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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

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Scott Redfield

Anonymous
Invité
Lun 12 Jan - 14:52
4 mois… Environ 4 mois qui s’étaient envolés, échappés. Un frisson s’empara de Scott, mêlant incompréhension et peur : comment avait-il pu rester 4 putains de mois évanoui ?  Et surtout se retrouver dans cet endroit perdu. C’était humainement impossible… Son métabolisme n’aurait pu supporter une telle « hibernation », si on pouvait appeler ça ainsi. Les nombreuses questions qui lui titillaient l’esprit ne purent trouver réponse. Perdu dans ses pensées, Scott agissait tel un automate, les yeux rivés sur son assiette, mangeant tel un robot : silencieux, et froid. De longues minutes durant, il se contenta de penser, de remuer ses méninges dans tous les sens. En vain.
C’est au milieu de son assiette qu’il lâcha l’affaire, il devait le reconnaître, il était dépassé par les évènements, et particulièrement déconcerté par la situation actuelle. Il reprit alors ses esprits, et il s’employa à manger son assiette avec plus d’envie. L’appétit revenait petit à petit, et il commençait à prendre plaisir à déguster ce repas. Pas 3 étoiles certes, mais délicieux quand même. Ses papilles gustatives s’excitaient, et s’extasiaient à chaque bouché : il avait faim.

*Je n’ai aucune raison de me prendre la tête sur un sujet auquel je ne peux apporter de réponse, autant savourer l’instant présent.*

Et Dieu sait qu’il le savourait.

*Au moins, je suis libre de mes décisions maintenant… Les contraintes s’effacent au profit de nouvelles opportunités. *


Enfin, quelles opportunités ? Certes, il était libre, et débarrassé des veilles barrières de son ancienne vie, mais au profit de quoi ? Il n’avait aucune idée de ce qu’il allait faire, aucun objectif, rien. C’est alors qu’Ivy prit la parole :

-« J'ignore ce qui se passe, mais j'ne supporte pas d'être dans l'ignorance... Sans vouloir paraître offensante m'sieur, j'pense que je vais prendre la route pour Snyder une fois le repas terminé. Je ne voudrais pas devenir un point pour vous, et j'sais désormais d'expérience que vivre caché, reculé et dans la crainte de l'extérieur n'empêche rien... Autant apprendre à affronter ce danger et à vivre avec, plutôt que l'ignorer et espérer simplement qu'il passe avec le temps... Si certains veulent m'accompagner là-bas... »


Et pourquoi pas ? Après tout, il n’avait que trois choix possibles : partir à l’aventure seul, avec quelqu’un, ou essayer de rester à la ferme. Cette dernière solution était la plus attrayante, la plus douce, et facile : s’il arrivait à négocier sa place, il allait pouvoir jouir de repas régulier, un lit chaud, et d’un cadre de vie, que pour l’instant, la majorité des gens envieraient. Qui pouvait se vanter de manger chaque jour à sa faim en cette période ? Et de dormir dans un lit ? Pas grand monde. Voilà ce qu’était la définition du luxe dans ce nouveau monde, et il était à porter de main. Pourtant, cette cage dorée le répugnait : il n’était pas chez lui, il était chez quelqu’un d’autre, un inconnu. Il finirait très certainement par avoir un train-train, encore moins excitant que sa vie d’avant, et surtout, il finirait par se laisser aller. Il n’apprendrait jamais à survivre ici, il se contentera de vivre, dans un nid douillet. Le jour ou le danger frapperait, il le paierait. Le choix de rester n’était ni un choix de raison, ni sage, juste un choix facile et il détestait ça.
Quant à partir seul… L’idée le tentait énormément, mais au vu de cette première journée, il ne s’en sentait pas capable. Il ne tiendrait pas longtemps seul, surtout dans son état : il était faible, et il le savait. A cette idée, Scott commença à bouillonner : ses doigts commencèrent à s’agiter sans raison, il avait envie de fumer. Il devait calmer ses nerfs. Il repensait à son ancienne condition physique, elle lui aurait permis de survivre sans trop d’encombre dans ce monde seul, et pour une vie, il aurait pu vivre à sa manière, comme il l’avait toujours souhaité.
D’un geste vif, il ouvrit sa veste, et attrapa son paquet de cigarettes restant. Il le posa machinalement sur la table, et prit la parole :

-« Pourquoi pas. Je n’ai rien de mieux à proposer. »


Il se calma enfin, et se contenta de saisir ses couverts pour finir son assiette. Avant même sa première bouchée, il reprit :

-«  A quoi ressemblait Shannon ? »

Il n’avait pas pris la peine de lever la tête, ses mauvaises habitudes reprenaient le dessus sur son jeu d’acteur. Il continuait de manger, sans même adresser un quelconque regard à l’assemblée. Et pourtant, malgré ce manque d’humanité évidant, Scott s’appliquait à manger de manière raffiné, et avec élégance. D’une voix toujours morne, il ajouta :

-« Etait-elle blonde, de taille moyenne, et vêtue d’une chemise à carreaux la dernière fois que vous l’avez vu. »

Imperturbable, Scott piqua un autre morceau de pomme de terre frite, et le mangea aussi délicatement que possible.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 12 Jan - 15:44
Calme mais attentif, l'homme acquiesça lorsqu'on lui demanda de se poser, s'autorisant même un regard sur Ivy avant de reporter toute son attention sur leur hôte et ses réponses. Alors que ce dernier leur parlait, il posa le sac en plastique à côté de sa chaise puis s'accouda à la table sans quitter des yeux celui qui avait le plus de réponses dans cette salle. C'est seulement lorsqu'il fut question de Shannon et de sa disparition qu'il eut une réaction discrète, sa mâchoire se serrant et sa déglutition passant alors difficilement, mais c'est lorsqu'on lui fit comprendre que sa position dans l'espace n'était pas la seule à avoir été altérée qu'il soupira et plongea son visage dans sa main, elle-même soutenue par son coude posé sur la table.

Malgré cela, il ne resta qu'une brève seconde aveugle, se reprenant visiblement pour ne pas quitter des yeux les convives autour de la table. Il s'affala un peu sur sa chaise, peinant à ne pas fixer l'air devant lui d'un air vide. Et puis, brusquement, il eut une petite exclamation d'amusement, s'orna d'un sourire et se redressa. Cette fois, il peinait presque à garder son calme pour ne pas ricaner.

Et puisque il ne voulait pas, encore une fois, être pris pour un cinglé, il regarda, l'air presque hilare, les autres protagonistes tout en s'exprimant, tâchant de garder autant de sérieux que possible.


"On... On dirait bien que des aliens nous aient vaincus. La nouvelle peste a terrassée l'Humanité, il est temps d'insérer une Humanité supérieure qui obéira aux ordres des reptiliens. Tremble, planète Terre, le nouvel ordre mondial va manger des frites.

Sur ces derniers mots, il leva doucement les bras avec un faux air terrifiant, tel un marionnettiste démoniaque, et les laissa retomber en douceur sur la table en riant de bon cœur pendant un bref instant qui se termina par un reniflement et une larme essuyée au coin de son œil droit... Une larme plus en adéquation avec le rictus qui se montrait finalement une fois sa "joie" consommée.

"Désolé pour Shannon, je sait ce que c'est, je menais un groupe d'une trentaine de personnes, des familles. On est allés vers le Mexique au début de l'épidémie. On a été... Mal reçu je dirais, il n'en restait plus qu'une dizaine quand on s'est posé à Port Mansfield.

C'est en revenant vers Raymondville à pied que j'me suis retrouvé tout seul, si j'me suis réfugié dans un Texaco c'est par ce que je n'avais pas du dormir depuis plusieurs jours et j'avais peur de m'endormir debout et ne jamais me réveiller."


Il se tut enfin lorsqu'il pris son assiette et la tendit à Ivy pour lui faciliter le service. Il glissa bien un petit "Merci" mais assez discret pour que seule l’intéressée l'entende distinctement. Une fois l'assiette ramenée à lui, il hésita un bref instant et regarda les autres manger avec leurs couverts, ce qui le décida à faire de même bien qu'il sembla quelques peu maladroit. Quelques brefs abandons de couteau pour pousser la nourriture sur sa fourchette à l'aide de sa main semblèrent quelques peu révélateur de son état. Cela faisait sans aucun doute une éternité qu'il n'avait pas mangé à une table. Ironiquement, ce manque de manière contrastait avec sa tenue chemise-pantalon très propre sur soi malgré son état déplorable.

Avant d'avoir fini son assiette, principalement à cause de la perte d'habitude avec les couverts, il vit que Ivy avait des choses à dire, puis il l'entendit. Et même si il continua de manger, il tâcha de lui montrer de l'attention. Ce n'est pas aujourd'hui qu'il louperait une conversation à cause de la faim. Cela vint jusqu'au point qu'il reposa ses couverts afin d'enchainer sur ce quelle disait, sans même réellement réfléchir.


"J'en suis. Nous sommes très loin du coin que je connaissais et des gens que j'ai côtoyé mais la meilleure chance que j'ai de retrouver un cadre familier ou des proches c'est de bouger."

Sa phrase terminée, il laissa Scott sortir de ses réflexions intérieures pour prendre la parole. Il ne se remis à manger que lorsque ce dernier fit de même, avec moins d'avidité cependant. Il ne tarda d'ailleurs pas à trouver assiette vide sous son nez, et il était temps tant tenir ces couverts lui rappelait les crampes qu'il avait quand il s'aventurait à remanier un stylo.

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 13 Jan - 0:31
Ailleurs - 13/12/34 - Page 4 U7fao10

Temps : L'aube levée, le vent souffle tranquillement et des nuages gris couvrent le ciel.
Activité : Le calme de la campagne est de mise.

Poursuite de la scène

Eléments scénaristiques:
 


Puisque des quatre, la première à réagir est celle qui fut à l'origine de la question, Ivy, le fermier ne dit rien et laissa le silence se faire explicite de la situation. Cette dernière choisie de se charger du repas, et là encore, ni le fermier ni Pamela ne trouvèrent mot à dire, se jetant un regard furtif en laissant faire l'invitée de maison. Pamela elle semblait étreinte d'une tristesse qu'elle avait du mal à cacher et une larme vint se glisser le long de sa joue en dépit de ses efforts pour l'en empêcher, balayant aussi discrètement que possible, même si la situation ne s'y prêtait pas vraiment, ladite larme d'un revers de main. Ses yeux étaient rivés sur l'assiette qu'Ivy lui offrait, et elle ne se sentie pas le coeur à se munir de sa fourchette car au-delà de sa tristesse, elle ne paraissait pas manquer de grand chose d'essentiel ici, encore moins de nourriture.

Elle se contenta de redresser les yeux quelques instants pour observer tout le monde et revint à son assiette. Écartant ses mains pour permettre à Ivy de faire son office, le fermier scruta silencieusement la réaction de Pamela, puis revint aux autres, faisant le tour des invités. C'était un contraste peu répandu à ce nouveau monde et à la fois si normal à l'ancien. Il y avait la jeune fille, fragile, perdue et timide, visiblement incapable de se protéger et bégayant constamment, et de l'autre coté un fermier responsable, massif et maîtrisé, fournissant ses propres vivres dans cette ferme prémunie de l'apocalypse et se contentant de son fusil scié pour se défendre. L'un ayant tout l'air d'un père pour l'autre alors qu'ils ne se connaissaient que depuis deux courtes semaines selon l'homme. Pourquoi pas après tout ? Le monde avait tellement changé et tout ce qu'il s'y passait était tellement catastrophique, que deux semaines passées même avec un inconnu dans un tel lieu et avec un tel risque dehors suffisait à nouer des liens. A sa façon, la perte de Shannon n'avait du que renforcer ce lien, et à sa façon, elle avait renforcée l'attachement de ces deux êtres si différents à défaut d'avoir pu entretenir cette relation avec eux. La souffrance rapprochait les individus, une vérité difficile à accepter quand on le vivait, mais qui prouvait que le plus souvent les choses avaient bel et bien à la fois un bon et un mauvais coté, même dans un cas aussi dur.

La plaisanterie de Samuel ne sembla pas les faire réagir autrement qu'attirer leurs regards tristes, mais était-ce vraiment une plaisanterie faite pour rire ? Eux n'avaient pas le coeur à rire de quoi que ce soit et on ne pouvait pas leur en vouloir, la blessure était trop récente. Tout comme ils ne semblaient pas gênés par elle, ils ne devaient pas en entendre souvent ici. Le fermier se montra plus attentif à la suite et à l'explication du même concerné en costume, avant d'acquiescer légèrement, plusieurs fois, non par approbation mais par compréhension de cet échange.

« Et je suis navré pour tous ces gens que vous avez perdu. Je n'imagine pas la difficulté d'avoir eu entre vos mains autant de vies, et de n'avoir pas pu les protéger aussi bien que vous le vouliez. Je crains... que ce ne soit quelque chose de récurent au jour d'aujourd'hui. »

Pamela se décida finalement à saisir sa fourchette et commença à grignoter un peu de ses frites, sans vraiment faire preuve de bonne volonté. Le fermier ne fit lui aucun semblant et ne toucha pas à son assiette, gardant les mains de chaque coté, à quelques centimètres des couverts sans s'en emparer. Il passa le regard, visiblement plongé dans une intense réflexion. Peut être se demandait il comment agir face à cette sordide situation, ou peut être songeait il à ce qu'il avait dit à Ivy et Samuel dans la chambre. Il aurait été compliqué, et ce n'est peu dire, de vouloir simplifier ce qu'il se passait. Dans une telle posture que celle de l'hôte, il ne pouvait y avoir que peu de décisions possibles, sachant qu'aucune d'elle n'était meilleur ou plus sûre qu'une autre.
Finalement, Ivy prit parti de proposer une direction à prendre et n'envisageait pas elle-même de rester ici, ce à quoi Samuel et Scott se rallièrent, ce qui ne manqua pas de capter un autre regard du fermier et de Pamela qui fut plus soutenu cette fois. Ils semblaient communiquer par le regard, et la pensée, Pamela se montrant insistante et le fermier ne paraissant pas favorable à ses paroles silencieuses. Lorsque celui-ci fit non lentement de la tête, la jeune fille paru prise d'un regain de vivacité et prit parole.

« On doit, on doit les aider. »

« Je suis désolé Pam, c'est trop dur, une fois m'a suffit. » Répondit il.

« Si elle était là-là haut, qu-quelque p-part, à nous re-regarder. Com-comment tu crois qu-qu'elle réagirait en te v-voyant abandon-ner ? »

« Je t'en prie Pam, ne me demande pas ça. »

Il secoua de nouveau la tête, mais Pamela ne semblait pas vouloir en démordre et cette fois la tristesse de ses yeux semblait remplacée par une véritable supplique à l'égard du fermier, tenant ardemment à vouloir de lui qu'il vous aide tous les trois.

« S'il t-te plait... »

Le vieil homme soupira, fermant les yeux un instant avant de les rouvrir et passer le regard à chacun de vous. Il marqua un temps, glissa l’extrémité de sa langue sur ses lèvres et prit une inspiration pour prendre finalement parole.

« Il y a eu un appel radio diffusé pendant plusieurs jours, qui parlait d'un groupe de survivants s'étant réfugié à l'hôpital de Snyder. Ils disaient avoir de l'eau, des vivres et un lieu sécurisé pour accueillir quiconque recherchait de l'aide. Je ne suis pas sûr que vous y trouverez vraiment un camp protégé, et je crains pour ce qui a pu se passer là-bas car l'appel n'est plus diffusé depuis. Mais je peux vous emmener près de la ville, il y a un camp de fortune monté par deux frères pas trop loin du secteur de l'hôpital. Il n'y a pas vraiment d'abri ou de confort mais l’aîné des frères est doué, très doué dans son domaine, vous aurez besoin d'un homme comme lui pour vous en sortir là-bas. »

Il marqua un nouveau temps et termina.

« Ecoutez. Finissez de manger, resservez-vous, prenez une heure ou deux pour respirer et ensuite, je vous y conduirais moi-même. Cela me semble un bon compromis. »

Pamela affichait alors un sourire radieux aux mots du fermier. C'est à ce moment que Scott, reprenant ses mauvaises habitudes qu'aucun d'entre eux ne connaissait, remis Shannon dans la conversation en évoquant une description physique qui attira le regard du fermier et surtout de Pamela, celle-ci prise d'un éclat dans les yeux entre surprise, bonheur et crainte de la suite. L'homme lui, cependant, ne se faisait pas trop d'idées sur ce qui suivrait ces propos et ne manqua pas d'être aiguillé par le soudain manque d'attention de Scott à leur émotion.

« Oui... oui, c'est bien elle. »

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Mar 13 Jan - 23:02
Scott prit le temps de finir sa bouchée, et par la même occasion, son assiette, avant de répondre. Il prit la serviette sur le coin de la table, et s’essuya finement la bouche. Il se leva alors de table, et pour la première fois depuis le début du repas, daigna à regarder autre chose que son assiette. C’est devant l’attitude déconcertée de Pamela que Scott prit conscience de son erreur, et repris son jeu d’acteur. Il saisit son paquet de cigarettes, et le rangea dans sa veste, tout en ajoutant :
-« Il est probable qu’elle m’ait attaqué à mon réveil.»

Il soupira longuement, et baissa les yeux, avant de reprendre son récit :
-«  Je me suis réveillé à une centaine de mètres d’ici, sous un grand arbre, un chêne, entouré de champs. »

L’envie de cigarette le démangeait de plus en plus. L’odeur du tabac lui manquait, et surtout, l’apaisé. Une habitude conservée de sa vie mouvementée en entrant à l’âge adulte, et des nombreux événements qui avaient ponctué sa courte existence. Il croisa le regard de la jeune Pamela, et s'y plongea :
-«  J’ai été attaqué dès mon réveil, je crois, enfin, il me semble possible, que ce soit… Shannon. »

Scott se déplaça de quelques pas vers Pamela, et d’un air paternaliste, rajouta :
-« Ce n’est pas sûr que ce soit-elle, mais si c’était le cas… J’en suis navré, je n’ai rien pu faire pour elle, c’était déjà trop tard depuis bien longtemps. »

Il posa sa main sur son épaule, comme pour essayer, en apparence seulement, de partager sa peine, et sa douleur. Scott approcha alors son visage du sien, et souleva avec douceur le visage de Pamela :
-« Je pense que ça serait bien d’être fixé… Mais c’est toi seule qui dois faire le choix. Ne te blesse pas outre mesure. »

Le cadet Redfield se leva alors, et se dirigea vers la porte d’entrée, et saisit la poignée :
-«  De toute façon, il faut que j’aille chercher quelque chose dehors… Autant faire d’une pierre deux coups si tu le souhaites. »

Scott s’apprête à sortir récupérer sa batte laissée dehors, et, si les autres le souhaitent, retourner jusqu’au chêne inspecter le cadavre de la jeune femme.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 14 Jan - 21:32
Visiblement, mes deux acolytes de résurrection avaient eux aussi envie de s'éloigner de leur point de chute originel, pour des raisons qui leur étaient propres et qui ne me regardaient pas vraiment. Pour ma part, c'était plutôt la réaction du vieil homme à cette annonce que j'attendais - et appréhendais - non sans impatience. D'ailleurs, notre hôte et Pamela commencèrent à débattre de la question de nous venir en aide. La jeune femme était touchante de par sa candeur et son altruisme à notre égard ; et je voyais le fermier lutter contre ses propres valeurs morales pour essayer en premier lieu de protéger ce qu'il semblait avoir de plus cher à jour, en-dehors de sa ferme : Pamela. Leur relation avait, à mon sens, quelque chose de dérangeant dans sa sincérité et l'intensité qu'il en transparaissait. Je me demandais bien comment elle avait pu prendre une telle ampleur en l'espace de deux semaines. Le monde extérieur était-il devenu si ignoble et dangereux que cela pour que naisse une pareille entente ; ou était-ce avant tout lié aux caractères respectitifs des deux individus. Je n'avais pas le moindre début de réponse à apporter à cela...

C'est alors que le vieil homme finit par céder à la requête de la jeune femme, nous révélant d'autres informations qui me semblèrent capitales, et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de ressentir un certain malaise quant au traitement à leur donner. Un appel radio qui avait cessé d'émettre, des survivants regroupés au sein de l'hôpital de Snyder, des promesses alléchantes et pourtant... Le vieil homme n'avait pas quitté sa ferme. Il nous informa par la suite avoir des contacts sur place, non loin du-dit hôpital, auprès de deux frangins dont l'un semblait doué dans un domaine... quel genre de domaine cela pouvait-il être pour que le fermier omette d'en préciser la nature ? Si l'offre de notre hôte avait de quoi paraître très tentante, je ne parvenais cependant pas à me résoudre à abaisser ma méfiance naturelle à l'égard de ce qui était presque trop beau pour être vrai. Je décidais de piocher quelques pommes frites en les mâchant assez lentement, plus concentrée sur le fil de mes pensées que sur leur dégustation.

Mais ce fut Scott qui digressa du sujet de l'hôpital et de notre départ pour ramener le cas Shannon sur la table. Si je ne me faisais guère d'illusion sur le sort qu'avait dû connaître cette dernière, je n'appréciais guère la manière de tuer dans l'oeuf toute source d'espérance de la part de l'ex-avocat. Je doutais que le vieil homme, et encore moins Pamela, n'aient besoin de savoir le sort qu'elle avait pu connaître. Il n'y avait rien de pire que de voir la dépouille meurtrie d'un être cher ; et il semblait pourtant que le pire était à venir, pour nous tous. Et plus Scott progressait dans ses propos, plus le malaise grandissait en moi. Sa façon de faire, de se rapprocher de la jeune femme et entreprendre un contact physique, relever son visage... Je trouvais la situation glauque à souhait, et bien que rien de concret ne justifie cela, je sentis ma méfiance à l'égard de Scott s'exacerber, trouvant l'individu déplaisant. Je regrettais presque d'avoir lancé une invitation ouverte à m'accompagner vers Snyder, malgré que le fermier se proposât de nous y conduire.

Je ressentis un certain soulagement à voir l'ancien avocat se diriger vers la sortie, et glissai un regard vers le vieux fermier, puis vers Samuel. Quelles que soient leurs décisions respectives, je préférais largement rester ici plutôt que d'aller mater un cadavre dans un champ. Rien que cette pensée m'arracha un frisson. N'y avait-il pas assez de questions en suspens rien qu'autour de cette table ?

“C'est très... charitable de vouloir nous conduire à Snyder m'sieur, mais si cela vous ennuie vraiment, j'peux prendre la route à pieds. D'autant qu'ça doit pas être simple de trouver du carburant, et que j'préfèrerais que vous l'économisiez pour le cas où... enfin... où vous en auriez vraiment besoin...”

*T'en as d'autres des idées à la con dans l'genre ??* m'insultai-je presque aussitôt. Et je ne pouvais pas vraiment donner tort à cette pensée plus égoïste. Après tout, était-ce bien sensé de vouloir arpenter les routes seule, à pieds, et dans un comté qui m'était totalement inconnu, à l'image du monde actuel ? Carrément pas non...

Je levais mes quatre-yeux vers Scott, plissant les paupière avant de l'interpeller d'un ton bien plus sec.

“Je doute qu'il soit de très bon ton d'inviter Pamela à venir contempler le cadavre de son amie, si c'est bien le sien.” Je ne doutais pas un seul instant qu'il s'agisse du cadavre de Shannon vu l'expression qu'arborait le vieil homme, aussi tournais-je à nouveau mon attention dans sa direction pour répondre à sa proposition de se poser pour une heure ou deux. J'avais besoin d'une occupation, d'un divertissement pour mon esprit et toutes les questions qui l'assaillaient.

“J'déteste rester à glander m'sieur... Vous auriez pas une pelle ou une pioche à tout hasard ?”

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Jeu 15 Jan - 15:08
Ayant alors temporairement abandonné son assiette, Samuel prit le temps d'observer Pamela et le vieil homme durant leur inaudible conversation sans pour autant paraitre indiscret en les fixant, tâchant de laisser son regard flâner sur Scott ou Ivy, voir la salle elle-même afin de dissiper l'éventuel malaise qu'il y a à observer et sentir observé un peu trop fixement.

C'est lorsqu'ils reprirent la parole que l'homme porta toute son attention sur eux et les fixa tour à tour en écoutant le plus attentivement possible la faible argumentation de la jeune femme, heureusement suivie par l'abandon quasi attendu de son vieil interlocuteur qui, du coup, put leur transmettre de fort intéressantes informations pour la suite.

Lorsqu'il eut terminé, le gringalet manqua presque le conseil qui leur était donné alors qu'il était là, le regard dans le vide, ressassant les informations dans son esprit pour les imprimer durablement, ou au moins essayer en tout cas, puisque c'était surement là une question de survie.

Ensuite, terminant lentement son assiette, la réponse concernant Shannon tomba comme tomba sa fourchette dans son assiette, ce pourquoi il jeta un regard furtif sur le reste de la tablée, avalant sa dernière bouchée difficilement avant de murmurer :


"Pardon..."

Ainsi reprit-il sa fourchette et vida t-il le reste de son assiette alors que Scott commençait son petit speech. En l'entendant, il aurait volontiers grincé des dents pour signifier bien des choses à l'assemblée, mais outre le manque de savoir vivre que cela révélait, il avait actuellement la bouche pleine. Cela lui donna les quelques secondes nécessaire à son adaptation et l'apaisement de son esprit sous quelques pensées qui lui servirait d'exutoire pour l'instant.

Tout en mâchant avec minutie la dernière bouchée, il se massa les mains pour faire partir les quelques contractures due à la manipulation des couverts, l'homme évita ainsi de rendre son observation de Scott un peu trop voyante quoi que chaque geste et chaque mot lui parvienne et ne commence à l'échauffer, doucement mais surement.

C'est lorsque Ivy exprima judicieusement la bêtise de vouloir amener des proches à aller reluquer un cadavre zombifié qu'il rebondit, dominant parfaitement son énervement pour s'adresser directement à Pamela, d'un ton qui, cette fois-ci, ne supportait pas la discussion quoi qu'il conservât un minimum de douceur, sans doute en égard à la sensibilité quelle a montrée tout au long du repas.


"Pour être fixée, vous n'avez pas besoin de voir le corps, et je suis certain que vous savez qu'il vaut mieux ne pas la voir. Vous allez plutôt rester ici et respirer un bon coup. Avec la rareté de la nourriture, vous n'avez pas besoin de renvoyer inutilement votre repas. Vous n'avez rien à prouver non plus. Je vais y aller aussi et nous trouverons bien quelque chose à vous ramener afin que vous soyez sûrs sans avoir à supporter cette vue."

Il se leva alors, jeta un regard au vieil homme et mis une légèrement tape sur l'épaule de Ivy avant de se décaler et remettre sa chaise en place. Tel que sa réflexion était, il n'attendait aucune réponse de quiconque et se dirigea doucement vers Scott, ne manquant pas de plisser les yeux d'un air maussade lorsqu'ils croisèrent leur regards bien que le reste des convives ne puisse observer que son signe de main l'invitant à sortir de la maison.

Evènements

Anonymous
Invité
Jeu 15 Jan - 22:25
Ailleurs - 13/12/34 - Page 4 U7fao10

Temps : Le ciel est maintenant dégagé et clair.
Activité : Le calme de la campagne est de mise.

Résolution tour VIII

Tous :

L'attitude et les mots de Scott, au delà d'attirer un regard neutre et pourtant prolongé du vieil homme qui semblait plus que suspicieux, mirent mal à l'aise Pamela plus qu'elle ne l'était, non pas nécessairement à cause de lui, mais à cause de la situation. Elle ne sembla plus rougir, mais blanchir, écoutant l'homme au costume - celui qui était amateur de cigarettes - avec une montée d'émotion qu'elle était plus incapable encore de cacher, les yeux passant au rouge en quelques instants et une larme se mettant à couler le long de sa joue. Le geste de Scott qui redressa son visage fit se redresser le fermier presque aussitôt, se frottant les doigts de la main droite machinalement en observant avec d'autant plus de sa méfiance pourtant déjà présente d'instinct, envers cet étrange invité. Pamela, elle, n'y vit que du feu et se contenta d'acquiescer sans pouvoir retenir ses autres larmes, bien qu'elle évitât de se mettre à pleurer franchement.

« Pamela, reprit très vite le fermier d'une voix adoucie. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, tu te ferais du mal. »

Il ne dit rien de plus car il ne fut pas le seul à réagir, d'une certaine façon. Face à la repartie sèche d'Ivy à l'égard de Scott, suivi des paroles posées mais sensiblement fermes de Samuel, il se contenta d'esquisser un léger sourire qui mettait en lumière son appréciation à leur souhait instinctif de les préserver de cette épreuve, en particulier Pamela.
La jeune fille en revanche, braqua un regard sur les deux invités, semblant outré d'être à ce point mise en fragilité puis tenta de trouver un avis différent auprès de son père de substitution. Celui-ci lui donna en retour un regard bien illustrateur, celui d'une désapprobation sans refus catégorique, mais évoquée par des yeux qui défendaient l'idée d'Ivy et de Samuel tel le seigneur défendant Ève de la tentation de la pomme. Pamela détourna alors le regard vers le sol à coté d'elle, essayant un instant de ne pas fondre en sanglots mais en fut impuissante. Cédant pleinement aux larmes, elle se leva en trombe et contourna la table pour courir vers le salon au rythme de sa douleur, saisissant brièvement la rambarde pour s'aider à grimper les marches vers l'étage.

Le fermier se leva à son départ et la suivie du regard, avant de soupirer de tristesse et de compassion. Il porta finalement son attention aux trois invités et leur adressa un signe de main désolé.

« Je suis navré que vous soyez mis dans cette position. Vous ne devez pas lui en vouloir, tout cela est difficile pour elle, mais ce qu'elle a dit était juste. Vous n'avez rien fait pour que je vous rejette ainsi, c'était grossier de ma part. Comprenez que je suis quelqu'un de solitaire qui n'est pas habitué à avoir des voyageurs dans sa maison et que ces événements n'ont rien arrangé. J'essaie de protéger Pamela, mais... j'ai bien conscience que je ne pourrais pas la protéger éternellement. Cela n'excuse pas la façon dont je vous accueillis ici. »

Il marqua un temps l'espace d'une pensée et reprenait.

« Je tiens à ma proposition de vous accompagner. La route n'est plus sûre et je n'imagine pas ce qu'il pourrait vous arriver au-dehors dans vos états. Plus vite vous y serez, plus vite vous pourrez vous remettre et j'insiste sur ma suggestion de rencontrer ces frères, l’aîné est un peu froid mais il sait comment survivre et son jeune frère est la gentillesse incarnée. Prenez le temps qu'il vous faudra et revenez me voir quand vous souhaiterez partir. Il y a une pelle entre le frigo et le mur Ivy. Etrange endroit, mais tout est bon pour se défendre n'est-ce pas ? »

Il indiqua l’interstice qui séparait le frigo du mur, où l'on pouvait apercevoir avec un peu plus d'attention qu'un manche, celui de la pelle sans doute, dépassait quelque peu du fond. Après vous avoir accordé quelques instants, au cas où vous auriez chose à répondre, il se dirigera vers le salon et ira grimper les escaliers dans le but de rejoindre Pamela et la réconforter sans doute.

La suite vous appartient, en sortant dehors, vous ne trouverez pas âme qui vive et pourrez vaquer librement dans le champ, avec sur votre droite la grange un peu plus loin et la route qui se dessinait droit devant, marquée par la présence d'un arbre solitaire sous lequel Scott s'était éveillé. L'endroit où il avait laissé cette femme.

Les nuages gris ont déjà filé vers l'horizon, laissant de nouveau un ciel dégagé et un soleil encore plus clair dominer la terre dans son ampleur.

+++

Tour IX

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Ven 16 Jan - 20:19
Il ne fallut guère de temps avant que la jeune femme ne finisse par craquer, malgré qu'elle nous ait lancé un regard assez éloquent quant à sa supposée force de caractère. Je soutins celui-ci durant quelques secondes. On pouvait lire dans mes noisettes, à condition de passer outre la cassure provoquée par mes verres, la sincère compassion que j'éprouvais à sa souffrance et dans le même temps, les traits de mon visage ne s'étaient pas départis de cette dureté qui me caractérisait souvent. Je secouai légèrement la tête en signe de négation. *Écoute le vieux. T'es pas encore assez solide pour ça...* lui intimai-je presque en pensée. Au bout de quelques secondes qui me parurent des minutes, elle quitta la table pour se précipiter hors de la cuisine, probablement vers sa chambre, ce qui ne faisait que renforcer ma volonté de sortir de cette cuisine à mon tour.

Le vieil homme se leva à son tour, prêt à se lancer à sa poursuite, mais s'arrêta auparavant pour s'excuser, lever un dernier doute et répondre par la négative à ma proposition ; faisant naître chez moi un certain soulagement de ne finalement pas me taper la route jusqu'à Snyder à pinces. J'adressais un mince sourire plein de franchise au vieil homme avant qu'il ne sorte, m'indiquant par la même où se trouvait sa pelle.

"Ya pas de mal. Votre méfiance était justifiée... J'pense..." A vrai dire, j'en savais foutrement rien. Qu'avait-il bien pu voir et subir ce pauvre homme pour en arriver à autant se méfier des inconnus ?

Mon regard passa ensuite sur Scott et Samuel qui se tenaient près de la porte d'entrée, visiblement prêts à sortir, aussi décidais-je de me lever à mon tour pour aller m'emparer de la pelle nichée entre le frigo et le mur de la cuisine. Je sentais le bois du manche étrangement rêche entre mes mains. Je détaillais celles-ci avec attention, constatant que les callosités qui avaient fini par les marquer durant les semaines précédant mon décès s'étaient elles aussi effacées. J'avais littéralement fait peau neuve depuis mon réveil.

La pelle en main, je posais sur Scott un regard vraiment dur, attendant que notre hôte quitte la pièce pour finalement prendre la parole, d'un ton encore plus sec et tranchant que précédemment.

"T'savais pas que t'avais aussi l'droit de garder le silence l'avocat ?" Je secouais la tête avec une mimique de dégoût méprisant. "Crétin..." lâchai-je finalement avant de quitter la pièce pour me rendre vers l'extérieur, me faufilant entre les deux mâles et rendant au passage la petite tape sur l'épaule à Samuel. "Sois prudent..."

Je sortais de la maison et redécouvrais le monde extérieur avec un regard presque neuf. Que me proposait-il désormais ? Quels obstacles allait-il dresser sur mon chemin ? Je pris une longue inspiration, emplissant mes poumons d'air frais, bien loin de l'odeur de décomposition putride qui avait empli mes narines alors que je rendais mon dernier souffle, et portai mon regard vers l'horizon. Le ciel était dégagé, l'atmosphère fraîche et légèrement venteuse se trouvait baignée de la lumière pâle du soleil hivernal. Mes pieds foulaient un sol dur, rendu aride par le passage des hommes, bordant un champ d'herbes rases s'étendant presque à perte de vue avec pour seul relief une grange sur ma droite, une route plus en avant et au loin, la silhouette d'un arbre esseulé au milieu d'un autre champ, tout aussi vaste. Hormis Samuel et Scott (s'ils étaient sortis de la maison), je ne décelais aucune trace de vie aux alentours. Et encore moins de trace de non-vie... Mon soulagement fut grand de pouvoir pleinement profiter de la tranquillité des lieux, et je sentis la tension qui m'avait gagné en franchissant le pas de la porte s'atténuer lentement mais sûrement.

Je regardais une nouvelle fois autour de moi, m'assurant de n'avoir manqué aucun détail, puis décidais de me diriger vers la grange, tenant dans ma main droite la pelle tête-bêche, utilisant le manche de celle-ci comme une canne. Je fis le tour de la grange, vérifiant qu'aucune mauvaise surprise n'avait décidée de se soustraire à ma vue, puis jetais un regard curieux à l'intérieur de celle-ci (si elle était ouverte) avant de repérer un emplacement qui me semblait adéquat pour débuter ma tâche. Je délimitais un lopin de terre du regard, puis je plantais la pelle dans le sol.

Le sol, malgré sa fraîcheur, se révélait suffisamment meuble pour que je puisse y enfoncer l'outil - moyennant quelques coups de talons en renfort - pour en arracher une première pelletée que je jetais un peu plus loin dans un soupir d'effort. Putain... j'avais oublié que c'était aussi lourd une pelletée de terre. Je poussais un bref soupir d’auto-motivation en regardant le maigre trou que je venais de réaliser.

"Allez Ivy... Du courage," m'encourageai-je avant de planter à nouveau la pelle dans le sol pour en arracher une nouvelle motte qui rejoignit la première. Je sentais déjà les muscles de mes bras qui faisaient la tronche, mais le simple fait de me concentrer sur cette tâche et dissiper mes pensées et les innombrables questions qui me harcelaient semblait atténuer le mal de crâne qui continuer de me vriller le crâne, sournoisement. *Un mal pour un bien...* me dis-je en poursuivant mon excavation. *Shannon aura au moins une sépulture décente, et Pamela de quoi faire son deuil... Et moi des putains d'ampoules...*

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Dim 18 Jan - 21:59
La situation était quelque peu mouvementée, et malheureusement, inattendue aux yeux de Scott. Ce qu’il jugeait être « un véritable élan d’humanité », n’avait pas été accueilli comme il s’y attendait. La colère montait, une fois encore, mais surtout, envers lui-même : il n’était définitivement pas capable de faire preuve d’une quelconque empathie, et encore moins de la simuler. Son jeu d’acteur allait devoir s’améliorer, et bien vite. Il ne voulait pas finir seul, surtout dans son état actuel, et il fallait absolument calmer les inquiétudes de ses futurs « partenaires ».

Malheureusement, par mégarde, lorsque la jeune femme l’insulta, Scott ne put retenir un petit rire étouffé, et un rictus inquiétant se dessina quelques secondes sur ses lèvres. Finalement, il trouvait toujours plaisir à être différent, il cannibalisait comme toujours les émotions négatives et il en tirait un grand plaisir. Le cadet Redfield était particulièrement gâté : une scène de larmes, de tristesse, mêlée à la culpabilité, et des insultes. Quoi que, pour ces dernières, sa jouissance aurait été extrême si elles avaient été assigné à quelqu’un d’autre que lui. Il se sentait revigoré, et tellement vivant.

A l’invitation de Samuel, la tension était particulièrement palpable. L’excitation montait à son paroxysme, une jouissance impie, et sans nom. Celle-ci se matérialisa en un frisson qui parcourut l’échine de Scott. Ce signal fut suffisant pour le calmer, et surtout, lui rappeler qu’il devait essayer d’agir comme un être humain normalement constitué. Il daigna alors à regarder Samuel, et fît la moue, tout en haussant les épaules. Il se décida à ouvrir la porte, et engagea la conversation :
-« Je sais, j’ai été particulièrement maladroit. »

Il lâcha un bref soupir, saisit une cigarette, et l’alluma avant de la porter à sa bouche. Il lâcha son premier souffle de fumée, avant de reprendre, aussi sincère que possible :
-« Fais chier… »

Son pendentif en forme de croix s’agitait au rythme de ses tafs, il en profita pour retrousser ses manches, son tatouage se révéla au grand jour. A son apparition, Scott poussa un soupir de soulagement, craignant de l’avoir perdu avec son « réveil ». La scène de la crucifixion était toujours parfaitement représentée sur son avant-bras, fruit d’un travail particulièrement appliqué, et d’une finesse incomparable. Il avait dû parcourir de nombreuses échoppes avant de trouver quelqu’un d’assez compétent pour ce travail. Les moindres traits du Christ étaient parfaitement représentés, mêlant douleur, piété, et compassion. Un véritable chef-d’œuvre issu d’un travail d’orfèvre. La nostalgie s’empara un court moment du cœur, et de l’esprit de Scott, lui rappelant des moments particulièrement douloureux. Il reprit ses esprits, et ajouta :
-« Je dois aller chercher quelque chose avant de partir, discutons le long du trajet veux-tu ? »

Il saisit alors son paquet de cigarettes, l’ouvra, et le tendit à son compagnon d’infortune :
-« J’en oublie les bonnes manières, cigarette ? »

Scott se dirige alors en contrebas de la ferme, afin de récupérer sa batte de baseball précédemment abandonnée.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 19 Jan - 14:40
Son attention partagée entre la scène de la cuisine et Scott, Samuel avait observé Pamela, craquant enfin ce fusible, ce qui valait mieux que de le ruiner totalement en lui faisant observer le cadavre d'une connaissance. A la bonté du vieil homme et à ses excuses, il se permis de hocher la tête en esquissant un fin sourire, à la fois conciliant et amical. Cela semblait l'avoir notablement touché, mais pour en mesurer la portée, il fallait avoir été dans cette chambre et avoir subit le dédain qu'il lui portait alors.

La porte toujours close et Scott ne bougeant toujours pas, il regarda Ivy, du coin de l’œil, et préserva son sourire qui muta en une sorte de moquerie à l'égard de l'avocat, amplifiée par le lien, même fragile, qui commençait déjà à unir le petite intello au blablateur.

Finalement, c'est monsieur Redfield qui se décida à sortir à son tour. Samuel le suivit d'un pas lent, si bien qu'il plaça rapidement une petite mais notable distance entre eux, distance qu'il couvrit aisément par un ton sec et franchement autoritaire :


"Ce qui fais chier, c'est que vous vous savez maladroit mais que vous n'en avez pas l'air désolé. Tâchez donc de réfléchir avant de l'ouvrir, ça fait souvent du bien."

Insidieusement, Samuel s'écarta un peu encore de Scott, un peu plus sur sa gauche pour être précis, de telle sorte de pouvoir mieux observer ce qu'il faisait tout en demeurant à distance respectable. De ce côté, aucun doute, même si son visage restait plus fermé, il se méfiait beaucoup de son comportement et ne lui accordait pas la moindre confiance.

Et ce, même lorsqu'il lui proposa la causette avec la clope au bec. D'un signe de main, l'homme lui signifia son désintérêt pour les cigarettes avant de rendre toute réponse à propos de conversation totalement caduque en lançant lui même la chose.


"Alors, on est loin de New York ici. J'habitais près de la frontière, en général, les cols blancs qui viennent du nord ne sont pas là pour des affaires de charité... Ils ne se font pas souvent tatouer non plus, ça jure lors de certaines rencontres mondaines."

Il marque alors un léger arrêt, regardant brièvement Ivy en train de commencer à creuser près de la grange, puis reporta son attention sur Scott, profitant de l'avoir maintenu à sa droite pour laisser sa main gauche se balader discrètement dans son dos.

"Alors, que faisiez vous dans le coin monsieur Redfield ? Un riche client aux prises avec des mexicains ? Un cadavre dans le désert ? Un immigrant avec les bons pistons ?"

Énumérant ainsi ce qui semblait à la fois logique et un peu ridicule, Samuel se laissa aller à un nouveau sourire bien neutre, sans grande signification autre que l'idée d'un avocat aussi loin de chez soi pour une raison aussi stupide. Malgré cette façade un tantinet adoucie, il continua à caresser la crosse de son arme du bout des doigts, guettant l'instant où son interlocuteur pourrait en avoir marre de jouer la comédie et vouloir y mettre fin de la pire manière qui soit.
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