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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Ailleurs - 13/12/34
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Evènements

Anonymous
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Mar 20 Jan - 0:38
Ailleurs - 13/12/34 - Page 5 U7fao10

Temps : Le ciel est maintenant dégagé et clair.
Activité : Le calme de la campagne est de mise.

Résolution du Tour IX

Ivy : Tu pars de ton coté et rejoint la grange, tandis que tes camarades se dirigent vers la route. T'approchant de la bâtisse, entouré par le calme, les herbes fraîches et le champs qui devançait la forêt au loin, tu fais le tour avec un intérêt curieux et tombe finalement sur une interstice, d'où tu peux observer l'intérieur.

Ce qui s'apparente à une grande grange semble être en réalité un peu plus. Tu ne saurais dire exactement mais tu vois deux box et peut déduire qu'il doit y en avoir deux autres en face, sur la partie droite du lieu, qui devaient sans doute accueillir des chevaux fut un temps, car il n'y a à priori plus âme qui vive à l'intérieur. La partie gauche, très étroite puisque les box prennent de la place, doivent accueillir des affaires en vrac et du matériel, tu distingues d'ailleurs des briques, des pioches, du foin, un râteau, et toutes sortes d'outils que l'on peut envisager exclusivement dans une ferme sans problème. Tu remarques d'ailleurs un problème de perspective car le dernier box semble étrangement éloigné du fond de la grange que tu as pu voir de l'extérieur, ce qui sous-entend qu'il doit y avoir une autre porte cachant une autre pièce que tu ne vois pas. Il y a très peu de lumière venant des rayons du soleil transperçant quelque peu les interstices de bois.

Ta petite inspection réalisée, tu essaies de viser un endroit adéquat pour creuser et te décide à l'arrière de la grange, près du champs, sur une portion de terre qui semblait tout indiquer et au moins une fois retournée récemment, ce qui facilitera le travail, si tant est que tu peux juger cela convenablement. Tu pourras remarquer que les deux garçons s'arrêtent entre la maison et la route assez loin de toi maintenant, visiblement pris dans une discussion. De ton coté tu entames la creusée et te donne du courage, pendant un temps, atteignant un peu de profondeur dans la terre, quand ta pelle rencontre subitement un fond solide dont le choc clinquant donne l'impression du métal frappant un autre métal. Serais-tu tomber sur un trésor caché ?

Samuel & Scott : Vous prenez la direction de la route, vous séparant d'Ivy qui gagne la grange de son coté, visiblement prise d'une envie soudaine d'inspecter la bâtisse un peu après. Marchant dans les herbes mi-hautes, les alentours semblent particulièrement calmes et pas un bruit extérieur ne trouble cet apaisement si agréable à quiconque sait apprécier la simplicité de la nature.

Entrant dans une discussion, Samuel se montrant spécialement curieux, vous arrivez jusqu'au point où Scott avait été trouvé plus tôt par la douce Pamela. Sur place, vous pouvez voir sur le sol la fameuse batte laissée par Scott, mais aussi la pierre ensanglantée et à ses cotés, le corps de la première femme évoquée plus tôt, celle qui avait trouvé la mort avant d'avoir pu être sauvée par le fermier, elle qui n'aura pas eu la chance que vous avez probablement eu. Son visage blanc est inerte et ses yeux bleutés, grands ouverts, marquent la peur. Sa chevelure d'or voit une partie couverte de sang et sa gorge est déchirée à la base du cou, laissant la trachée et une partie de la colonne vertébrale à l'air libre. Elle semblait avoir pourtant toute la vie devant elle, une peau nette et laiteuse à la vue, des mains fines et un corps chaleureusement sculpté et attirant. Seuls ses vêtements - un tee-shirt blanc et un jean classique, pas de chaussures - sont visiblement dans un mauvais état et l'attaque qu'elle a du subir ne semble pas avoir grand chose avec : sales, déchirés par endroits et dégageant une odeur peu ragoutante. Sa mort a du être récente et douloureuse et cela ne s'est pas arrangé puisque son crâne a été défoncé jusqu'à la cervelle, laissant distinguer très clairement l'hémoglobine poisseuse qui a coulée sur l'herbe.

Un peu à coté, allongé dans l'herbe, se trouve un chien de type doberman, grand et noir, les oreilles vers l'arrière et les yeux tristes. Celui qui porte le nom de Tobby, compagnon du fermier, pourrait il ressentir la peine de la mort humaine ? Quoi qu'il en soit il ne paraît pas dérangé par votre présence ou même simplement surpris, se contentant de tourner les yeux vers vous avec son air de chien battu. Si pour Samuel, ce sera plus complexe à appréhender car il découvre ce chien autant que ce corps qui n'est pas celui de Shannon, se trouvant normalement plus loin de l'autre coté de la route près de l'arbre solitaire, Tobby lui doit sûrement avoir déjà fait la connaissance de Samuel alors qu'il était inconscient et sûrement de Scott un peu plus tôt puisqu'il reste calme et assez familier.

+++

Tour X

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mar 20 Jan - 23:16
Je venais de creuser une dizaine de pelletées et déjà je me trouvais totalement en nage. Je sentais la sueur ruisseler le long de mon front pour venir perler à la pointe de mon nez avant d'aller s'écraser sur la terre meuble. Les muscles de mes bras et de mon dos brûlaient déjà de l'effort auquel je les soumettais, d'autant que je n'avais pas franchement le physique taillé pour ce genre de tâches manuelles. Je me demandais entre chacune de mes inspirations bruyantes et autres soupirs d'efforts si creuser une tombe n'était pas un peu exagéré quelques heures à peine après ma résurrection... Et pourtant, après pas loin de quatre mois de repos éternel, je devrais être plus qu'en forme non ?

Je m'arrêtais après une nouvelle étreinte sur le manche de ma pelle encore plus difficile que la précédente, afin de reprendre mon souffle et détendre mes muscles meurtris, profitant de chercher mon souffle durant de longues minutes pour jeter un regard curieux dans la direction qu'avaient prise Samuel et Scott. Je les voyais au loin, arrêtés au beau milieu de nul part et visiblement pris dans une discussion autour de je-ne-savais quel sujet. Je plantai la pelle dans la terre puis croisai les mains sur l'extrémité du manche avant d'y laisser reposer mon front suintant.

"C'tait vraiment une idée débile..." pestai-je à demi-mot contre moi-même ; bien que je ne me reprochais pas de vouloir offrir une sépulture décente à Shannon, mais bien de ne pas avoir convaincu un des mecs de le faire à ma place - genre Scott, histoire de se faire pardonner ses conneries. Et voilà que je me mettais déjà à ressasser la scène de toute à l'heure, sentant  nouveau une sourde colère monter en moi. Une colère que je devais canaliser au plus vite pour ne pas devenir encore plus insupportable dans les minutes à venir. Serrant les dents, je reprenais ma pelle en main et plantais celle-ci d'un bon coup sec dans le sol. Mais au lieu de la sentir s'enfoncer dans la terre meuble, je la sentis cogner dans un résonnement sourd contre un obstacle dur et imprévu. Le choc se propagea le long du manche jusque dans les os de mes avant-bras, provoquant un désagréable fourmillement au-travers de mes bras.

"Putain de saloperie de caillasse de merde !" rageai-je en balançant le peu de terre que ma dernière pelletée venait d'arracher, avant de commencer à gratter les contours de l'obstacle de la pointe de ma pelle afin de dégager cette pierre. C'est alors que je me rendis compte, au bruit notamment, qu'il ne s'agissait pas de roche, mais d'un autre morceau de métal. Cette découverte ne manqua pas de titiller ma curiosité ; aussi je décidais de laisser tomber ma pelle pour tomber à genoux et commencer à dégager le machin métallique et la terre qui le recouvrait à l'aide de mes mains, cherchant avant tout à trouver un début d'angle, d'arête ou de contour.

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Mer 21 Jan - 14:46
Le ton de la conversation, bien que désagréable, correspondait parfaitement à ce dont Scott s’attendait : des reproches, un ton sec, et surtout, un zeste de méfiance. Le cadet Redfield avait constaté la distance, autant physique que moral, que Freeman mettait entre eux.
*Mauvais signe, la méfiance appelle à la méfiance, un cycle infernal.*

Scott redoutait le premier jugement des personnes qu’il rencontrait en général, pour plusieurs. La première, c’était que la première impression que les gens se font d’un autre est souvent la bonne, n’étant pas encore corrompue d’un quelconque lien affectif ou jeu de pouvoir entre les deux individus. La deuxième, c’était qu’il était particulièrement difficile de faire changer ce jugement.
*Keuf, je vais devoir faire un effort, pour une fois…*

Cela chagrinait Scott au plus haut point, il n’avait qu’une envie, c’était de rendre la pareille à ce bien-pensant encore attaché à ses principes et sa morale d’antan, maintenant révolus. Ce n’est pas en enterrant les morts que cela contribuerait à améliorer quoi que ce soit, hormis perdre un temps précieux, que l’on pouvait accorder à améliorer sa survie par exemple. L’heure n’était plus à épargner moralement, ou sentimentalement les plus faibles d’esprits, mais bien de provoquer des chocs émotionnels afin que ceux-ci se heurtent enfin à la dure réalité des choses : la vie ne se résume plus qu’à survivre.
*Si chacun part avec sa morale, aussi personnelle et temporelle soit-elle, nous ne sommes pas près de trouver des compromis*

L’avocat détestait les barrières morales et les mœurs, bien plus souvent un boulet au pied qu’autre chose. Pourquoi se limiter ? Surtout aujourd’hui ? La survie devait primer devant bien des choses, et la raison devait prendre le pas sur les sentiments personnels en toutes circonstances. Ceux qui voulaient survivre devraient s’habituer à ce monde impitoyable, et non geindre comme des enfants en attendant des temps meilleurs. D’une certaine manière, Scott estimait avoir rendu service à Pamela : il avait réussi à lui démontrer sa relative faiblesse, peut-être allait-elle maintenant repartir sur des bonnes bases après ce discours,  lui assurant enfin un avenir dans ce bas monde.
*J’ai agi comme un homme responsable, et pleinement conscient des rigueurs de ce nouveau monde, je n’ai rien à me reprocher. Bien au contraire…*

Les remarques désobligeantes de Freeman continuaient de résonner dans son crâne, néanmoins, il ne broncha pas, se contentant de fumer et de regarder droit devant lui, jusqu’à récupérer sa batte de base-ball. La défiance de Samuel s’accentua encore, ce qui fît réagir Scott, d’un ton presque dépité :
-« Allons… Monsieur Freeman, il n’y a que des amis ici, des gens qui vous veulent du bien. »

L’avocat se tourna alors vers son interlocuteur, qui était toujours quelques mètres derrière lui, et lui esquissa un sourire cynique :
-« L’intérêt de tous prime en ce moment même. Les temps sont difficiles, comme vous l’avez constaté par vous-même. »

Il cracha alors sa fumée en direction de Samuel, en signe de défiance, avant d’ajouter :
-« Nous sommes sur le même bateau… Pour le moment.»

L’avocat entreprit alors de se rapprocher, petit à petit de Samuel. Le pas lourd, mais surtout ferme et déterminé. Chacun de ses pas rapprochait insidieusement les deux êtres l’un de l’autre, le malaise était palpable.
-« Je vois que vous êtes quelqu’un de perspicace, Freeman, vos plaisanteries sont d’un fort bon goût, pour tout vous dire, vous me plaisez. »

Le regard de Scott se muait, la morosité et le regard avar avaient laissé place au regard vif, et joueur, tel un loup à l’affut de sa proie. L’avocat tirait de plus en plus vite sur sa cigarette, comme pour calmer son excitation grandissante. Arrivé à une dizaine de centimètres de Samuel, il reprit :
-« Mes affaires ne vous regardent pas monsieur Freeman, surtout que celles-ci appartiennent aux passés dorénavant. Un passé révolu, que ni vous, ni moi ne nous ne devons de regretter, et encore moins espérer revoir. Mais pour répondre à votre question, j’étais bel et bien dans la région pour affaire. Une histoire de brevet pharmaceutique violé pour tout vous dire. »

Sa cigarette arrivée à son terme, Scott saisit alors le mégot, et d’un claquement de doigt, l’envoya promener. Celui-ci frôla le visage de Samuel, avant de finir sa course juste derrière le protagoniste. D’un geste de main, Scott se recoiffa en plaçant ses cheveux en arrière, avant de se diriger vers le cadavre de la jeune femme, dont il avait précédemment brisé le crâne. Il la souleva, et la posa sur son épaule. Il n’éprouvait aucune répugnance à soulever le cadavre, malgré l’odeur assez désagréable qu’il dégageait. Son visage reprit des traits inexpressifs, et son regard perdu de sa superbe, comme absorbé par sa nouvelle tâche.
-« Maintenant, à vous de voir Monsieur Freeman, comptez-vous encore rester sur cette méfiance  contreproductive longtemps ? Ou allez-vous essayer enfin de coopérer et collaborer dans notre intérêt de commun : celui de rester en vie ? En attendant, allons offrir une sépulture digne à cette jeune femme, aux côtés des Shannon, voulez-vous ? »

Sans même attendre une réponse de la part de Samuel, Scott se dirigea vers Ivy, le cadavre de la jeune femme sur son épaule, afin de procéder à son enterrement. Aucune méfiance n'est perceptible de la part de Scott envers Samuel, car il n'en a aucune.


*Quelle connerie… Devoir perdre du temps pour accorder un semblant de dévotion, et de respect à un mort… Quelle fantaisie. *

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 21 Jan - 22:53
En réponse à ses questions, Samuel n'obtint que mauvaise rhétorique et provocation. Bien vite, le fin sourire qui avait orné son visage muta en un rictus de mépris franc, sans nuance. Cette attitude tint jusqu'au bout, elle tint malgré la tentative d'intimidation, elle tint aussi face aux mots mielleux et désincarnés de son interlocuteur. Jusqu'au bout, l'homme à la chemise moisie soutint le regard de l'avocat, la main fermement accrochée à son arme qui ne devait plus être un secret à présent.

Lorsque finalement, Scott renonça à ce duel de volonté duquel aucun des deux hommes ne pouvait sortir vainqueur. C'est à cet instant, seulement, que Samuel retrouva un large sourire, moqueur cette fois, un sourire qui signifiait tout ce qu'il lui semblait avoir compris du personnage avec qui il conversait. Par ailleurs, il lâcha son arme, visiblement convaincu que le danger immédiat était écarté.

Bien entendu, il le laissa bien parler pendant qu'il soulevait le corps et profita alors de la présence du chien, visiblement calme et familier des lieux, pour accroitre le mépris qu'il pouvait porter à cet homme en le laissant dans le silence, juste un instant, le temps de faire signe au chien, bien maladroitement, de venir à lui.

C'est là, à ce moment là, qu'il répondit, la voix haute et claire :


"Je ne collabore pas avec les individualistes, ni avec les tyrans, ni les survivalistes. Visiblement, la Mort ne m'a pas pris autant d'Humanité qu'à vous, à moins quelle n'ait rien touchée, ce qui expliquerait bien des choses sur votre vision de l'ancien monde."

Et il se contenta de cela car tout était dit. Il venait d'annoncer ce qui le dérangeait chez Scott et, à fortiori, ce pourquoi il ne changerait pas d'attitude le premier et qu'il comptait encore moins changer d'opinion à propos de l'ancien monde, que ce soit sa vie, ses souvenirs, son éducation ou simplement ce qui fait de lui un être humain civilisé.

Son attention finalement détournée de ce dernier, il observa un peu l'endroit où le cadavre se trouvait dans l'espoir de trouver un quelconque effet personnel qui aurait chuté à un moment ou à un autre.

D'autres part, il porta aussi une certaine attention au chien, surtout afin de ne pas être surpris par son comportement vis à vis de ce déplacement de corps impromptu, et aussi afin de savoir si il était décidé à rester près de lui ou suivre le corps de la décédée en talonnant Scott.

Evènements

Anonymous
Invité
Ven 23 Jan - 22:46
Ailleurs - 13/12/34 - Page 5 U7fao10

Temps : Le ciel est maintenant dégagé et clair.
Activité : Le calme de la campagne est de mise.

Résolution du Tour IX

Ivy : Tu décides de mettre les mains à la terre et grattes le sol fertile et mou au toucher, ce qui diminue l'aspect désagréable de mettre les mains à la terre si d'aventure tu n'étais pas une adepte, bien que le fait d'avoir des particules qui viennent se nicher sous tes ongles et une jolie coloration marronnée sur la main de part et d'autre peut être en soi déjà fort désagréable.

À force de travailler la terre, tu finis effectivement par trouver l'angle, et même les quatre angles, de ce qui apparaît comme une boîte métallique enterrée sous la terre ferme par la main de l'homme. Après tout même le plus intelligent des chiens ne s’appliquerait pas à enterrer ses trophées avec autant de minutie. La boîte est d'une couleur noire métallique et sur le couvercle est sculpté d'une main de maître une fée dans des reliefs dorés sombres, et pas n'importe quelle fée car toute personne normalement constituée ne peut que reconnaître la silhouette, la posture et les traits du visage finement dessiné : la célèbre fée clochette de Disney. Une production qui a continuée à fonctionner pendant de très nombreuses années depuis l'avant 2000 et qui continue, ou continuait, à faire tourner l'entreprise, jusqu'à ce que les marcheurs décident de la fermer pour cause de fin du monde. Les zombies ne doivent pas apprécier des choses aussi culturelles et symboliques que Disney.

Tu finis par remarquer que Scott remonte les herbes hautes dans ta direction grâce à ton instinct naturel, celui qui ne s'explique pas et qui permettait de capter sans l'expliquer un regard dans un bus ou une présence dans son dos parfois. Il sera là à ce tour. Sur ses épaules, le corps d'une femme très visiblement distinctif et vraisemblablement décédée. Lorsqu'il sera là, tu pourras constater à quoi elle ressemble de plus près : son visage blanc est inerte et ses yeux bleutés, grands ouverts, marquent la peur. Sa chevelure d'or voit une partie couverte de sang et sa gorge est déchirée à la base du cou, laissant la trachée et une partie de la colonne vertébrale à l'air libre. Elle semblait avoir pourtant toute la vie devant elle, une peau nette et laiteuse à la vue, des mains fines et un corps chaleureusement sculpté et attirant. Seuls ses vêtements - un tee-shirt blanc et un jean classique, pas de chaussures - sont visiblement dans un mauvais état et l'attaque qu'elle a dû subir ne semble pas avoir grand-chose avec : sale, déchiré par endroits et dégageant une odeur peu ragoutante. Sa mort a dû être récente et douloureuse et cela ne s'est pas arrangé puisque son crâne a été défoncé jusqu'à la cervelle, laissant distinguer très clairement l'hémoglobine poisseuse qui a coulé sur l'herbe.

Scott : Après votre départ, Ivy part de son coté inspecter la grange tandis que Samuel et toi avez ainsi lancé une conversation sur un ton des plus incertains, ton vis-à-vis marquant une distance dont le message clair s'ajoutait à ses mots analytiques à ton attention. Après votre découverte, ou redécouverte pour toi, du corps, tu décides de provoquer Samuel en lui lançant un véritable défi qui met l'accent sur sa méfiance, ce qui est un choix audacieux après le débordement de ton jeu d'acteur dans la cuisine.

Face au statut quo de Samuel qui en dit long sur le fil de sa réflexion, la main prête à se saisir de son outil de dissuasion, tu joues la carte du risque en t'approchant la batte en main mais te ravise finalement pour emporter le corps de la défunte. Lorsque tu la mets sur tes épaules, celle-ci pesant bien ses soixante kilos qui ne sont pas une partie de plaisir pour toi qui n'est pas en forme, tu te dois d'ajuster ta prise sachant que tu as aussi une batte encombrante à la main et entame ta marche vers la future sépulture.
Ton avancée est plus lente et moins détendue, il te faut te ménager car tu n'as pas totalement récupéré et ton repas fut certes un bon moyen de regagner des forces, mais le contrecoup des événements qui t'ont touché entre ta disparition prolongée et ton réveil violent va demander un peu plus de repos. Tu poursuis malgré tout ta marche et arrive à mi-parcours des herbes mi-hautes, tu arriveras auprès d'Ivy à ce tour. D'ailleurs tu remarques que celle-ci doit être assise ou accroupi car son corps a pratiquement disparu sous les herbes, visiblement occupée à travailler directement la terre avec ses mains, ou à une autre occupation possible qui explique que seuls ses épaules, une partie de son haut-corps et sa tête dépassent en ce moment. 

Samuel : Le débordement du jeu d'acteur de Scott semble t'avoir interpellé puisque tu entames une approche clairement peu avenante, jouant subtilement de questions et de marques de méfiance à son égard. Celui-ci ne se dérobe pas de son attitude détendue et de son calme apparent. Une fois auprès du corps, il choisit de se montrer provocateur et testes tes limites en s'approchant de toi, sa batte ramassée en main, mais tu demeures neutre dans ta réponse physique et te contentes de garder la main à l'arme planquée dans ton dos.
Scott finit par mettre fin à cette confrontation et emporte sur ses épaules, non sans un peu de mal, le cadavre assez frais et en mauvais état de la véritable victime de toute cette situation en l'occurrence. Il s'éloigne, se dirigeant vers Ivy que tu remarques au loin, a pratiquement disparu sous les herbes, visiblement occupée à travailler directement la terre avec ses mains, ou à une autre occupation possible qui explique que seuls ses épaules, une partie de son haut-corps et sa tête dépassent en ce moment. Tu ne distingues pas clairement la jeune femme mais ce que tu obtiens te suffit à savoir qu'elle ne se contente pas d'attendre que les choses se passent.

Toi, tu préfères rester sur place et observes le lieu du crime pour ainsi dire. Tu remarques au sol, parmi des herbes, quelques billets de cinq dollars ensanglantés et sans plus aucune valeur aujourd'hui, recouvert de sang en quantité. La pierre qui est à côté a de même pris une teinture rouge et le sang semble avoir giclé sur une bonne distance aux alentours. Même un novice en investigation et sans compétence pourrait voir que quelle que soit la façon dont elle est morte et dont son crâne a été défoncé, l'une et l'autre - ou les deux sur un même épisode, ont été réalisés avec un acharnement barbare.
Le chien resté allongé se redresse lorsque tu lui donnes de ton attention et s'approche en couinant, réclamant visiblement du réconfort après une tragédie qui pourrait avoir plus d'impact sur lui que l'on ne peut imaginer envers un animal comme lui. Venant contre tes jambes avec l'espoir de quelques caresses, il t'observe avec son air battu et passe le regard à Scott, ou au corps qu'il porte, sans manifester la volonté de le suivre. Il semblerait qu'il souhaite rester avec toi.  

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Tour X

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Dim 25 Jan - 4:25
Je grattais la terre molle à mains nues au rythme de mon souffle toujours court et haletant, révélant poignées après pognées la surface argentée jusqu'à parvenir à l'une des arêtes de ce qui ressemblait de plus en plus à une boîte. Poussée par ma curiosité de plus en plus titillée - venais-je de déterrer un trésor caché ?  - je continuais de déchirer la terre sans interruption, et sans trop m'inquiéter de sentir celle-ci se coller à ma peau, brunir mes mains ou encore se glisser sous mes ongles. Avec les heures, les journées mêmes, passées à bricoler des moteurs et démonter des bagnoles avec mon père, mettre les mains dans le camboui -littéralement - ne m'effrayait plus depuis bien longtemps. Il me fallut malgré tout quelques minutes d'acharnement de fossoyeur pour parvenir à dégager totalement la boîte que je finis par extraire de son écrin tellurique avant de la poser sur ma droite et utiliser l'extrémité de la manche d ema chemise pour en gommer les dernières traces de terre. J'eus un très léger sourire en observant les reliefs de la fée Clochette se dessiner sur le couvercle de celle-ci, amusée de l'incongruité de la situation. Tomber sur une sorte de relique Disney au bout milieu de ce monde apocalyptique... "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants..." étaient vraiment la plus improbable des conclusions qui pourraient marquer notre existence désormais, pour ne pas dire la plus impossible à voir se réaliser. Déjà qu'avant...

C'est alors que je relevais le nez de la boîte pour tourner mon regard en direction de Scott, poussée par cette étrange impression d'être, non pas spécialement observée, mais tout du moins la cible ou l'objectif de quelqu'un. Je vis l'ex-avocat avancer droit dans ma direction, et plissant légèrement les yeux derrière mes carreaux, je pus distinguer au fur et à mesure qu'il approchait, le cadavre qu'il portait sur son dos. L'homme semblait avoir du mal à avancer, ce qui n'était guère étonnant vu les états dont nous nous trouvions quelques heures auparavant. Et plus Scott réduisait la distance, et plus je sentais un autre malaise s'emparer de moi : celui de me trouver face au cadavre de l'un de mes semblables. *Merde, merde, merde... Pourvu qu'ce soit pas encore un putain de carnage de tripes éventées...* Pire encore, Samuel n'était plus avec lui, et poussant ma curiosité et mon regard quelques dizaines de mètres plus loin, je pus distinguer sa silhouette immobile au milieu du champ. *Putain Sam... M'laisse pas seule avec ce type et son cadavre. Ramène ton cul fissa...* implorai-je mentalement mon compagnon d'éveil, ma petite voix intérieure prenant un ton pressant.

Lorsque Scott arriva à moins d'une dizaine de mètres de moi, je me relevais lentement et reprenait ma pelle en main. Non pas pour me remettre à la tâche, mais bien pour me rassurer alors que ma méfiance refaisait surface et m'incitait à la prudence. Mais bien avant de trouver le regard de l'avocat, mes noisettes tombèrent en premier lieu sur la chevelure mordorée de celle qu'il portait, surtout les souillures rouge-brunes qui maculaient sa tignasse, ou encore la chair gris rosatre de sa putain de cervelle qui semblait vouloir émergée de sa boîte crânienne fracassée et encore gluante d'hémoglobine coagulée. Je sentis une forte nausée me retourner l'estomac, m'arrachant violent haut-le-coeur dégoûté alors que je ne pouvais détacher mon regard de sa gorge à moitié arrachée, laissant entrevoir la lumière de sa trachée ouverte où le sang avait même finit par se figer dans une fine mousse aux reflets carmin, ainsi que quelques pointes osseuses de ses cervicales. Cette fille ne devait pas être plus âgée que moi et, de par son aspect physique, devait sûrement avoir connu le même sort que nous. Une véritable beauté - à quelques détails de charcuterie près - qui aurait pu avoir la chance de se réveiller dans ce lit à ma place, ou moi à la sienne... Je ne parvenais pas à expliquer cet espèce de sentiment de culpabilité qui m'assaillit à cet instant. Pourquoi moi ? Pourquoi elle ?

Je reculais de quelques pas mal assurés, sentant mon visage blémir pour probablement être aussi pâle que celui du cadavre avant de me retourner, chassant hors de mon champ de vision cet étalage de sang et d'horreur que je ne parvenais toujours pas à affronter. Je pris de longues inspirations en espérant pouvoir calmer ma nausée et retarder l'inévitable manifestation émétique de mon dégoût profond ; en vain. Je lâchai la pelle sur le sol, me pliai en deux et déversai le contenu de mon estomac pour la seconde fois de la journée dans un râle rauque et franchement peu ragoûtant, répandant dans les herbes hautes une mixture brunâtre au sein de laquelle on pouvait clairement distinguer tranches de tomates à moitié digérées, grains de riz imbibés de sucs gastriques et quelques morceaux de pommes-frites. Je finis par tomber à genoux, mes mains posées de part et d'autres de ma flaque de gerbe, le nez au-dessus de celle-ci à chercher à nouveau mon souffle, des larmes roulant sur mes joues jusqu'à la pointe de mon menton tandis que je déglutissais difficilement un flot de salive au goût âcre empreint d'acidité qui me brûlait l'oesophage.

"Putain... Putain... PUTAIN !!" rageai-je d'un ton crescendo de ma voix tremblante. Je rageais contre Scott d'avoir ramené ce cadavre ici, je rageais contre ce vieux con de fermier de pas m'avoir laissé crever pour m'éviter d'endurer à nouveau ce calvaire et cette épreuve d'affronter la mort dans sa brutalité la plus pure ; et surtout j'enrageais contre moi-même de ne toujours pas être foutue d'affronter la réalité sauvage de ce monde qui s'offrait à moi. Je dus rester quelques minutes ainsi, stoïque, le corps agité des frémissements de cette sourde colère qui montait en moi, prenant de brèves et rapides inspirations avant de finalement parvenir à me redresser lentement, ramassant la pelle de ma main gauche au passage et retourner près de mon trou, bien déterminée à finir de creuser cette putain de tombe et enfouir sous terre toute trace de ce merdier.

Je lançais un regard courroucé en direction de Scott sans lui adresser le moindre mot, et sans qu'il l'ait mérité d'ailleurs, avant de planter la pelle dans mon début de trou avec violence, exultant ma rage à travers le manche de celle-ci et balançant la terre ainsi arrachée sur la petite motte déjà constituée. Si l'avocat osait m'adresser la parole, je l'enverrais chier copieusement sans autre forme de procès...

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Lun 26 Jan - 21:31
La discussion qu’il venait d’entretenir avec Samuel n’était, certes, pas des plus intéressantes et productives, mais elle avait eu le mérite de divertir Scott. Après tout, le monde n’était pas si noir : il y avait toujours des gens très différents, avec qui on pouvait discuter, et même, jouer. C’est le sourire en coin, et le dos tourné à Samuel, que Scott entendit la dernière remarque de son interlocuteur.
-« C’est votre choix et votre analyse monsieur Freeman, ils se respectent. »

De belles paroles, en apparence, car Scott se moquait au plus haut point de l’avis de son compagnon, qu’il jugeait profondément ridicules, bien loin des exigences, et besoins de ce nouveau monde. Il n’avait pas besoin d’ami, seulement de compagnon, pour le moment, il ferait avec le temps qu’il faudrait.
Le cadet Redfield reprit son chemin, en direction d’Ivy, lentement, et maladroitement. Quelle mouche l’avait piqué ? Le voilà avec un corps sur son épaule, qui pesait bien une cinquantaine de kilos, tout ça pour l’enterrer. Quelle connerie… L’intérêt de ce rituel semblait toujours hors porté de Scott, et surtout, loin de tout raisonnement fondé et logique. Il s’emmerdait avec un fichu cadavre, d’une pauvre cruche malchanceuse, pour rien, ou presque. Surtout qu’il se sentait particulièrement faible, il avait soulevé cette jeune femme comme s’il était encore au sommet de sa forme, et de sa condition physique, alors que ce n’était pas vraiment le cas.
*Fait chier, j’ai l’impression d’avoir mal partout, de traîner un âne mort… Qu’est-ce qui m’est arrivé pendant ces 4 putains de mois ? … Je suis un foutu abruti, j’aurais mieux fait de la laisser là-bas.*

Il regrettait déjà son élan d’humanité, si encore cet acte pouvait redorer son image auprès de son compagnon, cela aurait servi à quelque chose… Il en doutait, mais rien ne l’empêcher d’essayer.
*J’aurais dû la foutre dans une brouette pour la transporter. Keuf… Quelle déchéance, trimer comme un bureaucrate feignant et en surpoids, moi qui étais un des plus grands pratiquants de Muay Thaï de ma génération. Je ne suis plus que l’ombre de moi-même…*

Il était résigné à accepter son sort, sans même chercher le pourquoi du comment… Néanmoins, il lui semblait hors de question de se satisfaire de sa situation, et condition actuelle. Il allait devoir travailler, peut-être encore plus qu’avant, afin de ne retrouver ne serait-ce qu’une parcelle de ses compétences d’antan.
Il finit par atteindre Ivy, et ce n’est qu’à une dizaine de mètres de celle-ci que Scott daigna lever les yeux pour observer la jeune femme. D’un pas nonchalant, il posa le cadavre, et s’assit à côté pour reprendre sa respiration. Le chemin lui avait semblé interminable, il essayait tant bien que mal de reprendre son souffle. Jamais il n’aurait cru que cette simple action puisse l’épuiser autant. Entre deux souffles, il vit son compagnon d’infortune recracher son déjeuner au sol. Scott sourit, presque par réflexe. Après tout, il devait le reconnaître : le cadavre était répugnant, et puait la veille charogne, tout comme le costume de Scott, qui c’était imprégné de cette odeur nauséabonde. Des tâches rougeâtres ornées sont costumes noir, l’avocat émit un petit rire : c’était typiquement le costume qu’il aurait eue s’il n’avait pas réussi à contenir sa rage lors de certaines de ses affaires, ou entrevue avec ses clients. Lorsqu’il reprit ses esprits, la jeune femme avait repris sa tâche, et creusait un trou tant bien que mal. Après quelques minutes, une fois son souffle repris, et voyant la jeune femme peiner à la tâche, le cadet Redfield se leva, et d’une voix presque trop mélodieuse, déclara :
- « Laissez-moi prendre le relais, vous en avez assez fait, prenez un peu de repos. Je me charge du reste. »

Un semblant d’empathie émanait de sa voix, qui contrasté avec son regard froid, et vide. Il tendit sa main, attendant que la jeune femme lui donne la pelle, afin de poursuivre son ouvrage.
*Dépêches-toi de me donner la pelle avant que je change d’avis, on ne va pas y passer la journée à creuser deux trous pour deux gugusses. Keuf… On aurait dû creuser une fosse commune, ou mieux, les faire incinérer. On se serait moins emmerdé.*

Un large sourire éclaircit son visage, comme pour essayer de dissimuler ses sombres pensées.

Scott semblait presque sympathique.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mar 27 Jan - 17:09
Observant les quelques indices laissés par terre, Samuel soupira longuement avant de reporter son attention sur le bel animal se frottant contre ses jambes. A cette vue, il esquissa un mince sourire, le regard triste, et s'abaissa doucement en position accroupie afin de caresser l'encolure de son compagnon canin. Intérieurement, il se demandait bien si il faisait cela afin d'apporter du réconfort à cet être ou si il faisait de son mieux pour maintenir son propre moral.

Quoi qu'il en soit, sans cesser de caresser l'animal, son autre main se saisit de la pierre ensanglanté. Il l'examina brièvement puis la glissa dans la poche de son pantalon avant de se saisir, plus hésitant, des quelques billets rougis. Ils reposaient là, dans sa main à présent tâchée du même rouge, malgré les dommages, il pouvait encore en distinguer le numéro de série, les fioritures, tous les grands symboles du passé.

Un instant, il ôta sa main de la tête du chien et la rapprocha des billets afin d'en saisir les deux côtés. Doucement, il les défroissa, tendant le papier à son extrême. Les yeux grand ouvert, il défiait Lincoln avec véhémence, cherchant à tirer sur le papier jusqu'à sa rupture, le combat était rude, l'agréable nostalgie du passé contre la dure réalité du présent, mais peu à peu, le papier commença à montrer des signes de faiblesses, les premières fibres lâchant, signe d'une destruction imminente.

Mais, soudainement, il entendit crier dans son dos et, en mode automatique, il se releva, se retourna et glissa les billets ensanglantés dans l'autre poche de son pantalon. Il tourna ensuite la tête vers le chien et lui fit signe de le suivre d'une manière amicale et très franche, comme si ce seul instant en sa compagnie l'avait convaincu qu'il était ici son ami, peut-être à tort d'ailleurs.

Il marcha alors d'un pas ample et rapide, réduisant la distance qui le séparait du duo de vivant aussi vite que possible mais sans en arriver à courir alors que la scène, même lointaine, ne semblait pas avoir réellement dégénérée mais juste requérir une présence ou deux en plus afin d'empêcher le stress de foutre plus de bordel qu'il n'en avait déjà fait durant le dernier quart d'heure.

Malgré son désir que les choses se calment plutôt que s'envenime, il ne manqua pas, à plusieurs reprises, de passer sa main gauche dans son dos, comme pour s'assurer que son arme n'allait pas disparaitre entre deux enjambées dans les herbes hautes, ainsi que sur sa poche où la pierre se trouvait, déformant le tissu à un endroit ou, hélas, une blague sur la taille des parties génitales ne pouvait être énoncée.

Pour sur que même si, à chaque minute, Samuel se rendait à l'évidence que les conflits allaient les fatiguer, il était toujours hors de question de baisser sa garde. Vivre libre ou mourir, ouais, c'était la manière de penser de ceux qui n'avaient jamais eu à ostensiblement courber l'échine, mais aussi celle de ceux qui n'avaient jamais fait de courbettes pour vivre dans le monde d'avant.

Evènements

Anonymous
Invité
Mar 27 Jan - 20:23
Ailleurs - 13/12/34 - Page 5 U7fao10

Temps : Le ciel est maintenant dégagé et clair, le froid laisse peu à peu place à une mesurée mais réelle chaleur, celle du soleil levé.
Activité : Le calme de la campagne est de mise.

Poursuite de la Scène

Le temps commence à se faire moins froid maintenant que la matinée a avancé, et le soleil vient resplendir dans le ciel pour annoncer une journée plus chaleureuse malgré l'hiver et la mort qui déambule. Vous-même, pris dans une situation morbide d'une tombe creusée pour un corps pratiquement déchiqueté à deux pas de vous, sans drap ni lavement pour masquer sa fin tragique. Tandis que Scott, moins touché par cette horreur que la si évidemment humaine Ivy, propose de poursuivre le travail et reçoit une attitude de nouveau hostile, Samuel les rejoignait au pas de course et assistait à la fin de la scène, suivi de Tobby, le jeune chien loyal et obéissant qui courut dans ses pas et vint s'arrêter auprès de lui sans faire entendre le moindre son, d'un calme olympien alors.

Les trois comparses de nouveau ensemble derrière la grange où était préparée la sépulture improvisée, ils n'avaient pu voir le fermier sortir de la maison, deux draps sous le bras. Mais dans l'immédiat aucun d'eux n'était destiné à la jeune défunte à vos côtés, l'homme entamant la traverser sereine du champ vers la route au loin, vous laissant le loisir de remarquer une fois à bonne distance pour que la grange ne le cache plus, qu'il s'éloignait à la fois de la ferme et de vous-même dans le but sans doute d'assumer le fardeau de la récupération d'une morte-vivante définitivement envoyée dans l'au-delà. Une morte, qui n'était autre que le second cadavre de cette triste et miraculeuse journée cependant, Shannon.

Eléments scénaristiques:
 

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Jeu 29 Jan - 20:54
Je jetais sur le tas de terre le contenu de ma dernière pelletée avant de poser mes yeux sur la main tendue de Scott, puis finalement trouver son regard d'onyx. Je secouais légèrement la tête avec une grimace de dédain à son égard, refusant ainsi son aide.

"J'ai pas besoin d'me reposer. J'ai besoin de m'occuper l'esprit..." Je plantais à nouveau l'outil dans le sol, poursuivant ma tâche en délaissant tout intérêt pour le New-Yorkais, et accentuant ainsi les protestations révoltés de mes muscles maigrichons soumis à un effort beaucoup trop physique pour eux. "M'a semblé voir une pioche dans la grange s'tu veux t'rendre utile..." l'informai-je d'un ton sec, ma dernière remarque s'apparentant presque à un ordre.

J'ignorais si c'était la vue du cadavre ou le climat d'incompréhension générale qui me rendaient aussi épidermique et agressive, désormais confrontée à la dure réalité d'un monde que je pensais avoir quitté. Le pire dans tout ça, c'était cette impression qui m'habitait, et soulevait une question qui n'avait de cesse de me tarauder le ciboulot : "creuser ce putain de trou avait-il encore un sens aujourd'hui ?" J'estimais que oui, émotionnellement et rationnellement, j'en étais convaincue. Mais cette conviction ne parvenait cependant pas à dissiper intégralement ce doute ; une petite voix froide et cruelle me soufflant depuis les limbes de mon subconscient que les valeurs, les coutumes et les rites de l'ancien monde n'avaient plus leur place ici...

*Foutaises !* C'était justement ce qui nous différenciait des animaux et de ces putains de zombies. Sinon, à quoi bon avoir survécu à cette morsure si c'était pour devenir un autre genre de zombie, en pire même, car conscient d'être déshumanisé ? *Foutaises j'te dis...*

Quelques pelletées plus tard et la tombe commençant à réellement prendre forme, je m'interrompis durant quelques minutes pour reprendre mon souffle et étirer mes muscles endoloris, regardant les alentours à la recherche de Samuel avant de me rendre compte qu'il n'était pas si loin que ça de nous, talonné par un putain de molosse. J'aperçus également, au loin, l'immense carrure du fermier traverser les champs en direction d'un chêne solitaire bien plus loin. Même à cette distance, la silhouette du vieil homme était reconnaissable entre mille. J'espérais sincèrement ne jamais avoir à faire face à un zombie d'une carrure aussi imposante à l'avenir ; mais le Destin étant un salaud comme tant d'autres, ce genre de rencontre finirait forcément par me tomber sur le coin du nez un jour ou l'autre.

J'abandonnais ma pelle sur le tas de terre pour finalement faire quelques pas en direction du doberman, un sourire franc étirant mes lèvres, tendant vers lui ma main droite, paume ouverte vers le ciel en m'approchant prudemment malgré tout. On ne savait jamais ce qu'il pouvait bien passer par la tête d'un clébard ; quand bien même celui-ci semblait particulièrement chaleureux et amical pour suivre sans protester et sans trop de méfiance les inconnus que nous étions.

"Et coucou toi..." lui susurrai-je d'un ton aimable et amical, pliant légèrement les genoux pour presque m'abaisser à sa hauteur. "Mais c'est que t'es un beau toutou..." Je rapprochais lentement ma main terreuse de son museau afin qu'il puisse sentir mon odeur à loisir, puis tentais de le caresser.
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