Haut de page
Bas de page



 

Ses derniers mots - 14/04/2035
 :: Safe Zones :: Le Perchoir :: La vie du Camp

Aller à la page : 1, 2  Suivant

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba1139/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba102/100Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Sam 16 Mai - 23:11
Interprété par Jena Higgins, Elizabeth Evans et Kyle Collins.

L'atmosphère était étrange. Il résidait autours de nous comme un calme absolu ambiant alors qu'une tempête s'agitait en moi, s'embrumant dans les volutes de fumée blanchâtre qui s'échappait de ma bouche et finissant par se dissiper, peu à peu. J'avais trouvé place sur le lit d'infirmerie - la nouvelle prison qui m'avait été assigné, même si ça en donnait moins l'air, et qui me paraissait d'un confort absolu au regard du sol rigide et du mur qui avait soutenu mon corps pendant de trop longues heures. Assis en travers, le dos calé contre la parois de contreplaqué, rehaussé au niveau des lombaires par l'appui d'un oreiller moelleux, l'une de mes jambes - la blessée - était étendue sur la largeur du matelas, la cheville se jetant par dessus bord droite au dessus du vide. L'autre était repliée sur l'horizontal, le genou oscillant du haut vers le bas dans ma réflexion en une posture assez éreinté.

Je laissais échapper d'entre mes lèvres un certain soupir de soulagement et d'apaisement, rauque et long. Non pas que c'était ma première bouffée, mais chacunes de celles que je prenais, me tiraient un peu plus de sensation de libération, déliant les tensions de mes trapèzes et mes biceps, me délivrant d'un poids trop longtemps accumulé. C'était fictif, j'en avais conscience, une drogue qui inhibait mes perceptions mais j'en remerciais Dieu dans toute sa splendeur pour en avoir permis la création. Les yeux clos tandis que je ramenais à nouveau le cylindre de papier entre mes lèvres, inspirant bien largement, faisant rougir et crépiter l'extrémité consommé d'un premier quart, je la récupérais finalement entre mon index et mon pouce, expulsant le tout en un souffle puissant, exprimant en une image parfaite ce que je ressentais au fond de moi.

Mes yeux vinrent ensuite se fixer sur le tube que je tenais entre mes doigts sans même prêter attention aux blessures qui siégeaient toujours sur mes poignets et dont je négligeais le nettoyage un temps, contemplant sur le filtre bruni la marque Camel estampillée, me tirant une grimace que j'avais voulu légèrement exagérée, tirant sur mes pommettes, mes fossettes et déployant mes dents serrées. Perdu dans mes pensées de ce que cela m'évoquait, je laissais courir mon regard d'acier sur cette cigarette que je contemplais d'un bord à l'autre, la pulpe de mes phalanges jouant sur sa texture pour la faire légèrement rouler, dans un sens puis dans l'autre.

« Mon père fumait ces merdes quand j'étais gosse. J'ai toujours pensé que c'était une marque de vieil emmerdeur. J'l'ui en avais tiré une fois, en douce. J'étais un peu à la dèche à cette époque. En plus d'avoir trouvé ça dégueulasse, j'me suis pris une bonne tôlée. »

J'avais confié ça sur un ton assez détendu. Ça faisait bien longtemps que j'avais enterré mon père, dans mon cœur très jeune, et bien avant l'apocalypse ensuite. Je n'éprouvais aucune sensation de nostalgie à conter cette histoire. C'était un passé bien trop lointain pour véritablement m'atteindre d'une manière ou d'une autre. Ramenant ma main à mes lèvres, je coinçais alors l'extrémité du filtre sur le pincement de ces dernières pour me rendre libre de mes mouvements et réajuster ma position sur l'assise qui se tassait quelques peu. La fumée qui s'en échappait malgré tout m'obligeait à plisser les yeux, étirant mon visage légèrement sur le côté pour l'éviter passablement tandis que je glissais la main droite sur le drap du lit et venais attraper l'enveloppe que m'avait laissé Elizabeth peu avant et que j'avais laissé là en attendant.

« Viens t’asseoir. » Avais-je déclaré sur un ton doux d'une prononciation bien relative dû au bâtonnet de tabac que je maintenais en équilibre, ma main gauche l'invitant d'un geste à me rejoindre en tapotant le drap devant moi, pile entre mes genoux.

J'avais attendu qu'elle accepte cette invitation, confortablement à cette place que je lui avais assigné en la laissant se positionner tel qu'elle le souhaitait. Je gardais encore en tête cette confession qu'elle m'avait faites, de ce que ces types lui avait fait, lui avait volé, et à moindre mesure, m'avait volé également, et plus que tout je ne souhaitais commettre d'impair à lui imposer quoi que ce soit. Je voulais être prudent sans cesser d'être moi, et c'était très étrange. Si ma gaucherie était un trait de caractère qui tendait à être connu, y'avait des moments comme celui-ci où je savais me contenter seulement de ranger mon orgueil immensément blessé au fond d'un tiroir, le conservant néanmoins tel quel pour le ressortir en temps voulu.

Ma rancœur avait disparu, comme mon incompréhension, envers les miens et au traitement qu'ils m'avaient infligé. J'avais pris le temps de penser, à ce que j'aurais fais moi, à leur place, à mon attitude, et mes réactions. Et avec un peu plus de recule et de détachement, j'attestais que j'avais largement déconné. J'aurais sans aucun doute un compte à régler avec James, une sorte d'épreuve de foi, et j'espérais pouvoir ajuster tout ça sur le ring, à l'ancienne, comme je le faisais à l'époque avec mes frères d'armes. Ça serait un bon moyen pour nous d’enterrer cet événement, définitivement.

Je ne craignais pas vraiment le contenu de cette lettre qu'il m'avait laissé. Je le revoyais encore me regarder silencieusement à la fin de mon pitoyable monologue et simplement se lever et partir en me laissant avec mes démons évaporés dans les abysses. Je savais que j'aurais pas mal à faire ce qu'il fallait pour me rattraper, et mêmes si les mots laissés sur ce papier seraient incisifs, je doutais abandonner seulement par vexation ou rancune. Je me laissais donc aller à la contemplation de cette enveloppe, récupérant la clope qui avait patienté entre mes lèvres de la gauche, l'éloignant sur le côté pour en faire tomber les cendres dans le cul d'une bouteille en plastique usagée avec un fin filet d'eau dans le fond qui servait de cendrier en l'instant, reposant un peu plus loin sur le drap.

« Lis la avec moi. » Avais-je simplement demandé à Jena, sa présence m'apaisant toujours plus encore.
Equipement Porté :
Capacité : 2/6
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 7,62
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Cache 50/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Redhead Toxik Flec. (9)
Masse (14)
Flèches (6)
Talkie Militaire (2)
Lampe dynamo (2)
Grand sac (12)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba11210/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (210/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba1088/100Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Dim 17 Mai - 22:18
D’une pichenette au cul du paquet de Camel, j’avais fait jaillir une seconde cigarette après avoir offert la première à Kyle. Une fois sa tige allumée, j’avais récupéré le briquet pour en faire autant de la mienne, tirant une première bouffée, longue et profonde, jusqu’à manquer de peu de tousser à ressentir l’épaisseur brûlante de la fumée âcre envahir ma gorge, puis mes poumons. Les bras croisés sur ma poitrine, seul mon avant-bras droit oscillait de quelques allers-retours entre mes lèvres, la cigarette coincée entre majeur et index, et le repos sur son homologue. J’avais tiré la chaise à roulettes et l’assise molletonnée pour l’amener face au lit. Face à Kyle qui adoptait une position vautrée entre décontraction et lassitude. Pour ma part, je me contentais simplement de l’observer sans vraiment le voir, mes azurs se perdant dans le vague de mes pensées qui s’embrumaient très légèrement des premières montées de nicotine. Les jambes croisées, la gauche sur la droite, je laissais mon dos s’enfoncer plus lourdement contre le dossier de la chaise, dont le plastique du pivot grinça légèrement sous l’effort.

Un peu de calme, juste un break dans tout ce qui s’était passé. Je n’aspirais pas à mieux pour les minutes à venir, hormis une nouvelle bouffée de cigarette. D’un geste tendu du bras droit, j’amenais la fraise rougeoyante contre le goulot de la bouteille recyclée en cendrier, délestant le premier cône de cendres qui s’éteignit dans un pschit en touchant la surface de l’eau, s’étalant en une nappe sombre et granuleuse. Quelques minutes s’étaient écoulées entre la sortie du local de nettoyage où Kyle avait été tenu captif et sa nouvelle cellule d’alors, à patienter le retour de James. Juste le temps pour moi de récupérer les clopes et aller m'enquérir de Sarah et Kenzie. Cette jeune femme semblait bien se débrouiller avec la petite, qui paradoxalement ne nécessitait pas grande attention pour l’instant, la majorité de son temps de nourrisson consacré à dormir. Néanmoins, l’image avait eu quelque chose d’apaisant en s’imprimant sur mes rétines. Un petit bout de chou, plein d’innocence et d’espoir, une raison de vivre renouvelée. Une famille. C’étaient les mots que j’avais adressés à Collins quelques instants plus tôt, et ils n’avaient rien perdu de leur intensité ni de leur valeur à mes yeux.

Un regard trouble qui fut arraché à ses digressions pensives et silencieuses par les premières paroles de Kyle. Mécaniquement, j’avais tourné mes prunelles sur lui, sur le bâton de nicotine dressé qu’il faisait rouler entre ses doigts, lentement, la fumée aux reflets bleutés s’élevant vers le plafond, d’abord droite avant de s’enrouler sur autour de ses propres convections. À sa confession, je ne pus retenir un rire discret, soufflé par les narines, accompagné d’un étirement des lèvres et du plissement de mes paupières accentuant les pattes d’oies au coin de mes yeux. Je tirais une énième bouffée sur ma cigarette, courte, suivie d’une inspiration toute aussi brève.

C’est une marque de vieil emmerdeur,” le taquinai-je d’un ton doucement espiègle, appuyant le premier mot, avant de souffler lentement les restes de fumée entre mes lèvres pincées.

J’avais par la suite suivi le mouvement de sa main récupérant la lettre que James lui avait adressée. Était-ce moi ou les gens devenaient très lettres en ce moment, comme s’il devenait trop difficile de dire ou d’entendre - selon la position - les choses que l’on avait à se confier ? Néanmoins, ce fut son invitation suivante qui me prit légèrement au dépourvu. Une réflexion me traversa l’esprit, m’immobilisant quelques secondes dans une posture pensive, marquée d’une autre ponction embrasée sur ma cigarette au terme de laquelle je décroisais finalement les jambes pour me redresser. Quelques pas à peine, et je me retrouvais installée entre ses jambes, prenant garde à ne pas solliciter sa jambe blessée. De quelques mouvements du bassin, je me reculais sur le matelas jusqu’à ce que mon dos trouve l’appui contre son buste, l’arrière de mon crâne logée à la base de son cou, dans le creux de son épaule droite.

Je retenais un soupir de satisfaction dans le fond de ma gorge, fermant les yeux quelques secondes à sentir sa chaleur dans mon dos, sa présence toute entière en soutien de cet accablement que je dissimulais. Je me sentais partagée entre les émotions. La satisfaction d’une part à l’avoir retrouvé, à avoir renoué grande partie de cette complicité qui nous avait autant unis qu’opposés quelques jours plus tôt, et la présence pernicieuse de ces démons qui couvaient leur désapprobation au plus profond de mes craintes les plus viscérales à sa seule proximité. Mais les épreuves, les craintes, les doutes, les révélations et mauvaises nouvelles… Tout cela avait bien trop pesé aujourd’hui pour que je laisse ces foutues idées noires et glauques prendre le pas sur ma victoire du jour. Collins.

Je ne disais rien. Je n’ajoutais rien. Je profitais simplement de l’instant, de la pause, du répit offert par le partage d’une simple clope. Le poison apaisant les nerfs et les tensions de quelques inspirations. C’était une description qui me convenait, une situation qui me plaisait. Un échantillon de simplicité, de ce que pouvait devenir ce groupe, le Perchoir, avec un peu de calme et de bonne volonté. Un esprit communautaire plus sain, plus apaisé maintenant que les langues s’étaient déliées, et les emmerdeuses barrées. C’était mon moment, et j’escomptais bien que rien ne vienne le gâcher.

C’est pourquoi, à la dernière question de Collins, je gardais le silence une nouvelle fois. De ma main gauche, je récupérais le mégot à mes lèvres et l’envoyais flotter dans le fond du cendrier. Puis je l’envoyais ensuite en quête du bras droit de mon compagnon, l’invitant à passer sur mon ventre, refermer autour de moi sa prison de tendresse et gonfler ce sentiment de sécurité qui m’enveloppait petit-à-petit. Je comptais bien étirer autant que possible ces instants-là. Sans mots de James, sans le regard d’Elizabeth ou les fantômes de ces connards de la cimenterie. Lui et moi, uniquement.Je prenais une profonde inspiration, un peu plus détendue, avant de murmurer en retour.

“D’accord... mais pas tout de suite.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba11106/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (106/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba10100/100Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Lun 18 Mai - 16:34
Elle avait senti son monde s’effondrer avec une immense brutalité.

Si l’angoisse l’avait gagné aux premières réponses que Clark lui avait donné, elle n’avait en revanche ressentit tout le drame de l’événement que lorsque la voix et le nom de Matthew s’était échappé du haut-parleur. Elle n'avait éprouvé aucun ressentiment à l'entendre, et si la surprise avait gagné sa voix, c'était pour l'échelle de gravité que sa présence avait toujours su imposer. Son ton, son assurance, sa rigueur et la précision de ses questions avaient conduit la panique à la gagner brusquement et permit aux pires scénarios de l’assaillirent avec dureté. Il avait appelé à sa lucidité et à sa raison, pour qu’elle conserve son état de conscience, guidant les décisions qu’elle devait prendre, et même si les directives avaient été on ne peut plus claires, elle ne pouvait empêcher son esprit d’être envahi par le nœud de la terreur qui l'envahissait au point de lui couper le souffle. Elle suffoquait.

Elle avait relâché le commutateur du micro épais qu’elle avait maintenu entre ses mains jusqu’ici, dépourvu de la moindre force pour se permettre de le maintenir et de se maintenir, elle, se laissant choir avec mollesse vers le sol tandis que Matthew émettait cette promesse. Une promesse qui se révélait plus condamnant encore de fatalité. De ses yeux perlaient un flot discontinue de perles salines qui venaient s’écraser sur le sol en quelques halos épars sous son regard mortifère. Ses cheveux retombaient par-dessus ses épaules affaissées tandis qu’elle se maintenait recroquevillée sur elle-même, la paume de sa main droite en seule retenue de son buste surplombant le parquet pour ne pas se perdre complètement sur le sol. C’était une épouvantable nouvelle chute aux enfers, comme si le diable lui-même avait décidé de passer en revu ceux qui avaient été épargné de son courroux d’acier, achevant ainsi le tableau d’une souffrance que désormais tout le monde connaissait. Elle comprise.

Combien de fois s'était-elle vantée d'avoir pu trouver son compte dans ce monde agonisant ? Dans ce silence d’une lourdeur infini, seulement chahuté des gémissements plaintifs d’un esprit la dérive, elle priait. Elle qui n’avait jamais cru en l’existence d’un seul Dieu sur cette terre, se retrouvait à supplier quiconque aurait l’omnipotence de l’entendre d’accomplir sa volonté, celle qu’aucun malheur ne lui soit arrivé. Elle suppliait toutes les Divinités d’antan qu’une voix s’échappe de ce poste radio pour soulager son angoisse : tout allait bien, seulement un petit retard, il vient d’arriver. Mais, désespérément, le silence continuait de l’envahir, son cœur au bord de l’agonie, un silence couvert par les grésillements légers du haut-parleur.

Tout son corps tremblait, refusant d’obéir à cette volonté qui cherchait à la secouer et à prendre acte de l’urgence que cette situation pouvait constituer. Mais elle ne parvenait à se résoudre de quitter ces lieux. Elle avait tant angoissé, tant craint en cette journée, et tant imaginé que la chute dans laquelle elle était prise était d’autant plus vertigineuse. Elle l'avait su, dès les premiers instants. Quelque chose avait envahi son estomac qu'elle n'avait pas écouté. Elle aurait dû le retenir, vraiment, effrontément s'il le fallait. Les doigts de sa main droite s’étaient portées à ses lèvres tremblantes à la mémoire du contact qu’il lui avait adressé, sa bouche pressée contre la sienne avant de partir. Elle ne pouvait se résoudre a croire que cette voiture s’éloignant sur le tarmac du parking serait le dernier souvenir qu’elle garderait de lui. Pas lui. Pas James.

Elle eut un hoquet d’une inspiration gorgée des larmes qui l’avait noué alors qu’elle redressait son visage aux yeux rougeoyants débordant d’une écume dont elle ne pouvait refréner la chute, foudroyant ce récepteur qui ne crachotait de temps à autre les grésillements d’une fréquence inactive. Si c’était eux…. Ces mots lui revinrent à l’esprit, plus claire dans sa conscience que la première fois qu’elle les avait entendu. Si c’était eux, ceux qui avaient détruit leur ancien camp, à deux reprises. Eux qui venaient s’en prendre au sien désormais. Elle se sentit poussé par cette volonté de faire quelque chose, quoi que ce soit, espérant qu’un jour, ils auraient à en rire de toute cette angoisse comme un acte manqué.

Veille sur le groupe, avait-il dit.

Elle avait trop laissé le temps s’écouler, à seulement attendre l’inespéré, écroulé sur elle-même à maudire l’existence toute entière, à prier et supplier, à quémander un répit, un passe-droit, une faveur, ou n’importe quelle forme que cela pourrait prendre pour que le seul qu’elle n’avait jamais aimé soit en vie, naufragé d’un simple concours de circonstance. Elle se redressa, instable sur ses appuis dans la précipitation qu’elle donna à son geste, chancelante à ces vertiges qui l’assaillaient de toute part, envahissant son champ de vision de mouchettes noires et virevoltantes, se retenant de ses bras à la table où reposait le poste radio pour ne pas s'effondrer, littéralement.

Lorsqu’elle ouvrit la porte de l’infirmerie, qu’en dépit de sa proximité avec la salle de réunion où elle s’était trouvé, elle eut un certain mal à atteindre, elle laissa voir cette image d’une Elizabeth dévastée, le nez et les yeux rougis, les joues marquées de stries luisantes. Elle ne sembla accorder aucune attention réelle à ceux qui se trouvaient dans la pièce, ses pensées bien trop égarées à d’autres lieux, d’autres images qui tournaient en écho dévastateur dans son esprit. Lui, mort. Lui, dévoré. Lui qui lui était arraché définitivement. Elle cherchait désespérément de se raccrocher à l’idée qu’il ne s’agissait que d’une simple panne, que ce n’était rien, juste rien, pas de quoi dramatiser. Mais le drame était là, perpétuellement là. Dehors, s’incarnant en chacun de ses morts, chacune de ces familles que cette maladie avait détruite, en chacun de ces types qui se permettaient de prendre droit sur celles qui restaient et tentaient de continuer à exister. Et désormais en chacun des membres que constituaient ce Perchoir.

Elle ne trouva pas immédiatement ses mots, car les premiers qui lui vinrent en tête furent d’annoncer que quelque chose était arrivé à James. Mais aussi violemment qu’elle se le refusait, elle s’empêchait de l’évoquer à haute voix par crainte que cette réalité ne viendrait alors s’imposer à elle. Au lieux de ça, tandis qu’elle inspirait douloureusement pour chercher a reprendre un peu de contenance sans y parvenir, appuyé contre le cadre de la porte, elle laissa échapper quelques mots enroués.

« Les casiers d’armes. Il faut… équiper tout le monde. Rassembler les affaires… »

Elle avait conscience du caractère énigmatique de ses mots mais ce furent les seuls pour l’heure qu’elle parvint à articuler.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba1139/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba102/100Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Lun 18 Mai - 22:04
J’avais relevé sa pique avec un amusement évident, m’ayant déjà fait la remarque aussitôt que mes mots furent prononcés. Je n’estimais pas pour autant ressembler à mon père, j’en étais bien loin à dire vrai, comme le reflet de tout ce qu’il n’avait jamais été à mon sens. C’était sans doute là l’œuvre de toute sa réussite, faire de moi le strict opposé de son existence à très peu de chose près. Un cliché de plus dans le sage modèle familiale américain dont on avait sué par tous les pores. Et j’assumais, très largement, car aucun de mes choix de vie n'avait été regretté jusqu'à cette putain d'apocalypse.

J’avais accueillis son contact avec un certain apaisement, humant l’odeur de ses cheveux qui venait chatouiller les poils drues de ma barbe, certes courte mais présente, que j’avais laissé négligemment pousser. Une flagrance bien difficile à discerner dans l’auréole de brouillard blanchâtre aux émanations de nicotine qui n’avait pas tardé à nous entourer, mais qui restait assez présente pour en éveiller le souvenir parfait dont j’avais conservé la trace quelque part dans mon esprit, lorsqu’elle s’était serrée contre moi à maintes reprises. Je luttais à l’irrépressible envie de la prendre dans mes bras, et plus loin encore de la prendre tout cours, un flux bouillonnant que je chassais à coup de raison aussi solide qu’une brique en pleine gueule. Elle était un paradoxe de force et de fragilité qui ne cessait d'accroître sa désirabilité à mon regard, renforçant cette image qui avait fait de nous une équipe qui fonctionnait et plus encore. Je maintenais donc ce très léger évitement portant en excuse la lettre d’un côté, la clope de l’autre, et donnant à mon affaissement contre son dos, une attitude plus nonchalante.

Je m’étais trompé, sur toute la ligne. A fuir cette évidence. A vouloir à tout prix tuer dans l’œuf ce qui se dessinait peu à peu et qui n’allait que rendre notre survie plus amère. Je n'arrêtais pas d'y penser, comme si j'avais besoin de m'enfoncer cette vérité dans le crâne pour en faire une évidence. Je prenais un risque, immense, incommensurable, car notre proximité aurait des répercussions, tôt ou tard, en dehors de toute la merde que j’avais déjà provoqué, il y avait également celle qui était à venir car j’étais une putain de bombe contagieuse sur patte. De mon orgueil blessé, j’avais cédé à l’absurde, mais en l’heure, je ne souhaitais rien d’autre qu’elle et sa présence rassurante, puisant une foi qui s’était montré vacillante par moment et qui me faisait retrouver le chemin de la stabilité.

Je relâchais complètement mes doigts qui avaient maintenu serrées l’enveloppe, la laissant s’affaisser dans un flottement léger sur ma cuisse puis vers le froissement des draps à l’assise de ma masse à l’instant même où elle avait saisi mon bras. Elle avait rompu d’elle-même cette distance et m’imposa le contact de son corps, celui de son ventre où mes phalanges épaisses s’étaient empressées de glisser sur le tissu de son tee-shirt. Une invitation trop espérée pour être vrai, mais qui n’allégeait en rien le poids de la retenue que je continuais de garder bien claire pour ne pas céder à l’empressement qui marquait habituellement mon caractère.

« Pas tout de suite alors… » Avais-je seulement répondu en écho à ses mots sur le même ton, inspirant de la même occasion avec une profondeur marquée, mon torse qui se soulevait berçant d’un même mouvement le dos de Jena qui s’y trouvait reposé.

Je n’eus aucun mal à ceinturer sa taille, d’une nature fine, par l’épaisseur de mon bras qui avait gardé sa forme musculaire travaillée quand bien même je n’étais pas parvenu encore à en retrouver le correct usage que j’en avais pu faire par le passé. Je cédais à l’écho de son murmure dans mon esprit à davantage d’entreprise, réajustant ma prise autours de son corps pour l’enserrer très possessivement, comme ce cocon protecteur dont je lui en avais vanté l’abris, de tranquillité et de sérénité quelques instants plus tôt. Je venais enfin presser mes lèvres sur le haut de son crâne, descendant chaleureusement sur sa tempe droite à la recherche de cette même chaleur émanant de sa peau que je ressentais de son corps contre le miens. Bien que ma main gauche avait conservé le filtre papier de la Camel entre l’index et le majeur, j’avais approché cette dernière près de son visage pour en déposer la pointe de mon pouce sur l’arrête de sa mâchoire pour en dessiner doucement la forme, à la naissance de son menton et finalement repousser son visage vers le miens. Je voulais céder à ses lèvres, à cette unique chose que nous pouvions nous permettre en l’heure et sans doute pour toujours. Un geste sur lequel nous nous étions trouvé, et retrouvé à plusieurs reprises, plus que n’importe quel couple qui s’échangeait cette marque d’affection, notre geste à nous était bien plus symbolique à mon sens.

Un instant de quiétude d’une volupté enivrante qui aurait doucement glissé sans l’arrivée d’Elizabeth. J’avais à peine redressé mes iris à l’arrivée de la brune en une attitude nonchalante après avoir bien exprimé d’un soupir grondant toute la lassitude que cette interruption me renvoyait. Une attitude que je regretta immédiatement au constat de l’état de la femme. Je ne doutais pas que Jena aurait réagit en express à ce spectacle qui attisait brusquement un millier de question, et un millier d’autre à ses premiers mots lorsqu’elle trouva enfin la parole, me permettant de me redresser après avoir jeté littéralement le mégot de la clope inachevée dans le cul de bouteille. L’eau qui en nappait le fond en avala promptement son incandescence, émettant un tout mince filet de nuage blanc avant de se répandre en une marre maronnasse autours du filtre, victime et vestige de notre trop brève accalmie.

Je sentais toute l’urgence et la détresse dans sa voix et sur les traits de son visage torturé qui avait balayé comme une poussière tous les événements qui nous avaient marqué ce jour, de ma captivité aux échanges que nous avions eu. Dans le genre « action-réaction », quand bien même ma jambe et mes poignets restaient douloureux, escomptant sur une bonne dose d’adrénaline pour dissiper ces désagréments, j'étais un fin expert. Je m'étais déjà déplacé rapidement non loin de la fenêtre pour en porter mon regard, d’une attitude prudente en limitant ma proximité, cherchant à estimer si le danger dont j’avais supposé la venue était à nos portes ou à craindre, et à en définir la nature si les mots de la brune tardaient encore à venir.
Equipement Porté :
Capacité : 2/6
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 7,62
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Cache 50/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Redhead Toxik Flec. (9)
Masse (14)
Flèches (6)
Talkie Militaire (2)
Lampe dynamo (2)
Grand sac (12)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba11210/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (210/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba1088/100Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Mer 20 Mai - 12:44
À peine Kyle avait-il répondu à l’invitation d’emprisonner ma taille de son bras que les miens venaient le recouvrir. Je laissais nonchalamment courir la pulpe de mes doigts contre la peau au relief musculeux de ses avants-bras et ses biceps de quelques légères caresses, suffisamment distraites pour signifier l’apaisement et le confort qui me gagnaient de notre position. Je prenais néanmoins garde à ne pas venir frotter la blessure de son poignet mordu par les liens, plus par crainte de réveiller quelques souffrances que de son sang infectieux. Plus que jamais aujourd’hui, je me défaisais de cette carcasse de rudesse et de dureté qui m’enveloppait habituellement pour me laisser complètement aller, à seulement profiter de sa présence dans mon dos, porté par les échos de son souffle.

Je fermais les yeux, relâchais la tension d’un long soupir alangui à savourer cette illusion enivrante que rien ne pouvait m’arriver, en cet instant, entre ses bras. Très égoïstement, je souhaitais que rien ne vienne perturber ce moment d’intimité, dont les occasions s’étaient faites bien trop rares ces derniers temps. Un léger sourire satisfait se dessina de plus en plus largement sur mes lèvres alors que je sentais l’affection de l’homme se manifester sur ma peau de quelques baisers déposés, progressant peu-à-peu vers mon visage. Je me laissais porter par l’invitation de son pouce contre mon menton, à détourner la tête, ouvrant les paupières à moitié. Je me dévissais le cou, pivotais quelque peu le buste pour répondre à son appel, honorer son désir et le mien de nous retrouver de nos lèvres scellées. À nouveau mes prunelles azurées s’étaient voilées d’obscurité sous mes paupières refermées lorsque je goûtais, trop brièvement, à l’humidité, à la chaleur et à la tendresse de l’affection de Collins.

Une légèreté plus grande m’envahissait, car il n’y avait pour l’instant aucun démon de dégoût, aucun geste de répulsion à l’encontre de l’homme ; juste un appel, une invitation que je renforçais de ma main portée contre sa joue, dont les poils de barbe venaient me picoter la peau sous la caresse. Un geste, un début d’envolée sauvage qui fut écourté par l’irruption d’Elizabeth sur le seuil de la porte de l’infirmerie. Je ne la vis pas immédiatement. Seul le son de l’ouverture de la porte atteignait en premier lieu ma conscience, brisant dans son sillage le doux cocon qui avait commencé à s’installer, provoquant un amer retour à la réalité. Un bref soupir, plus agacé, quitta mes narines quand je me séparais des lèvres de Collins. J’avais vraiment espéré que le répit soit plus long. Ce n’était bien évidemment pas un ressentiment porté contre Elizabeth personnellement, juste contre cette interruption.

Je me détournais de Kyle, me redressais, quittant le confort tout relatif mais apaisant de son contact pour offrir pleinement mon attention à la ténébreuse. Et au constat de ses traits, ses yeux rougis, ses joues luisantes de traînées humides, la détresse et l’abattement qui filtrait de son être tout entier, mon coeur ne fit qu’un bond. Un inexpugnable sentiment d’urgence et d’inquiétude me noua le ventre, avant même qu’elle ne prononce ses premiers mots. Les muscles de mes jambes s’étaient tendus, raidis. D’une impulsion du bassin et des mains, je m’arrachais à l’emprise des bras de Kyle pour me redresser. Quelque chose de grave avait dû se produire pour que la brune se retrouve dans un état pareil, un état que je ne lui connaissais pas.

Puis elle s’exprima enfin. Ses mots, plus encore son ton, avaient quelque chose de glaçant. Je voyais déjà le couperet tomber. Me tomber dessus dans le plus mauvais des moments. Il se passait quelque chose et James n’était pas là. Quoi qu’il advienne, quoi qu’il puisse se passer ou approcher dans les minutes ou les heures à venir, la charge, les responsabilités, les décisions...Tout cela me tombait dessus, me revenait ; et avec elles le lourd poids que je n’avais pas le droit à l’erreur. Cela faisait de nombreuses semaines maintenant que je m’étais convaincue de mon rôle de protectrice, de porte-flingues, très officieusement et sans demander l’avis de quiconque. Cette fois-ci, c’était officiel et bien plus encore.

Mon coeur s’emballait soudainement devant ce constat muet que je dressais, mais je ne m’arrêtais pas pour autant, réduisant la distance qui me séparait d’Elizabeth de quelques pas au rythme précipité pour lui apporter un soutien supplémentaire, plus inquiet mais chaleureux et humain que celui-ci d’un chambranle de porte. J’aurais porté ma main droite à son épaule libre si elle ne repoussait pas le geste, l’empoignant avec une douce fermeté. Mes iris azur auraient cherché son regard pour s’y plonger, aussi empreints de l’inquiétude de la méconnaissance de notre sort, des événements qui nous pendaient au nez, que d’une farouche détermination à ne pas la laisser tomber. J’ignorais tout de ce qui avait pu la mettre dans un état pareil, mais il était évident que je ne pouvais pas la laisser seule, inactive avec ses pensées pour seule compagnie.

“Conduis Kyle à son casier, qu’il s’équipe en premier lieu. Je récupère les miennes et m’occupe de prévenir Leonard et Kenzie, puis on te retrouve là-bas. Tu nous expliqueras ce qui se passe. Okay ?”

En vérité, je n’attendais pas vraiment de réponse à cette dernière question de forme, plongeant la main dans la poche de mon pantalon pour en retirer l'épais trousseau de clés et le confier à Elizabeth. Je tournais ensuite mon regard en direction de Collins qui semblait déjà s’être mis en quête d’une éventuelle menace extérieure. Ce qui ne fut pas sans faire resurgir les quelques mots échangés ce matin, et surtout l’ombre de la menace qui pesait sur le Perchoir après que Hope soit tombé. Peut-être notre tour venait-il en ce jour qui serait à marquer d’une croix noire et épaisse sur notre calendrier de survivants.

Les pensées fusaient, les questions avec. Des dizaines d’entre elles qui appelaient à des réponses, mais le sentiment d’urgence et de désemparement d’Elizabeth avait eu cet effet de contagion qui me poussait à écarter d’un bloc toute palabre, toute interrogation, pour privilégier une réponse active, factuelle. Si le temps le permettait ensuite, alors nous mettrions la situation plus à plat, dans un calme qui revêtait des apparats de luxe à cet instant.

“Kyle,” l’interpellai-je en premier lieu, d’une voix au ton haussé pour être certaine d’obtenir son attention, mais sans dureté excessive dans la voix. “Elizabeth va te remettre ton équipement, dans ton casier. Une fois équipé, j’ai besoin que tu montes sur le toit pour inspecter les environs, savoir quelle est la menace si menace il y a. J’ai besoin d’un oeil aguerri là-haut. Je compte sur toi,” lui avais-je rapidement expliqué, sans me perdre dans les formes pour aller à l’essentiel : identifier la menace pour mieux y réagir.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba11106/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (106/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba10100/100Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Jeu 21 Mai - 11:53
Plongée dans la douleur de ses émotions, Elizabeth n'eut qu'une brève réaction aux élans du duo qui s'empressèrent avec étonnement d'ardeur à son annonce. Elle se sentait à la fois honteuse et désemparée, mais des deux sentiments, elle priait pour que le ridicule dans cette histoire l'emporte. Ses poumons se gonflèrent avec une large intensité, chaque afflux d'air ne lui provoquant qu'une brûlure de plus à penser que James en était peut-être dépourvu désormais. Ses yeux évacuèrent les larmes nouvelles qui s'étaient accumulées sur leur surface d'un clignement de paupières, plus long qu'accoutumé, tombant en multiples nouveaux ruisseaux sur ses joues lisses et de plus en plus pâle.

Le soutiens que Jena lui porta fut accueilli sans rejet, cédant même à ne se servir qu'exclusivement de cet appui plutôt que celui de ce cadre de porte qui menaçait en tout temps de juste la laisser tomber sous le poids de sa tristesse. La peur était un sentiment puissant. Puissant et dévastateur. Car si une heure de temps autrefois aurait eu tôt de lui faire trouver un millier d'excuse plus recevable les unes que les autres, l'apocalypse avait revisité la notion de fatalité. Sur Terre... avaient-ils dit, sur Terre, au Paradis ou en Enfer, ce ne pourrait être autrement qu'avec toi. Mais il s'échappait, à mesure que le temps passait, à mesure que l'attente se faisait de plus en plus longue, elle sentait que le "toi" s'enfuyait de cette équation pour la laisser, elle, seule, ni sur Terre, ni au Paradis, mais bel et bien en Enfer. Les feux et la lave dévorante se profilaient peu à peu dans l'amorce de ses pas, quand bien même elle voulait prêter confiance en lui, comme il le lui avait demandé, car c'était bien là la seule foi qu'elle pourrait accorder.

D'un mouvement souple, elle avait reporté tout son poids maigre sur la femme qui se présentait à elle, cherchant a y puiser plus de force et trouver l'accroche nécessaire pour ne pas sombrer dans l'abattement. Il n'y avait aucune vérité, aucune preuve que quelque chose soit arrivé. Et cette incertitude serait, elle le savait, sa bouée la plus puissante et solide, comme une passerelle au dessus des cendres ardentes, de la braise, de la poussière, des afflictions et des supplices. Elle en maintenait les cordages avec la même fermeté que ses mains se saisirent ses propres bras, l'un et l'autre, ceinturant son ventre qu'une douleur venait d'assaillir. La tête lui tournait avec plus d'intensité si bien qu'elle ne perçut qu'à peine les mots de Jena, le sombre de ses yeux embrumés oscillant nerveusement dans l'azur de ceux qui lui faisait face.

Elle avait essayé de parler à nouveau mais sans parvenir à trouver sa voix, voyant son soutien déporter son attention d'elle pour invectiver Kyle qui s'était déjà enquit d'un premier avis sur l'extérieur. Mais au final, n'était-ce pas mieux ainsi ? Auraient-ils seulement pu avoir la tempérance et l'acceptation nécessaire si elle leur avait confié le contenu de sa conversation et qu'elle leur aurait seulement dit d'attendre l'arrivé de celui qui apporterait plus de réponse ? Elle doutait. Elle doutait fortement qu'ils ne cherchent pas à se lancer dans la gueule du dragon s'ils savaient le médecin en potentiel danger, comme ce fut le cas deux jours avant. Son désir rentrait brutalement en confrontation avec sa raison. Une raison qui avait toujours su peser bien plus que le cœur jusqu'ici. Et un cœur qui désormais s'était gonflé d'un poids considérable qu'elle ne parvenait ni ne voulait contenir.

Les mots de Matthew avait été des plus clairs. Ne pas se précipiter. Ne pas foncer. Elle voulait lui faire confiance, parce qu'elle savait et elle croyait, depuis longtemps déjà, que leur ancien chef était un homme tout à fait capable de raison logique et stratégique, qu'importait les événements, elle savait qu'elle ne se trompait guère en matière de jugement. Pour autant, elle ne voulait pas abandonner James, le laisser courir des risques tandis qu'elle patientait seulement, avec la peur saisissante que le moindre acte pouvait changer la donne du tout au tout. Sa main droite se leva pour venir éponger ses yeux et ses joues de l'excédant d'humidité, trouvant ensuite mouvement à saisir ce trousseau qu'on lui tendait, en symbole d'approbation. Si Kyle et Jena partaient, car il était plus qu'évident pour elle que chacun voudrait se lancer dans cette folle entreprise - des caractères qu'elle avait saisit d'eux, tout comme James et Kyle s'étaient élancés au sauvetage des deux femmes ; s'ils partaient à la recherche de James et de Cornelia, alors le Perchoir serait plus vulnérable que jamais.

Kenzie et Sarah, Leonard qui venait à peine de se réveiller de la mort qui l'avait rejeté, et elle. Elle serait sans doute capable de trouver une impulsion nouvelle à l'approche du danger, mais bien incapable de défendre seule ce groupe qui se serait morcelé. Cette confrontation entre ses sentiments puissant et son bon sens mordant, la déchirait de l'intérieur, plus qu'elle ne le montrait. Elle sentit un nouveau vertige s’emparer d'elle tandis qu'elle luttait pour savoir ce que le bon choix serait. La pression lui montait à la tête, menaçant de faucher sa conscience pour de bon. Et finalement, elle céda à l'abandon. Elle ne voulait décider, elle ne voulait porter le poids des actes car elle savait que si elle persistait dans cette voie, quelque chose en elle lâcherait tôt ou tard. Aussi se confronta t-elle au choix le plus pragmatique qu'il soit : celui de donner confiance en Matthew, et à cet effet, elle espérait plus que tout, qu'il ne la déçoive pas.

Elle garda alors le silence, ses lèvres se scellant finalement, son regard se perdant dans le vide de cet objectif qu'elle visualisait et qui la ferait progresser, petit à petit. Elle sentit ses gestes, ses mouvements, devenir mécaniques, comme un automate suivant les lignes simples de son programme, qui ne l'autorisait pourtant qu'à peine à respirer. Ne pas sortir du Perchoir. Faire équiper tout le monde. Se préparer à une évacuation. Couper la radio. Ne pas se précipiter. Attendre qu'il arrive. Blanche comme un linge, renfoncé par sa chevelure brune qui tombait en cascade dans l'encadrement de son visage, les lèvres plus pâle que celle d'un mort, elle se redressa de son appui, quittant le contact que Jena lui avait offert et avançant dans ce couloir qui semblait s'allonger à l'infini et se perdre dans ses ténèbres de peur et d'angoisse, laissant échapper un « James...» essoufflé.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba1139/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba102/100Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Ven 22 Mai - 11:23
La plaine était vide. Poussièreusement vide. Le plat s'étendait jusqu'à atteindre la lisière de la forêt sud, qui partait d'un côté et de l'autre de mon champs de vision. Ce n'était pas la vue la plus idéale que je puisse avoir, car si menace il y avait, les chances étaient drastiquement moindre qu'elle ne surviennent de cette partie des environs. Ma méticuleuse contemplation ne m'informa que d'une chose : je repérais un contaminé debout, solitaire, plus vers l'Ouest lorsque je bougeais pour observer avec plus d'attention les extrémités de la frontière d'arbre. Immobile dans sa stature, il restait là, planté, attendant sans doute d'avoir l'impulsion de vie qui l'animerait enfin. Et à cet indice, je conclus que rien, justement, n'avait attiré son attention, ce qui était plutôt bon signe.

J'expirais des narines rapidement, les lèvres demeurées closes, en reportant mon regard vers l'arrière lorsque Higgins s'adressa à moi, balayant à la fois son visage et celui d'Evans que les maigres mots qu'elle avait prononcé, ne l'avaient délivré des émotions qui la submergeaient. J'avais espéré en savoir plus avant de m'élancer à l'assaut de ce toit, mais la brune restait résolument silencieuse devant l'entreprenante femme sur qui elle avait trouvé appui. Cela ne freina pas mes pas qui avaient ravalé la distance qui les séparait, me fixant déjà en tête l'image de mon objectif et me concentrant dessus.

« Reçu. » Avais-je répondu assez nettement et rapidement aux demandes, m'engouffrant à la suite d'Elizabeth, dans le couloir qui mènerait au vestiaire, rajoutant ensuite en portant mes iris grisés sur Higgins. « Que personne ne s'approche des fenêtres. »

La lenteur de la démarche de l'ex-psy n'était pas pour me satisfaire, prenant une légère avance sur elle dans ce parcours jusqu'à l'attendre sur le palier de la porte menant aux casiers quand bien même j'avais dû forcer sur ma jambe blessée, m'obligeant à boiter pour ne pas y mettre trop d'appui. Je me demandais la raison qui avait poussé Jena à ne pas me confier directement le trousseau. Était-ce une forme de prudence vis-à-vis de moi ? C'était plutôt bancal et hâtif comme jugement, et je n'étais pas certain d'avoir seulement la volonté de me pencher sur ce genre de considération, mais j'avais la patience à rude épreuve. Il fallait dire que cette trop longue captivité avait fait plus de mal que de bien face à cet irrépressible envie de mouvement, et Dieu savait également à quel point j'avais désespérément besoin de bouger, et de ne pas rester trop longuement enfermé.

Sans brusquerie mais d'un geste assez rapide, je récupérais le trousseau des mains d'Elizabeth qui se laissa faire assez mollement, se figeant dans son élan, tandis que je m'empressais de rejoindre mon casier en testant chacune des petites clés qui se ressemblaient, bien incapable de différencier la mienne parmi toutes. Je pestais extérieurement après trois essai infructueux, lâchant un juron qui fut vite ravalé par un souffle libérateur lorsque le cliquetis du loquet se fit enfin entendre, laissant le reste du trousseau pendre par l'anneau et claquant contre la porte d'une sonorité métallique.

« Ca va aller, d'accord ? » Adressais-je bien maladroitement à Elizabeth tandis que ma main se plongeait immédiatement à l'intérieur de l'espace de rangement, délestant l'un des cintres du gilet tactique qui y était accroché.

Mes gestes étaient assez mécanique et trop précis pour être le fruit du hasard. C'étaient des mouvements presque rassurant a effectuer, qui me revenaient à la vitesse de l'éclair, me ramenant à toutes ces fois où je m'étais équipé d'une manière similaire lors de mes missions au Moyen-Orient. Un moment où on sentait l'adrénaline infuser doucement dans tous les membres de son corps tandis qu'on se préparait mentalement à ce qui allait se passer, à l'objectif, et aux rappels des règles de sécurité. Je sentis bien rapidement cette bulle m'envelopper progressivement à chaque clip que j'enclenchais, à chaque lanière que je tirais avec raideur pour les ajuster à ma taille, une bulle d'un confort enivrant, celui d'un environnement familier et rassurant. J'enfilais également le couteau de combat, le fixant a une des lanières de tissu tressé, et enfilait le casque en laissant la visière relevée, frappant sur le haut du crâne de métal pour l'enfoncer et l'ajuster.

Ma dernière acquisition se fit sur le grand fusil qui dominait de sa taille le reste du matériel qu'avait pu contenir le casier, accrochant la poignée avec une assurance retrouvée. Je ressentais une vague d'apaisement me saisir, retrouvant une part de moi-même qui avait été trop longtemps séparé de moi, me plaisant à laisser mes doigts courir sur son châssis pour en vérifier chaque verrou, chaque goupille, délogeant le chargeur de son emplacement pour en aviser son contenu, et percutant deux fois contre la tablette d'étagère du casier, verticalement, pour en tasser les balles et les aligner correctement avant de le réenclencher. Un geste qui diminuait drastiquement les risques d'un chargement foireux, un geste aussi automatique que celui qui poussait un homme à respirer.

« Tu sais ce qui arrive ? »

J'avais préféré ne pas lésiner sur mon équipement. La prudence misait toujours sur la retenue, mais je devais savoir également à quoi m'attendre avant de grimper là-haut. C'était le meilleur moyen pour moi d'être pleinement efficace que de me dresser face à l'inconnu.
Equipement Porté :
Capacité : 2/6
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : 7,62
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0

Cache 50/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Redhead Toxik Flec. (9)
Masse (14)
Flèches (6)
Talkie Militaire (2)
Lampe dynamo (2)
Grand sac (12)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba11210/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (210/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba1088/100Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Dim 24 Mai - 12:00
J’avais eu pour la brune un réflexe de soutien plus prononcé lorsqu’elle fit le choix de se confier à mes bras, au détriment de ce cadre de porte. Mon bras droit était venu ceinturer ses épaules, passant derrière son dos. Cette journée ne semblait pas en finir, allant de galères en souffrances et toujours plus de mauvaises surprises. Mais contrairement aux heures précédentes, je ne me laissais pas abattre, pas cette fois. Elizabeth avait su faire preuve de patience, d’empathie et d’un soutien indéfectible lorsque je m’étais trouvée au plus mal - et cela me paraissait à la fois si lointain et si présent que j’avais du mal à me rendre compte que ce n’était que dans la matinée. À l’instant, les rôles venaient de s’inverser pour je ne savais quelles raisons, et je me moquais bien des justifications. Quoi qu’il se passe, quoi qu’il ait pu advenir pour mettre Elizabeth dans un tel état, il était de mon rôle, mon devoir de l’assumer et la soutenir dans ces moments difficiles. Pas parce que James était absent et que j’étais sa seconde, cela n’entrait pas en ligne de compte, mais simplement parce que pour l’instant, elle n’avait que moi sur qui compter, ce qu’elle pouvait avoir de plus proche d’une amie.

Mes lèvres s’étaient légèrement entrouvertes, pour permettre à quelques premiers mots de les fuir, chercher à rassurer la ténébreuse, mais il n’y eut finalement qu’un silence. Un léger souffle muet parce que je n’avais rien à dire. Un “ça va aller” sans circonstance, sans même de consistance m’avait bien traversé l’esprit ; mais je savais d’emblée que ce ne serait qu’un mensonge, un enrobage dénué de profondeur et de portée, parce que j’ignorais tout de ce qu’il se passait. Au final, je n’avais eu qu’un regard plus affirmé, ponctué d’un sec acquiescement de la tête lorsque Kyle confirma exécuter mes consignes, sans chercher à les discuter ou y aller de son avis, n’ajoutant qu’une remarque tactique et sécuritaire. Cela avait quelque chose de soulageant, de ne pas avoir à débattre trois plombes pour que chacun décide finalement de ce qu’il voulait faire, dans son coin. Cela ne faisait que conforter - sans nécessité en réalité - mes sentiments pour l’homme, mais aussi le fait que nous formions une bonne équipe.

Je reculais d’un pas lorsqu’Elizabeth se détacha de moi, lui rendant sa liberté tout en maximisant la présence de ma main glissant entre ses omoplates puis sur son épaule avant que le contact ne rompe. J’emboîtai les pas du duo lorsqu’il quitta l’infirmerie, jetant d’abord un oeil aux salles de sport et de réunion pour m’assurer que personne ne s’y trouvait. Puis je remontais à mon tour le couloir sur une plus courte distance. Oeillade au salon, tour d’horizon rapide du réfectoire et de la cuisine, je mettais à profit le trajet pour rassembler mes idées qui se bousculaient autour des trop rares mots qu’Elizabeth avait réussi à nous confier. Équiper tout le monde. Rassembler les affaires. Je n’en savais pas plus, mais choisissais d’appliquer le principe de précaution évident à ce monde : se préparer au pire.

Parvenue devant la porte de la chambre de James et Elizabeth, je frappais celle-ci de quelques coups assez secs, à peine retenus pour seulement annoncer ma venue avant d’ouvrir le battant. Restant sur le seuil de la porte, je cherchais Kenzie du regard avant de m’adresser à elle une fois celle-ci trouvée.

“Kenzie. Équipe-toi - le strict nécessaire - et rejoins-moi aux vestiaires. T’as cinq minutes,” ordonnai-je d’un ton aussi ferme que précédemment, la main gauche encore sur la poignée, la main droite dressée, les doigts illustrant le chiffre cinq pour accentuer visuellement l’ultimatum adressé à la jeune femme.

Puis je repartais aussi abruptement que mon irruption s’était voulue fugace, laissant la porte de la chambre ouverte dans mon sillage et ne prenant même pas la peine de répondre aux éventuelles questions ou remarques de la jeune femme. À l’instar de Kyle ou d’Elizabeth, je n’attendais pas de discussions et ne comptais pas m’y perdre, traversant le couloir en diagonale pour gagner l’embranchement des dortoirs. Prochain objectif : Leonard. J’espérais qu’il se trouvait dans son dortoir. L’adrénaline de l’urgence, de l’inconnu et de la tension qui gagnait mes membres et agitait mon esprit ne me donnait aucune envie de devoir courir tout le campement à la recherche de l’homme.

De la même manière, je frappais contre le battant avant d’ouvrir la porte à la volée, les azurs en quête de l’homme parmi les nombreux lits disposés dans la pièce. Et je l’y trouvais finalement, réitérant mes instructions à son attention avec à peine moins de nuances.

“Leonard !” J’élevais légèrement la voix pour être certaine d’emplir le volume bien plus grand de la pièce du dortoir. Si l’homme avait été assoupi ou occupé, j’aurais attendu d’obtenir son attention avant de poursuivre, demeurant une fois encore sur le seuil de la porte. “Équipe-toi - le strict nécessaire - et retrouve-moi aux vestiaires dans cinq minutes.” Même mots, même idées, même détournement de talons en repartant.

De quelques pas, je gagnais mon dortoir, m’appliquant mes propres instructions en avançant d’un pas rapide vers mon armoire. J’y récupérais mon holster que je passais rapidement autour de ma cuisse, serrant un poil trop forts les lanières dans l’empressement. Puis vint le tour du Five-seveN, dont la relative légèreté de la crosse au creux de ma main m’arracha un doute qui se confirma bien vite. Déchargé. Complètement à sec. J’étouffais un juron, redécouvrant avec amertume qu’au-delà de ces jolis murs et la sécurité du Perchoir, malgré la nourriture pour l’instant suffisante sans être excédante dans nos stocks, nous restions particulièrement vulnérables. Je logeais mon arme de poing dans le holster malgré tout avant d’enfiler mon gilet pare-balle, ajustant lanières et velcros autour de mon buste. Faisant demi-tour, je clippais mon talkie éteint à ma ceinture et me dirigeais enfin vers les vestiaires, espérant y retrouver Elizabeth et les autres membres du Perchoir.

La remarque me traversa l’esprit en même temps qu’une épaisse boule se formait dans mon estomac. Si j’avais effectivement désiré être en charge du groupe, un jour, plus tard, je me rendais compte qu’aussi provisoire ce pouvait être maintenant, cela advenait au pire moment possible. J’espérais simplement être à la hauteur des espérances, des attentes, particulièrement celle de James, qu’il n’ait pas à regretter ce choix-là non plus. C’était certainement la dernière des choses dont il avait besoin actuellement, dont j’avais besoin également. Du doute et de la déception. C’était inacceptable.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kenzie Grady


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba110/0Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba100/0Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Kenzie Grady

Dim 24 Mai - 18:19
Le temps était passé sans que Kenzie n'en prenne vraiment la mesure, mais la grisaille extérieure et ses impressions suggéraient que la fin de journée approchait, ce qui signifiait qu'elle en avait passé une bonne partie à faire la baby-sitter, mais cela ne l'avait pas dérangé. Bien qu'il s'agissait de sa première fois seule avec un bébé, la petite s'était révélée être un véritable amour, rendant l'activité plus douce et tendre qu'elle ne l'avait imaginé, ce qu'elle attribuait également aux venues d'Elizabeth et de Jena qui avaient su prendre relais et lui prodiguer des conseils qu'elle avait bu avec attention, afin d'être la plus juste possible dans ses gestes et ses actes envers ce petit être si fragile.

Auprès de l'enfant, elle se sentait véritablement utile et le fait de ne pas avoir été impliquée dans les différentes réunions, discussions, ou autres événements qui avaient pu avoir lieu au sein du Perchoir était plutôt pour lui convenir, puisqu'elle était encore trop récemment arrivée pour ressentir le désir de donner voix au chapitre. Elle se trouvait alors debout, la petite allongée sur sa poitrine qu'elle berçait doucement, une main retenant ses minuscules fesses avec l'appui de son sein, l'autre soutenant sa tête tandis que le menton du bébé était posé sur son épaule.

Doucement, Kenzie faisait les cent pas dans la chambre, de la fenêtre jusque la salle de bain, contournant le lit en suivant un rythme précis. C'était étrange, hier encore elle aurait été certaine de ne pas pouvoir prendre un poupon dans les bras sans le casser instantanément et aujourd'hui, c'était comme si elle avait toujours eu ces gestes et ces instincts enfouis quelque part en elle, venus s'exprimer très naturellement. Cette chaleur concentrée en cette si petite présence se diffusait à son cou et c'était particulièrement agréable.

De ce fait, c'est d'un léger sursaut, non moins tremblant, qu'elle reçut les coups donnés à la porte, cassant cette routine si tranquille et silencieuse de chocs qui paraissaient beaucoup plus agressifs qu'ils ne l'étaient. Proche de la fenêtre, elle s'était retournée sans trop brusquer l'enfant, prise de vitesse par l'ouverture qu'avait créé Jena demeurant sur le pas de la porte.

Le regard de Kenzie témoignait de sa surprise et elle resta confuse, avisant la blonde de ses grands yeux bleus dégagés par sa frange, le reste de sa chevelure rabattue sur son épaule gauche afin de ne pas gêner la petite. Elle resta lèvres closes, recevant les mots de Jena avec quelques millisecondes de retard sous le coup, ses iris scrutant son geste équivoque.

Jena repartait aussitôt, passée comme un ouragan pour l'interpeller, ce qui suffit à sortir immédiatement Kenzie de sa bulle de sérénité pour lui injecter une dose importante de tension, ses mains se resserrant avec une certaine crainte sur l'enfant qu'elle veillait, celle-ci se tortillant dans ses bras en se mettant à chouiner de sa petite voix aiguë et fluette.

Elle reprit ses bercements des bras de haut en bas et y joignit un doux pivotement de bassin en perpendiculaire, susurrant un « chuuut » persistant de longs instants. Tandis qu'elle faisait ça, Kenzie se dirigeait vers la table de nuit accolée au lit, sa senestre lâchant la tête de la petite en s'affaissant sur elle-même afin de redresser un peu l'épaule et s'assurer qu'elle ne bascule pas. Sa main libérée vint saisir le couteau papillon qu'elle avait laissé sur le meuble, replié, le glissant dans la poche.

Elle eut ensuite un moment de réflexion en observant sa console technologique reposant sur le lit, mais y renonça en ramenant sa main contre la nuque de la petite. D'une inspiration des narines, Kenzie tourna le visage pour poser sa joue contre son vulnérable crâne chaud, y déposant un baiser en coin avant de se diriger vers la porte.

C'était bien la première fois depuis longtemps qu'elle se séparait de sa précieuse console, cependant, il était évident qu'elle n'avait que deux mains et celles-ci étaient destinées à quelqu'un d'immensément plus précieux que tout ce que pouvait posséder ce campement, cette ville, cette terre ravagée. Car si quelque chose de dangereux, d'urgent, ou les deux, justifiait cet appel de Jena, il n'était pas question de laisser la petite seule ici ou ailleurs.

Ainsi partie en avance sur le temps qui lui avait été imposé, elle ne se pressa pas pour sortir de la chambre et avisa le couloir de chaque coté avant de se diriger vers les vestiaires, appréhendant les raisons de ce regroupement avec un stress grimpant qu'elle tentait d'exorciser au moins en partie en adressant quelques mots murmurés à cette enfant dont elle ne connaissait par ailleurs pas encore le nom. Des mots qu'elle se destinait au fond autant à elle-même :

« Ça va aller ma belle... ça va aller, reste sage comme une image. »
Equipement Porté :
Capacité : 2/5
Console technologique
Couteau papillon
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
_
Contenants Personnels :
Dos 0/0
-
Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Leonard Butler


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba110/0Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 Debuba100/0Ses derniers mots - 14/04/2035 Videba10  (0/0)
Informations scénaristiques:
Leonard Butler

Dim 24 Mai - 18:19
Un ronflement plus proche du grondement railleur se diffusait dans le dortoir homme, ce qui aurait pu gêner un comparse au repos, si tant est qu'il y en ait eu un. Affalé sur un des deux lits près de la fenêtre, le corpulent afro-américain se retrouvait pas mal à l'étroit, de quoi lui suggérer de penser à ramener un lit un peu plus grand et plus solide, s'il voulait pérenniser dans ce campement.

Pour l'heure, il était bien trop fatigué pour y songer. Les folies réalisées en ville ces derniers jours et l'accumulation de stress et de tension avait terrassé toute exigence de l'ex-hacker-mécano qui s'était étalé sur le ventre et l'ensemble du lit et ses draps, écrasant son estomac sans y porter considération, les lèvres closes pliées dans la posture de flanc de son visage, un bras étreignant le coussin sous sa tête tandis que l'autre dépassait de la couette pour pendre hors du lit.

Si les coups à la porte ne l'avaient pas fait réagir, la voix portée qui entendit son nom tira l'homme de son pieux sommeil d'un sursaut. Celui-ci redressait la tête en prenant avec une toute relative et maladroite vivacité appui sur le matelas de ses deux mains tour à tour, afin d'étirer le cou et aller aviser tant bien que mal la silhouette qui se dessinait à la porte.

Leonard guetta Jena, les yeux plissés et la vue embrumée les premiers instants, peinant à réceptionner et traiter ses paroles. Tant et si bien que la blonde avait déjà quitté la chambre que l'homme était encore dans sa posture contemplative d'une porte close, clignant des yeux plusieurs fois en ramenant son regard sur le rebord de la fenêtre entrouverte.

Une vague de fraîcheur le submergea de l'air extérieur quand il dégagea la couette de sa senestre, inspirant et expirant plusieurs fois en hissant sa carcasse afin de trouver le sol de ses pieds. Après de longues secondes d'effort, il se retrouvait assis et se voûtait, les coudes posés sur ses genoux, afin de se passer les mains sur le visage de haut en bas, revenant ensuite jusque son crâne où la naissance de sa pilosité rude et crépue frottait la peau de ses doigts.

Sur les cinq minutes allouées par Jena, il en usa bien deux juste à se tenir courbé et à prendre le temps d'émerger, les yeux clos guère intéressés par la scrutation du parquet. Un long soupire fini par marquer une certaine exaspération d'être sorti d'un repos qu'il considérait amplement mérité et méritoire, avant qu'il ne change l'appui de ses coudes pour ses mains à même ses cuisses, poussant dessus pour se relever debout. Son regard balaya la pièce vide de toute présence et c'est alors que ses pensées redevenaient plus lucides qu'il fronça les sourcils en retournant observer la porte.

Quelque chose d'anormal semblait se passer pour qu'il soit interpellé aussi prestement et cela n'augurait rien de bon, étant donné tout ce qui avait pu se passer en quelques jours à peine. Il n'en avait pas tout su mais la simple contemplation de l'état des autres membres du camp et de l'ambiance lourde et douloureuse qui les avaient tous embaumé, même lui, avaient été assez en témoins. Sans parler de celui qui avait été enfermé dans la salle de nettoyage, raison de cette expédition aux médicaments qui avait failli lui coûter la vie.

Pris d'un nouvel élan d'empressement, il commença par remettre ses chaussures puis se rendit à l'armoire où il avait déposé ses affaires, sortant assez rapidement le tournevis qu'il rangea dans sa poche, son manche de bois arrondi dépassant quelque peu. Puis, Leonard saisit le pistolet qui lui avait été attribué qu'il calait sous son jean. Il n'avait plus la moindre balle mais cela pouvait toujours servir de marteau, si tant est qu'il en ai besoin et ô combien souhaitait-il ne pas en avoir l'utilité.

Son regard se posa ensuite sur le bouclier balistique donné par James, hésitant un instant avant de se pencher pour le saisir par les poignées. C'était la première fois qu'il le porterait, ou même qu'il en porterait un tout court et ce fut une sensation assez étrange que de passer la senestre pour glisser une poignée à son avant-bras, sa main saisissant l'autre fermement. Il était assez lourd, sans conteste, d'autant plus pour quelqu'un qui n'y était pas habitué et qui avait à ce point la sensation d'avoir perdu la majorité de sa musculature.

Autant dire qu'il aurait aimé y avoir laissé le gras de sa chair, mais la providence semblait le trouver à son goût avec sa bedaine. Il ne prit pas son kit de crochetage, le laissant dans l'armoire pour ne pas s'encombrer outre mesure tandis qu'il se dirigeait vers la porte, sa dextre libre faisant pression sur la poignée pour l'ouvrir et en sortir. Il avait alors juste le temps d’apercevoir la silhouette de Kenzie atteindre les vestiaires, ce qui ravivait l'information du lieu de rassemblement donné par Jena.

Ne restait plus alors qu'à s'y rendre d'un pas plus rapide pour entrer juste à sa suite, en espérant que les nouvelles ne s'alourdissent pas sur eux-tous. Il eut une pensée curieuse pour Cornelia, si elle était restée dans la voiture près du garage, si on l'avait prévenu.
Equipement Porté :
Capacité : 4/5
SIG P226 15C .40
Tournevis
Bouclier balistique
Kit de crochetage
Accessoires Pratiques :
1er Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/50
Sac de voyage
-
Cache 0/100
Casier du Perchoir
-
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: