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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35
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Emma Bennett


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba110/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
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Informations scénaristiques:
Emma Bennett

Dim 21 Juin - 3:15
Interprété par Emma Bennett et Carl Wilson.


« Merde. Merde. Merde ! »

D'un geste sec, Emma claqua la portière conducteur du véhicule qui venait de consommer sa dernière goutte de carburant, l'abandonnant là, en plein milieu d'une route désertique en plein nul part. Elle avait roulé au hasard, des kilomètres durant, tournant sur les routes sans même regarder les panneaux directionnels, doutant même un instant qu'ils eurent seulement existé, son regard majoritairement porté sur ses rétroviseurs avec cette peur panique qui ne l'avait pas quitté depuis son départ, le pied collé sur l'accélérateur. Quand bien même plus d'une heure la séparait désormais des dramatiques événements qui avaient poussé à sa débâcle, elle ne pouvait résorber cette appréhension qui l'envahissait. Elle était seule. Seule et blessée.

Son regard se porta vers le Nord, la route filant droit avant de se perdre après un virage, si bien qu'elle en perdait l'horizon, ce dernier se troublant et s'effaçant au-delà de sa vision. De part et d'autre, s'élevant bien haut au-dessus de sa tête, s'étendait la lisière d'une forêt que la route éventrait, aux arbres si immenses, aux feuillages si denses, qu'il était presque impossible de desceller quoi que ce soit au-delà de quelques mètres à peine. De ce côté aussi, sa vue était bien vite obstruée par des épineux et ronces envahissantes, quelques floraisons persistantes agrémentant le cadre quasi idyllique de ce paysage.

Elle aurait eu du mal à se croire au Texas si la lourdeur du soleil ne la rappelait pas à l'ordre en dépit des quelques nuages épars peinturant de tâches cotonneuses le tableau cyan. Ils avaient beau être à Avril, l'été semblait déjà presque installé. Elle, qui avait été longtemps habitué à la grisaille Parisienne et à la fraîcheur du Massachusetts, endurait toujours aussi mal la chaleur assommante des pays arides, et son premier été apocalyptique avait été des plus insupportables. Pourtant, elle espérait avec intensité en vivre un second.

D'un demi-tour franc, ses iris émeraude s'orientèrent vivement de l'autre côté, la route continuant toujours aussi droite, toujours aussi morne, toujours aussi vide. Elle était perdue, foutrement perdue. Elle ne portait que peu d'espoir de retrouver les siens. La sanction avait été expéditive. Une sanction qui leur avait pendu au nez trop longtemps et que chacun avait cru pouvoir éviter en brandissant le résultat ultime de leur tentative, comme arme de négociation, mais l'impensable était arrivé trop tôt pour seulement avoir un poids. Ethan était mort, et à cette seule pensée, ses yeux s'embrumèrent d'un chagrin profond, son cœur s'emballant et sa respiration se coupant. Maintenant qu'elle était seule, sans objectif, sans urgence autre que sa survie à traiter, son esprit lui renvoyait avec force toutes ces images qu'elle avait tenté d'effacer.

Ses jambes fléchirent, poussant son corps à s'accroupir, une main au sol tandis qu'elle reprenait son souffle, haletant durement à ce déferlement de fatalité, son regard ne perdant rien des alentours immédiat pour en assurer sa sécurité. Son angoisse couplée d'une profonde tristesse lui serrait la poitrine, mais il était trop tard. Trop tard pour faire demi-tour, trop tard pour espérer quoi que ce soit de ce passé. Elle n'était pas une combattante, pas une militaire, à peine une survivante. Elle ne donnait pas bien cher de sa propre peau ainsi solitaire en plein milieu de ces bois, alors que pouvait-elle seulement espérer pour son ancien camp ? Seulement souhaiter que plusieurs autres s'en soit sorti et qu'ils puissent le faire durablement. Elle aurait aimé pleurer celui qu'elle venait de perdre et faire son deuil avec toute la bienséance qu'elle lui devait, mais elle ne pouvait se le permettre. Le temps viendrait, elle l'espérait, où elle lui dirait au revoir.

Ses joues se gonflèrent, plus longuement, plus lentement, expirant de la même manière tandis qu'elle passait sa main terreuse sur son visage, le striant d'une marque épaisse, et le zébrant d'un léger étalage d'un sang à peine séché sur le rebord de sa pommette droite. Ces salauds n'y avaient pas été de main morte, ses bras meurtris de bleus et d'ecchymoses, tout comme sa joue droite tuméfiée, mais elle avait échappé au pire. Un pire qui sonnait pourtant toujours aussi réel pour elle, suspendu comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Ce n'était plus qu'une question de temps. D'heure peut-être, de jours au mieux. Sa seule chance résidait dans la trouvaille d'un groupe un minimum complaisant dans lequel elle saurait habilement se vendre. Elle ne se sentait pas dépourvue de ressource et savait quand il fallait utiliser les bons arguments. Comment une fille comme elle aurait pu faire pour survivre autant sinon par l'usage de ses talents ?

Les environs ne semblaient pas fréquentés. Ni par les morts, ni par les vivants d'ailleurs. Seul le chant de quelques oiseaux qui ne se souciaient guère des préoccupations humaines venait agrémenter l'apaisement que connaissait la forêt. Dans un souffle plus concret, ses lèvres laissant expulser un « Ok » à peine franc pour se redonner un peu d’aplomb, elle retrouva toute la hauteur de ses jambes tendues, tournant une dernière fois sur elle-même pour en observer les différents angles qui s'offraient à sa portée.

La fouille du véhicule n'avait strictement rien donné. Ni arme potentielle, ni ressource, ni même un foutu bloc-notes où elle n'aurait pu bien pragmatiquement coucher ses dernières pensées et ses dernières découvertes pour laisser une trace, sa trace, dans l'éternité. Mais la foutue destinée ne lui avait laissé qu'un déchet, un petit gobelet en carton où se trouvait collée dans le fond, quelques traces d'un café bien trop noir. Bouton par bouton, elle vint dégrafer sa chemise à carreaux salis, l'ôtant finalement d'un geste empressé pour venir en nouer ses manches autours de sa taille, cerclant d'une épaisseur supplémentaire son jean usé. Elle réajusta les bretelles de son débardeur ocre, jetant un bref coup d’œil au cadran de sa montre placée sur la surface intérieure de son poignet, avant de rabattre quelques mèches de ses longs cheveux blonds qui s'étaient échappés de sa natte comme ultime préparatif avant de se mettre en route. Onze heures huit du matin.

Quand bien même son chemin semblait bien droit, tracé par cette route qui ne vrillait pas d'un degré devant elle, se tordant d'un coude léger de l'autre côté, elle ne pouvait s'empêcher d'alterner, d'un bord à l'autre de la route, basculant son regard en arrière, cherchant à percer la frondaison grasse des arbres pour y voir ou y discerner davantage, dans le seul but de ne rien laisser au hasard et ne pas se faire surprendre. Elle avait faim et soif, mais n'avait rien pour sustenter ni l'un ni l'autre.

Le temps filait, passait, sans que rien n'en perturbe l'accalmie offerte, bien que sous ses yeux fatigués, elle commençait peu à peu à discerner la fin de ces arbres oppressant, la ligne d'horizon toujours flouté, sans qu'aucun contour du bâtiment ne soit perceptible, même en plissant les yeux. Les pas lents traînant dans la poussière de la route en bousculant du bout de ses semelles quelques cailloux, elle finit par sentir un relent de fraîcheur venir titiller les perles de sueur qui couvraient son corps sous la marche intensive qu'elle venait de fournir, faisant frisonner sa peau agréablement. Ses yeux se déportèrent sur le flanc droit à l'instant même où ses pas s'arrêtèrent, reculant même brièvement en se penchant un peu. Là, plus loin devant elle, il lui sembla percevoir quelque chose, s'agiter, se mouvoir le long d'une crevasse terreuse, chahutant quelque peu par-dessus des cailloux lisses et clairs.

D'une progression prudente, elle s'engagea sous les premiers arbres, balayant de la main une branche qui lui barrait le passage. Il y avait à ses pieds, un mince filet d'eau qui ruisselait, terminant son parcours dans l'étalage d'une petite flaque boueuse, s'enfonçant dans le sol meuble. C'était maigre, bien trop pour seulement espérer s'en abreuver, mais offrait la promesse de mieux, plus loin. Un simple coup d’œil en arrière lui renvoya l'asphalte craquelé de la route sur laquelle elle se trouvait quelques instants plus tôt, devinant la végétation qui avait commencé à grimper au travers des quelques fissures. L'hésitation ne fut pourtant que de courte durée. Le chemin ne serait pas bien dur à suivre pour revenir sur la route, si tant était qu'elle ne s'éloigne jamais de ce courant d'eau, et sa gorge la brûlait d'une sécheresse intense, la poussière n'ayant rien arrangé pour ça. Le choix était fait.

Sa progression se fit lente, attentive, prudente. Elle craignait une main infectée qui ne vient la saisir à travers un buisson à côté duquel elle passerait, une rangée de dents qui mettrait fin à ses desseins de gloire. Les lèvres plissées en cœur, elle siffla très doucement, d'un maigre son qui aurait éveillé les morts endormis assez proches pour l'entendre, émettant en réponse leur grognement caractéristique qui aurait alors conclu à sa fuite. Quelques filins collant de toile d'araignée capturèrent son visage, qu'elle chassa d'un revers de main rapide, dégageant aussi vite que possible la bestiole qui s'y était accrochée. Y'avait sans doute plus à craindre que ces créatures à huit pattes, responsable de nombreuses terreurs nocturnes des temps jadis, mais l'instinct était le plus fort. Elle détestait toujours autant les araignées.

Les balades en forêt ne lui avaient jamais été désagréables, à la seule condition pourtant qu'elle suive un sentier sans jamais s'en éloigner. Ainsi perdue au milieu des bois, sans repère autre que la route qui s'estompait à chacun de ses pas remontant la source d'eau, elle se sentait plus fragile que jamais et bien mal à l'aise. Ah ! quand tu le jetas sur la terre inclémente, racontait Louise Ackermann, tu savais quels fléaux l'y devaient assaillir, qu'on lui disputerait sa place et sa pâture, qu'un souffle l'abattrait, que l'aveugle Nature, dans son indifférence allait l'ensevelir. Je l'ai trouvé blotti sous quelque roche humide, ou rampant dans les bois, spectre hâve et timide, qui n'entendait partout que gronder et rugir, seul affamé, seul triste au grand banquet des êtres, du fond des eaux, du sein des profondeurs champêtres, tremblant toujours de voir un ennemi surgir. Elle se pencha un instant, dégainant ce gobelet sale qu'elle avait fourré dans une poche de sa chemise, pour venir presser quelques feuilles marronnasses et recueillir un peu d'eau qui s'échappait au-dessus d'une roche mousseuse. Mais le résultat était loin d'être celui-ci espéré.

En plus des quelques mesures de liquide qu'elle recueillit, loin d'être clair, plusieurs moucherons et autres insectes s'étaient collé dans le fond, flottant sur la surface d'eau parmi des fins débris de terre et de feuillage. Un résultat qu'elle obtint par trois fois, jetant et recommençant chaque fois pour ne rien obtenir de plus propre. S'en était presque une torture, que d'avoir cette eau a porté de lèvres et de savoir qu'y goutter colleraient bien des nausées pour le meilleur des résultats. Il fallait qu'elle remonte plus loin, s'engageant davantage dans l'épaisseur de foret, et brave les buissons qui cloisonnaient parfois le passage.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0
-

Carl A. Wilson


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1115/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (15/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba1096/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (96/100)
Informations scénaristiques:
Carl A. Wilson

Ven 26 Juin - 1:28
La matinée avait assez bien avancé et le vent soufflait un peu plus fort, faisant frissonner les arbres qui prenaient sur eux de protéger la flore plus proche du sol et ses vagabonds à quatre pattes. Non loin du ruisseau, l'un d'eux, un cerf aux bois jeunes et courts, avait le nez dans les fougères, agrippant les plantes dont il déchira une part, l'arbuste se balançant légèrement après que ses tiges convoitées aient cédé.

Il était étrange, à regarder ainsi d'un point de vue extérieur, de faire le constat que tout était similaire sans pour autant se ressembler sur la forme. Pourrait-on comparer le cerf qui mange quelques plantes au mort-vivant qui se délecte de la chair humaine, et à l'humain qui se repaît des créatures de la forêt ? Peut-être oui, quelque part, le principe était aussi identique que les apparences transformaient radicalement la perception que l'on pouvait en avoir. Les feuillages ne criaient pas, il n'y avait ni sang ni salissure, pas d'organes ou d'ossature dévoilée.

Le cerf dévorait les plantes avec une grâce que l'on ne pourrait octroyer aux rôdeurs de la ville, de par son élégance, sa beauté et la grâce de l'acte emprunt de sérénité, là où le non-mort était repoussant, crasseux, putride et sa becquetance était atroce à entendre comme à voir, immonde et terrifiante. Mais si les plantes souffraient vraiment comme il l'avait entendu dire tant de fois par les écologistes du comté où il avait vécu, quelle différence cela faisait au final ? Voilà une réflexion étrange en effet, le genre de pensée qui peut traverser un esprit vide de toute angoisse et concentré à observer un phénomène comme celui-ci, même si cette comparaison n'était pas le but.

C'était le cas de l'homme à la barbe brune et aux yeux dont le bleu était assombri par la couverture des arbres, limitant le passage du soleil. Il était à une quinzaine de mètres de là, le regard fixant intensément cette créature dont il avait le projet d'en faire sa proie. Ses mains tenaient avec fermeté l'arbalète armée dont le manche était pressé au creux de son épaule, l’œil dans l'axe du carreau dont la pointe dépassait de la rainure. Il s'efforçait de faire le moins de bruit possible en tentant l'approche de quelques mètres supplémentaires, le souffle filtré par une respiration qu'il allongeait les lèvres bien ouvertes pour la faire la plus silencieuse possible, comme on maîtrise la sonorité d'un pet en écartant les fesses et en contractant l'anus comme aurait dit son défunt oncle, de ce genre de formule absurde mais illustrative.

L'exercice n'était pas évident, équipé comme il était. Il ne s'était pas changé depuis qu'ils avaient quitté cet appartement, se contentant de frotter les parties sensibles de ses vêtements à la lingette pour limiter leur salissure. Un tee-shirt à manches longues beige assez serré, un jean tout à fait classique, son gilet pare-balles noir policier, une veste de cuir au marron boisé terne et une paire de bottes à semelles épaisses de la même couleur en plus clair, qui n'étaient pas idéales sur du parquet mais trouvaient une emprunte plus sûre à même la nature terreuse et herbeuse qui lui évitait de se faire piquer l'épiderme par des morceaux de branches sèches et autres ronces.

C'était surtout l'équipement porté qui lui rendait la tâche ardue : son sac était porté sur ses épaules, dont il avait gardé le même contenu faute de pouvoir le déposer quelque part ; car il avait été convenu avec son acolyte de rester alertes et envisager le fait de devoir partir précipitamment, ou même qu'il ne le retrouve pas au retour là où il l'avait laissé. Le casque de moto, qu'il avait retiré à la lisière de la forêt, était accroché autour d'une lanière du sac derrière sa tête, ce qui le faisait d'autant plus inconfortable à porter, sans parler de la sacoche de couteaux à sa ceinture d'un flanc, le talkie-walkie clipsé de l'autre, le grappin attaché à l'arrière dont la tête à crochets butait contre sa cuisse et les jumelles à son cou.

Catégoriquement, Carl était chargé comme une mule, ce qui n'était pas pour lui faciliter la tâche, aussi bien maintenant dans sa tentative d'abattre le cerf que le simple fait d'avoir fait la route de la ville jusqu'ici. Il fallait dire que les derniers jours avaient été, sans surprise aucune, tout aussi pesants que les précédents. Si la progression depuis cet appartement maudit par sa mort n'avait pas été compliquée, les morts relativement peu nombreux les premières heures et le duo s'accordant sur une qualité commune qu'ils se prêtaient volontiers : la prudence, ce qui les avaient incité à éviter le plus possible l'affrontement quitte à ralentir la cadence, tout avait rapidement basculé là où ils auraient à l'inverse pu croire avoir fait le plus dur.

La horde contournée avait débouché sur cette grand route au milieu de laquelle Carl avait poussé un soupir de soulagement et d'effort, après une longue et fastidieuse marche, puisqu'ils n'avaient cessé d'être chargés de leurs maigres mais occupantes possessions. Sans doute aurait-il dû s'abstenir et que ne fut pas sa surprise de voir cette grosse voiture qu'il rangerait relativement facilement dans la catégorie des véhicules militaires débarquer sur la même route plus à l'Est, puis l'effroi de la voir faire demi-tour pour leur foncer dessus.

A ce moment-là, il n'y avait pas eu de question à se poser : le risque du contact n'avait pas été envisagé et au fond de lui, Carl estimait qu'ils avaient pris une difficile mais bonne décision, convaincu que Matt en avait ressenti autant, même s'il n'avait pas poussé la discussion pour lui épargner davantage de préoccupations. C'est lessivés, le mot s'avérait juste, qu'ils étaient partis en courant vers le secteur proche, prenant détour sur détour dans les rues les plus étroites possibles, contre-allées et jonctions douteuses, afin de semer cet engin rugissant qui n'avait eu de cesse de les chercher.

Sous le coup d'une crainte viscérale, Carl n'avait pu que supposer qu'il s'agissait peut-être des assaillants, pour ne pas dire des salopards, qui avaient attaqué brutalement le camp de Matt et enlevé sa sœur. Pour une raison dont il n'était pas certain, bien que les dires de Matt avaient laissé quelques indices, il semblait que le diable courait après son acolyte. Mais pour Carl, il n'avait été aucunement question, à aucun moment, d'envisager un départ en solitaire, même si la peur d'être capturé également, voire tué dans la tentative, avait été présente et assumée.

Au final, c'est dans l'ancien local d'un modeste coiffeur de quartier qu'ils s'étaient réfugiés, découvrant un lieu relativement préservé aux vitres de façade intactes et bénéficiant de rideaux qu'ils purent rabattre pour se dissimuler de leurs poursuivants dans un premier temps, mais également des morts que la cavale avait irrémédiablement attiré. Verrouiller le local n'avait pas été difficile et l'arrière-boutique leur avait offert un accès à l'appartement de l'étage, plus spacieux que leur première planque et d'un meilleur état également.

On aurait pu croire que c'était un acte improvisé, ou fou, que de se cacher dans un lieu dont la devanture était du verre, mais au-delà des rideaux qui avaient été un argument, ce fut d'abord et surtout, en tout cas pour Carl, le fort désir de ne pas s'enfermer dans un petit espace à nouveau et plus encore dans un grand et lugubre bâtiment. Le traumatisme de cette chute horrifique au travers des murs de briques et de plâtre jusque la cave était encore fortement présent, marquant les moments de sommeil de ces jours d'attente de cauchemars mêlant des pièces exiguës et sombres à la récurrence des monstrueux prédateurs de la non-mort.

A chaque fois, le même cauchemar revenait, la même tentative de s'échapper de cet endroit sans sortie, dont les couloirs étaient reliés par une pièce centrale : la récurrence acheminée du cauchemar qui avait coûté sa vie, le corps découpé de la sœur de Matt, sa tête inerte et livide déposée sur une cuvette de toilettes. Et à chaque fois, sa tentative se terminait de la même manière : lui à terre et des morts-vivants lui tombant dessus pour le dévorer, sans que ses cris ne changent rien à son sort.

Un sommeil mouvementé, pour ne pas faciliter l'état de son acolyte sur qui le sort semblait peut-être encore davantage s'acharner. Il avait fallu attendre aujourd'hui, quand le son d'un moteur, même lointain, n'avait plus été depuis le premier jour de leur enfermement et que les cadavres ambulants avaient décru de leur présence envahissante, pour que l'excès de stress et le mal de l'enfermement ne pousse Carl à décider de sortir. Il avait assuré à Matt de revenir sous quelques heures et d'aller prendre connaissance de la route, afin qu'ils puissent partir prochainement.

Au final, s'il était effectivement passé par la route à son grand soulagement déserte, se frayer un chemin sans combattre jusque là avait été très difficile et à plusieurs reprises risqué, amoindrissant la motivation de Carl à devoir revenir en arrière pour retourner auprès de Matt, car les morts s'ils ne fourmillaient plus dans les environs, restaient tout de même fort nombreux. Il n'en avait rien dit sur le moment à son acolyte, mais ce qui l'avait principalement attiré dans cette sortie solitaire était cette forêt qu'il n'avait pu qu'apercevoir.

Il fit un pas de plus, très lentement, laissant le temps à une goutte de sueur de descendre de son front sur sa tempe et rejoindre sa joue, jusqu'à se perdre dans sa barbe. Malgré son attention et sa bonne volonté, quelque chose craqua sous sa botte, très légèrement, à peine perceptible. Mais ce fut assez pour le cerf qui releva vivement la tête et dressa oreilles et bois, propageant sa hâte au chasseur qui sentit des fourmis lui remonter dans les jambes et le long du dos. Un moment de doute l'étreignit, la crainte de rater sa cible et il fit un pas de plus avant de resserrer l'index sur la gâchette. Un simple instant de trop et le cerf détala comme un diable dans la forêt.

Carl tenta bien de se lancer rapidement de pas de courses lourds, bruyants et encombrés, passant à la gauche d'un arbre en pointant à nouveau son arbalète sur la silhouette du cerf qu'il aperçu s'enfuir en secouant quelques buissons. Mais il savait pertinemment que c'était déjà fichu, la seconde d'après, le cerf avait disparu et le chasseur n'avait pas tiré. Il relâcha alors la pression sur l'arbalète et l'inclina, redressant le dos plus droitement en observant la direction où la bête s'était volatilisée, un souffle tout à fait intelligible cette fois éjecté des narines.

Il ne ressentait pas d'agacement cependant, cela faisait partie du jeu de la chasse et comme lui avec les rôdeurs, la proie avait réussi à prendre la tangente. Une comparaison toute relative car il avait conscience qu'à cet exercice, le cerf était en l'état beaucoup plus compétent que lui ne pouvait l'être. Sa senestre lâcha la ferrure de l'arbalète à l'avant, son bras droit se laissant tomber avec l'arme le long de son corps. Tout en se grattant la barbe de sa main libre, sa langue passait sur sa dentition à la suite pour balayer sa salive cumulée par le contrôle de respiration qu'il avait opéré. Il porta ensuite ses iris sur les alentours, scrutant la densité de ce milieu naturel autrement plus important que l'Huntsville State Park et les forêts avoisinantes du comté de Walter dont il s'était familiarisé autrefois.

S'il ne pouvait compter sur du gros gibier, se faisant la réflexion que de toute façon il n'aurait pas pu transporter la bête jusqu'au coiffeur, sa marche qui le menait vers le ruisseau non loin de là s'interrompit en chemin, attiré par la présence de plantes parsemées de baies. Il glissa l'arbalète à son épaule par sa ceinture d'accroche et mis prestement la main à la poche pour en sortir un sachet plastique fourré grossièrement, cognant légèrement son talkie au passage, afin de le déployer et entamer de collecter ces petits fruits ; s'attelant un temps durant à défaire le plus possible de ceux-ci qu'il tira de leurs accroches marronnasses.

Le sac de Matt contenait de la nourriture tout à fait bonne à manger, mais Carl ne pouvait s'empêcher de craindre ce qu'ils pourraient trouver, ou ne pas trouver, dans cette ferme dont son ami avait parlé. Le sort s'était tellement évertué à leur pourrir la vie, qu'il n'était même plus sûr qu'un véritable répit puisse leur être accordé, demain, dans les jours à venir et plus encore. Un pessimisme grimpant, conséquence du mal être qui s'était installé après la tempête.

C'est pourquoi il prit soin de quérir ces fruits mais pas seulement, se donnant l'idée de rechercher dans les alentours des racines, des plantes comestibles et quelques fleurs. Presque à sa surprise, il réussit à en trouver une quantité sérieuse assez rapidement, le coin semblait fourmiller de ces petites choses à grignoter et à cuisiner en soupe auxquelles les non-initiés ne penseraient jamais, capables de passer à coté et mourir de faim sans avoir pu imaginer en faire quelque chose. C'était peut-être là un atout de son triste passé, dont il ne se félicitait pas spécialement mais qu'il ne pouvait que constater. Poussé par ces trouvailles plutôt encourageantes, il en vint à lever le nez sur les arbres environnants et s'attarder sur les pins qui composaient une partie de ceux-ci, saisissant l'un de ses couteaux à la ceinture tout en réfléchissant à la surface des troncs, avant de trouver écorce à sa lame.

Il s'acharnera ainsi longuement sur l'un des pins de sa trop modeste arme qui peinait à l'exercice, l'homme se griffant la peau sans pour autant s'arrêter, il retirait la première couche de bois légèrement humide puis s'attaquait au moelleux intérieur de clair jauni, récupérant de la résine solide faute d'avoir le temps et les outils pour récolter de la sève. La fin de matinée venait, midi bientôt sonnant et le vent calmé par l'élévation du soleil qui profitait d'un ciel parfaitement clair pour percer davantage la couverture hostile de la forêt, que le chasseur avait rempli son sachet jusqu'à ne plus pouvoir le fermer, sans que cela ne suffise à ses récoltes. Il s'était alors muni de son sac à dos, laissant l'arbalète traîner non loin et y avait mis tout ceci, mais ça ne suffisait pas non plus.

Un choix drastique s'imposait alors et il décida en son âme et conscience de sortir le fusil à pompe Ithaca qu'il déposa au pied d'un arbre, afin de pouvoir mettre le sachet de racines et de baies dans le sac, ainsi que la quantité de résine récupérée, mais aussi du bois mort dont il avait également fait la collecte. Beaucoup s'insurgeraient de ce choix, en premier lieu les fervents partisans des armes à feu, mais s'il fallait choisir entre de la nourriture, même d'appoint comme celle-ci, et une arme sans munition, il avait choisi. Il souhaitait tout de même trouver de quoi transporter l'arme quelque part, sans grande conviction, et espérait que Matt comprendrait cet acte autrement.

Ceci fait, il refermait son sac et le replaçait sur son dos dans un soupir lourd et fatigué de devoir traîner ce poids, sans se plaindre plus, puis récupéra son arbalète avant de reprendre le chemin du ruisseau, s'orientant assez facilement dans la forêt. Quand il arriva au cours d'eau, si clair et frais, au bord duquel la pierre humide faisait refléter plus vivement les rayons du soleil, le chasseur ne put réprimer un franc sourire, cette vision, cette senteur naturelle et l'air sensiblement moite venait attaquer de front ce malaise profond qui l'avait agrippé pour le mettre à mal à son tour, l'attirant vers un mince mais agréable contentement.

Carl prit son temps pour profiter de cette vue, dégageant l'épaisse forêt par le passage du ruisseau afin d'en dévoiler la beauté timide, le son du doux courant berçant ces instants d'insouciance quémandée. Il expira longuement l'air de ses poumons, puis en inspira une nouvelle bouffée avec la vigueur qu'un fumeur mettrait à aspirer un tabac dont il aurait été trop longuement privé ; et lui-même en savait quelque chose. Il s'employait ensuite à installer l'arbalète sur l'herbe un brin trempée et défaire à nouveau son sac pour le poser au bord de l'eau où il vint s'accroupir, laissant l'extrémité de ses bottes s'enfoncer dans la surface liquide.

Il y avait un tas de choses qu'il aimerait faire ici et maintenant, à commencer par se laver, mais il avait conscience que le calme rassurant de la forêt pouvait cacher malgré celle-ci le diable qui leur courait après, doutant fortement que le milieu naturel dissuade les morts-vivants de s'y perdre à l'occasion. C'est pour cela qu'il commença par vérifier les alentours de manière à limiter une surprise éventuelle, puis ouvrit son sac et poussa son contenu afin de récupérer plusieurs bouteilles vides qu'il avait stocké. L'eau, voilà ce qui avait tendance à manquer cruellement et régulièrement au duo ces derniers jours, si bien qu'ils n'avaient pas eu une goutte à boire ce matin même. Il s'empressa d'ouvrir une bouteille après l'autre, les remplissant d'eau, puis les refermant pour les ranger dans le sac.

Il espérait qu'avec cette eau claire et de quoi faire du feu, il redonnerait un peu de baume au coeur de Matt en la faisant bouillir et qu'ils puissent s'hydrater jusqu'à plus soif, sans craindre quelconque mal ou avoir un arrière-goût amer qui en gâcherait le plaisir et pèserait à leur moral un peu plus. C'était un moindre bienfait par rapport à leurs souffrances, mais une chose aussi minime soit-elle sur quoi il pouvait avoir une emprise et l'améliorer. Au moins ça.
Equipement Porté :
Capacité : 5/5
Carbon XTRA Carr.
T.T.-M02
Herbertz 3C
Talkie-Walkie
Grappin
Jumelles
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Carr.C.
Tête : Casque moto
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 26/30
Grand sac
M-Uzi 20C 9m (4)
Ithaca 5C C12 (12)
Skorpion M61 25C 9m (4)
Carreaux (6)

Emma Bennett


Fiche de personnage
Points de RP:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba110/2000[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (0/2000)
Etat Mental:
[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Debuba10100/100[Zdc 4] Du fond des eaux - 19/04/35 Videba10  (100/100)
Informations scénaristiques:
Emma Bennett

Ven 26 Juin - 16:04
Un juron s’échappa d’entre ses lèvres, les dents serrées, tandis que ses mains se tendirent vers l’avant en se saisissant de l’une des branches qui s’offraient à elle. Son pied gauche s’était fait accrocher par une triple épaisseur de ronces, les épines transperçant son jean jusqu’à en griffer sa chair à hauteur de tibia, arrêtant son élan si brusquement qu’elle en fut déstabilisée. Une seconde injure suivi de près la première quand d’un regard rapide, elle constata que les tiges épineuses s’étaient si bien accrochées à sa jambe qu’elle ne parviendrait pas à s’en soustraire d’un simple mouvement. Ces plantes-là étaient de véritable piège pour les non aguerris de la nature sauvage, et pour le coup, Emma rentrait parfaitement dans cette case.

Ses longs doigts fins vinrent chercher une accroche, un emplacement, où les aiguillons, si minces et vicieux, ne viendraient pas entamer non plus la pulpe de ses phalanges, mais c’était peiné perdu. Les rangées acérées comme des dents de requin étaient si rapproché – le feuillage même s’en retrouvant garni, qu’il fut impossible d’y réchapper. Elle tira, à plusieurs reprises, sur les tiges épaisses, qui dans l’élan, abandonnèrent quelques dards dans le denim de son pantalon, et parfois dans ses doigts jusqu'à ce qu'elle parvienne enfin à s'en libérer pleinement. Quelle étrange idée lui était venue en tête de s’enfoncer de la sorte dans ce lieu qui s’épaississait plus encore à chacun de ses pas, et où sa seule récompense serait l’espoir de quelques gouttes d’eau fraiches ? La réponse était là, juste là et toute simple : quelques gouttes d’eau fraiches.

Le sous-bois lui offrait au moins la protection des rayons d’un soleil presque agressif pour sa peau blanche, élevé bien au-dessus de sa tête et dont les quelques rayons perçaient parfois la frondaison quand il ne jouait pas à cache-cache avec ses acolytes cotonneux. Elle retourna piétiner les abords boueux du cours d’eau qui se perdait dans la terre pour éviter l'étalage du mûrier où elle avait buté. Quand bien même à ce niveau-ci, le ruisseau avait gagné quelque peu en volume d’eau, sa clarté devenait plus que douteuse par le mélange épais d’une terre ocre qui donnait des allures de descente de lave. D’un dégagement de tête, son regard se reporta sur le chemin qu’elle venait de parcourir, pendant si peu de temps en vérité, mais déjà elle ne parvenait plus à en distinguer la route. Ses baskets noircies et usées, déchirées même sur un flanc de semelle, s’imbibaient parfois de l’eau stagnante que la pression de ses pas faisait ressurgir de la terre imprégnée. Une maigre épreuve à son humble avis, l’espoir toujours plus haut de trouver mieux plus loin.

Les cailloux vinrent garnir le lit de fond de la petite épaisseur translucide, dont le bras d’eau avait creusé, au fil des dizaines d'années, voir plus, la terre de part et d’autre. Il s’installait alors dans une espèce de petite cuvette où herbes, mousses, lierres et autres végétations avaient trouvé confort sur les parois, d'où jaillissaient même les racines des arbres à proximité, plongeant après quelques courbes, dans l’eau. Choisissant de continuer à suivre le chemin sinueux de la voie d’eau par la hauteur, elle persista à progresser, contournant les obstacles de la forêt, incarnés en quelques souches arrachées ou terriers creusés.

Lorsqu’elle eut atteint la hauteur d’une épaisseur d’eau qui lui paraissait convenable, Emma s’engagea sur la descente légère, entamant la pente avec prudence. Retenue d’une main à la base d’un arbre à peine plus épais que la taille de sa main, elle se laissa glisser, légèrement sur les fesses, ses talons s’enfonçant dans la terre meuble du versant. Elle cherchait ses appuis, quand bien même une personne convenablement sportive et assurée de ses gestes aurait juste pu bondir en contrebas sans être ni inquiété de la distance, ni de la maigre épaisseur d'eau, encore moins des cailloux dispersés ça et là. Mais elle ne possédait ni l’un ni l’autre des aspects. Trouvant place en contrebas, sur la petite hauteur d'une roche qui penchait parfois d’un côté, parfois de l’autre selon l’équilibre qu’elle donnait à ses jambes et à son corps, elle s’accroupit finalement, brandissant le trophée que son récipient de carton représentait.

Le son cristallin que produit l’eau s’engouffrant dans le fond du gobelet, poussé par la descente naturelle qu’elle suivait, avait quelque chose d’agréable et de noble, d’apaisant et d'enrichissant. C’était comme se retrouver dans ces jardins japonais où l’eau possédait une place bien précieuse dans cet agencement de végétation. Si l’urgence n’avait pas été là, de trouver un endroit sûr où passer la nuit quand bien même midi seulement pointait le bout de son nez, elle se serait peut-être plu à se poser un instant dans ces sous-bois, profitant de ce moment qui lui rappelait tant son enfance, entre douceur et zenitude. Les villes avaient perdu de leur linéarité, envahi de mort, de déchets, de sang et de carcasse d’acier, noué par quelques herbes sauvages qui ouvraient l’asphalte, mais la forêt, elle, n’avait pas vraiment changé.

Son regard se posa sur le fond de son récipient couleur paille portant avec ironie le logo de l’écoresponsabilité de sa confection dont plus personne ne se souciait plus désormais. L’eau qui y siégeait au fond n’avait rien à voir avec celle-ci sortit tout droit d’un évier décontaminé, d'une clarté légèrement assombrie, et aux trois moucherons collés sur sa surface, dont elle retira la présence de son ongle d’index. Était-ce suffisant pour ne pas tordre son estomac à plus de maux encore ? Sans doute pas, mais elle n’aurait guère de choix plus agréable à portée, car elle ne possédait ni briquet, ni pastille purifiante pour s’assurer de sa décontamination.

Un souffle profond s’extirpa de ses narines en un élan volontaire de courage, levant le gobelet pour le porter à ses lèvres l’instant d’après. Un geste qui fut néanmoins retenu par un son étouffé, sourd, mais terriblement proche. D’un bon rapide, Emma se redressa, son regard se jetant en arrière avec l'appréhension qui trouva justesse en l'incarnation d'un mort, apercevant avec effroi la silhouette décharnée de cet être avide de sang et de chaire. Comment se faisait-il que ces créatures, d'ordinaire si bruyantes et peu enclines à la moindre méthodologie, parvenaient par moments à n’émettre aucun bruit et seulement surprendre à l’instant ou d'aucun s’y seraient attendus le moins ? Une question qui restera sans réponse en l’instant, une autre réaction s’imposant à son esprit immédiatement.

La créature était là, juste à la hauteur où elle s’était elle-même trouvé précédemment, haute de son mètre quatre-vingt ratatiné, les bras seulement ballant le long du corps couvert par l’épaisseur d’une chemise déchirée qui cachait néanmoins la putrescence de ses membres, tout comme ses jambes d’ailleurs. Sa tête était légèrement penchée sur le côté, privé du moindre nerf qui aurait pu la maintenir en place. Une bête qui fut autrefois un homme, grand, maigre, aux cheveux courts et sans doute bruns. Il n’en résidait désormais plus qu’un monstre, aux joues trouées si immondement que l’intérieur de sa bouche pourtant scellée d’une rangée de dents serrées et aux lèvres rongées en était perceptible. Ses yeux, d’une blancheur morbide, gardaient pourtant l’axe de sa proie, juste en contrebas.

La gravité fit le reste, alors que le mort s’avançait toujours plus à son encontre, grondant de son appétit féroce qui allait sous peu être assouvi, du moins en partit, car il était assuré qu’il était juste insatiable. S’affaissant lourdement dans le ruisseau en contrebas, Emma poussa un cri assez aiguë de stupeur. Redressée avant la chute de l’infecté dans sa direction, elle avait elle-même glissé hors du caillou qui l’avait supporté jusque alors, la projetant, fesses et dos, en son plein milieu. Une roche plus ronde et plus haute que les autres marqua d’ailleurs son dos d’un choc brutal, lui coupant le souffle un douloureux instant. Suffisamment longtemps pour laisser choir la créature à quelques pas d’elle, elle-même s’étalant face contre le sol, son propre visage percutant une autre roche en un bruit sourd de chaire impactée sans qu’il n’en soit réellement perturbé.

Une décharge d’adrénaline envahit son être tout entier, cédant à la panique de cette situation désastreuse. Elle chercha à se redresser, luttant, peinant à retrouver une stabilité, glissant sur chacune de ses prises que ses mains trouvaient sur la surface d’un caillou couvert d’une mousse spongieuse, ses chaussures et ses genoux dérapant dans la précipitation sur la précarité du sol. Déjà la créature cherchait de ses doigts avides à la saisir, se tendant, se poussant comme il pouvait dans sa direction, lui-même contraint dans cette terre meuble et cette eau vaseuse où il ne pouvait guère se donner d’élan.

À sa première prise sur une racine à peine épaisse du versant opposé, dont la hauteur frôlait les deux mètres tassés, la terre meuble dans laquelle le tubercule s’enfonçait se détacha de sa paroi, tout comme ce dernier d’ailleurs qui resta dans sa main, la privant d’un équilibre à peine retrouvé. Elle bondit à nouveau dans l’ascension maigre de ce lopin de terre, ses mains cherchant à s’accrocher au plus loin dans une poigne désespérée, gagnant centimètre par centimètre son échappé. Mais c’était sans compter sur les propres avancées de son traqueur qui agrippa bien brutalement le flottant de sa chemise qui avait recouvert fesses et cuisses et l’empêchait désormais de se hisser convenablement à son refuge, alourdi d’un poids bataillant supplémentaire.

Plusieurs hoquets et cris de stupeur aigus et portés franchirent la barrière de ses lèvres, mêlé à quelques halètements d’effort et d’effroi, cherchant de vains coup de pied rapide à se débarrasser de cette emprise. C’était peine perdue. Le mort venait de trouver une accroche suffisante pour espérer gagner sa proie et ne comptait pas la lâcher par ces maigres résistances qui percutaient ses bras efflanqués. Dénouer les manches qui enserraient sa taille solidement s’avéra tout aussi fastidieux car plus la créature tirait et plus le nœud se resserrait, rendant l’acte dans sa posture et la précipitation, quasiment impossible.

Elle luttait pourtant, ardemment et vaillamment, accrochant chaque fois plus loin, la moindre traine qui passerait sous ses mains, écorchés, noircis de terre et de boue, tout comme l’était maintenant son visage couvert de sueur froide, ses cheveux, et l’ensemble de ses vêtements. Son agresseur, lui, restait obstiné à ne rien lâcher, grapillant quelques centimètres d’un tissu qui commença à se déchirer sous la pression de ses ongles,  mais qui cèderait bien après Emma, sans nul doute.
Equipement Porté :
Capacité : 0/5
-
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : -
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/0
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