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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35
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Emma Bennett


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba110/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Emma Bennett

Dim 21 Juin - 3:15
Interprété par Emma Bennett et Carl Wilson.


« Merde. Merde. Merde ! »

D'un geste sec, Emma claqua la portière conducteur du véhicule qui venait de consommer sa dernière goutte de carburant, l'abandonnant là, en plein milieu d'une route désertique en plein nul part. Elle avait roulé au hasard, des kilomètres durant, tournant sur les routes sans même regarder les panneaux directionnels, doutant même un instant qu'ils eurent seulement existé, son regard majoritairement porté sur ses rétroviseurs avec cette peur panique qui ne l'avait pas quitté depuis son départ, le pied collé sur l'accélérateur. Quand bien même plus d'une heure la séparait désormais des dramatiques événements qui avaient poussé à sa débâcle, elle ne pouvait résorber cette appréhension qui l'envahissait. Elle était seule. Seule et blessée.

Son regard se porta vers le Nord, la route filant droit avant de se perdre après un virage, si bien qu'elle en perdait l'horizon, ce dernier se troublant et s'effaçant au-delà de sa vision. De part et d'autre, s'élevant bien haut au-dessus de sa tête, s'étendait la lisière d'une forêt que la route éventrait, aux arbres si immenses, aux feuillages si denses, qu'il était presque impossible de desceller quoi que ce soit au-delà de quelques mètres à peine. De ce côté aussi, sa vue était bien vite obstruée par des épineux et ronces envahissantes, quelques floraisons persistantes agrémentant le cadre quasi idyllique de ce paysage.

Elle aurait eu du mal à se croire au Texas si la lourdeur du soleil ne la rappelait pas à l'ordre en dépit des quelques nuages épars peinturant de tâches cotonneuses le tableau cyan. Ils avaient beau être à Avril, l'été semblait déjà presque installé. Elle, qui avait été longtemps habitué à la grisaille Parisienne et à la fraîcheur du Massachusetts, endurait toujours aussi mal la chaleur assommante des pays arides, et son premier été apocalyptique avait été des plus insupportables. Pourtant, elle espérait avec intensité en vivre un second.

D'un demi-tour franc, ses iris émeraude s'orientèrent vivement de l'autre côté, la route continuant toujours aussi droite, toujours aussi morne, toujours aussi vide. Elle était perdue, foutrement perdue. Elle ne portait que peu d'espoir de retrouver les siens. La sanction avait été expéditive. Une sanction qui leur avait pendu au nez trop longtemps et que chacun avait cru pouvoir éviter en brandissant le résultat ultime de leur tentative, comme arme de négociation, mais l'impensable était arrivé trop tôt pour seulement avoir un poids. Ethan était mort, et à cette seule pensée, ses yeux s'embrumèrent d'un chagrin profond, son cœur s'emballant et sa respiration se coupant. Maintenant qu'elle était seule, sans objectif, sans urgence autre que sa survie à traiter, son esprit lui renvoyait avec force toutes ces images qu'elle avait tenté d'effacer.

Ses jambes fléchirent, poussant son corps à s'accroupir, une main au sol tandis qu'elle reprenait son souffle, haletant durement à ce déferlement de fatalité, son regard ne perdant rien des alentours immédiat pour en assurer sa sécurité. Son angoisse couplée d'une profonde tristesse lui serrait la poitrine, mais il était trop tard. Trop tard pour faire demi-tour, trop tard pour espérer quoi que ce soit de ce passé. Elle n'était pas une combattante, pas une militaire, à peine une survivante. Elle ne donnait pas bien cher de sa propre peau ainsi solitaire en plein milieu de ces bois, alors que pouvait-elle seulement espérer pour son ancien camp ? Seulement souhaiter que plusieurs autres s'en soit sorti et qu'ils puissent le faire durablement. Elle aurait aimé pleurer celui qu'elle venait de perdre et faire son deuil avec toute la bienséance qu'elle lui devait, mais elle ne pouvait se le permettre. Le temps viendrait, elle l'espérait, où elle lui dirait au revoir.

Ses joues se gonflèrent, plus longuement, plus lentement, expirant de la même manière tandis qu'elle passait sa main terreuse sur son visage, le striant d'une marque épaisse, et le zébrant d'un léger étalage d'un sang à peine séché sur le rebord de sa pommette droite. Ces salauds n'y avaient pas été de main morte, ses bras meurtris de bleus et d'ecchymoses, tout comme sa joue droite tuméfiée, mais elle avait échappé au pire. Un pire qui sonnait pourtant toujours aussi réel pour elle, suspendu comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Ce n'était plus qu'une question de temps. D'heure peut-être, de jours au mieux. Sa seule chance résidait dans la trouvaille d'un groupe un minimum complaisant dans lequel elle saurait habilement se vendre. Elle ne se sentait pas dépourvue de ressource et savait quand il fallait utiliser les bons arguments. Comment une fille comme elle aurait pu faire pour survivre autant sinon par l'usage de ses talents ?

Les environs ne semblaient pas fréquentés. Ni par les morts, ni par les vivants d'ailleurs. Seul le chant de quelques oiseaux qui ne se souciaient guère des préoccupations humaines venait agrémenter l'apaisement que connaissait la forêt. Dans un souffle plus concret, ses lèvres laissant expulser un « Ok » à peine franc pour se redonner un peu d’aplomb, elle retrouva toute la hauteur de ses jambes tendues, tournant une dernière fois sur elle-même pour en observer les différents angles qui s'offraient à sa portée.

La fouille du véhicule n'avait strictement rien donné. Ni arme potentielle, ni ressource, ni même un foutu bloc-notes où elle n'aurait pu bien pragmatiquement coucher ses dernières pensées et ses dernières découvertes pour laisser une trace, sa trace, dans l'éternité. Mais la foutue destinée ne lui avait laissé qu'un déchet, un petit gobelet en carton où se trouvait collée dans le fond, quelques traces d'un café bien trop noir. Bouton par bouton, elle vint dégrafer sa chemise à carreaux salis, l'ôtant finalement d'un geste empressé pour venir en nouer ses manches autours de sa taille, cerclant d'une épaisseur supplémentaire son jean usé. Elle réajusta les bretelles de son débardeur ocre, jetant un bref coup d’œil au cadran de sa montre placée sur la surface intérieure de son poignet, avant de rabattre quelques mèches de ses longs cheveux blonds qui s'étaient échappés de sa natte comme ultime préparatif avant de se mettre en route. Onze heures huit du matin.

Quand bien même son chemin semblait bien droit, tracé par cette route qui ne vrillait pas d'un degré devant elle, se tordant d'un coude léger de l'autre côté, elle ne pouvait s'empêcher d'alterner, d'un bord à l'autre de la route, basculant son regard en arrière, cherchant à percer la frondaison grasse des arbres pour y voir ou y discerner davantage, dans le seul but de ne rien laisser au hasard et ne pas se faire surprendre. Elle avait faim et soif, mais n'avait rien pour sustenter ni l'un ni l'autre.

Le temps filait, passait, sans que rien n'en perturbe l'accalmie offerte, bien que sous ses yeux fatigués, elle commençait peu à peu à discerner la fin de ces arbres oppressant, la ligne d'horizon toujours flouté, sans qu'aucun contour du bâtiment ne soit perceptible, même en plissant les yeux. Les pas lents traînant dans la poussière de la route en bousculant du bout de ses semelles quelques cailloux, elle finit par sentir un relent de fraîcheur venir titiller les perles de sueur qui couvraient son corps sous la marche intensive qu'elle venait de fournir, faisant frisonner sa peau agréablement. Ses yeux se déportèrent sur le flanc droit à l'instant même où ses pas s'arrêtèrent, reculant même brièvement en se penchant un peu. Là, plus loin devant elle, il lui sembla percevoir quelque chose, s'agiter, se mouvoir le long d'une crevasse terreuse, chahutant quelque peu par-dessus des cailloux lisses et clairs.

D'une progression prudente, elle s'engagea sous les premiers arbres, balayant de la main une branche qui lui barrait le passage. Il y avait à ses pieds, un mince filet d'eau qui ruisselait, terminant son parcours dans l'étalage d'une petite flaque boueuse, s'enfonçant dans le sol meuble. C'était maigre, bien trop pour seulement espérer s'en abreuver, mais offrait la promesse de mieux, plus loin. Un simple coup d’œil en arrière lui renvoya l'asphalte craquelé de la route sur laquelle elle se trouvait quelques instants plus tôt, devinant la végétation qui avait commencé à grimper au travers des quelques fissures. L'hésitation ne fut pourtant que de courte durée. Le chemin ne serait pas bien dur à suivre pour revenir sur la route, si tant était qu'elle ne s'éloigne jamais de ce courant d'eau, et sa gorge la brûlait d'une sécheresse intense, la poussière n'ayant rien arrangé pour ça. Le choix était fait.

Sa progression se fit lente, attentive, prudente. Elle craignait une main infectée qui ne vient la saisir à travers un buisson à côté duquel elle passerait, une rangée de dents qui mettrait fin à ses desseins de gloire. Les lèvres plissées en cœur, elle siffla très doucement, d'un maigre son qui aurait éveillé les morts endormis assez proches pour l'entendre, émettant en réponse leur grognement caractéristique qui aurait alors conclu à sa fuite. Quelques filins collant de toile d'araignée capturèrent son visage, qu'elle chassa d'un revers de main rapide, dégageant aussi vite que possible la bestiole qui s'y était accrochée. Y'avait sans doute plus à craindre que ces créatures à huit pattes, responsable de nombreuses terreurs nocturnes des temps jadis, mais l'instinct était le plus fort. Elle détestait toujours autant les araignées.

Les balades en forêt ne lui avaient jamais été désagréables, à la seule condition pourtant qu'elle suive un sentier sans jamais s'en éloigner. Ainsi perdue au milieu des bois, sans repère autre que la route qui s'estompait à chacun de ses pas remontant la source d'eau, elle se sentait plus fragile que jamais et bien mal à l'aise. Ah ! quand tu le jetas sur la terre inclémente, racontait Louise Ackermann, tu savais quels fléaux l'y devaient assaillir, qu'on lui disputerait sa place et sa pâture, qu'un souffle l'abattrait, que l'aveugle Nature, dans son indifférence allait l'ensevelir. Je l'ai trouvé blotti sous quelque roche humide, ou rampant dans les bois, spectre hâve et timide, qui n'entendait partout que gronder et rugir, seul affamé, seul triste au grand banquet des êtres, du fond des eaux, du sein des profondeurs champêtres, tremblant toujours de voir un ennemi surgir. Elle se pencha un instant, dégainant ce gobelet sale qu'elle avait fourré dans une poche de sa chemise, pour venir presser quelques feuilles marronnasses et recueillir un peu d'eau qui s'échappait au-dessus d'une roche mousseuse. Mais le résultat était loin d'être celui-ci espéré.

En plus des quelques mesures de liquide qu'elle recueillit, loin d'être clair, plusieurs moucherons et autres insectes s'étaient collé dans le fond, flottant sur la surface d'eau parmi des fins débris de terre et de feuillage. Un résultat qu'elle obtint par trois fois, jetant et recommençant chaque fois pour ne rien obtenir de plus propre. S'en était presque une torture, que d'avoir cette eau a porté de lèvres et de savoir qu'y goutter colleraient bien des nausées pour le meilleur des résultats. Il fallait qu'elle remonte plus loin, s'engageant davantage dans l'épaisseur de foret, et brave les buissons qui cloisonnaient parfois le passage.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0
-

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1115/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1096/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Ven 26 Juin - 1:28
La matinée avait assez bien avancé et le vent soufflait un peu plus fort, faisant frissonner les arbres qui prenaient sur eux de protéger la flore plus proche du sol et ses vagabonds à quatre pattes. Non loin du ruisseau, l'un d'eux, un cerf aux bois jeunes et courts, avait le nez dans les fougères, agrippant les plantes dont il déchira une part, l'arbuste se balançant légèrement après que ses tiges convoitées aient cédé.

Il était étrange, à regarder ainsi d'un point de vue extérieur, de faire le constat que tout était similaire sans pour autant se ressembler sur la forme. Pourrait-on comparer le cerf qui mange quelques plantes au mort-vivant qui se délecte de la chair humaine, et à l'humain qui se repaît des créatures de la forêt ? Peut-être oui, quelque part, le principe était aussi identique que les apparences transformaient radicalement la perception que l'on pouvait en avoir. Les feuillages ne criaient pas, il n'y avait ni sang ni salissure, pas d'organes ou d'ossature dévoilée.

Le cerf dévorait les plantes avec une grâce que l'on ne pourrait octroyer aux rôdeurs de la ville, de par son élégance, sa beauté et la grâce de l'acte emprunt de sérénité, là où le non-mort était repoussant, crasseux, putride et sa becquetance était atroce à entendre comme à voir, immonde et terrifiante. Mais si les plantes souffraient vraiment comme il l'avait entendu dire tant de fois par les écologistes du comté où il avait vécu, quelle différence cela faisait au final ? Voilà une réflexion étrange en effet, le genre de pensée qui peut traverser un esprit vide de toute angoisse et concentré à observer un phénomène comme celui-ci, même si cette comparaison n'était pas le but.

C'était le cas de l'homme à la barbe brune et aux yeux dont le bleu était assombri par la couverture des arbres, limitant le passage du soleil. Il était à une quinzaine de mètres de là, le regard fixant intensément cette créature dont il avait le projet d'en faire sa proie. Ses mains tenaient avec fermeté l'arbalète armée dont le manche était pressé au creux de son épaule, l’œil dans l'axe du carreau dont la pointe dépassait de la rainure. Il s'efforçait de faire le moins de bruit possible en tentant l'approche de quelques mètres supplémentaires, le souffle filtré par une respiration qu'il allongeait les lèvres bien ouvertes pour la faire la plus silencieuse possible, comme on maîtrise la sonorité d'un pet en écartant les fesses et en contractant l'anus comme aurait dit son défunt oncle, de ce genre de formule absurde mais illustrative.

L'exercice n'était pas évident, équipé comme il était. Il ne s'était pas changé depuis qu'ils avaient quitté cet appartement, se contentant de frotter les parties sensibles de ses vêtements à la lingette pour limiter leur salissure. Un tee-shirt à manches longues beige assez serré, un jean tout à fait classique, son gilet pare-balles noir policier, une veste de cuir au marron boisé terne et une paire de bottes à semelles épaisses de la même couleur en plus clair, qui n'étaient pas idéales sur du parquet mais trouvaient une emprunte plus sûre à même la nature terreuse et herbeuse qui lui évitait de se faire piquer l'épiderme par des morceaux de branches sèches et autres ronces.

C'était surtout l'équipement porté qui lui rendait la tâche ardue : son sac était porté sur ses épaules, dont il avait gardé le même contenu faute de pouvoir le déposer quelque part ; car il avait été convenu avec son acolyte de rester alertes et envisager le fait de devoir partir précipitamment, ou même qu'il ne le retrouve pas au retour là où il l'avait laissé. Le casque de moto, qu'il avait retiré à la lisière de la forêt, était accroché autour d'une lanière du sac derrière sa tête, ce qui le faisait d'autant plus inconfortable à porter, sans parler de la sacoche de couteaux à sa ceinture d'un flanc, le talkie-walkie clipsé de l'autre, le grappin attaché à l'arrière dont la tête à crochets butait contre sa cuisse et les jumelles à son cou.

Catégoriquement, Carl était chargé comme une mule, ce qui n'était pas pour lui faciliter la tâche, aussi bien maintenant dans sa tentative d'abattre le cerf que le simple fait d'avoir fait la route de la ville jusqu'ici. Il fallait dire que les derniers jours avaient été, sans surprise aucune, tout aussi pesants que les précédents. Si la progression depuis cet appartement maudit par sa mort n'avait pas été compliquée, les morts relativement peu nombreux les premières heures et le duo s'accordant sur une qualité commune qu'ils se prêtaient volontiers : la prudence, ce qui les avaient incité à éviter le plus possible l'affrontement quitte à ralentir la cadence, tout avait rapidement basculé là où ils auraient à l'inverse pu croire avoir fait le plus dur.

La horde contournée avait débouché sur cette grand route au milieu de laquelle Carl avait poussé un soupir de soulagement et d'effort, après une longue et fastidieuse marche, puisqu'ils n'avaient cessé d'être chargés de leurs maigres mais occupantes possessions. Sans doute aurait-il dû s'abstenir et que ne fut pas sa surprise de voir cette grosse voiture qu'il rangerait relativement facilement dans la catégorie des véhicules militaires débarquer sur la même route plus à l'Est, puis l'effroi de la voir faire demi-tour pour leur foncer dessus.

A ce moment-là, il n'y avait pas eu de question à se poser : le risque du contact n'avait pas été envisagé et au fond de lui, Carl estimait qu'ils avaient pris une difficile mais bonne décision, convaincu que Matt en avait ressenti autant, même s'il n'avait pas poussé la discussion pour lui épargner davantage de préoccupations. C'est lessivés, le mot s'avérait juste, qu'ils étaient partis en courant vers le secteur proche, prenant détour sur détour dans les rues les plus étroites possibles, contre-allées et jonctions douteuses, afin de semer cet engin rugissant qui n'avait eu de cesse de les chercher.

Sous le coup d'une crainte viscérale, Carl n'avait pu que supposer qu'il s'agissait peut-être des assaillants, pour ne pas dire des salopards, qui avaient attaqué brutalement le camp de Matt et enlevé sa sœur. Pour une raison dont il n'était pas certain, bien que les dires de Matt avaient laissé quelques indices, il semblait que le diable courait après son acolyte. Mais pour Carl, il n'avait été aucunement question, à aucun moment, d'envisager un départ en solitaire, même si la peur d'être capturé également, voire tué dans la tentative, avait été présente et assumée.

Au final, c'est dans l'ancien local d'un modeste coiffeur de quartier qu'ils s'étaient réfugiés, découvrant un lieu relativement préservé aux vitres de façade intactes et bénéficiant de rideaux qu'ils purent rabattre pour se dissimuler de leurs poursuivants dans un premier temps, mais également des morts que la cavale avait irrémédiablement attiré. Verrouiller le local n'avait pas été difficile et l'arrière-boutique leur avait offert un accès à l'appartement de l'étage, plus spacieux que leur première planque et d'un meilleur état également.

On aurait pu croire que c'était un acte improvisé, ou fou, que de se cacher dans un lieu dont la devanture était du verre, mais au-delà des rideaux qui avaient été un argument, ce fut d'abord et surtout, en tout cas pour Carl, le fort désir de ne pas s'enfermer dans un petit espace à nouveau et plus encore dans un grand et lugubre bâtiment. Le traumatisme de cette chute horrifique au travers des murs de briques et de plâtre jusque la cave était encore fortement présent, marquant les moments de sommeil de ces jours d'attente de cauchemars mêlant des pièces exiguës et sombres à la récurrence des monstrueux prédateurs de la non-mort.

A chaque fois, le même cauchemar revenait, la même tentative de s'échapper de cet endroit sans sortie, dont les couloirs étaient reliés par une pièce centrale : la récurrence acheminée du cauchemar qui avait coûté sa vie, le corps découpé de la sœur de Matt, sa tête inerte et livide déposée sur une cuvette de toilettes. Et à chaque fois, sa tentative se terminait de la même manière : lui à terre et des morts-vivants lui tombant dessus pour le dévorer, sans que ses cris ne changent rien à son sort.

Un sommeil mouvementé, pour ne pas faciliter l'état de son acolyte sur qui le sort semblait peut-être encore davantage s'acharner. Il avait fallu attendre aujourd'hui, quand le son d'un moteur, même lointain, n'avait plus été depuis le premier jour de leur enfermement et que les cadavres ambulants avaient décru de leur présence envahissante, pour que l'excès de stress et le mal de l'enfermement ne pousse Carl à décider de sortir. Il avait assuré à Matt de revenir sous quelques heures et d'aller prendre connaissance de la route, afin qu'ils puissent partir prochainement.

Au final, s'il était effectivement passé par la route à son grand soulagement déserte, se frayer un chemin sans combattre jusque là avait été très difficile et à plusieurs reprises risqué, amoindrissant la motivation de Carl à devoir revenir en arrière pour retourner auprès de Matt, car les morts s'ils ne fourmillaient plus dans les environs, restaient tout de même fort nombreux. Il n'en avait rien dit sur le moment à son acolyte, mais ce qui l'avait principalement attiré dans cette sortie solitaire était cette forêt qu'il n'avait pu qu'apercevoir.

Il fit un pas de plus, très lentement, laissant le temps à une goutte de sueur de descendre de son front sur sa tempe et rejoindre sa joue, jusqu'à se perdre dans sa barbe. Malgré son attention et sa bonne volonté, quelque chose craqua sous sa botte, très légèrement, à peine perceptible. Mais ce fut assez pour le cerf qui releva vivement la tête et dressa oreilles et bois, propageant sa hâte au chasseur qui sentit des fourmis lui remonter dans les jambes et le long du dos. Un moment de doute l'étreignit, la crainte de rater sa cible et il fit un pas de plus avant de resserrer l'index sur la gâchette. Un simple instant de trop et le cerf détala comme un diable dans la forêt.

Carl tenta bien de se lancer rapidement de pas de courses lourds, bruyants et encombrés, passant à la gauche d'un arbre en pointant à nouveau son arbalète sur la silhouette du cerf qu'il aperçu s'enfuir en secouant quelques buissons. Mais il savait pertinemment que c'était déjà fichu, la seconde d'après, le cerf avait disparu et le chasseur n'avait pas tiré. Il relâcha alors la pression sur l'arbalète et l'inclina, redressant le dos plus droitement en observant la direction où la bête s'était volatilisée, un souffle tout à fait intelligible cette fois éjecté des narines.

Il ne ressentait pas d'agacement cependant, cela faisait partie du jeu de la chasse et comme lui avec les rôdeurs, la proie avait réussi à prendre la tangente. Une comparaison toute relative car il avait conscience qu'à cet exercice, le cerf était en l'état beaucoup plus compétent que lui ne pouvait l'être. Sa senestre lâcha la ferrure de l'arbalète à l'avant, son bras droit se laissant tomber avec l'arme le long de son corps. Tout en se grattant la barbe de sa main libre, sa langue passait sur sa dentition à la suite pour balayer sa salive cumulée par le contrôle de respiration qu'il avait opéré. Il porta ensuite ses iris sur les alentours, scrutant la densité de ce milieu naturel autrement plus important que l'Huntsville State Park et les forêts avoisinantes du comté de Walter dont il s'était familiarisé autrefois.

S'il ne pouvait compter sur du gros gibier, se faisant la réflexion que de toute façon il n'aurait pas pu transporter la bête jusqu'au coiffeur, sa marche qui le menait vers le ruisseau non loin de là s'interrompit en chemin, attiré par la présence de plantes parsemées de baies. Il glissa l'arbalète à son épaule par sa ceinture d'accroche et mis prestement la main à la poche pour en sortir un sachet plastique fourré grossièrement, cognant légèrement son talkie au passage, afin de le déployer et entamer de collecter ces petits fruits ; s'attelant un temps durant à défaire le plus possible de ceux-ci qu'il tira de leurs accroches marronnasses.

Le sac de Matt contenait de la nourriture tout à fait bonne à manger, mais Carl ne pouvait s'empêcher de craindre ce qu'ils pourraient trouver, ou ne pas trouver, dans cette ferme dont son ami avait parlé. Le sort s'était tellement évertué à leur pourrir la vie, qu'il n'était même plus sûr qu'un véritable répit puisse leur être accordé, demain, dans les jours à venir et plus encore. Un pessimisme grimpant, conséquence du mal être qui s'était installé après la tempête.

C'est pourquoi il prit soin de quérir ces fruits mais pas seulement, se donnant l'idée de rechercher dans les alentours des racines, des plantes comestibles et quelques fleurs. Presque à sa surprise, il réussit à en trouver une quantité sérieuse assez rapidement, le coin semblait fourmiller de ces petites choses à grignoter et à cuisiner en soupe auxquelles les non-initiés ne penseraient jamais, capables de passer à coté et mourir de faim sans avoir pu imaginer en faire quelque chose. C'était peut-être là un atout de son triste passé, dont il ne se félicitait pas spécialement mais qu'il ne pouvait que constater. Poussé par ces trouvailles plutôt encourageantes, il en vint à lever le nez sur les arbres environnants et s'attarder sur les pins qui composaient une partie de ceux-ci, saisissant l'un de ses couteaux à la ceinture tout en réfléchissant à la surface des troncs, avant de trouver écorce à sa lame.

Il s'acharnera ainsi longuement sur l'un des pins de sa trop modeste arme qui peinait à l'exercice, l'homme se griffant la peau sans pour autant s'arrêter, il retirait la première couche de bois légèrement humide puis s'attaquait au moelleux intérieur de clair jauni, récupérant de la résine solide faute d'avoir le temps et les outils pour récolter de la sève. La fin de matinée venait, midi bientôt sonnant et le vent calmé par l'élévation du soleil qui profitait d'un ciel parfaitement clair pour percer davantage la couverture hostile de la forêt, que le chasseur avait rempli son sachet jusqu'à ne plus pouvoir le fermer, sans que cela ne suffise à ses récoltes. Il s'était alors muni de son sac à dos, laissant l'arbalète traîner non loin et y avait mis tout ceci, mais ça ne suffisait pas non plus.

Un choix drastique s'imposait alors et il décida en son âme et conscience de sortir le fusil à pompe Ithaca qu'il déposa au pied d'un arbre, afin de pouvoir mettre le sachet de racines et de baies dans le sac, ainsi que la quantité de résine récupérée, mais aussi du bois mort dont il avait également fait la collecte. Beaucoup s'insurgeraient de ce choix, en premier lieu les fervents partisans des armes à feu, mais s'il fallait choisir entre de la nourriture, même d'appoint comme celle-ci, et une arme sans munition, il avait choisi. Il souhaitait tout de même trouver de quoi transporter l'arme quelque part, sans grande conviction, et espérait que Matt comprendrait cet acte autrement.

Ceci fait, il refermait son sac et le replaçait sur son dos dans un soupir lourd et fatigué de devoir traîner ce poids, sans se plaindre plus, puis récupéra son arbalète avant de reprendre le chemin du ruisseau, s'orientant assez facilement dans la forêt. Quand il arriva au cours d'eau, si clair et frais, au bord duquel la pierre humide faisait refléter plus vivement les rayons du soleil, le chasseur ne put réprimer un franc sourire, cette vision, cette senteur naturelle et l'air sensiblement moite venait attaquer de front ce malaise profond qui l'avait agrippé pour le mettre à mal à son tour, l'attirant vers un mince mais agréable contentement.

Carl prit son temps pour profiter de cette vue, dégageant l'épaisse forêt par le passage du ruisseau afin d'en dévoiler la beauté timide, le son du doux courant berçant ces instants d'insouciance quémandée. Il expira longuement l'air de ses poumons, puis en inspira une nouvelle bouffée avec la vigueur qu'un fumeur mettrait à aspirer un tabac dont il aurait été trop longuement privé ; et lui-même en savait quelque chose. Il s'employait ensuite à installer l'arbalète sur l'herbe un brin trempée et défaire à nouveau son sac pour le poser au bord de l'eau où il vint s'accroupir, laissant l'extrémité de ses bottes s'enfoncer dans la surface liquide.

Il y avait un tas de choses qu'il aimerait faire ici et maintenant, à commencer par se laver, mais il avait conscience que le calme rassurant de la forêt pouvait cacher malgré celle-ci le diable qui leur courait après, doutant fortement que le milieu naturel dissuade les morts-vivants de s'y perdre à l'occasion. C'est pour cela qu'il commença par vérifier les alentours de manière à limiter une surprise éventuelle, puis ouvrit son sac et poussa son contenu afin de récupérer plusieurs bouteilles vides qu'il avait stocké. L'eau, voilà ce qui avait tendance à manquer cruellement et régulièrement au duo ces derniers jours, si bien qu'ils n'avaient pas eu une goutte à boire ce matin même. Il s'empressa d'ouvrir une bouteille après l'autre, les remplissant d'eau, puis les refermant pour les ranger dans le sac.

Il espérait qu'avec cette eau claire et de quoi faire du feu, il redonnerait un peu de baume au coeur de Matt en la faisant bouillir et qu'ils puissent s'hydrater jusqu'à plus soif, sans craindre quelconque mal ou avoir un arrière-goût amer qui en gâcherait le plaisir et pèserait à leur moral un peu plus. C'était un moindre bienfait par rapport à leurs souffrances, mais une chose aussi minime soit-elle sur quoi il pouvait avoir une emprise et l'améliorer. Au moins ça.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Emma Bennett


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba110/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba10100/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Emma Bennett

Ven 26 Juin - 16:04
Un juron s’échappa d’entre ses lèvres, les dents serrées, tandis que ses mains se tendirent vers l’avant en se saisissant de l’une des branches qui s’offraient à elle. Son pied gauche s’était fait accrocher par une triple épaisseur de ronces, les épines transperçant son jean jusqu’à en griffer sa chair à hauteur de tibia, arrêtant son élan si brusquement qu’elle en fut déstabilisée. Une seconde injure suivi de près la première quand d’un regard rapide, elle constata que les tiges épineuses s’étaient si bien accrochées à sa jambe qu’elle ne parviendrait pas à s’en soustraire d’un simple mouvement. Ces plantes-là étaient de véritable piège pour les non aguerris de la nature sauvage, et pour le coup, Emma rentrait parfaitement dans cette case.

Ses longs doigts fins vinrent chercher une accroche, un emplacement, où les aiguillons, si minces et vicieux, ne viendraient pas entamer non plus la pulpe de ses phalanges, mais c’était peiné perdu. Les rangées acérées comme des dents de requin étaient si rapproché – le feuillage même s’en retrouvant garni, qu’il fut impossible d’y réchapper. Elle tira, à plusieurs reprises, sur les tiges épaisses, qui dans l’élan, abandonnèrent quelques dards dans le denim de son pantalon, et parfois dans ses doigts jusqu'à ce qu'elle parvienne enfin à s'en libérer pleinement. Quelle étrange idée lui était venue en tête de s’enfoncer de la sorte dans ce lieu qui s’épaississait plus encore à chacun de ses pas, et où sa seule récompense serait l’espoir de quelques gouttes d’eau fraiches ? La réponse était là, juste là et toute simple : quelques gouttes d’eau fraiches.

Le sous-bois lui offrait au moins la protection des rayons d’un soleil presque agressif pour sa peau blanche, élevé bien au-dessus de sa tête et dont les quelques rayons perçaient parfois la frondaison quand il ne jouait pas à cache-cache avec ses acolytes cotonneux. Elle retourna piétiner les abords boueux du cours d’eau qui se perdait dans la terre pour éviter l'étalage du mûrier où elle avait buté. Quand bien même à ce niveau-ci, le ruisseau avait gagné quelque peu en volume d’eau, sa clarté devenait plus que douteuse par le mélange épais d’une terre ocre qui donnait des allures de descente de lave. D’un dégagement de tête, son regard se reporta sur le chemin qu’elle venait de parcourir, pendant si peu de temps en vérité, mais déjà elle ne parvenait plus à en distinguer la route. Ses baskets noircies et usées, déchirées même sur un flanc de semelle, s’imbibaient parfois de l’eau stagnante que la pression de ses pas faisait ressurgir de la terre imprégnée. Une maigre épreuve à son humble avis, l’espoir toujours plus haut de trouver mieux plus loin.

Les cailloux vinrent garnir le lit de fond de la petite épaisseur translucide, dont le bras d’eau avait creusé, au fil des dizaines d'années, voir plus, la terre de part et d’autre. Il s’installait alors dans une espèce de petite cuvette où herbes, mousses, lierres et autres végétations avaient trouvé confort sur les parois, d'où jaillissaient même les racines des arbres à proximité, plongeant après quelques courbes, dans l’eau. Choisissant de continuer à suivre le chemin sinueux de la voie d’eau par la hauteur, elle persista à progresser, contournant les obstacles de la forêt, incarnés en quelques souches arrachées ou terriers creusés.

Lorsqu’elle eut atteint la hauteur d’une épaisseur d’eau qui lui paraissait convenable, Emma s’engagea sur la descente légère, entamant la pente avec prudence. Retenue d’une main à la base d’un arbre à peine plus épais que la taille de sa main, elle se laissa glisser, légèrement sur les fesses, ses talons s’enfonçant dans la terre meuble du versant. Elle cherchait ses appuis, quand bien même une personne convenablement sportive et assurée de ses gestes aurait juste pu bondir en contrebas sans être ni inquiété de la distance, ni de la maigre épaisseur d'eau, encore moins des cailloux dispersés ça et là. Mais elle ne possédait ni l’un ni l’autre des aspects. Trouvant place en contrebas, sur la petite hauteur d'une roche qui penchait parfois d’un côté, parfois de l’autre selon l’équilibre qu’elle donnait à ses jambes et à son corps, elle s’accroupit finalement, brandissant le trophée que son récipient de carton représentait.

Le son cristallin que produit l’eau s’engouffrant dans le fond du gobelet, poussé par la descente naturelle qu’elle suivait, avait quelque chose d’agréable et de noble, d’apaisant et d'enrichissant. C’était comme se retrouver dans ces jardins japonais où l’eau possédait une place bien précieuse dans cet agencement de végétation. Si l’urgence n’avait pas été là, de trouver un endroit sûr où passer la nuit quand bien même midi seulement pointait le bout de son nez, elle se serait peut-être plu à se poser un instant dans ces sous-bois, profitant de ce moment qui lui rappelait tant son enfance, entre douceur et zenitude. Les villes avaient perdu de leur linéarité, envahi de mort, de déchets, de sang et de carcasse d’acier, noué par quelques herbes sauvages qui ouvraient l’asphalte, mais la forêt, elle, n’avait pas vraiment changé.

Son regard se posa sur le fond de son récipient couleur paille portant avec ironie le logo de l’écoresponsabilité de sa confection dont plus personne ne se souciait plus désormais. L’eau qui y siégeait au fond n’avait rien à voir avec celle-ci sortit tout droit d’un évier décontaminé, d'une clarté légèrement assombrie, et aux trois moucherons collés sur sa surface, dont elle retira la présence de son ongle d’index. Était-ce suffisant pour ne pas tordre son estomac à plus de maux encore ? Sans doute pas, mais elle n’aurait guère de choix plus agréable à portée, car elle ne possédait ni briquet, ni pastille purifiante pour s’assurer de sa décontamination.

Un souffle profond s’extirpa de ses narines en un élan volontaire de courage, levant le gobelet pour le porter à ses lèvres l’instant d’après. Un geste qui fut néanmoins retenu par un son étouffé, sourd, mais terriblement proche. D’un bon rapide, Emma se redressa, son regard se jetant en arrière avec l'appréhension qui trouva justesse en l'incarnation d'un mort, apercevant avec effroi la silhouette décharnée de cet être avide de sang et de chaire. Comment se faisait-il que ces créatures, d'ordinaire si bruyantes et peu enclines à la moindre méthodologie, parvenaient par moments à n’émettre aucun bruit et seulement surprendre à l’instant ou d'aucun s’y seraient attendus le moins ? Une question qui restera sans réponse en l’instant, une autre réaction s’imposant à son esprit immédiatement.

La créature était là, juste à la hauteur où elle s’était elle-même trouvé précédemment, haute de son mètre quatre-vingt ratatiné, les bras seulement ballant le long du corps couvert par l’épaisseur d’une chemise déchirée qui cachait néanmoins la putrescence de ses membres, tout comme ses jambes d’ailleurs. Sa tête était légèrement penchée sur le côté, privé du moindre nerf qui aurait pu la maintenir en place. Une bête qui fut autrefois un homme, grand, maigre, aux cheveux courts et sans doute bruns. Il n’en résidait désormais plus qu’un monstre, aux joues trouées si immondement que l’intérieur de sa bouche pourtant scellée d’une rangée de dents serrées et aux lèvres rongées en était perceptible. Ses yeux, d’une blancheur morbide, gardaient pourtant l’axe de sa proie, juste en contrebas.

La gravité fit le reste, alors que le mort s’avançait toujours plus à son encontre, grondant de son appétit féroce qui allait sous peu être assouvi, du moins en partit, car il était assuré qu’il était juste insatiable. S’affaissant lourdement dans le ruisseau en contrebas, Emma poussa un cri assez aiguë de stupeur. Redressée avant la chute de l’infecté dans sa direction, elle avait elle-même glissé hors du caillou qui l’avait supporté jusque alors, la projetant, fesses et dos, en son plein milieu. Une roche plus ronde et plus haute que les autres marqua d’ailleurs son dos d’un choc brutal, lui coupant le souffle un douloureux instant. Suffisamment longtemps pour laisser choir la créature à quelques pas d’elle, elle-même s’étalant face contre le sol, son propre visage percutant une autre roche en un bruit sourd de chaire impactée sans qu’il n’en soit réellement perturbé.

Une décharge d’adrénaline envahit son être tout entier, cédant à la panique de cette situation désastreuse. Elle chercha à se redresser, luttant, peinant à retrouver une stabilité, glissant sur chacune de ses prises que ses mains trouvaient sur la surface d’un caillou couvert d’une mousse spongieuse, ses chaussures et ses genoux dérapant dans la précipitation sur la précarité du sol. Déjà la créature cherchait de ses doigts avides à la saisir, se tendant, se poussant comme il pouvait dans sa direction, lui-même contraint dans cette terre meuble et cette eau vaseuse où il ne pouvait guère se donner d’élan.

À sa première prise sur une racine à peine épaisse du versant opposé, dont la hauteur frôlait les deux mètres tassés, la terre meuble dans laquelle le tubercule s’enfonçait se détacha de sa paroi, tout comme ce dernier d’ailleurs qui resta dans sa main, la privant d’un équilibre à peine retrouvé. Elle bondit à nouveau dans l’ascension maigre de ce lopin de terre, ses mains cherchant à s’accrocher au plus loin dans une poigne désespérée, gagnant centimètre par centimètre son échappé. Mais c’était sans compter sur les propres avancées de son traqueur qui agrippa bien brutalement le flottant de sa chemise qui avait recouvert fesses et cuisses et l’empêchait désormais de se hisser convenablement à son refuge, alourdi d’un poids bataillant supplémentaire.

Plusieurs hoquets et cris de stupeur aigus et portés franchirent la barrière de ses lèvres, mêlé à quelques halètements d’effort et d’effroi, cherchant de vains coup de pied rapide à se débarrasser de cette emprise. C’était peine perdue. Le mort venait de trouver une accroche suffisante pour espérer gagner sa proie et ne comptait pas la lâcher par ces maigres résistances qui percutaient ses bras efflanqués. Dénouer les manches qui enserraient sa taille solidement s’avéra tout aussi fastidieux car plus la créature tirait et plus le nœud se resserrait, rendant l’acte dans sa posture et la précipitation, quasiment impossible.

Elle luttait pourtant, ardemment et vaillamment, accrochant chaque fois plus loin, la moindre traine qui passerait sous ses mains, écorchés, noircis de terre et de boue, tout comme l’était maintenant son visage couvert de sueur froide, ses cheveux, et l’ensemble de ses vêtements. Son agresseur, lui, restait obstiné à ne rien lâcher, grapillant quelques centimètres d’un tissu qui commença à se déchirer sous la pression de ses ongles,  mais qui cèderait bien après Emma, sans nul doute.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0
-

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1115/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1096/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Sam 4 Juil - 15:48
Dans sa bulle de tranquillité, rien ne venait interrompre Carl, ni lui apporter une dose supplémentaire de stress. Seul le bruit de l'eau suivant avec discipline le ruisseau berçait son ouïe, lui-même toujours accroupi sentait une fraîcheur imprégner ses chaussettes et peu à peu, venir humidifier ses orteils. La pointe de ses bottes demeurée dans le bord du ruisseau semblait avoir fini par laisser passer un peu d'eau, ce qui n'était pas pour déplaire à Carl.

Cela lui provoquait un certain bienfait à la simple fraîcheur qui s'étendait peu à peu à une bonne moitié du pied, remontant les fibres du tissu de ses chaussettes jusqu'à la gorger de cette humidité qui saurait lui être désagréable plus tard, quand elle deviendra chaude et pataugeuse au cours de sa marche, mais qui pour le moment contrebalançait un peu de sa chaleur à force de crapahuter avec tout son attirail, de son sac à son arme et au gilet pare-balles dont l'épaisseur imperméable devenait pesante à la longue.

Il achevait de remplir une dernière bouteille et la relevait devant son regard comme il redressait le menton, l'inclinaison de son attention sur le ruisseau lui tirant sur la nuque à force. Ses iris contemplaient le liquide à la recherche d'une couleur étrange ou d'éléments repoussants qui pourraient se distinguer à l'oeil nu. Certainement que c'était grandement artificiel mais pour un adepte du milieu forestier aux connaissances scientifiques absolument médiocres, c'était une manière de se rassurer par principe ou par souhait, sachant que le passage à la marmite s'emploierait à corriger toute imperfection au prix minime d'un peu de son contenu évaporé.

Un cri déchira cependant cette tranquillité, faisant crisper la main de Carl sur la bouteille qui expulsa brutalement une partie de son contenu sur cette même main, son avant-bras et l'herbe, encouragé par un sursaut de l'homme qui, au terme d'un bref moment d'observation passive, se redressait impulsivement sur ses jambes en regardant vivement autour de lui quand son cerveau se dépêchait de traiter l'information qu'il dû repenser plusieurs fois. Un cri, c'était ce qu'il avait perçu, non pas un râle ou un grondement, ni même un coup de feu, mais une exclamation tout à fait humaine et féminine, qu'il n'aurait jamais imaginé entendre faire irruption dans cette verdure sauvage aux arbres denses et intimistes.

L'espace de longs instants, il resta figé, hébété, incertain de la réaction à avoir face à ce qui aurait dû lui paraître seulement ce qu'il était : un cri de détresse. Mais quelque chose en lui le mit en garde, l'interpella sur un risque sournois, un vice possible qu'il ne concevait pas bien encore même s'il parvenait à l'imaginer grossièrement. Celui du piège, à l'instar du chasseur qui imite le cri d'un animal pour attirer sa curiosité et son intérêt, alarmant l'instinct le plus viscéral qui peut habiter les hommes ayant encore un minimum de sens moral et de valeurs « humanisantes », pour ne pas dire humanistes, celui de venir en aide à un semblable en position de faiblesse. Un instinct d'autant plus fort d'une pensée pseudo-héroïque simplette mais diablement efficace, s'agissant d'un homme qui entendait l'appel d'une femme, avec toute l'injustice sensiblement ridicule de cette inévitable facilité.

Plus déstabilisant encore, une nouveau cri survint et d'autres encore, de la même direction très proche de là vers l'Est du ruisseau, que la poussée des arbres conquérants jusqu'en planter le plus éloigné à un pied dans le ruisseau même cachait de ses yeux allant et venant dans les environs immédiats. Cette fois et en dépit de la pression de mâchoire qu'il exerça, il ne put réprimer plus longtemps cette voix en lui qui lui intimait de partir maintenant, tout de suite, le plus vite possible en aide à cette personne bien vivante dont il avait rencontré peu de représentants depuis son premier retour à la vie.

Il se lança alors en avant en expirant lourdement, ses pommettes se relevant et son nez se fronçant d'une grimace de crainte qui n'était pas destinée à lui-même à présent, mais vers cette vie qui pouvait disparaître d'un moment à l'autre, ses contractions des muscles faciaux étirant la pilosité de sa barbe comme un accordéon pour mieux dévoiler l'épiderme pâle qui se cachait dessous. Dans son mouvement de précipitation qui manqua de le faire glisser sur l'herbe humide un brin mousseuse par endroits, il se penchait en avant pour lâcher sa bouteille plus ou moins à même le sol, celle-ci aussitôt bousculée par sa botte tombait sur un flanc et commençait à vider une partie de son contenu par gorgées recrachées dans le mouvement en vague de l'eau suite au choc.

Avant de se redresser de cette posture dangereuse pour son équilibre, le forçant à croiser les jambes à son enchaînement de pas pour se diriger tant bien que mal, il saisit le manche de son arbalète et la souleva du sol, la pointe du carreau enfonçant brièvement la terre herbeuse avant de s'en éloigner. Une fois redressé, il put retrouver une meilleure assurance dans sa course, relevant l'arbalète pour l'empoigner à deux mains et rapprocher l’extrémité du manche de son creux d'épaule sans pour autant s'y appuyer, plus concentré à se déplacer rapidement qu'à stabiliser sa posture de tir possible.

Carl leva son arbalète devant lui pour encaisser les branches qu'il chargeait de front, celles-ci se mêlant entre deux arbres, afin de ne pas se les prendre en plein visage et risquer d'altérer sa vue et toucher ses yeux plus encore, se frayant un chemin en décrivant un arc de cercle entre sa position d'origine et celle d'où il pensait le cri venait, ce qui l'éloignait du bord d'eau. Il cherchait à se fondre au moins partiellement dans la forêt pour ne pas débarquer trop vite au milieu d'une situation tendue ou piégeuse, une maigre consolation pour sa prudence qui n'était guère d'avis de se lancer ainsi au premier cri perçu, plus encore en laissant son matériel derrière lui qu'un vagabond des bois pouvait lui voler en toute sérénité.

Mais il n'y pensait pas. Carl était focalisé sur l'idée de peut-être trouver une femme, ayant tendance à l'imaginer plutôt jeune et jolie par réflexe de son cerveau reptilien, donnant un peu plus de matière au fait de peut-être sauver une demoiselle en détresse avec cette substance fantasque agréable dont il ne croyait pas au fond. Une idée aussitôt emboîtée par celle plus creusée et pragmatique de trouver des rôdeurs encerclant tels des dévots d'un culte luciférien le corps d'une victime qu'ils dévoreraient avec acharnement dans un déluge de sang.

Il progressa rapidement entre les quelques obstacles aux larges branches et aux épaisses feuilles. Une pointe douloureuse l'interrompit brusquement et il siffla entre ses dents en baissant le regard sur ce qui s'avérait être une ronce s'étant accrochée à son jean au niveau mollet. De quelques mouvements relevés par des onomatopées râleuses, il s'en dégageait en conservant des épines dans son tissu et reprenait sa course pour déboucher sur une autre parcelle du lit de la rivière, elle aussi dégagée mais à la différence de celle où il avait laissé ses affaires, ici la terre était en surplomb plutôt qu'être lisse.

Il braquait la pointe de son carreau en balayant les environs l'espace d'un bref instant, avant de très vite capter la chevelure blonde qui dépassait légèrement du surplomb terreux, de la vision inclinée du chasseur. Il s'empressa de faire quelques pas rapides en voyant cette silhouette qui semblait plutôt fine se débattre et sa crinière dorée pâle se secouer au gré de son corps, pour découvrir avec stupeur une situation plus proche de celle qu'il avait imaginé. Cette femme, seule et désarmée, qui était agrippée par un mort étendu et empêtré dans la terre humide et molle, vraisemblablement incapable de s'en défaire et prise au piège.

Son sang ne fit qu'un tour et il fit taire toute pensée, toute réflexion et coupa à toute contemplation pour se concentrer sur la seule réaction à avoir : agir. La mâchoire plus crispée encore et son nez se fronçant de l'adrénaline qui se diffusait coléreusement dans ses veines, redressant ses pommettes et plissant ses yeux, il contractait ses bras redressés en ailes mais pliées à la prise de son arbalète, l'oeil suivant le cheminement probable de la pointe.

Une pression sur la détente et le carreau fusa d'une terrible rapidité, droit sur le crâne du monstre, du moins c'est ce qu'il avait espéré. Dans la lutte acharnée entre la femme et ce rôdeur, ce dernier avait lâché prise d'une main - par impatience peut-être - et dressé son bras gauche pour chercher la peau de cette pauvre proie, dans un croisement de circonstances très désagréable au chasseur. Carl vit avec frustration le carreau déchirer un morceau de l'avant-bras de la chose morte et racler son os, faisant légèrement dévier sa trajectoire pour s'enfoncer vers l'arrière de son crâne et le transpercer jusque l'autre coté d'un craquement sinistre, ce qui déstabilisait la créature sur son flanc mais n'interrompait pas son activité cérébrale.

D'un grondement pestant, il jeta son arbalète au sol et porta la dextre à sa ceinture en se lançant vers l'avant d'une brève mais nerveuse course, ses doigts cherchant quelques instants le court manche d'un de ses trois couteaux de lancer, le tirant d'un geste en se jetant comme un buffle sur le mort-vivant, poussé par l'empressement craintif pour cette parfaite inconnue au détriment d'une quelconque stratégie. Il écrasait son dos de ses bottes et glissa à moitié dessus, ployant un genou qui enfonça un peu plus la créature dans la terre en basculant sur le flanc.

Dans ce rodéo incontrôlé, Carl se rattrapait sur un pan terreux du surplomb qui se décomposa à moitié entre ses doigts et chercha à retrouver son équilibre, peinant un temps à le faire tout en poussant la menace principale qu'était ce visage rongé par la mort dans la terre d'une pression de son poing armée sur l'arrière de son crâne - pile entre les deux parties du carreau enfoncé. Le manche du couteau à peine aussi large que sa paume lui raclait d'une légère douleur sa peau mais qu'importe, l'émotion se chargeait de prendre le pas sur le ressentiment et lui faire ignorer, ou plutôt endurer, cela.  

Il grondait, contraint à mettre plus de temps que nécessaire pour se stabiliser en posant le second genou sur son dos semé de terre humide qui le faisait quelque peu glisser, avant de relever sa dextre armée et l'abattre de toutes ses forces sur la partie la plus fragile de l'arrière-crâne. Il put enfoncer sans peine la lame qui - dieu soit loué - s'avérait suffisamment longue pour atteindre le cerveau ce qu'il en fallait afin de rendre cette chose inerte. Carl n'était pas un grand croyant mais dans ces moments-là, quelque chose au fond de lui espérait et priait Dieu s'il existait quelque part de leur donner un peu de son attention providentielle, ce qui n'avait pas toujours fonctionné, très loin de là, mais il ne pouvait s'empêcher de continuer à le faire.

Tout au long de sa lutte contre la terre meuble qui avait sali son jean et ses bottes, sa prise de la main qui s'était retirée en arrachant un mélange de terre et d'herbe salissant et collant et sa main armée contre ce rôdeur, il avait ignoré cette femme par nécessité. Elle qui était pourtant si proche qu'il pouvait percevoir son souffle comme elle pouvait distinguer toutes les nuances des sonorités rauques crachées par ses cordes vocales et qui se mêlaient à son souffle chaud.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Emma Bennett


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba110/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba10100/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Emma Bennett

Dim 5 Juil - 23:39
Ses mains battaient furieusement, ses doigts s'enfonçant dans la terre moelleuse et boueuse, dérapant, s'effritant à chaque tentative bien trop hâtive pour en être efficace. Elle tirait puissamment sur les brins d'herbe qui s'arrachaient, les racines qui refusaient de seulement lui venir en aide de ce simple appui qu'elle recherchait, ou les branches qui se brisaient comme une promesse moqueuse. Et chaque fois qu'elle pensait avoir trouvé l'élan, d'avoir trouvé sous ses doigts meurtris une roche plus ancrée, la créature la ramenait avec force et raison vers l'arrière, faisant glisser ses jambes et ses genoux, l'obligeant à marteler, toujours plus de la pointe de ses pieds.

Elle s'épuisait à force de se débattre contre cette nature qui ne voulait la voir qu'enterrée. Qui la pleurerait, là au fond des eaux, son sang se déversant dans le lit d'une rivière qui s'éparpillerait quelques dizaines de mètre plus loin à peine ? Sa vie n'aurait été qu'un inutile soupir, elle qui était capable de bien plus de chose, un cadavre dévoré, solitaire au fond d'un bois perdu comme une curiosité champêtre que même ces morts n'auraient su perturber. Qui la regretterait ce jour et les suivants, alors même que s'effaceraient son nom sous les dents meurtrières d'une créature affamée ? Elle siégerait là, perdue, esseulée, dans ce recoin abandonné où même les siècles d'attente et d'espoir ne suffirait pas à en retrouver les os.

Ses doigts s'écorchaient davantage, comme ses bras nu qui ripaient sur quelques cailloux saillant, entaillant ses coudes et son menton déjà meurtris lorsque son corps s’affalait d'une défaite écrasante. Sa respiration était lourde, entrecoupée de nombreux gémissements à chaque sursaut furibond que sa volonté retrouvait, ses yeux s'humidifiant d'un désespoir qui la gagnait finalement. Elle se battrait jusqu'au bout et sans perdre haleine, quand bien même elle sentirait les dents du charognard la déchirer, elle continuerait de hurler, de douleur certainement, mais de rage et de peine à sa dernière pensée fugace que son nom ne soit plus jamais prononcé, ni gravé dans l'histoire.

Pourtant du vide, l'improbable survint en celle d'une silhouette bondissant hors des fourrées dont elle ne perçu qu'une infime partie de sa tête à la chevelure châtain forestier, de la ligne de ses épaules et de la menace de son arme sur lequel ses azurs éclatant s'alignaient à la pointe d'un carreau menaçant. Elle n'avait trouvé que le silence à offrir à cet inconnu quand bien même tout son être réclamait de l'aide, par la surprise que cette apparition provoqua. Elle en resta figée, accrochée à la paroi de terre, la brève milliseconde entre l'instant où elle l’aperçue, lui et son arbalète et celui où la munition fut éjectée et fusa dans sa direction. La peur la saisie, l'espace d'un instant, à la pensée qu'il soit seulement de ceux qui s'octroyait le droit de décider d'une vie ou d'une mort, selon ce qui les arrangeait, et sa terreur gagna en intensité brute.

Mais il n'en était rien au regard de cet acte, une appréhension bien vite balayée lorsqu'elle sentit le poids de la créature s'écrouler sur le flanc. Et quand elle pensa que tout était fini, la vie sauve par cet étranger surgit des bois, ses mains refusant néanmoins de lâcher prise contractés vivement autours d'une racine, elle n'eut pas le temps de crier victoire. L'acharnement de la bête redoubla. Ses deux mains s’ouvrirent sous la surprise, dérapant sur le sol, son visage percutant quelques racines et la terre que sa poitrine avait agité jusqu'ici, laissant les marques de son sang, sa salive et ses larmes s'imbiber dans la terre.

Et alors qu'elle rendait ses dernières pensées à ce monde si ignoble, comme un majeur mentalement dressé sur le fil de sa vie, elle sentit tout la tension sur sa chemise s'évaporer brusquement. D'un instinct primaire, ses mains s'agitèrent rapidement pour dénouer cette maudite chemise qui avait failli lui coûter la vie, le tissu glissant immédiatement le long de ses cuisses, puis ses mollets pour s'échapper dans le léger ruisseau, s'accrochant à une branche brisée et une roche débordant du niveau d'eau.

Puis, l'immobilité la gagna après que ses deux jambes furent ramenées un peu plus en hauteur. Elle savait pertinemment ce qui était entrain de se jouer juste à ces côté, et qu'un moindre mouvement, une moindre tentative de sa part, pouvait condamner l'homme dans son vaillant combat. Elle fut bousculée quelques fois sans qu'elle n'en manifeste moindre gêne, presque allongée sur la pente meuble, encaissant seulement les agitations, le visage déporté sur le côté pour voir ce qu'il se passait, appréhender la finalité et gagner d'espoir. La lame s'enfonça alors dans le crâne de la créature qui cessa enfin de bouger, passant de l'état de mort, à celui de mort.

Ses yeux se fermèrent à cette accalmie retrouvée, tout son corps relâchant les tensions qui l'avaient tétanisé. Les lèvres entrouvertes, elle expirait, rudement, cette lutte qu'elle-même avait livré l'ayant harassé. Ses paupières restèrent closes le temps d'un demi-tour, pivotant sur le dos non loin du chasseur, les talons s'enfonçant dans l'angle de terre et les bras s'allongeant droit le long de ses propres flanc. Elle était couverte d'une boue marronné, salie de la tête aux pieds, ses cheveux blonds détrempés collés de particules de poussière, le sang marquant également son visage, le bleu ressortant de ses ecchymoses du matin même sur ses bras et son thorax. Sa poitrine se soulevait promptement, gonflant dans ce débardeur humide et tâché, tout comme l'était son jean et ses baskets trempées.

Sa lèvre inférieure trembla sous son souffle puissant, ne parvenant à calmer cette volonté d'oxygène que son corps réclamait après l'intense effort qu'elle avait fourni, accordant presque sa propre respiration à celle de l'étranger qui se maintenait à ses côtés. Ses yeux finirent par s'ouvrir à la contemplation de la légère percée qu'offrait la cime des arbres vers le ciel, à revivre, secondes par secondes sa ridicule débâcle. Elle n'était véritablement pas femme de terrain, incapable de survivre seule à ce monde si hostile plus de quelques heures à peine. Elle finit par laisser son visage s'affaisser sur le côté, braquant ses deux perles d'un vert brillant d'émotion et d'appréhension encore bien perceptible.

Son visage s'ouvrit à la contemplation qu'elle opéra sur cet homme, laissant ouvertement et délibérément ses iris parcourir en détail ce qui le caractérisait, de sa tenue à sa stature, en passant bien évidemment par son visage où il y avait tant à y lire. Il n'était sans doute pas de ceux qui condamnaient bien gratuitement les personnes en détresse, risquant même sa propre vie, à se mettre en danger pour la sauver. Mais elle avait connu bien des hommes, de ceux qui jouissaient un peu trop naturellement d'une société tombé en éclat où plus aucune loi ne pouvait punir l'irréparable et son esprit pragmatique ne pouvait ignorer cette possibilité.

Il l'avait sauvé, mais à quel prix ? Les héros n'existaient plus. Ils étaient tous morts à la tentative de leurs belles actions laissant les opportunistes s'empresser de diriger le nouveau monde. Elle, son groupe, les gens qui l'avaient accompagné des mois durant, avaient été, à son sens, le dernier semblant d'humanité qui restait à ce pays ravagé. Pourtant, malgré cette pensée qui ne pouvait la quitter, et que ses yeux d'émeraudes jugeaient sur cet homme, elle n'en tremblait ni de peur, ni d'appréhension. Elle avait encore quelques cartes maîtresses dans son jeu qu'elle gardait, pour le moment, soigneusement caché, prête à les dégainer lorsqu'elle jugerait le moment opportun.

En l'état, elle conserva quelques secondes de plus le silence, à seulement l'observer, ses lèvres toujours entrouvertes laissant échapper son souffle ténu. Et puis, elle redressa la tête, très légèrement, ses pommettes se rehaussant quelques peu tout comme ses sourcils qu'elle avait conservé soigneusement dessinés, témoignant alors toute sa reconnaissance en un sourire léger, mais suffisamment efficace pour en traduire sa pensée.

« Merci. Robin. » Annonça-t-elle - dans un Anglais quasi parfait si ce n'était ce petit accent Français dont elle ne parvenait à se débarrasser - sur une intonation quasi-complice à ce que cet acte venait de tisser entre eux, car elle ne pouvait le nier, il venait véritablement de sauver sa vie.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0
-

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1115/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1096/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Mar 7 Juil - 14:56
L'adrénaline avait inhibé toutes les petites sensations qui se révélaient à présent et ce n'était pas pour améliorer son moral déjà en berne. Son jean était maintenant humide, sale et parsemé de traces de chair putréfiée et de sang coagulé. Sa paume de dextre n'avait pas été blessée mais la pression du couteau avait laissé une marque rouge brûlante, qui le lançait plus concrètement à présent que la tension retombait. Son souffle fort et passablement saccadé peinait à s'apaiser, ce qui lui demandera un peu de temps, sans parler de sa senestre qui était imprégnée de terre boueuse.

Parti sceptique même si le fait de pouvoir revenir en forêt lui avait fait du bien, son état et cet affrontement salissant avaient balayé le moment de bien être qu'il avait pu ressentir, sachant qu'il devrait rester ainsi un moment et qu'il aurait à faire le trajet du retour dégueulasse qu'il était avec tout son barda sur les épaules. Ce n'était rien de bien grave, mais ce genre de contraintes et de gênes semées tendaient à se cumuler ces jours-ci, jusqu'à faire bouillonner son agacement. Matt et lui traînaient dehors depuis des jours maintenant, allant de galère en galère, poursuivis, traqués, bousculés par les coups du sort avec un acharnement digne des pires fouteurs de merde de la création, et même dans une parcelle hasardeuse d'une forêt dense, il ne pouvait trouver de répit.

Au moins, cela n'avait pas été pour rien et si l'aigreur marquait les premiers instants qui suivirent l'accalmie, ses iris bleutés venus détailler cette femme qui avait reculé eurent le réflexe de détendre en partie ses traits, ne serait-ce que par l'évidence qu'il venait de réaliser une bonne action, la meilleure à valoir dans ce nouveau monde déchaîné : sauver une vie. C'est alors que l'aigreur se voyait bien mise à mal par une certaine prise de conscience et un vent de surprise, à la contemplation proche de ce petit bout de femme qu'il devait bien admettre, était particulièrement jolie.

Sa blondeur, sa minceur, ses courbes sans prétention et sa vulnérabilité apparente, du moins au regard de cette scène anxiogène qu'il venait de vivre, correspondait un peu trop bien aux brèves pensées fantasques et incontrôlées qu'il avait pu avoir. Elle semblait véritablement en détresse, en témoignait l'absence d'arme qu'il constatait en inclinant son regard resté silencieux sur sa silhouette et l'absence à la fois d'équipement et de rudesse menaçante que l'on pourrait s'attendre à trouver dans la rencontre d'inconnus aujourd'hui.

Mais il ne percevait rien de tout ça, rien de ce qu'il aurait pu attendre sans pour autant y adhérer, mais la normalité que cette jolie fille accentuait d'un sourire léger et en dépit de son souffle encore marqué de ce moment de peur panique - de ce qu'il en avait entendu et cru voir - le perturbait plus qu'il ne l'aurait imaginé. Cela pouvait paraître paradoxal, de la part d'un homme qui voulait et espérait que les interactions entre les vivants aient encore de la spontanéité et quelque chose de bienveillant, sous l'égide de l'entraide. Il le désirait aussi ardemment que son expérience n'avait fait que moquer cela depuis... il ne savait plus quand, ses allers-retours entre la vie et la mort ayant sérieusement altéré sa perception du temps.

Cela faisait de très longs instants d'ailleurs qu'il avait opposé au sourire et aux mots complices de l'inconnue une fixation qui pouvait être source de malaise, le léger plissement de ses yeux et la fermeté encore majoritaire de ses traits avait de quoi le faire passer pour rustre ou revêche, alors que cette fermeté découlait de ce qui venait de se dérouler et pour le reste, une certaine incrédulité occupa ce moment qui paru si invraisemblable au chasseur que ses pensées envisagèrent que des complices armés sortent des fourrés pour le mettre en joug et refermer un piège des plus vicieux.

Seulement le temps s'écoulait et Carl restait à la fixer jusqu'à ce qu'un clignement d'yeux n'enclenche une réaction, ne serait-ce que cela, expirant plus longuement et posément son souffle. Puis, il inspira discrètement des narines et porta le regard aux alentours, veillant à ce que rien ne vienne le surprendre, ou plutôt les surprendre, avant de retourner aviser le regard vert pâle de cette femme et entendre quelques mots qui dévoilaient une voix grave et assez rocailleuse dont le coffre pouvait surprendre de son apparence qui ne le laissait pas forcément envisager.

« Carl. C'est... mon prénom. Je préfère. »

Une nouvelle interruption suivie la relative lenteur avec laquelle il avait parlé, emprunt d'un brin d'hésitation. Après quoi, il baissa les yeux sur sa propre main droite qui était la moins sale des deux, se frottant distraitement les doigts d'indécision une seconde durant, avant de la tendre en ramenant encore son attention à elle. Il y avait une part de maladresse dans l'attitude et les gestes, tel un spectateur d'une animation de théâtre pris de cours à devoir monter sur scène, l'improvisation bancale et les réactions à retardement.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Emma Bennett


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba110/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba10100/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Emma Bennett

Jeu 9 Juil - 18:13
Hébétée devant cette absence première de réponse, Emma sentit un profond malaise la gagner, tandis que son mince sourire s’échappait sous la contemplation fixe et inquisitrice de l’homme. Elle eut un léger mouvement de recul, presque imperceptible mais témoin de son appréhension qui se renforçait à l’idée qu’elle ne réchappe pas de ce sauvetage sans contrepartie. Elle était loin d’être dupe, et surtout avait suffisamment survécu pour voir la perfidie de l’humanité dans toute sa noirceur. Trop avait succombé à ce maux si ancien et nouveau, plus effrayant encore que les morts.

Avait-elle seulement une chance de s’échapper ? S’enfuir en courant tant qu’elle le pouvait encore ? Non, aucune. Elle était bien trop faiblarde et inexpérimentée pour seulement oser croire qu’elle le pourrait, et quand bien même l’homme manifestait sa propre fatigue à l’effort fourni pour se débarrasser de la créature, elle-même ne se sentait plus vraiment capable de courir jusqu’à en perdre haleine. Elle estimait véritablement ses chances à néant, rien qu’à l’idée que le seul chemin possible pour sa fuite était ce lit d’eau caillouteux, débouchant sur une route, plate, droite, inconnue, où elle aurait tôt fait d'être rattrapée.

Après une déglutition légère, l’atmosphère s’alourdissant un peu plus, ses mains tremblant à l’inquiétude qui se renforça lorsqu’il porta ses iris sur les environs, elle escorta son geste du même regard, avec un temps léger de retard, indécise à l’idée de le perdre lui de vue pour en venir constater ce qu’il cherchait des yeux. Elle se demanda un instant s’il n’attendait pas l’arrivé de quelques complices qui viendrait renforcer la pression de sa captivité à venir, et si malgré tous ses efforts, sa débâcle ne l’avait conduit qu’à troquer un groupe de sadiques armés contre un autre.  Son mouvement de tête saccadé, se déportant sur les environs, fut avorté à mi-parcours alors qu’il reprenait son attention sur elle, l’incitant à prendre un peu plus de recule en revenant braquer ses yeux à la clarté intense, son bassin se décalant légèrement sur le côté. Son souffle se retint à l’amorce de ses mots, la gravité de leur sonorité complétant le schéma de crainte qui l’avait saisi, quand bien même il cédait aux présentations et vint à tendre la main vers elle.

« Carl. » Répéta-t-elle, mimétique, dans cette respiration longue qui avait été retenue un peu trop longtemps à son goût, tant pour le mémoriser en tant que tel que pour retenir sa prononciation, avant de porter son regard sur cette main tendue à son attention. « Emma. »

Ses propres doigts s’époussetèrent à l’amorce de son jean, sur les hauteurs des passants d’une ceinture absente, du côté de sa hanche – parcelle la moins abimée de ses vêtements voir même de son corps, avant de venir se tendre à l’approche de ceux de l’homme, d’une lenteur mesurée. Elle les fit glisser à l’effleurement de la paume de sa main, l’appréhension toujours visible dans ses moindres mouvements, qu’elle n’en trouva pas la force d’offrir une prise ferme à cette poignée de main, se contentant d’un contact léger, frôlant à peine son épiderme. Elle ne s’échappa pas immédiatement de sa prise, ne brisant le contact de leur main ni celui de leur regard empreint de ces jugements qu’ils s’adressaient silencieusement, plus méfiant que jamais l’un envers l’autre.

Elle avait pensé attendre. Attendre de voir la facette de cette noirceur qu’elle redoutait voir ternir le tableau de ce sauveur, le débarrassant de cet héroïque statut. Elle ne pouvait croire en la chance que la roue du destin aurait fait tourner en son sens, lui offrant la rencontre impromptue de cet homme qui lui sauvait la vie le plus gratuitement du monde, d’avoir risqué la sienne pour une inconnue sans même la certitude qu’elle ne soit dangereuse ou qu’elle n’ai de quoi rembourser cette dette. Elle n’avait rien, strictement rien, pas même une bague ou un bijou qu’elle aurait pu lui céder, aussi futile que ce geste aurait été en l’instant et qui aurait trouvé plus de sens deux ans plus tôt.

Finalement, sa propre fébrilité dénoua son immobilité, retirant enfin sa main s’il ne l’avait pas déjà fait, pour chercher à se redresser. Peaumes au sol, c’est d’abord son buste qui trouva l’élan de la verticale, se tenant sur son fessier, les jambes légèrement pliées, avant d’une impulsion se redresser sur ses jambes minces et longilignes, ses chaussures venant rapidement retrouver appui pour maintenir le corps en équilibre dans la légère profondeur de l’eau, inondant une fois de plus ses pieds dépourvus de chaussettes, envahissant l’intérieur de sa fraicheur et rinçant ses chevilles apparantes.

Son attention fut attirée par le corps de l’infecté, resté là, au sol, sa carcasse en travers de l’eau qui trouvait moyen de franchir le rempart par le biais de ses os morcelés, emportant dans l’élan quelques débris de chaires, de sang, agitant même ses organes asséchés dans sa carcasse putride. Le gobelet aussi, était là, chahuté par les minces filets qui n'avaient plus rien de translucides, coincé entre une petite roche et quelques menues brindilles qui lui offrit le soutien d’un cocon. Dans le silence de sa gestuel, elle replia les genoux, les gardant serrés, sentant dans le mouvement des meurtrissures supplémentaires qui mettaient son corps à l’épreuve, ressentant chaque bleus, chaque coups avec plus d’intensité. Mais cela ne la gêna que partiellement, grimaçant seulement au mouvement de sa main qui se tendit pour s’en saisir du récipient, l’observant d’un désarroi immense. Il n’y avait plus rien à en tirer, victime d’avoir été un instant bercé par les eaux d’une eau trouble et contaminée.

D’une manère lasse, elle le reposa au sol. Sans le jeter, sans pester du moindre geste rageur, seulement à le retourner à l’écoulement qui l’emporta dans sa descente. Ses lèvres se dénouèrent en une voix plus nuancée que l’élan de complicité qui l’avait marqué lors des deux premiers mots un peu plus tôt prononcés, sans doute brisée par la retenue et la propre appréhension que l’homme avait manifesté à son égard, qui fut pris pour la marque d’une hostilité à venir, quel que soit ses formes.

« Je ne pourrais jamais te remercier assez, sans doute. Je n’ai rien à offrir. » Laissa-t-elle échapper de sa vulnérabilité évidente, tandis que ses iris se posaient sur l’extension d’eau qui fuyait vers l’Est, sa voix néanmoins cherchant à trouver une justesse et une stabilité. « Je ne sais même pas où je suis. Et je crois … que les miens sont tous morts. »

Elle se redressa lentement, pivotant sur ses appuis pour lui faire face, qu’il ai bougé ou pas, frottant ses mains à nouveau sur les côtés de ses hanches, quand bien même elles gagnaient à se salir davantage avant de rabattre toutes les mèches de ses cheveux derrière ses oreilles, sortit de sa tresse défaite, qu’elle dénoua d’ailleurs entièrement.

«  Mais, je peux être utile. » Reprit-elle plus empressée, anxieuse à ce qu’il pourrait interpréter bien avidement de cette fameuse utilité vantée. « Je suis docteur. Je peux m’occuper des blessées et malades de ta communauté. »
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0
-

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1115/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1096/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Hier à 22:54
Le destin. Toujours le destin, ses manières, sa volonté taquine et surtout, l'art de la surprise. Ici, la surprise n'émanait pas de l'inattendu, mais davantage de l'attendu fantasmé et cela semblait simplement... irréaliste. Cette femme était là, devant lui. Elle n'avait pas de lambeaux de chair pendant. Pas d'haleine putride qui contracterait davantage l'estomac que le membre viril, ni ce vide sidérant, effrayant dans le regard. Elle avait d'autres choses.

Des joues qui à ses yeux paraissaient creusées, mais sans excès, dont une tuméfiée. Des lèvres fines. Un regard perturbant d'humanité, de réflexion, de conscience simplement. Une natte en partie défaite et agressée, blonde. Un visage sali par ailleurs, de marques terreuses, comme son jean et son débardeur ocre qui laissait ses bras meurtris apparents, de bleus, d'ecchymoses.

Elle avait placé sa main dans celle de Carl et son regard clair à lui ne la fixait plus tout à fait, parcourant sa silhouette à nouveau, n'imprégnant guère la chair de ses doigts autour des siens fins qui restaient légers dans ce contact presque trop exceptionnel par les temps qui courent. Après tout ce qu'il avait enduré, ces morts, ces résurrections s'il en était, ces obstacles passés plus mal que bien avec le sentiment que chaque heure pouvait être la dernière sans qu'il n'en ai encore vu le bout, et le voici dans cette forêt à tout hasard, seul moment depuis ce fameux retour à la vie où il avait ressenti un semblant de contrôle, d'emprise sur ce qui lui arrivait.

C'était ce moment-là que le destin avait choisi pour mettre sur sa route cette inconnue dont il ne savait encore rien, sur sa présence, ses intentions, sa vie mais dont il n'arrivait pourtant pas vraiment à se méfier au final, et face à son état lamentable qui ne suscitait pas son mépris, mais plutôt sa compassion. Était-ce là, la raison de tous ces déboires ? Cela aurait-il pu être l'inverse ? Que ce soit à lui d'être destiné à se trouver ici et maintenant pour sauver cette vie ? Une réflexion qui toucha ses pensées l'espace de quelques instants, comme une liane à laquelle il essayait instinctivement et bêtement de s'accrocher dans son esprit perdu, de tant d'incompréhensions, d'une potentielle raison à tous ces événements, à sa propre histoire chaotique.

Emma. Le nom qu'elle avait prononcé. Un nom qu'il avait déjà connu autrefois, de cette jeune fille de lycée qui avait été dans sa classe et avec qui il avait parfois déjeuner parmi d'autres « amis » de circonstance, avant que sa propre stupidité ne l'envoi derrière les barreaux. Si sa mémoire lui faisait encore défaut sur bien des choses, il avait à l'esprit ces échanges qu'ils avaient pu avoir, sur le monde, sur l'écologie, sur l'avenir et sur le passé. Sur son nom, qu'elle lui avait dit un soir être en réalité le diminutif d'un autre nom qui lui échappait et dont la signification était : Dieu est avec nous.

Il avait ainsi connu une fille, qui lui avait dit ces mots, encore présents dans sa mémoire pour une raison qui lui échappait totalement tant cela avait été si anecdotique, d'une rencontre tellement éphémère. Et aujourd'hui, une autre Emma était présente, en ce jour bien précis et il venait de lui sauver la vie, sans fracas spectaculaire, sans danger impressionnant, juste une femme dans une forêt qui n'avait pu se défaire de ce monstre, le même qui l'avait tué dans cette cave, deux jours plus tôt ; peut-être trois ? Ou quatre ? Il ne savait plus. Le temps continuait de se disloquer à sa perception.

Ils retiraient leurs mains en même temps, le frôlement ravivant la brûlure de sa paume abîmée par la lame de son propre couteau et il l'observa se relever, quelques mèches tombant devant son visage que son front un tantinet suant s'évertuait à accrocher, alors qu'il se trouvait toujours avachi sur cet immonde cadavre, un genou ayant glissé de son flanc en décomposition pour s'enfoncer un peu dans la terre spongieuse. Son corps s'était réchauffé avec l'adrénaline et la bataille et ses pieds imbibés d'eau, comme ses chaussettes et ses bottes, commençaient à se faire lourds et désagréables.

Il était couvert de terre salissante et humide, de résidus du cadavre sur lequel son autre genou était toujours en appui, comme ses avant-bras et ses mains. Si le fait de porter un tee-shirt beige à manches longues serré, avec son gilet tout aussi contrit dessus, avait eu le bienfait de le faire se sentir plus à l'aise, cela faisait aussi remonter la chaleur humide plus vite le long de ses bras. Il était en vérité, pas tellement plus élégant que cette femme et quelque part, il décida de s'en ficher, aussi saoulant que serait le nettoyage qui l'attendait, car il ne se voyait guère passer le reste de la journée et surtout la nuit dans cet état.

Et tandis qu'il secouait un peu les bras en conséquence tout en relevant le genou de terre afin d'y poser plutôt sa botte s'enfonçant à son tour - elle n'était plus à ça près, son attention se porta sur le geste intriguant d'Emma qui s'accroupit d'une posture pudique pour ramasser un vulgaire gobelet en plastique, sale par-dessus le marché et probablement couvet de résidus infectés. De sa propre posture toujours avachie, Carl vint se frotter les mains l'une contre l'autre, dans le réflexe vain de dégager un peu de cette épaisse saleté et avec la précaution de ne pas trop solliciter sa paume marquée.

Il la regardait faire en plissant les sourcils et les pommettes, surpris que ce gobelet soit le premier objet de son attention après avoir échappé au pire, en présence d'un inconnu dont elle avait objectivement toutes les raisons de se méfier et avant même de chercher à sortir de cette crevasse terreuse. Une curiosité que son air dépité accentua pendant qu'elle le reposait. Elle semblait vraiment déçue de l'inutilité de cet objet dérisoire, c'est alors que plusieurs choses lui vinrent à l'esprit, comme si la retombée d'adrénaline mettait en lumière certains détails.

Elle paraissait seule, s'intéressant à un gobelet au bord d'une rivière. La soif l'avait-elle poussé à venir ici ? Elle n'avait aucun équipement. Pas même un couteau visible, une gourde, un sac, un piolet, rien. Elle était... sans rien, seule, et couverte de blessures. Cette femme semblait égarée et à voir son état, l'absence de matériel autre que ce seul gobelet sale et sa détresse face à un rôdeur isolé, peut-être... sa réflexion n'eut pas à se poursuivre en fait, car Emma ne fit aucun suspens. Elle pourra d'ailleurs remarquer un mouvement un peu brusque de ses iris quand elle s'adressa à lui, passant de l'un à l'autre des siens comme s'il sortait de ses pensées.

D'un appui contre la terre de sa senestre, évitant de toucher cette chose qui gisait sans que l'un et l'autre ne lui prêtent plus aucune attention, il se redressa à son tour non sans quelques mouvements d'équilibre, rabattant sa botte droite sur le coté également afin de trouver prise et détendre les jambes jusqu'à se retrouver debout, de profil. Il basculait un peu en avant tout en écoutant les propos d'Emma, ses mains agrippant la terre un peu en-dessous de sa hauteur, de quoi se dégager et poser la pointe de sa botte contre le terre-plein naturel. Il s'employait de fait à sortir aussitôt de ce piège, grimaçant puisqu'il dû s'y reprendre à plusieurs fois pour placer ses bottes et ses mains qui cassaient des monceaux de terre, l'obligeant à changer de prise à chaque repliement de genou qui le menait vers le sommet jusque s'étendre sur le ventre en accrochant la terre dans le but de se hisser sur le dénivelé du ruisseau.

« Je n'ai pas de communauté. » Rétorquait-il dans une expiration, sa voix grave plus rocailleuse dans l'effort.

Carl n'avait pas l'intention de donner de faux-espoirs à cette femme, et dans un premier temps, il préférait taire l'existence de Matt et peut-être de cette ferme, si tant est qu'elle soit réelle et qu'ils y trouvent d'autres survivants tout aussi réels. Cette rencontre pouvait être providentielle et il priait silencieusement qu'elle ai au moins moitié autant de cœur que Matt avait pu en montrer, plus encore si elle était vraiment médecin. Mais il restait toujours un risque, aussi peu crédible et infime puisse t-il sembler, qu'elle mente, qu'elle manipule… que le diable ai des cheveux blonds. Ou même que pour une raison ou une autre, elle fasse l'inverse de Carl avec son propre sauveur, choisissant au final de partir de son coté et ne prendre aucun risque pour autrui, car les gens sont imprévisibles.

Quand il eut fini de se redresser, il frotta ses mains contre son gilet qui avait été globalement épargné par la salissure, tout du moins jusqu'à cet instant et ramena son regard sur elle en hauteur, s'approchant du bord en la scrutant, puis il se penchait pour lui tendre la main droite, en suggestion de grimper à son tour avec son appui. L'homme semblait plutôt réservé oui, un peu hésitant, mais rien dans son regard ne semblait menaçant, ou étrange. Il avait de toute évidence la dégaine d'un type quelconque, sans prétention, ni intention mise en avant, juste attiré par pur hasard et par les cris au moment opportun.

« Et je n'ai rien à te demander. Tu as soif ? Je n'ai pas d'eau potable là, tout de suite, mais je comptais en faire bouillir. »

Son intonation s'avérait encore un peu plus posée, d'une amabilité discrète mais présente et pour le coup, il n'avait rien à lui cacher vis à vis de lui-même : à moins qu'elle ne planque une cache, ce qui rendrait d'autant plus bizarre l'absence de la moindre possession utile sur elle, il n'avait rien de moral à lui demander et la question immorale ne se posait pas, même si elle s'avère tout à fait séduisante. Il serait pratique de réduire ça à un esprit chevaleresque, ou juste à un minimum de bonté d'âme, mais pour l'homme adulte qu'était Carl, entrait aussi et surtout en ligne de compte, que même sans passer par l'idée de contraindre, l'absence d'envie et de partage dans l'acte charnel avait un effet diablement négatif sur son propre désir.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)
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