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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Ses derniers mots - 14/04/2035
 :: Safe Zones :: Le Perchoir :: La vie du Camp

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Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Sam 13 Juin - 21:31
Pas après pas, Elizabeth semblait retrouver de son souffle. Il fallait qu'elle avance, qu'elle donne du siens, qu'elle coopère avec elle-même en espérant que tous ces efforts lui permettraient de retrouver celui qu'elle aime plus que sa propre existence. Car si ce n'était que cela, que cette lutte contre ses larmes, son désarroi et ses nausées, cela ne serait qu'un moindre effort à fournir. Ni une lutte acharnée, ni un combat pour sa survie. Elle savait sa volonté bien plus forte que la fatalité, elle n'était d'ordinaire pas le genre de femme à se laisser abattre par les épreuves, et elle voulait le prouver, à nouveau. Cet objectif en tête lui permettait de se focaliser sur l'essentiel, sa progression, exultant dans de longs souffles puissants, pour retrouver de son habituelle vaillance.

Elle ne s'arrêta pas. Ni pour observer la porte de cette chambre qu'ils avaient de trop brefs instants partagé, et derrière laquelle fut échangé leur tout dernier baiser. Ni pour franchir le seuil du bureau où il s'était longtemps réfugié, préparant leur installation, planifiant leur nouveau départ. Un nouveau départ baigné dans le sang dès les premiers jours, sans qu'aucun répit ne soit vraiment accordé. Koda et Kaitlyn. Jena et Ivy. Kyle. Et maintenant, James et Cornelia. Tour à tour, tout s'effritait. En dépit de leurs efforts, en dépit de leurs volontés, comme si le destin lui même s'accordait à se moquer de leur choix, de leur décision, de leur faiblesse. Ce n'était jamais la bonne voie qu'ils empruntaient, jamais la bonne chose à faire, jamais la bonne serrure défaite. Pire châtiment aurait pu les attendre s'ils étaient restés au camp Snatch. Celui d'une mort, celui d'une capture. Mais un moindre mal en restait un, quoi qu'il arrivait. Qu'il brûle et saccage sans pitié ou qu'il ronge de l'intérieur, les causes n'auraient jamais plus d'importance si les conséquences étaient les mêmes en finalité.

Pas après pas, Elizabeth regagnait en vivacité, accélérant son allure pour avaler les derniers mètres qui la séparait de l'infirmerie par une grande hâte, secouée d'une urgente brusque, balayant d'un geste de main abrupte la porte qui s'ouvrit en grand, claqua contre le mur opposé avant de faire marche arrière, pivotant sur ses gonds jusqu'à ce qu'immobilité se fasse, à mi-parcours. La femme avait pendant ce temps trouvé refuge au dessus de l'évier, écartant d'une prise serrée ses cheveux basculant par dessus la ligne de ses épaules, haletant d'une intensité folle, jusqu'à ce que son estomac décide d'accomplir sa menace, convulsant brusquement pour rendre le maigre contenu qu'il possédait.

Ses gémissements plaintifs restèrent à mi-hauteur, s'échappant de ses lèvres entre deux renvois, sans aucune pitié. Les muscles de son visage s'étaient tant et tant contractés, que quelques vaisseaux sanguins avaient décidé d'éclater, provoquant d'infime pétéchies sur le pourtours de son visage et de sa gorge. Sa main droite se maintenait au dessus de l'évier souillé, prenant appui sur le rebord d'un aplomb incertain, avant de chercher à activer par réflexe le mitigeur sans qu'aucune eau, aucun fluide translucide ne vienne effacer la trace de son passage. Elle resta un instant ainsi, attendant que le trouble de sa vision ne s'efface, que sa tension reviennent à un niveau assez correct pour qu'elle ose quelques mouvements, sans tomber.

Elle se sentait décontenancée, littéralement dépassée par les événements, tant relatif à la disparition de James, qu'à ses propres réactions, et son corps qui la trahissait. Était-ce l'émotion si intense, si terrible et la perspective d'une résolution dramatique qui la rendait si malade, ou bien quelque chose qu'elle avait ingéré pas aussi frais qu'elle l'avait pensé ? Elle se sentait tellement minable, tellement ridicule à subir ses propres défaillances alors qu'un être si cher avait sans doute besoin d'aide. De nouvelles larmes jaillirent de ses yeux, davantage lié à la frustration et la colère que son état avait provoqué qu'à un nouveau sursaut de tristesse.

Pas après pas, Elizabeth retrouva l'équilibre suffisant pour se déplacer vers le lit tout en frottant ses lèvres d'un revers de pouce tremblant, ployant finalement ses genoux jusqu'à ce qu'ils atteignent le sol, son fessier venant se déposer sur la courbe de ses talons tandis que ses bras maintenaient la hauteur de son buste au niveau du matelas, se croisant pour recueillir son visage épuisé.

Elle resta ainsi prostré de longues secondes, à contempler, les yeux grands ouverts, la très grande proximité des draps défaits, quand bien même elle n'entrevoyait aucune de ses fibres, son esprit s'échappant à nouveau dans les affres de ses pensées. C'est en reprenant conscience avec une grande intermittence que ses iris se posèrent en direction d'une enveloppe légèrement froissée, au rabat entrouvert, trônant, singulière dans l'océan d'étoffe. Une lettre qu'elle connaissait bien pour l'avoir déjà vue, et lue. Pour en avoir été la messagère. Un morceau de papier qui portait les courbes d'une écriture bien familière.

Ses doigts tremblant s'en approchèrent. En vérité, elle maudissait cette lettre. Elle maudissait ces mots qu'il avait écrit, et maudissait seulement l'instant où ces pensées l'avaient traversé, mais elle ne pouvait s'empêcher de la lire une nouvelle fois, car si c'était vrai, si son instinct ne l'avait pas - à son grand damne, trompé, alors elle avait entre ses mains, ses derniers mots.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

James F. Everett


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba11102/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (102/2000)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
James F. Everett

Sam 13 Juin - 22:49
La lettre est faite d'un papier blanc de bureau et écrite à l'encre noire, d'une propreté assez remarquable autant que l'alignement. Les mots en eux-même sont rédigés d'une plume allongée et sensiblement mâchée à l'instar des ordonnances médicales, pas autant cela dit, mais elle trahit la discipline d'écriture et quelque peu la difficulté à les déchiffrer propre au médecin que James avait été par le passé.


Kyle,

Je t'écris ceci en réponse interposée à tes mots, car je n'ai pas trouvé la force ni l'envie de te confronter plus tôt, j'imagine que tu en as déjà assez bavé comme cela et après tout ce qu'il s'est passé, je ressens la nécessité de me taire afin de laisser le calme s'installer après l'horrible tempête que nous avons du endurer. Cependant, j'ai tout de même besoin d'écrire pour ne pas rester sur une rancœur, j'espère que tu excuseras cette démarche.

Je suis navré pour toi Kyle. Navré de ce que tu as vécu, de ce que tu as subi. Des horreurs que je ne saurais pas imaginer et que je n'ai pas eu à endurer, j'en tires une profonde peine qui prend le dessus sur la colère que je pourrais ressentir à ton égard. Tu as raison, je n'ai pas été à ta place et je ne sais pas ce que c'est d'être toi. Mais ça ne change rien.

Je ne connais pas ton passé au-delà du peu que tu m'en a dis et le jugement que je t'ai porté a été dur, c'est certain. Mais voilà, tu as beau vouloir m'interdire de te juger, ça ne t'empêche pas toi de me juger de façon au moins aussi rude alors même que tu ne me connais pas davantage. Et c'est normal, car tu es humain.

Ce que tu as vécu, ce qui constitue tes souffrances, ça n'appartient qu'à toi. Malgré tout, tu auras beau te servir de toutes les excuses que tu veux ça ne justifiera jamais ce que tu as fait, ou ce que tu feras, parce que tu n'es pas un héros, ni un antihéros, juste un être humain, qui juge, critique, use de facilités et qui peine à se modérer, comme moi, comme tous les autres. Tu es un James, que tu le veuilles ou non, parce qu'un James n'est pas différent du commun des mortels, ni plus ni moins que toi.

Tu es persuadé de faire un sacrifice en pensant abandonner ton humanité, mais c'est faux mon frère, tu te contentes juste de l'accentuer à l'excès. Tuer c'est facile, pourquoi crois-tu que les rescapés se sont vautrés si vite dans une telle cruauté ? Tu penses que ces hommes qui s'en sont pris à ta famille ou mes amis hier, et ceux qui s'en prennent à nous aujourd'hui sont inhumains ? Il n'y a rien de plus facile que de tuer ou de faire souffrir, une fillette de dix ans à qui tu confies un pistolet ou un couteau peut faire l'un comme l'autre.

Si tu penses que cette croisade vengeresse dans laquelle tu t'es lancé va améliorer nos vies ou amoindrir le mal de ce monde pourri, tu te caches les yeux. Parce que combattre le mal par le mal, ce n'est pas une solution Kyle, c'est une soumission. Si tu ne veux pas que je te juges, très bien je ne le ferais plus, mais ai au moins la décence de te taire à mon sujet également. J'ai tué, avant ma mort et après ma résurrection, plusieurs fois et l'autre nuit encore. J'ai tué, mais j'ai la dignité de ne pas essayer de justifier mes actes ou y mettre une dimension quelconque. C'était un acte humain, ça s'arrête là.

Tu ne comprends pas plus ce que j'ai vécu et tu serais bien pitoyable de faire un concours de souffrance entre nous. Mais je ne vais pas te le reprocher, parce que tu es juste humain. Nous avons des principes similaires, mais une méthode différente que nos vécus différents ont engendré. Tu méprises la mienne je l'accepte. Je ne sais pas ce que tu feras le jour où je tomberais autant voire plus bas que toi. Kaitlyn a tué Koda, c'était un meurtre, potentiellement accidentel étant donné les circonstances. Crois-tu qu'elle méritait de mourir plus que nous ? Moi je ne le crois pas, c'était une exécution arbitraire, il n'y avait rien de juste à ça. Tu t'es défoulé en limitant les risques pour nous, ça s'arrête là.

Toute ma vie j'ai ressentis cette colère me dévorer à chaque instant, dès le jour où des hommes armés se sont donnés la facilité de prendre la vie de la première femme que j'ai aimé de toutes mes forces, celle-là même qui m'a mis au monde. Penses-tu en savoir plus sur moi que je n'en sais sur toi ? Tu n'imagines pas combien de fois j'ai voulu céder, libérer cette colère et la déchaîner sans concession, juste pour me soulager. Mais je me suis fait violence aussi dur que ce soit parce que cela n'aurait rien changé, même si ça a amené beaucoup de regrets. Parce que se retenir et préserver, c'est ça la difficulté.

J'ai tué l'autre nuit. Mais cette balle qui a failli prendre ma vie de la manière la plus gratuite et immonde, si proche de m'arracher à Elizabeth, à ma seconde chance de vivre. Celle-là et les autres qui m'ont presque autant frôlé, c'est à toi que je les dois. Si tu savais la haine que j'en ai ressenti après la peur. Mais je me suis fait violence une fois encore, ce coup de poing était un moindre mal. Et pourtant tu m'as quand même sauté à la gorge hier et dans tes yeux, dans tes mots, je ne t'ai pas reconnu.

De tous les hommes que j'ai rencontré depuis mon réveil, il n'y a qu'à toi que j'ai voué une confiance presque aveugle, quand bien même je te connaissais à peine. J'ai pris le risque d'y croire. Tu m'as enlevé ça. Maintenant je ne peux que craindre la prochaine fois où tu dépasseras les limites à force de vouloir refouler en vain ton humanité, parce que cette fois ce sera peut-être Jena ou Elizabeth qui se mettront sur ton chemin malgré elles. A ce moment-là je serais obligé de céder, mais crois-moi si je te dis que je prie pour que ça n'arrive jamais contre toi.

Un sentiment me vrille l'estomac depuis des jours maintenant, quelque chose qui n'a sans doute aucun fondement, une peur probablement irraisonnée et stupide que cette terrible nuit a galvanisé. Je voudrais sincèrement que nous formions plus qu'un groupe de survivants, mais quelque chose qui se rapprocherait d'une famille. J'aimerais pouvoir compter aveuglément sur toi à nouveau et avoir le réconfort de savoir que tu seras là, si jamais.

Je m'accroche à une corde trop fine en essayant de remonter alors que tout me tire vers les profondeurs. Et toi mon ami, tu t'efforces de creuser à pleines mains, péniblement, alors que tout te pousse vers la surface. Ne m'oblige pas à aller te chercher dans les abysses Kyle, elles ont besoin de nous. Si je disparais, il ne restera que toi pour veiller sur elles.


James.
Equipement Porté :
Capacité : 0/7
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-
Cache 34/100
Casier du Perchoir
MP5 30C .40 (6)
Colt 45 7C .45 (2)
Silencieux MA (1)
Extension PC (1)
Remington 4C C12 (12)
Fusil T-0 1C Flec.T. (12)

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Lun 15 Juin - 17:15
Le vent s’engouffra sur la surface du toit en repoussant très légèrement l’extrémité de mon canon, faisant de fait pivoter la lunette de quelques degrés qu’une simple pression de ma main remis en ligne. J’avisais quelques silhouettes supplémentaires bien à l’Ouest, s’échappant en direction de la ville et se perdant derrière les masses diffuses de quelques maisons. J’avais suivi le parcours de l’infecté en bordure de forêt, ce dernier décidant finalement de s’y replier, attiré sans doute par le mouvement de quelques animaux dans les fourrées. J'enviais quelque part sa liberté, celle de pouvoir aller et venir au gré de ses seules envies, mais c'était bien là le seul point positif que je trouvais à son status décérébré. Il faudrait que j'aille à mon tour, voir ce que la forêt pourrait me rapporter, tant à l'âme qu'à l'estomace.

Je gardais un œil attentif à cette partie de la zone au cas où, lorsque le bruit de quelques pas fluide et souple, une semelle après l'autre se posant sur la surface lisse où j'avais trouvé position, me parvint avec une proximité certaine. Dans le même temps, je bloquais le fusil des prises que j’avais dessus pour libérer ma main droite, venant ajuster l’une des molettes de réglage pour en agrandir la vision et me permettre une vue plus globale, moins focalisée. Y’avait quelque chose d’apaisant pour l’âme dans cette attente qui en aurait brisé d’impatience plus d’un, comme le prélude d’un acte à ne pas manquer. Je me souvenais encore bien vivement des longues heures de veille, terré dans un trou à peine plus large que moi-même, des barres énergétiques en guise de seule casse dalle sur le pouce complété de quelques rasades d’eau brûlante, et guère plus de confort pour soulager ma vessie pleine. Honneur, courage et engagement.

Je ne relâchais pas pour autant mon attention, recalant la position de ma joue sur son appui à la venue de Jena, son identité confirmé par la tonalité de sa voix. Une oreille à ses mots, un œil à l’horizon. J’expirais en un léger souffle des narines, engageant ensuite l’extrémité de ma langue entre mes deux lèvres pour les assouplir avant de répondre sur un ton plutôt calme. Ces gestes quasi-mécaniques, cette concentration accordée, le son du silence, je retrouvais mon élément confortable, sans doute celui qui m’apparaissait le plus stable et me permettait de ne pas voir ressurgir ma colère lattente.

« R.A.S. sur les quatre flancs. » Je marquais une pause légère, terminant l’inspection du secteur que je m’étais virtuellement délimité, avant de redresser le visage, quittant la précision de la lunette, pour déployer davantage l’acier de mon regard nu sur l’horizon dégagé, m’en donnant une plus large vision quand bien même je n’obtenais pas autant de détail. « Pas de mouvement humain. Le périmètre est dégagé. Quelques déplacements d'infectés repérés sur l’axe Est-Ouest sans que ce soit notable. Un océan de quiétude en enfer. » Continuais-je en agrémentant la direction donné d'un geste léger de la main, peaume ouverte et doigts dressés vers le ciel.

Je ne la fis pas reprendre sa position immédiatement. Ma main droite, la plus fatiguée des deux, s'employa plutôt à exercer quelques moulinets du poignet, assez lent, déliant également mes doigts en les resserrant alternativement sur eux-mêmes. Je profitais de cette maigre pause pour jeter un coup d’œil de biais à Higgins, assez furtif - de quoi deviner sa silhouette, sa posture, les traits de son visage, avant de prendre enfin connaissance de l’objet qu’elle venait de me porter, d’une simple manœuvre oculaire. Je n'en fis pas de véritable commentaire, le laissant en sa position pour le peu d'intérêt qu'il représentait en l'instant, devinant son usage ultérieur, puis en profitais de ne plus être gêné par mon lourd fusil pour pivoter mon attention loin à ma droite et loin à ma gauche, mes yeux s’articulant de repère en repère sur ce que j’avais déjà noté avec plus de précision vissé sur ma lunette.

« Et en bas, comment ça se présente ? » Avais-je seulement formulé en reprenant ses termes, non pas par mimétisme, mais parce qu’à mon sens, ils avaient été bien justement employé.

Je restais attentif à elle autant qu’à ma mission, mon attention accaparée par un mouvement incertain perçu au loin, m’incitant à vérifier aussitôt en harponnant à nouveau la poignée du fusil, déplaçant la mire dans la bonne direction, constatant seulement un paysage aussi tranquille que délabré. S'il fallait, je comptais bien tenir ma position aussi longtemps que possible, jusqu'au terme où on déciderait de venir à ma relève ou qu’un évènement se présente à ma portée.
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Dim 21 Juin - 12:19
J’accompagnais la réponse de Collins de ma propre observation des alentours, mes azurs balayant l’horizon lointain dans un arc de cercle partant du Nord-Ouest pour s’achever vers l’Est. Si menace devait venir, j’estimais que celle-ci avait la plus grande probabilité de venir depuis les frontière les plus urbanisées de notre camp. Une observation distraite néanmoins, où mon regard n’était pas capable d’accrocher le moindre détail, le moindre mouvement comme pouvait le faire celui plus expérimenté de Kyle qui s’y livrait d’ailleurs une nouvelle fois, brièvement.

Et les quelques mots confiés avaient cette saveur de rassurant, dont je manifestais la saisie d’un long soupir, mince ; un filet d’air qui me déchargeait d’une partie du point de mes appréhensions. Si le pire était à venir, il prenait son temps. Et à défaut de réponses, le temps était un autre luxe dont je devais me réjouir, sans véritablement y parvenir. Une pensée en chassait une autre. La crainte de voir le Perchoir être attaqué, ses occupants m’être arrachés se taisait peu-à-peu, laissant un vide que la disparition de James venait emplir, avec tout ce que cela soulevait d’interrogations sur le présent et l’avenir.

Je me mordais l’intérieur de la joue, ressassant des idées et des pensées que l’imminence d’une menace avait balayées comme une feuille d’automne brassée par une orageuse tempête. Elles n’avaient pas disparu. Elles s’étaient simplement déplacées, jusqu’à trouver le moment de revenir à la première accalmie de brise. Une accalmie manifestée dans les propos de l’homme à ma droite, qui soulevait par ses mots une nouvelle bourrasque dont le souffle éthéré ne me donnait qu’une seule envie. Celle de m’asseoir, ici même sur cette dalle de béton nue et poussiéreuse pour partager cette quiétude, retrouver cet îlot de calme et légèreté qui s’était vu submergé par l’irruption d’une Elizabeth aux abois.

Mais je ne pouvais me le permettre. C’était là la lutte intestine que je me livrais à moi-même, le devoir que je m’imposais contre les envies que je m’efforçais de taire. Alors je maintenais cette posture accroupie, les avants-bras posés sur le dessus de mes cuisses, la pointe de la langue glissant discrètement entre la pulpe de mes lèvres ; passage ponctué d’un simple mordillement des incisives sur l’inférieure quand mon regard retournait se perdre dans la contemplation du calme apparent. Une vision bien différente de ce que j’imaginais pouvoir se tramer à l’étage inférieur. Confusion dans les idées, empressement dans les gestes, attente du futur proche. J’espérais seulement que mes quelques directives avaient pu offrir à chacun la maigre lueur d’un phare pour les guider dans cette pénombre chaotique, quand je ne savais pas moi-même comment appréhender toute cette situation.

“Ça pourrait être pire,” répondis-je finalement, mon ton ayant perdu de ses traces d’affection pour redevenir plus pragmatique, la voix légèrement plus éraillée par un doute pugnace que je tentais de dissimuler. “Ou... je pourrais faire mieux. Chacun s’occupe de préparer une évacuation des lieux...” Je marquais un instant d’hésitation, plissant les paupières sur l’horizon plus proche du simple parapet du toit. “...si jamais.” Un plus long soupir vint conclure ces derniers mots, précédant une impulsion donnée à mes jambes pour me redresser avec une certaine vivacité quand ma charge se rappelait à moi.

Néanmoins, je n’avais pu retenir un geste de la main droite, une caresse discrète, une légère pression des phalanges portée à l’épaule adjacente de mon compagnon malgré l’épaisseur du tissu de son gilet. Un simple contact dans lequel je cherchais à me rassurer bien silencieusement quand mon autre main allait chercher le paquet de cigarettes entamé dans la poche de mon pantalon. J’abandonnais ce dernier aux côtés du talkie, comme une offrande en sacrifice à la patience de Kyle et son poste que j’estimais pour ma part aussi indispensable qu’emmerdant.

“Je redescends. Kenzie doit nous paramétrer une nouvelle fréquence sur les talkies, différente du poste-radio. Je reviendrai te la communiquer dès que possible,” l’informai-je plus sobrement avant de lentement tourner les talons pour regagner l’ouverture de la trappe, le coeur légèrement alourdi de devoir quitter cet océan de quiétude.

***

J’avais mis à profit les minutes suivantes, se groupant finalement en un couple heures, pour exécuter les tâches que je m’étais confiées. Tout d’abord, j’informais chaque membre du groupe, commençant par le plus proche d’entre eux sur le trajet menant à la salle de réunion : Leonard. J’offrais quelques réponses à l’afro-américain sur la situation actuelle et l’absence de menace en approche, l’invitant dès qu’il aurait achevé les préparatifs confiés à essayer de prendre un peu plus de ce repos dont je l’avais privé bien malgré moi. Je m’arrêtais ensuite dans le bureau de James, chargeant mes bras et la ceinture de mon pantalon des quelques talkies-walkies disponibles avant d’aller trouver Kenzie et l’informer tout autant. Je demeurerais avec elle le temps nécessaire de paramétrer les appareils sur une fréquence privée et répondre à ses éventuelles questions, fussent-elles à propos de Sarah qu’à propos des événements, ou même plus légères.

Je l’aurai finalement laissée avec la tâche bien ingrate de continuer à prêter oreille au poste-radio, et attention au bébé avant de repartir pour simplement traverser le couloir et confier à Elizabeth l’un des talkies. Je ne m’attardais pas avec la jeune femme pour ce premier passage, portée par la nécessité d’achever mes préparatifs en retrouvant Leonard, puis Kyle ensuite pour leur confier à l’un talkie et l’autre fréquence avant de rejoindre l’armurerie du camp et rassembler nos armes disponibles. Nous ne manquions pas d’armes pour nous défendre, mais nos réserves de munitions se réduisaient à peau de chagrin. Nous avions de quoi menacer par le bluff, et le simple espoir que cela pouvait être suffisant. Mais si les choses devaient réellement dégénérer, nous étions perdants, contraint à fuir ou à périr. Ce constat me glaçait le sang, au point de prioriser cet objectif lors de notre prochaine sortie. Avoir du répondant.

Une partie des armes du campement furent logées dans les quelques sacs disponibles, les plus massives d’entre elles demeurant néanmoins sur place, nues et promptes à être abandonnées si nous devions évacuer les lieux. Finalement, j’aurai fini par regagner l’infirmerie en quête d’Elizabeth, me mettant à sa recherche si elle ne s’y trouvait déjà plus, espérant lui rendre ce qu’elle m’avait précédemment apportée si elle le voulait bien. Une oreille, une épaule, une présence quand le sentiment se voulait tenace d’avoir tout perdu, ou presque. Il ne m’était pas difficile d’imaginer ce que la psychologue pouvait ressentir et endurer, bien que toute imagination débordante ne pouvait être conforme à la réalité de ce qu’elle pouvait vivre. C’était une simple illusion, nourrie d’empathie et de compassion quand elle et moi, comme beaucoup, avions perdu ceux qui nous étaient chers au détour d’un simple jour dramatique. C’était peut-être là ce qu’il y avait de plus horrible et d’injuste. Perdre en quelques instants ce qui avait pris des semaines, des mois, parfois des années à bâtir. Un océan de quiétude peut-être, mais qui dissimulait quelque part une vague scélérate à l’approche inexorable. Ce n’était pas une question de chance. Ce n’était pas une question de préparation ou d’anticipation. Ce n’était qu’une question de temps. Ce même temps qui se faisait lourd désormais, à seulement pouvoir ruminer des hypothèses en attendant des nouvelles de James et Cornelia que l’on espérait les moins désastreuses possibles.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Matthew Jefferson


Fiche de personnage
Points de RP:
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Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Matthew Jefferson
Protagoniste
Dim 21 Juin - 16:42
Le vent soufflait un peu plus fort alors que le soleil était descendu à l'ouest, menaçant de disparaître à l'horizon pour un inévitable repos. Sur le poteau qui occupait un angle d'une intersection à l'ouest du secteur G, le feu tricolore aux couleurs disparues se balançait, retenu seulement à un câble rongé par le temps et l'attention acharnée d'un rapace.

Un rôdeur passait devant, la mâchoire désaxée et ses dents apparentes jusqu'aux gencives, ses yeux globuleux se perdaient dans une contemplation désintéressée de la plaine qui s'étendait non loin, jusque la caserne de pompiers isolée de la ville. Un grondement survint alors dans son dos, titillant l'ouïe mono-centrée de la créature qui fit lentement volte-face, tandis que le bruit lourd et cadencé ne cessait de croître.

Il eut juste le temps de pivoter pour découvrir la moto qui filait sur la route dans sa direction, ou plutôt à coté, que son front implosa de morceaux putrides laissant échapper des flux sanglants et gélatineux. La balle avait touché précisément sa cible sans qu'aucune détonation n'alerte les environs, le silencieux faisant son travail d'étouffer le canon et l'éclat luminescent. Ne restait qu'une douille encore brûlante qui percuta le béton, pendant que la créature séchée s'écroulait lourdement contre le poteau, un choc qui eu raison du câble fragile, lâchant le feu tricolore qui se fit attirer par la gravité jusqu'au cadavre où il buta à plusieurs reprises.

Matthew n'avait pas quitté la ligne de conduite qu'il s'était donné, au centre de la route, il passa sa senestre gantée à son flanc pour ranger son Five-SeveN dans le holster qu'il y avait fixé, reportant ensuite sa poigne au guidon de la Harley qui rugissait à bonne vitesse. Il était affublé de tout son attirail de guerre : un cheich de trekking noir ample et bien attaché cachant sa tête et son visage, un lourd gilet tactique qui couvre torse et cou, le dos, les épaules et les bras jusqu'aux coudes, prolongés par des gants de cuir complets ; l'extension du gilet repliée sur le siège, faute de pouvoir s'étendre sur ses flancs et son bassin.

Nombre de sacoches enferment des possessions et des accroches sans cache alignent des balles de 7,62 mm de son épaule gauche, descendant en diagonale sur son buste. L'imposant fusil FR-F2 sur le dos et un couteau de combat en étui à la ceinture, à l'opposition du holster d'arme, ainsi qu'un poing à pointes accroché au devant. En guise de pantalon, un treillis militaire, des rangers... l'ensemble de sa silhouette est d'un noir pratiquement sans nuance et ténébreux à souhait, de quoi le rendre parfaitement invisible de nuit ou presque, bien que ce ne soit pas encore le cas.

Seuls ses yeux dépassent de son attirail en fente du cheich, avisant fixement la route et ne clignant que pour se protéger de la poussière et des quelques mouches qui tentent de s'y insérer volontairement ou involontairement aussi rapidement que la moto courbée avalait la distance. Bien vite, il laissait la route principale prendre virage à droite et continuait sur la route de terre vers la caserne, soulevant une fumée blanchâtre sur son passage.

Si une sentinelle ne l'avait pas déjà repéré depuis le toit, pour sûr que le moteur saurait l'annoncer après qu'il eut franchi la moitié de cette route de terre, car il ne freinait pas ni ne faisait le moindre geste suspect, assis avec une droiture habituelle grâce au large guidon qui lui donnait une prise facile. Il ne s'interrompait pas avant de s'être approché de la tour d'accès au lieu de vie pour ralentir, puis freiner à quelques mètres afin de ne pas être trop intrusif pour un éventuel comité d'accueil qui l'attendrait déjà, conscient que c'était la première fois qu'il venait ici et qu'il n'y connaissait probablement personne ou presque.
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba1139/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba102/100Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Mer 24 Juin - 15:10
J’emmenais l’extrémité de la cigarette entre mon pouce et mon index à mes lèvres, inspirant une ultime fois pour ce que je savais être ma dernière bouffée, le feu crépitant sur le tabac frôlant la limite du filtre. Je laissais l’arôme âcre envahir mes poumons avant de l’expulser d’un souffle précis au plus loin entre mes lèvres. Ma tête, elle, n’avait pas bougé. Toujours incliné, la joue reposant avec une simplicité déconcertante sur la crosse de mon arme, déployant toujours mon regard affûté au travers de la lunette à la précision quasi redoutable. À l'aveugle, je venais achever définitivement l’existence de cette clope sur le sol du toit qui accueillait mon refuge de garde. Fumer, boire, manger, tout en gardant ma concentration au maximum sur l’objectif que je conservais n’était pas des actes étrangers pour moi. Ça avait même valeur de confort, quelques gestes rassurants dans lesquels je retrouvais enfin ma vraie nature.

Le temps avait filé, l’air de rien, sans que rien ne vienne sur l’horizon. Les quelques morts que j’avais perçus s’étaient maintenant échappé à mon regard. D’autres en étaient venus, errant, imprécis dans leur destination, traversant seulement une route, au loin, pour rejoindre un autre secteur où pitance aurait peut-être pu être plus abondante. Je n’éprouvais aucun ennui, ma concentration bien suffisante pour satisfaire ma patience. Seul l’inconfort de ma posture, de ma blessure à la cuisse, et celles de mes poignets qui se ravivaient régulièrement, venait perturber de geste parasite mes changements de position. Tandis que mon œil affûté observait l’horizon Nord, se déportant ensuite vers l’Ouest où la pénombre était des moins avancés en cette heure tardive, mon attention fut attirée par un mouvement fugace, très rapide, disparaissant aussi vite qu’il était apparu de sorte qu’il aurait seulement pu être imaginé avec cette trop longue observation.

Ma main gauche s'articula sur les molettes de réglage de la lunette, ouvrant son œil au maximum pour en accaparer le plus de luminosité possible, les silhouettes diffuses des bâtiments lointains se découpant dans la palette rouge orangé qui s'en dessinait au loin. Je réalignais mon axe, réactivant d'une simple pression le réticule de visée pour voir apparaître au centre, les différents graphes de niveau vert ombrageux. Je balayais d'un mouvement lent la zone où j'avais cru voir quelque chose, suivant la ligne directrice de la rue que j'imaginais au loin, apercevant à nouveau, trop fugitivement, ce même mouvement rapide. Sans bouger mon visage, ma droite continuant de faire pivoter l'axe du canon du fusil sur ma gauche en me servant de l'appui de ma jambe, je venais activer d'une simple pression le bouton de communication du talkie qui avait trouvé sa juste place à mon épaule, dans la poche du gilet tactique prévu à cet effet.

« Poste Radio, ici Kyle. Contact à l’Ouest en progression rapide. » Avais-je laissé entendre d'une voix à la sonorité grave, déplaçant encore légèrement ma visée pour enfin dévoiler l'origine de cette apparition furtive.

J'alignais l'étranger dans mon viseur. Sa progression plutôt linéaire même si rapide, me permettait de l'accrocher suffisamment aisément, suivant sa trajectoire, anticipant même son mouvement. De cette distance, impossible pourtant de reconnaître la personne aux commandes, pas plus que sa nature. Je voyais une seule personne sur une moto, mais la luminosité qui s'éteignait progressivement empêchait plus de détails à donner. J'avais rapidement balayé la zone alentour, perdant ma mire l'espace de quelques secondes pour m'assurer que rien n'escortait cette venue, ne percevant aucun mouvement alentour immédiat.

« Contact confirmé. Un tout seul sur moto en approche du Perchoir. RAS sur le reste de la zone. Attente confirmation de réception. À vous. »

« Bien reçu Kyle. Nous allons descendre pour interception du visiteur. Tiens-toi prêt à le neutraliser s'il se montre hostile. À vous. »

Ce fut la voix d'Higgins qui répondit. Je ne m'étais pas spécialement attendu à autre chose, qu'elle en utilise sa radio personnelle ou le poste radio, je m'en fichais pas mal. La réponse était suffisamment claire pour m'en donner la marche à suivre sans quiproquo. Je me redressais finalement, quittant la position stable de mon poste d'observation pour venir m'approcher au plus près du versant Ouest du toit, m'y plaçant au rebord. Je déployais rapidement le bipied qui trouva son juste appui sur le léger muret qui en constituait les contours, maintenant une position accroupie assez délicate pour ma jambe douloureuse, mais la plus efficace pour m'assurer de suivre jusqu'aux derniers mètres l'avancée de ce visiteur.

« Reçu et en position. Terminé. » Confirmais-je dès lors que ce fut le cas, calant la crosse du fusil à nouveau sur mon épaule, me baissant suffisamment pour n'offrir que très peu de visibilité en retour, et de ma main droite, venant enclencher le verrou d'armement pour enclencher manuellement la première cartouche dans la chambre de tir. Doigt sur le pontet, je repris ma contemplation silencieuse, mètre après mètre.
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Elizabeth R. Evans


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba11136/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (136/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba1099/100Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (99/100)
Informations scénaristiques:
Elizabeth R. Evans

Jeu 25 Juin - 10:56
Rassembler les fournitures médicales n’avait pas été bien compliqué. Trônant dans un grand sachet de papier kraft posé sur le bureau médical, les différentes pilules, seringues ou trousses s’empilaient les unes au-dessus des autres jusqu’à en frôler la limite haute, remplissant le contenant dans son ensemble et donnant une certaine stabilité au tout ainsi alourdi et grossi. Quant aux dossiers médicaux, ils ne représentaient qu’une seule et unique feuille coincée dans une pochette rigide, dont les courbes d’écriture qui s’étendaient dessus ne représentaient qu’un bref et simple paragraphe. Le mot de James avait été conservé, déplié ouvert sur le bureau, relu de nombreuses fois et marqué parfois de quelques taches, gouttes salines aux abords de l’encre couchée. Deux semaines seulement, c’est le temps qu’ils avaient passé en ces lieux, et si les premiers jours avaient laissé envisager que leur tranquillité était plus ou moins acquise, la descente aux enfers avait été douloureuse et brutale. Pour chacun.

Plantée devant la fenêtre, s’abrogeant des seules recommandations qui sonnaient bien trop loin d’elle en l’instant, Elizabeth observait l’horizon Ouest. Ce même horizon qu’elle avait contemplé au départ de James, voyant la voiture blanche s’échapper au loin jusqu’à disparaitre. Et si en cet instant passé, elle avait craint et supplié que cette vision ne soit pas la dernière du seul homme qu’elle n’avait jamais aimé, cette frayeur ne cessait de croître, butant contre le mur convaincu de la fatalité qui faisait dégringoler plus de larmes encore sur ses joues pâles et creusées. Les minutes angoissantes qui défilaient, ainsi seule le front collé contre cette paroi fraiche, paraissaient être une véritable torture.

C’est ainsi que Jena la trouva au retour de son tour du Perchoir, le lavabo nettoyé à la va-vite en renversant l’un des bidons d’eau récoltés, dans la cuve de porcelaine. Elle n’avait pas rejeté sa présence, pas refusé son contact, quand bien même il fut silencieux les premiers instants, son corps tremblant de cette appréhension qui refusait de la quitter tant qu’elle ne reverrait ni la Chrysler, ni son conducteur. Et le reste de l’attente fut partagé, entre confession et abandon, d’une détresse qui se galvanisait toujours plus avec les heures, de ces douleurs tant physiques que psychologiques qui l’assaillaient, et du non-sens qui en avait résulté de se voir si démunie et affligée.

Lorsque le premier crépitement de radio du talkie que Jena lui avait confié, sans doute récupéré dans son casier, s’échappa du hautparleur laissé actif et qui jusqu'au présent n’avait renvoyé d’un chuintement de silence, le corps de la psychologue se redressa comme un sursaut.

« Poste Radio, ici Kyle. Contact à l’Ouest en progression rapide. »

Cette annonce seule avait suffi pour faire bondir Elizabeth hors de son assise, ses pas courant vers la paroi de verre qui offrait une vue sombre sur un inexorable coucher de soleil. La sphère de lumière aux teintes jaunes lumineuses avait maintenant disparu, ne laissant dans son sillage qu’une palette dégradée d'orange, de rouge, de violet, de bleu et finalement, du noir de la nuit qui se constellait déjà des premières étoiles. Elle cherchait, de son regard avide, ce mouvement que leur sentinelle avait perçu, sans rien discerner de concret, jusqu’à ce que l’appareil ne crachote à nouveau.

« Contact confirmé. Un tout seul sur moto en approche du Perchoir. RAS sur le reste de la zone. Attente confirmation de réception. À vous. »

Un tout seul ? Un tout seul sur une moto ? Ses espoirs s’échappaient, la lueur qui s’était ravivée dans son âme s’éteignait d’un simple souffle tandis que le sien restait coupé. Mais il fallait qu’elle sache, il fallait qu’elle voie celui qui venait à eux, avec le souhait improbable qu’il porte les traits du médecin, mais la quasi-certitude que c’était là seulement l’arrivée de Matthew, tel qu’il l’avait annoncé lors de leur contact radio. Elle resta là, devant cette fenêtre, jusqu’à ce que le grondement de la moto soit enfin perceptible de sa position, jusqu’à ce qu’elle en voit cette silhouette bien trop sombre se découper à peine dans la pénombre qui se durcissait. Alors, elle aurait fait demi-tour, si tant est que personne ne l’en ait empêché, gagnant la sortie de la pièce, sans arme, ni protection, atteignant le couloir, le hall, les escaliers. Dévalant ses derniers dans une précipitation nouvelle jusqu’à ce qu’elle parvienne enfin en bas, poussant la porte d’entrée de ses deux mains posées à plat.

Elle voulait savoir. Elle devait savoir.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Beretta 96 10C .40
Couteau de cuisine
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : .40
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 2/30
Grand sac
Monoculaire V.N. (2)

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba1173/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba1088/100Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Ven 26 Juin - 14:06
L’attente. Ce sentiment qui se voulait bien plus insupportable par les nombreuses émotions qu’il nourrissait plutôt que sa propre existence. L’inquiétude, la tension, l’incertitude, l’impuissance, et en point d’orgue de l’ensemble, la frustration de ne pouvoir que la subir faute de pouvoir y changer quoi que ce soit. Et c’était bien là ce qu’il se produisait, après que les directives furent données, que les préparatifs d’évacuation furent achevés, il n’y avait plus qu’à attendre. Ce foutu signal qui sonnerait soit le glas de cette place, soit le soulagement d’une tension. Au moins une. Tout ce que je pouvais faire désormais, c’était attendre et espérer de voir James et Cornelia finalement revenir, ou la Ferme nous apporter quelques nouvelles rassurantes. Mais toujours rien. Les heures passaient, s’étirant de toute leur élasticité la plus cruelle, à la fois tendue et longue. Très longue.

Rejoindre Elizabeth à l’infirmerie n’avait même pas su faire illusion. J’étais là, avec elle, présente et à son écoute comme elle avait si bien su le faire pour moi, pour chacun de nous. Mais sa détresse palpable, cette souffrance qui était bien différente de la mienne et pourtant plus cruelle encore car je n’avais aucune emprise sur le mal qui la tenaillait, ne suffisait même pas à dissiper cette ombre planante. Il y avait des propos lourds, des confessions sensibles, quelques paroles à peine légères qui ne changeaient rien. Des regrets certainement, des remords encore plus. J’avais même du mal à m’imaginer à quelle violence la psychologue devait se livrer pour ne pas simplement partir d’ici, en quête de son compagnon, en véritable tête brûlée. À sa place, il aurait très certainement fallu m’assommer pour m’empêcher de partir, contre tout bon sens.

La détresse d’Elizabeth, palpable et ignoble dans ce qu’elle avait d’inexorable et d’inconsolable, qui me renvoyait toujours à mes propres démons. Ces pertes que j’avais vécu et choisir d’enfouir derrière un masque de dureté, un appétit de vengeance, de revanche, que le destin dans son ignominie avait placé sur ma route. Ces salopards étaient morts, j’avais finalement obtenu une revanche contre un lourd prix à payer ; et je n’en tirais pourtant aucune forme de satisfaction. Il n’y avait rien d’autre qu’un goût d’amertume tenace dans le fond de la gorge, et celui plus âpre de l’inachevé malgré tout. Le vide avait demeuré. La colère avec lui. Verser leur sang n’avait rien changé, rien soulagé ni ramené quoi que ce soit. Le monde, mon existence n’étaient pas meilleurs. Mon esprit n’était pas plus serein. L’acte, finalement, ne s’était voulut que cruel, sanglant, et parfaitement futile.

Des pensées, des sentiments que je taisais, préférant les garder pour moi que les partager avec quiconque, car tout cela était à la fois bien trop vif, et surtout particulièrement déplacé dans le contexte. Il ne s’agissait pas de moi, mais d’Elizabeth, de James et de Cornelia. Des pensées qui s’interrompaient enfin, l’attente soudainement annihilée par le crépitement du talkie à ma ceinture. La voix de Collins s’en extirpa, livrant l’information d’un mouvement vers l’Ouest. Je sentis un frisson mitigé, glacial, parcourir ma colonne vertébrale, tiraillé entre crainte et espoir. La suite des informations données me fit lentement basculer vers le premier des deux sentiments. Un seul être en approche. À moto. Un éclaireur ? Une avant-garde ? Il n’y avait qu’un seul moyen de le savoir. Je ne préférais prendre aucun risque en arrachant le talkie de ma ceinture pour le porter à mes lèvres afin de répondre à notre guetteur.

“Bien reçu Kyle. Nous allons descendre pour interception du visiteur. Tiens-toi prêt à le neutraliser s'il se montre hostile. À vous.”

J’économisais mes mots, portant mes azurs sur la silhouette menue d’Elizabeth qui avait bondi dès les première infos de Kyle pour courir vers la fenêtre. Je plissais légèrement les paupières en la dévisageant, n’osant imaginer ce qu’elle pouvait bien ressentir en cet instant, ni avec quelle intensité. Je reclipais le talkie à ma ceinture après que le militaire eut donné confirmation des instructions et terminé la communication. Un détournement du regard, bref, mais qui avait suffit à la brune pour s’y soustraire de sa propre envolée désespérée.

“Attends !” m’étais-je écriée bien trop tardivement, d’un geste de retenue du bras gauche lancé dans sa direction mais ne happant que le vide quand déjà la jeune femme avait quitté l'infirmerie.

Je me lançais à sa poursuite, d’un juron et d’un pas précipité pour espérer la rattraper, la raisonner de quelques mots que je savais inutiles. Je voyais déjà sa silhouette disparaître à l’angle du couloir, et accroissait mon propre rythme de course, martelant le sol du lieu de vie de mes pas appuyés. Couloir. Hall. Escaliers. La descente se voulut rapide. Mon pied manquant de peu de rater une marche et me faire rouler en contrebas de la dernière volée de marches. Je plaquais mes mains contre le verre du battant de la porte qui ne s’était pas encore complètement rabattu au passage de la brune, renvoyant celui-ci cogner contre l’amplitude maximale de ses gonds d’un geste sec. Le ronronnement de la cylindrée emplissait la cour et s’offrait plus largement à ma conscience, quand mes yeux ne l’avaient pas encore trouvé. D’un geste rapide, je délogeais mon pistolet de son holster, le pointant d’ores et déjà devant moi en m’éloignant de l’entrée du campement de quelques pas chassés, jusqu’à pouvoir enfin poser prunelles et organes de visée sur cette silhouette sombre qui s’y dévoilait.

La menace n’était que purement illustrative quand je sentais le poids allégé de mon arme vide, mais il ne s’agissait que d’une posture. J’offrais à l’inconnu un regard ferme et déterminé, laissant sous-entendre la menace plutôt que de la manifester verbalement, malgré la présence de Collins sur ce toit. Deux précautions valaient toujours mieux qu’une, et mon acolyte perché là-haut avait un argument supplémentaire. Des munitions.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Matthew Jefferson


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba110/0Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (0/0)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Matthew Jefferson
Protagoniste
Lun 29 Juin - 23:41
La moto s'était arrêtée en travers du chemin après un freinage maîtrisé, mais son pivotement fut relatif de par la masse évidente de cet engin, raclant lourdement le bitume qui quadrillait les contours immédiats du Perchoir. Son conducteur, encore accroché au large guidon les premiers instants, posait d'avance son regard sur la brune qui avait déjà poussé la porte pour sortir de la tour d'accès, ses yeux bruns reconnaissant après quelques instants ce doux visage qu'il n'avait pas vu de près depuis fort longtemps, mais qu'il avait pu contempler au travers de sa lunette de fusil parfois.

Il baissa d'un mouvement de botte l'épais pied d'appui de la moto qu'il accompagna dans son inclinaison de flanc, jusqu'à ce qu'il soit certain de pouvoir la relâcher sans qu'elle ne tombe. Ses gestes avaient été distraits car son regard ne quittait pas les traits angoissés d'Elizabeth, à raison, prit d'autant plus de pleine face au poids de son échec et de l'annonce cruelle qui devait être la sienne en cet instant décisif. Il se relevait debout après avoir levé la jambe pour se dégager de l'engin et se tournait vers elle, la tête encore cerclée du foulard et le bas-visage caché, seuls ses yeux demeuraient toujours visibles.

Il resta silencieux les quelques secondes qui séparèrent son arrêt de l'irruption de Jena arme au poing. Ses iris se déportèrent sur la blonde presque inconnue pour lui, qui lui était totalement inconnu de celle-ci à l'inverse en dehors des échos entendus, sans qu'il ne fasse le moindre mouvement dans un premier temps, n'offrant aucune réaction à la menace sous-entendue qui ne le surpris pas. Il attendit quelques instants supplémentaires que le temps se suspende au calme avant de lentement relever sa dextre gantée pour saisir le bord du tissu qui cachait son visage, l'abaissant en révélant son nez pierreux, puis ses lèvres assez fines malgré la carrure de sa mâchoire dont la pilosité épaissie cachait bien davantage la peau que la dernière fois qu'Elizabeth l'avait vu, plusieurs mois auparavant.

Il n'était pas tout à fait de marbre, son regard était emprunt d'un air triste et d'une désolation perceptible, derrière la rudesse entraînée de ses traits qu'il ne pouvait garder clos dans un tel moment. Il releva ensuite sa main après avoir replié la voilure noire sous le menton, afin de glisser ses doigts entre la capuche improvisée par la mise en forme du cheich et sa chevelure, la faisant basculer en arrière. Il dévoilait ainsi sa crinière brune, néanmoins beaucoup plus claire que celle d'Elizabeth de son châtain foncé, comparé à la noirceur ébène de la femme.

Quand ses mèches furent libérées de la pression du tissu pour mieux encadrer chaque coté de son visage, quelques-unes s'offrant même le luxe de basculer plus vivement devant ses yeux, il ramena sa main tout aussi précautionneusement près de sa cuisse, étirant distraitement ses phalanges en pliant le cuir de son gant. Sa dextre avait frôlé le holster qui contenait son Five-SeveN sans s'y intéresser et Matthew passa le regard de l'une à l'autre femme pour s'attarder sur Elizabeth. Ses lèvres se détachaient quelque peu, brisant la salive qui les avaient maintenu collées et le bout de sa langue passait finement pour les humidifier, une manière de prolonger ce moment en suspend qu'il ne faisait pas durer pour le plaisir, mais parce que cela lui était terriblement difficile.

Il avait toujours mis en avant son don pour la survie, pour l'affrontement et pour la confrontation sans doute. Mais savoir témoigner sa compassion pourtant très intense, tout comme savoir gérer les drames humains face auxquels il était aussi impuissant que n'importe qui d'autre, lui déchirait ardemment le cœur qui tremblait sous son poitrail, malgré la rigidité de ses muscles et la sécheresse de ses pores.

Le chasseur étira les narines d'un froncement de nez en revissant ses lèvres quelques instants, sa jambe gauche prenant l'appui principal pour le faire légèrement incliner de sa droiture. Il releva ensuite légèrement les épaules avec un timide et lent secouement de tête, mais qui laissait largement en discerner la négativité désolée.

« Elizabeth... » Souffla t-il bassement, que sa voix grave et rauque à l'intonation rocailleuse tâchait de répercuter avec rudesse dans l'air ambiant pour le faire perceptible, avant qu'il n'élève un peu le volume avec une amertume palpable.

« Je suis désolé. Je n'ai... je n'ai rien trouvé. J'ai parcouru les routes, de long en large. J'ai tourné, encore et encore dans les quartiers voisins, essayé de retracer les itinéraires potentiels, aussi longtemps que possible mais... il n'y avait rien. »

Il expira des narines en inclinant légèrement le visage, ses yeux s'échappant un instant sur l'asphalte avant de revenir sur elle, sans se redresser.

« Aucune trace d'eux. Aucune trace de la voiture. Aucune trace de combat récent. Aucun corps. Aucun appel radio. Rien... »

Matthew cligna des yeux et inspira plus fort en relevant le menton, son regard se portant à Jena d'une lueur perçante équivoque au sérieux de ses révélations, qu'il n'avait su faire qu'avec honnêteté et sans nappage de sens ou de détournement, le fatalisme de son expression faciale aussi sûre que ses mots venaient de l'être. Par ses paroles, il ne cherchait pas à sous-entendre que c'était perdu, mais cette absence de la moindre trace ou de la moindre manifestation, quand bien même il ne pouvait couvrir seul toute la ville, n'était pas pour le rassurer, bien au contraire et à son grand malheur qui ne saurait certainement égaler celui d'Elizabeth et même de Jena sans doute.
Equipement Porté :
N/A
Accessoires Pratiques :
N/A
Contenants Personnels :
N/A

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba1139/2000Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Debuba102/100Ses derniers mots - 14/04/2035 - Page 3 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Mer 1 Juil - 11:11
Il n’y eut pas de tremblement dans mes gestes, malgré la tension palpable à cette nouvelle approche, je me sentais étrangement serein. L’œil vissé au travers de la lunette qui voyait ce point mouvant grossir peu à peu, la silhouette se découpant de l’horizon quand bien même le ton, sombre sur sombre, réduisait le confort d’une bonne visée. L’individu sur cette moto semblait savoir pertinemment où il allait, sans hésitation sur le chemin à emprunter qui le conduisait tout droit au pied de notre bâtiment. J’étudiais chaque détail, chaque mouvement, anticipant sur les intentions tandis qu’à cette approche réelle, mon index était venu se placer doucement sur la gâchette sans tension sur mon doigt. Un simple gain de temps, d’une très infime fraction de seconde, mais qui pouvait tout changer.

Je réajustais une dernière fois le réglage de l’optique, réduisant sa portée maintenant que l’intru n’était plus aussi éloigné. J’avais choisi un angle de visée qui me permettait d’être décalé sur la hauteur, par rapport à sa position, histoire de ne pas être pile au-dessus de lui, et m’handicaper dans ma tâche. Je m’autorisais un dernier clignement d’œil juste avant l’arrêt de la moto, inspirant longuement où cette attente fut perturbée par un mouvement à la périphérie extérieure de mon regard. J’en détachais à peine mes yeux de mon viseur, observant la silhouette d’Evans sortir précipitamment de l’édifice, suivi de près par Higgins. J’en avais pas bougé d’un pouce l’alignement de mon fusil, préférant conserver ma mire et m’intéresser très rapidement à ce qu’il se passait hors champs d'une brève œillade avant d’en reprendre ma contemplation, quelques mots murmurés s’échappant de mes lèvres et qui n’avaient pas lieu de s’adresser à quiconque autre qu’à moi-même.

« Bordel, qu’est-ce que vous faites… »

J’avais suivi chacun des gestes de l'homme, d’une lenteur calculée, confronté aux face à face qu’une autre arme pointée sur lui imposer, me laissant convenablement le temps d’analyser la scène. Quand bien même il dévoila son visage, épaissis par un filtre d’obscurité dû à un soleil de plus en plus discret, rien dans ma mémoire ne s'agita sur l’identité de cet homme que je n’avais jusqu’ici jamais vu. Mon attention restait ouverte à l’horizon qui s’étendant au-delà de la scène qui se jouait en contrebas, au cas où le danger viendrait juste après la venue de son messager. Mais tout était d’une tranquillité mortuaire.

Je captais assez vite le mouvement de sa main près de son holster, me faisant vivement corriger ma ligne à hauteur de sa hanche, sifflant d’une inspiration longue entre mes dents serrées, mon index toujours immobile mais prêt à faire feu s’il fallait à cette potentielle menace. Rien ne vint toutefois, ni mouvement, ni intention qui aurait pu laisser filtrer une tentative de dégainer. J’alternais cette fois-ci entre mon objectif et ses opposantes en face, de la douleur que renvoyait les traits de la brune, à l’écho de cette même peine qui se retranscrivait dans celui de l’inconnu. Je me demandais un instant si ces deux-là se connaissait, mis sur la piste par quelques détails qui ne pouvaient pas tromper, et surtout de l’affaissement rapide de l'arme d’Higgins. La connaissant, elle n'aurait surement pas baissé sa garde sans véritable assurance qu'elle puisse le faire et quand bien même ceci me permit de relâcher la tention de mon index, revenu se caler sur le pontet, j'en conservais ma prudence.

Je n’entendis rien des voix qui s’articulèrent en bas, bien trop basse et moi bien trop éloigné pour en percevoir la moindre tonalité. Mais j’en voyais quelques mouvements de lèvres s’agiter pour me confirmer qu’une conversation était bel et bien lancée. Je n’aurais rien d’autre à faire en l’instant, que patienter une indication supplémentaire de la blonde, et à couvrir cet échange autant que leurs arrières. Deux objectifs pas très aisés à assurer simultanément, m’obligeant par moment a quitter ma ligne pour balayer le lointain, inspecter l'horizon que le danger se manifeste par la venue prédite d'une attaque ou quelques rôdeurs attirés sur les lieux par le bruit de la moto.
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)
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