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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

Récits Quotidiens
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Evènements

Anonymous
Invité
Mer 5 Aoû - 16:01
25 Janvier.

Des morts, et des morts...

Le campement des frères Jefferson, malgré tous les efforts déployés, avait été le fruit d'une hécatombe. Davis, Melina, Rani, Scott, Clarrance, Jimmy, Harvey, Wolf, peut-être Matthew disparu, Jennifer prétendument et Doug assurément, le plus récent des défunts qui avait rappelé à tous le danger des rôdeurs. Ils étaient rejoins par Calvin, le cow-boy, abattu par un tir aussi lâche qu'inattendu.

Le coup avait percé son torse à proximité du coeur, le tuant en une minute tandis que sa vie s'achevait d'excuses terrifiées envers Ivy, mais aussi tous les autres, se noyant finalement dans son propre sang par hémorragie, menant à l'arrêt de son coeur condamné. Ses yeux demeurèrent grands ouverts, accueillant la mort avec surprise et regrets. Une vie de plus...

Survivre avait été le réflexe nécessaire au groupe et c'est dans ce but qu'ils commencèrent par se mettre à l'abri, découvrant que ce tir fut isolé et que la menace s'était aussitôt évanouie, laissant le camp intact et inviolé. Cependant, le prix fut une fois de plus lourd et du choc de cette mort, les larmes suivirent. Celles d'un Clark et d'un Ricky, terrassés par la peine et une culpabilité plus insoutenable que jamais, du cadet Jefferson impuissant et surtout, dans le plus grand secret, d'un Clark coupable.
Il fallut deux heures aux deux jeunes hommes, s'étant enfermés dans la caravane pour partager leur peine à l'écart des autres, comme si une cassure marquée par cette mort avait définitivement brisé le lien d'union entre les ressuscités et le groupe initial, avant qu'ils ne parviennent à faire taire leurs larmes et se montrer à nouveau. Les yeux rouges, le regard anéanti, Ricky demanda d'une voix sans plus aucune forme de conviction le droit d'enterrer Calvin dignement, près du lac.

Malgré les risques de la menace plus forte que jamais, les entourant maintenant avec la promesse d'arriver à tout moment, les deux jeunes allèrent jusqu'au bout de leur souhait et sans pelle, creusèrent avec ou sans l'aide des ressuscités une tombe pour Calvin, qu'ils embaumèrent d'un drap blanc de la caravane. Cet enterrement, partagé par Ricky, Clark, ainsi peut-être que d'autres membres du camp, aura été fait du silence éloquent des deux amis du défunt. Ce ne fut qu'à la fin que Ricky osa gratifier le souvenir du cow-boy d'un "tu me manqueras" sincère et pour Clark un "je suis si désolé..." subtilement fautif.
L'heure n'était plus au réconfort, ni à l'union alors. L'oeuvre achevée, ils retournèrent à leur isolement, n'entendant plus l'appel et la présence de leurs compagnons et ne supportant plus ce camp au décor morbide à présent plus que jamais. Au final, comme redouté, ils attendirent les profondeurs avancées de la nuit pour sortir, équipés de leurs sacs contenant leurs possessions personnelles, Ricky batte à la main, Clark son Colt dans le dos et la clé de la Chevy Spark nourrie d'essence aux deux-tiers, pour prendre la route sans autre bruit ou signalement que le coffre utilisé et les portières claquantes illustrant leur départ. Ils laisseront la caravane et le reste des stocks sur place pour ceux qui furent leurs alliés jusqu'ici.

Un dernier regard au camp et peut-être à ceux des autres survivants qui n'auront pas trouvé le sommeil et verront les deux amis décidés à partir. Puis le moteur vrombit intelligiblement, la voiture démarra et sa silhouette s'éloigna du camp par le nord, disparaissant dans les ténèbres indicibles de la route pour laisser les ressuscités seuls.

Car à présent, ils étaient seuls, livrés à eux-même dans ce monde qui leur refusait de tourner la page de la tragédie. Leur vécu vis à vis de ces événements, leurs réactions ou non-réactions au départ des deux derniers membres du groupe initial, eux-seuls pourront le décrire.

Dans la caravane, un mot aura été laissé, écrit au stylo sur une feuille de papier à carreaux :

"Pardon, pour tout ce que j'ai dis et pour vous laisser tomber maintenant, mais nous ne pouvons plus rester dans cet endroit qui nous a prit nos proches et nos espoirs avec. Je pars avec Clark rejoindre Nelson, peut-être que là-bas on trouvera le recul et la force de continuer. Pour l'instant, on ne peut pas, les choses doivent changer si on veut avancer et le camp nous bousille le moral.

On vous donnera de nos nouvelles et on prendra des vôtres bientôt. La caravane et ce qui s'y trouve sont à vous, on prend la Chevy Spark pour le voyage mais on vous la rendra très prochainement, elle est à vous. Matthew a tout fait pour nous et on compte bien le retrouver, où qu'il soit. On sait que vous vous en sortirez, après tout c'est vous les x-mens revenus de la mort. Vous êtes des gens bien, ensemble vous survivrez pour faire manger la poussière à cet enfoiré de Marchand, à ces putains de cadavres et à tous ceux qui vous voudront du mal.

Je me suis comporté comme un con, je pensais pas un mot des conneries que j'ai dis au lac. Ça n'arrivera plus. Faite gaffe à vous.

C'est pas un adieu, juste un au revoir.

Ps : Excuse-moi Ivy, j'aurais pas dû te bousculer, je m'en veux. Un jour, je me rachèterais."

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Mer 5 Aoû - 17:52
Finalement, cette soirée là avait réussi à le briser. Là ou même la vision qu'il avait eu dans la grange la veille n'avait fait que l'étourdir, enclencher ses mécanismes de sécurité les plus discutables, la mort en direct de Calvin l'avait parfaitement chamboulé et ramené de nombreux mois en arrière. Tout le sang, tous les morts, toute cette souffrance que, jusqu'à là, il avait observé avec recul, spectateur de ses atroces souvenirs, il les revivait enfin.

Au final, il en ressortit non pas au plus bas, mais symboliquement, il n'avait déjà plus la force d'afficher toute sa vigueur, toute la force de son optimisme, cette soirée avait cassé quelque chose en lui.

Cependant, il n'en demeura pas moins actif et refusa catégoriquement de prendre du repos cette nuit là. Oubliant temporairement la rancune issue du vol de son arme, Samuel avait bien tenté de soutenir Ivy dès le décès de Calvin, elle qui avait été à l’extrémité de vouloir la mort d'un autre... Et qui avait finalement risqué sa vie pour recueillir les derniers mots d'un mourant. Le canadien n'avait pas put la laisser seule et il aurait même insisté si la jeune femme avait tentée de l'écarter, sans pour autant la forcer à recevoir le réconfort d'un homme qui n'était plus tout à fait lui-même.

Ensuite, sans même avoir l'idée de se laver et demeurant dans un état second, il passa beaucoup de temps, si ce n'est toute la nuit sur la caravane si personne n'avait eu la même intention, guettant sans relâche tous les côtés afin de s'assurer qu'aucun danger ne rôdait... Là, il put y maudire l'absence de bon sens dans la stratégie du Marchand, ce type qui suintait l’esbroufe, la lâcheté et l'idiotie.

Sauf si il fut le seul à faire le guet à ce moment, il aurait quand même eu l'obligeance de se rendre à l'enterrement de Calvin, n'aidant que peu mais déambulant ça et là, tourné vers la forêt, le fusil dans les bras, une véritable cible ambulante qui ne comptait que sur ses réflexes amoindris par la fatigue pour éviter de finir dans le même trou que le cow-boy.

Quant au départ des deux non-ressuscités restant, il y demeura totalement indifférent, ne sachant visiblement pas quel parti prendre dans ce petit bout de l'histoire, il avait simplement choisis de feindre l'ignorance et l'indécision.

Lorsqu'il fut relevé, ou à l'aube, il daigna dormir quelques heures, comme la veille, au pied de la caravane, dans son sac de couchage, prêt à se battre. Il y vécu un sommeil des plus atroces, ses paroles laissant à penser qu'il revivait soit cette soirée, soit son traumatisme antérieur. Finalement, le jeune homme se releva avant midi pour aller se laver et donc cesser de déambuler dans le camp avec du sang séché sur le visage et la chemise... Qu'il ne put ravoir hélas, encore un souvenir qu'il allait conserver ostensiblement.

Petite note, il ne lui sera lui-même pas venu à l'esprit de remettre sur la table la question du meneur, trop secoué, trop fatigué et trop conscient du fait que la réponse ne s'imposerait pas d'elle-même en discutant le sujet mais en agissant.

Ivy Lockhart

Anonymous
Invité
Mer 5 Aoû - 20:11
25 Janvier 2035, suite aux événements de la soirée.

Jetant des œillades paniquées en direction de Samuel, Calvin, mais aussi par dessus mon épaule afin de mesurer la distance qui nous séparait des ruines du motel qui représentaient jusqu'alors le seul couvert solide susceptible de nous protéger du tireur embusqué, de son oeil et son canon. Tirant toujours sur le bras du pauvre cow-boy de toutes mes forces, je m'évertuais à le traîner sur le sol aride de la plaine séparant le petit lac du motel, rougissant sous l'effort, blêmissant sous la panique. Mon front, ma nuque et mon dos étaient trempés de sueur. Je sentais la veste de travail constituant ma nouvelle tenue me coller à la peau malgré sa taille trop grande. Si la peur pouvait donner des ailes, elle était tout aussi capable de donner de la force.

Je cherchais cependant, et presque désespéramment, notre médecin barbu du regard, espérant qu'il n'avait pas été la cible de nouveaux tirs. Y en avait-il eu d'autres d'ailleurs  ? Putain... J'étais totalement incapable de le dire, trop déboussolée par le bordel ambiant. Difficile aussi de dire combien de temps avait duré le tractage de Calvin jusqu'à l'abri tout relatif des ruines. Le temps me semblait distendu sous la panique, s'étirant et se contractant comme si la gravité elle-même jouait au yoyo avec mes sens, rendant flou, inquantifiable l'espace et le temps lui-même.

Je me retrouvais simplement ramenée à la dure réalité lorsque, à bout de souffle, mes bras et mes jambes brûlants de l'effort, je finissais agenouillée aux côtés du cow-boy agonisant. Son corps retourné offrit à mes noisettes perdues et mon esprit dépassé un spectacle des plus poignants, et passablement insoutenable. Son visage habituellement si bienveillant se trouvait maculé de poussière, tordu par la souffrance. Sa chemise et son buste était imbibé de sang. Je voyais le liquide vital aux nuances d'ocres s'écouler de sa plaie et inonder le tissu, et dans un réflexe, très probablement inutile, je plaquais mes deux mains dessus, l'une sur l'autre, observant le sang du cow-boy filtrer entre mes doigts, s'échapper par les interstices de ma peau dans un écoulement chaud et visqueux. Je pouvais ressentir la texture poisseuse et spongieuse du tissu de sa chemise sous mes doigts.

"Tiens bon. James va arriver. Il va s'occuper de toi," soufflai-je au cow-boy d'une voix tremblante, trahissant tant ma panique que mon impuissance. "JAMES  ! JAMES ! JAAAAMES !" appelai-je à plusieurs reprises, à m'en faire péter les cordes vocales, en proie à une détresse que je n'avais que très rarement connue.

Je sentais mes larmes brouiller ma vue et inonder mes joues, rouler jusqu'à la pointe de mon menton pour venir ensuite s'écraser et se mêler au sang de Calvin. Prenant appui sur mes genoux, les mains plaquées sur son buste, je pressais sa blessure de tout mon maigre poids, du moins jusqu'à ce que l'homme n'agrippe l'un de mes avants-bras de sa main ensanglantée et tremblante.

"Reste calme... Parle pas... James va arriver. Accroche-toi. Accroche-toi putain !" lui ordonnai-je de ma voix brisée après ses quelques mots, tâchant d'instiller chez lui quelques fragments de ma propre espérance en attendant que le médecin parvienne jusqu'à nous, ne pouvant cependant m'empêcher de chercher le barbu d'un regard désespéré.

Mais une quinte de toux sanguinolente, éclaboussant mon visage et projetant des gouttelettes ocres sur les verres de mes lunettes, me ramena bien vite à lui offrir toute mon attention. Mes noisettes se plongèrent dans son regard agonisant, presque suppliant et coupable, aggravant encore plus mon malaise et ma détresse, quelques secondes avant que sa tête ne flanche en arrière et que sa main ne relâche son étreinte sur mon avant-bras. Mes yeux s'écarquillèrent alors que je me sentais devenir livide, ma gorge se nouant en écho à mes entrailles au moment où j'entendais le cow-boy rendre son dernier soupir d'agonie.

Instinctivement, je secouais son torse de mes mains, me laissant submerger d'un doute initié par une dernière étincelle d'espoir. Je refusais son départ. Je niais sa mort, son trépas. Lui qui voulait partir pour ne plus avoir à enterrer personne ne pouvait pas être la prochaine tombe que nous creuserions.

"Non  ! Non, non, non, non, non..." soufflai-je et répétai-je à de très nombreuses reprises, m'acharnant à secouer la désormais dépouille de Calvin sans pouvoir accepter la réalité de son décès. "Reste avec moi... Reste avec nous putain. ABANDONNE PAS PUTAIN !!!" hurlai-je d'une voix éraillée de sanglots, ponctuant mon cri d'une dernière secousse plus violente que les autres puis d'un coup rageur contre sa poitrine, m'éclaboussant du sang du cow-boy. Mais l'absence de réaction de ce corps désormais déserté de son âme finit enfin par atteindre ma raison, ma conscience. C'était fini. Calvin était parti. Rendu à demeurer désormais un simple souvenir dans nos mémoires et nos cœurs.

J'ôtais mes mains de sur sa poitrine inerte, que plus aucun souffle ne viendrait gonfler, et les laisser reposer sur mes cuisses tandis que, toujours penchée en avant, dominant sa dépouille, mon visage se décomposa dans une grimace de tristesse, crispé par le sentiment d'impuissance qui me dévorait alors que je contemplais la mécanique biologique de Calvin que j'étais dans la plus totale incapacité de réparer, de sauver.

Choquée, prostrée par le choc de voir un de mes compagnons de survie, un des hommes les plus gentils et humains que j'avais rencontré jusqu'alors, simplement partir, arraché à nous par le tir aveugle et implacable d'un des hommes du Marchand. Autant dire par le Marchand lui-même. Je restais figée, mon corps se mettant à trembler alors qu’un froid intense se répandait dans mes tripes, malgré la chaleur de l’effort que j’avais fourni pour traîner Calvin jusqu’ici ; un froid qui n’était pas causé par la température de ce début de soirée mouvementé, mais prenant sa source dans l’immense vide que je ressentais soudainement.

Je portais un regard gonflé de larmes et de détresse, d'incompréhension et de sourde colère aussi sur Samuel, cherchant dans ses azurs comme une échappatoire, un geste, une étincelle, une porte vers la paix, le réconfort, peut-être même le déni de la situation. Un moyen de m'évader de cet enfer, l'espoir de me réveiller du cauchemar qu'était devenu mon monde, mon quotidien.

Je passais ma main droite sur mon visage, me couvrant la bouche, m’essuyant le front et me souillant du sang du défunt, un goût ferreux teinté de cuivre couvrant mes lèvres et se diffusant dans ma bouche. Lentement, je secouais la tête, haletante de détresse et d’incompréhension, ma voix trahissant toute la culpabilité qui me rongeait soudainement.

“J’ai… J’ai rien pu faire… Putain… J’ai rien pu faire...” murmurai-je alors de ma voix tremblante  dans un aveu coupable, presque rageur, tandis que le calme semblait revenir à nouveau sur notre campement, aucun coup de feu ne venant résonner ni arracher un autre de nous à la vie. “Pourquoi j’ai rien pu faire ?” me demandai-je presque comme une question existentielle, les yeux rivés sur le cadavre de Calvin  alors qu’au plus profond de moi, j’en connaissais parfaitement la réponse.

J’étais figée, agenouillée aux côtés du cadavre de Calvin, le corps ballant et inerte, l’esprit guère plus vif. C’est à peine si je pus tendre ma main droite vers le visage contrit du cow-boy pour rabaisser ses paupières sur ses yeux sans vie, effaçant d’un geste de la paume toute trace de la souffrance et des remords qui l’avaient habité durant ses derniers instants. Dire que nos derniers instants, nos derniers mots, avaient été si cruels, si accusateurs, si accablants, alors qu’il ne souhaitait qu’accomplir son devoir d’honneur envers Matthew, protéger Clark et Ricky des horreurs de ce monde. Des créatures toutes plus inhumaines, conscientes ou non, les unes que les autres. Chassant mes larmes et séchant mes joues de leurs empreintes salées, je portais sur l’homme trépassé un regard empli de remords.

“C’est moi qui suis désolée... “ m’excusai-je dans un murmure uniquement destiné au défunt. “Sincèrement désolée… d’avoir été si… décevante… et lâche… et égoïste…” continuai-je sur le même ton, ma voix s’éraillant au fil des syllabes qui quittaient mes lèvres. Je posais ma main droite sur celle sans vie du cow-boy, la serrant une dernière fois dans une étreinte qui allait sceller une profonde promesse. “Mais... J’vais le faire… J’t’en donne ma parole…” soupirai-je finalement avant de me redresser lentement, contemplant les ruines qui me faisait face, laissant le vent froid et saisissant jouer avec mes cheveux lourds et poisseux, éclaircis par la poussière.

Complètement sonnée par le traumatisme, les jambes cotonneuses, c’est à peine si je parvins à faire quelques pas d’une démarche maladroite avant de me laisser sur un morceau de parpaing écroulé, les coudes posés sur les cuisses, me tenant la tête entre les mains, fixant le sol durant de longues minutes. Ma conscience partit bien loin de la réalité d’ailleurs, allant s’égarer dans des souvenirs plus douloureux les uns que les autres. La mort de Calvin me ramenait fatalement vers la mort de mes propres parents, le décès de mon père que j’avais lâchement abandonné, bien qu’infecté et donc condamné au trépas. Je me revoyais tenir son arme dans la main, ressentait à nouveau la profondeur et la détresse de son regard suppliant de mettre fin à ses jours, supplique à laquelle je m’étais dérobée.

Seule la présence de Samuel m’arracha à mon évasion prostrée, l’homme venant me glisser quelques mots de soutien, quelques gestes aussi que je n’avais pas la force de réellement accepter, ni repousser. Je saisissais ces brefs instants pour garder au moins un orteil dans notre réalité désastreuse, trop secouée pour m’excuser d’avoir abusé de sa confiance et pour lui reprocher de m’avoir forcé la main, ne me laissant pas pleinement affronter ma colère. J’étais perdue, comme tous j’estimais.

Incapable de quantifier le temps qui s’était écoulé entre le décès de Calvin et le moment où je parvenais enfin à émerger de ma catatonie, je me rendais désormais compte que la nuit était tombée, peut être même bien avancée. Suffisamment en tout cas pour me rendre compte que le cadavre du cow-boy avait été déplacé. finalement, je me levais pour découvrir les silhouettes de Clark et Ricky près du lac où tout s’était déjoué ce soir, en train de creuser une tombe à la seule lumière d’une lampe-torche. Je décidais d’aller leur prêter main-forte, sans aucun outil adéquat. Mais cela n’avait désormais plus guère d’importance pour moi. Sans un mot, j’avais mêlée mes mains dans la terre ramollie avec celles de mes compagnons, ma sueur et ma volonté aussi. Volonté d’offrir une sépulture au cow-boy, de ne pas laisser pourrir son cadavre au grand air comme nous pouvions le faire avec les infectés. Volonté d’occuper mon esprit aussi, de me distraire de mes réflexions et autres pensées morbides, déployant cette énergie issue de la colère, de la rancœur et du désespoir pour dire adieu à Calvin.

Lorsque ce fut fait, le corps embaumé de notre compagnon reposant au fond du trou, j’étais restée pour lui rendre un dernier hommage, mes mains noircies de terre croisées devant moi, les yeux clos, adressant une prière silencieuse, uniquement perceptible par les mouvements muets de mes lèvres à je ne savais trop qui ou quoi. Peut-être l’esprit de Calvin ayant enfin trouvé le repos, peut-être cette hypothétique entité supérieure qui nous avait rendu à la vie… Qu’importe d’ailleurs le destinataire de mes pensées. Celles-ci pouvaient bien être emportées par le vent vers Nulle Part, je souhaitais simplement les voir partir.

Ce n’est que lorsque Clark et Ricky quittèrent les environs de la tombe pour rejoindre la caravane que je pus quitter les lieux à mon tour, sans un regard, ni un mot pour quiconque. Les efforts, la tension, les émotions étaient retombés pour ne plus laisser place qu’à une grande fatigue, une immense lassitude, aussi bien physique que morale. Je me contentais simplement de regagner ma tente, me laissant tomber sur le duvet sans même prendre le temps d’ôter mes godasses. Ainsi vautrée, je ne pus que contempler l’obscurité de ma toile de tente, me laissant à nouveau submerger par mes souvenirs, mes larmes et mes doutes durant de longues minutes, de longues heures, les mains croisées sur mon abdomen noué avant de finalement m’endormir sans m’en rendre compte. Un sommeil léger et agité, ponctué de nombreux réveils en sursaut alors que mon esprit s’imaginait des bruits, des voix, des tirs.

Seul le ronronnement du moteur de la Chevrolet, au beau milieu de la nuit me poussa à glisser le nez dehors, mon regard suivant les feux arrière de la bagnole quitter le camp. Je secouais lentement la tête, n’ayant pas du tout le cœur à me lever, ni même à émettre la moindre remarque ou protestation, avant de me recoucher et retrouver l’enfer onirique de mes songes.

J’émergeais finalement à une heure bien avancée de la matinée, de mon sommeil et de ma tente. Je mis un long moment à reprendre mes esprits, me demandant même si tout cela avait été réel. Bercée de ce fol espoir, je m’étais levée et précipitée vers le lac du campement, durement rappelée à la réalité lorsque je vis la tombe fraîchement creusée du cow-boy, et aussi lorsque je pus observer le reflet de mon visage encore couvert de sang séché et des traces de terre et de poussière, tout comme mes mains, dans l’eau calme du lac.

J’allais récupérer un seau d’eau et retournais m’isoler dans un coin des ruines, avec mon ancienne chemise pour seul gant de toilette et un résidu de pain de savon ramené de je ne savais quel pillage, dans je ne savais quelle demeure, observant l’eau s’épaissir et brunir à mesure que j’effaçais les résidus biologiques et telluriques qui couvraient mon visage, mes mains et mes avant-bras. J’ôtais même ma veste de travail pour la rincer, frottant les traces de sangs séchés avec un acharnement presque compulsif et horrifié alors que je voyais très nettement celles-ci marquer l’empreinte d’une main. Une tâche que je ne parvenais pas à avoir. Plus qu’une simple tâche, plus qu’une simple empreinte, un véritable rappel douloureux de la disparition de Calvin, de toutes les disparitions dont j’avais été la témoin, indirectement ou non, de tous mes échecs aussi. Finalement, je roulais la veste imbibée de flotte en boule et la jetais rageusement à quelques mètres de moi, me relevant brusquement, me prenant la tête entre les mains alors que mes pensées dérivaient à nouveau vers toute cette merde. D’un coup de pied tout aussi rageur, j’envoyais valdinguer le seau de flotte, répandant son contenu souillé sur le sable, ne pouvant plus contenir entre mes dents serrées l’envie de hurler ma haine, ma colère et ma peine.

Faisant les cent pas, balbutiant quelques injures bien senties contre le Marchand, contre Clark et Ricky, contre moi-même, parlant et m’énervant toute seule en maudissant le putain d’univers tout entier, je tournais en rond autour du seau et de la veste, finissant par me mettre à genoux devant celle-ci, la serrant contre mon buste en la laissant dégorger de quelques filets d’eau ; et alors je hurlais, à m’en déchirer les cordes vocales.

Frida Rivero

Anonymous
Invité
Ven 7 Aoû - 22:59
A leur retour au campement -qui heureusement, n'avait pas été attaqué- , presque tous avaient assistés aux dernières secondes d'agonie du cow-boy...

S'ils s'étaient rapidement rendus compte que ce dernier était condamné au moment où la balle avait traversé son torse, seule Ivy ne semblait pas vouloir accepté la réalité en face, tentant vainement de réanimé son corps inerte.
Frida jeta un dernier regard et s'éloigna hors de vue de cette scène désolante, s'adossant contre la caravane pour s'y laisser glisser en soupirant, se prenant la tête dans les mains.

Si elle paraissait calme à première vue, elle était en réalité complètement choquée par ces dernières minutes.
En arrivant au campement, elle avait été saisie par un véritable sentiment de sécurité, s'imaginant que la mort ne pouvait pas s'abattre dans ce petit campement de ressuscités... et pourtant.
Les noms de tous les morts cités depuis son arrivée, et celle de Calvin devant ses yeux.... qu'est-ce qui clochait dans ce monde ?? N'y avait-il pas un endroit où il était possible de dormir sur ses deux oreilles, sans craindre de se faire bouffer, canarder, ou égorger ??

Elle cala son menton sur ses genoux, ses bras encerclant ses jambes comme pour se protéger. La noiraude se remémora la violente dispute qui s'était déroulée un peu plus tôt, la façon dont tout avait dégénéré, et la triste conclusion à laquelle décidément personne ne s'attendait...
Peut-être que c'était un message. Un message pour leur dire qu'ils auraient dû se secouer plus rapidement, plutôt que de se taper les uns sur les autres.

Après avoir cogité quelques instants, elle préféra se rendre utile, partant chercher de quoi alimenter le feu sans trop s'éloigner du camp. Elle n'avait pas vraiment envie de finir comme Calvin... pas encore.
Elle ne trouva pas grand chose, la zone entourant le camp n'étant qu'une grande plaine constituée que de très peu de végétation (mise à part la forêt dans laquelle elle ne comptait pas retourner de sitôt), mais c'était toujours ça.

Quand elle revint, quelques survivants étaient en train de placer le corps de Calvin dans une tombe qu'ils semblaient avoir pour la plupart creusé de leurs mains vu l'état de celles-ci.
Elle lâcha ses quelques trouvailles près du feu et alla les rejoindre, se plaçant très légèrement en retrait autour du trou qui servait de lit de mort au cow-boy.

Chacun adressa son message à l'homme, que ce soit silencieusement ou non.
Frida, les mains croisées devant elle, fixait le corps sans cligner. La mâchoire crispée, elle regardait l'homme à qui elle devait probablement la vie. Sans lui, elle se serait certainement faite bouffer par des zombies après avoir gueuler à plein poumons comme elle l'avait fait…

« Merci encore Lucky Luke… Bonne chance là où tu vas…. » murmura-t-elle imperceptiblement tandis que l'un de ses yeux humides laissait échapper une larme rebelle qu'elle essuya immédiatement, tout en continuant à fixer le cadavre avec une expression pouvant paraître froide et distante.

Ce n'est pas tant la mort du cow-boy qui l'attristait. Après tout, cela faisait seulement 2 jours qu'elle le connaissait. Simplement, Calvin ne pourrait pas tenir la promesse qu'il avait faite à Matthew, tout comme elle n'avait pas pu tenir celle faite à Zac. Et bien évidemment -et comme à peu près tout ce à quoi elle pensait- cela la ramenait au souvenir de la mort de son petit cousin, provoquant chez elle un terrible sentiment de culpabilité, et une douleur incommensurable et probablement incurable.

Frida, pourtant arrivée parmi les derniers sur le lieu de l'enterrement improvisé, quitta les lieux en premier. Elle sentait qu'elle allait craquer, et il était hors de question que cela arrive devant des inconnus. Pourquoi fallait-il qu'elle pense à lui maintenant… ?
Elle marcha donc d'un pas pressé jusqu'à sa voiture et s'y enferma, restant figée quelques secondes les yeux fixés sur le volant, respirant comme si elle manquait de souffle avant d'être soudainement prise de sanglots, qui se transformèrent rapidement en chaudes larmes.

Par chance, les fenêtres de la voiture étaient intactes bien que crasseuses, et masquèrent ses pleurs et lamentations ainsi que les coups que recevait le pauvre volant. Seules les personnes à proximité pouvaient éventuellement les sons étouffés de ce triste spectacle.

Après quelques longues minutes de défoulement, la portoricaine s'avachit contre le volant, haletante et épuisée, bien que toujours prise des quelques sanglots.
Le sommeil la gagna petit à petit, venant enfin mettre fin à son calvaire. Elle s'endormit, ne remarquant même pas le départ de Ricky et Clark un peu plus tard dans la nuit.
Cependant, leur exil risquait de ne pas beaucoup lui plaire, et quand elle l'apprendrait, il allait y avoir du grabuge au campement Jefferson...

James F. Everett

Anonymous
Invité
Dim 9 Aoû - 23:06
25 Janvier.
Extrait de
Les yeux dans les yeux.

Je n'en revenais toujours pas, c'était un coup de poignard en pleine poitrine. Il, qui donc ? Un salopard, un mercenaire sans âme, un inconscient qui prenait ça pour un jeu, qui qu'il ai ou qu'elle ai pu être, cette personne avait déchiré le thorax de Calvin sous nos yeux. Je revois encore le sang gicler sur Samuel, sa mine paniquée, son délire en direct et nous autres, à courir dans tous les sens, à nous efforcer de nous mettre à l'abri, les uns pour eux-même, les autres pour des compagnons sous le choc. J'imagine comme il a du bien en rire, à nous regarder nous démener et nous agiter, nous disperser pour nous rejoindre au camp, dans la peur d'être la prochaine cible de son arme et à la fois sous le coup de cette morte que l'on ne réalisait pas.

Après avoir ramené Clark avec moi, ce pauvre garçon qui n'avait pas bougé et avait fixé son ami à l'agonie en oubliant le danger contre lui-même, quand je suis venu jusqu'à Calvin pour me rendre compte qu'il était déjà mort, les yeux envahis par la souffrance et la peine. Quand j'ai vu Ivy, sa douleur... tout a prit fin. Notre dispute, nos différences, notre conviction. Tout a volé en éclats, à cause d'un morceau de métal, à cause d'un putain de morceau de métal.

On avait tout raté, tout échoué. J'avais échoué, de long en large. Ce ne fut que lorsque Ricky et Clark revinrent, habités par ce terrible chagrin, que je daignais sortir de ma torpeur, constater leur demande et me joindre à eux pour creuser la terre et offrir à Calvin une sépulture descente. Ivy était là, avec nous et je me refusais à la regarder, à lui parler, à lui imposer mon regard. Elle avait eu besoin de moi quand il mourrait et je n'avais pas répondu à ce besoin. J'avais privilégié Clark et même si je commençais à accepter le fait que je n'aurais rien pu faire, que j'avais fait le choix d'une vie vis à vis d'une autre, de ce jeune opérateur qui aurait pu être abattu, je m'en voulais toujours autant et plus encore.

Ce n'est que plus tard que je pris conscience que mon visage avait gardé les traces du cow-boy en sa substance vitale perdue. Je me rendis au lac, muni d'une bassine afin de ne pas polluer l'eau qui nous était précieuse et plongeait le récipient pour en prendre un peu et me nettoyer le visage à quelques pas du point d'eau, accroupi et fatigué. Je jetais un regard sur le campement, je repensais encore à ce coup de feu qui nous était venu et faisant fi de toute prudence et du danger peut-être toujours bien présent, ma colère et ma hargne grondant dans mon coeur, je me redressais en laissant sur place ma bassine pour me diriger là où aucun de nous ne devrait aller en cette nuit dominante : j'allais vers la route, vers le point d'où le tir semblait être venu comme l'avait dit Elizabeth. Je pris mon arme restée dans mon dos, je la chargeais, me souvenant de la façon dont ces petites bêtes devaient être utilisées. Une bonne inspiration et j'avançais, pour inspecter, espérant peut-être tomber sur un indice, ou bien découvrir que notre agresseur était toujours là tapis dans l'ombre.

La nuit pourrait être mon alliée ou mon ennemie, en tous les cas je ne reculais plus. Je comptais bien en savoir plus et si je ne devais rien savoir, être là où le meurtrier - ou la meurtrière - s'était tenu pour mieux vouloir sa mort.

Liam O'Connor

Anonymous
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Lun 10 Aoû - 17:26
Je vérifie qu'il ne me manque rien. J'ai récupéré mon couteau papillon. Je leur laisse le kit de crochetage, ainsi que la tente tunnel. Je me débrouillerai bien sans. Ou j'en trouverai ailleurs. Je jette un dernier regard au campement. Ça a été un beau bordel cette nuit. Engueulades et menaces de mort...

J'ai toujours su que j'étais plutôt d'une nature solitaire. Je pensais pouvoir m'acclimater à la vie en groupe, mais ce genre d'embrouilles, ce n'est pas pour moi. Passer son temps à s'inquiéter du bien être des autres non plus. J'ai toujours mieux fonctionné lorsque je n'avais à m'occuper que de moi. Autant reprendre les bonnes habitudes. Après tout, c'est d'avoir voulu aider mon prochain qui m'a tué la première fois. Je n'ai pas spécialement l'intention de rester là à attendre que le Marchand vienne nous chercher. Ou à les regarder s'entretuer avant que ça n'arrive.

Il est tôt, le soleil ne s'est pas encore levé. Mais une ligne bleue clair surligne l'horizon. L'air est frais. Je prends une grande inspiration. Je ne pensais pas avoir ce petit pincement au cœur quand même. Mon duvet sur l'épaule, je me dirige d'un pas résolu vers l'Ouest, les premiers rayons pointant dans mon dos. Arrivé en bordure du campement, je me retourne une dernière fois. Un sourire calme et serein sur les lèvres, je porte deux doigts à mon front, dans une caricature nonchalante d'un salut militaire.

-À la prochaine...

J'abaisse la main, et sans un autre regard en arrière, je m'enfonce dans la forêt.

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Sam 5 Sep - 16:52
Si la semaine avait été longue et lente et le moral au camp particulièrement bas, Samuel s'était efforcé de retrouver son attitude d'antan. Enfin à la tête du camp, même si il se trouvait plus ou moins asservi à l'opinion de Melody, il avait put préparer minutieusement différents plans de déménagement selon leur nouveau lieu de ré-implantation et les moyens supplémentaires qu'ils avaient put obtenir cette semaine.

C'est lors du week-end qu'il fut à nouveau mis à l'épreuve, publiquement, personnellement. Lui qui avait pris l'habitude d'occuper la caravane pour disposer d'un endroit plus confortable que sa tente isolée pour réfléchir, il fut celui qui eut à la fois la chance et le malheur de faire le tour des fréquences radio, plus pour s'entrainer à manier l'engin qui lui était peu familier qu'en espérant capter quelque chose... Et capter le message de la pauvre Ivy s'avouant condamnée alors que son binôme n'était déjà assurément plus de ce monde.

Malgré toute la positivité du canadien, la nouvelle faisait l'effet d'une balle dans le bide et lui-même n'aurait put s'y soustraire tant il s'était sentit responsable d'Ivy ces derniers temps. Ainsi, il lui fallut un certain temps à écouter et ré-écouter le message en boucle avant de parvenir à noter toutes les informations données et localiser, à peu près, les lieux décrits par la petite mordue.

Ceci fait, il trouva une Melody tout juste rentrée de sa sortie pour lui confier discrètement la nouvelle et épargnant donc au camp le moindre vent de panique tant qu'ils n'auraient pas discutés posément de la marche à suivre. La chose fut des plus rapides, même si le canadien se sentit un peu mal de voir que c'était la brune qui montrait plus de prudence et de sang-froid, ils désiraient tous deux la même chose et n'allaient donc pas perdre de temps pour s'entendre.

Ainsi, l'après-midi, stressé, Samuel refit l'inventaire du camp et commença à tracer plusieurs itinéraires pour espérer rejoindre le lieu décrit par Ivy histoire de pouvoir esquiver autant que possible n'importe quel obstacle, vivant, morts ou matériel qui pourrait se dresser entre eux et la contaminée. Hélas pour lui, le rapport de Melody fut sans appel, impossible de se lancer pour le moment à moins de vouloir y passer.

Après une soirée et une nuit des plus tourmentée durant laquelle Samuel s'enquit de confier la situation à tous les membres du camps présents et de laisser le message d'Ivy à l'encontre d'Elizabeth, rédigé par ses soins, dans leur tente, le dimanche leur fit apparaitre une lueur d'espoir grâce à une nouvelle reconnaissance de Melody. Le secteur se vidait... Ce n'était pas encore suffisant pour se lancer, mais rien n'était perdu.

De là, en sachant qu'avec tout ce temps perdu, les chances de retrouver une Ivy vivante s'amenuisaient énormément, le chef du camp décida, conjointement avec Melody, qu’appeler la ferme Wallace pour demander l'aide de Clark leur permettrait d'énormément accélérer les recherches, voir... Leur permettre de savoir qu'elles n'étaient plus utiles. Loin de s'avouer vaincu, c'est Samuel même qui lança l'appel, bien décidé à obtenir ces informations tout en laissant à Melody le soin de trouver des volontaires pour cette mission à haut risque.

Melody Campbell

Anonymous
Invité
Dim 6 Sep - 14:27
- 27 et 28 Janvier -

Le retour de l'excursion se sera faite en silence, même le camping-car se tenait tranquille jusqu'à arriver devant le campement ou le moteur se met à montrer des signes de rébellion. Le réservoir se retrouvant vide à peine arrivé, juste le temps de le garer correctement près de la caravane, il n'y aura plus qu'à lui trouver de l'essence pour pouvoir repartir avec. Le camping-car se retrouve avec le nez vers la caravane, les deux engin formant ainsi un angle d'à peu près 90°.

Descendue du camping-car, Melody récupère son sac à dos des mains de Seth, se dirigeant justement vers la caravane pour y comptabiliser la nourriture ramenée mais aussi glisser dans le sac la clé de l'engin. À moitié ailleurs de part l'épisode de la tasse de thé volante, elle se fait surprendre par l'arrivée de Samuel avant même de pouvoir mettre la main sur la poignée de la caravane. Sans lui demander son avis, l'homme l'entraîne à l'écart pour lui faire part en tout discrétion du message d'Ivy et de son contenu. Le soulagement que finalement la journée se passe bien aura été de courte durée et même si elle a toujours du mal à s'entendre avec la jeune femme, la savoir en danger à ce point lui fout l'effet d'un coup de poing dans le ventre.

Samuel et Melody se retrouvant à discuter de ce qu'il convient de faire en inversant quelque peu les rôles. Samuel se montrant pressé de partir immédiatement et Melody restant posée à mettre en avant la prudence d'action. Les deux finissant par s'entendre sur la marche à suivre, avant qu'ils ne se séparent pour la suite, Melody confie à Samuel la présence d'au minimum une quinzaine de zombies au nord-ouest du secteur A.

La chasseresse prenant le temps d'aller poser la nourriture dans la caravane avant de se rafraîchir le visage puis de grignoter un truc, après tout il ne faut pas oublier que son maigre petit-déjeuné est parti peindre le carrelage d'une des maisons du secteur A. Ce n'est qu'en début d'après-midi, qu'elle embarque la paire de jumelle disponible et qu'elle se met en route pour faire une reconnaissance de loin du secteur C. Restant dans la première zone de chasse, elle se rend à la pointe de la forêt, celle qui se retrouve le plus près du secteur C pour une inspection aux jumelles après avoir trouvé un nichoir facile d'accès....Rentrant au campement elle annonce la mauvaise nouvelle à Samuel, une horde de zombies bloque tout accès au secteur C.

****

Le lendemain, Melody recommence l'opération et du matin elle repart en reconnaissance, reprenant le même chemin que la veille. Son observation faite, elle retourne au campement. La horde a commencé à se disperser, les lieux deviennent un peu moins dangereux et cette fois-ci elle sent encore plus que la veille à quel point Samuel semble suspendu à ce verdict comme si sa propre vie était en jeu.

Par excès de prudence sans doute ou pour montrer aux autres que la récupération d'Ivy lui tient à coeur même si elle ne montre rien de ce qu'elle pense, la demie écossaise repart l'après-midi même pour une troisième reconnaissance. Et si elle ne part pas du tout dans l'optique d'une chasse, le lapin qui a le malheur de croiser sa route au retour, finira dans son sac à dos. Informant Samuel de l'avancée de la horde, ils se mettent d'accord sur le fait qu'ils vont agir dès le lendemain mais avant Samuel compte contacter la ferme pour voir si Clark peut les aider avec son joujou.

Laissant à l'homme le soin de cet appel, Melody elle part voir les autres, savoir qui veut partir ou non chercher Ivy, enfin qui se sent en état de le faire. Elle même ne pouvant y aller, pour la simple raison que Samuel tient absolument à y aller lui même, il manquerait plus qu'elle y aille aussi et qu'il arrive un truc aux deux chefs du campement. Même si elle même ne l'est pas vraiment, enfin sur le papier. Sans compter que la ville et elle font deux, mieux vaut quelqu'un qui se débrouille en milieu urbain. Ce tour de campement fait, elle n'a plus qu'à dépecer le lapin ramené et une fois celui ci entrain de cuire pour le repas du soir, elle pourra se charger de mettre à jour le registre d'exploration, chose qu'elle n'a pas prit le temps de faire avant.

Frida Rivero

Anonymous
Invité
Dim 6 Sep - 20:00
27 au 28 janvier 2035 - Campement Jefferson


Juste après la réunion à l'issue de laquelle Samuel avait été élu nouveau chef de camp et Melody son bras droit, Frida avait décidé de continuer son entraînement commencé il y a quelques jours déjà.

Elle avait perdu toutes ses capacités physiques, c'était une certitude.
Heureusement pour elle, elle avait toujours été naturellement souple et son corps endurant, et la métisse n'avait en aucun oublié ses innombrables leçons et pratiques du Parkour, et savait donc par quoi débuter et comment s'y prendre pur progresser rapidement.

S'en était donc suivit de longues heures d'entraînement, qui en plus de l'empêcher de broyer du noir, lui permettait de se réchauffer un peu sans rester le cul posé des heures devant le feu...
Étirements, course, pompes, abdos, sauts,.... elle n'oubliait rien, et travaillait chaque partie de son corps avec acharnement. Elle voulait être prête quand le moment viendrait pour eux de quitter ce trou maudit, ou tout du moins se conditionner un minimum au cas où il y aurait un pépin...
Il faut dire qu'elle n'avait pas l'air très futée à sauter et descendre un nombre incalculable de fois sur un des murets encore stable qu'avait laissé les ruines du motel, ni lorsqu'elle jouait à saute mouton sur un rocher près du panneau d'accueil de l'ancien bâtiment.
Pourtant elle persistait, se bourrant le crâne de ces gestes qui devait devenir à nouveau mécaniques pour elle, et ce le plus rapidement possible.

Cela ne l'avait pas empêcher d'assister à l'arrivée de Melody et Seth dans leur tout nouveau camping car qui bien qu'ayant l'air de tirer la tronche allait probablement leur être très utile pour le voyage!
Elle n'échappa pas non à la tête de six pieds de long que fit Samuel en sortant de la caravane et qui alla directement trouver la chasseuse pour lui parler à elle seule. La noiraude fronça les sourcils devant leur mine alertée, mais préféra ne pas s'en mêlée pour le moment... après tout, si une énième couille devait arriver, ils leur en parleraient bien assez tôt...

Elle reprit donc son entraînement, s'épuisant jusqu'à ce que son corps ne supporte plus le moindre effort, espérant qu'elle pourrait pour ne fois s'endormir au plus vite pour ne pas ressasser les terribles souvenirs qui la hantait chaque nuit, comme probablement tout les autres...

*****

Le lendemain, elle ne se réveilla qu'en fin de matinée, épuisée par l'intensivité des exercices de la veille, et pu apercevoir Melody qui revenait au campement, sans pour autant savoir où elle était allée. Elle alla se laver un peu près du lac, à l'abri des regards, n'ayant même pas eu le courage de faire sa toilette la veille tant elle était exténuée.
Le reste de la journée, elle se rendit utile du mieux qu'elle le put, se proposant de prendre un peu la relève d'Elizabeth pour le rôle de guetteur.

Pendant ce temps-là, Lara Croft était à nouveau sortie du campement, et la porto-ricaine se demandait vraiment qu'elle était le but de ses allées et venues.... Question à laquelle elle eut une réponse au retour de celle-ci, alors qu'elle annonçait à tout le monde la triste situation dans laquelle se trouvait Ivy, seule dans le secteur C, devant certainement subir le pire des calvaires....
Cependant, elle se braqua immédiatement lorsque la brune demanda la participation de quelques volontaires pour accompagner Samuel à sa rescousse.
La sauver ? Comment le pourraient-ils ? Elle avait été mordue, elle était foutue...! Quel intérêt d'aller risquer leur peau là-bas, à part pour voir leur amie zombifiée et prête à les bouffer...? Non, c'était complètement stupide, et bien qu'elle ne dise pas un mot de ce qu'elle pensait à ce moment-là, il était hors de question qu'elle se sacrifie pour une cause perdue d'avance !

Une fois le message transmis, elle s'éloigna du groupe toujours aussi silencieuse, repartant au sommet de la caravane pour reprendre le guet histoire d'avoir tout le loisir de cogiter sur la situation de la binoclarde.
Tapant nerveusement du pied, elle ne savait pas quoi penser... Qu'est-ce qu'elle pourrait bien faire ? Elle en avait assez vu des saloperies, et même si elle n'était en aucun cas liée à cette fille, voire une connaissance de plus crever ou "muter" devant ses yeux ne l'enchantait guère. Non, c'était définitivement une idée stupide.

Une fois son tour de garde terminé, elle décida de s'entraîner à nouveau pour se défouler et se vider la tête, travaillant aussi assidûment que la veille.... Sauf que tout du long, elle ne put s'empêcher de culpabiliser, une petite petite voix se répétant sans cesse dans son esprit : Si tu étais à sa place, n'aimerais-tu pas voir des gens venir t'aider, même en vain..? Tu connais bien la ville, ton aide leur serait vraiment utile... Et puis, que penserais Zac en te voyant abandonner quelqu'un, une fois de plus...?

Et alors que ces remarques s'inscrivaient pour la millième fois dans sa conscience, elle trébucha, ratant son saut et s'affalant violemment au sol dans un râle de douleur.
Elle se coucha sur le dos en lâchant un long soupir nasal avant de fixer le ciel, les yeux plissés....
Très bien, très bien...! Elle irait avec eux... Elle irait avec Samuel et les autres sauver Ivy. Elle ne voulait pas avoir un poids de plus sur la conscience, et de toute façon, elle en avait assez de tourner en rond dans ce campement....
Mais si la binoclarde devenait un foutu revenant, elle n'hésiterait pas. Elle n'avait aucune envie de se retrouver dans le même état, et si elle devait l'achever pour ça, elle le ferait.

Raaa, ce qu'elle pouvait être conne, quand elle s'y mettait... A croire que se jeter dans la merde était son passe-temps préféré..!

Samuel Freeman

Anonymous
Invité
Lun 5 Oct - 21:13
Finalement de retour à trois mais pas avec la personne espérée, Samuel se montra, pendant le reste de la semaine, aussi exécrable qu'il put humainement l'être sans pour autant s'en prendre à quelqu'un en particulier ni craquer comme cela lui était arrivé en excursion. Non, il se contenta juste d'être de mauvais poil, à fleur de peau et beaucoup moins loquace qu'à l'accoutumée si l'on excepte les indispensables discussions avec une Melody qui lui permettait quand même de rester bien connecté dans une réalité ou si il avait perdu "encore" quelqu'un, il n'en restait pas moins que de nombreuses autres vies dépendaient d'eux, sinon de lui.

D'autres part, malgré la rareté de cette inutile ressource, il fut surpris à plusieurs reprises avec une cigarette en bouche, ce qui lui permis également d'exprimer tout son mauvais caractère lorsqu'une réflexion ou un regard lui sembla trop appuyé.

Ce n'est que le 31 qu'il toucha le fond, ne se montrant pas du tout de la journée si ce n'est pour rencontrer Jena sans la moindre volonté de lui faire bonne impression. D'ailleurs, une certaine illusion de sécurité se ré-installant légèrement au camp, il daigna cesser de dormir à même le sol près de feu pour retourner dans sa tente isolé et épargner à toute la communauté ses nouvelles terreurs nocturnes peuplées de la disparue.

Pendant les quatre jours suivants, il repris progressivement du poil de la bête, repassant par un comportement bien mal luné avant de daigner se montrer à nouveau neutre et parfaitement réfléchi. Il consacrera le gros de son temps à examiner différents plans de déménagement sans en confier les moindres secrets à quiconque hormis, là encore, une certaine Melody qui avait gagnée son droit de regard sur ces projets là.

Finalement, à la fin de la semaine, il parvint même à commencer à simuler un semblant de bonne humeur à l'encontre des autres survivants. A ce propos, sauf si l'un ou l'autre avait été amené à directement le chercher, Samuel se serait appliqué à éviter Frida et Mark et ce malgré son moral remontant. A présent redressé, il était grand temps de redevenir pleinement actif, au camp comme à l'extérieur.
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