suivre un souffle.

« Tu t'es blessé ? » Demandait-il ensuite, le timbre de voix bas et grave, sa sonorité rauque adoucie.
Equipement Porté :
Capacité : 5/6
AK-101 30C 5.56
SMB-EGC
Dague de chasse
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Tabac
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : 9m
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Glock 18 17C 9m
SMA-T.T.
Véhicules 1/5
Blucamp Ford (2/2)
Contenants Personnels :
Dos 18/30
Grand sac
Ruger M44 4C .44 (12)
Grappin (6)

Eileen Waltz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Debuba1190/2000[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Videba10  (90/2000)
Etat Mental:
[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Debuba100/100[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Eileen Waltz

Mar 7 Juil - 18:30
Son regard pivota de sa contemplation passive tandis qu’elle remarquait ce mouvement, cette silhouette bien familière se détachant du décors aseptisé de vie dans l’horizon plane de cette grande rue qui desservait encore au loin, plusieurs autres bâtisses. Elle en restait silencieuse, seulement méditative à cette démarche accablée de fatigue, d’un corps collant de sueur, marqué de sang et de poussière. Quelque part en son for intérieur, cette vision l’apaisa, sans même éprouver la moindre once de panique, de stupeur, de répulsion ou d’inquiétude, comme si l’apparence n’avait aucune valeur sur l’être en lui-même. Il était là, tel qu’elle en avait jamais douté, revenant auprès d’elle, tâche et devoir accompli. Il revenait, qu’importait les fourbures qui marquaient son corps, perclus d’une fatigue qu’il ne saurait voiler.

Sa poitrine se gonfla d’une inspiration longue, ses talons s’enfonçant un peu plus dans les interstices des pavés tandis qu’elle se balançait légèrement, d’avant en arrière, comme un jeu pour ce corps qui ne pouvait rester trop longtemps immobile. Seuls quelques cillements et battements de paupières, somme toute très ordinaire, coupa la vision qu’elle s’accordait en le suivant des yeux, préambule aphasique comme un calme qui annoncerait une tempête déferlante. Un silence qu’il maintint quand bien même il arriva à sa proximité, délaissant sa charge en plein milieu de la route, comme si rien n’avait réellement de valeur à leur yeux que l’autre seulement, à s’observer mutuellement dans cette pause qu’il accorda à son retour. Et lorsqu’il reprit enfin sa marche, un sourire apaisé marqua le visage de celle que tous s’accordait à prétendre sans capacité de sentiment, trace sincère d’une allégresse seulement voilée à la commissure de ses lèvres, touche discrète mais présente de la quiétude provoquée. Elle déploya même sa main, son coude trouvant appui sur la hauteur de son genou et son menton réceptionné dans la coupole de sa main, ses sourcils se haussant très légèrement.

Elle garda sur lui ses iris d’un bleu très clair, plus qu’ordinaire tandis que les rayons de l’astre du jour aussi serein qu’elle l’était en atténuait l’éclat par un brillant bien différent, halo pétillant qui trahissait également ses envies primaires qu’elle ne pouvait refouler à sa si courte proximité, son rituel inachevé, patientant comme un tigre en cage. Elle s’en sentit électrifié, voir transcendé, car elle savait que le seul instant où elle se sentait réellement en vie, à elle porteuse d’une âme morte depuis le premier jour de son existence, était à l’effleurement de ses lèvres, à la prise de ses bras et la hauteur de son attrait. Un sentiment décuplé lorsqu’elle venait de donner la mort de son abjecte manière. Elle n’en retenait l’ascension de son corps que par la promesse qu’elle le laisserait maitre, entier et véritable, de l’instant et la manière qu’il souhaiterait mettre en œuvre cette décharge. Elle n’avait pas besoin d’espérer une quelconque hauteur à son attente, elle savait qu’il le serait, bien au-delà des espérances, brutal et impérieux.

Son visage pivota, ses doigts venant barrer ses lèvres d’une délicate pose, toujours retenu par son bras perché à son genou, avant qu’elle ne les laisse glisser sur ses propres lèvres, se détachant en un geste lent, pour venir se poser avec une grande douceur sur la main blessée de son époux. La fraîcheur de sa peau marquant sans doute le contact qui en résultat, s’il ne décidait pas de s’en dégager, s’appropriant cette main plus large et épaisse que la sienne doublé de ce linge ensanglanté qu’il portait en bandage. Elle la manipula un instant, prêtant attention à ne pas plier ou appuyer sur la zone blessée, se contentant de la porter au-devant d’elle.

Il n’y avait nul sentiment qui pouvait lui échapper, à lui qui la connaissait sur le bout des doigts, autant spirituellement que physiquement, l’ayant éprouvé de toutes les manières possibles et ce depuis leur première rencontre. Des années à chercher les frontières de leur union particulière, à s’affronter, se défier et se satisfaire, pour le meilleur et pour le pire, comme ils l’avaient scellé si symboliquement, porté par cet anneau qui marquait toujours son annulaire gauche. Pourtant en l’instant, cette candeur particulière, cette retenue dont elle faisait face était habituellement si rare que ces moments étaient à souligner. La tigresse était là, pourtant, bien visible, tapis, cachée derrière les barreaux de son engagement, pourtant follement nargué par son impatience, mais une autre facette, peut-être aussi fascinante que la première, se dévoilait en l’instant.

« Moins que toi. » Répondit-elle de sa propre sonorité, aussi basse mais plus légère, prononcé en un souffle assez marqué pour être entendu.

Ses pulpes légères filèrent entre ses doigts avec langueur, laissant quelques souffles s’épuiser sans quitter son regard du siens avant qu’elle ne décide de dériver son attention à cette blessure, entreprenant de défaire lentement la bande souillée. Elle faisait durablement flotter dans les airs cette tension qui ne cessait de croitre, à ce désir ardent et bouillant qu’elle retenait captif, et qui criait libération à chaque aspiration qu’elle exhalait, chaque coup d’œil qu’elle lui jetait, chaque contact qu’elle frôlait. Elle donnait au mot sensualité, tout son sens, sa définition et son incarnation.

Elle continua de dérouler le tissu qui tombait mollement à chacun des tours qu’elle déliait, ses lèvres entrouvertes marquées par une humidité naissante qu’elle laissait courir de quelques retouches de la pointe de sa langue, ses dents accrochant sa charnue inférieure alors qu’elle parvenait enfin à la délivrance de cette blessure confinée. A aucun moment elle n’avait prêté attention au monde qui l’entourait, une attitude des plus ordinaires en soit comme si l’instant les avait isolé, durablement, dans cette bulle que rien ni personne ne pourrait atteindre, pas même l’arrivé d’un infecté, qui ne se serait guère soucié d’interrompre un moment privilégié, avant de finir ad-patres d’un ogive en pleine tête dans l’indifférence la plus totale et la plus profonde.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
Total Silence Carr.
Dague de chasse
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : 5.56
Tête : -
Torse : Gilet tactique
Talkie-Walkie
Calibre 12 3/3
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 18/30
Grand sac
Drogue douce (1)
Lampe dynamo (2)
Chargeur solaire mini. (3)
Black Eagle 2C C12 (12)

Duncan Waltz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Debuba1190/2000[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Videba10  (90/2000)
Etat Mental:
[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Debuba1025/100[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Videba10  (25/100)
Informations scénaristiques:
Duncan Waltz

Jeu 1 Oct - 15:45
Quelques mèches revinrent glisser devant le visage de Duncan, en même temps qu'il rapportait son attention à l'être aimé. Elle avait quelque chose d'étrange, inhabituel dans l'attitude, qui se révéla d'un détail crucial : son calme. Il n'y avait aucun doute à voir sa lèvre fendue et les contours gonflés, mêlant rougeurs et un violacé tuméfié, qu'elle avait pratiqué la barbarie. Pour se défendre, pour agresser, contre un mort ou un vivant, nul doute et peu importait l'opposant, elle avait affronté et achevé quelque chose. Mais elle ne lui sautait pas au cou. Elle n'agrippait pas sa ceinture pour la défaire, dans une recherche impulsive de sa chaleureuse virilité à étreindre avec ses cuisses quémandeuses.

Elle était si calme malgré le gonflement marqué d'une certaine tension de sa poitrine sous sa veste dissimulant la beauté de chair, la lueur pétillante d'un désir palpable dans ses yeux si clairs, même en comparaison des siens grisés et la délicatesse avec laquelle sa main chétive aux doigts longs s'emparait de la sienne si rugueuse et épaisse pour défaire le bandage spongieux de sang. A mesure qu'elle dépliait chaque épaisseur de la bande, une légère résistance dû au carmin collant s'accru et plus elle défaisait le tissu, plus celui-ci accrochait dessous, jusqu'à arriver à la chair qui nécessita qu'elle mette un peu plus de pression pour la décoller de sa plaie particulièrement laide. Le sang semblait saliver, englué entre sa peau et le tissu, et si la blessure était encore trop récente pour s'aggraver, il ne ferait aucun doute pour la tueuse familière des chairs mutilées que sans soins l'infection viendra rapidement.

L'attention de l'homme d'abord fixée sur le visage de son épouse, puis inclinée sur le mouvement de sa poitrine dissimulée, il détourna encore ses iris grisés sur sa propre main dont elle dévoilait la meurtrissure en retenant un léger grognement sifflant quand elle décolla le dernier morceau de sa plaie, observant le résultat qui avait été atténué un peu plus tôt par un homme trop généreux que le criminel avait donné aux fauves comme un vulgaire morceau de viande bon marché. En dépit de la brève grimace qui tordit ses traits, il reprit une expression plus neutre et retira sa main à peine eut-elle défait la bande, l'abaissant en faisant diversion avec sa dextre saine qu'il porta au visage d'Eileen en pivotant quelque peu.

La plupart de ses doigts vinrent glisser sur la joue de son amie, amante et partenaire, trois statuts indissociables qui complétaient leur relation si fusionnelle, tandis que son index frôlait la pulpe éclatée par un choc dont il ne connaissait pas encore la nature. Une fois encore, ses yeux passèrent sur ses gestes alors qu'il recroquevillait sa senestre afin de former un semblant de poing avec lequel il prit appui sur l'herbe, soutenant sa posture désaxée.

« Une fenêtre cassée. » Reprit-il, de cette même intonation grave, basse et douce, ramenant sa fixation à ses yeux pour les connecter en continuant de caresser sa joue, l'index relevé sur sa pommette sans pression afin de ne pas lui provoquer une sensation douloureuse et désagréable qui n'avait aucune utilité ni vocation à être un plaisir, à cet instant précis.

« Ce n'est pas grave... Il y avait un homme, un junkie, isolé, je suis tombé dessus en échappant à la horde. Il a retiré le verre de ma main, et puis... je l'ai donné en pâture aux morts. Tant que l'on reste discrets, ils ne reviendront pas par ici pendant quelques temps. »

Duncan prit une inspiration, ses narines se contractant autant que sa mâchoire dans l'impulsion pendant que la chaleur de son corps grimpait lentement mais sûrement, l'odeur parfumée de sa dulcinée se mêlant à l'air qu'il faisait transiter à ses poumons, pour intensifier les pulsions suscitées par cette proximité retrouvée que rythmait encore les respirations illustrées par la poitrine d'Eileen dont la distraction ne pouvait plus lui échapper.

Son esprit s'impatientait de voir ses seins, les toucher, tout comme le reste de sa plastique. Mais comme elle, plus habitué par certains aspects et bien qu'il ai pleinement conscience de ce qu'elle souhaitait, il se faisait violence dans l'instant présent.

« Raconte-moi. »
Equipement Porté :
Capacité : 5/6
AK-101 30C 5.56
SMB-EGC
Dague de chasse
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Tabac
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : 9m
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Glock 18 17C 9m
SMA-T.T.
Véhicules 1/5
Blucamp Ford (2/2)
Contenants Personnels :
Dos 18/30
Grand sac
Ruger M44 4C .44 (12)
Grappin (6)

Eileen Waltz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Debuba1190/2000[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Videba10  (90/2000)
Etat Mental:
[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Debuba100/100[Secteur Q] Nourrir la curiosité - 09/04/35 - Page 3 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Eileen Waltz

Jeu 15 Oct - 18:05
C’étaient deux perles à l’aura translucide, d’un bleu glaçant et saisissant qui parvinrent à fixer la grisaille des yeux de son ténébreux mari, sans ciller ni vaciller. Elle l’observait avec une fixation tenace, comme si son regard arrivait à voir l’invisible, l'inconscient, l’âme même de celui qu’elle envahissait de son indiscrète et silencieuse présence. Une accroche qu’il capta durablement à l’instant même où ses doigts décidèrent d’effleurer sa joue, de frôler ses lèvres qu’elle maintint sensuellement entrouvertes à cette promiscuité acquise tout en contemplant sans visage, même lorsqu’il dériva un temps à son poing fermé avant d’en revenir à elle, écoutant chaque mouvement de sa bouche de ses yeux autant que de son ouïe qui en assimilait jusqu’à son timbre grave.

Il y avait dans leur relation quelque chose de singulier qui semblait garder un ténacité semblable à celle des premiers jours, de cet indéfectible amour nimbé en permanence d’une admiration sans faille qui faisait tout accepter, tout affectionner, tout contempler, dans les moindre détails. Et les années n’avaient réussi à en ternir ni le fond, ni la forme, joignant uniquement la complicité pure, brute, native, volcanique, à ce couple qui paraissait si bien se connaitre, et se montrer, l’un comme l’autre aussi dépendant de cela qu’un camé à son crac. Il y eut un souffle, expiré d’un tremblement léger qui fit frémir sa peau à la bordure de ses charnues légèrement humides à l’instant même où elle capta l’éclat de ses iris au reflet si parfait du siens. Une inspiration suivit, brève et faible, qui contrasta terriblement à la violence de la retenue qui avait scellé son serment, et qui serait indéfectible jusqu’à l’accord de l’Alpha.

Il s’était échappé. Cette blessure disparaissant à son regard et s’imposant en échange de sa présence comme s’il avait voulu lui faire seulement oublier cette marque qu’un égo bien trop dimensionné aurait pu dévaloriser. Mais elle y voyait, elle, la signature d’un véritable guerrier. Qu’importait la manière, la raison, le contexte, il avait vaincu – bêtes et homme, et en était ressortit avec quelques trophées à son escorte, qu’ils soient matériels, comme physique. Il avait accompli sa demande, d’un odieux égoïsme : elle était désormais, littéralement, pleinement, sans concession, sans condition, à lui, sans les alinéas qui s’ajoutaient toujours à leur duo fusionnel.

« Une porte. » Avait-elle ponctué en miroir de sa propre histoire, ses prunelles d’une rare clarté descendant de ses yeux à ses lèvres tentatrices. Mais du léger silence qui suivit, à cet aveu d’une blessure peu glorieuse, elle réhaussa néanmoins son visage alors que d’autre aurait seulement fuit par honte éprouvée. Elle n’en connaissait aucune, quand bien même l’incident avait été le fruit d’une inattention surnaturelle, ni ne portait quelconque fierté à cela. Elle exprimait les faits, peut-être parfois de manière estompé, volontairement, mais toujours porté par une neutralité sereine.

« Il y avait un mort derrière une porte de cave, sans doute piégé depuis les prémices. J'ai été un instant déconcentré mais il n'a pas longtemps résisté. Et dans son antre, tout un tas de truc inutile et d’autres un peu moins. Cette ville… » Laissa-t-elle échapper à ces deux derniers mots murmurés en faisant volontairement planer un silence prêté à un instant de réflexion qu'elle s'octroya, avant de reprendre son regard dérivant sur les rues désertes de ce quartier bourgeois. « … regorge de bien plus de trésor qu’on le pense, comme si elle n’avait goûté au même chaos que les autres. »

Et puis ses pupilles claires revint à l’attention que Duncan lui accordait, approchant d’avantage son visage du siens où son souffle vint perturber les sillons propulsés par les propres bouffées de son divin époux. Sa proximité chatouillait quasiment sa peau, l’humidité d’un élan plus poussé venant se greffer à cet essoufflement provoqué accompagné d’un pétillement d’œil très distinct porté par l’amusement qui l’éclairait désormais, et sans doute empreint d’une véritable excitation. Il y eut un rire, cristallin, identique à cet amusement qui marquait ses traits mais que seule la femme pu entendre, issu des limbes de son inconscient déformé qui renvoyait à son esprit ce son enfantin qui résonnait et s’éloignait. Elle était toujours là, enfin là, et offrait la preuve que ce n'était pas qu'un bref passage.

« Agite tes traverses de bois, mon astral marionnettiste. J’ai envie d’éprouver les degrés permis de la discrétion qu’il nous ai possible d’engendrer à l’intérieur de cette caravane. T’aura même pas besoin de me le demander que je te supplierais à genou, mais je te laisserais tout de même la tyrannique satisfaction de me l’ordonner. Je te soignerais avant pour que tu n’aies aucune retenue dans tes gestes. »
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
Total Silence Carr.
Dague de chasse
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : 5.56
Tête : -
Torse : Gilet tactique
Talkie-Walkie
Calibre 12 3/3
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 18/30
Grand sac
Drogue douce (1)
Lampe dynamo (2)
Chargeur solaire mini. (3)
Black Eagle 2C C12 (12)
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