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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035
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Andrew Miller


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Andrew Miller

Dim 22 Mar - 11:20
La poigne de ma main droite restait fortement serrée sur le manche de ce couteau dont la lame se maintenait enclavée dans le biceps du gamin. Les deux pattes de mon compagnon canin, qui s'était résout à ne pas croquer dans cet humain, maintenait cependant ses crocs dévoilés sous ses babines retroussées, grondant en quelques ronflements de poitrail, maintenant la crainte de l'étau de sa mâchoire bien vivace dans l'esprit de notre adversaire. Malgré tout, la douleur lancinante de la blessure que je venais de lui infligeait l'obligeait à se tortiller, sa respiration au comble de son paroxysme, soulevant le tissu léger qui voilait son bas visage en un rythme endiablé, le forçant à tousser par moment.

« Non. Non, pitié. Je voulais pas vous faire de mal. Putain. Me tuez pas. » Suppliait-il la gorge serrée, son regard écarquillé alternant entre moi - maître de son destin, et Falcore, instrument de ma probable vengeance.

« J'le voulais pas non plus. » Répondis-je plutôt atone, me redressant assez pour venir placer mon genou au milieu de son thorax, forçant le Malinois, par mon placement, à redescendre lui-même sur la terre ferme sans cesser ses menaces grondantes. « Mais j'suppose que tu l'sais. On a pas toujours c'qu'on veut. Encore moins en c'moment. »  

Je n'exerçais pas une trop forte pression, mettant davantage de force dans l'emprise du couteau pour maintenir la pression, limiter et anticiper ses gestes de défense, et je restais vigilant à ses moindres intentions. Pour autant, il ne me paraissait pas vouloir faire quelconques coups de traîtres, ses suppliques m'apparaissant vraiment sincère. Je soulevais de ma main libre son bandana, le dégageant par le haut de son crâne pour lui permettre de mieux respirer, tandis qu'il continuait à me suppliait, larmes aux yeux et narines humidifiées noircies par la terre.

« Écoute, mon pote. J'ai une question, très simple. T'vas y répondre. J'en aurais p't-être d'autres ensuite. Dans tous les cas, après ça, j'te laisserais partir. J'vais pas t'tuer. Mais faut qu'tu sois sincère. Ça t'vas comme deal ? »

Le gamin hocha la tête, à plusieurs reprises, les dents aussi serrées que la douleur le lançait. J'inclinais la tête vers Falcore, captant son regard d'un léger sifflement avant de lui ordonner d'un simple mot, de lâcher prise. Le Malinois s'allongea sur le ventre, restant à courte distance de notre cible commune en cessant ses menaces tandis que ses oreilles se dressaient davantage et son regard redevenait alerte sur les alentours. Harleen avait d'ailleurs décidé de se rapprocher à pattes souples, la tête assez basse, sans doute consciente de sa bêtise, avant de s'immobiliser à nouveau à quelques pas seulement, adoptant le même comportement que le mâle.

« Okay, alors écoute. J'cherche un Humvee, un gros véhicule militaire bien balèze. Il a traîné dans l'secteur y'a quelques jours. Ça t'dis un truc ? »

« Non. Non, non. Ça m'dit rien. »

« T'es sûr de toi, là ? Rien du tout ? Toi, tes potes, vous en avez un ? »

« Non. Rien ! J'te jure mec, putain, j'te ju...»  

Je relevais la tête assez brusquement, en même temps que tous nos regards se dirigeaient vers l'Ouest, sans ne voir autre chose que la route d'un côté de mon angle de vision et le grillage frontalier de ce qui m'apparaissait être une casse de l'autre. Nous avions tous entendu la même chose, un coup de feu, puis plusieurs consécutifs, dans la direction qu'avait prit leur convois et où un bruit de crissement de pneus et de tôles avait retentit brutalement. Ça coupait court à mes intentions, me donnant un sentiment d'urgence sans doute exagéré, mais j'avais appris à excéder de prudence à outrance, surtout après les propres détonations qui eurent lieu durant notre altercation. J'étirais ma mâchoire en une grimace contrariée.

« Fais chier. Okay, voilà c'qu'on va faire. J'vais te libérer, tu vas récupérer ta bécane et filer d'ici et surtout réfléchir au prochain type que tu braqueras sur le bord d'la route. Il s'ra p't-être moins indulgent. Tu captes ? » Je n'eus qu'un hochement de tête comme toute réponse, mais ça me suffisait. « Ça va saigner. Plutôt fort. Mais tu vas t'en sortir. J'vais prendre ton bandana, comprimer la plaie. Ça t'donnera le temps de retrouver les tiens, mais faudra pas qu'tu traînes. »    

J'attrapais le foulard de la main libre en observant ses réactions. Si j'avais été seul, peut-être que le gamin aurait profité de ma générosité pour me sauter à la gorge. Ce putain de monde nous forçait trop souvent à revoir nos jugements de moralité, mais j'avais la chance d'avoir Falcore pour soustraire toute envie de rébellion. C'était ce qu'il inspirait le plus souvent. Aussi, après avoir grondé sans retenir ses injures quand je retira la lame, son regard se braqua immédiatement sur l'animal qui gronda à son tour en réponse, le forçant à serrer les dents plutôt que de céder aux cris. J'en profitais pour accomplir ce que j'avais promis : faire un point de pression assez serré pour empêcher que le gamin ne perde trop de sang, le temps qu'il rentre sur ce qu'il considérait comme chez lui.

Je me redressais au terme de ma manœuvre, reculant de plusieurs pas en arrière tandis que Falcore en faisait de même sans prendre la peine de l'aider à se relever, jugeant qu'il avait assez de force pour le faire de lui-même, nous donnant un arrêt le temps d'observer la réaction du gamin. Il ne se fit pas prier, prenant l'assurance que ses gestes ne réveilleraient pas la colère du chien, il finit par se redresser assez tout en gardant son bras blessé serré contre son flanc avant d'aller récupérer sa moto. Il ne tarda pas à la chevaucher, sans un mot, jetant un dernier coup d’œil vers nous avant de démarrer d'un jeu de talons, menant son bolide de son unique bras valide avec malgré tout une bonne expertise, rejoignant finalement la route dans un soulèvement de poussière qui prit direction de l'Est, fuyant la position où se trouvait le reste ou une partie de son groupe. C'était une sage décision, m'assurant - ou du moins je l'espérais assez - qu'il n'enverrait personne me traquer, personne d'assez proche en tout cas.

Je soupirais longuement, priant pour ne pas avoir laissé passer une chance de retrouver Finn, tandis qu'Harleen se faufilait toujours aussi bassement dans ma direction, les oreilles repliés et le regard honteux. J'optais pour ne lui accorder que peu d'attention, qu'elle comprenne bien que son comportement avait été déplacé et que je n'étais pas prêt à lui pardonner. C'était le genre de chose qui avait relativement bien marché avec Falcore, et je n'avais de toute manière pas de temps à perdre.

Je ramassais le flingue que le gamin avait laissé tomber au sol dans l'altercation avec Falcore. Ce truc était vraiment lourd mais le barillet paraissait vide du premier coup d’œil que je jetais dessus. Je le prenais tout de même, espérant soit trouver des munitions, ce qui s'avérait plus du miracle, soit qu'il aurait une plus grande valeur pour quelqu'un qui saurait en faire usage, espérant trouver quelques badauds ouverts au troc et non à la menace dans le secteur. Je glissais le revolver gravé "Raging Bull" sur le flanc du canon dans mon sac à dos, le gardant entre mes mains tandis que j'allais rapidement vers la toile de tente déchirée et affaissée sur laquelle j'avais jeté mon dévolu peu avant cette arrivée impromptue.

Je laissais à mes compagnons canins la vigilance des environs, Falcore le premier marquant la présence de deux silhouettes titubants assez lointain dans notre direction, me donnant le temps qu'il fallait pour fouiller le mini campement sans que je perde trop de temps. Je découpais à l'aide de ma lame le tissu usé et tâché de sang, l'éventrant assez pour me permettre d'en voir l'intérieur et son contenu. Avec un certain engouement, je tombais sur un arc de chasse, flanqué d'un "Triton" marqué sur la branche supérieure, surmonté d'une lunette, et posé en compagnie d'un petit carquois en tissu rempli de flèches en carbone et d'une paire de jumelles. J'avais l'impression d'avoir ouvert un splendide paquet de noël, remerciant le destin qui, dans le malheur du type gisant à côté, m'avait permis de retrouver un équipement des plus correcte après m'être retrouvé à survivre les mains vide. Peut-être avait-il été surpris en pleine partie de chasse ? J'avais du mal à imaginer le scénario de ce qui avait pu pousser cet homme a perdre la vie par l'imprudence de monter une tente, seul, au milieu de nul part et y dormir. Avait-il été blessé ? Épuisé ? Ou n'avait-il pas été seul et s'était sacrifié pour la survie d'un autre ?

Je jetais négligemment le sac de couchage sur le côté après l'avoir secoué pour être certain de ne pas passer à côté de quoi que ce soit, en continuant de débarrasser le contenu de la tente, espérant ne pas trouver un cadavre caché dans les replis gonflés. Un jouet robot tomba à mes genoux, rouge, abîmé, marqué de coups, et avec une jambe en moins, mais j'en trouvais sa présence des plus douloureuses à l'idée que cet homme, dévoré vivant, avait sans doute eu un fils et avait gardé son souvenir avec un simple jouet. Mon cœur se serrait. Qui qu'il soit, cet enfant devait être jeune, trop pour mourir, mais ce monde se fichait des convenances. Quel souvenir avais-je gardé du miens ? Je n'avais sans doute pas imaginé qu'on puisse me l'enlever sans que je puisse en prélever quelconques objets. Je serrais avec force le jouet en plastique, redressant ma main libre côté phalanges à hauteur de ma bouche et de mon nez, désemparé par ce spectacle. Je redressais la tête à l'intensification des grondement de mes deux chiens qui me rappelaient à l'ordre, constatant que mes visiteurs avaient gagné pas mal de terrain, et avait invité plus sur ma droite, un autre ami.

Je me redressais rapidement après avoir attaché le carquois à ma ceinture, passé la lanière des jumelles à mon cou et empoigné l'arc d'une main, le sac de couchage et le jouet de l'autre. Je prenais quelques rapides secondes, les dernières qu'il me restaient avant de quitter les lieux, pour recouvrir le corps du défunt après avoir déposé le robot au creux de sa main qui avait juste avant maintenu le couteau. Une tombe spartiate, qui ne tiendrait pas aux intempéries, mais c'était tout ce que je pouvais lui offrir pour lui éviter quelques morsures supplémentaires.

« Avec qui qu'tu sois maintenant, sois-le en paix mon pote. »   

J'avais glissé ma langue sur ma lèvre inférieure en reculant et me déportant sur le côté, attirant les morts qui n'étaient plus qu'à une poignée de mètre hors de la direction de la sépulture de fortune, avant de faire demi-tour en appelant Falcore et Harleen à me suivre, remontant à petites foulées, la petite pente vers la route et m'engageant le long de la casse auto.
Equipement Porté :
Capacité : 3/6
Triton 1650 Flec.
M01
Couteau de cuisine
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.C.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 11/55
Sac tactique
Raging Bull (3)
Doses de poudres (4)
Hachoir de boucher (4)

William Spencer


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
William Spencer

Mer 25 Mar - 22:12
William s'était faufilé le long de la rue en se cachant régulièrement dans les renfoncements d'habitation, qu'il s'agissent de portes, d'entrées de caves, de jardins, il avait évité un certain nombre de morts-vivants qui affluaient depuis la rue un par un, ou en petits groupes, vers la zone des coups de feu d'où l'homme cru d'ailleurs en percevoir quelque uns de plus, avec bien moins de certitudes cependant. Accroupi derrière une grille de maison à l'entrée très étroite, ses yeux inquisiteurs observèrent passer sur le trottoir, à un mètre seulement, un cadavre ambulant qui se traînait en se cognant contre une voiture garée et recouverte de fientes.

La créature s'éloignait après quelques longs instants et William se décida à revenir au portail tout près pour tirer sur ce dernier entrouvert et dans le but de retourner à la rue, mais un claquement le fit se figer : une autre mangeuse de chair longeait le trottoir de façon hasardeuse, les bras ballants et la mâchoire claquante, ses pas la portant avec une nonchalance inhumaine. Le feuillage qui couvrait une partie du grillage lui évitant d'être repéré d'emblée, il eut juste le temps de l'entendre que l'homme essaya de reculer à nouveau, demeuré voûté pour ne pas se trahir trop facilement, mais ce fut peine perdue : lorsque sa main lâcha le barreau auquel il avait trouvé appui, un grincement incontrôlé alerta la créature qui porta presque trop vivement son regard macabre sur l'origine de ce bruit, la détournant de son but initial, si tant est qu'elle poursuivait véritablement un but.

William serra les dents en reculant, sa main droite dont il ne s'était pas servi jusque là empoignant toujours son nouveau poing de fer noir, il se décalait de quelques pas de coté en avisant l'angle du grillage qui n'avait aucun autre accès puisqu'il clôturait ce misérable bout de terrain cimenté dans lequel quatre personnes se seraient rapidement trouvées serrées, jusqu'au mur de maison. Sa seule autre possibilité s'avérant être la fenêtre dont les volets clos avortaient toute idée de s'y engouffrer, l'homme n'eut très vite qu'une seule option : abattre le monstre en comptant sur sa solitude et filer de là avant que d'autres charognards ne reniflent l'odeur du vivant.

Il se redressa alors, foutu pour foutu, et revint près du portail en se pressant légèrement contre le feuillage pour avoir une chance de surprendre la créature, une main retirant le poing américain de l'autre pour déployer silencieusement la lame inoxydable, avant de passer la prise de main au manche au moment où le portail grinçait de plus belle, annonçant la venue de la bête. Celle-ci continuait de claquer des dents, lui retirant toute forme de surprise prédatrice au profit d'une tension relevée par cet agaçant rappel de sa principale et plus redoutable arme à elle.

William n'attendit pas, quand il vit l'enveloppe défunte de la femme passer presque devant lui en portant le regard dans la mauvaise direction, il sortit de son semblant de couvert épaule vers l'avant et la bouscula vivement, l'envoyant percuter le portail qui claqua contre ses gonds, la créature s'effondrant lamentablement au sol sans que cela n'ai semblé la gêner. Pour lui, cette agression avait accentué les indices à d'autres rôdeurs éventuels sur sa présence, mais dans l'urgence, il avait mis l'efficacité au devant de la discrétion qui lui avait de toute manière échappé. Tandis qu'elle s'étalait de toute sa silhouette, sa chevelure grise pailleuse venue recouvrir son visage dans la brutalité, l'homme se jeta sur elle et plaqua son genou d'un mouvement fluide contre son ventre pour la clouer au sol, sa main plongeant d'une frappe latérale à l'arrière de sa tempe pour atteindre assurément la boîte crânienne en perçant une partie fragile, rendue de toute façon effritée par la décomposition partielle.

Le coup fut net, précis et les dents de la bête cessèrent de claquer autant qu'elle s'immobilisa les bras à la chair putride et rongés étalés au sol. William ne cherchait pas à faire durer son triomphe présent plus d'un instant et retira aussitôt la lame pour se redresser, profitant de l'ouverture en grand du maudit portail pour sortir dans la rue. Il avait bien fait : à peine s'était-il exposé par nécessité, qu'il vit à sa droite un nombre plus massif de rôdeurs : des dizaines envahissaient progressivement l'avenue et à quelques mètres sur le trottoir et la route, près d'une dizaine de rôdeurs avançant en fléau silencieux se mirent à presser le pas et lever leurs bras accompagnés de grognements envieux à la vue de ce tas de chair fraîche et tendre à leurs regards.

William porta très vite le visage à sa gauche et bien que d'autres mangeurs de chair ayant déjà devancé le reste de cette horde grandissante l'ignoraient pour l'instant, il se mit à courir dans cette direction, se pressant par le danger évident auquel il ne saurait se risquer, mais évitant cependant de s'élancer de tous ses efforts qui auraient attiré plus de visages horrifiques encore en épuisant ses forces déjà toutes relatives. Dès qu'il atteignit une ruelle ignorée par le trottoir sur lequel il se trouvait, mais qui séparait bel et bien deux des propriétés, il y poursuivit sa course contrôlée en continuant d'omettre les râles qui avaient perdu d'intensité dans son dos, tandis qu'il avait pris de l'avance.

Il parvenait ainsi à distancer le risque, mais se trouva bien vite confronté à un danger autrement plus étonnant : alors qu'il progressait dans cette entre-deux habitations étroites en remarquant assez prestement une porte dérobée laissée semi-ouverte, un autre homme déboulait de la rue voisine en boitant vraisemblablement, accaparant sans transition l'attention de William qui le scruta un court instant avant d'accélérer très vivement le pas vers l'accès repéré, ce dernier n'étant plus qu'à deux mètres à peine. Le nouvel arrivant portant un casque de moto vissé jusqu'au bas du coup, avait ramené son regard de son coté, sans doute pourchassé également, pour constater cet homme loin de se contenter de marcher vers lequel il ne leva non pas l'arme de poing qu'il tenait, mais sa main libre en l'invectivant d'une voix suintant la détresse et la peur :

« Oh !! Attendez ! Aidez-moi par pitié ! Attendez ! »

Malgré la sincérité de cet appel à l'aide dont William n'avait pas douté, il avait disparu derrière cette porte dérobée dans les secousses du fusil d'assaut qui cognait son épaule et son bas-dos du canon sous l'effet de course. Il se saisit sans attendre de la poignée après avoir avisé la pièce dans laquelle il s'était engouffré : une sorte d'atelier poussiéreux et épais de gras de moisissures, absent de toute autre présence vivante ou non-vivante. Une brève inspection qui lui avait suffi pour refermer la porte en évitant de la claquer, puis tirer le verrou de ferraille en tige dont il rabattit l'accroche pour la bloquer, abandonnant l'inconnu à son sort en sachant pertinemment que si des rôdeurs le poursuivaient, il serait pris en tenaille par ses propres chasseurs morbides. Mais cela le laissait indifférent.

A l'appréciation, il devait se trouver à deux pâtés de maison tout au plus de la source des coups de feu et au constat du nombre de mangeurs de chair que le barouf avait attiré, si des personnes se trouvaient encore sur place, il ne donnait pas cher de leurs peaux. Cela valait-il encore la peine d'aller sur place ? Difficile à dire, pour le moment, il lui fallait trouver une autre sortie au travers de ce foyer qu'il espérait réellement et entièrement abandonné. Ses pas le firent atteindre la porte précédée d'une marche vers un couloir qu'il pouvait déjà percevoir, ses murs recouverts de papiers peints aux motifs de fleurs bleues et violettes qu'il serait bien incapable d'identifier.

Son regard avait avant cela parcouru l'atelier en question pour aviser les quelques outils rouillés qui demeuraient sur les plans de travail, et les nombreux clous, boulons, marteaux, boites, des sortes de circuits et autres plaquettes électroniques lui apparaissant d'une inutilité indiscutable, autant que la console de jeux dont le propriétaire n'aura jamais pu achever la réparation, entreprise probablement perdue d'avance car celle-ci à la vue de sa boite défoncée avait été assurément la proie d'un excès de rage. William se fit un peu plus lent, mesurant ses pas en posant le pied du talon jusqu'à la pointe de chaussure avec précaution quand il passa la marche pour entrer dans ce couloir.

Dans son dos, des coups furieux furent brusquement portés à la porte, une voix criarde, l'homme abandonné frappait à plusieurs reprises avec empressement en hurlant probablement son appel à l'aide réitéré, espérant échapper à son sort funeste. Les coups de feu qui suivirent quelques instants après réduisirent ostensiblement de telles chances, autant que les cris d'agonie qui vinrent dans les minutes qui suivirent, mais ça n'avait plus d'importance, William s'était déjà éloigné au-delà de ce couloir.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Nasreen Abtani


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Nasreen Abtani

Ven 27 Mar - 0:45
Nasreen relâcha le nez ensanglanté du jeune homme, secouant sa main droite pour en chasser le liquide vital qui s’y était collé. Elle étira son bras en direction du portique à vêtements renversé, récupérant une chemise poussiéreuse qu’elle agita pour ensuite le tendre devant le visage du minot.

قش “Comprime ton nez,” indiqua-t-elle d’un ton sec mais bien plus fluide et chantant dans sa langue maternelle tout en mimant le geste sur son propre visage de sa main libre.

Le jeune homme fronça les sourcils avant d’obéir dans une grimace douloureuse qui lui arracha quelques larmes supplémentaires. La chirurgienne recula de quelques pas après s’être redressée, ramassant la clé à molette de sa main droite avant d’aller récupérer ses propres affaires à quelques pas de là. Avisant l’arc tombé au sol, elle revint près du jeune homme pour s’en emparer, ne pas lui laisser l’occasion de s’armer à nouveau, peut-être contre elle. D’une oeillade dans la direction du minot, elle observa celui-ci se redresser, en position assise premièrement. Se reculant d’un pas chassé méfiant malgré tout, elle glissa l’arme de jet à son épaule gauche, coinçant celle-ci entre le bois et la corde pour tâcher de le faire tenir sans qu’il ne la gêne de trop.

“Tu l’as vraiment tué putain !” s’exclama soudainement le jeune homme de sa voix nasillarde, les yeux et les lèvres légèrement écarquillés d’une surprise horrifiée en direction de son complice.

Il braqua son regard brun vers l’Israélienne, ses sourcils se fronçant cette fois d’une colère incompréhensive. La chirurgienne déporta lentement son regard vers la boîte crânienne enfoncée de Joe, se contentant simplement de hausser les épaules avec un désintérêt certain pour le sort de l’homme.

“Mauvaise personne,” répondit-elle sobrement en ramenant ses iris sombres vers le gamin.

Elle releva son bras armé, pointant de la tête de la clé Stillson le nez du Range Rover retourné et encastré dans la façade, formant de ses index et majeur gauches le chiffre deux à l’attention du jeune homme.

“Vous tuer deux bonnes personnes et je soigner toi. Toi pas plaindre,” articula-t-elle plus sèchement après avoir redirigé son geste du véhicule vers le minot.

Le jeune homme sembla vouloir lui répondre, mais d’autres coups de feu, plus soutenus et en provenance de l’extérieur du commerce retentirent. Homme et femme dirigèrent leurs regards presque simultanément en direction du vacarme, juste avant qu’un ordre ne soit hurlé.

“BOUGEZ-VOUS !!! ON PART TOUT DE SUITE !!!”

Le jeune homme se redressa vivement sur ses deux jambes à cette injonction pour le moins tonitruante, tendant sa main libre en direction de Nasreen, son regard désignant l’arc.

“Rends-moi mon arc,” ordonna-t-il, de l’empressement dans la voix.

Nasreen se recula d’un nouveau pas, pivotant légèrement le buste pour mettre son flanc gauche plus en retrait encore et redressant son bras armé pour se faire plus menaçante.

“Recule !” prévint-elle, le ton plus menaçant.

Le minot eut un geste du bras vers l’extérieur, son regard suivant peu après.

“Mes amis sont…”

Il ne put finir sa phrase, coupée dans celle-ci par la vision du corps de l’un des ses complices s’effondrant au sol, une flèche dans le crâne ; démonstration d’une parcelle de la scène se jouant au dehors par l’encadrement de la porte ouverte. Une vision qui changea bien rapidement lorsque la silhouette d’un autre homme y fit irruption, un fusil d'assaut à la main, avant de s’engouffrer dans le magasin à son tour en avisant le minot.

“J’suis à sec et…” Il s’immobilisa de surprise en découvrant Nasreen, dressant son arme dans sa direction. “Bouge pas !”

La chirurgienne avait senti son sang ne faire qu’un tour face à l’irruption de l’homme armé, n’ayant pas saisi l’importante information qu’avait donnée l’inconnu. Laissant tomber la clé Stillson dans un bruit sourd, elle vint se planter derrière le jeune homme d’un pas de côté ; ce dernier ayant déjà redressé les mains en direction de son acolyte, laissant tomber au sol le chemisier ensanglanté qui lui tenait lieu de compresse.

“Attends Dan ! C’est pas…”

Une nouvelle fois, il fut interrompu dans ses propos par un cri de surprise et de douleur arraché à sa propre gorge lorsqu’il sentit le bras droit de Nasreen serrer sa gorge sans l’étrangler toutefois. Mais c’était surtout la main gauche de l’Israélienne contre ses lèvres, pouce et index pinçant et tordant légèrement son appendice nasal fracturé, qui se voulait être la raison de ses cris de douleurs. Le pauvre gamin ainsi tourné en bouclier humain avait ramené ses mains sur l’avant-bras de la chirurgienne, raidissant ses muscles de lui-même pour ne pas accentuer la douleur qui arrachait d’abondantes larmes à ses yeux.

“Cool, cool, cool, cool…” couina-t-il à de nombreuses reprises, affolé, sa voix grimpant à chaque mot un peu plus dans les aigus.

“Lâche-le !” rugit l’homme, sans se départir de la menace de son arme.

“Jeter arme !” s’exclama Nasreen presque en même temps que lui, accentuant très légèrement la pression de ses doigts contre la paroi nasale du minot. “Toi lui dire jeter arme. Maintenant,” articula-t-elle à l’oreille du gamin entre ses dents serrées par la tension de la scène.

“Dan ! Fais ce qu’elle te dit ! Jette ton arme merde !” beugla le jeune homme derrière la main de l’Israélienne, resserrant la morsure de ses doigts dans le bras de sa tortionnaire.

Mais plus que les cris éprouvés du gamin, ce furent d’abord la vision du crâne fracassé de Joe, puis les râles et grognements de plus en plus proches et intenses qui attirèrent l’attention de Dan. Sans détourner le canon de son arme, il jeta un regard par-dessus son épaule, avisant la rue et le nombre de morts  y convergeant de plus en plus densément. Il secoua la tête en revenant à l’otage, la sueur de son front luisant dans la lumière qui filtrait par la porte.

“Démerde-toi Lewis. J’me casse d’ici !” cracha-t-il finalement avant de tourner les talons pour tenter de rejoindre le véhicule le plus proche, sous les yeux ébahis du jeune homme comme ceux étonnés et perplexes de Nasreen.

Cette dernière, face à la menace désormais fuyante, relâcha le nez de Lewis comme son emprise contre sa gorge, le repoussant sèchement vers l’avant. Le jeune homme tituba de quelques pas avant de perdre l’équilibre, se retrouvant à quatre pattes. Quelques secondes plus tard, il s’asseyait au sol, les deux mains plaquées contre son nez, adressant un regard noir et véhément à Nasreen.

“Ami pas cool,” releva l’Israélienne avec un sérieux décalé, les sourcils demeurant froncés sur sa perplexité.

“C’est toi qu’est pas cool putain !” se plaignit férocement Lewis, la colère se laissant aisément ressentir au-travers des couinements de sa voix tremblante.

La chirurgienne ne lui répondit que d’un haussement des épaules, ni désolé, ni dédaigneux, se baissant pour ramasser la clé Stillson. Son attention ne resta cependant guère accaparée par le sort du jeune homme ou celui de son bien lâche et égoïste compagnon quand un groupe de cadavres ambulants, certainement attirés par les cris, fit irruption à son tour dans le commerce. Son visage afficha son inquiétude tandis qu’elle désignait les monstres de son bras gauche à Lewis, sa voix trahissant l’urgence en arabe.

قش "Des infectés ! Relève-toi !”

De quelques pas, elle avança vers Lewis pour lui tendre une main secourable. Ce dernier, après avoir constaté de ses propres yeux la menace, s’empara de la main encore poisseuse de la chirurgienne pour s’aider à se relever.

"Me laisse pas là !"

Nasreen tira de tout son poids pour l’assister, manquant de perdre l’équilibre à son tour dans la tâche avant de désigner la porte de l’arrière boutique de sa main armée.

“Fuir ! Fuir !” s’alarma-t-elle en tirant sur le bras de Lewis qui boitillait à sa suite.

Elle ouvrit la porte de l’arrière-boutique d’un coup d’épaule, s’engouffrant dans une pénombre plus dense encore, où seule parvenait à filtrer une faible lumière en provenance de hautes lucarnes grillagées fixées juste sous la jointure du plafond. L’odeur de putrescence s’y trouvait d’ailleurs très fortement accrue, quand au sol, parmi les cartons et rayonnages vides, traînaient quelques restes de membres putréfiées, à la peau si parcheminée et racornie que mêmes les insectes nécrophages paraissaient avoir baissé les bras à la consommer.

L’Israélienne avisa la porte à double battants, bien plus large, qui devait autrefois servir à réceptionner les marchandises. Elle s’y précipita en compagnie de Lewis sans nécessairement trop prêter attention au jeune homme dans son sillage, car les râles des morts affamés les talonnaient eux aussi. Au grand soulagement des deux protagonistes, cette porte avait d’ores et déjà été forcée, rendant son ouverture particulièrement aisée, mais non moins bruyante quand les gonds grincèrent sous le pivot des battants. Jaillissant au coeur d’une contre-allée assez large pour laisser passer un véhicule, la lumière intense du jour éblouit l'Israélienne qui plissa les paupières pour laisser le temps à ses yeux de se réhabituer. Derrière elle, Lewis referma les portes dans un claquement sec et sonore qui n’aurait pas manqué d’alerter toute oreille attentive dans les environs proches. Malheureusement, ce répit ne serait que de courte durée, car ici aussi, les morts affluaient.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Tournevis
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-

Ashley Danforth


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba1120/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Ashley Danforth

Ven 27 Mar - 22:47
Ashley venait de lâcher du regard le lieu de l’accident, faisant un pas de côté, ramenant son dos contre le mur de cette maison qui la couvrait entièrement. Il ne restait qu’une seule cible, à cette simple pensée, elle ne pouvait s’empêcher de sourire, tous les autres étaient tombés face à elle. Attrapant le dernier carreau d’arbalète qui restait entre ses dents à l’aide de main gauche, elle en profita pour y jeter un rapide coup d’œil. Le sang continuait de couler, mais cela semblait s’être calmé, dans tous les cas, seule Natasha pouvait y faire quelque chose, c’était la petite russe qui avait le matériel adéquat. Moins elle attendrait avant de revenir vers elle, mieux ce serait.  

Elle rechargea encore une fois, sans doute la dernière puisque c’était le dernier homme à abattre. Les morts feraient le reste du travail. Fermant les yeux une fraction de seconde, relevant son visage vers le soleil, elle inspira par le nez, comme pour se donner du courage avant de partir pour son dernier assaut, du moins, c’était ce qu’elle espérait. C’était cette fraction de seconde qui venait de mettre de côté l’incommensurable plaisir qu’elle avait d’avoir vaincu ces monstres, des putains de sauvages qui tirent sur tout ce qui bouge sans aucune considération.

Une pensée traversa son esprit alors qu’elle empoignait son arbalète pour partir au combat, encore une fois. Si au début de l’apocalypse elle n’avait fait que tuer des personnes comme elle, des hommes et des femmes qui tentaient juste de survivre, de protéger leurs proches, maintenant, c’était tout l’inverse. Ce n’était que des animaux égoïstes et cupides, une chose qu’elle aurait dû savoir lors de leur fuite avec Natasha, mais peut-être qu’au fond, Ashley espérait que l’homme n’était pas redevenu un simple animal avec une cruauté démesurée. Un espoir qui s’amenuisait alors que son plaisir ne cessait de s’accroître quand elle les voyait tomber par sa main, un plaisir qu’elle ne savait même pas définir.

Son sourire s’était effacé de son visage, fit un pas de côté vers sa droite pour s’insérer dans cette rue principale où avait eu lieu l’accident. Il y avait des morts, encore et toujours, bien trop pour les compter, et infiniment trop pour les faire tomber. Ils se comptaient par dizaines, venant de l’Est, passant devant la maison où était cloîtrée Natasha, quelques-uns de la casse, mais beaucoup se rapprochaient du véhicule. Ils étaient beaucoup, mais ce n’était pas trop pour Ashley, ce ne ce serait jamais trop pour elle. Le véhicule se trouvait à une grosse dizaine de mètres, tout comme le bidon d’essence qui était son objectif.

Tout comme cette voiture avec le coffre ouvert était l’objectif de cet homme qui sortait en courant du magasin, un fusil d’assaut à la main. Il venait de contourner l’avant du véhicule pour rejoindre la portière côté conducteur alors qu’Ashley venait de poser le genou gauche à terre, à quelques pas de l’arrière du véhicule. Les morts qui affluaient n’étaient pas assez proches pour atteindre la détective tout de suite, non, elle était bien trop rapide pour eux après tout, et bien plus maligne. Tout comme elle était bien plus maligne que cet homme qui venait tout juste de croiser son regard alors qu’il s’apprêtait à rentrer dans cette voiture.

Il s’était arrêté une seconde en croisant le regard de celle qui les décimait sans vergogne. C’était une seconde de trop, la seconde qu’il fallait à Ashley pour lui envoyer un simple carreau au niveau du torse, le faisant chuter, son dos cogna contre la portière ouverte juste derrière lui. Il était tombé assis, un carreau en plein milieu du torse, mais il n’hurlait pas, il semblait essayer de respirer. Un rôdeur commençait à se rapprocher dangereusement de cet homme au sol, qui lui servirait sans aucun doute de prochain repas. La détective ne prit même pas le temps de recharger son arbalète qu’elle fit le tour de la voiture en direction de la place passager avant. Les morts se rapprochaient dangereusement, mais ils étaient plus nombreux de l’autre côté, du côté où Ashley avait laissé un snack tout frais pour les infectés.

Alors qu’elle ouvrait la portière du passager avant, elle entendait un hurlement, et une fois la portière ouverte, elle vit l’homme en train de se faire mordre au niveau de la gorge par un cadavre ambulant, tentant repousser le fin gourmet qui se délectait d’un repas de plus. Ashley souriait alors qu’elle attrapait la lame qu’elle avait trouvé un peu plus tôt. La lame dans la canne-épée en main, elle la planta dans le klaxon du véhicule, faisant en sorte que ce son assourdissant reste constant. Elle jeta un regard à cet homme qui tentait toujours de se défaire de son agresseur, la plus fine critique culinaire de la ville. Un large sourire s’affichait sur le visage de arbalétrière, avant qu’elle hurle quelques mots pour couvrir le barouf monstrueux créé par le klaxon.

« SAYONARA FILS DE PUTE ! »

Elle s’extirpa du véhicule en éclatant de rire. Cette situation la faisait frémir, tous ces cadavres parsemés ici et là à cause, ou plutôt, grâce à elle, uniquement des gens qui l’avaient mérité, sans exception. Son arbalète déchargée dans la main droite, elle piqua un sprint vers l’arrière du véhicule, se glissa hors des griffes d’un des morts qui s’était approché d’elle, esquivant d’un simple mouvement d’épaule l’assaut de ce cadavre putréfié. Décidément, elle était meilleure que tous les autres, bien meilleure. Faisant passer son arbalète dans sa main gauche, elle s’approchait en courant de ce bison d’essence, posé juste à côté du coffre, qu’elle agrippa de la main droite sans difficulté avant de sprinter vers le Nord, afin de se cacher au coin de cette maison, où elle s’était mise pour éliminer cet autre homme un peu plus tôt.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Cobra RX Carr.
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Andrew Miller


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Andrew Miller

Dim 29 Mar - 0:22
Je remontais la route, mes pas arpentant le bord du goudron dégradé avec attention, mon regard allant et venant devant, sur ma gauche bien qu’obstrué par quelques énormes amas de tôles compressés, et ma droite un peu plus dégagé, mais voyant les espacements entre les habitations se resserrer grandement comparés aux épars résidences qui avaient ponctué ma route jusqu’ici, preuve supplémentaire que j’atteignais enfin les abords de la ville. J’atteignais rapidement l’entrée du dépôt de véhicules usagés en constatant l’ouverture béante qui avait été laissée par ses portes pliées et éventrées. Je confiais la surveillance de mes arrières à mes compagnons canins, qui avaient pris l’habitude et la bonne, cette fois-ci, de suivre le sillage de mes pas, me laissant guide de la route. Harleen juste en arrière, Falcore un peu plus loin.

Je ralentis prestement aux abords de cette ouverture, m’éloignant de l’angle mort qu’offrait l’allongement du mur d’enceinte pour éviter de me faire surprendre en son coin. Je gardais dans ma main droite le couteau de cuisine davantage propice aux rencontres dans des lieux plus confinés que l’arc ne pouvait me le permettre. Je jetais un coup d’œil dans le dédale de véhicule sur ma gauche, rapidement, et à la structure plus loin qui devait être un entrepôt, garage, bureau ou quoi que ce soit. Je ne voyais guère de mouvement de ce côté de la route, mais je remarquais bien vite la présence de quelques morts à l’opposé, sur ma droite, convergeant aussi surement qu’ils étaient définis par cette unique avidité de boulotter quelques morceaux de chaires vivantes ou au moins fraîches. Je m’étais toujours demandé pourquoi ils n’avaient pas de propension à se becter entre eux, statuant par la force des faits qu’ils avaient sans doute le palais sensible à la maladie ou la putréfaction à défaut d’avoir une conscience.

Je m’arrêtais immédiatement en manifestant le signe de l’apaisement d’un geste de la main dès que j’avais entendu le premier grondement animal derrière moi, pour les inciter à réduire au plus bas leur potentiel phonique. Les choses se gâtaient plus rapidement que je ne l’avais imaginé et anticipé, et mon interlude réduisait considérablement mes chances d’approcher un peu plus sereinement les lieux de l’accident. J’ignorais ce que j’espérais finalement. Le gamin m’avait paru sincère dans son affirmation, et son accoutrement ne me laissait pas à penser qu’ils étaient du même camp que ceux qui avait embarqué Finn. Mais le doute était permis. Un doute que je ne pourrais atténuer, à défaut de pouvoir le taire, qu’en observant ce qu’il se passait là-bas. Je n’avais pas prétention à vouloir sauver qui que ce soit dans cette guerre déclarée entre deux groupes vraisemblablement, je ne savais ni les faits, ni les justifications, ni qui avait franchi la mauvaise barrière le premier. Et surtout, je préférais maintenir mes chances au plus haut niveau plutôt que de me lancer tête baissée dans la mêlée.

Mais si le grabuge était trop important, l’arrivée massive des créatures m’inciteraient à une distance prudente, voir à carrément prendre le large. Les hautes herbes et jardins plus entretenus depuis de trop long mois ne m’offraient pas le luxe d’une vue étendue. Les maisons alignées un peu plus loin où la terre avait été marquée par une sortie de route digne d’un film d’action non plus. De ma position, que je maintenais immobile, je n’apercevais aucun de tous les véhicules qui avaient remonté la route juste avant. Les coups de feu continuaient, un peu épars, pas vraiment nourris, me laissant à penser que les échanges de tirs ne concernaient plus vraiment les mêmes protagonistes et que quelques-uns de ces monstres s’étaient maintenant invités à la fête sans préavis.

Après un rapide tour d’inspection des alentours, retrouvant le refuge du grillage sur mon flanc juste en avant de l’entrée de la casse en protection, mes pas restant des plus discret possible laissant la faveur des coups de feu attirer suffisamment l’attention de morts pour que ma propre présence ne les attire en rien. Je passais la hampe de l’arc en bandoulière sur mon épaule gauche avant de redresser la paire de jumelle qui pendait jusqu’ici à mon cou, à hauteur de mes yeux. Je n’avais pas besoin d’abandonner la lame de ma prise, le bout de mes doigts et mon autre main m’offrant la stabilité nécessaire pour maintenir les binocles contre mon visage. Je réglais la molette pour atténuer le trouble et l’adapter à ma vue, avant de balayer l’ouest, et le nord-ouest.

J’aperçu un peu plus loin l’arrière d’un camion accidenté, enfoncé dans l’avant d’une maison à la devanture partiellement brisée. Ce n’était sans doute pas ce que je cherchais, mais ce dernier obstruait ma vue, tout comme la maison d’ailleurs, derrière laquelle disparaissait les traces et d’où s’élevait le boucan des tirs. J’avais aucune idée d’où l’accident dont j’avais perçu le bruit significatif avait eu lieu. Juste derrière ? Bien plus loin ? Je pestais légèrement en rabaissant les jumelles, observant rapidement une nouvelle fois les alentours pour être certains que Falcore ou Harleen se trouvaient bien à proximité et que leur odorat et vue ne leur avaient pas fait défaut avant d’en revenir à ma contemplation. Je relevais à nouveau mes optiques en direction du camion, puis du toit, m’attardant sur ce dernier en fronçant les sourcils. Je ne l’avais pas vu à ma première vérification, les contours de sa silhouette se confondant avec les ramures d’un arbre un peu plus en arrière, pile dans mon axe de vision, mais maintenant que je l’avais, je ne pouvais plus passer à côté. Il y avait bien quelqu’un, sur ce toit.

Une nouvelle rafale fournie éclata, résonnant sur les murs de la maison, forçant la personne ainsi perchée sur les tuiles à se replier, glissant le long de la toiture avant de se laisser tomber dans le vide, se rattrapant de justesse pour ralentir sa chute, puis s’éloigna vers l’ouest en courant. Les tirs redoublaient d’intensités, l’altercation faisant rage. Les morts affluaient, toujours plus nombreux, attiré par la perspective de tirer profit des trouble-fêtes.

“BOUGEZ-VOUS !!! ON PART TOUT DE SUITE !!!”

D’un froncement de sourcil à la perception de cette voix dont j’estimais plus ou moins la direction, je détournais mon regard par l’appel d’un grondement canin qui fit interrompre ma contemplation à l’instant où j’observais la femme, puisque j’en étais plus ou moins assuré, disparaitre derrière le mur d’une maison. Je vis immédiatement dans mon dos, de l’autre côté de la rue, plusieurs de ces cadavres ambulants qui tranchaient les hautes herbes des jardins, longeaient les clôtures et se regroupaient, dans leur marche mal assurée. J’essayais de déterminer la distance qui me séparait de la large plaine que j’avais juste avant arpenté en cherchant un repli pour échapper à cette futur débâcle annoncée, derrière la casse, mais je jaugeais que le temps que j’en franchisse les dizaines de mètres qui m’en séparaient, plusieurs morts se seraient détournés de leur objectif vers un repas bien plus proche. Les deux créatures qui m’avaient suivi passaient d’ailleurs le coin du mur d’enceinte, un peu plus loin, me coupant cette retraite qui aurait pu être la plus facile.

Je sifflais les deux canidés assez doucement pour n’être entendu que d’eux, un simple souffle qui avait l’avantage de donner un ordre discret qu’ils comprenaient très bien, avant de les entrainer en direction du labyrinthe de carcasses métalliques. Ce lieu était si immense que j’espérais un autre accès qui m’ouvrirait la voix vers un terrain plus propice à une échappée. Je m’engageais donc en revenant partiellement sur mes pas, vers l’entrée grande ouverte des lieux, franchissant les premiers couloirs d’entassement de tôles pour me diriger droit vers le bâtiment aux multiples pancartes publicitaires.

Ce dédale était moins vide que je ne l’avais pensé, accélérant le pas de petite foulée rapide dès que j’aperçu, un, puis deux morts s’échapper d’un recoin dans notre direction. L’un des deux rampait au sol, séparé de sa moitié inférieure, s’aidant de ses mains pour se hisser dans la poussière en laissant traîner quelques morceaux d’intestin dans son sillage, me donnant à cette vision un dégoût profond. J’accélérais la cadence, incitant de claquements de langue mes compagnons à en faire de même, les guidant jusqu’à l’entrepôt. Je n’eu pas de mal à y parvenir, le chemin tracé tout droit, sans avoir à m’engager dans les méandres des véhicules entassés, laissant une petite distance avec les créatures que je distançais dans mon dos, courte, mais suffisante pour trouver un abri.

La grande porte était maintenue close par une immense chaîne lourde en fer forgé, cadenassé d’un imposant loquet et les fenêtres barricadées de larges planches de bois striées de clous. Il y avait bien une porte, mais un véhicule en condamnait l’accès, placé sans doute ici intentionnellement. J’espérais ne pas tomber sur un terrier de mort enfermé, ou quelconque groupuscule hostile qui s’y était enfermé, mais je prenais le risque car, d’un coup d’œil en arrière, je remarquais quelques traînards supplémentaires qui se rajoutaient progressivement à l’addition, se regroupant petit à petit en convergeant vers le même point. Un risque que j’évaluais toutefois plus minime qu’un simple hasard : aucun râle ne venait trahir quelconque présence décérébrée dans l’entrepôt, et je doutais qu’un groupe se serait contenté de rester sans réagir aux différentes altercations qui s’étaient produit à deux pas d’eux. C’était maigre comme déduction, sans doute très bancale et n’estimant pas tous les détails, mais je n’avais de toute manière que peu de choix.  

Une très rapide inspection du bâtiment m’indiquait qu’il était impossible de rejoindre l’autre versant, ni d’un flanc, ni de l’autre, tous deux fermés par quelques entassements de pneus qui s’enchevêtraient, ou de lourdes machineries impossibles à déplacer ou escalader. Soit, je m’engageais dans le labyrinthe, et cette perspective ne me paraissait pas des plus censée, soit je m’affairais immédiatement à dégager la porte d’entrée de son obstacle. Sans perdre de temps, je coinçais la lame à la ceinture, sur ma hanche droite, m’engageant très rapidement dans l’habitacle du véhicule aux portière arrachée et à la carcasse rouillée pour décoincer le frein à main mécanique. Dans mon dos, je commençais à entendre les râles des créatures, partiellement audible à travers les grondements de Falcore qui avait prit une posture d’attaque, attendant le moindre signal pour se lancer à l’assaut. Un signal que je ne lui accorderais pas, car je savais que ça ne ferait que le lancer dans une situation bien trop risquée.  

Je me contorsionnais dans l’effort après avoir délivré partiellement le frein qui se coinça à mi-parcours. J’avais beau forcer, impossible de le faire descendre plus bas, comme si quelque chose bloquait la mécanique. Je pestais de quelques jurons crachés en agrippant le capot des deux mains pour me lancer hors de la carcasse d’acier, rejoignant le coffre, ou du moins, ce qu’il en restait déposant les mains sur un bord que j’estimais moins saillant pour commencer à pousser. J’entendais Falcore devenir un peu plus nerveux, le grondement qui s’échappait de sa gueule s’accentuant davantage. Harleen, elle, s’était déjà repliée à mes côtés, sentant sa présence sur le bord de mes jambes et son chuintement caractéristique à sa frayeur ressentie. Je n’avais pas de temps à perdre.

Cherchant une stabilité sur mes appuis, je rassemblais toute mes forces pour faire bouger la voiture qui trainait sur ses pneus dégonflés. Il me fallait juste l’impulsion, le démarrage, c’était le plus difficile car une fois cette étape passée, je savais que l’inertie ferait le reste. Je serrais les dents, la mâchoire, tout ce que je pouvais contracter pour trouver l’appui nécessaire, la force qui me fallait pour faire bouger ce tas de ferraille dressé en barricade. Je n’étais vraiment pas certains que cette porte était notre échappatoire, j’avais été bien trop gagné par la curiosité pour m’être laissé prendre au piège, et surtout cette volonté ardente de suivre n’importe quelle piste possible qui pourrait me faire retrouver mon fils. Je prenais un nouvel élan, percutant l’acier du véhicule qui amorça enfin son avancée. Je sacrifiais toute mon énergie dans cet acte qui m’arracha un grondement intense.

L’engin commença à rouler, lentement, trop lentement. Je voyais sa progression défiler tandis que je ne perdais rien à l’effort que je donnais, manquant de glisser par une mauvaise stabilité sur le sol terreux. Centimètre par centimètre, je gagnais du terrain au prix de ces efforts, tandis que centimètre par centimètre, eux commençaient à imposer leur présence dangereuse. J’entendis un grognement rauque, attirant mon attention sans que j’en perde mon objectif, voyant sans attendre ma permission, Falcore s’élancer sur le plus proche d’entre eux, filant droit sur la jambe du défunt pour en saisir le tibia et tirer brusquement sur ce dernier. Le mort avait cherché à l’attraper de ses doigts contorsionnés et de sa dentition décharnée en se jetant presque en avant dans son élan, permettant à l’attaque du Malinois de faire littéralement s’effondrer la créature à terre. Il était vif, agile, rapide, bien trop pour un seul d’entre eux, mais surement pas pour plusieurs.

Je n’avais pas pris le temps de les décompter. J’avais cru ce lieu plutôt vide, mais d’un premier avis, je me trouvais confronté à une dizaine, tous en piteux états, la peau grisée par une décomposition avancé, laissant apparaître par moment, quelques os brodés des tendons et des muscles qui leur permettaient de se mouvoir, mais tous aussi contagieux les uns que les autres. Je rappelais l’animal en entonnant son nom d’un «  FALCORE ! » tonitruant, le forçant à renoncer à se lancer davantage dans la bataille, les morts les plus vifs n’étant plus qu’à quelques foulées de moi. Il se replia à l’instant où j’abandonnais ma poussée pour ouvrir en grand la porte qui n’était par chance, pas verrouillée et en laissant les deux chiens s’engouffrer les premiers dans l’entrepôt. Je sentis brusquement une poigne agripper mon sac à dos tandis que je m’étais élancé à mon tour à l’intérieur, interrompant d’un hoquet de surprise mon élan et me forçant à réagir brusquement en geste de défense.

Je me retournais vivement en balançant mon bras d’un lancer brusque circulaire pour repousser la créature, cette dernière s’effondrant sur le coffre du véhicule que je venais de pousser, prodiguant un râle qui paraissait protestataire de cette proie qui cherchait à lui échapper. J’abattais sans préavis ma lame sur sa boite crânienne, l’acier s’enfonçant sans effort particulier en provoquant l’immobilité soudaine et brusque du mort, condamné définitivement au trépas. Je ne cherchais pas à réclamer mon reste, fonçant vers la porte laissée ouverte avant de la rabattre contre la paroi de l’édifice, faisant instantanément baisser la luminosité ambiante. Je cherchais d’une main hasardeuse et nerveuse le loquet qui m’aurait permis de me soustraire au moindre effort supplémentaire de maintenir cet accès clos. Mais il me fallu bien vite me rendre à l’évidence, la voiture n’avait pas été placé là par hasard. Il n’y avait aucun moyen de la coincer.

Sous ma respiration saccadée, les battements de mon cœur à hauteur de mes tempes, je perçus les premiers grondements de Falcore et Harleen dans mon dos, ne pouvant qu’annoncer une sentence supplémentaire. Cet abri n’était pas safe.
Equipement Porté :
Capacité : 3/6
Triton 1650 Flec.
M01
Couteau de cuisine
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.C.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 11/55
Sac tactique
Raging Bull (3)
Doses de poudres (4)
Hachoir de boucher (4)

William Spencer


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
William Spencer

Mar 31 Mar - 23:42
Un raclement déchira davantage la peau rongée de cette nuque de mort-vivant, lorsque William tira sèchement dans un mouvement circulaire la lame de son M-Tech qui venait de sectionner les cervicales de la créature. Celle-ci, rendue inanimée et un poids pour le coup tout à fait mort, s'effondra contre l'homme qui recula de deux pas, lâchant les cheveux poisseux et pailleux de cette chose qu'il avait agrippé en la surprenant de dos quelques instants plus tôt.

Il inspirait de grandes bouffées par les narines, les expirant par la bouche entrouverte, tout en contemplant cette monstruosité s'effondrer sur le bitume la langue sortie et plantée dans ses propres dents. Dans la ruelle, trois autres cadavres jonchaient le sol à quelques mètres et d'autres arrivaient à sa droite. Il avait pu sortir de la maison visitée sans encombre par une fenêtre qui l'avait conduit au jardin voisin et il s'était faufilé par l'intérieur de la zone résidentielle plus au sud avant de pouvoir remonter vers une large rue.

C'est là que les choses s'étaient gâtées, car il n'avait pas pu faire autrement que la traverser pour rejoindre la zone estimée des coups de feu, encore plus au sud et de l'autre coté. Il lui avait fallu prendre plusieurs bouffées d'air contrôlées pour se mettre en condition, avant de se lancer dans une course rapide tel un quarterback de la post-apocalypse, passant à coté d'un groupement trop relativement éparpillé pour espérer pouvoir les avoir un à un. Cela avait irrémédiablement détourné l'attention des charognards de l'accident dont William n'avait pas encore conscience, charognards qui s'étaient rués, ou tout du moins élancés de leur marche infatigable dans sa direction, produisant un concert de grognement seulement entrecoupés du son produit par le fusil secoué dans son dos et faisant claquer la boucle de bandoulière près de la crosse.

C'est en traversant un accès bétonné relativement étroit entre deux structures et destiné à la marche piétonne, qu'il avait été forcé d'achever sa course d'une impulsion vers l'avant contre le rôdeur alors de dos qui se retournait à l'entente d'une respiration sensiblement saccadée, le percutant le genou le premier par sa jambe repliée en bélier sous l'aisselle, l'envoyant violemment manger le bitume dans une succession de claquements de sa mâchoire, avant de s'incliner d'un coup de lame enfonçant sa boîte crânienne pour le réduire au silence.

En retirant l'arme, il fit jaillir une gerbe d'hémoglobine qui éclaboussa son pantalon tandis qu'il se redressait pour jeter un regard à sa gauche - d'où il venait - constatant que des dizaines de rôdeurs le suivaient de près à présent, puis à sa droite, où cinq de ces cadavres ambulants marchaient à une certaine distance les uns des autres. Il n'avait qu'une option : l'affrontement et en toute logique il commença une marche assez soutenue qui voulait préserver de ses forces déjà entamées avant qu'il ne soit arrivé en ville, et que la dernière heure tendait à faire diminuer de façon alarmante.

Si William pouvait compter sur une bonne condition physique, lui permettant de tenir la distance et l'effort jusque un certain point et plus encore endurer l'excès jusque un certain seuil, cela ne justifiait pas qu'il s'en conforte car l'anticipation faisant partie de ses principes les plus élémentaires et dans ce contexte où il n'avait aucune idée de ce qu'il trouverait au-delà de ces quelques rôdeurs, il se devait d'être très prudent à la jauge de tolérance de son corps.

Des journaux amassés et jaunis par le temps furent quelque peu soufflés par le courant d'air passant dans cet accès. Une page venant s'enrouler et ce pendant les prochaines minutes autour du mollet de l'homme qui n'y prêta pas attention, puisqu'il n'avait dans l'immédiat d'yeux que pour cet homme ou plutôt son souvenir, ses yeux globuleux moins répugnants que sa bouche où quelques dents manquaient, ce qui n'était pas pour le rendre moins dangereux. Celui-ci se traînait avec un entrain honorable, tenant bien mieux sur ses jambes que la plupart des monstres sur lesquels il tombait quotidiennement. William changea le sens du manche de son M-Tech et d'une impulsion du poignet, rabattit la lame qui retourna se cacher dans sa planque métallique pour reformer le poing américain d'origine.

A quelques pas de la créature, l'ex-agent changeait de stratégie car son observation brève mais riche en réflexion des autres créatures grogneuses et purulentes qui venaient à sa suite, avait rapidement mis en évidence qu'à moins d'avoir la certitude de les abattre du premier coup, sans risquer de coincer sa lame ou d'être bousculé, ce qui représentait une probabilité très audacieuse même pour lui, la conséquence serait qu'il se retrouve à se battre à deux contre un voire plus.

En zone relativement safe, il aurait pu envisager un tel combat, mais dans l'urgence de la petite horde bien trop grande pour lui qui affluait dans son dos, il n'avait pas le luxe du risque. Cette réflexion avait été pesée et bouclée en un instant alors que la bête se ruait sur lui en cherchant à agripper ses bras afin d'atteindre la chair de son visage de ses chicots abîmés, ce à quoi William refusa l'invitation d'un uppercut en pleine mâchoire, l'envoyant basculer vers l'arrière la tête la première en éclatant les quelques incisives restantes entre elles. La créature s'étala, sonnée, ou ce que William pouvait à priori considérer comme tel puisqu'en vérité, il n'avait pas tellement idée de la manière dont les choses pouvaient fonctionner là-dedans.

Une frappe qui n'était pas sans être répétitive, mais en bon entrepreneur insoupçonné William savait capitaliser les coups performants. Le style et la forme n'étaient pas vraiment dans ses moeurs, loin de ce genre de narcissisme il préférait faire simple et efficace, mais ça ne fonctionnait pas toujours. La preuve, laissant le premier charognard au tapis, ce qui ne durerait pas longtemps mais assez aux yeux de l'homme pour pouvoir progresser, il avança vers le second rôdeur venant d'à quatre vingt dix degrés et pratiquement déjà sur lui en tentant de réitérer l'impulsion puissante.

Néanmoins il fut surpris par le monstre plus épais et grand que le précédent, qui avait levé les bras à la fois plus tardivement et de gestes plus dynamiques, absorbant l'impact du coup largement amoindri par la gêne du bras le plus proche de la créature. Pris de court, le monstre l'agrippa au pull au-dessus des épaules en fondant mâchoire ouverte vers son visage dans un râle gras et graveleux, arrachant un soupir rauque à William qui dans la hâte vint le bloquer à la gorge de son bras gauche.

Il n'avait aucune envie de jouer de force brute avec le monstre car il avait conscience que malgré sa propre musculature il perdrait, soit en se faisant submerger par ce rôdeur, soit en se faisant déchirer le mollet par son prédécesseur qui commençait déjà à se redresser de son k.o technique. C'est pourquoi William se laissa la seconde d'après basculer en arrière, se faisant tomber volontairement avec la créature en pivotant sur son flanc, atteignant le premier le sol de l'épaule tout en envoyant le monstre sur son acolyte de sa masse plus importante.

La bête décérébrée n'y compris rien et plaqua malgré elle l'autre charognard au sol dans une posture presque affectueuse, visage contre visage et leurs corps en putréfaction se frottant l'un contre l'autre. Libéré de cette prise, William n'eut qu'un instant pour aviser la troisième créature, une femme ébouriffée qui par-dessus sa robe à moitié déchirée soutenait encore un porte-bébé vide et imprégné d'une large marque carmine séchée et assombrie.

Elle était venue à la suite et s'aidant de ses main qu'il vint plaquer au sol en basculant sur le coté, faisant claquer le poing américain contre le bitume, William acheva de tournoyer sur lui-même d'une frappe de semelle en pleine face de la chose - jambe tendue - qui fut projetée à un mètre de là en balançant ses bras désarticulés, s'écrasant comme un sac de chair en décomposition ; ce qu'elle était par ailleurs. La frappe martiale avait permis à l'ex-agent de se retrouver debout sur ses jambes dans l'élan, reprenant l'avantage, cependant il n'était plus question de se battre.

Le concert de râles était plus proche que jamais et la masse grouillante arrivait déjà à proximité du couple qu'il avait formé et qui se séparait d'ores et déjà, peu affectés par le fait d'avoir été malmenés et humiliés, des notions échappant totalement à leur conscience. Un regard vers la horde, un autre à sa droite tout en reculant contre la pierre d'une des structures, il plia genoux pour s'élancer à ras du mur, évitant de peu l'un des deux rôdeurs restant qui trébucha en cherchant à rectifier sa trajectoire, allant percuter le mur du crâne en bélier incontrôlé ; le dernier monstre plus chétif repoussé par William qui s'était décollé du mur après quelques mètres d'un chassé bien senti dans l'estomac, titubant en marche arrière sur un mètre ou deux avec une indifférence trahissant un coup plus faible que prévu, revenant instantanément à la charge.

William avait aussitôt repris la course et cette fois, il sprintait d'autant plus qu'il avait besoin de mettre très vite une distance entre cette masse et lui dans le but de lui échapper à un détour, car il avait conscience qu'il ne pouvait pas se permettre d'être suivi sur une longue distance. Lui se fatiguait, ces créatures non et c'est en cela qu'elles étaient immensément supérieures aux vivants à leur manière. Le souffle plus rude et cadencé, ses traits étirés et les pommettes redressées pour marquer l'effort considérable qu'il produisait.

Il traversa l'accès assez hâtivement et passait au milieu d'une petite rue qui l'amenait vers un autre dédale d'accès plus oppressif quand le hurlement d'un klaxon se superposa aux grondements désespérément similaires qu'il perçut, traduisant sans qu'il n'ai besoin de détourner le regard de son objectif, que d'autres errants occupaient cette rue également. La zone devenait sérieusement périlleuse et s'il était juste à coté de l'origine des coups de feu qui avaient cessé depuis un moment maintenant, qu'il avait pu situer à peu près plus au sud de la rue qu'il venait justement de passer en direction de la grande route, il dut se rendre à l'évidence et abandonner la tentative alors qu'il tournait à gauche au premier virage de ces petits bâtiments entassés.

Un accès puis un autre, il tourna à droite, puis à gauche à nouveau, jouant du labyrinthe résidentiel pour semer ses poursuivants. Peine perdue : il se retrouva dans une contre-allée au bout de laquelle une vingtaine de rôdeurs passaient sur la grande route, mais devaient en cacher beaucoup plus étant donné que sa vue était restreinte par l'accès en couloir, sans doute réorientés par le klaxon dont l'écho strident ne cessait pas. William comprenait aisément que quelqu'un avait actionné et bloqué ce boucan incommode pour détourner l'attention des mangeurs de chair. A cette vision, l'homme commença à reculer assez lentement pour ne pas attirer l'attention des rôdeurs par des mouvements trop emportés qui capteraient le champs de vision périphérique de ces cadavres ambulants.

Il cherchait à revenir sur ses pas pour aviser si des rôdeurs l'avaient suivi dans le dédale d'habitations ou s'ils s'étaient désintéressés de son existence au profit du klaxon. C'est au moment où il tournait le regard sur sa gauche, à proximité de l'angle de mur, qu'un grincement bien trop intelligible manqua de le faire tressaillir d'étonnement, rabattant immédiatement son regard sur la contre-allée où une femme, suivie d'un homme, apparaissaient en trombe au beau milieu des bâtisses, ce dernier claquant derrière eux ladite porte qui ne manquait pas de briser toute forme de discrétion en attirant l'attention des morts-vivants.

Face à cet imprévu, William recula sur sa jambe droite pour adopter instinctivement une posture de profil mais se figea presque ensuite, les sourcils plissés et l'air circonspect de ses yeux bleus lagon eux grands ouverts, avisant ces deux personnes qui, par le couvert momentané de la porte et l'afflux beaucoup plus attrayant de la masse grouillante, avaient regardé dans leur direction la première, laissant en suspend la découverte de l'homme qui se trouvait plus éloigné de ces nouvelles têtes qu'elles des rôdeurs.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Nasreen Abtani


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Nasreen Abtani

Mer 1 Avr - 13:54
L’Israélienne se retourna en direction du jeune Lewis, quelques instants à peine après avoir franchi la porte à deux battants qu’il venait de refermer. Elle observa le jeune homme, silencieuse, alors que celui-ci faisait barrage de son corps plaqué contre les portes pour contenir les éventuels rôdeurs qui leur couraient après. Le sang coulait de plus belle de son nez meurtri en un filet carmin et épais gouttant sur sa veste. Si la souffrance du minot était parfaitement visible sur les traits crispés de son faciès, il ne s’en plaignait cependant pas. Son attention paraissait surtout accaparée par la dizaine de rôdeurs qui envahissaient la contre-allée. Ceux-là dont l’intérêt fut capté par l’irruption de deux êtres appétissants non loin d’eux, malgré la cacophonie stridente et ininterrompue du klaxon qui hurlait de l’autre côté du bâtiment, dans l’avenue parallèle à cette ruelle. Plusieurs mètres derrière cette dizaine, une majorité des créatures les plus éloignées battant l’asphalte de la rue adjacente ne les avait pas remarqué, pas encore du moins.

Lewis contempla la petite horde qui progressait dans leur direction, puis ramena son regard sur Nasreen qui en faisant dorénavant tout autant, sa main raffermissant son emprise sur le manche de la lourde clé Stillson.

“Hey ! Mon arc !” pressa le jeune homme d’une demande sèche mais au volume mesuré, à l’attention de la femme en désignant l’objet de son désir d’un bras levé dans sa direction.

Le regard noir de l’Israélienne passa rapidement sur le visage de l’homme, puis sur la main qu’il tendait, ses gestes, expressions et décisions suspendus durant quelques secondes avant qu’elle n’acquiesce finalement d’un mouvement de la tête. Se défaisant de l’arme de jet, elle la tendit au jeune homme non sans une certaine retenue dans le geste, marquant son appréhension d’un froncement de sourcils.

“Pas bêtise,” l’avertit-elle lorsque le bois de l’arc échappa à sa main gauche, toute sa méfiance s’exacerbant dans le timbre de sa voix.

“Plus tard. Peut-être,” rétorqua Lewis dans un grognement qui relevait du sarcasme, sortant une flèche de son carquois pour l’encocher sur la corde.

Nasreen plissa les paupières en le dévisageant, incapable de déceler si menace il y avait ou non dans les propos du gamin, détournant finalement son attention vers les morts qui continuaient de les approcher par la droite.

“Partir,” indiqua-t-elle en pivotant sur sa gauche, désignant la direction voulue d’un mouvement de bras, soutenu par son regard qui se tournait vers l’autre côté de la contre-allée qui n’avait pas paru, pour l’instant tout du moins, assaillie de créatures.

Son prunelles noires découvrirent alors une menace plus solitaire, mais aussi plus dangereuse, dans la silhouette de l’homme qui se tenait à plusieurs mètres d’eux, les coinçant dans une tenaille.

“Ami de toi ?” demanda Nasreen à Lewis quand à son oreille, le sifflement discret d’une flèche décochée chuinta, abattant le rôdeur le plus proche de leur position.

“De quoi ? Qui ?” rétorqua le gamin, détournant son regard de la menace mort-vivante pour l’aligner sur celui de la chirurgienne, découvrant à son tour la présence de William.

“Non,” finit-il par répondre rapidement. “Merde. Il a un fusil,” ajouta-t-il après avoir découvert la silhouette du fusil d’assaut située dans le dos de l’inconnu.

Un sursaut brutal secoua les portes métalliques dans le dos de Lewis, qui abaissa rapidement son arc pour offrir une plus grande résistance à l’encontre des rôdeurs qui pressaient de l’autre côté, tendant ses jambes contre le sol. Il avisa Nasreen, puis les autres monstres qui continuaient d’approcher sur sa gauche, atteignant une proximité critique pour leur survie prochaine.

“Fais quelque chose bordel !” s’exclama-t-il à l’attention de l’Israélienne, la voix rendue plus tremblante par l’appréhension et la tension de leur mauvaise posture.

Nasreen détourna le visage de l’homme pour se focaliser sur les rôdeurs tout proche, empoignant le manche de sa lourde clé à deux mains en pivotant sur ses appuis pour leur faire face.

“Toi parler. Moi défendre,” annonça l’Israélienne, amorçant un premier pas en direction de l’infecté le plus proche.

“Il va sûrement nous tirer dessus !” rétorqua Lewis, son regard passant de la chirurgienne à l’inconnu, un grognement étouffé quittant sa gorge lorsqu’il fut secoué par un nouveau sursaut, plus violent, contre les portes.

“Fusil meilleure mort,” trancha-t-elle sobrement, sans aucune forme de philosophie particulière, ponctuant ses mots d’un haussement des épaules en redressant la tête à mâchoires de la clé à hauteur de ses épaules.

Nasreen arma son geste, son premier coup, estimant et réduisant la distance de nouveaux pas avant de stopper sa progression, pied gauche en avant et calant son appui, son regard focalisé sur le crâne de sa cible. Une estimation qui se révéla cependant fausse, au moment où elle porta son premier coup dans un mouvement circulaire qui manqua de quelques centimètres la tête de la créature. Un mauvais calcul aux conséquences plus désastreuses ensuite, car l’élan et le poids de la clé que l’Israélienne espérait voir stoppés par sa rencontre avec un crâne la déséquilibra sur ses appuis. Le manche de la clé échappa à ses doigts, elle tituba de deux pas vers l’avant, percutant le buste de la créature de son épaule droite et chutant avec elle au sol.

“Mais comment t’as pu le louper !?” s’exclama le minot derrière elle qui avait observé la scène, le regard agrandi d’une surprise très inquiète, renforcée d'autant par les coups portés dans son dos.

Puis il avait rapidement tourné la tête en direction de l’inconnu, forçant sur sa voix pour se faire entendre par-delà le hurlement continu du klaxon et le brouhaha des cadavres.

“Hey m’sieur ! Aidez-nous s’il vous plaît ! Par pitié !” l’interpella-t-il d’un ton pressé, légèrement suppliant.

Le coeur de la chirurgienne se mit à bondir contre sa poitrine, son rythme affolé par la situation dangereuse qui n’avait pas manqué de la surprendre. Elle roula sur côté, échappant de justesse à l’emprise d’un bras osseux fendant l’air, quelques claquements de mâchoire résonnant à ses oreilles, galvanisés de râles envieux. Ventre à terre, elle releva les yeux pour aviser la clé Stillson à quelques pas d’elle. Elle poussa sur ses jambes, rampant vers l’arme dans un gémissement d’effort, à mesure que la panique la gagnait. Sa main droite attrapa l’arme, à l'instant même où elle sentit celle du rôdeur dans son dos s’agripper à son sac à dos, tirant sur celui-ci de toute sa force d’outre-tombe.

D’un geste désespéré, accompagné d’un cri, elle tira sur le manche de la clé, tentant de frapper à l’aveugle la créature qui s’emparait de sa proie en secouant la tête, agitant ses cheveux en mèches filandreuses. Mais une nouvelle fois, la clé manqua sa cible, ou plus exactement, vint la frapper sur le côté de la hanche dans un choc sourd. Un coup qui ne perturba même pas le monstre affamé dont la seconde main attrapa la natte de l’Israélienne qui ne put contenir un autre cri, bien plus paniqué et désespéré en sentant la traction sur son cuir chevelu. Elle roula sur son dos, se lovant presque dans les bras de la créature, plaquant son avant-bras gauche contre la gorge de celle-ci pour en retenir les mâchoires. Nasreen grimaça sous l’effort, plissant les paupières dans une grimace de dégoût à la perception de l’haleine fétide et ammoniaquée qui s’exhalait d’entre les dents manquantes et jaunies du monstre.

De sa main gauche, elle tâtonna sa veste à la recherche de l’ouverture de sa poche, s’emparant de son tournevis. Dans un grognement de protestation, le manche en bois serré au creux de son poing, elle porta un coup à la tempe de la créature qui cessa instantanément de s’agiter, laissant à l'Israélienne une très courte fenêtre d’action pour s’extraire de l’emprise morbide de ce cadavre.

Un autre mort se trouvait pourtant là, à quelques pas et prêt à se jeter sur elle. Une menace succédait déjà à la précédente à peine fut-elle neutralisée. Nasreen cracha l’excès de salive nauséeuse qui lui était montée aux lèvres, reprenant la clé Stillson de sa main libre, se servant du manche comme point d’appui pour se relever avec précipitation. La créature se jeta alors dans son dos, une première main décharnée agrippant l’épaule de la femme, crispant le tissu de sa veste dans son poing et l’accablant de son propre poids. La chirurgienne ploya un genou sous cette nouvelle agression, roulant des épaules et tirant sur le tissu de sa veste qui se déchira pour se défaire de l’emprise. Et si la tentative fut un succès, ce fut pour offrir à la bête l’occasion de refermer ses doigts osseux contre le mollet droit de la chirurgienne. Se retournant, postérieur sur le sol, elle gratifia le monstre d’un coup de clé Stillson envoyé à la dérobée. Un coup qui frappa la créature dans son flanc gauche, la déséquilibrant à peine dans un craquement d’os brisés qui avaient pourtant, de nombreux instants plus tôt, mis à terre un homme comme ce Joe.

Les mains de la créature n’avaient cependant pas lâché leur prise, courant même le long de cette jambe pour remonter jusqu’à la cuisse droite de la jeune femme quand les dents de la créature s’intéressaient à la chair de son mollet. De sa jambe gauche, elle administra un coup de pied désespéré contre la créature, qui heurta son menton, lui offrant quelques secondes de répit qui ne sauraient pourtant retarder l’inévitable.

Un grincement métallique résonna derrière elle. Elle ne pouvait le voir, toute concentrée qu’elle était sur sa seule survie, mais Lewis avait fini par capituler face aux assauts des rôdeurs contenus dans l’arrière-boutique. Le jeune homme avait reculé de nombreux pas en se retournant, bandant la corde de son arme pour se débarrasser d’un tir du premier des trois rôdeurs qui avaient surgi. Le gamin, malgré son jeune âge et son état, semblait faire preuve d’un certain sang-froid malgré la pression, et plus particulièrement d’un talent certain à manier l’arc. Mieux que Nasreen à jouer de la clé à molette, c’était certain, surtout quand un nouveau coup balayé n’avait fait que brasser du vent ; un geste d’une vacuité similaire à la maîtrise qu’avait désormais la chirurgienne de son destin, dépendante d’une aide extérieure pour se tirer d’une bien mauvaise posture.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Tournevis
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-

Ashley Danforth


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba1120/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Ashley Danforth

Mer 1 Avr - 22:07
La chasseuse était là, adossé au mur, posant le bidon d’essence à terre. Un bien maigre trésor, un bien maigre trésor pour lequel elle avait fait couler le sang, encore et toujours. Si elle expirait lentement du nez en repensant à cela alors que les effets de l’adrénaline semblaient s’estomper, elle n’éprouvait aucun regret. Pas avec ces enfoirés qui s’amusaient à tirer les premiers. A chaque fois qu’elle posait son regard sur son reflet dans un miroir, elle voyait toutes les fois où elle regrettait d’avoir amené la mort à quelqu’un, tous les regrets qu’elle éprouvait à chaque personne qui ne méritait pas le sort qu’Ashley lui avait réserver. Mais elle voyait aussi dans ce miroir toutes les personnes qu’elle avait éliminé et qui le méritaient. Tout ceux d’aujourd’hui le méritaient, sans aucune exception, c’était ce à quoi elle pensait tandis qu’elle tentait de récupérer son souffle.

Ce n’était qu’un sentiment de satisfaction qui l’envahissait quand elle repensait à ce qu’elle avait fait. Elle fût tirée de sa rêverie par un cadavre ambulant qui venait de grogner, assez fort pour qu’elle l’entende malgré le boucan qui ne cessait pas et qu’elle avait provoqué. Cet infecté était tout simplement passé dans la rue principale, rejoignant sans doute le lieu de l’accident, rien qui ne pouvait inquiéter la détective, mais quelque chose lui vint à l’esprit. Ce n’était pas qu’un simple groupe de zombie qu’elle allait rameuter ici, non, ce serait une véritable horde. Et si le cortège de la manifestation des décérébrés de Snyder avait prévu un terminus en ces lieux, cela allait poser un problème à Ashley pour continuer de fouiller les environs, mais au moins, cela permettrait à Natasha de rester en sécurité malgré sa blessure.

Elle jetait un œil à sa gauche et à sa droite, observant ces revenants rejoindre la destination qu’Ashley leur avait indiqué tandis qu’elle rechargeait son arbalète, qu’elle venait de changer de main d’ailleurs. Une poignée de seconde passa sans qu’elle ne voie aucun infecté passer, ni par la rue principale, ni par les jardins de ces petites maisons qui lui faisaient penser à celle de ses parents. Grimaçant à cause de la douleur dans ses doigts de la main gauche quand elle attrapa le bidon d’essence après s’être légèrement accroupie, elle commença à partir sur sa gauche, en direction des jardins, avec pour destination, la maison où était planquée Natasha. Cela devrait être plus sûr puisque le bruit assourdissant du klaxon se trouvait dans la rue principale, non ?

C’était sans aucun doute ce qu’elle s’était dit alors qu’elle venait tout juste de passer le mur de cette maison contre lequel elle s’était adossée qu’elle trébucha, lamentablement, tombant la tête la première dans l’herbe. La soudaineté de sa chute et le fait qu’elle avait les deux mains prises l’avaient empêché de se rattraper convenablement, le bidon d’essence était bien heureusement fermé mais s’échappa des mains d’Ashley, tombant quelques centimètres plus loin tandis qu’elle conservait toujours son arbalète à la main. Alors qu’elle redressait la tête pour observer rapidement les alentours pour s’assurer qu’elle pouvait se lever sans problème, elle sentit quelque chose l’agripper au niveau de sa cheville.

C’était son pied droit qui avait buté contre le crâne d’un rôdeur. Ou plutôt un demi-rôdeur, qui s’était fait arracher la moitié inférieure du corps et qui semblait introuvable à première vue. Même ses hanches étaient parties, son corps commençait au niveau des côtés, et dans cette situation, Ashley n’avait aucune idée sur le fait qu’il en avait ou non perdu quelques-unes entre temps. Si dans un premier temps la détective avait été surprise par cette sensation autour de sa cheville, l’obligeant à se retourner pour voir qu’elle était la menace. Un mort, encore un, défiguré, totalement, il n’avait même pas l’air d’avoir été humain un jour quand on regardait son visage. Sa peau semblait avoir fondue, si c’était bien sa peau, ce qui était assez invraisemblable en s’attardant sur cela… Ce que bien évidemment la baroudeuse ne ferait point, même si l’étude de l’état de cette immondice pouvait se révéler intéressant, elle préférait de loin rester en vie, c’était pour cela qu’elle tira sur sa jambe droite pour dégager cette dernière d’une blessure qui pouvait être plus que fatale si son agresseur arrivait à son but.

Elle aurait tiré sur sa jambe pour éviter la première morsure, mais la force d’un mort était bien trop surprenante pour Ashley qui sentait qu’elle ne pouvait récupérer la partie basse de son corps sans autre chose. Les mains de la créature étaient toujours fermement accrochées à sa cheville même si elle avait réussi à éviter la première morsure et elle aurait du mal à s’en dégager par la force brute. C’était sans doute pour cela qu’Ashley posa la paume de sa main gauche contre le sol avant de retourner l’intégralité de son corps face à ciel. Une fraction de seconde, c’était ce dont elle avait eu besoin pour cela, et ce n’était pas assez pour que le mort puisse en faire son repas. Elle redressa légèrement son buste tout en tendant son bras droit en direction de son agresseur qui laissa son crâne se faire transpercer par un carreau d’arbalète que venait d’envoyer Ashley.

Alors qu’elle n’avait pas dégagé son pied de ce cadavre, elle attrapa un carreau d’arbalète pour recharger son arme. Le boucan incessant du klaxon se voyait accompagné d’un léger rire féminin que seule Ashley pouvait entendre alors qu’elle donnait un coup de pied dans la tête du mort pour se libérer de son emprise à présent bien plus molle avant de se relever et d’observer les environs en tournant lentement sur elle-même. Il y avait toujours des morts qui convergeaient vers le lieu de l’accident, assez peu se trouvaient du côté Est et de ce côté de la route, mais il y en avait quand même, et bien qu’aucun n’allait poser un problème à Ashley pour rejoindre Natasha, elle préférait être définitivement tranquille avant de rejoindre cette dernière. La détective se retourna, lâchant un léger regard amusé en direction du semi-cadavre tandis qu’elle s’arrêta de rire.

« Désolée, je les préfère plus grands. »

Un large sourire s’étendait sur son visage, elle semblait amusée de la situation. S’avançant légèrement pour récupérer le bidon d’essence, elle voyait à quelques mètres un mort qui venait de la prendre pour cible. Elle ne lâcha qu’un simple soupir avant de se remettre en route, courant rapidement mais sans sprinter en direction du camion qui était encastré dans cette maison où Natasha reposait sa cheville. Alors qu’elle arrivait devant une clôture d’un de ces fameux jardins, elle marqua une légère pause, jetant un œil aux alentours. A part celui-là qui était à contre courant de tous ses congénères, un autre semblait avoir remarqué Ashley, un autre qui était à quelques mètres plus loin du premier, plus au Nord des jardins, ce ne serait en aucun cas une menace pour l’instant.

Elle enjamba la clôture avant de recommencer à courir, avec un peu plus de vitesse cette fois-ci. Traversant un premier jardin avant de passer un petit portail encore ouvert pour en traverser un second pour finalement arriver à proximité du camion. Ashley s’avancerai rapidement pour déposer le bidon d’essence contre la porte que Natasha avait sans doute barricadée. Il y avait toujours ces deux morts qui approchaient, si elle rejoignait l’infirmière, ces cadavres risqueraient de faire de bruit et d’en rameutait bien plus. Elle se décida donc à piquer un sprint, longeant ce qui restait du mur de cette maison pour se diriger vers la rue principale, celle où avait eu lieu l’accident. Et par conséquent, la rue où un grand nombre d’infectés se trouvaient. Mais c’était la meilleure chose à faire, et elle le savait.

Ashley faisait quelque chose qui aurait pu sembler stupide, mais ceux qui connaissaient la détective savaient qu’elle ne faisait rien de stupide. Jamais. Elle courait en direction de l’accident, pas longtemps, une poignée de secondes, puisqu’elle quitta cette rue pour partir en direction du Nord, vers ces jardins qu’elle avait quittés juste avant afin de perdre les cadavres qui l’avaient prise en chasse. Ces mêmes jardins qu’elle traversa en un rapide sprint pour rejoindre les bâtiments à proximité de ce magasin, mais elle s’arrêta contre le mur d’une maison à proximité du lieu de l’accident. Elle n’aurait plus qu’à traverser une simple rue pour pouvoir espérer rejoindre les bâtiments qui se trouvaient derrière le magasin. Observant les alentours pour y découvrir une dizaine de cadavres convergeant depuis le Nord en direction de l’accident, et donc d’Ashley, bien heureusement, seuls trois de ces rôdeurs étaient proches, à environ une quinzaine de mètres, et ils venaient de remarquer la détective. Elle reprenait son souffle alors qu’elle envisageait si elle devait gaspiller des carreaux d’arbalète pour ces lourdauds qui n’arriveraient pas à la rattraper.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Cobra RX Carr.
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Andrew Miller


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba1115/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Andrew Miller

Lun 6 Avr - 11:22
Tandis que le grondement de mes compagnons continuait d’harceler mes tympans dans cet environnement où j’étais quasiment aveugle, je persistais à maintenir fermement la porte contre son battant en tirant fortement sur la poignée branlante. Je pouvais m’estimer heureux que cet accès en soit un de secours, plaçant l’ouverture vers l’extérieur. Néanmoins, même si ces dénués de réflexion ne prenaient pas vraiment la peine de s’interroger sur le moyen d’ouvrir cette porte autrement qu’en tambourinant dessus, je savais qu’un moindre relâchement provoquerait l’ouverture de quelques centimètres de ce battant de fer qu'aucun loquet ou même simple pêne ne retenait. Quelques centimètres qui auraient été bien suffisant pour voir leurs doigts décharnés s’immiscer dans l’interstice et provoquer, par la force des choses une véritable brèche dans mon abris délétère. Et plus que tout, je commençais à craindre également que la poignée ne lâche finalement l’affaire, tant le maintien entre mes mains était précaire.

Mon regard se balançait à droite et à gauche de ma position, cherchant une solution dans cette ambiance nocturne ou à capter le moindre mouvement révélé par l’apport d’un reflet de lumière qui mettrait en relief un danger bien plus immédiat au final. Bien que spacieux, l’intérieur me semblait clairsemé de débris en tout genre, comme des masses informes, d’étagères, de montagne de cartons, il y avait même deux ombres encombrantes de la taille de voiture montées sur vérins, du moins c’est ce que j’en devinais avec une rapide inspection forcée. Il y avait une sorte de deuxième étage, donnant comme une espèce de chemin de ronde sans que je n'en vois d'accès immédiat. Les fenêtres qui trouaient ce niveau étaient obstruées de tissus opaques et d’épais scotchs marron, qui laissaient passer quelques particules de lumières mais qui remplissaient néanmoins bien leur rôle.

Pourtant, aucun mouvement ne me permettait d’estimer la distance de cette menace qui transparaissait à travers les grondements canins. Eux-mêmes, ne semblaient pas bouger, immobiles à mes côtés. Je commençais à craindre d’être surpris dans cet étau dans lequel je me trouvais, à devoir choisir entre cette menace et celle au-delà de cette porte que je maintenais en barrière, à devoir calculer quelle solution serait la moins pire et cela en quelques millièmes de seconde de réflexion. Mais l’impensable se produisit, et tandis que ma main sentait la poignée commencer à se déloger de son axe, une alarme de véhicule, aussi stridente que soudaine, s’imposa comme un héro salvateur. Les grattements et cognements contre la porte cessèrent peu à peu, tandis que les créatures reconsidéraient leur attention sur quelque chose qui leur serait potentiellement plus accessible, leur grondement féroce s’échappant également dans la cacophonie environnante.

Un énorme souffle de soulagement fuit d’entre mes lèvres, tandis que je relâchais, petit à petit, lentement, cette poignée cassée. Je levais la main, grande ouverte, prête à replonger au cas où le danger n’avait pas été suffisamment écarté. La porte de métal s’ouvrit dans le relâchement, d’un, puis deux pouces, flottant dans cette absence de retenue qui l’avait caractérisé et comme je l'avais estimé. Je reculais d’un pas, redonnant à ma main directrice la saisie du manche du couteau que j’enserrais fermement, déliant mes doigts de quelques mouvements sans m'en séparer avant d'en assurer la prise. Le klaxon hurlait à la mort, et même si sa proximité était relative, le son strident qu’il offrait m’empêchait de me fier sereinement à mon ouïe. Je n’entendais plus ni les râles, ni les grondements, ni les soupirs, ni les pas traînants. Je savais que Falcore et Harleen étaient toujours non loin, je sentais et devinais leur silhouette à mes côtés, mais impossible de me figurer plus que cela.

J’attendis quelques secondes, dizaines de secondes, plus encore, silencieux, quasi figé, sans que rien ne se passe. J'entendais mon coeur battre a un rythme effréné d'appréhension, et des efforts jusqu'ici fournit, tandis que je décidais de laisser tranquille cette porte et de ne pas tenter le diable de détourner quelques morts de leur nouvel objectif par ma présence, reculant alors de quelques pas un peu plus vers l'intérieur. La légère luminosité matinale qui filtrait à travers l’interstice favorisait ma perception de l’intérieur de l’entrepôt, malgré les quelques nuages qui s’étaient un peu trop approchés de ce ciel printanier jusqu'ici dégagé. Je me retournais pour observer à nouveau les lieux, allant flatter le flanc du Malinois de quelques brèves caresses en m'accroupissant à ses côtés, cherchant à estimer la direction que prenait son regard. Je dressais mes yeux vers ce second étage, le balayant en plissant les paupières. Je finis par percevoir les contours de deux ombres plus hautes que large, ressemblant étrangement a des silhouettes humaines. Elles étaient debout, immobiles ou presque, et tandis que j’en percevais quelques mouvements presque imperceptibles, je m’étais redressé de toute ma taille pour espérer en deviner davantage.

Humains ou créatures ? Difficile à savoir. Malgré l’alarme sonore qui déchirait encore la rue à l’extérieur, ils n’avaient pas bougé, pas bronché, comme si elles étaient en train d'estimer si on valait la peine ou non. Pas un mot, pas une menace prodigué à notre encontre. Je fronçais les sourcils, faisant un pas en arrière, tendant la main vers cette porte d’entrée dont l’ouverture légère pourrait m’offrir plus d’information. D'une pression légère de mon poing fermé, je poussais la porte métallique, la clarté nouvelle s’imposant peu à peu dans l’environnement, en révélant plus de détail à ma proximité immédiate. Rien de radical, mais m’offrant le loisir d’en savoir un peu plus sur ce qui m’entourait.

Une ombre fugace dans mon dos, porté par le contours de lumière qui s'était tracé sur le sol, me figea très brièvement, avant que mon esprit estime qu'il serait de bonne décence de m'éloigne de la porte, pris dans un sursaut de crainte lancé par un hoquet de surprise. Aussi je n'esquivais que de justesse en rabattant mon bras, la poigne acérée d’un mort qui avait lancé son assaut à travers l’ouverture de la porte, plus attiré par l’odeur de l’humain que j’étais que par ce klaxon comme l'avait fait ses congénères. La porte s’ouvrit en grand sur la silhouette massive qui cherchait à entrer, de ce qui fut autrefois un type bien bâti, et qui désormais voyait sa chaire putride se séparer de son squelette par endroit, amputé d’un bras, le rendant plus émacié même s’il ne perdait pas entièrement de sa stature. Je n'eu pas le loisir de la contempler plus en détail, car son énergie vivace, renouvelé par l’attrait et la promesse de la viandasse fraîche que je représentais, lié à la surprise de sa brutale apparition, l’envoya droit sur moi.

Je sentis la poigne de son bras unique se refermer sur la manche en jean de ma veste, l’agrippant avec force. Sa tête s’articulait en avant, ses dents noirs dégueulasse s'étirant en de long filament de bave gluante, désirant plus que tout me becquer de mon vivant. Je sentis sa pourriture agresser mes narines avec autant de vigueur qu’il le faisait de mon corps. Vivement, je cala ma main gauche sur son épaule opposée, ardant du reste de ma force pour le repousser autant que possible, le malmenant contre la tôle de la paroi du bâtiment sans que ça n’ait de réels effets. Je luttais pour ne pas tomber au sol sous sa force presque écrasante qui faisait fit des limites de douleur et de condition lié à l’humain, mes pieds ripant par moment sur le béton légèrement gravillonné du sol. Dans mon dos, quelques aboiements transpercèrent le son strident ambiant.

J’abattis une première fois ma main armée en direction de son crâne, seule zone dont je savais que son atteinte lui serait fatale, mais une impulsion brutale me fit perdre l’équilibre. Falcore m’était venu en aide et sa masse élancée nous avait projeté, tous les trois, au sol. Le bras unique du décharné continuait de me maintenir, cherchant a se servir de sa poigne et de ses extrémités d'os acérés, nous empêchant dans cet assaut d’être séparé l’un de l’autre. Je me retrouva donc à terre, sur le flanc, à repousser autant que possible le cadavre gesticulant. De son côté, le Malinois avait chiqué de ses crocs l’une de ses jambes, tirant dessus pour l’éloigner de moi avec toute la force que sa mâchoire et ses pattes pouvait fournir. La force combinée de nos efforts parvinrent à le maintenir à distance tandis que je frappais à nouveau de mon bras libre et armé. La lame transperça la tête du mort a hauteur de sa mâchoire, la pourfendant de part en part. Un coup qui n’avait eu d’effet que de bloquer les mouvements de sa bouche avide, mais qui n’avait en rien ôté sa vie. Un déchirement de chaire bien dégueulasse et le relâchement de la pression que la morsure de Falcore avait exercé sur la créature m’indiqua que quelque chose avait cédé. J’imaginais qu’il avait emporté la jambe dans son élan, sa dislocation rendue possible que par la putréfaction mais mon imagination était bien vite rattrapée par l'urgence de la situation qui restait plus que tout bien vivace. Je n’étais pas débarrassé de sa poigne qui m’arracha un grondement sourd et une grimace d’effort supplémentaire, dans un déchirement de tissu, retirant la lame d’un brusque mouvement pour condamner cette fois-ci définitivement aux enfers ce monstre qui en était sortie, la pointe du métal souillé atteignant sa tempe et s'enfonçant jusqu'à toucher la rigidité du sol.

Je me fis rouler sur le côté opposé en un relâchement de respiration rendue des plus haletante, me redressant à grande vitesse sur les genoux pour retirer cette veste partiellement déchirée et souillée avec une terreur immense, mes gestes bien trop saccadés pour s'en trouver efficace. Je parvins enfin à ma tâche, la laissant tomber au sol tandis que mes yeux paniqués parcouraient et ma main opposée tâtait ce bras qui avait faillit être pris d'un déchirement. Rien. Rien que de la crasse, de la sueur, du sang, mais pas de blessure. J’arrivais à peine à le croire, tressaillant encore à l’idée qu’aurait pu s’achever mon existence dans ce lieu dégueulasse, isolé, et sans savoir ce qui était arrivé à Finn, sans avoir pu lui donner la certitude que je ne l'avais pas abandonné, où qu'il se trouvait. J’en crevais encore d’angoisse, mes mains tremblantes, soufflant à plusieurs reprises quelques lourdes expirations. Si je n'avais pas été retenu par les lieux ou les événements qui me forçaient plus que tout à rester vigilant, je me serais effondré.

C’est en redressant finalement mon regard vers les silhouettes que j’avais perçu peu avant, éclairé désormais par plus de luminosité d'une porte grande ouverte, que je découvrais le mystère lié à leur immobilité. Deux cordes suspendaient les corps d’un homme et d’une femme, légèrement ballant et décollés du sol de quelques centimètres, strangulant ces derniers dans un trépas éternel dont l’un d’eux n’avait trouvé aucun repos. La bouche de ce qui fut autrefois une humaine aux cheveux noirs comme la suie, s’ouvrait et se fermait, ses yeux blancs fixés sur moi.
Equipement Porté :
Capacité : 3/6
Triton 1650 Flec.
M01
Couteau de cuisine
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.C.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 11/55
Sac tactique
Raging Bull (3)
Doses de poudres (4)
Hachoir de boucher (4)

William Spencer


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 2 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
William Spencer

Mar 14 Avr - 0:07
Depuis sa position, William était resté circonspect et observateur à une bonne vingtaine de mètres au moins des deux inconnus, les yeux bien ouverts et les sourcils très froncés, encore incertain de l'attitude à avoir face à cette irruption humaine et bien vivante. Il avait assisté à tout : l'échange, l'arc tendu par la femme au gaillard qui semblait assez jeune, leur attention d'abord portée vers la horde que la femme indiquait, puis le pivotement de visage de celle-ci qui avisait plus ou moins l'homme solitaire.

A ce croisement d'yeux lointain, William eu un réflexe de précaution, fléchissant un peu plus les jambes et portant la jambe gauche cette fois vers l'arrière pour se reculer un tantinet, prêt à filer à l'anglaise avec de grandes chances de ne pas être rattrapé étant donné de la distance qui les séparaient et ce, quelque soit la condition physique de ces gens. A croire leur réaction, ils semblaient aussi surpris que lui mais bien vite, le mouvement de foule des rôdeurs qui venaient de la grande route redevint leur centre de préoccupation, William comprenant en toute évidence que s'ils n'avaient pas déjà fui dans la direction où il se trouvait, c'était sans doute parce qu'il s'y trouvait justement et qu'ils craignaient suffisamment de lui faire face, les coinçant malgré lui qui n'avait aucune envie d'intervenir dans leurs péripéties.

Il avait envisagé ce type de rencontre, raison pour laquelle il était aller en direction des coups de feu à l'origine et puisque chaque opportunité voyait son potentiel jugé aux premières impressions avec une certaine simplicité qui pouvait paraître saugrenue, mais qui s'avérait bien souvent plus juste que la complexité des interactions, il continua de ne pas réagir dans un sens ou dans l'autre, avisant leurs prises de décision dans la hâte.

Ils ne s'étaient pas empressés de l'interpeller, ni de prendre leurs jambes à leur cou dans l'urgence et ne le confrontaient pas non plus. Son étonnement fut accru en voyant la femme s'élancer vers les morts-vivants armée d'un épais outil qui semblait contradictoire d'avec sa menue silhouette. William ne la connaissait guère, mais d'emblée les premiers gestes avaient mis en perspective le peu de chances qu'elle pouvait avoir dans cet affrontement, autant que le garçon avec son arc absolument obsolète dans une telle situation de combat sur lieu étroit contre des charognards trop nombreux.

Les secondes passèrent et de leur perception, William s'était montré une statue d'argile, même lorsque Lewis l'avait appelé à l'aide, les fixant presque avec indifférence au regard de leur péril. Pourtant, ils luttaient. La femme se retrouvait très vite au sol avant d'avoir neutralisé un seul rôdeur et son devenir semblait scellé, en dépit de cela elle luttait. Son cri fit se crisper l'homme qui serra les poings, dont l'un sur son arme, ainsi que les dents avec un roulement de mâchoire sceptique. Le jeune homme était contraint de libérer la porte et permettre à d'autres mangeurs de chair de s'inviter à cette lutte gagnée d'avance, et même si l'un d'eux tombait enfin d'une flèche, le destin des vivants ne faisait plus de doute en l'état.

Pourquoi les aiderait-il ? Il pourrait tout aussi bien les laisser mourir et revenir récupérer l'arc, le carquois et l'outil de la femme, sans doute y gagnerait-il plus sûrement et à court terme, car ce n'était pas ce qu'il était venu chercher. Avoir arpenté les rues voisines avait été suffisant pour l'ex-agent de déduire que ce qu'il cherchait n'était pas dans ce quartier, il n'y avait ni l'espace nécessaire, ni d'indication par panneau ou écran. Il pourrait tout aussi bien partir maintenant et poursuivre son objectif, mais si sa réaction à la rencontre précédente d'avec l'homme au casque de moto n'avait pas laissé l'ombre d'un doute sur l'inutilité de lui venir en aide en parallèle des risques, cette fois un facteur intervenait : ils étaient deux et il y avait une femme. Aussi la question se posait, et s'ils savaient ?

Peut-être venaient-ils du lieu en question, raison de sa présence dans cette petite ville miteuse. Et même si ce n'était pas le cas, il n'y avait rien d'impossible à ce qu'ils sachent quelque chose au sujet de cet endroit et plus encore, de ce qu'il allait y chercher. Après quelques brefs instants de réflexion, William tourna les talons, donnant dos aux condamnés en faisant un pas, puis un second, avant de s'interrompre.

Le dilemme l'agaçait, il n'avait aucune envie de prendre le risque d'être submergé lui également, mais c'était une occasion de faire jeu d'opinion qu'il pourrait venir à regretter, car l'option pourrait ne plus se présenter si cela devait peser dans la balance. William ferma les yeux, ses traits s'étirant d'une éphémère grimace frustrée, puis il se décida. Ses mains saisirent dans l'empressement la bandoulière de son fusil et il fit demi-tour en retirant le poids de celui-ci de son dos, le laissant tomber à coté tandis qu'il s'élançait dans un sprint crucial.

Cette décision avait été prise avec quelques secondes qui pourraient s'avérer décisive dans la survie de ces deux inconnus, aussi s'était-il lancé à toutes jambes, retournant puiser dans ces forces qui se voulaient déjà trop entamées, mais qu'il ravivait pourtant à crédit avec la promesse de payer ses excès d'un repos futur qui ignorerait tout autre élément perturbateur. Les bras pliés encourageant son élan, une jambe après l'autre lancée à une telle vitesse qu'il semblait régulièrement quitter le sol des deux talons, William avalait au plus vite la distance trop grande dans ces circonstances qui le séparait d'eux.

Mais cela lui offrait l'occasion d'analyser le nombre des assaillants grogneurs, la position des assaillis et la méthode qui lui serait la plus prometteuse d'intervenir dans ce combat, puisque s'il possédait des compétences, cela ne le sauverait pas de la mort si ces monstres venaient à l'encercler à son tour. C'était le cas du jeune homme, dont l'arc devint très vite un poids plus qu'une aide quand un monstre aux cheveux longs et au visage décrépi se lança à son contact, porté par le feu de l'enfer.

Son souffle s'alourdi, des grondements échappant de plus en plus vivement à chaque mètre passé, alors qu'il s'apprêtait à atteindre la mêlée rageuse et c'est ce qui arriva. Venu tel Hermès apportant un message de la providence du coté de la porte d'où sortait un cinquième, puis un sixième charognard, il se servit de l'élan cumulé pour se donner une impulsion de sa droite, se soulevant d'un saut à courte portée qui avait pour but de donner plus de puissance à sa jambe opposée préservée de ce geste, afin de se tendre en bélier ; éprouvant son agilité mesurée mais suffisante dans l'exercice martial qui lui avait été instruit pour frapper avec une force décuplée le cadre de métal.

Le choc repoussa la porte qui percuta violemment un mort-vivant, l'envoyant au sol assommé et privé de la peau de son visage pour moitié que le battant - qu'aucun mort ne pouvait arrêter dès lors que la jambe de William l'accompagnait en allonge de sa frappe, avait déchiré à son passage. Un nouveau choc laissait deviner qu'un autre mangeur de chair avait été plaqué de plein fouet et peut-être d'autres qui se trouvaient bloqué par l'assaut, interrompant la fermeture de l'accès dans une secousse de vibrations.

Retrouvant le sol de ses deux pieds, William n'eut pas besoin de lever le regard sur les rôdeurs qui se détournaient du jeune homme à l'annonce tonitruante de l'ex-agent de son arrivée, sa jambe droite prenant le relais pour se lever en mawashi geri, son genou s'étant à pleine plié avant d'envoyer la chaussure en frappe sèche s'écraser sur son visage et brisant l'os du nez qui s'enfonça en hauteur, le mort-vivant basculant en arrière pour s'effondrer sous la rudesse du coup.

Tout cela n'avait duré qu'une poignée d'instants et il rabattait aussitôt sa jambe, jouant de sa rapidité de combattant car dans une lutte aussi périlleuse et en sous-nombre, chaque geste pouvait leur donner l'avantage ou les condamner à l'échec qui se solderait sur la mort de l'un d'entre eux voire de tous, il n'avait pas le droit à l'erreur. Son esprit s'efforçait de se détacher de la dangerosité de la situation, chose dont William avait toujours été avantagé puisque ses tares lui permettaient de le faire avec une certaine aisance, amoindrissant les râles alentours et apportant une part d'inconscience face à la détresse, ce qui lui donnait l'occasion de se focaliser sur sa concentration à ses propres mouvements et réflexes.

Ses yeux ne contemplaient les différents protagonistes vivants ou non-vivants que très furtivement et brièvement, focalisant son attention générale dans le vague et dans un rayon de dix à trente degrés de chacun, afin de se donner une sphère de contemplation favorisant sa vue périphérique, plutôt que de se laisser distraire par un point fixe à ses pupilles. Il exécuta ses gestes très vite, parvenant à mêler l'urgence et la hâte à la réflexion et le calcul froid, comme l'on exécute un balai dansant, ou un enchaînement d'arts martiaux en spectacle qu'il improvisait avec ses partenaires non-voulus.

Pivotant face aux rôdeurs, un pas le bassin abaissé, il portait sa senestre libre les doigts en éventail sur le coté et sa dextre elle, allait percuter de son poing métallique la mâchoire du monstre, faisant perdre l'équilibre sous la domination du coup qui lui fit faire volte-face avant de chuter. Un nouveau pas jeté donna impulsion à ses jambes dans un mouvement de pédalage, lançant sa gauche en chassé droit vers l'estomac du troisième monstre presque accolé au précédent qui avait reçu le coup alors que le genou étant encore ployé, offrant à nouveau une allonge qui permis à William de l'envoyer férocement s'étaler à deux mètres de là dans le basculement de sa silhouette.

Il ne cherchait pas à tuer, cela aurait été une grave erreur d'aborder l'affrontement dans une recherche grossière de neutralisation, préférant prendre l'ascendant de la ligne de front et surtout, annuler le pouvoir du nombre pour que les deux assaillis puissent s'extraire du combat, c'était là le but final : obtenir l'avantage juste assez pour pouvoir battre en retraite, car d'autres rangs de rôdeurs attirés par le bruit et les cris avaient dévié de la grande route pour les rejoindre. Une expiration contrôlée précéda la poigne de William qui tira de son veston déchiré le mangeur de chair ayant agrippé Lewis et qui claquait de la mâchoire avide près de son visage, le faisant lâcher prise et reculer en titubant pour pouvoir passer devant et écraser le M-tech entre ses deux yeux, supposant que si ces organes-ci fonctionnaient, sans doute l'étourdissement des chocs dans les zones sensibles devaient avoir des effets similaires aux vivants.

D'une nouvelle impulsion, il se lança au devant lui qui se retrouvait à présent face à la sortie arrière du magasin et enjamba le rôdeur qu'il venait de mettre à terre sur un comparse, libérant le jeune et rejoignant la porte en percutant le visage de son premier adversaire d'une chaussure pour le renvoyer à terre, tournant sur lui-même dans l'élan gêné pour adapter son geste et envoyer un ushiro geri dont la puissance plus significatif par le mouvement fit claquer la porte en cours d'ouverture, clôturant ce danger-ci pour le moment au son des protestations grogneuses de l'autre coté.

Il n'avait prêté aucune attention à Lewis durant l'enchaînement, son regard vrillé vers celle qui se retrouvait dans une situation critique au sol, des rôdeurs venus l'assaillir malgré sa lutte rageuse motivée par le désir de survie et une bonne dose de caractère que William relevait, mais sur le point d'être mordue d'un instant à l'autre. Il n'avait plus l'élément de surprise, aussi se jetait-il dans l'attroupement de front, en éliminant tout mouvement technique au profit d'une seule méthodologie adaptée au capharnaüm : marteler.

Les rôdeurs se massaient pour une douzaine et d'autres venaient progressivement se greffer, la masse venue de la grande route en renfort menaçant de tripler voire quadrupler ce nombre sous peu. Toute réflexion était écartée alors, il ne restait plus que les réflexes et les instincts, à la jungle comme à la jungle. William vint frapper le bras d'un monstre qui tentait de l'attraper d'un coup en marteau du poing gauche, sa droite armée faisant entendre le claquement du métal contre les dents pourrissantes du monstre, l'envoyant au sol dans la ligne de ses assauts précédents, et le reste fut très chaotique.

Un chassé contre l'un en face aussitôt suivi d'un coup de coude sur un autre à gauche, succédé d'un coup de poing sur un autre à droite du même bras, embelli par un uppercut contre un quatrième qui cogna tête contre visage celui de derrière, un dernier coup qui avait également servi par son fléchissement à éviter les accroches des ongles noircis et des mains recouvertes de cloques et d'excroissances. Dans le désordre du combat, William faisant tonner sa présence de soupirs rauques et de grondements furieux, il percuta d'un coup d'épaule emporté un mort-vivant qui bouscula un énième avachi sur Nasreen, créant un effet domino avec plusieurs autres déviés de leur trajectoire et repoussés.

Un coup de pied circulaire porté par un tournoiement que l'écartement de l'amas putride avait permis, frappait une errante - lacérée et à l'épaule dévorée - au niveau de l'oreille, libérant le passage du soleil aux yeux de Nasreen qui avait été en grande partie plongée dans l'obscurité par cette posture abattue. La silhouette de William passa littéralement au-dessus d'elle, sa chaussure écrasant quelques cheveux sans les tirer, il avait su où poser les pieds pour ne pas l'écraser elle grâce à un exercice de déduction quasi-instantané, laissant voir son bras balancer un crochet à un rôdeur près des jambes de la femme, dont il arracha la lèvre sous la frappe, avant de rabattre son bras en matraque sur son voisin.

Bien qu'il s'était montré exemplaire dans ses enchaînements et ses frappes, ce qui aurait de quoi rendre fiers ceux qui l'avaient formé il y a très longtemps et ceux qu'il avait formé par la suite, la fatalité ne pouvait être stoppée par aucune arme en possession des vivants. C'est ainsi qu'un charognard passait au travers de l'étau de ses assauts, agrippant son bras et tirant sur le tissu de son pull en penchant la tête, venant caler ses dents en parallèle à son bras pour mieux venir le mordre. D'une expiration grave et raillée, William tira sur son propre bras et abattit son poing en marteau sur le crâne du monstre qui avait basculé en avant sous le geste et la force, le choc de son poing américain provoquant une vibration dans ses muscles qui l'irrita d'autant plus qu'il tira davantage sur son bras en tournant sur lui-même, envoyant la bête basculer sur le flanc et percuter les jambes d'une autre.

Son pull avait craqué aux coutures dans la mêlée et s'était en partie déchiré de l'épaule au biceps. Une impulsion sur son flanc anticipa l'inévitable assaut conjoint d'une autre créature qui fut repoussée d'un coup de tête. Il ne les comptait plus et se retrouvait pris en étau par les râles venant de part et d'autres des corps ambulants s'imposant de leur présence sur ses cotés, le forçant à laisser tomber et se rabattre en arrière, comptant sur le fait que Nasreen en avait profité pour faire en sorte de s'extirper de cette folie, tandis que l'on bondissait sur lui.

Une main empoigna la gorge d'un mort-vivant à sa gauche qui agrippait le tissu déchiré de son bras pour l'arracher encore plus, l'autre main cherchant son visage, pendant que son poing armé plus gênant faisait pression sur le torse d'un autre qui accrochait son autre bras, déchirant plus sauvagement son pull de ce coté et sa seconde main passant sur sa joue qu'il manquait de griffer. Ses pas l'éloignant rapidement pour essayer d’éviter la blessure fatale qui s'apprêtait à l'atteindre et les autres monstres qui essayaient de le saisir ; il oppressait ses dents sous l'effort et son visage rougissait par la crainte et la prise alarmante des monstres qui ne le lâchaient pas, étiré d'une grimace relevée par un grognement continu qui le mettait à son tour en position de difficulté.

C'était évident, les deux autres pouvaient très bien le laisser là et partir en courant. William se retrouverait assailli à la place des assaillis. Il avait fait le pari de l'opportunité et de ses capacités et de ce fait pris le risque, s'il devait le payer là, peut-être serait-ce un retour de bâton du destin de ce qu'il avait infligé à Jarod, mais il ne pouvait accepter d'en finir ainsi, ça ne pouvait s'arrêter là, ce ne pouvait être son destin. Il n'était pas question de le croire et moins encore de l'accepter, ce n'était pas dans l'ordre des choses, pas tant qu'il n'avait pas retrouvé ses filles et ne les avaient pas mises en sécurité loin des monstres parmi lesquels il était un spécimen à part entière. C'était son monde et il viendra à y mourir dans le sang et la violence, il en avait la certitude, mais pas aujourd'hui.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0
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