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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35
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Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1139/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba102/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Ven 26 Juin - 22:51
Interprété par Jena Higgins et Kyle Collins.


D’un maigre effort, j’offrais à la Yamaha l’élan nécessaire pour qu’elle se mette à avancer, béquille repliée et clé sur le contact sans pour autant l’avoir démarré. Je franchis la large porte du garage ouvert, donnant presque en face du porche d’entrée jusqu’à en atteindre sa proximité certaine. Si dans un premier temps, le caoutchouc des roues n’avait émis presque aucun bruit sur le sol lisse d'intérieur, les gravillons de la cour, même si peu nombreux, crissèrent sous le poids de l’engin. Je fis halte au pied du pilier d’accès, quasi-face à la porte d'entrée, manœuvrant la barre de maintien de la pointe de mon pied tout en escortant doucement la moto sur le côté jusqu’à ce qu’elle repose dessus. J’en relâchais enfin le guidon après m'être assuré du bon équilibre de ce dernier, qui s’inclina légèrement avant de s'immobiliser, ainsi déposé. Je vérifiais également que le coffre du siège était bien clipsé d'un geste de la main assurée, qui venait soulever à plusieurs reprises l'assise le faisant buter contre le loquet enclenché. Ce dernier emprisonnait en son âtre mon sac à dos froissé et légèrement replié, seulement garni du bidon d’essence que j’avais prélevé du stock de ressource.

J’espérais ne pas avoir à me justifier pour cet "emprunt", du moins pas avant d’être arrivé sur les lieux, au risque de voir cette sortie tout simplement avortée faute de pouvoir faire face à la fatalité. Je l’estimais pourtant à mon sens nécessaire, la réponse pour tous nos actes manqués et l'amorce de tous ceux à venir aussi. Un point de départ peut-être pas aussi net qu’un coup de balai sur le pas de la porte, mais un point de départ néanmoins. Ces derniers jours avaient pour le moins été des plus intenses, voir improbable d'une introspection simple, et aucunes de nos pensées n’étaient désormais plus focalisé que sur un seul objectif. Cela n’en supprimait pourtant pas tout ce qui s’était joué jusque alors, et à l'un de ces chapitres infâme, il fallait trouver le moyen d'en ponctuer définitivement la dernière phrase.

J’avais laissé mon casque suspendu au manche droit par sa lanière clipsée, ce dernier balottant au-dessus du vide, avant de vérifier mon matériel de part et d’autre de mes flancs, déroulant la liste qui se tenait claire dans mon esprit de tout ce qui m'était essentiel. Certes, la moto aurait pu paraître comme un choix étrange, mais je voulais qu’on soit aussi mobile que possible, prêt à se faufiler sur un trottoir, ou dérivant sur une bordure s’il fallait, pour couvrir un maximum de zone, un maximum de secteur s'il fallait.

Je déposais le fusil, jusqu'alors suspendu à mon épaule par sa sangle, contre la Yamaha, crosse vers le bas, avant d’enfin retourner sur mes pas en abandonnant là une bonne part de mes possessions. Je retrouvais peu à peu la proximité du bâtiment d'une démarche aussi sereine que mon esprit était déjà concentré sur la suite des évènements et le schéma mental qui je m'en étais fais et qui, à mon sens, ne devait pas dévier. J’attrapais la poignée latérale de la première large porte repliée sur elle-même, qui se déploya sans difficulté le long de ses gouttières supérieures et inférieures, couvrant ainsi la moitié de l’accès. L’autre moitié fut aussitôt condamnée en rabattant l’autre panneau plié en deux, qui vint complètement obstruer l'ouverture en rejoignant son confrère. Un tour de clé, et on en parlait plus, le garage était désormais fermé, scellant le choix que j'estimais definitif, du moyen et de la destination.

La journée venait tout juste de commencer, la clarté du soleil sur mon flanc m’offrant l’avantage d’une bien douce chaleur, le courant d’air s’insinuant sur ma nuque me faisant grâce d'un contact aussi léger qu’une caresse. D’un geste de la main, je venais presser l’écouteur de l’oreillette raccordée à mon talkie, lui-même fixé à mon gilet, avant de lancer un test d’écoute fréquence à l’opérateur qui avait trouvé sa fonction au poste radio. Une simple vérification d’usage qui me permettrait de m’assurer que l’ensemble fonctionnait et que cette même personne était au moins attentive.

Puis, je revins sur mes pas, avisant rapidement le battant de la colonne d’accès à ce bâtiment qu’on nommait Perchoir – et à juste titre d’ailleurs, pour m'assurer et vérifier si Jena était déjà descendu ou non, tout en rangeant le trousseau dans l’une des poches intérieurs du gilet. Si ce n’était pas le cas, j’aurais alors simplement patienté qu’elle manifeste sa présence et me rejoigne, mais dans tous les cas, dès son arrivée, je me serais emparé du casque pour lui tendre, sans grande cérémonie, accompagnant le geste d’un simple « Prend ça. » assez équivoque sur ma volonté qu’il n’y aurait pas à négocier.

Ce n’était certes pas un casque de moto, mais ça en ferait parfaitement l’office. Je me tenais responsable du guidon puisque j’en aurais les commandes, mais s’il devait y avoir le moindre souci, c’était aussi à moi d’en assumer les conséquences. Ça pouvait paraître un tantinet vieux-jeu, mais je me fichais pas mal des a priori, c’était ainsi, point.
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1173/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1088/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Sam 27 Juin - 22:26
Une trêve. Ce n’était qu’une trêve. Un maigre instant bercé de légèreté m’emmenant bien loin de sombres pensées et fastidieuses cogitations. La petite Sarah sautillait très légèrement sous le mouvements de mes bras, son visage poupon à hauteur de mon épaule, hoquetant à quelques reprises du ballant de mon geste. Je déambulais dans le dortoir féminin, d’une démarche souple et lente en fredonnant quelques airs de comptines du fond de ma gorge. Le biberon de la petite avait trouvé place sur ma table de chevet, quelques millilitres de lait demeurant toujours dans le fond du contenant que le nourrisson avait fui de quelques mouvements de tête provoqués par sa satiété. Ma main ne cessait de presser avec douceur - ainsi qu’une possessivité certaine - le dos de la petite, soutenant la base de son crâne entre les pulpes de mes pouce et index.

D’une lourde inspiration, je m’appropriais l’odeur de Sarah, ces fragrances de lait chaud et de camphre qui se dégageaient depuis son crâne aux cheveux  noirs, lisses et duveteux. Des senteurs qui suscitaient chez moi une étrange dichotomie viscérale, entre la familiarité de quelques souvenirs de maternité et l’étrangeté de les retrouver dans un monde qui n’était plus que décrépitude et putrescence. Tout cela me paraissait si lointain en affluant à ma mémoire, alors qu’en réalité peu de temps avait véritablement passé. Les évènements, les pertes, les horreurs. Des atrocités sans nom, ou paradoxalement bien trop identifiables qui avaient su étirer le temps de cette nouvelle existence pour lui donner une dimension nouvelle, presque métaphysique. Je n’étais plus la mère au foyer de l’année dernière. Juste une survivante endurcie par les épreuves, cintrée dans une carapace si épaisse et rugueuse que même les propres souvenirs de celle que j’avais pu être ne parvenaient à la franchir. Et pourtant, pourtant…

Il y avait eu cette nuit, qui nous avait alourdi d’un fardeau et d’une bénédiction mêlés. Sarah. Par sa seule existence, de toute son inconscience infantile, elle était parvenue à creuser plus profondément que n’importe quel être, aussi doué de raison, d’empathie et de bonne volonté avait-il pu être. Il n’avait fallu que quelques pleurs, quelques hoquets, ce regard aux reflets d’innocence et de fragilité pour m’atteindre en plein coeur. Alors ce n’était pas sans ressentir une réticence, pour ne pas dire un déchirement, que j’avais dû me séparer d’elle et la confier aux soins d’un autre membre du Perchoir, ne pouvant faire cela sans embrasser le sommet de son crâne d’un baiser, long. Bien trop long pour être anodin. Ce fut la gorge nouée et le regard lourd que je m’autorisai à rompre la pression de mes lèvres contre sa peau, m’imprégnant une dernière fois de son odeur.

Kyle et moi devions sortir aujourd’hui, quitter l’enceinte du Perchoir pour la première fois depuis le drame de la cimenterie, et je l’appréhendais assez lourdement. J’avais gagné les vestiaires une fois la petite confiée, récupérant mon matériel dans mon casier, à commencer par le gilet pare-balle que je scratchais par-dessus un simple tee-shirt gris clair, à manches courtes. Dans un long soupir, j’avais déposé mon sac à dos ouvert, le tissu ployant béatement sous son propre poids pour y fourrer le FN P90 dépourvu de munitions, ainsi que la paire de jumelles à vision nocturne et ma gourde d’eau. J’accrochais lentement mais de gestes précis, familiers, le holster à ma cuisse droite, avant d’y glisser mon arme de poing, également déchargée. Je récupérai mon talkie-walkie, le passant à ma ceinture et le couteau papillon qui termina logé dans la poche arrière droite de mon jean aux teintes de marine délavée.

Finalement, je laissais derrière moi les vestiaires pour gagner le hall, puis m’engager dans la descente des escaliers jusqu’à la porte vitrée délimitant la frontière de ce lieu paisible, mais désormais marqué d’une empreinte lourde. Tout ce que je pouvais espérer, en la poussant pour gagner l’extérieur de notre domaine, c’était que le temps, comme à son habitude, soit en mesure d’en atténuer les traces. Une pensée que je balayais assez rapidement quand mes azurs se posèrent premièrement sur Collins, que je gratifiais d’un mince sourire affectueux qui ne dura guère lorsque, secondement, j’avisais le deux-roues préparé pour notre escapade. Je sentis mon estomac se nouer d’inquiétude, lentement cisaillé par l’angoisse qui me gagnait.

Cela devait très certainement se lire sur les traits de mon visage se crispant à mesure de mon approche, adoptant une teinte plus livide. Malgré tout, j’attrapais le casque tendu par mon compagnon de sortie d’un geste lent, à l’exécution bien trop mécanique pour se révéler naturelle. Mon attention s’attarda sur la grosse cylindrée, avant de revenir en direction de l’homme. Jamais je n’avais posé le cul sur la selle d’une moto, ni même d’un deux-roues motorisé quelconque. Le vélo avait été ma seule expérience d’équilibre véhiculé, et encore, cela remontait à mon enfance et le début de mon adolescence. J’avais bien tenté de m’y remettre plus tard, pour espérer délaisser la cohue du métro New-Yorkais, mais sans réel succès. La jungle urbaine de la grosse pomme avec son trafic surchargé, composés d’inconscients pressés et stressés, avait rapidement eu raison de mes élans de cyclisme, et mon vélo citadin avait trouvé nouvelle propriétaire sur eBay. Car il y avait eu les morts de Stanley et Jessica, fauchés en scooter, Gregory qui avait fini en fauteuil après s’être planté avec sa bécane ; autant d’amis de l’université, brillants, débordants d’enthousiasme et de vie qui n’avaient pas attendu après cette pandémie pour passer de vie à trépas.

Je déglutissais lentement, en attrapant l’encolure du casque de mes deux mains, mon regard se perdant quelques secondes dans la contemplation de son intérieur garni de mousse. Mes doigts se crispèrent d’une appréhension toujours plus grande quand un souffle, bref et sonore, s’extirpant de mes narines. Doucement, je posais mes yeux sur Kyle, relevant légèrement le menton pour chercher ses prunelles acier du haut de sa stature plus imposante. Ma crainte était palpable, bien que je m’efforçais de prendre sur moi en enfilant le casque dans un silence presque religieux. Je bataillais quelques secondes avec la boucle de la lanière pour parvenir à la clipser correctement, tirant sur la languette de tissu pour m’assurer du bon maintien de la protection. La mousse intérieure me pressait les joues et me tirait désagréablement sur les cheveux s’échappant en une cascade comprimée par l’encolure, courant sur mes épaules et le long de mon dos.

“Promets-moi juste de ne pas rouler trop vite,” implorai-je d’une voix légèrement tremblante et forcée, étouffée par la visière du casque et les filtres du masque à gaz intégré.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1139/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba102/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Lun 29 Juin - 16:24
J’observais avec une grande attention le visage de Jena qui s’était décomposé littéralement à la vue de la moto, et il ne fallut guère forcer pour y desceller l’angoisse et l’inquiétude qui rendaient ses gestes plus tremblants, plus hésitants, gagnée de cette appréhension dont elle cherchait à lutter contre, se faisant sans doute violence pour accepter cela. Je jetais un rapide coup d’œil à l’engin du délit, reposant silencieux sur l’asphalte avant d’en revenir à la femme qui en était terrifiée et dont la frayeur ne disparu que par l’apposition du casque que je lui avais tendu, mais qui restait encore bien fébrile de posture et de voix. Je vins me placer à ses côtés, tout en apposant un bras rassurant dans son dos, à hauteur de sa taille, la gratifiant d’une caresse légère malgré l’épaisseur de son gilet, qui rendait l’acte plus symbolique qu’autre chose, à défaut d’avoir accès à sa peau.

« T’en fais pas. » L’aurais-je rassuré sur un ton ajusté, le timbre grave mais assez bas pour être empreint d’une certaine douceur. « On a bien assez de shoot d’adrénaline sans qu’on ne demande rien pour s’en imposer volontairement. »

Je me souvenais encore de mes jeunes années tout juste sorti de l’adolescence, embarqué dans ma folie d’intégrer les Marines, où nous sautions sur la moindre permission pour décharger les frustrations de nos journées accumulées éprouvantes tant physiquement que psychologiquement. C’est sans aucun doute à cette période précise que j’eus le plus abusé de la vie et de ses vices, toujours à chercher plus loin, plus fort, pour connaitre où étaient les limites, tant les miennes que celle de ce monde. J’en avais trouvé, à de nombreuses reprises, conneries de nos jeunesses impossibles de maintenir sage plus que le temps d’une réflexion. Drogué à l'adrénaline, drogué au danger, drogué à toutes ces putains de sensation forte qui me faisait juste sentir vraiment vivant. À cette époque-ci, j’aurais sans doute eu du mal à tenir ces propos, et à ne pas chercher à provoquer le destin et me rire de lui. Ce dernier fut un fin vengeur, à avoir tant de temps patienté pour m’accabler à coup de surin le rappel de mes moqueries passées.

Il avait pris ma femme. Il avait pris ma fille. Et finalement, ma propre vie avant de me recracher sur le monde comme un bout de viande mâchouillé avec ces deux seuls mots en guise d’en-tête à ce nouveau chapitre de mon existence : « souffre encore ». Et j’en étais là, à mes trente années passées, cette injonction gravée au fer blanc sur la peau qui ne me quitterait pas, plus jamais. Le temps et les évènements m’ont forcé à l’accepter, dure fatalité de savoir que la souffrance était devenue synonyme d'habitude, davantage encore que derniers mots d’un foutu donneur la leçon m'avaient vraiment atteint. Des mots que je ressassais, encore et encore, jusqu'au dernier point.

D’un mouvement de main, je sortais une casquette noire de l’arrière de mon pantalon, redressant la visière qui s’était quelque peu déformée. Je l’avais trouvé dans un des casiers du dortoir masculin, possession oubliée d'un propriétaire qui n'était sans doute plus, flanquée du rond rouge et bleu des rangers du Texas, qui trônait désormais à l’arrière de mon crâne, comme la visière d’ailleurs. La sangle d’attache barrait maintenant mon front, me permettant de rabattre les quelques mèches de mes cheveux qui avaient trouvé un peu de longueur, à l'intérieur. J’en déportais ensuite mon regard vers celle que je maintenais encore à mes côtés, cherchant le détail rapide de ses yeux à travers la vitre fumée de la visière, lui adressant finalement un clin d’œil de circonstance avant d’exercer une dernière pression sur son dos et la relâcher simplement.

Mon regard partit à l’observation des alentours immédiats. Nous étions certes proches de notre refuge mais qu’importait les circonstances, j’en perdais pas mes habitudes. Seul au milieu d’un étalage éternellement plat, la vue dégagé d’un bord à l’autre devant moi, je finis par coller l’extrémité de mon pouce sur la commissure de mes lèvres, asséchants ces dernières d’un simple mouvement tandis que je reprenais tout le sérieux de ce que la situation exigeait. Quand bien même j’avais confiance en mon plan, et une idée bien précise de son déroulé, j’appréhendais fortement sa réaction. Rien qui me paraissait insurmontable et que je pourrais sans doute gérer. J’étais un sale con, mais un sale con trop attaché à elle.

Je pivotais vers la moto d'un mouvement de bassin en empoignant la poignée gauche, la plus proche de moi avant de chevaucher cette dernière d’un dégagement de jambe par dessus la selle, venant trouver immédiatement ma posture telle que mes souvenirs en avaient laissé leur marque, avec quelque raté tout de même… foutu résurrection. Je parvins à atteindre aisément des deux pieds à plat le sol, soulageant la béquille qui se rabattit mécaniquement sur le flanc du bolide.

« Y’a un repose pied sur le côté. » Commençais-je en désignant ce dernier du doigt. « Tu prends appui dessus et sur mon épaule, je me charge de l’équilibre. »

Je pris alors posture, me penchant légèrement vers l’avant, maintenant des deux mains cette fois-ci le guidon, me préparant à escorter le poids qu’elle mettrait dans la manœuvre, quand bien même il n’était que léger, patientant qu’elle prenne place, s'ajustant sur le siège et glissant ses propres pieds sur ses cales près de la roue arrière. J’aurais tôt fait de venir attraper lentement ses mains s’ils avaient trouvé place autour de ma taille, sinon venant les chercher si elle avait tardé à le faire pour venir les déposer à plat sur le réservoir, juste au-dessus de mon bassin.

« Ici, c’est le bon emplacement. Tu pourras raidir les bras pour amortir un freinage et pas t’affaler de trop sur moi, et à l’accélération, tu serres les coudes sur mes hanches. Avec le souffle du vent, et le casque, on ne pourra pas communiquer. Si je tape sur ta cuisse,  » en m'interrompant pour simuler le geste d'un léger battement, « tu t’accroches un peu plus, si tu veux me dire quelque chose, utilise ta main pour un geste éloquent. Avec un doigt d’honneur, je devrais comprendre qu’il faut que je m’arrête. » Soufflais-je avec ironie, basculant mon visage à moitié en arrière, poussant sur mes iris à l’extrémité de mes yeux pour arriver à la percevoir derrière moi et lui dévoiler mon sourire aux lèvres, les yeux plissés d'amusement. « Evite quand même les claques sur la tête. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1173/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1088/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Mer 1 Juil - 12:41
Il y avait eu un redressement. Une tension épidermique qui me poussa à tendre et crisper mon dos quand la caresse de Kyle s’était faite sentir par-dessus le gilet. Ma mâchoire s’était contractée un bref instant derrière la visière du casque et mes poings plus fermement serrés. Ça n’avait pas duré plus de deux secondes, mais cela s’était voulu perceptible le temps que la raison reprenne le dessus sur l’instinct, la crainte viscérale du contact d’un homme, fut-il Collins en personne. Avec le repos très relatif de la veille, succédant à une série de désastres en cascade, j’avais retrouvé bonne partie de ma dureté et un certain mutisme, ressassant les plus odieux souvenirs dont la fraîcheur accentuait l’ignominie. Il n’y avait que Sarah pour m’y arracher complètement, le temps de quelques instants que je trouvais toujours bien trop courts, parfois futiles.

Reprenant le contrôle de mes pensées, je déglutissais doucement, lâchant un soupir dans le casque qui embua rapidement la visière. Je ramenais toute mon attention sur les mots de Kyle, acquiesçant d’un mouvement de tête amplifié par le volume du casque. Effectivement, nous avions et aurions suffisamment à subir pour s’offrir le luxe de ne pas tenter un diable joueur. Mais quoi que je fasse, la tension demeurait, sournoise, palpable à fleur de peau à réclamer des efforts conséquents, mentalement épuisants à m’efforcer de la taire. Pour lui. Pour nous. Pour le groupe entier.

Je répondais à son clin d’oeil du même geste, bien plus forcé comme pouvait l’être le sourire dissimulé qui étira mes lèvres ; suivit d’une pointe de soulagement m’allégeant le coeur lorsque je sentis sa main se détacher. Mais ce soulagement n’enlevait rien d’un autre poids. Celui de la honte et de la culpabilité ressenties à constater, subir même, ces états d’âmes que Kyle ne méritait pas mais qu’il ne pouvait pas s’empêcher de susciter, malgré nous.

J’avançais de quelques pas en direction du bolide, resserrant d’un coup sec les bretelles de mon sac à dos sur mes épaules pour le plaquer au plus-près de l’épaisseur de mon gilet et éviter tout bâillement. Silencieuse et appréhensive, j’observais mon compagnon prendre sa place chevauchante sur cet engin de malheur, me livrant les instructions pour le rejoindre, galvanisant cette crainte qui amplifiait les cognements de mon coeur contre ma poitrine. J’allais devoir forcer le contact, puiser dans le mental et la raison pour taire les susurrements de mes démons. Je prenais une brève inspiration en amenant ma main gauche au contact de l’épaule de Kyle, plantant mes doigts d’une accroche ferme sur le tissu de son gilet ; et l’avant de mon pied gauche prenait appui sur le cale-pied. D’une impulsion assez sèche sur ma jambe, j’envoyais sa partenaire légèrement repliée par dessus le carénage d’un mouvement circulaire, posant finalement les fesses sur la sellerie, laissant mes mains descendre et crocheter les hanches du pilote d’une poigne angoissée.

Une poigne que Kyle défit lentement pour m’amener à adopter une position plus sûre et pratique, pour lui comme pour moi. J’écoutais religieusement les conseils qu’il me prodiguait, malgré qu’il me fut impossible de réprimer un frisson glaçant courir sous ma peau lorsque sa main tapota ma cuisse. Raidir les bras. Serrer les coudes. Deux instructions que je répétais mentalement à de nombreuses reprises pour mieux les graver dans ma mémoire et espérer leur donner une valeur d’automatisme quand le moment viendrait de les appliquer. J’eus un léger mouvement du bassin destiné à le rapprocher, dévissant la tête sur le côté pour apposer le casque contre le haut du dos de l’homme, oscillant légèrement de celui-ci pour acquiescer à ses instructions, souriant même plus naturellement à ses dernières remarques en trouvant brièvement le coin de son regard d’acier, pressant mes mains plus fortement sur la tôle fraîche du réservoir.

“Crois bien que tant que je serai sur cet engin de mort, je ne me risquerai à rien de perturbant,” confiai-je sur un ton suffisamment élevé pour être entendu au-travers du casque et voulait relever de la plaisanterie, mais qui laissait bien au contraire filtrait toute l’appréhension qui me tenaillait à l’idée nous mettre en route. “Alors un doigt d’honneur sera largement suffisant pour commencer.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1139/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba102/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Dim 5 Juil - 16:42
« Ok. Alors c'est partit. »

Je posais la main sur la clé déjà insérée sur le contact pour m'assurer qu'elle y était toujours correctement avant de venir d'une pression du pouce enclencher le démarreur. Le moteur gronda légèrement, donnant quelques saccades pendant d'infimes secondes avant de se mettre à tourner d'un ronronnement assez calme, bas et presque perçant. Nous n'avions toujours pas bougé. Je prenais le temps de me familiariser avec la bécane, observant les différentes manettes, prenant le temps de coordonner mes gestes qui se devaient d'être mécanique sur la route. Ma main droite fit monter la cadence jusqu'à ce que l'aiguille affiche deux milles tours, puis trois milles, rugissant un peu plus fort avant de redescendre et se stabiliser, tournant dans le vide sans qu'on ne bouge d'un pouce.

Si je voulais faire bonne figure, j'avais tout intérêt à mettre toutes les billes de mon côté, et par cela passait la réadaptation des gestes mécaniques, et surtout l'apprentissage version express de la sensibilité de la machine, d'autant plus que je ne connais pas vraiment l'engin, autrefois bien plus à l'aise sur les Ducati que leur concurrente japonaise. Je me souvenais encore de ma Streetfighter V5, économisant des mois durant, accumulant primes et salaires pour me l'offrir cash. J'enclenchais la première vitesse, maintenant l'embrayage de la main gauche, finissant par tapoter la cuisse d'Higgins de la même manière que précédemment, schématisant concrètement ce que nous avions convenu un peu plus tôt pour qu'elle se prépare, accélérant enfin progressivement avant de relâcher la manette.

La moto ne tarda pas à avancer, prenant peu à peu de vitesse sur l'allée du parking. Je n'avais pas grand chose à manœuvrer pour m'engager sur la piste en terre qui nous emmènerait sur la route qui passait d'Est en Ouest. La sensation était étrange, quand bien même nous n'avions pris qu'une allure bien relative, de se sentir porter ainsi par un puissant moteur qui vrombissait juste sous mon corps. J'en ressentais des pulsions primaires de vitesse, que je tus bien vite par la consigne de prudence qui restait activé dans mon esprit. Nous quittions bien vite le terrain caillouteux pour rejoindre le goudron légèrement abîmé de la route, prenant un peu plus d'allure en sortie de virage qui nous ferait remonter droit vers l'Ouest, vers le Nord, puis à nouveau vers l'Ouest. La route a emprunter n'était pas bien compliquée, je l'avais gravé dans ma tête pendant les bien trop longues minutes qui nous y avait conduit, lors de cette fatidique nuit. Si loin et si proche à la fois.

Tant de chose s'était passé depuis, et trop peu de nuit s'était écoulée, avec cette sournoise impression qu'une vie entière aurait pu se jouer entre ces quelques jours seulement. Mais ce n'en était rien, rien que quelques jours de plus dans ce putain de monde de merde. Je ne voulais plus me souvenir du douze, j'aurais voulu que le quatorze n'ai jamais existé et j'étais effrayé de ce que demain allait me réserver. Je voulais faire taire ces terreurs, me donner un autre os à ronger, une autre chose à penser et juste oublier, dormir vingt-quatre heure pour ne pas avoir à penser que ce jour aurait pu être celui de son premier anniversaire. J'avais tant de chose refoulé à laisser s'exprimer.

J'inspirais longuement, le vent foutant mon visage, me gonflant les poumons d'un trop plein d'oxygène qui me faisait un bien fou. J'augmentais sensiblement la cadence, profitant de la nouvelle ligne droite qui se dessina devant nous avec un autre virage, la route plutôt dégagée dans cette partie qui ne desservait que peu de bâtiment. La moto suivit un mouvement assez sur l'horizontalité, tandis que j'esquivais assez judicieusement les nids de poule et autres crevasses qui auraient pu provoquer quelques crissements de panique à ma partenaire, adoptant une conduite sage, avec une certaine fluidité.

Cette sortie était autant une volonté d'exutoire pour elle que pour moi. J'en avais vraiment besoin, de faire péter ma rage, de faire cramer tout ça et qu'il ne reste aucun vestige réel, physique, de ce qui s'était produit cette nuit, aucune marque tangible, crevant d'envie d'effacer leur moindre trace d'existence. Aucune marque, hormis le saccage dans nos esprits, dans ce monde déjà pourri, ne devait persister. J'espérais réellement que Jena rejoigne mon idée, j'avais vraiment besoin de sentir et faire sentir que nous étions encore, et toujours, sur la même longueur d'onde. Elle et moi. Je savais que je ne pouvais prétendre savoir ce qu'elle ressentait, je ne le désirais pour rien au monde. Car c'était sans doute une rage plus pernicieuse encore que la mienne, mais sans vouloir essayer, je voulais seulement l'aider. Cela faisait partit de mes nouveaux devoirs.

De plus en plus à l'aise dans ma conduite, je focalisais mon attention sur la route, maintenant que nous arrivions du côté du centre ville, passant assez loin des quelques morts qui y traînaient, m'engageant sur les trottoirs plus dégagé quand la route se retrouvait barrée d'obstacle ou ralentissant pour parer au plus efficace et slalomer entre les véhicules lorsque ce n'était plus possible. J'avais effectué le trajet d'un trait, sans pause entre notre départ et notre destination. Bien vite, j'engageais la moto sur la route où au loin, l'embouteillage vers les secteurs plus à l'Ouest se découpait quittant, avant d'en atteindre l'extrémité, la route cabossée pour m'engager sur une nouvelle piste de terre, soulevant la poussière sous les roues du bolide qui filait vers son objectif. Le soleil était là, bien présent, ouvrant le rideau du théâtre de nos terreurs, me dévoilant peu à peu les contours de cet édifice dont je n'avais fais qu'en deviner l'ombrage dans une nuit des plus noire et qui était maintenant le symbole de tout mon dégoût.

Rien n'avait bougé, ou presque, cimetière désolant où plusieurs cadavres gisaient au sol, sans doute dévorés par quelques rôdeurs de passage ou au moins par la vermine local qui en aurait fait un puissant festin de choix. Je ne m'approchais guère du grillage d'enceinte, ralentissant à une certaine distance, avant de freiner en présentant notre flanc gauche à la cimenterie, calant rapidement mon pied gauche au sol pour nous stabiliser.

Nous y étions. Et avec ce lieu, toute ma rancœur qui resurgissait, plus puissante que jamais. Mes mains se crispaient sur le guidon, le caoutchouc grippant grinçant sous mes doigts furieux, mon corps entier figé comme une barre de béton et j'en étais quasi persuadé, il en était de même pour Higgins à l'instant même où elle avait deviné où je nous emmenais, bien contre son avis. Je n'avais accordé qu'un bref regard à ce lieu aux fantômes de nos douleurs, figeant mes yeux d'acier sur le compteur de vitesse de la Yamaha qui pointait son zéro. Je ne pouvais de toute manière pas bouger avant qu'elle ne décide de descendre, et si elle ne l'avait pas encore fait, j'aurais seulement fini par dire quelques mots sur un ton assez bas, d'une confession peut-être un brin rude quand bien même ce n'était pas adressé à elle en coupant le moteur.

« On y est. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1173/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1088/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Dim 5 Juil - 22:17
À peine l’engin se mettait-il en route sous la volonté de son pilote que déjà je me crispais derrière lui. Je n’avais pas attendu après le signal convenu par Kyle pour déjà resserrer mes coudes contre ses hanches quand la moto s’arracha lentement au bitume, le son rugissant de son moteur emplissant la cour déserte du Perchoir. Un geste d’accroche que j’intensifiais contre les flancs lorsque Kyle marqua ma cuisse et mon attention du tapotage convenu, et que l’engin gagnait en vitesse. Je tendais mon cou à chercher à observer de mon regard inquiet la route qui s’annonçait devant nous. Ce chemin de terre assez caillouteux qui s’enfuyait du parking, et n’avait rien de rassurant quand je m’imaginais déjà le monstre d’acier manquer à son équilibre malgré la vitesse très relative. Une appréhension qui ne me quittait guère lorsque la route devint bitume, à peine soulagée par l’absence d’obstacle.

Au fil des minutes, bien que mes craintes ne se taisaient pas, je trouvais mon propre rythme et les automatismes de ces gestes expliqués par mon compagnon. Raidir les bras lorsqu’il décélérait, presser les coudes quand il relançait la machine plus fort. Une occupation qui ne m'apportait pas plus de confort, les tensions dans mes muscles crispés se faisant rapidement sentir, mais qui au moins avait l’avantage de ne pas laisser mon esprit se perdre d’autres préoccupations à s’imaginer une chute au milieu des morts et des épaves de cette foutue ville. Tout ce que je pouvais constater, et qui se voulait légèrement soulageant, c’était l’aisance de l’homme à slalomer entre les obstacles, les aspérités de la route comme les carcasses oubliées. Quelques séries de manoeuvres que mon estomac ne trouvait pas franchement à son goût jusqu’à me faire sentir légèrement barbouillée à compter de la seconde moitié du trajet.

Ou alors était-ce le trajet au travers de la ville - plus que le véhicule - quand je reconnaissais certaines rues empruntées et que la direction s’affirmait plein Ouest ? Un début de soupçon commença à naître quant à la destination que Kyle avait choisi de tenir secrète. Allait-il réellement oser ce que je ne voulais concevoir comme possible ? Pour quelle autre raison aurait-il tenu sa volonté secrète sinon ? Je serrais les dents, d’une part à l’emprunt d’une nouvelle route terreuse, mais aussi parce que se dessinait dans mon champ de vision un point de repère bien trop familier. Une haute cheminée, perchée et moqueuse d’indifférence, son métal scintillant en un point où frappaient les rayons du soleil, illuminant malgré elle mes pensées de bien odieux souvenirs dont j’étais incapable de déterminer si je pouvais les affronter, ou m’effondrer d’une paralysie psychologique.

Je raidissais mes bras une dernière fois lorsque Collins consentit à stopper complètement la moto, mon regard avisant la clôture d’acier qui ceinturait l’usine juste sur ma gauche. Le rythme de mon coeur s’accélérait très certainement quand je sentais poindre ma colère, sourde et revancharde, envers les souvenirs qui affluaient, mais aussi contre Kyle en partie qui ne m’avait guère laissé le choix ou demander mon avis. Je me sentais véritablement prise au piège, coincée une seconde fois face à mes démons, forcée de les confronter à défaut de pouvoir les fuir, si loin du Perchoir.

Sauf que je ne le voulais pas. Je ne me sentais pas prête, bien au contraire, à refoutre les pieds dans cet endroit, à embrasser les souvenirs ignobles que chaque parcelle de cette maudite cimenterie réveilleraient. Tel que l’était ce van garé non loin des immenses portes du lieu, qui ne paraissait pas avoir bougé depuis l’autre nuit. Ce van qui avait porté les pleurs de Sarah, près duquel j’avais retrouvé Collins et Everett, ressenti ce soulagement aussi démesuré que mon dégoût d’alors. Les souffrances demeuraient, enfouies, perceptibles, ressurgissant parfois contre toute raison comme aujourd’hui quand il y avait bien eu plus de promiscuité au lendemain. C’était viscéral et inexplicable pour moi, ces relents d’ignominie qui refluaient par vagues. Rien qu’ici, encore à l’extérieur de ces murs d’acier, je sentais déjà la nausée et l’angoisse s’épaissir. Je n’osais imaginer ce que je pouvais me découvrir à l’intérieur des lieux, ce que l’obscurité et la folie avaient dissimulé à mon regard.

D’un geste assez vif, au bout de quelques secondes et suscité par les maigres mots de Collins, je quittais la selle de la moto d’un geste souple, portant très vite mes mains au casque pour en déclipser la lanière. J’avais besoin d’air. J’ôtai la protection d’un geste bien trop vif pour ne pas trahir les émotions qui me gagnaient, ce sentiment d’étouffer le visage enserré dans cette mousse épaisse, le souffle filtré par la présence de ce masque à gaz. Je laissais mollement retomber le casque au bout de mon bras gauche, la main serrée sur la mentonnière et son sommet arrondi rebondissant contre ma cuisse. Je braquais mon regard azuré, et véritablement courroucé sur Kyle dès qu’il serait lui-même descendu de sa bécane, pinçant les lèvres jusqu’en faire blanchir la pulpe et durcir la proéminence de mes pommettes, pour finalement l’assaillir de quelques questions, sèches, la voix passablement tremblante néanmoins.

“Qu’est-ce qu’on fout là ? C’est quoi ces conneries ? Je pensais qu’on chercherait James.”

De ma main libre, je me pinçais l’arête du nez juste au coin des yeux, fermant les paupières et secouant légèrement la tête de gauche à droite sans pouvoir retenir un long soupir. En vérité, je n’attendais pas vraiment de réponse ni d’explications à ces interrogations, car je savais au fond de moi, bien logé derrière la rancoeur, les sévices et les horreurs, ce que nous venions faire ici. Chasser des fantômes, nos fantômes… En quête d’un soulagement quelconque ou d’une raison à ce qui s’était produit.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1139/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba102/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Lun 6 Juil - 11:55
Je n’eus pas grand temps à patienter pour sentir Higgins se redresser, quittant la selle et - quand bien même son poids fut assez maigre, soulageant la suspension de la moto de quelques kilo, qui se redressa perceptiblement. J’en profitais pour rabattre de mon pied gauche la béquille qui se verrouilla sans protestation, me permettant d’alléger l’engin de ma propre pesanteur, bien plus massive, balançant ma jambe par-dessus le siège en cuir légèrement usé pour ne pas avoir été entretenu pendant de trop nombreux mois et accompagnant la légère descente du bolide jusqu'à ce qu'immobilité se fasse. Mon regard balaya immédiatement l’horizon, de l’autre côté de la cimenterie que je gardais dans mon dos, estimant que l’heure n’était pas encore à l’affrontement et à l’expression de toute la colère qu’elle m’inspirait. Je préférais me concentrer sur le factuel, au moins cet instant où j’accordais tout mon sérieux à mon inspection, cherchant à savoir si le moteur de l’engin avait attiré quelques morts ambulants que mes iris n’avaient pas perçu sur le chemin de l’aller.

Je m’étais attendu à une telle véhémence de la part de ma coéquipière, les maigres jours que nous avions passés ensemble depuis mon retour à la vie, m’avait permis d’en connaitre quelques détails. J’étais loin de pouvoir me vanter d’une lecture par-cœur de son contexte, mais il y avait quelque chose de naturel et de juste à notre duo. Et puis sans avoir à jouer les détectives, j’étais à peu près sûr que n’importe qui aurait réagi de la sorte, en vérité. Aussi ne déportais-je que brièvement mes pupilles sur le côté, alors que je ne lui offrais que mon flanc, l’observant de cette distance que je conservais, au courroux de son regard, puis l’application qu’elle en mettait à s’en pincer l’arrête du nez d’un air désabusé. J’en profitais pour retirer ma casquette, rabattant de l’autre main mes cheveux vers l’arrière, pour la repositionner dans le bon sens, visière à l’avant légèrement courbée, qui m’offrait le refuge de la clarté du ciel et du soleil. J’en profitais pour desserrer la sangle de mon fusil à mon épaule, relâchant cette dernière de la justesse de réglage que je lui avais donné pour qu’elle reste casé sur mon flanc le temps du trajet, le déposant à nouveau contre la moto. Maintenant que mes deux mains étaient libre, et mes gestes aussi, je pouvais passer à la suite de mon scenario.

Aucune réponse ne lui parviens, préférant conserver le silence un temps, au moins pour ce que j’avais à en faire. Je faisais sauter le verrou de selle d’une pression sur le mécanisme, ouvrant le compartiment qui laissa place à l’étoffe de tissu de mon sac à dos, plié et froissé autours de son unique contenu en l’existence de ce bidon d’essence. S’il était guère possible d’en deviner les contours pour le moment, je tirais rapidement les fermetures éclairs, de part et d’autre en un son caractéristique prononcé par le geste sec que j’avais exercé. Rapidement, je vins attraper la poignée du contenant en plastique vert foncé, soulevant de tout son poids ce dernier, dégageant également le sac qui tomba à mes pieds d’un geste assez négligé, pour venir rabattre finalement la selle et déposer dessus en trophée le carburant.

« On va le chercher. Aussi loin qu’il faudra. Mais on a quelque chose à régler ici avant. » Laissais-je porter d’une voix plus grave que la normale, une dernière fois attentif à l’horizon proche avant de pivoter complètement vers elle, lui faisant face de ma largeur d'épaule. « Je sais que t’as pas envie d’en entendre parler, et je sais que t’aurais préféré ne jamais revenir ici. Mais si tu veux passer au chapitre suivant, faut clore le précédent. Alors c’est qu’on va faire. Toi et moi. »

J’avais ponctué mes derniers mots d’un geste de la main, la désignant d’un index strict en sa direction avant de le rabattre sur mon propre torse. Mes iris d’acier se maintenait fixement à son regard et j’espérais laisser paraitre assez de certitude sur les traits de mon visage pour faire taire une contestation plus impétueuse encore, ou qu’elle ne saisisse l’occasion d’un doute comme d’une faiblesse. De doute, je n’en avais aucun. Parce que je savais qu’elle n’aurait pas su prendre cette décision elle-même et que j’avais devoir de la porter dans tout ça. Ce n’était pas seulement pour son bien, quand bien même ce facteur jouait sur une bonne part des raisons, mais pour le nôtre.

Combien de temps avais-je repoussé et réfuté cette vérité qui s’imposait pourtant à moi depuis le début ? Allant jusqu’à céder à quelques bassesses parce que j’avais pensé que me détester était le moindre mal qu’elle pourrait s’infliger. Mais j’avais été le roi des cons, pire encore que ce que je me vantais être, à penser qu’aucun autre ne pourrait l’atteindre. Et pourtant. La vie échappait à mon contrôle, tout comme la douleur, les peurs, et tout ce merdier que ce monde nouveau avait glané. C’était arrivé, de la pire manière qui soit, et si elle souhaitait chercher à retrouver son contrôle sur les choses, j'avais également le miens à rechercher et à réajuster, car aussi loin que j’avais voulu sa distance pour nous empêcher de succomber l’un à l’autre, je ne souhaitais désormais que sa présence.

J’étais sans doute bien égoïste de lui infliger ça sans qu’elle n’en ai eu son mot à dire. Quand bien même je pensais agir et faire pour son bien. Mais y’avait pas de retour en arrière possible, si nous voulions aller de l’avant, l’un comme l’autre, il fallait qu’on le fasse. Qu’on tue nos fantômes et qu’on reprenne le contrôle, aussi intangible soit-il. Parce que dans cette cimenterie, ce n’était pas seulement Jena qui y avait perdu le symbole de sa dignité. C’était toute les horreurs qui y avait été dispensés, mais aussi celle de ma propre femme dont j’en avais matérialisé l’outrage en ces propres lieux. Un rassemblement de sévices, comme une bouche des enfers que nous ferions brûler de notre feu rédempteur.

« Toi et moi. » Répétais-je peu après, ma langue glissant sur la lèvre inférieure pour l’humidifier le temps d’une inspiration couplé à mon regard qui se déportait enfin sur l’édifice et son immense cheminée dressée vers le ciel comme une flèche. « On va faire cramer ce putain d’endroit et ces putains de types jusqu’à ce qu’il n’en reste que des cendres. On va le ravager jusqu’à ce qu’il n’en reste que des ruines. Ces fils de pute trouveront jamais le repos et nous… » Continuais-je, entamant la conclusion en dégainant mon zippo de la poche de mon pantalon, le dressant entre elle et moi en symbole de cette destruction à venir. « … on reprend le contrôle. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1173/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1088/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Mar 7 Juil - 23:01
Je libérai mon arête nasale de l’emprise de mes doigts, rouvrant les paupières sur un regard abattu qui ne retrouva pas immédiatement la silhouette de Kyle me donnant de flanc. J’inclinai le buste pour déposer le casque au sol et croisai les bras sur ma poitrine, refermant cette coquille de rudesse offerte à l’homme dès les premiers instants où j’avais posé pied à terre, face à cette putain de cimenterie infernale. Une indicible rancoeur me nouait la gorge au point de rendre mon souffle plus laborieux, sa moiteur plus poisse et les expirations plus longues, soupirantes de ce désarroi qui m’affligeait. C’était là une posture bien égoïste je le savais, mais ne l’admettais pas. Peu importait ce que Kyle pouvait bien affirmer pour justifier notre présence en ces lieux, que l’extraction de ce bidon d’essence rendait plus évidente encore. Le sentiment d’avoir été prise au piège, le dos plaqué à un mur que je me refusais de franchir, et encore moins de simplement contempler demeurait bien trop vivace pour me faire abdiquer.

J’avais bien des idées en tête, retrouver James et Cornelia en absolue des priorités. Quant à revenir ici, cela ne m’avait même pas effleuré l’esprit. Inconsciemment, j’étais même certaine que je l’esquivais par pur instinct de préservation. Je n’avais guère besoin de revoir ces murs pour que se rappellent à moi les odieux souvenirs qu’ils suscitaient. Comment Kyle ne pouvait-il pas simplement le comprendre ? Peut-être parce que justement, il le comprenait, mais s’en fichait royalement en pauvre con qu’il s’était targué d’être. Ou peut-être parce que je préférais le blâmer lui et trouver refuge dans ce confort à agir comme une garce. Certaines choses n’étaient pas vouées à changer, et je savais m’en satisfaire.

Je braquais mes prunelles azurées sur l’homme lorsqu’il reprit la parole pour me balancer quelques vérités que je refusais d’entendre. Finalement, l’homme frappait juste. Avec précision. Là où ça faisait mal. Là où c’était efficace. Sniper jusque dans le choix des mots, les blessures de mon âme dans sa mire acérée. Toi et moi. C’étaient ses mots, les miens, les nôtres. Ceux auxquels nous nous raccrochions quand l’un ou l’autre de nous commençait à dériver. À l’instant qui conclut cette première réponse, je le remerciais silencieusement de fermer sa gueule, mes pupilles ayant suivi les mouvements de son index qui me désignait d’abord, puis lui-même. Mon visage s’était un peu plus renfrogné sur mes lèvres pressés de ce silence parlant. Un soupir plus vif s’échappant de mes narines quand je détournais mon regard de lui, le portant non sans aigreur vers cette foutue cheminée.

Ce point de repère immanquable parmi ce paysage industriel qui avait tout premièrement suscité l’intérêt de la mécano lorsque nous roulions. Un point de repère qui avait dû l’être tout autant pour nos ennemis, cette nuit-là. Ma respiration s’accélérait quand les souvenirs défilaient de ce qui était arrivé, jusqu’à heurter un moment précis, avant l’arrivée d’Elias. Je me revoyais coincer Ivy entre ces murs, la piégeant pour lui balancer ses quatre vérités à la figure quand elle ne démordait pas non plus de ses positions et ses idées. Un schéma qui se répétait ici, quand je me retrouvais à sa place et Kyle à la mienne. Le contexte était bien évidemment différent, le poids des mots et l’horreur de la vérité à affronter d’autant plus ; mais ma conscience s’imprégnait des conséquences qui en avaient découlé. Elle était partie, persuadée d’être fautive de ce que nous avions subi, persuadée d’être rejetable et dispensable par les siens dont je n’avais jamais fait partie au final. Étais-je alors seulement capable d’envisager de suivre la même descente aux enfers à refuser d’entendre ce que Kyle prônait avec justesse ? Certainement pas.

Cette conne avait fait son choix et rien ne me ferait revenir sur l’idée que c’était bien mieux ainsi pour nous. Mais je ne comptais pas affliger celui qui se tenait face à moi, droit et affirmatif dans ses pensées, ses mots qui ne laissaient place à aucun doute aucune hésitation, du même dédain. Il méritait mieux. Clairement plus que le désarroi et l’ingratitude qu’Elizabeth avait récoltés de son amitié. Et à l’instant, je maudissais Collins pour cette aigreur que je ressentais. Parce que j’étais la salope de l’histoire et lui le bon samaritain qui me prenait par la peau du cul à me traîner ici, secouer mes certitudes et mon inconscient d’une bonne claque dans la figure dont le souffle véhément amènerait les dernières pages de ce chapitre à se tourner.

Toi et moi. Ces mots à nouveau, qui me pourfendaient le coeur et la raison d’une justesse accablante, jusqu’à me forcer à détourner le regard de lui, ses yeux d’acier et ses mots. Par pitié. Ferme ta gueule et emmène-moi loin d’ici. Voilà ce que j’aurais dû lui rétorquer tandis que mes mâchoires ne trouvaient à lui répondre qu’une crispation supplémentaire faisant saillir les stries de leurs muscles sous ma peau. Mes doigts s’enfonçaient davantage dans la peau de mes bras que les extrémités de mes ongles griffaient doucement de traînées éphémères plus pâles. Je déglutissais, mes yeux s’embuant de larmes naissantes qui ne fuyaient pas encore le rebord de mes paupières, suscitées tant par la colère que la trouille qui me serrait les tripes. Foutue cimenterie. Foutu Kyle. Foutue moi.

Ravager cet endroit jusqu’à la ruine. L’idée était alléchante de sa conclusion vengeresse, après que l’endroit en question m’ait ravagé jusqu’à la ruine le premier. Plus que l’endroit même, ceux qui s’y étaient trouvé, que le destin avait remis sur ma route pour achever ce qui avait été commencé des mois plus tôt. Un aboutissement sinistre dont le destin s’était détourné, toujours plus odieux lui aussi, aux derniers instants pour m’accorder l’ignoble chance d’y survivre et d’eux en périr. Comme si la justice divine avait soudainement relevé le bandeau qui lui barrait la vue pour daigner nous accorder une oeillade hagarde et impassible sur nos situations, et corriger le tir d’un Pas si vite messieurs. Hormis que le mal était fait. Que la vengeance l’avait accompagné et que les meurtriers de mon époux avaient succombé, ma dignité avec eux, et quelque part ma raison d’être qui n’avait plus que Sarah à laquelle se raccrocher. Sarah et cet homme auquel je finissais par rendre un regard. Supporter le sien. Cet acier dur, courroucé de cet écho de revanche que j’y lisais, avec une certitude qui crevait les yeux et me fendait l’âme.

Il serait là. Il ne me laisserait pas tomber. Il ne me laisserait pas être l’os à ronger de mes démons, gonflant même peut-être son égo à nous mentir qu’un jour peut-être, il leur casserait la gueule et m’y arracherait. Je le souhaitais. Je nous le souhaitais d’une ferveur qui n’avait d’égale en intensité que le désespoir qu’il ne saurait y parvenir. Méritions-nous pour autant, après tout cela, de ne pas tenter notre chance ? Étais-je si désespérée ou irrécupérable au point de simplement refuser d’y croire ? Non. Je ne pouvais l’accepter non plus.

Alors doucement, je laissais mes mains se décrocher jusqu’à basculer le long de mon corps, me ravisant finalement pour ma senestre dont le pouce vint interrompre de son flanc la course descendante d’une larme fuyant depuis le coin de mon oeil quand j’amorçais un premier pas dans sa direction. Le second enchaîna, plus ferme, faisant craquer quelques graviers sous ma semelle quand mon visage se décomposait d’une tristesse plus marquée. Mes azurs avisèrent très brièvement le zippo dressé entre nous au bout de son bras, symbole des promesses d’un brasier à venir qui consumerait - j’osais l’espérer tant cela me paraissait improbable - bien des rancoeurs et des craintes. Plus particulièrement la crainte viscérale et injuste qui me saisissait parfois à son égard, son simple statut d’homme. Reprendre le contrôle. De nos vies, et de cela aussi. D’un geste sec et vif de la main, je balayais du dos de celle-ci le briquet qui nous faisait obstacle pour venir enlacer l’homme quelques fractions de secondes plus tard. Mes bras ceinturèrent son gilet autour de sa taille, mon visage trouvant refuge dans le creux de son cou, mouillant celui-ci de larmes plus abondantes qui ruisselaient depuis mes yeux dans un sanglot étouffé qu’aucun mot ne viendrait corrompre.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1139/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba102/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Ven 10 Juil - 12:07
Mes sourcils gardaient le froncement caractéristique de ma détermination, sans bouger d'un pouce tant qu'elle ne m'aurait donné réponse à mes derniers mots. Je restais donc planté là, le zippo brandit devant moi en symbole de cet état de fait, en la suivant du regard tandis qu'elle se mettait en proie à un conflit intérieur qui semblait fort intense. Je me doutais qu'en l'instant elle devait me haïr de toute son âme mais je restais fixe sur mes idées, solide dans la conviction, la laissant trouver le chemin du choix qui s'imposait à elle.

Je poussais une longue expiration, plus forte que la normale tandis qu'une larme s'échappa bien vite prélevée par un geste de sa main, agitant l'étendard de ma culpabilité déjà bien dressée dans mon esprit. Mes doigts se resserrèrent sur ma prise dont la main s'affaissa très lentement pourtant, entamant une descente de quelques centimètre à l'instant même où elle décida d'en revenir face à moi. Je lui adressais un encouragement silencieux, du haussement de mes deux sourcils en inclinant un peu la tête, mes pensées focalisées sur le verdict qui allait sans doute tomber, les traits de son visage plus torturé que jamais. Et il vint.

Aucune résistance ne vint perturber le balayage de sa main qui repoussa la mienne sur le côté, d'un geste vif qui ne me surpris qu'à moitié, acte parmi le panel de possibilité qui s'était offert à moi. En revanche, celui qui suivit me pris littéralement de court, amortissant la venue de son corps qui s'était élancé contre moi et me capturais bien rapidement de ses bras. J'en expulsais un nouveau souffle un bref instant retenu, chaud entre mes lèvres entrouvertes qui trouvèrent bien vite chemin de la hauteur de sa tête, bordant ses cheveux pour les embrasser d'une vigueur miroir à sa prise, les yeux partiellement clos.

Mes propres bras vinrent encercler d'un cocon protecteur - celui que je commençais à prendre l'habitude de lui offrir ces derniers jours sous l'égide de ces mots : fermer les yeux et juste sourire quand bien même il serait difficile de le respecter en l'instant, son corps qui me paraissait bien plus fragile encore qu'ordinaire, brisant l'iceberg qu'elle s'évertuait à dresser sans relâche. Le droit venait barrer son dos à hauteur de sa ligne d'épaule, la main se redressant à l'amorce de sa nuque et l'arrière de son crâne pour l'empresser davantage contre moi, l'incitant à y trouver et prélever tout le refuge qu'elle cherchait, malgré la prise de mes doigts qui conservaient le briquet. Le gauche, quant à lui, se refermait dans son dos, crochetant sa taille d'une prise ferme dans laquelle, j'espérais, elle parviendrait y trouver la chaleur qu'elle cherchait.

Son corps tremblait sous les sanglots qui jaillissaient de son souffle, glissant sur la peau de mon cou qui lui était offert. De mon côté, je sentis à nouveau la colère m'envahir offrant une nouvelle tension à mes muscles, portée à l'encontre de cet édifice auprès duquel nous nous tenions, des êtres qui l'avaient envahi des jours plus tôt, et des actes qui y avaient été proféré et qui avaient porté atteinte à cette femme. Mais également à mon encontre, à mon incapacité d'avoir pu la protéger, et à ma faute. Une faute que je ne pourrais lui confesser en cet instant qui serait sans doute le pire de tous nos derniers jours, bien égoïste de vouloir soulager les remords qui ne cessaient de croître au prix d'une douleur pour elle supplémentaire et la certitude que toute la confiance qu'elle m'aurait accordé n'aurait été qu'un mensonge - bien que les nuances étaient plus complexe, alors que l'instant déchirant réclamait tout mon soutien.

Les choses en auraient été autrement si cet événement n'avait pas eu lieu. Je me serais éloigné d'elle, résigné, lui faisant faire face à l'aveu avec la certitude que cela l'éloignerait définitivement de moi et de mes tentations anxiogènes et surtout contagieuse, confiant dans le fait que me détester était sans doute mieux pour elle que m'aimer. Mais voilà... des enculés en avaient décidé autrement de mes plans foireux, faisant chavirer ces derniers sous les flots incommensurables de ma peine et de ma haine. Mais surtout, m'incitant à me porter volontaire à encaisser celles de Jena, d'être sa bouée autant que son défouloir, son épaule autant que sa décharge.

Je ne pouvais pas la laisser tomber. Je ne pouvais plus, incapable d'assumer désormais le mal que je lui avais fais - quand bien même elle n'était pas au courant. Un secret qui ne pourrait sans doute pas se garder éternellement, mais qui patienterait, me rongeant sournoisement, comme le poids de ma croix sur le dos. Ivy avait décidé de partir, fuyant malgré ce qui s'était passé, nos mots, notre étreinte, nous tournant le dos. Je ne comptais pas lui courir après, la balayant sans regret. Mes lèvres se plissèrent à ces pensées, se retroussant légèrement vers l'intérieur sous la morsure de mes dents. Mes yeux, eux, dérivèrent à cette cheminée dressée à côté, à ce grillage d'enceinte éventré, aux rails menant à une grande porte de hangar que je devinais plus loin, et à l'intérieur, à ces corps pourrissant qui avait trouvé repos sous le feu de nos armes. Mais nul repos ne serait plus permis même s'il me fallait les démembrer un par un.

« Je suis là. » Lui confirmais-je de son évidence flagrante, seulement pour soutenir mon geste à mes mots après un grand silence, y replongeant ensuite pour lui laisser un peu plus de temps.

Un temps que nous avions au regard de l'horizon parfaitement calme, dont mes yeux attestèrent l'évidence, attentif. Au terme de cette nouvelle pause, mes deux mains se redressèrent, se ramenant à son visage, venant guider d'un geste de ma paume contre sa joue pour l'inciter à le redresser et capter son regard, sans doute brûlant et rougissant d'une grande humidité, lui renvoyant pour ma part cette détermination qui ne m'avait pas quitté.

« Quoi qu'on fasse, ça sera ensemble. »
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1173/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Debuba1088/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Mar 14 Juil - 12:48
À la pression des bras de l’homme contre mon dos, refermant le cocon que j’étais venu y solliciter d’un silence des plus parlants, je ne pouvais que raffermir l’emprise de mes doigt contre le tissu de son gilet. Les larmes fuyaient, accompagnées de souffles chauds, humides et tremblants, s’accordant avec ceux de mon corps tout entier qui me renvoyait une image touchante et détestable. Je me sentais découverte, fragile, incapable de tenir encore dressée la muraille de froideur qui m’avait jusque là protégée de l’extérieur. Les sentiments des autres glissant dessus, mes propres ressentis emprisonnés derrière celle-ci également. Une frontière physique qui tranchait entre la femme et la survivante.

Une survivante à bien des épreuves et des horreurs dont je pouvais sentir la moquerie dédaigneuse, tapie dans les recoins de mon âme, à juger durement les faiblesses que j’affichais, le soutien que j’allais chercher chez autrui plutôt que chez elle dont la fierté en prenait un sacré coup. Car la vérité se trouvait malheureusement là, je ne me suffirais jamais à moi-même. Un mensonge de plus dont je m’étais tant et tant évertuée à nourrir d’autres par le passé, jusqu’à moi-même y goûter et succomber à son délice, sa facilité aussi.

Tout jaillissait désormais, d’un flot ininterrompu qu’aucun mot ne pouvait illustrer, qui ne trouvait apaisement qu’au sein de sa propre expression relâchée par l’humidité de mes larmes contre la peau de Kyle. Je le phagocytais, lentement, certainement, sans que l’homme n’en ait probablement conscience, l’intégrant à cette barrière dressée entre le monde et moi. J’ignorais si cela pouvait être de son fait, volontaire, ou de son instinct de mâle, mais Collins s’engouffrait dans cette faille et y prenait la place que je lui accordais, non sans un certain égoïsme de ma part.

Doucement, je détournais le visage, la pointe de mon nez effleurant le côté de son cou quand mes lèvres venaient s’y presser à la base d’une pression soulageante. J’opinais mollement du chef, quelques cheveux s’accrochant à sa barbe naissante peu avant que sa main ne trouve le côté de mon visage, m’emportant dans son sillage à venir accrocher son regard d’acier à la résolution aussi inflexible que le matériau de ses nuances. Je déglutissais pour vainement ravaler quelques sanglots, soutenant son gris de mes azurs humides et brouillés, bordés de la rougeur de ma détresse de l’instant.

Ensemble. Ce dernier mot venait de tout sceller, avec une efficacité d’autant plus redoutable qu’il y avait un vide à remplir de ce côté-ci. Une opportunité à saisir. Pour lui. Pour moi ; unis dans ce nous renouvelé. Une opportunité nouvelle que je saisissais de l’ampleur de mes doutes et mon désespoir pour pousser plus en avant sur la pointe de mes chaussures et me redresser plus légèrement, envoyant mes lèvres chercher les siennes dans un appel de détresse, espérant y puiser la force qui me manquait, l’assurance qui me faisait alors défaut. Mon bras droit s’était relevé dans son dos, jusqu’à ce que ma main atteigne l’arrière de son gilet, entre ses omoplates, mon coude se pressant plus fortement contre l’épais tissu pour y affirmer une décision que j’avais - dans le fond - déjà prise depuis longtemps, peut-être malgré moi. Kyle m’appartenait et la Mort elle-même paraissait l’avoir boudé pour s’assurer que nos chemins se croisent.

Je n’avais jamais été une grande croyante ni même pratiquante de la foi protestante familiale ; pas plus que je n’avais été éduquée à gober ces histoires de destinée ou de chemin tout tracé. Mes requins de parents et ma plus hargneuse de soeur encore n’avaient jamais fait que confirmer une vérité que je pensais absolue et universelle : on était maître de son destin, par ses choix, ses actes et la façon dont on en assumait les conséquences. Et si ce monde ne la faisait guère mentir, les phénomènes inexplicables en dénaturaient l’idée d’absolue. Il y avait quelque chose d’autre, de supérieur, qui nous dépassait tous. Kyle n’en était qu’une manifestation, infime, mais suffisamment intense pour tout remettre en cause et faire vaciller de nombreux fondements.

Alors oui. Ce serait ensemble, face à ce que le destin pouvait bien nous réserver de plus pernicieux ou jovial. Cette cimenterie était une mise à l’épreuve, par ce qu’il s’y était déroulé et par ce que nous allions y faire. Elle avait cherché à défaire cet ensemble sans y parvenir. Elle avait causé bien des torts et des souffrances, mais offert en Sarah, m’avait dévoilé Collins et ses démons, comme les miens une nouvelle fois. Cet endroit nous avait mis plus bas que terre, écrasé nos visages dans la poussière et pourtant nous nous relevions lentement, jusqu’à venir ici, ce jour, recouvrir nos souillures de cendres nouvelles dont nous marquerions le tapis de notre empreinte revancharde. À bien y réfléchir, c’était tout à fait agréable. Comme pouvaient l’être la présence de Collins en cet instant, ce qu’il offrait et promettait plus encore.

Je finissais par me détacher de l’homme après un temps que je ne pouvais définir autrement que comme le nôtre. Sans fluidité, sans écoulement quantifiable. Juste un instant suspendu ou une éternité raccourcie ; le monde aurait pu s’effondrer une nouvelle fois que je ne lui en aurais pas tenu rigueur. Du plat des doigts, je venais balayer les traces d’humidité salée marquant mes joues, répondant enfin aux propos de Kyle en plongeant mon regard dans le sien en lui rendant sa détermination dont mon visage se durcissait de sourcils fronçant et de mes lèvres se pinçant plus durement.

“Okay…” soufflai-je finalement à demi-ton avant de me détourner de l’homme d’un pivotement sur ma gauche, faisant face au grillage de l’enceinte pour porter mon regard vers le bâtiment d’acier, et relever les prunelles jusqu’au sommet de cette cheminée qui nous narguait de sa stature indolente, bien peu soucieuse de nos états d’âmes.

“Cramons cet endroit. Ensemble.”
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-
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