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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur J] Table rase - 21/04/35
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Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1120/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Mer 24 Juin 2020 - 18:57
Lentement, j’avais laissé mon regard revenir vers l’horizon, se détachant du jeune homme quand il y allait de ses propres remarques. Discrètement, j’opinais du chef à quelques reprises, devant bien admettre que ses propos ne manquaient pas d’un certain bon sens, celui d’un survivant qui ne se sentait pas encore taillé pour affronter les groupes de morts. Personnellement, je m’y sentais tout à fait apte, avec très certainement cet excès de confiance qui trahissait mon plus gros défaut. Cet appartement que j’avais en tête était-il vraiment plus adapté que n’importe quel autre endroit de cette ville ? Bien sûr que non. Je n’étais simplement pas objective sur la réalité de notre situation. Je fis claquer ma langue contre mon palais, dans une dernière approbation du menton, poussant le sélecteur de vitesse de la boîte auto sur la position marche avant après avoir desserré le frein de parking.

“Le meilleur endroit où on pourrait aller, c’est l’Perchoir. Mais pas ce soir.” Je forçais un peu plus sur mes paupières pour tenter de distinguer un point de repère familier dans le paysage, en vain. “J’connais pas ce coin d’la ville, mais on va essayer d’trouver une baraque tranquille.” Je lui accordais cette faveur, bien qu’il n’avait rien exigé en premier lieu. Était-ce pour me faire pardonner d’avoir été dure avec lui quelques instants plus tôt, jusqu’à le pousser dans ses propres retranchements ? Ou bien était-ce juste parce qu’au fond, cela n’avait aucune forme d’importance à mes yeux.

J’arrachai le pick-up du bas-côté assez lentement pour le mettre pleinement sur la large route de la 84, direction sud-est mais sans accélérer outre-mesure. La première silhouette émaciée d’un rôdeur se détachant du groupe aperçu quelques instants tôt grossissait à vue d’oeil à mesure que nous nous en approchions, tel un éclaireur macabre au moment où Jordan reprenait la parole, se livrant de quelques explications et confessions que j’écoutais d’une oreille de plus en plus attentive à mesure de ses aveux. D’abord factuels sur quelques événements de cette fameuse soirée, jusqu’à devenir bien plus personnels sur le terme de ses mots, il concluait l’ensemble par ses propres réflexions, son propre avis sur les raisons qui auraient poussé James à l’abandonner à sa condamnation.

Mes poings s’étaient une nouvelle fois serré contre l’arceau du volant, jusqu’à faire blanchir les jointures des phalanges de ma gauche et réveiller quelques relents de douleur sur ma mutilée. Je relâchais la pédale d’accélérateur, laissant le Ford ralentir, puis s’immobiliser de lui-même, la boîte auto revenant au point mort dans un très léger soubresaut au moment où une branche morte craquait sous le pneu avant. Le son ronronnant du moteur excita davantage le mort présent, désormais à moins d’une dizaine de mètres. Mais je m’en désintéressais royalement, tournant un regard mêlé d’interrogation et de compassion vers le jeune homme, soufflant du coin des lèvres une mèche brune tombée sur le profil gauche de mon visage.

Je le dévisageais longuement, haut en bas, mes yeux s’attardant sur sa machette posée en-travers de ses jambes avant de revenir sur son visage, sa barbe, cette bouche qui avait arraché les chairs d’une femme, cette détermination simple mais présente. Mes paupières se plissèrent très légèrement sur ces observations, mon visage se marquant d’une mine bien plus grave, accompagnée d’un long soupir jusqu’à ce que le rôdeur s’écrase contre le nez du pick-up, ses deux bras frappant la tôle du capot au-dessus du phare gauche.

Je suivais des yeux la créature quand elle contourna celui-ci de sa démarche dégingandée pour venir frapper contre le carreau la portière, rabattant le rétroviseur par la pression de ses côtes saillantes au-travers d’une chemise à carreaux sales, pétrie et raidie de fluides séchés. Ses mains osseuses, ses dents dévoilées par l’absence de lèvres grattaient et cognaient contre la vitre, ses yeux infernaux nous fixant avec toute l’avidité de sa malédiction. Son visage, le manque de chair de certaines régions dévoilant ses os à nu n’était pas sans me rappeler un certain épisode, où je m’étais retrouvée seule avec mon compagnon de route.

“Regarde-moi c’fils de pute…” articulai-je lentement, adressant au mort un regard dédaigneux avant d'ajouter d’une ironie dépourvue de moquerie. “À lui aussi tu lui as arraché la gueule ?” Je ponctuai cette rhétorique d’un coup d’accélérateur, relançant nerveusement le pick-up sur l’asphalte poussiéreux.

Le cadavre glissa le long de la carrosserie, avant de chuter lamentablement sur le bitume après avoir vainement tenté de s’accrocher au plateau arrière. Je rapprochais le Ford de la démarcation centrale de la route pour éviter une voiture abandonnée là et contourner le reste des morts que je dépassais sans y prêter plus d’attention. De la main gauche, je m’emparais de la ceinture de sécurité pour la boucler rapidement. Le pick-up gagna en vitesse, à peine secoué par les soubresauts de la boîte auto qui montait ses rapports tandis que je me concentrais sur le défilement de la route et l’évitement des quelques obstacles.

“Tu d’vrais ranger ta machette. Si j’plante un coup d’frein, tu risques de t’empaler dessus,” ajoutai-je d’un ton plus sec.

La confession de Jordan me rappelait à mes propres démons, l’estime affligeante que je m’étais trop longuement portée, ce dénigrement de ma propre condition, mes contradictions, ballotée par le doute de devoir choisir qui être, quoi devenir. Si mon pouvoir avait été d’un autre nature, semblable à celui de James, la question aurait vite été tranchée. D’une part parce que je n’aurai eu d’autre choix que d’accepter de rester la petite Ivy, la petite mécano en détresse, à sauver de tout et avant tout d’elle-même ; d’autre part parce que je serais certainement morte des dizaines de fois depuis. Tout aurait été bien plus simple ainsi, mais la simplicité, au fond, m’avait toujours rebutée. Cela et les propos du jeune homme, cette considération monstrueuse qu’il se portait, ravivait cette colère sourde qui me dévorait en silence. Ce rejet de ma condition.

“J’ai d’jà vu des monstres, des vrais,” finis-je par laisser entendre entre mes lèvres, les mâchoires crispées de cette colère froide que je contenais. “Elias. Le mec qui m’a tranché l’doigt... Elias et son groupe. Ils ont éventré c’te fille vivante pour lui arracher son bébé du bide, sous les yeux d’son père qu’ils ont ensuite égorgé comme un putain d’porc…” Ma main droite se crispait plus fortement sur le volant pour maintenir la trajectoire tandis que je venais frotter mes yeux s’embuant d’humidité de la gauche.

“Cet enculé m’a forcée à r’garder pendant que son enfoiré d’pote violait Jena.” Je parlais d’un ton plus sec, durci malgré les tremblements perceptibles de ma voix à l’évocation de ces souvenirs dont les images m’assaillaient. “Et j’pouvais rien faire. Parce que j’étais comme toi. J’me voyais comme un monstre aussi, parce que j’avais la trouille que c’soit vrai, parce que j’étais déchirée…” Je me frappai la poitrine du poing gauche, ma voix gagnant en intensité. “...là d’dans, parce que j’savais pas c’que j’étais au fond, ni c’que j’devais faire, jusqu’à perdre l’usage, la perception, d’mon pouvoir. Que si j’l’avais eu…” Je secouais sèchement la tête à clignant plus fortement des paupières, marquant une pause en me mordant la lèvre inférieure fortement quelques secondes avant de porter mon poing à mes lèvres. Je pinçais la première phalange de mon index entre mes dents pour taire la suite de mes mots.

À la place, je donnais un coup de volant assez sec sur la droite, déportant le Ford sur la bifurcation vers la 208, dont un large panneau indicateur enjambant la route indiquait le centre-ville de Snyder avant de ralentir à une vitesse plus modérée, puis enfin stopper le Ford au milieu de la route au bout d’un demi-kilomètre parcouru. Sur notre gauche se découpait la démarcation d’un petit quartier de résidences pavillonnaires, dont l’entrée du lotissement était marquée d’un panneau assailli par la montée d’un lierre sauvage, laissant cependant encore entrevoir le nom : Blue Barrel. Mais ce n’était pas tant vers le quartier résidentiel que mon attention se portait que vers Jordan à ma droite quand je reprenais à la suite d’un soupir d’un ton plus confident.

“James m’a sauvée c’soir-là. Avec Kyle. Pas en butant ces types… Pas seulement... mais en trouvant les bons mots. Les mots justes ; très lourds de sens, mais justes.” Je prenais une longue inspiration par les narines, enfonçant mon dos plus profondément dans le dossier du siège avant de confier ces mêmes mots au jeune homme, les répétant avec une ferveur presque mécanique.

“Oublie tout c’que j'ai pu dire. Oublie tout c’qu'on a pu vivre. Oublie c’que t’as pu subir avant. Quoi qu'il se passe, quoi qu'il se soit passé aujourd'hui. Ça suffit d'être victime, tu dois y mettre un terme, maintenant ! Sers-toi de ton don, fais disparaître ces fils d’pute une fois pour toutes.” J’avais lentement baissé le visage à mesure que les mots avaient filé, l’un après l’autre, pour contempler le croisement de mes mains entre mes cuisses, faisant distraitement jouer mes doigts entre eux.

“Il savait… James le savait… Mieux qu’moi, même… C’que j’pouvais faire. Le monstre que j’pouvais être ou devenir… Et pourtant, il est quand même venu m’sauver.” Je relevais lentement mes noisettes en direction de Jordan, le gratifiant finalement d’un mince sourire compatissant, inclinant légèrement le visage en le détaillant du regard. “J’pense que t’as eu trop d’temps, dans c’te ferme... pour réfléchir, ressasser tout ça et te monter l’bourrichon à chercher un responsable à ce qu’il t’est arrivé. Comme moi au camp Snatch. Quand j’pétais les plombs et que j’balançais des accusations débiles à tort et à travers... Parce que j’avais pas d’réponse.” Un souffle lourd quitta mes lèvres pour quelques instants, avant de conclure d’une voix plus basse, légèrement bredouillante d’hésitation.

“Et j’en ai toujours pas aujourd’hui… Mais c’est aussi pour ça que j’me suis tirée du Perchoir. Pour trouver ces réponses. Sur moi ; peut-être sur toi aussi… J’sais pas si on est des monstres, mais j’sais que j’te laisserai pas tomber. Ni toi, ni James ; ni même Melody.”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1110/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (10/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Dim 28 Juin 2020 - 8:10
Le regard du jeune homme se perdait sur les courbes de la ville, s’attardant sur chaque détail digne d’intérêt, chaque détail qui semblait anormal dans ce monde déchu. Une voiture en parfait état garée juste derrière un fourgon calciné, une devanture d’un magasin encore intacte… Tant de choses qui pouvaient sembler anodines auparavant, qui aujourd’hui, étaient des exceptions. Son attention s’attardait sur les quelques silhouettes cadavériques qui se trouvaient ici et là alors que la petite brune lui répondit. Ils allaient devoir trouver un endroit dans le secteur. Le coin avait l’air calme à première vue si on faisait abstraction des cadavres ambulants seuls ou en groupe qui rôdaient.

Jordan détacha son regard du mort qu’il voyait un peu loin quand il sentit le véhicule ralentir dangereusement. Ses yeux se posèrent sur Ivy qui le dévisageait alors que le Ford venait de complètement s’arrêter. Il tentait d’y décelait quelque chose, n’importe quoi qui pouvait expliquer pourquoi elle s’arrêtait ici, laissant ce mort frapper contre la vitre de leur voiture. Mais il ne voyait rien. Il entendait juste les mots qu’elle venait de lui balancer.

Alors qu’elle commençait à accélérer, le jeune homme fronça les sourcils. Il commençait à regretter d’être monté dans cette voiture, il commençait à se demander ce qu’il se serait passé s’il était parti seul de son côté. Il aurait marché, des heures avant de trouver un abri pour passer la nuit dans lequel il n’aurait sans aucun doute pas pu dormir, impossible de fermer l’œil face à la crainte de finir dévorer dans son sommeil ou peut-être que ce serait la funeste mélodie d’une horde qui l’en aurait empêché ? Qui pouvait réellement le savoir ? Il n’y avait que des si car les faits étaient là, il n’était pas parti, il était là. La seule différence qui était digne d’importance résidait dans le fait qu’Ivy était présente. Le jeune homme n’avait qu’elle pour déverser cette colère qui lui collait à la peau.

Finalement, les mots de Matthew se trouvaient être justes. Il avait la haine, mais il ne la contrôlait pas, elle était juste là, prête à exploser sur n’importe quoi, n’importe qui, comme Ivy. Au fond, il ne lui en voulait pas d’être une garce. Elle était juste là, et il n’avait aucun moyen de balancer la rancœur qu’il avait envers ce monde. Mais il en avait besoin. Faute de pouvoir se déchaîner contre ceux qui le méritaient, il se créait un exutoire. Un regard en coin sur Ivy qui semblait concentrée sur la route et une pensée malsaine naquît dans son esprit. Il avait son arme posée sur ses jambes, la main droite vint se poser sur la manche. Il ne lui fallait pas plus d’une simple seconde. Une simple seconde et tout serait terminé, il prendrait la route et ne s’arrêterait que pour déverser sa haine encore et toujours. Ou il mourrait là, maintenant et il n’aurait plus à penser à la suite.

Son regard se posa sur les quelques morts qu’Ivy esquivait au volant du Ford alors qu’elle lui conseilla de ranger sa machette. A cet instant-là, il savait qu’il avait un réel problème. Non pas parce qu’il pouvait être violent et qu’il en avait besoin, mais parce qu’il pouvait être violent avec les siens, et que pendant une seconde, cela n’avait pas été un problème. Il referma ses doigts sur le manche de son arme pour venir la poser à ses pieds, juste à côté de son sac avant de revenir s’écraser au fond de son siège, fixant la route alors que la mécano commençait à se livrer sur ce qu’elle avait subi. Le malaise était palpable. Jordan ferma les yeux, expirant lentement par le nez alors qu’il sentait sa gorge ne nouer quand elle commença à parler de Jena.

Il ne la connaissait pas réellement, en fait, il n’avait fait rien d’autre que de la croiser, ils n’avaient jamais réellement échangé, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir de la peine pour cette femme. Une boule se forma au niveau de son ventre, s’il avait souhaité prononcer quelques mots, il en aurait été tout simplement incapable, hébété par ces révélations, il ne disait rien, il restait là, simple passager dans ce véhicule qui venait de tourner pour se rapprocher quelques instants d’un quartier qui semblait être tranquille.

Jordan fixait la petite brune qui continuait de s’ouvrir à lui, il entendait tout ce qu’elle lui disait. Sur elle, sur lui, sur eux. Il entendait et il l’écoutait. Il abaissa son regard sur sa machette qu’il avait déposé quelques instants plus tôt pour venir la chercher de sa main droite avant de lâcher un léger soupir. Il fixait les noisettes de la mécano pour lui répondre.

« T’as raison. J’ai eu trop de temps, beaucoup trop. Je veux bien oublier tout ça, mais je sais ce que je suis, et ça, je pourrai pas l’oublier. » Il inspira légèrement avant de reprendre. « Je te laisserai pas tomber Ivy. Allons choisir notre palace ! »

Il n’avait aucune envie de poursuivre cette conversation, parce qu’au fond, il aurait pu être avec un autre Elias ou bien en être un si le destin avait été un tant soit peu différent. Il était un monstre, il le savait, mais laisser Ivy croire le contraire était la meilleure chose à faire. Personne ne le connaissait mieux que lui-même, il avait eu l’occasion de le découvrir. Il observa les alentours rapidement à travers les vitres et les rétroviseurs, puis il ouvrirait la portière pour sortir, une machette dans sa main droite tandis que sa main gauche viendrait chercher son sac à dos.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)

Ivy Lockhart


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1120/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (20/2000)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Ivy Lockhart

Dim 28 Juin 2020 - 17:22
Je ne détachais mes noisettes du jeune homme qu'à la conclusion de ses derniers mots, détournant les yeux pour les laisser tomber sur le centre du volant, hochant mollement de la tête, à de multiples reprises. Je pressai brièvement mes lèvres entre les dents avant de lui répondre.

“T’as bien d’la chance alors,” confiai-je doucement, soudainement envieuse, à son affirmation de savoir qui il était, même si rapporté à ses mots précédents, cette monstruosité qu’il s’octroyait, cela aurait dû me glacer le sang.

Mais dans le fond, il n’en était rien. En vérité, que me restait-il désormais hormis Jordan ? Quelle certitudes avais-je sur ce qu’il convenait de faire ensuite ? Aucune. Il n’y avait que le jeune homme, cette bagnole et des doutes. Beaucoup de doutes. À propos du Perchoir. À propos de la ferme. À propos de cette ville et de nos ennemis dont je ne savais rien. À propos de moi. Je glissais un regard en coin vers mon compagnon de voyage lorsqu’il ouvrit la portière passager du pick-up, me forçant à couper le contact et serrer le frein à main d’un geste sec à sa suite. Je récupérai mon sac à dos sur la banquette arrière et la clé du véhicule avant d’en sortir à mon tour, répétant les mots du jeune homme d’une voix plus basse, plus adressée à moi-même qu’à un quelconque interlocuteur.

“Ouais… Trouvons not’ palace.”

J’avisais le panneau indicateur du lotissement de Blue Barrel de l’autre côté de l’avenue, décidant d’abord de ramener nos maigres possessions du plateau de chargement pour les déposer sur la banquette arrière de la double cabine avant de verrouiller le véhicule. Tout sauf le gilet pare-balle - Jordan refusant de le porter - que j’enfilais après m’être temporairement défaite de mon sac à dos et ma veste. Dans le fond, s’il y avait eu un vivant dissimulé parmi les nombreux morts du coin, il était impensable qu’il ne nous ait pas entendu arriver avec les vrombissements du moteur. Je ne tenais pas à ce qu’on nous vole nos biens aussi simplement, même si j’espérais certainement compter sur la venue de quelques voituriers bénévoles, en l’incarnation des infectés, pour dissuader tout chapardeur. Pas plus que je ne souhaitais être la cible d’un tireur embusqué qui, comme Jake et Diana quelques jours auparavant, pouvait ouvrir le feu précipitamment et sans raison autre que l’espoir de nous dépouiller.

Plissant les paupières, je balayais les environs du regard. Le calme régnait, bien faussement, je le savais déjà, je pouvais le sentir. Dans ces rues, le calme n’avait jamais été qu’une illusion de quelques instants. Les débiles finissaient toujours par se pointer, et j’étais certaine qu’ils étaient déjà en route, poussés par leur curiosité affamée à trouver l’origine du bruit du Ford, et les proies que nous étions avec lui. Un groupe de quelques oiseaux jaillit d’un envol depuis un bosquet buissonneux, côté Sud, révélant à mes noisettes quelques silhouettes décharnée qui avançaient vers nous, se détachant difficilement à ma perception des couleurs de la toile de fond crépusculaire nuancée de jade et d’or. Ils arrivaient, comme prévu. Et c’était clairement leur plus grande faiblesse. Leur prévisibilité.

Mais je ne comptais guère les attendre bien sagement, car d’autres surgissaient. D’une ruelle au Sud-Ouest pour ces trois-là. S’échappant d’une vitrine brisée en basculant par dessus le parapet de soutien pour quatre autres, plus à l’Ouest encore, plus proches aussi de quelques dizaines de mètres. Se manifestant de quelques râles sonores, brisant déjà le calme ambiant qui n’avait que trop peu duré, depuis l’angle du premier pavillon du lotissement, directement à l’Est, ou descendant la 208 à notre poursuite depuis le Nord. Nous étions simplement cernés, avec le confort très relatif de pouvoir exploiter encore quelques options de fuites au-travers de ces quelques attroupements de rôdeurs. Je récupérais la hachette dont le manche se trouvait maintenu par deux boucles de mon sac à dos de ma main gauche, serrant le poing sur le bois quand bien même je n’avais nullement l’intention d’aller les affronter au corps-à-corps directement.

J’avais bien d’autres intentions, et cette fois-ci, la fuite n’en faisait pas partie. Si nous devions trouver refuge dans le coin pour la nuit, il était hors de question de laisser le moindre de ces cadavres venir nous emmerder ou nous surprendre d’un regroupement massif. D’un bref et léger sifflement, j’interpellerais Jordan si cela s’avérait nécessaire pour obtenir son attention, et lui désignerais du fer de ma hachette le groupe de quelques décérébrés les plus proches au Sud-Est qui s’engageaient sur le trottoir bordant l’entrée du lotissement pour venir à notre appétissante rencontre, à moins que le jeune homme n'eût déjà pris l’initiative de s’en charger.

“J’m’occupe de ceux-là,” l’informai-je sobrement en ciblant du regard et de mon arme un second groupe plus à notre gauche, ceux-là même qui étaient sortis depuis l’angle de la première résidence. J’en comptais cinq, pour la première vague du moins, bien que d’autres finiraient certainement par débouler à leur suite. Les râles et grognements des morts gagnèrent alors en intensité, leur démarche paraissant plus énergique une fois leurs regards laiteux posés sur nous. D’un mouvement de la main droite, je reculais le pan de veste vers l’arrière, coinçant l’extrémité du tissu à l’intérieur de mon froc. Je m’emparais ensuite des trois couteaux de lancers, avançant de quelques pas déterminés en direction de nos assaillants jusqu’à les avoir à portée d’esprit.

Quelques pensées. C’était tout ce qu’il me fallait pour faire siffler les projectiles dans des trajectoires rectilignes, moqueuses des lois de la physique qui auraient normalement dû leur faire décrire une parabole sous la perte de célérité et la décroissance de leur quantité de mouvement. Mais cela ne trouvait plus aucun sens à mes yeux. Il ne me fallait que quelques pensées pour en chasser d’autres, raisonnant en équations, intégrales, primitives, dérivées. Ça n’avait plus aucune valeur dans mon proche périmètre, sans que je ne sois foutue de me l’expliquer. Cela arrivait. C’était à la fois si simple à réaliser et si complexe à appréhender que j’aurais dû en ressentir un vertige palpable.

Mais non, il n’y avait rien de tout ça. Seulement du mépris pour ces corps décharnés qui tombaient lourdement, désarticulés sur l’asphalte ou le bitume, l’un d’entre eux se cognant même contre l’aile arrière d’un coupé cabriolet abandonné, marquant de sa putrescence achevée le rouge mat et terni de poussière de la carrosserie. Quelques pensées et quelques secondes. Je secouais mollement la tête lorsque les mortels projectiles revenaient à moi lentement en flottant, souillés des traces de leurs fluides. Des lames que je ne récupérai pas en première intention, mais que j’amenai caresser le tissu du pantalon du cadavre le plus proche, essuyant grossièrement le métal avant de les récupérer et les glisser dans leur étui.

Mes noisettes contemplaient les cadavres, sans ne même plus trouver la décence de leur accorder une quelconque considération sur ce qu’ils avaient pu être par le passé. Les questions du qui, du pourquoi et du comment… Ça n’avait plus aucun sens, aucune putain de valeur. Ils furent, ils devinrent et ils disparurent dans l’anonymat le plus banal, le plus abject. C’était juste trop facile, surtout lorsque le souvenir se rappelait à moi de ce premier infecté dans cette cour d’école, cette femme éborgnée s’arrachant difficilement d’un sac mortuaire et dont j’avais défoncé la tronche à coup de pied de biche quand le malheureux Seth en faisait autant à coup de pompes, avec toute l’horreur et le gore imaginable de ce premier acte scellant la fin d’une innocence mièvre. Ce qu’elle avait pu être, ce qu’elle avait pu vivre, s’il y avait toujours une bribe de conscience ou d’âme à sauver au-delà de sa condition pourrissante. La culpabilité, le dégoût, la peur. Cela faisait quoi ? Trois mois ? Seulement ? Déjà ?

Un sixième cadavre fit irruption, s’annonçant sans discrétion de quelques grognements gutturaux en déboulant à ma gauche. Ma respiration s’amplifiait quand je braquais sur le cadavre de ce jeune homme trépassé et revenu, probablement plus jeune que Jordan bien que son état en rendait l’évaluation délicate. En avais-je vraiment quelque chose à foutre ? C’était bien le cas trois mois plus tôt après tout… Les propos de Jordan n’en finissaient pas de tourner en boucle dans mon esprit. *...je sais c’que j’suis, et ça, j’pourrai pas l’oublier,* ressassais-je mentalement à de nombreuses reprises avant de vocaliser quelques marmonnements interrogatifs, d’une voix si basse qu’il était impossible pour mon compagnon de m’entendre.

“Tu sais c’que t’es… hein ? Ouais… Ouais…” J’accompagnai ces deux mots d’un sec hochement de tête, mes noisettes demeurant rivées sur le cadavre de l’adolescent quand j’avançai à sa rencontre de quelques pas plus traînassant. “Elle aussi l’savait… Je le savais…”

Mon poing gauche se pressait sur le manche de la hachette de quelques intensités variables, avant que je ne le dresse sèchement vers l’avant, tête la première de toute la vélocité permise par mon don. L’acier frappa le cadavre en pleine poitrine, le projetant violemment au sol, son dos frappant le goudron d’un choc rude quand la hachette terminait à sa course à ses pieds. Je ramassais l’arme d’une nouvelle pensée, contournant l’infecté de quelques pas pour me placer sur son flanc droit quand déjà il relevait son buste en le tournant dans ma direction, tendant ses bras et claquant de la mâchoire. Je le clouais au sol en brisant quelques-une de ses côtes d’une nouvelle pensée martelante, de fortes expirations franchissant mes lèvres quand je me plaçais à quelques pas de sa tête, à la limite de l’emprise battante de son bras droit.

Une autre virevolte de pensée et un troisième coup percuta cette fois-ci le visage de la créature dans un craquement sinistre éclatant son nez et arrachant un large lambeau de chair à sa joue. Quelques éclaboussures de sang et de pus mouchetèrent mes godasses et le bas de pantalon. “J’sais que t’es là…” Un quatrième coup du fer de hache défonça la boîte crânienne du mort qui cessa toute agitation dans un amalgame de tissus et d’os broyés, finalement trépassé comme la toute première par un pied de biche. *Des repères* Un acte gratuit, violent, gore, dont la vue devait m’être insoutenable, pour l'avoir déjà été. Sans y parvenir. “J’sais que tu t’planques là-d’dans…” Un autre coup succéda au précédent, accentuant tout le macabre organique de cette vision. “C'était pas Hugh ni Elias,” soufflai-je en accompagnant le mouvement, récupérant l’arme de la dextre pour porter le sixième coup, physiquement et avec bien moins de violence, ma force physique n’égalant clairement pas celle de ma psyché. “Ni Jake. Ni Diana, ni aucun d'ces types !” Je m’acharnais en dépit de toute raison et utilité, souillant toujours plus le bas de ma tenue d’éclaboussures supplémentaires, et le bitume environnant. Ma voix gagna en intensité, le rythme de mon souffle avec elle, quelques trémolos faisant osciller son timbre rauque, mes yeux s’humidifiant de colère et désemparement quand le dernier coup fut asséné, et une brûlante question écriée.

“Où es-tu putain d’Zach !?”
Equipement Porté :
Capacité : 3/5
Herbertz 3C
Redhead Toxik Flec.
Lampe dynamo
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
Ford F-150 3/3
VHF-ANT-SAL
HK21 50C 7,62
Contenants Personnels :
Dos 24/30
Grand sac
Talkie Militaire (2)
Hachette (4)
Kit de crochetage (3)
Outils Électroportatifs (15)

Coffre 32/400
Ford F-150
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
Carburant (10)
Trousse de soins (2)

Jordan Getz


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1110/2000[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (10/2000)
Etat Mental:
[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Debuba1075/100[Secteur J] Table rase - 21/04/35 - Page 2 Videba10  (75/100)
Informations scénaristiques:
Jordan Getz

Hier à 20:56
Le regard du jeune homme se dirigea en direction du premier son qu’il entendit, ce râle si caractéristique de ces cadavres ambulants. Un petit groupe avait commencé leur marche funeste vers ce qu’ils espéraient leur prochain repas. Mais ce n’était pas le seul escadron qui était assigné à cette mission. Bien d’autres groupes hétéroclites commençaient à s’exhiber aux yeux de Jordan, des poignées de décérébrés ici et là qui convergeaient vers leur position. Il plissa les yeux tandis que sa poigne enserrait son arme, il y en avait trop, bien trop pour lui. Mais le sifflement d’Ivy le ramena au constat qu’il n’était plus seul à présent, il posa son regard sur elle alors qu’elle désignait un des groupes de rôdeurs qui se trouvait proche. Elle allait s’en charger, Jordan devait faire sa part lui aussi.

Il s’avança vers ce groupe qu’Ivy lui avait désigné, quatre de ces décérébrés qui se suivaient de près, mais qui se trouvaient assez éloignés les uns des autres pour qu’il puisse s’occuper de tous un par un, du moins, s’il était assez rapide. Il aurait pu en douter après avoir passé ces biens trop nombreuses semaines enfermés, à rapprendre comment marcher, comment bouger, à devoir se rappeler des gestes d’une simplicité enfantine, mais il n’en était rien. A cet instant-ci, il n’avait aucun doute, aucune appréhension, juste le besoin d’exterminer ces quatre monstres. Pas une envie, mais un besoin, réel, viscéral.

Il s’avançait, lentement au début, puis, de plus en plus rapide à chaque pas. Étrangement, il n’éprouvait aucune haine, aucune colère à ce moment précis, juste une profonde concentration qui maintenait ses yeux grands ouverts sur sa cible. Une femme, plus petite que le jeune homme d’au moins une tête qui commençait à tendre ses bras en avant alors que Jordan était suffisamment proche pour mettre fin à sa deuxième vie. Il posa son regard sur le visage cadavérique de cette monstruosité à la chevelure platine, son âge était impossible à définir avec précision, mais elle devait sans doute approcher la trentaine avant que son destin ne la change en ce monstre qu’elle était à présent.

Il expira par le nez tandis que son bras droit se perdait dans son dos, cherchant sans le moindre doute un peu d’élan à donner à cette machette avant un coup qui se voulait à la fois unique et final. Sa main gauche s’était ouverte, se plaquant contre le haut du torse de cette femme alors que ses bras légèrement trop courts tentaient d’agripper un pan de tissu du t-shirt de Jordan au moment où la machette s’abattit avec une violence inouïe sur cette tempe gauche qui s’opposait aucune résistance, laissant le tranchant de la lame déchirer la chair, briser l’os pour venir s’enfoncer légèrement dans le cerveau, dans le seul point faible de ces monstres. Quelques centimètres dans ce crâne et s’en était fini. Le prédateur alpha de l’humanité venait de tomber sous un simple coup de machette. Ça aurait pu en être risible s’il n’était pas aussi occupé et préoccupé par sa tâche, nettoyer les environs pour pouvoir trouver un abri cette nuit.

Alors que le cadavre s’effondrait sur lui-même, entraînant en même temps la main droite du jeune homme, qui tenait fermement cette machette un peu trop enfoncée dans ce crâne pour être récupérée facilement, il fût contraint de poser sa main gauche à plat sur cette tête, plus précisément sur cette chevelure sale et poisseuse. Il tira avec toute la puissance possible sur sa machette qui se trouvait à l’interstice de son pouce et de son index, à tel point qu’il eu une légère perte d’équilibre qu’il rattrapa aisément en reculant son pied droit. Il passa rapidement sa main gauche sur le tissu de son pantalon, essuyant les quelques gouttes de sang qui l’avaient attaché, mais aussi le reste, quelque chose de poisseux qu’il avait ressenti sur la paume de sa main.

Il inspira par le nez jusqu’à s’en remplir les poumons avant d’avancer d’un pas en direction du prochain monstre qu’il devait affronter. Le cadavre ambulant d’un homme obèse qui faisait environ sa taille et au bas mot le double de son poids. Il n’y avait aucune rage, aucune haine dans le cœur du jeune homme alors qu’il croisa le regard vitreux de sa proie, il était tout simplement concentré. Très contenter, à tel point qu’il aurait pu sembler absent, son corps se mouvant par automatisme, comme un sportif en pleine compétition, comme un peintre maniant son pinceau sans même être conscient de ses mouvements, comme un danseur se produisant sur scène après des centaines d’heures de répétition, rien ne pouvait leur embrumer leur esprit pour la simple et bonne raison qu’ils étaient absents. Ils étaient tout simplement absent, l’adrénaline se déversait dans leurs veines tandis que seule la concentration était visible sur leur visage, aucune autre émotion n’y avait de place dans ces moments-là, ils n’étaient plus humains, ils étaient peintre pour l’un, danseur pour l’autre, et cela avait une fin, une fin qui était jumelle à celle de leur prestation.

C’était avec la précision de Seurat que Jordan envoya la pointe de sa lame d’un coup sec dans l’œil gauche de cet éternel affamé. Un bruit immonde se fit entendre lorsque l’œil fut touché, mais cela ne rebuta pas le jeune homme, non. Il n’avait arrêté son coup d’estoc qu’au moment où la lame s’était freinée dans ce crâne, après quelques centimètres bien suffisant pour retirer l’envie à ce boulimique d’un autre repas. Cette fois-ci, Jordan n’attendit pas que le cadavre soit au sol pour retirer son arme, surtout que face au poids de cette monstruosité, il risquait plus de devoir lâcher son arme pour faire face à cette troisième menace qui s’avançait vers lui. Alors que l’anthropophage bascula en avant, et donc vers le jeune homme, ce dernier recula d’un simple pas en arrière tout en tirant un coup sec sur son arme qui, cette fois-ci, lui vint sans la moindre difficulté. Après un simple pas sur sa droite, il avait en vue le troisième mangeur de chair alors que venait s’écraser au sol dans un bruit immonde l’ogre qu’il avait abattu d’un simple coup. Les chairs de son ventre n’avaient pas dû tenir face au choc et il devait être en train de se vider sur le sol, mais cela, Jordan n’en savait rien car il avait déjà entamé son troisième round.

Le troisième et le dernier, car les deux arrivaient ensemble, l’un immense, dépassant de plus d’une tête Jordan, avec une stature à l’opposé d’un déterré. Il était imposant, réellement imposant, c’était une armoire à glace, vêtu d’un blouson en cuir élimé et de larges bottes, il n’y avait aucun doute sur le fait que c’était un motard, un vrai. Surtout quand le regard du jeune vint constater ce casque de moto vissé sur la tête du géant d’outre-tombe, une bonne chose pour éviter de se faire mordre, une mauvaise pour lui ouvrir le crâne. Reculant d’un pas, serrant les dents, il balança son bras droit en arrière, donnant à son arme plus de vitesse alors qu’il fixait l’autre revenant. Un nain, littéralement. Encore plus petit que la première qu’il avait exterminée juste avant. Un nain, ou un enfant, c’était assez difficile à dire en voyant l’état de ce qui était censé lui servir de visage. Peut-être aurait-il pu deviner à l’aide d’indices sur ce corps décharné, un vêtement, un signe particulier, mais c’était trop tard. Jordan venait d’abattre le tranchant de sa lame sur le haut du crâne de ce David qui accompagnait Goliath.

La lame s’était enfoncée d’un ou deux centimètres, pas assez pour faire taire ce chérubin qui continuait de réclamer à qui voudrait bien l’entendre qu’il n’avait qu’une seule envie, manger. La main gauche de Jordan vint très rapidement rejoindre la droite qui forçait du mieux qu’elle le pouvait pour venir chercher ce qu’il restait du cerveau du garnement. Cela ne lui avait pris qu’une seconde pour qu’il ne parvienne à couper la faim du petit, une seconde qui avait permis au géant de s’approcher dangereusement du jeune homme. Sa main gauche lâcha le manche de la machette, venant rapidement repousser un des bras qui l’assaillait tandis que sa main droite se crispait sur ce même manche, tirant vers le haut pour dégager l’acier du cervelet du défunt nain, ou enfant ? Il n’en savait rien, et au fond, il s’en foutait. Combattre Goliath était la priorité du moment, certainement pas de savoir s’il avait explosé le crâne d’un gosse ou d’un semi-homme.

Le poids, même léger de ce cadavre combiné à la force que Jordan mettait pour récupérer son arme avait permis au jeune homme d’extirper la seule chose qui pouvait le sauver à ce moment précis, sa machette. Après avoir repoussé in-extremis le bras gauche du géant qui le harcelait, la main gauche de Jordan s’ouvra et il balança la paume de cette dernière en direction du casque encore présent sur cette tête encore à couvert. La paume heurta de plein fouet le casque où était situé se situer le menton du monstre, faisant légèrement basculer en arrière sa tête pendant une simple seconde. Une simple seconde qui était amplement suffisante pour qu’il vienne enfoncer la pointe de sa machette fraîchement retirée en plein dans le bas de sa mâchoire. La pointe s’enfonça sans aucune difficulté jusqu’au cerveau, retirant la vie à Goliath qui bascula en arrière bien trop vite pour que le jeune homme ne puisse récupérer son arme.

Jordan fit un pas en arrière alors que le cadavre tomba en arrière sur le dos, ne laissant visible que le manche de la machette qui dépassait de son cou, ou de la base de sa mâchoire, c’était assez difficile à dire avec le casque qui en cachait une partie. Il s’avança pour récupérer son arme tandis qu’il jetait un coup d’œil rapide aux alentours. Les morts affluaient de partout et Ivy semblait s’occuper avec brio du groupe qu’elle avait eu sous la main.

Il se serait approché du mort définitif pour y récupérer sa lame, envoyant sa main gauche soulever le casque, l’enlevant sans aucune difficulté puisque ce dernier n’était pas attaché, avant que sa main droite ne vienne se poser sur le manche de sa machette qu’il tira d’un coup sec et sans difficulté. Les yeux grands ouverts, il laissa ses poumons se remplir d’oxygène, tournant légèrement sur lui-même en cherchant de l’œil un autre groupe de ces décérébrés. Il s’avancerait vers le premier petit groupe qu’il verrait pour continuer sa danse meurtrière, toujours sans haine, sans colère, mais uniquement avec cette même concentration qui l’avait animée juste avant.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
Machette (8)
Machette (8)
Rations saines (5)
Rations saines (5)
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