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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur J] Table rase - 21/04/35
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Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1110/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (10/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Mer 24 Juin - 18:57
Lentement, j’avais laissé mon regard revenir vers l’horizon, se détachant du jeune homme quand il y allait de ses propres remarques. Discrètement, j’opinais du chef à quelques reprises, devant bien admettre que ses propos ne manquaient pas d’un certain bon sens, celui d’un survivant qui ne se sentait pas encore taillé pour affronter les groupes de morts. Personnellement, je m’y sentais tout à fait apte, avec très certainement cet excès de confiance qui trahissait mon plus gros défaut. Cet appartement que j’avais en tête était-il vraiment plus adapté que n’importe quel autre endroit de cette ville ? Bien sûr que non. Je n’étais simplement pas objective sur la réalité de notre situation. Je fis claquer ma langue contre mon palais, dans une dernière approbation du menton, poussant le sélecteur de vitesse de la boîte auto sur la position marche avant après avoir desserré le frein de parking.

“Le meilleur endroit où on pourrait aller, c’est l’Perchoir. Mais pas ce soir.” Je forçais un peu plus sur mes paupières pour tenter de distinguer un point de repère familier dans le paysage, en vain. “J’connais pas ce coin d’la ville, mais on va essayer d’trouver une baraque tranquille.” Je lui accordais cette faveur, bien qu’il n’avait rien exigé en premier lieu. Était-ce pour me faire pardonner d’avoir été dure avec lui quelques instants plus tôt, jusqu’à le pousser dans ses propres retranchements ? Ou bien était-ce juste parce qu’au fond, cela n’avait aucune forme d’importance à mes yeux.

J’arrachai le pick-up du bas-côté assez lentement pour le mettre pleinement sur la large route de la 84, direction sud-est mais sans accélérer outre-mesure. La première silhouette émaciée d’un rôdeur se détachant du groupe aperçu quelques instants tôt grossissait à vue d’oeil à mesure que nous nous en approchions, tel un éclaireur macabre au moment où Jordan reprenait la parole, se livrant de quelques explications et confessions que j’écoutais d’une oreille de plus en plus attentive à mesure de ses aveux. D’abord factuels sur quelques événements de cette fameuse soirée, jusqu’à devenir bien plus personnels sur le terme de ses mots, il concluait l’ensemble par ses propres réflexions, son propre avis sur les raisons qui auraient poussé James à l’abandonner à sa condamnation.

Mes poings s’étaient une nouvelle fois serré contre l’arceau du volant, jusqu’à faire blanchir les jointures des phalanges de ma gauche et réveiller quelques relents de douleur sur ma mutilée. Je relâchais la pédale d’accélérateur, laissant le Ford ralentir, puis s’immobiliser de lui-même, la boîte auto revenant au point mort dans un très léger soubresaut au moment où une branche morte craquait sous le pneu avant. Le son ronronnant du moteur excita davantage le mort présent, désormais à moins d’une dizaine de mètres. Mais je m’en désintéressais royalement, tournant un regard mêlé d’interrogation et de compassion vers le jeune homme, soufflant du coin des lèvres une mèche brune tombée sur le profil gauche de mon visage.

Je le dévisageais longuement, haut en bas, mes yeux s’attardant sur sa machette posée en-travers de ses jambes avant de revenir sur son visage, sa barbe, cette bouche qui avait arraché les chairs d’une femme, cette détermination simple mais présente. Mes paupières se plissèrent très légèrement sur ces observations, mon visage se marquant d’une mine bien plus grave, accompagnée d’un long soupir jusqu’à ce que le rôdeur s’écrase contre le nez du pick-up, ses deux bras frappant la tôle du capot au-dessus du phare gauche.

Je suivais des yeux la créature quand elle contourna celui-ci de sa démarche dégingandée pour venir frapper contre le carreau la portière, rabattant le rétroviseur par la pression de ses côtes saillantes au-travers d’une chemise à carreaux sales, pétrie et raidie de fluides séchés. Ses mains osseuses, ses dents dévoilées par l’absence de lèvres grattaient et cognaient contre la vitre, ses yeux infernaux nous fixant avec toute l’avidité de sa malédiction. Son visage, le manque de chair de certaines régions dévoilant ses os à nu n’était pas sans me rappeler un certain épisode, où je m’étais retrouvée seule avec mon compagnon de route.

“Regarde-moi c’fils de pute…” articulai-je lentement, adressant au mort un regard dédaigneux avant d'ajouter d’une ironie dépourvue de moquerie. “À lui aussi tu lui as arraché la gueule ?” Je ponctuai cette rhétorique d’un coup d’accélérateur, relançant nerveusement le pick-up sur l’asphalte poussiéreux.

Le cadavre glissa le long de la carrosserie, avant de chuter lamentablement sur le bitume après avoir vainement tenté de s’accrocher au plateau arrière. Je rapprochais le Ford de la démarcation centrale de la route pour éviter une voiture abandonnée là et contourner le reste des morts que je dépassais sans y prêter plus d’attention. De la main gauche, je m’emparais de la ceinture de sécurité pour la boucler rapidement. Le pick-up gagna en vitesse, à peine secoué par les soubresauts de la boîte auto qui montait ses rapports tandis que je me concentrais sur le défilement de la route et l’évitement des quelques obstacles.

“Tu d’vrais ranger ta machette. Si j’plante un coup d’frein, tu risques de t’empaler dessus,” ajoutai-je d’un ton plus sec.

La confession de Jordan me rappelait à mes propres démons, l’estime affligeante que je m’étais trop longuement portée, ce dénigrement de ma propre condition, mes contradictions, ballotée par le doute de devoir choisir qui être, quoi devenir. Si mon pouvoir avait été d’un autre nature, semblable à celui de James, la question aurait vite été tranchée. D’une part parce que je n’aurai eu d’autre choix que d’accepter de rester la petite Ivy, la petite mécano en détresse, à sauver de tout et avant tout d’elle-même ; d’autre part parce que je serais certainement morte des dizaines de fois depuis. Tout aurait été bien plus simple ainsi, mais la simplicité, au fond, m’avait toujours rebutée. Cela et les propos du jeune homme, cette considération monstrueuse qu’il se portait, ravivait cette colère sourde qui me dévorait en silence. Ce rejet de ma condition.

“J’ai d’jà vu des monstres, des vrais,” finis-je par laisser entendre entre mes lèvres, les mâchoires crispées de cette colère froide que je contenais. “Elias. Le mec qui m’a tranché l’doigt... Elias et son groupe. Ils ont éventré c’te fille vivante pour lui arracher son bébé du bide, sous les yeux d’son père qu’ils ont ensuite égorgé comme un putain d’porc…” Ma main droite se crispait plus fortement sur le volant pour maintenir la trajectoire tandis que je venais frotter mes yeux s’embuant d’humidité de la gauche.

“Cet enculé m’a forcée à r’garder pendant que son enfoiré d’pote violait Jena.” Je parlais d’un ton plus sec, durci malgré les tremblements perceptibles de ma voix à l’évocation de ces souvenirs dont les images m’assaillaient. “Et j’pouvais rien faire. Parce que j’étais comme toi. J’me voyais comme un monstre aussi, parce que j’avais la trouille que c’soit vrai, parce que j’étais déchirée…” Je me frappai la poitrine du poing gauche, ma voix gagnant en intensité. “...là d’dans, parce que j’savais pas c’que j’étais au fond, ni c’que j’devais faire, jusqu’à perdre l’usage, la perception, d’mon pouvoir. Que si j’l’avais eu…” Je secouais sèchement la tête à clignant plus fortement des paupières, marquant une pause en me mordant la lèvre inférieure fortement quelques secondes avant de porter mon poing à mes lèvres. Je pinçais la première phalange de mon index entre mes dents pour taire la suite de mes mots.

À la place, je donnais un coup de volant assez sec sur la droite, déportant le Ford sur la bifurcation vers la 208, dont un large panneau indicateur enjambant la route indiquait le centre-ville de Snyder avant de ralentir à une vitesse plus modérée, puis enfin stopper le Ford au milieu de la route au bout d’un demi-kilomètre parcouru. Sur notre gauche se découpait la démarcation d’un petit quartier de résidences pavillonnaires, dont l’entrée du lotissement était marquée d’un panneau assailli par la montée d’un lierre sauvage, laissant cependant encore entrevoir le nom : Blue Barrel. Mais ce n’était pas tant vers le quartier résidentiel que mon attention se portait que vers Jordan à ma droite quand je reprenais à la suite d’un soupir d’un ton plus confident.

“James m’a sauvée c’soir-là. Avec Kyle. Pas en butant ces types… Pas seulement... mais en trouvant les bons mots. Les mots justes ; très lourds de sens, mais justes.” Je prenais une longue inspiration par les narines, enfonçant mon dos plus profondément dans le dossier du siège avant de confier ces mêmes mots au jeune homme, les répétant avec une ferveur presque mécanique.

“Oublie tout c’que j'ai pu dire. Oublie tout c’qu'on a pu vivre. Oublie c’que t’as pu subir avant. Quoi qu'il se passe, quoi qu'il se soit passé aujourd'hui. Ça suffit d'être victime, tu dois y mettre un terme, maintenant ! Sers-toi de ton don, fais disparaître ces fils d’pute une fois pour toutes.” J’avais lentement baissé le visage à mesure que les mots avaient filé, l’un après l’autre, pour contempler le croisement de mes mains entre mes cuisses, faisant distraitement jouer mes doigts entre eux.

“Il savait… James le savait… Mieux qu’moi, même… C’que j’pouvais faire. Le monstre que j’pouvais être ou devenir… Et pourtant, il est quand même venu m’sauver.” Je relevais lentement mes noisettes en direction de Jordan, le gratifiant finalement d’un mince sourire compatissant, inclinant légèrement le visage en le détaillant du regard. “J’pense que t’as eu trop d’temps, dans c’te ferme... pour réfléchir, ressasser tout ça et te monter l’bourrichon à chercher un responsable à ce qu’il t’est arrivé. Comme moi au camp Snatch. Quand j’pétais les plombs et que j’balançais des accusations débiles à tort et à travers... Parce que j’avais pas d’réponse.” Un souffle lourd quitta mes lèvres pour quelques instants, avant de conclure d’une voix plus basse, légèrement bredouillante d’hésitation.

“Et j’en ai toujours pas aujourd’hui… Mais c’est aussi pour ça que j’me suis tirée du Perchoir. Pour trouver ces réponses. Sur moi ; peut-être sur toi aussi… J’sais pas si on est des monstres, mais j’sais que j’te laisserai pas tomber. Ni toi, ni James ; ni même Melody.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Dim 28 Juin - 8:10
Le regard du jeune homme se perdait sur les courbes de la ville, s’attardant sur chaque détail digne d’intérêt, chaque détail qui semblait anormal dans ce monde déchu. Une voiture en parfait état garée juste derrière un fourgon calciné, une devanture d’un magasin encore intacte… Tant de choses qui pouvaient sembler anodines auparavant, qui aujourd’hui, étaient des exceptions. Son attention s’attardait sur les quelques silhouettes cadavériques qui se trouvaient ici et là alors que la petite brune lui répondit. Ils allaient devoir trouver un endroit dans le secteur. Le coin avait l’air calme à première vue si on faisait abstraction des cadavres ambulants seuls ou en groupe qui rôdaient.

Jordan détacha son regard du mort qu’il voyait un peu loin quand il sentit le véhicule ralentir dangereusement. Ses yeux se posèrent sur Ivy qui le dévisageait alors que le Ford venait de complètement s’arrêter. Il tentait d’y décelait quelque chose, n’importe quoi qui pouvait expliquer pourquoi elle s’arrêtait ici, laissant ce mort frapper contre la vitre de leur voiture. Mais il ne voyait rien. Il entendait juste les mots qu’elle venait de lui balancer.

Alors qu’elle commençait à accélérer, le jeune homme fronça les sourcils. Il commençait à regretter d’être monté dans cette voiture, il commençait à se demander ce qu’il se serait passé s’il était parti seul de son côté. Il aurait marché, des heures avant de trouver un abri pour passer la nuit dans lequel il n’aurait sans aucun doute pas pu dormir, impossible de fermer l’œil face à la crainte de finir dévorer dans son sommeil ou peut-être que ce serait la funeste mélodie d’une horde qui l’en aurait empêché ? Qui pouvait réellement le savoir ? Il n’y avait que des si car les faits étaient là, il n’était pas parti, il était là. La seule différence qui était digne d’importance résidait dans le fait qu’Ivy était présente. Le jeune homme n’avait qu’elle pour déverser cette colère qui lui collait à la peau.

Finalement, les mots de Matthew se trouvaient être justes. Il avait la haine, mais il ne la contrôlait pas, elle était juste là, prête à exploser sur n’importe quoi, n’importe qui, comme Ivy. Au fond, il ne lui en voulait pas d’être une garce. Elle était juste là, et il n’avait aucun moyen de balancer la rancœur qu’il avait envers ce monde. Mais il en avait besoin. Faute de pouvoir se déchaîner contre ceux qui le méritaient, il se créait un exutoire. Un regard en coin sur Ivy qui semblait concentrée sur la route et une pensée malsaine naquît dans son esprit. Il avait son arme posée sur ses jambes, la main droite vint se poser sur la manche. Il ne lui fallait pas plus d’une simple seconde. Une simple seconde et tout serait terminé, il prendrait la route et ne s’arrêterait que pour déverser sa haine encore et toujours. Ou il mourrait là, maintenant et il n’aurait plus à penser à la suite.

Son regard se posa sur les quelques morts qu’Ivy esquivait au volant du Ford alors qu’elle lui conseilla de ranger sa machette. A cet instant-là, il savait qu’il avait un réel problème. Non pas parce qu’il pouvait être violent et qu’il en avait besoin, mais parce qu’il pouvait être violent avec les siens, et que pendant une seconde, cela n’avait pas été un problème. Il referma ses doigts sur le manche de son arme pour venir la poser à ses pieds, juste à côté de son sac avant de revenir s’écraser au fond de son siège, fixant la route alors que la mécano commençait à se livrer sur ce qu’elle avait subi. Le malaise était palpable. Jordan ferma les yeux, expirant lentement par le nez alors qu’il sentait sa gorge ne nouer quand elle commença à parler de Jena.

Il ne la connaissait pas réellement, en fait, il n’avait fait rien d’autre que de la croiser, ils n’avaient jamais réellement échangé, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir de la peine pour cette femme. Une boule se forma au niveau de son ventre, s’il avait souhaité prononcer quelques mots, il en aurait été tout simplement incapable, hébété par ces révélations, il ne disait rien, il restait là, simple passager dans ce véhicule qui venait de tourner pour se rapprocher quelques instants d’un quartier qui semblait être tranquille.

Jordan fixait la petite brune qui continuait de s’ouvrir à lui, il entendait tout ce qu’elle lui disait. Sur elle, sur lui, sur eux. Il entendait et il l’écoutait. Il abaissa son regard sur sa machette qu’il avait déposé quelques instants plus tôt pour venir la chercher de sa main droite avant de lâcher un léger soupir. Il fixait les noisettes de la mécano pour lui répondre.

« T’as raison. J’ai eu trop de temps, beaucoup trop. Je veux bien oublier tout ça, mais je sais ce que je suis, et ça, je pourrai pas l’oublier. » Il inspira légèrement avant de reprendre. « Je te laisserai pas tomber Ivy. Allons choisir notre palace ! »

Il n’avait aucune envie de poursuivre cette conversation, parce qu’au fond, il aurait pu être avec un autre Elias ou bien en être un si le destin avait été un tant soit peu différent. Il était un monstre, il le savait, mais laisser Ivy croire le contraire était la meilleure chose à faire. Personne ne le connaissait mieux que lui-même, il avait eu l’occasion de le découvrir. Il observa les alentours rapidement à travers les vitres et les rétroviseurs, puis il ouvrirait la portière pour sortir, une machette dans sa main droite tandis que sa main gauche viendrait chercher son sac à dos.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1110/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (10/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Dim 28 Juin - 17:22
Je ne détachais mes noisettes du jeune homme qu'à la conclusion de ses derniers mots, détournant les yeux pour les laisser tomber sur le centre du volant, hochant mollement de la tête, à de multiples reprises. Je pressai brièvement mes lèvres entre les dents avant de lui répondre.

“T’as bien d’la chance alors,” confiai-je doucement, soudainement envieuse, à son affirmation de savoir qui il était, même si rapporté à ses mots précédents, cette monstruosité qu’il s’octroyait, cela aurait dû me glacer le sang.

Mais dans le fond, il n’en était rien. En vérité, que me restait-il désormais hormis Jordan ? Quelle certitudes avais-je sur ce qu’il convenait de faire ensuite ? Aucune. Il n’y avait que le jeune homme, cette bagnole et des doutes. Beaucoup de doutes. À propos du Perchoir. À propos de la ferme. À propos de cette ville et de nos ennemis dont je ne savais rien. À propos de moi. Je glissais un regard en coin vers mon compagnon de voyage lorsqu’il ouvrit la portière passager du pick-up, me forçant à couper le contact et serrer le frein à main d’un geste sec à sa suite. Je récupérai mon sac à dos sur la banquette arrière et la clé du véhicule avant d’en sortir à mon tour, répétant les mots du jeune homme d’une voix plus basse, plus adressée à moi-même qu’à un quelconque interlocuteur.

“Ouais… Trouvons not’ palace.”

J’avisais le panneau indicateur du lotissement de Blue Barrel de l’autre côté de l’avenue, décidant d’abord de ramener nos maigres possessions du plateau de chargement pour les déposer sur la banquette arrière de la double cabine avant de verrouiller le véhicule. Tout sauf le gilet pare-balle - Jordan refusant de le porter - que j’enfilais après m’être temporairement défaite de mon sac à dos et ma veste. Dans le fond, s’il y avait eu un vivant dissimulé parmi les nombreux morts du coin, il était impensable qu’il ne nous ait pas entendu arriver avec les vrombissements du moteur. Je ne tenais pas à ce qu’on nous vole nos biens aussi simplement, même si j’espérais certainement compter sur la venue de quelques voituriers bénévoles, en l’incarnation des infectés, pour dissuader tout chapardeur. Pas plus que je ne souhaitais être la cible d’un tireur embusqué qui, comme Jake et Diana quelques jours auparavant, pouvait ouvrir le feu précipitamment et sans raison autre que l’espoir de nous dépouiller.

Plissant les paupières, je balayais les environs du regard. Le calme régnait, bien faussement, je le savais déjà, je pouvais le sentir. Dans ces rues, le calme n’avait jamais été qu’une illusion de quelques instants. Les débiles finissaient toujours par se pointer, et j’étais certaine qu’ils étaient déjà en route, poussés par leur curiosité affamée à trouver l’origine du bruit du Ford, et les proies que nous étions avec lui. Un groupe de quelques oiseaux jaillit d’un envol depuis un bosquet buissonneux, côté Sud, révélant à mes noisettes quelques silhouettes décharnée qui avançaient vers nous, se détachant difficilement à ma perception des couleurs de la toile de fond crépusculaire nuancée de jade et d’or. Ils arrivaient, comme prévu. Et c’était clairement leur plus grande faiblesse. Leur prévisibilité.

Mais je ne comptais guère les attendre bien sagement, car d’autres surgissaient. D’une ruelle au Sud-Ouest pour ces trois-là. S’échappant d’une vitrine brisée en basculant par dessus le parapet de soutien pour quatre autres, plus à l’Ouest encore, plus proches aussi de quelques dizaines de mètres. Se manifestant de quelques râles sonores, brisant déjà le calme ambiant qui n’avait que trop peu duré, depuis l’angle du premier pavillon du lotissement, directement à l’Est, ou descendant la 208 à notre poursuite depuis le Nord. Nous étions simplement cernés, avec le confort très relatif de pouvoir exploiter encore quelques options de fuites au-travers de ces quelques attroupements de rôdeurs. Je récupérais la hachette dont le manche se trouvait maintenu par deux boucles de mon sac à dos de ma main gauche, serrant le poing sur le bois quand bien même je n’avais nullement l’intention d’aller les affronter au corps-à-corps directement.

J’avais bien d’autres intentions, et cette fois-ci, la fuite n’en faisait pas partie. Si nous devions trouver refuge dans le coin pour la nuit, il était hors de question de laisser le moindre de ces cadavres venir nous emmerder ou nous surprendre d’un regroupement massif. D’un bref et léger sifflement, j’interpellerais Jordan si cela s’avérait nécessaire pour obtenir son attention, et lui désignerais du fer de ma hachette le groupe de quelques décérébrés les plus proches au Sud-Est qui s’engageaient sur le trottoir bordant l’entrée du lotissement pour venir à notre appétissante rencontre, à moins que le jeune homme n'eût déjà pris l’initiative de s’en charger.

“J’m’occupe de ceux-là,” l’informai-je sobrement en ciblant du regard et de mon arme un second groupe plus à notre gauche, ceux-là même qui étaient sortis depuis l’angle de la première résidence. J’en comptais cinq, pour la première vague du moins, bien que d’autres finiraient certainement par débouler à leur suite. Les râles et grognements des morts gagnèrent alors en intensité, leur démarche paraissant plus énergique une fois leurs regards laiteux posés sur nous. D’un mouvement de la main droite, je reculais le pan de veste vers l’arrière, coinçant l’extrémité du tissu à l’intérieur de mon froc. Je m’emparais ensuite des trois couteaux de lancers, avançant de quelques pas déterminés en direction de nos assaillants jusqu’à les avoir à portée d’esprit.

Quelques pensées. C’était tout ce qu’il me fallait pour faire siffler les projectiles dans des trajectoires rectilignes, moqueuses des lois de la physique qui auraient normalement dû leur faire décrire une parabole sous la perte de célérité et la décroissance de leur quantité de mouvement. Mais cela ne trouvait plus aucun sens à mes yeux. Il ne me fallait que quelques pensées pour en chasser d’autres, raisonnant en équations, intégrales, primitives, dérivées. Ça n’avait plus aucune valeur dans mon proche périmètre, sans que je ne sois foutue de me l’expliquer. Cela arrivait. C’était à la fois si simple à réaliser et si complexe à appréhender que j’aurais dû en ressentir un vertige palpable.

Mais non, il n’y avait rien de tout ça. Seulement du mépris pour ces corps décharnés qui tombaient lourdement, désarticulés sur l’asphalte ou le bitume, l’un d’entre eux se cognant même contre l’aile arrière d’un coupé cabriolet abandonné, marquant de sa putrescence achevée le rouge mat et terni de poussière de la carrosserie. Quelques pensées et quelques secondes. Je secouais mollement la tête lorsque les mortels projectiles revenaient à moi lentement en flottant, souillés des traces de leurs fluides. Des lames que je ne récupérai pas en première intention, mais que j’amenai caresser le tissu du pantalon du cadavre le plus proche, essuyant grossièrement le métal avant de les récupérer et les glisser dans leur étui.

Mes noisettes contemplaient les cadavres, sans ne même plus trouver la décence de leur accorder une quelconque considération sur ce qu’ils avaient pu être par le passé. Les questions du qui, du pourquoi et du comment… Ça n’avait plus aucun sens, aucune putain de valeur. Ils furent, ils devinrent et ils disparurent dans l’anonymat le plus banal, le plus abject. C’était juste trop facile, surtout lorsque le souvenir se rappelait à moi de ce premier infecté dans cette cour d’école, cette femme éborgnée s’arrachant difficilement d’un sac mortuaire et dont j’avais défoncé la tronche à coup de pied de biche quand le malheureux Seth en faisait autant à coup de pompes, avec toute l’horreur et le gore imaginable de ce premier acte scellant la fin d’une innocence mièvre. Ce qu’elle avait pu être, ce qu’elle avait pu vivre, s’il y avait toujours une bribe de conscience ou d’âme à sauver au-delà de sa condition pourrissante. La culpabilité, le dégoût, la peur. Cela faisait quoi ? Trois mois ? Seulement ? Déjà ?

Un sixième cadavre fit irruption, s’annonçant sans discrétion de quelques grognements gutturaux en déboulant à ma gauche. Ma respiration s’amplifiait quand je braquais sur le cadavre de ce jeune homme trépassé et revenu, probablement plus jeune que Jordan bien que son état en rendait l’évaluation délicate. En avais-je vraiment quelque chose à foutre ? C’était bien le cas trois mois plus tôt après tout… Les propos de Jordan n’en finissaient pas de tourner en boucle dans mon esprit. *...je sais c’que j’suis, et ça, j’pourrai pas l’oublier,* ressassais-je mentalement à de nombreuses reprises avant de vocaliser quelques marmonnements interrogatifs, d’une voix si basse qu’il était impossible pour mon compagnon de m’entendre.

“Tu sais c’que t’es… hein ? Ouais… Ouais…” J’accompagnai ces deux mots d’un sec hochement de tête, mes noisettes demeurant rivées sur le cadavre de l’adolescent quand j’avançai à sa rencontre de quelques pas plus traînassant. “Elle aussi l’savait… Je le savais…”

Mon poing gauche se pressait sur le manche de la hachette de quelques intensités variables, avant que je ne le dresse sèchement vers l’avant, tête la première de toute la vélocité permise par mon don. L’acier frappa le cadavre en pleine poitrine, le projetant violemment au sol, son dos frappant le goudron d’un choc rude quand la hachette terminait à sa course à ses pieds. Je ramassais l’arme d’une nouvelle pensée, contournant l’infecté de quelques pas pour me placer sur son flanc droit quand déjà il relevait son buste en le tournant dans ma direction, tendant ses bras et claquant de la mâchoire. Je le clouais au sol en brisant quelques-une de ses côtes d’une nouvelle pensée martelante, de fortes expirations franchissant mes lèvres quand je me plaçais à quelques pas de sa tête, à la limite de l’emprise battante de son bras droit.

Une autre virevolte de pensée et un troisième coup percuta cette fois-ci le visage de la créature dans un craquement sinistre éclatant son nez et arrachant un large lambeau de chair à sa joue. Quelques éclaboussures de sang et de pus mouchetèrent mes godasses et le bas de pantalon. “J’sais que t’es là…” Un quatrième coup du fer de hache défonça la boîte crânienne du mort qui cessa toute agitation dans un amalgame de tissus et d’os broyés, finalement trépassé comme la toute première par un pied de biche. *Des repères* Un acte gratuit, violent, gore, dont la vue devait m’être insoutenable, pour l'avoir déjà été. Sans y parvenir. “J’sais que tu t’planques là-d’dans…” Un autre coup succéda au précédent, accentuant tout le macabre organique de cette vision. “C'était pas Hugh ni Elias,” soufflai-je en accompagnant le mouvement, récupérant l’arme de la dextre pour porter le sixième coup, physiquement et avec bien moins de violence, ma force physique n’égalant clairement pas celle de ma psyché. “Ni Jake. Ni Diana, ni aucun d'ces types !” Je m’acharnais en dépit de toute raison et utilité, souillant toujours plus le bas de ma tenue d’éclaboussures supplémentaires, et le bitume environnant. Ma voix gagna en intensité, le rythme de mon souffle avec elle, quelques trémolos faisant osciller son timbre rauque, mes yeux s’humidifiant de colère et désemparement quand le dernier coup fut asséné, et une brûlante question écriée.

“Où es-tu putain d’Zach !?”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Jeu 2 Juil - 20:56
Le regard du jeune homme se dirigea en direction du premier son qu’il entendit, ce râle si caractéristique de ces cadavres ambulants. Un petit groupe avait commencé leur marche funeste vers ce qu’ils espéraient leur prochain repas. Mais ce n’était pas le seul escadron qui était assigné à cette mission. Bien d’autres groupes hétéroclites commençaient à s’exhiber aux yeux de Jordan, des poignées de décérébrés ici et là qui convergeaient vers leur position. Il plissa les yeux tandis que sa poigne enserrait son arme, il y en avait trop, bien trop pour lui. Mais le sifflement d’Ivy le ramena au constat qu’il n’était plus seul à présent, il posa son regard sur elle alors qu’elle désignait un des groupes de rôdeurs qui se trouvait proche. Elle allait s’en charger, Jordan devait faire sa part lui aussi.

Il s’avança vers ce groupe qu’Ivy lui avait désigné, quatre de ces décérébrés qui se suivaient de près, mais qui se trouvaient assez éloignés les uns des autres pour qu’il puisse s’occuper de tous un par un, du moins, s’il était assez rapide. Il aurait pu en douter après avoir passé ces biens trop nombreuses semaines enfermés, à rapprendre comment marcher, comment bouger, à devoir se rappeler des gestes d’une simplicité enfantine, mais il n’en était rien. A cet instant-ci, il n’avait aucun doute, aucune appréhension, juste le besoin d’exterminer ces quatre monstres. Pas une envie, mais un besoin, réel, viscéral.

Il s’avançait, lentement au début, puis, de plus en plus rapide à chaque pas. Étrangement, il n’éprouvait aucune haine, aucune colère à ce moment précis, juste une profonde concentration qui maintenait ses yeux grands ouverts sur sa cible. Une femme, plus petite que le jeune homme d’au moins une tête qui commençait à tendre ses bras en avant alors que Jordan était suffisamment proche pour mettre fin à sa deuxième vie. Il posa son regard sur le visage cadavérique de cette monstruosité à la chevelure platine, son âge était impossible à définir avec précision, mais elle devait sans doute approcher la trentaine avant que son destin ne la change en ce monstre qu’elle était à présent.

Il expira par le nez tandis que son bras droit se perdait dans son dos, cherchant sans le moindre doute un peu d’élan à donner à cette machette avant un coup qui se voulait à la fois unique et final. Sa main gauche s’était ouverte, se plaquant contre le haut du torse de cette femme alors que ses bras légèrement trop courts tentaient d’agripper un pan de tissu du t-shirt de Jordan au moment où la machette s’abattit avec une violence inouïe sur cette tempe gauche qui s’opposait aucune résistance, laissant le tranchant de la lame déchirer la chair, briser l’os pour venir s’enfoncer légèrement dans le cerveau, dans le seul point faible de ces monstres. Quelques centimètres dans ce crâne et s’en était fini. Le prédateur alpha de l’humanité venait de tomber sous un simple coup de machette. Ça aurait pu en être risible s’il n’était pas aussi occupé et préoccupé par sa tâche, nettoyer les environs pour pouvoir trouver un abri cette nuit.

Alors que le cadavre s’effondrait sur lui-même, entraînant en même temps la main droite du jeune homme, qui tenait fermement cette machette un peu trop enfoncée dans ce crâne pour être récupérée facilement, il fût contraint de poser sa main gauche à plat sur cette tête, plus précisément sur cette chevelure sale et poisseuse. Il tira avec toute la puissance possible sur sa machette qui se trouvait à l’interstice de son pouce et de son index, à tel point qu’il eu une légère perte d’équilibre qu’il rattrapa aisément en reculant son pied droit. Il passa rapidement sa main gauche sur le tissu de son pantalon, essuyant les quelques gouttes de sang qui l’avaient attaché, mais aussi le reste, quelque chose de poisseux qu’il avait ressenti sur la paume de sa main.

Il inspira par le nez jusqu’à s’en remplir les poumons avant d’avancer d’un pas en direction du prochain monstre qu’il devait affronter. Le cadavre ambulant d’un homme obèse qui faisait environ sa taille et au bas mot le double de son poids. Il n’y avait aucune rage, aucune haine dans le cœur du jeune homme alors qu’il croisa le regard vitreux de sa proie, il était tout simplement concentré. Très contenter, à tel point qu’il aurait pu sembler absent, son corps se mouvant par automatisme, comme un sportif en pleine compétition, comme un peintre maniant son pinceau sans même être conscient de ses mouvements, comme un danseur se produisant sur scène après des centaines d’heures de répétition, rien ne pouvait leur embrumer leur esprit pour la simple et bonne raison qu’ils étaient absents. Ils étaient tout simplement absent, l’adrénaline se déversait dans leurs veines tandis que seule la concentration était visible sur leur visage, aucune autre émotion n’y avait de place dans ces moments-là, ils n’étaient plus humains, ils étaient peintre pour l’un, danseur pour l’autre, et cela avait une fin, une fin qui était jumelle à celle de leur prestation.

C’était avec la précision de Seurat que Jordan envoya la pointe de sa lame d’un coup sec dans l’œil gauche de cet éternel affamé. Un bruit immonde se fit entendre lorsque l’œil fut touché, mais cela ne rebuta pas le jeune homme, non. Il n’avait arrêté son coup d’estoc qu’au moment où la lame s’était freinée dans ce crâne, après quelques centimètres bien suffisant pour retirer l’envie à ce boulimique d’un autre repas. Cette fois-ci, Jordan n’attendit pas que le cadavre soit au sol pour retirer son arme, surtout que face au poids de cette monstruosité, il risquait plus de devoir lâcher son arme pour faire face à cette troisième menace qui s’avançait vers lui. Alors que l’anthropophage bascula en avant, et donc vers le jeune homme, ce dernier recula d’un simple pas en arrière tout en tirant un coup sec sur son arme qui, cette fois-ci, lui vint sans la moindre difficulté. Après un simple pas sur sa droite, il avait en vue le troisième mangeur de chair alors que venait s’écraser au sol dans un bruit immonde l’ogre qu’il avait abattu d’un simple coup. Les chairs de son ventre n’avaient pas dû tenir face au choc et il devait être en train de se vider sur le sol, mais cela, Jordan n’en savait rien car il avait déjà entamé son troisième round.

Le troisième et le dernier, car les deux arrivaient ensemble, l’un immense, dépassant de plus d’une tête Jordan, avec une stature à l’opposé d’un déterré. Il était imposant, réellement imposant, c’était une armoire à glace, vêtu d’un blouson en cuir élimé et de larges bottes, il n’y avait aucun doute sur le fait que c’était un motard, un vrai. Surtout quand le regard du jeune vint constater ce casque de moto vissé sur la tête du géant d’outre-tombe, une bonne chose pour éviter de se faire mordre, une mauvaise pour lui ouvrir le crâne. Reculant d’un pas, serrant les dents, il balança son bras droit en arrière, donnant à son arme plus de vitesse alors qu’il fixait l’autre revenant. Un nain, littéralement. Encore plus petit que la première qu’il avait exterminée juste avant. Un nain, ou un enfant, c’était assez difficile à dire en voyant l’état de ce qui était censé lui servir de visage. Peut-être aurait-il pu deviner à l’aide d’indices sur ce corps décharné, un vêtement, un signe particulier, mais c’était trop tard. Jordan venait d’abattre le tranchant de sa lame sur le haut du crâne de ce David qui accompagnait Goliath.

La lame s’était enfoncée d’un ou deux centimètres, pas assez pour faire taire ce chérubin qui continuait de réclamer à qui voudrait bien l’entendre qu’il n’avait qu’une seule envie, manger. La main gauche de Jordan vint très rapidement rejoindre la droite qui forçait du mieux qu’elle le pouvait pour venir chercher ce qu’il restait du cerveau du garnement. Cela ne lui avait pris qu’une seconde pour qu’il ne parvienne à couper la faim du petit, une seconde qui avait permis au géant de s’approcher dangereusement du jeune homme. Sa main gauche lâcha le manche de la machette, venant rapidement repousser un des bras qui l’assaillait tandis que sa main droite se crispait sur ce même manche, tirant vers le haut pour dégager l’acier du cervelet du défunt nain, ou enfant ? Il n’en savait rien, et au fond, il s’en foutait. Combattre Goliath était la priorité du moment, certainement pas de savoir s’il avait explosé le crâne d’un gosse ou d’un semi-homme.

Le poids, même léger de ce cadavre combiné à la force que Jordan mettait pour récupérer son arme avait permis au jeune homme d’extirper la seule chose qui pouvait le sauver à ce moment précis, sa machette. Après avoir repoussé in-extremis le bras gauche du géant qui le harcelait, la main gauche de Jordan s’ouvra et il balança la paume de cette dernière en direction du casque encore présent sur cette tête encore à couvert. La paume heurta de plein fouet le casque où était situé se situer le menton du monstre, faisant légèrement basculer en arrière sa tête pendant une simple seconde. Une simple seconde qui était amplement suffisante pour qu’il vienne enfoncer la pointe de sa machette fraîchement retirée en plein dans le bas de sa mâchoire. La pointe s’enfonça sans aucune difficulté jusqu’au cerveau, retirant la vie à Goliath qui bascula en arrière bien trop vite pour que le jeune homme ne puisse récupérer son arme.

Jordan fit un pas en arrière alors que le cadavre tomba en arrière sur le dos, ne laissant visible que le manche de la machette qui dépassait de son cou, ou de la base de sa mâchoire, c’était assez difficile à dire avec le casque qui en cachait une partie. Il s’avança pour récupérer son arme tandis qu’il jetait un coup d’œil rapide aux alentours. Les morts affluaient de partout et Ivy semblait s’occuper avec brio du groupe qu’elle avait eu sous la main.

Il se serait approché du mort définitif pour y récupérer sa lame, envoyant sa main gauche soulever le casque, l’enlevant sans aucune difficulté puisque ce dernier n’était pas attaché, avant que sa main droite ne vienne se poser sur le manche de sa machette qu’il tira d’un coup sec et sans difficulté. Les yeux grands ouverts, il laissa ses poumons se remplir d’oxygène, tournant légèrement sur lui-même en cherchant de l’œil un autre groupe de ces décérébrés. Il s’avancerait vers le premier petit groupe qu’il verrait pour continuer sa danse meurtrière, toujours sans haine, sans colère, mais uniquement avec cette même concentration qui l’avait animée juste avant.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1110/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (10/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Dim 5 Juil - 16:58
~ Tomber. À nouveau. Retrouver cette sensation sourde de flottement et de chute mêlés où plus rien n’a vraiment de sens. Se perdre jusqu’à se noyer dans un océan d’absence. Un moment, aussi bref qu’éternel où ce qu’il y a de plus compact ne cesse d’échapper à mon emprise. Quand il n’y a ni raison, ni folie, aucune frontière et que tout se veut pourtant fragmenté. Et dans la pénombre de ce silence si intense qu’il en devient assourdissant, ne portant que les échos des battements de mon coeur résonnant au-travers d’une dimension que je ne peux saisir, se trouve pourtant cette voix. Cette lumière infime, paresseuse à me parvenir quand bien même il n’y a que mon désarroi pour l’appeler. La conjurer. Je ne suis rien. Je demeure tout. Entière et disloquée. C’est un faciès sans visage qui se dessine, que je reconnais de l’ampleur de son murmure. Sauve-moi. Aide-moi. Je lui hurle après sans qu’aucun son ne puisse jaillir de mon être. J’en appelle à sa raison. La supplie. La maudis. La conjure d’exister pour moi-même revenir. Je flotte. Je ballotte. Sa dérive m’échappe dans une écume moqueuse. Plus je me débats, moins je lutte. Je ne sais pas. Je ne comprends pas. Son dédain est si rugueux.  

La chute se poursuit. Ou reprend. Une légère caresse se dessine et me traverse de part en part. Je me sens violemment alourdie. Quelque chose change et se manifeste. Ma poigne glisse, puis s’enlise à nouveau. Mes doigts n’étreignent que le néant à chaque tentative. La lumière s’estompe. Loin au-dessus de mon regard, le privant d’un unique point d’accroche. Un sifflement parvient à mes tympans. Tout s'accélère. Ma vitesse. Les battements de mon coeur. Le son se propage à nouveau et me dévoile. Je ne hurle pas de peur. Pas de panique. Simplement de colère. De rage. De déni. L’océan se manifeste. Plus humide et moite contre ma peau nue qui se rafraîchit. C’est une plongée abyssale. Une main se plaque sur mes cheveux et m’enfonce la tête sous l’eau. Je suffoque des instants qui paraissent éternels. Ma senestre agrippe et enserre le poignet de ce bras tortionnaire. Mon poignet droit. À quel point suis-je disloquée ? Je l’ignore, même en parvenant à arracher ma tête à ces eaux. Mes noisettes hagardes et floues trouvent le sans-visage. Sa voix résonne dans mon crâne. Fluette. Monocorde. Dénuée de genre comme celle d’un enfant. Je crie et m’affole de savoir ce qu’il est. Il est ce que je cherche. Il est ce que je ne mérite pas.

Le non-visage se détourne de moi. Sa voix s’éteint sur cette unique vérité. La lumière revient. Ample. Pénétrante. Nuances d’or et d’ocre de chairs déchirées. Je t’ai cherché en voulant te fuir. Alors je te trouve désormais. Solitude. ~


Ce n’était qu’une bouillie dont rien ne se dégageait. Aucune réponse à moi-même. Une bouillie infâme qui avait encore souffert d’un ultime coup porté de ce putain de fer de hache. Ce n’était rien de plus qu’un acte gratuit et dérisoire, symptomatique de ma propre perdition. Comme si ce cadavre débilisé et fracassé par sa condition aurait réellement pu m’apporter quoi que ce soit. Je soufflais, durement, intensément, de longues et bruyantes expirations qui succédaient à de profondes inspirations aux arômes putrescents. Je posais un genou à terre, le fer de la hachette posé au sol, le creux de ma dextre en appui sur l’extrémité de son manche. Du flanc de ma main désarmée, je balayais d’un revers mes joues constellées de quelques gouttelettes poisses projetées par sa chair meurtrie, parmi lesquelles quelques perles salées s’étaient frayées un chemin. Je reniflais cette folie qui m’avait étreinte sans réussir à détourner mes noisettes de cette vision d’horreur qui m’aurait certainement arraché un reflux gastrique quelques jours et semaines plus tôt. De mes lèvres tremblantes s’échappait un murmure psalmodié, succédant à cette absence dont je n’avais su saisir l’épaisseur du temps. Une vérité simple. Une vérité abjecte.

“...voués à la solitude et à l’isolement. Étrangers...”

La lumière du couchant qui me baignait s’estompa brutalement. Une ombre couvrit ma peau, voilant mon regard. Un grognement survint sur ma gauche, précédant un choc sourd qui me fit basculer sur le flanc droit dans un hoquet de surprise. Deux mains osseuse qui m’agrippaient par les épaules, tirant sur le jean de la veste et forçant sur les coutures. C’est à peine si je trouais le réflexe de ramener mon avant-bras pansé contre le buste à la poitrine pendante de cette salope. Ses mâchoires claquèrent à de nombreuses reprises de ses dents noircies, les pointes de ses cheveux chatouillant mon visage de leurs quelques poignées filandreuse. Je fermai les paupières en détournant le visage, scellant mes lèvres quand je sentais ma joue gratifiée de quelques postillons charognards et nauséabond.

D’une pensée, j’arrachai la hachette du sol, projetant son fer de hache en direction de son crâne. L’outil frappa le côté de son crâne, mais souffrait d’une trop courte distance, d’un trop faible élan pour ne faire plus que la déstabiliser. La pression de la morte se relâcha quelques secondes, me faisant basculer sur le dos. Je pouvais sentir le gilet pare-balle s’écraser contre ma colonne, arquant le bas de mon dos de la pression de la mallette à outils dans mon sac. Juste de quoi m’offrir non pas un répit, mais la vision d’une autre silhouette macabre qui allait me tomber dessus. La cuisse de mon assaillante bloquait mes couteaux dans leur étui, écrasant la crête de mon bassin d’une douleur sourde.

De mon sixième sens, je parvenais à percevoir mes armes sans pouvoir les soustraire à leur propre environnement. D’un souffle hargneux, je ramenai mes deux bras contre le buste de l’autre pute, écrasant mes mains autour de sa gorge. Seule la hachette pouvait me tirer de ce mauvais pas, et elle revenait d’une pensée grésillante. Malheureusement, elle manqua son coup, filant à quelques centimètres au dessus du crâne de la blondasse cadavérique sous son propre élan pour continuer sa course bien plus loin, échappant à ma volonté dont les pensées s’agitaient sous l’urgence et se cognaient avec trop d’imbroglio pour que je ne parvienne à en corriger, et même rattraper la trajectoire. Alors l’arme, la seule disponible à ma portée, s’éteignait dans mon champ de perception, me retrouvant bien démunie face à cette créature et les suivantes qui n’attendraient pas leur tour pour se mêler au festin.

D’un grognement farouche, je portais un coup de genou bien flasque et impuissant contre la créature qui ne devait pourtant pas être plus grande que moi, sans que cela ne la perturbe. Une lutte de chiffonnières, voilà ce qu’était cet affrontement que j’étais certaine de perdre sur la durée. Je grimaçais d’effort, arrachant quelques perles de sueur à mon front, cherchant de mon esprit et dans mon environnement la moindre solution qui pouvait me parvenir de quelques manifestations magnétiques. Il n’y avait que la carcasse de ce coupé cabriolet abandonné là. Et une question, une grande inconnue : ma limite. Pouvais-je en tirer quoi que ce soit, en arracher la portière comme cela avait été le cas de ce break, au premier jour de ma fugue ? Avais-je seulement l’illusion de ce choix face à la certitude de finir dévorée ?

Il était temps de le découvrir, quitte à m’épuiser encore lourdement l’esprit au détriment de la perspective de mourir. Ouais, c’était pas franchement négociable comme choix. Mais au-travers de ma concentration intense pour cette voiture, ce ne fut pas mes limites qui furent révélées, mais d’autres facultés que je n’avais jamais expérimentées jusqu’à présent, complètement inconsciente d’en être capable. Il y avait eu cet écrasement du gilet qui s’écrasait contre ma peau, ravivant la douleur de ma commotion à la poitrine, me coupant le souffle en me faisant suffoquer. À sa pression se rajoutait celle des outils de mon sac à dos qui s'écrasaient d’autant plus, comme l’étui de mes couteaux qui semblait soudainement vouloir me pénétrer la chair au travers de mon jean. Mon sixième sens s’affolait de lourdes bifurcations convergents dans les lignes de champs, accumulant une étrange tension qui me tiraillait les neurones, sous mon crâne. La douleur se voulait fulgurante, aussi pernicieuse qu’une lame froide et acérée plantée dans le crâne, comme aux premiers jours de révélation de ce don. Et la tension céda avec la rudesse surprenante d’un élastique qui lache.

“Putain d’m…” m’exclamai-je d’une surprise effarée sans terminer mes mots, lorsque je me sentis partir.

Mon corps tout entier échappait à l’emprise de l’autre salope, traînant à même le bitume comme si l’on m’avait empoignée par la peau du cul pour m’arracher brutalement à ses doigts. Mes mains relâchèrent la gorge de la créature, comme les siennes finirent par perdre l’accroche du tissu de ma veste en déchirant la manche au niveau de l’épaule gauche. Dans un réflexe idiot mais compréhensible, j’avais tenté de me retenir au sol de mes mains, ne faisant qu’en peler les paumes et les pulpes de mes doigts, me retournant un ongle dans le geste. Je glissais, les aspérités du goudron frottant et déchirant la toile du jean, égratignant ma peau sur le côté de la cuisse et la pointe du coude.

Une course de quelques mètres qui s’achevait de mon flanc droit percutant l’aile arrière du véhicule dans un choc tenace, me coupant un peu plus le souffle quand ma perception alentour s’éteignait complètement. Je retombais sur le bitume de quelques centimètres, mes avants-bras et genoux encaissant la succession d’impact. Je gonflais mes poumons d’une inspiration unique et retrouvée, quelques étoiles passant devant mon regard. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ? Ce débordement d’énergie qui venait de me coller une migraine atroce jusqu’à flouter ma vue. Putain de merde. Je toussais d’une quinte rauque, crachant une salive ensanglantée au sol avant de relever mes noisettes vers la silhouette floue de cette pute et ses congénères que rien ne perturbait dans leur quête de barbaque.

Je me ramassais tant bien que mal, un pied après l’autre, m’aidant de l’appui de ma main gauche sur le sommet de la portière du cabriolet pour tirer sur mon bras maigrelet dont un filet de sang coulait déjà depuis mon coude jusqu’à être épongé par le bandage de ma nécrose. Je soufflais, reniflais, passant mon poignet droit sous mon nez et sur ma lèvre supérieure qu’un épanchement nasal sanglant venait humidifier. L’incompréhension laissa bien rapidement place à une colère renouvelée. Contre ces saloperies dégénérées. Contre moi-même, mes prétentions et mon inexpérience. La blondasse revenait à l’assaut, apparemment plus excitée que jamais d’avoir vu la proie que j’étais inexplicablement lui échapper.

Des ardeurs que je calmais d’un couteau de lancer projeté d’une pensée très hargneuse, maintenant que mes armes avaient retrouvé leur liberté. Cette salope s’écroulait lamentablement, privée de l’animation de son démon intérieur. Elle et ses abrutis de potes décérébrés que je renvoyais se faire mettre dans l’enfer qu’ils n’auraient jamais dû quitter. C’étaient là les corps de ceux venus du Nord, à la poursuite du Ford. Mais d’autres approchaient, affluant de toutes les directions.

Je grommelais lourdement, m’accoudant contre la portière pour soulager ma cuisse brûlante de ses déchirures de mon poids, retrouver mon souffle. Mes noisettes se portèrent vers le Nord-Est, le lotissement du Blue Barrel d’où quelques autres de ces foutus zombies continuaient de s’échapper. Je figeais les traits de mon visage d’un rictus farouche, bien décidée à les écarter définitivement de ma route. Notre route. Je boitais en faisant le tour du cabriolet côté coffre, ma main mutilée conservant cet appui sur la carrosserie, quand je planifiais mon chemin parmi les cadavres. Je cherchais mon compagnon du regard.

“Jordan ! Par là !” braillai-je avec toute la finesse d’un routier ivre en désignant la première résidence dont le jardin délaissé à la nature marquait l’angle entre les deux rues ; revenant bien rapidement aux cadavres qui approchaient.

Une. Deux. Trois victimes supplémentaires déjà qui heurtaient le sol dans quelques postures désarticulées, certains tombant sur les premiers trépassés. Mais je m’en moquais. Aucun d’eux ne m’arrêterait. Aucune pitié ni aucune culpabilité à l’égard de ces sous-merdes monstrueuses ne se dresserait plus entre mon objectif et moi. Un abri. Puis le Perchoir. Puis James. Sauver James. Coûte que coûte. À n’importe quel prix.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Jeu 9 Juil - 17:25
Les pupilles du jeune homme se dilataient alors qu’il prenait des inspirations de plus en plus rapides. Le torse bombé, il laissait son regard passer d’un mort à un autre. Il ne les observait plus, ses yeux ne distinguaient que des cadavres ambulants, rien d’autre que des amas de chair qui convergeaient vers sa position. S’il avait remarqué certains détails sur les quatre précédents infectés, à présent, il ne voyait plus rien, ou du moins, il ne remarquait rien. Il s’en foutait totalement. S’il était resté concentré durant ses premiers assauts, à présent, l’adrénaline emplissait ses veines, cette violence dont il était l’auteur animait en lui un sentiment de bien-être, un sentiment de pleine puissance à chaque inspiration, à chaque pas, chaque seconde qui passait.

Il avait fait un simple pas en avant, prenant une grande inspiration tandis qu’il posait ses yeux grands ouverts sur le mort le plus proche. Les sombres iris du jeune homme fixaient le visage décharné de cette créature. Il ne cherchait rien, aucun détail, aucune information, il visualisait juste le point d’impact de sa machette. Chaque pas qui le rapprochait de ce non-mort gonflait le jeune homme d’excitation. Sa vision se floutait légèrement mais laissait à Jordan la possibilité de discerner encore ce monstre qu’il avait en face de lui, ce monstre qu’il souhaitait mettre au sol, hors d’état de nuire, comme tous les autres.

Puis vint le moment où un seul pas le séparait de sa future victime. Le mort commençait à tendre les bras et à ouvrir sa bouche quand le jeune homme balança son bras droit en arrière avant d’abattre sans ménagement le tranchant de son arme au niveau de la tempe du cadavre réanimé. Les premiers centimètres de la lame étaient rentrés sans difficulté à tel point que la machette avait continué sa route jusqu’à l’œil, le tranchant dans toute sa largeur. La machette était enfoncée de l’oreille droite du mort jusqu’à son nez. Ma main gauche de Jordan vint se poser sur sa droite pour venir pousser cette arme blanche afin de la faire ressortir, laissant l’acier reprendre le même chemin au retour qu’à l’aller alors que les jambes du mort se dérobaient sous son propre poids.

Quelques gouttes de sang gicleront sur le haut du pantalon de Jordan tandis que ce dernier relevait la tête vers les morts qui continuaient de converger vers sa position. Ils étaient bien trop regroupés pour qu’il puisse venir danser au milieu de cette macabre réunion des parias des enfers. Mais était-ce une raison suffisante pour que le jeune homme ne se désiste à sa corvée de nettoyage ? Bien sûr que non. Il n’avait pas pour but de nettoyer la zone en restant en sécurité, non, il voulait simplement se déchaîner sur ces décharnés, les frapper jusqu’à ce qu’ils rejoignent leur tombe définitivement.

C’étaient cinq infectés qui se trouvaient face à lui, cinq infectés qui se bousculaient comme des obèses en plein Black Friday devant un rayon de confiserie avec en guise de Loukoum, un jeune homme avec rien d’autre qu’une machette en main et la rage au ventre. Une rage croissante et inarrêtable qui faisait taire son instinct de survie pour ne laisser que sa colère hurler. Jordan laissa ses bras s’échapper des bretelles de son sac confié par Matthew qu’il laissa rudement tomber par terre, à quelques centimètres de ce mort qui avait perdu définitivement la vie sous les coups du jeune homme quelques secondes auparavant.

Alors que le tintement des conserves et de sa seconde machette heurtant le sol se faisait entendre, Jordan s’élança en avant, arme en main avec pour seul objectif de faire un massacre. Il avait besoin de cette violence, de se déchaîner, de se laisser aller sans accorder d’importance au reste, même pas sa propre vie. Il courait en plein vers ce groupe compacte, laissant son épaule droite frapper de plein fouet l’infecté qui se trouvait en plein milieu du groupe avec pour objectif de l’en dégager pour l’achever avant de s’occuper des autres. Mais les choses ne se passaient pas comme prévu, son épaule n’heurta pas le torse du mort comme il l’avait prévu, mais son épaule. Le choc était bien moins brutal que prévu, mais le déséquilibre qui venait assaillir Jordan l’était bien plus.

Le jeune homme s’était étalé un peu plus loin sans réussir à mettre au sol un seul de ces infectés. Serrant les dents alors qu’il était à terre sur le côté, il avait rapidement senti une main agripper sa cheville droite. Par réflexe, il releva son buste brusquement avant de faire de même avant sa main droite qui n’avait pas lâché son arme. Son regard fixait la tête du marcheur qui approchait dangereusement ses dents de la jambe du jeune homme avant qu’une lame ne vienne se planter en plein sur le crâne de cette monstruosité.

Un coup rapide et unique avait ôté la seconde vie de cette erreur de la nature. Jordan tira sa jambe droite d’un coup sec avant de se relever en prenant appui sur ses pieds et sa main gauche qu’il venait de poser au sol. Il s’était relevé rapidement et sans perdre de temps, il prit appui sur sa jambe droite pour se jeter à nouveau dans la mêlée, mais cette fois, malgré le désintérêt total pour lui-même, il n’utiliserait pas son corps comme une arme, il ne laisserait que sa main droite manier l’acier en direction de chacune de ces horreurs.

Ses yeux se fixèrent sur le mort le plus proche tandis que sa lame dansait au bout de son bras pour venir s’abattre sur le côté droit du crâne que Jordan n’avait pas encore quitté des yeux. Il n’arrêta pas son mouvement de bras car sa lame n’avançait plus dans ce crâne à présent percé, il changea tout simplement de direction. Au lieu de continuer l’arc de cercle qu’il avait entamé, il vint tirer brusquement son arme vers lui-même, libérant ainsi l’acier de cette prison organique. Dès que la pointe de la machette quitta cette tête, il laissa son poignet se mouvoir légèrement pour orienter la pointe de cette même lame vers le mort qui se trouvait juste à côté avant d’envoyer son bras en avant pour que l’acier ne vienne se planter dans cet œil pour s’y enfoncer de quelques centimètres.

Alors qu’il tirait son arme vers lui, les deux morts restants tendaient leurs bras dans sa direction agrippant son t-shirt et obligeant le jeune homme à reculer d’un simple pas avant de balancer à nouveau le tranchant de son arme sur le premier infecté, confondant probablement sa machette avec la hache qu’il avait manié par le passé. Il n’arrivait pas à fendre le crâne du mort en deux, mais il avait réussi à laisser la lame s’enfoncer assez profondément pour ôter à nouveau la vie de ce mort. Son bras ne remonta pas pour relever sa lame, non, il tira dessus alors que sa main gauche se posa sur le cou de sa dernière victime, poussant légèrement ce cadavre inanimé. Quelques gouttes de sang giclaient sur son bras droit alors qu’il venait de ressortir sa lame pour venir la planter dans la pommette du dernier cadavre qui semblait s’évertuer à lui arracher son t-shirt.

Il sentait son arme se bloquer dans le visage cadavérique de cette abomination, mais il n’arrêta pas de pousser sur celle-ci, l’enfonçant centimètres par centimètres, orientant la pointe de sa lame vers le haut du crâne afin de venir toucher ce maudit cerveau. Les mains griffues du mort avaient relâché le t-shirt pour venir chercher leur plus grand souhait, la chair du jeune homme. Ces doigts osseux semblaient glisser le long de ses triceps pour venir le saisir plus fermement aux épaules, étreignant légèrement Jordan en le contraignant à s’approcher de cette monstruosité qui lâcha un immonde grognement en ouvrant sa bouche pour y exhiber ses dents pourries.

L’haleine putride glissait jusqu’aux narines de Jordan qui hurla de rage alors que son front collait celui du mort. Il n’avait pas cessé de pousser sur le manche de sa lame qui venait continuer son chemin dans le crâne de cette monstruosité qui enlaçait le jeune homme. La pointe de la lame semblait avoir touché le cerveau, car à cet instant, le revenant avait perdu toute sa vigueur et arrêtait d’essayer de ramener son repas vers lui.

Jordan n’avait pas arrêté d’hurler de rage, il avait juste posé sa main gauche sur sa droite pour venir retirer son arme d’un coup sec, faisant légèrement valdinguer cette poupée de chiffons qu’était devenu son agresseur. Il jouait avec la mort sans aucune crainte, uniquement avec la rage au ventre. Il prit une grande inspiration, remplissant ses poumons d’air avant de poser son regard sur d’autres morts qui s’avançaient, encore et toujours vers ce qu’ils espéraient être leur repas du jour. Il avait entendu Ivy l’appeler, mais à cet instant-ci, il avait continué d’avancer vers d’autres morts qui continuaient d’affluer, et nul doute que le hurlement qu’il avait lâché quelques instants avant rameuterait les morts proches sur lui.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1110/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (10/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Mar 14 Juil - 16:02
Je marquais la poussière du cabriolet à la peinture ternie d’une large trace plus brillante sous le couchant, m’accoudant sur la tôle du coffre de mes avant-bras en reprenant mon souffle. J’écrasais l’ongle de mon index gauche qui suintait le sang à l’aide de mon pouce opposé en grimaçant, les dents serrées et les lèvres crispées sur quelques rides d’affliction relevant mes pommettes. Mes noisettes, elles, ne se détachèrent pas de la silhouette du jeune homme qui m’accompagnait, dont le cri rageur m’arracha un bref frisson courant le long de ma colonne vertébrale. Je n’avais pu que constater la chute de ce dernier rôdeur dont il venait de se débarrasser au terme de son effort, jouant de sa machette avec une aisance que je n’aurais pas su lui soupçonner bien avant cela.

D’un geste du bras, j’amenais le bandage de ma nécrose à balayer le mince filet de sang courant le long de ma lèvre supérieure, le souillant d’une nouvelle trace carmine, maugréant au passage quelques habituels jurons en voyant Jordan ignorer mon injonction pour se diriger vers d’autres morts qui convergeaient sur lui. L’idée s’était pourtant voulue simple. Trouver une planque, et la sécuriser. Ni plus, ni moins. Hormis que dans toute cette simplicité, j’avais encore trouvé le moyen de péter un câble en me laissant bouffer le cerveau par un dévoreur d’esprit beaucoup plus sournois et vorace qu’une armée de morts. Putain de moi.

Je prenais une profonde inspiration, frottant distraitement les pulpes pelées de mes doigts contre le tissu replié de mes manches et massant les écorchures de ma peau, retirant un gravillon noir logé dans l’une d’elles. Retrouver un peu de calme, de tranquillité d’esprit quand celui-ci s’était vu englouti d’un débordement d’émotions contradictoires et cette étrange manifestation de mon don, bien incapable d’en saisir la teneur. C’était grisant et effrayant. Je fermais les paupières quelques secondes, à la recherche d’un souvenir plus apaisé, une empreinte de calme qui ne menait pas à d’irrémédiables conséquences et autres merdes à la con. Samuel ? Rien qu’à son évocation et le souvenir de son visage, je me crispais d’une profonde affliction coupable tranchée d’une colère sourde qui ne démordait pas de quelques certitudes trop ancrées. Peu importait la vérité, les actes et leurs absences, je ne démordais pas du stigmate de sa trahison - fantasmée ou non.

Elizabeth et James ? C’était encore pire. Plus je cherchais, creusais, et plus je m’enfonçais dans une certitude effrayante. Il n’y avait rien à tirer de ce passif qui était le mien que des remords et de la souffrance. Une rage glaciale, bien différente de celle qui s’exprimait à quelques mètres de moi et que je ne connaissais pourtant que trop bien. Ce n’était pas sans me rappeler cet élan dans la cimenterie qui avait fait d’hommes de simples pantomimes de chair soumis à de violents éclats. Ce jeune homme coincé sous une armoire dans cette école qui déjà subissait le courroux de mes accès, uniquement temporisés par la sagesse d’une Liz’, véritable boussole d’humanité dont j’avais fait le choix de me priver, sûrement pour le pire.

Je serrais mon poing mutilé, les phalanges plaquées contre la tôle en rouvrant les paupières quand quelques éclats de métal faisaient intrusion dans mon champ de perception. Je me retournais lentement, faisant face à ces quelques silhouettes décharnées qui venaient vers moi, incapables de comprendre, incapables d’apprendre, incapables de reconnaître ou d’admettre leur futilité morbide désormais. À leurs râles et grognements ne répondit qu’un long soupir quand je me redressais plus droitement.

Je claudiquais de quelques pas sur le trottoir, me détournant de ces créatures déjà rendues à leur trépas originel de quelques fulgurances. Je retrouvais la hachette, la percevant sans la voir dans les herbes hautes qui bordaient le béton, la convoquant à me revenir d’un appel muet, traînant mes couteaux voletant dans mon sillage, enchaînés à ma volonté et dévoués à ma protection. Notre protection. Car c’était là ce que j’avais dit, ce que je comptais faire : ne plus décevoir ceux qui embrassaient la folie de m’accompagner.

Je dépassais finalement le nez du cabriolet, prenant un dernier appui de ma dextre au dessus du phare avant de rejoindre le bitume, m’approchant lentement du jeune homme. Je n’avais pas volonté d’interférer avec son apparent besoin d’extérioriser ce que lui-même qualifiait de monstruosité, me plantant silencieusement à quelques mètres de lui, les bras le long des cuisses et les poings serrés sur mes plaies. J’ignorais tout des pensées qui pouvaient bien l’animer, guider ses actes, ses choix, cette rage palpable ; demeurant simple spectatrice d’une volonté absconse à débarrasser ces rues des morts qui les hantaient. Je trouvais cela bien vain, dérisoire, un gaspillage de temps comme d’énergie, quand bien même je demeurais certainement l’une des personnes les plus mal placées ici pour me permettre de tels jugements.

Je n’avais guère de mots pour lui, fussent-ils pour l’encourager ou le stopper dans sa démarche. Je n’étais pas faite pour diriger ou ordonner, ce n’était pas le rôle que je souhaitais endosser pour d’autres que moi-même. Je n’avais que mes objectifs et ma résolution à les suivre et atteindre. Je laisserais l’épuisement ou la satisfaction se charger de ramener Jordan à sa propre raison. Ma raison encore trop souvent instable m’était déjà une occupation à temps plein, et mon jugement en souffrait de quelques altérations problématiques. Alors je n’avais strictement rien à dire en vérité, hormis surveiller les environs et prêter main forte à Jordan d’un ou quelques jaillissements de lames si celui-ci était sur le point de se faire déborder ou surprendre par les morts, sans compter ceux qui s’intéressaient à moi pour n’en recevoir qu’une éphémère, dédaigneuse et tranchante réciproque.
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Mer 15 Juil - 18:22
L’attention de Jordan se focalisait sur le reste des morts qui déambulaient dans leur direction. Il ne détourna son regard qu’une simple seconde pour voir qu’Ivy le rejoignait, prête à lui prêter main forte dans ce nettoyage de printemps. Son regard se posa sur un infecté isolé qui s’approchait. Le cadavre ambulant était légèrement plus grand que Jordan qui s’avançait rapidement du mangeur de chair. La méthode pour l’abattre était simple, il allait utiliser une vieille prise qui lui avait sauvé la mise plusieurs fois.

Arrivé à portée du mort, le jeune homme balança sa main gauche en direction du visage de sa cible, le majeur légèrement relevé qui devait glisser sur l’arrête du nez pour guider l’annulaire et l’index en plein dans les yeux du décharné pour que la tête de ce dernier se balance légèrement en arrière afin que la machette tenue par l’autre main ne vienne se planter en dessous du menton pour remonter jusqu’au cerveau de cette abomination.

Mais il n’était plus celui qu’il était auparavant. Ses mouvements étaient plus lents, moins précis qu’à l’époque où la mort n’avait pas posé ses lèvres sur lui… Ses doigts, à l’exception du pouce et l’auriculaire finirent leur trajet dans la bouche grande ouverte du revenant. Ce dernier ne se fit pas prier pour mordre directement dans ce met qui lui était offert aussi simplement. La surprise fit irruption dans l’esprit de Jordan qui n’arrivait pas à réaliser ce qu’il venait de se passer. Il venait tout simplement de se faire mordre, encore une fois, tout simplement parce qu’il avait complètement pété les plombs, se jetant dans la mêlée sans aucune précaution, préférant balancer sa lame à droite et à gauche dans le seul but de se déchaîner, de déverser sa rage sur ces abominations.

La douleur ne cessait d’augmenter sous la pression de la mâchoire de l’infecté. Reprenant ses esprits, Jordan balança la pointe de sa machette dans la tempe gauche du mort qui était en train de lui grignoter les doigts. La pression se relâcha quand l’infecté tomba permettant au jeune homme de retirer sa main sans encombre. Il resta une seconde à l’observer, à scruter le sang qui commençait à couler abondamment, empêchant quelconque avis sur la profondeur de cette blessure. A part, bien entendu, le fait qu’il était mordu et que tout se terminerait dans quelques heures au plus tard.

Ses yeux grands ouverts se détachèrent de se blessure pour se poser sur les autres cadavres qui approchaient. Les dents serrées, il s’élança vers les autres, avec encore bien moins de précaution qu’auparavant. C’était trop tard maintenant, à moins qu’il n’ait le courage de récupérer sa seconde machette vierge de toute trace d’hémoglobine pour se couper les doigts avant que l’infection ne se généralise. Est-ce qu’il pourrait le faire ? Perdre ses doigts ou sa main pour survivre à cette infection ? Et si jamais il s’en chargeait, pourrait-il faire ce qu’il fallait pour que tout son sang ne se vide pas en quelques secondes ? Lui qui se moquait de la mort devenait à présent prêt à tout sacrifice pour l’éviter, quelle cruelle ironie.

Le premier cadavre qui venait à sa rencontre était celui d’un enfant, une petite taille qui ne donnerait aucune difficulté à Jordan pour frapper du tranchant de sa lame sur le haut de son crâne, rentrant de quelques centimètres bien plus que suffisants pour renvoyer ce chérubin dans les limbes. Il l’avait mis à terre sans état d’âme, le fait que ce ne soit qu’un enfant revenu d’entre les morts n’avait aucune importance, absolument aucune. Il enjamba le corps à présent au sol pour s’avancer vers un autre rôdeur qui commençait à tendre les bras vers Jordan qui envoya le tranchant de sa lame frapper la tempe gauche de cette revenante avec une violence inouïe, faisant valser cette blondinette en robe telle une poupée de chiffons.

Les pensées du jeune homme étaient floues, en même temps qu’il se focalisait sur l’extermination des infectés, il réfléchissait à ce qu’il devait faire. Couper ses doigts avec son autre machette, oui, mais après ? Stopper l’hémorragie, mais comment ? Utiliser les fringues propres qu’il avait ? Et après ? Comment cautériser la plaie ? Utiliser le moteur du Ford encore chaud pour cela ? Il allait en souffrir, mais c’était un prix à payer. Mais avant, il devait sécuriser les lieux, massacrer le reste de ces décharnés avec l’aide d’Ivy.

Il se rua sur un énième infecté isolé, légèrement plus grand que lui, envoyant son bras droit en avant, le tranchant de sa machette frappa le menton du cadavre ambulant sans le mettre à terre ou le déstabiliser. Reculant d’un simple pas pour éviter les griffes du monstre, le talon gauche de Jordan butta contre l’infecté qu’il venait tout juste de mettre à terre. Il se rattrapa en prenant appui avec son pied droit, reprenant rapidement l’équilibre, mais son agresseur déchu venait de poser ses mains sur les épaules du jeune homme qui n’arrivait pas à rester debout. La combinaison d’un équilibre précaire et d’un poids bien trop important qui le poussait en arrière mena Jordan à tomber en arrière, se cognant l’arrière du crâne contre le sol.

Le mort était toujours sur lui tandis que la vision du jeune homme se floutait légèrement. Ce dernier sentait ces deux mains osseuses parcourir le haut de son corps pour s’attarder sur ses épaules tandis que le visage cadavérique de cette monstruosité s’approchait bien trop rapidement de la tête de Jordan. La bouche ouverte, un ignoble râle s’échappa de cette prison de chicot pourris pour venir chatouiller l’ouïe de ce qui ressemblait à un repas offert à ce revenant.

Dans un ultime effort, le jeune homme envoya la pointe de sa machette dans la tête du mort, frappant la joue gauche de ce dernier sans réussir à le ralentir. C’était à ce moment qu’il envoya sa main gauche fraîchement lacérée stopper la course de ces dents qui s’apprêtaient à le déchiqueter. Sa main droite tentait de faire rentrer la lame petit à petit pour toucher le cerveau de la créature, tandis que sa main gauche se positionnait au niveau du menton du mort pour l’empêcher de mordre le jeune homme.

C’était un échec. La désorientation du jeune homme n’aidant en rien, il n’avait pas pu éviter les mâchoires du marcheur de s’attaquer à sa main gauche mordue quelques instants auparavant. Mais cette fois-ci, les dents n’avaient pas touché que les doigts, mais sa main. La morsure semblait bien plus puissante car à cet instant, il ne pût se retenir d’hurler face à la douleur.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1110/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (10/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1065/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (65/100)
Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Mar 21 Juil - 2:20
Ce n’était qu’un odieux reflet supplémentaire. Une gifle qui vous secouait la tronche et les idées avec violence, laissant derrière elle un goût bien plus amer et aigre que celui devenu plus familier du simple sang. Une claque monumentale dont la métaphore prenait des allures de réel, palpable et brûlante. Les morts pouvaient bien tomber les uns après les autres, par paquets de cinq, dix ou cent, il en revenait toujours plus pour nous ramener à cette réalité simple. Je m’étais aveuglée, stupidement, comme trop souvent, avec une prétention confortable et détestable d’avoir la situation sous contrôle. Trop de certitudes erronées, trop de confiance mal placée, trop de volonté de paraître au détriment d’être. S’afficher comme suffisamment fort et capable pour se permettre d’agir inconsidérément, se laisser aller jusqu’à planer sur un petit nuage d’auto-satisfaction où l’on pouvait se gargariser outrageusement d’être meilleur, au-dessus du lot, de la masse grouillante qui finalement, logiquement, nous ramenait bien rapidement à terre.

Et des grouillants en question, il commençait à y en avoir un bon nombre au sol, rendus à leur éternité et aux charognards. Cinq, six, sept. Ils ne pouvaient pas m’atteindre dès lors que je me concentrais suffisamment pour ne pas laisser mon esprit s’emporter dans ses propres troubles et contradictions. Derrière cette barrière insondable d’aisance et de puissance mortifère se dévoilait cependant toute la réalité de mon incapacité à venir à bout du nombre, à n’agir que sur la forme et nullement sur le fond. Ce n’était qu’une éternelle lutte pour ne pas sombrer. Une lutte solitaire, où l’insaisissable me prenait une nouvelle fois par les cheveux pour me faire plonger la tête sous mon océan de fausses certitudes et les rendre si étouffantes que je devais finir par les recracher. Dans un cri.

Un cri qui n’était pas le mien, mais celui de Jordan à qui j’avais donné de dos quelques instants pour nous débarrasser de quelques menaces ; concentrée et confiante que j’étais dans mon don et dans les aptitudes du jeune homme à manier son arme. Juste un château de carte balayé dans le souffle dont il s’époumonait quand je découvrais un rôdeur avachi sur lui, les dents serrées sur la senestre du jeune homme. La pensée avait été fulgurante quand mes noisettes se posèrent sur la machette que Jordan maniait, sa lame refusant de pénétrer le crâne du zombie. Une contestation que je fis taire d’une étreinte magnétique, forçant certainement contre l’emprise de l’homme au travers de son poignet pour enfoncer la lame dans la cervelle du mort.

La tension du cadavre se relâcha dès que la machette saccagea l’encéphale décharné pour offrir toute liberté à Jordan de récupérer pleinement le contrôle de son arme ; et sa main blessée. Sa main mordue. Cette condamnation qui n’avait pas besoin d’être exprimée pour être entendue. Je fixais mes noisettes dans la contemplation de ce sang qui ruisselait certainement, de longues secondes. Mon souffle saccadé se suspendit durant ce mince laps de temps, mes paupières se plissant sur mes noisettes décontenancées. Mes épaules et ma mâchoire s’affaissèrent lentement, une montée de colère silencieuse me nouant la gorge. J’avais l’impression soudaine de suffoquer de cette vérité que je refusais de voir, d’accepter.

“Putain.” Ce simple mot avait quitté mes lèvres dans un soupir si faible qu’il en était presque inaudible.

Une heure avait dû s’écouler, peut-être à peine plus et déjà je manquais à ce pseudo-serment que j’avais prêté. *...si tu comptes m’aider, j’ferais tout ce qu’est en mon pouvoir pour t’protéger.* Une unique putain d’heure et déjà je me faisais mentir. J’en voulais à Jordan, autant que je m’en voulais sur l’instant, forcée de contempler avec toute l’impuissance et le déni d’un acte, d’un destin, déjà scellé. Pourquoi cet abruti m’avait pas rejoint quand je l’ai appelé ? Pourquoi m’étais-je tant entêtée à fracasser ce pauvre adolescent putréfié jusqu’à me retrouver dans la merde ? Je me revoyais des semaines plus tôt, face à un autre gamin, Takashi, et un même avenir alors faussement certain. Infecté. Mort. Avec moi. Pour moi ?

Je détournais le regard de la senestre croquée de Jordan vers un couple d’autres cadavres grommelant. Qu’ils aillent se faire mettre. J’avais pas le temps pour ces conneries. J’expédiai deux lames chargées d’une colère contenue au centre de leurs visages décrépis, sans me préoccuper de la suite de leur devenir trop familier depuis les derniers jours. Ils sont morts. Fin de leur histoire, poursuite de la nôtre. Car il y avait une différence d’avec Takashi cette fois-ci. Je le savais. Pour cette autre chance, et les suivantes. L’endettement qu’il était encore possible de négocier avec la Mort.

Je ramenai mon regard se poser sur le visage de Jordan, cherchant à croiser le sien, le soutenir dans cette affliction qui me fit mordre l’intérieur des joues et pincer les lèvres, secouant doucement la tête de dépit. Je passais les doigts de ma main mutilée dans ma tignasse aux mèches revêches et anarchiques, me grattant l’arrière du crâne avec nervosité, pressant plus fortement sur l’ongle poisseux de mon index gauche au creux de mon poing serré.

“À quoi tu joues putain ?” m’exprimai-je sèchement après quelques secondes. Je n’avais pas haussé la voix, parlant sans crier, mais d’un ton assez froid et décontenancé en dévisageant Jordan. La rhétorique fut ponctuée d’un soupir court et sonore fuyant mon nez. Ma dextre passa brièvement sur mon bas-visage puis remonta jusqu’à mon front, massant mes tempes de mon majeur et mon pouce en opposition et marquant ma peau de quelques traces sanglantes. La sueur picotait désagréablement les écorchures de mes phalanges.

Une gêne bien dérisoire face à une toute autre douleur, plus viscérale et pernicieuse. J’avais échoué. Purement et simplement. Évidemment, il y avait toujours cet espoir, si impensable qu’il m’en paraissait idiot, mais si réel d’en être l’incarnation que Jordan connaîtrait le même sort que moi. Hormis que je ne savais rien de ce qui avait bien pu m’arriver, ni même du temps que cela avait pris. J’étais morte, revenue, et le monde n’avait guère changé. Des choses s’étaient produites, et je n’avais pu ni les vivre, ni les gérer d’une manière ou d’une autre. Ma volonté avait été empruntée, mon sort dépendant du choix d’autres. Je n’avais pu que subir. Subir pour comprendre. Subir pour apprendre ; et commettre toujours plus d’erreurs. Il y avait eu tant de jugements, d’accusations et de reproches dont je m’étais blâmée autant que d’autres l’avaient fait. Tout comme il y avait eu les compréhensifs, comme James, Elizabeth... et Jordan. L’un après l’autre, je les avais abandonnés pour me lancer dans une quête qui n’avait pas de sens. Une existence chaotique dont le chemin n’était ni indiqué à mes pieds, ni tracé par mes pas. Ce n’était qu’une plaine vide et si aride qu’aucune empreinte ne pouvait la marquer. Seuls l’esprit, la volonté, le pouvaient. La conviction.

Je fermais les paupières quelques secondes pour prendre une profonde inspiration, gonflant mon torse douloureusement comprimé par les bandages et le gilet pare-balle, conséquence du choc et de la manifestation précédents. Quand je les rouvrais, je balayais rapidement les alentours d’un regard empreint d’urgence. D’autres morts affluaient en grappes de quelques individus. Rien que je ne pouvais gérer, mais il était temps d’abréger ces conneries et trouver un refuge, comme convenu.

“Bouge ton cul,” lui aurai-je ordonné d’un ton pas plus aimable que précédemment. “Faut qu’on s'casse d’ici.”

À aucun moment je n’aurais aidé Jordan à se débarrasser du cadavre affaissé sur lui, et je ne comptais pas lui proposer de toute manière. Je ne voulais pas poser mes mains blessées sur l’un de ces créatures. Je ne voulais pas revivre cet enfer, cette putain d’agonie comme dans la boucherie et ce réveil plus infernal encore. Pas plus que je ne lui tendrais la main s’il la réclamait, m’éloignant de quelques pas pour lui préférer l’exécution d’une vieille rôdeuse déjà trop proche de nous. Puis lorsqu’il serait enfin debout - à moins qu’il n’en décide autrement - j’aurais de nouveau indiqué au jeune homme le quartier résidentiel d’un bras tendu.

“Trouvons une planque pour la nuit. Et pour s’occuper d’toi.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba119/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (9/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Mer 23 Sep - 3:45
Plus rien n’avait d’importance à part le cadavre décharné qui tentait de le dévorer, seule la rage emplissait son cœur, une rage intérieure portée contre cette immondice qu’étaient ces infectés, une rage intérieure bien trop chétive pour cacher derrière elle toute cette haine profonde qui se dirigeait vers lui-même pour tous ces échecs, pour tous ces espoirs brisés, pour tout ce qu’il avait fait. Il serrait les dents face à la douleur qui s’amenuisait grâce à l’adrénaline qui emplissait ses veines encore une fois et qui le rendait accroc, le poussant à prendre des risques inconsidérés, encore et encore au lieu de faire le choix de la sécurité.

Il gardait les yeux grands ouverts, posés sur cette monstruosité alors qu’il tentait de déplacer son arme dans son crâne pour l’achever jusqu’à ce qu’il sente cette machette bouger seule. Le mouvement de l’arme lui tordit légèrement le poignet, l’obligeant à lâcher prise. C’est alors que son regard se posa sur son arme qui s’enfonça sans aucun mal dans le cerveau de la créature qui s’écroula sur lui quasi-instantanément. Jordan détourna le regard vers Ivy, celle qui avait mis fin à cette étreinte bien trop longue entre lui, le ressuscité, celui qui était mort et revenu au service des vivants et l’autre, celui qui était mort, celui que la Mort avait incorporé en son sein, l’asservissant jusqu’à ce qu’une main bienveillante ne vienne le délivrer, la main d’Ivy.

Les mots de cette dernière vinrent finalement conforter le jeune homme dans une idée qu’il avait lui-même semé au milieu de ses pensées. Il était seul, encore, toujours et à tout jamais. Il n’était finalement qu’un simple pion, qu’une paire de bras supplémentaire aux yeux des autres, rien de plus. Un simple pion dans un jeu dont il ne connaissait aucune règle pour l’un, un simple pion utilisé dans un jeu bien trop hypocrite dans lequel son seul intérêt résidait dans le seul fait de gonfler l’égo d’une autre. Aux yeux des autres, il n’était personne, chaque seconde qui passait, chaque mot qu’il entendait, chaque sourire qu’il voyait, toutes ces choses convergeaient vers le même point. Une psychose qui interprétait tous les signes qu’il percevait dans le but de cultiver une idée créée de toute pièce par son esprit qui se transformait jour après jour en un champ de ruines.

Il était l’agresseur et le souffre-douleur. Et si la haine dans son cœur ne faisait rien d’autre que s’accentuer après avoir perçu ces quelques mots, son attention se porta en premier vers sa blessure. Le constat était simple, le cauchemar allait recommencer. Il posa ses deux mains au niveau des épaules du décharné avant de le faire basculer sans le moindre respect sur le côté, se libérant ainsi de son étreinte mortuaire. Le cadavre était allongé à ses côté, la machette plantée en plein dans le crâne. Il resterait allongé ici pour l’éternité tandis que Jordan ne restera dans cette position qu’une simple seconde avant de se retourner légèrement, prenant appui sur ses coudes pour venir s’agenouiller aux côtés de l’infecté fraichement décédé.

Sa main droite parti rapidement se poser sur le manche de son arme encore fichée dans le cerveau du mort. Il entendait les mots qu’Ivy lui crachait à la gueule, mais il entendait aussi autre chose, quelque chose de bien plus audible, de bien plus compréhensif, de bien plus humain. Il entendait ses pensées à nouveau ordonnées. Il était mordu, tout comme il l’avait été auparavant. Il se rappelait ce qui avait suivi, cette douleur, cette souffrance croissante qui devenait rapidement bien trop importante, l’obligeant à supplier la Mort elle-même de venir le chercher pour mettre fin à cette fatalité. Il allait y faire face, encore une fois. Il n’allait pas avoir mal, il allait souffrir, encore une fois. Une fois de plus, il en était certain. Peut-être que ce ne serait pas la dernière, peut-être que tout allait recommencer, peut-être qu’il n’était destiné à rien d’autre qu’à cet éternel cycle qui se répétait encore et encore. Il aurait été stupide de s’attendre à un autre résultat alors que le cheminement était identique. Pourquoi la fin changerait alors que l’histoire était identique ? Il allait souffrir, encore. Il allait souffrir comme la dernière fois, il allait revenir comme la dernière fois, et après ? Encore des pertes, encore des déceptions, encore des espoirs brisés, encore de la douleur, encore de la tristesse, encore cette éternelle souffrance qui restait et resterait à jamais sa tendre moitié.

Il prit une légère inspiration, tirant d’un coup sec sur le manche de son arme, la retirant sans presque aucune difficulté de son compère infecté qui semblait ne pas avoir autant de problèmes à régler. Son regard se détourna vers Ivy face à cette injonction qu’elle venait de lui lancer. Un regard sans haine, elle s’était évaporée, laissant place à un sentiment de paix intérieure qui l’envahissait. Il se rappelait ces mots qu’il avait lâché à la ferme, préférant la mort à l’infirmité, mais à ce moment-là, il ne s’était jamais mis à la place du bourreau, préférant sans doute son éternel statut de victime. Ici, il avait le choix.

Se lever, attraper ses affaires, son autre machette et se couper le bras pour remplacer une souffrance par une autre, pour continuer à en subir une nouvelle ensuite, puis une autre, et une autre et ce jusqu’à sa fin qu’il espérait la plus proche possible. Il avait cet autre choix, celui de la facilité, attendre. Attendre la souffrance, l’embrasser avant d’attendre la fin qui n’arriverait sans doute jamais, qui laisserait sans doute la même finalité qu’à l’accoutumé, un nouveau départ dans ce monde affreux qui l’avalerait à chaque fois qu’un de ses nouveaux pas foulerait le sol. Ce monde affreux qui ne lui insufflerait rien d’autre qu’une éternelle souffrance jusqu’à ce qu’il cède au désespoir, implorant la Mort de venir le chercher. Mais dans ce monde, l’ignominie était sans limite, cette éternelle souffrance ne lui empoissonnerait pas ce simulacre de vie jusqu’à ce qu’il cède à son plus noir désir, non. Ce monde lui apporterait un présent auparavant, un espoir qui lui apporterait une simple occasion de respirer en dehors de cette atmosphère empoisonnée par la déception et la désillusion. Un espoir qui n’avait pas d’autre intérêt que d’être brisé, comme tous les précédents, pour que cette accalmie vienne lui imposer une réflexion disparate en plein milieu de son esprit, le torturant impitoyablement pour que l’incertitude ne vienne frapper sa plus profonde conviction, continuer ou terminer ? Et il douterait, encore et encore, et chaque seconde passée à douter ne contribuerait qu’à la déprédation de son esprit.

Il refusait de devoir vivre cela, car c’est ce qu’il se passerait s’il doutait à présent. En cet instant, il n’avait aucun doute, il savait que c’était le seul moment où il était assez fort pour tout terminer. Sa main à présent armée vient se poser au sol, le poing fermé contre l’asphalte, la lame posée contre le bitume malgré l’emprisonnement de cette dernière par sa poigne droite. Allait-il se lever en s’avançant vers celle qui venait de le sauver pour l’obliger à tout terminer ? Il avait envie de choisir la facilité, craignant sans doute qu’il ne puisse pas prononcer lui-même sa propre fin. Mais s’il doutait de lui-même à cet instant, la seule chose qu’il contrôlait, c’était lui. Il savait ce qu’il souhaitait, il savait ce qu’il s’offrirait. C’était la seule chose qu’il pouvait maitriser, lui. Le reste n’était qu’une inconnue qui le resterait à tout jamais.

« Tout a une fin. »

Sa voix tremblait alors que ses yeux se fermèrent laissant des larmes rouler le long de ses joues. C’était la fin. Il le savait, il le voulait, il l’espérait, il le faisait. Sa main droite, toujours fermée sur son arme vint se redresser rapidement, laissant la machette pointer vers le ciel. Sa main gauche venait de rejoindre sa jumelle rapidement pour accompagner le mouvement de cette dernière qui amenait la pointe de son arme vers la gorge du jeune homme dans un coup d’estoc. La douleur était la première chose qu’il ressentait, une fulgurante douleur à la suite de ce coup dont il était l’auteur, une souffrance qu’il espérait rapide et par-dessus tout, finale.

Il tenta d’inspirer, sans doute par réflexe, mais aucune bouffée d’air ne venait gonfler ses poumons. Il tenta d’hurler, sans doute par réflexe, mais aucun cri ne sortait de sa bouche. Seules les larmes continuaient de couler sur son visage, seuls quelques légers tremblements venaient mouvoir son corps. Et finalement, la souffrance s’atténua comme il l’avait espéré. Il avait trouvé la fin à son malheur, il avait trouvé la fin à toutes ces souffrances. Comme il l’avait dit, tout avait une fin. Et à cet instant, tout était fini.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
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Rations saines (5)
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