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[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035
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Nasreen Abtani


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Nasreen Abtani

Lun 9 Mar - 0:42
Interprété par William Spencer, Andrew Miller, Ashley Danforth et Nasreen Abtani.


La lunette arrière du Range Rover explosa dans un fracas de débris de verre, les multiples éclats se retrouvant projetés sur la banquette arrière. Sous la surprise de l’impact, le véhicule fit une embardée sauvage, obligeant Nasreen à s'accrocher solidement à sa ceinture de sécurité. Mais plus que le verre, se furent les éclaboussures chaudes contre sa joue gauche et sa nuque qui attirèrent son attention et son regard noir. Sous ses yeux, Lilian, ancienne éducatrice quinquagénaire de son état, venait de rendre l’âme d’une balle à l’arrière du crâne. L’Israélienne sentit sa gorge se nouer à cette vue, bien que son visage stoïque n’en laissa rien deviner. Derrière eux, le véhicule de tête de leurs poursuivants se rapprochait à bien plus grande vitesse, avalant la trentaine de mètres qui les séparaient de leur pare-choc arrière. Fenêtre passager, le buste simplement vêtu d’un gilet de cuir usé par le temps d’un homme armé dépassait, arme en main et continuant de faire feu. De nombreux tirs manquaient la cible que constituait le Range Rover lancé à vive allure sur la 180.

À sa gauche, Milo, le conducteur, s’écria et pesta un bon nombre de fois dans un ensemble de sonorités parfaitement opaques à l’oreille de la chirurgienne dont le regard neutre ne se détachait pas de la défunte femme. Et le paysage continuait de défiler par les fenêtres. Des arbustes et quelques arbres plus dominants, regagnant peu à peu le terrain que la main de l’homme lui avait soustrait. Des herbes hautes en parcelles touffues qui masquaient la délimitation entre terre meuble et bitume praticable. Le second véhicule de leurs poursuivants les rattrapait à son tour, les dépassant sur la droite et coupant le paysage aride observable par les fenêtres. Seules deux personnes se trouvaient à son bord, le conducteur visiblement très concentré sur la route comme pouvait l’être le compagnon de Nasreen, et son passager à l’arrière qui braquait une arme en direction de leurs pneumatiques arrières.

“Frein !” cria Nasreen après quelques secondes d’une trop longue réflexion à chercher le mot.

Mais le coup était déjà parti chez leurs assaillants, manquant de peu la roue pour perforer la portière arrière. Néanmoins, Milo décéléra très brusquement avec rudesse, écrasant de tout son poids la pédale de frein. Le véhicule à leur droite les dépassa alors allègrement, permettant à l’Israélienne de tirer deux coups de revolver à son tour par la fenêtre, dont seule une ogive fit mouche dans le feu arrière. Puis le véhicule derrière eux les percuta violemment dans un fracas assourdissant, faisant perdre son arme de poing à la jeune femme. Milo réaccéléra alors brutalement en braquant sur la droite, engageant le range Rover au travers de l’herbe pour quitter la 180, se dirigeant vers une ancienne zone artisanale aujourd’hui abandonnée, clairsemée de quelques habitations délabrées.

De quoi remettre une bonne distance entre eux et leurs poursuivants, malgré la présence de plus nombreuses épaves en travers de la route et sur les trottoirs. Des épaves et des morts errants qui pivotaient leurs regards vides vers le véhicule, reprenant leur démarche lente à sa poursuite comme autant de chiens fous mais bien trop lents. La rue se voulait plus étroite, beaucoup moins praticable mais le conducteur ne levait pas le pied pour autant, jetant de bien trop nombreux regards paniqués dans le rétroviseur central à s’enquérir de leurs poursuivants. Tant et si bien qu’il ne put alors éviter les deux rôdeurs surgissant depuis l’angle mort d’une fourgonnette renversée sur le côté. Donnant un brusque coup de volant sur la gauche, l’homme, cela n’empêcha pas les deux corps animés d’être percuté de plein fouet par le nez du Range Rover. Le premier des infectés fut projeté sur le côté, une gerbe de fluides mouchetant la carrosserie du véhicule. Le second roula sur le capot et percuta le pare-brise, étoilant celui-ci côté passager avant de finir dans le décor à son tour dans un série de craquements osseux.

Une embardée qui se termina par un dérapage crissant sur le bitume de quelques mètres, avant que la vélocité trop importante du SUV n’achève de le faire basculer sur son flanc droit. Puis le véhicule continua dans sa lancée, basculant sur toit dans un tonneau fracassant, faisant voler l’ensemble du matériel de l’habitacle sans dessus-dessous dans un raffut assourdissant de claquements métalliques, de crissements de tôle froissée et de gerbes d’étincelles. Sans compter les cris paniqués des deux occupants malgré leurs dents serrées et le déploiement soudain de leurs airbag. L’accident ne dura que quelques secondes, qui semblèrent durer une éternité pour Nasreen. Quelque chose la frappa au bras gauche puis au visage avant de passer puis disparaître de son champ de vision. Le véhicule glissa sur le toit sur quelques mètres supplémentaires avant que son nez ne se fracasse contre un mur de brique, effondrant celui-ci dans un tumulte de gravats et de poussières. Et la pénombre envahit l’avant de l’habitacle aussi sûrement que les idées des deux occupants n’avaient plus rien de claires.

Le véhicule immobilisé ainsi, la chirurgienne fut prise d’une féroce quinte de toux. Elle pouvait sentir une traînée poisseuse de sang ruisseler le long de son front depuis son arcade sourcilière. Ses cheveux ordonnés en une épaisse natte noire pendaient sur le plafonnier écrasé de l’habitacle, de même que ses bras rendus ballants et engourdis. Elle pouvait sentir le sang lui monter à la tête, propulsé par un coeur bondissant et palpitant de cette bouffée d’adrénaline. Dans un grognement d’inconfort à sentir la ceinture de sécurité lui mordre l’épaule, elle se découvrait les lèvres et le nez bouffis par l’impact avec son airbag, le goût du sang dans la bouche. Il lui fallut quelques minutes pour parvenir à se dégager de sa mauvaise posture, écrasant le ballon de l’airbag de ses deux mains pour aider à son dégonflage avant de défaire le loquet de sa ceinture de sécurité. Nasreen bascula alors tête la première, se retenant de ses maigres bras avant de lutter pour se retourner et se retrouver sur le dos, pieds contre le pare-brise fêlé.

Relevant les yeux pour s’enquérir de l’état de Milo, elle eut un regard légèrement interloqué à le voir cracher du sang, le liquide carmin bullant à ses lèvres, la respiration sifflante et bruyante. Le détaillant d’un oeil médical affûté, bien que cela n’était pas nécessaire à la vue du tournevis planté dans son poumon droit, bien trop près du coeur, elle conclut bien rapidement que l’homme n’en avait pas pour longtemps. Pas suffisamment du moins pour qu’elle puisse lui venir en aide dans une situation aussi précaire. Aussi prit-elle la décision la plus rationnelle à ses yeux en cet instant.

“Désolée Milo. Toi mort,” annonça-t-elle d’un ton particulièrement froid.

Un ton pourtant bien loin de refléter toute la tristesse qu’elle ressentait au plus profond d’elle à devoir abandonner l’un de ses compagnons de survie des derniers mois. D’un geste sec et largement moins assuré qu’à l’accoutumée, circonstances obligent, elle empoigna le manche de l’outil et le retira subitement. Le condamné eut un cri de souffrance, suivit d’un regard horrifié et suppliant, parlant au-travers de quelques toussotements et balbutiements.

“Me laisse pas là Nasreen. Aide-moi merde ! Après tout ce que j’ai…”

Les paroles du mourant furent coupées nettes lorsque la pointe cruciforme du tournevis fut plantée d’un coup brutal dans sa tempe par une chirurgienne au visage mouillé de sang et de larmes mêlés.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Tournevis
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-

Ashley Danforth


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba1120/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Ashley Danforth

Lun 9 Mar - 23:19
L’arrivée à Snyder par les deux femmes s’était faîte dans le sang et les larmes. Le sang de leurs compagnons de route, celui des enfoirés qui les avaient pris en chasse, et des larmes, celles de Natasha. La pauvre blondinette avait tué son premier homme, dans cette ville. C’était la haine et la rage qui l’avait animée. Elle qui était si douce, si aimable, si gentille, elle avait laissé s’exprimer l’animal qui avait en elle. Perdre Carl et Clara avait été une terrible épreuve pour elle, mais elle s’en remettrait. Ashley y veillerait. Pourquoi une telle bienveillance envers cette femme qu’elle ne connaissait que depuis la déchéance de ce monde ? Parce qu’elle lui rappelait l’époque révolue où Ashley pouvait encore se regarder dans un miroir, à l’époque où elle pouvait dormir sans rêver des cadavres qu’elle parsemait derrière elle. Le monde était devenu fou, et pour y survivre, il fallait s’y adapter.

Bien trop nombreuses étaient les fois où elle voyait le visage de ce gamin dans cette cuisine, un tout petit peu plus jeune que Natasha, ce gamin qu’elle avait laissé crever, non pas sans le moindre état d’âme, non. Elle avait des remords, elle avait des regrets, elle éprouvait beaucoup d’empathie pour ceux qui ne méritaient pas de mourir mais qui le devaient, pour le bien des autres, en l’occurrence, celui d’Ashley et des siens. Peu importait les coûts si c’était les autres qui les supportaient, tant que cela aidait les siens. Maintenant, elles étaient deux. Les choses étaient différentes, une nouvelle ville, un nouveau départ. La survie à deux serait difficile, impossible de monter pleinement la garde, de pouvoir se reposer en toute tranquillité… Il leur fallait des bras.

Natasha prenait la parole alors qu’elles avançaient en direction des habitations de ce quartier.

« Quoi nous cherchons dans cet endroit ? » aurait-elle dit d’une voix douce et basse pour que seules elles deux puissent prendre part à la conversation malgré l’absence évidente de menace, même si elles pouvaient distinguer à plusieurs dizaines de mètres, des morts isolés, ici et là. Son accent russe et sa connaissance imparfaite de la langue faisait légèrement sourire Ashley, qui, malgré les nombreux échanges avec la femme de l’Est, ne pouvait jamais réellement s’habituer à ce petit plaisir qu’était d’entendre une étrangère parler en faisant des erreurs aussi drôles.

« Nous cherchons tout ce qui peut être utile. Mais surtout, nous cherchons des gens. Nous avons besoin d’autres personnes pour pouvoir avoir plus de chances de survivre. Mais, si tu vois quelque chose d’utile, tu le prends ou tu me le dis, d’accord ? » Ashley aurait parlé lentement, elle tentait depuis des mois à apprendre le russe avec Natasha, mais aussi à lui faire apprendre sa propre langue afin que les deux femmes puissent communiquer sans problème et avoir un langage incompris d’une tierce personne qu’elles pourraient sans aucun doute rencontrer, comme ce rôdeur qui était là, à quelques dizaines de mètres devant elles et qui allait les obliger à effectuer un grand détour pour atteindre les premières habitations à fouiller.

Genou gauche posé à terre, arbalète positionnée pour un tir direct, un œil fermé, l’autre dans la lunette, c’était le tir parfait. Et effet, le carreau atteignit directement le crâne de l’infecté qui tomba au sol dans demander son reste. Ashley se releva et réarma dans un même temps son arbalète. Rester immobile était une très mauvaise chose à faire, surtout dans un lieu qui n’avait pas été repéré comme celui-ci. Elle aurait voulu fouiller le cadavre tandis qu’elle s’en approchait, mais un autre avait dû remarquer la chute de son compère et s’était retourné en direction des deux femmes qui approchaient à pas de loups. Cette fois-ci, elle ne mettrait pas un genou à terre pour éliminer cette seconde menace. Un carreau d’arbalète était lâché, dans le mille, encore une fois. Comment pourrait-il en être autrement.

Pendant ce temps, Natasha était restée à observer les alentours, afin que rien ni personne ne puisse surprendre Ashley pendant qu’elle faisait le ménage. Gardant son AK101 en main, pointant son canon vers l’horizon, alors que seuls quelques rôdeurs déambulaient au loin sans qu’ils ne soient une menace, du moins, pour l’instant. Alors que la voie était libre pour les deux femmes, elles entendirent au loin le son d’un ou de plusieurs véhicules venant dans leur direction. Alors qu’elles se rapprochaient de la maison la plus proche pour se mettre à couvert et en sécurité au cas où la situation dégénéreraient, elles entendirent des coups de feu qui n’arrivaient pas à couvrir les rugissements des moteurs en pleine course.

« Tu restes avec moi, tu fais ce que je te dis, on observe et on voit ce qu’on fait. Tu ne parles qu’en cas d’urgence, c’est compris ? » Aurait lâché Ashley rapidement, en espérant que Natasha comprenait le sens des mots, mais au fond d’elle, elle savait que l’infirmière n’avait même pas besoin de mots. Un minimum d’intelligence suffisait, et la jeune blonde était loin d’en être dépourvue.

Elles étaient arrivées à la maison, à première vue, classique, modeste, un peu comme la maison des parents d’Ashley quand elle était gamine. Mais avait-elle réellement le temps de s’attarder sur les détails ? Non, aucunement, la menace était de plus en plus proche, il fallait qu’elle prenne position. Aucun rôdeur ne semblait savoir repérer les deux femmes, Natasha se mit épaule contre le mur, scrutant les alentours, tandis qu’Ashley posait son oreille contre la porte. Rien, à priori personne dans la maison. C’est alors qu’elle entendit les fracas de l’accident, elle ouvrit rapidement la porte arrière de la maison qui donnait sur une sorte de buanderie. Elle aurait pu en être sûre si elle avait eu le temps de s’attarder sur des détails aussi futiles que ceux-ci, ou bien si la maison était restée en état. Un simple coup d’œil avait suffi à dégoûter Ashley. C’était noir de crasse, des toiles d’araignées se trouvaient dans les coins de la pièce et l’odeur était immonde. Un rat aurait pu crever ici et se faire dévorer par ses congénères qui seraient morts eux aussi ensuite que l’odeur n’aurait pas été pire.

Épaulant son arbalète, elle ouvrit une porte en bois qui semblait rongée par l’humidité et plus bien qu'abîmée. Elle entrait dans un petit corridor qui donnait sur une grande pièce de vie où se trouvait un homme qui semblait regarder la rue à travers les vieux rideaux légèrement transparents de cette fenêtre qui devait sans doute donner sur l’accident. Elle n’avait pas fait attention à quoi que ce soit, l’accident venait d’avoir lieu, des coups de feu avaient été tirés, il fallait qu’elle agisse vite, quitte à laisser de côté les règles basiques de la survie qui lui avaient pourtant si bien réussi jusqu’à aujourd’hui. Une interjection, une seule avait été lancée par Ashley.

« Mets les mains en l’air ! » un ordre lancé d’un ton sec, rapide, l’homme n’avait pas retourné sa tête, il avait juste balancé son bras en direction d’Ashley d’un coup rapide, au bout de son bras se trouvait une arme de poing, de petite taille, certes, mais une arme de poing quand même. Le coup était parti sans même que cet homme ne pose les yeux sur la survivante aguerrie. Le premier coup l’atteignit au niveau du visage, une simple éraflure, qui laissa une traînée de sang sur sa pommette gauche et qui toucha légèrement son oreille. Un mince filet de sang coulait sur son visage alors qu’elle s’était jetée à terre en direction de Natasha.

Cet homme avait juste retourné sa tête alors qu’il avait déjà tiré deux autres coups avec son pistolet. Un coup de chance. Un coup de chance qui aurait pu coûter très cher à Ashley. Mais il venait de prendre la poudre d’escampette, ouvrant la porte d’entrée de cette maison, quitte à partir en courant en direction de l’accident. Natasha s’approcha de sa comparse au sol, qui semblait plus choquée que blessée. Une fureur indescriptible venait de naître au plus profond de l’ancienne détective. Elle n’avait aucunement l’intention de tuer ce salopard, et il lui avait collé une balle. Elle allait le tuer. Quoi qu’il en coûte. Elle s’avança jusqu’à la porte d’entrée encore ouverte, se jetant presqu’au sol tant elle allait vite, posant un genou à terre et scrutant les environs à l’aide de la lunette de son arbalète.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Cobra RX Carr.
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : Carr.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Andrew Miller


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba1115/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Andrew Miller

Mar 10 Mar - 13:15
Marcher était un grand mot. Mes pas traînaient sur le sol rocailleux, soulevant la poussière à chaque déplacement, finissant de ternir mes godasses et le bas de mon pantalon d'une couche terreuse. J'observais loin devant cette route qui me paraissait interminable, longeant l'asphalte sans grande conviction. Le désespoir me gagnait, rongeait mes yeux, nouait ma gorge et mon estomac, me retrouvant aussi perdu qu'un puceron à la recherche de son semblable dans une fourmilière. J'avais l'impression de faire du surplace tant le décors qui se succédait à mesure que j'avançais était le même, répétitivement, interminablement. Mais je devais avancer, pas après pas, souffle après souffle, car je savais que je n'avais plus que ça. Plus que cette conviction en moi et qu'il ne fallait pas que je perde. Jamais.

Les boites aux lettres perchées sur leurs poteaux de bois au volet rouge baissé s’alignaient les uns après les autres, et sans raison particulière, je prêtais attention aux noms et prénoms inscris sur chacune d'elle. C'était évident qu'aucun d'eux ne m'évoquerait quoi que ce soit, et je n'éprouvais pas grande nostalgie à me figurer leur vie d'antan, à tous ces inconnus, dans une époque vierge des ravages provoqués par cette contamination. J'avais une approche plus pragmatique de la situation, ou peut-être un peu trop utopiste selon les points de vue, me disant qu'un de ces vestiges aurait aussi pu servir d'indicateur, portant symboles ou autres inscriptions qui auraient pu m'indiquer la présence d'une moindre civilisation, un moindre indice de campement organisé ou même militarisé. Je crachais au sol une boule de salive sableuse. Non, je ne lâcherais jamais.

Le champs qui s'étendaient sur ma gauche débordaient de broussailles et buissons épineux faute d'entretien, rendant les passages moins aisé à pratiquer que quelques mois auparavant. La nature avait continué de vivre pendant que les hommes se déchiraient pour leur droit de survivre sur cette terre, le comble d'une humanité qui avait en son temps continué à vivre pendant que la nature avait longtemps, elle, essayé d'y survivre. Je finis par faire une halte après avoir laissé quelques dizaines de mètres entre nous et la dernière baraque que j'avais croisé de l'autre côté de la route, et surtout lorsqu'il me semblait que l'endroit où j'allais faire cette pause était suffisamment dégagé pour me permettre d'abaisser ma vigilance le temps d'un bref instant.

Je posais genou à terre, dégageant mon épaule gauche de la bretelle de sac à dos pour faire basculer ce dernier devant moi, ouvrant le rabat d'un geste à la fois rapide et las. Des gestes répétitifs et devenus une constante à chacune de mes pauses. J'entendais les petits grattement de cailloux se rapprocher, à droite et à gauche, jusqu'à ce que deux ombres moyennes se présentent à mes flancs et que les silhouettes de mes deux compagnons de nouvelle solitude ne me rejoignent.

Falcore continua son chemin de quelques enjambées, ne s'arrêtant qu'au delà de ma position, les oreilles dressées et l'attention alerte sur l'environnement au devant. Harleen, quant à elle, vint se coller à ma jambe en s'allongeant presque immédiatement, reprenant son souffle le museau entrouvert et la langue déployée, avant de déposer sa tête sur ses pattes en poussant un couinement léger et terriblement déchirant. Je lançais à cette dernière un regard à la fois compatissant et pris dans ma propre peine, rabattant ma main gauche sur son pelage légèrement emmêlé en lui flattant le flanc et l'arrière du crâne grattant son cou à la recherche de ses présences de la même manière que je la comblais de la mienne.

« Moi aussi il m'manque ma Belle. Moi aussi. » J'inspirais longuement, cherchant la salive dans mon palais asséché en ravalant ma souffrance.

De la main droite, je finissais de récupérer mes maigres possessions en l'existence d'une bouteille d'eau à moitié vide, et du fond d'une barquette de repas préparé, débarrassé et nettoyé de son contenu depuis bien longtemps maintenant. Cette gamelle de récupération me permettait de leur servir l'eau dont ils avaient besoin, déversant le contenu de cette bouteille qui leur était uniquement destiné. Inutile pour eux de la purifier. Leurs estomacs étaient bien plus à l'aise avec ce genre de considération que nous, pauvres humains aseptisés, aussi gardais-je séparé deux bouteilles distinctes par la présence de deux bouchons de couleur différents. Rouge pour les chiens. Bleu pour nous... pour moi. Il n'y avait plus de nous depuis bien trop longtemps à mon goût et chaque pensée se transformait en prière pour que ce ne soit que passager.

Je faisais donc dégringoler dans la barquette blanche cette eau dont Harleen se chargea la première de vider en se sustentant d'une langue large et avide. Je la remplissais à nouveau quand elle eut fini, sifflant d'un très léger fond sonore pour appeler le Malinois toujours aux aguets. Ce dernier obtempéra presque immédiatement, retrouvant ma proximité en quelques foulées, accueillant mon offrande avec entrain tandis que je le flattais de quelques attention à son tour. Je me rassasiais également dans la bouteille au bouchon bleu, avalant trois gorgées assez simple en observant le contenu qui atteignait un niveau dangereusement critique. Il faudra bien assez tôt que j'abandonne cette route repère pour trouver un lit d'eau, ou visiter quelques jardins à la recherche de cuves de récupération. La soif était sans doute l'affaire la plus urgente, mais je ne manquais pas de penser que nous avions épuisé nos dernières denrées alimentaires, et que l'intégralité de mes outils de chasse s'étaient retrouvés, par ironie de malchance, entre les mains de Finn au moment de sa disparition.

J'expirais longuement, dans un silence pesant, redressant mon regard sur les alentours. Le vent se leva légèrement, doucement, portant la brise légère qui rafraîchissait un printemps plutôt très prometteur en matière de beau temps. Du moins, c'était la réflexion qui aurait été faites autrefois, à une époque où les climatiseurs étaient présent dans toutes les habitations et bureaux et que l'eau potable ne tombait pas du ciel. J'aurais tout donné pour voir cette pluie tomber en cette heure et m'épargnant une corvée fastidieuse.

Tandis que je rangeais mes trop maigres affaires dans mon sac, Falcore le premier se mit à gronder. Le vent avait du porter à son odorat sur-développé un relent vivace de pourriture à la manière dont il manifesta son mécontentement à cette présence. Harleen ne tarda pas à rejoindre le concert de grognement qui monta crescendo. Je redressais vivement la tête en observant la direction pointée par leur museau, plissant les yeux pour tenter de voir ce que leur nez remarquait, tout en rabattant vivement le sac sur mon dos. Je me redressais en gardant une position fléchit, me grandissant assez pour que ma vue passe au delà des buissons hauts, cherchant le moindre mouvement suspect. Il me fallut progresser de quelques pas en m'avançant dans le champs, quittant la proximité de la route, pour enfin deviner les contours d'une masse mouvante. Une masse repliée sur elle-même, ne s'agitant que de quelques soubresauts tandis qu'elle prenait, déchirait, son festin de sa mâchoire contaminée, plongeant allègrement ses doigts dans ce que j'imaginais être les entrailles de sa victime.

La créature me donnait du dos et le sens du vent portait en notre faveur notre approche furtive. J'aurais bien pu la laisser tranquille, forcer mes pas pour continuer ma route, mais une raison essentielle poussaient ma curiosité vers ce danger potentiel : je devais m'assurer que ni l'un ni l'autre ne porterait un visage qui ruinerait mes espoirs. Je me déplaçais donc à pas prudent, restant hors de son champ de vision en essayant de ne pas penser au pire tandis que les chuintements dégueulasses et engloutissement me parvenaient de plus en plus nettement. Harleen me suivait à pattes feutrées, tapis dans les hautes herbes sans chercher à aller de l'avant outre mesure. Elle restait encore bien trop craintive de ces créatures pour se lancer le défi d'y faire face. Ce n'était pas le cas de Falcore. Je voyais sur ma droite, tandis qu'il me devançait dans sa démarche, sa puissante musculature rouler à chaque foulée, son museau allongé et son regard directif qui me donnaient la certitude qu'il se tenait prêt.

Près d'un an passé sur ces routes, à affronter ces créatures, à faire face à toutes les situations possibles ou imaginables. Lui et moi étions prêt, du moins autant qu'on pouvait l'être à chacune de ces confrontations. J'en étais pas dénué de trouille, et je sentais ma gorge se serrait à chaque fois que je me sentais l'obligation d'ordonner à Falcore de se lancer dans l'affrontement le premier. J'avais déjà eu à soigner ses blessures, les griffures, et chaque fois la culpabilité m'assaillait, mais je savais aussi que si Finn et moi étions encore en vie, c'était grâce à lui. C'était mon héro, inconditionnellement dévoué.

Lorsque j'estimais être a une distance suffisante, je lançais mon sifflement d'un plissement de lèvre, fin, vif, annonciateur d'une sentence inexpugnable en la puissance d'une mâchoire d'acier. Je vis aussitôt Falcore bondir, comme s'il n'avait attendu que cet instant pour déchaîner sa rage violente, avaler les quelques mètres de distance qui séparait sa proie de lui à une vélocité sauvage. Une proie qui n'avait eu le temps que de basculer sa tête sur le côté, dérangée par cette présence qu'elle venait de capter avant de recevoir la charge comme un boulet de canon vindicatif, emportée au sol dans toute sa pourriture, son bras en cible d'un acharnement tragique qui le démembrait durement. Falcore avait refermé sa gueule aux dents acérées sur les morceaux d'os et de chair décomposés que formaient l'avant-bras de la créature, la traînant au sol sans lui laisser la possibilité de réagir, secouant la gueule de toutes ses forces pour priver sa cible de cette arme vorace.

J'avais bondi à mon tour quelques secondes après lui, fonçant droit sur le repas qui venait de lui être volé à la recherche du moindre outil, objet, arme, qui pourrait me permettre d'assister mon compagnon. Je savais qu'Harleen était restée en arrière, toujours aplati au sol à veiller sur nos arrières. Finn lui avait apprit à ne pas s'impliquer dans les combats, et c'est un rôle qu'elle avait accepté sans problème. Je n'avais pas l'intention de changer ces faits pour le moment. J'arrivais donc au pied d'une bouillie de viscères affalée sur une toile de tente déchirée, décharnée, ensanglantée. Le bougre avait sans doute été surpris dans son sommeil à l'expression de son visage encore figé par l'horreur et la surprise. La fatigue était une imprudence solitaire des plus mortelles en les temps actuels, et ce type en avait fait les frais. Son poing droit était crispé sur un long couteau de cuisine, marqué de nombreuses traces d'entrailles et de morceau de chair putride qui montraient qu'il avait tenté de se défendre. En vain. Et son trépas m'offrait le souffle d'espoir tant attendu. J’agrippais sans vergogne son présent, lui rendant les remerciements qu'il méritait en un vif coup de lame à hauteur de son visage, transperçant son cerveau demeuré intact jusqu’à présent en lui offrant la certitude qu'il ne deviendrait pas l'un des leur, jamais.

« J'pris que personne n't'espérais nul part, mon pote. » Achevais-je avec amertume, confronté une fois de plus à la fatalité de ce monde sadique.

A côté, Falcore reproduisit le même assaut sur la créature, chiquant l'autre bras tandis qu'il avait reprit son élan en abandonnant le membre détaché du tronc et chargé à nouveau. Un bras qui se détacha bien plus rapidement encore que le précédant, craquant après avoir été traîné sur de nombreux mètres. Sa carcasse rachitique n'offrait guère de résistance à cette méthode qui se révélait d'une terrible efficacité. Je me redressais alors, parcourant les quelques mètres qui me séparaient de ce corps démembré, continuant de s'articuler comme un ver en crachant un gargarisme dégoûtant en braquant ses globes oculaires vitreux sur moi, dans toute sa décrépitude. Je n'avais plus qu'à l'achever, promptement, tandis qu'il m'apparaissait désormais moins dangereux. J'enfonçais la lame dans son crâne pourris avec bien plus de facilité que son prédécesseur, laissant retomber la tension du combat en un silence mortuaire. Du moins, c'est ce qui aurait du être.

Pendant toute l'altercation, mon cœur avait battu si fort et pulsé à un rythme si déchaîné à mes oreilles que je n'en avais pas immédiatement perçu la venue d'un nouveau danger, plus chaotique, moins attendu. Coups de feu, coups de frein, bruit de métal et dérapage. J'eus à peine le temps de redresser vivement mon regard sur la route près de laquelle je marchais juste avant pour voir cette scène qui éveillait en moins tous mes warning de danger. Le SUV poursuivit donna un coup de frein brutal, braquant sa direction à l'opposée de la mienne, et si cet acte avait sonné un bref instant comme une bonne nouvelle pour moi, c'était sans compter sur ce que je n'avais pas anticipé. Un aboiement aiguë, hurlant, succéda à de nombreux autres, tandis qu'Harleen s'était élancée comme un chien fou vers cette cavalcade, animée par cette agressivités prédatrice à l'encontre des engins moteurs que je n'avais pas encore sût dompter.

Je criais à mon tour quelques ordres simples et immédiats à l'attention de la chienne qui eurent raison de ses déplacements, la forçant à retrouver contact avec le sol, sans pour autant qu'elle ne contienne ses aboiements de plus en plus remarquable. J'étais resté tapis, progressant accroupis dans sa direction dans l'espoir de l'atteindre et la calmer avant qu'il ne soit trop tard, comme si ma silhouette pouvait ne pas être visible dans un décors aussi plat. Si les trois véhicules avaient quitté maintenant la route principale sans dériver leur attention, ce ne fut pas le cas des deux motos qui avaient remonté l'asphalte peu en arrière, et je compris rapidement, tandis que le conducteur de la première désignait ma direction à l'attention de celui de la seconde, que mon pauvre couteau ne serait que d'une maigre utilité face à la charge de ce bolide qui venait de dévier sa course et me fonçait désormais droit dessus.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/40
Sac tactique

William Spencer


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
William Spencer

Jeu 12 Mar - 22:05
Son regard se redressa pour aviser le soleil qui était lumineux en ce début de matinée, le ciel dégagé lui faisait profiter d'un voile bleu qui diffusait aisément sa chaleur, du moins à première vue. Quand il inclina la tête, il fut attiré d'un coup d'oeil à sa gauche vers une partie du ciel bien plus loin, percevant d'immenses nuages gris progresser à pas de tortue dans sa direction, ce qui laissait deviner que cette beauté bleue viendrait bientôt à être couverte.

Pour le moment, c'était un moindre mal que d'avoir un peu de soleil tandis qu'il continuait sur cette petite route qu'il avait gagné un peu plus au nord de l'axe routier principal, une précaution qui lui permettait d'éviter en théorie les plus importants risques de tomber sur des être vivants qui ne lui seraient pas agréables. La sueur de son front s'était séchée, un peu de vent passait dessous son fin pull noir pour rafraîchir son torse modelé d'une musculature sèche assez mince, mais non moins solide.

Le pantalon de ville souple qu'il portait - de même couleur - ne se faisait guère lourd, facilitant sa marche qui durait depuis des heures maintenant. Sur la route de Snyder qui était son objectif, il ne s'était arrêté qu'à une petite maison de campagne dans laquelle il avait troqué ses vieux souliers rongés par des baskets ténébreuses, si ce n'était les petites bandes grises sombres qui plaquaient ses flancs, rien de bien problématique en soi puisqu'elles n'amoindrissaient pas la discrétion qu'il leur préférait. Son souffle était calme, bien que sensiblement porté, dû à la fatigue qui s'était partiellement imposée à force d'avancer à pieds et presque sans interruption.

William avait conscience de l'urgence de sa situation : il n'avait plus de nourriture, d'arme ou de matériel, pas le moindre petit sac, seulement une petite bouteille d'eau en plastique et partiellement écrasée par sa poigne, quasiment vide du liquide salvateur qui lui avait permis d'atténuer la brûlure de son œsophage mis à rude épreuve ces deux derniers jours. Ses narines se redressaient à chaque respiration, évitant de forcer sur celle-ci en maintenant une cadence suffisante dans la modération, afin de ne pas accroître sa peine.

Son attention finie par se porter sur les abords de la ville qu'il voyait au devant, preuve étant qu'il touchait à son but. Un objectif d'accompli certes, mais qui en amenait un autre beaucoup plus sérieux, car il ne perdait pas de vue qu'atteindre la ville n'était que la partie la plus facile de son labeur. Il ne voulait pas l'accomplir, mais avait-il le choix ? Sans doute pas. Ou plutôt, il avait pris une direction entre deux chemins imposés, celle qui s'avérait la plus facile en pratique bien que sur le plan mental, l'épreuve était particulièrement ardue à endurer, même pour un homme comme lui.

Il devrait pourtant faire avec car toute autre résolution était inenvisageable. William se refusait à avoir bravé tant de mois de survie et d'affrontement pour que cela s'achève de façon aussi réductrice, non, il n'en était pas question. Ses pas le menèrent après de très longues et nombreuses minutes aux abords de cette cité, dont il croisa le panneau l'identifiant sans équivoque : Snyder. Il s'interrompit quelques instants pour observer le panneau penché vers l'arrière et la terre creusée à ses pieux métalliques, pliant la pommette gauche d'un air passablement sceptique quand il revint lorgner sur les environs.

De hauts grillages bordaient la route très au loin vers l'Ouest et le Sud, laissant entrevoir sans peine la montagne de véhicules, et surtout restes de véhicules qui y était entassés. Il était tombé sur la casse de la ville et en cela, ce n'était pas vraiment pour lui plaire étant donné qu'il y avait trop peu de chances que le lieu qu'il cherchait soit raccord à être proche d'un tel dépôt. Il reprit néanmoins sa marche pour remonter la route vers cet endroit austère, atteignant une dizaine de minutes plus tard encore la proximité de l'entrée par la route qu'il n'avait pas quitté.

La casse avait vu ses portes plier sur leurs extensions de grillage, laissant un accès béant qui trahissait probablement que quelque chose de large et imposant les avaient enfoncé. A l'intérieur, il y voyait un véritable labyrinthe de carcasses qui semblait immense et aucune perspective concrète à première vue. Les contours d'une espèce d'entrepôt se distinguaient de l'autre coté des grillages recouverts coté Est, de plaques de bois et de panneaux publicitaires ou informatives, probablement l'atelier. Un long soupir aussi las que rocailleux échappa de ses narines, ses lèvres demeurant résolument closes tandis qu'il perdait son regard dans le décor de ce cimetière à ciel ouvert qui ne promettait rien.

Finalement, il se tourna vers le nord à l'opposé de la route, où le terrain était occupé de nombreuses maisons somme toutes modestes et espacées les unes des autres, certaines dissimulées par des haies ou des murs de briques, d'autres n'avaient pas le plus petit muret autour de leurs jardins. William fit racler ses dents en mouvant sa mâchoire par à-coups. Cette ville paraissait être un désert de vie et de possibilités de se ravitailler, mais il n'avait pas vraiment d'autre opportunité que de s'en assurer. Un grognement à une certaine distance dans son dos provoqua un mouvement de tête en réflexe, qui porta les yeux clairs de l'homme sur la silhouette d'une femme, ou du moins ce qu'il en restait, extraite du labyrinthe et affublée d'une longue et large tige en métal qui transperçait son buste au niveau du foi, de part en part, sans que ça ne semble la déranger.

Son regard livide laissa William songeur quelques instants, l'un et l'autre se fixant pour des raisons différentes, la créature faisait montre d'une plus franche vigueur, traînant son corps en agitant ses bras désarticulés dans sa direction et balançant sa tête d'un coté à l'autre, on l'aurait dite shootée par tous les cocktails de drogues et d'alcools mélangés possibles si des lambeaux de chair putréfiée ne tombaient pas d'un peu partout et que son visage n'était pas rongé par les vers. A voir sa mâchoire apparente, sa bouche presque entièrement disparue et le désaxement de la partie basse, il n'était pas certain qu'elle réussisse à lui arracher un morceau de chair même si elle mordait de toutes ses forces.

Ceci étant, il n'avait guère envie de dépenser de l'énergie à se battre contre cette chose et il se moquait bien de chercher à diminuer la population des nouveaux résidents du pays, car même s'il en tuait cent par jour, il était conscient que ce serait anecdotique en perspective des millions de ces monstres qui erraient dans la nature. Avec un dédain évident, il tourna le dos à la créature qui était encore loin de l'atteindre et reprit la marche en direction des résidences, passant l'une d'entre elles, il ne scruta que brièvement un autre rôdeur qui était venu se plaquer contre la grille d'entrée, celle-ci l'empêchant de quitter le jardin quand bien même elle était à peine plus haute que son ventre troué comme du gruyère pourri.

William monta sur le trottoir après avoir dépassé les bennes à ordure qui bloquaient la parcelle antérieure et avança vers une maison au jardin dépourvu de protection, ses baskets se perdant dans la végétation si haute qu'elle atteignait ses genoux, il inclina le regard sur un ballon de plastique caché par les herbes, sur lequel un âne bleu et son ami lapin étaient illustrés dans un décor enfantin. Il se souvenait de ce dessin-animé dont ses filles avaient raffolé durant leur enfance, réclamant tous les soirs de voir et revoir ces mêmes épisodes où les seuls problèmes des ces personnages étaient de se réconcilier de leurs disputes à propos d'un jouet ou d'une part de gâteau, dans un monde où tout était grand, beau, vert, propre, agréable et poli, sans la moindre parcelle de noirceur ni de rudesse.

Des mensonges qu'il avait accepté de servir à ses filles des années durant pour les préserver du vrai monde tant qu'elles n'étaient pas assez vieilles pour en prendre conscience ; une bulle de joie et de tranquillité dans laquelle il aurait aimé pouvoir les garder toute leur vie, quand bien même il lui aurait fallu sacrifier cent autres enfants par jour en échange. Mais à son grand malheur, le diable n'était jamais venu lui proposer l'un de ses contrats, sans doute n'avait-il pas été suffisamment méritant pour attiser sa curiosité. Il cessa sa marche devant la fenêtre dont les rideaux beiges épais étaient tirés, avançant son visage pour venir discerner dans l'étroit espace visible entre les deux rideaux l'intérieur d'un œil suspicieux.

Il fallut quelques instants pour qu'il parvienne à donner sens à ce qu'il entrevoyait : une cuisine aux meubles de bois, sale bien sûr, du moins pas autant qu'il pouvait s'y attendre : l'évier n'était pas recouvert de vaisselle crasseuse ou cassée, comme les portes des placards n'étaient pas ouvertes. Sur la petite table ronde qu'il percevait, les tabourets n'étaient pas en désordre ni au sol, ils étaient glissés sous table pour trois d'entre eux, le quatrième étrangement tiré à un pas d'elle. La poussière et les déchets jonchaient partiellement le sol, mais quelque chose de bien plus particulier attira son attention : des pas, tracés dans la poussière.

Un écho tonitruant tira William de sa réflexion et il releva le regard vers un point éloigné à sa gauche, bien au-delà des autres maisons du quartier. Un coup de feu, suivi d'autres, qui firent plisser les sourcils et les pommettes de l'homme d'une surprise non dissimulée, car plus qu'une menace potentielle, c'était l'alerte donnée que des vivants se trouvaient bel et bien dans la ville. Alors que les résidus d'écho du dernier coup de feu plus minime s'entendirent, qu'une voix s'insinua à son oreille droite, à l'opposé de son regard.

« Je suis armé et je n'hésiterais pas à tirer. Levez vos mains et tournez vous doucement... »

A l'entente de cette voix assez fluette bien que masculine, laissant cerner une certaine jeunesse, William resta statique dans sa posture immédiate, les bras le long du corps, si ce n'est ses yeux qui se baissèrent vers les dalles de marbre collant la façade de la maison. Les coups de feu avaient détourné son attention et il n'avait pas senti ni entendu venir ce jeune homme à tout croire. Sa respiration demeura calme, bien que son cœur s'était sensiblement accéléré à ce contact dangereux et troublant d'humanité, de son point de vue très pragmatique.

« Je vous ai dit de vous tourner et de lever vos mains. » Insistait la voix en cherchant à rendre son ton plus ferme.

William cligna lentement des yeux, le regard fermé et les lèvres toujours aussi soudées. Sa silhouette pivota progressivement, sans empressement, vers ce qui le tenait bel et bien en joug : un homme qui ne devait pas avoir franchi la moitié de sa deuxième décennie, vêtu d'un sweat gris, d'une casquette bleu marine à l'effigie d'une marque obsolète aujourd'hui, jean et bottes courtes. Son bas visage barbu ne trompait pas sur les traits relativement juvéniles, absents de cicatrices ou de marques quelconque, et la finesse de son nez comme la luminosité de ses yeux qui l'avisaient démontraient sans aucun doute un garçon qui avait connu la galère, mais dont la conviction à agir était tout de même saupoudrée d'une méfiance cachant la crainte.

La fragilité de sa certitude perçue par l’œil avisé de William était cependant compensée par le fusil d'assaut qu'il tenait entre ses mains. Un Famas de conception française qu'il reconnaissait sans mal à sa poignée garde-main surmontant son canon et manchon cache-flamme, le genre d'arme qui déchiquetterait sa chair, ses os et ses organes si ce garçon avait l'index trop sensible sur la détente. Malgré cela, certains détails firent tilter l'ex-agent qui levait les mains - dont une tenait toujours sa bouteille quasiment vide - presque au niveau de ses épaules.

Tous deux s'observèrent de longs instants, William d'un stoïcisme dissimulant ses pensées et ses émotions comme à son habitude, véritable bloc de granite dont rien ne semblait filtrer, et ce gaillard qui se balança d'une jambe sur une autre sur son appui, tentant sans doute de se détendre un peu pour garder bonne figure, alors que sa nervosité était palpable. En témoignait la goutte de sueur que William remarquait sur sa tempe gauche, et le roulement de gorge pas suffisamment discret de la salive qu'il ravalait. En dépit de l'arme qu'il tenait et de l'exercice de confrontation qu'il semblait avoir déjà éprouvé, le petit semblait avoir peur, à juste titre. Non par la menace que pouvait représenter William, mais davantage par ces détails qu'il avait sans doute espéré qu'il ne les remarque pas.

« Il n'y a rien à voler ici. Vous avez quoi dans vos poches ? » Reprit le jeune homme, dont le renforcement simulé de sa rudesse de voix trahissait toujours plus le manque de confiance grandissant, le regard qu'il soutenait à William devant lourdement peser sur la balance.

« Rien. » Consentit à faire entendre William, de sa voix autrement plus monocorde et d'une gravité très suave à l'écoute.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Nasreen Abtani


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Nasreen Abtani

Sam 14 Mar - 16:44
Le tournevis lui échappa des mains lorsqu’elle le retira, tombant et souillant le tissu du plafonnier de quelques gouttelettes de sang. Nasreen porta sa main à son oeil gauche, essuyant le sang chaud qui y coulait depuis son front quand son autre main s’échinait à sécher les larmes de son autre oeil. L’Israélienne tremblait fébrilement sous le dévers de l’adrénaline dans son sang, et l’afflux d’émotions contradictoires qu’elle avait du mal à gérer. L’urgence de sa situation d’une part, et le besoin de recueillement face à la mort de ses compagnons. Elle fut cependant bien vite arrachée à sa léthargie intérieure quand des ronflements de moteurs suivis de crissements de pneumatiques se firent entendre, très proches. Si proches. Un véritable coup de fouet à ses oreilles, lui donnant la claque nécessaire pour s’activer de nouveau.

Elle se contorsionna pour passer entre les appuis-têtes des sièges avants pour atteindre son sac à dos, coincé entre le cadavre suspendu par la ceinture de sécurité, bras ballants, de Lilian et la fenêtre. Ce geste lui permit d’apercevoir par la lunette arrière quelques pieds s’agiter au loin, progressant en direction du Range Rover accidenté. Bien d’autres sons lui parvinrent d’ailleurs. Des instructions données à voix haute dont elle ne comprenait pas le moindre mot, quelques coups de feu, des râles et grognements de rôdeurs qui ne se privaient pas de venir sur la scène. Étirant son bras au maximum dans un gémissement d’effort, elle parvint finalement à attraper la lanière de son sac à dos pour le ramener à elle. Puis, revenant à sa position initiale, attrapant le tournevis ensanglanté pour le glisser dans la poche de sa veste, elle s’évertua à envoyer son talon dans le pare-brise fendu, frappant à de multiples reprises contre le verre feuilleté jusqu’à l’arracher de ses jointures.

La large plaque de verre tomba au sol, simplement retenu par le montant côté conducteur tandis que Nasreen se faufilait tant bien que mal hors de l’habitacle, rampant dans la poussière et les quelques gravats du magasin de prêt-à-porter dont la façade venait de faire les frais de la fin de cette course-poursuite. Au-dehors, d’autres voix retentirent, dont une se détachait un peu plus nettement des autres.

“Perds pas de temps. Siphone-la, je m’occupe du coffre,” tonna une voix masculine, à peine atténuée des oreilles de la chirurgienne par le mur enfoncé.

Cette dernière continua de ramper parmi les briques sous le capot moteur, poussant son petit sac devant elle jusqu’à s’extraire complètement de la zone accidentée, s’agenouillant ensuite dans une grimace d’effort. Elle ouvrit alors rapidement son sac coincé entre ses genoux et plongea avidement sa main à l’intérieur à la recherche de son baladeur MP3. Dès qu’elle l’eut récupéré, elle s’empressa de le mettre en marche, lâchant un profond soupir de soulagement en constatant qu’il était intact avant d’enfoncer l’un des écouteurs dans son oreille droite. Puis elle fourra le lecteur dans la poche de sa veste, se laissant apaiser par les premières mesures de piano, quand d’autres coups de feu éclatèrent au-dehors, isolés et bien moins nombreux malgré tout.

Accompagnée de Schubert, Nasreen sentit sa respiration se calmer petit-à-petit et ce malgré l’obscurité dans laquelle baignait le petit commerce. Une obscurité qui ne dura guère cependant lorsque la porte d’entrée du magasin s’ouvrit à la volée, inondant partiellement l’endroit d’une intense clarté. Les rayonnages pour la plupart encore garnis de vêtements se parèrent de jeux d’ombres et de lumières, projetant au sol des hachures sombres et claires jouant en reflets avec la poussière flottante dans les lieux, scintillant dans quelques toiles d’araignées. Quelque part sur sa gauche dans la boutique, le tambourinement régulier mais identifiable d’un rôdeur frappant contre une porte se laissait deviner.

Elle tentait d’en situer l’origine plus exacte quand une ombre humanoïde s’était découpée dans l’encadrement de la porte ouverte au moment où l’Israélienne se jetait derrière l’un des portiques à vêtements. Elle baissa le volume de son baladeur au minimum, incapable pour l’instant de se résoudre à l’éteindre ni se passer de musique, puis remit son sac sur son dos dans de précautionneux mouvements, soucieuse de faire le moins de bruit possible. De son autre main, elle prit le risque d’écarter lentement les pièces de tissu devant elle, observant entre les chemises suspendues ce qui allait advenir.

La silhouette ombrageuse avança dans le magasin, prenant la forme plus matérielle d’un homme de bonne stature, bien que passablement amaigri. De ce que Nasreen pouvait en détailler, l’homme paraissait fatigué, un visage fin de trentaine, au front haut et barré de quelques rides, un Stetson sur le crâne, les fossettes creusées, burinées par le soleil et soutenues d’une barbe hirsute. Ses vêtements n’avaient guère meilleure mine. Un gilet à manches longues, paraissant raidi par la saleté, les coudes troués et les manchettes effilées. Son pantalon, fortement resserré à la taille par une ceinture en cuir, voyait la toile de son jean dévorée par les épreuves en de multiples endroits. Sur son épaule enfin reposait la tête aux mâchoires massives d’une clé Stillson, l’extrémité de son manche retenue par sa main droite.

L’homme s’arrêta moins d’un mètre après avoir franchi le pas de la porte du magasin quand une voix s’éleva depuis l’extérieur, indistincte aux oreilles de l’Israélienne. L’homme se retourna légèrement, avant de lui répondre à son tour d’un ton renâclant.

“T’es sûr ?” L’autre voix répondit, laissant l’homme en suspens dans son silence. “Amène-toi alors. On va bien le trouver. Il n’a pas pu aller loin.”

Le pillard plissa les lèvres, un sifflement aigu s’en échappa, faisant redoubler les coups sourds contre la porte accompagnés de grognements plus vindicatifs encore. Un boucan qui interpella autant le pillard que la chirurgienne recroquevillée derrière son portique à vêtements ; le premier se dirigeant de quelques pas précautionneux dans la direction de la menace infectée et presque trop fatalement dans celle de Nasreen. L’inconnu avisa le nez écrasé du véhicule, les éclats de verre, de béton et de plastique mêlés à la poussière des lieux, puis la traînée nettement identifiable laissée dans celle-ci, d’autant plus marquée par les quelques gouttelettes de sang perdu par l’Israélienne.

Accroupie, Nasreen commença à contourner le portique, espérant s’esquiver à la vue de cet agresseur malveillant. C’était sans compter sur l’entrée d’un second homme. Bien plus jeune mais pas franchement plus épais. La vingtaine, peut-être moins, un visage juvénile à la barbe clairsemée, où moustache et menton se voulaient plus fortement velus que ses joues. Il ne faisait aucun doute que ce groupe d’agresseurs devaient se trouver en bien mauvaise posture pour prendre autant de risques, à déployer autant de moyens à prendre en chasse un unique véhicule. À moins qu’il ne s’agisse simplement pour eux d’un jeu des plus sadiques, complètement incompréhensible et opaque à l’esprit de la chirurgienne. Le jeune homme pointa du doigt la position de l’Israélienne qui s’offrait dans son champ de vision.

“Là ! Là ! Fais gaffe elle est là !” s’écria-t-il à l’attention de son acolyte, juste avant de dresser l’arc qu’il tenait en main, bandant la corde sur une flèche encochée.

Nasreen eut un mouvement de recul, la faisant basculer sur son postérieur en levant ses mains désarmées en guise de reddition.

“Pas tirer. Pas tirer,” articula-t-elle rapidement à l’intention du jeune homme, son accent hébraïque et la détresse de sa situation hachant ses mots.

Le jeune homme sembla acquiescer d’un léger mouvement de tête, son arc toujours tendu mais sa visée déviant légèrement sur la gauche de la chirurgienne. Juste de quoi laisser à son complice le temps nécessaire à couvrir la distance qui le séparait de la femme, parlant d’une voix assurée, mais sans menace.

“T’inquiètes pas poulette. On n’est pas des sauvages,” commença-t-il à raconter en parvenant à hauteur de Nasreen. L’homme la dominait de son imposante stature, et surtout son énorme clé à molette capable de lui broyer le crâne d’un simple coup bien placé.

“Ton sac,” demanda-t-il simplement, tendant sa main libre devant le visage de la chirurgienne.

Cette dernière regarda la main tendue devant son regard noir en fronçant légèrement les sourcils d’une incompréhension toute personnelle, avant de lentement amener sa main gauche dans celle de l’homme, comme une invitation à la relever. L’homme retira brusquement sa main, une grimace moqueuse déformant ses traits avant de forcer son geste en attrapant d’une main la bretelle du sac de la femme, tirant sur celui-ci. L’Israélienne l’aida alors à se débarrasser de son sac vide de quelques mouvements d’épaules.

Ce fut lorsque l'homme s’intéressa à ses écouteurs et son baladeur que la chirurgienne se montra plus farouche. Le visage grimé d’une colère possessive et d’un revers de la main, elle avait chassé celle trop tentée du pillard. Si Nasreen pouvait accepter de se trouver dépossédée de ses biens, voire d’eau et même de nourriture, il lui était par contre intolérable d’être privée de sa source de musique, véritable ancre mentale à laquelle elle se raccrochait désespérément. C’était là, selon son jugement et ses priorités bien particulières, un véritable besoin vital qui lui permettait à la fois d’affronter et se soustraire au monde.

“Non ! Pas musique !” trancha-t-elle fermement.

L'homme grommela, forçant sa tentative face à tant de contrariété, relevant sa main repoussée. La gifle qui s’ensuivit marqua d’une empreinte brûlante la joue de Nasreen, laquelle bascula complètement dans un cri surpris, se rattrapant de justesse de ses mains pour éviter à sa tête de heurter le sol.

“Arrête de faire la mongolienne !” tonna-t-il plus durement. “File-moi ça !”

“Joe !” s’exclama le jeune homme, étrangement contrarié par la violence de la scène et très clairement en désaccord avec son compère, baissant son arc un peu plus vers le sol.

L’homme dévissa la tête en direction du plus jeune, le pointant de l’index de sa main libre.

“Ta gueule minot ! Me chauffe pas !”

Une distraction de quelques secondes dont Nasreen comptait bien profiter pour tenter de se défaire de cette situation peu enviable. Les souvenirs d’asservissement l’assaillaient, revenant devant ses yeux comme autant de flashs de sa mémoire à subir les volontés et les courroux de ce premier groupe de réfugiés qui avait profité de sa faiblesse et de ses compétences pour l’exploiter, l’affamer. Plus jamais elle ne souhaitait connaître pareil calvaire de dépendance et de servitude. Aussi plongea-t-elle sa main dans la poche de sa veste pour s’emparer du tournevis. Son regard noir s’était posé sur le genou le plus proche de ce Joe qui venait de la gifler comme une enfant impertinente alors que la chirurgienne ne demandait qu’à conserver sa musique. Son équilibre. Frapper le genou. Planter la pointe du tournevis au coeur des ligaments croisés juste derrière la rotule pour forcer l’appui de cette jambe à se disloquer. Ses connaissances chirurgicales et anatomiques déroulaient dans son esprit l’enchaînement des conséquences de ce simple assaut. L’homme tomberait, lâcherait son arme et pourrait alors être utilisé comme bouclier humain face aux flèches du plus jeune.

D’un cri bref, elle extirpa son arme de fortune pour mettre son plan à exécution, portant son attaque. Mais son cri venait également de surprendre Joe qui eut un léger sursaut de recul, ramenant son attention vers l’Israélienne. Quelques centimètres. C’était tout ce qu’il avait manqué à cette dernière pour réussir à porter son coup. Au lieu de quoi, le tournevis balaya l’air, le sommet de ses phalanges repliées sur le manche de l’outil caressant le tissu du jean usé de sa cible qui ne manqua pas de riposter.

“Mais quelle garce !” rugit-il férocement, très désagréablement surpris, envoyant ensuite son pied botté dans le ventre de l’Israélienne.

Nasreen encaissa le choc d’un cri étouffé, à son tour surprise par la violence de la riposte, et celle qui lui succéda une seconde, puis une troisième fois. Elle lâcha son arme, contrainte à se recroqueviller en position foetale et ramenant tant bien que mal ses bras en protection de son abdomen et son visage.

“Voilà … ce qui s’passe … quand on est … trop sympa !” s’énervait, soufflait, se défoulait son assaillant, ponctuant ses mots de coups de pied à l’encontre de la femme. Des cris de combats et de souffrances qui semblèrent, parallèlement à la scène, donner plus d’énergie à la créature vorace piégée de l’autre côté de la porte, dont les tambourinements incessants eurent raison de sa résistance dans un craquement. De quoi détourner Joe de son défouloir de l’instant, l’homme se mettant à rouler des épaules en empoignant sa clé Stillson à pleines mains, désignant Nasreen à son acolyte.

“Occupe-toi d’elle minot,” ordonna-t-il en se dirigeant vers le mort d'un pas décidé.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Tournevis
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-

Andrew Miller


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba1115/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Andrew Miller

Dim 15 Mar - 1:35
Je voyais cette bécane de motocross filer à toute vitesse dans ma direction. Le conducteur avait gardé ses deux mains braquées sur le guidon de son véhicule, sautant par-dessus le léger fossé qui séparait la plaine légèrement broussailleuse de la route où il s'était trouvé avec une certaine aisance. Son bolide faisait un bruit d'enfer, le moteur tournant à toute allure et son pot d'échappement pétardant à tout rompre. Je doutais que le bolide soit d'une toute fraîche génération, ou seulement assez bien entretenu au regard de ce qu'il crachait à chaque accélération et je maudissais par la suite mon esprit de s'égarer à de telles pensées alors que l'urgence en l'état était toute autre.

Je reculais de plusieurs pas en gardant ma main droite fermement fixée sur le manche de la seule arme en ma possession - très fraîchement d'ailleurs, et qui m'apparaissait bien inutile au final. Se retourner et courir ? Aucune chance. Ce type me faucherait avant même d'avoir pu expirer mon premier souffle d'effort. Je me préparais alors à réagir au dernier moment, misant sur ma détente pour contrecarrer ce premier élan, espérant que mon jugé soit assez efficace pour m'épargner une moindre collision. J'étais habituellement un grand planificateur, mais en l'état, je ne pouvais que me fier à mes instincts de survie les plus purs, si on pouvait appeler ça ainsi. En d'autres termes, j'aurais plutôt dis : ferme ta gueule et dégage de là, putain.

La moto soulevait un nuage de poussière immense de sa roue arrière, traçant dans la terre asséchée, sa route comme s'il s'était agit d'un bitume tout neuf. Foutu tout terrain. Quand je cru que ce fut le bon moment, ou du moins le dernier que j'estimais correct pour que je puisse m'en tirer sans dommage, je me jeta sur le côté, plongeant sur ma gauche en y mettant tout mon poids tiré par la gravité, sans une seule once de grâce. Je retombais lourdement sur mon épaule en accusant le choc du contact du sol plus dur que je ne l'avais imaginé, roulant sur mon omoplate pour revenir sur le dos, puis redressais assez la tête vivement pour voir que mon sauvetage n'avait pas être le fruit d'une stratégie diablement efficace mais principalement dû à la volonté de mon assaillant de ne pas me percuter de plein fouet, et davantage à m'en effrayer.

Il avait lui même dérapé sur le côté opposé à ma position, faisant faire un trois-quart de tour à son engin qui balaya le reste de poussière sur les alentours, et projeta des dizaines de gravât dans ma direction. Je levais le bras en protection, plus par instinct, avec l'appréhension grandissante en flèche pour la suite des événements. Je braquais mes grisâtres sur le type que je devinais assez jeune, entre vingt et vingt-cinq ans à tout casser, les cheveux en bataille blond platine, dont le visage - à moitié masqué par un bandana qu'il avait noué autours de son bas-visage, m'apparaissait à travers les vestiges de la brume poussiéreuse. Il avait immédiatement braqué le canon de son énorme flingue dans ma direction, tendant bras et poing à l'unisson.

Il était immobile, sa bécane ronronnant comme un lion en cage qui réclamait sa dose d'adrénaline, un pied posé à terre pour servir de béquille et son bras du même côté, tendu sur ma trogne, menaçant. Voyant que le moment était venu à la temporisation, je ne fis même pas mine de vouloir résister à son insolent braquage. Je levais les deux mains hors du sol, dévoilant celle vide à ma gauche, et l'autre encore fermé sur le manche du couteau, mais prêt à en céder la propriété s'il l'avait exigé. J'étais couvert de terre et lorsque je finis par essayer d'articuler, j'en aspira quelques particules au point de m'en faire toussoter.

« J'ai que cette lame sur moi. Même pas la moindre miette de bouffe. » Finissais-je par articulé d'une voix éraillée.

« Ferme-là !» Houspilla-t-il sur un ton plus forcé que menaçant, comme s'il essayait de se donner un rôle. « Balance ton sac à mes pieds. Dépêche ! »

« Ok. Ok, on s'calme. J'vais faire ça. »

J'en profitais pour me redresser davantage, dégageant mon dos du sol sur lequel j'étais toujours vautré. Je le voyais déporter son regard vers la position d'Harleen, me permettant d'en faire rapidement de même pour vérifier qu'elle était toujours là, à observer la scène à plusieurs mètres sur notre flanc avant de retourner m'assurer que mon atout majeur était bien là, soigneusement caché dans ma manche. Il ne semblait pas prêter attention à Falcore, le Malinois tapis dans les hautes herbes, affalé sur le ventre en observant cette menace qui grondait à mon encontre. J'étais persuadé qu'il ne l'avait pas remarqué.

« Elle est pas dressée à l'attaque. » Confiais-je pour recentrer l'attention du type, captant à nouveau son attention tandis qu'il raffermissait sa prise sur la crosse de son flingue, faisant sentir son appréhension à l'idée que cela pourrait juste être une grosse connerie, et qu'à tout moment, ce chien ce jetterai sur lui.

« Elle a pas intérêt, sinon je te jure que je lui colle une bastos. Et puis ferme ta gueule putain, je t'ai demandé ton sac ! »

Je le vis déglutir, continuant de jeter quelques vifs coup d’œil dans la direction du Berger Australien en l'identifiant comme une véritable menace. Ce qu'il ne comprit pas, c'était que l'assaut allait venir de son dos, légèrement déporté sur le flanc opposé. Je n'avais même pas eu besoin de lancer de directive en sa direction, les vociférations colériques à mon encontre, sans que je ne lui donne l'injonction de ne rien faire et de rester tranquille, avaient eu raison de sa patience.

Je le vis galoper comme une fusée et bondir en se lançant de ses trente kilos de muscles et de puissance en un impact sauvage. Le minot poussa un cri aiguë de surprise au même instant qu'une puissante détonation retentit, geste qui n'avait rien de délibéré et que la chance m'honora d'en voir l'impact à quinze centimètre sur la gauche de ma cuisse, en une projection de terre. La gueule de Falcore s'était resserrée brièvement sur la hauteur de son épaule et de son biceps pendant l'impact avant que l'élan ne le fasse basculer par dessus le type et sa moto, qui se renversa durement sur le flanc, les entraînant dans sa chute.

Il se contorsionna d'une retournée agile et vive, prêt à lui bondir à la gorge, grondant et aboyant avec férocité. Je savais la situation des plus dangereuse et instable. D'un côté, ce gamin menaçant avec son arme qui avait le pouvoir de perforer le poitrail de mon fidèle compagnon d'une seule pression de détente, de l'autre Falcore les crocs acérés capable de déchirer la trachée d'un seul coup de mâchoire. C'était au jeu de celui qui serait le plus vif que l'autre, mais guère de surprise à ce paris, je savais d'avance que le gamin n'avait aucune chance. Je le vis toutefois se démener, se protégeant le visage de ses avant-bras tandis qu'il balançait ses jambes en hurlant de peur contre les flancs du canidé. Deux coups supplémentaires déchirèrent l'air pour se perdre dans le vide, les détonations emportant au loin le témoin de notre présence. Une chance que les environs étaient assez dégagé pour se soustraire à toute surprise.

Je n'avais pas attendu que le blondinet trouve la visée nécessaire pour abattre mon chien qui le malmenait avec férocité, mordant dans ses bras en cherchant une prise plus correcte à atteindre. Je me jetais à mon tour dans la mêlée, abattant ma lame vers son bras armé dans l'espoir de l'immobiliser ou au mieux, le faire lâcher prise. Mais le combat au sol était bardé de désespoirs et de sursauts de détresse, me donnant plus de fil à retordre que je l'avais imaginé pour trouver ma prise et mon point d'impact.

En dépit de l'urgence, je n'avais pas volonté de tuer ce gamin, et si les mois passés dans cet Etat m'avait appris que la vie était parfois des plus cruelle, je ne souhaitais pas apporter ma part de violence quand ce n'était pas nécessaire, ajustant mes défenses, quand il le fallait, à leur juste hauteur. Ça se voyait, ce gamin là était plus désespéré qu'autre chose, et cherchait, comme beaucoup, à survivre comme il pouvait, même si ça signifiait dépouiller les autres vivants. Je finis par réussir à bloquer son bras assez de temps pour que la pointe de la lame transperce son biceps là où les crocs avaient bien entamé le tissu de son vêtement, laissant libre passage au couteau d'achever sa trajectoire jusqu'à en atteindre le sol, de l'autre côté.

J'en profitais d'un même temps pour siffler à mon compagnon la tempérance, hurlant finalement l'ordre quand je vis qu'il n'était pas vraiment décidé à obéir à l'injonction, le forçant à revoir sa décision au rabais et se soumettre à mon autorité. Il resta à très courte distance, interrompant ses assauts, grondant, crocs déployés et babines retroussées pour que la terreur en plus de la douleur, aient raison sur l'immobilité de notre captif.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/40
Sac tactique

Ashley Danforth


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba1120/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Ashley Danforth

Dim 15 Mar - 12:04
Ashley n’avait qu’un seul souhait, faire payer à cet inconnu ce qu’il lui avait fait. Elle avait voulu lui tendre la main, et il lui avait craché au visage, sans aucune considération. Le sang coulait sur sa joue alors qu’elle fermait son œil gauche, observant rapidement les environs de cette rue qui devenait de plus en plus animée. Des rôdeurs affluaient de tous les coins, de l’Est, depuis l’extérieur de la ville qui était visible d’ici, de l’autre côté de la rue, où souhaitait se rendre cet homme qui était à présent la cible des deux rôdeurs à proximité, et quelques rôdeurs du côté ouest de cette même rue qui remontaient en direction du lieu de l’accident plus haut.

Il n’y avait aucune hésitation chez Ashley quand elle tira son carreau d’arbalète sur sa cible. Touché dans le haut du dos. L’homme s’écroula à plat ventre sur l’asphalte bien trop poussiéreux. Il hurlait de douleur, à tel point que cela faisait sourire la détective. Elle avait eu exactement ce qu’elle voulait. La vengeance, la satisfaction de pouvoir regarder de haut cet enfoiré qui aurait pu s’élever avec elle, mais qui avait choisi de barboter dans la fange. Cette ultime satisfaction de voir ceux qui se pensaient supérieurs tomber lourdement sur le sol, agonisant, pleurant pour une aide inespérée, alors que quelques secondes avant, ils crachaient au visage de ceux qui avaient la bonté de les aider.

« On se dépêche Nat’ ! » dit-elle rapidement alors qu’elle rechargeait son arbalète.

Sa loyale acolyte hocha la tête sans dire un mot, suivant sans dire un mot la grande Ashley. Elles couraient pour rejoindre l’homme agonisant à une dizaine de mètres d’ici tandis que deux rôdeurs commençaient à être relativement proches. Les râles des morts couvriraient bientôt les pitoyables gémissements de cet homme qui pleurait. Face à la mort, la peur des hommes atteignait toujours son apogée. Il devait avoir dans la trentaine, brun, une barbe épaisse, un visage osseux, sans aucun doute à cause de la faim. Ses yeux semblaient gris au premier regard, et uniquement au premier regard, car Ashley n’accorderait aucune importance à cet homme qui la suppliait.

« S’il te plaît… Sauve moi et je ferai tout ce que tu veux… » disait-il alors qu’Ashley l’enjambait pour donner un coup de pied dans son arme de poing tombée un peu plus loin, faisant glisser cette dernière sur le sol jusqu’à Natasha qui l’attrapa et la rangea dans son sac après avoir vérifié les balles restantes. Aucune. Ce salaud avait tout fait de travers. Il ne restait aucune balle dans ce putain de chargeur. Sans prononcer un mot, elle appuya à l’aide de son talon sur le carreau qui était encore planté dans le dos de son agresseur. Mais cette fois-ci, aucun sourire ne s’affichait sur le visage de la tortionnaire qui était, quelques secondes auparavant, la victime.

L’homme hurla, se retournant légèrement sur le côté, laissant Ashley entrevoir quelque chose de caché au niveau de sa ceinture, comme s’il y cachait une arme… En y mettant la main, elle sentit ce qu’elle était venue chercher. Ce n’était pas une arme, c’étaient des torches. Alors qu’elle venait d’attraper la première, elle sentait une main lui agripper l’avant-bras. Il était au sol, il pleurait et il tentait de lutter pour conserver ses maigres ressources. Un coup d’arbalète dans le nez suffisait à le faire lâcher prise. Elle plaça rapidement les torches dans une poche intérieur de son manteau après avoir légèrement descendu la fermeture éclair de ce dernier pendant que Natasha tournait autour d’un rôdeur qui s’approchait un peu trop rapidement d’Ashley.

Elle le maintenait hors de portée avec le canon de son fusil d’assaut, l’empêchant d’avancer jusqu’à ce qu’Ashley allume une de ces torches et la jette à quelques mètres de cet homme agonisant au sol. Elle allait dégager la rue et elle pourrait avancer en direction de l’accident, c’est là-bas qu’elle pourrait trouver quelque chose d’intéressant, un véritable intérêt dans cette ville bien trop peuplée. Elle sifflera pour attirer l’attention de Natasha sans un mot avant de se diriger vers l’intérieur du bâtiment où souhaitait se rendre leur victime qui hurlait qu’on lui vienne en aide. Mais c’était trop tard, quelques secondes après, ce n’était que des hurlements de douleur qui sortirent de sa gorge. C’était à cet instant qu’Ashley commençait à sourire. Il n’avait que ce qu’il méritait.

Les deux femmes traversèrent la maison en question rapidement sans prêter attention à ce qu’il se trouvait là. Le salon par lequel elles étaient entrées avait dû voir sa bibliothèque retournée, car si le meuble était toujours debout, tous les livres qu’elle contenait étaient jetés au sol. Sans doute un toxico qui cherchait un pochon d’herbe dans une cachette incongrue. A part cela, le salon semblait ne pas avoir été touché par l’apocalypse, une poussière monstrueuse dans toute la pièce, même si elle pouvait distinguer quelques traces de pas ici et là, ce qui indiquait que cette maison avait été visitée récemment, ce qui confortait Ashley dans l’idée que le réel intérêt d’aujourd’hui était l’accident, et non pas une quelconque maison visitée et revisitée comme l’une de ces nombreuses filles faisant le trottoir dans les sombres ruelles d’Austin n’attendant que quelques billets pour vous transmettre une énième IST.

Alors qu’elle tentait d’ouvrir une porte, elle sentait une résistance, un coup d’épaule lui permit d’entrouvrir cette dernière, mais elle aurait eu besoin que Natasha l’aide à pousser pour pouvoir découvrir le cœur de la maison. La cuisine. Qui ressemblait plus à une salle de bain vu le bain de sang qui avait eu lieu ici. Ce qui bloquait la porte, c’était un cadavre, mais ce n’était pas le seul. Il y avait deux autres corps contre le mur de la cuisine. L’état de décomposition avancée du cadavre qui bloquait la porte ne laissait pas de place au doute. C’était un rôdeur, et le fait qu’il ait fallu trois balles pour l’abattre ne pouvait que conforter Ashley vers cette déduction. Une dans la poitrine, une dans la gorge et une dans la tête. Alors qu’elle reportait son attention sur les deux autres cadavres, elle entendit Natasha avoir un haut le cœur, sans doute à cause de l’odeur ignoble qui se dégageait de cette pièce. Ashley n’avait pas osé respirer depuis son entrée ici, retenant sa respiration autant que possible de peur de voir le maigre contenu de son estomac se répandre sur le sol.

Il y avait eu un vivant parmi les deux cadavres en face d’elle, et bien évidemment, un rôdeur, encore un, toujours un de plus. L’homme avait dû se battre au corps à corps avec une lame qui était restée plantée dans le torse du mort, mais c’était une balle dans la tête qui avait dû achever l’infecté. Tout comme lui-même d’ailleurs. Il semblait s’être fait mordre au niveau du cou avant de pouvoir éliminer son agresseur revenu d’entre les morts avant de se faire sauter le caisson, pour éviter de souffrir ou par peur de devenir un putain de monstre à son tour. Alors qu’elle s’avançait pour récupérer les deux armes face à elle, elle fût contrainte de respirer, et ce qu’il devait arriver arriva. Elle délivra le contenu de son estomac bien trop promptement sur les pieds du suicidé avant de lâcher un énième juron en s’essuyant du revers de la manche.

L’arme à feu était vide, bien évidemment, cela devenait une habitude. Cependant, la lame qui était plantée dans le thorax du rôdeur n’était pas vide, et pourrait servir encore et encore. Pas besoin de munitions, c’était enfin une bonne nouvelle. Elle l’arracha sans trop d’effort alors qu’elle trouva en même temps l’étui de cette arme. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire, malgré la situation générale, l’horreur de cette pièce, l’odeur de cette pièce, la balle qu’elle avait reçue, cet homme qui s’arrêtait enfin d’hurler, rendant sans aucun doute son dernier souffle, mais surtout ça. C’était une lame cachée dans une canne. Elle n’avait vu ça que dans les films et dans une saisie faîte par un de ses anciens collègues.

Alors que Natasha avait rangée la seconde arme à feu et qu’Ashley avait rangée cette lame à sa ceinture, au niveau de sa hanche droite, elle ouvrit une porte pour sortir de la cuisine. Elle menait sur un débarras, où un lave-linge et un sèche-linge se trouvaient. Il n’y avait plus de cris pour attirer de nouveaux rôdeurs, elle n’avait pas de temps à perdre. Ouvrant la dernière porte de cette maison, celle qui donnait sur le jardin, elle fût surprise de voir les palissades enclavant le jardin complètement défoncées. Comme le jardin d’ailleurs, quelqu’un semblait avoir roulé en tracteur ou… En camion. Ce camion qui avait roulé à travers les quelques jardins paisibles de ces modestes habitations, détruisant toute la tranquillité d’au moins quatre maisons dans son sillage avant de détruire tout bonnement le mur d’une de ces maisons comme l’aurait fait un véhicule bélier. C’était une bonne idée pour éviter les bouchons qui avaient sans doute eu lieu aux entrées de la ville. Couper à travers champs, ou dans ce cas présent, à travers jardin. Mais c’était une bonne chose pour Ashley, son chemin était déjà tracé.

Alors qu’elle faisait signe à Natasha de la suivre, elle voyait ici et là quelques rôdeurs affluer vers la rue de l’accident. Certains en direction de l’Ouest, vers l’endroit où était censé avoir eu lieu l’accident, et d’autres vers le cadavre encore chaud de cet homme qu’elle avait laissé mourir, dans la plus grande des souffrances, sans le moindre remord. Les rôdeurs n’étaient pas une menace directe, du moins pour l’instant. Le duo avait passé du temps à courir, bien trop de temps, et les rôdeurs étaient bien trop lents. Si elles pouvaient éviter de prendre des risques en nettoyant la zone alors que ce n’était pas vital, elles éviteraient.

Elles sprintaient, jetant un regard à droite ou à gauche, observant les rôdeurs affluer vers en direction de la route principale. Une dizaine devaient être en train d’arriver vers depuis le nord et se rendaient au même endroit que nos deux héroïnes qui courraient sur le passage légèrement boueux laissée par ce camion. Elles traversaient les quatre jardins de ces quatre maisons sans aucune difficulté, arrivant au niveau du camion qui était encastré dans l’un des murs arrière, ouvrant un large passage à Ashley et Natasha. Lorsqu’elles jetèrent un œil en direction de l’habitacle du camion, elles ne voyaient rien d’autre qu’une énorme tâche de sang mêlée à de la poussière qui recouvrait la vitre du conducteur depuis l’intérieur.

S’engager dans cette maison était sans difficulté, même si elles devaient faire attention aux premiers pas, les gravats dans ce qu’il semblait être la cuisine étaient nombreux, mais une fois cet obstacle franchit, elles pouvaient se rendre dans le salon et jeter un œil par la fenêtre. Elles avaient une bonne vue de l’accident, une très bonne vue. Le conducteur du Range Rover avait eu une envie mortelle de shopping se dit-elle, souriant légèrement alors qu’elle observait la scène à l’aide de la lunette de son arbalète.

« On fait quoi ? » demanda Natasha dans un murmure, laissant Ashley entendre encore une fois ce mélodieux accent. Oui, que faire ? Un homme était en train de siphonner le réservoir tandis que deux autres étaient en train de nettoyer la rue des cadavres qui approchaient à l’aide de leurs armes à feu. L’un avait un fusil d’assaut, différent de celui de Natasha, et avec sans doute plus de munitions, tandis que l’autre avait un pistolet. Elle pourrait en tuer un, mais pas deux avec un seul carreau. Puis lui vint une idée, encore une, elle serait sans doute excellente, comme le fait de laisser un appât vivant attirer les morts avec cette torche.

« Tu vise celui avec le pistolet, d’accord ? » chuchota Ashley à l’attention de la jeune blonde. Étrangement, ce n’était pas un ordre, le ton était plutôt doux, elle avait même lâché un sourire à sa comparse. Elle l’invita à la suivre d’un léger mouvement de la tête avant d’ouvrir rapidement la porte principale de cette maison qui donnait sur cette route où bien trop d’animation avait lieu. Si l’homme au pistolet regardait vers la direction du cadavre fraîchement dévoré, l’autre, le plus dangereux, celui armé d’un fusil d’assaut était en train de viser un rôdeur qui approchait par l’Est. C’était le bon moment. Ouvrant la porte d’un coup sec, Ashley visa directement l’homme qui venait juste d’abattre d’une balle un rôdeur proche de lui, tandis que Natasha sortait à la suite, visant l’autre homme sans dire un mot, celui au pistolet qui avait relevé son arme au moment où il voyait les deux femmes sortir.

« Mains en l’air ou on allume ! » Hurla Ashley. L’ordre était clair, simple, l’homme siphonnant l’essence du véhicule se retourna, mais elles n’avaient que deux armes à pointer sur eux, par chance, il n’avait pas d’arme en main, contrairement à l’autre, celui armé au fusil d’assaut qui commençait à se retourner. Aucun risque à prendre. Ashley tira. Un carreau d’arbalète dans la gorge. L’homme lâcha par réflexe son arme qui tomba lourdement au sol alors qu’un coup de feu se faisait entendre. L’homme au pistolet était en train de tirer sur Natasha. Les deux femmes se mirent à courir dans la maison par laquelle elles étaient rentrées alors qu’elles se faisaient arroser de balles, le chargeur du pistolet devait être vide car pendant une seconde, elles n’entendaient plus aucun tir.

Dans la précipitation, Natasha, tomba au sol à quelques pas de la porte d’entrée de ce qui aurait dû être leur refuge contre ces barbares, qui, comme tous les autres, n’étaient pas très réceptifs au dialogue. Peut-être que tirer en premier était la meilleure des solutions désormais. Ashley agrippa de sa main gauche la jeune infirmière au niveau du bras avant de la tirer en direction de la maison. Pas assez rapidement. Elle avait éliminé l’autre, créant une diversion pour pouvoir remonter au niveau de l’accident sans problème, elle avait éliminé cet homme au fusil d’assaut qui était la plus grande menace, mais voilà. Elle devait sauver Natasha. Encore une fois. Elle devait tout faire, mais bien heureusement, elle réussissait à chaque fois. Serrant les dents elle tira la russe, et alors qu’elle avait mis un pied dans la maison, elle entendit un coup de feu. Un tir de pistolet dans leur direction. Ashley n’avait pas été assez rapide, ralentie par le fait de tirer Natasha qui avait dû se tordre la cheville ou autre chose, elle avait été touchée par une balle. Encore une fois.

Serrant les dents face à la douleur, elle ne lâcherait pas Natasha avant de l’avoir mise entièrement à l’abri, qui grimaçait de douleur lorsqu’elle tenta de poser son pied à plat sur le sol. Ashley réarma son arbalète toujours en serrant les dents, grognant légèrement au moment de ce geste simple et répété des dizaines et des dizaines de fois. Elle était submergée par la rage, rien n’aurait dû se passer comme cela. Alors que des gouttelettes de sang commençaient à toucher le sol, Natasha s’approcha en clopinant, s’approchant de son bras gauche.

« Fais moi voir, je vais te soigner. » disait-elle avec inquiétude alors qu’Ashley scrutait la rue par la fenêtre, observant ce qu’il se passait à l’extérieur. Tendant sa main gauche vers l’infirmière, cette dernière aurait pu constater que la balle avait touché l’auriculaire et l’annulaire gauche, faisant quelques dégâts mineurs. Mais l’ancienne détective retira sa main après quelques secondes, de manière assez brusque.

« On n’a pas le temps. Tu restes ici, je vais buter ces enfoirés et je reviens. Barricade les portes arrière. » Ordonna-t-elle.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Cobra RX Carr.
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : Carr.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

William Spencer


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
William Spencer

Mer 18 Mar - 0:39
« Menteur ! »

Le jeune homme avait rétorqué en relevant le canon du fusil d'assaut vers le visage de William, sa crosse contre la hanche et ses mains resserrant leurs prises de sa tension que William pouvait ressentir de façon presque palpable, au travers de ses yeux inquisiteurs.

« Tes poches, vide-les et pose ce que t'as au sol. Sors-les de ton pantalon. Je te préviens, au moindre geste ou au moindre mot de travers, je te tue. »

« Tu n'en fera rien. »

A cette réplique au ton particulièrement froid de William, dont le regard fixateur n'avait pas cillé depuis le début de la rencontre, le jeune porta un regard à droite, puis à gauche, avant de revenir à l'homme en plissant les sourcils d'une certaine surprise, mêlée d'une angoisse plus difficile à dissimuler.

« Tu penses que je bluffe ? Tu veux vraiment mourir ? »

William prit une inspiration par les narines, longuement, expirant en répondant avec un certain harassement :

« Tu me menaces avec un fusil d'assaut, mais tu as le cœur qui bat trop vite, je l'entends s'agiter. Tu as peur. Pas de me tuer, tu l'as déjà fait, je le sens aussi. Tu as peur que j'ignore ton fusil et que je te saute à la gorge, parce que tu sais que tu ne m'en empêcheras pas. »

Malgré l'assurance de ses paroles et ses insinuations effrayantes, il n'avait pas baissé les mains ni bougé d'un pas, se montrant même plutôt très immobile. Son ton toujours aussi calme, posé et linéaire fut une raison supplémentaire qui expliqua le tressaillement du jeune homme, ce dernier restant paralysé quelques instants sans piper mot, avant d'être pris d'un élan d'énervement, ultime tentative de gagner la main en jouant une dernière carte toute autant simulée. Il fit un pas en avant et gronda de sa voix qui peinait à beaucoup monter en force et en gravité.

« Je compte jusqu'à trois et tu crèves ! Un ! Deux ! »

« Tu as laissé la sûreté. » Coupa de son ton imperturbable William.

A nouveau, le jeune homme se figea, instantanément refroidi. Son regard s'inclina sur son fusil, cachant quelques instants son visage par la visière de sa casquette, avant qu'il ne relève les yeux sur William en pressant les lèvres. La brillance relevée de son regard fut preuve qu'il était pris de cours et ne parvenait plus à maintenir sa comédie.

« Ton index, tu as fait légèrement pression sur la détente quand tu t'es énervé. Il n'y a pas de munition n'est-ce pas ? »

La pression des lèvres du jeune homme évolua en compression nerveuse, les dents serrés, tandis que ses mains relâchaient quelque peu leurs prises sur l'arme. Il fit un pas en arrière, qu'il voulu discret et le geste laissait deviner à William qu'il avait l'intention de prendre la fuite.

« Je n'ai pas d'arme. » Il baissa doucement les mains, ramenant ses bras le long du corps. « Nous en sommes au même point. Je viens d'arriver à Snyder, comment est-ce que tu t'appelles ? »

Le jeune homme marqua un temps d'hésitation, pris entre le désir de fuir et son étonnement de voir que William ne cherchait effectivement pas à lui sauter à la gorge, pour reprendre ses paroles. Face à la posture simple de William qui ne se déplaçait toujours pas, laissant simplement entendre le plastique de sa bouteille sur laquelle il avait exercé une légère pression, un souffle de lassitude exprima sa fatigue et le jeune homme lâcha le fusil de sa main droite, abaissant sa seconde pour ramener l'arme au niveau du bassin, le canon vers le sol.

« Je ne me suis jamais servi d'un fusil. » admit-il, fronçant du nez en portant sa main libre à sa poche de veste dans laquelle elle disparu. « J'ai déjà utilisé des pistolets, des couteaux, des tournevis... ce genre de chose. Le mieux que j'ai... »

Après quelques secondes, il tira de sa poche de veste un poing américain au design courbé assez atypique et à l'acier noir. L'arme faisant poids sur sa paume de main, il haussa les épaules et de l'ongle du pouce fit pression sur une accroche pour déplier la lame inoxydable que cachait l'arme.

« J'ai trouvé cette arme il y a quelques jours. Pas facile de tuer des décérébrés avec ça. »

Son regard relevé sur William, il y perçut une lueur qui le laissa un instant perturbé, car ce dernier avait jeté un coup d'oeil à cette arme qu'il découvrait avant de revenir à son vis à vis. Aussi stoïque qu'il demeurait, l'expression de ses yeux avait sensiblement changé, un peu plus terne, un peu plus... sombre. C'était anecdotique, mais à son tour, le jeune homme l'entrevit et il relâcha une expiration plus sèche.

« Merde... je me suis fait avoir. » Exprima t-il avec une désolation apparente, un voile de tristesse embaumant son visage alors que sa gauche lâchait le fusil qui tomba dans l'herbe lourdement. « C'est pas la première fois que je cède à un moment d'inattention. Sans doute qu'au fond, j'ai espéré croiser quelqu'un de bien pour une fois, je dois être plus con que je ne le pensais. Ce monde est vraiment pourri. »

Il soupira à ses derniers mots en baissant le visage vers le sol, dépité et exténué, face à William qui cligna lentement des yeux en seule réponse, sa langue glissant sur sa dentition derrière ses lèvres.

« Il ne l'est pas plus qu'avant. » Dit après quoi ce dernier en diminuant un peu plus la tonalité de sa voix, sans artifice. « Nous avons juste arrêté de nous cacher les yeux. »

Le jeune homme sourit doucement, tristement, puis exécuta un acquiescement aussi léger que lent.

« Je m'appelle Jarod. »

« William. »

« Tu comptes essayer de me dépouiller William ? »

« Je le crains. »

« Mh... je vais être obligé de te tuer. Pas de sûreté ce coup-ci. J'aurais préféré l'éviter. »

« Je sais. Aimes-tu quelqu'un ? »

« Si j'aime quelqu'un... ? Elle... elle s'appelait Priscilla, c'était la plus belle des étudiantes. Et elle m'avait choisi, c'était ma petite-amie. Et toi ? »

« Mes filles, Tessa et Alexandra. »

« Ce sont de jolis noms... elles sont encore vivantes ? »

« Elles le sont. »

« Je vois. Si je fais leur rencontre un jour, je leur dirais ce qu'il s'est passé... et à quel point je suis désolé. »

Ce qui s'en suivi... un drame nécessaire, une abomination mélancolique et pour William, au travers de Jarod, les bribes d'émotions qui lui donnaient une bouffée d'humanité, alors qu'il agissait en monstre lucide de ce qu'il était. Jarod s'était lancé d'une impulsion vers l'avant, cherchant à lever son bas armé vers la gorge de William. Mais ce dernier n'avait pu que l'anticiper et il lui était trop rapide. Un faucheur, moissonnant les vies que son esprit dévorait pour en tirer un peu de chaleur, d'émotivité, apaisant l'espace de quelques instants son cœur prisonnier d'un cocyte glacé d'où pouvait brièvement émerger son âme des profondeurs du Styx quand cela avait assez d'intérêt, en l'absence de ses deux anges qui elles seules parvenaient à le faire sans nécessité de sacrifice.

Sa main avait lâché sa bouteille d'eau presque vide et avant que celle-ci ne touche le sol, il avait frappé de sa paume le poignet du bras armé du jeune homme, sa sœur fermée en poing-marteau allant elle écraser sèchement la pomme d'Adam du pauvre agneau, qui fatalement lâcha cette arme atypique dont il n'avait pas compris l'usage pour plaquer ses deux mains sur sa gorge meurtrie en s'étouffant. William n'avait fait qu'un pas très mesuré dans ses gestes, se bras se mouvant sans casser la droiture de sa silhouette haute.

Avant que Jarod n'atteigne le sol des genoux dans l'affliction qui avait aspiré en un instant toutes ses forces et toute sa volonté déjà grignotée par la force des choses, aspirée avec autant de cruauté que l'air qu'il peinait à retrouver, William était passé dans son dos en glissant son bras gauche autour de son cou afin de faire pression sur sa trachée. Le pauvre hère avait lâché sa propre gorge dans la précipitation, malgré le fait qu'il n'ai pu reprendre son souffle et tentait de saisir ce qu'il pouvait de William de mains hasardeuses, en vain, car l'homme était habitué de ce genre de prises d'étouffement, il en avait fait son mode opératoire privilégié.

Le menton relevé pour échapper aux gestes frénétiques et paniqués de Jarod, il avait infligé son talon en pilon juste sous le genou de ce dernier par l'arrière pour lui faire ployer la jambe et céder à son équilibre, s'abaissant afin de s'offrir une prise d'autant plus fatale tandis qu'il sentait déjà les veines du garçon saturer, des sons éraillés échappant de sa gorge pressée jusque l'insupportable. William ne regardait pas sa victime agoniser, il n'en avait jamais ressenti le besoin. Il préférait perdre son regard dans le vague qui se présentait à lui afin de se concentrer sur ses autres sens, s'abreuvant de la strangulation qui engendrait tant de réactions instinctives, émotives, désespérées, par le corps comme par les fragments de râles étouffés.

Ce n'était pas par sadisme qu'il agissait ainsi, mais par désir de vivre ces derniers instants intimistes en compagnie de ce semblable, où il n'y avait plus de tricherie, plus de manipulation, plus de déni, ni de mensonge : des émotions véritables, primaires, immodérées, poussées par un hurlement spirituel qui suppliait à la vie de ne pas l'abandonner, sans qu'il n'ai besoin de le dire ou de lui arracher le moindre cri de douleur. Il n'existait pas de lien plus fort que celui de partager les derniers instants qui précédaient la mort et grâce à cela, il pouvait absorber ces émotions chaotiques et sincères se déversant en avalanche, au point de s'insinuer derrière le Cocyte et trouver le cœur glacé qui était malgré lui inondé de cet ultime écho de vie si intense au bord du précipice, comme une bouffée d'air frais et pur surgissant au bout d'une interminable agonie propre à celui qui ne pouvait pas véritablement ressentir, pas comme il aurait dû, pas comme il l'aurait voulu.

« Je suis désolé, j'aurais aimé l'éviter. » Souffla d'une peine douloureuse l'assassin en reprenant les mots du jeune homme, sa voix plus meurtrie par les sentiments qui affluaient que par la pression qu'il exerçait avec férocité, et ses yeux rougissants d'une terrible compassion qui venait d'imbiber son âme si sèche au quotidien, au point qu'il en saturait tant cela le déstabilisait.

« Laisse-toi partir mon garçon, ferme les yeux. Ce sera bientôt fini et tu pourras te reposer. Ce sera bientôt fini... »

Il ferma les yeux, une larme dégringolant du coin de son œil en humidifiant sa pommette d'un long tracé, jusque trouver la naissance de sa mâchoire où elle s'écrasait dans le renfoncement de sa joue, dépérissant faute d'avoir pu rester suffisamment consistante. Jarod avait cessé de se débattre et de racler l'herbe de ses chaussures, s'immobilisant finalement en relâchant ses bras qui s'effondrèrent - absents de vie - sur la fraîche verdure. William demeura ainsi quelques instants les yeux clos et son bras encore en étau du corps, puis il prit une inspiration qui cachait une légère humidité au fond de ses cavités nasales et consentit finalement à déposer le jeune homme qui n'était plus sur l'herbe avec soin et une certaine affection, ses yeux se posant quelques instants sur son visage inanimé.

Sa paume vint balayer d'un revers déconsidéré le vestige de cette larme unique, puis il observa le sol à la recherche de l'objet premier responsable de cette exécution, ramassant le M-Tech MT qui avait échappé à la main de Jarod, le repliant des mains avant de glisser les anneaux du poing qu'il formait de nouveau entre les doigts de sa dextre qui se refermèrent dessus avec une certaine vigueur ; il avait de nouveau en main un outil de mort qui faciliterait d'atteindre ses objectifs et en cela, il n'avait au final plus la moindre compassion pour le défunt qui n'avait été que la proie inévitable de cette cruelle jungle.

Un râle fit relever le regard de l'homme qui avisa la large rue d'où il était venu : la créature l'avait suivi et semblait annoncer, stupidement d'ailleurs, qu'elle l'avait retrouvé, s'avançant vers lui en boitant de sa jambe gauche visiblement brisée, ou tout du moins aurait-elle dû l'être car par un moyen inexpliqué elle parvenait à s'y appuyer avec la même indifférence que pour cette tige en métal qui ne se lassait pas de la transpercer. Ça n'avait au final aucune importance, pas plus que le second rôdeur qui emboîtait le pas de la première, vraisemblablement il était parvenu à faire céder ce portail ou à passer par-dessus au moment opportun.

D'un papillonnement des paupières blasé, William revint à sa victime et vint tâter ses poches, ouvrir sa veste et le redresser de flanc pour vérifier l'arrière de sa ceinture : il y trouva un pistolet dissimulé sous sa chemise, coincé par son jean dont la ceinture avait été un peu trop serrée sans doute pour être certain de ne pas le perdre. Il n'avait aucun doute sur le fait de n'y trouver aucune munition puisque Jarod ne s'en était pas servi, malgré avoir évoqué en connaître l'usage contrairement au fusil. Cela n'empêcha pas William de l'y tirer pour ranger ce S.A 911 à son tour à l'arrière de sa ceinture, le coinçant sous son caleçon plus restreint que son pantalon trop ample pour retenir ce maigre poids.

D'un vif regard, il avisa l'avancée des deux bêtes qui progressaient dans sa direction, l'un embrigadé par l'autre, se redressant ensuite pour enjamber le cadavre et ramasser prestement le FA-MAS de sa main libre avant de s'éloigner dans la direction opposée, faisant passer le fusil dans son dos en déclipsant quelques instants la bandoulière qu'il resserra également pour plaquer l'arme contre son dos et éviter toute gêne. Il ne prit plus la peine de se retourner alors, étant donné qu'il savait pertinemment que les deux mangeurs de chair ne le suivraient pas plus longtemps : un repas leur avait été servi sans effort, autrement plus savoureux qu'il ne l'aurait été lui-même certainement, ce qui aurait représenté une offrande tout à fait intéressante s'il y avait quelque chose à tirer de ces idiots décharnés.

Quelques minutes de marche lui firent remonter l'allée des propriétés pavillonnaires, s'apprêtant à suivre la rue en direction de l'Ouest, quand de nouveaux coups de feu retentirent au loin vers le Sud. Cette fois encore il porta le regard en direction de ces éclats trahissant de la vie avec une certaine curiosité marquée du plissement de pommette et d'oeil qu'il affichait en s'arrêtant, l'homme s'interrogeant sur le potentiel avéré ou insuffisant qu'il y trouverait s'il cédait à cette curiosité. Il savait que ce ne pouvait pas être sa destination, pourtant, la perspective de l'intérêt qu'il pourrait provoquer en venant à l'aide d'individus, ou à l'inverse en les éliminant, ne pouvait être balayée aussi prestement.

Sa réflexion se poursuivie près d'une minute supplémentaire, jusqu'à ce qu'une silhouette errante, une de plus, n'attire ses yeux près d'un jardin voisin, celle-ci se heurtant à une niche de chien et s'effondrant lamentablement avant de se redresser, bousculée par une seconde à qui il manquait tout un morceau de l'épaule et du cou, la rendant d'autant plus exécrable. En cela, voir deux rôdeurs se vautrer dans leur ridicule n'aurait pas de quoi être relevé, pourtant ce détail finie étrangement par décider l'homme qui les observaient se diriger probablement vers les coups de feu en l'ignorant totalement, quand bien même il était planté au milieu de la rue.

Une inspiration précéda ses pas qui le portèrent dans la même direction, l'incitant à presser le poing droit armé quand il s'approcha d'une des propriétés pour couper par son jardin, sa senestre libre poussant le portail rouillé qui se fit largement entendre à quelques mètres alentours, accélérant sa marche sans qu'il ne s'impose une course quelconque pour longer l'allée verte assez étroite entre la haie et la façade de maison. C'est quand il atteignit la terme de cette allée en ayant grandement ignoré les pièces visibles au travers des fenêtres, ne guettant qu'une présence menaçante à tout hasard, qu'il déboucha sur l'arrière-cour où il tomba face à un rôdeur qui vraisemblablement, avait essayé en vain de trouver un passage dans les haies et à présent se retournait plus par défaut que par conviction.

La vue de William l'intéressa pourtant prestement de sa toute relative hauteur, sa silhouette obèse et boursouflée, rongée par des vers et son ventre gras putride déchiré par endroit, rempli de larves abjectes. Loin de chercher à contourner la menace cette fois, car le monstre s'était imposé entre lui et le portail de bois qui donnait sur l'autre parcelle du quartier, il avança droit vers lui d'une marche tout à fait assurée, ne s'autorisant qu'un bref coup d’œil vers la véranda détruite pour s'assurer qu'aucun autre cadavre ne viendrait prêter main forte à son adversaire nauséabond.

Celui-ci se porta vers l'avant en levant ses énormes bras quand il fut suffisamment proche pour espérer s'en saisir, mais il fut remercié de son intérêt par un destructeur uppercut armé du poing d'acier et très brièvement amorcé par une gestuelle maîtrisée de William, qui mettait de coté tout élan ou effort inutile, concentrant toute sa puissance dans une frappe sûre pour repousser la masse grouillante de ce gros lard sans risquer de projection de chair infectée. Et pour cause, la frappe brisa en plusieurs morceaux la mâchoire inférieure du rôdeur qui bascula la tête vers l'arrière, le liquide poisseux qui s'était extirpé de sa bouche projeté en l'air avant de lui revenir sur la gueule, il s'effondra ensuite sur le dos dans un bruit sourd que William aurait juré être accompagné d'un éclatement de son arrière-train à l'image d'un ballon d'eau.

Sans perdre plus de temps, l'homme passa à coté de la chose méprisable en sortant de sa poche gauche un chiffon terne et partiellement sale, qu'il fit plier vers l'intérieur de deux doigts libres afin d'exposer la partie la plus propre avec laquelle il vint s'essuyer la main vibrant encore quelque peu du coup porté, passant entre ses doigts dans le but d'éliminer tout résidu possible. Il rangea ensuite le chiffon dans sa poche et vint d'un rude chassé de la jambe droite ouvrir violemment le portail qu'il avait repéré branlant l'instant précédent. Dans l'avenue principale, d'autres rôdeurs affluaient en nombre grossissant vers la zone des tirs qui se fit entendre à nouveau, mettant l'homme en posture de grande prudence pour atteindre la zone de l'accident dont il n'avait pas encore connaissance, en évitant autant que possible tout autre errant, lesquels commençaient à dangereusement se regrouper.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Nasreen Abtani


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Nasreen Abtani

Mer 18 Mar - 22:36
Délaissée durant quelques instants par son agresseur, Nasreen poussa sur ses jambes et bras perclus de douleurs encore vives, tonitruantes sous sa peau, vibrantes au rythme des battements affolés de son coeur. Un gémissement d’effort souffreteux quitta sa gorge lorsqu’elle tourna le regard vers le brutal Joe, dont les mots haranguant le cadavre se détachaient bien plus que sa silhouette dans la pénombre du commerce. Les grognements de la créature gagnaient en intensité jusqu’à ce qu’un coup sourd à la résonance étouffée ne la fasse taire.

De l’autre côté, le surnommé minot venait de rejoindre l’Israélienne. Avec un mouvement méfiant et l’oeil attentif, il contourna la chirurgienne tabassée pour aller se saisir du tournevis échappé, glissant l’outil improvisé en arme dans l’une des poches de sa robuste veste. Le jeune homme laisse filer un profond soupir, bien plus exaspéré que dédaigneux.

“Pourquoi les gens compliquent toujours les choses ?” marmonna-t-il dans une rhétorique bien plus adressée à lui-même qu’à la femme en s’accroupissant auprès du sac à dos.

Il ouvrit celui-ci et le retourna pour le vider de son contenu bien maigre. Une bouteille d’eau roulant sur le sol, rapidement bloquée dans sa fuite par la main du gamin, ainsi que le brassard blanc marqué d’une croix rouge, couvert de crasse et d’éclaboussures diverses. Le morceau de tissu suscita une curiosité soudaine et intéressée chez le jeune homme qui posa son regard brun sur l’Israélienne.

“Tu es médecin ?” demanda-t-il, sa voix juvénile trahissant un soupçon d’espoir attristé.

Nasreen dévisagea le jeune homme de longues secondes, puis regarda le brassard avant de revenir vers son visage, acquiesçant à sa question par un hochement de tête muet. Le jeune homme releva la tête à l’attention de Joe qui achevait de quelques coups acharnés la créature semblant définitivement rendue à son repos éternel.

“Joe ! On a trouvé un médecin !” s’exclama-t-il.

“Ah ouais ? C’est con que ton frangin soit déjà mort alors,” se moqua-t-il visiblement peu intéressé par la nouvelle, avant d’ajouter d’un ton plus mauvais. “Cette garce a essayé de me planter, alors j’en ai rien à foutre qu’elle soit médecin, pompier ou strip-teaseuse.”

“Connard,” murmura le jeune homme entre ses dents, adressant à son complice un regard courroucé.

“De quoi ?”

“Rien.”

“C’est bien ce que je pensais.”

“Myleen serait pas contre le fait qu’on ramène un médecin,” argumenta le jeune homme après quelques secondes de silence et visiblement très contrarié.

“Sûrement, mais elle sera pas ravie qu’on lui ramène une bouche de plus à nourrir,” grommela Joe, revenant auprès de Nasreen et du gamin en empoignant au passage une chemise poussiéreuse suspendue au portique pour essuyer la matière organique pourrissante de son arme. “Mais si tu tiens tellement à la ramener au camp, t’auras qu’à lui laisser ta place. Écarte-toi maintenant, j’en ai pas fini avec le docteur tournevis,” ordonna-t-il d’un ton menaçant.

Si la chirurgienne n’avait pas saisi la grande majorité des mots qui s’étaient échangés entre les deux hommes, le ton employé par le gaillard à la clé Stillson et le regard mauvais qu’il lui jeta laissa néanmoins comprendre toute la menace qui pesait sur elle. La chirurgienne leva la main droite en direction du plus agressif, lorsque celui-ci arma une nouvelle fois sa jambe pour lui flanquer un nouveau coup. Mais son geste fut coupé, non pas par la supplication muette de la femme, mais par la voix du jeune homme.

“Joe ! Ça suffit !” menaça-t-il d’une voix féroce et forcée pour se donner plus de consistance.

D’un regard, l’interpellé comme Nasreen purent constater que le gamin avait dressé son arc, flèche encochée et prête à jaillir, tenant en joue son complice. Ce dernier sembla d’ailleurs voir rouge instantanément, se tournant pour faire pleinement face au jeune homme.

“Tu te fous de moi merdeux ? Tu oses me menacer ?” vociféra-t-il en postillonnant toute sa colère, avançant d’un pas résolu vers le gamin.

“J’vais tirer j’te préviens,” l’avertit le minot, une résolution malgré tout hasardeuse dans la voix. Une résolution probablement trop faiblarde, car la flèche ne partit pas. Ou bien trop tard, fendant l’air d’un léger sifflement mais ratant complètement Joe qui se rua sur le gamin. Une empoignade par le col, un coup de tête impétueux et le jeune homme se retrouvait au sol, le nez en sang après avoir craqué sèchement et les lèvres ensanglantées. Lâchant son arme qui rebondit puis glissa sur le sol, le gamin porta ses mains à son visage, couinant de douleur.

“Voilà pourquoi je me tape Myleen et pas toi, pisseuse,” le provoqua Joe avec arrogance.

Une altercation brève, mais qui avait offert à Nasreen un certain luxe : du temps et de la tranquillité. Rampant non sans grogner des quelques douleurs qui diffusaient dans ses membres, elle se dirigea de quelques pas vers le véhicule accidenté, soulevant quelques poussières avec ses manches, repoussant quelques gravats jusqu’à se saisir d’une brique traînant au sol. Et c’était là tout ce qu’elle avait pu se permettre de réaliser avant que son agresseur n’en revienne à elle. D’un coup de semelle porté dans son flanc, il força l’Israélienne à basculer sur le dos.

“Pas si vite docteur,” s’enorgueillit-il d’une voix carnassière, levant sa clé pour frapper.

Une attaque qui fut rapidement interrompue quand la brique lancée non sans véhémence l’atteignit au front, déchirant l’arcade sourcilière de l’homme dans un cri et une gerbe de sang. Surpris et quelque peu sonné, son arme lui échappa et il tituba de quelques pas en arrière. Nasreen se précipita alors de quelques mouvements maladroits vers celle-ci, refermant ses doigts sur le manche. Ainsi armée de la clé Stillson, elle se releva dans un souffle d’effort, s’aidant de sa main libre en appui contre son genoux pour assurer son propre équilibre. Juste le temps de voir Joe qui, retrouvant ses esprits, revenait vers elle en armant son poing droit.

Joignant ses deux mains sur le manche de la lourde clé, d’un mouvement de hanche assez ample, l’Israélienne frappa de toutes ses forces, un cri aigu s’échappant d’entre ses dents crispées par l’effort. La tête à mâchoires de l’arme atteignit l’homme en pleine poitrine, l’envoyant s’écraser sous l’élan et dans un cri contre le portique à vêtements, lequel bascula sous son poids dans un bruit métallique. Le souffle coupé et geignard, ce fut à son tour de lever ses mains en signe de protection comme de reddition quand la silhouette de la chirurgienne se démarqua dans son champ de vision, les sourcils froncés et la bouche serrée d’une colère résolue.

“Attend…” crachota l’homme. “On peut s’arranger.”

La grimace de douleur qui déforma son visage à la simple prononciation de ses mots en disait long sur l’état de dévastation de sa cage thoracique, tout que le souffle strident qui persiflait dans le timbre de sa voix informait la chirurgienne que si plusieurs côtes étaient certainement fêlées, au moins l’une d’elle avait crevé un poumon. Mais Nasreen se moquait bien de sa condition, aveuglée et assourdie de colère, relevant la clé au-dessus de son épaule.

“Tu pas prendre musique !” s’exclama-t-elle avant d’abattre l’arme sur l’abdomen de l’homme qui se plia de douleur dans un cri sourd quand Schubert laissait la place à Vivaldi dans son oreille.

Se déplaçant de quelques pas laborieux, elle releva la clé une seconde fois, écrasant cette fois-ci le crâne de Joe, achevant ses complaintes et supplications dans le même instant bref qui emportait sa vie. La respiration haletante, l’Israélienne resta quelques secondes ainsi immobile, à contempler le front écrasé de l’homme par la clé, son sang se répandant lentement en une flaque visqueuse sous son crâne. Elle prenait alors toute conscience ; celle-ci se manifestant par un changement d’inclinaison de l’angle, tantôt froncés, désormais arqués, de ses sourcils de l’horreur de son acte, et la culpabilité qui l’accompagnait en une boule pesant sur son estomac.

D’un râle d’effort, elle retira la lourde clé à molette de son écrin d’os et de chair pour la ramener le long de sa jambe, se retournant lentement en direction du jeune homme demeuré au sol, véritablement groggy par le choc reçu précédemment. Elle le rejoignit, s’accroupissant à son côté en délaissant l’arme volée pour plonger sa main droite dans la poche de la veste et récupérer le tournevis confisqué. Après quoi la chirurgienne se pencha au-dessus du visage du jeune au nez tordu de par sa rencontre avec un front effronté.

“Me tue pas par pitié…” articula le gamin d’une voix rendue nasillarde par sa blessure, tandis que ses mains empoignaient l’avant-bras gauche de Nasreen d’un geste suppliant. Sans un mot, elle posa le manche en bois du tournevis contre les lèvres du jeune homme, ponctuant son geste d’un unique mot.

“Mordre.”

De sa main droite, elle saisit l’arête du nez du jeune homme entre son pouce et son index replié, plaquant sa main gauche contre son thorax. Puis d’un mouvement sec du poignet accompagné d’un craquement à glacer les sangs, elle ramena le cartilage dans sa position initiale, arrachant un sursaut de douleur au gamin dont quelques larmes glissèrent depuis le coin de ses yeux. Un geste banal pour la chirurgienne, mais qui dans l’instant avait exigé suffisamment de sa concentration pour ne pas prendre conscience de la fusillade qui se déroulait au-dehors.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Tournevis
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
N/A : -
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-

Ashley Danforth


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba1120/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Ashley Danforth

Jeu 19 Mar - 18:30
Sa blessure au niveau de la pommette était superficielle, Ashley aurait juré que le sang s’était arrêté de couler, contrairement à sa blessure à la main. Alors qu’elle s’éloignait de la fenêtre, elle y jeta rapidement un œil. La balle n’était pas rentrée, et si c’était le cas, elle était rapidement ressortie. Le calibre, venant d’une arme de poing classique, n’avait pas fait trop de dégâts. Touchant à la fois l’annulaire et l’auriculaire de sa main gauche, ce qui l’empêcherait d’utiliser sa main comme elle l’entendait. Elle hésitait à rester ici quelques instants de plus, laissant à Natasha le soin de la soigner pour qu’elle puisse sortir et récupérer tout ce qui était récupérable. Il y avait des armes, elle en était certaine, peut-être de la nourriture, et surtout, un véhicule. Mais le temps était compté. Elle jeta un regard à sa comparse avant de lâcher quelques mots rapidement.

« Tu barricades l’arrière et tu braques toute personne qui essaie de rentrer. Tiens toi prête à bouger n’importe quand, d’accord ? »

Le hochement de tête de l’infirmière était bien plus que suffisant pour satisfaire Ashley. Même s’il n’y avait que peu de choses à gagner dans cette sortie, ce peu de choses pouvait être vital pour elles. La détective sortit par la porte arrière, rejoignant la pièce défoncée et enfoncée par ce poids lourd dont la cabine restait en partie cachée sous quelques gravats. Observant rapidement les environs à travers cet immense trou dans le mur, elle découvrit de nombreux rôdeurs convergeant vers sa direction. Peut-être pas vers sa direction à proprement parler, mais vers sa direction, vers le lieu de la fusillade. C’était à ce moment qu’une idée lui vint. Les rôdeurs étaient une masse stupide qu’elle pourrait utiliser à sa guise et contre toute menace qui s’opposait à elle, et elle avait bien l’intention d’en faire bon usage. Avancer et survivre à n’importe quel prix. Même si elle n’avait jamais usé de moyens aussi importants pour éliminer une menace, elle s’en savait plus que capable.

S’approchant du camion, elle jugea rapidement la hauteur de celui-ci avant de grimper sur une des roues arrière, posant son arbalète sur le haut du camion avant de tenter de s’y hisser, non pas sans difficultés à cause de sa blessure à la main. Observant rapidement les alentours à l’aide de sa lunette, elle ne vit que des cadavres convergeant vers sa direction, ce qui la conforta dans son idée de pouvoir utiliser ces nombreux rôdeurs à sa guise. La toiture était fragile à cause du choc qu’il y avait eu avec le camion. Ashley se dirigea vers l’arrière du camion, prenant le plus d’élan possible pour atterrir sur le toit, mais surtout, à un endroit où le toit pouvait supporter son poids. La détective était satisfaite de ce saut, elle se réceptionna aussi bien qu’elle le pouvait, ses pieds touchèrent en premier les tuiles, puis se furent les genoux, et enfin sa main gauche. Grognant de douleur, et sans doute de colère pour ne pas avoir parfaitement réussi ce saut, elle se redressa et se dirigea vers le sommet de la toiture, jetant un œil dans sa lunette d’arbalète pour observer les deux hommes qui étaient restés à l’extérieur du magasin. L’un qui l’avait touché avec son arme, et l’autre qui était en train de siphonner l’essence du véhicule accidenté.

En quelques secondes, la situation avait bien changé. L’homme qui siphonnait le réservoir de la voiture accidentée était parti récupérer le fusil d’assaut sur l’homme qu’avait abattu Ashley et venait de tirer une balle dans la tête d’un infecté qui s’approchait de lui, tandis que l’autre faisait de même, abattant un infecté avec son arme de poing. La détective avait pris pour cible la cible la plus simple, l’homme qui siphonnait le réservoir, qui avait laissé le bidon par terre, juste ici, qui était parti récupérer cette arme afin de nettoyer les rues de la menace grandissante qu’incarnaient les morts. Il était de dos, même si un peu loin, c’était la plus grande menace actuellement. Elle tira. Envoyant son carreau d’arbalète qui n’était pas passé loin. A quelques centimètres sur sa droite à priori, mais c’étaient quelques centimètres de trop. Un échec. Elle ne savait pas ce qui avait pu provoquer cela. Le vent ? Sa lunette qui était mal calibrée ? Alors qu’elle se posait cette question, elle vit l’homme qu’elle avait manqué de peu se retourner rapidement avant de tirer une rafale. Les premières balles étaient destinées à la façade de la maison, là où était cachée Natasha, mais les balles étaient rapidement remontées en direction d’Ashley qui n’avait pas attendu plus longtemps avant de se laisser glisser le long de la toiture pour revenir vers le camion encore encastré.

Elle avait fait le bon choix en montant sur ce toit, si elle avait tenté de tirer depuis la rue, elle en serait morte. Glissant le long de la toiture, maintenant fermement son arbalète de la main droite, elle se laissa tomber dans le vide avant d’agripper la gouttière de sa main gauche pour ralentir sa chute. Elle grogna à cause de la douleur, encore une fois. Sa blessure était handicapante, et ce n’était que maintenant qu’elle en prenait conscience. La gouttière venait de ralentir sa chute, par chance, cette dernière ne céda pas, laissant à Ashley le loisir de se laisser tomber au sol. Les quelques morts aux alentours ne prêtaient pas attention à Ashley, bien au contraire, venant de l’Ouest pour se diriger vers le Nord, ils ne semblaient pas avoir envie de couper à travers les quelques jardins des maisons, préférant rejoindre directement le magasin de prêt à porter par la route.

C’était une bonne nouvelle. Une très bonne nouvelle, elle prenait deux carreaux d’arbalète avant de les caler entre ses dents. Ils seraient à portée de main si elle avait besoin de recharger rapidement, ce qui arriverait sans aucun doute. Elle piqua un sprint, vers l’Ouest, traversant un jardin par un portail ouvert, puis un deuxième en sautant dessus une clôture avant de s’arrêter dans ce jardin. Elle ne pourrait pas aller plus loin avec ces morts qui convergeaient dans la rue à quelques dizaines de mètres au-delà. Ils étaient attirés par un nouveau tir en provenance du lieu de l’accident, un tir suivi d’un ordre qui venait d’être hurlé, sans doute pour couvrir le bruit produit par les coups de feu.

« BOUGEZ-VOUS !!! ON PART TOUT DE SUITE !!! »

Ashley ne pouvait pas s’empêcher de sourire. Il allait partir, oui, mais certainement pas là où il pensait. Elle longea le mur Est de la maison à côté de laquelle elle se trouvait, s’avançant juste assez pour pouvoir poser son regard sur le véhicule vers lequel se ruait l’homme au pistolet. Il avait son arme dans sa main droite, et emportait le bidon d’essence vers le coffre de leur véhicule. Il posa le bidon d’essence à terre avant d’ouvrir le coffre du véhicule. C’était à ce moment qu’Ashley se décida de frapper. Un tir parfait. Alors que le coffre s’ouvrait, l’homme tomba raide mort. Un carreau d’arbalète venait de traverser son crâne, entrant par sa tempe droite. Une vie de prise, une de plus. Mais ce ne serait jamais trop pour qu’Ashley puisse continuer à avancer, un jour de plus, encore et encore.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Cobra RX Carr.
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : Carr.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Clés : -
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Contenants Personnels :
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