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[Spécial, A, 2] Un réveil grinçant - 16/12/34
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Evènements

Anonymous
Invité
Dim 15 Fév - 20:51
Interprété par Ethan Walker & Scott Redfield.

Le silence. Un silence de mort imperturbable et immuable règne dans le nouveau monde d'Ethan. Celui d'un sommeil lourd, ponctué par d'étranges images qui imprègnent ses paupières closes comme projetées par la rétine même de ses yeux. Le froid nargue chaque morceau de peau laissé à nu tandis que l'instant du réveil sonne enfin son glas.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

Face contre terre, tu sens ton souffle humide charrier quelques mottes de terre qui te servent d'oreiller de fortune et contre lesquelles tu es affalé. Tes mains moites parviennent à reconnaître la texture de brins d'herbes froids, d'un gazon très mal entretenu, et parsemé par moment de mauvaises herbes qui grattent ta peau.
Le temps que tu mets à ouvrir les yeux ne dépendra que de toi, mais au bout du compte, tu parviendras enfin à percevoir le décor qui t'entour dès lors que le voile noir et sombre se sera dissipé de ton regard.

Tu te trouves dans un jardin, tout proche d'une clôture en bois à moitié masquée par une couche épaisse de plantes sauvages et folles d'un lieu trop longtemps laissé à l'abandon. D'ailleurs, cette clôture est en très mauvais état et comporte par endroit quelques dégâts par des planches brisées en deux ou en trois, ouvrant par-ci par-là des trous béants dans ce qui aurait dû servir de barrière. Au delà de la barrière, c'est la campagne, le vide d'un paysage Texan en plein hiver.
A ta droite se trouve la niche d'un chien, à la structure de bois rouge vif, et au toit vert sur lequel trône fièrement le nom de l'animal qu'il aurait du contenir : FLIPPO. Étrange nom d'ailleurs pour un chien, mais après tout, pourquoi pas ? L'intérieur est sombre et il est difficile de voir si quelque chose s'y trouve encore, surtout qu'à ton niveau, tu ne perçois qu'à peine son entrée à cause de la hauteur d'herbe qui s'élance vers le ciel.

Un ciel clair et sans nuage, avec un soleil bel et bien levé, mais sans véritablement savoir si tu es en matin ou en après-midi. Le vent souffle légèrement et te rappelle à ta condition humaine très précaire.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement, déposé à coté de toi, aligné et nettoyé. Ainsi te voilà vivant, ta peau aussi propre que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.

Tu sens sur tes épaules le poids d'un regard, mais le tour d'horizon ne t'apportera pas d'élément supplémentaire : la maison à laquelle le jardin appartient est un peu plus loin, à une cinquantaine de mètres environ, et rien n'est perceptible à cette distance. Pas de voisin immédiat. Tu es sans doute dans une sorte de quartier de campagne où les résidences les plus proches les unes des autres couvrent quelques dizaines voir centaines de mètres.
C'est à cet instant que tu commences à entendre un léger et diffus bruit de crissement. Comme une craie ripant sur un tableau vert des très vieilles écoles du siècle dernier. Cela ne dure qu'un bref instant, puis recommence, une minute tout au plus, après. Cela proviendrait de la maison, mais sans en percevoir, ni en comprendre l'origine.


Éléments scénaristiques:
 

Ethan Walker

Anonymous
Invité
Lun 16 Fév - 21:01
Une nuit sans nuages. Le visage d'une jeune fille apeurée se débattant contre sa ceinture de sécurité. Une flaque de sang noir rongeant lentement le cadre d'une photo de famille. Un paisible fleuve bourbeux sous la lumière finissante du jour, légendaire royaume allochtone que l'invisible race des hexapodes pullulait. Un enfant évoluant dans la fraîcheur d'une jungle épaisse, dont il recueillait toutes les fraîcheurs par ses jambes et ses bras nus. Dans un lointain improbable, la pénible scansion d'un ost funèbre, râles sans fin…


Et soudain, la terreuse épaisseur du réel assaillant les pores d'un corps peu à peu habité par la conscience. D'abord, c'était la lumière aveuglante du jour qui, frappant de ses pâles rayons une rétine, rejaillissait de vagues capillaires en des vivacité insupportables. Agressé, "ça" se retranchait dans un noir complet. Mais il était déjà trop tard, car un boucan incroyable l'assaillait à son tour, récursif et régulier: celui d'un souffle premier, sourd et rapide, retentissant dans le silence angoissant. Silence de la vie de temps en temps perturbé par un discret bruissement. Il s'accentua légèrement, alors qu'une pression des orbites s'exerçait. Cependant, de fortes fragrances s'accumulaient pour former un paysage olfactif familier. Le voile noir se leva brusquement, les capillaires se précisèrent : des herbes qui s'élançaient depuis une terre froide et humide. Elles perçaient de milles aiguilles la superficie de son être. Par réaction, un poing serra anxieusement une touffe. La conscience en éveil tentait de saisir le toupet par lequel toute conscience revient au présent.


Les yeux bleus d'Ethan s'ouvrirent en grand, et sa bouche. Il happait encore plus goulûment cette manifestation de vie microscopique. Le flux des impressions et des expressions suivait désormais une ligne fixée par cette limite au-delà de laquelle on touchait à la schizophrénie autistique. Toutefois, elle s'était imposée en retard. Il n'est guère donné à tout le monde de vivre ce qui, en un sens, était une seconde naissance. Sa violence laisse fluer toute choses éparses, dans leur dangereuse diversité. Au fond des yeux écarquillés d'Ethan, dans la crispation de ses muscles, se manifestait, au rythme accéléré de son organisme paranoïaque, un effort colossal de remémoration. Les réponses avaient inondé la forêt de questions qu'il se posait à lui-même; en sorte qu'il fallait très vite sauver des eaux deux ou trois certitudes. Le sol commençait de battre un peu moins vite. Le tremblement de terre se calma tout à fait au moment où il s'assit sur ses genoux. Saisit de vertige, il se souvint. Par un réflexe soudain, sa main barbouillée de terre se porta à la jointure de son cou et de son épaule droite. La peau était immaculée, jusqu'alors. Pourtant, à la manière qu'elle avait d'insister, on pouvait supposer qu'il s'y trouvera pour toujours les résidus d'une douleur récente...


L'attention d'Ethan se déporta sur la main elle-même — sa main. Moite de sueur et humide de terre fraîche. Les grains de terre roulait sous ses doigts encore engourdis. Mais on voyait à sa mine étonnée que ce n'était pas ce qui le dérangeait le plus. Les callosités ordinaires avaient disparues. Pire, la moindre petite imperfection… Idem pour les bras ! Comment était-ce possible ? Une expression revient souvent dans notre bouche : "un autre homme". Mais il fallait sans doute connaître une telle situation pour en saisir la lettre. Ne restait, pour la nostalgie, qu'un treillis autrefois beige, un henley à manches longues qui parvenait à rester blanc par contraste avec le sweat-shirt en chandail, — jadis vert et maintenant caca d'oie, — passé par-dessus. Qu'il s'essuyait les mains dessus n'expliquait pas vraiment l'état déplorable de ses effets. Ses solides chaussures Lepidoptera, quant à elles, tenaient encore bon sous les croûtes de boue.


Ethan debout, son regard embrassait la vaste solitude. Vu de cette hauteur, l'environnement immédiat avait d'abord quelque chose de pittoresque. Non, ce n'était pas ça. Refermons un instant l'album d'images et de lieux communs qui tiennent habituellement lieu de jugement. Il s'agissait d'une solitude difficilement supportable, à moitié sauvage. Les herbes folles dansaient librement sous le pâle soleil d'hiver. A côté de cela, la sévérité de la clôture qui s'élevait non loin semblait dérisoire. Elle avait failli à l'exigence de domesticité que lui incombait sa fonction. Elle se dressait donc, fière de n'avoir pas cédé tout à fait, mais complètement inutile. Entre deux planches filtrait un morceau de lande, nue et abandonnée. Etait-il donc tout à fait seul ?


Du coin de l'oeil, un éclat rouge vif attirait le regard. Une niche pour chiens. Le nom du propriétaire était inscrit sur une plaque en bois à moitié tombée. Elle pendouillait, s'agitait sous l'action de la brise légère. Il fallait encore s'approcher de quelques (pénibles) pas, avant de pouvoir lire…
« Fli-ppo… »
Un chuintement. Etait-ce vraiment la voix d'Ethan ? La machine à débiter s'était récemment remise à fonctionner, elle aussi. La mécanique s'était enrayée, les incisives s'étaient trop longtemps attardé sur la lèvre inférieure, coupant le mot en deux . La voix se fit entendre une fois de plus, et c'est empreinte d'une grande douceur qu'elle répéta :
« Flippo. »
Quelque chose, dans le balancement de la petite pancarte, rappelait la façon dont les petites filles balançaient les jambes. Judith aurait aimé appeler son chien "Flippo", si elle en avait eu un.


Un long voile de tristesse s'était étendu sur le jardin, malgré le temps radieux qu'il faisait. Quoiqu'il dût y compter une variété indénombrable d'êtres vivants, il était irrémédiablement dépeuplé. Ethan retroussa ses manches, mettant ses bras à nu. Ils se réchauffèrent un peu à la lumière du soleil, dont il captait seulement la chaleur, laissant la lumière pour un autre moment. La maigre barbe qui avait poussé comme de la mauvaise herbe sur son menton était le cadet de ses soucis. Qu'on le dise éveillé ou pas, le jardin avait de toute façon quelque chose d'irréel et d'étouffant.


Il avait déjà pivoté sur ses talons qu'un détail, près de la niche, attira son attention. Une série d'objets avait été laissé là, adossés contre la niche, propres comme une nouvelle peau. A le voir hésiter, on devinait qu'il ne lui appartenait pas. A moins qu'il ait oublié que cela lui appartenait. On vit à la tête qu'il tirait lorsqu'il ramassa l'arc et le brandit dans la lumière du jour que le second cas échéait. Trois flèches aiguisées étaient fixées sur son embase, pleines de promesses meurtrières. Examiné sous tous ses aspects, l'objet technique résistait cependant à la compréhension, tandis que l'objet utilitaire offrait, pour l'heure, des perspectives inconnues. Bref, quelques dégringolades d'arbres plus loin, l'homme faisait encore des découvertes étonnantes. Saisit maladroitement, l'arc tomba par terre. Simiesque, il s'accroupit et se saisit du reste des objets laissés là. Un sachet brun sur lequel il était écrit : "MRE, Menu 20, Spaghettis à la bolognaise." Le sceau de l'armée américaine consacrait cette ration militaire. Enfin, une sorte de harnais de sécurité, qu'il examina sous toutes les coutures avant de l'enfiler. Le bruit caractéristique d'emballage de la ration était amplifié par le silence ambiant, tandis que Ethan tentait de la ranger dans une de ses poches. En vain. Il la prit donc entre son pouce et son index.


Mais alors qu'il tendait le bras vers l'arc pour le saisir, le monde avait comme basculé dans une réalité seconde. Une intrusion s'était faite, accentuant la tension de l'abandon. Le changement de direction du vent en était-il le signe ? Qu'est-ce qu'il y avait de si étrange dans le fait que la pancarte "Flippo" s'était arrêtée de bouger ? Le poing se crispa sur l'arc; mais tout l'être d'Ethan se tendit vers la maison dont le jardin était une dépendance. La perspective arrêtée de la maison donnait d'elle des caractéristiques trop vagues. Les murs semblaient avoir froid, et les fenêtres étaient semblables à des yeux distraits. Un affaissement de l'âme comme du corps se produisit. Tel que le son parvenait à Ethan, la maison crissait. Le rythme de la respiration s'en accéléra, des mèches de cheveux tombèrent sur ses yeux — dont il tentait d'aiguiser l'acuité en les plissant. Une minute s'écoula avant que le crissement ne recommença. 


On pouvait admettre que la maison exerçait une étrange attraction. Mais il est certes curieux que, dans des circonstances aussi extraordinaires qu'imprévisibles, on se mette, comme Ethan, à traquer l'inconnu. A plus forte raison lorsque, n'ayant pas la totale maîtrise de ses mouvements, on trébuche souvent sur des obstacles de manière passablement bruyante; l'emballage de la ration produisant aussi un boucan du diable dans le silence du jardin. Sans compter qu'avec un arc à la main, on n'offrait guère des dehors rassurants...

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 18 Fév - 14:00
Tu ne tardes pas à percevoir, à l’arrière de la grande baie vitrée exposée plein sud, et malgré les reflets intenses de la lumière du soleil sur les parois de verres, des mouvements à l’intérieur. Presque accolée contre la vitre du premier battant se tient une femme, les cheveux flétris, gras et sales, tombant de parts et d’autres d’un crâne partiellement délabré, jusqu’à voiler son visage.
Ses deux mains nécrosées laissaient apparaître des morceaux d’os mis à vif, dont les extrémités pointues venaient s’accrocher contre la vitre et la rayer, provoquant ce déchaînement désagréable à tes oreilles. Si l’on prend bien en compte le nombre de marques qui dégradent peu à peu l’intégrité de la paroi, cela fait au moins un bon moment que cette femme décharnée s’entête à la creuser, ce qui t’empêche d’ailleurs de voir davantage à l’intérieur qui reste plongé dans une obscurité de contre-jour.
Tout ce que tu vois, c’est que cette créature fut potentiellement jadis une, visuellement, agréable personne, sans doute la trentaine, qui à l’instant où elle était tombée sous le coup de la fièvre d'une probable morsure, devait se tenir en saison chaude au regard du peu de vêtements qu'elle portait. Un mini short en jean déchiré, usé et fragmenté de lambeaux de chair et de sang, et un débardeur d’une couleur plus qu’incertaine, davantage proche du gris noirâtre que de la couleur originelle qu’il devait arborer.

Une chose est certaine. L’été n’est plus au rendez-vous, et malgré le soleil qui prédomine, le froid s'obstine à se rappeler à toi.

Le cauchemar bien réel quand à ce qu’il s’est passé sur ce monde, te fait face désormais, et bien qu’il ne te paraisse pas percevoir d’autres entités aux mauvaises intentions, comme celle de faire de toi un goulu repas, cela ne signifie pas qu’aucun ne surgira brutalement d’un coin de mur, voir deux, ou trois, ou plus, tu nages dans l'inconnu.
Tu sais désormais que cette maison est habitée si l'on puis dire, et pas par la plus attirante des personnes. Serais-tu le seul survivant à arpenter encore ce monde ?

Ethan Walker

Anonymous
Invité
Mer 18 Fév - 21:19
L'aspect de la maison se précisait. Tout ce qu'il y avait de plus commun aux bâtisses où logent les classes moyennes se retrouvait dans ce monument de banalité américaine. La familiarité de cette vision rassurait quiconque avait en ce temps-là la chance de connaître l'american way of life — bien que les dernières années aient asséné à ce mythe un sérieux coup. Mais le nouveau-né peinait sur ses jambes incertaines, et à entendre le crissement se répéter, il ne put se débarrasser d'une certaine appréhension. Cette maison était indubitablement lugubre. Ce n'était pas seulement à cause de ces menues fongosités qui tapissaient les murs et le toit d'une excessive antiquité, ou de cette vapeur étrange et pestilentielle, incolore mais lourde et paresseuse, qui s'exhalait de fenêtres semblables à des yeux sans pensée — non, non... Et certes, un certain arrangement dans les détail pouvait faire la différence. Mais l'inspiration générale imprimait dans les pas de Ethan une hésitation craintive. A quelques mètres, une baie vitrée laissait apparaître une main blanche…
Et c'est alors qu'il vit.
Il vit le spectre effroyable d'un monde ravagé habiter le vernis craquelé du quotidien. Il vit la mort gratter de son index obstiné la dérisoire couche de raison qui subsistait encore jusqu'à cet instant. Il vit encore, passant de l'ombre à la pénombre, le corps grimaçant d'une beauté mure lui faire des risettes. Vision un peu familière, certes: mais on ne s'y fait jamais vraiment. Même ces créatures subissaient les outrages du temps. De la viande en suspension sous l'emballage, qu'on aurait préféré plus conséquent, d'un débardeur noirâtre et d'un mini-short. Ethan ne put se retenir de rire d'un rire nerveux qui, en la circonstance, était aussi décalé que la vision d'horreur. Une insupportable tristesse redoubla cette dernière, qui le fit se taire presque aussitôt. Insupportable a fortiori, car cette tristesse n'était pas adoucie par ce sentiment dont la nature poétique faisait presque une volupté, et dont l'âme était saisie face aux images les plus naturelles de la désolation. C'était un profond malaise, un poids de glace dans le coeur qui ne pouvait être repêché par aucun hameçon de l'imagination. Déglutissant avec peine, il eut un geste nerveux en s'approchant de la baie.  
Qu'est-ce donc qui l'énervait tant ? Etait-ce la perspective de finir ainsi ? Finir ainsi, grimaçant dans des atours des plus défraîchis ? Cette… chose était-elle morte, d'ailleurs ? A moins que cela ne provienne de l'absurdité de la situation. S'il y avait une providence, on pouvait effectivement la maudire d'avoir fait une si mauvaise farce. Où se croyait-on, de qui se moquait-on ? Quelles circonstances ont-elles bien pu faire que Ethan contemplât le mort-vivant comme on contemplerait au zoo une curiosité derrière une vitre ?… Où se cachent les caméras ?… et ce maquillage !… non… c'était inutile... il fallait se rendre à cette évidence difficilement supportable… ce qui séparait cette dimension de l'autre, plus obscure, n'était qu'une vitre… bien mince frontière, au reste déjà fissurée…  une fine déchirure dans la membrane du vécu immédiat, qui indiquait que tout cela était réel… trop réel… irréel
Le regard de Ethan s'éclaircit. Il semblait ne s'être pas rendu compte que son nez était quasiment collé à la vitre embuée par son souffle. Le crissement s'en était d'autant plus accentué. Les paumes pourries du mort-vivant et la masse de ses cheveux, collés contre la baie, exerçaient une pression tandis que les doigts grattaient frénétiquement. Cela avait l'allure d'une alerte générale. L'arc fut maladroitement brandit. Ni à l'est, ni à l'ouest ne se présentait alors ennemi ou ami, mortel ou immortel — mais la même baie vitrée, qui lui sembla tout à coup abject. On pouvait voir dans le fait qu'il agissait comme s'il s'attendait à voir quelqu'un ou quelque chose d'autre comme un signe positif de son état mental. La terrible question de son isolement ne semblait pas s'être imposée à lui. Pour l'heure, une décision devait être prise. Contourner la maison par la gauche ou par la droite importait peu, du moment que l'on pouvait, en se collant à la façade de mur des deux côtés de la large baie vitrée, pouvoir observer ce qui se passait dans un côté de la maison. Mais d'autres cadavres ambulants pouvaient en surgir. Voir seulement deux flèches sur l'embase de votre arc pouvait vous faire craindre le pire concernant leur nombre. D'un autre côté, l'illusoire satisfaction de sentir dans ses doigts encore engourdis une flèche encochée et prête à l'action suffisait à vous faire avancer. Un juron fut proféré dans le silence du jour rythmé par la respiration de l'indécis, colorié par le rouge qui lui venait au visage.
Les talons de Ethan se tournèrent résolument vers l'est…

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Jeu 19 Fév - 16:02
Avec l’empressement qui est le sien, Scott sorti du camp, équipé de son sac à dos et de sa non moins rassurante batte de baseball. Pour un confort optimal, l’avocat avait glissé celle-ci dans son sac, et bien qu’elle dépassait allègrement de son conteneur, cela faciliterait quand même le déplacement de Scott à travers les plaines. Et puis, en cas de soucis, il n’avait qu’à la tirer directement de son sac pour s’en équiper, et mettre une sacrée rouste à ce qui se dresserait sur son chemin. Pratique, confortable, et utile.

C’était une belle journée, malgré le froid ambiant, le soleil n’allait pas tarder à atteindre le zénith, ce qui réchaufferait d’autant plus l’atmosphère. C’est sans crainte, ni doute, que Scott se dirigea vers le secteur A, la clope au bec. Il savourait l’instant présent : enfin seul, loin des gens, loin de ce camp morbide et sans intérêt, enfin livré à lui-même, enfin soi-même. S’attendant à un trajet assez sportif au travers des champs, il prit une allure modérée : il ne savait que trop bien que son corps n’était plus au sommet de sa forme depuis sa « renaissance ». Pourtant, l’excitation de l’aventure, du danger, de l’action le gagnait… Il humait l’air frais, sentait les doux rayons du soleil fouetter sa peau, il était comme revigoré. Il se sentait même chanceux : les champs n’étaient pas humide, il ne marchait pas dans la gadoue, et n’avait donc pas à salir son costume, qui de toute manière, l’était déjà. Cette journée semblait être des plus prometteuses, et il sourit, pour la première fois depuis longtemps, de bonheur. L’avocat s’autorisa même à poser ses deux genoux à terre, étendre les bras, et ferma les yeux afin de profiter du moment présent.

Jamais il ne s’était senti aussi libre, loin de son jeu d’acteur habituel, loin de ses obligations. Il n’y avait plus que lui, personne pour le juger, aucune obligation en dehors de celle de survivre.
C’est lorsqu’il jeta sa cigarette, arrivé à sa fin, qu’il reprit sa route, avec entrain et envie. Toujours en proie à l’excitation, comme conscient de sa nouvelle naissance, et que le monde était entre ses mains, Scott commença à courir, de plus en plus vite, toujours le sourire aux lèvres. Sa course, bien que gênée par l’irrégularité du sol des champs, fut une véritable libération, en courant de manière effrénée jusqu’à atteindre sa destination : une butte en hauteur, qui lui permettait d’observer le secteur A, loin de tout danger ou presque.

Il en profita pour récupérer son souffle, et essaya tant bien que mal de mémoriser le petit village qui se dressait en contrebas. Maintenant, que devait-il faire ? Il devait reconnaître que sa mission principale n’était pas celle qu’on lui avait donnée, il passerait certes au Sud-Ouest du village, mais ce n’était pas priorité. Il voulait avant tout trouver des habits propres (et pourquoi pas un minimum classe), des vivres (qu’il partagerait ou non avec ses collègues), et pourquoi pas… une tente. Le froid allait être un vrai problème, il devait se préparer à endurer un hiver, qui allait peut-être se montrer plus dangereux que les zombies…

Il retrouva ses esprits, et sa prudence naturelle reprit le dessus sur son excitation passagère. Il se dirigea alors vers la maison la plus proche, et enjamba sans grande difficulté la clôture du jardin. Bien que peu discret, et bien visible, Scott s’appliquait à analyser autant que possible les environs, scrutant et prêt à réagir face à tout danger potentiel, il était de toute manière persuadé que la seule menace des environs était les morts relevés à la vie, prêt à dévorer les plus imprudents des voyageurs.

Evènements

Anonymous
Invité
Sam 21 Fév - 1:32
Le grincement continue, incessant et oppressant. A la vue de ton corps, de ton visage si près de la vitre, la mangeuse de chair s’énerve et s'active, redoublant d'efforts à griffer le verre en espérant porter la main jusqu'à ta peau, crevant d'envie, bien que ce dernier fait soit déjà le cas, de te dévorer de ta hauteur pour rassasier son estomac qui n'en avait peut être pas besoin.

Une question légitime, les rôdeurs avaient ils besoin de se nourrir ? Etaient ils résistants à la faim ou immunisés ? Leur corps pouvait il se décomposer davantage et se démanteler par l'absence d'alimentation ? Une succession d'idées et de questions sans réponses qui ne mettent guère à l'épreuve la chose plus que l'instant présent ne peut le dire, soit un secret encore plein. Même lorsque tu t'éloignes finalement d'elle, elle continue à frotter inlassablement les mains contre la vitre et la griffer, te suivant du regard jusqu'à ce que tu disparaisses et fixant l'angle par lequel tu as disparu sans montrer ni émotion, ni déception, ni remord à son souhait de meurtre et de barbarie, ne pestant pas plus à ne pas t'avoir saisi, errant autant en son esprit qu'en son corps sans aucune influence du monde environnant.

Ethan, tu longes ainsi la rangée de fleurs et de buissons qui devancent le mur du baraquement, pour atteindre la façade Est. Tu arrives à peine dans l'angle que tu es surpris par de nouvelles menaces : deux rôdeurs, pratiquement figés près de la maison, règnent sur le coté Est. Deux hommes, ou ex-hommes, qui font du sur place et paraissent comme en veille, ne tirant leurs jambes avec fainéantise que lentement. Car tu étais prudent, tu as le réflexe de revenir en arrière avant que l'un d'eux, de profil, ne te remarque en se tournant mollement.

Tu sais maintenant qu'il y a un rôdeur dans la maison, au moins, et deux rôdeurs coté Est, mais ce n'est pas la seule donnée de l'équation puisque tu perçois de légers bruits dans ton dos et en te retournant, tu remarqueras la présence d'un homme qui vient d'entrer dans le jardin : particulièrement grand du haut de son mètre quatre-vingt-cinq, possèdant un gabarit plus élancé que la moyenne du fait de sa relative minceur. Au premier abord, il ressemble plus que quiconque à l’archétype du brun ténébreux : cheveux bruns mi-long, un regard froid et profond, un teint blafard et semble s'aventurer dans le jardin à son tour.

A croire que l'endroit est étrangement bien fréquenté pour un lieu de réveil inconnu, qui sait quelle étoile bienfaitrice t'a empêché de retourner à la mort avant même de t'être réveillé dans ces conditions.


Eléments Scénaristiques:
 

Ethan Walker

Anonymous
Invité
Sam 21 Fév - 18:09
De morts, Ethan en vit deux lorsque, depuis le mur contre lequel il s'était plaqué, il jeta un oeil. Il le reprit aussitôt, et ses muscles se crispèrent douloureusement. Deux silhouettes se tournaient le dos, solitaires et grotesques, qui semblaient humer l'air en traînant des pieds. Dans le silence de la peur, les battements du coeur grossissaient en de lourdes notes à mesure que la crainte de se faire repérer prenait de l'ampleur. Son relatif sentiment de sécurité brisé par la nouvelle, il coulait en de fines gouttes de sueur sur son front, sur sa nuque, le long de son… Il frissonna : le fond de l'air hivernal était coupant. En ce qui concernait la survie, la génération nourrie de docu-fiction, qui était aussi celle de Ethan, s'attachait obstinément à l'idée que les gens vivent tant qu'ils sont sur le qui-vive; ce qui était en partie vrai. Mais c'était une théorie qui présupposait l'existence d'intentions, de raisons suffisantes. Théorie de spectateur, échafaudée dans les coulisses du spectacle de la théorie durant un après-midi où on diffusait à la télévision ces innombrables documentaires survivalistes. Que faire maintenant face au qui-meurt des gestes imprévisibles surgissant au hasard avec un bruit de catastrophe naturelle ? C'était peut-être des pensées de cette trempe qui empêchèrent momentanément Ethan de bouger. Elles s'étaient bousculées dans sa tête, provoquant un carambolage dont peu réchappèrent. Combien de minutes s'écoulèrent avant qu'une seule en sortit totalement indemne, flottant à la surface troublée de l'esprit : celle qui l'enjoignait de voir si l'eau était moins salée du côté ouest de la maison ? Difficile à dire.

Et cependant, tout restait encore figé dans l'attente. La ration, qu'il avait mise sous son coude pour tenir arc et flèche, commença lentement mais sûrement à glisser sur son chandail crasseux. Elle allait sûrement faire un bruit monstre lorsqu'elle tombera dans l'herbe, attirant ainsi les deux pantouflards de la mort. C'est dans de tels moments qu'on maudissait la fragilité des destinées humaines, qui se suspendaient parfois à un sachet de spaghettis à la bolognaise…
Ses muscles crispés commençaient à se froisser de l'outrage d'un effort trop longtemps soutenu. Merde. Que la vessie et les sphincters lâchent, et c'était la débâcle générale de ce corps qui n'était pas tout à fait le sien. Il s'éloigna lentement de la façade, à pas feutrés, au risque de trébucher une fois encore, et aussitôt hors d'écoute, coinça une flèche entre ses dents en se saisissant de la ration. Derrière-lui, le cadavre femelle continuait son solo macabre, griffant la scène qui se déroulait devant ses yeux aveugles et amorphes. En contrepoint, quelle vision édifiante que celle qui s'offrit à la vue de l'homme qui s'approchait lentement de lui !…

Depuis combien de temps observait-il le petit manège du barbu ? D'abord, il s'était figé dans la surprise. En fond du déploiement de cette durée nouvelle, le crissement de la baie vitrée s'était accéléré. Un parfum ambigu de rencontre flottait dans l'air, tandis qu'une éclaircie zénithale éclaboussait de lumière les êtres et les âmes de cette solitude avisée. Sa mâchoire s'était crispée sur la flèche, son poing droit froissa l'emballage de la ration. Ensuite, l'éclair blanc et noir sur fond vert se précisa : il s'agissait effectivement d'un homme, silhouette étirée en longueur, élégante et blafarde. A première vue, l'état général de sa personne indiquait qu'il était vivant — la variété des expressions de son visage qu'il était humain. Mais quand bien même l'eût-il été, il fallait encore savoir s'il était un ennemi ou un allié.  « A circonstances exceptionnelles », comme on dit… Somme toute, et ceteris paribus, cela était donc égal: la ration fut tout de même lâchée, et la flèche que tenaient ses dents encochée. 

Le bruit que la première avait fait en tombant avait quelque chose de dramatique...

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Lun 23 Fév - 13:22
La joie, et la bonne-humeur de Scott s’était estompée à son arrivée dans le jardin : la prudence étant de mise dans ces circonstances, il ne pouvait se laisser emporter par ses émotions. C’est naturellement qu’il refreina ses sentiments, et commença à se concentrer sur son environnement. L’avocat avancer d’un pas sûr, presque normal, le corps aussi droit qu’un I, sans précaution particulière : après-tout, quelles étaient les chances que les habitants des lieux soient encore des vivants ? Cet endroit respiré la mort, suait le chaos, et refoulait l’impie. C’était une terre désolée, abandonné par les vivants depuis bien longtemps. Il en était persuadé : il ne croiserait que des morts-vivants aujourd’hui, ces pantins désarticulés assoiffés de vie à briser, souhaitant ardemment goûter à la chair de quiconque, mais aussi lent qu’un vieux boiteux en maison de retraite. Il devait élaborer une stratégie face à ce type de menace, qui était bien loin que celle que représentaient les humains : prendre son temps. Jouer avec les failles de ses adversaires, voilà un crédo que Scott s'appliquait à employer depuis sa plus tendre enfance.

Il continuait à avancer en direction du logement, lorsqu’un curieux bruit se fit entendre, et par instinct, Scott dégaina sa batte. Il s’attendait à voir débouler, d’un moment à un autre, un macchabée qui lui foncerait dessus, les mains en avant. Il s’arrêta net de marché, pris une posture de joueur de base-ball, comme s’il attendait aussi calmement que possible sa cible afin de réaliser le parfait home-run. Quelque chose se tenait là, à plusieurs dizaines de mètres de lui, mais cette forme semblait toujours indicible à son esprit. Qu’étais-ce donc ?
*Allez, sorts de là, je t’attends, tu es aussi discret que tes congénères décérébrés. Essayes de me bouffer pour voir, on va bien rire.*

Les secondes passèrent, et la tension grimpa d’un cran, pourquoi rien ne bougeait-il pas ? Que faisait cette créature plantée là ? Immobile, légèrement courbée, et sale. Ces piètres guenilles qu’elle traînait en guise de vêtement, attestées de la relative vétusté de cette créature… Difforme, et disgracieuse.

Finalement, Scott se décida à agir, après tout, peut-être que la créature était de dos, et ne l’avait pas encore remarqué? L’avocat se redressa, et se dirigea d’un pas léger en direction du bâtiment, et finit par coller son dos au mur. C’est après une dizaine de pas que la vision New-yorkais se précisa, et que la stupeur prit place dans l’esprit de Scott : en réalité, c’était un homme qui se tenait devant lui, non pas un de ces vulgaires Z. Un homme à l’allure bestiale, qui semblait être dans un piteux état, à la chevelure blonde, le regard vide. Restait-il encore une parcelle d’humanité chez cet être ? Scott en doutait, mais cela ne lui déplaisait guère, après tout, l’avocat n’était humain qu’en apparence aussi pour bien des personnes. C’est lorsque Scott distingua plus nettement l’arc qu’il sentit un mélange de peur, mais aussi d’excitation, picoter son échine, et stimuler son esprit. Ce n’était pas bon, pas bon du tout. Ce type sortait du commun, semblait dans un état de détresse physique et mental avancée, en plus d’être probablement instable. Il devait jouer la carte de prudence, une fois encore.

Tout en continuant de raser le mur en silence, les yeux de Scott se fixèrent dans ceux de son opposant de fortune, comme pour essayer d’y déceler quelque chose. D’une main, il rengaina sa batte dans son sac à dos, et avança sa main gauche en avant, comme pour signifier qu’il venait en paix. C’est dans un silence presque absolu que l’avocat continua son approche.

C’est à son grand regret qu’il remarqua un Z dans la maison, qui le scrutait depuis la fenêtre, le regard avide de chair fraîche. Il avait bien fait de garder sa langue au chaud, et d’économiser ses paroles, qui sait combien de ces créatures rodées dans les parages ?

Scott continue son bout de chemin jusqu’à Ethan s’il le peut, toujours en silence, la batte rangeait dans le sac, la main gauche en avant, tandis que sa main droite est devant sa bouche, comme pour réclamer le silence de son interlocuteur.

Ethan Walker

Anonymous
Invité
Mar 24 Fév - 12:11
Il semblait que le nerf de l'arc s'était ouvert. Du sang coulait de la main de Ethan, tombant en deux grosses gouttes sur le sachet brun laissé par terre. Il n'est certes pas aisé de bander un arc quand on n'y est pas habitué; les novices ne tiennent ordinairement pas plus de dix secondes. Vingt secondes s'écoulèrent… vingt-cinq… trente… et tachaient toujours un peu plus le sachet brun. L'adrénaline ne suffisait pas à expliquer qu'il maintienne l'effort; cela tenait plutôt de la paralysie. Et pendant ce temps, toujours cette tension dans les bras qui le faisait trembler…


Tout bien considéré, l'être entier de Ethan frémissait. Les sourcils froncés, les yeux clairs écarquillés dans la lumière du jour, il avait tout l'air d'un échappé de l'asile. Le visage calme du nouvel arrivant s'approchait, révélant toutes ses imperfections. Le masque marbré de sérénité qui craquelait quelque peu dans cette atmosphère tendue se fit peu à peu chair blanche, sillons d'anxiété, crispation attentive des muscles faciaux. Il avait rangé la batte qu'il tenait dans sa main et lui faisait signe de se taire. Ce geste de la main, si étrange en la circonstance, et cependant si terriblement familier, était comme l'illustre terre qu'apercevaient les naufragés à la dérive. Autour de ce doigt ne se nouait pas seulement le silence alentour. Toute la destinée humaine s'y ourdissait. Le jardin semblait tout à coup habité par sa présence humaine; ce que Ethan n'était pas parvenu à faire seul jusqu'alors. La question de son isolement ne s'imposait pas, ne pouvait plus s'imposer, car elle avait frappé de plein fouet le malheureux. Il vacilla un peu sous le choc, ses yeux s'embuèrent; la main qui pinçait la corde en trembla d'autant plus… mais la corde était toujours tendue.


« P-PAS UN GESTE ! »

Une voix brisée avait hurlé en de notes aiguës ce morceau de non-sens. Un souffle obscur, provenant peut-être d'un temps qui n'était pas encore venu, creva l'outre d'un doute qui l'avait empêché jusqu'à maintenant de rejoindre les quatre vents. Ethan était pris dans une gorge qui déversait dans le devenir le flot intarissable d'un temps retrouvé.

« R-reste… RESTE LA OU TU ES ! »

Ethan avait mâché ses mots avant de les cracher. L'étrangeté de sa bouche un peu tordue par l'émotion était appuyée d'un mouvement rotatoire de la mâchoire qui évoquait une aphasie partielle. Un drôle de nouveau-né, entrant lentement dans le bain du langage, qui avait traîtreusement poussé un drôle de cri…


Car désormais, l'exceptionnel équilibre du jour était détruit. 

Scott Redfield

Anonymous
Invité
Ven 27 Fév - 12:51
C’est une voix stridente, criarde, et grinçante qui accueillit avec méfiance Scott. Comme si une bête entonné pour la première fois le chant des humains, dans une tentative de communication désespérée. L’avocat en était maintenant persuadé : cet être n’avait plus grand-chose d’humain, son aspect physique, tout comme son esprit, avaient subis les pires séquelles possibles. Le pauvre homme en était réduit à un état de bête sauvage depuis bien trop longtemps, il c’était adapté à son nouveau monde, un monde de désolation et de solitude. Là ou bien des esprits se seraient brisés, conduisant une pauvre vie à trépas, et parfois même, de sa propre main tant le désespoir peut broyer les esprits les plus communs, le sien s’était contenté de s’adapter.
*C’est magnifique… Un homme qui a réussi à s’extirper des conventions morales, et sociales, afin d’assurer sa survie. *

D’un cou, le regard que Scott attribuait à cet individu changea : il était passé d’un pauvre fou, à un pauvre fou exemplaire, un modèle vivant pour ce qu’il appelait : l’adaptions à ce nouveau monde. Pour la première fois depuis bien longtemps, Scott admirait quelqu’un, et développa même une once de respect envers un individu.
A son grand regret, l’arc qui le tenait en joue, était toujours une réelle menace, surtout que le sauvage bandait son arc depuis presque une bonne minute, sans répit. Habitué des efforts physiques, l’avocat comprit que le dénouement était proche : l’homme ne pourrait tenir une minute de plus dans cet état, ces muscles devaient même s’atrophier pour supporter un tel effort physique prolongé. Il allait devoir la jouer fine.
*T’es foutrement instable comme type, tu es déjà à deux doigts de nous faire repérer si ce n’est déjà fait, il faut que je le contrôle avant qu’il ne provoque plus de méfaits.*

- « R-reste… RESTE LA OU TU ES ! »

Scott marqua alors une pause, et leva les mains, signalant sa soumission à l’individu. Son sourire narquois s’effaça, au profit d’une mine grave, et sérieuse, non pas que la situation l’exigeait, mais qu’il comptait bien inspirer encore plus le chaos au sein de l’esprit du sauvage. C’est un Scott imperturbable qui se tenait là, et comme si la situation ne le gênait pas le moins du monde, il écarta la veste de son costume, toujours tacheté de sang, et fouilla quelques instants, le regard sur sa veste, comme pour montrer qu’il ne redoutait pas l’homme en face de lui.

Si jamais Ethan, le laisse faire, il saisira alors son paquet de cigarettes, le présente brièvement et en silence à son invité, avant d’en sortir une, et de l’allumer. Tout en fumant sa cigarette sans les mains, il rangera son paquet avec autant de classe qu’il peut avoir, toujours en ne montrant aucun signe de méfiance envers Ethan. Il commencera alors à s’approcher de son vis-à-vis d’un pas assuré, et tranquille, une main en avant, afin de saluer en toute sympathie en nouvel « ami ».
Dans tous les cas, Scott finira par se jeter sur lui (bénéficiant d’un effet de surprise en lui serrant la main, ou non), prêt à en découdre à mains nues avec Ethan, afin de le désarmer, et s’il le peut, le maîtriser.
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