Haut de page
Bas de page


Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035
 :: Outside :: Excursions :: La ville de Snyder

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4

Andrew Miller


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba1115/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Andrew Miller

Mer 27 Mai - 12:15
L’horizon se détachait au travers de mes binoculaires dans un flou piquant les yeux, que je m’efforçais de corriger de mon majeur sur la molette de focale, tatillonnant sur les derniers millimètres pour en obtenir une vision plus précise selon le plan que j’observais. Je remontais la grande route qui longeait la casse auto d’où de nombreux morts continuaient d’affluer, dérangés dans leur léthargie par ce klaxon tonitruant qui ne cessait de retentir. A croire que toute la ville allait y passer, entre ceux attirés par le bruit et les autres entrainés dans le mouvement de foule. Il était sans doute bienheureux que je ne me sois pas retrouvé en plein centre-ville ou je n’aurais guère donné cher de ma carcasse à espérer m'échapper.

J’agitais légèrement ma main gauche dans l’air dans un geste aussi inconscient qu’inutile, espérant que ça en allège la douleur dans cette zone si fragile de ma main, mais rien n’y faisait. La morsure du bois sur ma chaire avait chatouillé ma sensibilité et piquait avec autant de désagrément qu’un piment croqué à pleine dent. Je réajustais ma position, passant de l’assise confortable à l’accroupis sécuritaire, pour anticiper et me permettre de réagir avec plus de rapidité si la situation, qu’importait laquelle, s’avérait nécessaire.

Je replongeais ma contemplation en dérivant vers le Sud, alignant le dédale de véhicule qui partait presque à perte de vue tant les lieux étaient immenses. Je n’aurais jamais imaginé qu’il soit possible de stocker autant de véhicules, compactés, usagés, en un seul endroit. Il était sans doute possible que ce lieu servît de stockage pour une bonne partie de la région, devenant centre de convergeance des garages auto de la région, évitant ainsi les décharges publiques qui avaient été de plus en plus nombreuses ces dernières années, surtout ici, aux Etats-Unis, comme j’avais pu le constater.

Je braquais immédiatement les frontières du dépôt qui m’étaient à peine visible au peu de hauteur que j’avais pris par rapport aux amoncellements de tôles froissées, longeant la frontière sans trouver satisfaction à ce que je contemplais. Je remarquais pendant cette inspection une petite cohue d’infectés qui s’étaient laissé aller par la débilité de leur réflexion primaire, et qui s’était entassé dans un recoin nord sans même à penser chercher un point de sortie pour rejoindre le lieu de l’accident qui attirait toujours leur attention, forçant sur les carcasses de ce mur assez haut, ce qui condamnait un accès majeur vers une autre partie du dépotoir.

Et je compris bien vite que cette constatation n’était pas exagérée. Plus d’une dizaine de ces monstres, sortant du dédale, s’étaient regroupés pile à hauteur d’un croisement vers l’Ouest, bien plus haut que l’entrée où je m’étais engouffré et qui offrait un accès du côté de la grande route. Ma putain d’échappatoire tant espérée condamnée par une assemblée de morts décérébrés incapables de faire seulement le tour pour trouver une sortie. Je pestais rageusement, en cherchant une éventuelle autre issue, mais cette vue ne m’offrait aucune autre indication, soit par manque de visibilité dû à un angle de vue affreux, soit parce qu’il n’y avait de toute manière rien à y voir.

Je reportais mon attention sur le point de convergence, réalignant la molette pour faire ressortir les détails qui composaient l’horizon. Même si ces jumelles n’avaient pas une immense portée, elles m’offraient le loisir d’en savoir un peu plus par rapport à ce que pourrait seulement m’apporter mes yeux nus. Je suivais le détail de ce camion dont la cabine se perdait à l’intérieur du mur de maison, offrant un éboulement de gravât tout autours. C’est là que j’avais aperçu cette silhouette qui avait dégringolé du toit avant de s’éloigner bien plus vers l’ouest. J’en suivais d’ailleurs le parcours invisible et hypotétique, maintenant que j’avais gagné en hauteur, cherchant un indice poussé principalement poussé par la curiosité et le besoin de m’assurer que ce n’était définitivement pas la personne que je cherchais ou l’un de ses malfrats.

Je plissais les yeux en réajustant la molette sur la barre centrale de la paire de jumelles, essayant d’obtenir plus de netteté à ce mouvement lointain que j’avais perçu et qui se distinguait du mouvement de foule qui s’accumulait en contrebas : ces petites tâches sombres s’agitaient sur une plateforme en hauteur, mais j’avais beau tourner ça dans un sens puis dans l’autre, rien ne me permettait d’obtenir plus d’information que la pensée seule qu’il y avait du monde sur ce toit plat, vivant ou mort était encore à définir.

Je ne pouvais pourtant pas me contenter d’un doute. Il fallait que je m’assure que chaque vivant que je croisais ne portait pas les traits de Finn. C’était ma seule et unique raison de présence en ces lieux. Je parcourais du regard ce bâtiment sur lequel ils avaient trouvés refuges, si tant et bien qu’il s’agît de survivants en plein milieu de cette fourmilière d’infectés, j’avais du mal à concevoir par quel moyen ils pourraient en réchapper. Le klaxon du véhicule rameutait toujours plus de monde, en plein sur leur position. Je restais braqué sur eux, cherchant à déterminer dans le découpage de leurs ombres, dans l'agitation de leur silhouette, si leurs mouvements étaient semblable à ceux d’humains en péril ou de morts égarés, le soleil gênant par occasion ma vue sur ce lieu.
Equipement Porté :
Capacité : 3/6
Triton 1650 Flec.
M01
Couteau de cuisine
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.C.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 11/55
Sac tactique
Raging Bull (3)
Doses de poudres (4)
Hachoir de boucher (4)

William Spencer


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
William Spencer

Dim 31 Mai - 14:17
Ils se bousculaient, pestaient, râlaient... certains basculaient au sol, l'enivrement de la masse attirée par la chair provoquant des excès de chocs jusqu'à la chute dans une indifférence abyssale. La femme à l'arbalète était montée la première, William enserrant son bras autant qu'elle le faisait en retour en écrasant la paume de son autre main sur ce rebord pierreux de toit, afin de tirer le plus fort qu'il lui était possible, l'aidant à atteindre le toit de sa jambe en soulevant tout son corps.

Ses dents serrées grinçaient outrageusement, ses traits marqués de l'effort intense qu'il exerçait ressortaient d'autant plus à la tournure rougeâtre de sa peau, tandis qu'il se redressait pour accompagner sa montée sur le toit sans la lâcher et ce, jusqu'à ce qu'elle y soit totalement abritée. L'espace d'un souffle qu'il expira longuement, il reprit une inspiration en revenant s'aplatir contre le toit, tendant le bras pour soutenir la venue du jeune homme qui grimpait à la suite. Il l'aida de la même manière mais cette fois avec moins de tension, puisque la femme à l'arbalète prêtait main forte à présent.

Ils n'eurent ainsi aucun mal à faire monter le garçon, William s'autorisant à lâcher le rebord de sa main pour venir attraper sa veste et tirer dessus dans le but d'accélérer sa montée, évitant d'un mouvement de tête la pointe de l'arc à son épaule. Ils étaient presque tous à l'abri, presque... il restait encore cette femme qui parlait hébreux et les choses vinrent très vite se gâter.

Cela ne dura que quelques courts instants pour l'ex-agent, d'aviser sa prise d'appui tandis qu'elle venait tenter de se propulser contre le mur vers eux et les silhouettes des rôdeurs qui allaient se jeter sur elle des deux cotés telle une vague décharnée, frôlant sa silhouette de part et d'autre. Une réflexion fulgurante, un calcul pragmatique, qui amenait une conclusion cruelle : elle n'y arrivera pas. Pas ainsi.

D'une impulsion instinctive et risquée, misant sur une part de chance à laquelle William ne croyait pas véritablement - le chaotique hasard ayant maintes fois moqué les audacieux, il agrippa des deux mains le rebord de toit au moment où elle prit appui et passa par-dessus pour se laisser tomber dans le vide. Il y eu une inspiration, un moment de crispation et il tomba. Mais ce ne devait pas être une bête chute sacrificielle, car il gardait la dextre accrochée au rebord et cette retenue ramena le reste de sa silhouette contre le mur où ses pieds chaussés vinrent claquer à l'unisson.

Il était à portée des mains charnues des morts-vivants, tout du moins, ses pieds l'étaient, mais il s'en trouvait également suffisamment bas pour que sa senestre libre vienne agripper d'une poigne sèche et brutale, le haut de l’israélienne. De cette prise plus tendue et pourtant plus avantageuse de par le fait qu'elle était ascendante et non descendante pour ses muscles, il put prendre appui d'un pied sous le fessier de la femme, pour la pousser vers le haut avec plus de force.

Un grondement grandissant échappait de sa gorge avec toute l'illustration de l'effort conséquent qu'il fournissait, conscient qu'il ne pourrait plus jouer des muscles encore très longtemps à ce rythme. A présent, sa seule main soutenait pratiquement tout son poids ainsi que celui de l'israélienne en partie, une douleur lancinante venant le scier du coude jusque l'épaule, mais il ne lâchait pas.

Il poussa de toutes ses forces en gardant son regard focalisé sur la silhouette vivante, bien qu'il avait conscience de celles défuntes dont il sentait déjà les mains frôler son pied en appui qui s'efforçait de maintenir une certaine stabilité. Il laissait de ce fait Ashley, dont il ne connaissait guère le nom encore, et le jeune Lewis user de ce support qui redressait Nasreen hors d'atteinte des non-morts.

William sentait à peine l'intensité de son effort se relâcher alors qu'elle atteignait le toit, qu'une main parvint à trouver prise sur son pied pour tirer dessus. Il se sentit glisser et plaqua la semelle de sa chaussure libérée contre le mur pour contrer cette force luciférienne qui tirait sa jambe vers d'autres mains avides, grondant de plus belle en pressant les sinus et sa mâchoire avec rudesse, sa dextre en appui écrasant sa peau contre le rebord qu'il tenait à l'opposé.

Sa silhouette entière était étirée à ce qui semblait son maximum de part et d'autre et c'est une voix à la gravité toute relative mais bien masculine qui l'interpella :

« Ta main ! Donne-moi ta main ! »

William, grimaçant du tiraillement infligé par la main décomposée qui tirait sur son pied, leva les yeux d'un mouvement de tête presque saccadé pour apercevoir la silhouette du jeune homme penchée au-dessus de lui et qui lui tendait son bras. Il marqua un instant et ferma les yeux en s'affaissant, ce qui aurait pu laisser penser un instant qu'il s'apprêtait à lâcher. Mais ce n'était qu'une brève interruption de repos qui lui permis de canaliser le restant de force nécessaire à tirer sur sa jambe et lancer son bras vers Lewis, trouvant son poignet tandis que ce dernier venait s'en saisir des deux mains afin de tirer de toutes ses forces.

Il fallut quelques secondes d'incertitude et d'efforts qui paraissaient dépasser la limite de ce qui avait semblé possible, avant que la pression de sa jambe ne disparaisse soudainement, en même temps que sa chaussure, pour finalement remonter très vite, trop vite peut-être, son front cognant le rebord et son torse nu griffé par la surface pierreuse.

Car il portait une chaîne en argent, au bout de celle-ci un pendentif ovale bouclé et sans motif à l'image de ceux cachant de petites photos, ainsi écrasé contre le mur, vint faire douloureusement pression entre ses pectoraux. Au final, le jeune homme qui avait failli perdre l'équilibre sous le coup parvint à se retenir pour le soulever sous le bras, faute d'avoir un vêtement à agripper du fait que William avait fini sans haut ; à croire que cette escapade avait pour but de le déshabiller.

Malgré le choc de son front qui l'avait un tantinet perturbé, il parvint à remonter pour se hisser et glisser contre le rebord du toit tel un escargot éreinté, passant la jambe pour enfin relâcher tous ses efforts et toute la pression subie en basculant sur le dos. Il lâcha un grand soupir, la bouche ouverte aspirant à la suite une large bouffée d'air plus frais, et abandonnait ses mains sur son torse dont la surface était marquée par des morceaux de peau blanchâtre en partie déchirée, certains légèrement carmin au milieu de sa pilosité peu fournie.

Le coup à son front ne laissait qu'une sphère irrégulière rougie et William s'autorisa à nouveau à fermer les yeux, plus longuement, prenant le temps de respirer par intervalle. Après toute l'énergie dépensée depuis le début de cette journée, il avait clairement besoin de se reposer quelques minutes quand bien même le fusil qu'il avait toujours dans le dos était très gênant et désagréable ; et au diable la horde qui vociférait un peu plus bas faute de n'avoir pu obtenir qu'une chaussure abîmée.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Nasreen Abtani


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Nasreen Abtani

Dim 7 Juin - 13:33
Les doigts de la main droite de l’Israélienne fendirent l’air d’un mouvement circulaire, balayant l’atmosphère épaissie par la tension de l’instant. L'inspiration prise par Nasreen au moment de déployer son effort semblait s’engorger dans sa trachée sous la pression de cette immense mâchoire morbide que constituait désormais la horde rameutée, grossie par convergence de toutes les créatures des environs. De l’autre côté du bâtiment qui lui faisait face et dont elle venait de retomber au pied après avoir glissé contre le ciment nu, le hurlement du klaxon n’en discontinuait pas, malgré le brouhaha des morts avides de chair.

Au terme de sa vaine tentative, elle avait relevé son regard noir vers le toit, ses iris commençant à s’emplir d’une terreur désespérée devant l’impasse de sa propre situation. Son coeur se mit à battre si fort, sa respiration devint si chaotique que des acouphènes épais et assourdis lui écrasèrent les tympans. D’une oeillade rapidement lancée par dessus son épaule, Nasreen avisa les morts qui se ruaient sur elle, ultime lot de consolation de chair fraîche encore à leur portée. Il ne lui restait qu’une poignée de secondes, ridiculement dérisoire pour s’extraire de ce piège. La chirurgienne ressentit une intense vague d’amertume l’emplir, nouer son estomac et mettre à bas sa raison la plus cartésienne. Elle allait mourir, aujourd’hui. Maintenant. À son regard souvent trop froid et pragmatique, l’évidence s’imposait avec toute l’ignominie de sa réalité. Brutale. Intransigeante.

De nouveau son regard se déporta vers le sommet du toit où se trouvaient les trois autres camarades d’infortune, dont le jeune Lewis qui paraissait sain et sauf. Un soulagement très maigre, d’avoir accompli son devoir avec toute la déontologie qui avait pu lui être inculquée, car Nasreen n’oubliait pas que le jeune homme avait été l’un de ceux qui avaient mené à cette situation qui lui coûterait la vie. Une goutte de lumière noyée dans l’océan de noirceur de l’achèvement de sa propre existence. Ce n’est qu’en voyant leur sauveur providentiel exécuter une acrobatie murale pour venir à son aide que son coeur agité se gonfla d’un dernier espoir. Son coeur accéléra sa cavalcade sous sa poitrine charnue, plus encore lorsqu’elle sentit la main de l’homme l’agripper par l’encolure de manche de sa veste.

L’Israélienne ne se fit guère prier pour accompagner le mouvement, jouant de ses appuis et des muscles de ses jambes pour donner l’impulsion nécessaire à engager l’ascension tout en soulageant autant que possible l’homme de ses efforts. Nasreen sentit le frôlement en caresses avides de quelques doigts osseux désireux de la retenir contre le tissu de ses vêtements. Ses muscles la brûlaient, à l’instar de ses poumons qui se gonflaient et se vidaient d’un air poisseux, rendu plus organique des efforts précédents et des miasmes ambiants. Mais cela n’avait guère d’importance, car un instinct de survie viscéral animait la chirurgienne, alarmé par l’ombre planante d’une mort atroce qui court-circuitait arbitrairement toute pensée logique au profit d’actes préservateurs, puisant dans toutes les réserves de force disponibles.

Profitant des appuis offerts par William, Nasreen grimpa non sans efforts intenses à la verticale de ce mur dressé en obstacle salvateur. Les pointes de ses pieds dérapaient contre le ciment à chaque appui soutenus par l’homme jusqu’à ce que ses mains aux doigts fins parviennent à agripper le rebord du toit, cette maigre corniche où d’autres mains venaient l’aider à achever son ascension, empoignant ses poignets, ses bras, le tissu de sa veste et plus tard celui de son pantalon. D’une ultime poussée sur ses bras en appui sur la corniche, dépliant les coudes, Nasreen parvint enfin à basculer sur le toit, se laissant chuter à plat-ventre sur le béton nu, écorchant les paumes de ses mains et sa joue gauche avant de rouler sur le côté.

À peine son subconscient s’était-il su hors de danger que le contrecoup des efforts fournis la fauchait déjà, noyant son esprit d’un immense sentiment de fatigue et de lourdeur musculaire contre lequel elle lutta quelques instants supplémentaires pour se relever de quelques impulsions maladroites. Car le tour était venu désormais de rendre la pareille à un William qui avait pris tous les risques pour la tirer de ce charnier vorace. Lewis n’avait pas perdu de temps, prenant l’initiative de cette rescousse et Nasreen n’accompagna finalement  que la fin de la progression de William, agrippant et retenant le gamin d’une main fermée dans le dos de sa veste, son autre main se plaquant sous l’aisselle du bras qu’il avait offert en accroche.

L’Israélienne se laissa basculer sur son fessier dans un premier temps, quand William roulait pour sa part sur le dos après avoir à son tour été arraché de l’emprise des morts et de la gravité. Une posture assise qui ne dura guère, lorsqu’elle se laissa chuter complètement, dos contre le béton du toit, les replis de tissu de son sac écrasé entre ses reins d’une pression désagréable mais insuffisamment douloureuse pour la gêner. Son torse se trouvait agité de sa respiration rapide et saccadé, sa bouche emplie de cette salive d’effort qui ne demandait qu’à être recrachée, perlant en gouttelettes parmi l’humidité poisse de son visage couvert de sueur dont le sel lui picotait les plaies. Mais elle ne bougeait plus, les bras étalés en croix, paumes tournées vers le ciel et paupières closes, à simplement retrouver souffle dans ses poumons et tempérance dans ses idées. Seule la chaleur diffuse du Soleil frappant contre la peau nue de son visage et de ses mains lui parvenait en informations rassurantes depuis l’extérieur dont son esprit cherchait à s’isoler.

Pas un mot ne s’enfuyait de ses lèvres. Pas un merci adressé à l’attention de celui qui avait pris tous les risques pour l’arracher aux morts, ni même aux autres. Pas un juron ni commentaire quant à la situation qui pourtant en appelait certains. Non. Juste un peu de calme. Pas même une note de musique ne parvenait à ses tympans, quand bien même celle-ci n’avait pas cessée de s’extraire depuis le baladeur et se diffuser par les écouteurs désormais enfouis sous les couches de vêtement de l’Israélienne, filtrant en une mélodie étouffée mais reconnaissable pour une oreille avertie.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Tournevis
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-

Ashley Danforth


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba1120/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
Ashley Danforth

Lun 15 Juin - 23:16
Elle était restée là, sur ce toit, sentant son cœur battre dans sa poitrine si fort qu’elle sentait chaque battement lui remonter aux oreilles. Des gouttes de sueur ne cessaient de naître sur son front pour glisser le long de son visage, quelques-unes se perdirent dans ses sourcils, tandis qu’une ou deux lui tombèrent dans les yeux, l’obligeant à cligner des yeux plusieurs fois pour découvrir que sa vue n’était plus aussi nette qu’avant. La fatigue causée par cette journée où elle avait dépassé ses propres limites à chaque instant, la douleur qui provenait principalement des deux blessures par balles qu’elle avait reçue… C’était bien trop pour un être humain, même pour Ashley qui n’avait pas l’habitude de céder ni d’avouer ses faiblesses. Mais à cet instant, elle le savait, elle savait qu’elle n’en pouvait plus.

Et alors ? Elle n’en pouvait plus, qu’est-ce que cela changeait ? Elle s’était jetée à plat ventre sur ce toit, ne laissant dépasser que sa tête et son épaule droite pour venir balancer sa main salvatrice à ce gamin qui tenait de sauver sa misérable vie. Lewis l’attrapa, c’était sa seule chance de survie, et il le savait. Aidée de William, qui aidait sans doute bien plus le jeune homme avec sa force que ne le faisait Ashley, ils réussirent à mettre le jeune homme à l’abri des morts.

La détective se redressa, posant un genou sur ce toit de garage plus que sale pour observer cette femme. Elle allait y passer, c’était certain. Ashley ne pouvait rien faire pour l’aider, c’est alors qu’elle vit William s’y jeter pour tenter le tout pour le tout, sauver sa comparse. Aurait-elle fait de même pour Natasha ? Sans aucun doute. Elle se serait jetée tête baissée vers la mort car elle savait qu’elle aurait réussi si elle l’avait réellement souhaité. Mais elle ne souhaitait pas risquer sa vie pour sauver cette femme. Le risque était bien trop grand, et la récompense, encore inconnue.

Si jamais les choses venaient à s’envenimer, elle serait seule contre eux trois, c’était un risque de trop. Rester avec eux, qui parlaient dans une langue incompréhensible pour Ashley, c’était prendre le risque de se faire jeter du toit quand ils n’auraient plus besoin d’elle. Elle aurait pu décocher un carreau dans le crâne de Lewis, après tout, ce ne serait qu’un mort de plus ? Elle aurait pu ensuite se placer au bord du toit pour faire tomber William et Nasreen dans cet océan de cadavres ambulants. Ce ne serait que quelques morts de plus à son compteur, quelques-uns de plus qui augmenteraient un nombre qu’elle ne connaissait même pas tant il y avait eu de victimes.

Elle n’en fit rien. Elle avait laissé sa chance à bien trop de monde aujourd’hui pour les achever ensuite, à chaque fois aucun dialogue, juste des balles tirées, ces trois-là avaient au moins le mérite de ne pas avoir fait feu directement. Ashley s’approcha de l’autre côté du doigt alors que Lewis s’était approché de William et Nasreen, sans doute encore pendus dans le vide. La détective observait rapidement la rue à l’opposé de cette horde qui avait failli les dévorer quelques instants plus tôt. Il n’y avait que peu de morts, et tous convergeaient vers la voiture au klaxon encore et toujours en activité.

Elle s’assit sur le rebord du toit, laissant ses jambes dépasser dans le vide avant de se retourner, laissant le bas de son corps tomber petit à petit tandis que ses yeux observaient les deux casse-cous en train de remonter. Ashley se laissa tomber dans le vide à ce moment-là, ne réussissant pas à se rattraper convenablement lorsque ses pieds touchèrent le sol, ce furent ses fesses qui amortirent le choc. Elle se releva rapidement, relevant son arme vers le crâne d’un mort qui se trouvait à une poignée de mètres et qui convergeait vers sa position. Un tir net et précis qui fit mouche légèrement en dessous de l’œil droit de sa cible.

Ashley ne prit pas le temps de recharger son arme et piqua un sprint en direction de la maison où elle avait laissé Natasha. Elle ne se s’arrêterait pas et ne ferait jamais demi-tour, abandonnant le trio qu’elle ne reverrait sans aucun doute jamais.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Cobra RX Carr.
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Andrew Miller


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba1115/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Andrew Miller

Jeu 18 Juin - 18:15
Entre encouragement et supplique, je pestais aussi bien expressément sur la distance qui me séparait de ce groupe, m’empêchant de discerner correctement les silhouettes sur ce toit. Un rapide regard en contrebas me permit aussi de constater qu’une approche était pas ou trop peu envisageable. Même si l’afflux de mort se faisait plus épars, j’étais toujours frileux de me faufiler rapidement au milieu de ces infectés, surtout maintenant que j’avais deux chiens à gérer. Non pas que Falcore m’apparaissait être un véritable problème, c’était un animal dressé et parfaitement obéissant, mais j’émettais de sérieux doute pour Harleen et sa capacité de seulement suivre sans craindre ou s’enfuir si la situation devenait plus complexe. J’en étais pas à ma première dans cette situation, bien que la disparition de Finn corsât encore plus le problème, et j’appréhendais tout autant à la prendre dans mes bras pour faire le chemin. La sécurité était bien trop importante pour prendre un risque sur la base de l’impatience. Mais une autre hypothèse vint étoffer ma réflexion : et si la situation empirait avec le temps ?

Je relâchais un soupir profond en retirant le binoculaire de devant mes yeux, observant d’œil nu cette fois-ci l’horizon, gardant les iris focalisés sur l’attroupement d'infectés plus proches. Ils s’amassaient comme une petite boule grouillante devant ce mur compacté, ayant glané tout ce qui fallait pour voir plus ou moins le dédale dégagé mais condamnant toujours le chemin vers la sortie. Ils grattaient sur la tôle, et certains frappaient de leur corps ou de leur tête. La cacophonie du klaxon au loin ne m’empêchait pas d’entendre leurs râles, comme une complainte d’impatience à cette source audible inatteignable. J’en remarquais même certains s’engouffrant dans l’arceau d’une fenêtre brisée ou d'un pare-brise, à moitié déformé, cherchant à aller au plus loin et profond possible. Ils n’étaient sans doute pas assez pour espérer faire flancher ce poids de carcasse devant eux, à leur grande frustration.

Un bref instant, j’avisais l'espèce de grue ou du moins, le truc qui y ressemblait, non loin de moi, dont les griffes serrées comme une forme de boule à l'extrémité d'un bras mécanisé, se maintenait au-dessus du mur de véhicule intermédiaire entre le groupe et la sortie principale. Je me redressais après un rapide coup d’œil à l’intérieur sombre de l’entrepôt, où je n’entendais rien d'autre que les râles de la pendue en légère résonnance, avant de filer à pas aussi prudent que possible sur le toit de tôle ondulée, restant le plus proche des bordures, craignant que ce dernier ne soit pas assez stable dans son armature pour supporter mon poids au milieu. Arrivé au bord, plus proche maintenant de cette machine de l’enfer, dont je doutais ne serait-ce que parvenir à la faire démarrer, j’observais la perche métallique bardée de tiges d'acier et de tuyaux souples de caoutchouc.

J’eus une réflexion étrange qui me parvint, me demandant seulement si cela pouvait marcher, étudiant la géographie des lieux, la constitution de l'engin et jouant du pour et du contre par rapport aux conséquences, si cela venait à échouer. Une inspection plus minutieuse sur ce flanc de paroi me révéla la présence d’une fine échelle fixée au mur à quelques pas de mes godasses, sciée à mi-hauteur. Les types qui avaient trouvé refuge en ces lieux n’avaient pas fait dans la dentelle niveau sécurité, mais ça n’avait sans doute pas été suffisant.

J’avais besoin de dégager les morts de leur attroupement qui gênait ma potentielle débâcle. Je tenais vraiment à ne pas rester sur les lieux plus longtemps, et pour ça, il me fallait une diversion. Je relevais à nouveau les jumelles dans la direction des silhouettes que j’avais aperçu un peu plus tôt, juste à temps pour voir l’une d’elles chuter de la hauteur avant de courir et disparaitre de mon champ de vision, l’angle obstrué par ces maisons alignés en bord de route, sans même attendre ses congénères. L'instant d'après, aussi brusquement qu’il s’était manifesté, le klaxon prit fin. J’ignorais si c’était de l’acte de cette silhouette qui s’était détaché du groupe, de la batterie qui venait de s’user, ou quelconque autre fait qui aurait pu y mettre un terme, mais qu’importaient les causes, cela m’ouvrait une fenêtre, et me donna l’aval que j'attendais dans mon indécision, à mettre mon idée en application. J’avais peu de temps avant que les morts ne décident de se disperser.

Je m’engageais rapidement sur l’échelle à flanc du mur, grinçant des dents à cette pratique que j’appréhendais et que pourtant, je venais d’emprunter trop de fois en peu de temps pour le dire. Je prenais appui de mes godasses sur le dernier barreau quand je l’eus atteint, me laissant tomber sur le sol poussiéreux, non loin de la carcasse d’un chariot élévateur, me rattrapant dans ma bascule maladroite sur lui. J'avais atterri sans trop de dégâts, et mon regard se porta immédiatement à l'horizon proche, constatant le vide de présence morbide, et la direction de la grue. D'un geste rapide, je resserrai rapidement le bandage de fortune à ma main gauche, balayant également les affaires qui me gênaient dans mon dos pour entreprendre une nouvelle ascension. Arrivé au pied de l'enfin, je calai mes pompes sur la chenille de traction, l’autre ensuite sur le rebord du bloc moteur, avant d’enchainer sur la naissance du bras mécanique, juste derrière la cabine de pilotage avant d’en grimper sur le toit de quelques bonds plutôt lourd et fourbu.

J’avisais alors les grosses gaines noires qui se tressaient sur l’extension de métal, partant du bloc hydraulique, ou du moins ce que je supposais être, car tout reposait là-dessus. Quand bien même je n’avais pas gagné assez de hauteur comparativement au toit de l’entrepôt, j’en restais à un point suffisant pour observer les alentours, et de justesse par-dessus la cloison de véhicule. Les morts étaient toujours là, amassés contre, trop emporté dans leur élan pour comprendre que le bruit avait seulement cessé, ou bien trop borné dans leur objectif pour oublier de sitôt une potentielle présence. Pourtant, plusieurs faisaient mine de s’en désintéresser, restant à proximité de l'attroupement seulement par effet de meute. Je dégainais le couteau du passant de ma ceinture en l'empoignant de ma droite, attrapant le tuyau le plus gros de l'autre avant d'y passer la lame. Je me doutais que je ne l’aurais pas d’un seul coup, et que l’acte allait probablement émousser mon arme, mais j’espérais avoir assez de tranchant pour en venir à bout, ou moins à moitié.

J'exerçai donc plusieurs allers et retours sur le caoutchouc à l’opposé de ma position, encourageant mon propre geste entre mes dents et suppliant presque la gaine de céder à mes assauts rapidement. Quand bien même j’avais voulu le résultat, j’en fu le premier surpris lorsque le tuyau céda enfin. La section s’ouvrit brusquement en projetant ce liquide poisseux, huileux et marronnasse en un geyser puissant, expulsant ce qu’il avait contenu sous une tension immense pour assurer le maintien des vérins. Mon visage en reçu d’une très infime partie, mais assez pour m’en faire détourner le visage en protection, fermant les yeux, réagissant à l’instinct d’éviter de m’en prendre davantage. Je n’eus qu’à peine le temps de constater ma victoire qu’un grincement sournois émana du véhicule. Les vérins s’articulèrent, privés de leur pression, descendant brutalement dans l’effet de gravité. Les griffes se relâchèrent en même temps que le maintien du bras mécanique, chutant vers le bas, percutant les carcasses de métal monté en mur qui s’écroulèrent sous le poids et l’action de cette gravité soudaine.

Dans un vent de panique dû à l’effet en chaine, je sautais en contrebas, mes jambes cédant sous mon poids et me fracassant dans la terre meuble du terrain jonché de débris, roulant une fois, puis deux sur moi-même avant de chercher à me relever. J’étais couvert de poussière couvert d’huile, et couvert de sueur. Dégueulasse à souhait de la tête aux pieds mais c’était bien là le cadet de mes soucis. L’avalanche de métal ouvrit une brèche moins large, moins évidente que je ne l’avais espéré, mais elle était là désormais, créés dans un bruit assourdissant et les morts ne tarderaient pas à affluer dans cette direction. J’entrevoyais derrière l’amoncellement de tôle et de carcasse les morts attroupés commencer à s'engager sur l'escalade de tôle, et de l'autre côté, sur la grande route, détourner leur attention dans cette direction. Ma diversion était faite, peut-être à moindre échelle qu’attendue mais le passage vers la deuxième sortie, beaucoup plus au Sud-Ouest, allait bientôt être dégagé.

Je décidais de ne pas perdre de temps à la contemplation de cet acte et à ses conséquences, me refocalisant sur la suite, ma fuite, mais avant toute chose, au léger détour que j’aurais à effectuer pour récupérer mes compagnons canins. Je dérapais un brin sur le parterre caillouteux dans la précipitation, retrouvant la porte principale qui n’avait fort heureusement pas été touché par quiconque, l’entrebâillement toujours présent sans avoir été poussé. Je n’eus qu’un bref sifflement entre mes dents à pousser pour voir débouler vivement la silhouette de Falcore qui poussa l’accès de son museau et du sac de toile déchiré qu'il avait vraisemblablement déniché, suivi de près par Harleen. J’accordais une très brève attention à chacun d’eux, une forme de félicitation à leur obéissance jusqu’ici assurée en récupérant les trouvailles d'un oeil curieux, frottant tour à tour leurs museaux et l’arrière de leurs oreilles. Je doutais qu'il s'agisse de l'espèce de hachoir de cuisine qu'il contenait qui l'est fait accorder son attention à ceci ou le contenant de la boîte aussi large que lourde garnie d'une espèce de poudre noire.

« Allez, on perd pas d’temps. On fera une pause plus tard. » Répondis-je à leurs élans de félicité en enfournant les deux objets dans mon sac à dos sans perdre de temps, cherchant à les entrainer après moi tandis que je reprenais la direction de l’Ouest. « Falcore, ta place. » Lui ordonnais-je finalement en dressant le poing phalange présentée à l’accompagnement de ces mots, gardant le geste jusqu’à ce qu’il le capte, et obéisse.

Le malinois ne tarda pas à se caler entre mes deux mollets, lui laissant pour ma part juste assez de place pour qu’il y reste, et qu’il adapte ses mouvements aux miens. Je n’étais pas rassuré à me lancer dans ce dédale exigu, et je ne comptais pas courir tête baissée face à l’inconnu. Plus que ma survie, je devais aussi prêter attention à la leur. Je gardais le couteau en main, raffermissant ma poigne sur son manche en claquant de la langue à l’intention d’Harleen. Guider deux chiens dressés différemment était très aventureux, mais un point essentiel à cette alchimie, c’était la confiance. Le berger Australien s’engagea à notre suite, trois pas en arrière, trois sur le côté comme je lui avais appris à faire, sans doute la seule manœuvre qu’elle connaissait vraiment à ce jour.

Je m’engageais derrière l’espèce de grue qui avait servi pour ma diversion, contournant le mur qu’elle avait détruit sur un léger pan, forçant les présences en place à s’orienter vers la faille, escaladant les carcasses de véhicules pour se rejoindre de l’autre côté à la recherche de cette nourriture qui les avait conduit dans cette direction, à savoir moi. Je fermais les lèvres tandis que je m’éloignais le plus possible de ce nouveau groupe ainsi formé, longeant l’autre côté du couloir pour passer dans leur dos, espérant que l’attention de ces putains de mort soit assez focalisée sur la faille et le liquide hydraulique qui continuait de se déverser en un simple jet, de moins en moins vigoureux, et nous qu'ils nous laissent tranquille.

Je n’eus même pas atteint la moitié de mon parcours de franchissement que déjà les silhouettes les plus en arrière détournèrent leur attention à mon égard, l’odeur de l’huile poisseuse étant soit trop forte soit pas assez pour ne pas masquer celle de l’homme dessous. J’engageais mes compagnons à accélérer le pas, butant parfois dans mon élan sur le flanc de Falcore qui tentait tant bien que mal à suivre le rythme trop soutenu, ondulant et cherchant en permanence à réadapter sa propre progression. Je le sentais nerveux, le grondement à sa gorge augmentait cet état de fait. Le groupe de mort avait commencé l’ascension de l’obstacle bien plus abordable que le mur qui se présentait à eux jusqu'au présent, tombant, chutant parfois, incapable d’assurer leur prise, mais sans jamais perdre de leur ténacité. Mais tous n’avaient pas suivi le rythme.

« Aller, aller. » Les pressais-je, autant eux que moi d’ailleurs.

Je me retenais de courir, cherchant mon allure aussi vive que possible, fléchissant sur mes appuis dans cette démarche sans doute étrange à voir, Falcore bien callé entre mes deux jambes, mais redoutablement efficace pour sa sécurité. Je gardais un œil attentif à Harleen, m’assurant qu’elle suit correctement le rythme et ne se laisse pas emporter par la panique provoquée par la proximité de ces morts rendus à nos trousses. Elle perdait en vitesse, partagée entre l’ordre de me suivre et son instinct qui lui quémandait de filer au plus vite et faire demi-tour.

Je revins trois pas en arrière, me penchant brusquement pour attraper le cou et le poil de la femelle par la main gauche pour l’entrainer dans la bonne direction. Elle braqua des quatre pattes, trainant dans la poussière, m’obligeant à donner davantage d’élan et d’impulsion à mon mouvement, pour lui faire dépasser le mi-chemin. Falcore gronda de plus en plus, retroussant ses babines à l’approche du premier mort vraiment menaçant. D’un ultime effort, dans ma poigne serrée, ignorant les protestations sans doute douloureuses de l’animal, je la soulevais pour la lancer vers l’avant, la relâchant immédiatement. L’obstacle franchi, je gageais qu’elle pris la fuite droit vers là où je voulais l’emmener, et c’est ce qu’elle fit, à la vitesse de l’éclaire, fonçant et détalant tout droit, la perdant de vue.

Je sentis le malinois bondir brusquement hors de la protection de mes jambes, attrapant le mollet du mort qui s’était bien trop approché pendant ma manœuvre. La créature bascula vers l’avant, déséquilibré, mais s’élançant d’un ultime effort – si tant bien qu’ils en étaient capables, dans l’espoir de me saisir. J’exerçais un quart de tour pour me mettre à l’abri des griffes décharnées qui agrippèrent mon sac à dos au lieu de ma peau, une maigre consolation pourtant quand je sentis son poids peser sur mes épaules, freinant ma retraite alors que d'autres de ses semblables convergeaient dans ma direction. J’avais beau essayer d’envoyer mon bras armé vers l’arrière, je ne parvenais à l’atteindre correctement, la position était bien trop hasardeuse car si j’y allais à l’aveugle, je risquais de me faire mordre ou griffer en tentant de la dégager et pour cause, je n’avais plus ma veste en jean pour m’assurer une maigre protection, mes bras laissés à nu. Une sauvegarde précaire que je ne devais qu’à l’action de Falcore qui tirait la créature dans le sens opposé.

Dans l’adrénaline de la mêlée, je pivotais plusieurs fois sur moi-même pour chercher à projeter le mort, aux chicots noircis et gluant d’une bave agglomérée de caillot de sang et de terre, contre le mur de véhicule, espérant que le choc où quoi que ce soit parvienne à m’en débarrasser. Je ne dûs mon salut qu’à la présence d’un angle saillant de tôle métallique qui perfora la chaire de ce dernier à hauteur de son poitrail, me permettant de me dégager dans le choc, récupérant rapidement mon équilibre pour achever la créature d’une lame bien placée dans son crâne, le métal s’enfonçant dans la pourriture de sa chair avec autant d’aisance qu’un couteau dans une plaquette de beurre. Je n’eus pas même le temps de célébrer cette victoire qu’un autre mort se jeta sur moi en profitant de la confusion de la situation dans l’espoir de me faucher. Son élan me repoussa à son tour contre la paroi de carcasse, passant à quelques millimètres de ses chicots avant l’intervention de mon camarade qui bondit sur lui.

Un déchirement brutal embrouilla un bref moment ma perception, ma chair tranchée à hauteur de ma cuisse extérieure. J’eus la panique un instant de comprendre qu’il s’agissait là de l’acte d’un infecté avant de percevoir que j’avais moi-même été victime de ces bouts de métal proéminents et tranchants. La lame de carcasse avait entamé mon jean, déchiré le tissu et ma chair également. Le sang s’écoula immédiatement hors de ma blessure, ruisselant sur le denim alors que je fléchissais genou à terre. Mon regard empressé contempla le spectacle d’une nouvelle vague qui se dirigeait vers moi, attiré par les élans de notre altercation. Je n’avais que quelques secondes de répit. Pas de quoi me languir, ni me plaindre.

Je claquais de la langue à l’intention du malinois, l’appelant par son nom promptement en me redressant, lui donnant du plat de ma main la direction. Un chemin qu’il suivit aussitôt, bondissant hors de portée des créatures et courant vers la sortie, moi-même suivant sa route, avec beaucoup moins de vivacité. J’osais à peine regarder la gravité de ma blessure, tout ce que je savais c’est que le moindre effort sur ma jambe droite était un véritable déchirement. Je serrais pourtant les dents, trainant la patte mais progressant toujours plus, bondissant hors de cette casse maudite, espérant croiser le chemin d'une Harleen bien honteuse de sa débâcle, mais bien vivante surtout.
Equipement Porté :
Capacité : 3/6
Triton 1650 Flec.
M01
Couteau de cuisine
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.C.
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 11/55
Sac tactique
Raging Bull (3)
Doses de poudres (4)
Hachoir de boucher (4)

William Spencer


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
William Spencer

Jeu 18 Juin - 22:23
Sa respiration s'était peu à peu calmée, jusqu'à retrouver un fil à la fois fin, allongé et régulier. Les battements de son cœur s'étaient également assagis et la sueur qui s'était formée sur son front s'agrippait sans s'épaissir, quelques gouttes coulant le long de sa nuque avant d'être attirées sur la pierre du toit par la gravité, car il était resté au sol.

Son regard balaya le ciel qui s'était couvert d'épais nuages, amoindrissant la luminosité sans se faire plus dérangeants, puis il pivota celui-ci sur son coté pour scruter en coin la silhouette de cette femme qui avait épousé le sol de même, visualisant sa poitrine aux courbures naturelles, portée par un souffle plus emprunt. Le torse de l'ex-agent émettait de légères brûlures, mais il n'y prêta pas plus d'attention qu'il s'en servit seulement de regain pour basculer complètement sur son flanc et prendre appui sur la pierre afin de se relever, d'abord accroupi, puis une jambe après l'autre, il se retrouva debout.

C'est au moment où il achevait de se redresser qu'il aperçut la silhouette de cette femme à l'arbalète descendre, disparaissant de la hauteur du toit dans un premier temps. William plissa les yeux en guettant les alentours, marquant ses traits plus épais que la normale de par sa contemplation. Sa dextre vint saisir le pendentif que sa sueur avait gardé accrochée à l'épaule, près du cou, le ramenant sur son torse avec un certain soin de ses doigts qui lissèrent la chaîne d'argent.

« Hey ! Mais où est-ce qu'elle va ? » Entendit le jeune Lewis qui n'avait pas fait tant de manières qu'eux, resté sur ses jambes. Il avait tout de même ignoré l'empressement de la femme à l'arbalète à cause de la distraction de l'effrayante horde qui s'était massée dans la contre-allée, ne se retournant que lorsqu'elle eu disparu, sa silhouette reparaissant un peu après en pleine course en contrebas, là où les morts n'étaient pas massés.

William glissa un coup d'oeil vers le jeune homme qui affichait une certaine surprise, ou peut-être simplement une incompréhension à voir détaler cette inconnue de la sorte après les avoir incité à grimper sur ce toit avec elle. Il expira lentement son souffle, ses mains saisissant la bandoulière de son fusil pour la remonter, abaissant par conséquent l'arme qui avait collé son humidité dorsale.

« Elle sauve sa peau. » Déclarait-il en passant ensuite ses mains dans son dos pour ajuster le pistolet qu'il avait glissé sous sa ceinture, ses iris au bleu lagon scrutant l'inconnue brièvement avant de s'en désintéresser et aviser les alentours immédiats du coté Est.

C'est peu après cette interlude, son ouïe s'accommodant des râles des morts derrière, que l'alarme stridente du véhicule cessa, mettant en alerte les sens de l'homme qui s'avança jusqu'au rebord opposé du toit afin de mieux discerner la masse de morts-vivants du coté de la route, bien qu'il n'en voyait pas la totalité. Cette nouvelle donnée ajoutait à l'urgence, celle de profiter de l'ouverture puisque les très rares cadavres ambulants qui traînaient coté Est s'étaient tous rués à la suite de l'inconnue à l'arbalète.

« Il faut suivre la même direction. » Reprit William de sa voix grave et douce, sa senestre enfonçant le poing M-Tech contre ses phalanges droites afin d'accroître l'accroche de cette arme de pugilat. « Sans distraction, les non-morts vont se disperser, nous n'avons pas beaucoup de temps. Profitons de l'accalmie. »

Sur ces paroles, il n'attendit pas spécialement d'argumentation ou de réponse et ne répondra rien si rétorque il y avait eu, ployant les genoux pour agripper le rebord en laissant ses jambes tomber plus bas de façon à retrouver un appui en équilibre sur le mur. Après quoi, il se laissa tomber en se réceptionnant sans difficulté et se redressa en reculant d'un pas, puis d'un second. Son regard relevé sur le toit, il ne partait pas. Il aurait pu le faire, sans doute irait-il plus vite, seul et maintenant, mais il avait décidé d'aider ces gens malgré le danger pour une bonne raison, un argument qui pesait dans la balance de cet objectif qu'il avait et duquel il ne pouvait pas se détourner.

Pour en avoir le coeur net, il lui fallait ces deux inconnus, aussi prenait-il le temps d'observer leur décision, à savoir s'ils suivraient sa suggestion, ou s'ils préféraient rester là. Il n'y avait aucune raison valable de s'éterniser sur ce toit, mais l'esprit humain étant aussi « complexe » que « compliqué », avec toutes les nuances, les instincts et les craintes possibles que William ne savait pas cerner dans leur ensemble, l'incertitude s'imposait à lui. Bien sûr, s'ils avaient l'un ou l'autre clarifié verbalement leur posture, la question n'aurait pas lieu d'être.

S'ils décidaient de l'accompagner, ou en tout cas de prendre la même direction pour le moment, il tâcherait de les aider à se réceptionner en bas de ses mains et ses bras, assurant avec eux leur chute pour qu'ils ne se blessent pas et les soutenant pour se relever le cas échéant, mettant probablement plus d'entrain et de soin à cela envers la femme que le jeune homme.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Nasreen Abtani


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Nasreen Abtani

Mer 24 Juin - 16:08
Nasreen demeura immobile sur ce toit durant de très longs instants, à courir métaphoriquement après son souffle et offrir un répit à ses muscles endoloris par les efforts, sa peau semblant battre d’une chaleur poisse au rythme de son coeur. Son seul mouvement perceptible fut de rouvrir ses paupières pour fixer les cieux, ses prunelles noires demeurant statiques dans la contemplation des épais nuages flottant au-dessus de sa misérable tête aux lèvres tuméfiées, avec tout l’indolence et la tranquillité de ce paysage cotonneux. La chirurgienne ne redressa la tête qu’en apercevant le haut de la silhouette de cette inconnue traverser la bordure basse de son champ de vision. Un mouvement amplifié d’un appui sur son coude pour redresser son buste, ses sourcils se fronçant d’incompréhension en la voyant disparaître par dessus le rebord du toit.

Repliant les jambes, Nasreen rapprocha ses pieds un peu plus près de ses fesses pour se poster en tailleur, continuant de gonfler sa poitrine de longs souffles d’air frais à un rythme soutenu, dégageant distraitement son front de quelques mèches de cheveux tombant devant son regard d’obsidienne. Deux perles noires qui se portèrent vers Lewis à son exclamation, dont elle ne saisit que le sens général, puis se braquèrent vers ce second inconnu lui ayant doublement sauvé la vie aujourd’hui. À sa remarque, l’Israélienne laissa enfin ses yeux courir vers la rue en contrebas, quand le klaxon du véhicule choisit enfin de se taire pour aviser la silhouette de cette femme qui disparaissait au loin dans un froncement de sourcils plus accentué, marquant son front de quelques rides pensives.

Un autre mouvement de son visage, de plus en plus marqué par la curiosité et l’indécision, accompagna en pensée la descente de William de ce toit. Un nouveau regard, vers les morts en contrebas qui se dispersaient déjà de l’attraction tonitruante qui avait cessé, qui se prolongea vers cette échappatoire qui menaçait de se refermer à nouveau d’ici quelques instants.

“Amène-toi. Faut qu’on bouge,” l’interpella Lewis, tendant vers elle une main secourable pour l’aider à se relever.

Nasreen dévisagea le jeune homme au nez sanguinolent un instant, puis sa main offerte avant de la saisir de sa propre dextre, ses doigts crochetant le poignet du jeune homme tandis qu’elle forçait sur ses jambes encore échaudées pour se redresser dans un grognement de gorge contenu. Lewis descendit le premier, s'agrippant des deux mains au rebord du toit avant de se laisser basculer dans le vide et se réceptionner au sol. La chirurgienne eut un roulements des épaules pour remettre en place les sangles de son sac à dos, ramassant la clé Stillson qu’elle coinça à l’horizontale entre son dos et les sangles du sac, tirant finalement sur les extrémités de celles-ci pour en resserrer davantage l’emprise. Une main après l’autre, elle fit à son tour basculer ses jambes dans le vide, se réceptionnant de la pointe des pieds contre la façade de ce garage avant de se laisser glisser au sol, portée par la gravité.

En temps normal, elle le savait, elle se serait réceptionnée avec bien plus de grâce et de souplesse, ne ployant que les genoux pour amortir le choc avec le sol. Mais cette fois-ci, elle eut bien du mal à garder son équilibre, posant un genou comme ses deux mains dans un choc assez douloureux, vibrant le long de ses os et meurtrissant sa rotule comme les paumes de ses mains de quelques écorchures dont les douleurs tiraillantes s’ajoutèrent au reste. Elle ne refusa d’ailleurs pas la poigne assurée prêtée par l’homme torse nu pour s’aider à se redresser, accompagnée à cela par une autre main, celle de Lewis, glissée sous son aisselle gauche en soutien.

Finalement debout, elle remercia les deux hommes silencieusement d’un simple hochement de tête avant de dresser son index en direction de la seule échappatoire possible, cette maison au camion encastré dans sa façade où l’autre femme avait disparu. Maison vers laquelle elle commença à courir, enjambant le corps de la créature en-travers de la route dont le visage s’était vu perforer d’un carreau d’arbalète. Si Nasreen ne comptait pas perdre de temps, et surtout ne pas en laisser aux morts de les piéger à nouveau, elle s’assurerait de suivre ses deux compagnons d’infortune ou que ceux-ci la suivent, c’était selon. Son coeur et son souffle repartaient dans un rythme effréné à l’intérieur de sa poitrine, sans avoir pu trouver le repos nécessaire de cette brève pause pour s’assagir normalement. Le visage de la chirurgienne rougissait déjà en s’humidifiant d’une nouvelle couche de sueur, ses joues et son front plus particulièrement. Ses jambes frappaient le bitume sous le rythme d’une fuite acharnée, le Diable au corps et aux fesses incarné par la présence de ces nombreux morts. Le poids de la lourde clé soutenue par les sangles dans son dos lui cisaillait les épaules à la fréquence de son ballottage mais l’esprit de Nasreen tâchait de conserver et assumer toute sa concentration sur son objectif, peu importait les gênes présentes.

Une discipline qu’elle avait acquise par la pratique des instruments et celle de sa profession. Quand les concertos ou les opérations usaient les nerfs et les muscles, dévoraient la patience mais qu’il fallait malgré tout tenir bon, ne pas lâcher pour réussir. Sa main gauche empoigna la première clôture d’un jardin qu’elle franchit d’une poussée sur ses jambes, ses semelles retrouvant le contact plus confortable d’une herbe épaisse, légèrement grasse pour la poursuite de son avancée. Elle dépassa l’arrière du camion encastré, préférant continuer droit devant, piétinant une lame de bois brisée par l’irruption du lourd véhicule dont les roues avaient raviné la terre meuble et la cabine défoncé les clôtures des jardins voisins, ouvrant une voie plus praticable pour les morts comme les vivants.

La chirurgienne n’avait pas spécialement de direction en tête pour se diriger. Simplement droit devant, toujours plus en avant, loin des morts et jusqu’à pouvoir trouver le refuge quelconque d’une maison où reprendre son souffle et ses esprits. Mais droit devant finissait toujours par conduire à un choix. Un choix posé au franchissement de la dernière palissade de jardin démolie, débouchant sur une rue perpendiculaire à sa course et l’alignement des précédentes maisons. Une rue où se trouvait plus de résidences encore, plus serrées, groupées par paire d’un mur mitoyen commun et un choix à faire. Partir vers l’Est dont l’horizon se dégageait de son empreinte urbaine pour manifester la sortie de cette ville, ou l’Ouest qui paraissait s’enfoncer dans un dédale plus citadin, certainement plus peuplé de créatures, mais plus riche aussi en opportunités. L’Israélienne stoppa sa course sur l’asphalte du trottoir marquant la démarcation entre la rue et le jardin qu’elle venait de quitter. Elle lança un regard derrière elle, avisant les grappes de morts qui s’étaient élancés à leur poursuite comme autant de prédateurs infatigables et insatiables, le buste plié vers l’avant et les mains posées sur ses genoux, sa bouche traquant de grandes goulées d’air frais quand ses yeux cherchaient les deux hommes du regard, et une indication quelconque sur la suite quand elle-même ne connaissait rien de ce lieu.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Tournevis
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-

William Spencer


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/100)
Informations scénaristiques:
William Spencer

Lun 29 Juin - 22:46
A même le sol, William avait avisé la descente du jeune homme d'abord, se réceptionnant sans trop de mal à son coté, puis de la femme qu'il vint aider à se réceptionner à son tour puis se redresser, ne faisant durer le contact que brièvement le temps nécessaire à ce qu'ils soient tous trois de nouveau sûrs de leurs appuis. L'empressement avait guidé les instants suivants, le trio se mettant à courir pour s'éloigner de ce guêpier aussi vite que possible. Le passage entre deux voitures croisées nécessita que les deux autres s'y engagent les premiers et pour ne pas perdre de temps, William avait gardé la cadence et s'était lancé en avant d'un bond tout en prenant appui dans l'élan sur le capot d'une des voitures, se laissant glisser sur le fessier dans un frottement intelligible afin d'arriver de l'autre coté sans avoir à ralentir.

Alors qu'ils couraient, une sorte de crissement lointain se répercuta faiblement vers eux, trop car William n'y avait pas prêté attention les premières secondes, la course cadencée saccadant son ouïe autant que son souffle fort et ses soupirs appuyés qui se passaient la balle de l'effort réduisaient ce sens essentiel. Néanmoins, le carambolage qui suivi, dans un concert de broiements de tôle et d'effondrement de masses sans vie, su tonner telle la foudre aux tympans de l'ex-agent qui porta vivement le regard dans la direction de cette diversion dont il ne pouvait saisir la substance, l'homme s'interrompant juste avant de franchir le portail du jardin.

Il resta quelques secondes à aviser ce lointain qu'il ne pouvait discerner d'ici, plissant les sourcils avec interrogation, car il n'était pas commun d'entendre un tel boucan à cette époque. Cependant, son sens de l'orientation et l'empreinte de sa récente escapade dans sa mémoire su raccrocher les éléments dans son esprit pour déduire que cela venait de la casse qu'il avait partiellement longé sans y entrer. Etait-ce un jeu de circonstances de l'environnement instable ou l'acte de quelque chose, ou de quelqu'un, volontairement ou non, qui avait déclenché ce grondement massif au point de l'étreindre avec authenticité lui qui était pourtant si loin du point d'origine ?

Pour sûr, un tel barouf, quelque soit son origine, n'aurait qu'une seule conséquence notable pour eux : attirer la masse nécrophage si celle-ci n'avait pas trouvé proie à son intérêt, d'autant plus assurément maintenant que l'alarme de cette voiture avait cessé. Quelque chose lui paru alors étrange, l'enchaînement entre l'alarme stoppée puis ce carnage matériel lointain, après qu'un accident et des échanges de coups de feu aient convaincu la venue de tous ces morts-vivants cumulait des circonstances trop bien agencées.

Malgré cela, il n'avait pas le temps de réfléchir plus à la question que plusieurs secondes étaient passées, laissant aux deux autres fuyards le temps de prendre de l'avance. Il plissa pommettes et contours des yeux en retournant observer le jardin sur leur passage, puis s'y lança de nouveau d'une course pressée et pressante, jusqu'à retrouver le jeune homme et cette femme à la natte brune qui s'étaient arrêtés sur le trottoir. Il en profitait pour freiner et s'arrêter au bord de la route, portant un regard vif de prudence et d'inquiétude à sa droite, puis à sa gauche. Il ne vit pas une silhouette décharnée sur cette avenue marchande d'antan, mais cela ne le rassurait pas pourtant car il savait bien sûr quel composition ce carambolage allait engendrer. L'afflux des morts de toutes les directions vers cette casse inonderait sous peu les rues de leurs présences avant de les en vider, et si l'avenue était à priori déserte des errants pour le moment, cela n'allait donc pas durer car il ne croyait pas que toutes les menaces avaient déjà été regroupées à l'ouest.

« Se frayer un chemin dans le quartier va devenir trop dangereux. » Entendit-il de sa voix grave et suave, que l'intonation très monocorde faisait passer pour sereine alors même qu'il inspirait ses bouffées d'air en gonflant le torse, le front suant et le buste perlant d'humidité, son regard continuant à aller et venir d'un coté et de l'autre de la route avec hâte.

« Il faut se mettre à l'abri et attendre que l'orage passe. »

Derrière, Lewis qui s'efforçait également de reprendre son souffle en étirant son visage d'une grimace pénible, ses mains sur les hanches et l'arc à l'épaule, se redressa tout en scrutant William avec un air circonspect et désabusé, lui lançant sans manière.

« Se... se planquer ? » Expirait-il. « Mais... tu veux qu'on aille... se planquer où ici ? C'est truffé de morts... dans le coin... t'es pas un peu dérangé ? Faut continuer... faut se casser d'ici... aller le plus loin possible. »

La respiration en mal et la gorge brûlante, Lewis avait lâché ses derniers mots avec difficulté, basculant vers l'arrière en pliant le dos pour avaler une grande bouffée d'air frais ; une fraîcheur entachée par les quelques corps inertes au sol, non loin d'eux. A quelques pas de lui, William se passait le dos de la main sous les narines, essuyant la sueur qui avait dégouliné sur sa pilosité surplombant sa lèvre supérieure et qui lui chatouillait les bords de ses cavités nasales, avant de se contorsionner à moitié pour lui jeter un regard. Il conservait l'expression de ses pensées sous la carapace de neutralité et d'indifférence qu'il affichait, reportant ensuite ses iris sur les bâtisses du trottoir d'en face, leurs lagons remontant les édifices vers le nord jusqu'à se poser sur l'une des maisons.

Il reconnu celle qu'il avait visité à une certaine distance de leur position temporaire, quand il avait cherché à se frayer un chemin vers l'accident. Une inspiration précéda une expiration, qui elle-même fut succédé de ses premiers pas sur la route n'ayant pas de véhicule à l'abandon à cet endroit pour le gêner.

« Là-bas. » Finit-il par rétorquer simplement, ne prenant pas la peine de vérifier s'il était suivi ou non des deux autres car il ne ralentissait pas sa marche en diagonale de l'avenue, jusque trouver le trottoir à une dizaine de mètres de la maison en se glissant de profil entre deux voitures de corpulence bien trop différentes.

Il continua jusqu'au portail ouvert de la maison par lequel il avait aisément gagné la rue plus tôt et s'approcha de cette fenêtre à guillotine qui avait servi de passage, son ouvrant relevé pour laisser semi-accès. Il s'appuya des mains sur le rebord pour se dresser et quitter le sol des chaussures, passant une première jambe qui trouva le talon sur le cadre afin de se glisser à l'intérieur de dos, inclinant la tête pour éviter de se cogner. Il profitait de cette manœuvre pour aviser si les deux autres lui avaient emboîté le pas, ou s'il se retrouvait seul dans cette modeste cuisine où peu de meubles s'y trouvaient et demeuraient encore clos, des placards suspendus à ceux sous l'évier, comme le four et le frigo.

Rien n'y avait été saccagé, ou même ouvert, les restes d'un petit déjeuner pourrissant dans leurs assiettes sur la planche qui servait de table et qui était rabattue de son accroche au mur, aux deux tabourets face à face qui n'avaient pas été renversés, ou même déplacés. Il ne s'était guère occupé de fouiller quoi que ce soit à son premier passage, plus préoccupé par le souhait de rejoindre rapidement les lieux qui l'avaient attiré, ce retour en arrière en serait l'occasion sans doute, le temps que la situation se dissipe avec la dispersion des rôdeurs, vers le sud espérait l'ex-agent non sans un certain pessimisme.
Equipement Porté :
Capacité : 0/6
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Nasreen Abtani


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba110/2000[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Debuba10100/100[Secteur U] Étape forcée - 15/04/2035 - Page 4 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Nasreen Abtani

Mar 30 Juin - 23:58
Demeurant dans sa posture essoufflée, les perles noires de l’Israélienne s’attardaient longuement sur les deux hommes et leur échange de mots, ses sourcils se fronçant d’autant plus d’une grimace d’effort que de la compréhension relativement sommaire qu’elle avait de la situation. Son caractère si particulier se révélait d’autant plus notable que les expressions, les intonations ne lui donnaient finalement que peu d’indice sur ce qui était en train de se jouer, jusqu’à ce que son sauveur ne reprenne son avancée, de quelques pas et d’une avarice de propos qui paradoxalement, lui convenaient bien mieux. D’un dernier souffle, plus long et appuyé que les précédents, elle finit par redresser le buste, moulinant des coudes pour faire jouer ses épaules et n’atténuer que trop légèrement le tiraillement des bretelles de son sac sur ses trapèzes.

Nasreen emboîta alors le pas de William, entamant la traversée de l’avenue en enjoignant le jeune Lewis d’en faire autant d’un mouvement de tête parfaitement silencieux. La chirurgienne ne pouvait néanmoins s’empêcher de jeter de nombreuses oeillades inquiètes dans les environs immédiats, à la recherche de quelques charognards qui se manifesteraient dans leur sillage. D’un geste distrait, elle tâtonna de la main droite l’épaisseur relative de sa veste, pour finalement enfouir celle-ci par l’ouverture du col à la recherche du fin câble de ses écouteurs qu’elle extirpa des couches de tissu. Jouant du bassin pour se faufiler entre les deux véhicules à la suite de l’homme au torse découvert, elle logeait l’un des deux écouteurs dans le creux de son oreille gauche. Aussitôt, elle se laissa doucement distraire et emporter par la mélodie fluette et calme qui s’en dégageait d’harmoniques parlantes à son inconscient aux mécaniques complexes et enfouies.

Mentalement, elle comptait les mesures dans un silence épais. Plissant à peine les paupières sur un regard s’apaisant, sa tête oscillait très doucement, répondant à l’arithmétique de la mélodie sans s’intéresser particulièrement aux nuances ni aux notes, calquant avant tout sa respiration sur la découpe en quatre temps. Il y avait dans sa démarche et sa progression un automatisme qui pouvait paraître déconcertant, une dissonance entre la situation et son état d’esprit qui revenait rapidement à cette neutralité figée, sans être froide, de ses quelques expressions dont seuls le souffle et la sueur trahissaient encore la marque de l’effort. Ce même automatisme  qui la poussait à suivre du corps et du regard cet inconnu qui paraissait si sûr de ce qu’il faisait sans qu’elle ne puisse saisir la raison de cette foi qu’elle mettait à lui emboîter le pas. Lewis la talonnait, de ce qu’elle put constater en tournant son attention sur le jeune homme, évitant soigneusement de croiser son regard pendant que le second homme franchissait le passage d’une fenêtre.

L’Israélienne s’engouffra à la suite de cet homme inconnu, dans cette maison tout aussi inconnue, suivie de près par un autre homme inconnu, sans que sa méfiance ne s’éveille particulièrement. Il y avait eu les actes, la folie de tous ces événements, et le calme la saisissait pourtant, d’une soudaineté grisante et perturbante, à la limite d’une abdication qu’elle ne pouvait refréner. La réalité s’imposait à elle à nouveau, quand ses idées se réordonnaient, quand son esprit se rassemblait après avoir laissé la main aux instincts et aux efforts physiques. Ses yeux évitèrent soigneusement tout croisement d’avec les lagons de William cette fois-ci, alors qu’ils ne manquaient pas de s’attarder sur l’environnement de cette pièce, d’un calme olympien uniquement perturbé par le glissement puis le claquement du cadre de bois de la fenêtre à guillotine que le jeune Lewis refermait derrière lui après être entré à son tour.

Une cuisine très sobre. Une scène de repas fixée par le temps et la probable survenue d’un départ précipité, ou d’une interruption moins enviable encore. Il y avait tant d’hypothèses, de possibilités de ce qui avait bien pu se dérouler ici et advenir aux occupants légitimes de ce lieu ; pourtant la chirurgienne n’en abordait ni n’en émettait aucune. À son regard d’onyx, ce n’était qu’une pièce de plus, un petit-déjeuner pourrissant sur une table de fortune, un décor de plus qui ne suscitait ni empathie, ni dégoût. Ça se trouvait là. Cela était car c’était ainsi que la nature voulait les choses, et elle ne s’y trouvait que par le plus pur des hasards. Raison pour laquelle elle n’afficha aucune gêne à s’approcher de l’un des deux tabourets, chassant la couche de poussière de l’assise d’un pan de sa manche, dans un mouvement circulaire avant d’y prendre place, amenant ses deux pieds à se poser sur le barreau du tabouret.

Silencieuse, elle amena ses mains à se joindre, ses phalanges à se croiser entre ses genoux douloureux dont le tissu se voulait entamé, montrant les premiers signes de faiblesse d’une déchirure à venir. Sa natte brune, assombrie par la pénombre très relative du lieu, courait de l’arrière de son crâne jusqu’à la devanture de sa poitrine, enjambant son épaule droite ; quand quelques mèches de cheveux trop courts et rebelles pour être domestiqués d’un effort de coiffure collaient à son front toujours luisant des restes de sueur. Son regard quant à lui se perdait d’une contemplation muette dans les motifs aux nuances discrètes du carrelage, suivant de quelques oscillations des pupilles les pieds de deux hommes, jusqu’à ce que la voix de Lewis ne l’oblige à lui donner plus de verticalité.

“Putain... J’espère vraiment que les morts vont pas nous tomber dessus ici aussi,” avait-il exprimé de quelques craintes justifiées, le dos légèrement voûté vers l’avant quand, la main en casquette sur son front et la tranche en appui contre la vitre, il cherchait à observer ce qui se déroulait au-dehors.

Une observation inquiète dont il finit par se détourner au bout de quelques secondes, tirant les deux pans d’un rideau en-travers du carreau, accentuant un peu plus l’obscurité de la pièce bien que la clarté ambiante ne se voulait pas handicapante. Puis il pivota sur ses pieds pour faire face à William, offrant sa dextre en une poignée engageante, la pulpe du pouce de sa senestre venant dégager le coin de ses yeux de la salinité asséchée de perles de sueur ayant roulé depuis les flancs de son front.

“Lewis,” finit-il par se présenter avec sobriété, n’accordant à William rien de plus qu’un faciès assez neutre, non départi de l’inquiétude qui le taraudait quant à la menace potentielle des morts qui pouvaient débarquer.

L’Israélienne porta son regard sur cette main tendue, sans esquisser l’ombre d’un geste supplémentaire qui ne relevait pas du gonflement de sa poitrine qui ralentissait petit-à-petit de ses esprits et son souffle retrouvés ; ou des quelques oscillations de son chef dont les pensées restaient toutes focalisées sur le décompte des mesures soulignées des stridulations d’un violon.
Equipement Porté :
Capacité : 1/5
Tournevis
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/15
Petit sac
-
Page 4 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: