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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur J] Table rase - 21/04/35
 :: Outside :: Excursions :: La ville de Snyder

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Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1120/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Lun 1 Juin - 21:05
Interprété par Jordan Getz et Ivy Lockhart.

Je portais ma main en casquette contre mon front pour masquer à mes noisettes plissées la luminosité du soleil descendant. Ces heures ou journées passées dans cette cabane, cette crapahute sous le couvert ombrageux des feuillages rendait la soudaine sortie de l’orée des bois et la redécouverte du paysage urbain et aride plus éblouissante encore. Ma respiration, sans être lourde et bruyante, n’en avait pas moins gagné en fréquence et intensité à tenir le rythme du chasseur, dans une marche forestière qui n’avait rien eu de plus aisée aujourd’hui que les fois précédentes. Mais l’on touchait au but, avec en preuve la silhouette urbaine de Snyder qui se dessinait sur l’horizon sud. Je n’avais pas souvenir d’être jamais venue dans ce coin-ci de la ville, et ce n’était pas ma vue floue, brouillée et éblouie qui m’aiderait à me repérer plus aisément.

Mais je n’avais rien dit, car aucun mot ne venaient à mon esprit et la sécheresse de ma bouche assoiffée par la marche et les heures d’isolement dans cette cabane me dissuadait de le faire. C’est à peine si je focalisais mon regard sur l’un ou l’autre des deux hommes qui m’accompagnaient, suivant le chasseur dans sa progression sans réellement me poser de questions quant à notre destination. Je me sentais de nouveau, et très paradoxalement, en sécurité à être ainsi en zone hostile, en extérieur, avec à portée de pensées les armes et équipements du chasseur pour ne plus me sentir ni démunie, ni inoffensive. Le sol terreux et forestier avait fait place au bitume sali et poussiéreux. Et au loin, sans pouvoir le reconnaître à cette distance, j’avisais la silhouette d’un véhicule vers lequel semblait nous conduire Matthew. Silencieuse, j’avais jeté un rapide regard vers Jordan, à tenter de jauger de son état quand les muscles de mes bras demeuraient chauds et raidis par la simple descente d’une échelle de corde, quelques douleurs irradiant depuis mes blessures le long de ceux-ci au gré de leurs balancements.

Mais au fil des minutes, la certitude de retrouver ce véhicule volé dans le sang s’affirmait de plus en plus. La silhouette de la mitrailleuse lourde, fixée sur le plateau arrière du pick-up, le coloris aux nuances si particulières. Un soupir de soulagement quitta mes lèvres entre deux respirations marquées. J’étais venue me positionner aux côtés de Matthew lorsque celui-ci ouvrit le petit coffre en adjonction du plateau de chargement, y découvrant sous mes paupières plissées, à forcer sur ma vue, un petit trésor pour assurer notre survie. Autant de ressources qui m’arrachèrent un soupçon d’aigreur à avoir quelques heures plus tôt nourri des pensées bien amères à l’égard de Jefferson et ses alliés à la Ferme. Une rancoeur tenace néanmoins, que quelques provisions ne sauraient gommer complètement malgré la reconnaissance qui gonflait au creux de mes tripes à l’égard du chasseur.

J’accueillais les clés du pick-up de ma main gauche, gratifiant l’homme de quelques remerciements en ne pouvant retenir un léger sourire en coin soulagé, lui souhaitant finalement bonne chance après avoir acquiescé à ses propos de revenir vers nous dans quelques jours. Un acquiescement sans valeur à mes pensées, car où que je choisisse d’aller, d’atterrir, je n’étais guère enchantée à l’idée que les gens de la Ferme, tout particulièrement le traître identifié qui semblait y demeurer, ne sachent où me trouver. Matthew ne tenait pas à nous révéler où il emmenait les siens, pour des raisons que je comprenais, mais force était de constater que j’adoptais par automatisme, sûrement par mimétisme, un état d’esprit tout à fait similaire, bien qu'injuste.

Je suivais la silhouette du chasseur sur le départ de mon regard imparfait, jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’une silhouette très floue confondue avec le paysage tout de verts nuancés avant de reporter mon attention sur le véhicule. Je me hissais sur la pointe des pieds, me penchant par dessus le châssis du plateau de charge du Ford pour m’emparer de l’un des bidons d’eau potable et de mon propre sac à dos. J’en sortais la gourde en plastique rouge que je remplissais ras la gueule du précieux liquide avant d’en avaler de nombreuses gorgées, débordant sur mon menton et coulant le long de ma gorge, qui se voulaient rafraîchissantes malgré la tiédeur de l’eau entreposée au soleil. Une gourde que j’aurais tendue à Jordan s’il n’avait pas pris l’initiative de se servir lui-même, lui proposant de se désaltérer à son tour.

Je récupérais ensuite ma mallette à outils, extirpant de celle-ci les différentes boîtes de lentilles de contact jusqu’à tomber sur celle dont la correction correspondait à ma vue. Il me fallut de nombreuses minutes pour les mettre à leur place, ayant perdu la maîtrise de ce geste par des années de port de lunettes et de perte d’accoutumance, m’obligeant à cligner plusieurs fois des paupières sans réussir à chasser le léger inconfort ressenti. Mais je pouvais enfin, non sans délivrance, porter un regard plus acéré sur l’environnement qui m’entourait. J’avisais les panneaux routiers visibles à bonne distance, décryptant quelques noms de directions indiquées dont la plupart demeuraient étrangères à ma connaissance de la ville. Je faisais alors le tri dans les vêtements propres disposés là, piochant ceux plus ou moins appropriés à ma taille. Un jean bleu marine, une culotte, une ceinture, une paire de chaussettes un tee-shirt blanc, une veste en jean d’un bleu plus délavé.

Sans gêne, je retirais le tee-shirt kaki qui empestait la sueur et se trouvait humide d’auréoles aux aisselles, le roulant en boule entre mes mains pour éponger les traces de transpiration dans mon cou, le bas de mon dos et l’arrière de ma nuque avant de le balancer négligemment sur le plateau arrière du pick-up. Je me moquais bien de la présence de Jordan et de sa potentielle attention si tel était le cas. La pudeur ne m’avait jamais étouffée par le passé, quand il s’agissait de se changer dans le garage de mon paternel pour enfiler ou retirer des vêtements de travail, peu importaient les mécanos présents. J’avais grandi dans un monde majoritairement masculin, adoptant certains de leurs codes qui avaient fait taire une hypothétique pudeur féminine qui ne m’avait jamais caractérisée. Il n’y avait guère eu grand chose à cacher, ce que le bandage tissé et comprimant mon thorax se chargeait de toute manière de faire.

J’enfilais le tee-shirt propre, retirais mes godasses de la pointe de mes orteils plaquée contre le talon de mon autre pied tour-à-tour, puis troquais de la même désinvolture short et culotte contre jean et sous-vêtement propres ; et changeais de chaussettes avant de me rechausser. Je tendais ensuite la main vers mon gilet pare-balle pour l’attraper avec l’idée première de le passer, mais me ravisais en portant mon regard vers Jordan. Le souvenir de ma rencontre avec Jake et Diana, de ces balles stoppées en pleine course par je-ne-savais encore trop quelle facette de mon pouvoir, me convainquait assez prétentieusement que je n’étais pas la plus exposée à la menace d’une arme à feu. Je passais alors la veste en jean sur mes épaules, retournant et roulant les manches jusqu’aux coudes avant de reprendre le gilet en mains. Je me déplaçais jusqu’à rejoindre Jordan pour lui tendre le vêtement de protection en le toisant d’un regard assuré.

“Pour toi. J’en ai pas besoin,” lui dis-je d’un ton affirmatif, sans pour autant prendre le jeune homme de haut.

Je jouais avec le feu en réalité. La cicatrice ronde d’impact d’ogive qui ornait mon abdomen étant une preuve que je refusais d’admettre contre toute raison ou prudence, me persuadant que cela n’arriverait plus désormais. Ou plus exactement, que j’aurais de meilleures chances de m’en tirer maintenant que j’étais consciente de cet aspect de mon sixième sens. Restait juste à en saisir toute l’étendue, et les limites. Une des raisons pour laquelle je ne voulais pas aller à la ferme une fois celle-ci abandonnée. La ruralité, la campagne, les espaces naturels étaient une faiblesse à mon don quand un environnement urbain pouvait m’ouvrir bien plus de perspectives et de solutions.

Après avoir donné le gilet à Jordan s’il l’avait accepté, ou laissé à l’arrière du pick-up s’il l’avait refusé, je retournais auprès de mes affaires pour récupérer mon étui à couteaux de lancer que je passais à ma ceinture. Je marquais alors une pause, prenant une profonde inspiration en détaillant le paysage urbain de Snyder sous la lumière du couchant, une relative tranquillité d’esprit m’envahissant à retrouver la présence familière et rassurante de mes armes. Je plissais légèrement les paupières en laissant courir mon regard sur l’horizon, à la recherche d’un indice urbain qui aurait pu m’aider à me situer dans ma carte mentale - et très incomplète - de la ville. Seuls quelques bâtiments plus élevés que la moyenne, d’une dizaine d’étages et moins, loin vers le sud, m’indiquaient la direction générale du centre-ville. Un début de repère qui m’aida, en décalant légèrement mes noisettes vers la gauche, à me donner la direction générale et très vague du Perchoir.

Un soupir quitta mes narines alors que je frottais ma lèvre inférieure de la pointe de mes dents dans un mouvement de mâchoire pensif. Je glissais mes mains dans les poches du jean. Je ne savais que penser de l’idée de retourner là-bas. J’en avais tout autant envie qu'une appréhension viscérale. Mes pensées convergèrent vers Elizabeth, dont je n’osais me figurer l’état d’esprit depuis la disparition de James après avoir moi-même pris la fuite. Je ne doutais pas de la force de caractère de mon amie, mais je craignais son jugement, ses probables reproches et surtout, de devoir faire face à ma propre absence. Car je n’avais pas d’excuse à lui présenter, pas de justification à lui donner de l’avoir abandonnée comme une malpropre ; rien d’autres que ce ramassis de mensonges dont je m’étais persuadée. En vérité, il n’y aurait même plus d’Ivy Lockhart à blâmer car cette gonzesse avait disparu depuis bien longtemps. Tout ce que je souhaitais, bien pieusement, c’était que James ne disparaisse pas à son tour de la même manière.

Je déglutis, ravalant la boule d’inquiétude qui me prenait la gorge à nouveau à repenser au médecin, à ce qu’il pouvait vivre et subir, transposant sans mal à son cas mes propres démons, ce que j’avais vécu et bien plus d’horreurs encore que mon imagination fertile pouvait animer. C’était insupportable de se sentir aussi démunie et d’être obligée de temporiser quand l’envie de foncer dans le tas, d’agir sans réfléchir aux conséquences, simplement portée par le désir de sauver James se faisait aussi forte. Seule l’idée que Matthew avait raison sur notre état plus que pitoyable et désorganisé refroidissait mes ardeurs. J’envoyais valdinguer une caillasse sur la route de la pointe de ma chaussure d’un geste frustré, me détournant finalement de ma contemplation silencieuse pour rejoindre l’avant du pick-up, côté conducteur.

Je déverrouillais le véhicule d’une pression du pouce sur la clé à commande infrarouge et en ouvrais la portière. J’écarquillais les yeux de surprise à constater que le poste-radio arraché au camion de pompier, que j’avais malencontreusement fracassé d’un départ trop précipité, avait été réparé. C’était sommaire, en témoignait les bandes de chatterton qui recouvraient l’arrière du poste, mais la présence de la sortie d’antenne reconnectée et la propreté relative de l’appareil me convainquait que celui-ci devait fonctionner. Je l’espérais. Un maigre sourire satisfait naquit à la commissure de mes lèvres, car si tel était le cas, cela augmentait drastiquement mes chances de parvenir à entrer en contact avec le frangin de Melody. À condition qu’il soit capable de nous réceptionner de son côté.

Je jetais un coup d’oeil d’inspection plus général à l’état du véhicule dans son ensemble. L’habitacle avait été grossièrement nettoyé et débarrassé des détritus que j’y avais laissé. Le sang de l’homme que j’avais égorgé avait été nettoyé du tableau de bord, du volant et du pare-brise, ne laissant pour seul indice de sa mort qu’une large tache de sang séché sur l’assise du siège conducteur. Je m’installais au volant, claquant la portière conducteur après avoir jeté mon sac à dos sur la banquette arrière de la double cabine. Puis j’insérai la clé dans le contacteur de démarreur. Les divers voyants du tableau de bord s’allumèrent et la jauge du réservoir d’essence grimpa à son maximum. D’un coup d’oeil connaisseur à l’ensemble des voyants, j’en déduisais que tout paraissait fonctionner normalement. J’ajustais alors la hauteur et la profondeur de mon siège et réglais les rétroviseurs avec l’angle de réflexion approprié à ma taille.

S’il ne l’avait pas déjà fait, j’inviterai Jordan à grimper à bord d’un simple “Monte !” au ton plus ou moins porté selon sa distance.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Ven 5 Juin - 21:51
Jordan n’avait pas relevé les mots que Matthew lui avait lancé avant de partir. Il se demanda comment sans aucun contact le chasseur avait pu le mettre inconscient, mais cette question quitta son esprit bien trop rapidement sans qu’elle ne puisse avoir une réelle importance. Ce qui était important en revanche, c’était la suite, c’était après. Qu’allait-il faire, où allait-il aller ? Si l’envie de partir pour la ferme seul et d’attendre que viennent à lui les hommes du Marchand était forte, c’était sans doute parce qu’il voulait au plus profond de lui tester sa chance plus que légendaire. Revenir d’entre les morts, se prendre une balle dans la nuque qui aurait pu l’achever à quelques millimètres près, perdre plusieurs litres de sang et s’en sortir… L’idée qu’il puisse réellement tomber pour ne jamais se relever ne restait un final qu’une idée lointaine qui n’était à peine plus perceptible.

Il avait cette envie de tirer sur cette corde qu’était sa chance pour voir quand elle lâcherait, même si cette corde était la seule chose qui le maintenait en vie, il voulait trouver cette frontière, cette simple ligne que bien trop de monde avait parcouru sans jamais revenir. Presque tout ceux à qui il tenait finalement, presque tous étaient morts et n’étaient jamais revenus. Presque tous. Pas Melody, l’une des rares personnes qui pouvait être encore en vie et qu’il appréciait réellement. Même si le doute l’avait assailli pendant les dernières semaines, aujourd’hui, il ne doutait plus. Il savait. Son esprit s’était fermé à tout autre possibilité, il avait choisi sa vérité. Peut-être que ce n’était qu’un simple mécanisme d’autodéfense que son esprit avait créé pour éviter qu’il ne foute en l’air comme il le souhaitait bien trop souvent. Même lorsque son subconscient lui faisait fantasmer une vengeance envers les hommes du Marchand qu’il pourrait trouver à la ferme, même son subconscient lui mentait, car au fond, tout ce qu’il lui arriverait serait que la mort nette et définitive… dans le meilleur des cas.

Bien trop de doutes l’avaient assailli. Envers Melody dans un premier temps, avant qu’il ne fasse le choix de prendre position dans ce conflit qui était né en lui, mais maintenant, un doute sur l’identité de la personne présente à la ferme, celle qui avait partagé son repas, celle qui lui avait souri… Celle qui était responsable de ces attaques, celle qui était responsable de ce qui leur arrivait, celle qui était responsable de ce qui arrivait à Melody. Il devait savoir qui en était le responsable. Il en avait besoin.

S’il doutait du nom du traître, une chose était sûre, il n’irait pas au Perchoir. Jamais. Avoir une chance même minime seul était préférable au fait d’être laissé pour mort, encore une fois par ceux qu’il pouvait considérer comme ses alliés, voir même, ses amis. Matthew revint alors que le jeune homme était perdu dans ses pensées, encore une fois. Perdu oui, car s’il avait avancé, il ne savait pas où il était, et surtout, il ne savait pas où il en était. Il descendit l’échelle non pas sans mal à cause de sa blessure, mais aussi et surtout à cause du fait qu’il était resté immobile pendant trop de temps, il n’avait plus l’habitude non plus de ce genre d’exercice. En fait, il n’avait plus l’habitude de rien depuis sa mort, ou plutôt de sa résurrection. Finalement, qu’est-ce qu’il lui restait à part le maigre contenu du sac que lui avait donné Matthew ainsi que ses armes ? Ses souvenirs qui paraissaient de plus en plus incomplets quand il tentait de se rappeler sa vie d’avant ? Qu’est-ce qu’il lui restait à part ça ?

Il releva les yeux lorsqu’il eut les deux pieds posés au sol, observant Ivy descendre. Il tentait de maintenir l’échelle du mieux qu’il le pouvait pour l’aider. Il eut sa réponse quand elle arriva elle aussi au sol. Ivy, tout simplement. C’était finalement tout ce qui lui restait. Quelqu’un qui serait là avec lui, quelqu’un sur qui il pouvait espérer compter, surtout après les quelques mots qui auraient fait rire Jordan en temps normal. Elle le protègerait. Elle, elle qui avait fui en pleine forêt. Cette pensée l’amusa plus qu’autre chose, si jamais il devait éprouver une certaine rancœur pour cette escapade en quête de ce maudit camping-car car elle l’avait abandonné, ces mots avaient tout changer. Non, il ne pouvait pas lui en vouloir, car à présent, elle le protègerait. Il l’avait vu dans un sale état après qu’ils aient subi l’attaque au campement, il était resté auprès d’elle pour s’en occuper du mieux qu’il le pouvait. Aujourd’hui, il l’avait découvert dans un état pire encore. Bien pire. Mais à présent, c’était elle qui allait le protéger. Il ne pouvait cesser d’y penser. Elle y croyait vraiment à première vue. Après tout, il était resté absent pendant bien longtemps, bien trop longtemps. Peut-être qu’elle avait changé. Peut-être pas.

La solitude restait et resterait sans aucun doute l’un des plus gros poids que Jordan devrait se trimballer, sans aucun doute bien trop lourd pour lui seul. C’était une des raisons qui l’empêcherait de partir seul en direction de la ferme. Une raison parmi d’autres qui ferait sans aucun doute pencher la balance de sa prochaine mort. Ils marchèrent en silence dans cette forêt, jusqu’à ce qu’ils s’approchent du véhicule, un véhicule qu’Ivy connaissait à voir Matthew lui donner les clés comme cela. Le jeune homme s’approcha de l’arrière du véhicule où il trouva son sac et ses affaires. Il se chaussa rapidement avant d’ouvrir le sac qui semblait être le sien. Il lâcha un simple soupir de soulagement quand il aperçu ses deux machettes. Finalement, n’était-ce pas tout ce qu’il lui fallait ? Une simple extension de lui-même qui n’avait qu’un seul but, l’aider dans la seule chose qu’il savait faire, tuer. Tuer, encore, toujours, non pas parce que la situation ou les conséquences l’y obligeaient, non, mais tout simplement parce que c’était un monstre. Un simple gosse qui était devenu complètement dérangé après avoir tué pour sauver sa peau, pour se venger. Mais ce n’était plus son instinct de survie qui le poussait à prendre des vies à présent, maintenant, c’était lui-même. C’était cet insatiable besoin de violence qui faisait de lui le monstre qu’il était. Un animal, tout simplement.

Puis ce fût dans un certain silence que Matthew parti seul à travers la forêt, un silence qui n’était accompagné que d’un simple mouvement de tête en guise de remerciement envers celui qui était auparavant bourreau, maintenant sauveur. Le jeune homme attraperait une machette, ferait quelques simples moulinets avec son arme avant de frapper l’air de quelques mouvements. Il la garderait dans sa main droite, si jamais il perdait son arme ou qu’elle se retrouvait coincée dans le crâne d’un de ces morts, il n’aurait pas besoin de prendre du temps pour tenter de l’extirper de là. Il avait déjà eu cette chance, d’avoir le luxe de perdre une arme face aux morts sans que cela ne lui soit fatal. Il avait retenu la leçon. Toujours deux armes sur soi. Minimum. Ivy lui tendit une gourde alors qu’il commençait juste à battre l’air de simples mouvements. Il s’arrêta pour la remercier d’un simple mot.

« Merci. » dit-il avec un léger sourire avant de boire quelques gorgées d’eau dans cette gourde. Contrairement à Ivy, il sortait de la ferme, il n’avait pas subi quelconque privation, même si le trajet qu’il avait fait jusqu’ici lui donnait soif, il s’en sortait plus que bien comparé à la petite mécano. Il attrapera les quelques vêtements qui devaient être pour lui avant de les mettre dans son sac qu’il ferma pour le porter à son dos juste après. Il aperçu qu’Ivy commençait à se changer, il lui tourna le dos pour lui laisser brin d’intimité. Si elle n’affichait aucune gêne, c’était essentiellement pour Jordan qui n’avait pas vu une femme dénudée depuis bien longtemps.

Il avait attendu qu’elle termine, qu’elle lui adresse la parole en lui tendait le gilet pare-balles. Il secoua légèrement la tête. Elle n’en avait pas besoin ? Jordan avait failli crever d’une balle lors de l’attaque du camp, mais elle n’en avait pas besoin ? Si le fait qu’elle lui dise qu’elle allait le protéger avait pu paraître amusant, là, cela devenait plus qu’inquiétant. Elle ne se rendait peut-être plus compte du danger, plus du tout. Il prit une légère inspiration avant de lui répondre.

« Non. Je me sentirai bien mieux si tu le portais. Vraiment. »

Il déposa le gilet à l’arrière en espérant sincèrement qu’elle le récupère. Il attendit, regardant Ivy pendant quelques instants, guettant ses réactions comme un spectateur devant une énième pièce de théâtre jusqu’à ce qu’elle monte dans le véhicule. Il soupira légèrement. Puis il entendit l’injonction qu’elle lui lança. Monter. Il inspira avant d’ouvrir la porte avant passager, sans monter, il lui répondit.

« Je n’irai pas au Perchoir. Je n’avais pas envie d’en parler devant Matthew… Mais je n’irai pas là-bas. Si tu comptes trouver le frère de Melody, je t’aiderai, mais si tu comptes aller au Perchoir, je préfère partir de mon côté. A toi de me dire ce que tu fais. »
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1120/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Dim 7 Juin - 15:35
Nonchalamment, j’empoignais le sommet du volant de la main gauche, la main droite posée sur le pommeau du levier de vitesse. Je tournais le regard en direction de la portière passager lorsque Jordan l’ouvrit, m’attendant à le voir s’exécuter plus ou moins sans trop broncher. Mais il semblait devoir en aller autrement. À sa réponse, mon visage se grima d’un rictus plus pensif, qui ne se voulut ni réprobateur, ni même contrarié. En vérité, j’offrais au jeune homme une attitude plus neutre, avec pour seule réaction le pincement distrait de ma lèvre inférieure sous mes incisives. Sans mot, je déportais ma main droite vers la clé du véhicule, coupant le contact électrique et faisant s’éteindre tous les voyants du tableau de bord avant de l’amener rejoindre sa consœur sur le sommet du volant. Un long et discret soupir quitta mes narines quand je détournais mon regard noisette de l’homme pour le ramener dans la contemplation lointaine du paysage de Snyder au-travers du pare-brise.

Je laissais mon dos s’enfoncer plus profondément contre le dossier du siège conducteur, l’arrière du crâne écrasé contre l’appui-tête, fermant les paupières après quelques secondes d’un silence marqué. Je réfléchissais aux propos de Jordan, tournant et retournant ses mots dans mon esprit durant de longs instants, relevant tout particulièrement sa proposition à m’aider dans ma recherche du frangin de Melody. Une profonde inspiration, animée par ces pensées que je gambergeais, souleva ma poitrine et tendit le tissu de la veste de jean la cintrant. Je portais une nouvelle fois mon regard en direction du jeune homme en redressant la tête, ponctuant le mouvement de discrètes oscillations d’acceptation.

“Très bien,” lui répondis-je finalement d’une voix monocorde aux nuances de résignation. “J’comptais t’emmener au Perchoir pour que tu puisses avoir un refuge, mais si t’en as pas envie, j’t’y obligerai pas.”

Mon regard se déportait vers l’horizon par-delà le pare-brise dans une fixation vague et contemplative d’un point lointain, uniquement discernable par mon esprit. Le Perchoir. Ou du moins, sa direction générale car le bâtiment n’était clairement pas visible depuis notre position. Le souvenir d’Elizabeth, nos mots échangés, notre promesse ; tout cela revenait bondir contre mon esprit, aussi invariablement que le ressac de l’eau salée contre une falaise. M’attendait-elle simplement, d’une façon ou d’une autre ; ou la déception avait-elle été si forte dans cet abandon pour qu’elle ne s’imagine seulement que je puisse encore être là, dehors, à penser à elle. Je secouais très lentement la tête. Je réfléchissais bien trop, me posais trop de questions qui ne pouvaient être résolues. C’était un simple gâchis. De temps. D’énergie. Je devais avancer. Sérieusement.  

Je passais ma langue entre les lèvres, laissant mes noisettes redescendre vers le centre du volant visible entre mes coudes. Je serrais les dents, jusqu’à faire saillir sous ma peau les muscles de mes mâchoires crispées. Je fermais alors les paupières, au terme d’une profonde inspiration, essayant de décharger mon esprit de l’ensemble de ces pensées parasites et chaotiques. Lentement, je laissais d’autres barrières s’effondrer, celles de mon sixième sens qui se déployait passivement, illuminant la pénombre de mon regard d’une réalité bien différente à observer, faite de perceptions, de lignes dansantes aux reliefs plus ou moins épurés selon l’architecture des métaux qui m’environnaient.

L’ossature du Ford. Sa carrosserie, les pièces mécaniques, les multiples câbles électriques qui couraient bien à l’abri de leurs gaines sous leurs habillages de plastique comme autant de fibres musculaires. La présence de cette mitrailleuse lourde derrière moi, à la mécanique aussi complexe que le véhicule, la finesse de cet acier épuré qui constituait les machettes de Jordan comme les lames de mes couteaux. Les points lumineux et sporadiques des boutons de mes propres vêtements, les œillets qui accueillaient les lacets de mes chaussures, le tout éclatant comme une nuée d’étoiles sur une toile obscure. Il y avait tant à saisir, à ressentir, à caresser de quelques frôlements de l’esprit que je m’en trouvais paradoxalement dépassée et apaisée.

J’emplis mes poumons d’une nouvelle inspiration, après que l’air en fut vidé d’un long souffle, à me laisser simplement porter par la contemplation de ce monde qui était mien. Une réalité alternative, dans laquelle chacun se trouvait plongé malgré lui et dont j’étais la seule à avoir conscience. La chair de poule courut le long de mes bras et mon dos en un frisson galvanisant, faisant se hérisser les poils de mes avant-bras nus et de ma nuque. Un frisson qui parut se diffuser bien au-delà de la seule frontière de ma chair, agitant d’une unique et brève impulsion les lignes de champ magnétique sans ne soumettre la moindre particule de métal à un quelconque mouvement. Seule une vague d’apaisement, sereine, me revenait en échos de cette onde qui s’était perdue bien loin de moi et de la seule carcasse du véhicule.

Ce fut alors sur un regard adouci de cet apaisement jaillit de nulle part que je rouvrais les paupières, fixant de nouveau le lointain avant de reprendre la parole, d’une voix au ton suffisamment mesuré pour être audible du jeune homme.

“Si j’me suis tirée du Perchoir, c’était pour les laisser en paix. Pas y retourner au bout d’une semaine,” confiai-je avec une douceur fataliste. “Sauf qu’il n’y a pas d’paix. Il n’y a que nous. Contre ce monde. Contre ces types qui s’moquent bien de savoir si nous venons d’la ferme, du Perchoir, de Hope ou du putain d’Vatican.” Je tournais mes noisettes en direction de Jordan, fronçant légèrement les sourcils en m’adressant à lui d’un ton de plus en plus résolu. Une ténacité saisie à la volée parmi les volutes invisibles d'une tranquillité d'esprit peu à peu retrouvée dans l'assurance de mon sixième sens.

“J’compte me rendre au Perchoir pour renouer l’contact comme j’l’ai dit à Matthew, mais je compte pas y rester plus d'quelques heures. Juste le temps d'faire table rase de toutes ces conneries ; parce qu’on aura besoin d’leur aide et eux d’la nôtre. J’vais trouver le frangin d’Melody et les autres rescapés de Hope. Leur offrir un nouveau refuge. Rassembler autant d’monde que possible, tous les gens comme nous pour mener c’te guerre et sauver nos amis.” Je me tournais un peu plus sur l’assise du siège, m’accoudant du bras droit sur le sommet du dossier en laissant ma main gauche sur le volant, observant Jordan avec plus d’attention avant de conclure d’une franchise sèche, peut-être même rude à entendre, mais dénuée de toute forme de méchanceté ou de dénigrement.

“J’en ai ma claque d’essayer d’convaincre des gens comme Matthew ou l’Vagabond qui m’disent toujours c’que j’dois faire. Ou quoi penser. Ou comment agir… Parce qu’au fond, j’me moque de qui tu es et de c’que t’as fait. J’ai pas d’raison de t’convaincre de rester, ni d’raison de te d’mander de partir. J’cherche ni ta sympathie, ni ta reconnaissance ; pas même ton aide en vérité. Si t’embarques, j’t’offrirai pas la sécurité, j’t’offrirai pas le confort, j’t’offrirai aucune certitude hormis celles-ci..." Ma langue claqua contre mon palais le temps d'une seconde, mes noisettes se durcissant d'une farouche détermination. "...si tu comptes m’aider, j’ferais tout ce qu’est en mon pouvoir pour t’protéger. Et si tu viens à m’trahir, j’te tuerai sans aucune hésitation. Voilà c’que j’compte faire ; alors soit ça t’convient et tu montes à bord, soit tu prends tes affaires et tu t’tires.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Lun 8 Juin - 21:47
Le jeune homme était resté immobile pendant qu’Ivy parlait. Finalement, il n’attendait que sa réponse, une simple réponse, il n’irait pas au Perchoir, et la petite mécano souhaitait y aller. Le problème était simple, la solution était évidente, et lui amena la réponse. Elle ne l’emmènerait pas là-bas. C’était finalement tout ce dont Jordan avait besoin pour monter. Il fit basculer son sac sur son épaule droite avant de venir chercher la hanse de ce dernier avec sa main gauche pour venir s’installer dans le véhicule quand elle reprit la parole. Il s’était arrêté pour l’écouter, pour entendre les quelques mots qu’elle avait à dire. Des mots en plus, dont Jordan se foutait complètement.

Il était là, dehors, à l’écouter lui expliquait pourquoi elle était partie. Si dans un premier temps il avait pu penser qu’il y avait un problème avec le Perchoir, peut-être qu’ils avaient à nouveau laissé quelqu’un crever à nouveau, encore une fois, mais non. Elle était partie. Pour les laisser en paix. Finalement, peut-être avait-il eu besoin de paix pour partir chercher ce camping-car dans leur ancien camp. Peut-être bien qu’il eût tout simplement besoin de paix pour se vider son sang dans cette foutue salle de bain crasseuse quand sa vie ne tenait qu’au bon vouloir de ceux qu’il considérait comme ses amis. Au fond, il n’avait pas besoin de réfléchir plus d’une simple seconde. Elle les avait abandonnés, comme ils l’avaient fait avec lui. Et comme elle l’avait fait avec lui d’ailleurs.

Peut-être que tout son discours n’était qu’une vaste fumisterie qui n’avait qu’un seul but, se protéger elle-même. Il ne savait pas ce qu’il s’était passé pendant son absence, il n’en avait aucune idée. Mais il doutait réellement du fait qu’elle ait tant changé en si peu de temps. Si cela l’amusait dans un premier temps, cela avait sérieusement commencé à l’inquiéter, à tel point qu’il en venait à se demander si elle avait un problème, ou si elle était tout simplement malhonnête, se donner des airs de reine pour supporter le fait qu’elle ne soit qu’un pion, comme tous les autres. Comme tous ses amis.

Oui, c’étaient ses amis. Pas ceux de Jordan. C’était la première chose qu’il pensa avant qu’elle ne reprenne. Finalement, elle se moquait de qui était le jeune homme, de ce qu’il avait fait. Elle se moquait sans doute du fait qu’il était le seul présent à ses côtés quand elle avait besoin alors qu’il ne savait même pas qui elle était. Elle se moquait sans doute du fait que James, le seul médecin du groupe s’était barré seul alors qu’Ivy était revenue et était dans un état déplorable. Elle s’en moquait sans doute parce qu’elle avait ses amis. Ses amis qui n’étaient pas là quand lui était resté. Ses amis qu’elle avait tout simplement abandonné. Mais au fond, elle se moquait de qui il était. Lui qui pensait qu’il était son ami.

C’était le coup de trop. Ivy lui balança tout simplement un mollard en pleine gueule. Elle qui n’avait fait que cracher son venin sur Melody, la seule personne qui avait eu un tant soit peu de considération pour le jeune homme, la seule personne qui s’était intéressée à lui sans chercher à lui foutre à l’envers, la seule personne qui était là quand Jordan avait eu besoin d’aide. Maintenant, elle lui montrait sans aucune pudeur ce qu’elle ressentait envers lui. Rien. Rien du tout. Elle n’hésitait même pas à exhiber au grand jour l’amitié qu’elle portait à ceux qui avaient fait le choix de laisser le jeune homme crever.

Ivy n’aurait pas pu faire plus mal au jeune homme même si elle l’avait voulu. Son cœur venait d’être transpercé par une flèche nommée tristesse tandis que la rage venait envahir son esprit. Les larmes commençaient à lui monter aux yeux, mais aucune ne coula. Il recula brusquement, détourna ses yeux rougis avant de cracher quelques mots.

« Va te faire foutre. »

Il referma la portière du côté passager avec une colère indescriptible, il y aurait mis toute sa force, dans l’espoir, sans doute, que cela le soulage. Mais quand cette dernière se referma, il ne se sentait pas mieux, bien au contraire. Une boule se forma au creux de son estomac alors qu’il sentait son corps légèrement trembler tandis qu’il commençait à partir en direction des premiers bâtiments visibles de Snyder.

Il n’avait qu’un simple pas que les larmes commencèrent à rouler sur ses joues. Il savait plus que tout ce que ça impliquait. Il était seul à présent. Tout seul. Peut-être qu’il allait crever tout seul ici. Peut-être qu’il n’en avait rien à foutre de crever finalement, car au fond, il aurait pu se taire et subir, encore une fois et monter dans cette foutue bagnole. Mais c’était trop. Mais au moins, c’était terminé. Il n’irait jamais au Perchoir, il ne reverrait plus jamais ceux qui l’avaient laissé crever. Avec un peu de chance, il ne reverrait plus Matthew, plus Ivy, plus Raphaël, plus aucun de ces enfoirés qui ne pouvaient pas le considérer autrement que comme un simple pion sur un jeu d’échecs. S’il avait envie de faire la peau au Marchand et autres Soultrange pour se venger, venger Melody, voir peut-être la sauver, à cet instant, il avait la simple envie de voir tout le monde crever.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1120/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Mer 10 Juin - 21:52
Je pus sentir ma main gauche se crisper plus fortement autour du volant, arquant un sourcil trahissant le bref étonnement qui m’avait saisi à la réponse aussi fugace que tranchée de Jordan. Les traits de mon visage s’étaient crispés de la même manière l’instant d’une poignée de secondes, mes paupières se plissant finalement quand mes lèvres se pinçaient sur un léger mordillement de l’inférieure. Un unique, lent et discret basculement de tête fit s’abaisser mon menton de quelques centimètres. Mes yeux ne se détachèrent pas de la silhouette du jeune homme que je continuais d’observer par le carreau de cette portière passager claquée avec véhémence.

Que j’aille me faire foutre ? Je restais interdite quelques secondes quand d’autres pensées venaient parasiter mon esprit, glissant sûrement sur toutes les nuances qu’il était possible d’accorder aux quelques mots de Jordan. Parmi elles, le souvenir de cette étreinte charnelle, intense et exutoire sur cette foutue table de réunion avec Kyle. L’idée totalement déplacée me saisit - éveillant quelques désirs viscéraux me tordant le bas-ventre - qu’après toutes les tensions, les horreurs, les vies détruites et volées, le sang versé, les mauvaises nouvelles et les dangers, j’aurai effectivement bien besoin d’aller me faire foutre. Retrouver ces instants de légèreté et d’abandon où tout ce qu’il y avait autour et pouvait peser sur nous n’avait plus aucune forme d’importance ; ces instants où il y avait juste une paire de bras et un corps tout entier, tendu, chaud, moite et possessif où trouver refuge.

Au lieu de ça, il n’y avait que cette solitude, cette bagnole, ces incertitudes et ce gamin qui m’envoyait chier, se détournait de moi. Je savais que mes mots avaient été rudes et très certainement maladroits, surtout que je n’étais pas une experte de la mise en forme verbale. Le regard s’humidifiant de Jordan ne m’avait pas échappé peu avant qu’il ne m’envoie ses mots à la tronche. Je l’avais blessé, c’était certain. Quelque part, je lui avais chatouillé une ou plusieurs cordes sensibles bien que j’étais totalement incapable de discerner dans mon discours à quel moment j’avais pu le faire. Je n’avais clairement pas l’empathie ni l’expérience des relations humaines suffisantes pour y déceler le moindre indice.

Était-ce le fait d’aller au Perchoir malgré tout, même pour quelques heures ? Que je me moque de ce qu’il avait pu être ou faire par le passé car cela n’avait plus aucune forme d’importance maintenant que nous étions à l’aube d’un nouveau départ ? Ou simplement que je déclare n’avoir pas besoin de son aide, ce qui était aussi vrai dans les faits que faux dans le fond ? Je n’en savais rien, je ne le comprenais tout simplement pas. Cette logique humaine, à la mécanique trop irrationnelle pour ma conception des choses, m’échappait totalement. Je prenais d’autant plus conscience de l’importance qu’avait eu ma Liz’ en point de repère au milieu du foutoir de mon existence actuelle. Un point de repère que j’avais bien ironiquement envoyé se faire foutre la première. Plus que son absence, je prenais conscience de toute l’ampleur de ma propre cruauté. Dans mes mots, dans mes actes, dans mes choix. Une cruauté abjecte, mais dont je ne pouvais nier la nécessité face à ma propre conception de ce monde et ce qu’il m’appelait à faire, à devenir.

Il n’y avait eu qu’une poignées de secondes d’écoulées entre ce “va te faire foutre”, ce claquement de portière et la réalisation de ce constat. Un constat qui se voulait d’autant plus percutant que Jordan se tirait vraiment. Pour de bon. Encore une fois. Peu importait au final les mots, les jolies paroles et les belles promesses… Il ne valait pas mieux que moi, quoi qu’il puisse affirmer, il n’était pas différent de moi et je détestais d’autant plus cela que ça me renvoyait à mes propres images, mes propres échecs. Quelques secondes, quelques mots et un désarroi palpable, et déjà je sentais mon sang ne faire qu’un tour.

D’un geste sec, je délaissai le volant de ma main gauche pour l’envoyer vers la poignée de la portière tandis que j’attrapai mon sac à dos de la main droite. J’ouvrais ensuite la portière avec emportement, pivotant du bassin pour jaillir hors du pick-up sans refermer derrière moi. De quelques pas vifs, remettant mon sac sur les épaules, je commençais à contourner le capot du véhicule en faisant tonner ma voix pour interpeller le jeune homme, laissant libre court à mon sixième sens de se déployer.

“Hey connard !” Je frappai la tôle du capot du Ford de la main droite, réveillant brièvement la douleur de ma blessure sans que je n’en tienne rigueur. Mon esprit se voulait bien trop échaudé pour cela. “Tu comptes faire quoi solo ? Comme d’hab’ ? Partir en boudant ?” Je levais les mains, paumes vers le ciel pour marquer cette interrogation parfaitement rhétorique en m’arrêtant devant le nez du pick-up, entre les deux phares.

“J’veux que rien ne t’arrive Ivy… J’veux pas que tu r’vives l’enfer Ivy… J’t’ai amené ici, j’te ramènerai à la maison. J’te l’promets… Tout ira bien maintenant, j’te l’promets, j’suis là et j’resterai avec toi…” Je venais de lui rebalancer les mots et promesses qu’il m’avait jetés à la gueule d’une voix grinçante et exagérément geignarde, mes traits s’étant crispés d’une moquerie dédaigneuse avant de se grimer d’une colère plus franche.

“C’est pas moi qu’ai abandonné l’autre dans les bois c’jour-là après lui avoir fait d’belles promesses. Quand j’te dis que j’m’en fous d’toi et d’ce que t’as fait, j’veux pas dire que j’en ai rien à foutre de toi... J’voulais juste te dire qu’on repart à zéro… Ici. Maintenant. Que tout c’qui compte désormais, c’est l’avenir… Sauver James et Melody d’ces types. Mais si tu t’crois si bon, si capable d’faire face à c’monde et ces types en solo pour m’envoyer m’faire foutre… Vas-y !” J’accompagnais mon exclamation d’un geste élancé du bras gauche en direction de la ville au loin.

“Barre-toi avec tes trois boîtes de conserve sans une goutte de flotte, sans radio, sans allié… Vas-y ! Continue d’laisser les autres s’démerder, s’battre et souffrir pendant que tu r’tournes mener ta p’tite vie pépouze à la ferme. Laisse tomber Melody, laisse tomber son frangin et tous les autres comme tu m’as plantée dans les bois… Tu vaux pas mieux que moi d’ce côté-là, alors t’as qu’à les laisser crever. Personne t’en voudra d’toute façon, tout l’monde te croit mort…” Je marquais cet emportement d’un bref et intense soupir quittant mes narines, ma main gauche passant rapidement dans mes cheveux pour dégager les mèches tombant sur mon front et les ramener en arrière.

“Mais avant d’te barrer, conduis-toi comme un mec. Porte tes couilles et dis-moi c’que t’as à m’dire. Vide ton sac, faisons table rase. Ça m’fait pas peur. Tu m’fais pas peur.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
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Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
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Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Jeu 11 Juin - 1:18
Si Ivy voulait qu’il se tire, c’était chose faite. Il était trop longtemps resté passif, il avait enduré cela sans même le voir pendant trop longtemps, mais maintenant qu’il avait ouvert les yeux, il lui était impossible de détourner le regard. Il passait en revue les événements depuis sa résurrection, qu’avait-il fait de mal ? Rien, il avait toujours fait tout ce qu’il pouvait pour eux, pour ceux qui l’avaient laissé crever dans cette maison, pour ceux qui l’avaient laissé sur place quand il avait besoin d’aide. Il continuait à avancer quand il l’entendit quitter son véhicule pour ne faire qu’une simple chose, l’injurier. Après tout, est-ce qu’il s’attendait réellement à mieux de sa part ? En réalité, il ne s’attendait à rien. Il en avait assez de subir, il préférait tout simplement fuir, ne pas s’enfermer encore avec des gens qui le sacrifieraient sans aucun état d’âme.

Puis elle continua à parler, encore. Les larmes n’avaient cessé de rouler sur ses joues, mais il s’arrêta d’avancer quand elle l’imita, ou plutôt quand elle singea. Il avait pensé chacun de ses mots avant de découvrir la véritable Ivy. Égoïste et égocentrique comme les autres finalement. Elle seule comptait. Il écouta tout ce qu’elle avait à dire, laissant son dos lui faire face, même quand elle lui lâcha sans vergogne que c’était lui qui l’avait laissé dans cette forêt alors qu’elle s’était excusée quelques instants avant d’être partie à ce moment-là. Elle se jouait de lui, elle l’utilisait.

Le jeune homme ferma les yeux, s’efforçant de ne plus accorder une seule larme de plus à la petite mécano. Elle n’en valait pas une de plus. Jordan tenta de se calmer, inspirant par le nez lentement, essayant tant bien que mal d’arrêter ces tremblements nés de cette colère qui emplissait son âme, une colère à laquelle s’ajoutait une pointe de déception et une certaine tristesse. Il avait cru en quelqu’un une nouvelle fois. Mais cette fois, peut-être qu’il pourrait partir à temps. Peut-être que cette fois, la peur de la solitude était tombée face à la raison. Ne pas rester avec quelqu’un qui n’hésiterait pas à nous sacrifier. Pas encore. Pas après tout ça.

Au fond, il se foutait de l’avenir contrairement à Ivy. Il ne pouvait même pas le concevoir. Il n’avait aucune envie de sauver James. Il était même plus que probable qu’il préfère crever plutôt que de le sortir de son putain de caveau. Contrairement à Melody. Puis elle continua ses mots. Si la suite aurait du lui faire mal, il n’en était rien. Il s’était bien trop longtemps posé une question, une simple question. Qu’est-ce qu’il avait mal fait pour que les autres le laissent derrière ? Puis la réponse était venue, une simplicité infinie. Rien. C’était les autres le problème. Les autres, dont Ivy. Mais elle ne s’en rendait peut-être même pas compte. Il n’avait pas bougé pendant tout son long discours. Il avait réussi à s'arrêter de pleurer, mais c’était sur l’ultime provocation d’Ivy qu’il tiqua.

Il ne lui faisait pas peur. Peur. C’était pour ça qu’il était resté sur place. Parce que James avait eu peur de lui. Parce qu’il avait eu peur de voir Jordan dévorer le visage des siens. Une hypocrisie démesurée quand on savait que James avait semé la mort juste avant Jordan pour exactement les mêmes raisons. Se protéger et protéger les siens. Il était resté sur place parce qu’il lui avait fait peur, parce que James avait eu peur du monstre qui se cachait chez Jordan. Et elle, elle qui s'effondrait quand elle ne trouvait pas ses amis n’avait pas peur de lui ? C’en était ridicule.

Il jeta au sol sa machette avant de libérer son dos du sac que lui avait confié Matthew plus tôt pour le poser juste devant lui, puis, il se retourna. Le jeune homme posa ses yeux rougis sur Ivy qui aurait peut-être pu voir certaines veines au niveau de ses tempes ou de son front apparaître à cause de la colère qui envahissait le jeune homme. Il la fixa pendant une seconde avec un regard empli de haine avant de commencer à parler. En fait, il ne parlait pas, il crachait ses mots, c’était une rage bouillonnante qui prenait le contrôle du corps du jeune homme.

« Tu t’es barrée comme une merde dans cette putain de forêt alors que j’étais là pour toi… Alors que j’étais là pour te protéger… Mais j’imagine que depuis qu’on est descendus de cette putain de cabane toute l’histoire a changé ? HEIN ? » Il haussa la voix sur la fin alors qu’il fit un pas en direction d’Ivy.

« Mais t’as raison. Je vais me barrer, comme tu l’as fait quand j’avais besoin de toi. T’as raison. Je ferai comme Samuel quand t’étais inconsciente dans la même baraque que lui. Je vais laisser quelqu’un d’autre s’occuper de toi. T’as raison. Je ferai comme James quand t’es revenue le soir de l’attaque. Je vais me casser pour ne penser qu’à ma gueule alors que je suis le seul médecin du groupe et que t’es dans un état déplorable. T’as raison. Je vais pas refaire pareil, je vais pas m’occuper d'une garce que je ne connais pas qu’est inconsciente et dans un sale état comme t’étais. T’as raison, je devrai laisser les autres se démerder. ENCORE. PARCE QU’AU FOND C’EST-CE QUE J’AI FAIT DEPUIS LE DÉBUT, NON ? » Il hurla sur sa dernière phrase alors qu’il avançait lentement vers Ivy. Si aucun de ses gestes ne semblait menaçant, son regard, lui, l’était.

« AU FOND IVY… AU FOND… MA VIE ÉTAIT QUAND MÊME PEPOUZE A LA FERME, NON ? » Il s’arrêta une simple seconde, baissant les yeux au sol un simple instant avant de les relever sur Ivy. Ce n’était plus de la haine qui se lisait dans son regard, mais de la tristesse. « Au fond… Ivy… J’étais quand même pépouze à la ferme avec Matthew qui essayait de me tuer en m’étouffant… Au fond Ivy, j’étais quand même pépouze enchaîné à un lit alors que je souffrais tellement que j’ai demandé qu’on m’achève… Qu’on me laisse partir en chialant comme un gosse… »

Son regard se fit plus dur tandis qu’il continuait d’avancer dans la direction de celle qui avait provoqué ce monologue. Ce bien trop long monologue.

« Mais t’as raison. J’ai tout fait de travers. J’aurai pas dû risquer ma vie pour sauver James le soir de l’attaque. Peut-être qu’il m’aurait pas foutu sur la gueule quelques instants après pour pouvoir se barrer tranquillement en te laissant dans ton état sans un putain de médecin. Mais je l’ai fait et c’était moi qui était là quand tu t’es réveillée. Mais t’as raison. J’ai tout fait de travers. J’aurai pas dû risquer ma vie pour sauver James le soir de l’attaque. Peut-être qu’il aurait pas fait demi-tour quand j’étais en train de me vider de mon sang dans cette putain de baraque. Peut-être qu’avec ta pote Elizabeth il auraient eu la bonne idée de venir juste m’aider ? Comme je l’avais fait pour James ? Peut-être que si j’avais pas risqué ma peau pour sauver ce fils de pute de James, peut-être que Melody ne serait pas allé le chercher pour qu’il vienne m’aider quand je me vidais de mon sang ? Peut-être qu’elle aurait ramené quelqu’un d’autre que tes amis James et Elizabeth ? Peut-être qu’elle aurait ramené quelqu’un qui aurait essayé de m’aider ? Au lieu de se barrer et de dire à tout le monde que j’étais mort ? Non ? »

Le jeune homme était à présent proche d’Ivy, et un sourire malsain naquît sur son visage alors qu’il continuait sa tirade.

« Non ? Tu ne penses pas Ivy ? Tu penses que j’aurai dû faire comme James pour être ton ami ? Tu penses que j’aurai dû penser qu’à ma gueule ? Tu penses que j’aurai dû laisser crever… les miens ? Ou bien peut-être que j’aurai dû, tout simplement, abandonner tout le monde en disant que c’était pour les protéger ? » Son sourire s’effaça tout à coup et il se remit à hurler alors qu’il était tout proche d’Ivy.

« DIS-MOI IVY, DIS-MOI ! QU’EST-CE QUE J’AURAI DU FAIRE POUR QUE CEUX QUE JE CONSIDÉRAIS COMME MES AMIS NE ME LAISSENT PAS CREVER SANS MÊME ESSAYER DE M'AIDER ALORS QUE J’AURAI TOUT DONNÉ POUR EUX ? »

Il s’arrêta d’hurler, à nouveau, peut-être que ce serait la dernière fois, peut-être qu’Ivy deviendrait sourde en plus d’être à moitié aveugle vu que le jeune homme gueulait comme décérébré. Jordan se redressa, fixant son regard sur la petite mécano. Étrangement, il ne la regardait pas de haut, non. Son regard semblait tout simplement triste.

« Je regrette d’avoir eu cette putain de deuxième chance. J’aurai préféré crever de la fièvre dans le désert entouré des cadavres des miens. » Il se retourna, tournant le dos à Ivy avant de lâcher une dernière phrase.

« C’était pas pour mener une vie pépouze que je voulais aller à la ferme, c’était pour la terminer. »

Sur ces simples mots, il se dirigea vers son sac et sa machette qu’il avait laissé plus loin.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
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-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1120/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Jeu 11 Juin - 23:20
Je n’avais pas bougé du moindre millimètre.C’est à peine si j’avais cillé d’un battement de paupières lorsque Jordan se défit de son sac et jeta sa machette, m’adressant un regard lourd de sens. Regard au-travers duquel il ne m’était pas difficile de comprendre que je l’avais atteint. Même pour une incapable comme moi à cerner les gens avec l’aisance d’autres bien plus sociaux et certainement moins orgueilleux, cela me crever les yeux. Les traits crispés de son visage, ses yeux rougis, la tension de ses veines battant sous sa peau. Je savais à cet instant que j’allais avoir droit à une explosion, une véritable révélation de ce qui pouvait être contenu sous ce crâne et derrière ce coeur gonflé soit de tristesse, soit de rage. Les larmes de l’homme n’étaient pas bien difficile à manquer, pas plus que cette flamme ardente qui menaçait de se répandre. Je déglutis légèrement, me figeant et me braquant sur place, tous mes muscles en tension et l’esprit plus alerte, le sixième sens affûté sur la moindre once de métal que je pouvais dresser en rempart entre lui et moi. Mais toujours aucune peur, aucune crainte de lui tenir tête, lui faire face.

J’encaissais le feu de cette colère qui le consumait à ses premiers mots, aussi vindicatifs que mérités. J’encaissais sans broncher, sans n’esquisser le moindre mouvement de recul, ne relevant le menton qu’au fil de ses pas pour continuer de soutenir ce regard flamboyant quand notre différence de taille m’y obligeait. Lentement, je fourrais mes mains dans mes poches. La gauche la pemière, la droite peu après, avec quelques secondes d’intervalles désynchronisées, écartant légèrement les pieds sur le sol en soulevant de discrets volutes de poussière sèche. Une profonde inspiration, suivie d’une autre, de bien d’autres, quand son ton gagnait en volume, en puissance, en promesse dansantes de menaces dans son regard. Jordan soulevait de nombreux points, énonçait de multiples reproches sur des faits dont je n’avais finalement même pas eu connaissance. Tout ce qui ressortait de son discours, c’était sa profonde méprise pour James, ce qui me blessait quelque part bien plus que les reproches qu’il pouvait adresser à ma petite personne. Car j’avais pleinement conscience de mes défauts, de mes erreurs, de cet égoïsme abject qui me caractérisait tout autant que mon intellect.

Néanmoins, je plissais légèrement les paupières, intriguée par les relents de profonde tristesse qui parvenaient à filtrer au travers de ses accès de colère et ses hurlements. Mes mots cinglants, mes accusations et les reproches que je lui avais adressé avaient fait mouche. Il me livrait ce qu’il avait vécu, ce qu’il avait ressenti et subi, de son point de vue. En quelques secondes, j’en apprenais bien plus sur lui qu’au cours de nos quelques discussions à esprit reposé. J’aurais même pu dire que j’en apprenais sur moi si ces derniers jours ne s’en étaient pas déjà chargés d’eux-mêmes mais en vérité, il n’en était rien. Un sentiment de malaise naquit cependant au creux de mes tripes, jusqu’à m’enserrer le coeur d’une étreinte glaciale. Car je n’avais soudainement plus l’impression de faire face à Jordan, mais simplement face cette version passée de moi-même. C’étaient les mêmes accusations, les mêmes reproches, les mêmes craintes et déceptions qui jaillissaient actuellement des lèvres de Jordan, comme autant de rappel de ces idées qui avaient précédemment germées au sein de mon propre crâne.

Si mon faciès était jusqu’à lors demeuré plutôt impassible, ne s’animant que de quelques mimiques pensives, cela changea du tout au tout lorsqu’il évoqua finalement mon propre départ. L’abandon que j’avais imposé au Perchoir avec la prétention de les protéger. Car James avait disparu depuis, emporté par Soulstrange comme Melody et l’ensemble de Hope avant lui. Car j’avais abandonné ma Liz’ après lui avoir promis monts et merveilles, trahissant très certainement confiance, amitié et espoir. J’avais délaissé Kyle et tous les autres, bien trop incapable de nettoyer la merde que j’avais laissé s’abattre sur eux, incapable d’assumer les conséquences de mes non-actes, le non-défoncement d’Elias et tous ces enculés que j’aurais pu… que j’aurais dû écraser comme les sous-merdes d’humains cruels qu’ils étaient. Au final, ce jeune homme face à moi n’était qu’un reflet, un patchwork de l’ensemble de mes erreurs qui me revenaient en pleine tronche, vociférant des certitudes qui se trouvaient majoritairement fausses, mais auxquelles il semblait se raccrocher pour ne pas perdre totalement pied, jusqu’à être persuadé que la mort était une solution toujours plus enviable que cette nouvelle existence, emplie de défis et d’horreurs.

Je prenais une nouvelle inspiration, bien plus profonde et marquée que les précédentes quand l’homme me tourna le dos, livrant une dernière confession lourde de sens. À subir la tempête de ses mots, ses idées comme le volume de sa voix, ma propre colère épidermique avait fini par redescendre, balayée par des vociférations qui m’auraient certainement collé des acouphènes si nous nous étions trouvé dans un espace confiné. Mais il n’en était rien. Nous étions dehors, littéralement au milieu de nulle part avec juste l’un sur l’autre sur qui compter, sur qui hurler, sur qui pleurer.

Mes noisettes ne se détachèrent pas de sa silhouette qui me donnait de dos en s’éloignant tandis que je demeurais incapable de bouger de ma position. Je prenais simplement appui de ma hanche contre la calandre avant du Ford, la majorité de mon poids portant sur ma jambe gauche. De mon sixième sens qui ne s’était pas tu bien que mon ouïe s’était trouvée la plus sollicitée des derniers échanges, j’avisais la machette et le sac à dos qui traînaient au sol, vers lesquels Jordan revenait de ses pas. D’une pensée, je les soulevais alors du sol. Je les orientais à ma convenance, la pointe arrondie de  l’arme pointant vers le sol quand son manche se dressait vers les cieux ; le sac flottant simplement dans les airs, à sa hauteur, sa toile tendue par les boîtes de conserve et l’autre arme qui se trouvaient à l’intérieur. Je n’avais pas l’intention de le menacer, ni l’impressionner d’une quelconque manière, simplement appuyer le message que je comptais lui faire passer.

“Matthew t’a enchaîné à un lit parce qu’il le pouvait,” finis-je enfin par rétorquer d’une voix plus calme, sans hausser le ton plus que nécessaire pour être certaine d’être entendue. “Va pas croire que j’étais plus pépouze que toi dans c’te cabane… c’était ma prison… Sa façon à lui d’m’enchaîner pour protéger les siens.” Un soupir quitta mes lèvres, long et assez désabusé avant que je ne poursuive après quelques secondes. “L’histoire a pas changé parce que j’suis descendue de c’te cabane. J’t’ai pas plus laissé tomber que tu m’as laissée tomber, parce que c’est comme ça qu’on l’a r’ssenti. Tous les deux. Parce que j’voulais faire demi-tour et qu’tu voulais continuer… Parce que j’avais la trouille et qu’étais déterminé. Parce qu’au final, tout le monde a raison, et personne n’est d’accord.”

Je me détachais du capot du pick-up sans laisser retomber les possessions de Jordan tant qu’il n’aurait pas fait le geste de les récupérer de lui-même si tel était le cas, avançant à sa suite de quelques pas tout en conservant quelques mètres de distance avant de m’arrêter de nouveau, plantée au milieu de la route. Je pinçais doucement les lèvres, arrachant ma senestre à ma poche pour me gratter le sourcil de l’ongle du pouce d’un air pensif.

“Tout c’que j’sais… tout c’que j’vois… C’est qu’au final, t’accables James, Elizabeth et moi autant que j’accable Melody ou Samuel d’être responsables de nos malheurs, d’avoir pas fait ce qu’il fallait, d’nous avoir soit laissé tomber… Tout c’que j’vois, c’est qu’on est pareil… On a la même colère. Ce même sentiment d’être abandonné alors que c’est faux… J’sais pas c’qui s’est passé c’jour-là, où t’as été blessé. Mais c’que j’sais que nos amis sont r’venus pour toi, pour essayer d’te sauver. James, Liz’ et Melody ont pris des risques pour toi, pour t’sauver et qu’ils s’raient morts si Matthew avait pas été là.” Je soupirais plus fortement encore, baissant les yeux et secouant la tête en laissant quelques mèches de mes cheveux revenir courir sur mon front et devant mon regard. Je reprenais d’une voix moins assurée, plus monotone, légèrement tremblante d’une tristesse qui faisait écho à celle du jeune homme.

“Sauf qu’au fond… On s’voile juste la face. C’est pas James qui t’a attaqué ; juste... ces gonzesses. Tout comme c’est pas Melody qui m’a infectée, juste un putain de zombie. C’est pas Melody qui m’a enfermée et torturée dans c’te cave. C’est pas Melody qui m’a tabassée et tranchée un doigt… C’étaient juste ces enculés… Parce qu’au fond, on était pas assez fort. Pas assez préparés. C’qui nous est arrivé… c’est cruel. C’est dégueulasse et on l’méritait pas. Mais c’est arrivé quand même.”

Je relevais le regard vers Jordan, d’un ton plus tranché, mais qui ne se voulait pas accablant ni accusateur, simplement affirmatif.

“Tu veux que j’te dise c’que t’aurais dû faire ? C’que toi et Melody auriez dû faire ? Juste prévenir quelqu’un que vous partiez. Juste prévenir quelqu’un qui aurait pris la radio c’jour-là, qui aurait permis à Melody d’rester avec toi et tenir les morts à l’écart. Tout comme j’aurais dû t’faire confiance quand tu disais vouloir m’protéger… J’aurais dû croire en toi comme tu croyais en nous. Sauf que ça s’est pas passé comme ça et qu’on pourra pas l’changer. Tout c’qui compte maintenant, c’est c’qu’on va faire et comment on va l’faire.”

Une nouvelle fois, j’usais de mon don dans un silence que seul l’environnement autour de nous savait perturber. L’environnement et le bruit de zip caractéristique d’une fermeture éclair qui s’ouvrait. Celle de mon sac à dos, courant le long du chemin tout tracé de ses coutures. J’en retirais sans un geste mais non sans pensée le talkie-walkie qui s’y trouvait logé pour l’amener voleter jusqu’au creux de ma main gauche, refermant le sac de la même manière distraite, me découvrant une aisance nouvelle et un étrange apaisement à user de mon pouvoir, sans parvenir à me l’expliquer, ni chercher à le comprendre. Je baissais mon regard sur l’appareil, l’allumant et paramétrant une fréquence en reprenant mon avancée de quelques pas en direction du jeune homme.

“J’comprends que tu veuilles te barrer parce que j’suis une salope et parce que j’t’ai déçu. J’comprends que t’ais envie d’crever parce que j’ai souhaité la même chose, juste pour que ça s’arrête… Sauf que j’sais c’que c’est qu’être seule. Totalement seule là dehors… Et que si tu t’barres, maintenant, comme ça… t’atteindras même pas la ferme pour y crever comme tu l’souhaites.” Je tendais finalement le talkie à Jordan, inclinant légèrement la tête sur le côté, esquissant un maigre sourire en coin creusant mes fossettes d’une plissure résignée et quelque part, compatissante. “Alors fais pas comme moi. Tu vaux mieux que ça.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Lun 15 Juin - 0:06
Ce déferlement de rage aurait dû l’apaiser, mais il n’en était rien. Bien au contraire. Il aurait même été stupide de le penser, comment pouvait-il aller mieux uniquement en hurlant sur cette pauvre Ivy alors que toute cette merde grignotait peu à peu son esprit ? Comment pouvait-il ne serait-ce qu’espérer que balancer ce poids à la gueule de quelqu’un d’autre serait la solution de tous ses maux ? La réponse était simple. Il ne le pensait pas. Peut-être avait-il eu l’espoir insensé que la haine qui le consumait s’atténuerait, ne serait-ce qu’un peu, mais là encore, il n’en était rien. La haine qu’il ressentait quelques instants auparavant s’était mue en une profonde honte. Il avait honte, oui. Honte d’admettre qu’il avait mal, honte d’admettre qu’il souffrait de tout cela, honte d’admettre qu’il avait des faiblesses, honte d’admettre que malgré tout ce qui avait changé dans ce monde, lui, n’avait pas changé d’un pouce. Il conservait toujours les mêmes peurs, et lorsque le jeune homme devait les affronter, il réagissait pareil. Finalement, rien n’avait changé. Il était resté ce gamin qui ne savait pas gérer toutes les merdes qui lui tombaient sur le coin de la gueule.

Il avançait lentement, le regard fixé sur la pointe de ses pieds alors qu’il essuyait une larme qui naquit au coin de son œil d’un simple revers de la manche. Il prenait une grande inspiration, sans doute pour calmer son corps qui était en proie à quelques tremblements. Peut-être étaient-ils causés par cette rage qu’il venait tout juste de balancer sur Ivy, peut-être étaient-ils causés par cette tristesse qui n’avait cessé d’alourdir son cœur depuis bien trop longtemps… Ce n’était que des peut-être, car la réalité était bien plus simple. C’était tout ça à la fois. Ses émotions prenaient le dessus, il n’arrivait pas à se maîtriser. Le fait qu’il hurle comme ça sur la petite mécano en était la preuve, ou du moins, une de plus. Il n’avait pas changé, il était toujours le même gamin perdu et effrayé.

Jordan releva légèrement ses yeux quand il aperçu son sac et sa machette bouger devant lui avant de comprendre. Il commençait à réaliser le pouvoir d’Ivy. Le soir de l’attaque, c’était sa hache, maintenant, à présent, c’était son sac et sa machette. Il s’était arrêté de marcher, fixant ses maigres possessions flotter dans les airs tandis qu’elle entamait la réponse au long monologue qu’elle s’était prise en pleine gueule.

Les premières phrases qu’il entendait l’obligeaient à légèrement baisser la tête, comprenant bien rapidement que son point de vue était tout simplement le sien. Egocentré au possible, il n’avait jamais cherché à comprendre quoi que ce soit, comme à chaque fois finalement. Les choses s’étaient passées, il avait eu sa vision des choses, et fin. Il le comprenait, du moins, pour cette excursion qui avait eu pour but de récupérer ce foutu camping-car. Oui, il était déterminé. L’échec n’était pas une option, il avait toujours souhaité réussir, sans doute pour que les siens lui accordent un minimum d’importance, comme l’avait fait Melody d’ailleurs. Comme elle était la seule à l’avoir fait.

Le jeune homme s’avança jusqu’à son sac qui flottait, l’attrapant de sa main droite par la hanse avant de récupérer sa machette de sa main gauche. Il prit une grande inspiration avant de lâcher un simple murmure après s’être retourner vers Ivy.

« Merci. »

Ses yeux rougis se posèrent sur celle qui lui avait servi de défouloir quelques instants plus tôt, alors qu’il entendait le reste de ses mots. Ils étaient venus, c’est vrai. Peut-être avaient-ils tenté de l’aider. Il en était certain pour Melody, peut-être était-ce le cas pour Elizabeth, mais au fond de lui-même, il savait que James n’en avait jamais eu l’intention. Ses mots étaient justes, elle n’énonçait que des vérités simples. Mais au fond, elle se trompait. Sous cette couche de vérité simple et indiscutable se trouvait autre chose, la vérité, le fait que Jordan était considéré comme un monstre et que James avait peur de lui, à tel point qu’il l’avait foutu à terre le soir de l’attaque et à tel point qu’il l’avait laissé baigner dans son sang au moment où il savait qu’il était le seul espoir du jeune homme.

Il leva légèrement les yeux au-dessus d’Ivy, sans doute pour pouvoir pousser plus loin une réflexion malsaine qui naquit dans son esprit. Si Jordan avait pu s’en sortir seul, sans que l’aide de James ne lui soit vitale, est-ce que ce dernier l’aurait quand même abandonné ? Cette simple question en amena une autre, bien plus sombre, mais il secoua légèrement la tête en y pensant. Il abaissa à nouveau son regard sur sa comparse ressuscitée. Elle avait raison, lui aussi. Aucun des deux n’avait tort, mais ils n’étaient pas d’accord. C’était leur histoire. Un bordel monstrueux où il n’y avait personne à blâmer, où tout le monde avait raison, où personne n’avait tort. Tout cela n’était qu’un putain de rasoir d’Hanlon à entendre celle qui exhibait ses pouvoirs sans vergogne. C’était peut-être ça, la vérité. Une malchance avec aucun coupable, seulement de la malchance.

Il n’y avait aucun coupable. Il continuait à se rapprocher d’Ivy, tenant son sac de la main droite et de sa main gauche, sa machette, la pointe en direction du sol. Il n’y avait aucun coupable. Elle avait raison. Il n’y avait que des responsables. Lui et Melody, qui étaient en effet partis seuls sans avertir qui que ce soit. James et Elizabeth qui ne lui étaient pas venus en aide. Même après avoir déversé sa rage sur la petite Ivy, il restait plein de haine. Ça en devenait même pire. Il commençait à s’imaginer des choses auxquelles il refusait même d’y penser, sans doute par peur de se laisser totalement dévoré par cette gangrène qui avait déjà commencé à s’attaquer à son esprit. Une gangrène qui assombrissait sans aucun son jugement et sa vision sur ce monde, sur tout le monde. Un pessimisme qui le bouffait littéralement, qui l’obligeait à ne voir que la plus terne obscurité, celle qui se trouvait juste derrière la plus lumineuse des étoiles.

Malgré toutes ces émotions contradictoires, malgré toutes ces humeurs changeantes, malgré tout le bordel qui se trouvait dans sa tête, Jordan se sentait légèrement mieux, non pas parce qu’il avait gueulé comme un décérébré sur Ivy, non, au contraire, ça avait produit l’effet inverse. Il se sentait légèrement mieux car elle avait réussi à l’apaiser. Un peu. Ou du moins, assez pour que son envie de suicide disparaisse, du moins, pour le moment. Des simples mots teintés d’un brin de raison et de logique avaient fait du bien à son âme meurtrie par une incessante automutilation où ses pensées et sa paranoïa étaient les seules lames de rasoir qu’il utilisait. Il était son plus dangereux poison, et étrangement, il le savait. Cette gangrène qui le bouffait, c’était tout simplement lui-même. Empli de doutes et de peurs, c’était lui qui se détruisait, tout seul comme un grand. Il avait en lui cette pulsion destructrice qui le poussait à l’extrême violence, comme le soir de l’attaque, comme là maintenant, il avait besoin et envie de détruire, les autres sans aucun doute, mais aussi lui-même. Peut-être qu’il se sentait obligé de terminer ce que le monde avait commencé, peut-être que perdre tout ce qu’il avait n’était pas assez, peut-être qu’il devait aussi perdre tout ce qu’il était.

C’était un bien triste constat qu’il réalisa alors qu’Ivy venait de sortir un talkie-walkie et qu’elle lui parla d’elle. Cette fois-ci, il réalisa. Il laissa la petite mécano s’approcher de lui tandis qu’elle lui tendait son talkie-walkie. Le jeune homme lâcha son sac qui tomba lourdement à terre, tout comme sa machette, qui laissa un léger tintement métallique se glisser aux oreilles des deux miraculés. La main droite du jeune homme vint se poser sur la main gauche d’Ivy, serrant non pas sans tendresse ses doigts autour de ceux de la petite brune avant de repousser légèrement cette même main contre le ventre de celle qui faisait virevolter sans effort tout ce qui pouvait se trouver sur son passage.

Il n’y avait aucune agressivité dans le geste de Jordan, rien de tout cela. Il repoussait légèrement ce présent qui lui était offert alors qu’il posa sa main gauche à l’arrière du crâne d’Ivy pour finalement laisser sa main droite passer dans le dos de cette dernière pour rejoindre son épaule droite afin de serrer contre lui la jeune femme. La bouche du jeune homme s’approcha de l’oreille de celle contre qui il avait déversé toute sa rancœur quelques instants plus tôt pour ne porter qu’un simple mot qui s’échappa des lèvres du jeune homme dans un murmure parsemé de sanglots.

« Merci. »

Un simple murmure, un simple mot, c’était tout ce pût dire le jeune homme d’éclater en sanglots. De chaudes larmes inondaient son visage qui se retrouvait sans doute bien trop proche de celui d’Ivy, à tel point qu’elle aurait pu sentir quelques larmes s’écraser dans son cou, ou même rouler sur ses joues.

Le jeune homme se laissait littéralement aller, la pression accumulée au cours de ces dernières semaines était bien trop forte pour qu’il réussisse à y faire face. Tout. Tout ça, c’était bien trop pour lui. Il ne faisait aucun doute qu’Ivy s’en rendrait compte sans aucune difficulté.

Si cette dernière ne l’avait pas repoussé avant, il se reculerait de lui-même au bout de quelques secondes, posant ses mains contre les épaules de la brunette avant de reculer d’un pas, posant son regard rougi par les larmes sur celle qu’il avait sans doute inondé de ces mêmes larmes pour lui lâcher quelques mots.

« Je suis désolé… » dit-il alors qu’il essuyait ses yeux d’un revers de la manche.

« Je vais monter avec toi. Je t’accompagne. » lâcha-t-il alors qu’il s’abaissa pour récupérer son sac et sa machette pour finalement fixer Ivy, attendant une réaction de sa part avant de monter à bord du véhicule, tout du moins, si elle ne lui refusait pas l’accès.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1120/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Sam 20 Juin - 15:08
Mes noisettes comme mon visage s’étaient doucement inclinés en direction de ma propre main gauche, dont les doigts se recroquevillaient sans résistance sous la main plus large de Jordan. Je pouvais sentir la coque plastique du talkie se presser contre les pulpes de mes phalanges, les composants électroniques et les petites vis du boîtier continuant de briller contre mon esprit. Le jeune homme poussa son geste, l’accentua, jusqu’à ce que ma main ne vienne se plaquer contre mon abdomen. Ma respiration s’accélérait peu-à-peu, chaque inspiration plus proche de la précédente tandis que je sentais une tension certaine grimper en moi, suscitée par cette proximité qui se voulait encore très farouche, nuancée de haine quelques instants auparavant. Mes sens étaient en alerte. Mes yeux se reportèrent doucement vers le visage de Jordan, son regard humide, triste, probablement perdu avec lui-même. Un malaise naissant qui s’amplifiait à chaque seconde quand je le dévisageais plus intensément, les paupières plissées sur mes noisettes.

Conjointement à ma respiration discrète malgré son emballement, mon rythme cardiaque s’affolait à son tour. Chaque battement de mon coeur bondissant contre ma poitrine semblait crever cette dernière pour se répandre en écho sourd, semblable au grondement d’un roulement de tonnerre lointain et étouffé d’un orage d’été, parmi les champs magnétiques qui m’avoisinnaient. Rien de perceptible pour un observateur extérieur, comme pouvaient l’être des étoiles dansante devant un regard sonné d’une chute. La tension demeurait, mon sixième sens bien plus qu’aux aguets ; aux abois d’un sentiment que je ne m’expliquais pas. Cette machette. Mes couteaux. Autant de présences rassurantes, de moyens de préservation qui n’attendaient qu’un ordre sans être doué de la moindre conscience. Un dérapage et nos retrouvailles, à Jordan et moi, se solderaient dans le sang versé en tribut de ma propre gangrène.

Mais rien de tout cela. Juste un effondrement, une rupture de sanglots, de larmes qui déferlaient chaudement, écrasées contre ma joue, courant contre l’arête de ma mâchoire, glisser le long de mon cou jusqu’à s’éponger dans le col de mon tee-shirt. Et une stupeur plus étrange encore qui me saisissait profondément, jusqu’à me figer d’incompréhension. Il m’avait fallu quelques instants pour surgir de ma torpeur physique, offrir à mon esprit et mes sens une accalmie, un relâchement bien moindre que celui qui étreignait Jordan. Mécaniquement, mon bras droit avait fini par répondre à la demande muette du jeune homme, glissant dans le dos de celui-ci, ma main mutilée courant jusqu’à la base de sa nuque quand quelques syllabes trouvèrent enfin le chemin de mes lèvres, soulevés par une empathie qui avait mis trop de temps à refaire surface.

“Hey. Hey. Hey…” murmurai-je doucement, me trouvant certes désemparée devant la situation, mais tout autant basculée de l’autre côté du miroir quand ce fut au jeune homme d’avoir à me rassurer, dans cette piaule, dans cette cuisine. Je pouvais penser qu’il s’agirait là d’un juste retour d’ascenseur, une épaule troquée contre une autre dans un moment de détresse, mais il n’en était rien. J’estimais ne rien lui devoir, pas plus qu’il ne me devait quoique ce soit. Était-ce pour autant une forme de générosité ou d’altruisme ? Certainement pas. Je n’en savais rien en fait. Ce n’était et n’avait jamais été mon genre.

“Ce n’est rien,” glissai-je doucement à son oreille, ma main passant lentement dans son dos de quelques caresses. Je me mordais la lèvre inférieure, pensive, le regard se perdant dans le vague par-dessus son épaule. Y avait-il vraiment quelque chose de plus à ajouter ? J’en doutais. Les mots étaient parfois de trop en réalité. Trop souvent il y avait eu des promesses, des mensonges, pour tenter de remonter un moral, entretenir un espoir. J’aurais pu ajouter un “tout va bien” ou un “ça va aller”, simplement pour la forme, mais dénué du moindre fondement. Ce n’était pas mon genre. Plus mon genre. Les choses n’allaient pas bien aller, je le savais pertinemment. Et contrairement au jeune homme qui se détachait de moi, je n’en serais pas désolée. Il avait craqué. Avait eu besoin de relâcher ce je-ne-savais quoi qui le dévorait et j’avais été là. En cause, en exutoire, sûrement les deux. Je ne le savais pas non plus.

Finalement, mon bras droit s’était relâché pour se joindre à mon gauche, les deux se croisant sur ma poitrine quand, les sourcils légèrement plissés d’une moue compréhensive, je dévisageais Jordan qui séchait ses larmes et s’en trouvait désolé, comme s’il en avait honte. Le coin de ma lèvre s’étira légèrement, creusant ma fossette dans une asymétrie compatissante et satisfaite. Il allait finalement me suivre. Je n’en demandais pas plus, malgré les mots dépassant ma pensée que j’avais pu avoir précédemment. J’attendis qu’il achève de ramasser ses affaires tombées au sol pour lui désigner le pick-up d’un mouvement de tête sur le côté, en réponse à ses derniers mots.

“Grimpe,” lâchai-je simplement d’un ton neutre, tournant ensuite les talons en décroisant les bras, le talkie toujours maintenu dans la main gauche pour regagner le poste de conduite.

Quelques instants plus tard, je me trouvais à nouveau à bord du Ford, assise de travers sur le siège passager, les pieds pendant dans le vide par l’ouverture de la portière restée ouverte. Entre mes mains, je paramétrais le talkie-walkie sur l’ancienne fréquence par laquelle j’avais capté le message du vieux Nelson des jours auparavant, appairant l’appareil de radiocommunication avec son oreillette. Cette dernière se retrouva glissée ensuite dans le creux de mon oreille gauche quand le premier retournait dans le sac à dos. Une manoeuvre dont j’ignorais mes propres attentes à son propos. Je n’étais pas certaine de savoir quoi faire, quoi répondre si une voix - fut-elle amicale ou inconnue - se manifestait de nouveau sur cette fréquence. Faire table rase était une chose, mais devions-nous pour cela raser les murs et faire silence radio également ? Je n’en savais simplement rien.

De la posture décidée et des objectifs bien déterminés que j’affichais, je n’en demeurais pas moins dévorée par le doute, et une appréhension certaine de l’inconnu. Seule certitude, il y avait Jordan et Matthew avait fait de moi, bon gré mal gré, une sorte de baby-sitter. Non pas que je déconsidérais ainsi le jeune homme, mais je ne me trouvais pas d’autres qualificatifs plus appropriés pour résumer ma situation. Je n’étais ni meneuse, ni mentor, pas même guide ; à peine une protectrice par défaut dans cette pénombre soulevée par une simple et unique question : Et maintenant ?

Renouer le contact avec le Perchoir était une chose, que Jordan refusait et que je redoutais moi-même. Partir en croisade vengeresse et libératrice n’était qu’un suicide sans certitude de paix finale, autant que partir seul, chacun dans son coin. Je laissais mon regard se perde dans la contemplation du paysage urbain qui s’étirait au loin, avisant quelques maigres silhouettes à la démarche saccadée qui grossissaient d’une approche lente, mais certaine dans notre direction. Il était temps de partir, trouver un abri pour la nuit. L’idée de rejoindre cette cimenterie de malheur effleura une nouvelle fois mes pensées, mais celle-ci se trouvait certainement trop loin de notre position, trop loin du Perchoir aussi. Alors je me ravisais sur un lieu à peine plus familier. Cet appart’ où Hugh et ces hommes m’avaient retrouvée, où leurs squelettes rongés devaient encore reposer.

Je ramenais mes jambes à l’intérieur du véhicule, positionnant mes pieds devant leurs pédales respectives en claquant sèchement la portière. D’une torsion du poignet, j’aurais mis le contact une fois Jordan installé, faisant d’abord tousser puis vrombir le moteur diesel d’une pression sur la pédale d’accélérateur, arrachant au pot d'échappement un léger nuage de suie noire. Je laissais par la suite ronronner le moteur tranquillement, augmentant la vitesse du ventilateur d’habitacle pour refroidir l’atmosphère de la cabine réchauffée par les rayons solaires dardant au-travers du pare-brise. Le buste penché en avant, les avant-bras épousant l’arceau du volant, je me laissais doucement emporter par mes propres pensées, balayant une autre portion du paysage de mes noisettes indécises de longs instants avant de les tourner en direction de Jordan.

“Faut qu’on s’trouve un coin où passer la nuit,” expliquai-je sur un ton d’évidence. “J’ai un endroit en tête, un appart’ en bordure du centre-ville, mais si t’as mieux à proposer… J’t’écoute.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Lun 22 Juin - 21:54
Sa carapace avait explosé, tout simplement, exhibant à Ivy cette fragilité qui lui fit honte quelques instants après. Au fond, ce n’était qu’un gosse malmené encore et toujours par la vie, un simple gosse qui n’arrivait tout simplement pas à se gérer ni même à se comprendre lui-même. Il avait été balancé bien trop tôt dans un monde empli de violence et de haine, puis, la fin du monde était arrivé. Trop de choses avaient pris une place bien trop importante dans son esprit comme la colère, la haine, le déni, le doute… Finalement, ce simple mot représentait bien l’histoire de la vie du jeune homme. Trop. C’était trop, encore et toujours trop, et même quand c’était trop, ce n’était toujours pas assez. Pas assez de souffrance, pas assez de chagrin, pas assez de violence… Mais c’en était juste trop pour lui, il n’arrivait plus à contenir tout cela en lui, il avait tout simplement explosé, sa carapace avait explosée, et c’était cette pauvre petite Ivy qui avait pris tout ça en pleine gueule. Des cris, des larmes, de la haine, il ne manquait plus que du sang et le parfait cocktail serait prêt, le cocktail de sa vie, le cocktail de sa mort.

Jordan ramassa ses affaires, tenant son sac par la hanse d’une main tandis que l’autre serrait le manche de cette machette qu’il avait lâché quelques instants plus tôt. Il ne s’était pas fait prier quand la petite mécano l’invita à monter, posant son sac entre ses jambes, il enverrait sa main gauche chercher la ceinture de sécurité pour s’attacher, conservant toujours le manche de sa machette dans sa main droite. Il ne la gardait pas en main parce qu’il avait peur de quelque chose, ni parce qu’il craignait une quelconque menace dans ce véhicule, non. Il la gardait en main parce qu’étrangement, cela l’apaisait, il se sentait en sécurité avec cette arme blanche en main, les jointures de sa main droite enserrant ce manche restèrent posées sur son genou droit, laissant cette lame se poser sur son genou gauche, tel un pont qu’un enfant aurait construit avec fierté sur la plage sous le regard aimant de sa mère. Une comparaison qui ne lui manqua pas de faire ressurgir en lui un heureux, mais trop lointain souvenir.

Une simple pensée envers sa mère le fit fermer les yeux et l’obligea à détourner la tête d’Ivy pour diriger son visage vers la vitre contre laquelle il y posa le front. Inspirant lentement avant de rouvrir les yeux, laissant son regard se perdre dans ce paysage qu’il n’observait même pas. Il se perdait à nouveau dans ses pensées avant que la conductrice en chef ne vienne le tirer de cette douce torpeur. La vie réelle réclamait son attention, une attention qu’il préférait laisser se perdre dans le peu de souvenirs heureux dont il se rappelait, du moins, s’il était seul. Mais il ne l’était pas, loin de là. Il se souvenait de ce moment, quand Ivy s’était réveillée, quand il s’était occupé d’elle. Aujourd’hui, alors qu’il ne pouvait tout simplement plus rien endurer, elle était restée présente. L’un prenait soin de l’autre, et vice versa. Un simple accord tacite qui n’était qu’une vaste fumisterie car quelques instants avant, sa première pensée était de se barrer de là et de crever seul.

Il y avait trop de pensées contradictoires, trop de sentiments qui ne faisaient rien d’autre que des demi-tours, encore une fois, il y en avait trop. Néanmoins, une chose lui manquait. Lui-même. C’était une simple pensée qui parvint à son esprit. Abandonné de lui-même, il perdait pieds. Seul aux commandes, il s’était égaré. Après quelques secondes de réflexion, son front se détacha de cette vitre, laissant les yeux du jeune homme retrouver leur place en abandonnant la vacuité d’un paysage aussi terne que mort. Son visage se tourna légèrement en direction de la pilote à ses côtés, la fixant un instant. Il lui restait quelques souvenirs de ces cartes, de ces innombrables copies ainsi que leurs notes, tout comme ces morts présents en masse à l’aéroport, ou encore comme cette armurerie présente il ne savait plus où…

« Y a pas un quartier résidentiel pas loin ? Avec quelques grandes maisons, mais que ça ? » demanda-t-il sans réellement attendre de réponse, puisqu’il enchaîna directement. « Le centre-ville, les grands bâtiments publics comme les écoles, les mairies, les gymnases, les aéroports… C’est pas là où on a le plus de chances de trouver des morts ? » Il s’arrêta une seconde pour reprendre. « Comme les magasins… Là où les gens iront pour trouver des trucs… »

Il prit une légère inspiration, fermant les yeux. Au fond, il ne savait pas. Il n’en avait tout simplement aucune idée.

« Je sais pas. Si tu penses que ton appart’ en ville est le meilleur endroit où on puisse aller… J’te fais confiance. » lâcha-t-il tout simplement.

Ils ne pouvaient pas se permettre de passer la nuit dehors, à la rigueur dans un endroit comme cette foutue cabane, mais rien d’autre. Il était tiraillé entre l’idée de partir trouver un abri confortable qui leur permettrait de trouver un lit douillet et le luxe de pouvoir dormir sur leurs deux oreilles sans avoir à craindre quoi que ce soit, morts, comme vivants, et l’idée de jouer à pile ou face avec sa vie, et celle d’Ivy d’ailleurs, en partant se perdre dans une armurerie, ou tout autre lieu où les vivants rêveraient d’aller pour piller, même après une année de passage les miettes laissées par les vautours. Une envie de revivre ce paisible séjour à la ferme où les derniers jours restaient les plus agréables, à entendre le chant des oiseaux, à sentir la bonne odeur d’un bon repas préparé par Pamela, mais aussi une autre envie. Celle de revivre cette nuit où la mort avait laissé ses doigts osseux effleurer les joues du jeune homme, cette nuit où la Faucheuse avait laissé une marque indélébile à sa nuque, mais surtout, cette nuit où il s’était retrouvée face à cette femme, cette nuit où le jeune homme avait fait couler le sang encore une fois.

Cette morbide réflexion en amena une autre. Celle de la raison pour laquelle il était resté sur place bien trop souvent. Est-ce qu’il allait devoir rester sur place si Ivy voyait ce que James avait vu ? Il ne pouvait pas prendre ce risque. Ou plutôt, il allait le prendre, mais autrement. Il inspira légèrement, laissant son regard se poser sur la petite brune, ouvrant la bouche pour prendre la parole, mais la peur retenait en otage les mots dans sa gorge. Il ferma les yeux une seconde, expirant légèrement par le nez avant de reposer son front contre la vitre. Il ouvrit les yeux avec nul autre but que de les laisser s’abandonner dans panorama que lui offrait sa position dans cette voiture.

« James m’a laissé mourir pour une raison. La même raison pour laquelle il était parti chercher les autres le soir de l’attaque au lieu de me laisser y aller. Ce soir-là… Il s’est pris une balle… Il est tombé au sol et je suis parti le mettre à l’abri pour qu’il ne lui arrive rien. Mais y avait du monde dans le camp… Y avait une femme avec un fusil… » il inspira par le nez avant de continuer. Il y avait quelques hésitations dans sa voix, comme si certaines phrases avaient du mal à sortir de sa gorge. « Elle s’était mise à terre et elle allait nous tuer si je ne faisais rien. J’avais que ma hache. Je lui ai couru dessus… J’étais arrivé sur elle trop vite pour qu’elle fasse quoi que ce soit avec son arme à part s’en servir comme bouclier… » à nouveau, il venait de prendre une seconde pour respirer. « J’ai rapidement pris le dessus, elle était à terre, j’étais sur elle, mais elle résistait. J’pouvais pas lâcher prise sinon on allait tous y passer… J’pouvais juste pas me permettre de perdre. Alors… J’ai… J’ai commencé à faire ce qu’il fallait faire pour la faire lâcher. » Il marqua une pause et fixa son regard sur Ivy, un regard dans lequel elle ne pourrait rien voir si ce n’est de la détermination. Du moins, si elle était assez inconsciente pour lâcher la route des yeux.

« Je lui ai arraché une partie de son visage avec les dents. Puis James est venu et m’a demandé de la laisser, de pas la tuer. Mais à ce moment-là, j’entendais rien. J’ai continué à faire ce qu’il fallait pour qu’elle lâche son fusil. J’ai continué de faire ce que j’avais à faire pour qu’elle ne puisse faire de mal à personne d’autre. Mais James était là, et il voulait que je m’arrête. » si sa voix avait pu être quelque peu hésitante auparavant, là, il n’en était rien. Les mots étaient lâchés avec une simplicité sans faille. « Après l’avoir défigurée, après qu’elle ait demandé pitié, après que James m’ait supplié, j’me suis pas arrêté. Je l’ai tué. Sans aucune hésitation. »

Il prit une longue inspiration, fermant les yeux avant de les rouvrir à nouveau pour reprendre la parole, lâchant les derniers mots qui devaient l’être.

« James a vu ce soir-là ce que j’étais. Un monstre. C’est pour ça qu’il m’a foutu à terre quand je voulais aller récupérer les autres ce soir-là. C’est pour ça qu’il m’a laissé crever dans cette maison. Fallait que je le dise. Fallait que je te le dise. »
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
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