Haut de page
Bas de page


Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Ailleurs - 13/12/34
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Prologue

Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant

Evènements

Anonymous
Invité
Sam 13 Déc - 1:18
Ailleurs - 13/12/34 U7fao10

Ailleurs


Elle voltige, la brise du matin, avec un arrière goût de liberté. L'herbe est froide, désertée depuis trop longtemps et en proie aux nuits gelées. Il y a une odeur, qui provient d'ailleurs, mais semble traverser le champs comme un souffle de vérité, une odeur de brûlé à peine perceptible mais assez pour s'en rendre compte. Scott, tu es allongé sur le sol, les bras en grand et les jambes rapprochées, tel Jésus présenté sur sa croix à ceci près que ce dernier ne côtoyait pas le sol.

Il y a un bruit en fond, comme un appel à l'errance sous forme d'une plainte morbide. Mais tu ne l'entend pas, pas encore.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Le temps de réaliser et tu pourras distinguer le décor : une plaine, aux abords d'un vaste champs. Tu es à proximité d'un arbre, semblant seul perdu dans ce lieu de campagne tandis que la forêt est au loin vers le nord-est. Non loin au sud, il y a la route, grand sentier moderne qui parait partir du bout du monde pour rejoindre l'autre bout. Le soleil grimpant après l'aurore te frappe en pleine vue, gênant ton regard alors que tu sors tout juste de ce lourd sommeil des plus étranges, ce qui n'aide pas à te réorienter dans un tel désordre de l'esprit.
Tes yeux peuvent néanmoins percevoir ce vide béant, sans vie ni construction civilisée à des kilomètres à la ronde... ou presque ? De l'autre coté de la route au loin, bien huit cent mètres de l'endroit où tu te trouves, tu peux peut être distinguer cette bâtisse. Une ferme peut être ? Ou un entrepôt isolé ? Ces questions, il n'est pas temps de se les poser car d'autres se bousculent. Que fais-tu donc ici ? Mais quelle est cette plaine ? N'étais-tu pas en train d'agoniser sous les dents d'un marcheur il y a quelque instants de cela ?

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparues. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions sans doute naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement, déposé à coté de toi et presque dissimulé par l'herbe, aligné et nettoyé. Ainsi te voilà vivant, la peau aussi propre que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.

D'un coup, le soleil disparaît, comme happé par une nuit qui d'un caprice décide de revenir au galop. Cette ombre semble pourtant bouger car des parcelles de la lumière du soleil transparaissent de parts et d'autres en d'incertains ténèbres. Puis le flou qui barre ta vue commence à se dissiper, tes sens commencent à reprendre un peu de leur place et tu te rends compte, l'instinct en alerte, que ce n'est pas la nuit qui revient : une femme, marchant un pas après l'autre, lentement mais sûrement et exprimant quelques grommellements sans queue ni tête. Un marcheur, ou une marcheuse, tu peux après quoi voir son visage décomposé et l'orbite de l'un de ses yeux alors qu'elle approche à quelques mètres de toi, ici...

Ailleurs.




Éléments scénaristiques:
 

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Sam 13 Déc - 12:12
La brise vint lui caresser le visage à de multiples reprises, son étreinte glacée poussant Scott à sortir de sa longue et profonde torpeur. Engourdi, voilà le premier mot qui lui vint à l’esprit, cette étrange sensation de ne pas avoir dormi assez longtemps et de sortir tout juste d’une bonne grippe.
Un murmure s’échappa de Scott :

- « Si c’est le paradis, c’est qu’on s’est bien foutu de moi… »

Il se gratta les yeux, et entreprit enfin de les ouvrir, toujours allongé à même le sol. C’est en découvrant le ciel, qu’il ajouta :

- « Foutaises… Je n’ai même pas pu te rejoindre. »


C’est avec résignation qu’il avait lâché cette dernière phrase. On lui avait enlevé la vie, mais pourtant, la mort ne s’était pas présentée à lui.  Les ombres du destin semblaient lui jouer un tour bien loin d’être compréhensible par son modeste esprit de mortel. Une malédiction ? Peut-être.
Calme, et apaisé, voilà les premières sensations de notre héros, seul, et perdu dans un paysage qu’il ne connaissait pas. Ses yeux maintenant grands ouverts, il admirait le ciel, et plus particulièrement, le soleil, qui l’éblouissait de toute part. Il ferma un œil sous la forte luminosité, et leva son bras droit pour se protéger des rayons de son agresseur céleste. Heureusement, un souffle agita l’arbre sous lequel le cadet de la famille Redfield se reposait, ou plutôt, gisait en paix, et finit par attirer l’attention de notre héros. Il ne l’avait pas remarqué à sa première observation, malgré son imposante stature de chêne centenaire.

* Je suis donc si mal au point que ça pour ne pas avoir remarqué un arbre si imposant au premier coup d’œil ? *

Un sourire illumina le visage de Scott, qui se moquait de sa propre condition. Les branches qui s’agitaient de manière constante offrir à ses yeux l’ombre nécessaire pour bénéficier d’un cours moment de répit. Notre héros semblait récupérer petit à petit ses esprits, et décida de rejoindre tant bien que mal le tronc du chêne. Non, non, pas en marchant, il s’en sentait tout bonnement incapable pour le moment, mais en rampant.
C’est seulement après de longues minutes qu’il atteint l’arbre, et put enfin s’asseoir en posant son dos contre le tronc. Ses yeux commençaient tout juste à s’habituer à la luminosité ambiante.

- « Qu’est-ce que je fous là… »

Très vite, il essaya de chercher les réponses au fond de lui-même, en puisant dans ses derniers souvenirs. Il se rappelait du Texas, et plus particulièrement, qu’il c’était fait tirer dessus, avant de s’être fait agresser par une de ces abominations. C’est en revivant la scène intérieurement, et en se rappelant de la douleur qu’il avait enduré, que d’instinct il se saisit le mollet afin de constater l’état sa blessure, ou plutôt, l’absence de blessure.

*Non, non, ce n’est pas possible… Ce n’était pas un rêve.*

Comme pour vérifier ses dires, il remonta légèrement son pantalon pour vérifier ses dires, en vains. Il n’avait rien, rien du tout, ni la morsure ni le trou béant dans l’estomac, par contre, l’odeur pestilentielle de son costume ne commençait à parvenir jusqu’à son nez.

*Un costume à 5000 dollars… Foutu. Avec un peu de chance, ces abominations de Z vont me prendre pour l’un d’eux*

Il esquissa un petit rire qui provoqua une quinte de toux, manquant de l’étouffer.

*Je suis vraiment pitoyable*


Il inspecta alors son équipement : du tabac, un briquet, un sac à dos, et une batte de baseball.
Son premier reflex ? Allumer sa sacro-sainte cigarette. À la première taffe, il se rendit compte que sa main droite tremblée, parcouru de spasme incontrôlable. L’excitation ? La peur ? Un effet secondaire de son étrange réveil ? Il n’en savait rien.
Un grognement finit par attirer son attention, et celui-ci n’avait rien d’humain. Un, ou plutôt une Z, décrépit, qui convergeait lentement vers lui, trébuchant à chaque aspérité du terrain. Tout en continuant sa cigarette, Scott se releva tant bien que mal, en s’appuyant contre l’arbre.

- « Je vois que l’on ne laissera même pas le temps de profiter d’un petit plaisir. »

Scott saisit sa batte, et en profita pour faire quelque roulement de poignet avec, comme pour s’échauffer.

- « Heureusement que tu ne m’as surpris quelque minutes plus tôt, j’aurais fait un beau festin. »

Le zombie grogna, comme pour exprimer son approbation. Il ne restait qu’une dizaine de mètres entre les deux protagonistes, Scott prépara son geste, comme un batteur avant un Home-Run, son arme de fortune derrière la tête. La croix reliée à son bracelet s’agitait dans tous les sens, au gré du vent, tout comme la fumée de sa cigarette. Notre héros en profita alors pour jeter un dernier coup d’œil autour de lui, et remarqua une lointaine bâtisse, seul vestige de l’activité humaine dans le secteur. Une fois que son adversaire serait passé à trépas, il le fouillerait avant de rejoindre ce qui semblait être une ferme perdue dans l’horizon.
Il fixa une dernière fois son adversaire, maintenant à quelques pas de lui, avant de lui lancer :

- « Je t’envoie dans un monde meilleur, je t’accorde la rédemption, vas en paix. Amen. »

Scott tente alors de briser le crâne de sa victime titubante avec un coup bien placé.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 14 Déc - 1:26
Ailleurs - 13/12/34 U7fao10


Résolution tour I 

Scott : Tu produits une certaine quantité d'efforts afin de te reprendre, et distinguant finalement le marcheur, prends le temps de te relever et de tester la motricité de ta main en faisant tournoyer la batte. Tu as cette désagréable impression de ne plus savoir comment utiliser tes mains, comme si tu retombais en enfance et redécouvrais la façon d'étirer tes phalanges, de mouvoir ton poignet, comme si ta pratique passée s'était momentanément envolée.

La femme-morte approche, elle est vêtue d'un jean à moitié déchiqueté à la jambe droite et d'une chemise à carreaux presque en lambeaux, tu peux d'ailleurs remarquer qu'il n'y a plus aucune chair ou presque sur la partie à l'air libre de la cuisse au pied, ne laissant que des os et articulations à peine couvertes, ce qui explique qu'elle titube ainsi. Son visage est défiguré, à moitié mangé et l'orbite que tu avais identifié entrevoit les filets organiques qui devaient rattacher un oeil arraché. Ses cheveux autrefois blonds sont ternis et recouverts de boue. Une véritable horreur à voir.

Elle tend les bras à l'approche de ta chair, vraisemblablement attisée par la vue de ton visage et l'odeur de ta peau si propre, ou en tout cas c'est l'impression qu'elle donne. Elle titube encore et arrive finalement à ton niveau. Ton arme prête, tu prends un peu d'élan pour la projeter, faisant mouvoir ton corps des hanches aux épaules pour accompagner le geste et tout ne se passe pas comme prévu...
Un rude vertige prend vie dans ta tête, animé par le mouvement vif que tu avais embrayé et c'est bien une chose qui ne pardonne pas car la force de ton bras s'envole brutalement sous la douleur. Si ton coup atteint bien le crâne du marcheur, il manque cruellement de puissance. Tu perds ton équilibre dans le mouvement et durant un instant, ta volonté s'efface sous cette frappe neurale, sentant le choc de la batte sur la femme avec l'impression d'être extérieur à la tentative. Vous tombez tous les deux au sol et ton arme échappe à ta main tandis que ton coup a tout de même secoué le peu de solidité qu'il restait à la chair morte du marcheur car, en plus d'une belle touffe de cheveux pailleux, un morceau de peau reste attaché à la batte et son oeil sort de son orbite pour pendre au creux de son nez.

Si tu dois accuser le douloureux vertige et cette retombée dans l'herbe, toi dont le corps vie, ce n'est pas le cas de cette chose qui ne tarde pas à faire mouvoir ses bras et bascule sur le coté, cherchant à se hisser jusqu'à toi, sa main à quelques centimètres de ton visage. Te voilà en situation dangereuse.

+++

Tour II

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Dim 14 Déc - 11:27
Un échec retentissant, et potentiellement lourd de conséquences pour un acte aussi banal et futile. À sa chute, Scott se contenta de crier un long flot d’insultes et de jurons divers, maudissant sa propre condition.
Il n’aimait pas ça, cette impression d’être… « nouveau », comme s'il se réveillait après un long coma. Une renaissance, un nouveau départ, mais aussi un corps et un esprit presque vierge, ou du moins, bien plus vide qu’avant.
Sa chute fut lourde, et lorsque son corps heurta le sol, il ne put se retenir de geindre. Heureusement pour lui, sa cigarette elle, était toujours en place, une maigre consolation. De nouveau au sol, il eut le réflexe d’essayer de reculer son corps loin de son adversaire, en glissant en arrière.

-« Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible ! »


Ce cri, qui mêlait panique et surprise du jeune homme, ne fît que stimuler l’abomination, qui finit par lui attraper le mollet fermement. La tonicité musculaire du macchabée était impressionnante, surtout pour un mort en piteux état. La Z se retournait face à Scott tant bien que mal, et essayait de se tirer vers sa proie. C’est une créature infernale qui essayait de le dévorer, un visage si difforme et abimé qu’il était difficile d’imaginer son apparence autrefois humaine. Le souffle de cadet des Redfield s’emballa lorsqu’il contempla le visage du monstre, il tirait de plus en plus vite sur sa cigarette. Comment un tel être pouvait exister ? Comment un tel être pouvait se mouvoir comme un homme, sans en être un ?

*Comment peut-elle être aussi moche surtout ?*

À l’évocation de la laideur du Z, Scott reprit ses esprits, cette remarque parfaitement stupide et déplacée avait le mérite de le faire sourire. C’est alors que la tête du Zombie s’approcha dangereusement de sa cuisse gauche.

- « Pourquoi… Tu… Es … Aussi … Moche »

Il marquait chaque mot, pour être en rythme avec les coups de pied qu’il délivrait au visage de son agresseur morbide. La tête du zombie encaissait chaque impact, et gesticulait d’avant en arrière comme un culbuto. L’œil, qui était déjà délogé de son orbite, était maintenant dans un piteux état, les coups de pied avaient encore plus distendu son nerf optique, il pendait maintenant sous son menton. Suite à cet assaut, il devenait quasi impossible de discerner un trait humain du visage du zombie : le nez était maintenant fracturé, ses joues déjà à moitié dévorées formaient une sorte de bouillie qui laissait apparaître les dernières dents qu’elle possédait encore après les violents coups de pied qu’elle venait de subir.

- « Te voilà maintenant hideuse »

Une nouvelle fois, la Zombie grogna. Ces créatures pouvaient elles ressentir la douleur? Scott n’en savait rien, mais le simple fait que cette hypothèse pouvait se révéler vrai lui apporta satisfaction. Néanmoins, même si c’était le cas, cela n’avait nullement changé les projets de la Zombie, qui essaya une nouvelle fois de le mordre à la cuisse.

- « Mais tu vas arrêter, sale garce ! »

Scott redressa son buste, et assigna un coup de poings aussi violent que possible au crâne de la jeune femme. Lorsque son attaque épousa le visage de son agresseur, il fût comme foudroyé sur place :
mais où était donc sa force, et ses réflexes d’avant ? Il avait donné un coup de poing comme un idiot sans entrainement ni expérience aurait pu le faire. Lui, un ex-champion de boxe thaï, avait oublié jusqu’aux premiers fondements de son art.

Il ne savait plus rien…

Il n’avait plus qu’à espérer que ses précédents coups avaient au moins durement secoué son adversaire.

Evènements

Anonymous
Invité
Dim 14 Déc - 16:49
Ailleurs - 13/12/34 U7fao10

Temps : L'aube levée, le vent commence à se manifester et des nuages gris se profilent à l'horizon.
Activité : Le calme de la campagne est de mise.

Résolution tour II 

Scott : Tu te débats tandis que la femme-morte, agrippée à ton mollet, tente de se frayer un chemin à ta cuisse. Tes coups de pieds s’enchaînent et lui martèlent le visage, retirant des lambeaux de chair sous le choc et allant jusqu'à éclater l'oeil suspendu qui émet un bruit absolument immonde, déversant du liquide dont la couleur se perd dans le mélange de crasse et de sang séché de la chose qui veut ta peau.

Malgré les coups et bien que cela la tient à distance, la repoussant, elle revient à chaque fois et ne daigne pas lâcher ton mollet, cherchant maintenant a enfoncer ses ongles dans ton pantalon de costume. Ta force semble insuffisante, car tu es fatigué et comme réinitialisé dans ton savoir et tes gestes. Puis, alors que l'adrénaline monte à la sensation intense de danger, tu ressens comme une... impulsion.

Elle parcourt ton crâne, relançant la migraine qui t'accable et donne l'effet d'un coup de jus après avoir eu l'imprudence de mettre les doigts dans une prise électrique. Ca ne dure qu'une seconde, juste le temps de la ressentir d'instinct, ne l'identifiant pas plus que tu ne la comprends. Sortant de cette secousse neurale pour reprendre ta lucidité immédiate, tu constates un fait des plus inattendus.
La femme morte qui pressait un instant plus tôt ta jambe, n’exerce plus de poigne même si sa main reste fixée sur ton mollet. Le bras tendu vers ton visage et les dents en évidence, ses yeux absents ne te fixant que des tréfonds de l'orbite, elle ne bouge plus. Figée, c'est ce qu'il semble être et cela aurait de quoi laisser dubitatif mais pourtant c'est bel et bien le cas, elle ne produit plus le moindre mouvement et semble éteinte.

Tu n'en a aucune certitude, mais ton instinct laisse glisser l'hypothèse ombrageuse, que tu n'es pas étranger à ce qu'il se passe. Comment cela s'est il fait et surtout qu'as-tu fait ? Pourquoi as-tu l'impression de l'avoir fait ? Voilà une bien étrange situation.


Eléments scénaristiques:
 

+++

Tour III & Introduction


Ivy & Samuel :

Ce rêve, brutal, cette sensation, atroce et oppressante. Prisonniers de votre propre esprit, vous subissez ces incompréhensibles flashs accompagnés de paroles insensées, poétiques et prophétiques. Le temps n'existe plus, l'espace devenu une substance fictive et la réalité n'ayant plus que l'attribution que votre subconscient peut lui donner, et pourtant...

Tout s'arrête. Il y a une vague odeur de friture qui vous parvient, en fait forte et assez acide, comme si l'on faisait cuir quelques frites dans une pièce voisine, qui vous emplit les narines. Elle se mêle à l'odeur plus diffuse et à la fois plus présente du confinement dans un lieu boisé, cette familière sensation qui pour certains rappelleraient de vieux souvenirs dans la maison âgée de leurs grands-parents. Peu à peu, vous émergez.

Vous vous réveillez, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il vous faudra le temps de reprendre vos esprits, d'identifier l'environnement qui vous entoure et de comprendre que vous êtes en vie. Elle vous tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où vous ne savez ni où vous êtes, ni qui vous êtes et jusqu'à en avoir oublié votre nom, statufié par un flot d'informations à votre cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Pour autant vous ressentez tout d'abord un indicible confort dans votre dos et le long de votre corps malgré la douleur. Le toucher doux et rassurant d'un bon matelas au long vécu surmonté d'un oreiller moelleux, chouchouté par l'encerclement d'une couverture qui vient fermer ce cocon savoureux, car c'est dans un lit que vous revenez à vous. Tout semble d'un calme plat, hormis ce bruit de fond si caractéristique et agréable de quelques oiseaux chantant loin au dehors.
Il fait bon, tout juste chaud, assez pour garder votre corps dans un état de pleine satisfaction sans retirer la douce caresse de l'air. Ce lit dans lequel vous êtes est particulièrement modeste et à sa façon, c'est ce qui le rend si confortable et plaisant. Fait de bois de hêtre sur un fond de mur en bois plus rude, assorti à une table de nuit en vieux chêne où ne sont ornés qu'une horloge visiblement tout droit sortie des années 80 et d'une nappe. Un bruit survient à proximité et, au fur et à mesure que vous sortirez de votre incompréhension totale momentanée, vous vous rendrez compte que vous êtes tous deux installés dans la même pièce, chacun dans un angle du fond de la chambre où est calé votre lit avec la porte qui fait face à Ivy, et une armoire massive aux portes rongées qui fait face à Samuel.

La table de nuit sépare vos deux lits et a été soigneusement installée sous une fenêtre aux rideaux à fleurs épais qui laissent tout de même filtrer une partie de la lumière à travers les parcelles de blancs qui les dominent. Vous vous rendrez compte qu'une de vos mains - droite pour Samuel et gauche pour Ivy - est assez peu confortablement en revanche, placée au dessus de vos têtes. Un geste instinctif vous fera réaliser que celle-ci est attachée à l'une des barres de la tête de lit, par rien de moins que des menottes. Et celles-ci n'ont à tout croire rien de copies festives. Qui est qui, nul n'en a la fichtre moindre idée. Mais ne deviez-vous pas mourir ? Et comment êtes vous arrivé dans ce lieu perdu ? Quelle est cette maison ? Que faites-vous attaché ? Que veut dire tout ça ?

Des questions naturelles qui relancent la douleur de votre crâne alors que vous sentez votre corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, votre camarade de circonstance. Ainsi vous voilà vivants, votre peau aussi propre que vos vêtements sont demeurés dans le même état que dans vos derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Vos cicatrices ayant disparues si vous en aviez, vos imperfections gommées si nettement que votre chair semble avoir été remplacée dans votre sommeil, et ce n'est que le début. Car vous n'avez pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en vous.

Vous voilà, quelque part, ou ailleurs, avec un et une inconnue, et sans doute un millier d'incertitudes qui surgissent de vos jeunes pensées.


Éléments scénaristiques:
 

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 14 Déc - 19:01
~ Tout est si noir. Quoique... Est-ce véritablement du noir qui m'entoure ? Non... Je ne crois pas... C'est beaucoup plus abstrait que cela. Ce n'est pas une simple obscurité au sein de laquelle je pourrais me trouver. Je flotte, littéralement. J'ai l'étrange sentiment de voler et de tomber dans le même temps, aspirée tant vers le haut que vers le bas. Si c'est une réalité, elle est vraiment loin d'être tangible. Rien ne semble répondre à aucune loi que ce que j'ai pu connaître auparavant, sans point cardinal, sans gravité, et sans mouvement étrangement. Hors de l'espace et du temps. Je vogue au gré de vagues immatérielles. Je dérive. Je divague. Je perçois mon corps, mais n'en ais pas conscience, comme s'il ne faisait qu'un avec... Avec quoi d'ailleurs ? Une dimension alternative ? Serais-je rendue à l'essence de toute chose ? De l'énergie pure ? Serais-je moi-même redevenue immatérielle ? Tout est terriblement confus, et paradoxal. Je ne semble être rien dans un tout ; ou l'absolu de que dalle. C'est du pareil au même...

C'est une voix que j'entends ? D'où vient-elle ? J'ai beau chercher et regarder autour de moi, elle m'apparaît sans source, et pourtant résonne tout autour de moi, ou plus exactement en moi. Et puis qu'est-ce que c'est que ce charabia ? Putain je comprends rien... Je voudrais lui hurler un truc, l'appeler à l'aide ou lui gueuler de me foutre la paix, mais je ne peux rien faire, hormis constater, écouter. Subir... Un flash lumineux m'aveugle, un éclair bref et abstrait, comme une peinture au couteau aux contours à la fois tranchés et diffus. Un amalgame de couleurs et de teintes plus ou moins vives qui ne ressemblent à rien, et cette voix qui continue de me réciter un je-ne-sais-quoi de prophétique. Si j'en perçois les mots, ils sonnent totalement creux et vides de sens, tout comme je me sens vide d'essence. J'ai beau eu voir de la lumière, je ne m'en sens pas mieux éclairée. Ce serait donc ça l'Au-Delà ? Ce qu'il y a après la mort ? Putain c'est largement sur-vendu comme concept... Le flash laisse de nouveau place aux ténèbres, pour quelques instants qui semblent infinis, puis revient, plus fort, plus pénétrant et plus violent encore. Mais il ne me nimbe plus simplement de lumière, il ne se contente plus de m'aveugler. Il m'étouffe, me broie. Je suffoque atrocement en sentant une immense brûlure se répandre dans chacun de mes membres. Une odeur de friture assaille mon odorat. C'est moi qui crame ? Suis-je en Enfer ? Où sont les démons enflammés et les succubes en bikini dans ce cas-là ? Et cette voix, étourdissante, entêtante qui ne veut pas se taire... Mes sens saturent. Ma tête va exploser. Mon esprit s'émiette... J'ai juste... besoin d'air... ~


Finalement, je parvins à ouvrir la bouche, aspirant une grande goulée d'un air poisseux dans un râle rauque et étouffé. L'odeur de friture était toujours aussi persistante et agressive. Elle me prenait la gorge, âcre, acide, lourde au point d'en paraître indigeste. Cela n'arrangea en rien la nausée qui me triturait les tripes, ou la migraine qui me martelait le crâne. Les secondes s'étirèrent péniblement, me rendant la sensation que mon corps était de nouveau fini et concret. Et sacrément douloureux. Je pouvais presque sentir chacun de mes muscles brûler intensément sous ma peau, chacun restant figé dans un refus entêté de répondre aux instructions de mon cerveau, anéantissant chez moi toute volonté de bouger ne serait-ce que le petit orteil.

Enfin, je me risquais à ouvrir mes paupières, très lentement, laissant filtrer entre elles une mince raie de lumière chaude aux reflets verdâtres et tamisés. Elle se voulait bien moins agressive que les flashs qui avaient secoué mon esprit quelques instants auparavant, beaucoup plus naturelle également, presque familière. Ma respiration d'abord chaotique et saccadée, finit par retrouver un rythme plus normal, répondant aux battements de mon cœur contre ma poitrine, que je sentais résonner à l'intérieur même de mon crâne. J'étais vivante. Douloureusement vivante...

Et la question tomba. Ou plus exactement, l'incompréhension s'imposa à moi, à l'image d'un barrage qui lâchait soudainement tout un flot de questions dont je n'avais pas les réponses. Pourquoi étais-je vivante ? Et puis où étais-je ? Comment y étais-je arrivée ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? *TA GUEULE !!* aboyai-je silencieusement à mon esprit perdu, essayant tant bien que mal de réunir les pièces du puzzle en observant mon environnement. Je battais des paupières à plusieurs reprises, chassant de mes yeux les derniers restes de liquide lacrymal collé à mes yeux, alors que mon corps m'envoyait déjà des informations de première fraîcheur. J'étais dans un lit, douillettement bordée dans un confort des plus austères, mais certainement plus agréable que si je m'étais réveillée à poil au beau milieu d'une forêt ; ou du putain de pôle Nord. Je levais mon bras droit et regardais ma main droite, floue et abstraite, agitant mes doigts en essayant d'ignorer autant que faire se peut les douleurs musculaires qui remontaient le long de mon avant-bras. Je dus plisser les yeux pour la distinguer plus nettement, forçant sur ma vue et accentuant durant quelques secondes le mal de crâne qui me vrillait la tronche.

Puis le souvenir me frappa, ce rôdeur m'arrachant un morceau de mollet gauche à pleine dent, la douleur fulgurante et mon sang poisseux qui venait imbiber ma chaussette. Je voulus porter ma main gauche à ma guibolle blessée, mais tout ce que je réussis à faire, c'est sentir la froide morsure d'un bracelet de métal s'enfoncer dans ma chair et la retenir, accompagné d'un petit cliquetis métallique. Je tournai la tête et levai les yeux vers mon entrave pour y découvrir une menotte me rattachant à la tête du lit.

*Ben bien sûr... C'était tellement trop simple jusqu'à présent...* ironisai-je amèrement en mon for intérieur en tirant à plusieurs reprises sur le bracelet argenté, en vain. "Mais où ce que je suis putain ?" m'interrogeai-je à haute-voix, avant de regarder autour de moi. Au pied de mon lit, je pouvais deviner l'encadrement d'une porte, rectangle flou plus sombre que le reste du mur. En tournant la tête sur la droite, j'apercevais un second lit à quelques mètres de moi, et en devinais une forme humanoïde allongée dessus, à l'origine de quelques bruits que mon esprit avait choisi de me faire ignorer. L'individu - ou la chose - semblait remuer lentement à son tour sous les draps. Je ne savais pas si c'était un homme, une femme, ou un putain de Z, espérant de tout cœur pour l'une des deux premières options, et espérant surtout qu'il avait une idée de ce qu'il se passait ici. D'un simple pourquoi ou comment, une bribe d'explication, ça me suffirait amplement. Et enfin, entre nous, une table de nuit sur laquelle trônait une horloge, posée sur une nappe. Une chambre sobre et coquette, avec en bruit de fond les piaillements de quelques piafs, une indicible odeur de forêt, d'humus, qui se mêlait avec celle de friture, bien plus tenace et... Je reniflai l'air d'un air suspicieux, puis portai ma main droite au col de ma vieille chemise à carreaux pour le remonter vers mes narines.

*Putain c'est moi qui pue comme ça ?* L'odeur de moisissure, pénétrante et insoutenable, me provoqua un haut-le-cœur qui, s'ajoutant à mon état de forme déjà pas reluisant, arracha à mon estomac une remontée amère de bile que je déversai sur le plancher dans un gargouillement franchement peu ragoutant. Toussant et crachant ma salive sur la petite flaque translucide et visqueuse, je m'essuyai la bouche d'un revers de manche en grognant, avant de relever mes noisettes en direction de l'inconnu, plissant les yeux pour tenter d'en distinguer les traits, sans succès.

"Dis-moi que t'as la moindre idée de c'qui s'passe au juste..." lui demandai-je d'un ton faiblard, aussi rauque que paumé ; à mon image.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Dim 14 Déc - 20:38
Lentement, difficilement, l’œil gauche s'ouvre, aussi vitreux et photo-sensible qu'un lendemain de cuite. Fort heureusement, l'ambiance visuelle n'est pas trop agressive, ce qui permet à notre homme de considérer comme peu risqué d'ouvrir l’œil droit, dans le même état que son jumeau. En à peine quelques secondes, le décor se dessine convenablement et alors que Samuel n'est même pas encore capable de se souvenir comment articuler un mot, un mouvement bref éveille alors suffisamment de courbatures pour finalement l'inciter à l'immobilité, ce qu'il traduit par un soupire discret, emprunt à la fois d'exaspération et de soulagement lorsque ces sensations s'apaisent contre le matelas pourtant juste potable.

Avec autant de douceur que possible, l'homme tourna la tête sur le côté afin d'analyser les lieux, la porte de sortie, l'autre lit, l'occupante et la table de chevet. Cependant, cela ne reste que des informations assez triviales pour l'instant, des informations qu'il se sent incapable de recouper même de manière très basique. Et puis vint un réflexe venu de nul part, un grand mouvement du bras droit qui fut durement coupé dans son élan par la faute des menottes.

Pour toute réaction, le sonné soupira à nouveau tout en marmonnant quelques mots intelligibles, sans aucun doute par ce que son esprit se sent encore incapable de traduire cette sensation de lassitude par des mots tout en désirant ardemment exprimer ce sentiment. La tête vide, il s'enfonça un peu plus dans le matelas avant de renifler suspicieusement, froncer les sourcils et, enfin, se décider à se redresser.

A l'origine, il avait bien sur compté sur un mouvement lent et aussi peu douloureux que possible, hélas, le mouvement subite de Ivy destiné à repeindre le plancher, le fit sursauter et tâter sa ceinture à différents endroits dans un mouvement de semi-panique qui se calme la seconde d'après et ne consista alors qu'en un haussement de sourcil. Tout n'était pas encore à l'endroit dans sa tête, mais ça allait venir, ça venait, à grand pas, et pendant que la jeune femme continuait d'exprimer son dégout, ce qui passait aux yeux de son compagnon de chambre pour, sans explication, un début de grossesse, le dit compagnon se massait tant bien que mal avec sa main gauche jusqu'à tomber sur l'une de ses cuisses.

Là, le pantalon de costume était percé en plusieurs endroits, et c'est à cet instant, juste à cette seconde qu'il se raidit en se souvenant de comment il avait perdu connaissance. Cependant, il ne lui fut pas permis de s'agiter, de paniquer ou de réfléchir, déjà, la malade posait une pseudo-question et vu son regard, il lui sembla évident qu'un haussement d'épaule ne serait pas suffisant. Ainsi, l'homme resta immobile, regardant Ivy d'un air presque navré avant de se décider à articuler quelques mots, méticuleusement :


"Visiblement, nous sommes au chaud, à l'abri et vivants. Et le meilleur c'est que ce midi on mange des frites. Enfin... Midi..."

Pas fier de dire des bêtises pour alléger la situation, il tendis son bras libre vers l'horloge posé sur la table de chevet afin de la tourner vers lui et donc d'entrer en connaissance de l'heure inscrite. En se comportant ainsi, il espérait bien limiter les chances de découvrir si cette jeune femme était potentiellement hystérique, ce qui, le cas échéant, le contraindrait à l’assommer avec la même horloge dont il tente de décrypter l'heure pour le moment.

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Lun 15 Déc - 12:11
Scott avait ressenti ce changement, cette puissante décharge qui lui avait hérissé l’échine, avant de voir la Z s’éteindre. Oui, le terme lui semblait approprier, la Z semblait aussi inanimée qu’une machine à laquelle on aurait retiré la source d’alimentation. Sous la surprise, Scott se figea aussi, les yeux ronds, comme paralysé par ce miracle, il en perdit même sa cigarette qui tomba par terre. Qu’avait-il fait ? Que s’était-il passé exactement ?

*Je me sens différent… Foutrement différent*

D’un geste lent, ses yeux balayèrent son corps, comme pour repérer une anomalie. Ses mains tremblaient toujours, mais en dehors de ça, aucun signe suspect ou anormal.

*C’était moi… Mais…mais….mais*


Ses yeux observaient maintenant son adversaire, toujours inanimé comme par magie. Ce « miracle » l’avait sauvé, au dernier moment : quelques secondes de plus, et la Z se serait repu de sa cuisse. À l’évocation de cette idée, il grimaça. Scott était en vie, et c’était le principal.

- « C'est… fabuleux ».

Après c’était débarrassé de la poigne du Zombie sur son mollet, il se redressa, et récupéra sa cigarette au sol. Il la remit en bouche, plus par réflexe qu’autre chose, et s'autorisa même à sourire. Il tira une taffe tout en s’approchant de la batte de base-ball, qu’il envisageait de ramasser le plus rapidement de possible : après tout, est-il vraiment sécurité ?

Ses vêtements, déjà sale et malodorant avant sa confrontation étaient maintenant dans un état encore plus lamentable : couvert de sang, et de fluides morbides. Le costume noir n’avait plus grand-chose de la splendeur d’autrefois à son grand dam. Son pantalon, comme le bas de sa veste étaient définitivement irrécupérables, mais pour une fois, ses habits n’étaient pas préoccupation principale, et puis, après tout, sa chemise blanche était toujours presque propre. Non, ce qui le préoccupait, c’était que sa joie avait fait place à une colère indicible et grandissante. Cette haine bestiale, qui a son grand malheur, il ne connaissait que trop bien. Il devait essayer de la chasser aussi vite que possible, il ne souhaitait surtout pas perdre le peu de réflexion qu’il lui restait depuis qu’il était arrivé ici, question de survie. Armé de sa batte, il s’approcha de son adversaire : Pourquoi le destin l’avait envoyé ici ? Pourquoi ne lui avait-il pas accordé la délivrance plutôt que de l’envoyer ici ?
Sa sœur lui manquait, et cet événement impromptu le renvoya à ses propres échecs : il ne l’avait pas aussi bien traité qu’elle mérite, il n’avait pas assez partagé avec elle, il ne l’avait pas sauvé. Au moins, il l’avait vengé. Il trouvait un réel réconfort à revivre cette douce et sainte vengeance. Avec le peu de lucidité qu’il lui restait, il remarqua que son adverse n’avait toujours pas bougé le moindre muscle. Il retourna le corps, et s’assit à califourchon. Il souffla la fumée au visage de la Z, avant de saisir ce qui restait de sa cigarette, et de lui enfoncer dans l’une de ses orbites.

- « Tu n’es qu’une ordure. »

Il lui cracha au visage, puis se saisit de la tête de sa victime, et l’observa, comme un enfant accaparé par son jouet. Le monde s'était arrêté, il vivait un instant privilégié avec sa « belle ». Après de longues minutes d’observations, et de recueillement, il attrapa une pierre, et comme possédé par le diable, martela le crâne de sa victime avec :

- « Pourquoi ? POURQUOI ? POURQUOI ? »


Il pilonnait sans arrêter, les yeux injectés de sang, comme un fou furieux aurait pu le faire, en répétant les mêmes paroles. Il devait exulter sa colère, son désespoir, et sa haine. Il haïssait son destin, il haïssait les hommes. Des gerbes de fluides visqueux et ragoutant lui sautèrent au visage, et sur le reste de son costume. Ce rituel dura de longues minutes, et même s'il avait explosé la boîte crânienne de son adversaire depuis longtemps, il continuait de marteler la Z.
Finalement, il se leva, et ne prit même pas la peine de fouiller son adversaire, il lui avait déjà bien assez pris en le traitant comme il venait de le faire.

Il saisit sa batte, et se dirigeait maintenant vers la bâtisse abandonnée à quelques centaines de mètres de lui, bien décidé à vivre.

Evènements

Anonymous
Invité
Lun 15 Déc - 21:45
Ailleurs - 13/12/34 U7fao10

Temps : L'aube levée, le vent commence à se manifester et des nuages gris se profilent à l'horizon.
Activité : Le calme de la campagne est de mise.

Résolution tour III 

Scott : Tu prends le temps de constater l’événement et te redresses pour prendre ta revanche sur la créature. Dérouillant littéralement le visage du zombie, qui au milieu de ton acharnement sanguin semble reprendre vie, cette chose qui fut autrefois une femme ne put rien faire et subit l'écrasement de son visage, jusqu'à ce que sa cervelle, mise à nue, éclate de part en part sous la folie de tes coups.

Elle est bel et bien définitivement morte depuis de nombreux instants et tu continues pourtant à t'acharner, te recouvrant d'hémoglobine pour ainsi dire coagulée qui t'éclabousse à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus assez, ou que le reste ne soit déversé dans l'herbe fraîche qui va bénéficier du pire engrais imaginable sans aucun doute. Lorsque tu t'arrêtes, son crâne est à ce point broyé que ce qu'elle a pu être est maintenant méconnaissable, et muni de ta seule arme véritable, tu choisis de tenter ta chance vers cette ferme au loin.
Tu entreprends de traverser la route, sans avoir besoin de vérifier ta droite et ta gauche puisque plus rien n'y roule depuis longtemps maintenant, et commence à traverser le champ. Tu peux d'ailleurs percevoir des nuages gris se lever dans le ciel pourtant si fraîchement éclairci, et le vent au début calme monte peu à peu, promettant de futurs mouvements vivifiants. Au terme de cette première étape, tu arrives à mi-chemin, et arriveras à la bâtisse au prochain tour. La vue de la ferme reste statique, ni individu visible ou mouvement inhumain à l'horizon, en tout cas, a priori...

Ivy : Après avoir émergé aussi difficilement que faire se peut, tu es amené à déverser le peu de contenu de ton estomac sur le plancher, ce qui à défaut d'être agréable - bien au contraire - a au moins l'avantage de calmer un peu ton malaise physique. L'homme qui est aussi allongé et prisonnier que toi ne semble pas plus certain de ce qui se passe. A moins que ce ne soit un mauvais jeu de la part d'un détraqué ? Risquerais-tu à être ici l'intégrité de ton esprit ou de ton corps ?

Alors que vous échangez vos premiers mots avec l'inconnu, qui semble prompt à tenter une plaisanterie, le calme se brise sous le bruit dans ces murs imposants, même vibrants, de pas. Ces pas, semblant issu de l'intérieur de cette maison, bien que la résonance ne permette pas de percevoir la direction ou la distance clairement, tu peux néanmoins te rendre compte qu'ils sont de plus en plus rapprochés et qu'ils n'ont rien, mais alors rien de rassurant, fermes et lourds.
Les pas arrivent finalement à la porte de la chambre et s'arrêtent. Puis, dans un dérangeant bruit de grincement d'un bois trop vieux pour ne pas souffrir de la manipulation qui lui est imposée, la porte s'ouvre. Ce qui se tient derrière achève le tableau de l'incertitude : un homme impressionnant. Très grand, arrivant à la hauteur de l'arche de la porte, la carrure certainement pas sportive au vu des quelques rondeurs et pourtant franchement massive et les épaules larges, la lumière bien qu'elle filtre de la fenêtre reste faible et le couloir probable dans lequel il se tient n'est pratiquement pas éclairé, ce qui ne permet pas de voir son visage, seulement la forme d'un pantalon en jean marronné et des bretelles couvrant une chemise à carreaux sombres. Peut être bleuâtre... voilà une interrogation qui ne doit pas faire partie de tes priorités, car le plus significatif des éléments qui attire ton attention, c'est le fusil à canon scié très clairement dessiné qu'il tient en mains.

Tu ne les vois pas mais ses yeux vous observent, toi ou l'homme, peut-être les deux à intervalles. Sa voix, grave, rauque et si calme qu'elle en est inquiétante - perceptiblement âgée, apparaît dans l'ombre de ce nouvel inconnu après quelques instants d'un silence mortuaire.

« Vous avez salopé mon plancher jeune fille... » Il s'adresse sans aucun doute à toi, avant de vous cibler tous deux. « Je vous donne une minute pour me dire qui vous êtes, ce que vous faisiez sur mon terrain, et une bonne raison de ne pas vous exploser la caboche sur ce lit. »

Samuel : Tu t'éveilles, non sans en subir les plus durrs conséquences auxquelles l'on pouvait s'attendre, découvrant cet endroit austère et la présence d'une inconnue, très certainement plus jeune que toi à la vue de son visage. Elle apparaît être aussi déconcertée et prisonnière, sans oublier le malaise physique qui est trahi par le maigre contenu liquide qu'elle déverse sur le plancher.

Tu finis par t'intéresser à l'horloge et regardes l'heure : 7h33. Voilà une première information déjà acquise et les aiguilles continuant de tourner, tu peux envisager la possibilité que ce soit bien l'heure exacte. Alors que vous échangez vos premiers mots avec l'inconnue, tentant de faire une plaisanterie pour une raison ou une autre, le calme se brise sous le bruit dans ces murs imposants, même vibrants, de pas. Ces pas, semblant issu de l'intérieur de cette maison, bien que la résonance ne permette pas de percevoir la direction ou la distance clairement, tu peux néanmoins te rendre compte qu'ils sont de plus en plus rapprochés et qu'ils n'ont rien, mais alors rien de rassurant, fermes et lourds.
Les pas arrivent finalement à la porte de la chambre et s'arrêtent. Puis, dans un dérangeant bruit de grincement d'un bois trop vieux pour ne pas souffrir de la manipulation qui lui est imposée, la porte s'ouvre. Ce qui se tient derrière achève le tableau de l'incertitude : un homme impressionnant. Très grand, arrivant à la hauteur de l'arche de la porte, la carrure certainement pas sportive au vu des quelques rondeurs et pourtant franchement massive et les épaules larges, la lumière bien qu'elle filtre de la fenêtre reste faible et le couloir probable dans lequel il se tient n'est pratiquement pas éclairé, ce qui ne permet pas de voir son visage, seulement la forme d'un pantalon en jean marronné et des bretelles couvrant une chemise à carreaux sombres. Peut-être bleuâtre... voilà une interrogation qui ne doit pas faire partie de tes priorités, car le plus significatif des éléments qui attire ton attention, c'est le fusil à canon scié très clairement dessiné qu'il tient en mains.

Tu ne les vois pas mais ses yeux vous observent, toi ou l'homme, peut-être les deux à intervalles. Sa voix, grave, rauque et si calme qu'elle en est inquiétante - perceptiblement âgée, apparaît dans l'ombre de ce nouvel inconnu après quelques instants d'un silence mortuaire.

« Vous avez salopé mon plancher jeune fille... » Il s'adresse sans aucun doute à elle, avant de vous cibler tous deux. « Je vous donne une minute pour me dire qui vous êtes, ce que vous faisiez sur mon terrain, et une bonne raison de ne pas vous exploser la caboche sur ce lit. »


+++

Tour IV

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Lun 15 Déc - 23:25
Je fronçais les sourcils en entendant la réponse du mec - sa voix grave me renseignant sur son genre - qui me faisait face dans le plumard opposé au mien, puis dévisageais l'ovale flou au creux duquel perçaient vaguement deux points sombres situant son regard sur son visage. *Attend... il est sérieux là ?* m'interrogeai-je non sans une certaine incrédulité. Je comprenais - au moins un truc - rapidement que le type était tout aussi paumé, sinon plus, que moi. Je trouvais son cynisme largement plus que déplacé dans la présente situation, là où un simple "non" aurait parfaitement suffi. Je secouais lentement la tête, levant les yeux vers un ciel fictif en me rallongeant dans le plumard, bien décidée à essayer de trouver des réponses par moi-même, ou du moins obtenir quelques indices quant au pourquoi du "qu'est-ce-que-j'fous-là ?"

Dans les faits, ça s'avérait déjà bien plus compliqué. Non seulement parce que cette putain de migraine avait visiblement la ferme intention de me pourrir mon réveil, mais aussi en raison des bracelets argentés qui me retenaient clouée à ce lit. Si au moins j'avais pu quitter la pièce, essayer de trouver quelqu'un ou quelque chose susceptible de m'aider, de m'aiguiller. J'adressais une prière silencieuse vers une Entité Supérieure en laquelle je ne croyais pas de toute façon - même si le fait d'être en vie après ma mort avait de quoi soulever un doute légitime - afin de m'envoyer un signe, un clin d'oeil ; un rire moqueur même... J'étais preneuse. Et je pris...

Pris pour acquis le soudain vacarme, ou plus exactement le bruit sourd, lourd et régulier qui résonnait dans la charpente de la bâtisse que ma migraine amplifiait en vacarme assourdissant. Vraisemblablement, un truc de sacrément balèze se rapprochait inexorablement de notre chambre, faisait naître chez moi un mauvais pressentiment - comment aurait-il pu en être autrement vu le bourbier dans lequel je semblais empêtrée ? - qui s'accentuait à mesure que les pas se voulaient plus proches, plus intenses ; plus pesants aussi sur mon calme tout relatif. Puis le bordel s'estompa, juste derrière la porte, avant que celle-ci ne commence à s'ouvrir dans un grincement de bois souffrant, rajoutant un suspens glauque qui n'était pas vraiment nécessaire à la tension qui bandait chacun de mes muscles comme une corde d'arc tandis que mon palpitant s'affolait contre ma poitrine.

Et le battant finit par s'ouvrir sur une silhouette massive, imposante à l'image de la lourdeur des pas annonçant sa venue. Si je ne parvenais pas à distinguer ses traits, ni les couleurs de ses vêtements - tout n'étant que nuances de verts plus ou moins vifs, sombres ou pastels à mes yeux - je devinais par contre parfaitement la silhouette d'une arme entre ses mains, braquée tour-à-tour sur chacun de nous. La respiration haletante, la bouche bée, je me redressais sur le lit, me recroquevillant sur moi-même en ramenant mes genoux vers ma poitrine et dressant la couverture comme une toile de tente, je levais lentement les mains, paumes bien en évidence, en signe de soumission - enfin, la droite surtout - de façon à bien montrer que je n'étais pas une menace.

"Vous avez salopé mon plancher jeune fille..." me balança-t-il d'une voix grave et rauque, et pourtant trop calme. *Merde. Ai au moins l'air un minimum en colère... Que ça fasse plus humain...* Je déglutis lentement face à la menace toute affichée de son arme, ma voix finissant par s'échapper dans ma gorge dans un tressaillement qui révélait à n'en pas douter toute la trouille qui me vrillait les tripes.

"J'suis... J'suis désolée m'sieur..." balbutiai-je lamentablement. "J'vous jure que c'était pas volontaire." Tu parles d'une excuse à la con...

"Je vous donne une minute pour me dire qui vous êtes, ce que vous faisiez sur mon terrain, et une bonne raison de ne pas vous exploser la caboche sur ce lit."

Mes yeux étaient totalement focalisés sur son arme, juste son arme. J'imaginais sans peine la gueule noire et béante de son canon cracher sa verve de plomb qui viendrait sans peine consteller ma chair fraîchement retrouvée de rosaces émeraudes à l'arôme cuivré. Mon esprit quant à lui essayait avant tout de se concentrer sur ma respiration, tâchant de la ralentir au rythme de quelques grandes inspirations et expirations. Je fermais les yeux quelques secondes, faisant appel non sans une violence intérieure à mes pensées les plus positives, tendant vers un état d'esprit plus calme. *Okay... Okay... C'est juste un pauvre bougre aussi apeuré que nous...* me raisonnai-je en une fraction de secondes. *Un colossal pauvre bougre armé et apeuré... Pu-tain de MERDE !*

"Je m'appelle Ivy..." répondis-je précipitamment sur un ton dissimulant à peine ma peur. Je déglutis à nouveau, poussant un long soupir en relevant légèrement mon regard vers le visage aux traits indiscernables de l'homme. "...et j'ai strictement aucune idée d'où j'suis, d'qui vous êtes ou d'comment j'suis arrivée là... J'vous l'jure m'sieur... Avant de me réveiller dans votre lit, j'étais juste... j'étais juste... Morte ? Mourante ? ... Putain j'en sais rien... Juste... Me butez pas... par pitié. J'vous jure... que j'vous veux pas d'mal..." achevai-je d'une voix tremblante, éraillée par la panique qui me gagnait. J'avalai ma salive avec difficulté, cette dernière ayant toujours un arrière-goût amer de bile, tout mon corps s'étant remis à trembler fébrilement alors que je posai sur l'homme un regard implorant et sincère.
Page 1 sur 7Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: