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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Égarés - 14/12/34
 :: Memorial :: Hopeless Life : First Season :: Prologue

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Evènements

Anonymous
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Sam 10 Jan - 21:30
Égarés - 14/12/34 Assech10

Égarés

Temps : Soleil de midi, ciel dégagé, une fraîcheur certaine.
Activité : Les clapotis de l'eau bercent dans le silence.

Harvey : Au son du flottement de l'eau qui t'entoure, ton esprit s'éveille à la lucidité précaire qui précède le réel réveil. Tu as l'impression de flotter, comme si ton corps entier était bercé sous un nuage si léger qu'il vole et virevolte dans les airs au gré du vent. Les images et les mots qui ont marqué la durée de ton inconscience s'estompent peu à peu, pour ne laisser place qu'à un prodigieux vide. Tu as la sensation d'un froid humide sur ta droite, et celle d'un chaud sec sur ta gauche, comme si l'environnement dans lequel tu te trouvais n'avait absolument rien de cohérent.

Tu te réveilles finalement, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.
Le temps de réaliser et tu constateras les premières sensations qui te touchent physiquement avant de te fier à tes yeux. Tes vêtements collent à ta peau et transpirent d'une humidité certaine. Tu es également recouvert d'une légère couverture qui te donne la sensation d'une mauvaise laine passé trop de fois dans une machine, puis délaissé dans un grenier humide.
L'odeur du moisi y est des plus fortes, en plus de celle de la transpiration. Mais ton sens olfactif ne reconnaît pas que cette flagrance nauséabonde, il identifie également celui du bois brûlant comme un feu de camp, et celle davantage plus agréable d'un fumet de haricot.

En te fiant à tes yeux, tu identifies enfin ton environnement bien éclairé sous une journée déjà entamée, mais à l'abri des rayons du soleil, à l'ombre d'une toiture en tôle. Tu es allongé sur un plancher de bois flottant sur l'eau, sans doute une structure construite en pilotis au bord d'une rivière. Tu es couvert de ce que tu soupçonnais, une couverture assez sale, et à proximité d'un feu de camp improvisé. Mais au-delà de ce décors, tu perçois une présence, de l'autre côté des flammes. Une silhouette qui se découpe malgré la brume qui masque ton regard, assise en tailleur, dégustant à même une boîte de conserve avec ses doigts, une capuche sur la tête voilant son visage et ses cheveux.

L'image n'a rien de ragoutant, ni de rassurant, mais c'est tout ce que tu arrives à identifier dans l'état dans lequel tu te trouves. Que fais-tu donc ici ? Mais quel est cet endroit et qui est cette personne ? N'étais-tu pas en train d'agoniser il y a quelques instants ?

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions sans doute naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme. Ainsi te voilà vivant, la peau aussi propre que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparu si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.

La douleur qui vrille ton crâne à ton réveil te cloue presque sur place, peinant à s'estomper, tout comme ton incompréhension. Te voilà égaré au milieu d'un lieu inconnu ressemblant aux paysages texans.

Éléments scénaristiques:
 

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Dim 11 Jan - 11:42
*Respire… ne bouge pas… respire… ne bouge pas… respire… ça va passer…*

Tout en essayant de contrôler ma respiration et de comprendre ce qui se passe, l’odeur du lieu, aussi peu agréable que vaguement familière, vient assaillir mes narines.

*Oula !!! Respire moins… respire moins… respire moins… !!!!!!*

La nausée n’est pas loin.

Je n’arrête pas de me toucher le poignet, comme si j’y cherche quelque chose qui n’y manque. Mais quoi ? D’ailleurs, je suis ou là ? Même si le ciel bleu qui se dessine dans les interstices de ce « cabanon tout pourri» m’apporte un peu de réconfort, il m’est difficile d’ignorer cette petite voix dans ma tête qui me hurle qu’il y a une couille dans le potage. Je n’aime pas cette sensation, ni même celle que mes vêtements me collent à la peau comme si je sortais d’une mauvaise grippe ou d’un marathon…

Mon instinct me dicte de ne pas bouger tant que je n’aurais pas toutes les réponses, ou que mon réveille ne sonne. Toutefois, le glouglou de l’eau m’indique que je ne pourrai pas rester longtemps inactif : ma vessie ne tiendra pas des heures.


*Allez Harvey, concentres toi….*


Mais oui !!!! Harvey !!! Harvey O’Brian : c’est mon nom et je viens du Maine. Une première pièce du puzzle générant encore plus de questions.  

Fort de cette petite victoire, je ferme mes yeux et porte toute mon attention sur cette odeur… vieux relents de moisie mêlés de sueur… Toute de suite l’image des vestiaires des Black Bears juniors s’impose dans mon esprit. Je commence à me souvenir de mes potes de baseball : Mark, Bob, Jim, Smith… avec leurs superstitions débiles sur les chaussettes, caleçons et maillots de corps qu’ils refusent de laver et qui sont déjà plus que moisis et raides de crasse dans leur sac. Un autre souvenir, moins agréable cette foi, ce connard de Will essayant de me faire bouffer les chaussettes porte bonheur de Dylan…

Soudain, une digue se rompt dans ma tête et ma mémoire me revient tel un ras de marré. J’ai dû mal à me concentrer, j’ai l’impression qu’on essaye de me faire visionner plusieurs films, en accéléré, à la fois.

Dans le fouillis d’informations se déversant dans ma tête, je perçois ma mère, qui m’interdit formellement d’aller au Texas, je me sais en accord avec elle sur le sujet mais tape du poing sur la table juste pour me donner l’air d’être un rebelle. Je vois mon pote Doug, devant la PlayStation 14, faisant une liste de tout ce qui fait que les Texans sont des gros débiles, tout en explosant des extraterrestres sur Marsian Attack 9, Il a raison et je suis content de ne pas aller à Brownsville. Puis, je me vois parler à mon coach pour lui dire que je ne me taperais pas les 36 heures de bus pour aller à Brownsville disputer son match de merde. Je l’entends me répondre que les pompoms sont déjà parties en avion et que Kimberly y sera… et voilà que je monte dans le bus pour le Texas avec le sourire aux lèvres.

*Ma mère va me tuer… *

La suite défile rapidement, la mauvaise bouffe, ce mec avec son histoire d’alcool de venin de crotale qui va me rendre irrésistible auprès des filles mais qui me donne surtout mal au bide, la défaite contre les Texas Rangers junior, Will qui se prend la tête avec un débile de texan complètement taré qui le mord, le retour dans ce vieux bus sans climatisation, les coups de sifflet du coach et… l’accident… et BORDEL….

*OH PUTAIN !!!!!*

Ignorant ma migraine, je me redresse violemment sur ma couche…

*OH PUTAIN !!!!!*

Je n’arrive plus à contrôler ma respiration et je me masse frénétiquement le poignet, incrédule de ne pas y trouver la marque des dents de Will. Ca me rassure. Ce n’était qu’un cauchemar… Mais comment j’ai pu imaginer un truc aussi crade ??? J’ai vraiment besoins d’un psy.

Les délires philo-religieux et la fièvre durant laquelle je me raccrochais à la photo de Kimberly en bikini en attendant la mort sont vite zaapés par un « ET SI  les mecs sont vraiment dans la merde »… il leur faut des secours et vite… mais ça fait combien de temps que je suis là??? D'ailleurs, c'est où là? Je dois trouver un téléphone...

C’est alors que je me rends compte que je ne suis pas seul. Je m’aperçois qu’il y a un clodo tout crade avec moi dans ce cabanon moisi…

En un éclair des milliers d’hypothèses défilent dans ma tête, entre le traumatisme crânien dû à l’accident et l’intoxication alimentaire résultant de la bouffe du coin, voir du sandwich au beurre de cacahuète piqué dans le sac de Bob ou encore du verre d'alcool de venin de crotale pris la veille du match, l’idée que j’ai été drogué et enlevé par des tarés s’imaginant que mes parents payeraient une rançon s’impose.

Je reste à fixer ce type, réprimant à la fois mon envie de pisser et les gargouillis de mon ventre devant la boite de haricots.

*Pourvu qu’il n’est pas abusé de moi pendant mon sommeil… *

Il fallait que je me reprenne… je me souviens vaguement des grandes lignes du film «  the negociator ». La première impression est déterminante, aussi, je dois m'adresser à ce type d’une voix calme et assurée. Je dois être concis et ferme à la fois. Avec ça, j’allais m’imposer à ce clodo, peu importe qui il est, et obtenir de lui un téléphone… ou un endroit avec le téléphone, appeler des secours et tout allait bien se passer…  oui ça c’est un super plan.

« Heu monsieur ? Désolé de vous interrompre dans… heu… votre repas… mais … heu… je dois a tout pris trouver un téléphone parce qu’il y a eu un accident de bus, à cause de Will, et on a perdu le match, mais l’accident, oh putain… l’accident… il y avait des blessés. Il faut que j’y retourne. Mais avant il faut que j’appelle les secours. Oui, il faut que je trouve des secours. Et que je trouve des toilettes aussi. Putain ma mère va me tuer. Vous avez un téléphone dans votre… heu.. Cabane ? D’ailleurs on est ou ici ? Je ne dis pas que c’est moche chez vous hein ? Mais c’est… voila voila… y’a une belle vue au moins… Et puis, vous êtes qui ? Je vous préviens mes parents ne payeront pas un sous alors vous perdez votre temps si vous voulez une rançon…. Si vous me laissez appeler des secours je ne vous dénoncerais pas. Pitié ne me faites pas de mal, je suis trop jeune pour mourir !!!! »

*Aie… c’est ma voix qui est aussi aiguë ?*

Je dois faire une pause pour respirer, tout en me rendant compte que je viens encore de faire «  une diarrhée verbale » qui n’a ni queue ni tête… Ça ne s’engage pas bien. Surtout que je ne vois pas mon sac et que je ne me sens pas de piquer un sprint avec ma vessie aussi pleine.

Evènements

Anonymous
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Lun 12 Jan - 23:19
Égarés - 14/12/34 Assech10

Égarés

Temps : Soleil de midi, ciel dégagé, une fraîcheur certaine.
Activité : Les clapotis de l'eau bercent dans le silence.

Résolution tour I & Introduction

Harvey : À tes premiers mouvements, la silhouette avait déjà levé les yeux sur toi, t'observant en reposant la boîte de conserve entamée à ses pieds et rinçant ses doigts gouttant de jus de haricot blanc à la tomate dans une petite bassine d'eau qui traînait à ses côtés. On t'observait avec un regard des plus attentifs, comme si l'on redoutait tes réactions et que l'on gardait une grande prudence vis-à-vis de ce que tu pourrais être ou de ce que tu pourrais faire.

D'assise, la personne se redressa doucement pour simplement se mettre accroupie. C'était sans aucun doute l'une des meilleurs positions pour réagir en cas de problème, pouvant ainsi faire détente rapidement sur ses jambes. À bien regarder, tu devines alors plus clairement les habits que porte ce que tu penses être un SDF. Une doudoune grise déchirée par endroits, et salie de diverses traces, tant de traînées rouges écarlates que noires, un jean ajusté sur des jambes qui te semblent de prime abord plutôt fines et sveltes. Plus ton regard s'attarde sur la personne, moins tu sembles certain du sexe de celle qui est à tes côtés, reléguant le "Monsieur" à une maladresse très gênante. La silhouette est fine, voir presque maigre.

Pourtant, la personne t'écoute parler aussi rapidement que ton esprit te le permet, en t'embrouillant dans des explications plus farfelues les unes que les autres, et en laissant le ton de ta voix céder à une certaine panique. Elle semble étudier si tu parais être un danger, ou si elle peut relâcher un peu sa vigilance.
Au terme de ton discours, elle s'approche en restant accroupie, à une certaine distance tout de même de toi et te tend la boîte de conserve en la poussant au sol.

A cette distance, tu peux enfin voir ce qui se cache sous cette capuche immensément sale : une très jeune fille, d'à peine dix-sept ans tout au plus, le visage doux et rond, marqué par des pommettes rosées et couvertes de quelques salissures et cicatrices légères qui la rendent plus fragile. Quelques mèches de cheveux blonds descendent sur son front, masquant avec parcimonie un regard bleu azur. Elle n'a strictement rien à voir avec les filles superficielles telles que l'on aime et se plaît à en croiser au lycée, ou sur les stades affublés des mini-jupes de pompoms girls. D'un premier avis, elle serait d'ailleurs plutôt le genre à rester dans son coin, timidement, attendant que les orages de moquerie passent à son encontre. Une ombre jamais remarquée sur un tableau haut en couleur.

Elle pousse davantage la boîte vers toi, ce qui te donne l'occasion de voir ses mains, pâles et tremblantes par le froid de l'hiver. Un froid glacé d'un ciel sans nuages pour en retenir la chaleur. L'intérieur de la conserve montre une quantité suffisante pour te satisfaire d'un petit repas, et pourrait sans aucun doute contenter ton appétit féroce, si seulement le mal de crâne qui vrillait tes tempes te laissait un instant tranquille. Ton soubresaut brutal d'ailleurs n'a sûrement pas arrangé les choses, et le voilà reparti de plus belle, s'insinuant comme deux vis de parts et d'autres de ta boîte crânienne.

Tu n'as pour l'instant pas entendu sa voix et pour cause, tu n'as comme toute réponse qu'un simple geste de la main, te signifiant qu'il fallait que tu te nourrisses. Des gestes assez sûrs qui laissent deviner une personne muette habituée à communiquer avec ce genre de langage et qui n'aurait sans doute pas la capacité de se faire comprendre autrement.

D'un certain point de vue, elle ferait presque enfant sauvage.

Jimmy : Si le froid de l'hiver est coriace et gèle un à un l'ensemble des os que constituent ton squelette, la fraîcheur de l'eau qui mouille tes chaussures et imbibe tes chaussettes serait sûrement la cause du rhume qui ne tarderait pas à prendre le dessus sur ton état de santé. Un état proche du néant à tes derniers souvenirs, et pourtant, tu es bel et bien vivant.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre. Le temps de réaliser et tu constateras enfin le froid qui mord l'ensemble de tes vêtements, devenus collants par l'humidité certaine dont ils sont imbibés. Des vêtements sales, qui sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante.

Tu te trouves au bord d'une rivière, et le clapotis de l'eau chatouille tes orteils. Face contre terre, tes bras sont étendus vers le haut comme si quelqu'un avait essayé de te traîner hors de la rivière, et qu'il s'était arrêté en cours, interrompu dans son geste pour quelconque raison. Tandis qu'un mal de tête insidieux te prend avec virulence, jusqu'à pousser la nausée à son point de non-retour, tu perçois les rayons d'un soleil déjà haut dans le ciel, qui t’assomme un peu plus.
En te concentrant davantage sur ton environnement, tu aperçois un peu plus loin quelques petits cabanons de pêche construits sur pilotis, certains ravagés par des événements inconnus. L'un d'eux semble en assez bon état pour y abriter un feu de camp crépitant en son sein, et sans doute une personne ou un groupe s'y étant réfugié.

Que fais-tu donc ici ? Quel est cet endroit ? N'étais-tu pas en train d'agoniser il y a quelques instants, victime de la morsure d'une de ces horribles créatures ?

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions sans doute naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme. Ainsi tu es vivant, la peau propre. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparu si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.

Te voilà donc en bord de rive, dans un lieu inconnu et à mille lieux de parvenir à comprendre pourquoi et comment, complètement égaré dans ce monde toujours aussi hostile.


Éléments scénaristiques:
 

+++

Tour II

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Mar 13 Jan - 11:41
*Mais mais mais mais…*

Mon cerveau a comme un raté, j’ai l’impression qu’après toute cette effervescence dans ma tête, quelqu’un a simplement appuyé sur le bouton arrêt…. Et pas seulement à cause de la douleur qui me vrille le crane.

*…mais mais mais mais mais mais… *

Je reste à regarder, complétement incrédule,  le « SDF » … son visage… ses jambes… je ne sais combien de temps cet état a duré avant que la vérité ne s’impose enfin à moi, et ce, malgré ma migraine, les grognements de mon ventre affamé et les tiraillements de ma vessie stimulée par le glouglou de l’eau.

*… mais c’est une fille !!!!! *

Je me sens rougir jusqu’à la racine de mes cheveux

*pourvu qu’elle ne le voit pas*

Exit le bus, l’accident, les potes dans la merde, la potentielle tentative d’enlèvement… car je suis je ne sais où et… y’a une fille… qui a à bouffer en plus !!!

Je me sens carrément idiot d’avoir pu imaginer être enlevé.

*Comme si une fille pouvait être un kidnappeur surtout avec d’aussi jolies yeux*

Je suis obligé de me secouer pour sortir de cette stupeur léthargique. Mince, elle a l’air de vraiment me regarder et pourtant elle n’a pas la tête d’une fan des black bears qui va me demander si je peux lui obtenir un autographe de Will ou de Bob…

*Bon, ce n’est pas le moment de lâcher l’affaire, réfléchis Harvey, réfléchis… *

Je suis au milieu de nulle part, et Melle SDF est dans un état de crasse et d’abandon pas terrible pour une fille. S’il est rationnellement envisageable que, poussé par l’adrénaline, ma course folle ait pu me mener « ici », j’ai du mal à comprendre comment elle, elle a pu s’échouer dans ce coin paumé.

Je re-détaille les lieux rapidement… non rien, pas de « vraies maisons », ni, d’ailleurs, de cabinet de toilettes en vue.

*Génial, la prochaine fois que je fuis comme un gros taré, je consulte une carte avant*

D’instinct je prends la boite qu’elle me tend, ça sent bon. Je sais pourtant que je n’aime pas la nourriture en conserve et que je digère mal les haricots. De plus, si c’est Texan, je devrais me méfier… Mais là, c’est comme si elle m’avait tendu un sandwich de Nutella tellement que j’ai faim. Je cherche vaguement une cuillère quand je recroise le regard de la « SDF ».

Comme à chaque fois que je suis dans ce genre de situation : devant une fille, autre que ma mère et ma sœur, qui a remarqué que j’existe, ce qui arrive assez rarement, il faut l’avouer, une partie de moi, ma « raison », entre en conflit avec celle que je préfère nommer mon « émotion » (mon psy l’appelle, lui, mes « hormones »).

La dite « fille » n’a pas l’air d’aller super bien, à vrai dire, ça a même l’air d’être la grosse galère pour elle. Dire qu’elle veut partager sa bouffe alors qu’elle frise déjà l’anorexie.

*Attends Harvey, t’as assez d’enmerdes à gérer… rappelle-toi, les mecs, le bus, l’accident… et puis elle a certainement un petit frère a qui tu ressembles, une petite sœur à garder ou un mec… prends la bouffe, exige un téléphone, et trouve où pisser aussi... le reste tu t’en balance !! Ne fais pas, encore, tout foirer pour une nana qui, en plus, n’aurait même pas retenue pour la première sélection d’essai des pompoms*

Mon ventre, comme pour confirmer ce que me dicte ma tête, reprend ses grognements. Lui aussi veut que je dévore le contenu de la boite sans me poser de question, comme le sandwich au beurre de cacahuètes de Bob. Mais bon, là… ce n’est quand même pas pareil…

*MAIS PRENDS LA BOUFFE IDIOT !!! PREND LA BOUFFEEEEEEEUUUU !!! …Et trouves des toilettes aussi, ça urge*

Maintenant, comme à chaque fois où il y a un conflit de ce genre, c’est rarement ma tête qui l’emporte, et ce malgré le soutien de mon ventre. Je ne peux pas m’en foutre d’avoir une nana en détresse devant moi. Oui elle doit avoir un mec, comme la plus part des filles potables de cet univers. Mais n’empêche, son mec est un énorme connard, encore pire que Will, de la laisser seule dans cette merde. Un regard sur la couverture, qui n’était certainement pas arrivée sur mon dos par magie, me confirma ma décision. Je sens que je ne vais pas aller seul chercher un téléphone, hors de question que je la laisse ici.

Je repousse, avec un gros déchirement intérieur et un « ta gueule » muet à ma tête, mon vente et ma migraine, doucement la boite vers elle…

« C’est super gentil de partager mais tu vois… j’ai pas super faim… alors… heu… je te laisse finir tes… tes machins Texans »

Mon ventre émet une violente protestation sonore qui ne m’aide pas à avoir l’air crédible. Pour essayer de rattraper le coup, et me donner un minimum de contenance, je lui tend la main :

« Je m’appelle Harvey O’Brian… et j’ai 25 ans!!!! ».

Ce le fait bien, sauf qu’une nouvelle crise de diarrhée verbale arrive et que, vengeance de mon cerveau, trop ignoré peut être, je n’arrive pas à l’endiguer avant qu’elle ne parte. Je sais d’avance que ça va encore finir en drame.

« Mais j’imagine que tu vas m’appeler "la crevette" ou "le gros nase", comme toutes les filles mignonnes, ou pas, vu ton contexte, enfin... je ne veux pas dire que tu es mignonne, enfin si, mais en fait... non j’ai pas dit ça... tu es certainement jolie propre…mais je ne te traite pas de sale…  »

*mais tais-toi !! tais-toi !!!*

«  Attends, ce n’est absolument pas ce que je voulais dire… »

Avec un gros soupir résigné, une fois de plus je suis grillé avant le départ, j’essaye de reprendre le fils de mes questions :

« Bref, moi, c’est Harvey, et toi ? Tu t’appelles comment ? … au passage, il y a des toilettes ici ?»

Je reste la main tendue vers cette pauvre fille qui doit me prendre pour un taré... ... ... elle aussi.

Jimmy John

Anonymous
Invité
Mar 13 Jan - 15:17
Froid... j'ai froid... tellement froid... mes pieds sont engourdis et me font souffrir... souffrir ? Pourquoi j'ai mal... je devrais être mort ou pire encore, un zombie. Un zombie peut avoir mal ? Un zombie peut penser ? Je suis bien en train de penser pourtant...Comment est-ce possible ? Je me rappelle maintenant, j'ai été mordu...je pousse alors la manche crasseuse et boueuse de ma chemise jusqu'à mon coude pour dévoiler à mes yeux mon avant-bras...

Aucune trace... comment ça ? Ce n'est pas possible du tout. Mes doigts parcourent ma peau, pas une cicatrice, pas une marque…. Comment cela pourrait être possible ? Je dois rêver...aie mes pieds... non plutôt un cauchemarder... est-ce que les zombies font des cauchemars ? Je me rends compte alors... je suis à l'extérieur, j’étais pourtant dans l’hôpital....

Aie mon crâne, j'ai la tête en feu, une commotion ? Une migraine ? Un mélange des deux? Ma main caresse ma boite crânienne à la recherche de quelques bosses ou plaies... rien. Pourquoi cette douleurs alors ? Le froid, cette sensation... encore... je souffre de toute part... je m’assoie en tailleur, je retire mes chaussures et masses mes pieds pour les réchauffer. Alors que je glisse mes doigts entre mes orteils je réfléchis encore j’essaie de me rappeler.... l’hôpital... Melle Kane, l'autopsie... la mort... tous ces morts... les grattements de ma sœur qui veut sortir… aïe mon crâne encore cette douleurs insupportable... l’infirmière elle m'avait demandé... ah oui, cela me revient comme une grande claque cuisante et violente qui semble me brûler la joue, je dois sourire... sourire pour elle, sourire pour moi, sourire pour vivre, survivre...

C'est alors que là, près de cette rivière, couvert de vêtement poussiéreux, boueux, glacé et détrempé, sans aucune raison apparente, je réussi à sourire. Pour elle.

La crispation de mes zygomatiques étire mon visage. Mais ce sourire m'apporte enfin un peu de réconfort. Je vais pouvoir tenter de mettre les choses à plat. Voyons un peu la situation. Je suis seul et crasseux, frigorifié. Il ne semble pas y avoir de danger imminent alentour.... Regardons un peu autour de nous.... rien.... ah si, des petits cabanons… On dirait qu'il y a des restes d'un feu de camps... un feu... bonne idée ça: me réchauffer serait plutôt une bonne idée. Je vais essayer de m'y rendre et d'y allumer un feu.

Je me lève, m’étire. Je pue c'est une horreur. Mon nez se crispe sous cette nouvelle agression. A oui… le moisie. Pourquoi je sens le moisie ??? Combien de temps ai-je perdu connaissance... aïe mon crane, pourquoi je souffre à chaque fois que je tente de me rappeler ? Je me passe la main sur le visage pour encore une fois faire un récapitulatif de la situation... Bon premièrement je suis en vie... enfin je crois... ensuite je suis trempé ce qui devrait m’offrir le plaisir d'une rhino-pharyngite ou d'une petite traquéhite dans le meilleur des cas. Ensuite je n'ai pas de cicatrice et ça.... quand même … va falloir étudier cela et le plus tôt possible.

« Hé ho... Jimmy, tu es dans un no-mans land et tu penses que tu vas étudier l'absence de tes commotions et de tissu cicatriciel là-maintenant ? Sans rire... sois un peu plus pragmatique.. Réchauffes toi, trouve de quoi te nourrir et pour la science on en parlera plus tard... »

humm j'ai quoi sur moi pour faire un feu ? Je tâte mes poches et plonge mes mains dedans pour voir ce que je possède. Un kit de secoure et....une ration de nourriture... ok... pas de briquet... pourquoi je ne suis pas fumeur merde.... Je vois un sac pas loin… un sac de tente ? Ça pourrait toujours être utile.

Bon allez, avec un peu de bois et beaucoup de patience il paraît que l'on peut faire du feu alors allons y.... imaginons que je suis bon pour faire. Et puis, avec un peu de chance, le feu que j’ai cru percevoir n’est pas complétement éteint, ça me facilitera la tâche.

D'ailleurs, j'ai cru entendre la voix d'une petite fille parler vite et fort au loin. Y 'aurait il du monde là bas?

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 14 Jan - 23:37
Égarés - 14/12/34 Assech10

Égarés

Temps : Soleil de midi, ciel dégagé, une fraîcheur certaine.
Activité : Les clapotis de l'eau bercent dans le silence.

Résolution tour II

Harvey : La jeune fille finie par sourire à tes justifications qui ont l'air de l'amuser, à moins qu'elle ne trouve cela adorable ? Dans tous les cas, tu ne lui sembles guère hostile et elle accepte de te serrer la main sans qu'aucun mot ne sorte de sa bouche, se contentant de hocher la tête pour te rendre ton salut.

Elle ne touche pas à la boîte de conserve, se contentant de la laisser au sol, devant toi. Sans doute espère-t-elle au bout d'un moment que ta faim sera plus forte que ta galanterie et que tu finiras par t'accorder ce repas. Sans trop se presser, elle sort un petit carnet et se met à griffonner dessus avec un crayon assez usé et déjà bien entamé.
Pendant ce temps, tu as sans doute l'occasion de découvrir tes vêtements humides, comme si on t'avait sorti de l'eau récemment, mais restent les mêmes que dans tes derniers souvenirs.

En regardant autour de toi, le temps de laisser la jeune fille à son affaire, quelle qu'elle soit, tu aperçois au-dessus de ton couchage quelques affaires en tas : un sac à dos tout à fait banal, qui ressemblerait à n'importe quel sac que pourraient posséder des adolescents de ton âge, vraisemblablement rempli en partie par l'aspect bombé qui en ressort, et posé sur le dessus un couteau suisse accompagné d'une photo. Une photographie que tu connais bien et sur laquelle tu as longtemps flashé, représentant une fille dont le nom frappe ton esprit : Kimberly. Ce cliché a été déposé là comme si on avait rassemblé les affaires d'une même personne, pourtant hormis cette photo, tu n'en reconnais aucun. D'ailleurs, l'image paraît plus usée qu'à ton souvenir, et surtout abîmée, comme si elle avait vécu.

Au terme de son griffonnage, la jeune fille te montre alors le carnet et tu y lis d'une écriture un peu tremblante, mais très fine :

#Bonjour Harvey. Je suis Jenny. Tu peux manger, j'ai déjà pris mon repas. Tu peux aller aux toilettes dans l'eau. J'ai essayé de sortir ton père de la rivière mais il était trop lourd pour moi. Il est en vie. Regarde.#

Elle désigne alors une direction du doigt, et à l'horizon, tu vois la silhouette d'un homme, assez massif et barbu mais que tu ne peux percevoir davantage en détails. Il bouge, se relève, gigote au bord de la rivière et regarde dans votre direction.

Jimmy : Peut-être est-ce ta vue qui te fait défaut, mais le feu de camp est bel et bien allumé et crépite dans le centre de l'un des bâtiments flottants. Tu retrouves au terme de ton inspection alentour tes lunettes, en parfait état, parmi les affaires abandonnées près de toi, de quoi pouvoir satisfaire ta curiosité davantage.

Ces dernières pourront te dévoiler la présence de deux personnes réfugiées près du feu. Peut-être même qu'elles t'observent, cela en est presque certains au signe du doigt que fait l'une d'elle vers toi, mais ne montre pas d'attitude hostile, de prime abord.

Rien ne se manifeste pour le moment plus que tu n'en as vu et entendu. Tu demeures ainsi dans tes premières pensées bien méritées, jaugeant la situation et envisageant le feu de camp. Y trouverais-tu une menace ou une aide ? Bien que rien ne te permette de penser à une chose plus qu'une autre, cette voix de fille perçue pourrait faire pencher la balance dans le sens inverse de la menace. En tous les cas, il ne te reste plus qu'à affirmer ta volonté d'aller vers le feu allumé, physiquement, ou de prendre une autre décision.

Eléments scénaristiques:
 



+++

Tour III

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Jeu 15 Jan - 14:03
Mon cerveau a un nouveau raté. Il n’arrive pas à surmonter un élément complétement surnaturel et incompréhensible : elle ne m’a pas baffé, ni même fait un couplet sur l’amitié qui ne doit pas être gâché, ni parlé de son mec ou de sa fratrie…. ??
Encore plus étrange : elle me sourit, comme si ce que je disais était drôle? Mais qu’est ce qui se passe ??

Je crois me souvenir d’un vieil exposé sur les conséquences de la malnutrition. Vu que c’est Doug qui a tout fait… je me souviens seulement vaguement des gros titres, mais une chose est sure, c’est que cela a un effet sur le cerveau et le comportement. C’est peut être ça. A moins qu’elle n’ai rien capté à ce que je viens de dire ? Cette idée me plait plus, je ne suis pas encore grillé.

En fait, non, ce qui me plait vraiment c’est qu’elle me regarde et qu’elle me fasse un sourire. Je ne crois pas que cela soit déjà arrivé qu’une fille me fasse ce genre de sourire par le passé… Peut-être ne suis-je pas encore réveillé ? Ou que ce n’est pas une vraie fille…

*Doug te croira jamais vieux*


Même si l’anorexie, la solitude, l’abandon et certainement la barrière de la langue ont clairement un rôle dans cette histoire, pour la première fois depuis mon réveil, voir même depuis les premières heures du voyage vers le Texas, j’ai envie de sourire et je trouve que la vie, ce n’est pas que de la merde en fait. C’est super agréable.


*Mais pourquoi elle ne me répond pas ?*


C’est une bonne question que glisse sournoisement mon cerveau à mes émotions. Les réponses potentielles sont nombreuses, j’écarte le fait qu’elle me snobe. Sinon elle ne m’aurait pas souri non ? Une fille ce n’est pas si sournois que ça… ? Cela doit être une touriste étrangère paumée qui ne parle pas un mot d’anglais… et qui du coup n’a rien compris de ce que je viens de dire... Voilà ma meilleure théorie.

Par contre qu’elle ne prenne pas la nourriture m’inquiète. Et si elle était anorexique ? Les filles et leur vision du surpoids. Encore un truc incompréhensible.  

Je la vois aller fouiner dans ses affaires, sans un mot sans explication… Je me sens un peu vexé qu’elle se désintéresse aussi vite de moi après m’avoir souri. Mais bon, ce n’est qu’un retour à la réalité.  

J’en profite pour m’extirper de mon couchage doucement. Visiblement ma course folle ne m’a pas laissé indemne, je me sens épuisé et j’ai mal presque partout. Je suis trempé, et aucune ne trace de mon sac avec mes fringues de rechanges. Je remarque enfin un petit sac à dos sur ma couverture. Bien qu’il ne soit pas à moi, je jette un coup d’œil à l’intérieur. Il contient juste une boite de ravioli bio, de ma marque préférée !! Je suis obligé de faire taire mon ventre qui manifeste sa joie face à ma trouvaille et vient me rappeler qu’il faut que je mange quelque chose. Je suis quand même déçu de ne pas trouver de GSM ou des informations sur mon étrange Melle sourire.

Je suis étonné de trouver un couteau posé à côté de moi… J’en ai un peu marre de me poser des questions et ma vessie, maintenant que je suis accroupi, m’indique que ce n’est vraiment plus le moment. Aussi, je le mets dans ma poche en me promettant de le rendre à Melle Sourire, si c’est à elle, plus tard. C’est là que ma main rencontre la photo coquine de Kimberly. La belle et magnifique Kimberly… Soudainement, je n’ai plus envie de sourire du tout et l'euphorie de ses dernières minutes s'évanouie.


*Allez Harvey, ce n’est pas le moment, vois plutôt comment faire sécher tes fringues et tant pis pour les toilettes, le premier caillou que tu trouves, tu l’arroses !! *


Je suis à la fois content d’avoir retrouvé cette photo et, sans pouvoir expliquer pourquoi, mal à l’aise à l'idée que Melle Sourire l’ait vue.


*Au moins tu sais pourquoi elle t’a regardé… c’est parce qu’elle pense que c’est ta copine. Doug a donc raison, les filles préfèrent les mecs en couple… c’est vraiment tordue une fille. Allez, maintenant que ça c’est dit, si tu allais uriner ?»


Je ne sais pas pourquoi mais une vague de nostalgie m’envahit. Je repense à Kimberly, à notre dernière conversation, à Doug, qui me manque terriblement aussi. Je suis sûr qu’il n’a pas été étonné que je parte quand même pour aller à ce match de merde…


*secoues toi bordel, ce n’est pas comme si tu n’allais plus jamais les revoir ? Ok, pour l’accident de bus, c’est possible qu’il faille s’inquiéter… Mais Kimberly devait partir en avion le lendemain et Doug est resté au Maine. Donc tout va bien pour eux… Dès que tu auras trouvé un téléphone tout va rentrer dans l’ordre… mais par pitié … Maintenant bouges toi!!!*


Je range précieusement la photo dans ma poche. Je la rendrais à Will quand il sera sauvé… et que je l’aurais fumé pour avoir foutu ce bordel dans le bus !!!

Je commence à enlever tous les vêtements que la décence et le froid me permettent de retirer afin d’essayer de les faire sécher, le temps que je trouve où uriner. Très vite, mes vêtements, aux couleurs et logos du Maine et des Black Bears, sont mis près du feu. Je prends surtout soin de bien positionner mes chaussures. Je ne veux pas qu’elles crament. Elles m’ont couté quatre mois de salaire du Burger Queen mais avec ça, je peux courir des heures sans avoir les pieds couverts d’ampoules.

C’est à ce moment que Melle Sourire revient avec un carnet sur lequel elle a griffonné ce qui semble être sa réponse à mes questions. Je réalise, avec effroi, qu’elle a certainement compris tout ce que j’ai dit et je ne peux que m’étonner qu’elle ait quand même sourit. Néanmoins, c'est pour une autre raison que je rougis jusqu'à la racine de mes cheveux... je me sens complétement crétin d’être devant elle dans cette « tenue ». Si je voulais lui faire croire que j’étais gaulé comme un footballer, ben c’est mort maintenant.

Je prends son carnet en essayant de me concentrer sur autre chose pour chasser le feu qui me monte aux joues.

Avant même de lire, l’explication de son mutisme s’impose à moi. C’était pourtant évident !!! J’aurais dû capter tout de suite son problème. Je ne peux que me maudire d’être aussi débile et maladroit. Si avec ça elle ne comprend pas que je n’ai pas l’habitude de parler aux filles… Pour essayer de rattraper le coup et me la jouer « mec cool », je tente de dédramatiser son problème tout en commençant à déchiffrer ce qu’elle a écrit.

«  Tu sais, ce n’est pas grave si tu pues de la bouche, vues nos odeurs corporels un peu plus ou un peu moins… »


*merde, qu’est ce qu’elle écrit mal… les filles ça ne devraient pas toujours bien écrire ? Avec des p’tits cœurs sur les « i » et tout leur tralalala?*


Je m’arrête là, ce que je lis me glace le sang :

#Bonjour Harvey. Je suis Jenny. Tu peux manger, j'ai déjà pris mon repas. Tu peux aller aux toilettes dans l'eau. J'ai essayé de sortir ton père de la rivière mais il était trop lourd pour moi. Il est en vie. Regarde.#

Je regarde lentement vers son doigt et je vois un individu marchant vers nous. Inquiets, je reste à le détailler malgré la distance. Si mon père a daigné faire le voyage, c’est certainement plus pour me dépecer vivant d’être parti sans autorisation que pour venir à mon secours. J’essaye de me calmer. Ça ne peut pas être lui, il n’aurait jamais quitté son taff pour seulement ça… En regardant mieux, je distingue que la silhouette qui se profile à une bonne bedaine. Ouf, ce n’est donc pas mon père qui, lui, fait son jogging tous les matins et fait attention à ce qu’il mange.

Mon soulagement meurt aussi vite qu’il est apparu. Si ce n’est mon père… qui cela peut-il être ? Un mot s’impose alors dans mon esprit : «  Kidnappeur ».

Les choses me paraissent plausibles, même si ça ne m’évoque aucun souvenir. Ce type a peut-être essayé de me chopper, on a lutté pour finir tous les deux à la flotte où Melle souri… heu... Jenny, nous a retrouvés. D’ordinaire je ne suis pas aussi méfiant, mais là, si je me plante, Jenny sera aussi dans la merde. Et avec son physique que squelette, ça m’étonnerait qu’elle puisse se défendre…


*Non Harvey, non … ne fais pas ça… non!!!*


Trop tard. Je prends le crayon de Jenny et lui note le numéro de Doug. Je la regarde bien dans les yeux pour être sûr que, malgré la malnutrition, elle imprime bien ce que j’allais lui dire.

« Ecoutes Jenny, ce mec, ce n’est pas mon père… je ne sais pas qui c’est, je vais voir ok ? Toi tu restes ici, si jamais tu m’entends gueuler, tu te barres. Tu vas aussi loin que tu peux, et dès que tu as un téléphone tu appelles ce numéro. C’est un ami, Doug McCall, même s’il est loin, il t’aidera si tu lui dis que c’est de ma part. Au passage, précise qu’il y a eu un accident avec le bus de l’équipe des black Bears et qu’il y a besoin de secours mais surtout… tu lui demandes de t’aider toi aussi. ok ?? Je te rejoindrais dès que je peux »

Sans lui laisser le temps de répondre je quitte le cabanon et la chaleur du feu de camps. Je me sens presque comme un de ces héros de séries trop classes avant que le froid et les cailloux me rappellent que je suis en caleçon t-shirt chaussettes, que le couteau est dans la poche de mon pantalon qui sèche près du feu, et que je sois obligé de faire un « détour » par l’eau pour me soulager.


*Pourvu qu’elle ne regarde pas... surtout avec ce froid...*


Cette petite pause étant réglée, je reprends ma marche vers l’homme qui est maintenant assez près. Je suis flippé comme jamais.  C’est un vieux, avec de la barbe, il a une blouse de scientifique et des fringues moches. Vu son état j’hésite, il a l’air d’avoir plus besoins d’aide qu’autre chose. Maintenant il y a Jenny, je dois être prudent. A quelques mètres de lui je préfère m’arrêter.

« heu… Bonjour… si vous pouviez rester où vous êtes ça nous éviterait de vous tirer dessus, mes potes et moi… Bon, alors, vous êtes qui ? vous faites quoi ici ? …»  

Mon premier interrogatoire en sous vet’…

Jimmy John

Anonymous
Invité
Jeu 15 Jan - 15:54
Mes lunettes !! Voilà un confort que je ne m'attendais pas à retrouver dans ce lieu et surtout en si bon état. Tant mieux. Je n’allais pas, tout de suite, jeter la pierre au destin quand il me sourit.
Ah ! Mais voilà une autre bonne nouvelle ! Maintenant que j'ai recouvré la vue, je distingue qu’un feu brûle encore là-bas. C'est plutôt une bonne chose, ça de moins à faire.
Mais… attend voir Jimmy, Il y a des gens à côté du feu. Comme quoi une bonne nouvelle ne vient jamais seule, finalement je ne suis pas si isolé que ça ici… Sauf si ce sont des infectés…
Mieux vaut étudier leur comportement à bonne distance plutôt qu’à portée de dents. Mettant ma main en casquette au-dessus de mes yeux, pour me protéger du soleil, j’essaye de comprendre ce qu'il se passe dans cette cabane. A première vue, c’est des habitants humanoïdes, à n'en pas douter, deux individus visibles. Ils ne se tiennent pas dans une posture offensive l’un vis-à-vis de l’autre. De plus, de ce que je sais des humains infectés, s’ils m'avaient remarqué, ils m'auraient tout de suite « couru » après. Je sursaute, l'un d'eux vient de me montrer du doigt, j’en suis sûr. J’ai donc été remarqué… Je dois être prudent. Il faut attendre… au moins encore un peu…
Allons Jimmy n'ait pas peur, tiens le coup…. Tu n’es pas en état de fuir de toute façon.
Hum bon, visiblement, ils ne courent pas vers moi… une chose presque rassurante, soit ils ne sont pas infectés, soit ils n’en sont qu’au stade de la fièvre, avant les pulsions cannibales.

Je tente d'approcher « ces sujets » avec parcimonie. Je prends un air décontracté et marche calmement vers eux sans montrer de signes ostentatoire d'agression.
Putain Jimmy desserre les poings, respire un grand coup… inspirer….. Expirer… voilà, calme…. Tranquillement, tout vas bien se passer.

Je m'approche doucement du cabanon de quelques pas avant de voir l'un des individus descendre et se diriger vers moi..

Je vais vite être fixé s’il est infecté ou pas. Mais… il…. Il change d’avis ? Mais qu’est ce qu’il va faire dans l’eau… il… non il ne va pas ? Mais mais… mais si.. il est bien parti pisser ??!!!
Bon ben c'est clair au moins, je ne suis pas tombé sur des sauvages hostiles. Je suis trop stressé parfois, je me mettrais des claques tellement je m'angoisse pour rien. Je n’ai plus qu’à attendre qu'il ait fini pour aller vers lui. Pas la peine de le brusquer pendant qu'il fait sa « petite affaire ».
Il a fini et viens vers moi. Par contre s’il veut me serrer la main, c’est hors de question. L’hygiène ce n’est pas fait que pour les chiens. Cet homme ne se rend pas compte du nombre de bactérie véhiculé par les mains, l’e-colie, la grippe, et la gastro- entérite en tête…
L’angoisse monte au fur et à mesure que l’homme se rapproche. Son comportement anormalement détendu, puisqu’il a pris le temps d’aller uriner alors qu’il m’a vu peux aussi présager du pire. Il faut que je prépare avec soins mes premiers mots de présentation. Que devais-je lui dire quand il sera à portée de voix ?

*Salut moi c'est Docteur Jimmy John, Jim pour les intimes*… Non mais la ça va pas le faire, ce n’est pas une rencontre dans un restaurant  chic réfléchis Jimmy, réfléchis…
*Salutation, Docteur Jimmy John, Responsable service oncologie à l'hôpital de la santé … Mouais et puis je lui montre ma carte et… en fait non, déjà je n’ai pas de carte et ensuite ça sonne trop officiel… très une salle d’attente.
*Salut à toi. Je viens en paix ! * Oui ben alors là, pour passer pour un con… ou un extraterrestre, il n’y a pas mieux !
* Salut moi c'est Jimmy, tape m'en cinq…. !!* Nan mais !! Dans la vie de tous les jours je ne fais jamais çà. Je vais plutôt garder le silence en attendant de voir qui est cette personne. Ensuite je me contenterais de demander de l’aide. Bon déjà gardons le sourire… mais pas trop… un peu plus…. Nan, là, c'est trop, je ne veux avoir l’air d’un pervers. Voilà, là, ça doit être mieux.
Pris dans mes réflexions je n’ai pas réalisé que « l’homme » est déjà presque là. Je suis plus que surpris de découvrir, un petit minot, en caleçon et en chaussette, qui doit avoir dans les 15 -16 ans. Je ne suis pas près d'être sauvé moi avec ça.

« heu… Bonjour… si vous pouviez rester où vous êtes ça nous éviterait de vous tirer dessus, mes potes et moi… Bon, alors, vous êtes qui ? vous faites quoi ici ? …» dit il.

Bonjour quoi ? Mon chien... un « monsieur » ça t'aurais arraché la gorge sale gosse...
Doutant trés fortement de la présence d'arme à feu et encore plus de la présence de ses "potes armé" Je garde le sourire, et je tente des présentations simples. C’est qu’à cet âge-là c'est nerveux ces petits machins.

« Bonjour jeune homme, moi c'est Docteur Jimmy John. Pour tout dire.., ce que je fais ici, là, maintenant, je n’en sais pas vraiment plus que toi. Je me suis réveillé y a dix minute près de cette rivière avec un mal de crâne de tous les diables et pourtant je me rappelle pas avoir bu avant… pour être honnête, je me rappelle pas grand-chose de façon général. Et toi et tes « copains » vous êtes qui ? Est-ce que je pourrais abuser de votre hospitalité en te demandant si toi et tes « potes » vous pouviez me permettre de me réchauffer prés de votre feu ?"

Evènements

Anonymous
Invité
Jeu 15 Jan - 22:34
Égarés - 14/12/34 Assech10

Égarés

Temps : Soleil de midi, ciel dégagé, une fraîcheur certaine.
Activité : Les clapotis de l'eau bercent dans le silence.


Poursuite de la Scène  


Éléments scénaristiques:
 

Harvey O'Brian

Anonymous
Invité
Ven 16 Jan - 8:59
*Et ben, bravo… t’as pas l’air débile maintenant en caleçon à essayer de te la ramener devant un vieux.*

Maintenant je regrette vraiment le feu de camp de Jenny tellement que j’ai froid. J’essaye malgré tout d’avoir l’air digne et de faire abstraction de ma tenue. Je me dis que ça pourrait être pire, c’est mon caleçon Capitaine America. J’ai un frisson en imaginant la même scène avec celui des coeurs.

J’écoute le babillage du papy avec autant d’attention que je le peux et en luttant contre des claquements de dents.

*Putain mais il n’est pas censé faire chaud au Texas… Climat de merde !*

L’explication du vieux est bancale, très bancale… mais en même temps, elle fait un curieux écho à ma propre histoire, ce qui ne me rassure pas sur notre situation actuelle. Papy a l’air en piteux état et pas vraiment dangereux. Bref, ce n’est pas tout à fait le profil du kidnappeur que je redoutais.
Je prends tout à coup conscience, avec angoisse, que c’est à moi de prendre une décision. En fait, mis à part le choix de mes fringues et de mon menu au restaurant universitaire, il y a toujours eu ma mère, mon coach et mon capitaine pour faire ce genre de chose à ma place…

*t’as voulu faire ton malin ?? Et tout ça ENCORE à cause d’une fille. Et comme d’habitude tu es dans la merde A CAUSE D’UNE FILLE. *


J’essaye de faire taire ma petite voix intérieure, qui m’agace de plus en plus. Il faut juste réfléchir posément comme dirait Doug. Bien, Jenny avait l’air d’accord, de base, pour « l’accueillir » lui aussi. D’ailleurs, et si elle avait fait preuve de trop de méfiance à mon égard… mon réveil aurait été encore plus désagréable. Et puis c’est un Toubib, il va peut-être pouvoir m’aider à porter secours à mes potes. Et en prime il caille tellement que ce n’est pas ici qu’il faut commencer à se lancer dans un débat intérieur de trois plombes !

« Bon écoute Doc, il y a eu un accident de bus avec plein de blessés… tu te réchauffes et ensuite on va trouver un moyen d’aider mes amis. Ça te va comme plan ? »

Ma gorge se sert, je me prends soudain conscience que je n’ai aucune idée d’où est le bus et depuis combien de temps je suis dans les vap'. ici, il n’y a rien qui ressemble à la végétation du ravin dans lequel il est tombé. Peut-être que Jenny en saura plus. Nous avions roulé au maximum 2 heures depuis Brownsville...

Résolu à y repenser devant le feu de camp, et d'essayer de me montrer un peu plus agreable avec ce type qui, au final, doit se cailler presque autant que moi, je lui tends la main en essayant de réprimer mes tremblements de froids.


« Au fait, moi c’est Harvey, Harvey O’Brian, et le feu et la cabane, c’est celui de Jenny. C’est elle qui nous accueille. Elle m’a trouvé dans la flotte en même temps que toi et elle a même pensé que nous étions de la même famille… »


Plus je le regarde plus je trouve cette idée risible ? Jenny a vraiment besoins de manger.

«  Et au passage, je pense qu’elle a peut-être besoin de toi aussi, je me demande si elle n’a pas été abandonnée ici par quelconque connard débile et qu’elle ne souffre pas d’une merde à force de mal bouffer. »
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