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[Spécial, Z.d.C 1] Revivre à deux pour espérer vivre heureux - 10/01/35
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Evènements

Anonymous
Invité
Mar 3 Mar - 21:14
La panique de Clarrance et sa voix menaçante qui s'éleva dans les airs dans ce calme nocturne n'attirèrent que davantage de silence. Même les animaux avaient préféré se taire et mettre un point d'honneur à l'écoute d'un potentiel danger pour parvenir à s'enfuir rapidement s'il le fallait.
Il n'y avait eu aucun bruit de moto, juste des bruissements d'herbe, et du mouvement, puis ce phare assez puissant et bref pour attirer leur attention. Si engin il y avait, la personne qui le menait était à pied et le poussait. Il n'aurait pu faire autrement de toute façon dans cet amoncellement de ronces, de racines et de troncs effondrés malgré l'aspect "rangée" de cette forêt.

A la voix d'Andrea en revanche, il fut rapidement perceptible qu'il y eu une réaction, un mouvement, une ombre, quelques bruits de feuilles écrasées sous une paire de chaussures. Une silhouette approcha lentement et si au début il était assez compliqué de percevoir quelque chose, vous aurez ensuite l'occasion de voir se détacher de la pénombre un corps fluet et petit d'un adolescent, ou plutôt d'une adolescente. Ses longs cheveux blonds casquent autour de son visage et reflètent quelques lueurs de la lune.

Si vous lui en laissez le temps, elle s'approchera suffisamment pour que vous perceviez ses mains dressées paumes face à vous pour que vous constatiez de vous-même que votre nouveau vis-à-vis ne présente, officiellement en tout cas, aucun danger. Toujours aucun mot ne sortira d'entre ses lèvres, et il sera assez compliqué de comprendre le premier geste qu'elle vous fait, mais bien rapidement, vous en déduirez ceci : on vous demande d'approcher, ou tout du moins de suivre une certaine direction qu'elle veut guider.

Que vous émettiez une protestation ou non, elle reculera de plusieurs pas, pour retourner sans doute à l'engin qu'elle avait laissé en arrière. Il vous sera plus évident de suivre son mouvement maintenant que le brutal effet provoqué par le phare soit passé et vous réhabitue à l'obscurité. Il vous appartiendra alors le choix de la suivre, de rester à vos positions ou de partir sans avoir même la curiosité de savoir s'il s'agit d'un piège ou non.
Laissés à vos réflexions, vous avez le temps de peser le pour et le contre, la silhouette attendant simplement votre décision une fois retournée en arrière.

Peu à peu, les hululements des chouettes reprennent leurs droits dans l'environnement et vous rassurent sur la proximité de potentiel autre danger : pour l'instant, rien dans le comportement de votre entourage naturel, ne laisserait entendre qu'une menace autre que celle qui pourrait vous faire face, ne vienne interrompre votre réflexion.

Andrea Sieger

Anonymous
Invité
Mer 4 Mar - 16:26
Si les paroles de Clarrance furent sans succès auprès de l’inconnu, celles de la canadienne semblèrent la faire réagir. Des pas se rapprochant se faisaient entendre. Sa nervosité monta d’un cran. Progressivement, ses yeux se réadaptèrent à son environnement nocturne, mais il était encore difficile de bien discerner le corps de la personne qui approchait. Elle devait être à moins de quelques mètres d’eux lorsqu’Andrea distingua un corps fin, des paumes mises bien en évidence et une chevelure pâle entourant son visage. Pas de doute possible, c’était une femme. Une femme plutôt jeune, si les reflets de lune ne lui jouaient pas de tour. Cette dernière ne dégageait pas d’animosité envers eux et semblait plutôt calme. La garde forestière nota aussi qu’elle leur faisait un signe d’approcher, de la suivre. Suite à quoi, l’inconnue retourna lentement à sa position de départ, attendant leur choix.  Aucun geste et aucun bruit de sa part signifiait une précipitation à partir.

Son cœur reprenant peu à peu un rythme presque normal, la canadienne se tourna vers Clarrance et effaça le peu d’espace qui les séparaient avant de plonger son regard dans le sien. Tous deux savaient ce que pensait l’autre. Pouvaient-ils encore se permettre de faire moindrement confiance à cette jeune femme ? Ils avaient juste à songer à ce camp de réfugiés pour avoir toutes les raisons du monde de ne plus se fier à personne. Les humains avaient prouvés à moult reprise qu’ils pouvaient être pires que les monstres les plus horribles. Mais était-ce aussi bien de mettre l’Humanité dans le même panier ? Si Andrea et Clarrance se jugeaient comme étant de bonnes personnes, alors pourquoi n’y en aurait-il pas d’autre ? C’est ce qu’Andrea voulait croire.

Peut-être qu’il y avait un piège. Rien n’était moins sûr.  Mais s’ils n’étaient pas les bienvenues, le langage corporel et son attitude aurait laissé passer un autre message, plus agressif peut-être. Voir, elle les aurait déjà abattus. Clarrance pouvait sentir une main se glisser tendrement dans la sienne et lui chuchota :

«Peut-être qu’elle souhaite juste nous faire sortir de cet endroit ?» Son regard s’était baissé sur la main qu’elle tenait. Cette main qui devait lui être si familière.  ~Et dans le pire des cas, nous sommes toujours deux adultes contre une adolescente…~ Ses doigts jouaient avec les siens, distraite.  «Je veux tenter le coup Clarrance. Je veux croire qu’il y a encore du bon en ce monde.» Son regard se posa une nouvelle fois dans ceux de son compagnon tandis que sa main retomba sur le côté.

La garde forestière se tourna et fit ses premiers pas vers la jeune femme. Sa vue de nouveau habituée à l’obscurité et ayant compris que cette forêt était une création d’homme, le déplacement se fit plus aisément jusqu’à elle.

«Nous te suivons.» Dit-elle d’un ton posé. Andrea marqua une pause, visiblement hésitante puis ajouta finalement: «Je me nomme Andrea et voici Clarrance.»

Clarrance Lendis

Anonymous
Invité
Ven 6 Mar - 14:21
Les poings de Clarrance étaient restés crispés, tout comme lui. Il enrageait de sentir sa force et ses réflexes lui échapper totalement. Au creux de ses doigts il ne sentaitque la faiblesse. Etaient-ils encore empoisonnés ?

Lorsque la chevelure blonde s'avança, tel un chat hérissant l'échine, Clarrance sentait le sol sous semelles se dérober. Il aurait préféré rebrousser chemin mais avec Andrea, ils étaient dos au mur.  Il sentait sa patience lui échapper. S'il attendait d'avantage, il ne pourrait peut-être plus rien tenter, mais au fond de lui, il sentait qu'il était déjà trop tard.

Des mains se dressèrent face à eux. Peu à peu, le cowboy sentait son sang quitter ses poings, assimilant les réactions et intentions de chacun. Il tendit l'oreille à Andrea, sans pour autant relâcher son attention de la silhouette féminine. Les doigts de sa compagne s'étaient glissés dans sa paume moite. Il les sentait tapoter son derme et faire vibrer son être tout entier. Clarrance jeta un coup d'oeil furtif à celle qu'il aurait dévoré des yeux si la situation l'avait permis.

Un temps de réflexion s'imposa. Elle avait raison, cela ne faisait aucun doute, et même si cela allait à l'encontre de toute prudence, Clarrance décida de même. Tout homme qu'il était, lorsqu'il sentit la main d'Andrea lentement quitter la sienne, il du lutter contre l'angoisse dévorante qui avait gagné ses doigts, comme s'ils étaient mûs de leur propre volonté. Un court instant, son poignet se leva pour chercher à rattraper ce qui lui avait échappé. Clarrance venait de lâcher prise. Son bras retomba mollement des quelques centimètres parcourus après s'être figé. Si le geste avait été à la limite de l'imperceptible, Clarrance avait, à ce moment précis, senti son âme se suspendre, l'espace d'un instant, drame d'un monde invisible et inaccessible aux autres, étrangers à ses pensées, à son égo. Hypersensibilité ou survivance d'une adolescence émotionnelle tardive ?

Il avança de deux pas et revint chercher la main d'Andrea, la haussant à ses lèvres avant d'y poser un simple baiser, résolu, puis...

«Okay... » tendit-il l'autre main

«Tu m'as flanqué les foies avec ton phare... Enchanté, j'imagine?» laissa-t-il planer, plus ironique que renfrogné

«Comment nous as-tu trouvés et pourquoi t'es-tu approchée ? Si c'est de l'aide que tu cherches, nous sommes probablement plus démunis que toi. Tu vas quelque part ?» questionna-t-il avec empathie, prêt à se mettre en chemin après s'être remis de son émotion

Jennifer Green

Anonymous
Invité
Dim 8 Mar - 12:43
La silhouette de la jeune femme gagna la moto qui avait été mise à l'arrêt, maintenant que vous pouviez de nouveau correctement distinguer le décor, et se stoppa à sa hauteur en attrapant quelque chose dans sa poche droite, puis enfonça son autre main dans l'autre poche. Lorsqu'elle ramena ses possessions à elle, on pu distinguer ce qui semblait être un stylo quelconque, et un carnet de petite taille.

L'inconnue aux cheveux blonds leva les yeux vers Clarrance lorsqu'il prit à son tour la parole, celle-ci n'ayant répondu à aucune question et se contentant d'ouvrir son carnet tout en appliquant une pression du pouce sur son stylo pour dégager la pointe diffusant l'encre. Elle se mit ensuite à griffonner quelque chose sur la page blanche qui apparaissait sous ses yeux et laissa l'instant en suspend. A mesure que le temps passait, aucune autre manifestation ne se dévoilait, si ce n'est une nouvelle silhouette que pouvait avant tout remarquer Andrea un peu plus loin parmi les arbres.
Cette forme était bien différente d'une constitution humaine et assez haute, se hissant sur quatre pattes certainement, son corps fin en longueur remontait par l'avant en un robuste surplombé par un museau étroit. Ce qui frappait le plus en l'instant, c'était certainement les formes de branches allant de chaque coté du crâne de la créature, ce pourquoi quiconque avec un peu de connaissances pourrait jurer percevoir un cerf. La silhouette ne traîna pas cependant et disparue d'un bond subit, comme alertée par quelque chose dans la nuit boisée.

Finalement, la jeune femme cessa de griffonner et se tourna vers vous en vous lançant le carnet, plus précisément à Clarrance. Elle scruta dès lors votre réaction, n'omettant pas de vous indiquer des fois que vous ne saisissiez pas sa démarche d'ouvrir le carnet d'un furtif geste de main. Dans ce fameux carnet, la première page inscrivait effectivement quelques propos d'une écriture soigneuse et appliquée :

# Je m'appelle Jenny, désolée si je vous ai fait peur. Je vous ai vu près de la clairière avant que vous ne vous soyez réveillé, c'est dangereux de fermer les yeux dans la forêt, il y a des rôdeurs, et d'autres choses dangereuses.

Vous avez oublié ça en partant, j'ai du forcer le contact pour la mettre en marche mais elle n'a rien. Je peux peut être vous aider. #


Elle patientera le temps que vous ayez prit soin de consulter son message, puis vous indiquera la moto à ses cotés. Vraisemblablement, cet engin vous appartient et pour une raison ou une autre, elle a choisit de vous le restituer après vous avoir rattrapé. Peut être par bonté, peut être pour une autre raison, peut être attend-elle quelque chose en retour, des théories parmi d'autres. Elle n'inspire aucune malice de son regard cristallin et agréable, bien qu'elle paraisse peu enclin à sourire et à être véritablement chaleureuse, entre méfiance et survie à laquelle elle doit est soumise. Malgré tout elle est bien là, et elle vous parle à travers cette page de carnet.

Andrea Sieger

Anonymous
Invité
Lun 9 Mar - 15:35
Haussant un sourcil face aux gestes de l’inconnue, Andrea se raidit demandant un court instant ce qu’elle allait sortir de ses poches. Elle s’étonnait elle-même de la façon dont elle se stressait pour un rien aujourd’hui alors qu’auparavant ça lui en prenait beaucoup plus. Et toutes ces questions sans réponses… La garde forestière montrait un aspect calme et sûr d’elle, mais l’envie de se mettre en position fœtal et pleurer était forte. Au final, la jeune blonde n’avait sortie qu’un innocent calepin et un stylo. Ses yeux s’agrandirent comprenant pourquoi elle n’avait prononcée de mot depuis son apparition.  

Andrea alla s’exprimer lorsqu’une ombre attira son attention l’espace d’un instant. Une nouvelle fois, son cœur lui donna l’impression qu’il allait lâcher prise en sautant un battement, la femme se crispant, sa migraine s’alourdissant, prête à la fuite. Puis, le choc passé, Andrea observa ces bois majestueux que seuls les cervidés possédaient. L’animal semblant entendre un bruit qui échappait au trio et d’un bon gracieux disparut silencieusement dans le bois. Tout comme ce cerf, la canadienne ne voulait pas rester plus longtemps à cet endroit.

C’est à ce moment que le calepin se glissa entre ses mains et la femme prit connaissance de ce qui était inscrit. Andrea hocha la tête et rendit le calepin à Jenny.

«Enchantée Jenny. Merci de prendre ces risques...pour nous» Le timbre de sa voix était réellement reconnaissant. Se balançant d’une jambe à l’autre, elle ajouta, plus nerveuse : « Je crois qu’il serait préférable de se mettre rapidement à l’abri. Vous connaissez un endroit j’imagine ?» Andrea ne remarqua pas qu’elle avait passée du tutoiement au vouvoiement. Lentement, la canadienne s’approcha du motorisé et plaça ses mains sur les poignées pour la déplacer : «Je m’en occupe, vous en avez déjà fait beaucoup.» L’adolescente ne semblait pas mauvaise.

La rousse avait agi comme si cette moto leur avait toujours appartenu, sortie la clé de sa poche et l’inséra dans le starter. Andrea glissa un regard incompréhensif à Clarrance. D’où venait-elle en fait cette moto ? Qui aurait abandonné un tel véhicule ? Peu importe, pour l’instant, la canadienne voulait seulement que le groupe se déplace en lieu plus sûr. La femme tourna la clé  et le moteur vrombrissa tranquillement tandis que la lumière s’alluma de nouveau éclairant leur route.

«Nous vous suivons.»

~Les questions attendrons encore un peu.~

Evènements

Anonymous
Invité
Mer 11 Mar - 14:39
Il fait nuit. De ses yeux clos, Brooks ne le perçoit pas encore, car pour lui, cela fait bien longtemps que les ténèbres se sont abattues sur sa vie. Si le temps est encore un aspect très relatif vis à vis de son réveil, il ne fait aucun doute qu'il est extrêmement difficile de revenir à la surface, de retrouver le chemin de la conscience, en l'état et à l'heure actuelle.

Tu te réveilles, aussi difficilement que cela puisse être imaginable et avec le lot de labeur qui l'accompagne. Il te faudra le temps de reprendre tes esprits, d'identifier l'environnement qui t'entoure et de comprendre que tu es en vie. Elle te tombera dessus, l'incompréhension, ce moment de flottement où tu ne sais ni où tu es, ni qui tu es et jusqu'à en avoir oublié ton nom, statufié par un flot d'informations à ton cerveau tout juste remis en marche, si chaotique que de longs instants lui seront nécessaires pour toutes les traiter et les remettre en ordre.

La vérité, c'est que c'est un bruit, assez distinct et continuel qui t'a ramené en ces lieux. Tu es dans une forêt, sombre, étouffante, adossé contre un arbre en plein dans le feuillage de buissons, ce qui t'offre un précaire camouflage dans cet environnement possiblement hostile. Si tu n'y vois rien en premier instant, la faveur de la lune et du ciel dégagé, ainsi que l'habitude que vont prendre tes yeux à la noirceur de la pénombre t'aideront à mieux identifier ce qui t’entoure.

Quelques branches mal placées gênent sans doute ta position qui est loin d'être confortable, mais tu as la chance de constater alors que tu es bel et bien en vie, dans ce lieu complètement inconnu. Un mouvement brusque attire alors ton attention. Tu as à peine le temps de l'apercevoir que déjà, il disparaît dans la nuit, emmenant avec lui les quelques crissements de feuilles sous ses sabots : un cerf, assez grand, aux bois imposants, semble avoir fui un évènement qui t'est pour l'instant inconnu. En y prêtant plus attention, tu capteras par ailleurs une voix, assez proche pour être entendue, de nature féminine, mais lointaine pour en connaitre la contenance du discours.

Si ton premier réflexe est de regarder tes blessures, tu auras le constat qu'elles ont, à ta grande surprise, disparu. Comment ? Quand ? Pourquoi ? Des questions naturelles qui relancent la douleur de ton crâne alors que tu sens ton corps loin d'être en pleine forme, et pour seule réponse à ces questions, un faible équipement, déposé à coté de toi, aligné et nettoyé, dont le Talkie-Walkie allumé émet ce chuintement caractéristique qui a troublé ton sommeil et que tu parviens enfin à identifier. Ainsi te voilà vivant, ta peau aussi propre que tes vêtements sont demeurés dans le même état que dans tes derniers souvenirs qui commencent à resurgir, et même ont acquis un degré de saleté et une odeur de moisie repoussante. Une peau propre oui, de la moindre saleté, et même de la moindre trace. Tes cicatrices ayant disparues si tu en avais, tes imperfections gommées si nettement que ta chair semble avoir été remplacée dans ton sommeil, et ce n'est que le début. Car tu n'as pas encore idée de tous les changements qui ont opéré en toi.


Éléments scénaristiques:
 

Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Jeu 12 Mar - 1:32
C’était comme dans sa jeunesse.
Des paroles sans sens, des personnalités sans nom et des visages sans connaissance. L’esprit de Brooks avait l’impression qu’on l’avait plongé dans un bassin vaseux d’où il peinait à s’extirper. Et plus cet esprit brassait cette liberté plus il le regrettait. Il se sentait désintégré, comme si chacun de ses atomes s’étaient réveillés sans prendre en considération son voisin. Froid et vide, c’était un grand néant se remplissait à nouveau.
En fait c’était bien pire que le pire des mauvais jours de sa jeunesse.

S’il n’avait jamais trop fait cas de son corps, maintenant tous ses organes lui rappelaient son existence. Rageurs, râleurs, geignards. Son cerveau avait ouvert la porte au bureau des plaintes. Sa première inspiration fut bien trop forte pour ce qu’il pouvait supporter, un peu comme une overdose de cachet à la menthe. Il aurait voulu calmer ce rythme respiratoire mais son cerveau n’était même pas en mesure d’aligner les mots qui constituaient cette pensée. Alors il continua d’avaler goulûment chaque parcelle d’air, laissant ces poumons souffrir un peu plus jusqu’à ce qu’ils soient rassasiés.
S’accordant quelques longues minutes de repos éveillés, il tenta de ramasser les morceaux de son corps et de son esprit. Ces capacités motrices balbutiantes lui permirent de se masser les tempes, espérant par-là opérer ce mal de crâne cinglant et vicieux et enlever cette friture qui perturbait lui sifflait dans les oreilles. Il sentait si étrange, vieux, fatigué et vivant. Une première pensée qui ne lui plut pas. Il était mort. La mort ne précède pas la vie. Ce n’était pas logique. Il se souvint ne pas aimer ce qui ne lui paraissait pas logique. Puis il se fit violence, arrêtant là cette pensée qui ferait une petite sœur, qui elle-même pondrait toute une nouvelle couvée. Il ne se sentait pas encore être prêt à ça.

Non il lui fallut quelque chose de plus cartésien, alors il ouvrit les yeux et leur laissa le temps de se désembuer pour découvrir la forêt la nuit.  Même son instinct était perdu, un endroit dangereux, une place calme, nulle part. Mais il sursauta autant qu’il put dès qu’il vit le buisson dans lequel  ils étaient. Rampant à moitié sur le dos et s’éraflant dans les branchages. Le flash de sa première et dernière morsure avait animé ses réflexes les plus primaires. Le geste vif fit fuir un animal du coin qu’il ne capta qu’a peine.
Il s’accorda un second temps. Maugréant, il massait une crampe à la cuisse dut à l’effort précédant, adosser au tronc d’un jeune arbre. Où était le lieu de ces derniers pas ? Il ne voyait ni la route, ni la plaine. Ces premiers mots voulurent constituer une première interrogation qui ne finit jamais, trop complexe, trop illogique.

Il prit également conscience d’un autre son, plus persistant, qui s’évadait du buisson. Un grésillement trahissant une origine technologique. Il remua quelques branches et tomba sur un sac en papier. Le ramenant à lui il en sorti un a un le contenu, fortement intrigué et perturbé. Une sorte de boite de matériel médical dont il n’eut pas le courage de lire l’étiquette, une quantité non négligeable de nourriture et la source du son qui le harcelait, une paire de talkie-walkie. Les éteignant afin de faire régner un peu de calme et de silence salvateur, il les regarda d’un air intrigué. Ces objets n’étaient pas lui, ils étaient bienvenue certes, mais leurs états laissé supposer qu’il avait été sciemment laissé à ses côtés. Rien ne reste propre très longtemps dans une forêt. Il sentit alors le vide de ses poches. Son briquet, où était son cher briquet qu’il gardait toujours dans la poche arrière de son jean. Et son porte-monnaie. Son portable. Ses cigarillos. Et…
Il reposait sa tête dans ses mains et soupira d’incompréhension. A y réfléchir sa jeunesse n’était peut-être pas si loin en fait. Il se sentait autant paumé tout du moins.

Puis, son ouïe renaissante, il commença à percevoir le baragouinage d’une voix féminine. Il se leva, faisait par-là craquer quelques articulations rouillées, et ramassa le sac. Il ne savait pas trop s’il devait fuir ou se diriger vers cette voix. En y réfléchissant il se dit qu’il avait plus de chance avec des membres de son espèce, plutôt que dans une forêt, de nuit, sans arme et potentiellement peuplé de mordeurs. Qui plus est, il ne se sentait pas à l’aise dans les forêts, un mauvais passif. Et au pire, il avait toujours de quoi négocier sa vie.
Il se dirigea donc dans cette direction, marchant sereinement afin de ne pas sembler agressif.  Il ne devait pas en avoir tellement l’air de toute façon, tellement il sentait la fatigue peser sur ces épaules. Une petite minute plus tard, il commença à percevoir la silhouette de deux femmes et d’un homme. Ils semblaient ne pas l’avoir remarqué, à sa grande surprise d’ailleurs, vu son quintal, ses rangers et la forêt nocturne. Il savait que, globalement, il les effrayerait. Alors il posa sa voix pour se présenter.

« Bonjo… »
Ils lui allumèrent le soleil dans la figure. Un pique de douleur traversa ces nerfs optiques pour se loger dans le cerveau. Il se cacha instinctivement le visage de la main comme pour se protéger d’une quelconque projection et recula de quelques pas. Ces yeux avaient-ils tant perdu l’habitude de la lumière que ça ? En tout cas s’ils l’avaient grillé c’était dans tous les sens du terme.
« Oh putain la vache ! » Gémit-il. Il resta voûté face au phare de la moto, tentant vainement de parer les rayons qu’il émettait. L’esprit embrumé par un imbroglio d’idées confuses. « C’est bon ! C’est bon ! On se calme. Je suis pas armé. Mais par pitié éteins moi ce putain de phare ! » Essaya-t-il, afin d’amadouer vainement la menace.

Clarrance Lendis

Anonymous
Invité
Jeu 12 Mar - 15:29
S'il est des moments pénibles, capables de tourmenter le plus fort des esprits, Clarrance et Andrea, à peine éveillés de leur mort passée devaient probablement vivre l'un d'eux; c'est le cheminement que suivait probablement le raisonnement de Clarrance qui retrouvait peu à peu des repères dans ses propres actes et pensées. C'est aussi sans doute ce qui le poussa à avancer d'un pas entre Jenny et Andrea, subtilement, lorsqu'il vit celle-ci prendre quelque chose dans ses mains. Il ne semblait pas plus inquiet pour autant, son regard suivant simplement les mouvements de la jeune fille comme l'aurait fait une gargouille.

Elle lui tendit ensuite un carnet qu'il ramena à lui. Il haussa un nouveau regard jusqu'aux épaules de la blondinette à la manière dont on regarde un puzzle prendre forme lorsqu'une pièce vient enfin faire lien d'ensemble. Seulement alors, il ouvrit le carnet pour y lire les quelques phrases griffonnées. Sa lèvre inférieure se haussa, comme pour marquer un signe de respect supplémentaire lorsque pour toute réaction il opina du chef, tendant le bras en arrière en venant frôler les doigts d'Andrea du carnet.

Il la laissa parler sans dire mot jusqu'à ce qu'elle se dirige vers la moto. Alors qu'il ouvrait la bouche pour prendre à nouveau la parole, le son du monocylindre se fit entendre. Clarrance sembla bondir tant sa réaction fut instantanée, rejoignant Andrea en deux pas et tournant immédiatement la clé sur OFF. Ses lèvres se pincèrent alors que sa tête se penchait de biais pour lancer à Andrea l'un de ces regards aussi compréhensifs qu'insistants qui semblaient témoigner d'un "Sincèrement ?" destiné à lui provoquer une réflexion sur ce qu'elle faisait -avant- de le faire. Ses doigts lâchèrent la clé comme une ventouse se décollant d'une vitre, marquant un point à cet intermède et alors qu'il reposait sa main sur celle d'Andrea à même le guidon, il se tourna de nouveau vers leur sauveteuse.

«Jenny... En espérant que -nous- pouvons nous aider mutuellement.» clarifia-t-il, faisant bien comprendre qu'ils ne souhaitaient pas être un poids mort

Tandis qu'il pensait mettre une fin à cette parenthèse et reprendre la route, une voix monta des fourrés à quelques yards de là. Dans un sursaut de réaction, Clarrance tendit soudainement le bras, surprenant certainement Andrea, et fit sèchement pivoter le guidon pour braquer la lumière aveuglante du phare sur l'individu surgi de nullepart.

Un silence s'installa après que ce dernier ait fait entendre sa cause. Clarrance détourna lentement la lumière et fit entendre sa voix.

«Tu es seul, n'est-ce pas ?»

Mine de rien, l'homme venait de le jauger des pieds à la tête. Il lâcha la main d'Andrea et coupa le rayon lumineux lorsqu'il passa devant. Tout comme Jenny précédemment, il avança les mains bien en évidence devant lui. Son regard d'acier ne semblait cependant pas fléchir, comme emprunt d'une certitude.
Clarrance, l'air sûr de lui, s'approcha à tel point de l'homme qu'ils auraient pu se parler entre quatre yeux, puis se stoppa. Le regard de l'Arkansasais fureta sur les épaules et la dégaine de celui qu'ils avaient en face d'eux. Sa main vint pincer les loques qui portaient la même odeur de moisissure que les leurs. Clarrance n'avait pas besoin d'en voir plus.

«Toi aussi... Tu fais peine à voir.»

A ces mots, prononcés d'une voix à la fois grave et douce, il ajouta un sourire flegmatique, une touche d'ironie se voulant sympathique, et lui offrit une poignée de main.

«Tu n'es pas blessé ?» s'enquit-il au vu les difficultés motrices dont il semblait lui aussi frappé

Jennifer Green

Anonymous
Invité
Sam 14 Mar - 13:15
Jennifer était restée à bonne distance d'eux, se décalant de coté à l'approche d'Andrea et prenant soin de lui faire toujours face, ce qui lui donna une position de recul. Elle semblait un tantinet sauvage, recluse, sa méfiance dévoilait la crainte du contact ou ne serait-ce de la proximité, comme si le fait que l'un de vous, même Andrea en tant que femme non-hostile, pourrait lui sauter dessus et révéler une nature mauvaise et sournoise lorsque la distance de sécurité serait entamée.

Elle avait acquiescé à la question d'Andrea, contrastant entre sa crainte permanente et au final pure prudence, et sa gentillesse qui paraissait vouloir leur apporter une aide sincère. La clé tournant dans le démarreur, chose qu'elle n'avait pas vu dans l'obscurité au premier abord, la fit sursauter en revanche et elle tira brusquement une arme cachée dans son dos qu'elle dressa, non dans la direction du couple mais vers une destination au hasard autour d'eux en affichant une surprise et une peur redoublée de force au son du moteur vrombissant. Cette fois, c'est la crainte de voir une menace étrangère débouler de nulle part autour d'eux qui fit illustration.
On pourrait mettre cela aisément sur le compte de l'instinct de survie, de s'effarer ainsi au moindre son et au moindre bruit, sans doute cela pouvait être une raison expliquant qu'une jeune femme d'un peu moins de la vingtaine comme elle ai pu survivre, et surtout survivre seule, si tant est qu'elle l'était vraiment. Après tout quelles certitudes pouviez-vous avoir sur ce qu'elle était, qui elle était et pourquoi elle vous aidait ? Le monde cachait bien des surprises, les moindres choix devenaient bien souvent une question de survie. L'acte de Clarrance qui s'était empressé de faire taire ce bruit qui semblait si atroce à Jennifer paru la soulager, sans pour autant baisser sa garde, son arme probablement chargée balayant les arbres autour autant que son regard sur le qui-vive.

Ce n'est qu'un simple regard qu'elle accorda à Clarrance lorsqu'il clarifia ses pensées. Ce regard voulait visiblement parler, mais elle ne dit rien. En fait, il pouvait apparaître plus clairement au fur et à mesure de ces premiers échanges qu'elle ne pouvait pas parler, d'une façon ou d'une autre, d'où la présence de ce carnet. Elle relâcha d'ailleurs son arme d'une main pour la tendre, avançant de pas chassés d'une extrême appréhension vers Clarrance dans le but de récupérer son bien, sans beaucoup de doute, prête à bondir hors de portée au moindre geste brusque de son vis à vis.
Elle bondit en effet, s'éloignant d'un mouvement brusque en ramenant sa main sur son arme pour la posséder fermement avant d'avoir pu atteindre la proximité de Clarrance au bruit loin d'être furtif, chose normale dans la condition de cet inconnu vers qui elle pointa le canon de son arme. Ses yeux simples et mystérieux dans ses pensées véritables, malgré le langage du corps, devinrent plus virulents tout à coup, les sourcils froncés et le regard fixé fermement sur cet imprévu. Des imprévus, éléments de brouillard qui n'étaient pas pour rassurer la jeune survivante, renforçant le gouffre en paraître et instinct, cheveux d'or et visage de braise.

Andrea Sieger

Anonymous
Invité
Mer 18 Mar - 22:30
Ce n’était pas par mauvaise volonté qu’Andrea avait activé le moteur. Sur l’impulsion du moment, la canadienne n’avait pas songé au raffut qui pouvait attirer beaucoup plus l’attention que la lumière de la moto. Dans son regard, Clarrance pouvait y lire la gêne de ne pas y avoir pensé avant. Entre eux deux, ce devait être elle la plus avisée question survie. La garde forestière avait bien raté sur ce coup.

Mal à l’aise, c’est au moment qu’Andrea voulut se faire petite qu’un bruit non loin d’eux se fit entendre. La femme c'était redressée, le corps tendu, mais ne fut pas assez rapide.  C’est Clarrance qui eut le réflexe d’aveugler le nouvel arrivant. La lumière dévoilait un homme barbu aux vêtements usés,  bâti et à l’allure pouilleuse, c’était le genre d’homme qu’Andrea ne côtoyait généralement pas.  Ce style de gens avait tendance à l’intimider. Ça avait beau être de vieux clichés enfantins, Andrea était malheureusement portée à les juger du premier regard. La nervosité et la méfiance de Jenny allant grandissant, ces émotions envahirent progressivement la canadienne, décidant elle aussi de porter tranquillement la main à son arme. Malgré la grandeur de l'endroit, l'apparition de cet homme semblait l'étouffer.

Si un peu plus tôt c’était Andrea qui agissait avec calme, désormais c’était son copain de vie. Son regard bleuté ne le lâchait pas d’un instant, son cœur battant à tout rompre. Pourquoi agissait-il avec tant de calme tout d’un coup ? Lui qui, jusqu’à ce Jenny se présente, dégageait méfiance et suspicion. Il agissait avec une assurance qui avait échappé à la femme quelques instants plus tôt. Ce nouvel arrivant disait ne pas être armé. Était-ce vrai ? Il était facile de mentir pour notre survie.  Un frisson parcourra son échine et ce n'était pas pour cause de froid. Pourquoi cette peur s'en prenait soudainement à elle ? Le regard toujours fixé sur Clarrance, la canadienne se força à inspirer et expirer calmement, respirant l'air pure et fraîche de la forêt. Ça ne servait à rien de paniquer. Les secondes s'égrainèrent, son coeur reprenant tranquillement un rythme plus normal puis elle porta attention au dialogue entre les deux hommes. Outre leur présence dérangeante pour les habitants de la forêt, il ne semblait pas avoir d'autre présence humaine. Cependant, pour Andrea, il était vitale de se mettre rapidement en route.  

Pour l’instant, Andrea le laissa faire et se tenait prête à sortir son arme si la situation dégénérait.
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