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Forum JDR post apocalyptique basé sur la thématique des zombies, de la mutation et particulièrement de la survie, dans un monde partiellement futuriste.
 

[Spécial, Z.d.C 1] Revivre à deux pour espérer vivre heureux - 10/01/35
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Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Sam 21 Mar - 4:46
Il se massa les tempes. Bien que ce ne fut d’aucune utilité pour faire effacer les formes qui s’affichaient comme des persistances rétiniennes, Brooks pensait au moins que la pointe  douloureuse qui traumatisait son cerveau se tairait. Avec peu de succès.
Le soleil fut éteint, et le noir revint. L’intérieur de son crâne salua chaleureusement l’inconnu à l’origine de cette initiative. Ces yeux quant à eux se remettaient doucement de ce choc lumineux.  Le reste se contenta d’un « Merci » nonchalant.

Le temps que son regard refasse la focal sur son environnement, un homme, tout du moins une voix masculine, commença à dérouler les pages du questionnaire que Brooks avaient eu l’obligeance de ne pas s’attendre à passer.

« Non, non ! On est plein ! Au moins tout ça ! » lança t’il en se retournant,  encerclant d’un geste élancé du bras l’ombre omniprésente d’une forêt profonde et surtout profondément vide. Une mimique qui se voulait exagérée pour définir l’ironie de ses propos. A fur et à mesure que la profondeur de champs  devenait plus net, il remarqua que la tâche beige auréolée de noir qui lui avait parlé était bel et bien la tête d’un homme fort bien chevelu.
Le temps de l’accoutumance vint où Brooks perçu deux femmes qu’il peinait encore à distinguer. Si l’une semblait clairement sur la défensive, l’autre pointait ostensiblement son arme vers lui.
Le comportement, la logique de la méfiance, dans ce monde hostile ne le perturba pas plus que ça. Il déposa très délicatement le sac en plastique qu’il tenait, en gardant les mains écartées l’une de l’autre. « Okay, je plaide coupable… Je suis seul » dit-il le sourire en coin. Apparemment la précédente blague n’avait pas prise… Peut-être que celle-ci.

Pendant ce temps, l’homme se rapprocha à un point tel qu’il entra dans sa bulle d’intimité, à quelques centimètres de lui. Brooks se laissa largement faire lorsqu’il commença à triturer son blazer en cuir. Si lui n’avait limité ses codes sociaux qu’à : ne pas déranger les autres. L’homme venait d’outrepasser les limites qu’il s’était imposé. La curiosité qui animait le grand barbu en cet instant devant l’imprévu de l’acte de cette personne le laissa pantois, d’où sa non-réaction. Qui plus ai il lui disait qu’il n’avait pas la meilleur des mines. Autrement dit qu’il avait salle gueule. Brooks s’était déjà douté qu’il n’était pas en état de faire un défilé de mode.
Cherchant avec insistance dans le fond du regard des deux femmes un élément de réponse qui ne fut, hélas, que méfiance, il se contenta d’un « euh… merci ? » empli de doutes et d’interrogations que son sourcil droit ponctua d’un soulèvement curieux. Ne sachant trop que dire.

Enfin l’homme lui demanda son état de santé. Brooks se sentit soulagé de cette interaction sociale pleinement basique avec lesquelles il avait l’habitude de traiter. Voilà un ring dont il connaissait le combat. Même si du côté des autres personnes normalement sensées, il avait toujours répondu à côté de la plaque.

« Là, ça va. Mais si vous me dites que vous avez un lit duveteux, je vous élève au rang de divinité pour les dix prochaines heures. » Jeta-t-il l’œil malin mais sincère puis son changea visage soudainement, pris d’une question qu’il avait ponctuellement oublié. « Ah! Par contre si vous avez un indice de ce que je fous là… Je suis preneur. Non parce que logiquement j’ai rien foutre ici. Je devrais être… » Il réfléchit une courte seconde à ce qu’il allait dire. « Bah nulle part en fait… »

Clarrance Lendis

Anonymous
Invité
Dim 22 Mar - 0:19
Clarrance observa sa main d'un air quelconque, semblant se questionner. Incapable d'y discerner quoique ce soit d'évident, il se résolut à la passer sur son jeans craqué aux poches, comme s'il avait voulu la frotter.

Il avait en quelque sorte ignoré ce que l'inconnu lui avait précédemment répondu, ignoré les dires, mais non la réponse. Il avait un look de junkie, comme un ado de vingt-cinq ans qu'on aurait sorti de sa chambre avec ses disques de Led Zep' pour aérer l'odeur de cana enivrante. Si danger devait provenir de celui-là, c'était en voulant le réveiller un peu trop brutalement semblait penser Clarrance. Seul un chevelu pouvait en comprendre un autre.

"Clay" ne pouvait pas voir ce qui se tramait derrière son dos, mais quoiqu'il arrive, il interférait clairement entre les deux camps en se trouvant pile entre ces dames et le nouvel arrivant. A nouveau, il sourit, cette fois en réponse à l'audacieuse ironie je-m'en-foutiste du bonhomme qui semblait parfaitement vibrer sur la même corde que la sienne.

«T'es pas l'seul à te retourner la tête à ce sujet, on est dans le même cas Andrea et moi. Et si j'avais ne serait-ce qu'un oreiller sous la main, crois moi que j'me baladerais pas sans, même au fin fond d'ce foutu bois.»

Il rangea ses mains au fond de ses poches et jeta un coup d'oeil au sac à ses pieds avant de le désigner d'un haussement de menton.

«Ce sont tes affaires. Je ne dis pas que ça ne pourrait pas nous être utile, mais ça t'appartient. Nous n'avons pas l'intention de gâcher la balade.»

Il se décala de profil, laissant le champs aux damoiselles de le canarder pour peu qu'elles sachent viser si le coeur ou l'instinct leur en disait, mais c'était avant tout leur approbation qu'il avait l'air de demander, très calmement, prêt à reprendre la marche. Il avait fait son choix mais en avait assez vu que pour n'en avoir cure si un un gars, pour l'heure sans nom, devait se prendre une balle si l'une d'elles le décidait, tant qu'il n'avait pas à regarder. Le silence était l'approbation qu'il cherchait, à la suite de quoi :

«Tu viens ? On se les pèle ici tu sais ? Surtout que j'rêve d'un matelas chaud au sec sous un toit maintenant... Merci mec.»

Ne souhaitant pas s'attarder d'avantage, il reprit les devants de la marche dans la direction qu'ils suivaient jusque là... à peu près.

«Même une station service ferait l'affaire... Si seulement j'avais une fucking idée d'où on s'trouve...» sembla-t-il discuter tout seul en foulant feuilles et branches au pied

Jennifer Green

Anonymous
Invité
Lun 23 Mar - 22:50
Jenny avait laissé le temps aux deux hommes de se jauger l'un l'autre. Non pas qu'elle faisait confiance au premier qu'elle avait abordé quelque instant plus tôt en compagnie de sa conjointe pour leur rendre leur bien, mais dans sa situation, elle se sentait bien plus à l'aise à l'écart d'une possible altercation, prête à prendre la tangente si cela tournait mal ou si de son arme à feu, elle devait faire usage.
Trois inconnus se relevant d'entre les morts et se tenant ainsi l'un près de l'autre sans comprendre ni où ni comment relevait d'une scène que la jeune adolescente avait déjà vécu plusieurs jours plus tôt.

De sa stature presque insignifiante et de ses capacités sociales limitées, elle ne pouvait se permettre de s'engager à nouveau dans une escorte en pleine nuit, surtout au souvenir de la manière dont avait terminé la précédente rencontre dans cette même forêt qu'elle arpentait une fois encore. Elle resta silencieuse, jaugeant de sa propre distance ce qui devait l'être, hésitant et luttant intérieurement sur le choix qu'elle devait prendre avant de progressivement baisser son arme pour une attitude plus neutre lorsque le brun ouvrit la vue à son homologue un chouïa plus balèze pour rester dans l'euphémisme.

De première vue, ces deux là pourraient certainement mieux s'en sortir, et même si elle savait pertinemment qu'il ne fallait pas juger sur les apparences, elle estimait qu'ils seraient bien plus capables de se débrouiller seuls, à condition qu'elle les emmènent sur le bon chemin. Oh, elle se doutait bien qu'un jour ou l'autre, il faudra qu'elle rende des comptes. Après tout, elle déposait un peu ses "trouvailles" comme une fleur en chemin et repartait comme si de rien n'était, solitaire, tandis qu'elle laissait le sale travail à un gars plus taciturne et asocial que les définitions du dictionnaire pouvaient l'expliquer.
Moralement cependant, elle n'estimait pas avoir le choix. Il y avait le Marchand et ses sbires qui traînaient dans le coin, et elle ne souhaitait sûrement pas cette fin là aux trois nouveaux camarades qui avaient besoin d'une aide certaine.

Elle fit geste à Andrea, de laquelle elle se trouvait la plus proche et qui aurait sans doute le plus de facilité à la comprendre et à la voir, de la suivre rapidement.
Elle avait encore la crainte que les élans de voix, les flashs successifs de la moto et son vrombissement, même si brefs, bien présents, n'alertent les morts alentours et ne les attirent à eux alors qu'ils ne voyaient pas grand chose à moins de quelques mètres. Il suffisait qu'un nuage pointe le bout de son nez et voile la lune totalement pour qu'ils soient perdus, définitivement, livrés à leurs sens non occultés aux aguets et en proie aux démons nocturnes dignes des plus grands films d'horreur Hollywoodiens.

Son geste équivoque envers la femme l'invitait, elle et ses comparses, à la suivre donc prestement, tandis qu'elle s'élançait déjà dans une direction choisie volontairement. S'ils obtempéraient, elle les conduiraient après quelques instants de marche vers la sortie de cette trop sombre et obscure forêt pour les mener sur une grande et large route. Dans ce lieu plus dégagé, ils auraient moins de crainte à se faire surprendre de nulle part et pourraient guetter comme il le fallait l'environnement. Elle ne doutait pas que la rouquine était plus capable peut être de s'orienter dans les bois que les deux autres, bien qu'elle n'ai encore rien vu du troisième arrivant, mais la sécurité primait, et elle devait leur indiquer le chemin de leur survie à défaut de pouvoir les accompagner jusqu'au bout. Elle remplirait son devoir moral, c'est tout ce qui importait.

Andrea Sieger

Anonymous
Invité
Mer 25 Mar - 15:53
Méfiance, suspicion, les deux hommes se jaugeaient calmement échangeant quelques phrases au passage. Étant donné la distance qui les séparaient, il était difficile pour Andrea de tout entendre clairement leur échange. Malgré tout, quelques mots emplit de sarcasme atteignirent ses oreilles. En une autre situation, peut-être aurait-elle sourit devant les réponses risibles du barbu. Malheureusement, ils n’étaient pas autour d’un sympathique feu de camp en plein mois de juillet à recueillir un homme ayant consommé quelques bières. Cette époque lui semblait désormais si loin, inatteignable, leur univers ayant complètement basculé. ~Pourquoi on nous a-t-on  laissés la vie sauve ? Nous devrions être aussi morts que les autres…~

Clarrance se décala, terminant de dévoiler l’apparence du nouveau venu. Son attention se reconcentra à nouveau sur le nouveau venu. Il était le genre d’homme que la canadienne n’aimerait pas entretenir de problème vue sa carrure fort bien bâti. Seulement, l’habit ne fait pas le moine et qu’en était-il réellement de sa personnalité ? Un grand dur ou une chochotte bien bâtie ? La garde forestière le découvrira tôt ou tard, en espérant qu’il soit une personne de confiance.  

Les dernières semaines furent harassantes pour le couple, découvrant avec violence la vraie nature du genre humain.  À plusieurs reprises,  la femme se remit en question, sur les choix qu’ils choisissaient. Jamais elle n’avait ainsi connu ces sentiments de doute et de méfiance envers les gens qui l’entouraient. Tous devaient avoir leur histoire, tout aussi horribles les unes que les autres, expliquant ainsi leur comportement face aux autres. Mais Andrea,  tentait de garder son esprit positif et de croire encore que les gens pouvaient être bons. Jusqu’à preuve du contraire, Jenny lui semblait être une bonne personne.  En aucun cas elle n’était obligée de venir leur apporter cette moto et de les guider autre part.

Devant le calme des deux hommes et n’éprouvant pas le besoin, dans l’immédiat, de sortir son arme, la rouquine ramena sa main vers le guidon de la moto, dont la lumière éclairait toujours le sol. Des gestes furtifs attirèrent son attention sur Jenny qui l’invitait à la suivre.

«Oui, nous avons que trop tardé ici.» Dit-elle juste assez fort pour elle et la jeune femme.

Suivant alors le mouvement, Andrea  se mit à la suivre, éclairant son chemin grâce à la moto. D’un ton légèrement plus fort, elle invita les hommes à se mettre en route.

«Allons-y. Ne vous mettez pas devant le phare... Venez plutôt vous mettre à côté ?»

Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Lun 30 Mar - 23:30
Brooks sourit à la réplique de son comparse même si il n'en saisissait pas tout à fait le début. Il se retournait la tête de ? Du monde barjo qui les entourait ? D'être perdus dans une forêt en pleine nuit ? Ou d'avoir subit un réveil merdique au lieu d'être mort ? Le dernier point étant hautement improbable, et il n'avait pas plus de raison de croire à ces deux autres théories. Encore qu'en l'état actuel des choses il se dit qu'il finirait bien par le savoir, le temps finirait par faire son office.

L'ambiance s'allégea subtilement dès que l'homme fit comprendre aux deux demoiselles qu'il ne le considérait pas comme une menace. L'arme se baissa et Brooks se senti nettement soulagé, arbora un large sourire. "Merci mes dames. J'avoue que je me serais senti con de mourir maintenant... Enfin non... Vu que je serais mort... Enfin vous me comprenez. Sinon moi c'est Brooks avant que vous décidiez de mon donner un quelconque surnom... Bien que ça ne me dérange pas."

Il se pencha et ramassa son petit sac plastique qu'il noua autour de sa ceinture afin d'avoir les mains libres. Il n’aimait pas avoir quelque chose dans les mains, il les préférait toutes deux disponibles et opérationnelles, alors il les enfoui bien au fond dans ses poches. "Mes affaires, mes affaires, je viens juste de tomber dessus. Mais bon je ne compte pas attendre l'année légale pour les considérer comme mienne. Elles serviront à qui en aura besoin."

La jeune blonde lança la marche et tous là suivirent. Brooks testa sa cuisse gauche pour s'assurer que la crampe ne reviendrait pas le hanter et fit rouler ses épaules pour dérouiller son dos. Il ne sentait pas en état d'une balade dans les bois mais avait encore moins envie de rester seul ici. Alors il s'aligna et ferma la marche sous la houlette de la petite blonde et la sécurité lumineuse de son amie. Traçant dans la basse broussaille, le bruit de plastique froissé du sac ponctuait ses larges enjambées bottinées. Si un silence gênant c'était instauré pendant ces cinq première minute, l'esprit de Brooks s'était déjà envolé vers d'autres pensées. Cherchant à recoller les quelques indices que recelaient son étrange réveil. Était-il résistant au virus ? Peu probable, aucun cas n'avait été descellé et cela n'expliquait sa situation dans les bois. A moins qu'il avait erré en tant que mort pendant un temps. Mais alors pourquoi l'état neuf, voir encore sous blister, de son corps. Autre possibilité, on l'avait embarqué juste après son trépas. Plus plausible, mais néanmoins étrange. Outre la question du "qui" qu'il savait trop nébuleuse pour s'y attarder, il chercha plutôt le pourquoi et le comment. Comment l'avait-il soigné et retapé ? Personne, à sa connaissance, n'avait ni le remède, ni les moyens techniques pour opérer les changements qu'il ressentait dans son corps. Comment l'avait-il trouvé ? Et surtout pourquoi lui ? Il n'était ni scientifique, ni militaire, ni dignitaire de quelques structures que ce soit. En gros il n'avait aucun intérêt au effort qui semblait avoir été déployé. Gardant ces interrogations dans un coin de sa tête, il se contenta de murmurer "Mouais, zarb' quand même..." à lui même.

Toujours sous la gouverne de la blondinette plus silencieuse qu'une tombe, ils commencèrent à marcher le long d'une route. Sa comparse continuait à éclairer la voie sans peiner sous le poids de la moto qui devait bien faire entre 150 et 200kg. Ou en tout cas elle ne semblait pas s'en plaindre. Brooks se dit qu'elle saura déléguer la tâche si elle se sentait fatiguée. Il n'était pas du genre à prendre des initiatives, il préférait suivre, donner son avis et rester disponible. Faisant naturellement confiance aux autres pour prendre les bonnes décisions. Et si celles-ci ne lui convenaient absolument pas... alors il les quittait. Tout simplement. Un remarque lui vint d'ailleurs.

"Euh je sais pas si c'est une bonne idée de garder la lumière, on dirait littéralement un phare dans la nuit. Éclairé ainsi dans une zone dégagée ça fait un peu "Hého mordez-moi !"" Dit-il en mimant un manifestant une pancarte à la main. "Ce que je veux dire c'est qu'on est sur une route, une grande route. Donc on risque pas d'en sortir par manque de bol. On pourra toujours éclairer lors des intersections pour y lire les panneaux. La lune nous suffisant pour l'instant, même si je vous l'accorde c'est pas super rassurant de marcher dans la nuit totale. M'enfin ça serait dommage de gâcher notre couvert nocturne ainsi. Après c'est vous qui décidez" ce désengagea t-il.

Puis en attendant leurs avis, il commença à scruter les abords de la route. Cherchant dans l'obscurité, ce qui pouvait être un chemin de campagne, un résidence isolée ou un lieux dit. Ils pouvaient marcher de longues heures sur ce genre de route, sans voir la moindre construction. C'était le genre de voie qui reliée une ville A à une ville B potentiellement éloignée. Et aucune signalétique ne leurs avait encore indiqué de lieu précis. Ils avaient dès lors plus confiance dans les petits chemins qui étaient construit dans un but précis. Maison, grange, cabane, garage ou au pire un champs. Il expliqua son raisonnement au jeune chevelu qui l'avait accueilli quelques instants pltutôt et l'invita à faire de même.

Clarrance Lendis

Anonymous
Invité
Sam 4 Avr - 19:14
Clarrance avait rejoint la route en compagnie des aventuriers du dimanche. Il marchait quelques pas devant sa biker de copine, bien moins rassuré qu'il n'en donnait l'air et tentant de rester en formation serrée au sein du groupe. Le mal de tête du chevelu se faisait encore bien sentir, quoique moins intense, ça restait désagréable.  Ses muscles aussi étaient malmenés par cette marche noctambule dans les bois. Grâce au nouveau, il n’avait qu’en tête l’image d’un lit douillet, un oreiller de plumes ainsi que des draps de satin, le corps doux et nu d’Andrea contre lui. Il caresserait ses cheveux, sa nuque, son flanc avant de remonter tendrement vers sa poitrine… Non ! Il ne fallait pas songer à ça !
Le silence s'était installé depuis quelques minutes lorsque Brooks vint y mettre un terme. Sa capacité à faire le pitre ne devait plus faire de doute au sein du peloton. Néanmoins, dans un remaniement de sa lourdeur infinie - peut-être dans un éclair de lucidité - il finit par exprimer une logique tout à fait claire qui n'échappa pas à Clarrance. Celui-ci ralentit le pas pour s'adresser au groupe d'une voix plus basse qu'à l'accoutumée, partageant comme tout autre l'envie de rester sous le radar.

« Il a tout à fait raison. Coupe ton phare ma puce. »

«On devrait se trouver un abri pour attendre le lever du jour. On ira pas bien loin dans la pénombre, c'est trop risqué. »

Aucun d'eux n'avait envie de se faire bouffer. Si la réflexion semblait évidente, au vu de la situation, les évidences ne tenaient plus et devenaient de surcroît plus entêtantes que n'importe quels autres questionnements. Clarrance n'avait plus foi en rien sinon l'espoir de ne foutre personne dans les emmerdes. Espoir auquel il se raccrochait.

Il se retourna une fois encore, cherchant Brooks du regard et passa à côté d'Andrea dont il caressa l'épaule avant de lui glisser une légère tape dans le dos de l'autre main, semblant lui passer les rennes,  tout en se dirigeant vers slaqueman le lousse.

Un peu gêné, il se cala à sa hauteur sans rien dire, l'imitant, regardant à gauche, à droite...

« Au fait, moi, c'est Clarrance. Tu peux m’appeler Clay. » lui dit-il d'un ton incertain, maladroit...

Jennifer Green

Anonymous
Invité
Mar 7 Avr - 1:21
Avoir abordé la route fut un soulagement pour Jennifer, qui voyait ainsi le monde moins oppressant. Ce trio avec qui elle faisait route était différent du premier avec qui elle avait affronté les hommes du Marchand. Harvey... elle l'avait quitté si rapidement, si brutalement, qu'avait-il pu donc penser de son départ ? Comment avait réagi Matthew avec un tel garçon ? Le jeune homme qu'elle avait embrassé pour une raison qu'elle n'était pas sûre de savoir avait-il seulement pensé à elle depuis ? Il y avait bon nombre de questions qui trottaient dans son esprit et pourtant elle n'avait pas cherché à se rapprocher du camp des frères jusque-là.

Elle connaissait le chemin mais craignait qu'à s'en approcher, elle risquerait de succomber à l'envie folle de s'y réfugier, d'y trouver réconfort, sécurité, apaisement auprès de Matthew, de Ricky, Calvin, Clark et les autres, d'Harvey... mais elle ne le pouvait pas. Même si son âme le suppliait, même si elle avait affronté des peurs terribles et frôlé le pire plus d'une fois, au point d'avoir pris ses jambes à son cou en direction du campement à plusieurs reprises, son instinct l'avait toujours poussé à s'arrêter avant, avant de s'y trouver. Elle se souvenait des mots du chef de camp, celui qui avait prit soin d'elle et dont elle avait réussi à dompter le caractère difficile pour obtenir sa confiance et son affection, ses mots, elle y pensait tous les jours. Et tous les jours, elle se remémorait les raisons pour lesquelles elle n'était pas là-bas, LA raison pour laquelle elle pleurait seule la nuit et qu'elle sursautait constamment, pour laquelle elle prenait des risques à chaque minute et qui rendait sa vie si fragile et instable.

Elle ne pouvait pas se détourner de cette raison, c'était inscrit dans son coeur, dans sa vie profonde, s'en détourner ce serait perdre toute raison de vivre, perdre ce qu'elle avait de meilleur. Elle n'avait pas le droit, elle ne pouvait pas...

Son regard parcourut l'horizon, toujours aux aguets, pour ne pas dire paranoïaque, de voir la moindre silhouette apparaître ou le moindre bruit se manifester. La route était en très bon état, du moins de ce côté-ci et le dénivelé de chaque côté qui donnait respectivement sur la forêt à sa droite, une plaine à sa gauche, n'était guère l'idéal pour se dissimuler bien au contraire puisqu'ils étaient surélevés, mais avaient tout de même l'avantage de les rendre moins accessibles aux monstres qui rôdaient dans le coin, de pouvoir foncer au moindre besoin sur la route afin de s'éloigner d'une potentielle menace. Hors de question de se battre avec qui que ce soit, mort ou vivant, elle avait horreur de ça et chaque nuit, elle repensait à ce jour où elle avait tiré une balle dans le crâne d'un homme bien vivant. Une vision horrible qui était pour une part dans ses pleurs nocturnes.
Pour le moment, il n'y avait ni lieu de vie ni la moindre structure qui donnerait l'espoir d'une présence vivante dans les environs. Sans leur porter regard, restant fixée sur la route devant elle, elle apprécia d'entendre leurs suggestions encourageantes sur une certaine forme de sagesse, la lune donnait effectivement toute la lumière dont ils avaient besoin pour avancer, bien plus que dans la forêt. Finalement, sans crier gare, elle cessa son avancée et raffermit sa prise sur son arme en se tournant vers eux. Méfiante, hésitante, elle finit par récupérer son carnet et son stylo, ouvrant une nouvelle page sur laquelle elle se mit à gribouiller rapidement des indications. Cela lui prit peu de temps, mais dans une situation aussi tendue de nuit, cela aurait pu paraître une éternité. Lorsqu'elle eut fini, sans un mot de ce fait, elle déchira la page de son carnet et rangea ce dernier après y avoir glissé le stylo.

Son regard passa de l'un à l'autre des trois comparses qui étaient maintenant rassemblés et qui l'avaient suivi en toute confiance ou inconscience jusqu'ici, elle ne savait pas tellement comment le prendre. L'important en tout cas, c'est qu'ils étaient venus ici. Elle s'approcha d'un pas subitement rapide d'Andrea, lui mit d'un geste la page dans la main et contourna la moto avant d'entamer un pas décidé et toujours rapide, vers le dénivelé qu'elle entamait pour repartir vers la forêt...


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Andrea Sieger

Anonymous
Invité
Mer 8 Avr - 22:44
Les mains sur le guidon de la moto, la canadienne arrivait à bien tirer la moto dans cette forêt bien organisée. Bien sûr, certain obstacle se mettait devant elle, mais ils n'étaient généralement pas bien difficiles à contourner. Son corps et son esprit étaient en mode «auto-pilote», agissant par habitude, retrouvant ses réflexes rassurant. Son regard bleuté, bien qu'inlassablement fixé sur dos de Jenny, était complètement ailleurs, en oubliant presque sa présence dans ce bois.

Elle tenta de se remémorer les innombrables heures passées dans le parc national de Banff, se baladant paisiblement dans sa seconde maison, le chant de la nature pour seule musique et les animaux comme partenaires de route. Les magnifiques couchers de soleil, rougissant le ciel comme s'il n'y avait pas de lendemain et la neige, insouciante, allant s'entasser paisiblement sur les pare-brise des véhicules de surveillance. Il y avait aussi ces moments de chasse avec son père. Andrea se remémora très bien le jour où elle tua son premier chevreuil. Son père avait été si fier. La famille aussi avait été heureuse de ses exploits.

Son coeur se serra et son pied butta sur une branche, la ramenant dans ce petit groupe hétéroclite de survivant. Qu'était-devenu sa famille ? Ses amis ? Avaient-ils eu plus de chance que le couple ? Elle savait son père débrouillard, mais devant la vitesse d'infestation, avait-il réussit à mettre tout le monde en sécurité ? La rouquine savait que sa famille était forte et unie et malgré l'inquiétude qui s'était élevée pour eux, elle se força à les oublier. Du moins, pour l'instant. Avec Clarrance, ils devaient avant toute chose se mettre eux-mêmes en sécurité. Puis penser à la nourriture et trouver des muniti...

La voix de Clarrance la fit complètement sortir de ses pensées, la faisant presque sursauter. Les paroles de Brooks, bien qu'elle les aie entendues, ne l'avait pas fait réagir, trop plongée dans ses pensées. Ils avaient quitté le chemin de terre et se trouvaient désormais sur une route asphaltée. D'un simple hochement de tête, la garde forestière indiqua qu'elle avait compris la demande de son copain et éteignit le phare de la moto. D'ici, la lune était si claire qu'elle illuminait leur route sans problème. Tout semblait si paisible...

Pendant que son partenaire évoquait l'idée de se trouver un abri, l'adolescente vint lui porter rapidement ce qui sera ses dernières indications. Ses pas étaient précipités et Andrea n'eut la chance que de glisser un faible «Merci» avant de la voir disparaître dans le dénivelé de la forêt. La canadienne ne connaissait pas cette courageuse femme, mais elle lui inspirait un profond respect.

Jenny avait disparu de leur regard depuis quelques secondes lorsqu'Andrea se décida de lire l'inscription sur le papier. Elle le lut à haute voix :

«Continuez sur la route, dans cette direction. Il y a un campement sur une ancienne aire de route en ruine, où se trouvent des gens comme vous, vous serez en sécurité là-bas.» Un campement ? Des gens comme eux ? La femme jeta un bref coup d’œil aux garçons avant de poursuivre : «Annoncez-vous avant d'entrer, ce serait dangereux, c'est surveillé. Dites que vous avez été envoyés par Jennifer, que vous êtes comme les autres, racontez votre histoire. Ils comprendront. Bonne chance.» Nouvelle pause. Cela pourrait laisser croire que c'est la fin du message, mais Andrea était incapable de détacher son regard de la dernière ligne. «J'en crois pas mes yeux...» Son regard, terrifié, se posa sur les garçons. La voix tremblante, Andrea termina le message de Jenny : «Et nous sommes début janvier, je suis désolée.»

Outre le fait qu'ils venaient de passer plusieurs semaines dans un genre de coma, la garde forestière se demanda pourquoi la jeune femme s'excusait. Au fond d'elle, Andrea lui souhaitait que du bon en ce temps de misère. Elle plia soigneusement le papier, soudainement précieux à ses yeux, sans trop savoir pourquoi et le glissa dans la poche de son jeans.

«Vaut mieux ne pas attendre les morts-vivants, allons rejoindre ce campement.»

Replaçant ses mains sur le guidon de la moto, la canadienne se remit en route, de nouveau silencieuse. ~Nous sommes en janvier...Nous avons dormis aussi longtemps ?~ Andrea ne montrait rien se contentant de marcher devant les hommes. Cette nouvelle la terrifiait, son estomac se tordant de peur.

Brooks Thornton

Anonymous
Invité
Dim 12 Avr - 3:41
Brook hocha du chef quand Clay se présenta, il ne lui manquait maintenant que le nom de la petite blonde.

Andréa, quant à elle,  était tellement plongée dans ses pensées qu’il fallut y aller à deux fois pour lui proposer l’idée d’éteindre le phare de la moto. Et la voix de Clarrance semblait clairement plus efficace que la sienne aux oreilles de la demoiselle. Encore une des nombreux signes prouvant qu’il devait se connaitre de longue date et intimement.
Un regard en coin, une caresse.
Comme quoi la chance avait toujours son mot à dire.
Un sourire sincère, s'afficha timidement au bord des lèvres de Brooks. C'était le genre de situation qu'il affectionnait, le simple hasard heureux.

L’autre jeune fille était bien plus fantomatique, tellement silencieuse que Brooks en était venu à oublier sa présence. Si bien que lorsqu'elle s’arrêta devant lui, il lui fallut la dépasser pour réagir.  
Tout le monde semblait avoir bien compris que le silence était de mise en ces heures et lieux. Mais la petite blonde faisait dans l’excès de zèle. Elle ne l’ouvrait jamais et ne voulait apparemment pas le faire. Non, elle préférait griffonner sur un bout de papier qu’elle tendit précipitamment à sa comparse féminine.
Ce réflexe d’avoir un calepin sur soi fit remarquer à Brooks que ce mutisme ne devait pas dater d’hier. Quelqu’en soit les causes, cela faisait un moment qu’elle traînait ça. D’avant ou d’après la catastrophe, il ne saurait le dire, mais l’on ne prend pas ce genre d’habitude du jour au lendemain. Ce n'était plus une question de vouloir mais de pouvoir, se dit-il.
Puis elle s’en alla. Comme ça, en plein nuit, elle reprit la voie de la forêt. Cette soudaineté avait même réussi à piquer la curiosité de Brooks au vif. Si lui-même avait bien souvent mimé les codes sociaux afin de s’intégrer un tant soit peu à ses semblables, elle n’en avait  à peu près rien à foutre. Sans même un quelconque signe symbolisant son départ, Brooks la regarda se volatiliser. Il se souvint ne même pas connaître son nom. C'était plus triste tout d'un coup.

Brooks se contenta d’un « Étrange cette petite… »  interrogateur à Clarrance et à sa compagne pendant que celle-ci commença à leur lire le fameux message.
Grosso-modo celui-ci comprenait une porte de sortie et une bombe.
La porte de sortie était un soit disant camps de réfugié plus loin sur la route, sur un aire de repos.  Vrai ou non l’information méritait d’être vérifiée vu qu’ils n’avaient aucun autre endroit où aller. Et elle fit naître quelque espoir de repos à Brooks qui commençait à vouloir passer cette nuit comme toute autre nuit, c’est-à-dire en se réveillant le matin suivant.
« Qu’est-ce qu’elle veut dire par « des gens comme nous » ? C’est récurrent dans le coin les quidams qui se réveillent sans savoir où ils sont, retapés de la tête au pied, équipés, et avec une méchante gueule de bois ? »
Puis ses sourcils se froncèrent à l’écoute de la bombe. Le temps d’un rapide calcul la réponse partie comme un pet de vieille : «Une cuite de quatre mois apparemment… Mmh, ça me parait logique vu comme ça… Flippant mais logique.»  s'empressa t'il de finir comme pour coller à ce que devrait ressentir une personne normalement constitué à cet instant.
Il s’enferma à nouveau dans ses pensées et y intégra ces nouveaux éléments, son visage sincèrement perturbé.  Machinalement il reprit la marche, suivant la compagne de Clarrance. Ce n'était pas tant la durée qui l'inquiétait mais mais ce qu'elle pouvait signifier. Si l’on intègre les « réparations » corporelles et le fait qu’apparemment ils n’étaient pas les seuls, « Quatre mois » semblait alors probable. Pas forcément la réponse la plus évidente mais elle était qualifiable de sensée.
Et cette durée lui fit ressentir un soudain manque, un manque rendu d’autant plus étrange car il semblait se fier à sa perception mentale du temps et non à sa perception physiologique. Mais c’était encore distant et ténu, tant qu’il restait vigilant ça irait. Il s’y appliquerait plus tard. Il prendrait aussi le temps de repenser à se dernier verre de whisky.

Ici et maintenant, il avait besoin de se concentrer et de trouver cette fameuse air de repos. "La miss à raison en avant. On devrait pas la rater. Et avec un peu de chance c'est peut être même indiqué avec des panneaux."

Clarrance Lendis

Anonymous
Invité
Jeu 16 Avr - 12:20
Clarrance commençait déjà à en avoir marre de se traîner la tente en alternant sa préhension. Elle était plus encombrante qu'autre chose. Un tressautement des épaules vint ponctuer le silence qui suivit la réflexion que Brooks venait de lui adresser, tandis que le cowboy avait plié le coude pour tenir la chose par dessus son épaule. Cette situation était pour le moins inconfortable. Le tact n'était pas son point fort, loin de là, et d'ailleurs ça leur faisait un point commun, mais il aimait encore moins parler de ce qu'il ne savait pas. Alors, concernant le mutisme de la gamine, il préféra serrer son clapet et cogiter que d'évoquer une nouvelle théorie fumeuse dont son cerveau malade avait le secret.

Il observa alors la gamine s'éloigner à son rythme, c'est à dire en un éclair à peine avait-elle dévalé le petit talus qui faisait partie de ces nouvelles délimitations du monde civilisé, selon les critères de la nouvelle édition du Guide du routard finlandais dont Clayre' noircissait mentalement les pages petit à petit. Il reporta son attention sur Andrea qui venait de leur confesser quelque chose qu'il pensait avoir mal entendu, fixant son regard dans le sien au travers de la pénombre. L'instant lui parut long, mais il pouvait le lire dans ces yeux, il avait bien compris la même chose qu'elle à l'énoncé.

Il s'était arrêté, scotché. Il n'aurait pas pu marcher d'avantage, incapable de faire deux choses à la fois tandis que ses pensées, elles, semblaient courir en tous sens à l'aveugle en se cognant aux parois d'une boîte de Schrödinger. Brooks avait fait un commentaire, mais il devrait se contenter de l'air hébété et idiotique de Clarrance qui le fixait, absent. Les mots se bousculaient dans sa boîte crânienne à tel point qu'il aurait pu la sentir gigoter comme un essaim d'abeille, se parasitant elle-même et lui vrillant l'oreille interne d'un bourdonnement sourd et pourtant, muet.

Sans même s'en rendre compte, Clarrance s'était remis à marcher en tête du groupe, ses jambes parties devant sans attendre le retour de la lucidité en haut du clocher. La porte des songes claqua tandis que l'étincelle revint illuminer le regard vitreux du vagabond. Il marqua alors un temps d'arrêt, le temps de changer d'opérateur de session et de virer l'autopilote, puis reprit le voyage.

« Je m'en fous. » déclara-t-il calmement, comme abandonnant par terre cet imbroglio de réflexions parasitères

« La seule chose dont j'me soucie, c'est de monter c't'osti d'tente en sacrifice au calme et d'me remplir le ventre pendant que ces sapes moisies sèchent au soleil en fleurant bon l'assouplissant. » clama-t-il, bien en tabarnak derrière la façade craquelée de sa sérénité.


« ... Si c'est pas trop d'mander ! » ajouta-t-il, comme une touche d'humour, elle, bien volontaire au mélange de ses émotions
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