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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35
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Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba1139/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba102/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Dim 19 Juil - 17:06
Ce fut un baiser bien chaste, qui n’avait aucune volonté d’attiser quelques démons quelconque de stupre et de luxure, que je lui offris là, mais seulement l’apport du soutien qu’elle venait chercher. Je n’en fermais d’ailleurs pas les yeux, mon regard la contemplant durant cette échappée de cette si étroite proximité où l’humidité de sa joue m’apparaissait presque en relief. J’avais soutenu sa démarche de ma main à sa joue qui s’était déporté à sa nuque, l’assistant comme un piédestal sur lequel sa tête s’était reposée. Je captais la moindre moiteur de ses lèvres mêlées de salive et de larme, au petit goût de sel, inspirant avec une force certaine en reflet de tout ce que cet instant me procurait.

La perspective était sans doute étrange en ce sens que nous formions désormais un seul et unique corps, soudé par la pression de nos bras et la fusion de nos lèvres, droit élevé sur cette terre plate et déserte, à l’image de cette cheminée qui nous dominait par la taille, mais sans doute pas par l’image que nos esprits combattif dressaient. Il était peu probable que l’édifice tombe en ruine littéralement et que cette flèche dressée dans le ciel ne s’écroule complètement, mais après nos actes, elle ne pointerait plus l’image d’une quelconque promesse, mais bien celle d’une désolation en son antre, celle provoqué par la noirceur et les flammes qui allaient l’habiller.

Je détendais enfin mes bras à son retrait, l’acier de mes iris suivant le parcours de ses lèvres qui se pincèrent, marque et gage d’une détermination enfin gagnée. J’en éprouvais une grande fierté, de la voir ainsi décider de reprendre de droit ce qu’il lui avait toujours appartenu, et qu’elle n’avait perdu, mais seulement égaré dans le gouffre de cette cimenterie. Elle rattrapait les morceaux de sa dignité, et quand bien même mon orgueil en fut flatté, ma plus grande satisfaction régnait seulement sur cette vérité, celle que nous avions véritablement accordé nos esprits et nos pensées d’un même objectif, et que nos regards se tournaient d’un même sens unique.

Le zippo retrouva sa place à l’écrin de ma poche, tombant de son poids de métal dans le fond de cette dernière avant que ma dextre ne s’empare de l’anse plastique du bidon d’essence resté sur la selle de la moto, avec une fermeté réelle, avant de faire face à mon tour à l’édifice, à ce grillage éventré devant lequel ma jambe avait été sérieusement blessée et derrière lequel beaucoup trop de chose s’était joué. Mon regard s’attarda sur le van, immobile, où James s’était tenu en face à face qui restait encore trouble dans mon souvenir. Un James désormais disparu et dont le rappel de cette nuit raviva bien d’autres blessures et bien d’autres inquiétudes.

Quand bien même la promesse n’avait pas été faite, je gardais en tête ces mots qui m’avaient été adressés, et leur finalité. Je devais prendre soin de cette famille que nous avions constitué, au-delà-même de mes états d’âme, et je comptais bien le faire, même si cela devait passer par cette étape-ci précisément. Où qu’il soit, James comptait sur moi, je lui devais bien ça. Les doigts crochetés serrés sur le jerrican, j’attrapais ensuite la sangle du fusil qui avait reposé contre la moto, le métal de son corps cognant contre l’armature de l’arc qui ceinturait aussi mon dos, mon épaule se mouvant de quelques rond pour en délier les nerfs crispés sous mon gilet et la lourdeur de mon attirail. Ce poids sur mes épaules me rassurait plus qu’il ne m’handicapait, car je retrouvais le confort et la sécurité d’un équipement presque idéal, rendant mon allure déjà bien bâtie, d'avantage robuste.

Fléchissant sur mes appuis, je m’abaissais pour récupérer le casque au sol, venant le ranger dans le coffre de la moto, sous la selle avant de le verrouiller définitivement, du moins pour les instants à venir. Je n’en estimais pas l’utilité pour le moment, gageant qu’il serait plus encombrant qu’autre chose. Ma dextre vient dézipper l’une des fermetures du gilet, sur une pochette au-devant de ce dernier pour y glisser les clés tandis que mes yeux balayaient encore une énième fois l’horizon, croisant le chemin d’une silhouette hagarde, au lointain qui traversait la plaine d’un bord à l’autre, prenant une tangente éloignée à notre position, ce qui n’en faisait pas une menace de prime abord.

« Allons-y. » L’incitais-je une fois les derniers préparatifs fait, me plaçant à ses côtés pour lui adresser un geste du bras encourageant à son dos, y déposant ma main sur son gilet, le tapotant doucement avant de moi-même prendre le pas.

Je m’engageais en direction de la cimenterie, estimant la distance qui m’en séparait à quelques dizaines de mètres seulement. Mes yeux s’abaissèrent à la première silhouette au sol, celui du type qui m’avait planté la lame dans la jambe pendant que je m’acharnais à l’étrangler d’une prise serrée de mon bras. Un souvenir encore bien présent dans mon esprit qui me renvoya quelques flash de ces actes, à cette rage et peur qui m’avait animé, à cette colère qui me maintenait en pression en l’instant. La poussière s’éleva rapidement sous la tension de nos pas sur la terre arides, alors que je dirigeais ma progression en cette direction. J’avisais rapidement la position d’Higgins d'un mouvement vif avant d’en revenir à ce corps, toujours inerte qui gisait face contre terre.

Les mouches et les vers nécrophages avaient fait le reste du boulot, prenant le relais de ma condamnation, commençant à ronger tout ce qui était possible de glaner dans cette chaire pourrie et visqueuse. Je retroussais les narines en une expression de dégoût, les sourcils se fronçant par pur ressentiment, avisant les marques sombres d’un sang terni par le temps et la poussière, d’un sang que j’identifiais être probablement le miens. D’un geste du pied dédaigneux, pressant sa pointe à son flanc, j’obligeais sa carcasse à se retourner, accordant le geste d’un mouvement brusque qui fut facilité par la rigidité de son corps. Un peu plus loin, non loin du grillage, se découpait la silhouette de ce flingue – un Colt 45, dont il avait usé pour essayer de me descendre, l’une des balles dont la trace marquait encore ma veste en l’instant, d’un déchirement oviforme et que ma peau avait vu se garnir de son passage par la rondeur d’un hématome.

Je laissais mes yeux courir sur la chaire dévorée, figée dans sa plus grande horreur d’un air détaché, portant le pouce à mes narines pour le laisser s’y glisser d’une inspiration brève avant de les relever sur le grillage même et suivre son parcours jusqu’à la brèche éventrée, juste à côté. On avait laissé derrière nous un cimetière, on allait en faire un funérarium.
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba1173/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba1088/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Jeu 24 Sep - 23:45
Deux mots. Deux simples mots de la part de Kyle qui donnaient là le départ du passage à l’acte. Cet acte revanchard dont nous avions besoin, dépassant le simple statut d’idée pour s’engager sur la voie d’une réalisation nécessaire à accomplir la quête de notre équilibre. Je prenais le pas à sa suite et ses côtés lorsque l’homme matérialisa les mots par quelques tapes contre mon gilet, au milieu de mon dos. Je reniflais brièvement l’humidité de mes sentiments précédents à son égard, lui adressant en seule réponse un sourire, aussi affectueux et complice qu’il ne se voulait mince, soutenu de mes azurs aux paupières plissées de reconnaissance.

Un regard qui dériva lentement du profil anguleux de Collins, attiré par la silhouette lointaine d’un cadavre errant, semblant n’accorder aucune attention particulière à notre présence ici malgré notre arrivée motorisée il y avait encore peu. Je suivais sa progression du regard, les doigts de ma main droite venant effleurer d’une caresse rassurante et préventive le manche du couteau-papillon logé dans son étui, à ma ceinture. Mes lèvres se pincèrent lentement, l’envergure du sourire se réduisant sensiblement à la vision de l’infecté, l’alerte de mes sentiments reprenant leurs droits quant à notre situation d’alors. Cet endroit avait beau sembler désert, d’un calme tout relatif à peine perturbé par la légère brise qui faisait onduler quelques mèches de ma chevelure ; il n’en demeurait pas moins un cimetière possiblement hanté par des dizaines de sans-âmes que les événements de l’autre nuit avaient certainement rameutés.

Fausse alerte, aurai-je dû être tentée de conclure en voyant l’errant se perdre dans l’horizon de son indifférence, mais le sentiment s’était ancré en moi. Je n’étais pas sereine en cet instant, car le monde et ses dangers ne manquaient pas de se rappeler à moi. Malgré la présence de Kyle juste à mon flanc, malgré la confiance que j’avais en moi à ce propos aussi. Mon esprit ne pouvait se défaire de la réalité de ma situation, de mes armes qui se trouvaient affamées de munitions et que par extension, je manquais sérieusement d’arguments et de répondant là où les mots n’avaient ni poids, ni valeur. Et l’écrasante silhouette de la cimenterie dont nous longions le grillage d’enceinte n’était pas sans ajouter à la lourdeur de l’ambiance qui m’enserrait la gorge, autant que l’émotion et l’appréhension de faire face à se qui se trouvait en son sein.

À l’instar de Collins, je stoppais ma progression au devant de ce qui se voulait être un préambule à ce qui nous attendait. Un cadavre, d’un homme que je n’avais jamais vu et dont je me moquais bien du sort comme de ce qui avait pu l’y conduire. Je grimaçais néanmoins de dégoût, plissant lèvres, paupières et pommettes en sentant les relents de putrescence m’agresser l’odorat, chassant d’un vif geste de la senestre l’intrusion d’une mouche venue poser ses pattes sur le flanc de ma mâchoire. Un bref bourdonnement, rapidement gonflé d’une multitude lorsque Kyle arracha à son dernier repos le corps pourrissant, véritable buffet froid pour insectes, et le retourner.

Je grimaçais plus fortement à cette vision d’un mort demeuré au trépas et offert au cycle naturel et normal des choses ; là où la vue de dizaines d’autres plus décharnés, mutilés et surtout agressifs ne suscitait pas tant de répugnance. Peut-être était-ce le danger instillé par les infectés qui en atténuait l’intensité, peut-être était-ce juste l’habitude qui s’installait docilement en moi. Je ne comptais pas trancher cette question. Je ne comptais même pas questionner le geste de Kyle à l’égard de ce cadavre, m’efforçant sans difficulté à détourner le regard de la scène pour le laisser courir le long du grillage, et l’éventration manifeste de ses mailles métalliques. L’endroit même où ces salauds m’étaient tombés dessus. La gueule béante et pourtant étroite d’un loup dans laquelle il nous fallait plonger pour définitivement clore ce chapitre.

Mes phalanges se serrèrent en poings, plaqués contre le sommet de mes cuisses à l’instar de mes dents qui se crispaient et frottaient les une contre les autres de quelques mouvements de mâchoires pensifs. Je prenais une profonde inspiration par les narines, gonflant ma poitrine sous le poids de mon gilet, longuement, jusqu’à faire se tendre le tissu rigide et arracher quelques craquement légers aux velcros. Une tension relâchée plus soudainement d’un souffle court et bref, fuyant mes lèvres entrouvertes quand j’amorçais le premier pas, ignorant l’arme de poing que j’enjambais, ma semelle raclant le sol terreux et faisant rouler quelques gravillons sous mon talon, levant quelques volutes de poussière sèche.

Ma main droite se délia pour venir crocheter de l’extrémité de ses doigts le premier pan de grillage, agrandissant l’ouverture du grillage par laquelle je m’engageais de profil. La jambe gauche la première, devant rentrer le cou dans les épaules pour se faire jusqu’à sentir le béton nu et aride que je gratifiais d’une empreinte ferme. Je me contorsionnais, sentant quelques mailles d’acier agripper le tissu rêche de mon gilet et s’emparer de quelques-un de mes cheveux au passage. Rapidement, je ramenais mon autre jambe, bondissant à cloche-pied sur mon appui gauche pour passer entièrement de l’autre côté, pénétrer dans l’enceinte de ce lieu que je maudissais déjà mille fois dans mon esprit silencieux. Je maintenais par la suite mon emprise sur le pan de grillage que j’écartais un peu plus encore, tirant sur mon bras pour offrir un passage plus large à Kyle, l’invitant par ce simple geste à me rejoindre, de préférence sans tarder.

Néanmoins, je ne pus empêcher mon regard de se détourner de l’homme pour se porter vers le bâtiment de la cimenterie en lui-même, levant menton et prunelles jusqu’à embrasser pleinement le sommet de cette cheminée qui paraissait me dominer plus encore. Ma langue claqua contre mon palais d’une onomatopée discrète, mais révélatrice des pensées qui me traversaient alors, mon visage se fermant plus durement dans la crispation de ses traits et la contraction de mes mâchoires. Je laissais mes yeux glisser lentement vers le sol, détaillant jusqu’à m’en graver les rétines les détails de cette haute colonne qui ne serait bientôt plus que ruine, pour longer les arêtes métalliques de la cimenterie, les lourdes et immenses portes qui en marquaient l’entrée, et ce van abandonné là.

Van devant lequel j’avais retrouvé Kyle et James des jours auparavant, au beau milieu d’un chaos insondable de soulagement, de rage et de désespoir. Van qui m’avait aussi offert Sarah, brouillant un peu plus toute tentative de compréhension des événements qui s’étaient déroulés ici et auxquels je n’avais pas assisté. Ce qui rendait la tâche plus ardue encore car l’endroit ne souffrait pas unilatéralement d’une image négative. Nous avions trouvé Sarah ici. Une nouvelle raison d’être, un nouveau but qui m’avaient été offerts en ces lieux. Par ces lieux. Je secouais lentement la tête, pouffant très doucement d’un souffle dédaigneux quant à cette réflexion naissante, pinçant les lèvres sur une moue revancharde et plus décidée encore, dont la détermination pouvait se lire d’un froncement de sourcils creusant davantage la ride du lion marquant mon front.

Sarah ou non, cet endroit allait tout bonnement cramer.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba1139/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba102/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Mar 29 Sep - 17:48
C'est un soulèvement de poussière qui accompagna mes pas, quelques-uns à peine tandis que je voyais Higgins qui avait déjà pris les devants à s’avancer vers l’entrée forcée dans le grillage de sécurité, bien ancré dans cette détermination que j'avais su lui apporter. Je m’arrêtais brièvement au pied du flingue délaissé, fléchissant sur mes appuis après en avoir balayé son emplacement d'un geste du pied négligé pour le dégager des broussailles dans lequel il avait trouvé refuge. Mes doigts agrippèrent la crosse de l'arme en l'empoignant aussitôt - genou posé à terre pour délaisser temporairement au sol le bidon d'essence afin d’avoir les mains libres pour mes manipulations à venir, et mon pouce se détacha de l'emprise solide que j’exerçais pour actionner le bouton d'éjection du chargeur qui se propulsa hors de son logement par l'effet de gravité. Je réceptionnais sa chute dans ma main opposée, observant la barrette métallique, et plus spécifiquement, la gorge censée accueillir les cartouches de .45.

Le magasin était vide. Guère étonnant. Je ne nourrissais pas vraiment d'espoir au résultat inverse. Le temps filait, les minutions se dispersaient au gré des têtes de ces salopards, morts comme vivants, qui explosaient. Et au final, les armes devenaient objet de décoration et les balles, de l'or en barre. La nouvelle monnaie d’échange si tant est que quelques communautés existaient encore pour en effectuer. Les nouveaux dollars de l’apocalypse. D'un geste rapide sous ma réflexion pragmatique, je replaçais la longueur de métal dans la poignée du Colt 45, avant de pencher ce dernier d'une légère pronation de la dextre pour placer la fenêtre d'éjection vers le ciel et attirer la culasse vers l'arrière de ma senestre pour en déloger la cartouche enclenchée. Cette dernière sauta dans les airs au mouvement rapide que je lui instiguais, et je n'eus qu'à la recueillir dans le creux de ma main d’un rattrapage agile.

Je n'aurais pas pu le parier, mais en même temps, fallait tôt ou tard s'y attendre. La cartouche était d'une confection artisanale – très mauvaise en passant, en témoin de cette balle au métal rongé et creusé par endroits, et à la douille assez abîmée. Si ce truc-là n'explosait pas dans la chambre, c'était foutrement de la chance. Jouer à la roulette russe n'était pas mon passe-temps favori. J'étais plutôt du genre à ne pas lésiner sur la sécurité et la certitude d'avoir un matériel sur lequel je pouvais avoir une plutôt haute confiance - d'où mes heures passer à nettoyer chaque millimètre de mes flingues, avec une minutie rigoureuse, et cela, très régulièrement. Pour moi, un tir devait se résumait toujours par l’atteinte d’une cible, et autant que faire se pouvait, je préférais ne pas être celui dont le nom apparaissait en tête de liste. Je décidais de me débarrasser donc négligemment la cartouche en la jetant à terre, conservant néanmoins le flingue qui trouva logement à l'arrière de mon futal, laissant le métal froid presser sur ma peau à hauteur de mes reins, empoignant au terme de ces quelques usages, l'anse du bidon rouge et enfin rejoindre Higgins que je n’avais que quelques secondes à peine laissée patienter.

C'était un maigre gain, mais un gain quand même. Quelque part, ça me paraissait sans doute moins frustrant d'avoir des armes vides en quantité de stock quelque part que des calibres de balle sans l'arme associée capable de les tirer, et autant dire que le .45 ne courraient pas les rues. Du 9 millimètre passe encore, j’aurais sans doute fait l’impasse sur une telle arme si ça devait m’encombrer inutilement et si un choix avait été à faire, mais de mémoire, l'armurerie du Perchoir en était dépourvue. Je rejoignais rapidement le grillage éventrée de plusieurs foulées rapide, me glissant avec tout mon attirail et ma large carrure sous le passage qu'on me maintenait ouvert - le canon de mon fusil crochant vaguement un croisillon de métal avant de s'en dégager dans l'élan de ma progression, retrouvant au-delà ma pleine stature.

Nous étions entrés dans la zone rouge, celle qui réactivait tous mes sens mis en alerte. À quelques pas de là, sur le flanc droit du grillage, plusieurs cadavres pourrissants gisaient également, et ce ne seraient sans doute pas les seuls à croiser notre route. Des morts qui avaient cédé par deux fois au trépas, aussi bien en tant qu’humain qu’en tant que monstre réanimé, leur boite crânienne explosée par la pression de balles dévastatrices dont j’avais en l’instant oublié qui en avait été à l’origine, de moi ou de James, sans doute des deux. En terme de deuxième chance, je m'estimais tout de même bien en avantage. J'avais été mordu, de la même manière que chacun de ces putains d'infecter et quelque part, j’aurais dû en être, mais pour une raison qui m'échappait encore, ma chair n'avait pas pourrie et ma conscience n'était pas devenu vide de sens sinon de béqueter tout ce qui pouvait passer sous mon nez. Pour quel résultat au final ?

« Sean ? Et si tu nous faisais profiter des doux hurlements de Jena ? »

Je contractais l'ensemble de ma mâchoire d'une pression immense, mettant tous mes muscles du visage en tension au souvenir de ces quelques mots que les images de l’approche du bâtiment renvoyait. Une bien piètre douleur qui devait en ramener bien d'avantage à la concernée et qui attisait d’autant plus ma colère autant que ma jalousie pulsionnelle. Peu importe à quel point on promet de protéger les gens, y'aura toujours des salauds qui penseront avoir tout droit en cette terre et faire trahir nos promesses ; de s’approprier ce qui de droit ne leur appartenait pas. Je ne savais pas encore si je voulais vraiment voir le visage de ce salaud ou en faire l’impasse, si ma curiosité malsaine pourrait contenter ou galvaniser ma haine instinctive. Il n’y avait plus de vengeance à accomplir, plus rien à exprimer, car tout était déjà fait. Le seul mal que nous pouvions encore nous faire était celui que nous nous infligerions l’un l’autre.

Mes pas faisaient écho à mes souvenirs jusqu'à en provoquer une décharge d'une douleur ressentit sur le flanc de ma jambe droite blessée qui peinait à s'en remettre faute de continuité de soin divin, même si le plus gros avait été fait. C'était comme une blessure fantôme qui se rappelait plus à la mémoire qu'à la réelle souffrance, provoquant à ma démarche un léger boitillement quand j'arrivais aux rails, que je retint finalement au contournement du silo et arrivé droit sur la grande porte restée ouverte. Ca n’avait presque rien de rationnelle, mais ça me donner l’impact réel de ces réflexions et ces souvenirs qui ne cessaient de tourner dans mon esprit. Il fallait l’enrayer. Le brûler.

Face au bâtiment, je n'eus pas même le temps d'en franchir le seuil, même pas celui d'y jeter un œil qu'un son me parvint aux résonnements du grand espace qui desservait le quai de livraison. Celui de chaires mâchouillées, comme celui que ferait un carnassier occupé sur un festin sans bienséance. Un ou plusieurs d'ailleurs. J'en stoppais mes pas, une large inspiration se faisant dans ma cage thoracique qui faisait tressaillir mes pectoraux, mes iris grisés se plantant au terme de celle-ci dans la direction d'Higgins avant même d'en constater la présence avec plus de détail attendant son approche si elle ne suivait pas de près ma progression.

Top départ.
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)

Jena Higgins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba1173/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (73/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba1088/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (88/100)
Informations scénaristiques:
Jena Higgins

Ven 2 Oct - 0:32
J’observais Collins franchir le grillage d’enceinte à son tour, relâchant ma prise sur les croisillons dès qu’il fut pleinement parvenu de mon côté de l’enceinte. Lentement, je lui emboîtais le pas, portant premièrement la main à la crosse de mon Five-seveN suspendu au sein du holster ceinturant ma cuisse, avant de me raviser, figeant mon geste puis repliant mes doigts sur le vide de ma paume. Un très léger grognement de frustration résonna sourdement dans les tréfonds de ma gorge à ce rappel de ma vulnérabilité. L’instant suivant, le creux de ma main directrice accueillait en son sein le manche du couteau-papillon, lame exhibée dans les reflets du jour.

Je plissais quelque peu les paupières observant Kyle, et sa démarche qui devenait un poil plus déséquilibrée sur sa droite. Une bouffée d’inquiétude me prit aux tripes, l’existence de sa blessure à la cuisse me revenant en mémoire avec toute la clarté de son cynisme, autre souvenir que cet endroit ravivait malgré lui. Et si je ne doutais point de la détermination de l’ancien militaire, qui avait su galvaniser la mienne tout autant de son aura de nécessité et la justesse des mots choisis, la question s’imposait, pernicieuse, de savoir si nous étions physiquement en mesure de nous confronter à une telle épreuve, si tôt, si spontanément.

La question me brûlait les lèvres de m’enquérir de son état, mais je la retenais prisonnière d’une réponse évidente et autoproclamée. Bien sûr qu’il allait bien. Voilà ce qu’il me dirait. J’étais persuadée qu’il me mentirait, les yeux dans les yeux, d’un aplomb culotté, tant porté par sa fierté virile que son entêtement que nous faisions la bonne chose. Et je ne pouvais me résigner à lui donner tort, ni même oser lui tenir tête en cet instant, car j’en avais tout autant besoin que lui. N’était-ce pas là ce qui nous caractérisait tant, depuis des mois maintenant ? Ne rien lâcher en dépit des épreuves.

Alors je l’avais suivi, presque trop docilement jusqu’à ses grandes portes qui marquaient de leur stature l’entrée d’un enfer éteint dont nous venions raviver les flammes. Un enfer dont les cendres n’avaient pas encore plues, mais qui offrait par le son bien avant l’image un avant-goût de ce qui nous attendrait en son coeur. Des morts, mastiquant, baffrant et bafouant les cadavres de nos ennemis trépassés. Des morts qui en viendraient bien rapidement à leur préférer mets plus succulents que nous étions, de chair vive et palpitante, faits de souffles, de chaleur et d’appréhensions qui transpiraient sûrement par le moindre pore de ma peau.

L’épaule droite plaquée contre le battant au métal froid, les doigts toujours plus serrés sur le manche de mon couteau, je braquais mes azurs vers Kyle, relevant légèrement le menton pour capter l’éclat de ses iris orageux, je retroussais les lèvres sur mes dents pour les mordre imperceptiblement, retenant mon souffle quelques instants pour mieux me laisser emporter par les sons provenant depuis l’intérieur du gouffre de nos souffrances. Mes souvenirs de la disposition des lieux se voulaient flous, pour ne pas dire plus simplement chaotiques tant les événements y furent intenses. Où se trouvaient les corps de ceux que nous étions venus déranger dans leur dernier repos ? Où avais-je été, par où étais-je passée ? De mémoire vive, et tout autant que je m’efforçais de m’en rappeler, il n’y avait eu que ces portes de suffisamment marquantes pour y laisser une empreinte certaine.

Un flou qu’il était temps de dissiper, pour reprendre l’avantage. S’accorder une petite victoire. J’en avais besoin. Nous en avions tous besoin, chacun à notre mesure. D’un léger battement de paupières, il me semblait percevoir une lueur dans les aciers de mon compagnon, fugace, entraînante. Je lançai ma senestre libre dans un mouvement du bras à venir lui asséner une légère tape sur l’épaule opposée, puis pivotai d’une rotation des chevilles sur mes appuis pour arracher mon corps au repos de contre le métal de la porte, m’engouffrant par l’ouverture dans l’antre de la bête.

Il aurait été exagéré d’affirmer qu’il y faisait trop sombre pour distinguer quoi que ce soit. Les verrières dans le plafond laissait toute liberté à la lumière diurne de s’engouffrer dans les lieux et les nimber de nuances claires, jouant en reflets sur l’acier des machineries et les grains de poussière en suspension. Le quai de chargement ne souffrait pas de la pénombre, seuls mes iris bleutés se devaient de s’y accoutumer après avoir subi la clarté extérieure. C’était l’affaire d’une poignée de secondes, mais je savais mieux que quiconque qu’une fraction de secondes pouvait faire toute la différence. C’était ce qui s’était produit ici. Tout avait basculé en un instant à peine plus épais. Le temps d’une unique taffe sur une cigarette, d’une lueur et d’une détonation assourdissante pour tout renverser. Le temps était venu d’invoquer le talion.

Au premier pas foulant le ciment du sol, je redressais légèrement ma lame devant moi, embrassant le quai de chargement d’un regard semi-circulaire. Un transpalette ici, un chariot-élévateur plus loin, des monticules de palettes et de sacs de béton entassés et disposés ça et là, attendant après un transport qui ne viendrait plus. Les rails qui s’enfonçaient en sillons métalliques dans le béton jusqu’à s’arrêter au pied d’une barrière de butée. Et ce cadavre animé, source majeure d’un bruit de mastication et succion qui ne laissait guère de doute quant à la nature de son festin. Agenouillé, le buste penché en avant, ses mains osseuses prenant appui sur des restes dont la silhouette bien humaine n’en demeurait pas moins difficilement reconnaissable tant ses chairs furent dévorées par son assaillant d’outre-mort.

Mais cela importait peu, et m’arrangeait bien quelque part. J’adoptais une progression plus lente, une démarche plus précautionneuse en retenant l’amplitude de mes pas, posant mes semelles au sol sans frapper celui-ci. J’avais l’avantage de la surprise sur cette créature, je ne comptais pas laisser filer cette chance. Tout paraissait si net dans mon esprit. S’approcher, planter ma lame dans le bulbe qui le maintenait mystérieusement en vie et passer au suivant jusqu’à ce que calme se fasse, ou tempête nous chasse. Je réduisais également l’ampleur de mes souffles à mesure que la distance se réduisait entre ma cible et moi, ralentissant le rythme de mes inspirations pour les rallonger, gonflant plus généreusement mes poumons pour en exhaler ensuite un mince filet d’air retenu.

J’atteignais le mort sans que celui-ci ne parvienne à me remarquer, posant puis verrouillant l’appui de mon pied gauche à côté de ses jambes, à la hauteur de ses genoux, redressant le coude au niveau de mon épaule, l’extrémité de ma lame pointant vers l’arrière du crâne de la créature. Et je détendais mon bras d’un coup sec, à la puissance inégale dont la finalité vint heurter le haut de la nuque du dévoreur. La chair délitée, assouplie par des mois d’errance en fut si molle que le couteau traversa une bonne partie de l’épaisseur de son cou, jusqu’à venir trancher sa carotide à l’opposée, dont le contenu figé se déversa en un filet visqueux aux reflets noirâtres, heurtant le sol d’un “ploc” parfaitement répugnant. Mais bien moins cependant que le visage qui se tourna vers moi, des lambeaux de chair encore pendant aux commissures de ses lèvres marbrées et crevassées. Un son guttural d’avidité jaillit de cette gorge à la bouche encombrée de quelques chairs guère plus fraîches, mais dont l’appétit ne pouvait décroître sous l’effet de je-ne-savais quelle malédiction.

Je retirais ma lame d’un geste aussi brusque que l’initial, reculant de quelques pas en me postant sur mes appuis, la jambe droite en retrait par rapport à son homologue, le bras gauche légèrement plus en avant, prêt à réceptionner l’élan de mon ennemi qui se redressait déjà, fouettant l’air d’un arc de cercle de ses bras décharnés dans le pivot. Je prenais une profonde inspiration, plissant légèrement les yeux dans l’attente de cette confrontation qui viendrait fatalement de face, car il n’y avait jamais de stratagème à appréhender venant de ces horreurs. Une inspiration suivie d’un souffle sec et bref, frustré d’une compréhension qui me saisissait. Jusqu’au bout, ce lieu nous résisterait.
Equipement Porté :
Capacité : 4/6
FN P90 50C 5.56
P.L.-SMA
Couteau papillon
Jumelles V.N.
Talkie-Walkie
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : -
Tête : -
Torse : Gilet pare-balles
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : Holster
Five-seveN 20C 5.56
T.T.
Véhicules 0/5
-
Contenants Personnels :
Dos 0/30
Grand sac
-

Cache 0/100
Casier du Perchoir
-

Kyle Collins


Fiche de personnage
Points de RP:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba1139/2000[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (39/2000)
Etat Mental:
[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Debuba102/100[Secteur M] Brûler la tuile - 16/04/35 - Page 2 Videba10  (2/100)
Informations scénaristiques:
Kyle Collins

Mer 21 Oct - 15:18
Juste après le geste d’Higgins, lui laissant le quart de seconde qui suivit pour prendre le pas et les devants sur ma propre progression, j’entamais à mon tour mon entrée, mes iris d’acier à la dureté égale à leur éclat en réponse à cette froideur que ce hangar m’inspirait. Mes souvenirs étaient assez confus et je n’étais pas bien certain d’y être entré plus que cela, la première fois. Outre le mort à la mastication digne d’un chien enragé, je balayais les environs en prenant bien le temps de m’assurer que l’invisible et l’inaudible ne viendrait pas nous surprendre alors bien trop focalisé sur ce danger presque volontairement apparent. Je m’attardais un instant sur ma gauche, dans le recoin de ce hangar désormais miteux ou un autre cadavre jonchait le sol comme un vulgaire détritus que pas même les morts n’avaient daigné s’en intéresser jusque lors.

L’odeur agressa bien rapidement mes narines. Ces relents de mort, de putréfaction, de sang, qui auraient paru à quiconque d’un autre temps bien stupéfiant en l’état mais qui habillaient désormais les rues, les ruelles, les quartiers et même les campagnes de notre si belle Amérique. Il n’y avait plus un seul endroit d’air pur en ce monde décomposé qui charriait toujours les mêmes relents pestilentiel – à plus ou moins grande intensité. On s’y habituait, aussi immonde que paraissait cette idée. On s’habituait au charnier et à la décadence, on côtoyait la mort en permanence. C’était désormais notre lot à tous. Chaque putain de vivants de ce monde avait déjà vu une dizaine de cadavre dans sa vie, ambulant ou non. Homme, femme, enfant. La rudesse n’en avait épargné aucun, de tout ceux encore vivant.

Ce corps là baignait dans une auréole sombre et visqueuse, luisante à peine de la faible luminosité qui habitait l’intérieur en dépit du grand soleil au dehors. Je n'en voyais pas le détail, à cette distance, mais je me doutais que les insectes en avaient fait leur goûté, à défaut des charognards plus gros. Je savais, intimement, que je n’étais pas innocent de ce cadavre. Ma mémoire glana quelques souvenirs supplémentaire, écho à ce que j’avais entendu, des souffles courts, des battements de cœur vacillants, des gémissements étouffés de suppliques larmoyantes. C’était comme si les lieux étaient désormais habités de fantômes bien trop imprégnés dans les murs et le sol, ramenant sans cesse les schémas de cette nuit, disséminé dans un chaos certain. Ces voix résonnaient à mes oreilles, fruit d’une attention distante qui en perturbait un temps ma concentration.

J’avais laissé glisser le bidon d’essence au sol, mes quelques pas entrant davantage dans l’obscurité en prenant garde que chacun de mes mouvements soient mesurés, retournant à la réalité presque trop vertigineuse pour y voir Higgins s’approcher furtivement de la créature qui donnait de son dos et faisait pitance d’un des énièmes bâtards que j’avais descendu. Combien d’homme avais-je tué cette fameuse nuit de tragédie ? Je n’avais vraiment pas envie de compter. Non pas par principe ou honte d’immoralité, mais parce que je n’en avais strictement rien à foutre qu’ils aient été deux ou dix, je n’en aurais épargné aucun d’entre eux, même si c’était cent fois à refaire. Non, le seul regret que j’en avais finalement, était bien dans ces morts bien trop rapide que j’avais octroyé. J’aurais préféré les faire souffrir. J’en éprouvais un sadique besoin issue de cette vengeance inassouvie.

De ma dextre, je faisais basculer mon fusil à mon épaule pour m’en saisir de mes deux mains libres, gardien de ce jerrican à mes pieds qui portait l’amorce des enfers que nous nous apprêtions à déchainer, la crosse venant assez naturellement suivre le prolongement de mon bras au moment même où la finalité de cette tentative d’approche furtive avortait dans un chuintement visqueux, suivit d’un râle de protestation désagréable. Le mort était bien trop proche de sa nouvelle cible, bien trop proche à mon goût pour ne pas réarmer mes sentiments d’alerte qui me poussaient à intervenir, mais bien trop proche également pour tenter un tir alors que je n’avais pas l’assurance de le réussir.

Mon retour à la vie avait eu son lot de compensation, comme si j’avais payé une dette de mes quelques facultés et que je la payais encore. Le prix d’une seconde chance était le haut risque que Lucifer vienne réclamer son dû d’un moment à un autre par l'incompétence gagné. Mais alors que mon souffle se faisait plus bas, mes iris passant de l’un à l’autre, l’extrémité du canon toujours maintenu vers le sol, c’est l’apparition d’un autre mort dans mon champ de vision qui capta véritablement mon attention. Ombre fugace parmi une zone obscure dans la quasi-direction d’Higgins qui disparaissait derrière l’encombrement d’un chariot élévateur. J’épaulais le FR-F2 d’un geste mécanique, me dispensant de la lunette qui ne m’aurait offert qu’un handicap supplémentaire à si courte distance, essayant d’anticiper son extraction d’un côté, patientant son apparition, pour le voir resurgir de l’autre.

Je décalais immédiatement ma mire sans bouger d’un pas, laissant à ma partenaire l’attention concentré à son propre mort pour lui épargner une prise en tenaille. Quand bien même sa première tentative avait échoué, je ne doutais à aucun moment qu’elle puisse parvenir à mettre un terme à cette non-vie. Mais mon tir réflexe, dont l’écho fut largement atténué par l’embouchure plus large qu’accoutumé en l’existence d’un silencieux, se flanqua dans l’une des fourches de l’engin, claquant d’un écho métallique en quelques éclats d’étincelles sans perturber d’aucune commune mesure l’errance de mon cadavre désigné.

Je pestais largement à cette constatation, baissant l’axe de ma visée pour venir libérer la cartouche vide, réarmer le levier, enclencher la nouvelle munition et voir le mécanisme bloquer en butée brièvement, me forçant à presser mon mouvement un peu plus durement. Putain de Français incapable de fabriquer quoi que ce soit qui tienne un minimum la route. J’avais perdu de précieuses secondes. Bien trop à mon goût à voir la progression de ce décharné ronger la distance qui l’approchait d’elle. Je redressais immédiatement mon arme pour l’axer dans la direction de ce bouffeur de cervelles et tirer de nouveau. Son corps fut projeté vers l’arrière, sa tête explosant comme une citrouille mûre à l’impact d’une balle, projetant ses giclés d’hémoglobine sur la façade de palettes entassées juste à côté.
Equipement Porté :
Capacité : 3/7
FR-F2 10C 7,62
P.L. - SMC
Redhead Toxik 1C Flec.
Couteau de combat
Accessoires Pratiques :
Munitions 3/3 : Flec.
Tête : Viper Batleskin
Torse : Gilet tactique
7,62 - Talkie Militaire
Bras : -
Flancs : -
Taille : -
Jambes : -
Véhicules 1/5
YZF-R1 (3/4)
Contenants Personnels :
Dos 10/30
Grand sac
Carburant (10)

Coffre 0/20
YZF-R1

Cache 21/100
Casier du Perchoir
Desert Eagle 9C .44 (3)
Masse (14)
Lampe dynamo (2)
Holster (2)
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